Tentative de suic*de, talons aiguilles et renaissance – Gabriel 2/3

Partie 2 sur 3
« Alors comprends bien que je suce de la bite et que je m’en prends dans le cul et ce sera comme ça pour le restant de mes jours. » Gabriel

Gabriel, 38 ans, se déguisait en fille à Mardi gras pour approcher les garçons : à 16 ans, son coming out sort d’une tentative de suicide, pas d’un choix.

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Dans cet épisode du podcast :

  • À 13 ans, un garçon lui dit qu'il est magnifique déguisé en fille : la phrase le poursuit des années
  • Son père se suicide quand il a 12 ans, mais on lui cache la cause pendant trois ans et demi
  • À 16 ans et demi, il avale quatre boîtes de Nurofen, vomit toute la nuit et finit suivi à Sainte-Anne
  • Quand sa tante lui demande d'arrêter « cette maladie », il répond si crûment que les couverts se figent

On en parle dans cet épisode
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Lire la transcription de cet épisode
Gabriel, tu es prêt pour la partie 2 ? Je suis prêt pour la partie 2, Guillaume. Super. Tu racontes ton parcours d'homme efféminé, d'homme féminin, d'homme féérique. C'est vrai ? C'est mon avis. Et tu m'as dit dans ton pré-entretien, au Sénégal, j'ai été matrixé ? ce terme que tu as utilisé et notamment tu me disais en pré-entretien est-ce que c'est parce que j'aimais les garçons et je voyais que seules les filles pouvaient aimer les garçons que je me suis efféminé puis là dans l'épisode précédent tu t'es demandé si c'est parce que tu étais entouré de figures féminines qui t'a fait te faire efféminer Est-ce que pour toi, tu as l'impression qu'il existe une raison à comment on est dans son genre ? Maintenant que tu le dis et maintenant que je l'entends, non. Pour moi, je pense que c'est ce qui fait notre unicité, c'est ce qui nous rend unique. Donc, je pense à fait que je suis juste comme ça. Ce n'est pas quelque chose que je peux contrôler comme on... Comme on ne pourrait pas contrôler le soleil de se lever à tel endroit et de se coucher à tel endroit. Je pense qu'il faut juste l'accepter. Ça a toujours été... Alors justement, c'est très bizarre puisqu'on en parlait tout à l'heure. Au Sénégal, tu as une fête qui s'appelle la Tamrarit. C'est une fête où on déguise les garçons en filles. Et je me souviens, ça s'approche justement de la période du mardi gras. Si ma mémoire n'est pas fausse sur ça, je sais par exemple qu'à chaque mardi gras, j'adorais me déguiser en fille. Parce que c'était mon moyen, moi en tout cas, à l'époque, de pouvoir m'exprimer et de pouvoir vivre une journée pleinement. J'avais un succès fou d'ailleurs. Donc j'empruntais soit des habits à des copines, une paire de talons à ma mère. Mais comme ça restait juste pour un déguisement, en fait, personne ne s'en offusquait plus que ça. Hum. Je me souviendrai toujours, c'était lors de ma deuxième cinquième puisque j'ai redoublé, Omar Digra est un garçon que j'ai toujours trouvé très beau et sur lequel je pense que j'ai eu un crush, qu'on appellera Ben, ce n'est pas son vrai prénom mais je l'appellerai Ben, c'était un prénom à trois lettres. qui est venu me voir et qui m'a dit t'es tellement magnifique si tu pouvais rester comme ça toute la vie et je sais que j'ai vécu avec cette phrase pendant un bon nombre d'années parce que je me suis dit pourquoi la vie ne m'a pas fait comme ça parce que aujourd'hui j'aurais été avec lui c'est quelque chose qui passait depuis longtemps mais sur l'instant et sur le moment à 13 ans 13 ans et quelques tu te poses 12 ou 13 ans tu te poses quand même la question et puis surtout ça revient encore et encore et encore hum hum Est-ce qu'on peut fermer les yeux, toi et moi ? Et est-ce que tu peux faire résonner le terme de homme ? C'est-à-dire ? Toi, si je te dis homme, si je te dis tu es un homme, ça résonne comment ? Je vais te le dire de la façon la plus basique. L'enveloppe corporelle, les organes génitaux. Voilà comment ça résonne. Toi, tu te sens homme. Je me sens homme aujourd'hui. Alors, je me suis beaucoup posé la question de savoir si j'avais envie d'être une femme. Mais je me suis juste rendu compte que ce qui me poussait plus vers le côté... enveloppe corporelle féminine c'était de pouvoir être avec des garçons à partir du moment où j'ai pu être avec des garçons je n'ai plus ressenti cette envie-là même si j'avais mon côté qui était féminin ça m'a traversé l'esprit en me disant pourquoi la vie ne m'a pas fait fille pourquoi le bon Dieu ne m'a pas créé fille parce que c'est les garçons que j'aime on te dit que c'est mal j'ai été élevé dans une religion qui est la religion catholique on t'a toujours montré que l'homosexualité c'était un péché J'avais une grand-mère qui était très religieuse, il fallait aller à la messe toutes les semaines. Côté sénégalais ou français ? Côté sénégalais. Côté français, je vivais dans le sud de la France, à Nice. Donc j'y allais tous les étés. Je passais généralement deux ou trois semaines avec ma grand-mère avant de rejoindre ma tante, qui était la grande sœur de ma mère, qui vivait sur Paris L. Du coup, si je comprends bien, ce moment de joie déguisé en femme, c'est moins une question de ton identité de genre que du fait que, justement, il n'y a pas d'humiliation. Tu es dans l'espace public et tu es accueilli, autorisé à être en dehors des normes de genre. Exactement. Et là, je peux le vivre pleinement. Donc, c'est pour ça aussi que, justement, au moment où je me transformais, si on peut dire... J'étais drag queen, mais sans le savoir, à ce moment-là, j'étais bien, parce que je correspondais en tout cas à l'image que j'avais de moi, l'image que je voulais, parce que c'était mon seul moyen de pouvoir accéder à ces garçons. En rêvant, bien sûr, parce que je ne sais rien passer de physique ou quoi que ce soit, mais ça me rapprochait un peu plus, justement. Je pouvais toucher le rêve du bout des doigts. Ok, oui, c'était ta recherche d'amour et de connexion. C'est exactement le mot. Sur ton chemin depuis, là, t'es pas allé à l'endroit de la non-binarité ? Il y a aussi peut-être un concept de genre à redéfinir, non ? Non, non. Après, à partir de ça, à partir du moment où j'ai commencé à vivre mon homosexualité, faire mon coming out, que j'ai fait de façon assez dramatique par une tentative de suicide, j'ai juste su que c'était comme ça et qu'à un moment, il fallait y aller. Je ne me suis pas posé la question de me dire est-ce que tu as envie de changer de sexe ? Est-ce que tu te sens vraiment femme ? Est-ce que tu es prêt justement à avoir une transition ? Non, je ne me suis pas du tout vu comme ça. Tu veux en dire un peu plus sur cette tentative ? Alors cette tentative, ce coming out, c'est passé d'une... Alors j'étais au lycée, j'étais au lycée parisien. J'ai fait un lycée hôtelier puisque je voulais faire de la mode mais c'était trop gay pour ma mère. et j'avais plus envie de suivre le cursus normal donc j'avais envie de me dire bon pourquoi pas, on a beaucoup voyagé les hôtels m'ont toujours fait plaisir donc pourquoi ne pas s'orienter justement vers ça c'était un tout autre monde bien sûr Alors attends, t'as pas encore fait ton coming out que ta mère te dit ? c'est trop gay d'aller à cet endroit là ? La mode c'est pour les gays alors que c'était une personne avec beaucoup de culture et certaines choses mais je pense que c'est plus son éducation qui a fait ça donc tout de suite forcément tu te fermes encore un peu plus et tu te dis je vais en montrer encore moins et alors j'ai dit un jour à une copine à moi au lycée que j'étais gay Et il s'est passé exactement ce qui devait se passer. Elle l'a répété. Ça a été pris d'une façon qui va être un peu plus différente. Elle a répété à un garçon qui était brésilien. Je ne dirai pas son nom, mais je m'en souviens comme si c'était hier. Et puis en fait, la personne me copiait dans tout. Tout ce que je faisais, la personne faisait. Tout ce que j'achetais, la personne achetait. Et elle lui a répété à ce fameux garçon qui lui l'a répété autour de lui. Et j'avais deux choix, soit l'accepter, soit le réfuter. Je l'ai accepté. Et puis bizarrement, ça s'est passé, je ne vais pas dire que c'est passé comme une lettre à la poste, parce que tu as toujours des cons partout, mais ça ne m'atteignait plus autant qu'avant. Je pense qu'il y avait beaucoup moins, justement, déjà j'étais dans une ville comme Paris, donc... Beaucoup plus grande ville, plus rare qu'un tel connaisse un tel et connaisse un tel, donc j'ai assumé mon homosexualité à partir de ce moment-là. Et je me souviens d'ailleurs un jour dans les vestiaires, on sortait du cours de sport, chacun allait prendre sa douche, on se retrouve dans les vestiaires et puis là t'avais un mec qui était un peu plus âgé mais qui était dans ma classe, qui me sort sa bite. Du caleçon comme ça, il me dit ça te fait envie. Et puis j'ai regardé le truc, son sexe, qui était tout fripé. Et je ne sais plus quelle remarque j'ai pu lui sortir, mais qu'il a séché d'un coup. Et ce n'est plus jamais permis de me faire quoi que ce soit comme remarque. Le caractère s'était encore beaucoup plus développé. J'ai énormément de caractère, un peu trop parfois. D'autodéfense plus que de caractère ? Un peu des deux. Parce que même gamin, j'ai toujours eu cette réputation de garçon un peu insolent. Alors je pense pas pour moi que c'était de l'insolence parce que j'arrivais toujours à dire, je vais pas dire que j'avais la vérité dans la bouche, mais je disais ce que tout le monde ne disait pas. tu penses que c'est un moyen de protection ou un vrai trait de caractère tu vois ce que je veux dire 50-50 je dirais même 70-30 peut-être la question est bête mais souvent je me demande mais Qui aurais-je ? J'aurais été qui sans toutes ces forces et ces compétences que j'ai été obligé d'acquérir sur mon chemin de guet ? Tu vois ce que je veux dire ? On est d'accord. Et bien entendu, une répartie cinglante, meilleur outil pour survivre dans un monde homophobe. Je suis obligé, surtout que je n'en ai pas parlé plus tôt, mais six mois après cette fameuse annonce à ce garçon, justement, sur Dakar... À 11 ans et demi, mon père est parti. Donc il a fallu vivre avec justement ce deuil-là. Et justement, il n'y avait plus cette figure paternelle, il n'y avait plus cette figure masculine sur place. Donc ça n'a pas aidé puisque le fait d'être élevé par des femmes... où à la maison tu sais pas le petit prince et puis t'attends pas que ça se passe même si tu as du personnel de maison quand on est venu ici c'était totalement différent ça n'a plus la même valeur donc on t'apprend à savoir faire la cuisine, à savoir faire le ménage juste toutes ces choses là où en fait tu dois être beaucoup plus débrouillard et à prendre la vie si on peut dire un peu beaucoup plus vite le deuil a fait ça et ça a été un deuil assez violent puisque ça a été un suicide un suicide dont j'ai eu connaissance trois ans et demi plus tard parce qu'on voulait me cacher la vérité pour me préserver Alors que j'ai toujours été justement dans cette quête absolue de vérité. Je préfère une vérité qui fait vraiment mal qu'un mensonge qui fait du bien. Je préfère retirer le sparadrap d'un coup, quitte à ce que ça te laisse une cicatrice. Mais au moins c'est dit, on peut passer à autre chose. Il a expliqué son geste ? Il n'a pas expliqué son geste. Quelqu'un d'autre l'a expliqué à sa place. Une amie de mes parents, chez qui justement on passait ce fameux Noël. lors d'un déplacement de ma mère à l'étranger, où j'étais allé la voir un soir. Et puis, je ne sais pas comment on en est arrivé là, mais... Apparemment, en fait, il aurait eu quelqu'un autour de lui qui lui aurait dit de placer de l'argent à tel endroit. Ce qui a été fait, sauf qu'il avait perdu tout l'argent et l'argent lui avait été prêté par quelqu'un. Donc, cette fameuse personne a menacé justement de le dénoncer au barreau. Et je pense que la peur de l'humiliation était plus grande. Donc, il a préféré justement mettre fin à ses jours. toi tu disais que t'as toi même fait une tentative de suicide au moment de ton coming out qu'est-ce qui s'est passé ? alors j'ai pris des médicaments c'est la tentative de suicide enfin la tentative de suicide qui a marché pour mon père a été assez violente je l'ai su aussi plus tard parce que je me souviens qu'au moment où je suis allé voir justement le corps à la morgue il y avait un oeil qui était beaucoup plus gros que l'autre Et apparemment, il s'était tiré une balle dans la tête. Mais je ne l'ai su que quelques années plus tard. Donc, le choc a été encore plus important. Moi, j'y suis allé de façon beaucoup plus douce. C'est-à-dire que j'ai pris des médicaments. Alors, je pense que je me suis acheté quatre boîtes de Nurofen. Je les ai pris un samedi soir, au moment où des cousins à moi étaient de passage sur Paris. L'appartement était en duplex. On vivait dans le 14e. Donc, j'étais à l'étage, eux étaient en dessous. Je suis monté, j'ai commencé à les avaler, les avaler, les avaler, les avaler. Il y a eu un déclic en particulier ? C'était une peine, une angoisse ? Pas une peine d'amour en fait. Se dire combien de temps j'allais continuer encore à souffrir de cette sexualité et pourquoi on m'avait fait comme ça. Parce que, toujours pas d'histoire, j'ai pas eu cette chance, si on peut dire, de gué. Je pense que certains l'ont vécu, pas nous. mais certains l'ont vécu tu sais en ayant en tombant sur l'histoire à l'adolescence où tu as ce garçon là, ça match la vraie histoire d'amour tu te sentais seul et tu continuais à être insulté, harcelé non mais tu vis toujours avec cette peur même si je l'ai pas t'as toujours les moqueries même si c'est quelque chose qui est moindre c'est à dire que même nous on arrive à le banaliser finalement à un moment Nous, les gays, je pense que toi et moi, comme tu as dû le vivre dans ta famille, comme je l'ai vécu dans la mienne, comme tu le vis dans le cercle à cet âge-là de l'adolescence, où à un moment, tu as tellement l'habitude que finalement, ça finit par te passer au-dessus, même si ce n'est pas normal ? Et il s'est passé quoi après la prise de ces médicaments ? Donc je me suis endormi comme si pour moi je n'allais plus me réveiller et c'était vraiment vraiment vraiment ce que j'avais dans la tête sauf que le corps en a décidé autrement puisque j'ai commencé à me lever j'ai eu envie d'aller vomir et j'ai commencé à vomir toute l'autre partie de la nuit donc mes cousins étaient en train de dormir donc ils ne l'ont pas vraiment su sauf qu'au réveil on devait aller à un déjeuner de famille auquel je n'ai pas pu aller parce que je buvais de l'eau, je vomissais je voulais manger un truc, je vomissais donc là il a fallu m'amener à l'hôpital sauf que j'avais 16 ans et demi Donc une fois arrivé à l'hôpital, je suis obligé de dire ce qui s'est passé. On ne fait pas de lavage d'estomac puisque l'estomac a été totalement nettoyé. Sauf qu'il faut contacter un membre de ma famille. Donc ma mère n'est pas présente sur place parce qu'elle était dans le sud chez l'homme qu'elle fréquentait à ce moment-là. Donc c'est mon frère qui habitait Paris qui a dû se déplacer et qui est tombé des nuves au moment où il a su, comme tout le reste de la famille d'ailleurs. Du coup, c'était un appel à l'aide ? Non, je ne le prendrais pas comme ça parce que j'avais vraiment envie d'en finir. C'est-à-dire que quand j'ai vu que ça n'a pas marché, c'est vraiment ce que j'ai gardé en tête pendant près de trois semaines. Donc, tout de suite, on m'a orienté. Moi, je pensais que la vie... C'est-à-dire que je savais que je n'irais plus à l'école. Pour moi, ma vie devait s'arrêter ce jour-là. Donc, il a fallu... L'hôpital m'a conseillé justement d'aller dans un autre hôpital et d'être prise en charge à Saint-Anne. Je ne sais pas si tu connais. À Paris, c'est un hôpital psychiatrique très connu. Donc, je n'ai pas compris. Tout de suite, braqué. Qu'est-ce que je vais faire dans un hôpital psychiatrique ? J'ai juste fait une tentative de suicide. Donc, je ne voyais même pas, moi, la... La gravité de la chose. Le premier entretien que j'ai eu avec la psychiatre qui n'est pas du tout passé, une femme qui était fermée, il n'y avait pas du tout de feeling. Comme je l'ai dit, j'ai eu l'occasion de le refaire aujourd'hui, je le refais aujourd'hui et j'ai eu le même dialogue pendant trois semaines. Qu'est-ce qui a changé pour que tu décides de vivre ? De voir que la vie avait décidé que ce n'était pas le bon moment. Et de me dire qu'à un moment, il fallait que je fasse avec les cartes que la vie m'avait données. C'était ma sexualité et il fallait que je vive avec. Et qu'il y avait un peu plus de références aussi. Parce qu'il y avait Internet... Tu avais des personnes à qui tu pouvais en parler, j'avais des amis qui étaient sains autour de moi, il y avait toutes ces choses-là. Donc, c'est venu un peu par inadvertance et obligation, mais à un moment, ça s'est révélé être le bon chemin. Tu imagines, tu peux... Tu peux retrouver ce garçon, tu peux aller te visiter. Ton toi d'aujourd'hui peut aller prendre soin de ton toi d'hier avant la tentative de suicide. Qu'est-ce que tu te dis ? Parce que tu as vécu plus aujourd'hui. Qu'est-ce que je lui dis ? Je lui dis de ne pas s'inquiéter. Qu'il va vivre des montagnes russes, comme beaucoup en vivent, mais de toujours garder ce sourire. Parce que je pense que mon sourire a vraiment été, et encore aujourd'hui, mon sourire a toujours été une force. Je pense que c'est mon pouvoir magique. J'ai toujours souri sur des photos d'enfance, au plus jeune âge jusqu'à aujourd'hui. Mon sourire a vraiment toujours ouvert beaucoup de portes, débloqué beaucoup de situations. Je pourrais pas te parler de situations graves, mais ça a toujours été une part de lumière, en fait. Moi, si j'ai... T'as 15 ans au moment où ça va très mal ? J'ai 15 ans et demi, 16 ans, oui. Franchement, si tu viens me voir et tu me dis « garde ton sourire », je suis là « non mais gars, je suis trop mal, qu'est-ce que tu me racontes ? » Je suis trop saoulée par ta réponse. T'es d'accord ou pas ? C'est le côté plus sagesse qui parle aujourd'hui. Non, c'est le côté podcast, là. Tu m'as fait une réponse podcast. Là, si tu vas te voir au pire moment de ta vie, tu te sors à toi-même, garde ton sourire. Alors, c'est pas uniquement la phrase que je sors, mais comme je t'ai dit juste avant, tu vas vivre des montagnes russes, tu vas en baver. Mais tu vas aussi vivre des moments qui vont te dire le pourquoi du comment tu es en vie et pourquoi tu dois rester en vie. Parce que même si la vie est difficile et ce n'est pas un long fleuve tranquille, tu vas vivre des super moments qui vont vraiment te donner justement cette joie de vivre. Tu vas en vivre d'autres qui vont être plus difficiles, mais qui vont forger. Parce que tu vas apprendre en sagesse. Tu vas savoir que... Ben voilà, tout le monde passe par là, tu n'es pas le seul qui a vécu ces choses-là, qui a vécu ces traumas, tout le monde vit ces traumas de façon tellement différente, gay, pas gay, hétéro, bi, cis, trans, on a tous, voilà, on retrouve tous certaines choses et puis surtout, en fait, c'est de ça qu'on se nourrit, c'est comme ça qu'on grandit. Ah, je... Ça m'agace ce que tu dis. Parce que c'est vrai ? Non, la petite... La partie à la fin, ça vient me chercher. Quand quelqu'un me dit, t'as mal, tout le monde a mal, je suis là, mais... mais c'est vraiment que genre ce que t'as dit c'est très bien c'est juste ma réaction moi dans mes tripes je me dis mais ben oui mais je sais très bien que tout le monde souffre mais là en fait bon moi je pense que nos histoires elles sont je trouve ça vachement joli parce que moi j'ai presque fait une tentative de suicide mais pas vraiment c'est à dire je l'ai dit à ma mère que j'y pensais Mais en vrai, ce n'était pas vrai, je n'allais pas vraiment le faire, mais c'était un appel à l'aide. Et c'est un moment, en fait, ce que ça a enclenché, c'était une médicalisation de ma détresse. En gros, j'ai eu l'impression que puisque j'étais à l'hôpital, puis en clinique, je devais avoir, c'était avant le bac blanc, donc en France. À l'époque de la première ? Oui, j'étais en première. Bon, pour les gens qui nous écoutent de partout dans le monde, en gros, j'avais 17 ans. D'accord. Et moi, le révélateur, ça a été des angoisses à des examens. L'angoisse de ne pas être assez parfait. L'angoisse de ne pas être assez bon. Puis après, c'était l'horreur. J'étais en souffrance de sentir de l'attirance pour les hommes, d'être trop efféminé, d'être insulté. Je ne trouvais pas ma place. C'était l'horreur. Puis j'avais plein d'angoisse. J'étais criblé d'angoisse. Donc, on part à l'hôpital. Et... Après, j'ai fait un séjour en clinique, je continuais à avoir des angoisses. Moi, si je pouvais me visiter... Ah d'abord, je lui ferais un énorme câlin. On n'en prend pas assez conscience, mais c'est tellement important. Je lui ferais un... Donc du coup, il serait là, lâche-moi. Enfin genre, t'es qui ? T'es un peu vieux en plus. Non, je sais pas. Ah, je pense que je lui ferais un gros câlin. Et après, je lui dirais, ça va être... Regardez-moi dans les yeux. Ça va être génial. Là, c'est de la merde. mais cette merde-là va se transformer en or. Moi, j'ai l'impression que être queer, dans le sens anglais du terme, être différent, être dit bizarre par les normes, si tu gagnes le combat, si t'as assez de capital financier, parce qu'il faut avoir de la thune, si tu parviens à survivre au niveau basique de la survie, et qu'après t'as l'espace... de transformer cette merde en or. Parce que moi, clairement, si je devais travailler en usine ou courir après l'argent, ça veut dire que si je ne pouvais pas subvenir à mes besoins, s'il y a la guerre autour de moi, en fait, je ne pourrais pas atteindre ce que je suis en train de décrire. Tu ne pourrais pas atteindre ce gold ? Non, ce n'est pas possible. Il faut être un privilégié, je pense, à plein d'égards. C'est mon avis. Mais du coup, c'est ces privilèges aussi que tu t'es construit pour toi-même. Ils ne sont pas tombés du ciel. Il a fallu que tu ailles les chercher aussi. Oui, même si moi, je reconnais que comme toi, je viens d'un milieu privilégié. Ce qui fait qu'en fait, en termes financiers, j'ai quand même eu plus de pouvoir économique et ça a joué dans ma libération gay, queer. Et j'aurais envie de lui dire, mon petit chat, mon petit Guillaume, tes angoisses, en fait, tu ne le sais pas encore, mais c'est des putains de clés. En fait, quand ça ne veut pas et que tu fais une angoisse, c'est que ce n'est pas le bon chemin. Exactement ça. On peut le comprendre. Il n'y a pas de problème. Quand c'est une angoisse, c'est juste comme un indicateur sur un tableau de bord que c'est rouge. Mais du coup, il y a plein de vert qui va apparaître. Tu ne le sais pas encore et tu as l'impression que... Moi, j'avais des angoisses à des examens. J'étais là, tu es mignon Guillaume, mais si je ne passe pas d'examen et que je ne réussis pas ma vie scolairement... Tu peux la réussir autrement. Mais je vais pas la réussir. Mais en effet, tu vois, je savais pas ça. Et après, aujourd'hui, moi, je dirais que le fait de... Je me suis musclé, j'ai appris des compétences pour atteindre un monde magique. C'est-à-dire, un monde magique, c'est mes amis gays, c'est ma vie, c'est mon rapport à la culture, mon rapport aux émotions. En fait, j'ai l'impression... de m'être autorisé à vivre une vie dix fois plus grande, enrichissante, parce qu'en fait, je ne suis pas écrasé par les obligations d'être un homme hétéro. Tu vois ce que je veux dire ? Je vois très bien ce que tu veux dire. Donc du coup, tu es qui, Guillaume ? Et c'est comme ça que je redéfinis l'amour, mon rapport au couple, mon rapport au sexe. C'est comme ça que j'ai fait ce podcast. J'ai dit... j'ai plus peur d'être humilé publiquement parce que je l'ai déjà été et puis personne ne parle de sexe entre hommes je vais le faire à ma sauce tu vois et ça du coup ça enrichit ma vie de ouf je rencontre plein de gens comme toi Gabriel en fait j'ai envie d'être spécifique pour que petit Guillaume il se dise J'ai pas trop compris. C'est quoi un podcast ? À l'époque, ça n'existait pas. Non, mais j'ai envie de lui vendre du rêve, quoi. Parce qu'en fait, bien sûr que ma vie, il y a des hauts et des bas, j'ai des grosses galères et tout. Comme tout le monde. Mais quel... Mais quelle joie d'être gay ! Mais quelle joie d'être différent ! Quel privilège ! Si je ne suis pas tué, il y a quand même toute une réalité homophobe qui est très blessante. Mais j'ai envie de dire à cet enfant, il n'y a pas que ça. Exactement. Mais de toute façon, un homme hétéro pourrait être tué pour X raisons. C'est-à-dire que c'est effectivement les choses auxquelles on va penser. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on n'arrête pas d'entendre certaines choses avec les médias et tout ce qui peut se passer parce que tu as encore des cons sur la planète. mais tu ne peux pas t'empêcher. Tu as envie quand même de continuer à vivre, quitte à en crever. Sauf que toi, mon petit chat, mon petit Gabriel, ils sont où tes talons aiguilles dans la rue ? Tu te rappelles dans l'épisode précédent ? Mes talons aiguilles sont sortis lors d'un déjeuner de famille, donc quelques temps plus tard. J'ai recommencé à vivre et on était chez ma tante, la grande sœur de ma mère, qui était comme ma deuxième mère. qui m'a dit parce qu'en fait quand tout s'est su on a accepté mais on a accepté pour parce qu'il fallait accepter pour que j'aille mieux Parce que ça s'est su via ce coming out où en fait, pourquoi tu l'as fait ? Parce que je suis comme ça. Et ma mère l'a pris d'une façon où elle a fait semblant justement de l'accepter pour que je puisse aller mieux. ma tante a fait exactement pareil mon frère a fait si on peut dire ça comme ça et le reste de la famille il y avait un petit cercle mais n'avait pas grand chose à dire et un jour ma tante en plein déjeuner me sort arrête moi cette maladie et je l'ai regardé dans les yeux avec tout le respect que j'avais pour elle je lui ai fait alors comprends bien que je suce de la bite et que je m'en prends dans le cul et ce sera comme ça pour le restant de mes jours et là t'avais je ne sais combien de couverts qui faisaient du bruit tout le monde arrêtait de parler On m'a dit, mais comment tu peux parler comme ça ? Et c'était vraiment entre elle et moi, donc j'ai réglé le sujet entre elle et moi. Elle n'a plus jamais vu de la même façon, parce qu'elle nous considérait comme son cinquième enfant. Et il y a toujours eu ce respect, en fait. Parce que, comme je dis, ce que je fais, ça reste une sexualité. Ça ne définit pas la personne qui je suis, même si ça nous définit intrinsèquement, d'une certaine façon. Parce qu'on grandit avec ça, on se forge aussi avec ça. Mais ça reste une sexualité. Et elle a compris ça de façon totalement différente et elle m'a aimé encore plus fort. Mais j'ai mis mes talons aiguilles à ce moment-là. Comme même pour d'autres moments où j'avais envie de me déguiser en femme, pour une soirée déguisée, je sortais de la maison et je le faisais. Ça arrivait deux ou trois fois. J'ai de moins en moins ce désir-là. Mais ça arrivait deux ou trois fois à un moment, je me suis même demandé pourquoi ne pas faire RuPaul's Drag Race, mais... Parce que je vois cette façon, si tu veux, de pouvoir aller exposer ton talent d'une certaine forme, te transformer, si on peut dire. Vraiment mettre en lumière ta partie féminine pour encore plus pouvoir regagner cette masculinité, si on peut dire ça. Tu disais dans l'épisode précédent qu'avec cette injonction de la performance, cette peur de l'humiliation existe encore pour toi ? De façon vraiment moindre. Par exemple, tu vois, je reviens d'un séjour au Maroc. Je ne me suis pas posé une seule fois la question de savoir s'il fallait que je sois un peu plus masculin, un peu plus féminin. J'étais juste moi-même. Et c'est nouveau ça ? De plus en plus. Vraiment de plus en plus depuis un bon nombre d'années. Après j'ai envie de te dire, j'ai passé dans une rue de Paris où j'ai dit racaille qui s'entraîne de te papoter ou quoi que ce soit. Je vais certainement pas le faire en roulant du cul même si je roule pas du cul à la base. Mais voilà, je vais être un peu plus précautionneux. Et comment tu es plus précautionneux si tu roules pas du cul ? Tu as marché normalement, tu ne les regardes pas et puis tu continues ta route, en fait. Si tu ne marches pas normalement, tu as l'impression que ta démarche est plus... Je sais que je peux avoir... Déjà, tu as les cheveux mis longs, plus de dos, un peu de fesses. Donc, forcément, oui. Si, j'ai déjà entendu des personnes... Un jour à Châtelet, il y avait un mec et deux nanas derrière moi. Au centre de Paris ? Au centre des Halles, pardon. Il était carrément en train de leur faire le truc et puis je me suis dit je ne vais pas rentrer. De leur faire quoi ? Regardez comment il marche, il roule du cul, on dirait une nana. Ok. Mais c'était ma démarche, je roulais pas du cul intentionnellement, c'était comme ça en fait. Ouais, ouais, ouais. mais tu préfères ne pas rentrer parce que tu sais jamais sur qui tu tombes ouais j'ai l'impression que là on a vachement déplié euh cette difficulté de grandir différent dans ce monde-là. Exactement. J'aimerais qu'on aille sur quel impact ça a dans ton intime. Alors, dans l'intime... Toi, tu te considères actif ou passif ? C'est toi, sans ma... Parce que souvent, les gens, ils croient que je pose le... Mais toi, directement, tu m'as dit... Je me suis toujours vu passif. Même si ça commence à changer un tout petit peu. Un tout petit peu. En commençant par le côté passif, ça veut dire quoi ? Je me suis toujours vu passif. Alors, je pense qu'ayant toujours vu, ayant cette part de féminité, cette revue, je ne vais pas dire femme parce que je ne sais pas si c'est le bon mot, mais en tout cas, j'avais le côté moins viril des deux. Ça s'est fait comme ça intrinsèquement. C'est-à-dire que le rapport que j'ai eu à mon sexe et le rapport que j'ai eu au sexe, sur les premières années, et même pendant longtemps, il fallait qu'on me prenne pour que je jouisse. J'avais pas besoin de me masturber après un acte. Je n'avais pas besoin de jouir justement par le pénis après un acte. Non, en fait, si l'acte s'était bien fait, mon plaisir venait vraiment de l'anal. Tu avais eu un orgasme prostatique ? Sans forcément avoir eu l'orgasme prostatique, parce que tu ne sais pas quelque chose que tu as toutes les deux minutes. Quand tu l'as, c'est vraiment génial. Alors attends, je dois t'interrompre. Ça fait plusieurs fois que tu utilises « on » ou « tu » ? Est-ce que tu peux arriver à utiliser le jeu ? D'accord. Je m'en rends même pas compte. Non, t'inquiète. Là, t'as préjugé de tous nos expériences avec l'orgasme prostatique. Je m'en excuse. Il y a des millions de personnes qui t'écoutent. Non, je te taquine. Alors j'en ai, je vais pas dire rarement eu, mais c'est beaucoup plus compliqué à avoir. Donc juste non, tu sais, le fait d'être connecté à un homme, cette personne est en toi et la personne soit te baise bien, soit te fait bien l'amour. Je suis tiraillé. Par quoi ? Tiraillé entre l'inné et l'acquis. Tiraillé entre... Dis-moi ce que tu en penses. Tu comprends, toi, dans ton histoire, que pour être accepté, il faut avoir l'air d'être une femme pour essayer de re-rentrer dans ces normes hétéro ? Donc, en fait, tu ne peux rêver ton voyage sexuel que sur cet unique bateau d'être pénétré. Tu vois ce que je veux dire ? Tu ne t'autorises pas à plus parce que le seul exemple que tu as, c'est de rentrer dans ces deux cases-là. Donc, tu te dis, comme je suis plus efféminé, je serai la femme. Alors, je vois ce que tu dis, mais ce n'est pas du tout comme ça que je l'ai ressenti. Je pense que c'est juste venu comme ça naturellement. Les feuilles de la plante sont vertes, il y en a quelques-unes qui sont rouges. On va dire que la plante qui est juste derrière toi, la majorité de vert, ça va être le côté passif. que j'ai toujours ressenti comme ça, parce que je pense que c'était indépendant de ma volonté, c'était là où je prenais mon plaisir. Et qu'aujourd'hui, justement, les quelques petites parts de... on va dire une couleur hibiscus, commencent à prendre légèrement le dessus... de temps en temps d'une envie d'actif mais vraiment de temps en temps parce qu'aujourd'hui je me rends compte que je vais beaucoup plus aimer les hommes avec un certain festier je suis beaucoup plus attiré par ça j'ai toujours été par contre attiré par les hommes qui sont très virils je pourrais pas t'expliquer pourquoi j'ai été une fois en couple avec un garçon efféminé enfin un homme efféminé ça s'est vite terminé, ça m'attire pas C'est vraiment l'opposé de moi-même que je recherche. On n'est pas encore entré dedans, mais par rapport à mon style d'homme, sachant qu'on en parle, j'aime les hommes qui vont être plus grands que moi. J'ai presque ce besoin protecteur. Je ne sais pas si c'est le bon mot, mais c'est celui que je vois à l'heure actuelle. J'ai tellement beaucoup donné, que ce soit en famille, en ami, à moi même, en n'ayant pas forcément toujours reçu. que j'ai aussi besoin de ce côté protecteur de la part d'un homme. Puis le monde t'a tellement agressé. Et il y a certaines choses que tu n'as pas encore entendues parler. Ouais, mais tu vois, je pense... Et je me questionne vachement sur ce podcast et sur mes propres désirs entre l'inné et l'acquis. Est-ce que je désire là... Tu vois ce que je veux dire ? Et c'est pas grave. C'est pas grave. Pourquoi j'ai... Je pense que parce que la liberté m'intéresse. Et je me demande si je suis si libre que ça. Est-ce que je désire être passif ou être actif, être dominant ou être soumis ? Parce que c'est vraiment comme ça que mon cœur vibre ? Ou est-ce que c'est parce que je suis le produit de mes expériences de vie qui me mettent à des endroits ? Parce que c'est vrai que si on a bien écouté ton témoignage... Le fait que tu aies envie d'avoir un homme protecteur et de rejouer le scénario très homme femme. Je n'ai pas besoin d'un master en psychologie pour me dire « oui, ça résonne, depuis que tu es enfant, c'est un endroit de sécurité ». Cette jouissance magnifique de toi en femme, complimentée, et toi qui te sens à ta place, enfin autorisée à être dans l'expression du genre que tu souhaites. Le fait qu'adulte, tu recherches ça dans ton désir sexuel, c'est beau, c'est bien et c'est compréhensible ? Bien que je ne me considère pas comme une femme et que je n'ai pas l'envie de l'être. Bien sûr. Mais il y a cette part de moi. Alors, il y a eu des expériences, justement, en étant actif. Un jour, je suis allé au sauna. Un sauna qui s'appelle Sun City, qui est dans le centre de Paris. Petite pub. Voilà. Comme ça, au moins, pour ceux qui ne connaissent pas, ils peuvent au moins visualiser, justement, plus ou moins l'endroit. C'est jamais forcément quelque chose qui m'a attiré. C'est un ami qui m'y a amené la première fois. Et t'as pénétré un homme ? Et ça, c'est au bout de quelques temps, mais on est rentrés dans la cabine. Enfin, le mec m'attendait en devant la cabine. On s'est regardés, il me plaisait, je suis rentré. Qu'est-ce qui te plaisait chez lui ? Alors, il était brun, assez musclé. Il avait un visage assez carré, il y avait... Il m'attirait, je pourrais pas... De ceux dont je me souviens, il y avait... Il respirait l'homme que j'avais envie d'avoir, en fait, sur l'instant T, en tout cas. Il avait l'air viril. C'est un homme très gourmand, vraiment, je le dis, mais c'est pas grave, j'assume parfaitement. Il avait l'air viril. Il était viril. Il avait l'air, il était viril. méditerranéen, qui est un plus, en tout cas qui m'a attiré à ce moment-là. On est rentrés dans la cabine, on a commencé par s'embrasser, j'ai commencé par lui faire une fellation, il m'a fait une fellation en retour. Et alors, limite au moment où j'attendais d'être pris, le mec s'est retourné, s'est mis à quatre pattes. Et puis là, je me suis dit, mais qu'est-ce que je fous là ? Et puis je lui ai dit, mais je pense que tu n'as pas compris, en fait. C'est moi le passif dans l'histoire, là. Tu lui as dit ça ? Oui, exactement comme je te le dis. C'est intéressant, c'est moi le passif dans l'histoire. Je pense qu'en étant tellement habitué, je ne vois pas le choc que toi, tu peux voir. Qu'est-ce que je voulais dire ? Je t'écoute, je t'écoute. Et ? Donc teste, tu verras bien. Je pense qu'il y a aussi une peur du manque de performance, de se mettre à la place de l'homme. Est-ce que je vais bander assez ? Est-ce que la capote ne va pas me faire débander ? Est-ce qu'il va prendre son plaisir ? Est-ce que ça va être nul ? Il y a aussi toutes ces peurs irrationnelles qui viennent à un moment. Donc, à un moment, j'ai sauté le pas, j'ai mis une capote et je l'ai fait, sauf que je ne l'ai pas fait de la manière la plus douce qui soit. Alors, il faut savoir aussi que je suis un passif qui est... Je suis quelqu'un qui est dans le contrôle. On n'avait pas vu, mais je suis quelqu'un qui est dans le contrôle. Donc je ne suis pas un passif soumis, loin de là. Je ne dirais pas que je suis un passif dominateur, mais presque. Donc j'ai fait l'actif, mais plus ou moins dominateur. Et c'était un bon moment, c'était très fun. Je vais réitérer l'expérience énormément de fois, mais c'était un très bon moment. Attends, parce que là, on a ton enveloppe de Gabriel Parfait. C'était un très bon moment avec un beau sourire. Est-ce qu'on peut craqueler un peu ? J'ai kiffé, en fait. T'as aimé ? Voilà, j'ai kiffé le fait de lui taper les fesses, lui foutre des claques, le faire couiner. C'était un moment fun de voir qu'un homme aussi viril pouvait, sans jugement, se transformer en pseudo-chienne. Ok. Et ça m'a fait kiffer. Ok. C'est moins lisse, là ? et tu sais pourquoi t'as pas réitéré dans ton espace de désir c'est pas trop ça m'a pas plu plus que ça je sais que je prends beaucoup plus mon plaisir en me faisant pénétrer ouais beaucoup plus moi je trouve que tu notes un truc super important et intéressant que je vois dans ma psyché et qui m'agace c'est que je me vois tu vois je tilte quand tu dis Je suis passif. Je suis impassif, pardon. Je suis impassif. Je tilte quand tu dis, cet homme devant la... au sauna, je lui ai dit, il a l'air viril. Tu m'as repris en disant, non, il est viril. Et après, tu me décris un rapport sexuel où il ne l'est pas. Et en fait... C'est l'apparence qui se dégage. En vieillissant, j'entends bien, bien sûr. Je ne vieillis pas, je grandis, bien sûr. Je vois que tout ça, c'est chiqué. C'est-à-dire, personne n'est passif. Personne est impassif et inactif. C'est pas ça. Personne n'est... Je ne suis pas fraise. Parfois, j'aime les fraises. Et idem sur un peu la performance de genre que je choisis ou je ne sais pas si on les choisit tant que ça, mais tu vois ce que je veux dire ? En gros, oui, il y a des enveloppes, mais je ne suis pas un viril, je ne suis pas viril. En fait, je suis tout un tas de trucs et il y a des fois où si je suis intimidé, je peux faire un peu plus viril. Puis il y a des fois où si tu rentres dans mon intime, je peux, comme tu as dit, devenir une chienne. Et là, je parle en inventant, etc. Mais je vois bien ma complexité. Et mon problème, c'est que je vois que je vais être excité par un homme plus efféminé, je vais avoir envie de le pénétrer. En fait, je n'ai de cesse de rejouer le côté qui fait l'homme, qui fait la femme. À mon insu, et là je te parle de vraiment mon désir ultra intime que jamais je dirai publiquement, mais on est entre toi et moi. Un mec plus masculin, je vais me dire « Ah, j'ai envie qu'il me pénètre et qu'il me protège. » Un mec plus féminin, je veux le protéger, le pénétrer et je suis là « Mais Guillaume, c'est pas possible ! Tu me fais pas un podcast sur l'intime gay ! » Et des recherches et des gnagnas pour être là-dedans. Et je suis là, ben si, je suis un peu là-dedans. Et je suis vexé presque lorsque un homme à l'apparence plus viril me demande de le pénétrer. Puis en fait, je kiffe ça. Le moment où il y a cette complexité, où je suis là, ah oui, en fait, tout ça se mélange. C'est comme si tu me tirais le tapis de sous les pieds, je serais un peu là, mais du coup, c'est quoi le désir ? Je suis paumé, c'est quoi le délire ? Pourquoi ça te fait marrer ? Parce qu'on se pose tellement de questions, je pense que c'est... Toi, t'en penses quoi ? Ça résonne pour toi ? Alors, ça résonne vraiment, mais je pense que... À un moment, je vais pas dire trop de questions tuent la question, mais... Comme je t'en avais parlé lors du pré-entretien, je me souviens quand j'ai commencé ma sexualité, il y a 20 ans de ça, à Paris, comme je te disais, tu claquais des doigts pour un passif. Pour moi, passif, je pouvais avoir 10 voire 15 actifs autour de moi parce que je pense qu'il y avait quelque chose de tabou. Par rapport au fait d'être pénétré. Aujourd'hui, en 2025, que tu ailles sur Grindr, que tu ailles dans les saunas, et je parle pas juste pour moi, même les personnes que j'ai autour de moi qui sont gays, on a le même constat. Je ne sais pas si c'est moins tabou, certains ont voulu passer justement ce cap-là et ont voulu tester justement le plaisir anal et l'ont aimé. Mais tu as plus aujourd'hui pour un actif, tu as 25 passifs. C'est le constat que j'en fais, moi. C'est quoi le rapport avec ce que je viens de dire ? Justement, je le fais à un moment où tu sais, comme tu dis, tu as un garçon qui va être très viril. Donc forcément, tout de suite, tu vas te dire, c'est lui qui va faire l'actif. Tu vas avoir le côté de celui qui va être un peu plus féminin. Donc forcément, c'est lui qui va faire le passif. Mais toi, ça te plaît ? Tu m'as répondu trop de questions, tu es la question. Sous-entendu, toi, tu es heureux de chercher un homme qui te protège et qui est actif. Tu es heureux dans ces rôles-là. Toi, tu déploies comme une belle plante. Je ne me sens pas, si on peut dire, réduit à quelque chose. par rapport à ça si tu vois ce que je veux dire c'est à dire que tu trouves pas que c'est une supercherie ? un peu parce que comme tu viens de dire c'est pas parce qu'il est viril qu'il peut pas se transformer en chienne dans le lit ou en étant plus féminin c'est juste ce qu'il va dégager à l'extérieur qui va montrer qu'il est viril dehors dans un lit c'est totalement différent celui qui va être efféminé au contraire pourra encore mieux te sauter d'une façon plus virile que cet homme viril que tu pensais. Je vois très bien ce que tu veux dire. Et c'est tout là le paradoxe. Après, je suis plus attiré par là. Et je ne me suis pas forcément posé la question en me disant, il faut impérativement que ce soit ça ou que ce soit ça. C'est juste, en fait, c'est intrinsèque à moi. Je ne peux pas te l'expliquer. Alors moi, je me questionne sur l'inné et l'acquis. Et toi, tu dis, c'est inné, Guillaume, j'y peux rien. Et là, je te dis, ah, ça, je suis à peu près sûr que c'est faux. Le désir, ça s'apprend. Ça séduit. Aussi, exactement. Je suis parfaitement d'accord. Et ça, j'ai des preuves de sexologues qui les disent. Je suis... Ton désir à toi, dans ton espace de pouvoir, tu pourrais l'enquêter, le révolutionner, l'affiner ? Alors peut-être que j'ai encore beaucoup de chemin à parcourir. Surtout que sur ces dernières années, sexuellement, je me suis beaucoup renfermé. Beaucoup, beaucoup. C'est-à-dire qu'au moment où j'avais une vie sexuelle qui était beaucoup plus épanouie à une certaine période... Et quand je te parle de ça, je dirais entre 5 et 10 ans en arrière ou alors depuis un tout petit peu. avant la Covid, enfin, on va parler du moment Covid, parce que je pense que c'est le moment qui a vraiment été le plus... Au prochain épisode. D'accord. Si tu es d'accord. Je suis parfaitement d'accord. J'ai cherché un moment pour t'interrompre en douceur, mais j'y arrivais pas. On se retrouve dans l'épisode suivant. J'aimerais qu'on parle... Je pense que pour clore le côté script... Moi, je me pose la question dans quelle mesure ça limite mes rencontres et ma richesse, ma joie. Et je pense que j'aurais envie de commencer le prochain épisode en commençant par ça. Parce que toi, tu as envie d'un couple et tu as du mal à trouver. Et en fait, j'allais en mode Guillaume qui gratte dire, est-ce que c'est pas ça ? qui t'empêcherait de rencontrer l'amour, ces scripts très définis de qui fait l'homme, qui fait la femme, tuage de la tête, tuage de la tête, nous aurons ta réponse à l'épisode prochain. Merci. Je vois en effet la puissance de ton sourire que tu m'offres là, mais que les gens ne peuvent pas voir.

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