On lit partout qu’un lavement trop fréquent abîmerait la flore intestinale : que dit vraiment la recherche, et à partir de quand est-ce risqué ?
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Le proctologue Aurélien Garros répond dans cet épisode du podcast :
- Peu d'études existent, mais elles sont plutôt rassurantes : la pratique du lavement est fréquente et on observe rarement des conséquences
- Bien fait, en douche rectale, eau seule, en douceur, débit et volume modérés, sans chercher à désinfecter, le lavement ne présente pas de risque ; mal fait, il peut irriter ou blesser
- Se laver seulement le rectum n'altère pas vraiment la flore intestinale, qui est répartie sur tout le tube digestif, pas seulement là
- Le vrai risque, selon le proctologue, est de devenir dépendant des lavements : sans seuil ferme, une à deux fois par semaine reste raisonnable
💡 Les conseils du proctologue
Le Dr Aurélien Garros est proctologue à Lyon, spécialisé dans les questions de santé sexuelle anale.
Faire des lavements trop souvent abîme-t-il la flore intestinale ?
Probablement pas, si l'on se contente de laver le rectum. Le Dr Aurélien Garros explique que la flore intestinale, essentielle à la digestion, est répartie sur tout le tube digestif, pas seulement dans le rectum. Nettoyer cette zone basse ne touche donc qu'une petite partie et ne pose, a priori, pas de gros problème. Il reconnaît toutefois le manque d'études sur la question.
Un lavement bien fait présente-t-il des risques ?
Très peu, à condition de rester dans une simple douche rectale. Le Dr Aurélien Garros conseille d'introduire l'outil en douceur, avec du lubrifiant, un débit et un volume modérés, une eau ni trop chaude ni trop froide, et rien d'autre que de l'eau. Les rares risques, blessures ou irritations, viennent surtout d'une pratique brutale ou de la volonté de désinfecter.
Quel est le vrai danger d'un lavement trop fréquent ?
Devenir dépendant des lavements. Le Dr Aurélien Garros identifie surtout un risque de troubles fonctionnels défécatoires : avoir du mal à aller à la selle autrement, en faire de plus en plus, et voir sa qualité de vie s'en ressentir. Quand on sent cette dépendance s'installer, c'est le signe qu'on en fait trop.
À quelle fréquence peut-on faire un lavement sans risque ?
Il n'existe pas de seuil scientifique, prévient le Dr Aurélien Garros, qui reste sur un repère empirique. Comme la fréquence des lavements suit celle des rapports, et qu'une sodomie quasi quotidienne pourrait légèrement favoriser l'incontinence anale, il évoque plutôt une à deux fois par semaine, sans beaucoup plus. Cela reste une estimation, pas une règle.
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Salut Guillaume, une question pour le proctologue Aurélien Garros. En faisant mes recherches sur le lavement, j'ai lu sur plusieurs postes comme quoi il ne faudrait pas trop en faire souvent car ça altère la flore intestinale. Je voulais savoir si c'était vrai ou pas. Merci. La grande question de la dangerosité des lavements. Je réponds en partie avec mes observations un peu de bon sens, de pratique. Il n'y a pas beaucoup d'études sur le sujet.
Il y a une étude qui montre que la pratique du lavement est fréquente et vraisemblablement, on voit rarement des conséquences. Ça permet facilement de faire plutôt un message pour rassurer. A priori, ça ne pose pas trop de problèmes. On peut déjà voir s'il y a des risques liés à la pratique. Et ensuite, si on définit une pratique du lavement qui comporte peu de risques, est-ce qu'il y a un risque lié à une fréquence trop élevée de cette pratique ? C'est un peu ça la question qui est sous-jacente.
Puis risque pour la muqueuse, risque pour la flore intestinale. Donc risque lié à la pratique, les risques c'est surtout d'entraîner des blessures, des déchirures, des irritations. Mais ça si on respecte bien le fait de faire une douche rectale, c'est-à-dire de nettoyer un peu le rectum, mais pas plus haut et puis sans vouloir obtenir une désinfection ou quelque chose qui ne serait pas...
Un objectif tellement intéressant. A priori, il n'y a pas de problème. Donc, ça veut dire qu'il faut introduire l'outil qu'on utilise pour faire son lavement en douceur, éventuellement avec du lubrifiant, un débit pas trop fort, un volume pas trop important, une température ni trop chaude ni trop froide, et puis en mettant uniquement de l'eau. Quand on fait ça, a priori, il n'y a pas de risque. Après, je ne peux pas vous dire quel est le volume, quel est le débit. Je n'ai pas de valeur seuil à vous donner.
Ensuite, est-ce qu'il y a un risque lié à la fréquence ? A priori, le lavement n'altère pas la muqueuse. Est-ce qu'il altère la flore intestinale ? Honnêtement, je ne sais pas. Je pense que si on se contente de laver le rectum, il n'y a pas tellement d'enjeu, parce que la flore intestinale, qui a un rôle très important dans la digestion, elle est sur tout le tube digestif. Donc, si on se contente de laver le rectum, ça ne me paraît pas poser de gros problèmes.
Moi, ce que j'ai plutôt identifié comme éventuel risque, c'est le risque de développer des troubles fonctionnels défécatoires, c'est-à-dire plutôt de devenir un peu dépendant des lavements, d'avoir du mal à déféquer autrement, ce qui pourrait conduire à en faire de plus en plus et à altérer le quotidien, la qualité de vie à cause de ça.
Mais peut-être si on observe qu'on devient un petit peu dépendant, c'est qu'il faut plutôt mettre le haut là, qu'on en fait trop. Mais encore une fois, je n'ai pas de seuil de fréquence à conseiller. Je sais qu'on aimerait qu'on dise ça, mais...
Je n'en ai pas. Par ailleurs, on sait que la pratique de la sodomie devient presque quotidienne. C'est peut-être un peu trop fréquent, avec peut-être un petit risque d'augmenter le risque d'incontinence anale, c'est-à-dire de plus de perte de sel. La fréquence des lavements étant la même que la fréquence des rapports, ça peut donner un indice de dire peut-être...
une ou deux fois par semaine, pas beaucoup plus, mais bon, ça reste très empirique, il n'y a pas de règles.