*Live* Sodomie et sexe anal : en finir avec les douleurs 1/2

Partie 1 sur 2

Avec Aurélien Garros, proctologue, Muriel Sanchez, sexologue, et quinze auditeurs à Lyon, ce live demande pourquoi la sodomie fait mal, et ce que le corps refuse quand on insiste.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Jonas, 33 ans, se force depuis ses 19 ans : chaque pénétration brûle et il n'y revient pas le lendemain
  • Diego aime être pénétré par un pénis, mais les doigts de son partenaire le font souffrir
  • Mickaël découvre le sexe avec les hommes depuis le printemps et perd son érection dès qu'il pénètre
  • Thomas a mis deux ans à réussir à pénétrer un homme, freiné par un syndrome de l'imposteur

💡 Les conseils du proctologue et de la sexologue

Aurélien Garros est proctologue, Muriel Sanchez est kinésithérapeute, périnéologue et sexologue : ils consultent ensemble à Lyon sur les douleurs anales pendant la sodomie.

Est-ce normal de ne pas aimer se faire doigter ?

Oui, et cela ne dit rien de votre sexualité. Beaucoup de personnes n'aiment pas les doigts et apprécient d'être pénétrées par un pénis ou par un objet, rappelle le Dr. Aurélien Garros : un doigt est plus osseux, plus anguleux, et sa pénétration est souvent moins préparée, moins lubrifiée. Il n'y a aucune norme à rattraper.

Que faire quand la sodomie fait mal à chaque fois ?

Arrêter, tout de suite. Jamais, jamais, jamais il ne faut insister sur une douleur, martèle la sexologue Muriel Sanchez : le corps n'est pas masochiste, il répond par une contraction de défense du périnée, et la douleur se pérennise. La zone finit hypersensibilisée, au point qu'un simple toucher léger devient douloureux.

En quoi consiste la rééducation d'un anus douloureux ?

Elle commence par l'arrêt de la pénétration tant qu'elle fait mal. Muriel Sanchez prescrit ensuite l'application d'une crème deux fois par jour pendant six mois, faiblement dosée en anesthésiant, pour désensibiliser la zone. Viennent l'automassage à l'huile d'amande douce, des étirements progressifs du périnée, puis des dilatateurs de diamètre croissant. Le premier pas se fait accompagné, jamais seul.

Quel lubrifiant choisir pour une sodomie sans douleur ?

Celui qu'on met en quantité, et qu'on remet en cours de route. La salive ne suffit pas, prévient le Dr. Aurélien Garros, et les premiers prix glissent moins bien. Il conseille d'essayer les trois familles, à l'eau, au silicone, et les corps gras type huile d'amande douce ou huile de coco, qui résolvent parfois la douleur à eux seuls. Mais le gras rend le préservatif poreux.

Une douleur qui n'arrive que pendant la sodomie, est-ce médical ?

Rarement. Les hémorroïdes et les fissures, les deux pathologies les plus fréquentes, donnent des symptômes en dehors des rapports aussi, explique le Dr. Aurélien Garros. Si la douleur ne se manifeste que pendant la pénétration, la piste proctologique est peu probable, mais un examen reste nécessaire au moins une fois avant d'avancer côté sexologique.

Pourquoi je débande quand je pénètre un homme, et pas une femme ?

Parce qu'il faut une rigidité plus importante pour pénétrer un anus que pour pénétrer un vagin, souligne Muriel Sanchez : plus souple, plus élastique, plus adaptable. Les sensations changent, le corps doit s'adapter, et l'excitation aussi. La sexualité s'apprend, y compris quand on passe des femmes aux hommes après des années.

Le cockring aide-t-il à garder son érection ?

Oui, en empêchant le sang de quitter les corps caverneux. Muriel Sanchez décrit deux usages : l'anneau posé sous les testicules avant la montée en érection, ou celui placé à la base de la verge une fois l'érection obtenue. Le Dr. Aurélien Garros rappelle la limite : jamais plus d'une demi-heure d'affilée.

Où consulter pour des douleurs anales pendant la sodomie ?

Auprès d'un binôme proctologue et sexologue, comme celui du centre de santé sexuelle Le Griffon à Lyon, qui reçoit sans jugement. La démarche commence toujours par une évaluation sexologique. Pour trouver un praticien à l'aise avec les sexualités gays près de chez soi, l'annuaire de soignant·es du podcast recense les professionnels recommandés par les auditeurs.


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Bienvenue pour ce cercle spécial conseils pour dépasser nos blocages sur la sodomie. Vous êtes très sympa avec moi. Nous enregistrons aujourd'hui à Lyon, au centre de santé sexuelle Le Griffon, spécialisé dans l'accueil des personnes LGBTQIA+, et travailleurs, travailleuses du sexe. Face à moi, 15 auditeurs sont assis, le cœur battant. Vous avez le cœur qui bat ? dans les starting blocks, prêts à partager leurs questions, leurs doutes et leurs vécus autour de la sodomie. Et à ma gauche, j'accueille le docteur Aurélien Garros, proctologue, et Muriel Sanchez, sexologue, kinésithérapeute et périnéologue. J'ai réussi à le dire en entier. Muriel et Aurélien font des consultations ici au Griffon à Lyon pour aider des patients sur les douleurs anales, sur leur douleur anale pendant la sodomie. La sodomie n'a donc plus de secret pour eux et ils vont répondre à nos questions et nous donner astuces et conseils. Une dernière fois, on peut clapper des petits doigts. Je suis super content que vous soyez là. Et avant qu'on lance la première question, j'avais envie de vous raconter un petit truc. Il y a quelques jours, à mon habitude, je poste une vidéo TikTok Instagram sur la santé anale et le lavement avant la sodomie. Parmi les habituels commentaires haineux sur la vidéo, j'en lis un que je n'avais jamais eu avant. « D'échéance ». Juste ce mot. La personne m'avait écrit « déchéance ». Internet me dit que la déchéance, c'est la perte d'un droit. Une personne peut être déchue de certains droits, souvent à titre de sanction parce qu'elle n'a pas respecté certaines obligations. Et bah ouais, parler de sodomie, c'est bien faire face à la peur d'un déclassement. Perdre notre place, notre place de citoyen, notre place dans nos familles peut-être, auprès de nos amis. Donc, je vous raconte tout ça... Pour dire que c'est bien normal si là, là, vous avez peur, aujourd'hui, dans notre cercle de parole, ou même dans vos couples, dans vos relations avec vos amis, si vous avez peur d'en parler. Parce que se taire, c'est une obligation sociale, peut-être pour survivre. Mais bonne nouvelle, comprendre ce processus de silenciation et décider d'en sortir, c'est selon moi 80% du taf pour sortir de ces blocages sexuels. Ce n'est pas un chiffre scientifique, c'est juste du guillaume. au doigt levé. En tout cas, c'est toute l'idée derrière ce podcast et ce cercle de parole aujourd'hui. Et moi, je suis très heureux de partager ce moment vulnérable et donc révolutionnaire avec vous. Merci pour votre confiance. Et en avant pour notre libération, notre libération de nos petits culs, de nos bites. Alors, Muriel, si tu parles, tu peux, mais c'est au micro. Même si on n'a pas de bite. Même si on n'a pas de bite. Tout à fait. Et alors, j'ai envie qu'on commence par toi, Diego. Si tu es d'accord et je sais déjà que tu es d'accord. Oui. Et on va commencer notre sujet sur conseils et blocage autour de la sodomie par aborder, par la porte de douleur et plaisir. Et toi, donc on a fait des petits post-it avant, on s'est rencontrés entre nous, entre la quinzaine d'auditeurs qui sont là. Et toi, sur ton post-it, Diego, tu as indiqué « je n'aime pas être doigté ». Oui. Alors, on rentre direct dans le sujet avec toi. Est-ce que tu es à l'aise de nous en dire un peu plus ? Alors oui, moi, normalement, dans mes rapports sexuels, je joue comme pénétrant et celui pénétré. Et moi, j'ai remarqué que 100% de mes partenaires passifs prennent plaisir quand j'introduis mes doigts. C'est du plaisir, ils les demandent. Et 100% de mes partenaires actifs prendre plaisir à mes doigtés alors que moi j'aime pas mais j'aime pas du tout, ça me bloque, ça me fait mal je me sens un peu comme en consultation médicale c'est pas quelque chose de très sexy pour moi juste que je comprenne, excuse-moi toi tu as commencé ta phrase en disant tu es pénétrant et pénétré donc toi tu apprécies les deux et donc quand tu es pénétré tu apprécies que ce soit un pénis ou un jouet mais pas des doigts, c'est ça ? un pénis, mais avec un jouet je ressens pas du plaisir Et même moi-même, les fois que j'essayais, ça ne donnait pas vraiment de plaisir. Pour moi, ce n'est pas quelque chose que j'ai envie de faire. Par contre, si c'est avec mes doigts, ça va. C'est pas mal. J'ai même arrivé à avoir un orgasme prostatique avec mes propres doigts. Mais si c'est les doigts de quelqu'un d'autre, je ne peux pas. Donc moi, je préfère me faire lécher. Mais moi, j'ai aussi un rapport avec l'hygiène sexuelle, donc c'est une chose que je ne fais pas. Donc pour moi, c'est un peu incongruent de demander de mes partenaires quelque chose que je ne suis pas prêt à donner. Toi, tu ne feras pas d'annulingus, mais tu aimes bien recevoir. Oui, exactement. Et sur cette question d'être doigté par l'autre, est-ce que c'est une question pour toi ? Tu te dis que c'est dommage ou non ? Alors oui, parce que je vois dans mes partenaires actifs que ça leur donne du plaisir aussi. C'est un moment d'excitation et ça les excite de voir qu'ils donnent du plaisir avec leur toit. Alors que pour moi, ce n'est pas le cas. Et moi, j'essaie toujours de dire non, merci, ne fais pas ça. Et il y a des gens qui ne le prennent pas très bien. dernière question avant du coup de me tourner vers Aurélien et Muriel est-ce que c'est quoi la différence de ce qui se passe dans ta tête ou dans le moment quand l'autre te pénètre avec son pénis versus quand il essaye de mettre les doigts c'est que tu ressens une sensation différente oui la sensation c'est différent c'est douloureux avec les doigts et il n'y a pas de plaisir mais pas du tout c'est pas plaisant pour moi et c'est douloureux Est-ce que Aurélien, tu veux commencer avec un regard proctologique ? Soit tu as des questions pour Diego, soit tu me regardes avec des regards... Tu as l'air inquiet. Déjà, je dirais qu'il y a plein de gens qui n'aiment pas se faire doigter et qui aiment se faire pénétrer par un pénis et d'autres par des objets. Donc déjà la première réponse ça peut être dire c'est pas une norme et c'est ok si tu n'aimes pas les doigts et que tu aimes d'autres choses et il n'y a pas forcément besoin absolument de chercher à aimer ça. Tu ne te retrouverais pas hors norme ou anormal. Après peut-être que aussi, bon les doigts c'est un côté un peu osseux, un peu anguleux, on peut tout à fait ne pas apprécier, comme il y a des gens qui n'aiment pas, c'est une des questions qu'on abordera peut-être, les objets, parce qu'il y a quelque chose de moins charnel que le pénis, et puis on n'a pas les mêmes représentations d'excitation sur un doigt que sur un pénis, donc... Peut-être que ce n'est pas grave. Après, peut-être que la pénétration avec le doigt n'est pas préparée autant que quand tu te fais pénétrer par un pénis en termes de lubrification, de rentrer doucement, ce genre de choses qui font que tu apprécies moins le doigt. C'est fait un peu plus vite fait. Oui, c'est ça. Tu vois une différence sur l'avant doigtage et l'avant pénis ? Non, non, non. C'est vraiment, oui, plutôt la texture des doigts, parfois les ongles, s'ils ne sont pas bien coupés. Ah, les ongles. Moi, j'ai une fixation sur les mains des personnes. Sinon, si je vois un mec qui n'a pas de belles mains, ça ne me donne pas de plaisir parce que ce n'est pas une chose que j'aime de cette personne. Mais oui, en réalité, toi, dans ton expérience, tu as eu l'impression que tu étais le seul, un peu comme ça, mais c'est loin d'être un cas isolé. Je ne sais pas si, Muriel, tu veux dire... Voilà, je vais rajouter une petite chose avec beaucoup de parenthèses, beaucoup d'accolades. Je suis tout à fait d'accord avec Aurélien, c'est-à-dire que tous les goûts sont dans la nature. Si on n'aime pas les doigts, on n'aime pas les doigts. On a assisté, on a essayé. Il y a des gens qui aiment la confiture de fraises, d'autres la confiture d'abricots. Après, moi, ça m'évoque un cas qu'on a rencontré avec Aurélien. Donc, ce que tu n'as pas dit, Aurélien, mais tu me reprends Aurélien, c'est que Ben, anatomiquement, un doigt, c'est plus petit qu'un pénis. Donc, sur le plan de ton anatomie, il n'y a donc aucune raison qu'un pénis t'apporte du plaisir et pénètre son douleur et qu'un doigt te fasse mal, en fait, sur le plan anatomique, j'entends. En revanche, c'est peut-être que cette pénétration digitale, elle peut, de façon consciente ou inconsciente, évoquer un souvenir d'infraction de ton intimité ? Non consentante quand tu étais au début de ta sexualité ou quand tu étais enfant, qui fait que le doigt, c'est un très mauvais souvenir pour toi et que c'est compliqué pour toi d'accepter un doigt. Donc peut-être qu'on a... On t'a pénétré avec un doigt de façon volontaire alors que tu n'étais absolument pas consentant. Et puis donc tu parles aussi que pour toi c'est un geste médical. Je sais que c'est un sujet qui tient à cœur à Aurélien, donc je vais lui passer la parole s'il veut en rajouter. Mais il y a des violences proctologiques aussi qui existent. Donc on peut avoir le mauvais souvenir d'un examen proctologique. Tu n'es pas obligé de répondre. Dans mon cas, ce n'est pas du tout ça. C'est une chose que j'ai découvert avec mon mari. C'est quelqu'un avec qui j'ai des rapports importants. Donc avant, quand j'avais des rapports d'un soir, oui, ça n'arrivait pas tout le temps. Mais avec mon mari, j'ai commencé à voir que ça l'excitait. Et à un moment donné, j'ai dit, non, attends, parce que ça ne me plaît pas, en fait. Et tu l'abordes là, dans ce cercle de paroles. Est-ce qu'il y a une part de toi qui est déçue de ça ? Parce qu'on pourrait aussi se dire... Si tu aimes d'autres choses, c'est juste... Pour moi, c'est un sujet parce que moi, je vois que je suis en train un peu de décevoir mon partenaire parce que je vois que ça les excite. Et moi, je n'arrive pas à donner cette excitation. Comment tu sais que ça déçoit ton partenaire ? Oui, pas avec des mots, mais avec des sons, avec des... Oui, tu vois l'excitation du moment. Mais comment tu sais que tu les déçois s'ils ne te doigtent pas ? Moi, je ne suis pas du tout sûr que je les déçois. Ça, c'est mon pensée à moi. Et c'est ça qui me bloque. Mais c'est vraiment un truc à moi. Il faut lui demander. Demande-lui. Ouais. Ouais. Alors, si c'est un partenaire fixe comme mon mari, avec lui, c'est clair, on a déjà parlé du sujet. Mais si c'est quelqu'un que tu rencontres en plein d'un jour, peut-être que je ne vais pas avoir l'opportunité de parler de ça en amont. Il y a plusieurs personnes qui hochent de la tête. C'est plus compliqué de parler de ces sujets intimes avec des inconnus. Je te propose de passer le micro à Jonas. Jonas, sur ton petit post-it de préparation, tu as dit « J'ai des douleurs et sensations de brûlure lors de la pénétration passive. » Tu peux peut-être nous en dire un petit peu plus, mais tu avais une question spécifique. « Y a-t-il des lubrifiants, astuces ou types de poppers conseillés pour une pénétration moins douloureuse ? » Est-ce que tu veux mettre des mots sur la douleur que tu peux ressentir ? Elle est automatique ? Elle est à chaque essai ? Oui, à chaque essai. Dès le début de ma sexualité, ça a toujours été très douloureux. Il fallait vraiment que je prenne sur moi, etc. Notamment avec ma première relation. Je vais t'inviter à mettre le micro. C'est cool, c'est super. Voilà. parce que du coup c'était le seul moyen que je connaissais du coup parce que c'était mon premier copain donc forcément moi je voyais que ça en fait pour lui donner du plaisir et comme il était uniquement actif ben voilà Tu t'es obligé ? Oui, je me suis obligé et c'est quand même quelque chose que j'apprécie. Mais j'y vais quand même reculant parce que je sais que ça va donner du plaisir à mon partenaire, mais je sais que je vais avoir mal. Donc si je peux m'en passer, je le fais. C'était quand ces premières fois où tu t'es obligé ? C'était quand le début de ta sexualité ? J'avais 19 ans, j'en ai 33 aujourd'hui, donc ça date quand même un petit peu. Et depuis 19 ans, quand tu essayes d'être pénétré, tu as toujours mal ? Oui, toujours. J'ai une première question pour Aurélien. Est-ce qu'il y a des aspects médicaux qui peuvent expliquer ? Donc après, il y aura des aspects peut-être sexaux pour Muriel, mais avant, est-ce que toi, par exemple, Jonas, tu es allé consulter un proctologue ? Oui, je suis allé consulter un proctologue. D'ailleurs, je suis suivi actuellement, mais je n'ai pas de maladie de Crohn ou autre qui pourrait faire en sorte... Est-ce qu'il y a des maladies ou des soucis anatomiques qui peuvent expliquer une pénétration douloureuse ? Pas du tout liée au psy ? Oui, il peut y avoir toutes les pathologies proctologiques. Les plus fréquentes, c'est les hémorroïdes et les fissures. Après, généralement, c'est des pathologies qui donnent des symptômes aussi dans d'autres situations que dans la sodomie. Si c'est vraiment que pendant la sodomie, c'est probablement pas tellement un problème proctologique, mais il faut aller se faire examiner au moins une fois pour commencer, pour ensuite avancer sur le plan sexo. Parce que ce que je comprends, et d'ailleurs c'est le cœur de vos consultations à deux Aurélien et Muriel, c'est qu'il y a un aspect proctologue médical que vous allez observer et puis après un aspect plus sexo sur... Et musculaire. Est-ce que toi, Muriel, tu as des pistes ou des questions pour Jonas qui pourraient explorer ? Même si là, ce n'est pas une séance thérapeutique. Tu es d'accord, Jonas ? Il n'y a pas de problème. C'est toi, dans ta question, tu demandais des astuces. J'ai quand même essayé de me renseigner, mais après les connaissances en elles-mêmes, je ne les ai pas en fait. D'accord. Avant de donner une piste, je vais donner un conseil à Jonas. C'est un conseil de bon sens, mais on fait ce qu'on peut dans sa sexualité. La première des choses, c'est que jamais, jamais, jamais, il faut insister sur une douleur. C'est-à-dire que quand on a mal, ça ne va pas passer. Puisque tu as 33 ans et que cette douleur existe depuis ton premier rapport, tu as bien vu que ce n'est pas en insistant que ça passe. Au contraire, la douleur se pérennise parce que tu vas développer des réflexes de défense. Tu le dis très bien, si je peux ne pas y couper, putain, je n'y vais pas. Et en fait, quand tu vas être sur le point d'accepter d'être pénétré, ton muscle périnée, ton anus, contre ta volonté, il va se contracter. C'est ce qu'on appelle une contraction de défense parce que notre corps, il n'est pas maso, personne n'est maso. Et je veux dire, même si toi, tu serres les dents et tu y vas, ton corps, donc, il ne va pas répondre. Donc, tu vas contracter, ça va augmenter, donc, du coup, tu ne seras pas bien détendu et tu vas avoir des douleurs. Donc... Normalement, il faut qu'il y ait toute une prise en charge que tu peux réaliser seul ou accompagné de quelqu'un comme moi, où on va essayer de casser ce réflexe de contraction de défense par des tas de moyens que je ne vais pas développer. Et tu vas avoir aussi des phénomènes d'hypersensibilisation douloureuse. Mais ça, ça marche pour n'importe quelle zone de son corps. Quand en permanence, il y a une épine irritative qui vient provoquer une douleur, petit à petit, cette zone va ressentir... Donc, une sensation douloureuse pour un contact qui va être infime. Par exemple, dès qu'on va poser le doigt, tu vas avoir mal alors que c'est juste un toucher léger. Ça te parle, ça, Jonas ? Alors, oui, mais pas dans ce cadre-là, oui. Ah ouais ? Voilà, donc le premier conseil que j'ai à donner à Jonas, c'est dans un premier temps, arrêter de se forcer et, s'il le désire, faire l'objet d'une prise en charge un peu plus spécifique. C'est quelque chose que j'avais envisagé aussi, oui. Est-ce que tu as continué à te forcer depuis que tu as 19 ans ? Oui. Régulièrement, oui. À chaque fois que j'étais passif, oui. Et tu dis que tu prends quand même du plaisir à un moment donné ? Oui, parce que vu que je donne du plaisir à mon partenaire, ça joue aussi sur mon excitation. Donc forcément, sur le moment, je vais être aussi excité, je vais aussi prendre un peu de plaisir. Mais la douleur va quand même être tellement grande que de toute manière, je ne vais pas remettre le couvert le lendemain. Et est-ce que c'est uniquement... Est-ce que par exemple, juste avec un doigt ou même avec ton doigt, tu as ces mêmes douleurs-là, anales, alors beaucoup moins un petit peu mais beaucoup moins du coup Moi, j'ai une question pour Muriel. Est-ce que ça existe, la mémoire traumatique ? Oui, bien sûr. De se dire, dans ma sexualité, la première fois a été traumatique et où je me suis forcé. Et en fait, c'est après quelque chose qui reste, tu me dis oui. Est-ce qu'il est possible de déconstruire ce trauma qui se répète ? C'est l'objet d'une prise en charge énorme. qui n'est pas le vipérinéologique sexologique. Alors, je ne sais pas si tu veux que je la détaille ici. Est-ce que ça peut être succinct en une minute ? Moi, je trouve ça intéressant. C'est quoi le chemin autre ? Donc, il y a la thérapie, mais en dehors de la thérapie, c'est quoi, par exemple, la rééducation ? L'auto-rééducation peut-être, c'est ce qu'on propose ici en consultation le plus souvent avec Aurélien. On va proposer à nos patients, déjà on interdit la sexualité anale réceptive tant qu'elle est douloureuse. D'abord on arrête, il faut arrêter le massacre j'ai envie de dire, parce que sinon on ne s'en sort pas. Ensuite, on va proposer l'application bicotidienne pendant six mois d'une crème, juste au niveau de l'anus et du canal anal, qui contient une toute petite dose d'anesthésiant et des corps gras, afin de désensibiliser progressivement, pas d'endormir, la zone sur le plan cutané. C'est un vrai travail de désensibilisation, donc ça se fait au long cours. Ensuite, on va proposer aux patients, avec leurs propres doigts, eux-mêmes, avec de l'huile d'amande douce ou un lubrifiant gras ou la crème qu'on prescrit, de s'automasser. Et puis ensuite, ma formation initiale, c'est la kinésithérapie. Imaginez que vous ayez mal aux épaules, ça serait pareil, sauf que ça va être au niveau de votre périnée. Donc vous allez masser votre anus, puis les muscles qui sont un petit peu au-dessus du périnée, puis vous allez les étirer tout en douceur. Il y a des techniques, on contracte tout doucement et puis on étire toujours avec beaucoup de douceur et dans la limite de la douleur. Il faut imaginer qu'à chaque fois que vous avez mal, vous contractez. Donc nous, on essaye d'étirer. Si vous vous faites mal, c'est contre-productif. Et il y a un moment donné où du coup le corps va modifier sa réponse automatique ? Et tiersment, on introduit progressivement des dilatateurs de différentes tailles pour justement déconditionner ce réflexe de contraction, de protection de son périnée qui a été mis en place par notre corps pour se protéger de la douleur. Merci Muriel. À moins que Jonas, tu aies quelque chose à dire, je te propose de... Quand vous entendez dilatateur, c'est des plugs ? Alors, moi, je n'utilise pas des plugs, mais j'utilise, en fait, avec Aurélien, c'est ma rencontre avec Aurélien qui m'a fait m'intéresser à cette problématique de l'anodyspareunie. Mais bon, moi, j'ai une très grande expérience chez les femmes. Alors, bon, ce n'est pas l'objet, mais enfin, bon, je veux dire, il y a des tas de femmes qui ont des douleurs, donc, quand elles sont pénétrées au niveau vaginal. J'ai transposé ce que l'on utilise avec les femmes chez les hommes. Ça marche super bien. Tout ça pour dire que j'utilise des dilatateurs vaginaux qui sont en silicone médical. Il ne faut pas oublier que je suis une profession médicale, comme je le fais au cabinet. Ça a différentes tailles. C'est surtout le diamètre qui compte. Je pense qu'on doit pouvoir trouver des plugs de diamètre croissant. Je peux citer ce que j'utilise ? C'est une blague, c'est une blague, vas-y. Non mais je sais pas. C'est une blague. Mais cite, cite si t'as envie. Oui, oui, non mais c'est juste, voilà, si on peut, donc j'en connais pas 50 000, ceux qui sont les plus confortables à mon sens, c'est ceux qui sont commercialisés par Bivea, B-I-V-E-A, et ils s'appellent Vagiwell, voilà. Super. Donc je vous explique, alors ils sont... Alors, il y a Aurélien qui me fait concours. Vas-y Aurélien. Et pendant ce temps-là, Jonas, peux-tu faire voyager le micro jusqu'à Mickaël, s'il te plaît ? Je voulais juste compléter en disant que ce que propose Mireille, je pense qu'il faut quand même que ce soit initié au moins une fois. Il ne faut pas commencer tout seul parce qu'il y a des conseils, il y a des choses à vérifier. Sinon, on peut se faire aussi du mal si on ne fait pas... Oui, il faut être accompagné. Surtout, en fait, ce que je trouve vachement inspirant, c'est qu'il y a donc des automatismes qui nous dépassent. tu sais parfois un peu notre esprit se dit mais c'est moi qui mais en fait il y a quelque chose qui nous dépasse et il faut qu'on soit aidé et je voulais aussi rajouter un autre truc tout dépend, ça peut être un peu traumatique dès le début et c'est pas forcément nécessaire mais selon le niveau de traumatisme qu'était le premier rapport ou les premiers rapports on peut des fois ne pas se permettre d'éviter aussi de faire un travail de psychothérapie oui d'essayer de comprendre oui bien sûr C'est pour ça qu'on propose cette consultation qui est pluridisciplinaire et large. On commence toujours par une évaluation sexologique. Magnifique. Je t'interromps, Muriel, pour que Mickaël... Salut, Mickaël. Bonjour. Coucou. Mickaël, tu as mis sur ton magnifique post-it quel gel avec quel préservatif pour optimiser le plaisir. Ma première question pour toi, Mickaël, c'est qu'à côté de ton prénom, tu m'as dessiné, je ne sais pas, un arbre couché, non ? C'était le micro. C'était un micro, bien sûr. J'étais à deux doigts de dire un chou-fleur. Ça va être la saison. Honnêtement, je questionne. On n'est pas là pour parler de tes talents. Je rigole. Pourquoi c'est une question qui t'intéresse, Mickaël ? Parce que dans ma sexualité, je ne pratiquais pas la sexualité de la sodomie avec les filles avant. C'est vrai que nous, on s'est parlé entre nous, donc tu t'es déjà introduit. Est-ce que tu veux dire deux mots pour contextualiser ce que tu viens de dire ? Jusqu'à aujourd'hui, je ne m'intéressais pas forcément à la sexualité avec les hommes. C'est depuis cette année, au printemps, que j'ai décidé, avec plaisir, de m'intéresser à ce versant-là de ma vie. Je n'ai pas beaucoup d'expérience avec la sexualité avec les hommes. J'ai pu pratiquer la sodomie avant. C'est des questions qui m'intéressent pour, dans l'idée, avoir le plus de plaisir sans avoir trop de gêne ou de douleur ou de sensation désagréable. Est-ce que tu es à l'aise, et tu n'es pas obligé de répondre, est-ce que tu es à l'aise de me dire, donc tu as déjà fait des essais avec des gels et ou des préservatifs et tu as ressenti une gêne ? Alors en fait, je ne me suis pas fait pénétrer, mais j'ai été pénétrant. Mais j'ai été gêné par certains préservatifs que j'ai pu utiliser avec le gel. Par exemple, c'était quoi ta gêne ? C'est que tu as perdu ton érection ? Ça t'a brûlé ? Oui, en fait, j'ai perdu l'érection et du coup, je me suis questionné, mais sans en parler avec mon partenaire, est-ce que ce n'est pas lié au matériel qu'on a utilisé, donc le gel et le préservatif en fait ? Est-ce qu'il y a eu d'autres fois où tu as pénétré avec un préservatif et tu n'as pas perdu ton érection ? Non. À chaque fois que tu as essayé de pénétrer ? Des fois, ça réussit quand même, mais je n'arrive pas à la maintenir dans la durée. Du coup, je préfère me retirer et passer une sexualité avec mon partenaire sans pénétration. Muriel veut poser une question. Est-ce que ces troubles de l'érection, tu les avais avec tes partenaires filles ? Non. Et j'ai une dernière question pour toi avant qu'on te réponde. Est-ce que tu as des sensations de corps sur ton pénis, genre brûlure, picotement, ça te gratte ? En fait, je suis allergique au latex, mais je fais attention à prendre des préservatifs sans latex, donc ça ne m'arrive plus maintenant. Donc, tu mets ton préservatif et tu es en érection. Et là, tu n'as pas de sensation particulière. Ça ne brûle pas, ça ne machine pas. Allergie. Je propose à Muriel ou à Aurélien de répondre. J'ai un autre post-it anonyme pour compléter cette question. Je ressens une gêne lors de pénétration synthétique, préservatif, jouet ou gant. Je doute que cela soit une énergie, une allergie. Pardon. Je doute que cela soit une allergie. C'est possible ? Je commence. Les allergies, c'est possible. Tout ça existe. Après, l'idée, c'est dans ce cas-là d'essayer avec des lubrifiants ou des gels de différentes compositions. Et si ça ne se reproduit pas, c'est que ce n'est pas ça. Le plus souvent, ce n'est pas une allergie, mais je ne peux pas dire que ça n'existe pas. Après il y a beaucoup de personnes qui décrivent moins bien aimer la sensation quand il y a quelque chose de synthétique, notamment un préservatif. Ça reste je pense un frein. On peut à mon avis essayer de compenser en choisissant le lubrifiant qui convient le mieux ou le moins mal. qui peut être à la fois pour le pénétrant ou pour le pénétré. C'est aussi un sujet pour le pénétré qui a des douleurs. Nous, quand on a préparé ce sac de parole, un des points clés qu'on voulait transmettre aux gens, que vous m'avez dit, c'est l'astuce lubrifiant cœur-cœur. Est-ce que ce n'est pas le moment d'aller dans cette astuce lubrifiant cœur-cœur ? Bien sûr, parce que c'est sûr qu'on l'avait évoqué surtout pour la problématique des gens qui ont des douleurs quand ils se font pénétrer. Il y a des personnes qui ne mettent pas de lubrifiant, qui pensent que la salive c'est suffisant, ou qui ont même l'idée que si ça glisse trop, le pénétrant va moins prendre de plaisir. Si ça se passe bien comme ça, pourquoi pas, mais si ça ne se passe pas bien, c'est une façon de faire qu'il faut modifier. Et vraiment d'utiliser du lubrifiant en bonne quantité, en en mettant suffisamment sur le pénis, autour de l'anus, dans l'anus, en en remettant si besoin au fur et à mesure de la pénétration, c'est vraiment important. Et le choix du lubrifiant aussi. Déjà, il y a sûrement des lubrifiants premier prix qui sont globalement moins efficaces que d'autres. Après, il y a plusieurs types de lubrifiants. Il y a des lubrifiants à l'eau et des lubrifiants siliconés et des lubrifiants gras. Il y a des personnes qui préfèrent les lubrifiants à l'eau, d'autres les siliconés, où il y a des mélanges des deux. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que si ça ne fonctionne pas, il faut en essayer d'autres catégories de lubrifiants, d'autres marques, jusqu'à trouver celui qui convient. Et après, quand on ne s'en sort pas avec les lubrifiants, nous ce qu'on conseille parfois, mais ce n'est pas recommandé avec les préservatifs, c'est des lubrifiants en gras comme l'huile d'amande douce ou d'autres huiles qui souvent glissent beaucoup mieux et ça marche mieux et ça a pu résoudre des fois assez facilement des problèmes de douleur. Huile de coco, par exemple ? Je pense, oui. En tout cas, il n'y a aucun risque d'essayer l'huile de coco. Par contre, le message, c'est que tous les lubrifiants gras, dont l'huile, ça rend les préservatifs poreux, donc ça augmente le risque d'infection sexuellement transmissible. Mais si déjà, on ne mettait pas de préservatifs, si on allait à la PrEP, etc., c'est un point à mesurer, un risque à mesurer. On ne recommande pas, en théorie, de le faire sur le plan infectieux, mais sur le plan des douleurs, ça peut améliorer la situation. Je trouve qu'il y a un défi aussi dans le lubrifiant que moi j'ai rencontré, qui est parfois je suis gêné d'interrompre. J'y ai pensé et j'ai des auditeurs qui m'ont dit qu'ils partageaient ça. C'est-à-dire qu'il faut arriver à interrompre un peu le moment pour remettre du lubrifiant. Moi, ça m'a déjà traversé l'esprit. Après, c'est comme le sujet tout à l'heure sur les doigts. De toute façon, si on veut que ça aille mieux, il faut pouvoir communiquer avec son partenaire, même un partenaire d'un soir... Et se dire que ce partenaire a probablement été confronté à plein de problèmes similaires et qu'il n'y a pas de raison qu'il ne comprenne pas. Il faut l'avoir sous la main, il faut être pratique. Pas au fin fond de la salle de bain. Oui, c'est ça, il faut l'avoir sous la main. Moi, c'est vrai que... Et du coup, Muriel, tu peux prendre le micro si tu veux. Moi, je me demande, c'est quoi le lien ? Souvent, quand on perd son érection, ça peut être aussi psychologique. Donc, il y a tout l'aspect médical, etc. Ça peut être aussi psychologique. C'est marrant pour toi, Mickaël. Avec les femmes, tu n'avais pas de perte d'érection ? On est d'accord que tu portais des préservatifs dans ces cas-là ? Oui. Du coup, je demande à Muriel si tu as des pistes. En tout cas, j'aurais bien passé la main à Muriel pour ce... Pourtant, je ne pense pas que c'est le lubrifiant le problème. Le micro. Pour toi, ce n'est pas le lubrifiant ou le préservatif ? Non, je ne pense pas que ce soit lubrifiant le problème. Je crois que Mickaël, tu nous as dit que tu découvrais la sexualité avec des hommes depuis très peu de temps. Bravo à toi. Quelques mois. Voilà. Le printemps. Voilà. C'est le lobby qui fonctionne. C'est très nouveau. Alors, juste une question pratique avant d'enchaîner avec aussi le plus de nuances possibles parce que je ne sais pas si c'est le lieu non plus pour être trop intrusif dans ton intimité. Est-ce que ça te fait mal ? Un vagin, ce n'est pas un anus. Un vagin, c'est quand même plus souple, plus élastique, plus adaptable. La pression, elle peut être surprenante. Laisse-moi répondre. Non, ça ne me fait pas plus mal que ça. Mais ça change. Oui. Les premières fois, j'avais moins de sensations. Du coup, j'avais l'impression de... En fait, où est-ce qu'elles sont ? Où est-ce qu'elles sont, les sensations ? En tant que pénétrant. Et du coup, ça m'a un peu perdu sur ce moment, les premières fois. Et... Du coup, ça m'a trop fait cogiter. Je suis reparti un petit peu dans mon mental et mes réflexions. Et du coup, je me suis dit « Attends, on va continuer autrement. » Quelle réflexion ? Tu pensais à quoi à ce moment-là ? À quoi ça sert de continuer à ce que je pénètre mon partenaire si je n'ai pas de sensation de plaisir ? Du coup, j'en ai plus si jamais on fait du sexe soft, par exemple. Alors, je veux dire, tu as le droit de préférer le sexe soft. Voilà, encore une fois, j'aime bien mes exemples de confiture. Donc, il faut faire attention aux injonctions en matière de sexualité. C'est vrai, ça peut-être que, est-ce que quand tu as un rapport sexuel avec un homme, tu dis, je suis obligé de passer par la casse sodomie, toi, Mickaël ? Pas du tout, non, parce que les premières expériences, c'était vraiment un sexe soft, ça me plaisait bien, et après, c'était plutôt moi qui ai eu la curiosité aussi d'aller... de aller découvrir ça, et je ne suis pas fermé non plus à un moment donné à ce que je sois pénétré également. D'abord, la sexualité, on ne nous le dit jamais, mais ça s'apprend. Passer des femmes aux hommes, sur le plan purement technique, ce ne sont pas les mêmes sensations. Forcément, il y a une adaptation. Ton corps doit s'adapter. La façon dont tu as construit ta sexualité jusque-là, elle va s'adapter. Et puis, c'est un cheminement psychologique et intellectuel qui n'est pas forcément simple. On vit quand même dans une société où ce n'est pas une évidence de se dire, finalement, ce que je préfère, c'est les hommes. Je peux te demander si ça te parle ? Est-ce que toi, ça... Le moment où tu dis ok, je ne sais pas si tu t'identifies bi ou gay, est-ce qu'il y a de la peur dans ce mouvement-là ou tu te sens très libre ? Aujourd'hui, je peux dire que j'aime bien les deux et je n'ai pas envie de me fermer. Ce n'est pas parce qu'aujourd'hui j'aime bien les hommes que je vais me fermer la sexualité plus tard avec les femmes. Donc en fait, j'aime bien les deux et c'est bien comme ça. Ma question c'est, Muriel parlait de la pression, c'est-à-dire que c'est quand même pas évident dans la société dans laquelle on vit, est-ce que toi tu ressens une telle pression qui pourrait venir impacter ta sexualité avec un homme ? Pas dans les moments intimes en tout cas, ça ne me dérange pas aussi d'être proche dans la rue, d'être visible en tout cas. Et sinon, il y a des tout petits moyens très simples pour consolider un tout petit peu ton érection, qui est en fait une érection instable. Tu as du mal à la maintenir. Et également, ce qu'il faut savoir aussi, c'est qu'il faut une rigidité plus importante pour pénétrer un anus qu'un vagin. Je pense que tu es peut-être le seul à le savoir ici. Voilà, donc... Ne présuppose pas de la vie sexuelle des gens. C'est peut-être pas le seul. Non, non, non. Peut-être, j'ai dit. Donc, voilà. Donc, c'est vrai que, du coup, ton érection, ton excitation doit s'adapter également. J'ai une question, tu as eu combien de partenaires depuis le printemps ? Parce qu'il y a aussi, moi j'ai envie de rajouter un dernier truc sous ton contrôle Muriel, il y a aussi le partenaire qui est essentiel à ce que je garde mon érection, c'est mon excitation, ma joie d'être là, mon confort, es-tu à l'aise de dire combien tu as eu d'essais ? J'en ai eu trois. C'est déjà pas mal, donc pour faire des essais. C'est juste, Guillaume, est-ce que tu veux que je donne trois petits trucs à Thomas pour essayer ? De façon très succincte. Juste pour stabiliser son érection, tu peux utiliser des coquerings. C'est le mari de la poule. Non, je faisais une autre blague. L'anneau de la bite. C'est des anneaux que tu vas fixer à la base de ta verge. Ou en deçà des testicules, ça dépend. Il y en a de deux types. Et que tu mets en deçà des testicules. Ça fait quoi ? Avant de bander. Attends, je termine. Donc, avant de monter en érection. Et ensuite, tu en as que tu mets juste à la base de la verge. Et là, tu les mets une fois que tu es monté en érection. Qu'est-ce que ça fait ? L'érection, c'est les corps caverneux qui sont comme des petites éponges à l'intérieur de la verge qui se remplissent de sang. Et quand tu débandes, c'est parce que le sang fiche le camp. Donc en fait, si tu mets un garrot, tu empêches le sang de ficher le camp. Donc tu stabilises ton érection ou tu la rigidifies également. Donc ça peut être un petit truc parce qu'ensuite, je veux dire, ce qui se passe aussi d'un point de vue psychologique, je vais me faire engueuler parce qu'il m'a dit d'être succincte, c'est que Ensuite, on a peur de débander. Il y a des mécanismes physiologiques qui font que l'adrénaline, ça fait débander. Parce que si vous avez tous, je suppose, une verge flaccide actuellement, c'est parce que vous sécrétez en permanence sans vous rendre compte un neuromédiateur qui est proche de l'adrénaline. Est-ce qu'il y a un risque si on le garde trop longtemps, le coquering ? Pas plus d'une demi-heure, pardon, j'ai oublié. Bravo Aurélien. Super, merci. Est-ce qu'on peut passer le micro à Giovanni, s'il vous plaît ? À moins que d'autres gens veuillent rebondir là-dessus. C'est vrai, s'il y a des gens qui ont envie d'ajouter quelque chose là-dessus sur leur expérience ou leur question, n'hésitez pas. Je ne vois pas de main se lever si Diego, mais comme Diego a déjà parlé, le mec est vraiment Thomas. Passons à Thomas et Giovanni, on commencera par toi après. Bonjour, pour compléter le témoignage de Mickaël. En fait, moi aussi, je suis bisexuel. Et jusqu'à il y a 3-4 ans, j'avais des expériences qu'avec ma compagne. Et j'ai bien mis deux ans avant de réussir à pénétrer, parce que dans la tête, il y avait tellement de choses qui se passaient, notamment un syndrome de l'imposteur qui était là. Et qui disait quoi, excuse-moi ? Le syndrome de l'imposteur, mais il me disait que je n'étais pas légitime à naviguer hors de mon couple ? Alors que c'était clair, mais il était quand même là. C'était un accord entre vous deux ? Oui, avec ma compagne, on avait ouvert le couple parce que j'avais envie d'explorer ma sexualité avec les hommes. Et j'ai bien mis de bonnes années avant d'accepter de ne pas forcément éjaculer, de ne pas forcément bander quand il fallait, mais que quand il y avait un moment donné, si l'excitation était là et que le partenaire avait envie, on pouvait essayer d'être pénétrant. Après, il faut arriver à ne pas se bloquer, justement, et vraiment se laisser aller et se laisser le temps. Parce que c'est un changement, parce que les corps ne sont pas les mêmes, les ressentis ne sont pas du tout les mêmes entre un homme et une femme. Les deux sont plaisants, mais on ne peut pas comparer un rapport avec un homme et un rapport avec une femme. Toi, tu parlais, je crois entendre que le principal blocage, c'était le couple ouvert, le défi d'avoir du sexe en dehors de ton couple, avec ta compagne. Il y avait d'autres obstacles pendant deux ans, cette conquête de ta sexualité avec des hommes. Tu as identifié d'autres obstacles que tu as pu dépasser ? C'était surtout me légitimer dans le fait de m'ouvrir et de chercher mon plaisir. Parce que les idées que tu avais par rapport à l'homosexualité, c'était être aussi gay, être bi, donc être hétéro et gay, c'était problématique ? Non, c'est plus le sentiment de tromper en fait. C'est le couple ouvert ton sujet ? Voilà, surtout. Donc si t'avais des rapports sexuels avec d'autres femmes, t'avais le même syndrome de l'imposteur ? Alors j'en ai pas eu, mais je pense que je l'aurais eu de la même manière. D'accord, ok. Les femmes ça a un anus aussi, entraînez-vous avant quand vous avez décidé de switcher. Oui, toi t'avais pas pratiqué la sodomie avant avec des femmes ? Non. Ok, d'accord. Mais je trouve ça chouette, je trouve ça chouette que tu dises deux ans. Parce que je trouve que c'est le temps long qui, moi, vient me questionner sur mon impatience permanente que tout devrait se solutionner en deux semaines, huit jours, ça va encore. Et je trouve que deux ans, en fait, c'est le temps long des rencontres, de se rencontrer soi et tout. Je trouve ça chouette. De s'écouter. De s'écouter, ouais. Ok, super. Génial que vous soyez tous les deux là aujourd'hui. Vous pouvez dévorer un cookie, car nous avons des cookies. Après. Enfin, en en parlant. Si vous avez envie, vous n'êtes pas obligés. Giovanni, on a le temps ? Non, on n'a pas le temps, en vrai. On a le temps. Alors là, on va terminer la partie 1. Mais je me dis qu'après, on va trop être contraints par le temps. Merci pour cette première partie ensemble. Giovanni, on commencera par toi à cette deuxième partie, si tu le souhaites. Tu es content ? On vous attend. T'as dit quoi ? On vous attend. Très bien, ça va faire un teaser. Giovanni, pour donner envie aux gens de s'abonner au podcast et de revenir quand la partie 2 sera publiée, je ne sais absolument pas quand c'est, mais c'est quelques jours après. Toi, Giovanni, sur ton rapport à la sodomie, tu parlais de l'importance de la connexion avec l'autre qui est primordiale pour ne pas avoir de douleur pendant la sodomie. Tu vas nous raconter, pas maintenant... Tu vas nous raconter un peu comment, dans toi, ton rapport à la sodomie, ce lien avec l'autre, et donc pas du tout les aspects, ou peut-être pas autant les aspects mécaniques, mais le lien, peut-être l'amour, peut-être le sentiment, la connexion, est essentiel pour une sodomie réussie. Merci. On peut finir par des petits... Super ! Merci à tout le monde. C'est chouette. Bravo à vous.

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