Devenir escort pour sortir de mon milieu – Robin 1/3

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Partie 1/3 – Étudiant, Robin qui vient d’un petit village est devenu escort au fil des rencontres, rêvant de trouver un mentor qui lui apprendrait les codes des milieux « de la haute société ». Dans cet épisode Robin raconte l’impact sur sa vie intime et sa construction.

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Bienvenue Robin chez moi. Merci Guillaume. C'est cool de se rencontrer enfin. Ouais. Bon, on a parlé il y a quelques mois. Je vais là essayer de restituer les trois axes qu'on va creuser ensemble. Mais ça a peut-être changé. C'est OK si ça a changé. En tout cas, c'était vachement intéressant. Tu m'as envoyé un email. Tu m'as dit super tes podcasts. Mais contrairement à tous les gens que j'entends sur le podcast, moi, je suis dans un moment où je suis perdu sexuellement. Je ne suis pas épanoui. Tu me dis je traverse actuellement une période dans laquelle les blocages sexuels s'accumulent. Tu vas me parler de ce schéma d'homisoumis habituel dont tu aimerais bien te passer ou que tu aimerais bien dépasser. Et tu m'as dit, ça m'a beaucoup parlé, je n'arrive pas à mettre en pratique un nouvel imaginaire. Tu me dis que tu es en relation depuis deux ans, le sexe devient de plus en plus rare et tu n'as plus de désir, même pour des relations hors du couple. Pardon, je te coupe. J'ai dit deux ans ? Tu n'es pas d'accord depuis deux ans avec ton amoureux ? Non, ça fait bientôt sept ans. C'est peut-être depuis deux ans que nos rapports ont diminué. C'est ça que je voulais dire, pardon. Et du coup, tu demandes si progressivement, tu n'es pas en train de devenir asexuel et si tu aurais épuisé un capital sexualité après une jeunesse très intense. Jeunesse intense parce qu'à 18 ans et pendant six ans, tu es escorte ou travailleur du sexe. Un choix né, tu dis, d'une envie d'ascension sociale ? Et tu m'as dit dans ton email, je fantasmais ce milieu et m'étais convaincu que cela me permettrait de rencontrer un mentor et d'apprendre les « codes » pour évoluer socialement. Ça fait bizarre de se réentendre. Ça fait bizarre pourquoi ? Je suis allé loin, je trouve, dans ma description. Il y a des choses qui sont encore, ça fait quelques mois quand même, mais il y a des choses qui sont toujours d'actualité. On s'est parlé en septembre ? Ouais, c'était en vacances, fin septembre. Et on est en décembre, donc quelques mois sont passés. Pourquoi t'as eu envie de témoigner ? J'ai envie de témoigner, ça faisait quelques mois que j'écoutais ton podcast assez régulièrement. Je l'ai fait pour moi principalement, c'est aussi pour ça que je t'ai écrit. J'avais envie de laisser une trace, parce que j'ai l'impression que la parole peut aider à libérer en fait. Il y a peu d'occasions où on peut vraiment parler de soi comme ça, donc je l'ai un peu saisi on va dire. Et puis laisser une trace en me disant, peut-être dans 5 ans, 10 ans, si je réécoute, je pourrais regarder un peu le chemin parcouru. Comme je te disais, aujourd'hui, c'est un peu confus. Donc j'espère que d'ici là, ça aura évolué. Ça me permettra d'avoir une trace. Qu'est-ce qui est confus ? Ce qui est confus, c'est mon parcours et mon lien avec le sexe, qui est un peu des montagnes russes. J'ai commencé très jeune, à 14 ans, un peu sur les chapeaux de roue. et depuis maintenant plusieurs années en fait je ressens des blocages multiples et ouais c'est un peu je sais pas dans quelle direction je vais c'est ça qui est confus je sens qu'il faut du changement mais je suis plus dans la théorie que dans la pratique pour l'instant donc c'est ouais j'en suis là toi tu me dis j'ai commencé tôt peut-être qu'on le fait chronologiquement j'ai l'impression que ce que tu m'as raconté c'est que un des moments clés c'est quand tu décides de devenir escorte oui est-ce que tu peux me ramener, donc c'est à 18 ans donc à 14 ans tu me dis je découvre ma sexualité sur les chapeaux de roue quelle roue et quel chapeau ? bonne question C'était peu de temps après mon coming out. J'ai fait mon coming out à mes parents, mes amis, à la fin de la troisième. Dès l'été, j'ai eu mes premiers rapports sexuels. En fait, j'ai l'impression d'être tombé tout de suite dans le sexe, un peu malgré moi, parce que j'étais… Quand je me suis découvert, j'ai très vite voulu voir ce que c'était d'être gay. J'étais sur internet, un peu comme beaucoup de jeunes enfants. J'avais tapé « ado gay » ou quelque chose comme ça. Je suis tombé sur un forum de jeunes. Et très vite, ce forum était plus un site de rencontre finalement. Tu te rappelles du nom du forum ? Ça s'appelait Zagé. Zagé.org, je crois. Ça me dit quelque chose. Tu as quel âge ? Maintenant, j'ai 32 ans. Je te félicite. merci c'était une blague je voulais voir si on avait le même âge c'est intéressant ça me rappelle quelque chose très vaguement 37 tu connais un peu alors tu grandis où ? on est où là à 14 ans ? on est à la campagne en Mayenne dans l'ouest pourquoi Ola ? ça remonte à loin j'ai l'impression d'avoir une autre vie aujourd'hui aujourd'hui tu habites où si t'es à l'aise de le dire J'habite toujours dans l'Ouest, à Nantes. C'est un peu différent. Il se passe comment ce coming out ? En fait, ma question a un sous-entendu. Tu m'as dit que ta mère a dit quelque chose de très particulier à ton coming out. Oui, c'est sûr. Il s'est à la fois bien passé et puis le contre-coup fut un peu compliqué quand même. Mais quand j'ai fait mon coming out à ma mère, j'ai fait une lettre et je suis parti au ciné avec des amis stressés. Puis quand elle est venue me récupérer, on en a parlé. Tu lui donnes une lettre et hop, tu dis je vais au ciné. C'est ça. Et à mon retour, en rentrant, on en a parlé tous les deux. Elle m'a dit tout ce qu'il fallait que j'entende à ce moment-là, qu'elle m'aimait, que ça ne changeait rien et qu'elle était fière que je lui ai dit. Mais elle a terminé en me disant que ce qui était important, c'est que je ne devienne pas une tarlouze. Elle a employé ce mot. À l'époque, je crois que j'étais tellement soulagé qu'elle m'accepte finalement que je suis passé à autre chose. Mais je pense qu'elle avait une homophobie aussi internalisée qui a fait un peu de mal pour la suite sur moi et mon rapport à ma sexualité. C'était quoi pour elle une Tarlouse ? Tarlouse, c'est un homme très efféminé, trop efféminé. Après, il y a un côté générationnel où je pense qu'elle a… Je ne vais pas lui trouver des excuses, mais à son époque, il y avait peu de représentations gayes. autre que la cage de folle on va dire des choses comme ça elle était pas du tout éduquée sur ces sujets donc on en a reparlé assez récemment pour elle si elle m'a dit ça c'était pour me protéger pour pas qu'elle pensait que si je devenais trop efféminé je me mettais en danger quoi mais bon je pense qu'il y a quand même quelque chose de plus profond en elle qu'elle assume pas encore aujourd'hui vraiment mais c'est son chemin Vous en avez reparlé récemment pourquoi ? Pourquoi ? Fin de repas un peu alcoolisé, je pense. Le sujet est venu comme ça. Ouais, on l'a abordé, mais c'était trop tard et on n'était pas complètement bourrés non plus. On était dans les bonnes conditions pour en parler comme il fallait. On n'est pas vraiment entré dans le détail. Mais c'était toi, c'était ton impulsion ? Ouais, ouais, ouais. Ouais, je crois que c'est moi qui ai abordé le sujet. Mais je te pose cette question-là parce que moi je suis en plein là-dedans. C'est pas vrai, ah ouais ? Moi là, à 37 ans, il y a un moment clé où j'ai envie de remettre des mots sur mon homosexualité et sur la place de mon homosexualité dans la famille et quelque part dans mes liens, tu vois. Et donc pour la première fois, j'en ai reparlé à mon père. On en a parlé pendant 25 ans. De ton coming out. Et idem avec les autres membres de ma famille. Et c'est cette impulsion je sens le Guillaume enfant et adolescent qui est là, mais n'en parle pas. J'ai encore cette peur en moi, le moment… Je sais pas ce que t'as ressenti, toi, quand t'as remis le sujet sur la table. Peut-être, d'ailleurs, on avait besoin d'un alcool, qui montre que… Je préjuge, mais dis-moi ce que t'en penses. Moi, en tout cas, le moment où j'en ai reparlé à mon père, j'avais peur comme au moment du coming out à 18 ans, alors que j'en ai 37, quoi. Et que mon père, il m'a… Il me sait homosexuel depuis pas mal de temps. Il a rencontré des copains et tout. T'as choisi ton père, c'est étonnant. C'était plus facile qu'avec ta mère. Donc cette impulsion-là, ça correspond en ce moment à ton cheminement d'épanouissement ? Le fait de remettre des mots avec ta mère ou aucun rapport fils unique ? Oui, c'est certainement un rapport. Je pense que je suis un peu… C'était il y a déjà deux ans, je pense, qu'on avait abordé le sujet. J'étais déjà en train de me questionner sur… Arrêter de jouer ce rôle que je m'étais un peu assigné, le bon garçon, pas trop efféminé aussi, standard. C'est un peu flou, mais je pense que j'étais prêt à… à faire des changements dans ma vie sur le plan sexuel en tout cas et c'est venu à ce moment là il fallait aussi moi que je fasse mon chemin sur pourquoi je ressentais ça C'est un peu flou, mais je pense que les souvenirs sont revenus et étaient tellement persistants au bout d'un moment de ce coming out un peu bizarre qu'il fallait que j'en parle. C'est vachement intéressant parce que tu parles de flou et je me connecte vachement à ça. Moi, mon coming out, ma façon de le comprendre et de le raconter s'est modifiée au fil des années. Moi, je passais tout un pan de ma vie à dire « ça s'est très bien passé, ils n'ont rien dit ». Et puis, j'ai fait une psychanalyse, puis j'avais de la souffrance et tout, donc je suis allé creuser. Et puis, j'ai transformé mon discours en me disant « mais ils n'ont rien dit ». m'ont dit on t'aime donc ils ont rien dit c'était on t'aime ce que t'as dit génial donc j'étais vachement rassuré ça change rien pour nous mes parents ils ont aussi dit ça sera plus dur pour toi et après on en a plus jamais reparlé et là ce que je trouve intéressant c'est que pendant notre pré-entretien Moi, ce que tu m'avais raconté, c'est ta mère en larmes qui dit je veux pas que tu sois une tarlouze. Et là, quand tu me racontes, tu m'as dit ça s'est bien passé. Elle m'a dit qu'elle m'aimait et elle a terminé sur ces mots là. Ça aurait pu moins bien se passer, c'est ça que je voulais peut-être dire. T'as l'impression toi aussi que tu jettes un autre regard petit à petit sur ton coming out ? Ça a évolué ton regard sur ton coming out ? Ah oui, complètement. Ouais. non j'avais toujours un peu ce goût amer quand même mais j'ai mis du temps à le verbaliser je pense à le conscientiser après oui quand on me demandait je disais que ça s'était bien passé avec mes deux parents mais qu'est-ce que tu dis de ta famille le silence je l'ai vécu aussi avec mon père je pense c'était effectivement on en parlait une fois ça redevient un peu tabou derrière ce qui est compliqué d'ailleurs puisque je sais pas quel âge t'avais mais à 14 ans tu débutes ta sexualité c'est quand même le moment de parler de ces choses là assez avec des personnes référentes et non ça a été il m'a peut-être manqué ça aussi derrière pour ma vie sexuelle je trouvais plus de dialogue ouvert qui m'aurait évité de faire certaines erreurs je pense derrière donc C'est un regret, oui. Je crois que ce que je sous-entends dans ma façon de conduire cet entretien, c'est que beaucoup de choses se cristallisent à ce moment de notre coming out. Oui, il y a des chances. Mais c'est vraiment de la psychologie de placard à moins de 2,50€. Mais j'ai peut-être l'intuition qu'il y a des choses dans notre façon d'être entendu, dans l'espace qu'on a, dans ce qu'on a le droit, dans ce qu'on est autorisé à dire… Et dans ce qu'on capte du monde, il y a plein de choses qui se cristallisent et qui après va dicter beaucoup de nos comportements sexuels, de nos possibles sexuels et de notre santé mentale sexuelle et non sexuelle. Complètement. C'est peut-être pour ça que je commencerai par là. Ouais. Qu'est-ce qui… Qu'est-ce qui t'a amené, donc 14 ans, 15, 16, 17, 18 et à 18 ans, je deviens escorte ? C'est quand le déclic ? Est-ce qu'il y a eu un déclic ? bizarrement c'est lié comme je te disais un peu dans mon mail je voulais m'échapper un peu de mon milieu on va dire c'est quoi ton milieu ? il est très correct mes parents sont de la classe moyenne j'avais plus d'ambition je pense que mes parents ont divorcé quand j'étais enfant il y a eu tout de suite des soucis un peu financiers derrière qui m'ont un peu marqué je voulais un peu me sortir de tout ça à travers l'école et voilà quoi donc Donc ton élan c'était pas d'échapper à de l'homophobie ou à un modèle qui te correspondait pas c'était pas ça l'élan, l'élan c'était je veux plus d'argent pour être en sécurité et pouvoir réaliser mes rêves Exactement, que l'argent soit plus un frein Mais du coup c'est une question financière ou tu rajoutes aussi un aspect de milieu social ? Je pense que je fantasmais un peu ce milieu là effectivement parce que je l'avais jamais approché De quel milieu tu parles ? l'élite tout simplement le milieu plus le pouvoir quoi aussi un milieu socio-économique un peu plus plus élevé je rêvais de vivre à Paris carrière plutôt de journaliste au début enfin des choses comme ça qui était très loin du milieu de mes parents on va dire et comme j'ai réussi assez bien à l'école on m'a proposé de préparer Sciences Po tout ça donc je me suis lancé à fond dans cette voie mais je voyais qu'il y avait quand même des barrières Sur les codes sociaux, je m'exprimais pas oralement aussi bien que d'autres camarades qui étaient plus à l'aise. Je voulais rattraper un peu ce retard et je me disais… Je fantasmais aussi l'escorte, mais j'étais persuadé que j'allais rencontrer des hommes de milieux sociaux élevés qui allaient me prendre un peu sous leurs ailes et m'apprendre à me conduire dans ce monde. Aujourd'hui, j'en suis revenu. Dans ce monde, je n'ai plus grand-chose à faire. Mais à l'époque, c'était important. Donc tu as 18 ans, tu montes à Paris pour cette prépa, c'est ça que je comprends ? À Versailles, j'étais en prépa un an à Hippocagne, en internat. Et c'est effectivement là que j'ai eu le déclic. Un peu loin de ma famille, je me suis dit que c'était le moment de tester ça. Attends, est-ce que j'ai déjà pensé être escorte ? Oui ? dans un sens un peu de fantasme. Attends, quand est-ce que c'était ? C'est bien enfoui et refoulé dans mon esprit, donc je n'arrive pas à restituer. Mais je me suis dit, tiens, c'est intriguant, etc. Et je crois que c'est peut-être suite à des films pornos. En gros, ma question, c'était, comment ça vient ? Parce que j'allais te dire, moi, ça n'est jamais venu dans mon cheminement. Bon, du coup, je pense que c'est un peu pas vrai, mais j'ai tellement refoulé que je ne sais pas te le restituer. Toi, comment, tandis que tu es en prépa à Versailles ? Est-ce que c'est quelqu'un qui te propose ? Tu te dis, tiens, l'occasion, fais-le, la ronde. Ou bien, comment c'est venu à toi ? Juste avant de partir, il y a eu une expérience en Mayenne où un homme, un notable du coin, qui m'avait invité chez lui à dîner, équipe très érudite, donc on a eu des super discussions. À la fin, qui avait un peu forcé le coup. Forcé le coup ? Sexuellement, je pense. Il m'a fait des avances. Et voilà. Je pense que je n'étais pas encore assez à l'aise pour… Assez affirmé pour dire non, parce qu'il ne m'attirait vraiment pas sexuellement. Par contre, j'avais vraiment une attirance intellectuelle. Tu avais quel âge ? Juste avant de partir, je devais avoir 17 ans. Et… Bon après j'ai plus voulu le revoir et il m'a proposé de l'argent et ça a fait son chemin je crois dans ma tête et je me suis dit pour plus tard tiens ce serait vraiment intéressant et voilà. Puis peu de temps après mon arrivée, c'était les vacances de Noël, je venais de me faire larguer par mon mec de l'époque et… Non, qui m'avait ghosté, c'est moi qui l'avait largué. J'étais un peu au fond du trou. Allez, c'est le moment, tu prends ta vie un peu en main, c'est toi qui décide maintenant. Et non, le vrai déclic, c'est que je suis tombé sur, en allant sur un site de rencontre, je suis tombé sur un article qui dénonçait l'escortisme, je sais pas comment dire, en mentionnant un site internet qui marchait bien pour ça. Et du coup, bingo, je me suis connecté, j'ai créé mon profil dans la même nuit. dans la même nuit ? ouais j'ai fait ça c'était vraiment un coup de tête pour le coup tu tombes sur cet article et dans la même nuit tu crées ton profil tu réponds oui à la proposition financière du notable de Mayenne ? non non je l'ai jamais répondu je pense non puis je partais donc non je les appelais j'avais pas apprécié sa manière de faire vous avez eu un rapport sexuel ? qui était du coup pas consentant ? non c'était pas consentant Compliquer le consentement, j'ai pas dit non non plus quoi, mais… Ouais, enfin voilà, en tout cas c'était… C'est compliqué ? Pourquoi c'est compliqué le consentement ? En fait t'es assez clair sur le fait qu'il a forcé, que t'étais pas à l'aise… C'est compliqué de savoir si je voulais vraiment vraiment pas, ou si c'était… Ouais, en tout cas, j'ai pas assez de souvenirs pour savoir si c'était vraiment consenti ou pas, c'est ça. Tu m'autorises à moi dire mon opinion sur le consentement ? Bien sûr, oui. C'est qu'en fait, à partir du moment où c'est pas un oui plein, bah c'est non. C'est-à-dire, si j'ai face à moi quelqu'un qui fait « Ouais, ouais, mais… » et qui finit pas sa phrase, je suis là, bah… C'est comme devant un gâteau. Tu veux un gâteau ? Ouais, ouais, mais… Bon, bah, tu prends pas ta cuillère et tu manges, enfin… L'image du gâteau était pas ouf. Pas du tout. Mais pour moi, c'est assez clair, et on est dans une société qui dit, bah, t'avais qu'à… Non, non, mais le gars en face, quand c'est un oui-mais, doit apprendre que c'est non. En fait, Non, vas-y. Tu veux réagir ? Je suis complètement d'accord avec toi. Et aujourd'hui, je pensais avoir vraiment une vision de ce qu'est le consentement, effectivement, de le verbaliser. Et je n'en suis plus là où j'étais avant. C'était peut-être une autre époque aussi, là-dessus. C'était avant MeToo et tout ça. On n'avait pas ces notions-là. Même lui, je pense qu'il ne l'avait pas. Je ne le vis pas comme un gros trauma non plus, parce que c'était une autre époque aussi, on va dire. D'accord. Ok, c'est ce que j'allais te demander, est-ce que t'aurais envie de chercher réparation ? Parce qu'en gros t'as quelqu'un qui a utilisé son pouvoir, quelqu'un de mineur, de l'extérieur, moi c'est ça que je lis comme… Toi t'en penses quoi ? T'as dit waouh ? c'était pas le cas ? si j'avais 17 ans c'est sûr mais oui il y avait un rapport de pouvoir qui n'était pas très sain recherche et réparation non je ne vais pas remuer ça non non je ne suis pas là-dedans il y a prescription Non, non, non. Il y a eu d'autres expériences derrière aussi qui ont été complètement similaires. Aujourd'hui, je ne suis plus sûr de moi sur ces choses-là, mais ça a mis son temps aussi. Si je devais chercher réparation auprès de tous ceux qui ont un peu joué de ça, je serais un peu… T'as l'air un peu choqué. Non, pas du tout. J'attends la fin de ta phrase. Tu serais un peu quoi ? Je n'aurais pas fini. Ce serait un combat d'une vie, je pense, de retrouver tous les gens un peu comme ça. Pourquoi tu ne le ferais pas ? Je ne te dis pas que tu devrais le faire, mais j'ai envie d'entendre pourquoi tu n'as pas envie de le faire. En tout cas, je n'ai pas ce besoin, il faut que je passe à autre chose. Puisqu'apparemment, nous sommes dans un épisode où je fais de la psychologie de comptoir, mon opinion par rapport à mon chemin de santé mentale, je prends des énormes pincettes, mais je ne suis pas psychologue, je ne suis pas compétent. Et donc, je te donne vraiment, moi, comment je… comment je fais ma soupe je considère que un peu à l'instar de ces moments clés du coming out où des choses se cristallisent s'il y a chez moi un système de difficulté à dire mon consentement et ou des situations où mon consentement il a pas été validé on a pas pris soin de mon consentement et qu'en plus ça se répète tu me disais qu'il y a eu d'autres situations comme ça hum Quelque part, si aujourd'hui j'ai du mal à poser mon désir, c'est le cas depuis cette première rencontre où du coup il y a une espèce de flou. Et c'est ça qui se répète dans « poser mon désir » et de retourner à la source. Donc, tu vois, de remettre de la conscience sur comment ce système fonctionne chez moi, dans mon rapport à mon désir, comment je le dis, comment je l'exprime et comment je le pose. comment je me protège et comment je me nourris dans ce désir les clés sont là ok ouais t'as dû bien réfléchir à tout ça pour en arriver là j'ai fait un podcast ouais c'est ça Non, non, c'est vraiment une opinion personnelle. Je pense pas du tout qu'il y ait un unique chemin. Mais quelque part, j'ai dans la tête l'intro et ton élan de venir ici. Tu dis « Aujourd'hui, c'est bizarre, mon désir, il est flou, il est pas clair. Mon désir de relation sexuelle, mon désir de ma sexualité. Il y a une accumulation de blocage au fil des ans. » Et donc quelque part, je joue à l'enquêteur et je pose la question dans quelle mesure, comment ma sexualité s'est formée et mon rapport aux autres, comment est-ce que ça, ça cristallise des choses qui après, je vais avoir envie de réparer pour pouvoir reprendre ma liberté et pouvoir dire oui, dire non et poser mon désir sexuel. T'as complètement raison, c'est sûr. Oui, tu as raison. À partir du moment où les choses se forment, on rentre facilement dans un schéma qui met du temps à se défaire. Tu as dit que ça s'était répété, donc tu es escorte à 18 ans et pendant 6 ans, c'est ça ? Pendant 5 ans, tout à fait, avec des pauses, mais… Et ça s'est répété, tu sous-entendais pendant tes activités de profiteur d'ex-corte ? Oui, c'est un peu bizarre parce qu'à la fois être devenir ex-corte ça m'a ramené du contrôle en fait, cette fois c'est moi qui décidais avec qui et un peu comment, si ça me plaisait pas je passais un peu au suivant. et du coup j'ai un peu repris le pouvoir là dessus donc ça m'a fait du bien ça veut dire sur ce site tu recevais des propositions et tu te sentais en contrôle de dire non tu refusais des prestations j'avais le choix en tout cas au début j'avais vraiment le choix donc Ouais, je pouvais vraiment choisir. C'était vraiment un moyen aussi pour moi d'explorer sexuellement parce qu'à l'époque, j'avais vraiment envie de ça aussi. Donc, tous les fantasmes que je voulais réaliser, j'en ai profité aussi. Donc, c'était une chouette période. Enfin, non, il faut que j'idéalise encore. Il y a eu tout de suite aussi des gros moments compliqués où je n'avais pas les armes vraiment pour me protéger et m'affirmer. Il y en a certainement qui ont un peu profité aussi, mais c'était entre les deux. Il y avait des mauvaises expériences, mais j'apprenais. La prochaine fois, je faisais un peu différemment. Comment tu choisissais ? Tout était à l'écrit, donc c'était en fonction des envies, la personne. Parfois, elle me demandait les miennes, alors là, je me faisais plaisir et j'y allais. Et elle dépendait du moment où tu avais des types de pratiques sexuelles que tu gardais pour ces rencontres tarifées ? Non, non, non, j'étais assez ouvert de toute façon. J'étais pas si factif, donc je pouvais faire un peu les deux. Et j'avais très envie d'explorer, il n'y avait vraiment pas de barrière. Enfin si, je voulais pas non plus aller trop loin, mais j'avais envie de découvrir en tout cas. Ouais, pardon, j'ai oublié ta question. Non, t'inquiète, tu pensais à quoi ? Non, rien des expériences. C'est un peu lointain, ça se mélange les uns les autres. Qu'est-ce qui se mélange ? T'as en tête des clients avec qui ça s'est bien passé et mal passé ? Ouais, c'est un peu les deux. Tu veux en raconter une qui s'est bien passée et une qui s'est mal passée ? Ouais, une qui s'est bien passée. C'est peut-être un client, on parle de client du coup, mais que je voyais régulièrement à Paris. Et qui lui, pour le coup, faisait vraiment ce que j'attendais quand je me suis inscrit. Il prenait vraiment le temps de dîner, de parler, de m'emmener dans des endroits incroyables. On était au Palais Garnier, par exemple, tous ensemble. C'est un opéra à Paris ? C'est l'opéra, ouais. il a en fait on a des gens qui écoutent partout dans le monde bien sûr régulièrement je regarde les audiences et je prends le nom d'une ville que je connais pas que je vais voir sur la carte et j'essaye d'avoir en tête cet auditeur tu vois d'accord un très bel opéra à Paris ouais en plus on était vraiment devant enfin c'était incroyable et ce qui est drôle c'est que j'ai pris tellement de photos j'ai mis sur Instagram j'ai dû mentir à la tête entière en disant non non c'est un cadeau parce qu'il fallait mentir souvent quand même c'était ça aussi le A ses clients ou aux autres ? Aux autres, oui. Aux clients, non, ça ne servait pas à grand-chose de leur mentir. Je changeais les prénoms dans mon portable, tous les noms d'un certain âge. Je les mettais en nom de fille de mon âge pour être sûr que si je recevais des textos, personne ne sache que ça pouvait venir de ce type d'homme. Mais avec lui, ça se passait vraiment bien. Même sexuellement, il explorait. Il ramenait parfois d'autres mecs et on pouvait vraiment faire des trucs cools. Et toujours dans le respect, ça c'était chouette. Et avec d'autres en revanche, c'était un peu… Et puis il y avait la capote, parce qu'à l'époque il n'y avait pas la PrEP, donc lui il respectait ça, ce qui n'était pas le cas de beaucoup de mecs à l'époque. C'est-à-dire qu'il te demandait une prestation en disant oui, on mettra la capote, et le jour J il ne la mettait pas ? Exactement, exactement. À l'écrit, c'était sûr. Et sur le moment, non. Et c'est là, parfois, que j'ai eu du mal aussi à dire stop, à dire non. Ouais. Parfois, ça m'arrivait quand même de… Quand c'était pas du tout ce que j'avais en tête ou qu'ils respectaient pas mes choix, je partais, mais sans l'argent, quoi. Donc c'était un peu frustrant aussi, donc… Est-ce que cet argent, t'en avais besoin pour survivre ? Pour vivre, pardon ? Je roulais pas sur l'or, c'est sûr, j'étais boursier d'ailleurs, donc ça m'aidait beaucoup, ça m'aidait à plus être dépendant de ma famille, et de… Bon, j'ai fait un peu n'importe quoi, j'ai perdu un peu les pieds, ça me brûlait un peu les mains, donc c'était beaucoup de fêtes, de soirées quand même derrière, ça me permettait de profiter de la vie, on va dire. si tu me ramènes à ce client alors en fait je suis un peu malade comme ça à 100 ans peut-être et j'ai un chat dans la gorge j'ai tellement besoin de tousser donc si je tousse sur la suite on sait pourquoi est-ce que tu peux me ramener à ce client avec qui ça s'est bien passé il a été à l'aise de dire certaines infos je ne connais pas son âge mais il avait entre 50 et 60 ans d'accord Et il t'a expliqué sa démarche, c'est que sans l'argent, il ne pouvait pas avoir des hommes jeunes, donc t'avais la vingtaine ? J'avais la vingtaine, ouais. Est-ce qu'on en a parlé ? Je pense pas, c'est pas une question que j'abordais à leur demander pourquoi ils faisaient ça, ça venait jamais, non, c'était pas… Pendant le dîner, alors, on parlait de quoi ? Tu donnais des nouvelles ? Non, on parlait de culture, on parlait même pas vraiment de nos vies à nous. Non, on parlait vraiment de… Je sais même plus les sujets qu'on abordait, mais je l'écoutais plus que je parlais, de toute façon. Moi, ça m'enrichissait d'une manière, je prenais beaucoup de plaisir à ça. Et puis on parlait d'un peu de cul aussi, bien sûr. de ce que vous aviez envie de faire ouais ouais ça c'était chouette de ce qu'on allait faire juste après c'était marrant et voilà on profitait vous vous êtes vu combien de fois avec ce client avec qui ça s'est bien passé ? peut-être 5 fois c'est pas énorme on passait la nuit donc c'était plus cher aussi donc je pense que pendant 2-3 ans on se voyait peut-être 2 fois par an pendant 3 ans ? ouais ça a duré assez longtemps et pourquoi ça s'est arrêté ? Avec lui ou l'escorte en général ? Avec lui. Je pense que ça s'est arrêté à la période où j'ai arrêté l'escorte. Après, c'est très ponctuel, il n'y avait pas vraiment de relation fluide. Je n'ai pas trouvé ce mentor en tout cas que je décrivais au début. Ce mentor ? Quand je me suis lancé là-dedans, je m'attendais vraiment à trouver la personne qu'elle allait me prendre sous son aile. J'étais un peu un cours d'histoire en prépa qui parlait de la Rome antique ou la Grèce antique. Et à l'époque où de jeunes hommes étaient mentorés par des hommes plus âgés, il pouvait y avoir des relations sexuelles. Ça s'appelle la relation Erast et Romaine. Et quand j'ai vu ce cours-là, je pense que c'est vraiment ce type de relation que je recherchais. Sagesse contre jeunesse. Mais non, je n'ai jamais vraiment trouvé ce… Parce que qu'est-ce qui manquait ? à cette relation tarifique qui s'est bien passée, où il y avait un dîner, du consentement, du respect, pour qu'il atteigne cet idéal de mentor que tu espérais trouver dans l'escorting, il aurait fallu qu'il fasse quoi ? Il aurait fallu plutôt que je fasse ce que je lui dis, déjà, que je verbalise ce besoin. Moi, j'étais pas assez mature, je pense, pour vraiment… Et quand j'ai vu l'argent que je pouvais me faire, entre guillemets, je l'ai mis au second plan, cette recherche-là. Et non, je n'avais plus la maturité pour le faire. Tu as établi comment tes tarifs ? avec le temps on va dire la première fois où je me suis il fallait mettre un tarif j'avais pas prévu le coup quand je me suis inscrit et j'étais un peu dans ce délire de mentor donc j'avais pas pensé à l'argent donc j'ai mis un truc ridicule c'était à l'heure donc j'ai mis je crois 15 euros et le lendemain en me connectant j'avais une centaine de messages dont des messages d'autres escortes qui m'insultaient en me disant monte tes prix donc non j'ai augmenté je crois que je suis monté à 100 euros l'heure et 300 euros la nuit un truc comme ça C'est-à-dire dormir avec quelqu'un ? Ouais, 300 euros. C'est la nuit, c'est 300 euros ? Ouais. Et l'heure, après, c'est à l'heure, quoi ? C'était à l'heure, ouais. Et là où ça s'est un peu détourné, dévoyé, c'est que l'heure, en fait, elle durait souvent plus une demi-heure, parce que je faisais en sorte que… Que ça passe vite. L'argent est venu avant le plaisir aussi. Au bout d'un moment, c'était… Je pouvais le faire plusieurs fois par jour et faire en sorte de ne pas jouir, par exemple, pour pouvoir le faire plusieurs fois par jour. C'était devenu plus… En pensant à tout ce que j'allais pouvoir faire en soirée et tout derrière, c'était… L'argent m'a un peu… Février le cerveau, je pense, à ce moment-là. Parce que beaucoup d'argent, ça veut dire… C'est quoi les… Tu parles de quoi en soirée ? C'est que… Qu'est-ce qui se passe en soirée ? C'est que tu peux dépenser de la thune pour de l'alcool ? Pour l'alcool, pour… Et puis surtout faire… Mes potes évidemment étaient tous étudiants aussi, ils n'avaient pas les moyens de suivre quoi et… c'était d'assurer aussi leur je payais beaucoup de verre c'était passer des super moments avec mes amis et beaucoup de sexe aussi mais vraiment avec d'autres mecs des mecs de mon âge je sais pas j'avais besoin de cette folie c'était un peu l'époque de skins la série ça m'était aussi un peu monté à la tête j'avais envie de cette insouciance que j'avais un peu freiné toute ma jeunesse, mon enfance quoi un lâcher prise, j'ai pas vu la série Skin ouais non c'est un peu trop tard je pense que ça a très mal vieilli c'est quoi c'est des jeunes gays ? ah non, ils sont pas, il y a un gay mais non c'est C'est des jeunes anglais de milieu un peu précaire qui, en Angleterre, sont beaucoup plus dans le lâcher-prise. C'est des drogues, alcool, fêtes. Ça m'a donné envie. Ton langage corporel, je l'interprète comme, t'as un souci là, t'as un inconfort, c'est le cas ou je me trompe ? Non, non, non, c'est me replonger, je pense à cette époque, ça réveille peut-être des trucs, mais c'est inconscient en tout cas, tout va bien. là tu viens de dire deux choses contradictoires donc tout va pas bien puisque t'es en train de replonger dans quelque chose qui est difficile est-ce que t'es à l'aise qu'on continue parce que là de toute façon on va là ce que je voulais faire c'est de finir cette partie là jusqu'à la fin de l'escorting et après arrêter l'épisode et l'épisode 2 mais on peut aussi tout de suite S'arrêter si t'as pas envie de continuer à en parler ? Ça fait le lien de toute façon avec la fin de tout ça, c'est que je pense que ça réveille les aspects qui au début étaient sympas et qui sont vite devenus un enfer sur… la fête tout ça et la drogue est vite rentrée en jeu et là c'était devenu vraiment glauque si on peut faire le lien avec la fin allons-y c'est ça c'est que Déjà, l'argent a pris le dessus. Et puis ensuite, c'est devenu la fête. Je perdais mon avenir de vue. Je me tirais une balle dans le pied. J'avais plus d'ambition. Je lâchais un peu mes études. Pourtant, j'étais arrivé assez loin. Arriver assez loin ? J'ai réussi à réintégrer une grande école européenne. Tu rejoignais l'élite que tu rêvais de rejoindre. Oui, il y avait toujours ces grosses barrières sociales, des codes que je n'avais pas. Là, je les ai vraiment ressentis pour le coup. Mais je m'enfonçais aussi dans… Le court terme, le présent. Glock, ça veut dire j'enchaîne les soirées et je me drogue tellement que le lendemain, je n'arrive pas à me réveiller, je ne vais pas en cours. Ça veut dire quoi ? Sur la fin, oui. C'est venu tard. La drogue, en tout cas, c'est vraiment venu sur la fin. Et au bout d'un an, j'ai dit stop. Donc, oui, c'est ça. Les scores, je le faisais à la fin. Il y a le terme putaco qui est vraiment affreux, mais je pense que j'étais pas loin de ça quand même. Ça servait un peu à payer ça et les soirées et tout ça. Et mentalement, ça devenait le gouffre. J'avais pas conscience d'être en dépression. Mais je faisais des énormes crises d'angoisse sans le savoir, donc j'avais l'impression de faire de l'asthme en fait, alors que j'étais en grosse crise d'angoisse. Donc c'est le moment où d'ailleurs le médecin que j'avais m'a prescrit un anxiolytique sans me le dire, alors que je venais le voir pour de l'asthme en me disant « aidez-moi parce que j'arrive pas à respirer ». Il m'a posé quelques questions sur ma vie, je lui dis juste que je préparais les concours à l'ENA et tout à l'époque. L'État c'est une très grande école française, de la haute administration, dont le concours est extrêmement sélectif. Tu rejoins l'élite de l'élite, le pourcent dans le pourcent. Voilà. Ça t'a angoissé ? Pas tant que ça en réalité, je vais pas parler de l'escorte mais… Léna, je n'en avais pas vraiment très envie non plus. Mais en tout cas, il a senti que j'étais stressé et que c'était des crises d'angoisse. Et sans me le dire, il m'a prescrit ça. C'est moi, après, en allant sur Internet, en voyant que ça me faisait bizarre au cerveau, que je me suis dit, waouh, en fait, j'ai un gros souci. Quand j'entends tout ton cheminement jusqu'à l'arrêt de l'escorting, j'ai l'impression que tu es très seul. Est-ce que c'est une impression ou c'est le cas ? Seul, bah t'es forcément seul parce que tu peux pas en parler vraiment… Tu vois, c'est drôle, on parlait de tailleur du consentement, tout ça… Ce n'était pas légal ce que je faisais, donc je ne pouvais pas non plus aller voir la police ou dire ce qui s'est passé. Donc, j'étais un peu coincé seul aussi. J'en parlais à des amis, j'étais assez ouvert là-dessus. Mais ma famille, les personnes référentes, je ne pouvais pas vraiment en parler non plus. Les personnes référentes, c'est qui ? Ma famille, mes amis, mes proches de l'époque, avant la partie soirée, tout ça. Après, je me suis fait très bons amis quand même, après, pendant mes études. À qui tu parlais d'escorting ? Ouais, ouais. Avec qui tu pouvais partager ? Ouais. Tu disais, je ne pouvais pas aller à la police. Pourquoi tu aurais voulu aller à la police ? Parce qu'il y a eu des abus pendant cet escorting ? Ouais alors à l'époque non j'avais pas du tout envie d'aller à la police mais imaginons aujourd'hui avec le contexte qu'il y a sur le consentement et tout je pense que j'aurais plus le réflexe de vouloir le faire mais est-ce que je l'aurais fait du fait que je sois escort je pense que ça m'aurait bloqué ouais. Alors aujourd'hui c'est un peu différent la loi d'ailleurs à l'époque c'était vraiment un délit quoi. Maintenant c'est les clients qui sont pénalisés c'est un peu différent. Comment ça s'est arrêté ? Donc là, tu décrivais une descente… Ouais, comment ça s'est arrêté ? T'es glauque et tout, et puis t'étais en train de perdre de vue… Ouais, mais voilà. Parce que ça commençait à se voir, quoi que ça l'ait pas. Je pense que mes parents, ma famille voyaient que… J'avais terminé ma grande école, et j'avais pas vraiment de solution… je savais pas où j'allais donc j'ai passé un an avec le CNED à préparer les concours et après le coup j'étais vraiment isolé le CNED c'est un organisme de formation à distance donc t'étais isolé parce que t'étais tout seul chez toi à bosser des livres et je voyais mes amis qui à côté commençaient à avoir une carrière débuter donc il fallait que je reprenne ma vie en main quoi tous mes plans que j'avais au début d'ambition de carrière ne marchaient pas donc il fallait que je trouve vraiment une solution c'est ça qui m'a fait dire on arrête tout et on passe quand même un concours pour être sûr d'être tranquille plus tard et ma dernière question avant qu'on passe il y a une souris chez WAM excuse moi je suis désolé c'est C'est mignon les souris. Elle a eu plus peur que moi. Excuse-moi, ma dernière question avant qu'on passe au prochain épisode. Pendant cette période de… Excuse-moi, il faut que je me reconsente. J'ai pas très peur des souris, mais je suis là, mais putain, tu fous quoi, là, dans ma cuisine ? Ok. Est-ce que tu as eu des relations amoureuses ou sentimentales pendant ces années ? Ouais, bonne question. Ouais, j'en ai eu, bien sûr. J'en ai eu, j'en ai eu, pas beaucoup. J'en ai eu, en fait, pendant mes années à l'étranger, puisque dans le cursus, il fallait qu'on parte à l'étranger. Je suis parti un an, et là, j'ai fait… j'étais en couple pendant plus d'un an avec une personne donc là j'ai arrêté et puis pareil je suis reparti à l'étranger puis j'étais en couple à nouveau c'est quand j'étais à l'étranger finalement et ça c'était chouette ? d'avoir cette pause ouais ouais ouais carrément carrément ouais Ça faisait du bien de retomber amoureux carrément et d'avoir quelqu'un, d'avoir de l'affection, quelque chose d'un peu différent du sexe tarifé, même du sexe qu'on peut avoir sur les applis quoi. en revanche quand tu revenais dans ta vie parisienne ou t'étais en région parisienne j'étais quand je suis revenu j'ai fait mes études à Lille après Versailles et puis je suis revenu à Paris deux ans ensuite c'était à l'étranger quand t'as fait des échanges mais à Paris ou en région parisienne t'avais pas en parallèle de l'escorting un copain des relations sentimentales sexuelles j'étais dans un pays aussi où le coup de la vie était un peu différent J'avais moins besoin d'argent. Retour à Paris, là, par contre, c'est vrai que je voulais maintenir ce niveau. Je crois que ça a joué dans la balance. On s'arrête là pour le premier épisode. Et le prochain épisode, on va commencer par la suite. Comment t'as rebondi et qu'est-ce qui s'est écrit ensuite ? Ça te va ? Ça me va. Rebondi, c'est un bien gros mot, mais on va voir. Merci.

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