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Vous écoutez la troisième et dernière partie de ce témoignage. Regardez les épisodes précédents pour la première et la deuxième partie.
Oui. Il te reste trois questions sur les coulisses. On vient de voir les coulisses de ta vessie et on va passer aux coulisses du podcast lui-même. Donc effectivement, là, c'est plus entrer dans la fabrique du podcast. Première question, comment tu trouves les personnes qui viennent témoigner ?
Et est-ce que tu les sélectionnes ? Qu'est-ce qui précède le moment de l'entretien, le processus ? Une grosse majorité des gens, maintenant que j'ai des audiences, une grosse majorité des gens, c'est leur démarche. Ils m'envoient un email et ils me disent « j'ai envie de te raconter quelque chose » et « Amen » ces épisodes dont je parle tant.
Ça, c'était très puissant et très vivant. Et pour moi, c'est une des réussites du podcast. Je parlais d'un échec autour de l'accueil des personnes trans et d'être porte-parole des hommes trans, de faire entendre les paroles des hommes trans. Échec, réussite. Amen, il était là. Je veux, c'est important que mon témoignage soit entendu.
Moi, j'ai grandi en Algérie, en Algérien, sans aucun témoignage, sans aucun référent. Pas de référence, à part négative et péjorative, bien sûr. Je veux moi.
Et c'était puissant. Et ça, ça se sent dans les demandes des gens. Et sinon, c'est moi qui les démarche, pardon. Ou là, comme je viens de dire, je cherche des hommes de plus de 60 ans, des activistes sur le VIH-Sida des années 80, des hommes trans…
Ou bien, justement, je parlais des personnes asexuelles. Dans ces cas-là, je démarche. Je fais des appels sur mon Instagram ou bien je vais dans des associations. Et puis, l'autre truc, chaque personne qui m'ajoute sur Instagram, en tout cas jusqu'à présent…
ou qui like mes trucs je lui dis coucou comment t'as découvert le podcast parce qu'en fait quand je t'ai dit ok faut que je prenne soin de moi et faut que je me prenne au sérieux moi l'impact sur les gens c'est un sacré carburant je peux pas en dépendre dans les épisodes précédents j'expliquais que moi je pars de mon élan de ma locomotive
Mais parfois, je jette un coup d'œil aux wagons, aux gens qui se sont accrochés. Et je leur dis, tu peux me dire pourquoi ce podcast t'intéresse ? Et les gens, ils me disent des trucs qui sont ouf. C'est absolument génial. Et ça me nourrit et je me dis, OK, c'est pour ça que je le fais, tu vois. Ah ouais, non, c'est pour ça. Et d'ailleurs, j'ai failli arrêter cet été.
Ah oui, plot twist. J'étais fatigué, cycle de burn-out et j'étais là, j'ai plus l'élan, j'ai plus le… Et je trouvais pas l'élan. J'étais chez moi, esselé, j'étais mal et puis je trouvais pas quoi. Et les semaines passaient et j'étais aussi très très choqué par tout ce que je découvrais sur ma famille, par toute l'enquête.
autour de mon grand-oncle et en fait il y avait trop d'infos et puis j'arrivais pas à les processer en fait, j'arrivais pas à comprendre ce qui se passait, j'arrivais pas à… ok. Et puis les entretiens sont extrêmement lourds à porter quoi, t'es vraiment… enfin faut faire gaffe et tout et…
Et c'est très puissant. Et du coup, j'étais « Ah bon, je pense que je vais arrêter. » Et puis, je pars en vacances et j'ouvre Grindr. Grindr, c'est une application sur les mobiles où les hommes gays et queers peuvent se retrouver, principalement pour du sexe.
Ou se faire coucou. Là, tu t'adresses à l'auditoire d'un averti qui viendra peut-être de l'ESSEC. Exactement. Et en fait, je me suis mis à recevoir une vingtaine de messages de gens en Suisse, en Savoie, en Espagne.
Qui me disent « Ah, c'est toi le mec qui fait le podcast ? » Bon, parce que je fais de la pub pour mon podcast, pas folle la guêpe, enfin si folle, mais pas dans ce sens-là. Parce que du coup, t'as mes photos et à la fin, t'as ma cover de podcast où je dis « Coucou, je suis Guillaume et puis je suis là pour moi. Et PS, petit auto-promo, je fais des podcasts cools, tu devrais les écouter. »
Et du coup, les gens m'envoient des messages en mode « Ah, c'est toi qui écoute les podcasts ? » Pardon, qui fait les podcasts trop cool. Et j'ai même rencontré des auditeurs. Et en fait, ça paraît bizarre, mais moi, ça ne m'arrivait jamais avant. Et en fait, je suis tombé sur un… Notamment, je me souviens, un Suisse.
J'ai envie de faire son accent, mais je pense que c'est malvenu. Je crois qu'il ne faut pas faire ça. Mais qui me dit, ben ouais, moi j'ai écouté sept en deux épisodes.
et ça m'a frappé et il me fait ouais ouais et là il me raconte comment ça a changé sa vie comment ça impacte sa vie tu vois et 72 épisodes et après on va manger un morceau et tout et il me dit moi j'ai pas je demande aux gens de faire des contributions mensuelles il me dit bah tiens moi je t'invite à dîner et puis ça sera ma contribution et cette rencontre là elle a été ultra puissante et j'en ai eu d'autres en fait de gens et il y a quelqu'un qui m'a dit ce que tu fais c'est historique
Et en fait…
j'ai d'abord eu un rejet en mode non là mec tu t'emballes et tout et moi depuis toujours en fait je recevais des messages positifs mais je les ignorais je disais non non c'est pas un podcast qui t'a aidé non c'est une myriade de choses et là le podcast a été une petite étincelle mais que je réduis et en fait tu m'envoies un message mais du coup mon cerveau détruisait tous les commentaires positifs et là pour la première fois j'ai dit non ok ouais ce que je fais c'est historique
Alors, ce n'est pas historique en mode… Mais j'ai senti un juste endroit de mon égo où j'étais là, ouais, personne d'autre le fait. En fait, c'est transformatif. Oui, juste écouter le podcast, mais quand même. Et en avant. Et est-ce que tu sélectionnes parfois ? C'est-à-dire, il y a des personnes qui te proposent et tu dis non. Et auquel cas, comment tu gères ça ?
Je souhaite être vulnérable et authentique et du coup, je vais dire la vérité. Aujourd'hui, je n'arrive pas à sélectionner de façon professionnelle et adulte, c'est-à-dire… Merci beaucoup pour ce pré-entretien. Finalement, pour des raisons éditoriales ou de feeling, on ne va pas enregistrer.
Je n'y arrive pas parce que je n'arrive pas à exprimer les raisons de ces refus, autre que de l'intuition.
et aussi parce que ça m'inquiète énormément les gens se sont rendus vulnérables dans ce pré-entretien qui n'est pas enregistré et ont vraiment eu un moment de courage pour dire et fermer la porte c'est trop compliqué pour moi aujourd'hui et j'ai en tête une personne avec qui on a fait un pré-entretien finalement on n'a pas trouvé un rendez-vous d'enregistrement où j'ai dû moi reporter et en fait je ne l'ai jamais recontacté, je la croise souvent et je regarde mes chaussures
Et je suis là, mais Guillaume, en fait, c'est quoi ? Donc là, il faut que j'apprenne. Il faut que j'apprenne, ouais. Et en fait, c'est encore flou dans ma tête parce que tous les témoignages sont puissants. Je suis désolé, tous les témoignages sont puissants. Et c'est vrai. Et donc, du coup, je peux te dire, moi, Guillaume, j'ai moins envie de ce sujet…
Mais tous les témoignages sont puissants. Et c'est ça qui est passionnant, c'est que tu vois, Victor, sur la sensualité, les épisodes sensualité de Victor, sensualité, caresse, je me trouve mauvais. Ah bon ? Tu les as écoutés ? Oui, je ne t'ai pas trouvé mauvais. Je te remercie. Sauf que moi, je n'ai pas assez posé de questions. Mes questions n'étaient pas ouvertes.
Et j'ai pas arrêté de prendre la parole pour raconter mes trucs. Et je pense qu'il s'est passé plusieurs choses pour moi. Je sentais qu'il y avait des… Bon, je sais pas mettre des mots dessus, mais je pense que j'ai pas juste… Je crois que j'ai voulu remplir quelque chose, tu vois ?
Mais… Bon, je me suis pas trouvé bon et j'ai pas trouvé que j'avais aidé Victor suffisamment à déplier son discours autour de la sensualité et de ce qui était important pour lui. T'en as parlé avec lui ? Non. En fait, c'est un pote. Et en fait, moi, j'avais des informations intimes de son jardin secret que je ne pouvais pas ou ne voulais pas utiliser parce que je savais pas si j'avais le droit ou pas. Et donc, c'était assez compliqué à gérer comme interview parce que moi, dans ma tête, j'étais là… Non. Là, ce qu'il dit…
Mais je ne pouvais pas. D'ailleurs, ce qui m'amène à une petite parenthèse de coulisses, c'est que pour que les auditeurs qui ne te connaissent pas comprennent, il faut bien préciser que tu ne fais pas de montage. Oui, c'est vrai. Donc la question se pose effectivement. Tu ne peux pas exprimer ce doute parce que derrière, tu ne montes pas. Tu ne vas pas pouvoir couper. C'est vrai. C'eût été quelque chose qu'il aurait fallu que je dise au tout début de notre échange quand je présentais le podcast.
c'était quelque chose sur lequel j'aurais dû te poser une question c'est vrai que c'est assez clé et c'est important du coup la libération de la parole elle se fait pas avec montage pour moi or cet entretien avec Victor c'est l'entretien où j'ai reçu le plus de messages positifs
Donc, tous les témoignages sont puissants. Mon regard et mon opinion sont très souvent décalés ou juste singuliers. C'est singulier. Tout ça pour dire que je n'arrive pas à sectionner.
D'accord. Alors justement, en répondant, je comprends, je crois que ce serait pareil si j'étais à ta place. En répondant, tu as aussi un peu anticipé sur ma question suivante, je te parlais du processus. Donc une fois que tu es prête à enregistrer un épisode, tu parlais d'un pré-entretien notamment, quelles sont les étapes ?
effectivement qui précède à l'enregistrement. Et le sens de ma question, au-delà de juste comment ça s'organise, c'est qu'on a beaucoup parlé de l'enjeu de libérer la parole à travers ce podcast. Oui, effectivement, la parole n'est pas libérée. Pourtant, ceux qui témoignent, la parole se libère. Comment tu arrives à ce résultat ? J'imagine que ça ne se fait pas non plus par un coup de baguette magique. Quelles conditions tu crées pour que cette qualité d'échange soit possible ?
Pré-entretien obligatoire. Et je le dis, personne ne veut l'éviter, mais moi, au début, je ne le faisais pas. Pré-entretien où, en fait, je pose une série de questions et je fais vivre à la personne l'expérience de se dévoiler intimement et de dire des trucs crus. Et après, on vérifie comment je me sens. Est-ce que je suis aligné avec l'idée de raconter cette histoire ?
Et là, je peux très facilement refuser quelqu'un si quand je lui dis pourquoi tu veux témoigner ?
Et ils me disent, pour t'aider. Non. Pourquoi ? Pourquoi t'as envie ? Et en fait, dès qu'ils me disent leur pourquoi, c'est bon. Parce qu'ils ont dit des trucs crus et des trucs crus intimes. Ils font la diff entre jardin secret, donc qu'est-ce que je garde pour moi ? Précieusement, c'est délicieux. Et qu'est-ce que je dis ? Parce qu'en fait, il n'y a pas de problème et parce que c'est puissant. Et ils savent pourquoi ils le font.
Ils le font, ils ont engagé leur responsabilité de petits humains. Et ils ne se cachent pas derrière un process, en mode, parce que tu m'as proposé. Bah non, dans ce cas-là, je ne le fais pas, parce que ça va être naze. Parce qu'en fait, on travaille avec l'énergie. C'est l'élan, c'est le puissant pourquoi. C'est pour ça que les témoignages d'Amen, les épisodes d'Amen sont ouf, parce que lui, il savait pourquoi il était là, tu vois. Et limite, j'étais de trop…
Et là, heureusement, j'ai réussi à pas trop parler. Tu vois, il était… Voilà. Donc, un, on vérifie ça avec un vrai consentement joyeux et éclairé, quoi. Donc, quelqu'un qui me dit… Donc, je demande de 0 à 100, t'as envie de témoigner à combien ? Au début du pré-entretien, je dis, ben voilà, sans rien savoir. Et les gens, ils me disent… Ils sont là, donc ils me disent souvent 80, 90. Ma question d'après, c'est les 20. Qu'est-ce qu'ils disent ?
et en fait là il peut y avoir une sélection mais qui n'a jamais eu lieu c'est que si il est 20 c'est qu'en fait je vais raconter des choses que je ne devrais pas raconter bon ben là c'est red flag ou bien tu vois mais la plupart du temps les gens sont validés s'ils me disent je sais pas ce que je vais raconter et je sais pas si ce que je vais raconter est intéressant donc j'ai un petit peu de retenue et à la fin une fois qu'on a déplié et donc là il y a un petit travail quand même éditorial
où moi, je les fais parler et je propose des trucs qui me semblent être là où il y a le plus de puissance, tu vois, là où je les sens animer le plus. Tu proposes des trucs, tu veux dire des sujets… Des axes. On choisit deux, trois axes. Et à l'issue de l'entretien, je fais, bon alors, 0 à 100, t'es où ? Et pourquoi ? Ensuite…
J'utilise… Comment on dit quand on se ment à soi-même ? Tu sais, quand t'as une pensée et tu fais du forcing. Autopersuasion. Merci. Les gens n'ont de cesse de me dire, tu sais, moi, je saurais pas bien parler. Et moi, j'ai décidé que c'était tout le temps faux. Et c'est tout le temps faux.
Parce que les gens disent « bah non, mais moi c'est pas assez intéressant » ou bien « mais moi j'ai pas d'éloquence » ou « mais moi en fait, je vais commencer une phrase, je finis jamais mes phrases ». Et là, vraiment, souvent il y a beaucoup ça. Et moi, il y a une part de moi qui du coup parfois chavire, je me dis « ah bah merde, bah oui, bah si tu veux ». Bah non, dans ce cas-là, elle le fait pas, au fond de moi. Je la tais et je dis « non, non, ça va très bien se passer ».
Non, non. Moi, j'ai eu un échange conversationnel avec toi. Je t'ai très bien compris. Les auditeurs tristes te comprendront très bien. Non, non, c'est super. Et après, je les aide aussi. Je dis tiens, c'est rigolo. Tout le monde me dit ça. Et comme tu m'as dit que tu avais aimé ces trois épisodes là, sache que la personne, les trois personnes qui ont avait les mêmes craintes. Donc, on est bon.
Et le dernier truc, vachement important, je suis pas un journaliste pour faire cracher qui est pas dans le bain. Je suis un homosexuel qui galère avec sa sexualité, donc quand tu me dis j'ai du mal à être pénétré, souvent je vais te dire, ouais moi aussi. Donc en fait, le cadre des…
de l'entretien je trouve ça très dur de se dénuder seul métaphoriquement et en plus d'avoir face à soi un journaliste qui cherche un angle
Et qui, du coup, tu vas être coupé mille fois au montage, et t'es un peu là, genre, je me sens un peu utilisé. Et tu sais, c'est un journaliste hétéro qui est là, donc c'est dur d'être gay, non ? Et toi, t'es là, alors, oui, mais ça va apparaître comment dans ta lecture du délire, tu vois ? Et où, ah oui, c'est intéressant, vous avez du mal à vous faire pénétrer ?
Bon, j'ai pas du tout de dédain pour les journalistes, mais vraiment pas. J'ai pas du tout de… Mais j'ai déjà été dans des situations où, en fait, voilà, moi, c'est pas du tout ça que j'ai envie de faire. Et du coup, ça, ça détend, tu vois. D'ailleurs, je me souviens que tu me racontais aussi…
Or, Micro, que tu veillais à expliquer à ces personnes tes motivations à toi pour le faire. C'était peut-être au début quand il y avait moins d'épisodes en ligne, donc moins d'explications là-dessus. En fait, pour l'anecdote, le podcast a un épisode censuré.
L'épisode 1 du podcast est censuré. Moi, je pense en termes de com, j'ai trouvé un angle parfait où si je republie l'épisode censuré, moi, perso, si je suivais un podcast, je cliquerais. En fait, je trouvais ça vachement important de commencer par mon témoignage. Et de dire, j'annonce un podcast, moi, je manque…
en termes de tonalité et d'édito, moi, en fait, je fais ça, j'ancre ce podcast au sein de moi, mon cheminement. Donc voilà où j'en suis. Mais je n'ai pas assumé. C'était trop dur, c'était trop dur. Il y a mon prénom, mon nom, et puis j'y allais avec force, tu vois. Et donc du coup, je te disais tout. Et alors là, jardin secret versus le silence qui cache, le silence qui soigne, j'étais absolument pas équipé.
Donc tout est pêle-mêle et du coup il y avait des trucs où je me suis dit « non mais moi en fait j'ai pas envie que ça soit entendu et tout ». Mais ça a fait partie du processus parce que mon frère a fait partie des auditeurs-testeurs. Donc mon frère a écouté un truc carabiné et il m'a dit « non ça va, je sais pas si j'écouterai le podcast mais non ça va ».
très sympa je pense qu'il m'a menti et c'est sympa ça part mais donc ouais donc en gros bien sûr et maintenant donc j'ai censuré cet épisode j'ai pris le temps épisode à épisode de prendre ma place dans les témoignages
Et aujourd'hui, l'intro ancre, toutes les intros sont génériques, non pas toutes mais, et en gros je dis, bah moi je suis Guillaume, j'ai 37 ans, je suis gay et longtemps bloqué sexuellement et ce podcast c'est un guide pour moi qui m'aide et j'espère qu'il va vous aider autant et en gros tu peux t'attendre à des témoignages, des interviews qui viennent t'aider à mettre des mots sur tes désirs.
sur tes espaces aussi de non-désir je sais pas comment je peux dire mais c'est cool d'écouter un truc et de se dire ah bah j'ai pas vraiment pas envie et puis ça m'intéresse pas du tout et d'ailleurs je vais arrêter d'écouter parce que je m'en tape tu vois c'est pas inintéressant de se dire ah ouais ouais voilà et voilà quoi du coup ça c'est vachement important pour moi et d'ailleurs ça pose la question moi qui me fais peur en ce moment et qui est bah du coup ça va s'arrêter pourquoi ?
Si c'est dépendant de ma locomotive de cheminement, je sais déjà te dire que comme ma dernière séance de psychanalyse s'est arrêtée au bout de deux ans, je sais déjà que ce podcast va s'arrêter. Mais rien, tout se transforme. Je rebondis et tout. Mais moi, comme j'ai peur du deuil, de la faim et de la mort…
Rien que ça. En fait, ça me fait trop flipper de me dire qu'il y a un moment donné où tu seras allé au bout de ce chemin. Enfin, au bout. En tout cas, tu auras envie d'arrêter. En même temps, on n'en est pas là aujourd'hui. Non. Donc, pour l'instant…
Et pendant le… Je trouve que ça fait aussi partie du processus et tu as commencé à en parler aussi. Est-ce qu'il y a un ton, Guillaume ? Tu parlais de tonalité tout à l'heure. Une pâte. Voilà, une manière de conduire l'entretien lui-même, de commenter, rebondir sur ce qui est dit. Je pense que tu fais très attention…
aux mots que t'emploies, à comment tu reçois certaines choses, à comment t'exprimes tes opinions, parfois tes objections. Comment définir ça ? D'où l'importance de ne pas être en burn-out, parce que tu vois, les moments où je suis mauvais…
C'est les moments où je suis fatigué et du coup, je n'arrive pas à bien rebondir. Bien sûr, il y a une patte particulière, singulière, parce que je suis un individu. Du coup, je ne comprends pas. Une énigme, c'est que je ne comprends pas comment des journalistes qui sont quotidiennement à l'antenne…
Alors après, c'est pas des mêmes sujets, ils sont justement beaucoup plus en distance de leur sujet. J'avoue, je pense que ça doit être ça. Mais moi, j'arrive pas à enchaîner les entretiens. J'ai vraiment besoin de faire super gaffe à pas les enchaîner. Ok, excuse-moi, du coup, ta question…
Justement, l'attention que ça exige de toi, c'est justement que tu prêtes attention à pas mal de choses, je pense, pendant l'entretien. Et puis aussi parce que moi, j'utilise mon intime. Donc, quand je me critique en disant « laisse plus d'espace à Victor pour qu'il parle de sa sensualité, de son rapport à la sexualité »,
À un moment donné, moi, c'est OK que j'arrive et que je dise tiens, c'est marrant, t'as dit ça. Moi, je le vis comme ça. Et toi ?
à tout de fleurir, et en injectant parfois une opinion, une divergence ou une concomitance pour, justement, un, je trouve pas ça inintéressant, deux, moi, en fait, hors micro, j'aurais les mêmes conversations, concrètement. Donc, en fait, je suis cette intuition-là, et du coup, quand j'essaie de prendre la parole, il y a quelque chose qui essaie de se dire, c'est pas juste je me fais un kiff, enfin, je crois vraiment pas…
juste il y a vraiment un truc il y a des mots qui ont besoin il y a une réparation il y a un truc que je suis en train vraiment profondément d'essayer de faire tu vois ce que je veux dire et du coup dans le mieux il déplie sans jugement et parfois je rebondis et on co-crée quelque chose d'autre ils disent ouais non moi pas du tout toi ça c'est intéressant et on nuance et on affine je trouve ça intéressant et je me mouille
Et je me mouille, la plupart du temps j'y arrive, parfois j'y arrive pas, mais je me mouille. Donc en fait, l'épisode sur le fantasme du viol, du coup je suis censé moi dire cet endroit de fantasme. Je n'y suis pas arrivé, je n'ai pas voulu, et en plus j'ai pas réussi à ne pas juger la personne.
Du coup, les gens vont avoir terriblement envie d'aller écouter cet épisode. Mais en fait, j'étais fatigué. J'ai dit oui à l'interview un samedi, alors que j'avais déjà fait deux interviews cette semaine. C'est pas excusable, c'est à moi d'être plus professionnel. J'ai dit oui à un truc, mais j'avais zéro espace dans ma tête pour écouter.
Et moi, j'étais en mode, désolé, mais il y a des gens, des journalistes qui sont toute la journée à l'antenne ou un jour sur deux et tout. Toi, on te demande de faire trois entretiens en une semaine. Sauf qu'en fait, c'était trop. Et c'est venu me chercher cette question du fantasme du viol à un endroit où j'étais pas prêt, j'étais pas mûr. Et en fait, je me suis senti juste agressé.
Pas du tout. Le propos de la personne n'était pas du tout à cet endroit-là. Mais moi, je n'étais pas capable de gérer et aussi, je n'assumais pas. Donc, je n'avais pas nettoyé cet endroit-là. Je n'étais pas capable de mettre des mots sur mes fantasmes.
C'était au début du podcast. J'étais pas capable de mettre des mots, donc j'avais honte de dire mes fantasmes. L'invité était plus avancé que moi dans sa capacité à dire, donc j'étais à la ramasse, moi, pour rebondir. Et la question du consentement et du viol, j'avais pas fait le travail nécessaire.
Du coup, lorsque j'ai eu envie de faire un interview avec un homme qui pratique la domination et la scatologie, ce qui est d'utiliser des excréments dans sa sexualité…
Donc là, moi, j'adore, un, parce que le mec est brillant. Donc, j'ai validé dans ma tête tous les trucs de, est-ce qu'il y a des problèmes de santé mentale, etc. À qui je donne la parole ? Il est intéressant, il est intelligent, il est posé, il défie tous mes gros préjugés.
2. J'ai 2 millions de préjugés et de jugements et d'opinions. 3. Je suis mal à l'aise, très mal à l'aise avec le sujet, donc il y a du défi et tout. Et lui, j'ai mis un an à le préparer. Je suis pas assis du tout au tout.
et voilà j'ai atteint justement mon point de fatigue donc j'ai ré-oublié ta question t'as été plus content du résultat dans l'occurrence par rapport à l'épisode du coup sur celui qui a des pratiques scato là t'as tu t'es trouvé mieux positionné j'ai pas réécouté
mais j'ai eu des retours positifs d'un journaliste en qui j'ai confiance et je me suis dit ok c'est cool et en fait il est passionnant il est à double tranchant mes épisodes sont à double tranchant j'ai très peur d'essentialiser j'ai très peur que les gens se disent c'est sensationnel et en fait ça saoule je repense aux gens qui ont une sexualité belle
et jaune enfin je sais pas comment te dire mais en gros plus usuel et qui du coup se retrouve pas du tout dans cet extrême dans cette extravagance ou dans cette sortie des normes et donc je m'inquiète ouais que du coup j'ai vraiment envie de trouver un juste équilibre et à la fois en fait quand tu prêtes l'oreille à ce qu'il raconte c'est absolument passionnant parce qu'il est en plein coeur de tout ce que je viens de te partager la question des normes
et je crois qu'il me challenge pendant l'échange parce que bon moi je suis à grosses gouttes c'est faux mais tu vois et il me disait bah pourquoi pourquoi pas et moi j'étais là bah j'avoue pourquoi pas et puis il y avait en moi tu vois et je pense que beaucoup d'auditeurs m'ont dit ça et il y avait en moi qui disait mais non c'est pas normal et je suis là merde attends bon ouais etc etc quoi
Mais en même temps, pour te rassurer là-dessus, ce que je trouve qui fait partie de ta patte, c'est que quand tu as des jugements, tu l'exprimes. C'est-à-dire que tu dis « attention, ça j'ai conscience que c'est un jugement ».
c'est jamais définitif l'auditeur il est prévenu ton interlocuteur il est prévenu aussi et donc tu lui dis aussi ça n'engage que moi et en plus de ça tu dis aussi et je peux changer de jugement en fait c'est à dire que ça m'intéresse que tu me challenge là dessus donc continuons d'en parler c'est pas du tout c'est l'opposé du jugement habituel qui est la fin de non recevoir on arrête de débattre ça je trouve que tu sais très bien le faire et tu sais très bien l'identifier chez toi c'est pour ça que tu sais bien le faire tu l'entends tout de suite quand il y a quelque chose qui relève du jugement ou de l'opinion chez toi
et du coup et même je trouve ça plus intéressant quelque part que si tu le réprimais parce que c'est ce qu'il fait aussi que c'est un dialogue une discussion qu'il y a deux identités différentes qui s'expriment et que c'est pas on reçoit ça oui dès que tu sors un peu de la norme même quand t'es dans la norme toute décision que t'as elle pose question en fait donc c'est ça qui est intéressant et ça je trouve que ça fait partie de ta patte très fortement alors j'entends que tu fatigues et je trouve de toute façon je pense qu'on a
On a pas mal vu. Ce sur quoi je te propose de conclure, c'est…
à la fois quel est c'est pour te permettre de faire la retape quel est le modèle budgétaire de tout ça parce que c'est ton activité maintenant à temps plein c'était pas le cas au début mais c'est le cas aujourd'hui et comme je sais un peu ce que tu vas me répondre mais les auditeurs ne le savent pas encore mais j'anticipe comment notamment tes camarades ESSEC et plus largement tous ceux qui nous écoutent
peuvent t'aider d'ailleurs directement sur la question du modèle budgétaire, mais plus largement sur le développement du podcast. Alors, mon modèle économique, c'est… J'ai un emprunt auprès de mes privilèges. Donc j'ai la chance d'avoir suffisamment d'économies pour…
le temps que… Je dépends des contributions du sponsoring et des partenariats. Et le temps que cet argent augmente, mois après mois, moi, je complète. Donc, il y a un moment donné où il faut que ça marche. On ne pourra pas toujours compléter. Et du coup… Et du coup… Donc…
J'ai aujourd'hui 61 personnes qui font une contribution mensuelle. Et ça, c'est mon modèle économique préféré. C'est le plus dur. Mais moi, franchement, je trouve que c'est génial. C'est 60 personnes avec qui je suis en lien. En tout cas, je le propose, j'envoie à chaque fois un email. Et tu vois, qui donne 5…
à 20 euros par mois et qui disent je veux que ça continue et puis je veux en être donc c'est une forme d'abonnement donc c'est un abonnement ça passe par quelle plateforme ? c'est Tipeee et les liens sont dans le descriptif de l'épisode bien entendu et je trouve ça assez intéressant parce qu'on me dit aux Etats-Unis c'est possible ou citer une influenceuse comme Lena Situation ou la femme du prince d'Angleterre
En gros, soit tu es une énorme star, soit tu es américain, mais en France, les créateurs de contenu, ce n'est pas possible. Et du coup, j'ai un enjeu à savoir si toutes ces mauvaises paroles vont se réaliser ou pas. Est-ce que tu as calculé que toi, tu serais… Si 400 personnes me donnent 5 euros par mois, j'ai un gros SMIC.
qui me donne une sécurité financière. Et après, je peux aller chercher des sponsoring, des partenariats diverses et variées. Donc dans les idées, il y a tu es ESSEC et tu es dans une ONG qui a envie de faire entendre la parole de ses bénéficiaires. Tu m'en contactes ? Parce qu'en plus, tu sais comment je le fais. Ou bien tu es ESSEC, Marc Dorcel, il a fait l'ESSEC, non ?
production porno tu travailles dans une entreprise qui peut être intéressée par une audience très spécifique mais du coup très chouette tu me contactes aussi guillaumefedepodcast.com donc ça c'est dans le modèle économique
La dernière idée, et alors à nouveau, il ne faut pas que je m'éclate trop, que je parte dans trop de directions, mais ça serait maintenant que j'apprends à être plus déterminé à incarner
à assumer d'incarner publiquement quelque chose je pourrais aller me proposer à des médias et à faire des chroniques tu vois à la télé ou à la radio avec image ou avec son et ça ça pourrait être une autre idée
En tout cas, j'ai un enjeu d'augmenter mon audience pour à la fois trouver les prochains témoignages et les futurs donateurs tristes. Après, les gens, ils peuvent ultra facilement m'aider là tout de suite. C'est en mettant 5 étoiles dans Spotify, dans Apple Podcast. Je crois que c'est les deux seules plateformes qui le permettent. Il faut aller dans la page du podcast, en haut pour Spotify, en bas pour Apple Podcast. Et hop, tu peux mettre un petit commentaire genre
super les épisodes parce que quand tu mets un commentaire en gros les étoiles et le commentaire poussent l'algorithme de ces plateformes à enfin fait que l'algorithme de ces plateformes pousse le podcast à plus de gens donc je trouve les prochains témoignages et les donations
Et on parle bien de 5 étoiles et pas 4. Là, c'est très spécifique. Mais pour les geeks comme moi, voilà ce qui est en train de se passer. J'étais à genre 300 personnes qui ont mis des étoiles. Et je suis à 4,7 sur 5. Pas mal. Je dis, mettez des étoiles et je te promets, je crois que depuis, il y a 100
ou une cinquantaine de gens qui ont d'un coup donné plus d'avis. Trop cool, merci les auditeurs, les auditrices. Sauf que je suis à 4,6 ou 4,7, genre la note n'a pas bougé. Donc mathématiquement, ce n'est pas possible, je n'en dors plus. Et donc il est possible qu'il y a des gens qui mettent en fait une étoile en se plantant, et du coup en fait ils sont en train de dire qu'ils n'aiment pas le podcast.
et d'ailleurs je crois que j'en ai vu un effectivement où le commentaire est élogieux et il y a une étoile c'est vrai donc faites attention bien sûr une autre idée c'est de partager le podcast mais ça en fait tu peux pas demander ça aux gens je trouve ça n'a aucun intérêt en fait les gens ils partagent naturellement le truc mais ouais
mais donc en tout cas parmi nos nombreux ESSEC dans les médias nous sommes partout c'est un gros réseau amis ESSEC dans les médias n'hésitez pas à contacter Guillaume alors si effectivement tu peux être intéressé pour développer d'autres formes de contenu bien sûr voilà as-tu une dernière bafouille ? et bien je ne crois pas autre que merci beaucoup on est tous les deux sortis de notre zone de confort pour cet entretien moi j'ai pas l'habitude d'être au micro je fais de l'écrit
toi t'as pas l'habitude d'être interviewé ou pas beaucoup ou pas encore puisque tu deviens une star progressivement moi j'ai l'impression en tout cas tu t'en es bien sorti je suis très intéressé par l'entretien j'espère que ça a marché dans l'autre sens les auditeurs nous ont suivi dans ce long échange c'était vraiment très cool, très intéressant
Moi, je suis vachement inspiré parce que je suis en train de petit à petit continuer le process qui est amorcé avec ce podcast. Je suis en train de mettre des mots sur pourquoi je fais ça, comment je le fais et comment c'est réparateur. Et qu'est-ce que je demande au monde ? Qu'est-ce que je demande ? Et…
Je sais que ça paraît bizarre et tout, mais ça sera ma conclusion, c'est que, tu vois, qu'est-ce que je demande à ma famille au final ? Je suis là à poser toutes ces questions, mais tu veux qu'ils fassent quoi, Guillaume ? Et t'es là à parler des normes et tout, ok, mais tu veux que les gens y fassent quoi ? Qu'est-ce que tu veux ? Et moi je suis un peu genre…
je sens un truc mais j'arrive pas et je sens que je suis à l'endroit du podcast et je fais épisode après épisode et pour moi cet échange même s'il est pas écouté en vrai c'est ok pour moi parce que je suis en train d'accoucher de quelque chose petit à petit et là pendant notre échange j'ai senti qu'il y a un nouveau truc qui s'est mis en place et qui me donne l'élan pour la suite et qui me guide pour mon énigme