Lever le tabou dans ma famille – les dessous du podcast 2/3

Partie 2 sur 3
« Et moi, ça me frappe d’être né dans le silence, d’être né homosexuel dans le silence. Et je crois que j’ai envie de partager ça. » Guillaume

Guillaume a grandi en se croyant le premier homosexuel de sa famille : le frère de son grand-père vivait dans le même immeuble avec son amoureux, et personne n’en parlait.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Il demande à son oncle si René avait un amoureux : oui, pendant des années, il s'appelait Michel
  • René est mort en 1989 de deux hépatites, dans l'immeuble parisien où vivait toute la famille
  • Son père revient sur ce qu'il lui a dit à son coming out, à 19 ans, et dit qu'il n'aurait pas dû
  • Il lit The Velvet Rage et s'y reconnaît : la performance en compensation, jusqu'au burn out

On en parle dans cet épisode
L'épisode qu'il cite comme son propre coming out au micro, et qui lui a valu des reproches
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Le témoignage qu'il cite comme l'un des plus puissants qu'il ait enregistrés
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Le livre où il se reconnaît : grandir gay, perdre de la valeur sociale, compenser par la performance
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Vous écoutez la deuxième partie de ce témoignage. Pour retrouver la première partie, c'est l'épisode précédent. Facile ? Ça me donne envie de te raconter une anecdote. J'ai hérité aussi d'un tabou et je trouve ça vachement intéressant de te raconter. Moi, ma famille, elle n'est pas homophobe. Il y avait peut-être eu une ou deux insultes d'enfants, ça a glissé, on est frères et sœurs et tout. Mais en vrai, c'était le silence qui, en fait, est une violence extraordinaire. Et ce silence hérité, depuis un an, je creuse du coup en posant tout un tas de questions à ma famille sur... Suis-je le premier homosexuel de la famille ? La réponse, c'est non. Le frère de mon grand-père était homosexuel. Et pour la première fois, l'année dernière, je sors du silence. C'est ça que je trouve vachement intéressant. J'ai posé une question toute bête à mon oncle. Mais tu peux me raconter ? Et la question toute bête, c'était, mais il avait un amoureux ? Et là, mon oncle répond immédiatement, mais sans hésitation, « Ben oui, pendant plusieurs années, il s'appelait Michel. » Et moi, ce qui me frappe là-dedans, c'est comme la puissance du silence qu'on ingère et qui fait que moi, je ne pose pas de questions. Et la facilité, enfin, toutes les informations ensuite. Donc du coup, j'ai lancé une grande enquête et j'ai découvert plein de trucs. Et en fait, je suis allé à la rencontre du tabou et du silence homophobe parce qu'en fait, ils étaient mal à l'aise. C'était un autre temps. Mais en fait, c'est profondément impactant pour moi. Donc, je comprends pourquoi je me suis tué. Et je comprends aussi que comment tu veux grandir ? Quand t'as zéro référence et zéro mot, M-O-T-S, sur cette part gigantesque de toi, tu vois ce que je veux dire ? Et ce que je trouve... Et après, du coup, excuse-moi, mais je te dis un dernier truc. Après, tu me dis si tu veux qu'on aille plus dans le détail de cette histoire du grand-oncle qui est disponible sur mes autres podcasts. Non, c'est une blague ! Non, non, c'est pas vrai, j'ai pas encore réussi à la raconter et tout, j'aimerais trop, mais j'ai pas encore réussi. C'est que j'ai découvert... Un secret de famille, c'est que ce grand-oncle, pour la petite anecdote, moi, la famille du côté de mon père, très grande famille, plein de frères et sœurs, et une grande majorité a vécu dans le même immeuble, à Paris, depuis les années 30. Donc ce grand-oncle, c'était pas genre, ah ouais, de loin, on sait pas, il vivait au cinquième. Ok ? Donc c'est pas un silence en mode genre « Ah oui, il y a l'oncle ! » Non, il a disparu et tout. Ils vivaient ensemble, d'un étage à l'autre. Et cet amoureux secret, il a été vu dans l'immeuble plusieurs fois. Mon grand-oncle l'a invité. Mais quand j'ai commencé à poser des questions, aucune info. Je suis en train de chercher cet homme. Et puis mes oncles étant nés... invisibilisation totale de l'amour homosexuel et en fait c'est ultra puissant pour les descendants pour moi de me dire, oui, en fait, ce qui est en train de se passer, ce silence-là, voilà le coup. Parce que je ne sais pas si là, j'arrive à exprimer, est-ce que c'est que conceptuel ou est-ce que j'arrive à bien vous exprimer, les auditeurs tristes, et à toi, Louis, genre la puissance de ce silence où, en fait, moi, ça m'impacte profondément. Parce qu'après, on pourrait dire que ça s'en a à foutre des... Bah non, en fait, parce que pourquoi on m'avait caché l'amour homosexuel et pourquoi on me faisait croire quelque part ou je me faisais croire que j'étais le premier ? Quelque part, est-ce que tu... Attends, parce qu'en fait, c'est pas ce que je voulais dire. Non, excuse-moi. Et en fait, ce grand-oncle, il est pas mort de n'importe quelle mort, comme on m'avait dit. Il est mort d'IST, de MST, d'infection sexuellement transmissible. On revient au début de cet entretien. Je te dis que je suis paniqué pendant plein d'années. Je suis hypochondriaque. Et genre... Bah... Ouais, en fait. Là, avec ce silence, de qu'il est mort de deux hépatites en 1989. Moi, il est mort, j'avais 3 ans, j'ai jamais connu. Il s'appelait René. J'ai jamais connu, tu vois. En 1989, du coup, par la maison clétente, je suis là, bon, les gars, il est mort du sida. Du coup, là, on est dans les moments où on met des mots. Bon, ils savent pas trop. Il y a pas mal de médecins, enfin, il y a plusieurs médecins dans la famille qui disent, ça m'étonnerait quand même Que je me rappelle de deux hépatites, mais pas du VIH. Et là, j'ai demandé peut-être homophobie, peut-être question. Et en fait, non, parce que les médecins de la salle pétrière hôpital à Paris, quand ils ont dit qu'il a une double hépatite, ils ont tout de suite parlé d'homosexualité. Et en fait, ce grand oncle n'était pas out, il n'avait pas dit son homosexualité. me disent-ils, mais il avait amené un copain dans l'immeuble. En fait, on s'y perd dans cette histoire, tu ne sais pas trop ce qui s'est passé. Mais imagine un monde où moi, je grandis où en fait, tout le monde aimait René, et c'est des gens très intelligents dans ma famille, dans le sens, même émotionnellement et tout, c'est vraiment des belles personnes, quoi. Imagine un monde où ils sont là... Attends, il est mort super jeune, d'IST. Genre, bah du coup, faut qu'on s'en... Enfin, de fait, on est informé parce qu'on est touché par ça, et du coup, le suivant qui fait son coming out, bah... Comment on l'équipe ? Je ne te dis pas qu'on est tous à réfléchir à comment... Naturellement, il y a une histoire qui se transmet. Et du coup, pourquoi René n'a jamais rien dit ? Pourquoi il ne s'est pas protégé ? Quand je pose des questions aux homosexuels vieux de Paris, dans les années 80, tu ne portais pas de capote. Tu savais des hépatites ? J'enquête ou je me dis, mais je ne comprends pas. Il a décidé de mourir ? Ou bien, tu vois, c'est quoi son deal et tout ? Et moi, ça me frappe d'être né dans le silence, d'être né homosexuel dans le silence. Et je crois que j'ai envie de partager ça. C'était très long, excuse-moi. Reprends ton entretien. C'est peut-être de la psychanalyse de comptoir, mais quelque part, c'est un peu le silence originel. Tu fais le podcast pour sortir du tabou et puis en fait, tu te rends compte, après avoir lancé le podcast... que dès ta naissance, il y a eu cet énorme silence autour de l'homosexualité et autour de la vie sexuelle d'une personne quand même très proche dans la famille. Tu l'as perçu. Le silence, il peut être assourdissant. Et on se construit par rapport à ça. C'est sûr que j'ai senti et que j'ai internalisé. Et pourquoi, pour moi, ce n'est pas un hors-sujet, je suis un peu inquiet d'être en hors-sujet de ton interview, c'est que c'est aussi pour ça que je fais le podcast. C'est qu'en fait, moi, quand je disais « ma fleur, elle s'ouvre », C'est d'ailleurs une métaphore assez neuneu, dont je ne suis pas très fan. Mais tu vois, c'est aussi mettre tous ces mots m'a donné le courage et la puissance de parler à mes oncles et tantes, mon père, ma mère et mes frères et sœurs, tu vois. En plus, ça me renvoie aussi, parce qu'il y a du coup ton cheminement personnel là-dessus, mais ça me renvoie à des retours d'auditeurs que j'ai pu voir, qui disent « si j'avais eu ce podcast il y a 10 ans, il y a 20 ans, le temps que j'aurais gagné ». C'est ce que j'entends dans ce que tu dis. Sans avoir une vocation en soi militante, tu te dis quand même que ça contribue qu'un podcast comme ça existe et on lui souhaite d'être écouté le plus largement possible. Ça contribue à construire un monde. où le petit Guillaume qui naît aujourd'hui, il ne rendit pas dans ce silence-là, et il ne risque pas du coup d'en subir les extensions, d'en subir les reproductions, les schémas qui se reproduisent. Et puis un monde où une sexualité coincée, interdite, empêchée... C'est tout un intime qui a du mal à marcher, tu vois. Je dis pas qu'on est que des êtres sexuels, mais moi, je pense que du coup, tu vois, quand t'as un pilier qui est branque-ballant ou qui pourrit, c'est tout ton rapport à toi, à ton corps, à l'autre, aux autres. Et je reviens à mon exemple de les personnes qui, quand elles draguent, sont ultra lourdes, les personnes qui ne comprennent pas ce que c'est le consentement, les personnes qui sont violentes. Je crois que c'est des piliers qui ont pourri. C'est clair. Et je pense qu'en fait, après, tu rajoutes, grâce à ces piliers forts d'intime, c'est ta vie publique. C'est l'artiste, l'entrepreneur, la caissière, le bibliothécaire. T'es un meilleur bibliothécaire. Je crois vraiment que ton métier, ton rapport à toi et aux autres est transformé. Le petit sujet de la sexualité est plus grand. Bien sûr, parce que quand un sujet aussi central t'es habitué à le taire, quelque part tu te construis en ayant l'habitude de te taire tout court, et ça contamine le reste. Et ça crée plein de problèmes. Mais c'est pour ça que je suis très sensible aussi quand tu dis finalement, le sujet c'est pas MeToo, j'ai envie d'être déjà après le monde post-MeToo, où pour moi je l'entends aussi comme le monde où on... on n'aura plus ce mal nécessaire de parler de sexualité beaucoup à travers le prisme des problèmes, des violences, et qu'on puisse enfin commencer à en parler, ce qui est le cas aussi dans ces témoignages sur ton podcast ? à dire quand c'est bien et qu'est-ce qui fait que c'est bien. En fait, ça, tout bêtement, étrangement, on en parle assez peu. Et ça, c'est quand même hyper enthousiasmant quand on entend ça. Et je dis bien quand c'est bien et comment c'est bien, c'est-à-dire pas quand c'est la performance. Quand c'est ça me fait du bien, on revient à cette notion de bien-être et tout. Donc ça, moi, j'ai envie que ça nous amène peut-être à la suite de la discussion. Donc ça, on a... Je pense qu'on a pas mal vu tous les pourquoi. Maintenant, ça va faire deux ans que tu enregistres ce podcast, si je dis pas de bêtises. Est-ce que tu sais dire l'impact qu'a ce podcast depuis que tu l'as lancé à la fois ? Tu l'as déjà un peu évoqué pour toi, mais à quel point ça t'a fait évoluer ? Est-ce que tu as suffisamment de retours ? Encore une fois, soit des auditeurs, soit des personnes qui sont venues. Est-ce que ça aura apporté quelque chose et quoi ? Hier, tu as un auditeur qui m'a dit, ah c'est génial, après chaque épisode, ça crée des conversations avec mon mari. Et c'est marrant, je ne sais pas pourquoi... C'est, parmi beaucoup de témoignages, le fait que des couples... Donc là, par exemple, c'est deux hommes qui sont en couple exclusif, c'est-à-dire qu'ils ont des rapports sexuels entre eux. Enfin, ce qu'on connaît, qui est plutôt... Et hier, en tout cas, j'étais là, mais c'est génial ! Et du coup, il y a beaucoup de... Il y a beaucoup de retours de personnes plus âgées qui disent, si j'avais eu ça, ce que tu as dit tout à l'heure, si j'avais eu ça il y a 10-20 ans. Et il y a beaucoup de retours de personnes en souffrance qui disent, en souffrance et isolée. qui disent moi en fait j'ai pas de potes gays avec qui partager ça et puis j'ai pas envie d'en parler c'est super dur d'en parler et du coup ils trouvent là-dedans dans le podcast un espace d'échange après l'impact sur moi je viens de le raconter en entier parce que moi-même ça bouge ça transforme ma famille Et avec plein d'impact positif de toutes mes recherches, de toutes les discussions intimes que je débloque. Il y a du rejet, il y a de l'incompréhension, il y a de la violence. Quand même, oui. Quand même. Il y en a. Dans ta famille, tu veux dire ? Uniquement des personnes de la génération précédente. Mais principalement, je retiens, j'ai vraiment de la chance. Parce que mon papa, tu vois, il m'a dit, j'ai compris. Bon, tu connais pas mon papa, du coup, mais tu vois, il était là. Bien sûr, t'as été harcelé ? Oui. Ça y est, j'ai compris. Enfin, C'est marrant, il a dit « j'ai compris » et j'entendais « ça y est, j'ai compris ». Et je voyais à son visage qu'il avait fait le taf d'empathie. Il était venu à cet endroit-là. Parce que j'ai eu beaucoup de gens qui m'invitent à questionner. « Oh, c'était un autre temps. » Et je suis là « mais en fait, je suis en train de te raconter un truc. Pourquoi tu essaies de le diminuer ? » C'est très dur. Et mon père, tu vois ? qui a été, tu vois, et pour moi, l'incarnation de l'élite, c'est un homme, chef d'entreprise, blanc, riche, il a fait polytechnique, son père a fait polytechnique, des os pour les secs, mais qui a vraiment du pouvoir et pour qui les cartes, Il a fait le grand chlème, quoi, je pense. Ça veut pas dire qu'il a pas eu de défis, ça veut pas dire qu'il a pas eu d'obstacles, c'est pas ça que je veux dire. Mais parmi, tu vois, tous ceux qui pouvaient comprendre, je me suis dit « Ouh, lui, ça va être un peu chaud ». Et ben non. Et non, c'était ultra puissant. Et après, il m'a dit « Papa, il retient rien ». je sais pas s'il va me détester que je dise ça mais genre franchement je pose des questions, j'ai des souvenirs et tout c'est mort et on a déjeuné ensemble et il m'a dit je me souviens ce que je t'ai dit à ton coming out et j'aurais pas dû dire ça et moi j'étais mais franchement ça et papa il m'avait dit la seule chose qu'il m'avait dit c'est ça sera plus dur pour toi et il m'avait reconnecté à René il m'avait dit oui oui tu te souviens René Non, je ne me souviens pas puisque c'est le silence. Et parce que je suis moi-même et que je pense que m'avoir en fils, ce n'est quand même pas facile tous les jours. Mais je lui ai dit, papa, si c'était plus dur pour moi, pourquoi on n'en a jamais reparlé ? Pourquoi on en reparle alors que j'ai 37 ans ? J'ai fait mon coming out à 19 ans. Du coup, si c'était plus dur pour moi, pourquoi on n'en a jamais reparlé ? Je ne te dis pas qu'il fallait que tu vives ma vie à ma place, mais... Et il m'a dit, je ne sais pas. Mais après, j'ai changé de sujet en disant, on ne va pas non plus... Et du coup, c'était beau, c'était puissant. Et je pense que quand ce couple, hier, écoute le podcast ensemble, l'impact, c'est quand tu mets des mots, après, on peut discuter. Après, on peut discuter avec soi. Après, on peut se rassurer. Être pas d'accord, je pense que ça serait ma réponse sur l'impact du podcast. C'est intéressant parce qu'on continue d'être sur ce déploiement de la parole. Tu sors la parole intime du lieu où elle est cloisonnée, tu la mets au micro, tu noues un dialogue. D'abord, c'est quand même plus de place au seul témoin. Au fur et à mesure, tu interviens de plus en plus. En plus, quand on écoute dans l'ordre chronologique, on suit ta démarche, tu l'expliques, elle aussi tu la verbalises, donc c'est hyper intéressant. Et là, j'ai l'impression que ce qui est en train de se passer au bout de deux ans, parce que le Discord, la communauté en ligne dont tu parlais, si je ne dis pas de bêtises, tu ne l'as lancé qu'en juin dernier. Mais je crois qu'il y a déjà pas mal de monde, plus de 100 personnes. Là, le dialogue continue, se déploie, sort du seul cas de ton podcast. Tu te rends compte, toi, dans les retours que tu as ? Qu'il y a plein d'auditeurs qui à leur tour parlent entre eux, que chaque auditeur va en parler en dehors. Il y a une sorte de polyphonie, on va continuer sur l'image. Et toujours rester sur cette image, ça veut dire que ton propos rencontre de plus en plus d'échos ? Et je trouve que c'est très cohérent. C'est le point de départ de la démarche. Là, il continue de s'ouvrir. Ça a été un vrai défi. Et je pense que cet entretien, c'est un tournant pour moi. Là, ce dernier mois, je me suis dit non, mais là, il faut que tu te prennes au sérieux. J'ai envie de me prendre au sérieux. Par rapport à avant, la différence ? Du coup, d'incarner... Et de prendre la responsabilité de ce que je suis en train de faire. Concrètement, la semaine dernière, je me suis réveillé d'un cauchemar. Et le cauchemar, c'était... C'était... J'étais dans un espace public. J'arrive pas à comprendre où j'étais. J'étais dans un espace public. Et les gens me disaient... Tu parles de sexe tout le temps, t'es obsédé, quoi. Et moi, je me suis réveillé en mode... ben voilà quoi moi je suis le mec qui parle du coup ça y est t'es estampillé je suis entre travailleur du sexe et acteur porno c'est vraiment pas des métiers célébrés et du coup je vais pas être aimé des gens quoi parce que du coup moi je suis l'obsédé qui parle de sexe et en fait ça parait bizarre et tout je sais pas si les gens peuvent me croire mais moi au début je suis pas écouté Donc en fait moi je fais mes témoignages, je suis dans ma démarche intime et c'est chouette de rencontrer des gens, ça les aide et tout, mais en fait ça marche pas quoi. Et maintenant que ça marche, il a fallu se dire ok, donc en fait t'as une responsabilité et t'es un personnage public et t'assumes. Et du coup, si tu assumes, quand Louis te propose d'en parler dans la newsletter de l'ESSEC, tu dis oui. Et puis même, tu vas aller me chercher d'autres journalistes. Tu vois, comme j'ai une voix bienveillante avec moi-même. Non, mais tu vois, du coup, je suis en train de démarcher des journalistes et je suis en train de dire OK, en fait, il y a un vrai projet et moi, je le porte. À ce propos, j'en profite, on va faire de la retape. On va faire une petite relance à l'ESSEC, allez, je ne vais pas dire son nom, repreneur de têtu, rien que ça, qu'on aimerait beaucoup qu'il parle de ton podcast. C'est vrai. Donc, s'il nous écoute aujourd'hui... Il y a un allumier sec qui a repris têtu. Voilà. C'est quand même pas la moindre des entrées. Donc si cet alumini est sec et est intéressé par le podcast et nous écoute, qu'il te contacte ou qu'il me demande ton contact. Voilà, parenthèse pour la retape. J'espère que je n'ai pas cassé ton flot. Non, pas du tout, mais je te remercie. Mais il y a un vrai enjeu à porter cette parole. Et en fait, ça nécessite... Et je crois que c'est sur la même lignée que le coming out. C'est sur la même lignée que ce moment vertigineux où je vais voir la personne que j'aime ou la personne avec qui j'ai envie d'avoir un rapport sexuel et que j'ose lui dire, j'ai envie que tu me fasses ça, j'ai envie de te faire ça. Tu vois ce que je veux dire ? Et moi, je trouve ça vertigineux encore aujourd'hui. Encore aujourd'hui, parce que moi, je le fais au micro, mais dans mon intime, d'arriver à verbaliser mon désir est vertigineux. Et c'est ce même vertige, tu vois, le moment où le podcast se développe, tu vois, de rester aligné. OK, pourquoi je le fais ? Comment je le fais ? Et on y va. Alors c'est vrai que ceci étant sur ce point en particulier... Il y a quand même un endroit différent pour toi par rapport à tout ce que tu fais témoigner, c'est que toi, tu n'es pas anonyme. Mais ça m'amène à une question que tu m'avais posée et que je trouve vachement intéressante. C'est de dire, bon, et que des gens me disent, ouais, mais en fait, je n'ai pas envie de partager mon intime. Mon intime, c'est à moi. Et moi, je dis oui. En fait, dans ce nouveau chapitre où je me prends en sérieux et que je suis un personnage public, c'est très... Mais tu vois, entre guillemets. En fait, je fais bien la différence entre le silence que je choisis et le silence qui cache et qui casse. Donc moi... Je dirais que 80% de ma vie sexuelle, je ne la raconte pas au podcast. Je ne suis pas prêt. C'est mon jardin intime. Je n'ai pas envie de la partager. Et ça, on kiffe. Moi, je ne suis pas du tout pour un monde où on est obligé, la transparence obligatoire. Ce n'est pas du tout ça mon délire. Et d'ailleurs, je n'invite pas du tout mes témoignages, les invités. On fait un pré-entretien et ils choisissent les petits morceaux d'intime qu'ils décident de verbaliser parce que c'est puissant. Il y a tout un tas de trucs qu'ils me disent hors micro qui est de leur jardin intime, qui me partagent, mais tu vois, c'est très différent et très important. de souligner les deux parce que souvent c'est une attaque faite à parlons plus de sexualité c'est la fin de l'intime tout doit être dévoilé, tout doit se dire mais non c'est pas ça est-ce que le silence cache et casse ou est-ce que le silence prend soin c'est une critique que t'as reçue de je sais pas de ce que tu disais à l'instant de ce monde où on dit tout on ne cache plus rien Cette injonction à la transparence, est-ce que tu as été accusé de voyeurisme par certains ou pas du tout ? sur les réseaux ou par email c'est rare en fait ce qui est déjà je trouve le signe que tu fais bien le job de toute façon je le trouve personnellement mais moi ça confirme parce que sur les réseaux on se fait alpaguer et particulièrement quand on fait pas les choses bien donc je pense qu'à partir du moment où tu rends ton travail visible tu pourrais être facilement attaqué par des personnes malveillantes là dessus s'ils le font pas c'est que c'est pas très attaquable moi c'est mon avis personnel je pense que je suis pas très gros Et qu'en fait, je crois que dans la responsabilité que je prends aujourd'hui, c'est qu'il y a une double responsabilité. La première, c'est je prends soin de moi et je prends soin des invités. Donc voilà, je fais attention. Est-ce que tu gardes silencieux des parts de ton intime ? Et c'est bon pour toi ? Qu'est-ce qui est bon pour toi ? Qu'est-ce qui ne l'est pas ? Vraiment le consentement du témoignage. Parce que du coup, moi, je suis très mal à l'aise avec l'idée un peu journalistique de faire « Ah ouais ? » Et du coup, elle est morte. Des trucs un peu où tu vas chercher « Moi, je n'ai pas du tout envie de ça. Ce n'est pas du tout mon délire. Et puis, je ne me sens pas bien. Je sens que la personne n'est pas bien. » Et donc, premièrement. Deuxièmement, comment je prends soin de moi en tant que personne qui peut être attaquée ? Parce qu'en fait, je suis vraiment dans des sujets ultra polarisants parce que je pense qu'il faut que je sois responsable. Je crée du contenu et à tout moment, ça... Et internet m'a montré que ça peut exploser, tu vois, d'une façon. Et du coup, ça m'amène à un niveau de responsabilité. Moi, je travaille beaucoup à l'intuition, à l'instinct, à ce qui est vivant pour moi, un peu genre artiste, nanana. Et je suis là, ouais, t'es sympa, mais en fait, t'as une responsabilité de discours, t'as des gens... et tu vois ce que je veux dire et avant j'étais là à poster mes épisodes en mode non mais en fait je fais bien ce que je veux et là aujourd'hui je me dis bah non en fait tu fais pas bien ce que tu veux et là ça change quoi du coup dans ta pratique de ce podcast et dans ce que tu as envie d'en faire à l'avenir ? et bien il faut que j'ai envie d'être fort à l'endroit de mes réactions par rapport à l'intime l'auditeur dont je parlais plus tôt qui du coup dit tu vois je viens de sortir un épisode où je raconte de façon assez crûment des expériences sexuelles et j'explique c'est l'épisode qui s'appelle Libération sexuelle mes 5 premières fois je rigole parce que j'essaye de faire des titres qui sont pas putaclic comme on dit et à la fois qui donne envie, et je sais pas si j'ai bien trouvé l'équilibre sur celui-là, mais tu vois, c'est pour moi vachement un moment de coming out où je raconte, et tu vois, dans ma tête, je me dis, ah là là, mais si cette famille écoute et tout, ah là là, et puis... Cette famille ? Quelle famille ? Ma famille, pardon. Et puis, nanana, et... Attends, justement, il voit le titre. C'est ça. A priori, bon... Franchement, on est bien d'accord. Mais en tout cas, j'ai tout ça dans la tête et il m'attaque à cet endroit-là où je suis souvent attaqué et où en fait, il y a d'autres auditeurs sur le Discord qui ont dit « mais j'ai l'impression d'entendre un hétéro, j'ai entendu ça mille fois, je suis là, c'est ça ». Et j'ai répondu à Cho, à son message et je ne suis pas sûr d'avoir bien fait. Ma réponse n'est pas du tout agressive, mais elle est très véhémente et elle laisse peu d'espace au dialogue. et je recadre d'une façon qui laisse pas d'espace au dialogue et qu'est-ce qui change quand le projet me dépasse c'est qu'en fait j'ai envie de créer une maison où tout le monde est bienvenu et en fait moi quelqu'un qui dit ça j'ai envie qu'il soit le bienvenu et qu'il se sente bienvenu parce qu'il dit qu'il a écouté presque tous les épisodes donc il est pas là par hasard et j'ai trouvé que j'avais été blessé à un endroit où j'avais peut-être agi trop vite Et donc, j'ai besoin d'utiliser mon intime pour quand même me connecter intimement et profondément et à la fois pas me laisser embarquer par mes émotions et à la fois me laisser aussi être authentiquement moi. Au fond, j'ai l'impression que tu es en train de... Comme tu disais tout à l'heure, je ne sais plus le terme que tu employais, mais... Là, il y a peut-être une casquette supplémentaire qui s'ajoute avec le développement de ce Discord et plus largement de cette communauté. Je crois aussi, peut-être qu'on en reparlera, que tu te demandes si tu lancerais pas des événements en physique, entre guillemets, pour se rencontrer, parler en vrai entre auditeurs. Je crois d'ailleurs que tu... Tu avais testé quelque chose là-dessus en juin dernier, aller voir un groupe de parole dans un centre LGBT, un souvenir, je ne sais pas ce que ça a donné. J'en ai lancé des cercles de parole. Est-ce que du coup, ça ne veut pas dire que tu rajoutes comme casquette celle d'animateur de communauté ? Là, effectivement, on sort du contenu, on sort de la rencontre one-to-one. Et effectivement, c'est une autre responsabilité. Il y a plein de gens. Est-ce que c'est quelque chose ? Oui, bien sûr. Moi, je sais que je veux être entrepreneur, artiste. Je n'ai pas envie d'être thérapeute. Donc, je n'ai pas du tout envie de... d'être thérapeute et de lancer des cercles de parole où moi, je suis thérapeute dedans. Mais bien sûr, il y a cet enjeu de multicasquette. Et c'est ça que je trouve passionnant. C'est que du coup, le projet évolue. J'adore ça. Et je crois qu'un des gros enjeux dans cette évolution, et je trouve ça assez intéressant de partager ce concept. Moi, j'ai des problèmes de surperformance. En gros, je suis un gros angoissé de la vie et je travaille énormément. pour gagner ma valeur. Et moi, donc il y a un livre en anglais qui s'appelle The Velvet Rage, il n'a pas été traduit, et c'est un psy américain qui a conceptualisé l'idée que en grandissant différent, il y a des mécanismes de compensation, en grandissant différent et gay, et du coup, tu perds tout un tas de points, trop efféminé, t'aimes pas le bon genre... Et puis, tu perds de la valeur sociale quand tu te fais insulter et tout. Et alors, si t'aimes être pénétré, tu tombes, tu tombes, tu tombes. Et il y a un vrai mécanisme que moi, je vois à l'œuvre dans mon entourage et chez moi, en moi, de compensation. Du coup, moi, je suis dans l'hyper performance perpétuelle. C'est jamais assez, c'est jamais assez bien. Il en faut toujours plus. Et du coup, je m'éparpille. je m'épuise et je suis dans des cycles de burn-out où du coup je suis dans des cycles de burn-out bon petit burn-out ça fait longtemps que j'ai appris à gérer ça mais en fait c'est pas si déconnecté de l'enjeu que je découvre avec le podcast c'est quand du coup grâce au podcast j'ai lu ce livre et puis j'ai envie d'en faire quelque chose pour un épisode et je lis ce livre et je me dis mais c'est moi là qui décrit et je me dis et très souvent tu vois quand j'essaye d'arrêter et quand j'essaye d'arrêter de travailler et je me dis ben là Guillaume c'est le moment où tu changes ta vie il est 19h tu t'arrêtes je n'ai pas d'enfant et du coup j'ai pas en tout cas je voulais dire j'ai pas d'obligation qui font que tu dois faire bouffer des gens donc à 19h tu t'arrêtes ou tu dois faire les bains et tout et c'est compliqué pour moi d'arrêter ouais Et c'est compliqué parce que j'ai puisé énormément de valeur dans cette performance. Et le moment où papa me dit ce qu'il m'a dit, ce que j'ai dit tout à l'heure... et le moment où mon entourage et les gens qui m'aiment sont empathiques et me disent j'ai pigé et me célèbre pour qui je suis et non ce que je fais bah moi c'est une différence gigantesque je fais un pont et tout et ça apparaît un peu genre ah bon c'est quoi le rapport mais moi j'ai senti un truc profond parce que aussi je viens d'une famille de performance d'élite de grandes écoles Avec des gens qui ont fait des carrières brillantes. Et moi, mes parents, papa et maman ont bossé et adorent bosser. Et ils ont élevé trois enfants. Plus, ils ont eu mille boulots. C'est plus maman qui nous... Il faut être quand même honnête. Je pensais qu'il y a eu huit boulots à la fois. Mais ils nous ont donné vraiment une culture de... Et puis, c'est des perfectionnistes. Et puis, c'est aussi jamais assez. Ils m'ont transmis ça. Et c'est vrai que quand je raconte ma vie à papa, comme je peux pas lui raconter le côté gay, non pas que j'ai envie de parler de sexualité avec mon père, mais il y a du coup, depuis notre conversation, tout un univers que je peux lui raconter de films, de documentaires, de recherches, tu vois, mes recherches autour du podcast. Du coup, je lui racontais ce que je gagnais comme prix, ce que je gagnais comme argent, comment je développais des trucs et des machins. J'étais dans la performance comme un langage commun pour être aimé. Et ça, c'est profondément à l'endroit de mon cheminement d'homosexuel. J'en suis persuadé. D'accord. Mais du coup, je ne sais pas le lien avec ce dont partait qui était... Pour la suite ? Pour la suite, c'est la position d'animateur de communauté. Il faut que je sorte de cet automatisme de surperformance et de burn-out. C'est une entrave à l'évolution. Non, mais mon projet, il ne pourra pas tenir sur la distance. Ce ne sera pas possible. L'hyperperformance fait que je ne sais pas bien me régénérer, je ne sais pas me détendre. C'est vraiment compliqué pour moi. Et du coup, si tu utilises ta batterie sans recharger, à un moment donné, ton téléphone s'éteint. Et toi, tu es là, non, ne t'éteins pas. Et ton téléphone s'éteint. En imaginant et en te souhaitant que tu arrives à... à trouver un fonctionnement qui soit plus sain pour toi. Idéalement, avec ce podcast, tu as envie d'arriver à quoi ? En plus de ce qu'il est déjà aujourd'hui. Moi, j'ai envie de créer et de m'épanouir. Et en fait, c'est pour ça... Et c'est tout un chemin d'ego, d'assumer. Cette question, je trouve qu'il y a d'autres gens qui auraient pu répondre, aider plein de gens. Et moi, je suis là, la vie m'a appris que tu ne peux pas aider les gens sans leur consentement, que c'est une métrique. Pour les gens comme moi qui adorent la performance, les métriques, c'est ma passion. Je suis désolé, j'ai zéro impact émotionnel. zéro contrôle sur est-ce que ça aide ou pas les gens enfin tout ce que je veux dire c'est pas une métrique sur laquelle j'ai un impact direct et du coup assumer, moi mon enjeu c'est assumer dans ma réponse et donc où est-ce que je veux mener ce projet je veux mener ce projet aussi loin possible en créant des moments puissants, moi franchement ce témoignage d'Amen Il m'a retourné positivement. Cette personne est d'une puissance, d'un courage. Et à la fois, il n'a pas eu le choix. C'est de la survie. Et après, ça se termine bien mieux. Pardon, ça se termine mieux. même si c'est encore très compliqué. Et ça retentit, c'est vraiment un moment puissant. Il y a plein d'autres moments puissants, dérangeants. Donc moi, j'ai envie de continuer à créer des moments qui font réfléchir, qui me font réfléchir et qui prennent soin. J'ai vraiment envie que ce soit des moments où tu ressortes quand même. Il y a certains épisodes où je pense que ça ne marche pas bien, mais où je n'ai pas réussi, tu vois. j'ai pas réussi mais il y a d'autres où j'ai vraiment réussi donc j'ai envie de continuer ça et moi que ça me fasse vibrer parce que c'est ça qui aide en fait c'est je mets la bonne énergie dans ma locomotive et hop j'embarque d'autres gens donc en fait dès que je me mets dans les wagons et que j'arrête de conduire la locomotive et de foutre l'énergie je prends soin du wagon mais le train s'arrête Et tu parlais également des sables de parole. Donc ça, concrètement, ce serait quoi ? Moi, mon rêve, mais ça fait plusieurs mois que j'en parle et je ne sais pas si je vais y arriver et tout, mais mon rêve, c'est que petit à petit, la communauté grossit et que tous ces personnes-là sont délicieux. Non, mais j'idéalise, je ne les connais pas tous, mais... Je trouve que quand même, il y a plein de gens géniaux là-dedans, à leur façon, de partout. C'est que francophone. Et je rêverais que des gens disent « Moi, j'ai envie de créer des nouveaux trains avec des nouvelles locomotives. » Et notamment que des gens m'aident à porter et même à conduire de façon autogérée des cercles de parole. Moi, je n'ai pas l'espace ni l'envie de créer quelque chose... moi tout seul et après de devoir j'ai envie que ça s'essaime d'une façon horizontale et ouais mon rêve ça serait d'éditer un guide où en fait moi je teste et je mets à jour avec d'autres gens un modèle de cercle de parole où t'as pas besoin d'avoir fait d'études particulière, t'as pas besoin d'être une personne qui prend la parole en public devant 50 personnes t'as besoin de 7 personnes 6 ou 7, 6 ou 8 un appartement ou une bibliothèque ou un lieu public dehors dans un parc on fait un cercle peut-être t'as acheté de l'eau pétillante j'adore l'eau pétillante et en fait t'as un petit modèle que tout le monde a lu qui donne des règles où ça respire, et un chemin qui fait que personne ne joue le thérapeute et la parole se libère et on minimise, enfin on fait de cet espace un espace sécurisant. Et moi, mon rêve, c'est qu'en fait, pouf, pouf, pouf, ça s'essaime de façon complètement incontrôlable et complètement déconnectée de moi et du podcast. D'accord. Et en fait, pouf, il y a plein de fleurs qui éclos, clac, clac, clac, bam, bam, bam. Et il y a très peu d'agressions et de problèmes. Genre, il y a très peu de cercles où, en fait, t'es là, bah non, en fait. Et ça, c'est le problème, tu peux pas contrôler les gens. Mais d'ailleurs, finalement, tu décris quelque chose d'idéalement très organique et très collectif, d'intelligence collective. Et s'il y a des gens qui sont inspirés par ce que je viens de dire, je l'ai dit dans un tel détail, pour justement, je mettrai dans le descriptif de l'épisode mon email qui est guillaumefedepodcast.com, écrivez-moi. C'est ça. Et justement, en ce moment, tu mènes aussi un sondage ? C'est vrai. Pareil, on trouve le lien sur ton site. Il sera peut-être fermé au moment où on publiera. Ce n'est pas clair encore dans ma tête. Est-ce que, dans ce cas-là, on peut avoir un preview ? Est-ce qu'il y a des... Il est trop tôt, je ne me rends pas compte. Tu n'as peut-être pas du tout dépiauté. Mais est-ce que tu invites tes auditeurs à donner des idées aussi ou d'expliquer leurs envies ? Est-ce qu'il y a des choses intéressantes qui t'intéressent, qui sont remontées ? Dans ce que tu as déjà reçu ? Ouais, plein de choses super intéressantes. En gros, je propose aux gens et je pense que... Ah non, c'est faux, j'ai décidé de ne pas le fermer. Ah, c'était ça mon idée. C'est qu'en fait, tu peux sans cesse donner ton avis parce que les questions ne sont pas temporairement bloquées. Et du coup, j'avais envie de permettre aux gens de continuer à donner leur avis. Donc, descriptif de l'épisode, il y a le lien, bien sûr. Hop, des idées d'épisodes, des idées d'événements, etc. Au final, non, je n'ai pas encore analysé les résultats et donc non, je ne suis pas capable d'en parler. J'ai aussi envie d'être vigilant. Aujourd'hui, le podcast fait 15 à 20 000 écoutes par mois et j'ai 70 personnes qui ont répondu. J'ai aussi envie d'être vigilant parce que ce n'est du coup absolument pas représentatif. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des bonnes idées. Je pense que si j'ai deux têtes... Je m'excuse, en fait, j'ai une réponse qui vient de m'apparaître. En fait, il y a eu trois idées qui ont émergé du sondage. La première, c'est travailler cette question de la performance. en vrai avoir plein de gens qui racontent comment leur intime sexuelle plus épanouie c'est moins de sexe mais c'est un mieux sexe et je pense que j'ai expliqué dans le menu détails mon billet avec la performance et je pense que ça se ressent parfois dans le podcast parce que moi j'adore les aventures parce que j'adore faire tout un tas de trucs et j'ai envie que des gens qui sont là j'ai envie d'être caressé et après qu'on se chuchote dans l'oreille et en fait je me sens pas bienvenue dans ton podcast parce que j'ai l'impression de devoir hurler et en fait moi juste je chuchote et ça j'ai envie de faire un travail là-dessus sur la sexualité donc le fait d'avoir découvert qu'il y a de la joie à ne pas avoir de désir sexuel j'ai envie de faire un travail sur ça deuxièmement j'ai envie d'avoir des hommes de plus de 60 ans. Là, j'ai un gros. J'ai raconté l'histoire avec mon grand oncle qui m'en fait me fait revisiter toutes les années sida. Et en fait, j'essaie d'imaginer sa vie comme je ne sais rien de lui, qu'il n'a. J'ai trouvé ces journaux intimes, mais il n'a rien écrit sur ça. Sauf un truc. Mais il faut continuer à écouter mes podcasts, un jour ça sortira. Mais là, si je commence à te le raconter, ça fera pas de sens. Enfin, en tout cas, ça sera trop long. Mais du coup, j'ai envie... En fait, tout ce que je t'ai raconté sur le grand-oncle me fait me rendre compte qu'en fait, j'ai des grands-oncles. En fait, les hommes et les femmes et les personnes qui me permettent aujourd'hui d'être l'homosexuel que je suis. En fait, ils ont œuvré et on n'a peut-être pas un lien de sang, mais on a un lien historique et on a un lien de fratrie ou de communauté. Et en fait, tu vois, aujourd'hui, moi, je prends en préventif une pilule qui fait que je ne peux pas avoir le VIH lors d'un rapport sexuel. Là, on parle de la PrEP. La PrEP. Ça, ça n'aurait pas été possible si énormément de personnes trans, gays et queers ne se sont pas battues avec les gouvernements, les laboratoires pharmaceutiques, au moment où tout le monde mourait du sida dans le silence et le dédain. Tu vois, qui existait dans les années 80. Et tu vois, j'ai réussi à croiser un homme de plus de 60 ans qui me raconte, qui me dit, Guillaume, chaque dimanche, j'allais à un enterrement. Et mon téléphone sonnait sans cesse de mes potes. Et il me disait, Guillaume, imagine tes potes là, gays ou queers, qui meurent petit à petit dans l'indifférence totale. Et moi, les années sida, c'est la première fois que je l'entends. Et je me dis, mais attends, mais... Mais c'est profondément lié. Ma capacité d'épanouissement aujourd'hui, peut-être le passé peut me donner des clés. Il y a des trucs là, il y a un truc. Donc des hommes de plus de 60 ans qui ont été soit impactés ou pas. Mais vieillir gay, c'est passionnant. C'est passionnant pour moi en tant qu'artiste journaliste. Parce que ça va m'arriver, on peut me l'espérer. Et du coup, on fait comment ? Enfin, c'est quoi le truc ? Il n'y a pas de schéma. Et puis moi, je vais être le premier vieux gay. Du coup, j'ai tout à écrire. Moi, je suis preneur d'aller voir d'autres vieux gays en mode, t'as fait comment ? T'as des conseils et tout ? La transidentité, donc les hommes trans... Donc moi, quelque part, de dire à mes auditeurs et de me dire à moi, sur le podcast Comment devenir sexuellement épanoui, qui s'adresse aux hommes gays, bi, queer et autres, un homme peut avoir un vagin. J'aime bien ce petit mindfuck, ce petit... Un homme peut avoir un vagin. Répète-le plusieurs fois, Guillaume, tout va bien se passer. Et je suis là, un homme peut avoir un vagin. C'est-à-dire, si jamais on a gardé à ce moment-là de l'entretien, parce que ça fait quand même un bail qu'on parle, des gens qui ne sont pas dans l'endroit LGBT, queer, qui comprennent ces terminologies, c'est l'idée que mon pénis n'a aucun rapport avec mon genre. Et comment je le performe, d'ailleurs. Donc, c'est d'arriver à décorréler tout ça et de dire, quel que soit ton corps et ce qu'il y a entre tes jambes, tu peux t'autodéterminer du genre qui est bon pour toi, qui te rend la personne que tu es, comme tu es chouette, comme tu as envie d'être. Je ne sais pas comment bien le dire. Et en plus... Ce genre, peut-être que je te dis que je suis une femme, c'est vrai, et j'ai de la barbe. Et je le performe pas comme toi t'as envie, mais tout va continuer à bien se passer, quand même. Et d'ailleurs, je te demande rien d'autre que d'être un humain avec moi. D'ailleurs, je t'ai même pas demandé quoi que ce soit, donc tu peux aussi arrêter de m'embêter. Et du coup, ouais, je trouverais ça. Et j'y arrive pas. J'ai eu... C'est intéressant, je pense. Je peux dévoiler ça. J'ai eu un homme trans avec qui j'ai eu une discussion, un pré-entretien, et qui a annulé sa participation. Et je pense que son annulation dit beaucoup, alors j'ai pas ces termes exacts, mais il disait, je me sens pas en fait d'être le premier et je me sens pas dans un espace où suffisamment safe, tu vois. Et ça, j'ai trouvé ça très puissant à recevoir parce que j'étais là, putain, quel échec. Mais il a raison. Il a raison parce qu'en fait, moi, mon chemin, il a peu ou pas rencontré la transidentité. Et du coup, comme moi, je suis un artiste journaliste, dans mon cœur, il n'y a pas eu ces endroits-là. Et du coup, je ne sais pas bien en parler. Tu vois ce que je veux dire ? Et je pense que ça s'entend de façon très insidieuse. Il y a du silence autour de la transidentité sur mon podcast. Le même silence que je dénonce dans ma famille. Il y a du silence qui fait que je n'ai jamais dit un truc transphobe. Mais les gens, ils se sentent pas accueillis, ils se sentent pas célébrés. Et ils ont raison. Et du coup, je vais devoir apprendre à faire ou je vais devoir faire un choix éditorial en disant... Je sais pas. En tout cas, j'ai pas envie de faire des choix sur le podcast parce qu'il faut. parce que du coup parce que je sens qu'il faut je sens qu'il y a un trou et je suis là bah là Guillaume Dezo mais il y a un problème mais j'ai envie d'être dans le coeur j'ai envie d'être mais genre ah ouais non mais j'ai grave compris pourquoi je suis en train de le faire c'est génial et c'est très important Je t'invite du coup à me laisser aller aux toilettes. D'ailleurs, ça sera une conclusion parfaite. On se dit à tout de suite.

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