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Bienvenue pour ce cercle spĂ©cial conseils pour dĂ©passer nos blocages sur la sodomie. Vous ĂȘtes trĂšs sympa avec moi. Nous enregistrons aujourd'hui Ă Lyon, au centre de santĂ© sexuelle Le Griffon, spĂ©cialisĂ© dans l'accueil des personnes LGBTQIA+, et travailleurs, travailleuses du sexe. Face Ă moi, 15 auditeurs sont assis, le cĆur battant. Vous avez le cĆur qui bat ?
dans les starting blocks, prĂȘts Ă partager leurs questions, leurs doutes et leurs vĂ©cus autour de la sodomie. Et Ă ma gauche, j'accueille le docteur AurĂ©lien Garros, proctologue, et Muriel Sanchez, sexologue, kinĂ©sithĂ©rapeute et pĂ©rinĂ©ologue.
J'ai réussi à le dire en entier. Muriel et Aurélien font des consultations ici au Griffon à Lyon pour aider des patients sur les douleurs anales, sur leur douleur anale pendant la sodomie. La sodomie n'a donc plus de secret pour eux et ils vont répondre à nos questions et nous donner astuces et conseils. Une derniÚre fois, on peut clapper des petits doigts.
Je suis super content que vous soyez là . Et avant qu'on lance la premiÚre question, j'avais envie de vous raconter un petit truc. Il y a quelques jours, à mon habitude, je poste une vidéo TikTok Instagram sur la santé anale et le lavement avant la sodomie. Parmi les habituels commentaires haineux sur la vidéo, j'en lis un que je n'avais jamais eu avant. « D'échéance ».
Juste ce mot. La personne m'avait Ă©crit « dĂ©chĂ©ance ». Internet me dit que la dĂ©chĂ©ance, c'est la perte d'un droit. Une personne peut ĂȘtre dĂ©chue de certains droits, souvent Ă titre de sanction parce qu'elle n'a pas respectĂ© certaines obligations. Et bah ouais, parler de sodomie, c'est bien faire face Ă la peur d'un dĂ©classement. Perdre notre place, notre place de citoyen, notre place dans nos familles peut-ĂȘtre, auprĂšs de nos amis. Donc, je vous raconte tout ça…
Pour dire que c'est bien normal si lĂ , lĂ , vous avez peur, aujourd'hui, dans notre cercle de parole, ou mĂȘme dans vos couples, dans vos relations avec vos amis, si vous avez peur d'en parler. Parce que se taire, c'est une obligation sociale, peut-ĂȘtre pour survivre. Mais bonne nouvelle, comprendre ce processus de silenciation et dĂ©cider d'en sortir, c'est selon moi 80% du taf pour sortir de ces blocages sexuels. Ce n'est pas un chiffre scientifique, c'est juste du guillaume.
au doigt levé. En tout cas, c'est toute l'idée derriÚre ce podcast et ce cercle de parole aujourd'hui. Et moi, je suis trÚs heureux de partager ce moment vulnérable et donc révolutionnaire avec vous. Merci pour votre confiance. Et en avant pour notre libération, notre libération de nos petits culs, de nos bites.
Alors, Muriel, si tu parles, tu peux, mais c'est au micro. MĂȘme si on n'a pas de bite. MĂȘme si on n'a pas de bite. Tout Ă fait. Et alors, j'ai envie qu'on commence par toi, Diego.
Si tu es d'accord et je sais dĂ©jĂ que tu es d'accord. Oui. Et on va commencer notre sujet sur conseils et blocage autour de la sodomie par aborder, par la porte de douleur et plaisir. Et toi, donc on a fait des petits post-it avant, on s'est rencontrĂ©s entre nous, entre la quinzaine d'auditeurs qui sont lĂ . Et toi, sur ton post-it, Diego, tu as indiquĂ© « je n'aime pas ĂȘtre doigtĂ© ». Oui.
Alors, on rentre direct dans le sujet avec toi. Est-ce que tu es à l'aise de nous en dire un peu plus ? Alors oui, moi, normalement, dans mes rapports sexuels, je joue comme pénétrant et celui pénétré. Et moi, j'ai remarqué que 100% de mes partenaires passifs prennent plaisir quand j'introduis mes doigts. C'est du plaisir, ils les demandent. Et 100% de mes partenaires actifs
prendre plaisir à mes doigtés alors que moi j'aime pas mais j'aime pas du tout, ça me bloque, ça me fait mal je me sens un peu comme en consultation médicale c'est pas quelque chose de trÚs sexy pour moi juste que je comprenne, excuse-moi toi tu as commencé ta phrase en disant tu es pénétrant et pénétré donc toi tu apprécies les deux et donc quand tu es pénétré tu apprécies que ce soit un pénis ou un jouet mais pas des doigts, c'est ça ? un pénis, mais avec un jouet je ressens pas du plaisir
Et mĂȘme moi-mĂȘme, les fois que j'essayais, ça ne donnait pas vraiment de plaisir. Pour moi, ce n'est pas quelque chose que j'ai envie de faire. Par contre, si c'est avec mes doigts, ça va. C'est pas mal. J'ai mĂȘme arrivĂ© Ă avoir un orgasme prostatique avec mes propres doigts. Mais si c'est les doigts de quelqu'un d'autre, je ne peux pas. Donc moi, je prĂ©fĂšre me faire lĂ©cher.
Mais moi, j'ai aussi un rapport avec l'hygiĂšne sexuelle, donc c'est une chose que je ne fais pas. Donc pour moi, c'est un peu incongruent de demander de mes partenaires quelque chose que je ne suis pas prĂȘt Ă donner. Toi, tu ne feras pas d'annulingus, mais tu aimes bien recevoir. Oui, exactement. Et sur cette question d'ĂȘtre doigtĂ© par l'autre, est-ce que c'est une question pour toi ? Tu te dis que c'est dommage ou non ?
Alors oui, parce que je vois dans mes partenaires actifs que ça leur donne du plaisir aussi. C'est un moment d'excitation et ça les excite de voir qu'ils donnent du plaisir avec leur toit. Alors que pour moi, ce n'est pas le cas. Et moi, j'essaie toujours de dire non, merci, ne fais pas ça. Et il y a des gens qui ne le prennent pas trÚs bien.
derniĂšre question avant du coup de me tourner vers AurĂ©lien et Muriel est-ce que c'est quoi la diffĂ©rence de ce qui se passe dans ta tĂȘte ou dans le moment quand l'autre te pĂ©nĂštre avec son pĂ©nis versus quand il essaye de mettre les doigts c'est que tu ressens une sensation diffĂ©rente oui la sensation c'est diffĂ©rent c'est douloureux avec les doigts et il n'y a pas de plaisir mais pas du tout c'est pas plaisant pour moi et c'est douloureux
Est-ce que AurĂ©lien, tu veux commencer avec un regard proctologique ? Soit tu as des questions pour Diego, soit tu me regardes avec des regards… Tu as l'air inquiet. DĂ©jĂ , je dirais qu'il y a plein de gens qui n'aiment pas se faire doigter et qui aiment se faire pĂ©nĂ©trer par un pĂ©nis et d'autres par des objets.
Donc dĂ©jĂ la premiĂšre rĂ©ponse ça peut ĂȘtre dire c'est pas une norme et c'est ok si tu n'aimes pas les doigts et que tu aimes d'autres choses et il n'y a pas forcĂ©ment besoin absolument de chercher Ă aimer ça. Tu ne te retrouverais pas hors norme ou anormal.
AprĂšs peut-ĂȘtre que aussi, bon les doigts c'est un cĂŽtĂ© un peu osseux, un peu anguleux, on peut tout Ă fait ne pas apprĂ©cier, comme il y a des gens qui n'aiment pas, c'est une des questions qu'on abordera peut-ĂȘtre, les objets, parce qu'il y a quelque chose de moins charnel que le pĂ©nis, et puis on n'a pas les mĂȘmes reprĂ©sentations d'excitation sur un doigt que sur un pĂ©nis, donc…
Peut-ĂȘtre que ce n'est pas grave. AprĂšs, peut-ĂȘtre que la pĂ©nĂ©tration avec le doigt n'est pas prĂ©parĂ©e autant que quand tu te fais pĂ©nĂ©trer par un pĂ©nis en termes de lubrification, de rentrer doucement, ce genre de choses qui font que tu apprĂ©cies moins le doigt. C'est fait un peu plus vite fait. Oui, c'est ça. Tu vois une diffĂ©rence sur l'avant doigtage et l'avant pĂ©nis ?
Non, non, non. C'est vraiment, oui, plutÎt la texture des doigts, parfois les ongles, s'ils ne sont pas bien coupés. Ah, les ongles. Moi, j'ai une fixation sur les mains des personnes. Sinon, si je vois un mec qui n'a pas de belles mains, ça ne me donne pas de plaisir parce que ce n'est pas une chose que j'aime de cette personne.
Mais oui, en rĂ©alitĂ©, toi, dans ton expĂ©rience, tu as eu l'impression que tu Ă©tais le seul, un peu comme ça, mais c'est loin d'ĂȘtre un cas isolĂ©. Je ne sais pas si, Muriel, tu veux dire…
Voilà , je vais rajouter une petite chose avec beaucoup de parenthÚses, beaucoup d'accolades. Je suis tout à fait d'accord avec Aurélien, c'est-à -dire que tous les goûts sont dans la nature. Si on n'aime pas les doigts, on n'aime pas les doigts.
On a assisté, on a essayé. Il y a des gens qui aiment la confiture de fraises, d'autres la confiture d'abricots. AprÚs, moi, ça m'évoque un cas qu'on a rencontré avec Aurélien. Donc, ce que tu n'as pas dit, Aurélien, mais tu me reprends Aurélien, c'est que
Ben, anatomiquement, un doigt, c'est plus petit qu'un pénis. Donc, sur le plan de ton anatomie, il n'y a donc aucune raison qu'un pénis t'apporte du plaisir et pénÚtre son douleur et qu'un doigt te fasse mal, en fait, sur le plan anatomique, j'entends.
En revanche, c'est peut-ĂȘtre que cette pĂ©nĂ©tration digitale, elle peut, de façon consciente ou inconsciente, Ă©voquer un souvenir d'infraction de ton intimitĂ© ?
Non consentante quand tu Ă©tais au dĂ©but de ta sexualitĂ© ou quand tu Ă©tais enfant, qui fait que le doigt, c'est un trĂšs mauvais souvenir pour toi et que c'est compliquĂ© pour toi d'accepter un doigt. Donc peut-ĂȘtre qu'on a…
On t'a pĂ©nĂ©trĂ© avec un doigt de façon volontaire alors que tu n'Ă©tais absolument pas consentant. Et puis donc tu parles aussi que pour toi c'est un geste mĂ©dical. Je sais que c'est un sujet qui tient Ă cĆur Ă AurĂ©lien, donc je vais lui passer la parole s'il veut en rajouter. Mais il y a des violences proctologiques aussi qui existent. Donc on peut avoir le mauvais souvenir d'un examen proctologique.
Tu n'es pas obligé de répondre. Dans mon cas, ce n'est pas du tout ça. C'est une chose que j'ai découvert avec mon mari. C'est quelqu'un avec qui j'ai des rapports importants.
Donc avant, quand j'avais des rapports d'un soir, oui, ça n'arrivait pas tout le temps. Mais avec mon mari, j'ai commencĂ© Ă voir que ça l'excitait. Et Ă un moment donnĂ©, j'ai dit, non, attends, parce que ça ne me plaĂźt pas, en fait. Et tu l'abordes lĂ , dans ce cercle de paroles. Est-ce qu'il y a une part de toi qui est déçue de ça ? Parce qu'on pourrait aussi se dire…
Si tu aimes d'autres choses, c'est juste… Pour moi, c'est un sujet parce que moi, je vois que je suis en train un peu de dĂ©cevoir mon partenaire parce que je vois que ça les excite. Et moi, je n'arrive pas Ă donner cette excitation. Comment tu sais que ça déçoit ton partenaire ? Oui, pas avec des mots, mais avec des sons, avec des… Oui, tu vois l'excitation du moment.
Mais comment tu sais que tu les déçois s'ils ne te doigtent pas ? Moi, je ne suis pas du tout sĂ»r que je les déçois. Ăa, c'est mon pensĂ©e Ă moi. Et c'est ça qui me bloque. Mais c'est vraiment un truc Ă moi. Il faut lui demander. Demande-lui. Ouais. Ouais. Alors, si c'est un partenaire fixe comme mon mari, avec lui, c'est clair, on a dĂ©jĂ parlĂ© du sujet.
Mais si c'est quelqu'un que tu rencontres en plein d'un jour, peut-ĂȘtre que je ne vais pas avoir l'opportunitĂ© de parler de ça en amont. Il y a plusieurs personnes qui hochent de la tĂȘte. C'est plus compliquĂ© de parler de ces sujets intimes avec des inconnus. Je te propose de passer le micro Ă Jonas.
Jonas, sur ton petit post-it de prĂ©paration, tu as dit « J'ai des douleurs et sensations de brĂ»lure lors de la pĂ©nĂ©tration passive. » Tu peux peut-ĂȘtre nous en dire un petit peu plus, mais tu avais une question spĂ©cifique. « Y a-t-il des lubrifiants, astuces ou types de poppers conseillĂ©s pour une pĂ©nĂ©tration moins douloureuse ? »
Est-ce que tu veux mettre des mots sur la douleur que tu peux ressentir ? Elle est automatique ? Elle est à chaque essai ? Oui, à chaque essai. DÚs le début de ma sexualité, ça a toujours été trÚs douloureux. Il fallait vraiment que je prenne sur moi, etc. Notamment avec ma premiÚre relation. Je vais t'inviter à mettre le micro. C'est cool, c'est super. Voilà .
parce que du coup c'Ă©tait le seul moyen que je connaissais du coup parce que c'Ă©tait mon premier copain donc forcĂ©ment moi je voyais que ça en fait pour lui donner du plaisir et comme il Ă©tait uniquement actif ben voilĂ
Tu t'es obligĂ© ? Oui, je me suis obligĂ© et c'est quand mĂȘme quelque chose que j'apprĂ©cie. Mais j'y vais quand mĂȘme reculant parce que je sais que ça va donner du plaisir Ă mon partenaire, mais je sais que je vais avoir mal. Donc si je peux m'en passer, je le fais.
C'Ă©tait quand ces premiĂšres fois oĂč tu t'es obligĂ© ? C'Ă©tait quand le dĂ©but de ta sexualitĂ© ? J'avais 19 ans, j'en ai 33 aujourd'hui, donc ça date quand mĂȘme un petit peu. Et depuis 19 ans, quand tu essayes d'ĂȘtre pĂ©nĂ©trĂ©, tu as toujours mal ? Oui, toujours. J'ai une premiĂšre question pour AurĂ©lien. Est-ce qu'il y a des aspects mĂ©dicaux qui peuvent expliquer ?
Donc aprĂšs, il y aura des aspects peut-ĂȘtre sexaux pour Muriel, mais avant, est-ce que toi, par exemple, Jonas, tu es allĂ© consulter un proctologue ? Oui, je suis allĂ© consulter un proctologue. D'ailleurs, je suis suivi actuellement, mais je n'ai pas de maladie de Crohn ou autre qui pourrait faire en sorte…
Est-ce qu'il y a des maladies ou des soucis anatomiques qui peuvent expliquer une pénétration douloureuse ? Pas du tout liée au psy ? Oui, il peut y avoir toutes les pathologies proctologiques. Les plus fréquentes, c'est les hémorroïdes et les fissures. AprÚs, généralement, c'est des pathologies qui donnent des symptÎmes aussi dans d'autres situations que dans la sodomie.
Si c'est vraiment que pendant la sodomie, c'est probablement pas tellement un problĂšme proctologique, mais il faut aller se faire examiner au moins une fois pour commencer, pour ensuite avancer sur le plan sexo. Parce que ce que je comprends, et d'ailleurs c'est le cĆur de vos consultations Ă deux AurĂ©lien et Muriel, c'est qu'il y a un aspect proctologue mĂ©dical que vous allez observer et puis aprĂšs un aspect plus sexo sur…
Et musculaire. Est-ce que toi, Muriel, tu as des pistes ou des questions pour Jonas qui pourraient explorer ? MĂȘme si lĂ , ce n'est pas une sĂ©ance thĂ©rapeutique. Tu es d'accord, Jonas ? Il n'y a pas de problĂšme. C'est toi, dans ta question, tu demandais des astuces. J'ai quand mĂȘme essayĂ© de me renseigner, mais aprĂšs les connaissances en elles-mĂȘmes, je ne les ai pas en fait.
D'accord. Avant de donner une piste, je vais donner un conseil à Jonas. C'est un conseil de bon sens, mais on fait ce qu'on peut dans sa sexualité. La premiÚre des choses, c'est que jamais, jamais, jamais, il faut insister sur une douleur.
C'est-Ă -dire que quand on a mal, ça ne va pas passer. Puisque tu as 33 ans et que cette douleur existe depuis ton premier rapport, tu as bien vu que ce n'est pas en insistant que ça passe. Au contraire, la douleur se pĂ©rennise parce que tu vas dĂ©velopper des rĂ©flexes de dĂ©fense. Tu le dis trĂšs bien, si je peux ne pas y couper, putain, je n'y vais pas. Et en fait, quand tu vas ĂȘtre sur le point d'accepter d'ĂȘtre pĂ©nĂ©trĂ©,
ton muscle pĂ©rinĂ©e, ton anus, contre ta volontĂ©, il va se contracter. C'est ce qu'on appelle une contraction de dĂ©fense parce que notre corps, il n'est pas maso, personne n'est maso. Et je veux dire, mĂȘme si toi, tu serres les dents et tu y vas, ton corps, donc, il ne va pas rĂ©pondre. Donc, tu vas contracter, ça va augmenter, donc, du coup, tu ne seras pas bien dĂ©tendu et tu vas avoir des douleurs. Donc…
Normalement, il faut qu'il y ait toute une prise en charge que tu peux rĂ©aliser seul ou accompagnĂ© de quelqu'un comme moi, oĂč on va essayer de casser ce rĂ©flexe de contraction de dĂ©fense par des tas de moyens que je ne vais pas dĂ©velopper.
Et tu vas avoir aussi des phĂ©nomĂšnes d'hypersensibilisation douloureuse. Mais ça, ça marche pour n'importe quelle zone de son corps. Quand en permanence, il y a une Ă©pine irritative qui vient provoquer une douleur, petit Ă petit, cette zone va ressentir…
Donc, une sensation douloureuse pour un contact qui va ĂȘtre infime. Par exemple, dĂšs qu'on va poser le doigt, tu vas avoir mal alors que c'est juste un toucher lĂ©ger. Ăa te parle, ça, Jonas ? Alors, oui, mais pas dans ce cadre-lĂ , oui. Ah ouais ?
VoilĂ , donc le premier conseil que j'ai Ă donner Ă Jonas, c'est dans un premier temps, arrĂȘter de se forcer et, s'il le dĂ©sire, faire l'objet d'une prise en charge un peu plus spĂ©cifique. C'est quelque chose que j'avais envisagĂ© aussi, oui. Est-ce que tu as continuĂ© Ă te forcer depuis que tu as 19 ans ? Oui. RĂ©guliĂšrement, oui. Ă chaque fois que j'Ă©tais passif, oui.
Et tu dis que tu prends quand mĂȘme du plaisir Ă un moment donnĂ© ? Oui, parce que vu que je donne du plaisir Ă mon partenaire, ça joue aussi sur mon excitation. Donc forcĂ©ment, sur le moment, je vais ĂȘtre aussi excitĂ©, je vais aussi prendre un peu de plaisir. Mais la douleur va quand mĂȘme ĂȘtre tellement grande que de toute maniĂšre, je ne vais pas remettre le couvert le lendemain. Et est-ce que c'est uniquement… Est-ce que par exemple, juste avec un doigt ou mĂȘme avec ton doigt, tu as ces mĂȘmes douleurs-lĂ , anales,
alors beaucoup moins un petit peu mais beaucoup moins du coup
Moi, j'ai une question pour Muriel. Est-ce que ça existe, la mĂ©moire traumatique ? Oui, bien sĂ»r. De se dire, dans ma sexualitĂ©, la premiĂšre fois a Ă©tĂ© traumatique et oĂč je me suis forcĂ©. Et en fait, c'est aprĂšs quelque chose qui reste, tu me dis oui. Est-ce qu'il est possible de dĂ©construire ce trauma qui se rĂ©pĂšte ? C'est l'objet d'une prise en charge Ă©norme.
qui n'est pas le vipĂ©rinĂ©ologique sexologique. Alors, je ne sais pas si tu veux que je la dĂ©taille ici. Est-ce que ça peut ĂȘtre succinct en une minute ? Moi, je trouve ça intĂ©ressant. C'est quoi le chemin autre ? Donc, il y a la thĂ©rapie, mais en dehors de la thĂ©rapie, c'est quoi, par exemple, la rééducation ?
L'auto-rééducation peut-ĂȘtre, c'est ce qu'on propose ici en consultation le plus souvent avec AurĂ©lien. On va proposer Ă nos patients, dĂ©jĂ on interdit la sexualitĂ© anale rĂ©ceptive tant qu'elle est douloureuse. D'abord on arrĂȘte, il faut arrĂȘter le massacre j'ai envie de dire, parce que sinon on ne s'en sort pas.
Ensuite, on va proposer l'application bicotidienne pendant six mois d'une crÚme, juste au niveau de l'anus et du canal anal, qui contient une toute petite dose d'anesthésiant et des corps gras, afin de désensibiliser progressivement, pas d'endormir, la zone sur le plan cutané. C'est un vrai travail de désensibilisation, donc ça se fait au long cours.
Ensuite, on va proposer aux patients, avec leurs propres doigts, eux-mĂȘmes, avec de l'huile d'amande douce ou un lubrifiant gras ou la crĂšme qu'on prescrit, de s'automasser. Et puis ensuite, ma formation initiale, c'est la kinĂ©sithĂ©rapie. Imaginez que vous ayez mal aux Ă©paules, ça serait pareil, sauf que ça va ĂȘtre au niveau de votre pĂ©rinĂ©e.
Donc vous allez masser votre anus, puis les muscles qui sont un petit peu au-dessus du périnée, puis vous allez les étirer tout en douceur. Il y a des techniques, on contracte tout doucement et puis on étire toujours avec beaucoup de douceur et dans la limite de la douleur. Il faut imaginer qu'à chaque fois que vous avez mal, vous contractez. Donc nous, on essaye d'étirer. Si vous vous faites mal, c'est contre-productif.
Et il y a un moment donnĂ© oĂč du coup le corps va modifier sa rĂ©ponse automatique ?
Et tiersment, on introduit progressivement des dilatateurs de différentes tailles pour justement déconditionner ce réflexe de contraction, de protection de son périnée qui a été mis en place par notre corps pour se protéger de la douleur.
Merci Muriel. Ă moins que Jonas, tu aies quelque chose Ă dire, je te propose de… Quand vous entendez dilatateur, c'est des plugs ? Alors, moi, je n'utilise pas des plugs, mais j'utilise, en fait, avec AurĂ©lien, c'est ma rencontre avec AurĂ©lien qui m'a fait m'intĂ©resser Ă cette problĂ©matique de l'anodyspareunie. Mais bon, moi, j'ai une trĂšs grande expĂ©rience chez les femmes. Alors, bon, ce n'est pas l'objet, mais enfin, bon, je veux dire, il y a des tas de femmes qui ont des douleurs, donc, quand elles sont pĂ©nĂ©trĂ©es au niveau vaginal.
J'ai transposĂ© ce que l'on utilise avec les femmes chez les hommes. Ăa marche super bien. Tout ça pour dire que j'utilise des dilatateurs vaginaux qui sont en silicone mĂ©dical. Il ne faut pas oublier que je suis une profession mĂ©dicale, comme je le fais au cabinet. Ăa a diffĂ©rentes tailles. C'est surtout le diamĂštre qui compte. Je pense qu'on doit pouvoir trouver des plugs de diamĂštre croissant. Je peux citer ce que j'utilise ?
C'est une blague, c'est une blague, vas-y. Non mais je sais pas. C'est une blague. Mais cite, cite si t'as envie. Oui, oui, non mais c'est juste, voilĂ , si on peut, donc j'en connais pas 50 000, ceux qui sont les plus confortables Ă mon sens, c'est ceux qui sont commercialisĂ©s par Bivea, B-I-V-E-A, et ils s'appellent Vagiwell, voilĂ . Super. Donc je vous explique, alors ils sont…
Alors, il y a AurĂ©lien qui me fait concours. Vas-y AurĂ©lien. Et pendant ce temps-lĂ , Jonas, peux-tu faire voyager le micro jusqu'Ă MickaĂ«l, s'il te plaĂźt ? Je voulais juste complĂ©ter en disant que ce que propose Mireille, je pense qu'il faut quand mĂȘme que ce soit initiĂ© au moins une fois. Il ne faut pas commencer tout seul parce qu'il y a des conseils, il y a des choses Ă vĂ©rifier. Sinon, on peut se faire aussi du mal si on ne fait pas… Oui, il faut ĂȘtre accompagnĂ©. Surtout, en fait, ce que je trouve vachement inspirant, c'est qu'il y a donc des automatismes qui nous dĂ©passent.
tu sais parfois un peu notre esprit se dit mais c'est moi qui mais en fait il y a quelque chose qui nous dĂ©passe et il faut qu'on soit aidĂ© et je voulais aussi rajouter un autre truc tout dĂ©pend, ça peut ĂȘtre un peu traumatique dĂšs le dĂ©but et c'est pas forcĂ©ment nĂ©cessaire mais selon le niveau de traumatisme qu'Ă©tait le premier rapport ou les premiers rapports on peut des fois ne pas se permettre d'Ă©viter aussi de faire un travail de psychothĂ©rapie oui d'essayer de comprendre oui bien sĂ»r
C'est pour ça qu'on propose cette consultation qui est pluridisciplinaire et large. On commence toujours par une Ă©valuation sexologique. Magnifique. Je t'interromps, Muriel, pour que MickaĂ«l… Salut, MickaĂ«l. Bonjour. Coucou. MickaĂ«l, tu as mis sur ton magnifique post-it quel gel avec quel prĂ©servatif pour optimiser le plaisir. Ma premiĂšre question pour toi, MickaĂ«l, c'est qu'Ă cĂŽtĂ© de ton prĂ©nom, tu m'as dessinĂ©, je ne sais pas, un arbre couchĂ©, non ? C'Ă©tait le micro.
C'Ă©tait un micro, bien sĂ»r. J'Ă©tais Ă deux doigts de dire un chou-fleur. Ăa va ĂȘtre la saison. HonnĂȘtement, je questionne. On n'est pas lĂ pour parler de tes talents. Je rigole. Pourquoi c'est une question qui t'intĂ©resse, MickaĂ«l ? Parce que dans ma sexualitĂ©, je ne pratiquais pas la sexualitĂ© de la sodomie avec les filles avant.
C'est vrai que nous, on s'est parlé entre nous, donc tu t'es déjà introduit. Est-ce que tu veux dire deux mots pour contextualiser ce que tu viens de dire ? Jusqu'à aujourd'hui, je ne m'intéressais pas forcément à la sexualité avec les hommes. C'est depuis cette année, au printemps, que j'ai décidé, avec plaisir, de m'intéresser à ce versant-là de ma vie. Je n'ai pas beaucoup d'expérience avec la sexualité avec les hommes. J'ai pu pratiquer la sodomie avant.
C'est des questions qui m'intĂ©ressent pour, dans l'idĂ©e, avoir le plus de plaisir sans avoir trop de gĂȘne ou de douleur ou de sensation dĂ©sagrĂ©able. Est-ce que tu es Ă l'aise, et tu n'es pas obligĂ© de rĂ©pondre, est-ce que tu es Ă l'aise de me dire, donc tu as dĂ©jĂ fait des essais avec des gels et ou des prĂ©servatifs et tu as ressenti une gĂȘne ? Alors en fait, je ne me suis pas fait pĂ©nĂ©trer, mais j'ai Ă©tĂ© pĂ©nĂ©trant.
Mais j'ai Ă©tĂ© gĂȘnĂ© par certains prĂ©servatifs que j'ai pu utiliser avec le gel. Par exemple, c'Ă©tait quoi ta gĂȘne ? C'est que tu as perdu ton Ă©rection ? Ăa t'a brĂ»lĂ© ? Oui, en fait, j'ai perdu l'Ă©rection et du coup, je me suis questionnĂ©, mais sans en parler avec mon partenaire, est-ce que ce n'est pas liĂ© au matĂ©riel qu'on a utilisĂ©, donc le gel et le prĂ©servatif en fait ?
Est-ce qu'il y a eu d'autres fois oĂč tu as pĂ©nĂ©trĂ© avec un prĂ©servatif et tu n'as pas perdu ton Ă©rection ? Non. Ă chaque fois que tu as essayĂ© de pĂ©nĂ©trer ? Des fois, ça rĂ©ussit quand mĂȘme, mais je n'arrive pas Ă la maintenir dans la durĂ©e. Du coup, je prĂ©fĂšre me retirer et passer une sexualitĂ© avec mon partenaire sans pĂ©nĂ©tration. Muriel veut poser une question. Est-ce que ces troubles de l'Ă©rection, tu les avais avec tes partenaires filles ? Non.
Et j'ai une derniÚre question pour toi avant qu'on te réponde. Est-ce que tu as des sensations de corps sur ton pénis, genre brûlure, picotement, ça te gratte ? En fait, je suis allergique au latex, mais je fais attention à prendre des préservatifs sans latex, donc ça ne m'arrive plus maintenant.
Donc, tu mets ton prĂ©servatif et tu es en Ă©rection. Et lĂ , tu n'as pas de sensation particuliĂšre. Ăa ne brĂ»le pas, ça ne machine pas. Allergie. Je propose Ă Muriel ou Ă AurĂ©lien de rĂ©pondre. J'ai un autre post-it anonyme pour complĂ©ter cette question. Je ressens une gĂȘne lors de pĂ©nĂ©tration synthĂ©tique, prĂ©servatif, jouet ou gant. Je doute que cela soit une Ă©nergie, une allergie. Pardon.
Je doute que cela soit une allergie. C'est possible ? Je commence. Les allergies, c'est possible. Tout ça existe. AprÚs, l'idée, c'est dans ce cas-là d'essayer avec des lubrifiants ou des gels de différentes compositions. Et si ça ne se reproduit pas, c'est que ce n'est pas ça. Le plus souvent, ce n'est pas une allergie, mais je ne peux pas dire que ça n'existe pas.
AprĂšs il y a beaucoup de personnes qui dĂ©crivent moins bien aimer la sensation quand il y a quelque chose de synthĂ©tique, notamment un prĂ©servatif. Ăa reste je pense un frein. On peut Ă mon avis essayer de compenser en choisissant le lubrifiant qui convient le mieux ou le moins mal.
qui peut ĂȘtre Ă la fois pour le pĂ©nĂ©trant ou pour le pĂ©nĂ©trĂ©. C'est aussi un sujet pour le pĂ©nĂ©trĂ© qui a des douleurs. Nous, quand on a prĂ©parĂ© ce sac de parole, un des points clĂ©s qu'on voulait transmettre aux gens, que vous m'avez dit, c'est l'astuce lubrifiant cĆur-cĆur. Est-ce que ce n'est pas le moment d'aller dans cette astuce lubrifiant cĆur-cĆur ? Bien sĂ»r, parce que c'est sĂ»r qu'on l'avait Ă©voquĂ© surtout pour la problĂ©matique des gens qui ont des douleurs quand ils se font pĂ©nĂ©trer.
Il y a des personnes qui ne mettent pas de lubrifiant, qui pensent que la salive c'est suffisant, ou qui ont mĂȘme l'idĂ©e que si ça glisse trop, le pĂ©nĂ©trant va moins prendre de plaisir. Si ça se passe bien comme ça, pourquoi pas, mais si ça ne se passe pas bien, c'est une façon de faire qu'il faut modifier.
Et vraiment d'utiliser du lubrifiant en bonne quantité, en en mettant suffisamment sur le pénis, autour de l'anus, dans l'anus, en en remettant si besoin au fur et à mesure de la pénétration, c'est vraiment important. Et le choix du lubrifiant aussi. Déjà , il y a sûrement des lubrifiants premier prix qui sont globalement moins efficaces que d'autres. AprÚs, il y a plusieurs types de lubrifiants. Il y a des lubrifiants à l'eau et des lubrifiants siliconés et des lubrifiants gras.
Il y a des personnes qui prĂ©fĂšrent les lubrifiants Ă l'eau, d'autres les siliconĂ©s, oĂč il y a des mĂ©langes des deux. En tout cas, ce qui est sĂ»r, c'est que si ça ne fonctionne pas, il faut en essayer d'autres catĂ©gories de lubrifiants, d'autres marques, jusqu'Ă trouver celui qui convient.
Et aprÚs, quand on ne s'en sort pas avec les lubrifiants, nous ce qu'on conseille parfois, mais ce n'est pas recommandé avec les préservatifs, c'est des lubrifiants en gras comme l'huile d'amande douce ou d'autres huiles qui souvent glissent beaucoup mieux et ça marche mieux et ça a pu résoudre des fois assez facilement des problÚmes de douleur. Huile de coco, par exemple ?
Je pense, oui. En tout cas, il n'y a aucun risque d'essayer l'huile de coco. Par contre, le message, c'est que tous les lubrifiants gras, dont l'huile, ça rend les préservatifs poreux, donc ça augmente le risque d'infection sexuellement transmissible. Mais si déjà , on ne mettait pas de préservatifs, si on allait à la PrEP, etc., c'est un point à mesurer, un risque à mesurer. On ne recommande pas, en théorie, de le faire sur le plan infectieux, mais sur le plan des douleurs, ça peut améliorer la situation.
Je trouve qu'il y a un dĂ©fi aussi dans le lubrifiant que moi j'ai rencontrĂ©, qui est parfois je suis gĂȘnĂ© d'interrompre. J'y ai pensĂ© et j'ai des auditeurs qui m'ont dit qu'ils partageaient ça. C'est-Ă -dire qu'il faut arriver Ă interrompre un peu le moment pour remettre du lubrifiant. Moi, ça m'a dĂ©jĂ traversĂ© l'esprit. AprĂšs, c'est comme le sujet tout Ă l'heure sur les doigts. De toute façon, si on veut que ça aille mieux, il faut pouvoir communiquer avec son partenaire, mĂȘme un partenaire d'un soir…
Et se dire que ce partenaire a probablement été confronté à plein de problÚmes similaires et qu'il n'y a pas de raison qu'il ne comprenne pas.
Il faut l'avoir sous la main, il faut ĂȘtre pratique. Pas au fin fond de la salle de bain. Oui, c'est ça, il faut l'avoir sous la main. Moi, c'est vrai que… Et du coup, Muriel, tu peux prendre le micro si tu veux. Moi, je me demande, c'est quoi le lien ? Souvent, quand on perd son Ă©rection, ça peut ĂȘtre aussi psychologique. Donc, il y a tout l'aspect mĂ©dical, etc. Ăa peut ĂȘtre aussi psychologique. C'est marrant pour toi, MickaĂ«l. Avec les femmes, tu n'avais pas de perte d'Ă©rection ?
On est d'accord que tu portais des prĂ©servatifs dans ces cas-lĂ ? Oui. Du coup, je demande Ă Muriel si tu as des pistes. En tout cas, j'aurais bien passĂ© la main Ă Muriel pour ce… Pourtant, je ne pense pas que c'est le lubrifiant le problĂšme. Le micro. Pour toi, ce n'est pas le lubrifiant ou le prĂ©servatif ?
Non, je ne pense pas que ce soit lubrifiant le problÚme. Je crois que Mickaël, tu nous as dit que tu découvrais la sexualité avec des hommes depuis trÚs peu de temps. Bravo à toi. Quelques mois. Voilà .
Le printemps. VoilĂ . C'est le lobby qui fonctionne. C'est trĂšs nouveau. Alors, juste une question pratique avant d'enchaĂźner avec aussi le plus de nuances possibles parce que je ne sais pas si c'est le lieu non plus pour ĂȘtre trop intrusif dans ton intimitĂ©.
Est-ce que ça te fait mal ? Un vagin, ce n'est pas un anus. Un vagin, c'est quand mĂȘme plus souple, plus Ă©lastique, plus adaptable. La pression, elle peut ĂȘtre surprenante. Laisse-moi rĂ©pondre. Non, ça ne me fait pas plus mal que ça. Mais ça change. Oui.
Les premiĂšres fois, j'avais moins de sensations. Du coup, j'avais l'impression de… En fait, oĂč est-ce qu'elles sont ? OĂč est-ce qu'elles sont, les sensations ? En tant que pĂ©nĂ©trant. Et du coup, ça m'a un peu perdu sur ce moment, les premiĂšres fois. Et…
Du coup, ça m'a trop fait cogiter. Je suis reparti un petit peu dans mon mental et mes réflexions. Et du coup, je me suis dit « Attends, on va continuer autrement. » Quelle réflexion ? Tu pensais à quoi à ce moment-là ? à quoi ça sert de continuer à ce que je pénÚtre mon partenaire si je n'ai pas de sensation de plaisir ? Du coup, j'en ai plus si jamais on fait du sexe soft, par exemple.
Alors, je veux dire, tu as le droit de prĂ©fĂ©rer le sexe soft. VoilĂ , encore une fois, j'aime bien mes exemples de confiture. Donc, il faut faire attention aux injonctions en matiĂšre de sexualitĂ©. C'est vrai, ça peut-ĂȘtre que, est-ce que quand tu as un rapport sexuel avec un homme, tu dis, je suis obligĂ© de passer par la casse sodomie, toi, MickaĂ«l ? Pas du tout, non, parce que les premiĂšres expĂ©riences, c'Ă©tait vraiment un sexe soft, ça me plaisait bien, et aprĂšs, c'Ă©tait plutĂŽt moi qui ai eu la curiositĂ© aussi d'aller…
de aller dĂ©couvrir ça, et je ne suis pas fermĂ© non plus Ă un moment donnĂ© Ă ce que je sois pĂ©nĂ©trĂ© Ă©galement. D'abord, la sexualitĂ©, on ne nous le dit jamais, mais ça s'apprend. Passer des femmes aux hommes, sur le plan purement technique, ce ne sont pas les mĂȘmes sensations. ForcĂ©ment, il y a une adaptation. Ton corps doit s'adapter. La façon dont tu as construit ta sexualitĂ© jusque-lĂ , elle va s'adapter.
Et puis, c'est un cheminement psychologique et intellectuel qui n'est pas forcĂ©ment simple. On vit quand mĂȘme dans une sociĂ©tĂ© oĂč ce n'est pas une Ă©vidence de se dire, finalement, ce que je prĂ©fĂšre, c'est les hommes. Je peux te demander si ça te parle ? Est-ce que toi, ça…
Le moment oĂč tu dis ok, je ne sais pas si tu t'identifies bi ou gay, est-ce qu'il y a de la peur dans ce mouvement-lĂ ou tu te sens trĂšs libre ? Aujourd'hui, je peux dire que j'aime bien les deux et je n'ai pas envie de me fermer. Ce n'est pas parce qu'aujourd'hui j'aime bien les hommes que je vais me fermer la sexualitĂ© plus tard avec les femmes. Donc en fait, j'aime bien les deux et c'est bien comme ça.
Ma question c'est, Muriel parlait de la pression, c'est-Ă -dire que c'est quand mĂȘme pas Ă©vident dans la sociĂ©tĂ© dans laquelle on vit, est-ce que toi tu ressens une telle pression qui pourrait venir impacter ta sexualitĂ© avec un homme ? Pas dans les moments intimes en tout cas, ça ne me dĂ©range pas aussi d'ĂȘtre proche dans la rue, d'ĂȘtre visible en tout cas.
Et sinon, il y a des tout petits moyens trĂšs simples pour consolider un tout petit peu ton Ă©rection, qui est en fait une Ă©rection instable. Tu as du mal Ă la maintenir. Et Ă©galement, ce qu'il faut savoir aussi, c'est qu'il faut une rigiditĂ© plus importante pour pĂ©nĂ©trer un anus qu'un vagin. Je pense que tu es peut-ĂȘtre le seul Ă le savoir ici. VoilĂ , donc…
Ne prĂ©suppose pas de la vie sexuelle des gens. C'est peut-ĂȘtre pas le seul. Non, non, non. Peut-ĂȘtre, j'ai dit. Donc, voilĂ . Donc, c'est vrai que, du coup, ton Ă©rection, ton excitation doit s'adapter Ă©galement.
J'ai une question, tu as eu combien de partenaires depuis le printemps ? Parce qu'il y a aussi, moi j'ai envie de rajouter un dernier truc sous ton contrĂŽle Muriel, il y a aussi le partenaire qui est essentiel Ă ce que je garde mon Ă©rection, c'est mon excitation, ma joie d'ĂȘtre lĂ , mon confort, es-tu Ă l'aise de dire combien tu as eu d'essais ? J'en ai eu trois.
C'est déjà pas mal, donc pour faire des essais. C'est juste, Guillaume, est-ce que tu veux que je donne trois petits trucs à Thomas pour essayer ? De façon trÚs succincte. Juste pour stabiliser son érection, tu peux utiliser des coquerings.
C'est le mari de la poule. Non, je faisais une autre blague. L'anneau de la bite. C'est des anneaux que tu vas fixer Ă la base de ta verge.
Ou en deçà des testicules, ça dĂ©pend. Il y en a de deux types. Et que tu mets en deçà des testicules. Ăa fait quoi ? Avant de bander. Attends, je termine. Donc, avant de monter en Ă©rection. Et ensuite, tu en as que tu mets juste Ă la base de la verge. Et lĂ , tu les mets une fois que tu es montĂ© en Ă©rection. Qu'est-ce que ça fait ? L'Ă©rection, c'est les corps caverneux qui sont comme des petites Ă©ponges Ă l'intĂ©rieur de la verge qui se remplissent de sang.
Et quand tu dĂ©bandes, c'est parce que le sang fiche le camp. Donc en fait, si tu mets un garrot, tu empĂȘches le sang de ficher le camp. Donc tu stabilises ton Ă©rection ou tu la rigidifies Ă©galement. Donc ça peut ĂȘtre un petit truc parce qu'ensuite, je veux dire, ce qui se passe aussi d'un point de vue psychologique, je vais me faire engueuler parce qu'il m'a dit d'ĂȘtre succincte, c'est que
Ensuite, on a peur de débander. Il y a des mécanismes physiologiques qui font que l'adrénaline, ça fait débander. Parce que si vous avez tous, je suppose, une verge flaccide actuellement, c'est parce que vous sécrétez en permanence sans vous rendre compte un neuromédiateur qui est proche de l'adrénaline. Est-ce qu'il y a un risque si on le garde trop longtemps, le coquering ? Pas plus d'une demi-heure, pardon, j'ai oublié.
Bravo Aurélien. Super, merci. Est-ce qu'on peut passer le micro à Giovanni, s'il vous plaßt ? à moins que d'autres gens veuillent rebondir là -dessus. C'est vrai, s'il y a des gens qui ont envie d'ajouter quelque chose là -dessus sur leur expérience ou leur question, n'hésitez pas.
Je ne vois pas de main se lever si Diego, mais comme Diego a déjà parlé, le mec est vraiment Thomas. Passons à Thomas et Giovanni, on commencera par toi aprÚs. Bonjour, pour compléter le témoignage de Mickaël. En fait, moi aussi, je suis bisexuel. Et jusqu'à il y a 3-4 ans, j'avais des expériences qu'avec ma compagne.
Et j'ai bien mis deux ans avant de rĂ©ussir Ă pĂ©nĂ©trer, parce que dans la tĂȘte, il y avait tellement de choses qui se passaient, notamment un syndrome de l'imposteur qui Ă©tait lĂ . Et qui disait quoi, excuse-moi ? Le syndrome de l'imposteur, mais il me disait que je n'Ă©tais pas lĂ©gitime Ă naviguer hors de mon couple ?
Alors que c'Ă©tait clair, mais il Ă©tait quand mĂȘme lĂ . C'Ă©tait un accord entre vous deux ? Oui, avec ma compagne, on avait ouvert le couple parce que j'avais envie d'explorer ma sexualitĂ© avec les hommes.
Et j'ai bien mis de bonnes annĂ©es avant d'accepter de ne pas forcĂ©ment Ă©jaculer, de ne pas forcĂ©ment bander quand il fallait, mais que quand il y avait un moment donnĂ©, si l'excitation Ă©tait lĂ et que le partenaire avait envie, on pouvait essayer d'ĂȘtre pĂ©nĂ©trant.
AprĂšs, il faut arriver Ă ne pas se bloquer, justement, et vraiment se laisser aller et se laisser le temps. Parce que c'est un changement, parce que les corps ne sont pas les mĂȘmes, les ressentis ne sont pas du tout les mĂȘmes entre un homme et une femme.
Les deux sont plaisants, mais on ne peut pas comparer un rapport avec un homme et un rapport avec une femme. Toi, tu parlais, je crois entendre que le principal blocage, c'Ă©tait le couple ouvert, le dĂ©fi d'avoir du sexe en dehors de ton couple, avec ta compagne. Il y avait d'autres obstacles pendant deux ans, cette conquĂȘte de ta sexualitĂ© avec des hommes. Tu as identifiĂ© d'autres obstacles que tu as pu dĂ©passer ?
C'Ă©tait surtout me lĂ©gitimer dans le fait de m'ouvrir et de chercher mon plaisir. Parce que les idĂ©es que tu avais par rapport Ă l'homosexualitĂ©, c'Ă©tait ĂȘtre aussi gay, ĂȘtre bi, donc ĂȘtre hĂ©tĂ©ro et gay, c'Ă©tait problĂ©matique ? Non, c'est plus le sentiment de tromper en fait.
C'est le couple ouvert ton sujet ? VoilĂ , surtout. Donc si t'avais des rapports sexuels avec d'autres femmes, t'avais le mĂȘme syndrome de l'imposteur ? Alors j'en ai pas eu, mais je pense que je l'aurais eu de la mĂȘme maniĂšre. D'accord, ok. Les femmes ça a un anus aussi, entraĂźnez-vous avant quand vous avez dĂ©cidĂ© de switcher. Oui, toi t'avais pas pratiquĂ© la sodomie avant avec des femmes ? Non. Ok, d'accord. Mais je trouve ça chouette, je trouve ça chouette que tu dises deux ans.
Parce que je trouve que c'est le temps long qui, moi, vient me questionner sur mon impatience permanente que tout devrait se solutionner en deux semaines, huit jours, ça va encore. Et je trouve que deux ans, en fait, c'est le temps long des rencontres, de se rencontrer soi et tout. Je trouve ça chouette. De s'écouter.
De s'Ă©couter, ouais. Ok, super. GĂ©nial que vous soyez tous les deux lĂ aujourd'hui. Vous pouvez dĂ©vorer un cookie, car nous avons des cookies. AprĂšs. Enfin, en en parlant. Si vous avez envie, vous n'ĂȘtes pas obligĂ©s. Giovanni, on a le temps ? Non, on n'a pas le temps, en vrai.
On a le temps. Alors lĂ , on va terminer la partie 1. Mais je me dis qu'aprĂšs, on va trop ĂȘtre contraints par le temps. Merci pour cette premiĂšre partie ensemble. Giovanni, on commencera par toi Ă cette deuxiĂšme partie, si tu le souhaites. Tu es content ? On vous attend. T'as dit quoi ? On vous attend.
TrĂšs bien, ça va faire un teaser. Giovanni, pour donner envie aux gens de s'abonner au podcast et de revenir quand la partie 2 sera publiĂ©e, je ne sais absolument pas quand c'est, mais c'est quelques jours aprĂšs. Toi, Giovanni, sur ton rapport Ă la sodomie, tu parlais de l'importance de la connexion avec l'autre qui est primordiale pour ne pas avoir de douleur pendant la sodomie. Tu vas nous raconter, pas maintenant…
Tu vas nous raconter un peu comment, dans toi, ton rapport Ă la sodomie, ce lien avec l'autre, et donc pas du tout les aspects, ou peut-ĂȘtre pas autant les aspects mĂ©caniques, mais le lien, peut-ĂȘtre l'amour, peut-ĂȘtre le sentiment, la connexion, est essentiel pour une sodomie rĂ©ussie. Merci. On peut finir par des petits… Super ! Merci Ă tout le monde. C'est chouette. Bravo Ă vous.