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Nicolas, nous sommes dans la deuxième partie de ton témoignage, dans la première qui est l'épisode précédent. Tu nous as raconté tout ton cheminement, moi qui m'a beaucoup ému, qui m'a beaucoup touché. Tu as grandi, toi tu dis en province, mais pour moi c'est un truc de parisien de dire en province. En tout cas dans des petites villes et dans des villages. Beaucoup de...
La province, moi, c'était Champs-Maritimes, Vaudienne, voilà. C'est vraiment des lieux ciblés. Mais toutes les campagnes, donc toutes en province, dès qu'on quitte Paris à...
pour certains, voire 5 kilomètres. Donc tu sors directement de Paris. C'est avec Ambrousse, la province. Moi, je l'ai vécu quand j'avais 20 ans et je suis venu à Paris. Dès que j'ai dit, voilà, je suis poitier, ils font, c'est où, ça ? Ouais, bien sûr. Bon, tu racontais qu'à cette époque, années 80-90, être gay ou visiblement gay, c'était être lapidé, ou en tout cas, tout le monde se parle, tout le monde sait. Donc tu as décidé de te cacher, d'avoir à la fois des relations hétéros
sans plaisir en tout cas des relations hétéro tu n'es pas bisexuel c'est ce que j'essaye de dire des relations hétéro qui te permettent d'avoir un pass pour pouvoir vivre dans le monde pendant que dans un autre monde parallèle dans des toilettes dans des lieux clos et dans des bars tu découvres ta sexualité avec des hommes hum
Moi, j'avais envie de te demander
Comment tu t'en es sorti ? Comment tu as fait ? En fait, je n'arrive pas à savoir. Tu m'as décrit tout cet enfermement. Quand est-ce que tu as commencé à avoir la lumière ? Alors, la lumière était déjà... Pourquoi ça te fait marrer ? Parce qu'en fait, à l'époque de 16 ans, tu dis OK, je suis assumé. J'ai fait ma première rencontre avec un gars. Parfait. Maintenant, dans ma tête, je me suis mis une checklist de tous les interdits que je t'ai refusé.
que j'ai réalisé à cette époque-là, entre 25 et l'époque où j'ai connu ma première, donc ma femme, donc la mère de mes enfants, mon ex-femme, j'ai eu une checklist de tout ce que je voulais faire, je l'ai fait. Alors, que je comprenne, c'est-à-dire, puisqu'on t'a interdit et tu t'es interdit, t'as fait une checklist de tous les interdits et tu t'es dit je les ferai avant une certaine date. En fait, j'ai dit pourquoi pas, j'étais open à tout.
Il y avait quoi sur cette liste ? Déjà aller à un sauna, oui. Rencontre d'un couple, voire de plusieurs personnes, fait. J'en ai vu des multitudes de choses. Est-ce que je ferais ça dans un lieu public ? Oui. Est-ce que je ferais ça dans un lieu, un culte ? Le lieu public, tu avais déjà fait ?
Alors oui, j'avais fait un lieu public, mais un lieu public où il n'y avait pas quatre murs, par exemple. Ah ! Un lieu de culte, tu as fait ça dans une église ? Alors ça, c'était beaucoup plus tard. Oui, j'ai fait ça en confessionnal. C'est pas bien, mais bon.
Tu dis que ce n'est pas bien. Moi, je n'en aurais absolument rien à faire. Ça ne m'excite pas du tout. Mais cette liste d'interdits, pour toi, elle est aussi peut-être liée à ton père gendarme. C'était libératoire. Il fallait se défouler. Il fallait aussi bien boire de l'alcool que tenter les drogues ou aller dans les festivals ou autre chose. Tout ce que je n'avais pas pu avoir dans ma jeunesse. Et faire des rencontres. Après...
Ma seule indirective, c'était si je suis en couple avec quelqu'un, je suis fidèle. Je reste fidèle, mais quand je ne suis pas en couple, je fais ce que je veux.
Et autre chose, si je dois avoir une rencontre avec un homme ou des couples ou autre chose, c'est caché. Parce que tu fais ton coming out à 39 ans. Donc là, on est de 20 ans à 39. 20 ans à 24 ans. Parce qu'en fait, là, je dis très vite, j'avais toujours cette envie d'avoir des enfants.
Et à l'époque, j'étais beaucoup plus éclairé. J'ai dit voilà, la PMA ou la GPA ou autre chose, c'était tellement cher, tellement loin de ma vie que je dis, c'est pas possible. Donc, je dois faire la voie classique si j'ai envie d'avoir des enfants. Donc là, tu rencontres ta femme, tu te maries avec une femme, ton ex-femme, excuse-moi.
Et tu restes avec des activités homosexuelles ? Non, avant, oui. Tu as des pratiques ? Oui, j'ai plein de pratiques. C'est-à-dire que quand je suis fidèle, je reste fidèle. Je suis resté fidèle presque 9 ans avec elle, et donc pas de rapport avec des hommes. Donc ça gratte beaucoup, mais on a peur de se faire repérer par sa femme, parce que mon ex-femme n'était pas au courant avant que je fasse mon coming-out que j'étais gay.
bon après tu peux comparer ce qui est comparable parce que j'ai tellement eu d'expérience entre mes 15 et 24 ans
que je pouvais faire des comparaisons, en fait. C'est un choix, tu as eu une conversation avec toi-même, et tu t'es dit, je veux des enfants, je ferme cette porte de mes rapports, et je veux des enfants, et je serai fidèle à cette femme. Oui, parce que pour moi, c'était une loyauté, en fait, d'avoir une paire avec une personne, comme n'importe quel couple peut avoir, en fait.
Tu te fais une loyauté. Donc moi, c'était mon standard à moi. Et t'as décidé ça, c'est-à-dire qu'un jour tu t'es dit, ça sera mon projet, c'est ça que je vais faire. Quitte à être malheureux au possible, refermer cette envie d'homme, autre chose, si je suis avec quelqu'un, jusqu'à temps que je peux le faire, je le ferai.
Quitte à être malheureux. C'est impressionnant, ça. C'est-à-dire que j'ai eu mes deux enfants. Ils sont ados. Pour le bonheur des enfants. Pour le bonheur des enfants. Dans la balance. À l'époque, divorcer, c'était encore...
Les cancans du coin, c'est-à-dire que si tu divorces dans cette époque-là, c'était plus le troll à l'époque, mais en province, si tu es avec une femme ou avec une personne, tu dois la chérir et une question de loyauté. C'était ça mon standard à moi. Pour les autres, je ne sais pas. Moi, c'était encore ma pression que je me mettais moi-même, en fait.
Et toi, ton projet de vie à ce moment-là, c'est d'avoir des enfants. Ton projet de vie, ce n'est pas « je veux continuer à cacher mon homosexualité ». C'est une conséquence ? Non, c'était d'avoir une... J'avais une envie d'enfant et ma sexualité à côté, je la mettais en parenthèse. Et à cette époque-là, tu te considérais gay ?
— Non. Comment ? J'avais pas de mots dessus, en fait. J'ai eu des expériences avec des hommes. Mais à côté de ça, pour ne pas apporter la honte aussi sur ma famille que je voulais construire, je ne pouvais pas me dire que j'étais intéressé par des hommes en parallèle.
Donc voilà, tu te dis, tu as un cadre à mettre en place, et tu te dis, quitte à avoir un cadre, ok, on va y aller, on va se récanter, on va se faire un an, deux ans, trois ans, jusqu'à temps qu'on arrive à... Donc ma fille qui est arrivée en 2008, mon fils qui est arrivé en 2010...
Ensuite, c'est là où tout a brillé parce qu'en fait, déjà, avant que tu racontes ça, juste qu'on finisse, que je comprenne comment tu fais. Je sais pas quelle est ma question, mais j'essaye de me projeter en mode ok, je vais coucher avec une meuf. Alors moi, je comprends que tu n'as pas de désir pour les femmes. Alors moi, je n'ai pas dit.
Non, à l'époque, pour être clair, je me suis posé cette question assez fréquemment. Et en fait, mon corps réagit différemment. C'est-à-dire que quand une femme me touche, mon corps a un recul, un sanctif. Et quand un homme me touche, je n'ai pas ce recul-là.
C'est tout bêtement ça qui fait que j'ai eu des sentiments. Je pensais aimer à cette époque-là mon ex-femme, même les deux autres femmes derrière qui je me suis paxé. Mais non, franchement, je me mentais à moi-même à l'époque.
— Parce que tu t'es marié avec ta première femme. Tu as eu deux enfants. — Je me suis paxé avec elle quand on était sur Bordeaux. Après, on s'est mariés en 2012. Un an après, c'était la fin de tout. C'est-à-dire au bout d'un an, en 2014, j'ai dit stop. On divorce. On s'engueulait tout. Fréquemment, les enfants nous voyaient nous engueuler.
Et derrière, c'était ma nature à moi profonde qui voulait refaire surface. C'est-à-dire que je n'étais pas bien. Je me sentais cloisonné dans un couple qui n'était pas... Moi, en fait, on faisait du sexe pour faire du sexe. C'est-à-dire que le samedi soir, elle se mettait en étoile et voilà. Donc, ce n'était pas purement... Ce n'était pas agréable pour les deux, en fait. Et pour les enfants aussi. Et à ce moment-là, tu...
Parce que ça y est, tu avais ton projet de vie, tu avais des enfants. Tu as quand même continué avec les femmes. Oui, parce qu'en fait, derrière, tout bêtement, c'est-à-dire que tu es célibataire, tu découvres des choses, tu fais OK. Et en fait, d'une amie à une amie, on commence à bien sympathiser. Attends, attends, parce que je suis chaud bouillant. Parce que tu disais, OK, j'ai fait une parenthèse de 7 ans.
J'ai fait 9 ans. 9 ans, puisque je dois être loyal et je veux des enfants. Une fois que cette parenthèse loyale se ferme, je pourrais imaginer que tu sautes sur le premier plaisir. En fait, ce qui se passe, c'est que j'avais projeté une séparation. Il n'y a pas de problème. C'est moi qui étais décideur de la première séparation. Sauf que ce qui en arrive, c'est que les enfants, je les vois moins souvent. Mes enfants, je les vois moins souvent.
Et je me suis concentré que sur mes enfants à cette époque-là. Et le fait de ne pas avoir mes enfants, tristesse, autre chose, tu ne peux pas te concentrer à dire je vais me libérer, je vais voir un homme et je vais me soulager. Non, c'était moi, il me fallait... Alors je suis trop saposexuel, je pense, là-dessus, je réfléchissais trop. Et donc, naturellement, je n'étais pas intéressé par un homme en fait.
pour toi être sapio ça veut dire j'ai besoin de connexion humaine pour avoir du rapport sexuel et t'avais pas l'espace à ce moment là dans ta vie bah non en fait pour moi c'est d'avoir un coup de coeur pour un homme j'avais pas de coup de coeur en fait je voyais les hommes mais j'avais pas de coup de coeur et quand je me suis séparé j'avais 34 ans
Là, non, pas non plus. Ce qui est arrivé, c'est que je dis, bon, on va refaire, pour faire plaisir à tout le monde, parce que tout le monde, ma mère, ma famille, a divorcé. J'étais le premier à divorcer dans ma famille. Et c'était, ah ouais, ok, déjà, ok. Et je dis, bon, je dois...
Encore essayer de voir si je peux plaire à quelqu'un, donc je plaisais aux femmes, et donc naturellement j'ai eu une rencontre avec une femme. J'ai juste une question, parce que tu disais un peu avant, je vais dans des bars, je me fais sucer, je suce, tu avais des rapports sexuels sans connexion humaine ?
Et c'est en vieillissant que tu as senti un nouveau besoin ? Tu ne pouvais plus avoir des rapports sexuels ?
la moitié des vacances ou autre chose, et tu n'as plus de temps disponible pour pouvoir aller librement faire des rencontres comme ça. Ah bon ? Et quand t'es divorcé, je croyais que c'était le contraire, t'as une semaine sur deux, à toi ? Alors non, en fait, moi j'avais un week-end sur deux, mais par contre, la séparation, faut que tu fasses le deuil de la séparation, et de ton mode de vie que t'avais instauré, et moi j'étais pas en état. J'étais pas en état, et même une rencontre,
Je me serais défoulé sur quelqu'un. Il aurait subi toute ma haine ou autre chose. Ça n'aurait pas été bon. Et ça n'aurait pas été beau, surtout. Et qu'est-ce qui te fait rencontrer une autre femme ? C'est une amie ? C'est une amie, en fait. On sympathise, on discute. Je dis, c'est sympa et tout. Très vite, je veux être encore dans le cadre.
pour être le parfait hétéro par excellence, donc on se paxe très vite, on s'installe ensemble très vite. Ça a duré deux ans. Par contre, elle avait des enfants de son côté, dont des enfants presque adultes et pré-ados, et là tu te dis, oh, elle avait un ado de 15-16 ans, et là tu te balades à poil à la maison ou autre chose, et tu te dis, ouh,
ah bah tiens tu me fais réveiller un truc qui était enfoui et donc on se sépare à cause de ça et je dis ah peut-être que je suis pas fait pour être avec une femme et donc je recommence je rencontre à faire une petite rencontre
Mais là, je découvre des rencontres qui étaient plus sur les... Parce que cette femme, elle comprend ton désir ? Non, elle comprend pas. Et c'est toi qui dis... C'est moi qui décide de partir avant qu'elle comprenne. Qu'elle comprenne que je vois son fils qui a 16, 17 ans... Ce qui t'a fait peur, c'est qu'il est mineur. Ce qui t'a fait peur, c'est que c'est un homme. Il commençait à être presque homme. Un de ses fils était adulte. Et j'ai dit, je vais me faire griller à un moment ou à un autre. Je vais me faire griller, donc il vaut mieux que je parte.
Et en plus, après ce n'est pas le sujet du podcast, mais à donner une femme divorcée, certaines ont manque de chance, laissent de la place à leurs enfants qui n'est pas leur place en fait, qui est la place d'adultes.
donc cet enfant qui avait 17-18 ans j'allais le prendre sa place et pour moi personnellement une dynamique qui n'allait pas pour toi une dynamique qui n'était pas bonne donc là à ce moment là tu te dis peut-être que je ne suis pas fait pour être avec une femme t'as un quel chemin quoi mais d'accord je vais faire encore la bêtise derrière parce qu'en fait j'étais paxé trois fois avec mon ex-femme une première fois on s'est marié, on a divorcé je suis paxé, dépaxé, paxé, dépaxé
Moi, ce que j'ai entendu, c'est que la puissance de la honte a créé ce marathon. Parce que là, quand tu le racontes aussi, moi, j'ai plein de compassion pour toi. Je pense qu'on essaie tous de faire au mieux et que tu t'es battu avec tes démons et ce que tu pouvais. C'est vrai que de l'extérieur, quand je t'écoute, je me dis...
C'est ouf d'avoir insisté à ce point-là. Et de vouloir instaurer un cadre qui n'était pas le mien. C'est-à-dire d'être l'homme parfait. C'est-à-dire, aux yeux de l'extérieur, l'homme hétéro qui a une famille, qui a un cadre, qui a des enfants, qui divorce comme tout le monde. Et qui se retrouve papa célibataire, divorcé, avec des enfants qui viennent un week-end sur deux. Et de pouvoir gérer avec ça.
et de dire avant quand moi je pouvais faire mes petites rencontres avant de connaître mon ex-femme j'avais pas cette pression derrière et de dire ok je suis juste homme et je pense qu'il y a ma personne à moi là il fallait que je pense à moi et mes enfants à côté
C'est-à-dire pour toi avoir des enfants c'est un soin, une charge mentale qui du coup t'empêchait d'être toi homosexuel ? Oui parce qu'à l'époque, alors pour moi à cette époque-là quand j'étais tout jeune, je me projetais de dire à l'école je vais être le papa gay de référence ou autre chose, comment ils vont vivre avec ça les enfants ?
Et j'ai dit, non, faut pas que... Et je me suis vu une nuit dire, je peux pas le dire, en fait, je peux pas le dire, parce qu'ils ont 3-4 ans, on s'est divorcés, mon fils avait 4 ans, ma fille avait 6 ans, j'ai dit, ben non, parce que sinon je vais être la personne qui va être à la sortie de l'école, qui va être le fameux gay qui va chercher ses enfants, qui suce des bites ou autre chose. J'ai dit, ok, ben non, je peux pas leur mettre cette pression-là, mes enfants, ils ont besoin de... On se sépare, donc déjà c'est dévasté, ce côté-là.
et il faut qu'ils se reconstruisent et en plus si en plus j'impose ce critère en là en plus sur leurs épaules à eux c'est ma charge à moi c'est pas leur charge à eux alors parce que moi j'ai cru qu'on allait respirer mais on a toujours pas respiré j'ai toujours pas encore respiré justement quand est-ce qu'il y a eu une brisure une faille qui a laissé passer de la lumière et de l'oxygène alors en fait c'est la troisième ex qui est la fin on s'est séparés et là j'ai dit stop
Je me suis retrouvé à venir dans un tout petit village et j'ai réfléchi. J'ai maturé, mûri pendant ces 10-15 mois où je me suis dit « Ok, tu as fait un chemin de vie ».
Tu sais qu'avec les femmes, tu ne te sens pas bien. Tu es malheureux même. Même parfois, tu arrives à comparer, de dire que parfois, quand elle te suce, tu suces mieux qu'elle. Donc, tu te dis, bon, ce n'est pas possible. Il faut que j'arrive. Et jour après jour, c'était assez compliqué de dire, il faut que j'arrive à le dire. Entre mes deux dernières ex-femmes, j'ai eu une rencontre avec un homme qui a duré plus de 4 mois.
Et en fait, c'était caché à ma famille, à tout le monde. Et on s'est séparés parce que je n'assumais pas qui j'étais. Donc cette séparation-là, c'était anodine, c'était 3-4 mois. Mais je me suis dit, mince, ok, peut-être qu'un homme, ça ne me convient pas. Donc je me suis mis avec une dernière femme. Oui, j'ai acheté une maison et autre chose. Mais à la fin de cette dernière séparation avec une femme, j'ai dit, merde, j'étais bien avec lui.
J'ai eu un contact, j'ai eu des échanges, mais c'était filmé, je me cachais de tout. Alors là, c'était vraiment des transpirations partout. C'est-à-dire que mes SMS, mes enfants étaient... Ils utilisaient parfois mon téléphone pour récupérer, pour jouer à leurs jeux sur mon téléphone. Donc je dis « Ah ! » Et je dis « Oh mince ! » Mais j'étais bien, mais en fait, j'avais...
Une folie, c'est-à-dire de dire, si je me fais crier par mes enfants, ils vont le dire à leur mère, qu'ils vont le dire à qui, ainsi de suite. Et je dis, c'est bon, il faut que j'arrête, il faut que j'arrête, il faut que j'arrive à respirer. Tu parles de cette période des 10-12 mois, je crois, dans un petit village, j'ai pas compris, c'est-à-dire tu as fait une retraite. En fait, quand je me suis séparé, j'ai eu de la chance, j'avais acheté une maison avec la dernière ex-femme.
qu'on a vendu. Je me retrouve à ne plus avoir assez de finances pour trouver un logement seul. Je me rapproche de mes parents. Mes parents m'hébergent. J'ai vécu dix mois dans leur toit. Quand tu reviens et que tu as 38-39 ans, c'est compliqué, mais tu arrives à te retrouver comme si tu étais dans le contexte de revenir comme un gamin. C'est marrant, c'est joli. C'est là où tu te dis « Ouais, ok, j'ai des enfants. Je suis dans une chambre. »
Je me retrouve chez les parents. Quand j'ai eu des finances, je me suis trouvé un logement pas très loin de chez eux parce que c'était pratique pour moi pour pouvoir garder les enfants ou autres. Mais j'ai vécu dans ce tout petit village qui est à côté de Poitiers et ça a duré...
15 ans à moi. Et donc là, tu te dis, il faut que je réfléchisse. Et quand j'ai eu l'occasion d'avoir ce logement tout seul, et bien là, je me suis dit, go. Il faut que j'y aille. Il faut que je respire. Il faut que j'arrive à y arriver. Donc, j'ai commencé à discuter avec une copine. Je lui ai dit, tu sais, je n'ai pas connu qu'une des femmes dans ma vie, autre chose. Elle m'a fait, ah bon et tout ? Je lui ai dit, ouais, mais j'ai envie de retenter. Elle m'a dit, vas-y, retente. Elle m'a dit, qu'est-ce qui t'en empêche ? Je lui ai dit, bah ouais, mais j'ai les enfants. Elle m'a dit, alors ?
« On s'en fout, tes enfants, c'est ta vie ? » Et là, tu fais « Ah ouais ! » Je ne sais pas si on a le droit de la nommer. Oui, Cécile. On a le droit ou pas ? On lui fait un gros câlin, non ? Tu ne trouves pas ça essentiel ? Après, j'ai eu... En fait, je me suis permis et autorisé à le dire à d'autres copines. En fait, les gays ont toujours plein de copines, tout le monde le sait. Et je me suis autorisé, et c'était elles qui m'ont dit « Mais attends, t'en as assez chier de ta vie ?
« Tu arrives presque à 40 ans, tu as le droit de vivre pour toi, tes enfants, tu as un projet de quoi ? » Je dis « Moi j'attendais qu'ils aient à peu près la maturité de plus de 10 ans pour leur dire. » « On arrive bientôt, ils ont bientôt 10 ans, donc tu peux leur dire. »
Moi, je suis quand même un petit peu pris au dépourvu parce que là, en un des clics, en une conversation avec Cécile, on écrase 39 ans ou 38 ans de... Non, peut-être pas 38. Bon, mais en tout cas, tu as tous ces interdits et ce silence. Il y a eu ces 15 mois clés où tu reviens chez tes parents et tu réfléchis avec toi-même.
Si on a des hommes qui se retrouvent dans ton témoignage, toi, tu as l'impression que c'est quelle chimie qui a pris ? Qu'est-ce qui s'est passé pour que tu dises « allez, stop » ?
C'est-à-dire qu'en fait, là-dessus, ça ne marchait pas à chaque fois. Ça ne collait pas. En fait, c'est comme s'il y avait... J'étais en fait une tasse cassée et que je voulais compléter avec des morceaux, mais la colle, ça ne marchait pas. Ça ne marchait pas. Donc, plus la rencontre que j'avais eue avec cet homme qui a duré ponctuellement 3-4 mois, eh bien derrière, ça concerne à ouvrir des portes en fait.
Et là-dessus, tu commences à en parler à une copine. Tu commences à en parler à une autre copine. Et après, tu te dis... Qu'est-ce que tu as ressenti avec cet homme ? Parce que j'ai l'impression que lui, il a été une clé. Tu as ressenti des trucs nouveaux ? Alors, j'ai ressenti... En fait, c'était ta première relation, du coup. Ma première relation, vraiment. Mais je suis bête, mais oui. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que moi, j'avais à l'époque, mais j'ai toujours mes enfants un week-end sur deux. Donc, il y a un week-end où je suis papa et un week-end où je ne suis pas papa.
Et donc, c'est des portes ouvertes à tout ce qu'on peut faire. C'est-à-dire que tu partais en week-end, tu partais chez lui ou autre chose. Je n'ai aucun compte à donner à personne. Je fais ce que je veux.
Et là, tu t'es ressenti des nouvelles émotions. C'était agréable. C'était très moins agréable. Qu'est-ce qui était agréable ? D'avoir une complicité avec un homme, d'être sous son toit. Et ce qui était moins agréable, c'est quand il m'a dit « Vas-y, assume-toi. Dis-le. Dis-le à la personne que tu veux. » Parce que je lui dis, parfois, je faisais beaucoup de faux plans. C'est-à-dire, « Non, je ne peux pas. J'ai mes enfants. Je ne peux pas. J'ai ma famille. Il était caché. »
Et là-dessus, il n'en pouvait plus. Je comprends qu'il n'en pouvait plus à cette époque-là, parce que ce qui se passe, c'est que moi, je me donne une pression, et il me dit, c'est bon, on va arrêter, parce que tu n'es pas dans le stade de pouvoir t'assumer. Et notre couple ne veut pas être comme ça. Donc stop. Et donc là, tu repars, tu fais, ok, ok, d'accord, bon, ok.
Et c'est après que tu te réfléchis, pendant cette période de retraite chez les parents, où tu reprends cette relation-là, tu te dis, mine de rien, c'était bien. C'était bien, mais il me manquait juste une petite chose, c'est de pouvoir le dire aux gens qui je suis, qui je suis réellement. Tu l'as recontacté, cet homme ? Non. Je sais qu'il a directement, il s'est remis en couple, il est marié, je crois, mais je ne l'ai pas recontacté. Il est marié à un homme ? Oui.
Je vais te poser la question. Comment t'as enlevé les couches de la honte petit à petit ? Est-ce que t'y es arrivé ? Parce que là, toi, on discute avec des amis qui disent, mais vas-y. Et toi, petit à petit, tu t'ouvres. Alors, c'était une catastrophe, cette fois-là. Parce que ça faisait rigoler. C'était tellement... C'est ironique, en fait. Je retrouve un logement tout seul. Donc, j'installe les applications de rencontre. Donc, l'application masquée que tout le monde connaît.
L'application masquée. Ah oui, Grindr. Tu ne veux pas dire son nom ? Si, mais je ne savais pas si j'étais autorisé à le dire. Dans un premier temps, je l'installe.
Deux jours après, elle s'installe. Et en plus, je l'ai masquée dans mon téléphone. Parce qu'elle a toujours peur que mes enfants tombent dessus. Donc, on peut la masquer. Il y a une possibilité d'être transformée en bloc-notes ou en MP3. Donc, c'était bon. Donc, je l'ai installée. J'en restais une ou deux semaines. Je regardais les photos. Je me disais, mais putain, c'est quoi ces photos-là ? Je découvre un truc. Et je n'assumais pas. Donc, je mettais un ou deux jours. Je la supprimais. Hop, je suis remonté. Je la supprimais.
Même les applications comme Tinder ou autre chose, j'ai su priver. Je m'autorise. Non, je ne m'autorise pas. Maintenant, quand je me vois à cette époque-là, c'était tellement ironique et pitoyable. Tu découvres qu'il faut faire des petits pas pour monter des choses et arriver à un chemin où tu veux aller.
C'était assez fond d'art maintenant. J'ai du mal à en rire. Moi, je trouve ça super émouvant. J'ai envie de te faire un gros câlin. Mais maintenant, ça va. Il y a un petit moment où tu vas pleurer quand je vais faire les coming out. Tu veux que je pleure ? Je vais te faire pleurer. C'est ça.
Oui, mais je trouve ça intéressant. Tu as ton objectif d'être authentiquement toi, en tout cas d'être plus proche et de dire. Mais tu as quand même des petits allers-retours. Tu essayes des apps, tu reviens, et petit à petit, ça s'installe. Ça a été quoi les déclics d'après ? Tu as rencontré quelqu'un ? En fait, sur Grindr, ça me permet de faire des rencontres.
Je tombe sur des hommes plus... Et je découvre aussi ces applications-là. C'est-à-dire que je dis « Ah, je ne suis pas tout seul. » Bon, on est en campagne. Tout est relatif. C'est-à-dire que le premier gay du coin, il n'a qu'un ce qu'il le met. Donc, tu te dis « Bon, allez, mine de rien, j'y vais. Je suis tout seul ce week-end. Je n'ai pas de copains qui viennent. » Donc, voilà. Donc, tu fais les rencontres de nouveau.
tu t'autorises à dire, ah, en fait, il y a personne qui va quand même dire que c'est pas bien. Donc je dis, je continue. Et t'es arrivé à ce que ton cerveau ne te dise pas que c'est pas bien ? Ouais, j'ai arrivé, en fait, les premières fois, c'était, en fait, j'ai projeté, c'est là où c'était assez bizarre, parce que je projetais tout ce que j'ai connu, moi, en relation suivie avec des femmes, je voulais reprojeter avec ces hommes. Donc moi, naturellement, quand j'étais sur l'application, j'ai donné mon nom,
« Mais mec, pourquoi tu me demandes mon prénom ? » « Parce qu'on fait une rencontre, c'est basique. » « Ah bah non, généralement, les personnes ne demandent pas leur prénom. » « Ah bon ? Bah pourquoi ? » « On s'embrasse ? » « Bah non, je ne t'embrasse pas. » « Bah pourquoi ? » J'ai couvré. « Mais pourquoi ? » « Parce que ça ne se fait pas. »
« Ah bon, d'accord. » « Tu découvres des codes. » « Oui, je découvre des codes qui n'étaient pas du tout mes codes à moi. » « Et c'était des trucs glauques parfois. » « Et j'ai découvert le fait de partir de nos rencontres le soir, à une ou deux heures du mat, et d'envoyer un SMS à tes copines pour dire « Je suis là. » « S'il y a un souci le lendemain, si vous ne me retrouvez plus, je suis là à cette heure-là. »
c'est bien ça pour te sécuriser à chaque fois parce que voilà tu sais pas où tu vas donc dans ce chemin là tes amis ont joué un gros rôle j'ai l'impression ouais ouais j'ai des copines qui ont joué des rôles de ok merci y'a pas de problème et ça se passe comment et en fait elles voulaient débriefer donc elles voulaient débriefer à chaque fois découvrir être savoir où j'allais j'ai eu un petit surnom quand j'ai fait après mon coming out ils m'appelaient la pipute parce qu'en fait parfois j'étais en soirée avec eux et je partais
je dis oui oui je rencontre et ça ce surnom et ce qu'elle disait ça a activé ta peur de la honte ou au contraire tu trouvais ça bienveillant en fait ça c'était après mon poste c'était après le coming out mais avant il y a eu ce chemin où j'ai dit ok je suis arrivé à un stade où maintenant il y a une copine deux qui sont au courant maintenant faut que je passe à l'étape suivante c'est pour que je sois vraiment moi même il faut que je puisse le dire à tout mon entourage
Et c'est là où il y a beaucoup de réflexions qui arrivent. Tu te dis, comment je vais aborder le sujet ? Comment je vais le faire ? Et c'est dommage d'arriver à cette étape-là pour moi, mais j'avais besoin de le faire pour être libre dans ma tête, être libre de mes mouvements et d'arrêter de me cacher en fait. Bah ouais, t'as commencé par qui ? J'ai commencé, alors, historiquement, j'ai commencé par mes amis proches.
Donc mes amis, une soirée, je ne sais plus, c'était la crémeillère de la maison de question, où j'étais en location, j'ai renoncé, j'ai dit voilà, je dois vous dire, je suis intéressé par les hommes. Vous êtes au courant que j'ai fait des rencontres avec des hommes précédemment, il y a très longtemps ?
pour certaines on était au courant mais en fait j'aime les hommes donc j'ai dit voilà maintenant je vais aller dans ce chemin là d'où qu'ils ont fait ok on s'en doutait un peu mais pas plus que ça on ne voyait personne ça c'était un samedi soir chez moi donc j'ai dit au fur et à mesure ma famille et là je devais faire ma famille donc c'est là où j'ai commencé et j'ai continué par ma famille
Donc le lendemain, je vais voir ma mère, je me retrouve dans la cuisine et dire « en fait maman, je veux te dire quelque chose, j'ai des sentiments pour des hommes ». Et là, elle était en train d'éveiller son four, elle a fait un blocage, elle a fait « ah ok, d'accord, d'accord ». Elle fait « je pense que tu peux le dire à papa parce que moi je ne me sens pas capable de le dire ». Elle fait « d'accord, ok ».
Je vais le dire aussi à mes frères et sœurs parce que je pense que le téléphone arabe de la famille va encore passer très vite. Donc, je vais le dire. Donc, toi, tu dis à ta maman. Est-ce que tu peux le dire à papa ? D'accord. Mais tu le dis toi à tes frères et sœurs ? Oui, je le dis à ma sœur par message, à ma sœur jumelle dont je rappelle l'événement et c'est là où elle s'est excusée.
Elle dit, je ne me rappelais plus du tout cette scène-là. Je ne me rappelle plus. Par contre, je m'en excuse. Elle fait, vis ta vie, sois heureux et fais ce que tu veux. Je dis, ok. Donc là, c'est étape par étape. J'ai annoncé à mon frère et à ma belle-sœur. Eux, ils ont dit, plusieurs fois, tu t'es fait griller, en fait.
Ah bon ? J'ai fait griller. Elle a fait oui, j'ai un collègue qui est à la FNAC, là où elle bossait, mon ex-belle-sœur, ma belle-sœur, mon ex-belle-sœur, elle a fait, il est venu me voir pour me dire si je te connaissais, parce qu'il y avait un gars que j'avais contacté qui bossait dans le même travail qu'elle, et j'ai été fait griller.
Et elle a fait, c'est bien d'assumer et tout. Les deux étaient complices. Nous, on s'en fuit, c'est ta vie.
Tu vis comme eux. Il faut que tu sois... Il y a toujours le mot véhiculé, c'est que tu sois heureux et épanoui. Donc, voilà. Donc, OK. J'envoie un SMS à ma grande sœur pour lui dire. Elle fait... Ça ne la choque pas. Elle fait, OK. Elle fait, mais après, ce n'est pas pour moi. Il faut le dire, c'est pour toi. Sois encore heureux. Voilà. Toute ta famille l'accueille correctement.
Sauf qu'il y a le comeback, il y a le retour de ma mère qui m'envoie dans la semaine un petit message pour dire surtout tu le dis pas sur Facebook parce qu'il faut pas dire ta famille aussi que t'as comme amie donc faut pas le dire. Faut pas le dire que j'ai maman je suis comme je suis donc c'est ma vie c'est pas la tienne donc je fais ce que je veux. Elle fait mais pense à nous aussi.
Et donc là, je me suis dit, ok, je pense à vous, mais je pense aussi à moi. J'ai le droit de penser à moi maintenant.
Et là, tout le monde est au courant que ça passe. Personne n'en discute. Dans les repas de famille, ça arrive et personne n'en parle. Voilà, c'est un autre sujet. Ça arrive dans le sens... Ça arrive, en fait, qu'on refait notre vie classique. C'est-à-dire que moi, je refais des repas d'anniversaire, famille ou autre, et ça...
C'est simple. Il n'y a pas de rupture. Il n'y a rien du tout. Ils auraient pu très bien me dire « Non, on ne te parle plus » ou autre. Mais non. En fait, toute ma famille proche l'a accepté. Et même ma mère l'a dit à mon père, bien sûr. Même maintenant, mon père en blague au repas de famille.
ok donc t'as eu une conversation avec ton papa ? non j'ai pas eu de conversation mais un repas de je sais pas de Noël ou autre il a fait des blagues sur mes rencontres ou autre chose j'ai fait ah d'accord maintenant on peut m'envoyer des vannes et bon c'était accepté donc voilà et ça t'a fait du bien d'entendre ta vanne ?
Ça m'a fait du bien parce que toutes les pressions et tout ce que j'avais sur les épaules ont disparu au fur et à mesure. Donc c'était wow, c'était cool. Pour moi, c'était revivre en fait, revivre être moi. Donc c'est compliqué pour beaucoup. Moi, c'était compliqué en tout cas comme chemin.
Et après, la cerise sur le gâteau, je l'ai annoncé à mes enfants. Tu vas raconter ça à la prochaine partie. Merci. Tu vas raconter quand tu l'as annoncé à tes enfants. Puis moi, j'ai envie d'avoir des infos sur ta sexualité et cet amoureux. Et la suite. Ça te va ? Ouais. Super. À très vite.