Sodomie (2/5) Comment ne plus avoir mal selon un proctologue gay

Partie 2 sur 5

Beaucoup d’hommes ont mal quand on les pénètre et finissent par croire que leur corps n’est pas fait pour ça : que dit vraiment la douleur anale ?

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Le proctologue Aurélien Garros répond dans cet épisode du podcast :

  • L'anodyspareunie, la douleur répétée quand on est pénétré, toucherait 5 à 50% des personnes selon les études
  • Quatre facteurs à explorer : le muscle du sphincter, la muqueuse, le mental, et le ou la partenaire
  • L'homophobie internalisée figure parmi les facteurs de risque, avec l'anxiété de performance et le manque de lubrifiant
  • Les huiles rendent le préservatif poreux : à savoir quand on ne prend pas la PrEP

💡 Les conseils du proctologue

Aurélien Garros est proctologue et gastro-entérologue à Lyon, l'un des rares spécialistes de la santé sexuelle anale en France, et gay lui-même.

Est-il normal d'avoir mal pendant la sodomie ?

Non, jamais. La douleur répétée lors de la pénétration anale porte un nom, l'anodyspareunie, et concernerait 5 à 50% des personnes selon les études, indique le Dr. Aurélien Garros. C'est fréquent, mais ce n'est pas une fatalité : il faut d'abord écarter une fissure, des hémorroïdes ou une autre pathologie.

Peut-on avoir une anatomie incompatible avec la sodomie ?

Non. Le rectum et l'anus ont le même diamètre chez tout le monde, et la finesse des selles ne dit rien de la capacité à être pénétré, tranche le Dr. Aurélien Garros. Le problème est fonctionnel, pas anatomique : c'est le sphincter, l'anneau musculaire qui ferme l'anus, qui se contracte trop.

Que sont les quatre M de la douleur anale ?

Muscle, muqueuse, mental, monsieur-madame. Le Dr. Aurélien Garros s'en sert comme grille d'enquête : un sphincter contracté comme un muscle du dos noué, une muqueuse hypersensible, l'appréhension et l'anxiété, et enfin le ou les partenaires. La douleur vient rarement d'un seul de ces quatre facteurs, d'où une prise en charge globale.

Quels sont les facteurs de risque de la douleur anale ?

La jeunesse et l'inexpérience, l'anxiété de performance, le manque de lubrifiant, la taille du pénis, mais aussi l'homophobie internalisée et les problèmes de consentement ou de désir, énumère le Dr. Aurélien Garros. S'y ajoutent les suites de chirurgie proctologique et les antécédents de violences subies.

Comment détendre un sphincter trop contracté ?

Par un travail de kinésithérapie, quand la gêne est vraiment importante. La kiné masse l'anus au fil de plusieurs séances, puis prescrit des dilatateurs qu'on peut ensuite érotiser chez soi en augmentant progressivement les diamètres, décrit le Dr. Aurélien Garros. Il conseille de chercher un kiné formé à la sexologie, ce qui reste rare.

Faut-il forcément du lubrifiant pour être pénétré ?

Oui, dès qu'il y a la moindre douleur : rien d'autre ne fonctionne. Certains s'en privent de peur que le partenaire trouve que ça rentre trop facilement, une croyance que le Dr. Aurélien Garros rencontre souvent en consultation. Une huile d'amande douce ou de coco a parfois suffi à résoudre une anodyspareunie de couple.

Peut-on utiliser de l'huile avec un préservatif ?

Jamais avec du latex. Toutes les huiles, et la vaseline, rendent le préservatif poreux, donc moins efficace contre le VIH et les autres IST, prévient le Dr. Aurélien Garros. Sous PrEP et avec un partenaire connu, l'arbitrage se discute ; sinon, mieux vaut tester plusieurs lubrifiants compatibles quand on les supporte mal.

Comment préparer une pénétration sans douleur ?

En stimulant longuement l'anus avant : caresses, massage, doigts, langue. Ce n'est pas un préliminaire mais un plaisir en soi, insiste le Dr. Aurélien Garros, et forcer malgré la douleur installe une mémoire de la douleur qui aggrave tout. Changer de position aide aussi. Pour être accompagné, le podcast tient un annuaire de soignant·es recommandés par les auditeurices.


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Lire la transcription de cet épisode
Aurélien Garros. Coucou. Coucou. Tu es proctologue. Tu es spécialisé dans la santé sexuelle anale. Et on vient de faire un épisode. En tout cas, l'épisode précédent est absolument génial. Vraiment. Hémorroïdes. Merci d'avoir partagé tout ça. On a fait ça sur les hémorroïdes. On a reçu plein de questions des auditeurs qui nous permettent et qui font qu'on a construit notre épisode ensemble. Sur la sodomie, on va d'abord se poser la question, sommes-nous tous égaux face à la sodo ? Est-ce que c'est possible, c'est la question d'un auditeur, d'avoir une anatomie qui est incompatible avec la sodomie ? Deuxième question, quand est-ce que la sodomie ou les jeux anneaux peuvent être dangereux, donc taille de bite, objet sexuel, est-ce que c'est dangereux et quand est-ce que ça peut l'être ? On va parler ensuite de lavement, est-ce qu'il y a des dangers si je pratique les lavements et c'est quoi tes conseils autour de ça ? Et enfin... Comment ne pas avoir mal en sodomie ? Quand on pratique la sodomie, tu vas nous partager les quatre M. Maman, miette... Non, c'est pas ça. Si ça commence par maman, ça coupe un peu l'envie. Complètement. J'ai un peu honte. En plus, c'est en intro. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça. Très bizarre. Très bizarre. On reprend. Je vais te demander quelle est ma routine anus ? Comment je peux prendre soin du délire si je pratique la sodomie ? Est-ce que ça te va ? Parfait. Et on se lance. Jonathan nous dit « Salut Guillaume, j'ai effectivement une question délicate ». Est-ce qu'il est possible que pour des raisons physiologiques, je ne puisse pas être pénétré sans douleur ? Je vais rentrer dans des détails pas glamour, mais on est là pour ça. Libérons la parole ! En gros, je fais des crottes de chat, donc très fines, de la taille d'un doigt. Les garçons qui ont essayé de me pénétrer ont des pénis plus gros qu'un doigt et du coup, ça me fait toujours bien mal. Est-il possible que toute ma tuyauterie digestive soit si fine qu'elle m'empêche d'accueillir un pénis ? Et là, c'était sur Instagram, dans nos échanges Instagram, je lui demande plus de précision et il me dit « Je ne suis pas du tout constipé, j'ai un transit super fluide, au contraire. » Parce que moi, je me suis dit « Tiens, il est peut-être constipé. » Et c'est ce moment-là que tu vas parler d'anodyspareunie. Oui, tout à fait. Je l'ai dit sans bafouiller, je ne connaissais pas c'est quoi ce terme, c'est quoi ? Donc l'anodyspareunie, c'est une pathologie un peu en santé sexuelle qui veut dire qu'on a mal de façon répétée, chronique, lors de la sexualité anale réceptive, lors de la sodomie. Il n'y a pas beaucoup d'études dessus, parce que comme sur toute la santé sexualitaire, il n'y a pas grand-chose. Mais il y a quand même des études. Ça peut concerner, parce que ça dépend si on retient une petite douleur, une forte douleur, une douleur qui persiste fréquemment de temps en temps ou pas. Donc si on dit la prévalence, c'est-à-dire le pourcentage de personnes qui sont atteintes d'anodyspareunie, c'est très variable. Dans les études, en gros, ça va quasiment de 5 à 50 %. Mais c'est intéressant de se dire que finalement, c'est fréquent quand même les gens qui ont mal lors de la sexualité anale. Et évidemment, pour lutter contre des idées reçues qui existent dans la société, ce n'est pas normal d'avoir mal pendant la sexualité anale. Donc ta réponse, si je comprends bien, c'est oui, toutes nos anatomies ne sont pas les mêmes ? Alors, non, après... Non, j'ai pas compris. En fait, j'ai pas compris. Ça veut dire, en tout cas, déjà que l'anodyspareunie, ça existe, effectivement, et c'est déjà première chose. C'est le fait d'avoir mal alors qu'il n'y a aucune problématique médicale. Voilà, exactement. Donc c'est ça qu'il faut avant tout éliminer, quand même. Une pathologie hémorroïdaire, une fissure, un cancer, tout ce qui peut exister et être responsable de douleur. Mais quand il n'y a pas tout ça, et qu'on a quand même mal, c'est ce qu'on appelle l'anodyspareunie. Donc c'est pas... C'est pas tellement une histoire d'anatomie. C'est-à-dire que la question de l'auditeur, que toute la tuyauterie digestive soit trop fine, ça, c'est pas le sujet. C'est vraiment l'intestin, il a son diamètre normal. Nous, déjà, on se concentre que sur la toute fin de l'intestin, après l'intestin, le rectum. la dernière partie un peu large, et puis l'anus qui lui est effectivement un canal qui est de base fermé par un anneau musculaire qui est autour, qui s'appelle le sphincter, qui est serré. Et donc en fait c'est pas tellement l'anatomie, son anus il est comme il est, c'est plus fonctionnel qu'anatomique, c'est-à-dire que c'est probablement plus en partie, il y a plusieurs choses, mais le fait qu'il ait le muscle qui se serre. Donc, c'est son sphincter, c'est son muscle qui se sert, ce n'est pas son anatomie. Voilà. Donc, en fait, il a la... Il a une anatomie normale. Il a la possibilité aussi de changer ça. Oui, oui. C'est un muscle normalement. Non. Et c'est là que... Alors, on pensait en parler dans le traitement, mais on peut déjà parler des 4 M maintenant. dès maintenant. Ah là là là là là là ! Parce que donc, les 4 M, c'est-à-dire que c'est les... En fait, c'est l'anodisparonie, la douleur dans la sexualité anale. C'est pas qu'un seul truc qui fait défaut souvent. On dit prise en charge multidisciplinaire un peu globale. Et les 4 M, ça nous permet de penser un peu aux 4 grands points. Donc, le premier M, c'est le M de muscle. Donc, c'est ce fameux muscle du sphincter qui peut avoir tendance à s'hypercontracter comme un muscle du dos qui fait mal et qui est noueux. Le deuxième « M », c'est la muqueuse, c'est-à-dire qu'on peut avoir aussi comme une hypersensibilité de la muqueuse, c'est-à-dire quand on touche la muqueuse, elle fait mal alors que normalement elle ne fait pas mal, une espèce d'excès de sensation. Le troisième « M », c'est le mental. parce qu'effectivement si on appréhende après ça va pas aider quoi et puis si on est anxieux c'est logique et le quatrième M alors il est moins adapté au gay mais ça reste le moyen homotechnique de la sexualité hétéro parce qu'au départ tout ça ça a été développé plutôt pour la dyspareunie qui sont les douleurs dans la pénétration vaginale Mais il y a beaucoup de choses qu'on peut transposer. Tu veux dire que toute la métine est centrée sur l'hétérosexualité ? Incroyable, hein ? Le scoop ! Et donc le quatrième M, c'est Monsieur, Madame. En fait, c'est pour parler du ou des partenaires. C'est-à-dire qu'une douleur dans un rapport, elle peut être aussi liée à quelqu'un ou parce que l'autre a envie ou qu'on n'a pas envie... On n'a pas de problème dans la sexualité si on n'a pas de partenaire. Donc forcément, c'est aussi un facteur. Sachant qu'après, on va justement parler de si mon mec ou la personne a une grosse bite, qu'est-ce qui va se passer. Le premier M, c'est muscle. Il me manque le deuxième. Muqueuse. Muqueuse, mentale. Et monsieur-madame. J'ai cherché avec une collègue longtemps un quatrième M à la place de monsieur-madame qui serait pour dire partenaire, mais je n'ai pas trouvé. Oui. donc à Jonathan c'était lui que je lisais Jonathan on lui répond non il n'y a pas de taille de tuyauterie qui rendrait impossible la sodomie mais sans l'ausculter tu ne peux pas dire beaucoup plus mais une intuition c'est que son sphincter est très serré et la sodomie du coup ça lui fait mal parce que le muscle empêche ok Et quand moi je disais ça on peut travailler sur notre muscle, là t'as dit non c'est compliqué. Non non je dis pas, si si bien sûr on peut travailler mais... Il est tendu quoi. Oui mais c'est là que, c'est ce qu'on va avoir tendance à dire un peu facilement, vous êtes tendu, travaillez dessus, c'est un peu une injonction, il va pas y arriver comme ça je pense, c'est un peu trop facile de juste dire ça. Ouais. C'est plus global, mais on a prévu d'en parler un peu après. Je ne sais pas si tu veux que je développe dès maintenant. Non, c'est toi qui as raison. Merci, je te remercie. On a une structure qu'on va suivre. Est-ce que tu as tout dit sur l'anneau disparuni ? — Je peux dire non, parce que je trouve que c'est hyper intéressant. Un truc, merci de me le rappeler. Donc il y a quand même quelques études. Là, je vous ai dit la prévalence, c'est-à-dire combien de % de gens sont atteints. Et il y a des facteurs de risque qui sont définis et qui sont quand même assez intéressants pour comprendre aussi comment ça vient. Donc, ça arrive plus souvent chez les gens plus jeunes, plus inexpérimentés. Logique, mais voilà. Ça arrive plus souvent en cas d'anxiété de performance. Le M du mental. Voilà. Ça arrive aussi, hyper intéressant, c'est décrit différemment dans différentes études, mais quand il y a en gros de l'homophobie intériorisée, c'est-à-dire le vécu de la passivité peut renvoyer quelque chose de difficile. La passivité, c'est le fait d'être sodomisé. Oui. Alors, c'est un terme qui n'est pas à propos, mais c'est un terme qui est utilisé en pratique. Oui, oui. L'absence de lubrification, le manque de lubrification, la taille élevée du pénis et des problématiques de consentement, de désir. OK. Et puis, bien sûr, après, plus logique, un poste après une chirurgie, en cas de pathologie proctologique ou en cas d'antécédent de violence subie, d'abus sexuels, etc. D'accord. Donc moi, ce que je comprends, c'est qu'en gros, toi, tu es proctologue médecin, tu reçois des patients et donc les 4 M et l'anneau disparoni, c'est qu'en gros, tu es un enquêteur et une fois que tu as éliminé les raisons médicales de difficulté à la joie de la sodomie, Si cette personne a envie de faire de la sodomie, alors là, on va trouver d'autres facteurs qui sont non médicaux, qui sont plus sexaux. Oui, c'est médical aussi. Et juste, je n'ai pas pigé, tes 4 M, c'est comment tu mènes ton enquête ? Tu vas poser des questions autour le muscle, le mental. C'est quoi les 4 M ? C'est quoi comme outil ? Tu utilises comment ? Eh bien, le muscle, c'est de la palpation. On met le doigt. Donc après, souvent, c'est même des prises en charge kiné. On masse, on sent que c'est contracté. La muqueuse, des fois, on sent... Donc kiné, ça veut dire qu'il y a des... Je ne sais pas, l'échelle kiné ? Ben oui, c'est pareil, après il faut trouver des kinés qui soient compétents là-dedans, mais par exemple il y a des kinés qui sont aussi sexologues, qui ont fait un diplôme de sexo en plus, c'est ce qui se passe aussi, c'est pareil, encore une fois on transpose la disparonie, c'est-à-dire la version vaginale de la sexualité douloureuse, ça se prend en charge aussi comme ça. Ok. Oui, il faut masser, il faut détendre, c'est des muscles. Ceux qui le travaillent le mieux, c'est les kinés. Grosse angoisse pour moi, à me faire super difficile. La frontière entre le médical et le plaisir, puisque mon enjeu, c'est de me détendre le muscle. Et après ça se fait, bon finalement on va quand même parler maintenant je pense du traitement, parce que c'est ce qu'on est en train de faire. C'est un peu en deuxième intention, c'est-à-dire déjà on commence par un peu des conseils sexaux de base, qu'on peut développer maintenant ou peut-être après, et si ça suffit pas, et que tout dépend à quel point c'est présent, parce qu'en fait... Il y a des gens qui ont un peu d'anodyspamonie de temps en temps, il suffit d'en parler, on décoince ou on précise. Des fois, l'idée, c'est juste aussi de ne pas insister, de mieux se connaître et de constater qu'à des moments, on n'a pas tant envie que ça. Donc là, c'est le M du mental. On peut rentrer par plusieurs portes et résoudre. J'ai des blocages à la sodomie, j'ai les quatre M, ces quatre portes, quelque part, qui permettent de poser des questions. les ouvrir plus ou moins. Et quand on discute pour prendre en charge, on essaie vraiment de comprendre si c'est fréquent, si c'est avec qui, comment c'est apparu, est-ce que c'est depuis toujours, est-ce que c'est depuis un événement ? On fait ça, mais vas-y. On en discute maintenant. Après, on se demandera taille de bite, quand est-ce que c'est dangereux. Et après, on fera les risques après. Et après, ma routine anus. Très bien. Et les lavements. Donc en fait, on explore les quatre champs en faisant une discussion un peu longue, d'essayer de comprendre depuis quand on a mal, quand est-ce qu'on a mal, dans quelle situation, avec qui, quelles sont les histoires de cœur associées ou pas associées, pour essayer de... Et après, en fonction... Il faut orienter plus vers un kiné sexo, un psychosexo, un proctologue. Bien sûr, il peut y avoir des fissures associées. C'est sûr, il y a plein de paramètres comme ça à prendre en compte. Oui, bien vu. Et puis, après, on peut commencer. Donc, des fois, effectivement, il ne faut pas aller parce que tu dis l'angoisse d'aller chez le kiné. C'est vrai que ce n'est pas adapté à toutes les situations, mais... S'il y a une gêne qui est importante, une demande, une souffrance, qu'il y a vraiment beaucoup de contractures et qu'on est motivé, c'est intéressant d'y aller. Il faut trouver un kiné bienveillant. Ce n'est pas évident. Ça, c'est sûr. Moi, à Lyon, je travaille avec une kiné, donc j'envoie tout à elle. Et effectivement, peut-être qu'il y en a d'autres qui seraient bien, mais que je ne les connais pas, donc je n'ose pas trop envoyer. Parce qu'il faut y aller plusieurs fois, on masse l'anus, après elle prescrit des petits dilatateurs qu'on peut ensuite érotiser à la maison. A la fois on se masse avec, on détend les muscles et puis on les érotise petit à petit pour prendre du plaisir avec et avec des diamètres plus gros. Ça, c'est vraiment toute la partie musculaire. Mais il ne faut pas que ça fasse peur d'en parler. On ne va pas forcément envoyer tous les patients chez le kiné. Mais des fois, c'est ça qui est nécessaire. Mais effectivement, c'est engageant comme prise en charge. Oui, mais c'est très chouette qu'on en parle. Et moi, je te donnais ma réaction à Cho. Mais ça permet de rappeler ce que tu m'as dit quand on a préparé. C'est que le porno, c'est mytho. C'est-à-dire, nous, on voit... comme si la sodomie était une évidence, que tu mets un truc dans un trou et puis basta. Pas du tout. Oui, c'est clair. C'est d'ailleurs, les facteurs de risque le montrent. C'est souvent quand on est jeune et inexpérimenté. Et en plus, je pense, pas tout le temps, mais il y a un peu des fois une injonction à être passif, surtout au début. Alors finalement, c'est presque le plus mauvais moment si on nous accompagne pas là-dedans, quoi. Je rajouterais aussi une injonction plus générale à la sodomie. Tu peux vivre une vie sexuelle géniale sans avoir envie de pénétration, d'analité. J'ai souvent des auditeurs qui me disent qu'il faut que je fasse de la sodomie parce que sinon je ne suis pas vraiment gay ou en tout cas sinon tous mes partenaires sont là. Je me fais chier. C'est un peu tout le délire hétéro des préliminaires versus... Préliminaire, c'est vraiment... Oui, le mot est pourri. Comme si c'était un peu de la merde. Une étape, on y va. Mais le vrai truc, c'est la pénétration. C'est pas le cas, mais je pense que... Ouais, et je pense que ça peut être... Beaucoup de douleurs ou de blocages à la sodomie peuvent être, peuvent venir de là. Faites confondre ça. On n'a pas vraiment envie. On a envie de se connecter à l'autre. On a envie d'être amoureux ou sexuellement actif, mais pas par l'anal, quoi. Et puis après, on a pu développer ça comme ça au départ. Et puis plus tard dans la vie, on a plus envie. Mais du coup, notre corps, il a mal appris. Donc, il se contracte. Et donc, c'est là qu'on peut finir par aller chez le kiné. On sent qu'on a envie. On a débloqué des trucs. Sauf qu'en fait, le corps, il se sert. Et donc... Et ça ne marche pas. Tu me disais l'importance de se sentir bien excité, d'avoir très envie, justement une façon de faciliter la sodomie et l'usage de lubrifiant. Tu me racontais une anecdote d'un patient. Complètement. Un patient qui avait des douleurs et je l'interroge et il me dit qu'il ne met pas de lubrifiant ou un peu de salive parce que sinon il a l'impression que son partenaire ne prend pas de plaisir. Hum. Enfin, Eddy, il a l'impression que lui aussi, que ça rentre trop facilement. mais en même temps il a mal, du coup ça fonctionne pas et en même temps on sait pas vraiment il se fait une idée reçue même de ce que son partenaire ressent avec ou sans lubrifiant je vais te faire une confidence avant que tu répondes que je ne t'ai pas dit dans la préparation de cet entretien, en fait ça m'est arrivé ça m'est déjà arrivé de pas mettre de lubrifiant avec le sous-texte inconscient je l'ai pas verbalisé que... un peu ouais et donc tu réponds quoi en tant que proctologue ? après si ça fait pas mal c'est bien, chacun fait ce qu'il veut l'important c'est de prendre plaisir mais si on a mal c'est no way il faut mettre du lubrifiant, il n'y a que ça qui fonctionne ok, j'ai un autre j'ai un autre auditeur j'ouvre le truc, David je me demande depuis longtemps si à long terme les produits chimiques des lubrifiants pourraient être nocifs ou cancérigènes tu disais utilisons beaucoup de lubrifiants — Alors, ça, les crises médiatiques d'industrie, c'est possible, j'en sais rien, mais... — Est-ce qu'il y a des lubrifiants sans pétrole et sans merde dedans ? Déjà, je pense quand même que, je n'ai pas l'impression, ça fait quand même longtemps que c'est utilisé les lubrifiants. Mais bon, je ne peux pas dire que ça reste fabriqué dans des industries obscures peut-être, avec des gros objectifs financiers, j'en sais rien. Mais globalement, je ne pense pas et on se fait quand même plus de dégâts à pas en mettre. Et après, effectivement, si on veut être nature, on peut utiliser des huiles naturelles. Là, pour le coup, autant je disais sur l'épisode précédent, quand on a une sécheresse de l'anus, peut-être les crèmes pharmaceutiques vont être plus efficaces. Autant juste pour lubrifier des huiles comme l'huile d'amande douce, par exemple, ou peut-être d'autres huiles. Moi, c'est celle que j'ai l'habitude de l'huile de coco de conseiller parce que je sais que ça marche bien. C'est des fois très efficace. J'ai eu quelques patients comme ça. qui ont résolu l'anodisparonie de leur couple juste avec l'huile d'amande douce. Génial ! Une question un peu bête, il y a des huiles que je peux utiliser en cuisine, par exemple l'huile de coco. Kif Kif, je peux prendre la même chose ou c'est plus différent pour le corps ? Non, on peut. Après, je ne suis pas assez technique pour savoir s'il y en a une qui va être plus lubrifiante que d'autres. Mais en soi, toutes les îles que tu peux ingérer, tu peux les mettre sur l'anus. Il n'y a pas de risque. Ok, super. C'est sûr. Est-ce qu'il y a des contre-indications ? Par exemple, huile d'amande douce et préservatif ? Alors oui, par contre, c'est très bien. tous les lubrifiants gras, donc toutes les huiles, la vaseline également, c'est contre-indiqué avec le préservatif, ou en tout cas, c'est-à-dire que ça rend le préservatif poreux et moins efficace. Après, tout dépend, c'est toujours mieux que de ne pas en mettre, mais c'est vrai que parce qu'il y a des personnes qui les lubrifiants à queue, comme on achète au supermarché le plus souvent, il y en a qui ne les supportent pas, donc il faut bien trouver des alternatives mais il faut savoir que c'est moins peut-être si on a la PrEP on peut se permettre de mettre une capote avec un lubrifiant gras mais si on prend pas la PrEP et que c'est pas un partenaire connu et qu'il faut mettre la capote là il vaut mieux pas à chacun de faire son mix de santé sexuelle ça balance bénéfice risque mais là tu dis qu'il y a plus de possibilités parce que moi je vais pas voir le préservatif se détériorer Oui, mais il est plus poreux. Mais de façon invisible, il laisse passer plus d'IST, VIH et autres. Tout à fait. J'avais juste un dernier point que tu as déjà dit sur tes conseils. Oui, sur les conseils, je ne les ai peut-être pas tous dit. le dernier tu l'as dit t'as vu l'impact d'avoir de l'homophobie internalisée ne pas assumer tout à fait qui pour moi est quelque chose de très intéressant et de très important en tout cas les gens qui écoutent ce podcast rares sont ceux qui écoutent tous les épisodes mais il y en a qui me disent tu nous saoules avec ton sujet récurrent mais pour moi l'homophobie internalisée donc le fait moi je suis homosexuel, je suis homosexuel publiquement, donc non seulement tout le monde est au courant, mais en plus je fais un podcast dessus, et pour autant je vois encore des morceaux d'homophobie internalisée, ça veut dire que le monde autour de moi étant si insultant ou limitant par rapport aux personnes homosexuelles, que ça soit dans la sexualité ou en dehors, sans m'en rendre compte, j'ai ingéré, j'ai encrypté je sais pas si ça se dit, j'ai gravé sur mon disque dur, sur mon logiciel inconscient, cela, et donc je te le recrache sur moi-même et sur les autres sans m'en rendre compte. Et je sais que le moment de la sodomie, où on peut se dire « je suis pénétré, donc je suis la femme », on peut se dire plus ou moins consciemment, mais toutes ces images-là, je rappelle que première insulte qu'on peut entendre « enculé », Le fait d'être sodomisé, c'est la pire des crasses. Je rappelle aussi que dans le monde entier, il y a plus de 70 pays où c'est un crime d'être LGBT. Souvent, ces lois, elles se focalisent sur la pénétration anale pour déterminer qui est le criminel, entre gros guillemets, bien entendu. Pour moi, ce n'est pas anecdotique. Et donc, je prends le temps de le dire parce que je pense qu'il y a des gens qui ont des douleurs sodomies. et qui se disent non mais moi l'homosexualité c'est bon j'ai fait mon chemin et à qui j'invite bon alors après il y en a qui ont fait leur chemin et tout va bien c'est pas le sujet mais voilà si des choses que je dis résonnent ça peut être des pistes d'exploration 100% d'accord avec toi oui oui et puis parce que c'est le monde tu dis le monde autour est encore homophobe et puis aussi même s'il l'était plus aujourd'hui c'est à dire que si quand nous on s'est construit en tant que gay enfant ado il l'était de toute façon on s'est construit comme ça quoi donc après ça reste ça et ça dans ces cas là c'est le M de la solution du mental sexothérapeute on est d'accord que là sur ce sujet là en tout cas c'est moi en proctologie que je peux trouver mon affaire mon aide Tu vois autre chose à dire ? Oui, enfin, à peine, mais... C'est ça, de changer notre ordre. J'aime, j'aime sa spontanéité, mais on est perdus. Non, non, on n'est pas perdus. Dans les conseils de bonne pratique dans la sexualité anale, moi, je voudrais réinsister, on l'a dit aussi, mais sur le côté stimulation de l'anus, qui n'est donc pas un préliminaire, puisque ça peut d'ailleurs être en soi un aboutissement et un plaisir, mais vraiment, effectivement, il faut... Avant de pénétrer, il faut stimuler l'anus, caresser, masser, lécher si on aime, doiter si on aime... et vraiment faire monter l'excitation encore une fois je me rends compte que c'est pas facile parce que souvent ça peut survenir aussi avec des coups d'un soir et il y a beaucoup de personnes qui n'ont pas envie de demander ça au partenaire d'un soir ils ont peur que ça casse toute l'excitation ouais Mais je pense qu'il faut quand même le faire. Il faut jamais... Et puis si on subit la douleur, on se dit ça va passer, etc. En fait, à la fin, ça fait qu'on crée une mémoire de la douleur dans l'anus, dans le corps, et ça va être que pire. Il faut pas forcer sur la douleur. Faut frapper avant d'entrer. Non, mais non, non, parce qu'il y a un sens. Il faut toquer avant d'entrer. Oui, si on veut. Oui, mais il faut même caresser la porte. Ouais, il faut la lécher. Il faut se caler sur la porte. Du coup, c'est une très bonne comparaison. Attends, je rebondis sur ce que tu viens de dire. Moi, j'ai grandi avec du porno où l'anus n'est pas toujours stimulé avant d'être pénétré. Et je crois que j'ai complètement inculqué le « alors eux, ils y arrivent, pourquoi moi, je n'y arrive pas ? » On ne voit jamais le moment où il lubrifie. Parfois, on le voit, mais pas souvent. Il lèche, ça, ça se voit un peu plus, mais il manque des parties. Puis après, ça dure des heures. Après, il y a une histoire où on peut dire j'aime bien, mais pas trop longtemps. Il y a des histoires aussi d'idées reçues de performances. Il faut que ça dure, tout ça. Bien sûr, il faut arriver à se connecter à ça. Je ne ferai pas une généralisation sur l'industrie du porno, mais il y a aussi pas mal d'acteurs qui prennent des substances pour pouvoir réaliser La sodomie que je crois si évidente et facile. Oui, et puis j'imagine, ils coupent et puis ils reprennent. Il doit y avoir différentes astuces. Et dernier point aussi. J'en ai un autre sur ce que tu viens de dire. Ah bah vas-y d'abord. Non, non, mais parce que j'ai un... Sur Instagram, quelqu'un qui m'a dit, est-ce que si je me muscle tous les jours avec un gode... Est-ce que ça aide ? Ah oui, très bonne. J'avais lu effectivement ce commentaire. Je ne sais pas trop. Je dirais plutôt non comme ça. C'est-à-dire que se muscler avec le gode, ça va plutôt dilater que muscler. Après, peut-être son idée, c'est de serrer autour du gode. Je ne sais pas. Mais... C'est plutôt une histoire de se détendre que de se muscler. Donc dit comme ça, je dirais plutôt que ce n'est pas forcément la bonne approche. En revanche, est-ce que si je joue moi-même tout seul, je découvre la porte moi-même tout seul, donc si ce n'est pas se muscler, mais si je me gode ou je me mets des doigts tout seul, est-ce que ça peut aider ? Oui, carrément. Utiliser des jouets sexuels et puis plutôt avec des petites tailles progressivement augmentées, c'est bien de faire ça, oui. Parce qu'effectivement, après, la taille du pénis, c'est un facteur, c'est une évidence, mais il n'y a pas de règles et de limites de ce qui va être douloureux ou pas douloureux, ça dépend de chacun. Mais il faut savoir se connaître et puis peut-être renoncer à quelques beaux pénis si on sait qu'ils ne vont pas rentrer, quoi. Ouais. Et autre point, oui, la position. Parce qu'il y a souvent des douleurs un peu, on va dire, d'intromission, d'introduction. C'est vraiment le sphincter qui fait mal. Donc là, c'est plus la largeur, etc. Mais après, il y a des douleurs qui peuvent être plus profondes, qui peuvent être liées à la longueur du pénis et ou à sa position, son anatomie. Donc si on est face à face ou face à dos, toutes les positions qui peuvent exister. En gros, le pénis ne va pas aller taper au même endroit dans le rectum. et donc il n'y a pas de règles mais en gros si ça fait mal ça vaut le coup d'essayer de changer de position des fois c'est des choses bêtes ou relever les jambes ou baisser les jambes mais écoute c'est marrant parce que moi ça m'est arrivé j'ai vu vraiment la différence de si je suis pénétré, comment je suis pénétré et l'impact pour moi et le sujet pour que ça arrête de faire mal c'est en fait la communication que j'arrive pas toujours à avoir et je me suis déjà j'ai déjà conscientisé le tiens j'ai envie qu'on change de position Merci. Mais ça saoule parce que j'ai un peu l'impression de couper le moment et qu'au final... Mais en tout cas, ce que tu rappelles, c'est vachement malin. Et moi, ça m'est arrivé, alors même que moi, j'y arrive bien à communiquer normalement, parfois pas y arriver, tu vois. En plus, parce que parfois, je demande à changer une fois de position et en fait, même la deuxième, ça ne va pas. Et là, je me dis, putain, je n'ai pas demandé une troisième fois. Est-ce que... Ça, c'est ce que je disais tout à l'heure, globalement. Il n'y a pas d'autre moyen. J'entends que ça peut coincer, mais... Il faut accepter que... Et puis tant pis, si après l'autre il est plus excité, c'est pas grave. Il faut pas se faire du mal. Bien sûr. Après, et puis tout dépend, bien sûr. Il peut y avoir une petite note de douleur qui gêne pas et qui excite. Enfin après, ça aussi, c'est pas le sujet de la discussion, mais... Oui, toute douleur n'est pas à éviter dans la mesure où on est consentant et où c'est le juste niveau chouette qu'on a envie de ressentir. Trop bien. C'est la fin de notre première partie Sodomie. Très bien. Car nous en aurons une deuxième, c'est l'épisode d'après. Parfait. A tout de suite. A tout de suite. Non, il faut que j'arrête de dire à tout de suite. Pour les gens, c'est à bientôt.

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