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On se relance ? Ouais. Tu veux rajouter une bûche ? Tu crois ? Non, je crois pas. C'est toi le chef du feu. Ah, c'est moi le chef du feu ? Bah bien sûr. Tu sais, c'est l'anarchie, t'aimes pas prendre de pouvoir, moi je t'en donne. Ah ouais ? Non, je te take in. On est toujours avec toi, l'Eucalypse, prénom de la ville Hervé, dans cette petite maison… J'aurais pas dû dire mon prénom, c'est plus sympa l'Eucalypse. Mais bon, vas-y, ouais. On est dans cette petite maison
Au milieu de la forêt, on entend le bruit de la pluie et du feu. On est à folle terme, on ne va pas redire ce que c'est, c'était dans les épisodes précédents. Et moi, j'avais envie de te poser deux questions de plus. La première, c'est sur comment un rituel de fées peut être aidant, notamment pour des gens comme moi, citadins, qui sont là, mais moi, je n'ai pas envie de faire des trucs de perché, ça ne me parle pas. Est-ce que toi, tu as un exemple de ça ou pas ? Et deuxièmement,
Tu parlais d'un chemin d'épanouissement en couple. Et j'avais envie de te demander, ce seraient quoi les composantes aujourd'hui, les composantes d'une sexualité épanouie ? Tu en as déjà un peu parlé, mais quand tu te dis, moi je suis assez heureux sexuellement, de quel sexe on parle ? Sur la première, sur les rituels, moi je trouve que c'est le truc qui est le plus effrayant de l'extérieur.
Est-ce que toi, tu as un souvenir d'un rituel qui t'a aidé intimement et que tu peux raconter ? Alors, moi, tu vois, comme je te l'ai dit, je suis très, très, très, très croyant. Je suis quelqu'un qui prie. Depuis 13 ans, je suis catholique pratiquant. Maintenant, j'ai vraiment fait un chemin, un long chemin de réconciliation.
De tous les côtés, par rapport aussi à ma sexualité, mais aussi par rapport à ma foi. J'ai eu un père spirituel, tu vois, super, qui était un vieux jésuite, qui était génial pendant pas mal d'années, qui était un monsieur génial. Et un jour, il m'a dit, pourquoi tu ne vas pas dans les églises ? Et je dis, je n'ai pas ma place, voilà, et tout. Il me dit, pas du tout. Il me dit, tu sais quoi ?
C'est comme, il y a une table, alors il y a des bons gâteaux. Puis toi, tu n'y vas pas parce que tu penses que les autres, ils les mangent, son gâteau. Il me dit, tu m'expliques ton histoire à la marge des fiertés, c'est ça ? Alors, vous êtes fiers ? Il dit, pourquoi tu n'es pas fier aussi ? Il dit, vas-y dans l'église, pourquoi tu n'irais pas ? Et puis s'il y a des gens, s'il y a des cons, c'est tant pis pour eux. Pourquoi tu te prives ?
Il me dit, tu vois, c'était très juste ce qu'il m'a dit. Il dit, puis tu verras bien. Il me dit, pourquoi tu te prives ? Toi, tu te prives, en fait. C'est toi, parce qu'il y a des gens que… Et puis il me dit, tu verras bien. Et puis il me dit, tu rencontreras sûrement des gens très bien. Et j'ai rencontré, en fait, effectivement, des gens très chouettes, très bien.
Tu vois, à partir du moment où moi, j'étais en paix et comme on dit, ouais, fier, heureux, épanoui, je suis retourné à l'église. Et en fait, j'ai eu… C'est marrant, hein. Puis les gens ont changé. Il y a le mariage pour tous, il y a le pape François qui est quand même assez, tu vois…
Même si c'est un homme politique, mais quand même, les gens changeaient. Donc en fait, j'ai toujours rencontré des gens très chouettes, très respectueux. Même ici, à Folterre, je vais à la petite église. Tu sais, il n'y a plus de curé, donc je suis copain avec une petite mamie. C'est un délire !
qui m'amène à la messe, on se donne rendez-vous, tout ça, et elle me dit, comme votre compagnon, tu vois, et c'est une dame qui a 80 ans, tu vois, et qui est pratiquante, qui s'occupe de l'église, qui met les petites fleurs et tout, tu vois, non, non, j'ai rencontré vraiment, c'est vraiment beaucoup de bienveillance, mais quand je sens, en même temps, quand je sens un con,
ce qui ne m'est pas arrivé depuis très très longtemps, je le contourne tout simplement. C'est son problème, ce n'est pas le mien. Donc par rapport au rituel, moi je suis habitué au rituel. Mais quand j'ai rencontré les fées, je n'étais pas pratiquant, j'étais encore dans une histoire très conflictuelle avec tout ça. Donc pour moi, les rituels, ce qui peut faire peur, moi ne me fait pas peur parce que c'est ma vie. Je prie tous les jours, je fais des rituels moi-même, tu vois ?
Donc, on donne des exemples, parce que sinon, c'est un peu conceptuel. Tu as des exemples de rituels, soit un souvenir de rituel, soit un rituel que tu aimes bien. Mais écoute, il y a des beaux rituels, il y a un rituel… C'est-à-dire qu'en fait, les faits…
pour revenir au rituel, les faits aussi, dans les années, disons, 70, c'est des gens qui étaient exclus aussi, les gays. Je parle des gays, mais maintenant le mouvement est beaucoup plus large. Mais à l'époque, c'est des gens qui étaient exclus. Tu vois, en France, jusqu'en 81, c'était puni par la loi d'être gay. Donc c'était des gens qui étaient exclus aussi des spiritualités. Donc on était obligés de…
De prendre des chemins de traverse, en fait, parce qu'on a tous plus ou moins une part de nous qui est spirituelle. Et donc, ils ont été obligés aussi de s'inventer des rituels, de s'inventer une spiritualité. Et nous, à Foltaire, on a, par exemple, un lieu qui s'appelle l'Arbre des Ancêtres. Et c'est un lieu très beau.
très émouvant, c'est un grand arbre, et c'est là qu'on répand, parce que tu vois, en plus de 20 ans, il y a déjà des fées qui sont décédées, des fées âgées, d'autres qui sont mortes jeunes, d'autres qui se sont suicidées, et c'est là qu'on met les cendres, et on fait des très beaux rituels de prière, et chacun vient avec sa spiritualité, son prosélytisme, et chacun…
Alors on part la nuit à travers la forêt avec des bougies, en chantant, on se déguise. Parce que tout ce qu'on fait, il y a toujours de l'humour dedans. Il y a toujours de la fantaisie. Donc on se déguise en lampadaire, n'importe comment, tu vois. Parce que tout est sérieux et en même temps, finalement, tout doit être léger aussi, tu vois, finalement. J'adore comment la maison…
Donc, il y a une partie de la maison qui est un endroit de costume. Donc, tu as des tas et des tas et des tas de costumes. Ce n'est pas des tas, ils sont bien rangés. Bien entendu, bien entendu. Mais une partie énorme de la maison est consacrée au drague.
Ah bah ouais, on a 100 robes, on a des perruques, des maquillages, des talons, des bottes rouges. Ah bah ouais, là tu ne le vois pas trop parce que c'est Lambert, il pleut, c'est plutôt autour du travail, de la terre, etc. Lambert, c'est le nom du rassemblement ? Ouais, c'est le nom du rassemblement. Lambert, ça veut dire quoi en français ? Bah écoute, je crois que ça vient du Canada, je ne sais pas ce que ça veut dire. Les bûcherons ? Les bûcherons, je crois. Ouais, ouais, ouais, c'est ça. On est le rassemblement des bûcherons. C'est ça, c'est bûcherons, ouais.
et nous on dit lumberjane lumberjake c'est bûcheron et nous on s'appelle les lumberjane c'est la place du féminin aussi moi je sais que dans la drag room j'ai trouvé une magnifique veste
Tu m'as vu au No Talent Show ? J'ai chanté. Oui, tu avais une veste à carreaux, c'est ça ? Non, pas du tout. C'est ma vieille chemise de bûcheron de merde. Non, j'ai mis dessus, j'ai trouvé une veste. La drag-room est une invitation à se féminiser ou à jouer avec les genres. Et en effet, tu parles de robe. Moi, j'ai trouvé une veste absolument somptueuse avec plein de filaments d'or et qui scintillent.
Moi j'ai trouvé ça absolument génial, parce que je crois que pour le moment, ou en tout cas je ne me sens pas appelé par explorer ma féminité, est-ce que justement le No Talent Show, donc on a eu une soirée spectacle sans talent, est-ce que ça c'est un rituel ? Ah non, ce n'est pas un rituel !
Le conseil du spectacle, c'est que chacun peut venir faire une performance où il est attendu de ne pas avoir de talent pour faire cette performance. C'est pas qu'il est attendu de ne pas avoir de talent, parce qu'à Folter, il y a plein de gens qui ont plein de talent. Il y a des gens incroyables. C'est fou, parce que ce lieu draine…
Quand même, des gens, quand tu parles avec, tu aperçois que les gens font des choses incroyables, quoi, ici, quoi. C'est épatant, quoi. Chaque fois, il y a des gens tellement talentueux. Non, mais c'est une façon de ne pas se prendre au sérieux, de dire nos talents chauds, tu vois. C'est l'important. Si tu as envie de monter sur la scène, de faire un truc, tu le fais, quoi, tu vois. C'est ça. Mais tu as des gens qui ont beaucoup de talent et qui vont faire des choses magnifiques, tu vois.
Moi, j'appuie quand même sur le fait que l'invitation qui m'a été proposée, que je trouvais absolument géniale, c'est un No Talent Show. Et ça ouvre les cœurs. Parce que du coup, dans la société où on est censé sans performance, tu ne sais pas chanter, tu as envie, viens, on chante. Et tu te rappelles, il y a des gens qui ont essayé de faire Daft Punk avec le visage enroulé dans du papier d'alu. Le papier d'alu tombait de leur visage et leur guitare ne fonctionnait pas. Et en fait, c'était trop chouette ce qu'ils nous ont partagé. Ça, c'est
pas un rituel. Non, c'est pas un rituel. Mais tu vois, par rapport au No Talent Show, il y a vraiment une dimension qui est vachement importante chez les faits. C'est quand même pas se prendre au sérieux, quoi. Tu vois ? Ça, je trouve ça vachement important, quoi. Quand même… Après, il y a beaucoup de dramas, beaucoup de gens qui sont… Donc ça, c'est des choses qu'il faut entendre, respecter. C'est un processus humain qui est compliqué, tu vois, qui est complexe. Tu veux dire quoi ? Il y a beaucoup de dramas ?
D'émotions ? Oui, d'émotions. De gens qui ont été blessés parce qu'ils ne sont pas d'accord avec ce qui s'est passé, parce qu'ils ont lancé tel projet qui finalement n'a pas été respecté. Et puis d'autres qui sont très en colère d'un seul coup contre la communauté. Parce que tu vois, c'est un processus humain complexe qu'il faut prendre au sérieux. Merde, c'est mon téléphone. Je ne pensais pas que ça captait !
Normalement, on ne capte pas ici, tu veux aller l'éteindre. Il n'est pas fort, c'est une petite musique. Tu veux que je le coupe là ? Attends, qu'est-ce qu'on disait ? Ne pas se prendre au sérieux, c'est important. Je pense que c'est vraiment important. C'est vraiment très important.
Est-ce que le cercle… Enfin, excuse-moi. En fait, c'est marrant parce que pour moi, le No Talent Show fait partie d'un rituel. Oui, c'est ça. Mais j'entends que ce n'est pas ta démission et c'est la tienne qui m'intéresse. Mais j'ai vraiment trouvé que beaucoup des activités qui sont proposées, elles le sont tellement différemment qu'il y a un truc pour moi spirituel de reconnexion. Moi, je ne suis pas du tout spirituel.
mais de reconnexion au vrai soi, à quelque chose qui nous dépasse. Bon, ça, c'est un peu moi, mon rapport à ça. Est-ce que les cercles de parole, selon toi, sont des rituels ? Oui, c'est des… Comment te dire ? C'est comme dans toute communauté, en fait. Moi, qui fais des retraites dans des communautés de moines ou quoi, tout est rituel, en fait, tu vois ? Tout est rituel à partir du moment…
Ou c'est comme dans des communautés de moines, tout est prière. Faire le repas, se promener, entretenir le potager, sourire à quelqu'un que tu croises, tout est prière. Et à Folter, j'ai presque envie de te dire, oui, effectivement, tout est rituel si tu veux. Tu vois, tu es dans un sanctuaire, tu n'es pas dans une maison de vacances. Alors, c'est un sanctuaire dont les frontières sont très larges et chacun va les définir comme il a envie de les définir.
Mais si tu veux, oui, d'une certaine façon, tout est rituel. Après, il y a des rituels qui sont purement spirituels, tu vois. Par exemple, tu as les rituels à l'arbre des ancêtres. Tu as aussi un rituel qu'on fait au printemps avec un grand mât qu'on décore pour honorer la nature. C'est des rituels païens, tu sais. Certains sont amenés des fées peut-être d'Amérique du Nord aussi, ou certains, tu vois…
Et par exemple, dans ce grand rituel du grand poteau, il y a… Les gens, chacun peut le prendre comme il veut, mais il y a une fée qui y était, qui m'a témoigné qu'elle, elle l'a pris comme une opportunité pour se dire… Cette personne traversait un moment clé de sa vie. Elle s'est dit, OK, qu'est-ce que je plante ? On était au printemps, donc qu'est-ce que je plante dans le sol, là, dans ma vie d'après ? Quelle est la graine que je veux planter ? Et qu'est-ce que je laisse de côté ?
Et la personne a décidé que ce rituel était un petit moment de « ok, je réfléchis à ma vie et c'est quoi mes intentions pour la suite », tandis que d'autres ont juste chanté en kiffant et sans se prendre la tête et tout. Mais je crois que j'avais envie de mettre un peu de la lumière sur ces rituels qui, je trouve, le mot peut faire peur. Et je crois que j'avais envie d'amener du concret, ce que tu as bien fait.
Dans ces rituels, tu peux… D'abord, rien n'est obligé, tu fais ce que tu veux à Folterre, tu vois. Si t'as pas envie d'y aller, tu dis t'y vas pas, tu vois. Et puis tu peux y aller, faut quand même respecter les gens qui organisent, tu vois. Mais tu peux complètement déconner pendant tout le rituel. Enfin, tu te déguises, tu vas t'habiller comme un taré, tu vas…
Voilà, rigoler. Chacun, tu vois, du moment que tu n'es pas ostensiblement négatif ou moqueur ou quoi, mais chacun est libre de le vivre et de l'interpréter comme il veut. Et je pense que oui, il y a beaucoup de faits pour lesquels les rituels sont importants. Moi, les rituels, ils m'ont… Comment dire ? Ma spiritualité, elle s'est beaucoup développée à Folterre. Elle s'est beaucoup enrichie
Comment te dire ? Par une certaine forme d'animisme, le mot est un peu fort, mais comment te dire ?
Je vois vraiment des ponts entre les spiritualités. Je ne vois pas des murs. Et par exemple, entre l'animisme, que je ne connais pas bien, mais que j'ai touché du doigt à Folterre, malgré tout, et surtout par mon expérience personnelle de lien. Moi, j'ai des liens très forts avec les animaux. De longues heures passées seules dans la forêt, à prier, à contempler, à me remplir de la beauté du monde. Comment te dire ?
Pour moi, Folter, je vois un lien très fort entre l'animisme et le christianisme, tu vois, par exemple. Et ça, c'est vraiment une chose que Folter m'a apportée. Folter a enrichi, vraiment enrichi ma foi, tu vois. Et ça ne me paraît pas contradictoire avec la foi catholique. Par exemple, tu vois, Saint François d'Assise, il faisait des sermons aux oiseaux.
Il prêchait aux oiseaux. Et c'est quand même un des plus grands saints de la chrétienté. C'était pas un fou, mais il prêchait aux oiseaux.
C'est quand même pas rien. Tu vois ? T'imagines, maintenant, on dit que quelqu'un va aller dehors et il va prêcher aux lapins. Tout le monde va rigoler. Eh bien, c'est quand même un des plus grands saints de la chrétienté, tu vois ? Donc… Et puis, tu vois, il y a un dogme, enfin, je parle dans tous les sens, mais il y a un dogme qui est très beau pour moi, c'est la communion des saints. C'est la communion de prière entre les morts, les vivants. C'est la communion de prière entre les vivants. Et pour moi…
Pourquoi ça s'arrêterait aux frontières de l'humain ? C'est complètement absurde. On fait tous partie de la création, on fait tous partie du sacré. Donc cette énergie, elle circule. Pourquoi elle ne circulerait qu'entre les hommes ?
Pourquoi ? Bien sûr que je pense qu'il y a un échange d'énergie, on peut appeler ça énergie, mais moi je pense plus de prière, de spiritualité, entre nous, entre les arbres. Moi j'ai eu un lapin pendant des années, j'ai eu plein d'animaux et j'ai eu un échange.
Et je crois à la spiritualité des arbres, à la spiritualité des animaux, à la spiritualité de ce monde qui nous entoure, parce qu'il fait partie du sacré, tout comme nous. Et je crois que l'au-delà…
Il est rempli d'animaux, d'arbres, tu vois. Donc oui, Folter a grandement enrichi ma foi, en fait. L'a rendue encore plus belle, encore plus riche, plus généreuse, tu vois. Parce que je trouve que le monothéisme…
C'est tellement enfermé. Tu vois, dans les évangiles, la place de l'animal, c'est catastrophique. L'âne qui porte le Christ, la colombe qui a un symbole, le veau qui est sacrifié, tu vois, c'est horrible. C'est tellement réducteur. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas comment l'homme s'est enfermé là-dedans. Alors qu'on est entouré du vivant, tu vois, que le monde est rempli de plants, la moindre faille dans le bitume crée un arbre. Tu vois ? Et non.
Et non. La spiritualité, c'est l'homme. C'est vachement intéressant ce que tu dis parce que… Alors moi, je suis très très loin de ton expérience. C'est vraiment pas dans ma vie. Je suis ni spirituel, ni connecté à tout ce que tu me dis. Et pourtant…
quand je suis arrivé à Voltaire on m'a fait un tour et gentiment on m'a amené donc on m'a fait un tour de la maison puis après des alentours, la maison est perdue au milieu des arbres et d'une petite colline et on me dit bah viens je vais te montrer l'arbre des ancêtres, tu en as parlé avant et on m'a dit viens aussi je vais te montrer la meditation rock la pierre de méditation moi je médite pas m'intéresse, enfin vraiment c'est loin de tout ça et j'arrive à cet endroit
Et je ressens un truc dans mon corps. Je me dis, je dois être un peu fatigué du voyage et tout. Mais j'ai d'abord connecté très intimement. J'ai senti un endroit d'apaisement, un endroit de… Quelques jours passent et au final, moi, à ce rassemblement, je n'ai pas du tout rencontré beaucoup de sexualité. J'ai un peu raconté la sensualité, le massage, mais j'ai aussi beaucoup rencontré la tristesse.
je me suis connecté profondément. Un des rituels, les cercles de paroles et notamment les cercles du cœur où chacun partage sans être interrompu un propos qui ne sera ni commenté, non répondu directement et chacun à son tour fait un partage. Et en fait, moi, je suis arrivé avec beaucoup de joie, beaucoup de… Je vais bien en ce moment, c'est cool. Et en fait, assez rapidement, plusieurs partages ont parlé d'une grande détresse, d'une grande…
Et bam, je me prends toute ma tristesse refoulée, elle ressort. Et en fait, beaucoup pendant la première semaine de mon séjour ici, ça a été de l'exprimer, la naviguer, etc. Et à un moment donné, je suis remonté à la Meditation Rock, à la pierre de méditation.
Et je me suis senti profondément connecté, profondément bien. J'ai trouvé que les arbres et la roche étaient somptueux, alors que moi, vraiment, c'est pas des trucs qui me parlent du tout. Et j'ai pleuré. Je me suis vraiment autorisé. Et je pense que le sanctuaire et la communauté et tout ce que je vis de beau a été un endroit d'ouverture pour me permettre de…
De pleurer ce que j'avais à pleurer. Et j'ai senti des petits bouts de ce que tu viens de partager. Je te remercie. Tu veux réagir ? Moi, ce que je crois… Alors ça, c'est mon point de vue de croyant. Et peu importe. Mais tu sais…
Ça fait 20 ans que des gens vivent des choses très, très, très, très, très fortes ici. Tu vois ? 20 ans qu'on fait des rituels, 20 ans qu'on se bat contre nous-mêmes pour dépasser nos peurs, pour dépasser nos blessures, pour s'accueillir les uns les autres, pour se pardonner, pour tenir la maison aussi, pour faire des… Tu vois ?
Ça fait 20 ans, en gros, il y a 20 ans d'amour ici. Et avec, tu vois, des centaines, des centaines, des milliers de personnes qui sont venues à Folterre. Il y a des milliers de personnes qui ont vécu des choses très intenses, très fortes. Des milliers de rituels qui ont été faits, tu vois, les cendres de beaucoup de gens qui ont été répandus ici. Beaucoup de…
Et tout maladroitement, avec des erreurs, avec des blessures, avec des ratages, mais toujours dans une énergie d'amour. C'est vraiment le moteur quand même de bienveillance et de tolérance. Alors, de façon maladroite, on est d'accord. Eh bien, je crois que toute cette énergie, tout cet amour partagé,
a fini par… D'abord, ça porte ses fruits parce que c'est un miracle que la maison existe toujours. Qu'on n'ait jamais été agressé, qu'elle n'ait pas pris feu, qu'il n'y a pas eu d'inondation. Parce qu'on est paumé ici. Il pleut, c'est humide, il n'y a pas de salle de bain. C'est l'inconfort au
au possible. Malgré tout, tu vois, là, on est 35 qui viennent de plein, plein d'endroits différents, même d'autres pays, tu vois, pour être ici. Et je pense qu'il y a quelque chose d'assez miraculeux. Et je pense que vraiment, cette terre… Et imprégnée. Oui, je pense que c'est vraiment une terre qui est devenue… Après, c'est un point de vue…
très subjectif, mais je pense que c'est un lieu qui a acquis au fil des ans une forme de sainteté. En tout cas, pour moi, c'est vraiment un sanctuaire. Cette forêt, pour moi, c'est ce que je dis toujours, c'est une cathédrale pour employer une image. Et je pense…
qu'il y a une vraie force ici, tu vois ? Déjà, le lieu est complètement fou, au milieu de ces grands arbres, avec toutes ces sources, tous ces animaux, ces chevreuils, ces sangliers, dans la montagne comme ça, perdus. Et puis c'est perdu ici, personne ne connaît le plateau des mille et tant, c'est dur. Je n'ai jamais rencontré personne dans la forêt, tu vois ? Et pourtant, je passe des heures à me promener.
Tu ne croises jamais personne. Parce que c'est complètement paumé. Eh bien, il y a déjà en soi une force très puissante. Mais je crois vraiment qu'on a réussi. Je crois qu'il y a une prière qui a été entendue, qui a été exaucée ici à Folterre. Tu vois ? C'est marrant parce que je pense que…
Et à un moment donné, quand je t'écoutais, je me disais, les gens qui écoutent vont se dire, moi je voulais un podcast sur la sexualité, c'est quoi cette merde ? C'est hors sujet. Et en fait, pas du tout. Je ne suis pas le bon mec pour parler de sexualité, je te l'ai dit. Enfin si, je peux en parler parce que finalement…
Tu vois, finalement… T'en as parlé. Et pour moi, je vais au bout. Ton complexe, c'est interposé dans ma phrase, mais moi, je ne te parlais pas à toi, je parlais aux… T'inquiète, il n'y a pas de problème, aux auditeurs et aux auditrices. Pour moi, dans mon chemin d'épanouissement intime, romantico, sensuelo, sexuelo, en fait…
Un tel sanctuaire queer vient réparer, vient apaiser, vient enjailler, vient exciter, vient sublimer, vient pénétrer. C'est un endroit où la sexualité n'est plus limitée à « est-ce que je te suce ? Est-ce que tu me suces ? » à la petite pratique.
Mais c'est bien l'épanouissement sexuel dans tout. Tu as la libido de vie, l'élan de vie et la spiritualité et la réparation et le chemin de santé mentale. En fait, elle est clé. Parce qu'en fait, derrière, parfois quand je débande, ce n'est pas une question sexuelle. C'est une question dans la tête. C'est une question de toutes les blessures dont tu as parlé avant. C'est une question de comment je répare. Voilà, on a été harcelé, agressé. Aujourd'hui, ma capacité à jouir,
elle est directement liée à ma capacité à me réparer, à retrouver à ma petite aiguille, mon petit filet, à dire, allez, la cicatrice restera, mais je vais jouir. Et dans ce mouvement, tu vois, de réparation, il n'est pas juste, il faut que j'aille faire des cours sur l'érection ou il faut que je m'injecte un liquide dans le pénis. Et tu vois, c'est pour ça que pour moi, tout ton propos sur la spiritualité, sur ton chemin à toi, il est…
Il est vachement dans le sujet et j'aime bien le titre du podcast, c'est Comment devenir sexuellement épanoui, mais sexuellement, c'est entre parenthèses. Toi, tu as fait tout ce chemin-là et aujourd'hui, tu dis j'ai une sexualité où je suis bien, où je suis mieux. Est-ce que tu peux m'en dire un peu quelque chose ? Si tu devais raconter ta sexualité d'aujourd'hui aux jeunes de 20 ans qui galéraient, tu lui décrirais quoi ?
Ben, écoute, profondément connecté à mon cœur quand même, tu vois, profondément connecté à mon moi profond, à ce que je suis en fait, tu vois, lavé de…
de toutes les injonctions, de la sexualité, ça doit être ceci, ça doit être cela, la sexualité, ça doit être la pénétration, la sexualité, ça doit être l'éjaculation, la sexualité, ça doit être comme ci, ça doit être comme ça, tu vois. D'abord, quelque chose qui… Un retour, un retour vraiment… Enfin, si tant est que ce soit un retour, en tout cas, parce que moi, finalement, je ne me suis jamais tant éloigné que ça, je crois, enfin, je me suis fait du mal, mais…
une connexion profonde, intime à qui l'on est, à qui l'on est vraiment. Je pense que c'est vraiment important, d'abord, tu vois. Et puis après…
Pour moi… Attends, je parle d'une expérience personnelle, parce que moi, je suis amoureux, je suis en couple. Comment te dire ? Mais c'est quoi, en fait, du coup, ta sexualité ? Donc, c'est moins d'injonction, pas forcément de pénétration, pas forcément d'éjaculation. Si, il y a quand même, bien sûr. En fait… Ça veut dire quoi, être connecté à soi quand on a du sexe ? Pour toi ?
Ah là là, attends, c'est compliqué ce que tu me poses comme question. Euh… Attends, euh… Ah putain, attends, excuse-moi, c'est dur de répondre comme ça. Je sais pas comment t'élire. Avec mon compagnon…
On essaie vraiment d'être dans une relation de vérité, l'un à l'autre, tu vois. Donc, d'être vraiment très honnête, de mettre l'orgueil de côté, de savoir faire le tri aussi dans ce qui appartient à l'autre, ce qui m'appartient, d'être…
Très honnête. Par exemple, tu vois, nous, alors qu'on s'entend très bien, on a vu une conseillère conjugale pendant deux ans. Elle était surprise parce qu'elle dit, c'est marrant, les gens qui viennent me voir, c'est parce qu'ils s'embrouillent. Mais vous, non, en fait. Ouais, mais on trouve que c'est intéressant d'aller encore creuser plus loin dans la vérité de notre relation. Tu vois, on avait vraiment envie de…
Et on s'est aperçu qu'il y avait des choses cachées encore, tu vois, finalement, de manque de respect de l'autre, de projection, d'orgueil finalement, cachées encore, tu vois, pour être dans une relation la plus respectueuse possible. Donc je dirais que notre sexualité, elle prend sa source.
dans cette relation d'amour, vraiment. Elle est le fruit de cette relation, de cet amour qui nous lie. Et c'est un amour qui n'est pas un amour passionnel, qui n'est pas un amour, oh mon Dieu, il faut qu'il m'envoie un texto, ah là là, je suis jaloux, alors mon cœur vibre. Non, en plus, on n'est pas du tout jaloux, je ne suis pas du tout jaloux. Moi, par exemple, tu vois, s'il a envie d'aller voir ailleurs, mais qu'il y aille. S'il peut vivre…
des choses chouettes avec quelqu'un d'autre, si son corps peut s'épanouir, mais tant mieux, quoi. Qu'est-ce que ça me vole ? Au contraire, plus il va être heureux, plus ça va me rendre heureux. Tu vois ? Je lui fais confiance et je me fais confiance. C'est pas parce que lui, il est heureux que ça va me voler quelque chose. Et si à un moment donné, il ne me respecte pas, c'est ma responsabilité et c'est pas la sienne, tu vois ? Et donc, notre sexualité, comment te dire, elle est issue
Elle est le fruit d'abord de l'amour et du respect que chacun se porte à lui-même et que nous nous portons l'un à l'autre. Donc de cet amour naît une grande tendresse, une profonde tendresse, une très grande bienveillance.
Beaucoup, beaucoup, beaucoup de câlins, beaucoup de se prendre dans les bras. On chante ensemble, tu vois, on pleure ensemble d'émotions, parfois d'être ému, de s'aimer comme ça, de… Je sais pas, de se toucher la main, de…
Tu vois, de tendresse, en fait, qui s'exprime par le corps. Et ça, c'est magnifique. Parce que dans cette tendresse-là, se niche, en fait, notre sexualité. Tu vois ? Parce que cet amour provoque, parfois, souvent, un moment sexuel, tu vois ? Qui nous surprend, en fait, tu vois ? Qui nous attrape. Et…
C'est vraiment notre tendresse qui est le chemin après de la sexualité. Le respect aussi, le respect individuel et le respect du couple.
Ouais, c'est beau, c'est beau, c'est très beau. Et puis tu vois aussi, c'est beau parce que, bon lui, tu vois, il est plus jeune que moi, il a 40 ans, mais ce que je disais tout à l'heure aussi, c'est un chemin aussi, c'est un chemin…
vers la vieillesse aussi c'est pas encore maintenant mais c'est un chemin aussi peut-être vers la maladie parce que tu vois on est à l'abri de rien c'est un chemin je veux dire la sexualité elle est elle est elle est
Elle est à plein d'endroits insoupçonnés. Des personnes handicapées, par exemple, peuvent avoir une sexualité. Et ça ne va pas être des gens, par exemple, une personne très, très, très paraplégique. Ça ne va pas être la personne qui va te faire le plan cul que tu vas trouver sur Grindr. Mais il y a une sexualité. Une personne âgée aussi, sans doute. Parce qu'il y a plein de chemins, en fait. Mais le seul chemin principal, après, il y a plein de ramifications, mais le seul chemin, c'est la tendresse, en fait. Tu vois ?
Et c'est vrai que c'est triste. Moi, j'ai pas mal de potes, c'est vrai, qui vont sur des applis, tout ça. Et comment… Parfois, ils sont tristes parce qu'en fait, il n'y a pas de tendresse, tu vois. Ou ils se disent, ah, ce mec-là, ça a bien marché. J'espère que, tu vois, peut-être qu'il va me rappeler. Ou cette nana, tu vois, qui rencontre une nana. J'espère qu'elle va… Mais en fait, non, quoi. Tu vois ?
Non, je t'ai consommé, il n'y a pas eu de tendresse. Et je trouve ça… Enfin, le sexe sans tendresse, parfois, c'est fun. Parce que… Moi, je n'ai jamais fait de sexe sans tendresse. Mais j'imagine que ça peut être fun d'un seul coup. Mais même avec mon compagnon, parfois, tu vois, je ne sais pas pourquoi, d'un seul coup, on se prend dans les bras, on bande et c'est trash. Et on se suce, on se bande comme des tarés dans les chiottes de n'importe où.
Et d'un seul coup, c'est hyper marrant, quoi. Tu vois, c'est fun aussi, le sexe. Et c'est vrai que chez les fées, c'est un truc aussi que j'ai pu découvrir quand même. Que ça peut être… C'est vrai, je dois avouer. Que c'est fun aussi, tu vois. Ça peut être aussi marrant. Enfin… Bien sûr, heureusement. Mais…
Oui, la tendresse. De la tendresse, je pense que de la tendresse peut naître une très belle sexualité. En tout cas, nous, c'est comme ça qu'on a trouvé notre chemin. Mais ça a été un choix.
d'adulte. Ça a été un positionnement. On s'est dit, au début de notre rencontre, c'est une rencontre forte, c'est une belle rencontre. On a des choses à explorer l'un et l'autre. Ne projetons pas, non plus, parce que l'autre ne t'appartient pas, parce que tu ne sais pas qui il est, parce que l'autre n'est pas responsable de ton bonheur, n'est pas responsable de tes frustrations, et l'autre demeure malgré tout une personne totalement indépendante et malgré tout mystérieuse, qui ne t'appartiendra jamais.
mais on s'est dit tiens, on a envie d'aller voir ensemble quelque part ne nous arrêtons pas on verra bien faisons confiance, elle viendra la sexualité et elle est venue je crois qu'on est très épanouis
Ça fait 25 ans que tu fais des rassemblements de fées. Pourquoi tu continues à revenir ? Et ça sera ma dernière question. Après, je te demanderai, est-ce que tu as une dernière bafouille ? Si tu as un truc où tu te dis, j'ai vraiment envie d'ajouter. Mais moi, je suis curieux. Pourquoi tu continues à venir ? Qu'est-ce que tu trouves à Folter aujourd'hui ? Folter, si, ça a 20 ans. Pfff.
Tellement de choses quoi, tellement de choses quoi.
Écoute, sur des points différents, la nature, je ne mets pas un point avant l'autre, c'est une énumération sur le même niveau. La nature, quand même, c'est un endroit où tu es vraiment connecté avec la nature. Tu te laves, tu manges dehors, tu te laves dehors, tu cuisines, tu vis dehors, tu es dans la forêt, complètement dans la forêt. Et ça, là, on l'est moins parce qu'il pleut, et encore, on est quand même vachement dehors.
Et ça, c'est génial. Moi, je connais hyper bien la montagne ici. Je pars des heures. Et c'est vraiment un endroit… Pendant des années, là, il n'y a pas d'électricité. Mais nous, pendant des années, il n'y avait pas d'électricité. On était peu. Au début, on était 5, 7. Et moi, les premières années, je restais 2 mois, 3 mois dans la forêt. Je ne redescendais pas au village.
Et ça, cette connexion avec la nature, avec l'eau, avec les cascades, avec les sources, avec les étangs, avec les tritons, les grenouilles, tous ces animaux. Tu es vraiment dans la forêt. Et on a beau dire… Moi, je n'ai pas ça ailleurs. Parce que tu as toujours une salle de bain confortable à un endroit. Donc ça, franchement…
Moi, je prends ici, je viens faire des overdoses d'arbres ici, tu vois ? Je me charge à fond avant de repartir. Et puis le feu aussi, tu vois ? Le feu de bois, tu vois ? Se retrouver frères et sœurs humains autour du feu de bois, sous la lune, sous les étoiles, et chanter, partager, et se prendre dans les bras autour du feu…
Franchement, c'est des choses qui sont éternelles, intemporelles. Il n'y a qu'ici que je vis vraiment ça, tu vois. On est complètement dans la nature ici. Tu ne m'as jamais pris dans les bras. Non, non, non, non, non. On va le faire à la fin du podcast. Gros mytho, gros mytho. Et puis, on ne se connaît que depuis deux jours. J'ai l'impression que ça fait huit semaines. C'est ça qu'il faut ici, c'est ça. Et puis aussi, voilà, tu vois, bonne transition. L'humanité, tu vois.
Et puis comment te dire aussi… L'humanité ? Ouais, l'humanité. Enfin, tu rencontres des gens formidables. Et puis il y a des faits que tu retrouves. Il y a des faits que je connais depuis 20 ans, d'autres depuis pas longtemps. Mais tu sais, on se retrouve, on est une communauté. On vit des choses. Et à chaque fois, t'as des gens tellement incroyables qui arrivent. C'est tellement fascinant, sidérant. Et puis aussi, comment te dire ?
On est blessés, quoi. On est des gens, enfin, ma génération, en tout cas, et je crois que malheureusement, ça passe pas encore parce que la génération suivante, tu vois, avec toutes les questions identitaires, tu vois, maintenant, il y a vraiment plein de gens trans qui sont chez nous, qui sont chez eux, chez elles, en fait, chez n'importe quoi, qui sont là et qui, moi, m'interrogent à un endroit, tu vois, c'est une autre génération, en fait, je dois bien le dire.
Et qui m'interrogent, tu vois, par rapport… On est toujours le vieux con quelque part de quelqu'un, tu sais. Je ne suis pas leur vieux con, mais en tout cas, j'ai à m'interroger de toute façon, tu vois. Parce que leur chemin est encore différent du mien. Et donc, c'est un enrichissement humain permanent. On est blessé, ça veut dire quoi pour toi ? Ben, je dis on, je dis on, je devrais parler à…
Tu reviens ici parce que ça continue à te réparer ? Ah ouais. Mais ça fait du bien, quoi. Je suis désolé, mais… Alors ouais, des copains m'ont dit « Ah, c'est con, moi je reviendrai bien en famille et tout. »
J'ai pas compris. Les copains te disent quoi ? Moi, j'ai pas mal de… Moi, j'ai des amis de tout style. J'ai vraiment… Tu vois, je suis fidèle. Dans toutes les étapes de ma vie, je me suis fait des amis. Et en fait, j'ai des copains hétéros qui aimeraient bien venir et tout. Je les exclue pas, mais… Comment te dire ? En fait, toute la société…
On est en minorité en permanence. On a beau dire, on est en minorité en permanence. Même si, depuis dix ans, tu vois, le mariage gay, etc., c'est quand même chouette, quoi, tu vois. C'est quand même moins violent. Moi, je vois, moi, en tant que gay dans l'Église, maintenant, tu vois, là, le pape, il a dit qu'il était favorable à une bénédiction des couples homosexuels. Alors, tu vois, il a des menaces de mort, d'ailleurs, tu vois. Donc, malgré tout, ça change un peu. Enfin, quand même, il y a quand même… Mais quand même…
Quand même, on est en minorité. BD, ça demeure l'insulte la plus prononcée au collège et à l'école primaire. T'as des crimes homophobes encore en France maintenant. On est en minorité. On est blessé. On a été blessé. On a vécu comme des gibiers pour chasser, quoi.
Et je crois que c'est un point qu'on partage tous. Même si on s'en sort tous plus ou moins certains mieux que d'autres, certaines mieux que d'autres. Et maintenant, tu vois, quand t'es trans aussi, la compréhension, le chemin que ces gens, que ces filles, que ces gars ont
On va accomplir, quoi, face à l'incompréhension, face à l'ignorance, tu vois ? Donc on est blessés, on est blessés, on est blessés, tu vois ? On est blessés, on est tous des survivants, d'une certaine façon. Je crois, je parle au nom de la communauté, mais peut-être que des gens me contrediront, mais…
Et ça fait du bien d'avoir un endroit quand même, un sanctuaire, un endroit où tu peux poser tes valises. Parce qu'il n'y en a pas d'autres. Tu vois ? Il n'y en a pas d'autres. Et on est isolé dans un monde quand même…
qui nous est hostile. Je suis désolé, mais tu peux pas te prendre main dans la main à Paris, à Jaurès. Tu peux pas… Tu vois, si tu fais un baiser à ton compagnon, les gens, ils te regardent.
T'es obligé tout le temps, tu vois, par exemple, là, avec mon compagnon, on voudrait acheter une petite maison, une ferme, on a envie. Et le gars, au téléphone, c'était, ah bah, venez avec votre dame, elle vous dira votre dame et tout. Puis je lui ai dit, bah, c'est pas ma dame, c'est mon compagnon, en fait. Puis là, il y a eu un silence. Ah bah, ça me dérange pas, vous faites ce que vous voulez, tu vois. Enfin, tu vois, c'est pas grave, y a rien de mal, le type a rien fait de mal. C'est pas de ça, tu vois, je lui en veux pas du tout. Mais…
Enfin, ouais, c'est pas facile. Par exemple, moi, je reviens de loin. Moi, j'ai grandi dans une petite ville de province très bourgeoise. J'étais dans un collège catholique, dans un lycée catholique. Moi, j'étais insulté. Je commençais par ça, j'avais des lettres d'insulte que j'ai gardées, des petits mots.
tu vois, donc on est blessé donc ouais, faut le taire, ouais ça fait du bien quoi ça fait du bien quoi, putain de se prendre dans les bras d'être d'un endroit où t'es safe aussi quoi, tu vois, je pense donc ouais, j'ai besoin de venir ici et ça me ramène c'est super beau ce que tu dis ça me parle vachement, ça correspond vraiment à mon expérience
Il y a une fée qui a dit, qui nous a rappelé le sens du mot sanctuaire. Et dans le sanctuaire, alors bon, bien entendu, c'est du latin et c'est un endroit où on ne peut pas faire la guerre.
C'est un endroit où on décide, c'est un endroit où il n'y aura pas de guerre, de combat. C'est un endroit qui porte la signification de la réparation et aussi de l'absence.
sanctuariser un endroit, tu vois. C'est circonscrire ses frontières et nous ne trépasserons pas certaines choses. Et ça me parle vachement. Merci, l'Eclipse. Ouais, merci à toi. Merci à vous, si vous écoutez. Je crois que c'est pas trop chiant. Moi, j'ai trouvé ça pas chiant du tout. Ouais, c'est vrai. Ok, c'est une vie.
C'est marrant parce qu'il arrête de pleuvoir, là. Soudainement, t'as vu ? Ouais, mais t'as vu le vent, là ? C'est dingue. Mais demain, ça va être la tempête, il paraît, ici. T'as vu ? Il y a un énorme arbre qui est tombé, là. Ouais, ça fait un énorme bruit. Je n'étais pas là, moi. Ah ouais ? Ouais.