Réparer les blessures de l’homophobie : les clés d’une psy chercheuse 3/3

Partie 3 sur 3

Anne-Sophie Petit est docteure en psychologie et chercheuse spécialisée sur les hommes gays et queers : un trauma d’homophobie ne s’efface pas, mais on peut apprendre à l’intégrer au passé.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Impossible d'effacer un trauma : l'objectif est de l'intégrer, comme un mauvais souvenir qu'on digère enfin
  • Les thérapies EMDR, ICV ou ACT aident à intégrer le trauma ou apaiser les comportements addictifs
  • Sans en parler, le trauma s'aggrave : en parler à un ami ou écrire au psy suffit pour commencer

💡 Les conseils de la psychologue

Anne-Sophie Petit est docteure en psychologie, chercheuse et psychothérapeute spécialisée sur les hommes gays et queers.

Comment savoir par où commencer pour réparer un trauma lié à l'homophobie ?

En repérant d'abord les signes concrets : un mal-être, des comportements d'évitement ou de fuite, ou des moments où l'on se sent mal sans raison apparente. La psychologue Anne-Sophie Petit conseille une démarche introspective si on s'en sent capable, sinon de se tourner vers une aide extérieure : psy, centre médico-psychologique (CMP), médecin traitant ou association LGBTQIA+.

Qu'est-ce que la santé communautaire, et pourquoi aide-t-elle à réparer un trauma ?

C'est le fait de trouver du soutien auprès de personnes qui partagent une expérience proche de la sienne, dans une association LGBTQIA+ comme Le Spot. Pour la psychologue Anne-Sophie Petit, l'effet miroir de voir quelqu'un qui nous ressemble rassure, légitime le vécu et libère la parole, notamment en groupe de parole autour du trauma.

Quelles thérapies existent pour intégrer un trauma lié à l'homophobie ?

L'EMDR et l'ICV (intégration du cycle de la vie) sont particulièrement efficaces pour intégrer un trauma, selon la psychologue Anne-Sophie Petit. Pour les comportements addictifs, elle cite aussi l'ACT, une thérapie basée sur l'acceptation plutôt que sur la lutte contre les pensées difficiles. Le thérapeute oriente vers l'approche la plus adaptée à chaque situation.

Peut-on vraiment effacer un souvenir traumatique lié à l'homophobie ?

Non : consciemment, un trauma ne s'efface pas, précise la psychologue Anne-Sophie Petit. Il devient une part de l'identité, sans faire de la personne quelqu'un de plus faible. L'objectif n'est pas d'oublier mais d'intégrer l'événement, comme un souvenir négatif qui ne revient plus s'imposer dans le présent.

J'ai peur d'aller voir un psy : par quoi commencer ?

En parler d'abord à un ami proche, se documenter en lisant sur le sujet, ou envoyer un simple mail au psy repéré pour exposer sa demande sans engagement. La psychologue Anne-Sophie Petit rappelle que la peur du psy est normale : c'est au thérapeute de s'adapter au patient, pas l'inverse, et de travailler d'abord sur cette peur.

Comment trouver un psy ou un médecin gay ou queer-friendly ?

En consultant l'annuaire de soignant·es queer-friendly, construit et recommandé par les auditeurices du podcast elles-mêmes. La psychologue Anne-Sophie Petit anime aussi des groupes de parole avec l'association Le Spot, à Paris, Montpellier et Marseille, et reçoit elle-même en cabinet ou à distance.


On en parle dans cet épisode
L'épisode sur le stress minoritaire que Guillaume recommande d'écouter en complément de cette série
Écouter l’épisode
Annuaire des psys et médecins gays et queers recommandé par les auditeurices, cité par Guillaume
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L'association citée en exemple de santé communautaire, avec des antennes à Paris, Montpellier et Marseille
↗ Voir le site
L'email pro d'Anne-Sophie Petit, qui reçoit aussi en cabinet ou en visio
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Lire la transcription de cet épisode
Troisième et dernière partie de mon entretien avec Anne-Sophie Petit, docteur en psychologie, chercheuse et psy spécialisée sur les hommes gays et queers. Dans les deux épisodes précédents, on décortique comment l'insulte ou les violences homophobes ou transphobes peuvent impacter notre cerveau et faire émerger des comportements dépressifs ou addictifs. Dans l'épisode d'aujourd'hui, on parle des solutions et des pistes pour réparer. Bonne écoute ! Je te propose qu'on passe aux solutions. Aux pistes ? Oui. Bon, je fais quoi Anne-Sophie avec tout ça ? Si jamais là, je suis une auditoriste qui se dit, oulala, ça me fait un peu penser à plein de trucs là, je prends le truc par quel bout ? C'est quoi les pistes que je pourrais, c'est quoi les questions que je pourrais me poser ou bien les pistes pour commencer mon chemin de réparation ? D'identifier s'il y a un mal-être, d'identifier effectivement des comportements d'évitement, de fuite, ou d'identifier des moments où bizarrement on ne se sent pas bien alors que ça allait très bien avant, d'identifier s'il y a des déclencheurs. Déjà peut-être être dans quelque chose d'un peu plus introspectif si on s'en sent capable. Il y a des personnes, c'est trop coûteux ou trop difficile et auquel cas il y a besoin d'une aide extérieure. Deuxième piste, l'aide extérieure. Le psy, si on peut, si c'est accessible géographiquement, financièrement. Après, il y a les CMP qui sont pas mal saturés. CMP, c'est pour en France ? Centre Médico. Métropolitaine ? Outre-mer inclus ? Je pense qu'il y en a dans les Outre-mer. Les gens pourront les vérifier. CMP, c'est Centre ? Médico-psychologique. Des centres qui offrent de la psychologie gratuitement ? Oui, psychologues et psychiatres, qui sont quand même pas mal saturés, mais ça peut être une piste. Le médecin généraliste, le médecin traitant, s'il y a une bonne relation, ça peut être aussi une source de réorientation. Les associations, c'est vrai que nous, à Paris, on est bien lotis en termes d'associations. Groupe de parole ? Voilà, groupe de parole. Il doit y avoir des lignes d'écoute aussi, également ? On fait un petit point sur les assos parce que moi, en fait, je n'avais pas compris. Je ne comprenais pas de l'extérieur. Pourquoi des assos ? C'est quoi cette histoire de santé communautaire ? Je ne comprenais rien, en fait. Et petit à petit, au fil de mes recherches, j'ai vu l'impact et la puissance et l'intérêt de la santé communautaire. C'est que... En fait, on n'est pas nés de la dernière pluie. Et on a une histoire, un historique queer qui fait qu'en fait, ça fait des dizaines d'années que ce lien au trauma et ou aux attaques, aux insultes, en fait, nos aînés l'ont décrypté, l'ont compris et ont mis en place des choses d'entraide. Donc, il y a une vraie puissance, expertise. Donc, le spot, par exemple, à Paris, mais il y en a plein d'autres partout dans le monde. Donc, le groupe de parole, c'est C'est quand même pas anodin de le faire au sein d'une asso LGBT+. Complètement, complètement. Et en fait, effectivement, la santé communautaire, c'est la reconnaissance par les membres, au travers d'un sentiment d'appartenance. Je me sens appartenir à cette communauté, donc je partage des caractéristiques ou des envies communes avec les autres membres de cette communauté. Et c'est une manière de trouver des solutions qui sont adaptées à nos réalités. C'est-à-dire que les problématiques dans la sexualité gay ne vont bien évidemment pas être les mêmes que sur la sexualité d'une femme hétéro. Donc pour le coup, c'est une manière de trouver des solutions et des réponses adaptées. Et également, moi je crois beaucoup en l'identification, en l'effet miroir. C'est-à-dire que... Le fait d'avoir en face de moi quelqu'un qui me ressemble et quelqu'un qui va partager les mêmes questionnements, certaines pratiques, en tout cas envers lequel ou laquelle j'arrive à voir une partie de moi, est très rassurant et peut débloquer aussi beaucoup de situations. Et pour le coup, dans le cas du trauma, notamment les groupes de paroles, C'est très aidant, ça permet de se rassurer, de savoir qu'on n'est pas seul et du coup de se sentir plus légitime et de commencer à amorcer. Ça libère la parole, moi je le vois vachement dans les épisodes qu'on enregistre en mode cercle de paroles, les lives et tout. La parole, on s'entre-libère petit à petit et en mettant des mots on se fait du bien. Après il y a des gens qui peuvent se dire à vraiment plutôt me tirer les poils des oreilles. si tu en possédais, qu'aller avec d'autres, c'est trop intimidant. Et là, il y a des thérapies individuelles qui fonctionnent bien aussi. Les thérapies individuelles sur l'aspect trauma, effectivement. Je me tourne vers des types de thérapies en particulier. Toi ? Après, de toute façon, c'est le thérapeute qui sera orienté ou guidé sur ce qui pourrait être adapté. Mais si on a besoin d'en citer, il y a l'EMDR, qui est une thérapie qui est très efficace pour l'intégration des traumas, pour le coup. L'ICV, qui est aussi une thérapie, c'est l'intégration du cycle de la vie, qui est très, très efficace. C'est ça, l'acronyme intégration du cycle de la vie ? Je ne fais pas l'acronyme de l'EMDR, parce que c'est en anglais et j'en ai Les gens pourront googler cette affaire-là. et se base sur l'acceptation c'est à dire qu'on considère qu'il y a des choses difficiles et l'idée c'est pas forcément de lutter mais c'est d'accepter et d'essayer de composer avec pour le coup sur l'aspect addiction peut-être plus que sur le trauma c'est très efficace ACT je mets quoi dans Google ? ACT justement tu me disais en préparant cet entretien que l'enjeu ça va être d'intégrer le trauma tu peux m'expliquer ce que ça veut dire ? Comme on disait tout à l'heure, le trauma, c'est le passé qui revient dans le présent, qui est toujours là. Intégrer un trauma, c'est le ranger au bon endroit. C'est en faire quelque chose du passé, en faire un vrai souvenir. C'est-à-dire que, comme on disait, ça impacte les réseaux de mémoire. La mémoire, elle ne fonctionne plus. C'est pas qu'elle ne fonctionne plus, mais en tout cas... Il y a des petits bugs, on va dire, et l'idée c'est d'en faire un souvenir comme un autre. Ça restera toujours un souvenir négatif, l'insulte homophobe, la violence sexuelle, tout ce qu'on veut restera toujours négatif. On ne pourra pas faire en sorte que ce soit oublié, ça n'aurait d'ailleurs aucun intérêt. Tout souvenir est chargé d'affect, donc ça restera toujours un souvenir négatif, mais il ne sera plus là dans le présent, il ne vivra plus là dans le présent. Et il n'aura pas d'impact ? Non. Je crois qu'on est en train de... Tu as répondu à la question de Jules de Genève. Il pose la question, est-ce que c'est possible d'effacer mes traumas ? Est-ce que tu pourrais demander à la docteure en psy, c'est tout, à quel point, comment et pourquoi on peut effacer ces souvenirs de souffrance et d'homophobie de notre enfance et les occulter, les excuser ou les expliquer, même lorsque l'on s'en souvient un peu ? En soi, consciemment, on ne peut pas effacer un trauma. Je sais que beaucoup aimeraient, et je comprends, la souffrance est telle dans le présent que ce serait vachement plus simple de la faire disparaître et donc d'oublier. Après, malheureusement, quand ça arrive, ça devient aussi partie constituante de l'identité, c'est-à-dire que ça fait partie de soi. Et l'idée, c'est de comprendre que ça fait partie de soi et ça ne fait pas de nous ou de vous quelqu'un de... de plus faible ou de plus vulnérable non c'est comme ça c'est arrivé c'est malheureux c'est arrivé mais c'est d'accepter que ça fait partie de soi on peut pas l'oublier on peut pas appuyer sur un bouton la seule chose qui peut arriver c'est on en parlait dans l'épisode 1 c'est l'amnésie traumatique où là pour le coup c'est pas conscient c'est le cerveau qui le fait automatiquement parce que pour différentes raisons et ça crée des dégâts et ça crée des dégâts L'enjeu pour moi, de ce que je comprends, c'est d'arriver à digérer. Et un peu quand tu manges un truc que peut-être tu n'aurais pas dû. L'enjeu, c'est de créer les conditions pour que l'estomac puisse faire son action de digestion et d'expulsion. Et ça restera, tiens, j'ai mangé de ceci, de cela. Ça restera dans le chemin chronologique de ce qui s'est passé. Mais je ne vivrai pas avec un mal de bide. Exactement. Et je trouve que c'est important de... Ok, merci. J'ai Jules Devane qui nous raconte qu'il a peur d'aller voir un psy et qu'il se demande si tu n'as pas des conseils à lui donner. J'ai fait une dépression ado au moment où je me suis avoué à moi-même que j'étais attiré par les garçons. Ce n'était pas la seule cause. C'est un moment où j'ai pris conscience que je n'étais pas comme il faut, pas sportif, pas doué pour les interactions sociales, etc., Donc là, j'ai coupé un bout de son commentaire. « J'ai connu plusieurs épisodes dépressifs après des ruptures amoureuses à la fin de mes études ou après un changement de taf, comme si les évolutions, les changements étaient les déclencheurs, ce qui me bride pour progresser sur le chemin de l'épanouissement. J'ai entamé trois fois des parcours thérapeutiques que j'ai arrêtés car j'allais mieux, par peur de découvrir des choses plus déstabilisantes sur le fait d'être différent. » « Je ne sais pas comment trouver un bon psy pour avancer et affronter cette peur de replonger. Je crois avoir pour le moment réussi partiellement à maîtriser mes comportements addictifs, nourriture, tabac, sexe avec des inconnus, mais je suis conscient du terreau favorable que j'offre aux addictions. » Un grand merci Guillaume pour ton travail. La santé mentale, j'aurais peut-être dû couper ça, pardon. La santé mentale, comme pour le reste de la société, est importante chez les queers. Ah bah non, j'aurais pas dû. Même si c'est pas très sexy, t'écouter me permet d'avancer en ce moment en étant plus bienveillant envers moi-même et les autres. Oui, c'est normal d'avoir peur d'aller chez un psy. Des fois, on n'est pas toujours prêt. On a envie, mais ce n'est peut-être pas toujours le bon moment. C'est OK. Et puis, c'est aussi OK d'avoir peur. L'idée, c'est d'en parler d'emblée au thérapeute en disant « j'ai peur ». Normalement, le thérapeute est censé travailler d'abord sur cette peur. C'est le travail du thérapeute d'arriver à mettre en confiance, d'arriver à s'adapter à son patient. C'est pas l'inverse qui doit se passer, c'est le psy qui doit s'adapter au patient. Donc s'il y a de la peur, c'est travailler sur la peur, progressivement, doucement. Après, c'est quoi les petites étapes ? Moi, je trouve que c'est vachement inspirant ce que tu dis. Et si, comment s'appelle-t-il ? Jules dit non, mais vraiment déso, mais c'est trop pour moi. Est-ce qu'il y a des plus petites étapes pour que je puisse commencer mon petit chemin tranquillement ? Moi je dirais en parler à un ou une amie proche. Ça peut être en parler à un ou une amie proche, ça peut être se documenter soi-même, lire des choses, acheter des bouquins de psychos, essayer de comprendre un petit peu comment ça fonctionne. Sans parler d'aller en consultation, ça peut être aussi envoyer un mail à le ou la psy qu'on a repéré, éventuellement si le thérapeute fonctionne comme ça. de commencer par un échange par mail, d'exposer un petit peu la demande, de prendre le temps. Ça peut être des choses, des petites choses comme ça mises en place. Tu parlais de l'effet miroir qui est puissant. Quand je partage avec des gens qui me ressemblent un petit peu ou qui partagent un des traits qui me constituent, ça m'aide à déployer ma voix, à les écouter eux et à m'écouter moi. Et du coup, ça me fait penser au discorde. c'est une sorte de forum et il y en a un sur le podcast les gens peuvent aller sur le site internet du podcast pour le rejoindre et les gens racontent beaucoup ça qu'en fait c'est moins intimidant qu'une rencontre mais il y a la possibilité d'échanger sur n'importe quel sujet soit un sujet soulevé sur le podcast soit même une question que quelqu'un d'autre a et je reçois plein de messages de gens qui disent que c'est un espace qui leur fait du bien alors c'est pas un espace de gens compétents Ce n'est pas des psys. Ce n'est pas grave. Mais toi, tu dis que c'est un bon petit premier pas en ligne. Là, pour le coup, on est vraiment sur la santé communautaire. C'est-à-dire que c'est aussi partagé avec les personnes concernées, avec des gens qui me ressemblent et qui vont comprendre ce dont je parle. Ce qui n'est pas forcément le cas d'un psy. Je veux dire... Même si le psy va avoir ses connaissances théoriques, son expérience de terrain, etc., il n'est pas lui-même confronté toujours aux problématiques de la communauté, par exemple LGBT. Du coup, ça peut aussi créer une distance entre lui et son patient. Effectivement, les espaces communautaires sont hyper précieux. J'ai une dernière question. Elle m'a été posée deux fois par Mehdi et Jonathan. Comment je peux accompagner un ami qui parle d'addiction, qui parle de trauma ? Mehdi dit « J'ai un ami qui m'a partagé récemment qu'il sentait qu'il commençait un peu trop à s'habituer à consommer des drogues en plan cul ». Quasi tous les week-ends jusqu'à finir sur son premier binge de 48 heures. Il a fait du sexe et des drogues pendant 48 heures non-stop et il n'a pas apprécié la redescente. Il montre des signes qu'il souhaite reprendre le contrôle et s'éloigner de tout cela avant que cela ne passe d'une habitude à une addiction. En tant qu'ami, comment puis-je faire pour veiller sur lui sans être envahissant ou donneur de leçons ? C'est vrai que c'est toujours difficile d'avoir un ami ou un membre de son entourage qui exprime ce type de difficultés. L'idée, c'est de s'adapter au plus près de ses besoins, de le questionner par petites touches justement sur ce dont il a besoin. de surtout pas forcer les choses tu devrais, enfin les injonctions tu devrais consulter tu devrais faire ci, faire ça ça risque d'être super culpabilisant mais d'être plus à côté, d'encourager d'encourager la parole de soutenir, d'épauler mais en respectant ses propres limites aussi on peut pas toujours sauver enfin on ne peut pas d'ailleurs sauver les autres Ouais. On pourrait proposer à Mehdi de partager ses deux épisodes avec son ami. Ou pas, d'ailleurs, ça peut être assez violent. Ah, j'ai entendu ce podcast... Ça dépend comment il le partage. Ça peut être, ah bah tiens, j'ai entendu ce podcast, si ça t'intéresse, je peux te le partager. Là, du coup, il prend l'avis de son ami. Par contre, envoyer la ressource comme ça, de but en blanc... C'est peut-être... Après, ça dépend de l'ami, ça dépend de leur relation, ça dépend de plein de choses. Sans être manipulateur, moi, ce qui fonctionne vachement, c'est quand je partage le podcast, par exemple, en disant « moi, ça me parle, moi, Guillaume, gay ». ce que dit Anne-Sophie Petit est vachement puissant pour moi ça me rappelle Nanani Nanana et toi donc là j'avoue l'idée c'est pas de le manipuler avec cette question pour en fait qu'il écoute le podcast parce que ça le concerne directement mais je trouve ça tu vois de dire moi je quand je partage je trouve ça beaucoup plus puissant plutôt que toi tu devrais Nanani quoi Bien sûr, partager ce que... Dans le moi-je, c'est intéressant parce que ça parle de toi et c'est pas du tout injonctif. Et puis il y a aussi le fait de souligner ce qu'il est capable de faire. Ok, il y a des comportements a priori addictifs, mais il est capable de faire plein d'autres choses. Donc aussi d'être dans la valorisation, dans le positif. Oui, de ne pas l'enfermer dans... Il n'est pas qu'un éventuel consommateur. Il est aussi autre chose. Oui, bien sûr. Merci, Sophie. Je t'en prie. Si tu as envie de rajouter, si tu te dis là qu'il y a quelque chose que tu as envie de rajouter, tu vas pouvoir le faire. Si tu te dis, oulala, il y a un truc qu'on a vraiment oublié. Je rappelle que nous avons, grâce aux auditorices, un annuaire de recommandations des psys et médecins gays et queer-friendly. J'invite d'ailleurs les auditoristes qui ont des super contacts partout dans le monde de venir les mettre dans l'annuaire. C'est à la fois pour le consulter, mais on le co-construit ensemble. Il y a pour le moment 200 contacts, donc c'est chouette. C'est très franco-français, belge et suisse. Ça manque un peu de Canada. Bon. Et de Québec. Toi, docteur Anne-Sophie Petit, on peut te contacter sur ton email as.psychoconseil, tout attaché, sans s, gmail.com. Tu peux faire en visio ou en présentiel à Paris. En tout cas, si les gens écoutent ce podcast dans quelques années... On verra ce qu'ils découvrent sur cet email. On invite aussi les gens à se tourner vers des assos LGBT+, cette fameuse santé communautaire dont on a parlé. Il y en a un peu partout dans le monde, mais pas toujours. Mais parfois, en fait, ils ont des choses en ligne. Donc pour les personnes un peu loin de ville, jetez un coup d'œil. Et voilà. Et puis dans la fin de l'épisode 1, j'ai proposé des épisodes sur le stress minoritaire. Vous remontez au 24 octobre 2024, c'était publié à ce moment-là, cet épisode avec un super psy qui parle de stress minoritaire, comment c'est une clé psychologique chouette à comprendre, qui peut expliquer parfois des blocages en amour ou en sexe. Est-ce que tu as une dernière bafouille ? Non, c'est ok pour moi. Je pense que le seul message que j'aimerais faire passer, c'est qu'il y a un enjeu de disability, du trauma, de l'insulte, de la violence sexuelle chez les publics LGBT. Moi, ça me touche beaucoup parce que ce n'est pas juste et il ne faut pas hésiter à en parler. Mais c'est un point essentiel. Attends, mais merci. Tu m'avais dit, et moi, je l'ai marqué, ça m'a marqué. Tu m'as dit, ne pas parler renforce le trauma et ses conséquences. Ça peut, oui. C'est même sûr. Mais en fait, c'est souvent associé... Le silence ne fonctionne pas. Le silence ne fonctionne pas. Et c'est vrai que souvent, on ne se sent pas légitime d'en parler. On a honte, on culpabilise, mais ça... Je ramène ça au point qu'on disait tout à l'heure avec le fait qu'il y ait des croyances négatives sur soi-même qui se mettent en place à l'issue d'un trauma. Il n'y a pas de honte, il n'y a pas de culpabilité. C'est-à-dire que le problème, ça reste la personne qui a insulté, le problème, ça reste la personne qui a violenté. Je pense que c'est important d'avoir ça en tête et de ne pas hésiter à en parler. Merci Anne-Sophie. Merci à toi. À bientôt, j'espère, sur le podcast. Avec plaisir.

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