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Coucou Gabriel. Hello. Troisième et dernière partie de ton témoignage. Exactement. Tandis que tu te lavais les mains après avoir fait pipi. Merci pour tous ces détails. Tu m'as dit, je me demande si je n'ai pas raté
L'épisode précédent ? Exactement. Dis-moi. Pourquoi je te le dis ? Parce qu'on en parlait aussi à la fin de la première partie où tu m'as dit ne cherche pas à aller dans une chronologie mais raconte plutôt ton histoire. J'ai l'impression peut-être d'être un peu plus resté sur certains sujets et
On n'a pas encore vraiment défini justement les sujets aussi du sexe, de cette découverte du sexe. Qu'en est-il du sexe aujourd'hui ? Donc c'est pour ça que j'ai cette impression-là. J'aimerais bien avoir ton avis sur ça. Eh bien, on va le faire maintenant. On va parler de sexe et de couple. Moi, je suis d'accord. Mais j'ai envie de te dire… Dis-le de la façon dont tu le penses. C'est comme ça que j'aime ça.
C'est vachement fréquent que grandir gay dans un monde hétéro, avec toutes les humiliations que tu as racontées, avec la violence et les agressivités que tu as racontées, tout le chemin, cette injonction de performance où il faut qu'on soit au-dessus pour survivre, pour ne pas être violenté, tout ce qui…
ça crée à la fois des talents magnifiques et des compétences magnifiques et un putain de poison qui fait qu'on n'est jamais assez. Et je dis on, parce que je pense que c'est partagé, comme c'est dit dans Velvet Rage, le bouquin dont on a parlé à l'épisode précédent. Mais je dis on parce que je dis toi et moi et je projette sur toi, donc je vais revenir à moi. Mais moi, ça me touche tellement quand tu dis ça, parce que je ne suis jamais assez, Gabriel. Donc en fait, euh…
Tu ne peux pas avoir raté l'épisode précédent. On est dans une discussion. Au pire, c'est moi qui l'ai raté et qui ne t'ai pas posé les bonnes questions. Je ne pense pas. Et en fait, non, mais cette survigilance permanente dont on a déjà parlé dans les épisodes précédents, il faut qu'on la… Est-ce que tu n'as pas envie…
D'arrêter ? Ouais. Si. Si, si, si, si. Après, on va tout savoir juste… Il faut pas que la chose soit parfaite, il faut que la chose soit vraie. Donc, c'est… On va continuer sur le chemin et je vais continuer de raconter le reste de l'histoire. Moi, je pense que la fin de cet épisode-là, toi et moi…
La conclusion, ça sera, pour que je trouve l'amour, il faut que je lâche. Je pense que je dois lâcher prise et me demander aussi, me poser aussi les bonnes questions. Et c'est très bizarre, parce que j'en parlais avec mes amis lors du séjour, où je leur disais… Là, tes vacances ?
Et à un moment, je leur ai dit, je commence à prendre conscience justement de la chose, puisque ma dernière histoire remonte à, et encore, elle n'a pas duré très longtemps, à 2018, où j'ai laissé un garçon à la chance au fait où on s'est fréquenté pendant un certain moment.
Et je suis resté, si on peut dire, très exclusif avec lui. Donc, dès les premiers instants, il était en couple. Ce que je n'aimais pas trop. Et à un moment, je me suis dit « Écoute, ce n'est pas à moi de gérer ça. » Son copain n'était pas sur place. Son copain était à l'étranger.
Et il venait de temps en temps sur Paris. On a continué à se fréquenter, se fréquenter, et puis à un moment, j'ai pas mis d'ultimatum, mais j'ai plus ou moins fait comprendre la chose. Il a rompu avec son copain, mais c'est pas pour ça qu'il s'est mis en couple avec moi. Même si on agissait en tant que tel, à se voir trois, quatre fois par semaine, dormir toujours ensemble…
Avoir de jolies relations sexuelles. À un moment, au bout de huit mois, j'ai mis l'ultimatum parce que j'avais besoin de savoir ce qu'on était. Je ne pouvais pas faire semblant « je ne vois que toi ».
Quand j'ai toujours eu mes doutes, et c'est là où je te parlais de l'intuition qui a commencé à grandir de plus en plus, où j'ai toujours été trompé dans mes histoires, j'ai eu la confirmation qu'il voyait d'autres personnes, même si lui te disait le contraire. Et toi, du coup, tu disais, j'étais exclusif, c'est-à-dire que t'avais pas d'autres… J'avais personne d'autre autour de moi. Tu lui avais dit, c'était un accord entre vous. Alors, c'était pas un accord pour moi, c'était un accord qui était tacite.
En fait, on agissait comme un couple, donc il n'y avait pas forcément ce besoin d'eux, sauf qu'il n'y avait juste pas le nom. Il connaissait certains de mes amis, je connaissais certains des siens. Donc il y a eu ce côté très perturbant et au bout d'un moment, quand il est rentré de vacances, j'ai eu ce besoin de lui dire…
Qu'est-ce qu'on est en fait ? Parce que moi je ne voulerais pas sans, c'est soit on va plus loin et on met un nom sur cette histoire, soit on s'arrête là. Et comme toute personne assez frileuse, la personne se dit mais non non on est très bien comme ça, puis j'ai préféré prendre mes jambes à mon couille et dire allez hop stop ça suffit. Et tu te sens trompé ?
Oui, j'ai pu me sentir trompé puisque j'avais cette exclusivité-là. Et quand je demandais s'il fréquentait d'autres personnes, la réponse était toujours non, non, non et non. Donc, il a trompé dans le sens qu'il y a un mensonge. Même s'il n'y avait pas d'accord, il a menti. Exactement, pour moi. Et tu le vois comment par rapport au nombre de capotes qui peuvent justement se réduire ? Et puis, tu te dis mais non, en fait, il y a deux jours, ce n'était pas ça.
Ok, lui il n'a jamais dit qu'il avait eu d'autres partenaires ? Non, il ne l'a jamais avoué. Ok, mais toi tu es sûr parce que tu as compté des capotes ? Je suis sûr parce que tu comptes des capotes, je suis sûr parce que bizarrement tu vois les notifications de l'iPad et puis tu comprends certaines choses. Tu comprends quoi ? Tu vois quoi ? Ça m'a fait plaisir de te rencontrer hier, vivement qu'on se retrouve très rapidement, pour citer un des messages justement que je vois sur l'iPad, donc je pense qu'il était connecté au téléphone.
Alors, ce n'est même pas forcément en cherchant. L'iPad est là, sur l'écran, sauf que tu restes à la maison un peu plus longtemps, lui est parti au boulot plus tôt. Tu vois ça et puis ça te refroidit un peu. Tu m'as parlé dans le pré-entretien que souvent ou plusieurs fois, tu as été avec des hommes très masculins, mais pas out. Oui, exactement. Mon premier copain, je citerai son vrai prénom, je ne sais pas pourquoi,
Non, parce que si t'as pas son accord… Oui, pardon. T'inquiète ? Comment on l'appellerait ? Mais t'as pas besoin de l'appeler ? Juste que je comprenne, toi tu as vu vraiment une répétition ? J'ai eu un schéma assez répétitif en fait, parce que je pense aussi que je suis allé sur ce style d'homme. Ok.
Inconsciemment ou consciemment, je ne pourrais te le dire, mais je pense que, parce qu'à un moment quand tu tombes, la vie t'envoie une leçon, si tu la comprends pas, elle te l'envoie d'une deuxième façon. Si tu ne le comprends pas, elle te l'envoie encore d'une troisième façon, d'une façon toujours un peu plus compliquée, jusqu'à un moment que tu comprennes et que tu te dises « bon, allez, stop, le problème vient peut-être de moi ».
Donc qu'est-ce que tu comprends toi de cette répétition d'homme pas out avec qui du coup je comprends tu peux pas vivre le couple que t'espères, t'es caché. Exactement, que j'allais vers les mauvaises personnes, que je recherchais justement chez ces hommes-là qui devaient avoir si on peut dire une certaine carapace extérieure qui me plaisait et qui m'attirait.
J'avais l'impression, en recherchant cette virilité, ou en tout cas cette chose qui m'attirait, il y avait ça qui compensait, mais je faisais avec, parce que j'avais une partie de moi qui avait ce qu'elle voulait, si on peut dire. Tu peux me ramener à la dernière fois où ça s'est passé ? Tu dirais que c'est il y a combien d'années ? Ouh… Alors…
Il y avait peut-être 10 ans. Oui, entre 8 et 10 ans. Alors, il était père de famille. Il avait deux enfants, issus d'un mariage hétéro, forcément. Et totalement gay, outé. Donc, je ne sais pas si j'ai vraiment vécu avec lui. Mais en fait, il y a toujours eu ce côté où dans les relations, j'ai senti que j'étais… Comment je pourrais dire ?
Tu as un rideau juste derrière toi, donc je dirais presque le rideau qui cache la lumière, mais qui laisse un peu passer la lumière à travers. Où je viens dans leur vie, ça leur sert à quelque chose. Mais à un moment, en fait, l'utilité première n'est plus la bonne, donc…
soit on se lasse et on va voir autre chose ailleurs ou peut-être moi aussi le besoin d'en faire beaucoup parce que j'avais vraiment ce besoin de relation à un moment ça fait peur à la personne qui est juste en face donc compliqué ma toute première histoire s'est passée justement avec ce garçon qui avait 25 ans que j'ai rencontré sur Jalash ça remonte à un… c'est quoi Jalash ? c'était un site où tu avais plusieurs choses tu avais Jalash
J'avais le dialage bleu qui ne sait plus à quoi il correspond. C'est un site de rencontre. Et on s'est rencontrés dessus. On s'est donné rendez-vous et on s'est retrouvés dans le quartier de Saint-Michel. Ce soir-là, on est allés manger. À Paris. On est allés manger des pâtes.
Le feeling est bien passé, il m'a raccompagné à la maison et je l'ai sucé dans sa voiture. On s'est arrêté là et on a commencé à se revoir de façon fréquente. J'habitais chez ma mère, il habitait chez ses parents. Lui habitait en banlieue parisienne en 1993, moi sur Paris dans le 14ème.
Et on s'est mis ensemble assez rapidement. Donc on passait majoritairement tous nos week-ends ensemble. Majoritairement quand ses parents n'étaient pas là. Il avait un frère qui était dans le sud, donc ses parents descendaient souvent. Et une relation, je dirais, qui était celle que j'attendais en fait. Il avait 8 ans de plus que moi. Le sexe était bon, le sexe était même très bon.
Tu étais impassif. J'étais impassif, exactement. Et j'ai toujours été impassif avec lui. Dis-tu avec le sourire, c'est-à-dire il allait au bout de ce rôle de l'homme qui te protège et qui te pénètre ?
Alors, je pense qu'en parlant de protection, c'est plus ce que j'attends aujourd'hui. Je ne sais pas si je l'ai attendu à ce moment-là. Il avait ce rôle d'homme. J'avais aussi mon rôle d'homme, mais lui, il avait ce rôle… Je ne sais pas si je pourrais dire d'homme plus. Ça ne sonne pas droit. Mais bref, on va utiliser ça comme ça. Il s'incarnait comment, l'homme plus ? Pour toi, il s'incarne comment ? Que tu n'as pas, par exemple ?
L'homme dans toute situation en fait, moi il y aura toujours des fois ce côté où même je peux être avec les copains qu'on va plus appeler des copines, gays, où on peut se dire, on peut utiliser un pronom féminin pour parler de nous sans aucun problème parce que c'est naturel sans pour autant se considérer comme des femmes, je sais pas si tu vois ce que je veux dire.
Donc lui, il refuse d'être genré au féminin ?
Et j'étais sa première histoire sérieuse. Il y a eu des plans cul auparavant, mais j'étais sa première histoire sérieuse. Moi, j'entends, je vis mon fantasme d'être, d'avoir ma place.
C'est-à-dire, dis-moi ce que tu en penses, je grandis en comprenant qu'il n'y a que deux boîtes. L'homme a des rapports sexuels avec une femme, donc tu peux être soit la boîte homme, soit la boîte femme. Ça vient avec tout un tas de règles du jeu, ces fameuses normes, l'homme hétéronormé comme tu as dit.
Ah, moi, en fait, je me sens homme, mais j'ai envie de coucher avec des hommes. Donc, en fait, mon cerveau crée un fantasme d'une envie d'être la femme. Mais ça ne remet pas en question ton identité de genre. Toi, dans les épisodes précédents, tu as clarifié ça. Je vois ce que tu veux dire. Donc, c'est très différent. Mais il s'avère que pour être attisé, pour être vivant, ce fantasme, il a envie que tout rentre dans ces codes-là parce que ça me rassure, moi, Guillaume, moi, Gabriel.
Et tu n'entends pas ça ? C'est ça qui se rejoue ? Parce que toi, tu as dit « Ah oui, ça se rejoue parce que c'est moi qui fais les mauvaises décisions ». Ça, je parlais plus au niveau des tromperies, que ça se rejouait. Pas forcément par rapport au côté passif ou actif. Je comprends et je l'entends quand tu me le racontes et quand tu m'expliques la chose.
Après, pour l'avoir vécu, je ne me suis pas forcément vraiment posé ces questions-là. Mais aujourd'hui ? Est-ce qu'aujourd'hui, est-ce que j'ai plus fait la femme parce qu'il fallait faire la femme ? Ça fait dix ans. Peut-être parce qu'il y a aussi ce côté… J'ai toujours eu cette image très hétéronormée du couple où je me voyais être avec l'homme. Je ne sais pas, j'ai même eu un moment envie d'enfant.
A voir le chien, la maison à la campagne, la picture parfaite, la photo parfaite, ce qui n'est plus du tout le cas aujourd'hui parce que ça reste vraiment un fantasme. Enfin, c'était un fantasme, même pas ça reste un fantasme, c'était un fantasme.
Aujourd'hui, je pense, c'est comme avant, j'étais vraiment fermé sur un milliard de choses. Il fallait qu'il fasse, je sais pas, 1m80, 1m80, entre 1m80 et 1m90, qu'il soit XYZ, qu'il soit monté tant. Voilà, c'est l'illusion, si on peut dire, de la jeunesse, bien qu'on ne soit pas vieux, ni toi, ni moi, puisqu'on a le même âge.
C'était l'illusion de la jeunesse et de pouvoir retrouver ce côté parfait, si on peut dire. Aujourd'hui, je sais que ça n'existe pas. Aujourd'hui, je suis attiré vraiment par quelqu'un qui me plaît, que je vais avoir en face de moi. Soit ça va matcher, soit ça ne va pas matcher. Justement, en ce moment, c'est comment ? Parce que je crois que tu as dit, ça fait plusieurs années. En ce moment, on peut dire que ça commence à devenir moins calme. Pourquoi ?
Donc, en 2020, de façon très abrupte, j'ai perdu ma mère. Donc, en pleine période de seconde vague de la Covid, où ça a bloqué beaucoup de choses parce qu'il a fallu l'enterrer dans des conditions où il y avait…
aucun rapport humain possible. Quand je parle d'un rapport humain, c'est une caresse ou quoi que ce soit. Ça avait été contracté à un mariage. Il y avait déjà eu un décès de son frère cinq jours avant. Elle, huit jours plus tard, cette fameuse tente dont je te parlais en plein déjeuner, à qui j'ai dit certaines choses.
Donc, ça a commencé à créer un traumatisme chez moi et une peur de l'autre. Personne ne pouvait se prendre dans les bras pour se faire des câlins parce qu'il fallait automatiquement reprendre l'avion pour rentrer à Paris et éviter de contaminer quelqu'un de la Covid qui puisse mourir. Encore des si, des si et des si.
Donc j'ai commencé à me renfermer sur moi-même, où ça a été une période où même à un moment j'allais prendre un apéro chez quelqu'un, je faisais un test antigénique pour m'assurer qu'il n'y avait aucun problème et qu'on ne revive pas encore le même acte.
donc je me suis forcément renfermé sur moi-même il y a eu la Covid, quand la Covid a commencé à s'arrêter, il y a commencé à y avoir la variole du singe donc ça m'a encore plus freiné justement dans mes envies et puis une année est passée, deux, trois plus le deuil c'est accouplé à tout ça donc je sais que j'ai vraiment fermé toutes les portes j'ai recommencé mon activité sexuelle à ce moment-là
En vacances, donc en 2023, il y a deux ans, en vacances, avec un homme qui est sur la plage. Ça faisait plusieurs jours qu'on se voyait. Comme par hasard, le dernier jour, il vient et il discute un peu plus avec moi. Même s'il y avait la barrière de la langue, parce qu'il parlait italien uniquement et très peu anglais. On s'est retrouvés, on a passé un excellent moment ensemble.
lui a un peu plus aimé parce qu'il a voulu garder le contact et moi je pense que c'était plus je vais pas dire une thérapie c'était un moment sur le coup mais j'avais pas envie de pouvoir garder ni le prolonger le lien ok et sexuellement c'était le même c'était comme d'hab sexuellement c'était comme d'hab mais aussi avec cette découverte justement du côté anal de la personne je sais que j'ai apprécié le doigté j'ai presque eu envie de le prendre mais
Mais de son côté à lui, ce n'était pas du tout quelque chose de possible. C'était la première fois qu'il se faisait doigter par un homme, alors que je pense bien qu'il avait 45 ans. Je sens que je ne pouvais pas aller trop vite, mais le désir a été là aussi à ce moment-là, de vouloir le faire. Il avait toujours ces éléments de virilité, ça continue dans ton désir à t'émoustiller ?
Pas autant qu'avant. J'avais un homme qui était là juste en face de moi. Je l'ai pris exactement tel qu'il était. Il n'y avait pas forcément de côté féminin. En tout cas, moi, je ressentais qu'il était gay. Je pense qu'on a ce guédard entre nous.
Mais voilà, ça n'a pas été plus que ça. Qu'est-ce que tu as l'impression qui a changé ? Tu disais, je suis principalement impassif. Vraiment, je kiffe la nalle en étant pénétré. Mais de plus en plus, j'ai ces envies de pénétrer moi. Alors, qu'est-ce qui a changé ? Je pense déjà ma paresse.
pour le nettoyage quand je parle de nettoyage c'est on a malheureusement pas la chance d'être comme les femmes les gays n'ont pas la chance je pense que tous les gays peuvent aujourd'hui s'identifier à ça alors je vais parler pour moi je n'ai pas la chance de pouvoir avoir un orifice qui est propre constamment donc il faut forcément enclencher quelque chose pour s'assurer d'être parfaitement propre faire un lavement anal
Donc je pense non seulement par paresse de ça, parce que c'est toute une mission,
Je me suis… J'ai pu rater certaines occasions. J'ai rien compris. C'est quand t'es passif que tu dois la besogne du lavement ? Justement. Donc, comme tu me dis, comment j'ai fait pour aller justement sur ce côté aussi un peu plus actif ? Flemme de te faire un lavement, je vais pénétrer. Voilà. Flemme de te faire un lavement, c'est beaucoup plus simple. La fellation, on peut la faire tous les deux. Et attends, toujours autant de plaisir, en termes de tes plaisirs, être actif, ce que t'as découvert par « flemme »,
ça te fait kiffer ? je ressens moins de plaisir je le vois même ne serait-ce que par rapport à la masturbation je vais tout de suite directement plus me concentrer sur l'actif que sur le passif
Dans ton regard quand tu regardes un porno ? Dans le regard et dans l'excitation que je vais avoir. Quand je vais regarder un porno, mes yeux vont généralement plus rester sur l'actif parce que c'est lui qui va m'attirer. Aujourd'hui, tu dirais que tu recherches quoi ?
Alors que ça s'est réouvert depuis 2023, là aujourd'hui, là on est en fin juin, mi-juin 2025. Je te dirais que je recherche une relation aujourd'hui qui soit saine, avec quelqu'un qui, on a tous des bagages, mais avec quelqu'un qui sache ce qu'il veut, qui est honnête envers lui-même, comme je pourrais l'être envers moi-même.
Quelqu'un d'honnête, de généreux. Je ne parle pas forcément de matériel, mais quelqu'un qui est là, qui est présent. Et quelqu'un qui peut porter ses couilles. Quand je dis quelqu'un qui peut porter ses couilles, c'est-à-dire que…
On n'oblige personne à s'assumer, mais je n'ai pas forcément envie d'être avec quelqu'un qui va être caché, dont personne n'est au courant, une relation encore qui peut être trop compliquée. Je ne demande pas à ce que tout le monde le sache et que ce soit crié sur tous les toits. Juste quelqu'un qui s'assume en fait. Quelqu'un qui pourra marcher dans la rue à côté de moi et qui pourra se dire…
Je te présente mon mec si jamais on croise une de ses connaissances ou quoi que ce soit. Tu vois ce que je veux dire. Alors, je ne suis pas d'accord, mais ça peut être très, très courageux de cacher à sa famille son orientation sexuelle. Donc, je ne suis pas tout à fait d'accord qu'avoir des couilles, c'est forcément faire un coming out. Toujours en toute situation. Oui, voilà. Toujours en toute situation. Parenthèse fermée. Effectivement. Après moi, pour avoir vécu tout ce que j'ai dû vivre dans ma vie et pouvoir me présenter devant toi aujourd'hui,
J'attends que c'est plus par là, comme je dis, porter ses couilles. Je me base plus sur mon vécu à moi et tout ce que j'ai dû traverser pour arriver là aujourd'hui. Tu veux pas être caché. C'est ça que tu… Non, non, non. Et sans pour autant, en fait, me montrer. Je pense que c'est très rare les fois où j'ai embrassé un homme dans la rue devant tout le monde. Pas par peur, c'était plus par pudeur.
vivons heureux, vivons cachés c'est plus par ça je sais je suis un paradoxe à moi même on est tous des paradoxes
Et je suis toujours tiraillé entre l'inné et l'acquis, entre ce que tu pourrais avoir envie de déconstruire et de réparer, et ce qui est, et tu es très beau et magnifique tel que tu es. Et c'est la question que je me pose pour moi-même. Mais bien sûr que quand tu as été humilié, agressé, tout ce que tu as raconté dans les précédents épisodes, bien sûr qu'aujourd'hui, embrasser un homme dans la rue, ça vient chercher tellement de choses et…
Et voilà. Bon, chacun décide de ce qu'il a envie. Ce n'est pas une obligation de rouler des pelles dans la rue. Et à la fois, je pense que le gros danger aussi, c'est que nous, les gays, c'est que moi et toi…
Je nous mette dans une injonction à la performance de la réparation. Tu sais, c'est le serpent qui mord la queue. Ou du coup, Guillaume, il est là et je suis sûr que c'est clairement un travers. Que ma psy m'a dit ?
Elle m'a dit, vous essayez d'aller trop vite. J'étais là, ah, tu te tais. Non, je rigole, je n'ai pas du tout dit ça, mais elle avait bien, bien raison. Et un peu cette injonction à la performance que pour se réparer vite, répare-toi plus vite et répare-toi mieux. Mais à la fois, mon petit cœur est tendu parce que quand je pense à petit Gabriel, j'ai envie de lui dire, mais si, mais embrasse qui tu veux avec consentement, embrasse…
Tous tes amours dans la rue, tu vois, ça me fait penser à la saison des fiertés, des marches des fiertés. Marcher au milieu de toutes ces personnes magnifiques, diverses et variées, de cette fierté LGBTQIA+, queer. Je suis là, mais j'ai envie de tenir les mains, tu vois ce que je veux dire, dans la rue. Tu vois ?
Dans la joie, dans la fête, dans la rue, ensemble, politiquement ancré et tout. Bon, excuse-moi. Tout va très bien. Et du coup, je suis en tension permanente. On est tous paradoxal, c'est pas un problème, mais parfois je me dis, qui parle ? Est-ce que c'est Gabriel qui se protège ? Ou est-ce que c'est Gabriel Libre ?
Je dirais… Vivons heureux, vivons cachés. Qui parle ? Gabriel Libre aussi. Pourquoi ? Parce que j'ai toujours été aussi dans cette culture. Alors, je ne sais pas si c'est plus propre à la culture sénégalaise, mais je crois beaucoup à tout ce qui va être mauvais oeil, toutes ces choses-là. Donc, je sais que je préfère me protéger pour l'avoir vécu aussi par le passé.
En dévoilant trop de choses aux mauvaises personnes, ça peut créer des problèmes. Donc voilà pourquoi je pense que je préfère avoir ce côté vivant heureux, vivant caché. Tu peux raconter certaines choses.
Là, on parle d'embrasser un amoureux dans la rue. Là, juste pour embrasser un amoureux dans la rue. Qui parle ? Ça va être le côté de liberté, je pense. Oui, je vais te le dire, ça va être le côté de liberté où en fait, vivons heureux, vivons cachés, c'est une partie de liberté à moi, où je préfère. Très bien, très bien. C'est comme ça, je préfère.
En tout cas, je suis sûre qu'il n'y a pas une recette. Et mon sous-entendu n'est pas du tout « moi, je sais mieux ». En revanche, parvenir à savoir qui parle chez moi, tu vois ce que je veux dire ? Est-ce que c'est mon vrai désir ou pas ? Je trouve ça, un, passionnant, et deux, je n'ai jamais la réponse.
Donc on revient à ce que tu cherches, parce que je vais bientôt te proposer de mettre ton email. Tu pourras choisir. D'accord. Tu auras plusieurs jours pour choisir. D'accord. Si tu décides de mettre un email ou un contact anonymisé et tout, pour que des gens intéressés puissent peut-être t'écrire un petit message. D'accord. Aujourd'hui, tu habites en région parisienne. On habite à Paris. On habite à Paris, ok. Tu pourras décider. On sait jamais. Là, comme ça, à l'intuition, t'aurais envie ?
Je te dirais du 50-50, pourquoi ? Parce que je repense justement à la conversation que j'ai eue avec ses amis pendant ce voyage-là, tout récent, où, en fait, moins tu pratiques et des fois aussi moins tu as envie de pratiquer. Je m'explique, c'est-à-dire que…
autant quand tu sais quand tu as de nouvelles amitiés les choses se font plus ou moins naturellement et vous apprenez à vous connaître et soit ça passe soit ça casse moi c'est vrai que moi aussi je suis quelqu'un qui je vais pas dire très catégorique mais presque j'ai plus trop envie de perdre mon temps parce que l'humain d'aujourd'hui est très particulier autant il peut être très beau autant il peut être très mauvais bref je me suis demandé en fait si j'avais la force et l'envie
De réapprendre à reconnaître quelqu'un, de pouvoir rencontrer encore de nouveau. Mais attends, excuse-moi, tu ne m'as pas dit que tu cherchais l'amour et un couple ? Le paradoxe. Ah, ok, pardon. C'est-à-dire que ça, c'est vraiment l'image, je ne vais pas dire l'image, mais le truc, je ne vais pas dire parfait, mais c'est la finalité de la chose. Mais avant la finalité… Attends, là, c'est délicieux, tout ce que tu viens de dire. Parce que là, tu viens de dire que c'est l'image parfaite
Que t'es censé… Mais au fond de toi, t'as envie de rester célibataire pour le moment ? Plus le temps passe, ouais. Et plus c'est ce que je ressens, parce que je me dis que les histoires sont devenues tellement compliquées. Alors je sais pas si c'est le moi des fétiches qui te parle, en te disant ça, mais en fait tu sais tellement pas sur qui tu tombes aujourd'hui. C'est peut-être le moi blessé aussi qui te parle, en te…
Aujourd'hui, c'est tellement facile dans le milieu gay à Paris. C'est quel milieu gay pour toi ? Parce que moi, je ne sais pas ce que c'est le milieu gay. Enfin, le milieu gay, dans le cosmos gay. Mais en fait, il n'existe pas un cosmos ou un milieu gay, mais des millions puisque…
Tu vois, si tu ne visites que les librairies queer, c'est un certain milieu gay, mais ça ne sera pas du tout la même chose que si tu vas en soirée. Du coup, est-ce que tu veux… Alors, ne fréquentant plus vraiment le milieu, parce qu'en allant plus sur certaines soirées gays ou des saunas gays, je ne fréquente plus vraiment ce milieu-là. Mais quand je parle du milieu, en fait, c'est dans notre monde à nous. Donc, c'est sauna et bar ?
Sona, bar, site de rencontre, la vie de tous les jours, pour moi, en fait, sachant que c'est tellement simple et tellement facile de coucher, tu te connectes à une appli et tu peux, comme tu peux recevoir ton McDo, tu peux recevoir un mec et coucher avec lui, sans même connaître son prénom. C'est beaucoup plus simple de se sucer la bite chez nous, enfin, chez les gays, que de s'embrasser, qui va être beaucoup plus intime, pour moi.
Dans ton expérience, tu as senti ça ? Dans mon expérience, autour de moi aussi. On a eu plusieurs à l'avoir ressenti, justement par rapport à mes amis. Donc, il y a cette…
Il y a cette peur un peu, en fait, je pense, de la déception. Mais je sais qu'il faut que je saute le cap et que je le passe. Sinon, à un moment, en fait, je vais m'interdire de vivre certaines choses et les années passent. Oui, c'est ça. C'est cette peur de la déception. Oui, c'est vraiment ça. Qui est dans tout voyage. Et de me dire que si, justement… Alors, je ne vais pas m'empêcher de vivre quelque chose vraiment pour la déception.
Mais je sais que je vais avoir la gâchette très facile. Quand je dis la gâchette très facile, c'est-à-dire que je vais appuyer sur le bouton et ça va être next. Très facilement. Je me demande dans quelle mesure, si j'étais psy, non t'inquiète, tu peux tousser et boire, fais tout ce que tu veux, si besoin. Si j'étais psy…
Je me demanderais, mais donc je suis pas psy, donc à mon avis, les psys font pas du tout ça. Mais tu vois, ça résonne vachement quand tu dis j'ai la gâchette facile, je suis défaitiste par rapport à les gens. C'est marrant, ça résonne avec ce moment très difficile de perdre ta maman.
Et avec la Covid et la maladie qui fait que du coup, c'est une autre manière aussi de mettre les gens en distance. Comme s'il y a plein de façons, ton cerveau trouve plein de façons de mettre à distance les gens. Tu vois ce que je veux dire ? Je vois très bien ce que tu veux dire. Ça n'enlève pas du tout le deuil de ta maman et la réalité du Covid. Bien sûr. C'est bien entendu ça. Mais il y a quand même une répétition où quand il n'y a plus la Covid, il y a le truc du singe.
Comment s'appelle déjà ? La variole du singe. Quand c'est pas elle, c'est autre chose encore. Tu vois ce que je veux dire ? Comme si du coup, on pouvait peut-être un peu se poser la question d'une racine commune. Oui. Qui serait ? Je sais pas. Mais je vais m'arrêter là. Non, j'aimerais que tu le dises. Non, je l'ai répété huit fois pendant les trois épisodes. C'est pas intéressant. C'est d'ailleurs pas intéressant parce que ça devient un peu injonction le moment où moi, je pousse mes trucs et tout. Moi, je crois…
qu'il y a des violences dans ma vie, et je projette sur toi, dans ma vie. Il y a eu des violences homophobes que je n'ai pas réussi à digérer et à recracher pour qu'elles repartent dans les canalisations du monde. Et elles sont restées bloquées. Elles se sont fossilisées en moi et elles me font mal encore aujourd'hui. Et j'ai dû réparer…
Ces moments traumatiques passés. Et en fait, quand je dis « elles me font mal aujourd'hui », c'est qu'en fait, elles m'empêchent de me connecter à l'autre, de m'aimer moi, l'autre, que ça soit sexuellement, romantiquement, amicalement. Elles m'empêchent de m'ouvrir, elles m'empêchent… Mais même dans mes…
dans mes passe-temps, à plein d'endroits, et qu'il y a des coping mechanisms, il y a des mécanismes de défense. Et donc, moi, la surperformance, le fait de toujours me sentir pas assez et d'exiger de moi de faire, faire, faire, faire, faire, faire plus, est un moyen d'éviter d'avoir mal. Parce que du coup, comme je fais, je fais, je fais, je fais… Tu ne penses pas et tu ne ressens pas.
voilà et puis du coup je peux parfois avoir un peu les fruits de mon faire qui me valident en me disant voilà ta valeur
Mais attention, si, attends, on est en train de se faire un fist bump. Voilà, parce que j'étais en train de tendre le point. C'est compliqué, là, en podcast. J'ai tendu le point et Gabriel m'a fait un fist bump. Parce que c'était, voilà. Et pourquoi t'as fait un fist bump ? Parce que je suis totalement d'accord avec ce que tu dis. Ouais. Voilà, c'est vraiment ça, en fait. Et c'est pour ça que t'es là, mon petit Gabriel, mon petit chat ?
Voilà. C'est pour ça qu'on a parlé de ton passé comme ça. Exactement. Et je dirais aussi pour aussi comprendre encore un peu plus de choses, je pense que je me suis énormément refermé
envers l'autre, à partir du moment où je suis devenu orphelin, n'ayant plus de père, n'ayant plus de frère, parce que je n'ai pas parlé du décès de mon frère, mais qui est arrivé aussi un moment pendant cette période-là, il y a huit ans de ça. Plus ma mère, j'ai perdu tout ce qui était l'identité familiale, qu'on se fait d'un père, une mère, un frère ou des sœurs. Après, effectivement, tu as des oncles, tu as des tantes, tu as des cousins, tu as des cousines.
C'est pas le même rapport pour moi. Donc, ça a rajouté encore une couche, si tu veux, où il fallait encore être plus fort. Alors, je suis entouré, certes, mais je me définis aujourd'hui comme seul. Donc, il va y avoir ce côté un peu plus intransigeant.
de temps en temps un peu plus amer de la vie même si j'essaye de voir tout le bon côté des choses et c'est ce pourquoi je suis en vie aujourd'hui parce que la vie a fait que tu sois là donc aussi tu dois te battre et tu dois faire en sorte de mais voilà il y a aussi cette partie là qui m'a beaucoup renfermé donc je sais que c'est aussi pour ça que je laisse rentrer moins de personnes c'est le temps long du deuil dont tu parles ?
Non, je dirais plus les conséquences du deuil. Tu te protèges de quoi en ne laissant pas rentrer des gens ? Je vais reposer ma question. Tu prends soin de quoi en ne laissant pas rentrer des gens ? Je prends soin d'éviter la déception.
Aujourd'hui, tu te sens déçu ou pas ? Non, aujourd'hui, je ne me sens pas déçu. Tu n'es pas déçu ? Ça marche ? Oui, assez. Ce qui n'est pas forcément très bon, puisque ça laisse rentrer moins de personnes. Non, mais c'est pas un problème. Je me dis, voilà, je laisse rentrer qui doit rentrer, en fait. Ce que mon intuitif va me dire par rapport aux personnes que je vais fréquenter, je laisse rentrer aussi bien en amis ou en plus les personnes qui doivent rentrer.
Bah ouais. Mais en fait, je trouve que souvent, il y a un problème quand ce qu'on fait pour se protéger devient négatif pour soi-même. En fait, ne fonctionne pas. Donc tu vois, tu te dis, j'empêche les gens de m'entraîner dans ma vie pour ne pas être déçu. Et après, quand tu grattes un peu dans ton cœur, de toute façon, tu es déçu. Donc c'est déjà raté. Ça ne fonctionne pas ton mécanisme, puisque tu es déçu dans ton cœur de faire le truc qui est censé te protéger de la déception ?
Et là, ce que tu racontes, c'est autre. Tu dis, j'ai mis des barrières qui sont saines. Avant, j'ai laissé rentrer des personnes et là, je suis peut-être plus efficace, plus sélectif. Mais du coup, la question, c'est, on est parti de, je ne laisse pas mon email dans le descriptif de l'épisode. Parce qu'en gros, tu es en train de me dire, j'ai un bon système pour laisser rentrer ou pas. Du coup, si ton système fonctionne bien et que tu te protèges bien, pourquoi avoir peur de la rencontre?
Parce que je pense qu'on en a tous un peu peur. Ah pardon, je pense que j'en ai un peu peur. Pourquoi ? Parce que tu vas avoir la rencontre où tu n'es pas sûr de plaire, tu n'es pas sûr que la personne en face te plaise, mais c'est aussi le principe de la rencontre. Amène-moi à une rencontre où la personne, où tu n'es pas, oh là je vais y arriver, ton date n'est pas intéressé par toi physiquement.
Tu es dans cette situation. Décris-moi ce qui se passe pour toi, dans ta tête, qu'est-ce que tu te dis ? Donc on est au moment du date où la personne t'a clarifié qu'elle n'est pas intéressée par toi physiquement, c'est ta grande peur. Imagine tu vis ta grande peur.
Qu'est-ce qui se passe ? Il va y avoir deux options. Ça va dépendre justement de comment est la personne en face. Donc quand je dis comment, c'est-à-dire que quelqu'un peut être totalement fermé, tu ne me plais pas et hop, la personne se casse. Ou j'ai quand même envie de découvrir ce qui se cache derrière justement l'apparence physique qui ne me plaît pas.
Réponds à ma question. Tu as envie de répondre à ma question ? Il se passe quoi dans ton cœur et dans ta tête le moment où tu vis cette grande peur ? Les petites phrases, ça peut arriver parce qu'on ne peut pas plaire à tout le monde. Non, là, tu me réponds. Non, mais je te dis ce que je vais ressentir normalement. Donc, ce n'est pas grave ?
Pourquoi ça devrait l'être ? Alors, je suis perdu, ça doit être ton côté paradoxal. Tu me dis, je me protège parce que j'ai une grande peur d'être rejeté. Je te dis, viens, on va dans cette grande peur. Et là, tu me dis, en fait, il n'y a pas de problème. Non, je pense que c'est le jeu de l'interview, là. T'essaies d'avoir la bonne réponse et de nous proposer quelque chose d'intelligent. Bien sûr que t'as de l'intelligence et que tu sauras prendre soin de toi en disant, mon petit chat, ça arrive, etc. Mais…
Tu te protèges d'une grande peur parce que sur le moment, tu seras saisi d'une émotion inconfortable. Le moment, je serai saisi forcément, effectivement, comme tu dis, surtout encore plus si la personne me plaît. Ok. Ce que j'aimerais mettre en lumière, c'est que cette émotion inconfortable, elle est existante aujourd'hui tandis que tu te protèges. Ça ne fonctionne donc pas. C'est-à-dire, ton cerveau est en train de te dire, si tu ne rencontres pas de gens…
victoire, tu seras protégé de cette émotion inconfortable. J'aimerais parler à ton cerveau et lui dire, ben non gars, désolé, ça marche pas. Ça marche pas comme ça. Ben non, parce que cette émotion inconfortable, elle est là dans ton cœur, tandis que tu ne t'exposes pas. Quitte à de toute façon ressentir la peur du rejet, n'as-tu pas envie qu'on la vive pour de vrai ? Puisque alors, on aura des chances d'avoir pas que du rejet. Exactement, je suis d'accord avec toi.
Très bien. Je suis un cas compliqué. Absolument pas. Absolument pas. Moi, je suis 100% comme toi.
Et alors là, il doit y avoir des millions d'auditeuristes qui sont là, moi pareil. Mais bien sûr que moi, là, sur mon canapé, je suis dix fois mieux dans ma peur du rejet qu'au café, face à un gars où je suis là, putain, le gars, il n'a pas l'air d'être chaud du tout. Et de rentrer si peuneau dans mon chez-moi à me dire, mais en fait, je suis une crotte intergalactique. Pourquoi je n'ai pas osé ?
Non, je me suis fait rejeter. Pourquoi c'est ma faute maintenant ? J'aurais osé quoi ? Ben non, je me suis fait rejeter. Le gay m'a dit pas intéressé. Et c'est un mot qui est très facile. Très très très facile. Et c'est là où on revient à nos racines.
C'est là où on revient à ma croyance du travail que j'ai envie de faire sur moi. C'est que si j'arrive à prendre soin de moi dans ces moments, à dire, bien sûr que t'es assez, bien sûr que… Tu sais, je viens de sortir d'ailleurs un épisode solo, actifoupassif.com slash solo, S-O-L-O. Je suis tellement content de faire ça. En gros, c'est la page où j'ai mis tous mes épisodes solo, où je raconte ma vie.
Enfin, je vais l'écouter. Et là, le dernier épisode, c'est je raconte mes complexes physiques. Et justement, du coup, comment ? Parce que j'ai des complexes physiques, je préfère du coup ne pas m'exposer. Mais du coup, tu rencontres personne si tu ne t'exposes pas. Et tout l'enjeu d'apprendre à prendre soin de moi les moments où je suis rejeté et à découvrir qu'en fait, pour dix personnes qui te rejettent,
qui te disent « je ne sens pas le feeling, je ne suis pas attiré, soit physiquement, soit psychologiquement », tu es le kiff de deux personnes qui ne sont peut-être pas là dans la salle, qui ne sont peut-être pas là avec toi dans le café, mais il y a deux personnes qui sont là. Gabriel ! Gabriel ! Wow !
et donc bien sûr que c'est vachement difficile mais on revient à la racine du aller visiter son enfant intérieur et son enfant passé qui a été putain de violenté quand je t'ai fait faire l'exercice de on va lui dire quoi et que tu lui as dit tu sais tout le monde souffre je suis là bah putain
Après, c'était le jeu du podcast. Peut-être que ce n'est pas vraiment ça que tu te dis. Aussi, mais… Tu te sens comment sur ta… Mais qu'il allait traverser, comme je l'ai dit au tout début, qu'il allait traverser un bon nombre de merdes. Mais voilà, bien grosses. Mais tu es encore là-dedans. Aussi. Mais non, mais tu es encore en train de te dire ça. C'est-à-dire, en fait, pour que toi, tu ailles rencontrer des gens et trouver et être aimé comme tu veux…
il faut qu'on sorte de cette relation à soi. Qu'est-ce que t'en penses ? Parce que là, t'es d'accord que tu te répètes à ton toi passé mais à ton toi présent, tu vas vivre de la merde.
non plus maintenant mais tu viens de le dire en disant que c'est pour ça que tu t'exposes pas pas alors je le vis pas de cette façon là non je pense que sur ça on s'est mal compris autant c'est à dire je vais me protéger d'une certaine façon pour éviter justement certaines rencontres qui n'amèneraient nulle part parce que c'est comme ça et je me suis fermé et que depuis les deuils et tout ce qui s'est passé après j'ai appris à serrer la vis mais c'est à mes dépens et je l'assume
Et je trouve que je me ferme de plus en plus et j'ai de plus en plus de mal à m'ouvrir justement envers quelqu'un. Sur le petit enfant intérieur d'avant, au contraire je lui ai dit, quand tu m'as dit au tout début qu'est-ce que tu lui dirais aujourd'hui, je lui dirais qu'il en a traversé beaucoup des merdes mais qu'à forcément un moment le soleil finira par briller. Alors peut-être que c'est la phrase toute faite ou quoi que ce soit mais…
Je suis ressorti d'une envie où j'étais en vie, mais c'est comme si c'était un automatisme. Après ce qui s'est passé, j'ai juste continué à vivre parce qu'il fallait vivre. Et j'ai commencé justement après à reprendre cette envie. Comme je me lève le matin aujourd'hui, je suis reconnaissant envers la vie d'être là et je suis content. Alors effectivement, je pense qu'il y a encore des choses à régler à l'intérieur.
et le chemin va être encore assez long après je pense avoir fait la plus grosse partie peut-être que je l'ai pas exprimé de la bonne façon mais intérieurement je pense avoir fait la plus grosse partie il reste quoi comme chemin tu dirais ? de me comment je pourrais dire ça ? de pardonner à la vie
Voilà ce qui me vient, de pardonner à la vie, puisque même si toutes les expériences vécues m'ont apporté quelque chose, j'ai pu se parler des négatives, parce qu'elles ont encore plus forgé, elles ont apporté quelque chose, elles ont quand même été très difficiles à vivre. Et donc forcément, tu as tes bagages qui sont là avec toi. Après certes, il faut se délester de ces bagages-là, mais…
Ça prend du temps. Des fois, quand on pense avoir jeté une valise à la mer, il y en a une plus petite qui revient encore. Donc, il faut encore la rejeter à la mer. Elle revient encore un peu plus petite. Donc, elle reste encore là. Si tu les ouvres, ces valises, il y a quoi dedans encore ? Je pardonne à la vie, c'est qui ? Est-ce que c'est des personnes ? Est-ce que c'est des situations ? C'est quoi ?
Je pense que ça pourrait être des situations, les situations de tromperie qui ont forcément fait mal, où à un moment tu te remets en question, tu demandes si c'est toi qui a été le problème, tu n'as pas forcément la réponse et tu ne l'auras jamais, puisque les personnes ne sont plus là pour en parler, en tout cas dans ton cercle restreint. C'est la mort, ce lien avec la mort que j'ai qui a été quand même assez particulier.
ce serait ça et la confiance qui est là qui vient de certains jours et puis d'autres qui n'est pas là donc je pense que c'est pour ça que je me rapproche un peu plus si on peut dire de cette perfection là au quotidien ou comme tu dis je vais te tirer à quatre épingles parce que sur l'instant ça rassure qu'est-ce qui te rassure
Le fait que moi, je sois bien. Donc si moi, je suis bien, forcément, je suis perçu comme tel. Ça veut dire quoi, être bien, pour toi ? Se sentir bien, se trouver plus ou moins bien. Alors là, on va plus parler de physique. Se sentir bien dans la façon dont on est vêtu, dans son corps actuellement…
Qu'est-ce qu'il y a ? Rien, je t'écoute, je croyais que t'avais… Non, non, voilà comment je le vois. Et s'il y avait là quelque chose que tu pouvais faire pour prendre soin de toi, pour t'aider sur ton chemin d'intime, d'épanouissement sexuel ou amoureux, est-ce qu'il y a des idées qui te viennent ?
Là, je pense qu'il faudrait que je commence à réenclencher les rencontres et peut-être un peu moins rester dans ma bulle pour me remettre dans le bain, si on peut dire. Me remettre dans le bain du sexuel avec la pénétration.
Ça veut dire quoi ? Le sexuel avec pénétration, ça veut dire que tu as envie d'être pénétré ou pénétrée ? Ça veut dire que je suis, alors d'être pénétré pour sûr, de pénétrer, avoir, avoir sur l'instant. Ça fait combien de temps que tu n'as pas été pénétré ? 8 mois.
ce qui n'est pas grand en soi mais qui commence à le faire ce qui n'est pas long plutôt en soi mais qui commence à le faire tu sens que ça titille et du coup comment tu pourrais prendre soin de cette envie d'être pénétré et d'une manière qui est sécurisante pour toi
ça va être très bizarre ça pourrait se passer parfaitement en sortant d'ici rencontrer un mec dans la rue et être assez attiré pour avoir envie de coucher avec lui comme prendre tout le temps du monde et une rencontre d'abord autour d'un verre et après sentir plus son confiance
Ce sera selon l'envie et selon le mood sur le moment. Là, tu m'as décrit le contexte. Est-ce que tu peux me mettre en mots des actions sur lesquelles tu as la main ? Parce que tu n'as pas trop la main sur « je rencontre quelqu'un ». Oui, mais comme je ne suis pas site de rencontre, et toutes ces choses-là, je sais que je ne vais pas forcément créer des actions. Attends, il y a plein d'options. Là, tu me dis « je ne suis pas ça, je n'ai pas envie de site de rencontre ». Ça serait quoi les autres choses que tu pourrais faire ?
Sortir boire un verre. Dans un bar ? Dans un bar. Je ne pourrais pas te dire aujourd'hui lequel, mais sortir boire un verre. Peut-être m'ouvrir un peu plus, me battre un peu moins sur mon téléphone à ce moment-là. Plus en communication avec quelqu'un. Juste pour au moins casser la barrière du…
bonjour et on s'arrête là. Juste, voilà, être deux êtres humains, l'un en face de l'autre et avoir un échange. J'ai deux idées pour toi. Je suis tout de suite. Tu les désires. Il y a un apéro, une rencontre entre auditeurs à Paris. Merde. Début juillet. Il faut aller sur le site actifoupassive.com. Dans la page rencontre, il y a le… Et tu rejoues… Enfin bon, voilà, donc il y a. Pardon, excuse-moi. Mais ça, ça peut être pas mal.
Comme petit pas, si t'avais envie. Mon autre idée c'est, est-ce que t'as un loisir, est-ce que t'aimes un sport, un art, une musique, les jeux de société ? Est-ce que t'as un petit truc comme ça qui pourrait t'amuser à faire ? Alors à faire en extérieur ou à faire chez moi ? À ta guise, un passe-temps ?
J'adore aller marcher au parc, généralement. J'ai le bois de boulogne pas loin de la maison. T'aimes courir ? Non, autant je ne suis pas vraiment de course. J'aime assez faire du sport. Alors, je fais moins de tennis maintenant, mais j'ai pu faire beaucoup plus de tennis auparavant. Le conseil ?
Le conseil que j'ai à te donner, c'est que t'as la chance d'habiter à Paris, en tout cas ça existe dans plein d'endroits super citadins, il y a des assos de loisirs ou sportives LGBT. Il y a une asso de jeux de société, il y a une asso de volets, une asso de handes. Pas mal.
Il y a plein d'assos de sport qui sont LGBT friendly ou LGBT+, dans le sens, tu vas avoir de tout, mais c'est quand même la plupart du temps une prédominance de personnes queer, mais tu as parfois aussi des personnes hétéro alliées. Et ça, moi, je l'ai déjà fait et je trouve que c'est vraiment chouette parce que c'est une manière de rencontrer des gens autour d'un plaisir partagé, mais sans aucune pression, sans aucun sous-entendu. Puis il y a des gens qui sont en couple et indisponibles. Oui.
C'est pas que du dating, mais ça peut aussi le devenir. Et puis après, qui sait, quelqu'un sympa, pas disponible, te dit, viens, je fais une crémaillère chez moi, et puis en rebond. Exactement. Ok ? S'ouvrir un peu plus au monde. Pas d'obligation. Là, j'ai fait la technique de l'intervieweur où je me suis mis à te secouer. Oui. Tu te sens comment ? Bien. C'était pas confortable ?
À un moment, ça ne l'a pas été, mais il fallait passer par là. Tu crois ? Oui. Pour me rendre compte aussi de moi-même. Et je sais qu'on est tous avec plein de paradoxes. Je sais aussi que j'en ai beaucoup. Et je pense qu'aujourd'hui, je ne peux pas forcément me surprotéger, mais je me protège encore beaucoup. Et le fait que tu le mettes aussi bien en évidence commence à créer un déclic.
Je ne sais pas si j'ai eu raison. On ne le saura jamais. Ou si je t'ai juste heurté et agressé inutilement. Mais moi, j'ai envie de te partager un autre truc. Ça m'a fait vachement du bien quand j'ai enlevé de mon vocabulaire personnel dans ma tête « paradoxe », qui était pour moi un terme super encombrant, un peu culpabilisant, péjoratif en tout cas, un goût péjoratif. Et j'ai parlé de « besoin ».
ou de besoins contradictoires. Et j'ai plus entendu ça chez toi, c'est-à-dire, t'as plusieurs besoins très humains que lorsque tu tentes de les nourrir, ils ont l'air contradictoires. J'ai un besoin de lien et un besoin de sécurité et j'ai besoin des deux et c'est bien normal. Et c'est pas du tout un paradoxe. Et donc, bon, ils s'entrechoquent un peu parce que, tu vois, mon besoin de sécurité me dit « Non, reste ! Reste sur le canapé ! »
Non, non. Et il y a le besoin de lien qui fait, excusez-moi, est-ce qu'on peut se bouger un peu ? Et je trouve que le moment, et ça, ça s'appelle la CNV, la communication non violente. Ça, c'est un art. J'ai un bouquin là que je pourrais te montrer. Non, non, non, pas du tout. Je ne suis absolument pas formé et tout, mais j'ai fait deux, trois formations. Et moi, ça m'a vachement aidé de me rendre compte que chez moi, il y avait des besoins qui essayaient juste d'être nourris. C'est tout.
Et il n'y a pas de paradoxe et tout. Et il y a des petites techniques pour se dire, pour le moment, je vais prendre soin en priorité de quel besoin. Et ça ne veut pas du tout dire que pour le restant de tes jours, tu vas être sur le canapé. Mais là, ce jeudi soir, comment je me sens par rapport à mon besoin de lien, mon besoin humain, mon besoin de sexualité, mon besoin de que sais-je, mon besoin d'amis et tout. Et mon besoin de sécurité, de solitude. Et puis je choisis quoi ? Ce soir. Tu vois ?
je vois ce que tu veux dire sinon je trouve que paradoxe ça vient écraser nos histoires tu vois ça fait un peu genre putain je suis jugé, condamné c'est terminé tu vois alors que c'est pas le cas merci pour cette clarification qui fait du bien tu as envie de finir sur quelque chose en particulier il y a quelque chose d'important là j'ai rien en tête je t'avais dit à la base que je voulais vraiment faire ce podcast pour
Je pense que je me suis plus basé sur tout ce qui a été mort, décès et aussi suicide, si on peut dire. Et je pense que la personne, quel qu'elle soit, garçon ou fille, qui commence à découvrir sa sexualité à un jeune âge et qui ne sait pas comment du tout ça va se passer pour elle dans la vie…
Je pense que j'ai voulu parler justement de mon histoire pour que ça puisse résonner en quelqu'un et lui montrer qu'il faut aussi choisir la vie et que le chemin sera peut-être parcouru d'embûches ou pas forcément très plat. Il sera aussi sinueux, mais qu'il faut le parcourir quand même.
C'est un besoin que tu as nourri. Exactement. Et moi, je le partage parce que je fais un podcast aussi pour les autres. Mais est-ce que tu es d'accord qu'il y a un besoin plus intime ? Aussi. Qui fait que toi et moi, on est en train de parler. Aussi. C'est quoi ton besoin plus intime ? Je pense de me reconnecter vraiment à ma sexualité et peut-être d'arrêter d'en avoir peur. C'était ton espoir en faisant ce podcast ? Aussi.
Donc, il y a d'autres choses encore ? Tu veux les dire ? C'est quoi tes autres espoirs en faisant ce podcast ? Arrêter peut-être de me juger aussi par rapport à tout ce qui va être la performance, le côté parfait, relâcher la pression. Je sens que ça te parle, ça. Et moi, je n'y arrive pas bien. Toujours ?
Je suis en chemin. D'accord. Work in progress. Mais pas plus tard qu'il y a une heure et demie. Qu'est-ce qui s'est-il passé ? En fait, je ne sais jamais assez. J'ai mon cerveau, mes petites voix dans mon cerveau. Il faut que ça aille plus vite. L'angoisse vient se mettre sur… Moi, je travaille seul. Je suis créateur de contenu.
Donc en fait, c'est déjà écrit, c'est jamais assez. Tu peux toujours faire plus d'Instagram, plus d'épisodes de podcast, plus de recherches, plus de… C'est l'horreur. Et j'étais en train de courir là, juste avant que t'arrives. Je suis allé courir dans un parc à Paris.
Et je me parlais à moi-même en me disant « mais Guillaume, en fait, tu n'auras jamais fini, on est d'accord ». Enfin, je me parlais à moi-même, à cette part de moi qui disait « ah putain, faut encore que tu fasses ça et ça avant la fin de la journée ». Mais en vrai, j'ai déjà répondu à toi, petite voix, en faisant toutes les tâches possibles.
Et en fait, j'en avais encore qui apparaissaient. Parce que ça reste sans fin. Et c'est le moment où tu dois te poser et tu dois juste aussi essayer d'accepter la situation en te disant « En fait, non. Voilà, j'ai fait ça. »
Je vais être content de ce que j'ai fait aujourd'hui. Moi, ça raconte l'estime de moi. C'est exactement ce que tu dis. Tu dis « je suis content de ce que j'ai fait ». Moi, ce que ça raconte chez moi, et qui est clairement lié pour moi à l'homophobie que j'ai vécue, mais à d'autres choses aussi, c'est « je ne m'aime pas assez ». À la base, je sens que je n'ai pas assez d'estime de moi, qu'elle vient par le faire. Donc, quand mon cerveau me dit « fais plus »,
C'est comme s'il se trompait de langage et qu'il était en train de me dire, pour qu'on s'aime et qu'on passe une belle journée, tu veux bien faire plus, plus, plus, parce que du coup, on s'aimera plus. Parce que c'est le cas. Moi, plus je fais et plus je m'aime. Et en plus, comme je suis créateur de contenu, plus je fais et parfois, plus les gens m'aiment. Même si ça, c'est pas vrai, parce que bien sûr, je me suis foutu dans un métier où les gens me détestent, m'insultent, etc. Mais ça, c'est normal. C'est assez révélateur. On choisit des endroits…
C'est le côté aussi très facile aujourd'hui, malheureusement, avec tout ce qui va être réseau ou les gens derrière un ordinateur. C'est pas ça que je voulais dire. Dans les choix que tu prends pour tenter de vivre tes équilibres, c'est pas rare que tu… J'observe chez les humains, mais je vais dire je, c'est pas du tout étonnant que moi, qui ai des problèmes d'estime de moi et qui veut que les gens m'aiment, je choisisse un métier où justement on m'insulte. C'est parce que c'est au travail, tu vois ?
Et je trouve que, bien sûr, je me connecte vachement à toi parce que c'est exactement le moment où j'arrête de faire. Et je me dis, mais mon petit chat…
On va être. Qu'est-ce que t'as envie ? C'est suffisant. Puis t'as pas besoin de faire pour être suffisant, pour être bien, pour être aimé. Déjà, sans le faire, il y a toutes mes peurs et tout ce que je fuis qui ressort parce que je suis en inactivité. Et c'est exactement comme toi le moment où tu reviens d'un date où ça n'a pas matché. Il y a une sorte de solitude et de vide intérieur.
Et j'ai l'impression que là, notre pouvoir, je crois, dans notre capacité à prendre soin de nous et à nous accueillir à ce moment-là, de dire « Ouh là là, c'est dur, là. » Où ça vient appuyer sur tous mes trucs passés, là, cette personne, elle m'a dit si, elle m'a dit tu vois. Notre capacité à être dans ces émotions inconfortables. Il faut les vivre, de toute façon. Et surtout les vivre, les accepter pour aussi mieux les laisser partir, parce que sinon, à un moment, tu te laisses bouffer par ces choses-là et c'est…
Oui, mais là, je trouve qu'on ne nous apprend pas à vivre une émotion négative. On ne nous apprend pas comment tu fais. Tu la vis, tu essaies de la vivre pleinement. Je vais te donner un exemple différent. C'est comme quand tu vis un deuil, on ne t'apprend pas à vivre un deuil. Tu vas passer par je ne sais combien d'émotions. Déjà, à un moment, ton corps se bloque. Donc, en fait, tu es en pilote automatique, tu ne ressens plus rien.
Pour te permettre de traverser ce que tu as à traverser. Après, à un moment, tu vas avoir la tristesse. Juste après, tu vas avoir de la colère. Juste après, tu vas avoir des maux physiques. Et à un moment, en fait, plus tu recherches malheureusement à être dans le contrôle, et plus ton corps va t'envoyer plein d'autres signaux qui vont faire que…
Il y a des études passionnantes qui montrent qu'une émotion, ça passe en 90 secondes. Et c'est vrai que quand j'y parviens, à ne pas faire et à vivre et à être dans ce moment inconfortable, c'est vrai que ça ne dure pas. Elles viennent, elles repartent et elles reviennent après. Ce n'est pas que tu vis une fois la colère et puis après elle disparaît. Et c'est vrai que c'est des petites vagues et que ce n'est pas aussi éternel que mon cerveau me dit. Et tu vois, il me dit « Fuis ! » parce qu'il croit que c'est éternel.
pourquoi c'est la putain de solution ? Pourquoi est-ce que là, on n'est pas du tout hors sujet ? Parce que, pour deux raisons, si je suis capable d'être rejeté, alors je m'expose, et c'est comme ça que je rencontre des relations magnifiques, c'est comme ça que je vais à l'association dont je te proposais, mais il y a mille chemins, c'est comme ça que je ne vois plus l'extérieur comme un possible danger qui est réel, mais je me dis, s'il y a un moment difficile ou un danger, je suis capable de le naviguer, donc en fait, comme je rencontre
je tombe sur la personne qui me kiffe ou les personnes qui me kiffent. Deuxièmement, tu as dit lâcher le script. Tu as dit lâcher la pression, pardon. Je fais le lien avec ce que tu me disais autour de je suis très intransigeant envers l'autre et aussi l'autre, il est censé être très viril. Il est quand même censé pas mal de choses, tu vois. Mais ça, ça n'est que le miroir
de ce dont on est en train de parler là ce que tu exiges de l'autre tu te l'exiges aussi à toi mais le moment où toi t'arrives à je crois le moment où moi j'arrive à m'accueillir dans mon humanité dans mon incompétence, dans mes ratés dans mes échecs, dans mes impossibles dans ma mollesse de l'être je crois que je peux alors accueillir l'autre qui n'a plus besoin d'être cet actif viril protecteur mais qui peut je crois moi, Guillaume je te projette pas sur toi mais moi du coup j'arrive beaucoup mieux
à faire relation avec les autres, avec leur haut et leur bas et leur complexité. Qu'est-ce que tu en penses ? Je suis parfaitement d'accord avec toi. Il faut que j'arrête de rechercher ce côté parfait qui m'anime tant. Il faut, je dois, en communication non-violente… Je dois, je dois. Non, en communication non-violente, il faudrait que je mette, il faut que je le note, je vais mettre dans le descriptif de l'épisode, le titre du bouquin, c'est Thomas d'Assembourg.
Dansambourg, j'ai un doute. Je regarderai sur Internet. La CNV. Arrêtez de plaire. Ne mentez plus. Ah, je ne sais plus. C'est un titre de développement personnel un peu bullshit, mais je conseille le bouquin. Je le mets dans le descriptif. Et j'aime bien parce qu'il y a un chapitre sur les « il doit, je faut ». Non, « je dois, il faut ». Il est joli, c'est la petite. « Je dois ». Et en fait, c'est de l'injonction de merde.
Mais qui change tout. Mais non, mais du coup, qui est blessante. Tu as souvent répété il faut, mais non. Parce qu'en fait, je trouve que le moment où je dis il faut, je dois, en fait, je masque. Non, il y a un besoin. Donc, on revient au besoin de la CNV, communication non violente.
Quel est le besoin que tu tentes de nourrir avec cette stratégie, cette tactique de trouver l'homme parfait et de prendre soin de ce besoin ? En fait, ce que la communication non-violente te raconte, c'est qu'en fait, il n'y a pas de « il faut, je dois » ou de « paradoxe », il y a juste des besoins qui essayent d'être nourris et parfois par les mauvaises tactiques.
Et donc peut-être qu'une fois que tu as compris les besoins essentiels et fondamentaux que tu essaies de nourrir, tu vas pouvoir les nourrir par d'autres tactiques. Et c'est pas il faut que j'arrête de chercher l'homme parfait, c'est quel besoin j'essaie de nourrir et tiens, est-ce que je peux regarder à gauche à droite d'autres façons de nourrir ce besoin essentiel ? Tu vois ce que j'essaie de dire ?
Merci beaucoup. Non, non, mais arrête. Je suis long là. M'inquiète de ça. Non, non. Toi, ça t'intéresse ? Oui, je suis très bien. Mais c'est vrai que c'est la première fois que je t'entends aussi long avec la personne. Ça arrive. Et souvent, je me sens mal à l'aise. Mais là, c'est toi qui m'invite. Oui, c'est un échange. On est entre nous. Moi, je suis très content. Les gens qui ne sont pas contents, ils sont partis.
On s'arrête là ou on a d'autres questions pour nous ? Je pense non. Je pense avoir raconté tout ce que j'avais besoin de dire, en tout cas sur le moment et sur le ressenti que j'ai. Donc, je voudrais te remercier. C'est chou. Merci. Moi, je suis content.
On verra dans le descriptif de l'épisode si tu as mis ou pas un lien de contact. Tu as le temps de choisir. Tu prends ton temps. Encore un grand merci. Merci surtout à toi pour ce podcast qui nous permet justement de se découvrir un peu plus, de découvrir les histoires des autres. Aussi, c'est important, la chaîne également, que tu commences à donner en parcimonie. Ça fait du bien.
Ah mais j'ai l'impression de me raconter énormément, t'exagères. T'as écouté combien d'épisodes ? Pas beaucoup. Ok. Alors j'ai beaucoup justement raconté, j'ai beaucoup entendu les épisodes des autres. Le tien encore en solo, pas du tout. Ok. Même pendant et tout. En fait, là-dessus aussi, tu vois, mon estime de moi, ben tu vois, en termes de jamais assez, le podcast est ultra blessant. Moi je suis jamais…
Je me dis j'ai un énorme syndrome de l'imposteur et j'ai envie de le dire de plus en plus que j'en ai ras le bol. Pourquoi tu considères avoir le syndrome de l'imposteur ? Parce qu'à chaque fois je me dis c'est pas assez bien. Il n'y a pas un épisode…
Où je me dis que j'ai été assez bon… Pardon ! Que j'étais assez bon… Et j'arrête pas de me dire… Je parle trop de moi… C'est mal… Alors qu'en fait… Et parce qu'il y a des gens qui me disent… En fait… Il y a des gens qui me critiquent… Normal… Et moi j'en ai ras-le-bol… En fait… Moi le podcast que j'ai envie de faire… Et je t'engueule pas… J'engueule personne… Je m'engueule moi-même… Je le prenais pas comme ça… Je te rassure… On se détend… Je parle avec vigueur… Moi ce qui me met en joie… C'est de te rencontrer toi Gabriel… Et de t'écouter…
et de moi partager des trucs. Je ne suis pas journaliste, je ne suis pas coach ni machin. J'ai envie de moi, Guillaume, être dans ces épisodes aussi. Il y a des gens qui n'aiment pas, mais très bien. S'ils ont absolument besoin de m'envoyer un message pour le dire, ok. Mais moi, on va partager toi et moi avec des gens qui aiment ça. Et je t'admire de le faire et je trouve que tu le fais très bien, vraiment. Ce n'est pas pour t'encenser ou quoi que ce soit, mais il n'y a pas un seul épisode sur tous les épisodes que j'ai écoutés
Tu as fait ta recherche en amont, tu as introduit parfaitement bien justement les différentes parties, tu n'essayes jamais d'être dans le jugement, au contraire, tu vas essayer de comprendre la situation.
pas pour juger l'autre, juste pour lui ouvrir les yeux, justement, sur est-ce que c'est le bon chemin pour lui ? Non. Et après, lui laisser le libre choix, le libre arbitre de savoir quel est le chemin qu'il a envie d'emprunter. Donc non, au contraire, vraiment, vraiment un grand merci. T'es chaud, merci. Je suis très inconfortable. Je ressens… Mais c'est marrant, parce que comme quoi, quand l'estime de soi, elle n'est pas dans notre cœur, l'autre peut nous…
peut nous embrasser d'amour. Tu vois ce que je veux dire ? Je vois très bien ce que tu veux dire. Moi, mon cœur, il est là. Attention, danger ! C'est marrant, je me sens… Et moi, j'en ai marre. J'en ai marre. On en est à 350 épisodes. Ça fait trois ans que je fais ça. C'est pas possible. Je dis pas que c'est parfait et qu'il n'y a pas plein de zones d'amélioration, mais je vais pas passer ma vie à te remettre en question. Alors si, ça oui, j'ai envie.
À souffrir. Moi, j'en ai marre de souffrir. Je pense que ce serait mieux d'utiliser ce mot-là et plus aussi de te faire confiance, en fait. Tu nous délivres une plateforme où on peut venir et s'exprimer librement avec un partage, des très bons conseils. T'es chaud ? Non.
En revanche, j'ai envie de me sentir assez, mais en revanche, me remettre en question, j'adore. Poser des questions, me remettre en question, j'adore. Parce que je trouve que c'est là où ça m'amuse. Les endroits de joie, je trouve que c'est ça. Une fois que tu prends soin de tes besoins fondamentaux, il y a des endroits de joie, de jeu qui s'ouvrent et moi me dire « ah putain, je me suis planté là ».
Tu vois, je suis arrivé là aujourd'hui à cet enregistrement avec un défi que j'ai raté. Et mon défi, c'était… Je suis pas déçu. Non, moi, j'ai plein d'autres épisodes pour le réussir. C'était de faire beaucoup plus de silence. D'accord. Je crois que j'ai réussi une fois et tu m'as regardé en mode, c'est quoi ton problème ? Je suis normal. Je suis très mal à l'aise avec le silence.
J'ai un super ami que j'aime d'amour qui, quand on se raconte des trucs, il fait silence et il fait genre plusieurs silences de suite. Ce qui fait que j'ai le temps de déplier. Tu vois ce que je veux dire ? Je vois très bien ce que tu veux dire. Et moi, je me suis toujours dit un podcast, il faut que ça soit animé. Donc, quand je coupe la parole, je pense que c'est du Guillaume et c'est moi qui a besoin d'exister. Mais je crois, j'ai aussi l'impression de servir un rythme.
Et donc j'ai toujours eu peur du silence en me disant, bah putain, le moment où c'est mou comme ça. Mais le silence est une des plus belles questions. Tu obliges l'autre à parler. Enfin, tu invites l'autre à parler. Et en dire plus, tu te rends
Bon, après, il y a des clients. Je pense que toi, tu n'es pas très client du silence. Non. Ça m'a fait peur parce que plusieurs fois, j'ai essayé et tu me regardais, j'étais là. Ah putain, il va le tenir. Parce que je ne sais pas si tu voulais dire quelque chose ou non. Et je me suis dit non, non, non, non, non, non, non. Donc…
Ok. Donc peut-être qu'il faut qu'en intro, avant l'enregistrement, je dise aux gens, je vais utiliser cette technique-là. Et du coup, si tu as envie de dire plus, tu dis plus. Peut-être qu'il faut que j'aide. Je pense, ouais, peut-être. Sachant qu'en plus, il y a plein de choses qui peuvent se bousculer dans ma tête par rapport à quels vont être les sujets que je vais aborder, qu'est-ce que j'ai envie de raconter ?
Sur les moments de silence, j'aurais l'impression de rater quelque chose. Ah ouais, mais ça, c'était puissant pour toi. Parce qu'on est tous les deux pareils dans le pas assez. Tu m'as plusieurs fois dit, je suis en train de rater, j'ai raté l'épisode et tout. Je l'estime de soi. Ou à un moment, elle va être là sur quelque chose et puis sur autre chose, elle peut te refaire douter complètement. Pas très longtemps, comme tu le dis, mais ça peut quand même être là.
En tout cas, tu as une magnifique lumière, c'est vrai. Merci beaucoup. Donc, j'ai hâte de te réinviter dans cinq ans et d'avoir la suite de l'histoire. Si tu avais envie, si j'existe encore dans cinq ans. Avec plaisir. Le rendez-vous est pré-noté. Top. Merci beaucoup, Guillaume. Merci. Ça va ? Hard. Ça va.
C'est vrai, c'est vrai, mais en fait, je me rends compte par rapport justement, comme tu dis, à un moment, tu m'as titillé. Je pense en fait que je me suis enfermé dans un truc où en fait, aujourd'hui, c'est blanc ou c'est noir. Il n'y a pas les nuances. Hein ?
Mais c'est bien parce que ça permet aussi, comme tu dis, de se remettre en question et de voir la chose totalement différemment. Et ça, je pense que c'est plus les deuils qui l'ont vraiment appuyé dessus pour, comme tu dis, éviter de souffrir parce qu'il y a eu beaucoup de souffrance. Maintenant, se dire, en fait, non, aujourd'hui, je vais me prémunir, mais tu ne peux pas continuer à te prémunir de ces choses-là parce que sinon…
Le besoin ici, il n'est pas assouvi, donc tu restes dans l'amertume de l'inassouvi. Tout ça par protection.