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C'est bien. C'est reparti ? C'est reparti. On a un peu reculé la table parce que je suis en train de cramer. Tu ne crames pas, toi ? Non, non, non. Moi, je brûle de toute la face gauche. Je suis un lézard. J'adore. Je n'ai jamais trop chaud, moi. Un papillon lézard. Voilà. Un papillon du désert, si tu veux. Du coup, on a terminé le précédent épisode sur...
Dans le précédent épisode, on a parlé de ce que c'est Folter, du mouvement des fées, un peu de l'histoire, des grandes idées, des grandes invitations. Et j'avais envie de te dire, OK, et toi ? Si tu regardes un peu ce cheminement des 25 ans, comment ça t'a transformé ? Est-ce que tu es à l'aise de me raconter comment ce premier rassemblement, tu me disais, le premier rassemblement m'a permis, c'est le premier endroit où j'ai pu reconnaître sexualité et spiritualité. Tu veux m'en dire plus ?
Écoute, moi je suis gay, et je suis aussi très croyant. Tu vois, quand à l'âge de 20 ans, à ce moment-là j'étais très très mal, j'étais en grand rejet de ma sexualité, très isolé par rapport à ça, tu vois, puis c'était dans les années 90, et en très grande détresse.
est perdue, en fait, par rapport à ma propre sexualité. Tu vois, sinon, je ne savais plus si j'étais vraiment gay. Enfin, j'étais vraiment très mal. Et j'ai fait une retraite dans un monastère catholique, enfin, un lieu qui s'appelle plutôt un foyer de charité. Et à ce moment-là, tu vois, j'ai eu... Je ne sais pas comment appeler ça, mais j'ai rencontré... J'ai eu la foi, j'ai rencontré Dieu, quoi. J'ai eu une sorte de... Je ne sais pas comment...
de transcendance d'amour. J'étais vraiment complètement envahi d'amour. J'ai eu vraiment le sentiment qu'il y avait une transcendance et que le sens de la vie c'était l'amour. J'ai eu la foi de façon à point chat à chat. Ça s'est passé dans le cadre de la religion catholique. J'avais reçu une éducation catholique que j'avais laissé tomber comme pas mal de gens étant pré-ados.
Et après, cette rencontre, c'était très beau, très paisible. C'est vraiment que de l'amour. Je me suis senti profondément aimé, tel que j'étais. Ça fait des années, je n'en ai jamais douté. C'est l'événement fondateur de ma vie entière.
et après ça a été très compliqué parce que ben tu vois les monothéismes et l'homosexualité et la sexualité je crois en général me semble-t-il c'est quand même compliqué et à l'époque voilà moi j'ai rencontré comme j'avais vraiment une rencontre avec le divin dans le cadre de
de la chrétienté très très forte j'ai voulu rencontrer des gens et là j'ai été confronté à beaucoup d'homophobie même si je gardais ça secret en moi tu sais t'as pas besoin de t'afficher pour voilà et ça a été très très très dur en fait et c'est à dire que ma solitude elle a changé
C'est comme si... Comment te dire ? J'ai continué à marcher dans un tunnel recouvert de ronces où je ne cessais de me faire mal, de tomber, de me griffer. Mais simplement, je continuais à avancer parce que je savais qu'à un endroit, quelque part, un jour, j'avais aperçu un petit coin de ciel bleu. Et que quelque part...
ce tunnel peut-être allait me mener de nouveau à du ciel bleu. Donc la différence avec avant, c'est que je ne me disais plus pas je vais arrêter de marcher dans ce tunnel de douleur, je vais continuer parce que quelque part existe le ciel bleu. Mais il avait de nouveau... Il a disparu pendant des années, tu vois. C'était très très dur. Et donc... Ma sexualité, ma spiritualité...
sont devenus à ce moment-là comme beaucoup, tu sais, comme tant de gens de ma génération. Puis peut-être pas seulement. Tu es à quel âge ? 50, un petit peu plus, quoi. Tu ne savais pas ? Et donc, ouais, c'était très... Tu es chou, tu fais un peu genre... Tu minaudes un peu, 50 et un peu plus. C'est chiant d'être vieux ? Non, ah bah non, ce n'est pas chiant d'être vieux, en plus, je crois. Pourquoi tu es gêné de me dire ton âge
Ah bah oui, parce que peut-être que je m'inode un peu, ouais. Mais non, surtout que tu vois, comme beaucoup de gens, je me sens tellement frais, tellement jeune, je me sens tellement jeune.
Tellement au présent, quoi, tellement frais, tellement vivant, quoi, tu vois. Donc, je sais pas comment dire, ouais, non, je me sens super frais, en fait. J'ai l'impression d'être un petit oiseau, moi, tu vois, de toute façon, tu vois. Et puis, au présent, en fait, quoi, tu vois, au présent, tu vois.
On ira avec 50 et plus. Et donc, beaucoup de ta vingtaine, c'est une déconnexion entre la puissance de la spiritualité et l'importance de la spiritualité pour toi. Un conflit, un conflit, un conflit, ouais. À quel âge tu rencontres les faits ?
Écoute, je ne sais pas, je rencontre Dieu à 20 ans à peu près et je rencontre les fées, je ne me souviens plus exactement, peut-être 27, 28, tu vois. Et là, à ce moment-là, depuis quelques mois, j'avais... En fait, je suis parti, j'ai fait un grand voyage à Madagascar et tu vois, le fait d'avoir...
Je ne sais pas comment te dire, à Madagascar, déjà à partir loin comme ça pendant longtemps, et la beauté des sens, tu vois, la beauté des couleurs, de la mer, la beauté des corps, la beauté des plages, des plantes, des fleurs, de tous ces animaux...
Je suis parti avec un ami, on est parti loin dans la nature, dans les parcs naturels. On a été assez loin, tu vois. Bêtement, on a chopé le palu, on a été très malade. Enfin, comment te dire ?
Je me suis dit pendant ce voyage, c'est pas possible que mes sens soient péchés, comme disent les catholiques, alors que le monde des sens est tellement beau. Tu vois, je me souviens très bien d'un jour, je me suis fait cette réflexion au sud de Madagascar...
Face à la mer, c'était tellement, tellement, tellement beau. Je sentais tellement la présence du sacré. Je sentais tellement que c'était quelque chose d'infiniment sacré, respectable. Je me suis dit, ce n'est pas possible que moi, je sois sale, comme ils disent, tu vois, alors que j'appartiens pleinement à cette création qui est si belle. Je me suis dit...
C'est pas possible. C'est pas possible. Ça marche pas, cette histoire. C'est pas vrai, en fait. Ma sensualité fait partie intégrante de ce que je suis et c'est quelque chose qui fait partie intégrante du sacré, en fait. Je me suis vraiment dit ça, je me souviens très bien. Et quand je suis rentré... Ah, ça c'est génial, ça !
Et tu sais, sur ce chemin, j'ai vu au printemps un petit bébé chevreuil. Sur le chemin là qu'on a pris ? On est là, ouais. J'ai fait des petites vidéos endormies, tu vois. Faut pas le toucher. Il attendait sa maman, tout simplement. C'est magnifique. Mais tu vois, ici, moi, il faut le dire, je passe beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps seul dans la forêt. Beaucoup de temps à prier, beaucoup de temps à observer. Là, l'endroit où je t'emmène, c'est un secret, en fait, normalement, tu vois ?
Et donc en fait je suis rentré de Madagascar et déjà j'étais dans un chemin de réconciliation intérieure. Et puis écoute, j'ai commencé à...
Il y a eu une fête, en fait, chez une copine. J'avais bu de la caipirina. Je bois très, très peu, en fait. Et j'ai un peu de sous. Et là, il y a un très gros gars, brésilien, tu vois. Et en fait, on s'est jetés l'un sur l'autre, quoi. On a baisé dans les manteaux, dans la chambre des gens. Enfin, tu vois. Et... Ouais, ouais, c'était dingue, quoi. Et puis, je me suis dit...
Ah, c'est une histoire rigolote. Je me suis dit, il faut que tu t'arrêtes, il faut que tu te débloques. Et je me suis dit, avant la fin de l'année, parce que là, j'étais saoul, en même temps, c'était un rêve. Et je me suis dit, avant la fin de l'année, il faut que tu couches avec un garçon. Et...
Alors qu'étant adolescent, ce n'était pas du tout un problème. J'avais eu deux amoureux longtemps. C'était quelque chose de très simple et fluide et naturel. C'est à partir du moment où tu prends conscience de ta spiritualité que ça bloque ? Non, c'était avant. Je pense que c'est vraiment l'homophobie qui m'a... Tu vois, à 15-16 ans, je planais beaucoup en seconde. Et donc, je n'y pensais pas. Et à partir du moment où j'ai eu un premier petit copain, un deuxième petit copain...
On a commencé un peu à me harceler, tu vois. Et puis, le gars avec lequel je sortais à l'époque, qui est toujours un ami, lui, il est hétéro. Il m'a dit, non, non, mais pas du tout. En fait, t'es hétéro. Et puis, on m'a insulté. On m'a mis des mots d'insulte dans mon casier. Tu vois, au collège, au lycée. Ils m'ont chopé dans les couloirs, les gars. C'est semblant de me prendre, tu vois, des trucs comme ça. Donc, en fait, j'ai commencé à avoir peur.
Et là, j'ai commencé petit à petit, tu sais pas quel cheminement tu prends à cet âge-là, mais à me dire en fait, bah non, non, je suis pas, je suis pas pédé, tu vois, puis les réflexions que t'entends à la maison, et puis les trucs des médias, tu vois, ah bah il va se promener avec une plume dans le cul, moi j'ai grandi dans un village, tu vois, donc en fait tu te dis non, moi je suis pas cette personne-là en fait, bah non, je suis pas, non, non, en fait, tu vois, je suis pas pédé, puis tu te bloques.
Voilà et puis après je me suis dit absolument et donc le 31 décembre j'étais pas ressorti avec un mec et donc le 1er janvier je suis allé dans le marais quoi tu vois et puis je marchais comme ça à Paris je dis absolument faut que je rencontre un garçon parce que j'ai pas respecté mon pari ma promesse quoi
Et puis il y a un gars qui passe, très beau, et il me dit bonne année et plein de belles vites. Et là je me dis, ah lui, ça c'est sûr qu'il est pédé, ça c'est sûr. Alors je vais le voir, il me dit bonjour, excuse-moi, il me dit ouais, ça t'intéresse de faire l'amour avec moi ?
Alors, le mec, il se marre. Le mec, il se marre. Il dit, ah, voyons, toi, t'es cash et tout. Mais tu sais, j'étais tout minot, quoi. Tu vois, là, je rigole parce que j'ai 50 ans, mais je crois que j'ai l'air encore un peu d'un gamin, quoi. Et il rigole, tu vois. Je dis, ouais, non, non, mais d'accord, mais sinon, mais c'est sérieux, c'est une vraie question, quoi. Il dit, ben...
« Ouais, ok, bah tu vois, t'es mignon et tout, d'accord. » Je dis « Bon bah, c'est moi, parce que j'habite pas très loin, j'habite à Paris. » Alors il dit « Bah ouais, ok, t'es cash. » Je dis « Ouais, bah écoute, je suis cash, ouais. » Et on y va.
Et puis, en fait, on fait l'amour. C'est cool. On passe la nuit ensemble, tu vois. Et puis, voilà. Et puis, le lendemain, je me réveille et je me dis, ben ouais, en fait, c'est bien. C'est chouette. C'est chouette. Je suis heureux, en fait. Et là, en fait, il me dit, il faudrait que tu ailles dans un bar à Paris qui s'appelle le Duplex, qui est le plus vieux bar gay de Paris, qui a changé maintenant pas mal, mais...
Et donc j'y vais, tu vois, tout seul. Et là, je rencontre une fée en fait. Mais tu vois, mon nom de fée, c'est Lucky Lips. Lucky parce que chance. Donc j'ai toujours de la chance. Et je rencontre une super fée qui s'appelle Lanaï. Et voilà. Et en fait, on devient très proche, très amis, amants, amoureux.
Et puis... Et Lanaï, à l'époque, avait déjà rejoint le mouvement des fées américains. Oui, parce que Lanaï, il habitait entre la France et les USA. Et son mari, il était déjà une fée depuis longtemps. Donc, Lanaï connaissait. Et en fait, c'est Lanaï qui m'a parlé du rassemblement sur Terre Schelling. Et j'y suis allée. En Hollande. En Hollande. Et... C'est passé quoi ? Alors, voilà. J'y suis allée. Et comment te dire ?
Pour la première fois de ma vie, ma sexualité, ma spiritualité, mon amour de la nature aussi, mon amour du vivre ensemble aussi, de l'amitié, tout ça...
Et c'était des choses qui étaient séparées les unes des autres, qui étaient conflictuelles. Et en fait, elles se sont avérées être cohérentes. Parce que les faits, il y a une dimension spirituelle très importante.
dans laquelle chacun trouve sa place comme il veut, mais on fait beaucoup de rituels. On a un arbre des ancêtres, on fait des rituels païens, et c'est une spiritualité... C'est vrai, c'est très New Age, mais ce n'est pas excluant. Donc moi qui suis par exemple catholique,
On ne m'a jamais... Après, moi, je ne fais jamais aucune forme de prosélytisme. Et ce qui m'intéresse, c'est la différence, tu vois. Donc, je pense que je suis assez respectueux. Enfin, ça va de soi. Mais jamais, j'ai l'effet, personne ne m'a emmerdé avec ça, tu vois. Moi, je vais à la messe.
Et le matin, tu vois, dimanche matin, je prends le petit vélo, je fais 15 bornes, tu vois, et tout le monde sait. Et personne, personne ne m'a jamais manqué de respect. De toute façon, ce ne serait pas envisageable qu'on manque de respect par rapport à ma spiritualité. Ça, c'est une chose qui n'existe pas, qui n'a jamais existé, qui n'existera jamais de toute façon, tu vois. C'est l'essence même de mon être, tu vois. Donc, de toute façon, personne. Mais ça n'est jamais arrivé, de toute façon. Parce que...
Je ne sais pas comment te dire, je n'ai rien à revendiquer, si ce n'est l'amour. Je me perds là. Non, pas du tout. C'est passionnant et on est en plein dans le sujet. J'allais te demander, est-ce que tu as des souvenirs de l'impact des faits ou de visites dans ce sanctuaire de Folter sur ta sexualité, sur vraiment la partie plus sexuelle ?
Tu vois, moi, je te confiais que cette semaine, si j'ai eu du sexe, j'ai fait du sexe dans la baignoire.
Parce qu'on a une baignoire, ça, il faut bien dire aux gens. Folter, en fait, c'est un endroit qui est plein de lieux magiques. On a une baignoire qui est chauffée au feu de bois. Donc, on est obligé de la refroidir. Donc, on a un petit tuyau qui amène de l'eau de la source directement en plein air. Sous les arbres. Sous les arbres, au bord des sources, des fougères. Voilà, Folter, c'est plein d'endroits...
Magique, complètement féérique. Et comme le plateau des mille étangs où on est là dans les Vosges, c'est très, très beau. C'est magnifique. C'est des sources partout, des salamandres, des tritons, des rochers, des fougères, des petites mares, des chênes, des sapins, des petits chemins. C'est vraiment fait magique, féérique. Et notre baignoire ?
C'est quand même un des plus beaux lieux sur Terre, c'est quand même délirant. Et il manquait juste à ta description parfaite, le coucher de soleil. Ah ouais, parce qu'en plus on est en haut de la montagne. Je trouve que moi je suis parisien, en venant ici j'étais là, ça me saoule l'absence, il n'y a pas d'eau courante potable, il y a des toilettes sèches et il n'y a pas d'eau chaude.
Et du coup, j'ai trouvé ça vraiment chouette comme ça ne m'a pas du tout dérangé. Il y a de l'eau chaude parce qu'on fait chauffer de l'eau et parce qu'on se douche. Ça aussi, c'est très beau. Tu vois, c'est une forme de rituel. C'est comme un baptême. En fait, on se lave les uns les autres. Ça, c'est très beau. On a installé une sorte de salle de bain dehors et on est dépendant les uns des autres pour se laver. Ça aussi, c'est très beau dans le collectif. C'est tout à fait vrai.
moi je me lave tout seul je prends un seau et puis je me mets de l'eau parce que c'est chouette quand tu te mets en bas des pierres et que les autres te vident de l'eau sur la tête quelqu'un m'a demandé de le faire donc je te rejoins complètement j'ai trouvé ça ultra puissant quelqu'un en plus une personne trop belle avec qui j'ai vraiment eu un coup de coeur amical et qui est trans donc pour qui la nudité a un autre enjeu qui est venu me voir et qui m'a dit est-ce que tu serais ok de faire ma douche et tout et j'étais trop touché
Il est vachement ému. Et moi, j'ai mis du temps à demander à quelqu'un. C'est marrant, il y a des gestes d'intime. Du coup, moi, j'avais plus envie de me faire un saut. Je te racontais tout ça parce que mon expérience à Folter était en fait si peu sexuelle.
J'ai si peu baisé, quoi. Et d'ailleurs, quand je parle aux autres fées de ce rassemblement, les gens me disent, c'est pas mal ça. Ils me disent, moi, c'est pas très sexuel. Et au contraire, c'est plus venu me chercher sur être rejeté ou rencontrer quelqu'un dont le désir n'est pas au même endroit que le mien. Et toi, est-ce que tu te souviens ?
de comment Folter a impacté ta sexualité les gens en fait ils ont des préjugés ils se disent ça baisse dans tous les sens donc en fait tu baisses tellement toute la journée que c'est une sorte de baisodrome ça éjacule de partout c'est vrai ? toi t'as vécu des rassemblements comme ça ? nous pas du tout on part couper du bois des câlins
Là c'est un rassemblement particulier parce que c'est un rassemblement autour de la forêt, du bois, de prendre soin de la terre. Donc c'est un rassemblement qui est quand même tourné beaucoup autour du travail. Et les gens qui viennent là, c'est des gens qui ont envie aussi de ranger le bois, de creuser des tranchées, d'arranger la mare, etc. Et puis il fait froid...
Il pleut, la maison est humide, donc je pense que ça prête quand même moins que quand on est tout nul l'été dans la prairie en train de se prélasser au bord du lac. Quoi tant te dire que je dors avec six couches, donc pour atteindre ma peau, c'est déjà toute une compétition. Toi, tu as déjà vécu des rassemblements très sexuels pour toi ?
— Ouais, sans doute. Mais moi, je suis... Comment te dire ? À titre personnel, moi, je suis plutôt amoureux. Je suis un amoureux, moi. Donc en fait, je tombe amoureux de quelqu'un sur les rassemblements, sur les faits. Tu vois, j'ai été en couple avec des faits.
Et après, je suis un peu à fond avec cette personne. Ça m'est arrivé de faire des trucs rigolos pour le fun. J'ai besoin de te demander d'en raconter au moins un. Je suis un peu prude. Je ne suis pas la meilleure personne pour raconter des choses comme ça parce qu'en plus, je n'ai pas une grande expérience. Tu vois ?
Mais moi non, je ne suis pas trop polyamour en ce qui me concerne. Je suis plutôt un amoureux et en fait, je ne suis pas un mec qui perce. Finalement, je me suis pris la tête avec la sexualité pendant des années à en crever par rapport à ma sexualité, par rapport à mon identité. Mais finalement, je ne suis pas un mec très sexuel. Je suis assez prude. Je ne suis pas un mec... Enfin, comment te dire ?
J'atteins très facilement des très grands orgasmes, en fait, tu vois, ce qui est pas de mon compagnon. Et c'est vrai, je le savais pas, j'en avais pas conscience. En fait, j'ai toujours pensé que j'étais un mauvais plan, tu vois. Un mauvais coup, tu vois, parce que justement, je suis assez prude, il y a plein de trucs que j'aime pas faire, je suis pas un super plan cul. Moi, je suis jamais allé sur une appli de ma vie, par exemple, tu vois. Et pourtant, enfin, tu vois...
Enfin, j'ai un potentiel, je pense qu'il y a quand même un potentiel de séduction. Enfin, je crois, tu vois. Oui, tu es très beau. Ouais, bon, allez. Et en fait, non, tu vois. Quelqu'un de ce rassemblement ?
Est-ce que j'ai le droit de le dire ? On disait, il y a des gens avec qui tu sens quelque chose et tout, et quelqu'un de ce rassemblement a dit, ouais, moi, l'équilibre. Ah bah c'est cool, sympa. Mais donc, ouais, non, j'ai jamais, tu vois, eu trop confiance en moi là-dessus. J'ai toujours pensé que j'étais un mauvais plan, tu vois, un plan phareux. Mais je pense que ça vient aussi de... Je pense que j'ai tellement installé un rejet...
De ma sexualité, tellement violent. Moi, pendant des années, je me réveillais, ma phrase au réveil, c'était plutôt crever qu'être pédé, quoi, tu vois. Et vite, vite, vite, je me levais le plus vite possible pour ne pas penser, parce que sinon, j'avais le ventre noué.
Et j'étais très loin dans le rejet, dans le dégoût de moi-même en fait. Donc je pense que ça a installé aussi quelque chose de profondément enraciné en moi par rapport aussi à la sexualité, plein de choses que je n'aime pas faire, que je ne fais pas.
Mais en fait, figure-toi que j'ai un compagnon depuis pas mal d'années, on est très très heureux, très épanouis tous les deux, dans une très belle relation de très grande confiance, de grand respect, de grand transparent, je crois qu'on...
Je crois qu'on se connaît très très bien l'un et l'autre, tel qu'on est vraiment dans nos grandes vérités. Et en fait, on a développé comme ça notre chemin, notre sexualité, tu vois. Et puis écoute, je crois que... Parce que ça fait presque cinq ans qu'on est ensemble et on a... Pas encore cinq, mais...
On a trouvé notre sexualité, notre sensualité. On a trouvé. Moi, j'ai des orgasmes de dingue. Mais il a fallu beaucoup de confiance, beaucoup de bienveillance, beaucoup de... Et puis...
se libérer aussi sage. Tu vois, dans la vie, c'est ça qui est bien quand on vieillit, c'est qu'en fait, petit à petit, on apprend des choses, de plus en plus de choses. Donc, en fait, plus on vieillit, plus on est vieux, mais plus on est jeune, parce qu'en fait, on est, comment te dire, on est de plus en plus soi-même, quoi, de plus en plus au présent de soi-même. Et ça, c'est très beau. Donc, on est de plus en plus frais, en fait, d'une certaine façon. Moi, je me sens de plus en plus frais, tu vois, de plus en plus libre. Et...
On enlève des couches de limitations. Oui, on s'est libéré aussi des injonctions. Il y a quand même des injonctions qui sont fortes. Lui, mon partenaire, il peut déborder facilement. Ce n'est pas grave.
plein de choses comme ça et savoir que l'amour il est beaucoup plus complexe que ça il est beaucoup plus complexe que ça et puis aussi je trouve cette façon d'aborder la sexualité qu'on a tous les deux c'est aussi beau parce que de toute façon
on sait qu'en vieillissant on sait que ça baisse de toute façon enfin pas tout le monde peut-être je sais pas mais a priori tu vois
Donc aussi, c'est une façon aussi d'être, encore une fois, dans les vérités de nos vies aussi, tu vois, dans l'acceptation. C'est marrant parce que juste avant que je vienne à Folter, j'ai eu un amant avec qui j'ai eu une connexion super puissante et qui, à un moment donné, a débandé. Et c'est la première fois...
J'avais tellement envie de lui exprimer parce que tu sais, t'exprimes aux gens t'inquiète, c'est pas grave et tout, on s'en fout parce que peut-être t'es obligé. En tout cas, c'est dur d'être authentique. Je me dis quand tu débandes, oui, ton partenaire essaie de te rassurer, mais tu te dis dans ta tête c'est mort et tout. Et moi, j'avais vraiment envie de lui dire, mais j'ai
Mais rien à foutre. J'ai trop kiffé le moment. Et j'étais vraiment... J'ai essayé de lui exprimer ça le plus simplement possible. Et ça me parle vachement de ses injonctions à la performance. C'est des sujets... Donc, ce que j'entends, c'est qu'en fait...
Contrairement à des préjugés qu'on peut avoir, Folter n'a pas été un endroit pour toi où justement, tu as enlevé ces couches de préjugés, d'interdits. Ça ne t'a pas aidé particulièrement ? Non, c'est vrai. Tu vois, je n'avais jamais pensé à ça. Non. Non. Un truc que moi, je découvre avec ces deux semaines passées à Folter, c'est la sensualité que je redécouvre. J'ai eu une reconnexion avec les massages. Ah oui ?
En fait, c'est un endroit... En fait, j'essaye un peu de mettre en mots la magie de Voltaire. Et là, je vais te poser une question sur un rituel. Parce qu'en fait, de l'extérieur, on peut se dire c'est ultra perché, c'est quoi ce délire ? J'aimerais bien qu'on trouve un exemple, moi j'en ai un, mais peut-être en as un toi, d'un rituel. Je pisse encore, je suis désolé.
Mais t'inquiète, je finis ma phrase et après on fait une pause. Trop bien, mais c'est parfait. Mais tu sais, ton témoignage, il est découpé en plusieurs épisodes. Donc moi, ça m'arrange parfaitement. Surtout que je suis en train de brûler là auprès du feu. T'inquiète. Du coup, j'avais envie de terminer sur cet endroit queer. C'est un endroit où je me sens en totale sécurité.
Et où ce que je découvre n'est pas forcément sexuel et plus sensuel. Et donc, je peux avoir des hugs, je peux avoir des câlins ou des touchés avec des gens où, en fait, on est dans une forme d'attirance, mais en dessous de l'attirance sexuelle. Tu vois ce que j'essaie de dire ? Et ça, c'est particulier et ça me reconnecte à un truc qui est essentiel pour moi. Hier soir, on me disait avec une fée, parfois, on va sur Grindr pour baiser alors qu'en fait, on veut de l'affection.
Tu vois, plus d'une fois, je me suis demandé, tiens, est-ce que j'ai envie de me branler ? Là, je suis à Folterge, est-ce que j'ai envie de me trouver une façon de me masturber ? Pas évident, mais il y a des endroits un peu reclus. Et je me disais, en fait, je viens de prendre un bain nu avec quelqu'un d'autre avec qui il n'y a pas de sous-entendu, mais il y a quand même une affection, un truc. Et je me sens rempli. Et non, j'ai beaucoup moins besoin d'éjaculer. Il y a une tempête, là ? Il y a beaucoup moins besoin d'éjaculer ici qu'à Paris ?
Là, il faut que je fasse pipi. Là, ça redouble, là. Ça pleut et tout. Mais on est bien, là, non ? Ouais.
Can you say the... To be who I've always been I invoke hope and strength For I am learning I am changing To be who I've always been I invoke hope and strength For I am changing
I am learning to be who I've always been. I invoke hope and strength for I am being. I am learning to be who I've always been. I invoke hope and strength for I am learning
To be who I've always been I invoke hope and strength For I am changing I am being Who I've always been I invoke hope and strength