Addict au sexe, masturbation ou Grindr : témoignages et solutions avec Zoé sexologue 2/2

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Partie 2 sur 2 – La sexologue Zoé Blanc-Scoudéry propose des pistes concrètes et nuancées pour sortir de l’addiction sexuelle : comprendre ses déclencheurs émotionnels, ne pas viser l’abstinence brutale, explorer d’autres façons de se reconnecter à son corps et à ses besoins. On traverse les témoignages d’auditeurs sur la branlette compulsive, la fuite dans Grindr, la sexualité comme refuge face au vide, ou encore la difficulté à jouir avec un partenaire. Zoé raconte comment la masturbation peut anesthésier une émotion, et propose des astuces pour réapprendre à jouir autrement.

Ressources citées dans l’épisode :

•Annuaire des soignant·e·s queer-friendly : sur actifoupassif.com (avec formulaire de recommandation ou de demande)

•Épisode sur le lien entre trauma homophobe et addiction avec la psychologue Anne-Sophie Petit « Les impacts méconnus de l’homophobie sur ton cerveau : conseils d’une psy chercheuse 1/3 »

•Contacter Zoé ou son centre sur la sexualité en Suisse : sexopraxis.ch

•Film recommandé : Shame de Steve McQueen

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Lire la transcription de cet épisode
Zoé, coucou. Salut. Zoé Blanc-Scuderi, partie 2 de notre échange sur l'addiction au sexe. Zoé, tu es sexologue depuis 7 ans ici en Suisse, à Lausanne. Si les gens veulent savoir quel jour on est et quel temps il fait, est-ce que c'est la bise ? Ils n'ont qu'à aller écouter l'épisode précédent, la première partie. Là, on est en train de décortiquer ce sujet. Dans l'épisode précédent, on s'est dit, ok, mais c'est quoi d'être addict ? Tu nous as donné des questions et des éléments clés pour un diagnostic ? L'autodiagnostic est très fréquent. Tu l'as dit, les gens se disent ça y est, j'ai une addiction. Donc non, on a posé comme ça des idées pour que ça soit des déclics, pour que les gens qui le souhaitent peuvent aller consulter. Mais on s'emballe pas trop. On a creusé le bon, quand est-ce que c'est un problème ? Quand est-ce que le sexe peut devenir un problème ? Tout n'est pas addiction. Et comment ça fonctionne ? Et là, on est dans OK, bon, il y a des addictions. J'ai une addiction et ou je pense vraiment que j'en ai une. Du coup, qu'est-ce qui est possible de faire ? C'est quoi les conseils que tu donnerais et les solutions à creuser ? Et moi, je veux te lancer sur la première chose que tu m'as dite lorsqu'on a préparé cet échange et qui m'a vachement parlé et que j'ai tout de suite appliqué dans ma vie, même sur d'autres choses où je trouve que j'ai un peu un comportement addictif. Tu m'as dit, il ne faut pas arrêter complètement immédiatement comme ça et du coup passer du tout au rien d'un coup très violent. Est-ce que tu peux m'en dire un peu plus ? Bien sûr. Quand on a un comportement comme ça, qu'on n'aime pas ou qui nous fait du mal, on a l'impression que la solution, ça va être d'arrêter ce comportement. Mais en l'occurrence, la sexualité, ça fait partie de la vie, ça fait partie d'un équilibre psychique, physique, relationnel. Et arrêter le comportement ne va pas améliorer la vie. Donc des fois, les gens se disent, il faut que j'arrête complètement de me masturber. Et pensent que c'est ça l'objectif, puis que dès qu'ils vont se masturber, ils ont échoué et puis ils sont nuls, etc. Donc non, le but, c'est pas d'arrêter d'avoir de la sexualité. Et aussi parce qu'en fait, le comportement, il a en soi peut-être un but anxiolytique. Et donc du coup, si on arrête le comportement, alors on se retrouve face à son anxiété et sans rien pour pouvoir la faire diminuer. Donc, on sait souvent qu'en fait, l'addiction, elle est sous-tendue par de l'anxiété. Donc en gros, si j'ai de l'anxiété et que je me prive de mon anxiolytique, je vais juste être encore plus anxieux et donc encore plus à risque d'avoir envie de ce comportement-là. Donc, c'est vraiment contre-productif de vouloir arrêter bêtement comme ça. Enfin, pas bêtement, mais drastiquement. D'un coup un peu violent. En fait, c'est trop violent. Je te propose qu'on se plonge dans l'histoire d'Eric de Paris, qui se dit accro à Grindr et à la chasse au plan cul. Et peut-être qu'à partir de son témoignage, qui est assez long, on continuera à déplier les conseils et les astuces. « Salut, j'ai l'impression d'être accro aux applications telles que Grindr et à la chasse au plan cul. » Je peux passer beaucoup de temps chaque jour à contacter des gars en envoyant des photos de moi nus. Le taux de réponse est très faible, mais je continue encore et encore. Parfois, quand ça match, je ne concrétise même pas par une rencontre réelle. D'autres fois, ça devient une priorité et je suis capable de partir du bureau en pleine journée pour aller me faire baiser. Je passe aussi beaucoup de temps à bloquer tous ces contacts après coup. Tu sais, sur Grindr, tu as une fonctionnalité pour retirer le profil. Tu ne les verras plus, ils ne te verront plus. Alors, j'ai perdu la ligne. Je suis en couple libre et je ne dis pas toujours à mon copain quand j'en vais voir ailleurs. J'ai parfois envie de garder des secrets. Au bilan, je passe beaucoup de temps chaque jour sur ces applications. Je le vois sur mon appli de suivi de temps passé sur le téléphone. Et quand je mets une restriction sur ce temps, J'ai reperdu la ligne. J'ai du mal à la respecter. Soit je dois tout arrêter, soit je me laisse aller et ça m'aspire. J'ai l'impression de ne pas choisir et subir et dans tous les cas je ne suis pas du tout épanoui. Ça affecte ma confiance en moi dans le mauvais sens, ma frustration et mon irritabilité. Ma sexualité avec mon copain est impactée, je n'ai plus trop de désir pour lui, j'ai la flemme dans notre vie de tous les jours à mettre de l'énergie et du piment. Je suis allé une fois à une réunion DASA, dépendant affectif et sexuel anonyme, mais n'y suis pas retourné alors que je devrais sûrement. Disons que je ne sais pas si je vais aller mieux et si je dois garder le contrôle sur ma sexualité. J'ai l'impression que je devrais tout arrêter comme la cigarette ou l'alcool. J'ai aussi beaucoup d'autres applications pour traquer mes habitudes, pour l'humeur, pour les pas, pour le temps sur des projets ou encore MyPrep pour traquer le nombre de partenaires ou la fréquence. Alors que faire ? Voir un psy ? Point d'interrogation. Qu'est-ce qui pourrait m'en donner la force ? Je sens au fond que je me sens bien déprimé. Ou alors je me laisse aller en mode tout fou le camp ? Merci pour tes podcasts Guillaume, c'est top. Bon. Bon, certainement qu'Eric, s'il a écouté le premier épisode, il se sera reconnu. Pas mal des critères dont on a parlé sur l'addiction sexuelle. Et la première chose que j'ai envie de dire, c'est que oui, clairement, ça serait certainement aidant qu'il puisse aller voir quelqu'un, qu'il puisse l'aider, parce que ça a l'air très dur là où il est maintenant. Ça a l'air d'être un endroit où il est très seul aussi. Et clairement, ce n'est pas sa faute parce que je pense qu'on a ça aussi avec l'addiction comportementale. On a l'impression que comme c'est soi-même qui décide d'aller sur l'application, de partir du travail, etc. pour aller se faire baiser, comme si on était responsable de ça. Mais c'est quelque chose qui est plus fort que soi. et donc vraiment moi j'aurais envie de dire à Eric c'est pas ta faute et c'est normal que t'ailles mal ce que tu décris ça fait mal et tu peux avoir de l'aide et ça peut aller mieux c'est sûr et moi j'aurais envie de lui dire parce que je le connais que l'addiction est messagère moi j'ai beaucoup aimé dans l'épisode précédent que tu disais mais en fait c'est pas tellement un sujet de nombre de plans cul c'est pas tellement la focale elle est pas tellement dans la sexualité elle est dans ce que je fuis avec la sexualité tu vois et donc le moment où ça avale tout J'ai envie d'ajouter une posture de curiosité, mais bon, face à la souffrance, la curiosité, on l'emmerde. Mais quand même, c'est intéressant que ça avale tout. Peut-être que parce qu'on a besoin que tout change, parce que le tout qu'on essaye de fuir, peut-être qu'il est temps. L'addiction, ça raconte aussi, j'ai envie que ça s'arrête, ce qui se passe au bureau. Tu vois, il disait, je pars me faire baiser au bureau. Moi, je sais que parfois, c'est parce qu'il y a un problème au bureau et que je n'arrive pas à le creuser. Ce que je voulais dire, c'est que ce qu'il va peut-être découvrir en thérapie, c'est qu'on ne va pas du tout parler de sexe ou très peu. Qu'est-ce que tu en penses ? Ça me fait penser à des patients, moi, que j'ai aussi, qui venaient pour des questions d'addiction à la sexualité et au bout de quelques séances me disent « Mais Zoé, en fait, j'ai compris, j'ai pas du tout un problème avec le sexe, en fait. J'ai un problème avec telle période de mon enfance, mon travail, des traumas, des trucs. » Et c'est pas le sexe. Le sexe, c'est le symptôme, en fait, de tout ça. Mais après, je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi sur la question de la curiosité. Je pense qu'au contraire, pouvoir regarder son propre comportement, son propre monde intérieur avec curiosité, ça va certainement emmener dans des endroits qui vont nous amener vers la sortie. Tu vois ce que je veux dire ? Par exemple, typiquement avec Eric ou avec d'autres personnes, qui peuvent avoir ces comportements vraiment compulsifs. Moi, ce que j'aurais envie de dire, c'est… OK, quand ça, ça vient, fais-le. Parce que quand ça arrive, c'est trop tard, quelque part. Quand on a ce truc, on appelle ça le craving. J'ai besoin, c'est plus fort que moi, c'est viscéral. Il faut que j'assouvisse ce truc-là. Là, tu ne peux pas réfléchir. Ça n'a rien. Fais-toi plaisir, ou en tout cas, assouvisse ça. Parce que tu ne peux rien faire tant que ce n'est pas fait. Ensuite… Essaie de faire un petit retour en arrière et de sentir, ralenti, qu'est-ce qui s'est passé avant ? Juste au moment où tu as eu la pensée de dire, là, il faut que j'aille sur Grindr. C'était comment dans ton corps ? C'était comment dans tes pensées ? Puis peut-être qu'en fait, ce n'est pas très clair au début. Peut-être que tu vas juste se dire, je ne sais pas, j'ai senti un peu une boule au ventre. Puis en fait, j'ai pris le téléphone. Puis après, je suis juste allée dans mon truc. OK ! Mais plus tu vas t'observer avec cette curiosité, puis avec ce non-jugement sur toi-même, qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que t'as ressenti ? Qu'est-ce que t'as pensé ? Et qu'est-ce que ça t'a fait faire ensuite ? Parce que je l'ai vu régulièrement, ce truc-là, d'avoir des personnes qui vont me dire « je me suis fait engueuler par mon chef ». Après, j'étais angoissée ou j'étais fâchée. J'ai senti la colère dans mon corps. Et puis après, j'ai pensé que peut-être j'allais me faire virer. Et puis ensuite, je suis allée sur une appli et j'ai essayé de rencontrer quelqu'un. Et puis voilà. Puis en fait, la personne, si tu ne fais pas ce travail d'auto-observation, tu ne te rends pas compte qu'en fait, il y a peut-être un lien. Qu'à chaque fois que tu vas sur ou que souvent quand tu vas sur une appli, c'est peut-être parce qu'en fait, tu as une émotion pas cool qui est là. Hum hum. Et en réalité, l'addiction, elle automatise quelque chose, elle automatise l'utilisation de la sexualité pour faire face à quelque chose qui est difficile à vivre. Au bout d'un moment, tu ne te poses même plus la question. Tu as une contrariété, tu fais du sexe. Tu es fâché, tu fais du sexe. Tu es anxieux, tu fais du sexe. Tu es fatigué, tu fais du sexe. Tu es en seul, tu fais du sexe. Et en fait, le sexe, ça ne devient pas un choix, mais une sorte de réponse automatique. Qui du coup n'est pas nourrissante. C'est-à-dire que c'est pas… Moi, tu… Vraiment, quand tu parlais, il m'est arrivé une idée ultra claire. Moi, j'observe que les fois, et ça peut encore m'arriver aujourd'hui, les fois où je peux me masturber genre 3-4 heures d'affilée, c'est à chaque fois lorsque je reviens de déplacement, j'arrive à Paris chez moi, le dimanche soir, Et il y a vraiment un truc qui me dépasse, mais j'ai envie de le raconter parce que j'ai fait dix ans de psychanalyse, la psychothérapie ne m'effraie pas, j'ai l'impression d'être connecté à mes émotions et en fait pas tellement. Et pas toujours bien sûr et je suis pas un robot mais ce que je veux dire c'est que moi je connecte vachement une forme d'addiction ou d'automatisme à la sexualité pour moi avec une tempête d'émotions en moi que je n'arrive pas à décoder donc je débarque chez moi, il y a ma valise là pleine et je suis un peu genre « j'ai pas faim, j'ai pas envie de regarder un film, j'ai pas envie de voir des gens ». Et soudainement, mon avare était si silencieux, je suis si seul et je veux juste que ça s'arrête. Et petit à petit, avec le temps, j'ai réussi à mettre des mots. Et ce qui m'a moi aidé en thérapie notamment et en dehors de la thérapie, c'est de dire tiens, il se passe quoi pour moi là ? Et en fait c'était de mettre des mots sur j'ai peur, mais moi je balayais tout ça, j'étais là attends je reviens par exemple de Lausanne, j'ai rencontré Zoé, elle est trop chouette, j'ai enregistré un cercle de paroles, il a fait beau, mais qu'est-ce que tu m'emmerdes Guillaume ? Donc moi je suis très en mode mais je n'ai pas de raison d'avoir peur d'un dimanche soir, c'est quoi cette affaire ? Donc non ! Donc, il y a une forme de gros chap de plomb de non. Un peu d'autres gens peuvent se dire, oui, je me suis fait engueuler au boulot. Bon, bienvenue dans le monde capitaliste, tu vois. Et du coup, sauf que ce non efface d'un coup et fait que j'ai besoin, mon cerveau a besoin d'apaiser tout ça. Hop, branlette, tu vois. Et donc, j'avais un mélange de peur. J'avais un mélange de stress le dimanche soir. J'avais un mélange d'un peu trauma passé. Le dimanche soir m'a toujours fait peur, enfant. Et là, je suis adulte célibataire. Donc c'était aussi une période où j'étais là, non mais en fait, t'es célibataire, quel échec. Tu vas avoir 40 ans et t'es seul un dimanche soir. Et en fait, moi, le modèle, c'était avoir des enfants et le dimanche soir, la maison, elle vibre. particulièrement des cris des enfants, tu vois. Mais je vais dans ce détail-là parce que ça m'importe de dire que c'est pernicieux cette affaire, ce bourgli-bougla, je ne sais pas comment on dit. En Suisse, je suis sûre que vous avez trouvé une belle expression. Le gloubi-boulga que tu essaies de dire. Ça, c'est pas Suisse, on l'a en France. Je ne sais pas si j'ai une expression suisse pour dire ça. Non, t'inquiète, excuse-moi. Je trouve que c'est intéressant. Je te remercie, je trouve que c'est hyper courageux et c'est très révélateur ce que tu racontais. Vraiment cet abîme de solitude, d'angoisse, ce vide énorme qui est ressenti. Et en fait, ce qui me touche aussi, c'est quand tu dis mais en fait, non, je ne veux pas cette émotion et je la mets de côté. En fait, ton émotion, même si tu n'as pas l'impression qu'il y a une cause rationnelle à ce qu'elle existe, elle est légitime et elle existe. Puis en fait, tu as beau dire non, elle existe quand même, elle va crier plus fort. Bien sûr. Donc c'est pour ça que non en fait écouter ses émotions et leur faire de la place c'est pas un truc de luxe c'est pas un truc qui est accessoire en fait c'est un passage obligé donc on peut trouver ça pénible on peut trouver ça un peu ridicule et puis un peu je sais pas on peut avoir beaucoup de jugement sur ce travail émotionnel puis je pense que quand on a été sociabilisé comme un homme encore plus… On a moins d'éducation aux émotions et au fait de leur donner de l'importance. Mais en fait, elles vous drivent pareil, en fait. Complètement. Donc, soit on a conscience et tu peux peut-être agir un bout, soit on n'a pas conscience et du coup, tu as des comportements qui vont parler pour elle, en fait. Oui, c'est ça qui conduit à ton insu. Exactement. Moi, du coup, ça va mieux… J'ai l'impression d'avoir gagné un peu de terrain, notamment parce que du coup, je verbalise et je me dis en fait, j'ai peur. Et comment je peux prendre soin de moi alors que j'ai peur ? En tout cas, ça marche pour moi. Mais le fait de dire, attends, il est en train de se passer un truc. Je trouve que la masturbation me déconnecte complètement du temps, de mon corps. Je sais, c'est bizarre, mais… Je vois bien. Tu vois, ça me met un buzz d'endorphine. La masturbation, ça doit créer une chimie dans le cerveau. Oui, bien sûr. Et puis, on voit d'ailleurs que pendant… Mais c'est hyper intéressant parce que c'est exactement ça qui se passe. C'est qu'en fait, dans les comportements compulsifs, en fait, on n'est pas là avec soi. On est ailleurs. En fait, on se déconnecte du corps. Et ça, ça va être justement un des moyens sur lesquels on va travailler. C'est comment je peux réintégrer mon corps dans la sexualité. Parce qu'en fait… Ce qui se passe, je ne sais pas si c'est un bon mot, mais j'ai envie de dire que le comportement compulsif, ce qu'il va faire, c'est qu'il va te faire fuir la situation. Tu n'as pas envie d'être seul un dimanche soir chez toi. Eh bien, si tu es avec du porno pendant cinq heures, tu ne seras pas en fait un dimanche seul soir chez toi. Tu es ailleurs, tu n'es pas là. Tu fuis la situation. Et donc, du coup, l'idée, c'est qu'à force… les gens qui ont des comportements compulsifs fuient tout le temps leur réalité encore une fois c'est pas leur faute je vais pas mettre la responsabilité mais on fuit quelque chose qui nous convient pas et donc l'idée c'est comment est-ce que je peux me retrouver dans mon corps me retrouver dans ma vie et faire en sorte que ma vie elle me convienne je conclue et après on passe à Thomas de Lille en fait le dimanche soir était annonciateur de la semaine à venir il y avait un enjeu aussi autour de la semaine que j'allais devoir vivre tu vois Oui, et puis c'est possible aussi, quand je t'entends, que tu me dis que c'est quand tu rentres de déplacement. Peut-être que quand tu es en déplacement, tu es très entouré, parce que quand tu te déplaces, tu vois des gens, etc. Et puis tout d'un coup, tu as le moment de transition. Et puis là, tu es tout seul. Et puis peut-être que tu aurais besoin d'une transition plus douce, peut-être de prévoir d'aller boire un verre avec un pote quand tu arrives à Paris, ou de ne pas être tout seul dans ta maison tout de suite. Je me dis peut-être prendre soin des transitions, quoi. Mais c'est marrant parce que c'est une des astuces que j'utilise maintenant. Parfois, quand je le sens, je m'organise un petit dîner et tout et c'est très sympa. Thomas de Lille, qui a de la branlette quotidienne face au stress et ça lui fait peur, justement, il est team branlette avec moi. Dans une solitude et certains épisodes un peu moins brillants sur le plan social, j'ai peut-être développé une addiction à la branlette quotidienne. qui prend parfois le dessus sur mes tâches au quotidien parce que ça me fait beaucoup de bien, cela me permet de gérer stress et angoisse. Parfois j'en ai peur car ça peut m'empêcher de bien me concentrer dans certaines situations. Coucher avec un autre homme n'est pas une option car j'ai besoin de critères spécifiques pour me sentir à l'aise avec l'autre, ce qui est pour le moment difficile à trouver. Y a-t-il des choses à faire ou à mettre en place sur le sujet ? Je pense que la fonction anxiolytique déstressante de la sexualité, c'est une fonction qui est normale. Plein de gens utilisent la masturbation pour dormir plus facilement, quand on est stressé, quand on s'ennuie. Et ce n'est pas un souci. C'est même plutôt un atout qu'on a, comme ça, entre nos jambes facilement accessibles. Par contre, ce qui est compliqué, c'est quand ça devient la réponse automatique. Quand je n'ai pas vraiment le choix de me dire, soit je vais faire une autre, je ne sais pas, je pourrais manger du chocolat aussi, ou bien appeler un pote, ou méditer un peu si c'est mon truc, ou regarder une série, et me branler. Et puis que tout ça, ça fait partie des options, mais que la seule option qui est envisagée, c'est toujours la branlette. Ça, ça peut devenir compliqué au bout d'un moment. Donc moi, avec ce témoignage, je me dirais, ok, analysons un peu plus. Est-ce que c'est tout le temps la même chose, puis que j'ai l'impression que je commence à perdre le contrôle, puis que ça prend de plus en plus d'espace, puis soit que j'ai de plus en plus de stress et d'angoisse, puis que c'est pour ça que je me branle de plus en plus ? Ou est-ce que c'est parce que la branlette prend le pas sur d'autres comportements aussi que je pourrais utiliser pour m'apaiser ? Et puis voir, est-ce que je peux troquer ? Est-ce que je peux là me dire, ok, là j'ai essayé autre chose, je vais peut-être respirer un petit peu ou méditer dix minutes. Je ne sais pas si cette personne médite. Mais après, si j'ai envie, je peux me branler. Mais on va quand même essayer d'autres techniques pour voir comment je peux diminuer le stress autrement. Et ça ne veut pas dire se priver de sexualité. L'idée, encore une fois, c'est que quand on a ces comportements-là, au bout d'un moment, la sexualité, elle ne fera plus son taf. Parce qu'à la base, la sexualité, c'est pour avoir du plaisir. Sauf que quand on l'utilise de manière compulsive, elle va se vider de sa substance. C'est aussi la notion un peu d'accoutumance. En fait, on a toujours besoin de plus de stimulation. J'imagine que quand tu te branles pendant 4-5 heures… Tu kiffes pas pendant 4-5 heures. Tu surfes un peu sur cette tension, relâchement, mais c'est toujours pas satisfaisant parce qu'en fait, en vrai, ce que tu voulais, c'était pas ça, c'était autre chose. De ne plus être stressé, c'est rencontrer quelqu'un, tu vois. Oui, ce qui est d'ailleurs, il y a une grosse différence entre ce edger, tu l'as dit dans l'épisode précédent, edger en français, c'est se masturber ou être masturbé pendant longtemps sans éjaculer et donc être comme ça sur la brèche, le sommet. et rester longtemps etc et ça peut être un jeu avec un partenaire ou un jeu avec soi et faire une session même longue de masturbation c'est intéressant de dire mais c'est pas ce que moi je raconte parce que dans le hedging t'es avec toi t'es présent c'est un jeu sexuel ou au contraire t'es avec le corps etc là moi je parlais vraiment de sortir de mon corps et de me déconnecter tout à fait Gabriele, qui est un Italien qui habite à Neuchâtel en Suisse et qui nous partage son histoire intitulée « Le sexe pour fuir un vide en moi ». Il y a des moments où je cherche le sexe de manière compulsive juste pour combler un vide. De la même façon, j'ai aussi une relation compulsive avec la nourriture que j'utilise pour remplir ce même vide. J'ai récemment mis fin à une relation de 5 ans dans laquelle je me sentais très frustré sur le plan sexuel. Pendant ces 5 ans, j'ai énormément trompé mon copain car je ne me sentais pas du tout satisfait de notre intimité. Il avait lui aussi pas mal de problèmes à ce sujet et fuyait le sexe. Chercher du sexe en cachette et de manière compulsive me réconfortait d'un côté. C'est quelque chose que j'ai toujours fait. J'ai grandi dans une famille italienne, catholique et très stricte. Mais en même temps, cela me faisait entrer dans des schémas et des situations qui me faisaient énormément souffrir. La fin de cette relation a aussi été marquée par la rencontre d'un autre garçon avec qui je me suis tout de suite senti très bien. et avec qui la sexualité était extraordinaire et épanouissante. Mais au bout d'un moment, cette sexualité libre et assumée a commencé à me faire extrêmement peur. Je me suis retrouvé bloqué et aujourd'hui je n'arrive plus à avoir de rapport sexuel ou du moins quand j'en ai avec lui, il retombe dans cette dynamique d'exutoire. Je vois que c'est plus pour combler un vide plutôt que pour partager un moment de plaisir à deux. C'est très frustrant car même en ayant une sexualité épanouie à portée de main avec un garçon qui me plaît énormément, j'ai toujours envie d'aller chercher une sexualité cachée et « interdite ». Je ne suis pas encore passé à l'acte, mais cette envie est souvent là et je la ressens plus intensément que le désir de profiter de ce que j'ai déjà. Encore une fois, je reconnais un schéma qui à la fois me rassure et me fait souffrir. Alors j'ai pas vraiment de questions, si ce n'est comment faire avec ça, comment trouver un chemin de réconciliation avec mon corps et ma sexualité. J'en ai souvent parlé avec des psys, mais personne n'a jamais été capable de m'aider sur ce point. Cette situation me pèse énormément, je suis actuellement dans un moment d'extrême souffrance psychologique et je n'arrive plus à m'en sortir. Merci, Gabrielle. Bon, il y a beaucoup d'éléments dans ce témoignage. Et du coup, j'ai envie de pouvoir… Enfin, je vois bien, il y a une demande explicite de pouvoir être aidée, aiguillée face à une souffrance, mais c'est un peu délicat pour moi de répondre quelque chose. Je pense même que j'aurais peut-être même besoin de le relire, je te le dis comme ça, parce que j'ai l'impression qu'il y a beaucoup, beaucoup de choses. En fait, je pense que Gabriel, s'il nous écoute, il a été nourri déjà par l'épisode précédent et ce qu'on dit là pour d'autres personnes. Je pense que son témoignage, il est puissant et j'avais envie de le proposer autour de comment nous, les queers, on grandit dans des familles ou dans une société qui culpabilise l'homosexualité. Il a parlé de très strict, de catholique, alors il n'a pas… Il n'a pas dit exactement quoi, mais j'attire l'attention, mais dis-moi si tu es en désaccord, sur le fait que si aujourd'hui la sexualité de l'auditoriste qui nous écoute ou de Gabriele est tendue, compliquée, ou si le rapport avec ce sexe est un endroit de souffrance, dans l'exploration pour réparer, aller dans le passé pour comprendre comment cette sexualité s'est formée, Ou est-ce qu'il y a eu des traumas, soit des violences physiques, soit des violences morales et psychiques, peut être aidant, possiblement, sur ce chemin de réparation ? Tout à fait. Déjà, il le dit explicitement. Ça fait partie des personnes qui vont être plus à risque de développer une addiction sexuelle. C'est des personnes qui vont avoir… subit des agressions sexuelles dans l'enfance, des problèmes familiaux avec potentiellement des troubles de l'attachement. Il a parlé justement de dysfonctionnement au sein de sa famille, de l'exposition précoce à de la sexualité ou à de la pornographie. Donc ça, ça fait partie des choses qui sont à risque et qu'il mentionne. Donc on pourrait vraiment aussi considérer que le comportement addictif, il parle… de la nourriture, il parle de la sexualité. Je faisais aussi le lien entre les deux dans l'épisode précédent. Ça, ça peut vraiment être des conséquences post-traumatiques. Donc, il y a un bout, peut-être, où tout ça parle encore d'une souffrance dont il n'a pas été possible de prendre soin en entier, en fait, si tu veux, qui le ramène à son passé. Et puis ensuite, il y a une autre chose… Avant que tu ajoutes cette autre chose, au moment où normalement cet épisode est publié, un autre épisode avec une psy, une docteure en psychologie, Anne-Sophie Petit, a été publié, donc il fallait voir dans les épisodes précédents, justement autour de ce lien prouvé entre trauma homophobe et addiction. C'est pas automatique, mais en effet, vivre des insultes à répétition ou non, petites ou grandes, ou des attaques psychiques et ou physiques, peut déclencher dans le cerveau un processus traumatique et donc résulter dans ces addictions. Et c'est important qu'on le sache, c'est pas automatique, mais quand même, peut-être Gabriel peut creuser à cet endroit-là. Je t'ai interrompu, tu te souviens de ton deuxième point ? Oui, je vais le reprendre, oui. Et en fait, ce qui m'interpellait aussi, puis là, pour moi, on sort un petit peu de l'addiction, mais je pense que ça pourrait peut-être l'aider. C'est qu'il parle dans sa sexualité actuelle que, en fait, c'est comme s'il avait toujours envie d'avoir une sorte de vie secrète, de deuxième vie, d'autre sexualité. Puis là, on peut aussi peut-être envisager qu'il a un érotisme plus transgressif. où en fait, la transgression et le fait de faire quelque chose en dehors du couple ou des normes, ça soit quelque chose qui est particulièrement excitant. Puis que du coup, à partir du moment où ce qui est excitant, c'est la transgression, ça va être compliqué, si ce n'est pas conscientisé, puis vraiment… au sein de la relation principale, de pouvoir se sentir satisfait. Et puis, pour ça, je trouve que vivre dans une famille, comme il l'a décrit, peut-être très traditionnelle ou catholique avec beaucoup d'interdits, etc., ça peut aussi faire le lit d'un érotisme un peu plus transgressif. Et donc, ce n'est pas forcément un problème en soi. Par contre, il va falloir l'intégrer dans sa vie relationnelle et sexuelle pour pouvoir trouver cette satisfaction. À l'endroit qu'il a envie d'investir. Je ne sais pas si ça te parle. Complètement. Merci. J'ai Anthony qui se demande… Ah non, il ne se demande pas, pardon. Anthony de Rennes. Bonjour, j'ai développé une addiction à la masturbation une fois par jour depuis plus de dix ans. Et elle me bloque aujourd'hui pour prendre du plaisir avec mon copain. Si je ne me masturbe pas de manière assez rapide, je n'arrive pas à jouir avec mon copain lorsque je le pénètre ou qu'il me fait une fellation. J'essaie de réduire progressivement mes masturbations pour réduire mon addiction. Est-ce qu'il y a d'autres choses que je peux faire pour réussir à jouir avec mon copain et sans masturbation ? Alors là, je trouve que c'est hyper intéressant ce témoignage parce qu'il illustre vraiment quelque chose qu'on voit beaucoup. C'est des personnes qui vont penser souffrir d'une addiction sexuelle alors qu'a priori, vraiment, on n'a aucun élément qui irait dans ce sens-là. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas justement cette souffrance de « j'aimerais pouvoir jouir avec mon copain », mais se masturber une fois par jour, ce n'est pas un problème. Tout va bien ! Par contre, ce qui se passe là, c'est qu'en fait, il y a une habituation à un certain type de stimulation. Quand on se masturbe avec la main, on va peut-être aller plus vite, on va peut-être serrer plus fort. Puis en fait, notre cerveau, l'orgasme, c'est un réflexe. Donc, il va prendre en considération un peu toutes les données. Il sait qu'une fois par jour, on jouit quand il y a cette vitesse et cette pression et peut-être cette stimulation visuelle, etc., Et puis c'est seulement au bout d'un moment comme ça qu'il va créer l'orgasme. Et puis ça va être plus compliqué de l'atteindre quand on a d'autres stimulations. Du coup, ce que je peux donner comme conseil pour cette personne, ça va être d'essayer de varier un peu la manière de se masturber. Par exemple, avec du lubrifiant, en desserrant un peu la main au moment de l'orgasme. Donc, on ne va pas faire ça tout du long parce que sinon, il n'arrivera pas non plus à jouir quand il se masturbe. Mais peut-être de commencer de la manière qu'il a l'habitude de pratiquer. Et puis, quand il sent qu'il arrive vers la fin, de changer, d'adapter un peu son mouvement, soit avec une vitesse un peu ralentie, soit avec une poignée un peu moins ferme, une variation. qui fait que progressivement, son cerveau va intégrer des nouvelles variables à prendre en considération qui sont aussi possibles au moment de l'orgasme. Donc amener comme ça, je dirais, de la flexibilité, de la fluidité dans les stimulations sexuelles apportées permettra ensuite plus de facilité à aller vers l'orgasme avec son partenaire. Génial, ça répond. Boris de Nantes nous a posé exactement la même question, qui trouve ça très difficile de jouir dans ses partenaires et il se demandait si son pénis pouvait s'être trop habitué à sa main. On vient d'y répondre. Une dernière question, alors, quand est-ce que ça sert à quelque chose d'aller en thérapie ? C'est-à-dire, voilà, là, on a fait deux épisodes, je suis un ou une auditorice, et je me dis, dans ce que je peux faire, c'est aller en thérapie, il y a Eric, il y a un auditeur qui, lui, a essayé DASA, on dit DASA ? Je pense, ouais. C'est en France, c'est pas le même auditeur. En tout cas, les cercles de paroles de… façon AA, alcoolique anonyme, mais spécifiquement sur les addictions sexuelles. Comment je choisis entre une thérapie avec un thérapeute ou un sac de parole ? Tu aurais des conseils là-dessus ? Moi, je pense que dans les addictions, il n'y a pas… Et puis, en règle générale, il n'y a pas une manière qui marche pour tout le monde de manière unilatérale. Donc, moi, je crois assez… à l'interdisciplinarité. En fait, un groupe de parole, ça va apporter plein de choses. Ça va apporter le fait de voir qu'on n'est pas seul, qu'il y a d'autres personnes qui ont les mêmes soucis. Ça va permettre d'avoir un endroit où je peux parler et être entendue, mais où je ne fais pas forcément sur moi-même un travail d'introspection forcément très profond. Mais en séance individuelle, je veux vraiment avoir un accompagnement adapté à moi, avec un ou une thérapeute sur laquelle je peux me reposer, m'appuyer. Pour moi, les deux sont vraiment complémentaires et sont vraiment pertinents. Mais ça dépend de ce qui fait souffrir le plus la personne. On l'a vu beaucoup, la honte. Parfois, la honte est terrible, mais terrible dans ces questions d'addiction. Le simple fait de pousser la porte d'un groupe de parole, ce n'est pas possible. Et ce n'est pas grave. On peut très bien se sortir sans aller à un groupe de parole. Par contre, ça peut être tellement soignant de pouvoir se montrer dans toute cette partie tellement noire et de voir que les autres l'accueillent et s'y reconnaissent et que ça peut même amener de la lumière. Ça, ça fait du bien, ça guérit aussi. On suit son intuition et peut-être on essaye. Oui, et puis je voudrais dire que ce n'est pas grave d'aller voir un thérapeute ou d'aller une fois à un groupe de parole. On peut voir pour « est-ce que ça me convient ? Est-ce que ça me fait du bien ? » Le truc, c'est que souvent, on peut avoir tendance à se dire « si je vais voir un psy ou un sexologue ou un groupe de parole, alors ça veut dire que j'ai vraiment un problème. » Et puis ça, ça fait très peur. On peut se dire, non, j'y vais juste pour avoir un avis, juste parce que j'ai besoin de raconter mon histoire à quelqu'un, puis que je ne sais pas à qui d'autre la raconter. Puis peut-être que ça va me faire du bien, puis que j'aurais envie d'y retourner. Puis peut-être pas. Et puis après, est-ce que je n'y vais pas parce que ça ne me fait pas du bien ? Est-ce que je n'y vais pas parce que j'ai trop peur de me rencontrer moi-même dans ces espaces de vulnérabilité ? Ça, je pense que c'est un petit peu délicat avec l'addiction. Mais moi, j'aurais tendance à dire, si vous souffrez, si vous vous sentez seul, si vous avez peur d'être anormal, prenez un rendez-vous, puis après, vous verrez. Ouais. Et d'ailleurs, on peut prendre un rendez-vous avec toi. Par exemple ? J'ai essayé de trouver un… C'était pas mal, c'était très frontal, mais c'était bien. Alors, hier, je dînais du coup avec des auditeurs qui me disaient, t'es à la fois très bienveillant et très brutal. Et c'est assez vrai. Je suis assez direct, tu vois. T'as parlé avec des gens qui me connaissent ? C'est vrai que j'ai un peu ces trucs-là. Bah écoute, moi en tout cas, je trouve que c'est vraiment chouette. C'est pour ça que je suis très content de faire frontalement de la pub pour toi. Donc toi, on peut prendre rendez-vous avec toi si on habite à Lausanne, Zoé, Blancs, Coudéry. Mais tu as aussi créé un centre consacré aux sexualités ici en Suisse, c'est sexopraxis.ch. D'ailleurs, certains de tes collègues, j'imagine que tu recommandes chaudement, font des visios pour les personnes qui n'habitent pas Lausanne. Après, en fait, partout dans le monde, je pense que de là où les gens nous écoutent, ils devraient s'informer parce qu'il y a aussi, notamment en France, j'imagine au Canada, en Belgique, pareil, peut-être des remboursements spécifiques ou des, excuse-moi, je n'arrive pas à trouver le terme, des façons de ne pas payer très cher. Oui, puis en fait, il y a des centres d'addictologie qui reçoivent les addictions comportementales, parfois dans des hôpitaux universitaires, puis c'est pris en charge vraiment par le système de soins en cours dans votre pays. Oui, c'est ça. Je pense aux gens qui s'inquiètent pour des questions financières. On a aussi l'annuaire collaboratif des auditorices. Donc là, l'idée, c'est les auditeuristes qui sont eux-mêmes queers, qui mettent dans l'annuaire un contact de leur psy, leur médecin ou quelqu'un où ils se sont dit « Vraiment, je me suis senti bien, j'ai pu parler de mon intime et ou me sentir accueilli. » soit aller voir s'il y a un contact d'un sexologue, sexothérapeute dans leur coin et ils peuvent même faire une demande en haut de l'annuaire, il est sur le site du podcast, en haut de l'annuaire il y a un petit formulaire pour faire une demande, voilà j'habite ici, est-ce que quelqu'un peut me conseiller un contact ? Et t'avais un film à conseiller, on t'écoute ? Oui, j'aimerais conseiller aux personnes qui se sentent concernées ou qui ont envie de sentir à quoi ça ressemble l'addiction sexuelle de regarder le film qui s'appelle Shame. Je ne me rappelle plus le réalisateur. S-H-A-M-E ? Exactement. Et qui traite justement de cette question de l'addiction. Moi, il m'a vraiment bouleversée parce que j'ai l'impression d'avoir vraiment compris ce que ça pouvait être que de vivre cette addiction avec la dégringolade. D'abord, le sexe, c'est cool. Et ensuite, ça devient douloureux. Et ensuite, il y a cette solitude, cette honte. Et ces tentatives de s'en sortir. Je le trouve vraiment extraordinaire. Et donc, je vous le conseille si vous… Je l'ai vu, je l'ai beaucoup aimé. Ça y est, je l'ai trouvé. C'est de Steve McQueen par Abby Morgan et Steve McQueen. Et avec Michael Fessbender. Je ne sais pas si je prononce bien. Ouais, ouais, puissant. Merci Zoé. Merci à toi. C'était top. Merci, je suis trop contente que tu m'aies invitée. J'étais ravie d'avoir cette discussion avec toi. Vraiment merci, c'est cool.

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