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Tu es prêt ? Oui. Vincent, partie 2 de ton témoignage. Oh là là, il fait chaud. Et donc du coup, moi, l'intro de la partie 2… En fait, je devrais les rédiger comme ma partie 1 ?
On a parlé du défi de se grandir gay. Moi, je dirais de… Toi, en fait, plein de rejet et de haine d'aimer les hommes ou d'aimer avoir des rapports sexuels avec les hommes, de les fantasmer. Et on t'a raconté tout ton chemin jusqu'à, je crois…
J'hésite. Soit on se lance sur « j'ai eu un déclic quand il m'a géculé dans la bouche » et je suis là « mais attends, mais c'est qui, quoi, comment ? » Soit avant, tu racontes ce meilleur pote hétéro avec cette histoire d'amour imaginaire toxique dans l'ordre chronologique, c'est lequel en premier ?
C'est le meilleur ami, oui. Puisque j'étais encore là, je pense, vraiment au fond du gouffre. Tu veux raconter en quelques mots ce qui s'est passé ?
J'ai commencé à être attiré sans vraiment conscientiser. C'était juste que j'avais envie de me rapprocher d'un mec. Et donc j'ai réussi et j'ai intégré leur groupe de potes. Sauf qu'en fait, plus le temps passait, plus je me disais que je suis amoureux de lui. Et ce qui a été très dur pour moi, c'est que
J'étais toujours dans la suranalyse et que tout ça, ça ne se serait pas passé s'il était clairement hétéro et que… J'ai l'impression en fait qu'il y a eu… Je donne des exemples. Ce que je crois comprendre, c'est que…
Il disait qu'il était hétéro mais tu percevais des signes où tu disais mais c'est moi qui suis fou ou pas, c'est ça ? C'était quoi le genre de signe qui te faisait sentir qu'il était peut-être pas totalement hétéro ? Alors je pense que j'étais déjà énormément dans la suranalyse au point où Bum insigne ou qu'il voulait rien dire, je le surinterprétais et… Genre quoi ?
Bah je sais pas, rien que déjà le fait qu'il me donne de l'attention, alors qu'en fait moi au moment où j'ai réalisé l'attirance que j'avais pour lui, je me suis dit mais en fait c'est cramé, tout le monde doit le voir et j'étais ultra jaloux.
à un moment il s'était rapproché d'une fille et je me rappelle avoir eu une conversation avec lui sur le fait que j'aimais pas cette fille et que limite on était en colloque ensemble ça aussi on a été on s'est rencontré toute la première année
En deuxième année, il m'a proposé de faire une coloc avec lui. Et aussi, j'étais vraiment tiraillé parce qu'il avait un meilleur ami, le troisième coloc, qui lui, pour le coup, était gay. Et il ne s'assumait pas encore à cette époque-là. Mais j'ai l'impression qu'au moment où il a commencé un peu à avoir des mecs et tout, il n'en parlait pas, mais on le voyait. Et ce pote-là…
j'avais l'impression qu'il le voyait pas d'un très bon regard tu t'es dit il est même homophobe ouais et même en soirée quand il était sous alcool là c'était les moments où il était le plus homophobe du coup ça c'est par exemple un signe je me suis dit est-ce que les gens qui sont homophobes quand ils sont bourrés c'est pas qu'ils refoulent tellement un truc que ça sort que quand ils sont bourrés du coup en fait et puis ouais on est parti en vacances juste à deux
Moi je me dis, si j'étais juste pote d'un mec, et qu'en plus, de mon côté c'est très clair, mais qu'en vrai peut-être qu'il se disait juste « il est très cool, on s'entend bien ».
Mais j'ai traversé ces années-là, deux ans et demi, trois ans. Deux ans et demi, je pense. Sans jamais lui parler de ça ? Non, encore aujourd'hui, je n'en ai pas parlé. Et donc, tu as créé une histoire pendant deux ans et demi que tu as vécue ?
Pas une histoire d'amour, mais c'était des vibrations, toi tu t'étais attiré par lui, dans ta façon de lui parler et dans ta suranalyse, c'est que tu essayais de capter un retour d'une vibration que tu lui envoyais ?
Ouais et avec du recul je me dis que vraiment ça aurait pu être n'importe qui parce qu'aujourd'hui j'ai rien contre lui, c'est une très bonne personne mais il a rien d'exceptionnel.
Oui, t'as presque l'impression d'avoir chopé un peu n'importe quel être. T'as l'impression que ton esprit s'est dit… C'est pas une question, c'est une opinion. Du coup, avant que je la donne, nous sommes à La Réunion, mon cher Vincent.
On est en décembre, mais ici c'est l'été, il fait très chaud, on a allumé pendant la pause l'air climatisé, que je vais t'inviter à éteindre, car je m'inquiète. Je me dis, peut-être ça va faire un gros… Bon, j'en sais rien. Je suis désolé, on va devoir suivre ensemble. Précautionnel, on n'aura pas de rhume. On n'aura pas de rhume. Non, je trouve que… Je me dis, moi je me souviens de l'épisode précédent, dans le rejet de l'homosexualité…
Pour moi, dis-moi ce que t'en penses, je trouve pas ça… Moi j'ai souvent aussi rejeté les autres gays, donc c'est marrant, t'es dans une coloc avec un autre gay, on pourrait se dire, ah bah génial, je vais potifier avec lui, je vais être son ami, ou son amoureux, son amant, j'en sais rien, mais puis lui apparemment il ramène des mecs, donc il est peut-être gay niveau 4, moi je suis en dessous, peut-être qu'il peut m'apprendre 2-3 trucs…
Et moi je me vois bien pas être à l'aise avec ce gay là et où tu hoges la tête en disant oui, c'est ça ? Ouais, ouais, ouais. Enfin même avant ça, c'est vrai que moi aussi, tous les gens, déjà au lycée, je pense qu'en tout cas il y avait une ou deux personnes gays assumées, assez efféminées.
Mais je les jugeais, en fait. Ce n'étaient pas mes amis. Peut-être qu'au fond, il y avait un peu une forme d'admiration. Je pense qu'eux, au moins, ils osaient être qui ils étaient vraiment. Mais il y avait ce truc-là. Ils ne m'attiraient pas, je n'avais pas…
Est-ce que tu as l'impression que c'est possible que tu aies choisi ce pote et ton attirance envers lui justement parce qu'elle était impossible et justement parce que tu savais très bien qu'il n'y aurait pas de réciprocité ?
et puis le fantasme du mec hétéro et puis je me disais mais enfin quand bien même il a visé avec des meufs je peux comme moi je me définis pas gay peut-être qu'on en parlera mais peut-être qu'il y a une part d'homophobie parce que j'ai pas envie d'être associé au stéréotype et que je me reconnais pas dedans mais aussi parce que j'ai l'impression
dans l'absolu de pouvoir tomber amoureux de n'importe qui je me définis pas non plus pansexuel parce que bah dans la réalité c'est pas le cas mais j'ai pas des rapports où je tombe pas amoureux de n'importe qui du coup tu te contredis bah parce que ça c'est pas appliqué en fait c'est pas une réalité mais dans l'absolu oui typiquement je sais qu'il y a
pas mal de gays qui disent « Moi, les chattes, ça me dégoûte. » Il y a pas mal de gays. Ils sont où, ces gays ? Tu les entends où ? Des retours que j'ai entendus. Dans ton entourage ? Surtout, c'est une réalité. Quand on est bi, on peut être discriminé aussi bien par les hétéros que par les gays.
Non, non, mais je ne m'oppose pas à ton propos. Je veux juste que tu le situes parce que tu dis pas mal de gays, genre à la réunion, là, dans ton entourage. Non, en plus, surtout, en fait, dans mes phases de dating où on me posait la question « Ah, t'es outé ou quoi ? » Moi, c'était « Non, et puis je ne me considère pas comme gay. » Et du coup, c'est toujours ou très souvent mal accueilli. On te dit quoi ?
bah soit non c'est pas vrai enfin t'es juste gay ou bien aussi bon bah perte d'intérêt parce que le mec il sait pas ce qu'il veut et ouais
Et moi, pour le coup, j'ai eu des rapports avec des filles aussi. Je suis tombé amoureux d'une fille. Ma première amoureuse, c'était une fille. Si je suis très honnête avec moi, je pense que j'ai quand même une attirance majoritaire envers les hommes. Mais en fait, je préfère me laisser cette liberté-là, déjà de ne pas me mettre dans une case et de me définir comme… et de me laisser toutes les possibilités. Ouais.
Parce que c'est quoi les préjugés où t'as dit j'ai pas aussi envie d'être assimilé, associé aux préjugés gays, c'est quoi les préjugés ou l'image ? J'ai pas envie d'être associé plus dans le regard de l'autre, en fait j'ai pas envie par exemple que ma famille, ils connaissent rien de tout ce monde là, du coup ils associent ça à mon enfant va être malheureux, ça j'ai pas envie.
Et aussi parce que dans le peu de repères et même dans tous les témoignages que j'ai entendus sur le podcast, j'avais l'impression que c'était un peu perçu comme une indécision de ma part de ne pas savoir ce que j'avais envie. Mais en même temps, aujourd'hui, je me dis que c'est moi et je préfère laisser…
En fait, moi, ce que j'ai entendu là, c'est que la confusion, elle est sur la mise en mots de ton désir. Donc, en fait, c'est très simple. Dans ton petit cœur, tu dis « moi, je peux coucher majoritairement avec des hommes, mais je suis aussi attiré par des femmes ».
C'est pas plus compliqué que ça, point final. Mais je pense que la confusion, c'est que tu rajoutes une couche en disant « pour ma survie, au sein de ma famille, me dire gay est dangereux ». Et là, du coup, on n'est plus à l'endroit de ton désir. On est à l'endroit de ton désir de survie. On n'est plus à l'endroit de ton désir sexuel. Et possiblement, c'est là où moi, dans mon oreille, je sais pas trop quoi tirer de ce que t'as dit.
Oui, je pense qu'il y a une grande partie aussi, c'est pour me protéger. Là, on est à La Réunion, je ne pense pas que l'homophobie soit plus présente que dans l'Hexagone. Tu veux dire, toi, dans ton expérience de personne, tu es ici depuis moins d'un an, ici à La Réunion, dans l'ouest de Lille ?
Et tu ne vis pas plus, tu en vis autant d'homophobie que quand t'étais à, on a dit Lille ? Lille, ouais. Bah déjà, j'étais pas outé, donc en fait, la question se posait pas. Et puis aujourd'hui, en fait, j'ai l'impression que ne pas me définir comme gay, ça permet aussi de… Typiquement, j'ai eu des employeurs qui me disaient « Ah, et ta copine ? » et tout.
Je ne vais pas leur dire non, je n'ai pas de copine, j'ai un copain. Je l'ai fait en employeur et ça ne s'est pas super bien passé. Ici, tu es avec ton copain à la réunion. Et à l'employeur, quand tu as dit que tu avais un copain, ça ne s'est pas bien passé. Oui, il avait commencé par me dire, alors tu as suivi ta copine. Et j'ai dit non. Il m'a dit, c'est ta copine qui t'a suivi. Et je dis non, j'ai suivi mon copain. Il a fait ah !
Et juste avant, il m'avait dit, on faisait un tour en voiture, il m'a dit « Là, il y a une école d'infirmière, si jamais tu vas aller choper de la gonzesse, sympa, je suis en couple. » Et c'est pour ça qu'il a dit « Ta copine est venue avec toi. »
Mais tu vois, pour moi, il y a une grosse différence entre le masque que je suis obligé de porter, le costume pour survivre dans le monde du travail, etc. Et ce que je raconte à mes potes ou à un date Tinder sur mes désirs sexuels et l'orientation sexuelle, tu vois. Mais je… Moi, j'ai pas beaucoup… Enfin…
j'ai pas besoin d'en dire plus et j'allais sauter dans mes kits à éjaculer dans la bouche mais peut-être avant toi t'as envie d'en dire plus sur cette partie là de je m'identifie pas à être gay est-ce qu'on a fait le tour ? en réalité je pense que si il faut forcément que je m'identifie que je me mette dans une catégorie je pense que je pourrais dire je suis juste queer et ça me va très bien mais t'es aussi pas obligé tu fais bien ce que tu veux oui
mais après je suis d'accord avec toi il y a peut-être un fond de j'assume pas totalement et puis peut-être que si je me définis pas comme gay peut-être que
Au fond, il y a l'espoir qu'un jour, je fonde une famille avec un petit chien et tout. Mais enfin, c'est très inconscient parce que là, aujourd'hui, je suis très épanoui. C'est très inconscient et à la fois, quand on a des blocages sexuels, à mon avis, c'est par là que j'irais creuser. C'est ce que j'allais dire, ces espèces de micro…
homophobie internalisée où on se dit si un jour j'arrive à choper une meuf et à faire famille avec elle, je pense que moi je me dirais que ça pourrait me jouer des tours. J'ai peut-être tort mais… Dans quel sens ? Bah du coup en fait comment je peux arriver à être totalement sexuel avec un homme ?
S'il y a une part de moi qui espère ne pas l'être, est-ce que ça ne va pas venir me refaire trembler le corps comme tu parlais dans l'épisode précédent ? Me faire éjaculer plus vite ? Me faire me serrer mon anus tellement fort que du coup toute pénétration est douloureuse ? Bon, moi je suis très psy de comptoir, j'aime bien ça.
Et je trouve que je souligne une autre chose. Moi, mon métier, c'est le podcast. Donc, je suis dépendant des dons des auditeurs à qui j'ai beaucoup dit que j'étais gay. Et donc, ma réalité financière n'est pas dépendante d'un masque. Je trouve que c'est quand même vachement différent et c'est quand même à honorer.
En fait, toi, tu cherches un boulot et il y a un moment donné où il faut bouffer et il faut trouver un boulot. Et donc, s'il faut dire que je suis hétéro pour avoir le boulot, la question ne se pose pas. Et pour moi, c'est très différent de nos désirs intimes et de ces étiquettes.
Qui peuvent être des marqueurs qui nous aident à communiquer, qui nous aident à investiguer, qui nous aident à réfléchir et à se penser. Pour moi, c'est deux univers très différents. Le marqueur que j'utilise pour le monde extérieur pour survivre et le marqueur que j'utilise dans mon cœur pour aller explorer mon intime. C'est tout.
Mais j'ai pas l'impression que ce marqueur que je me mets ou que je me mets pas me restreint intimement. J'entends aussi l'injonction au coming out et à t'es dans quelle case, etc. qui peut servir absolument à rien pour certaines personnes. Et donc, pour moi, il n'y a pas de…
Il t'a éjaculé dans la bouche, ça a été un déclic, des blocages se sont levés. En fait, j'ai mis en note ça dans notre pré-entretien, mais je ne me souviens pas qui t'a éjaculé dans la bouche, c'est absolument délicieux, je veux tout savoir. Je pense qu'ils sont nombreux, il et elle sont nombreux à nous écouter, à se dire, mais qu'ils racontent plus vite. Guillaume, tais-toi, laisse-le parler !
C'est mon copain. Ah, trop cool ! Franchement, c'est avec lui que tout s'est magiquement envolé, tous les blocages. On va encore teaser cette éjaculation dans la bouche parce qu'on va donner deux secondes de contexte. Il y a un an et demi, tu te mets sur Tinder, vous vous rencontrez.
Ouais. On date. En fait, on se rapproche beaucoup parce que on s'aperçoit qu'on est nés le même jour. J'adore. Vous avez le même âge. On a le même âge. Et du coup, on parle un peu et on se voit rapidement. Moi, j'étais rentré aussi de voyage. J'avais fait six mois au Guatemala. Donc, je pense que j'avais aussi fait beaucoup de travail sur moi et…
Qu'est-ce qui s'est passé au Guatemala ? C'est quoi ce travail sur moi ? Bah il y a…
Je ne me suis pas concentré sur le dating. Je pense que c'était une manière d'être loin de tous mes repères, tous les gens que je connaissais et de plus m'affirmer en tant que moi. D'autant plus que malgré les préjugés qu'on peut avoir, on peut être assez ouvertement…
Efféminé, gay… Au Guatemala.
Dans certains lieux. Je pense en Amérique Latine globalement. Non mais la migration des queers pour s'autoriser à être soi, je vais nous faire une thèse. Pas du tout, c'est une blague. Je l'entends tellement, c'est tellement un truc universel. Moi, je suis parti aussi et il faut avoir les moyens financiers. Mais j'entends aussi des gens qui prennent le train et qui partent. Parce que je veux dire, il y a quand même toujours un endroit où…
il faut que personne ne me connaisse pour que j'essaye d'enfiler un costume qui me correspond plus ou des vêtements ou un soie je pense que dans tes témoignages je sais qu'il y a beaucoup de personnes c'est souvent à la fin du lycée quand ils rentrent en études sup c'est un nouvel environnement et du coup là ils se permettent et moi je pense que j'ai un peu regretté de pas avoir pu le faire là
Bon, j'étais pas… Là, au Guatemala ? Non, en études supérieures, on dirait que j'arrive. T'étais où, du coup ? Ah, t'étais au même endroit. Peut-être c'était ça qui t'a empêché, non ? Non, j'étais… Enfin, avant, j'étais pas… Ma scolarité, je l'ai faite dans la région, mais c'était pas à l'île-main. Et ouais, donc je pense que j'ai un peu regretté de pas l'avoir fait là, d'avoir saisi cette occasion, du coup, enfin…
Bon, je n'ai rien fait de dingue au Guatemala, mais je sentais plus cette liberté d'être moi-même et pas la peur que quelqu'un que je connaisse me voit et me dit dans les vêtements que je portais, je me suis mis quelquefois du vernis. C'était une bonne opportunité pour moi de m'affirmer. Pourquoi on n'en a pas là du vernis, Vincent ? C'est quoi cette affaire ?
J'en ai pas, mais j'ai prévu de… On m'a parlé d'une nail artiste, ça s'appelle ? Ouais. Une artiste de l'ongle ? Ouais. Ici à La Réunion ? À La Réunion, dans ma ville. Et il y a pas mal d'attentes parce que ça a l'air vraiment bien. Et du coup, j'ai proposé à mon copain de faire un date…
vernis avant qu'on parte en vacances. On part fin janvier. Parce que lui, avec son travail, il ne peut pas mettre de vernis. J'adore. Donc pour le moment, tu laisses ton ongle se reposer ? C'est ça. Bien sûr. Très bonne idée.
Donc tu reviens du Guatemala, le cœur plus ouvert. Tu te souviens si t'as mis quelque chose d'autre sur Tinder que d'habitude ? Parce que là, il y a plein de gens qui écoutent qui disent, bon déjà, c'est quoi cette affaire d'éjaculation dans la bouche ? Nous n'avons pas oublié, personne n'a oublié. Mais deuxièmement, qui se disent, bon putain, moi aussi je suis sur Tinder et tout, ça marche pas. Toi, t'as eu l'impression que t'as mis des mots différents ?
déjà il faut savoir on s'est matché deux fois sur deux applis différentes la première c'était Inge c'était une pote qui m'avait parlé de ça et bon c'est toute une histoire mais je me rappelle Inge il faut plus s'impliquer dans la création du profil parce qu'il faut mettre au moins trois ou cinq photos je crois il faut répondre à des questions on peut choisir les questions un peu comment on construit son profil mais moi j'ai pris les premières qui me posaient
Vous avez plutôt café ou thé ?
Et il m'a juste dit le fromage avec un émoji qui vomit. Et j'étais en mode, d'accord, qu'est-ce que tu veux que je réponde ? Et pourquoi tu viens me parler pour juger mes goûts ? Donc, on ne s'est pas embrouillé, mais la conversation a coupé court.
Et quelques jours après, je reçois une notif sur Tinder. Vous avez un nouveau match. Et c'était lui. Mais je n'ai pas du tout le souvenir de…
De l'avoir matché, de l'avoir croisé. Tu le connectes, tu te vois. Par contre, je fais la connexion avec le mec. C'est monsieur anti-fromage. Ok, c'est le mec anti-fromage. Là, c'est toi qui lui parles, alors ? Oui, c'est moi qui lui parle. Et c'était juste… J'aime le fromage, wesh. Non, je lui ai dit, tiens, tiens, comment on se retrouve ? Et puis, je pense qu'on en a profité pour…
recommencer sur des meilleures bases on a peut-être fait un petit clin d'oeil au fromage mais c'est marrant parce que je vais me permettre je pense que tu seras ok que je dis ça toi et moi on s'est rencontré du coup quand je suis arrivé à la réunion on a fait une sortie et il y avait ton copain
Et alors, il a une aura de bienveillance, de douceur qui ne correspond pas du tout à le fromage, point d'interrogation, émoji, vomi. C'était une blague ? Je pense que c'était une blague. Il manquait des émojis, ha ha ha.
Après, il adore l'humour et bon, des fois ça marche, des fois ça marche pas. Ah ben ça, je le comprends. Mais c'est marrant parce qu'il… Ah ouais, je le vois pas du tout. Après, il aime vraiment pas le fromage. Et puis, moi aussi, qu'est-ce que j'espère que les gens me disent en répondant ça ?
Attends, mais il y a des gens, c'est passion fromage. Moi, je n'en mange pas tous les jours à tous les repas. Tout ça pour dire qu'on peut trouver l'amour en mettant n'importe quoi sur son profil. Vous arrivez, en tout cas, grâce à ce deuxième match, à reprendre une conversation, à aller en date. Quand tu le vois, tu te dis immédiatement quoi ?
Je pense pas qu'il y ait eu de coup de foudre ou quoi. On en a beaucoup parlé, mais le premier date, j'ai trouvé ça un peu gênant. Pourquoi ? Parce que moi, souvent, avant les dates, j'aimais bien penser à des questions, à des sujets de conversation pour éviter les blancs, tout ça. Et je me rappelle qu'une fois arrivé sur place…
Il n'y avait aucun sujet ou aucune question qui me paraissait appropriée. Il te posait des questions inappropriées ? Non, non. Moi, des questions que j'avais préparées et tout. En fait, sur le moment, je me disais, je ne vais pas parler de ça. Je ne sais pas. J'étais un peu gêné. Et je me rappelle même lui avoir posé une question. Je lui ai dit, tu es plutôt deep talk ou small talk. Et il ne savait pas ce que c'était. Et du coup, c'était un peu ça notre date.
T'es trop chou, mais t'es trop chou avec tes petites questions. On dirait moi. Bah oui, il faut bien commencer quelque part. Et du coup, t'as bien raison. Non, non, mais t'as bien raison. Mais du coup, ça fonctionnait pas sur le moment. Et lui était plus en mode, non mais viens, on discute. Il était à l'aise, lui ? Ou lui aussi, il était mal à l'aise ? Bah…
Je suis pas totalement à l'aise, mais je pense peut-être un peu plus que moi. Et alors, il est plutôt small talk qui est genre, on bavarde de sujets légers, genre, ah, t'as vu le temps ? Ah, il fait chaud. Ah, il y a des manques dehors. Ou bien deep talk, c'est genre…
Vraiment, conversation profonde, on refait le monde, la conversation qu'on est en train d'avoir. Pourquoi tu as choisi le métier d'aujourd'hui que tu as choisi ? Pourquoi tu fais ce métier ? Ce serait une question profonde dans un date. On se demande souvent, tu fais quoi comme métier ? Et après, au fond, pourquoi tu choisis ça ? Bon, passons. Il est plutôt deep talk ou small talk ?
En vrai, je pense qu'on est tous un peu des deux. C'était une question de merde. Mais quand même, le premier date ne nous a pas arrêtés. Non, et en plus, c'est moi qui lui ai renvoyé un message. Parce qu'on a eu un peu un débat qui a renvoyé le message. Et c'est moi, mais je ne saurais pas trop. Je l'ai fait vraiment naturellement.
Et en fait, déjà, ce que j'ai dit très rapidement, c'est que je lui ai dit « Bon, si jamais il y a un de nous deux qui n'a plus envie de parler à l'autre, on se le dit et puis il n'y a pas de souci. »
J'avais jamais eu de relation sérieuse et que j'étais pas… Potentiellement, du jour au lendemain, je m'auto-dégoute et je me sabote et voilà, quoi. Ah, tu lui avais dit que ça pouvait être une dynamique. Oui. Bah, et…
En fait, ma motivation, c'était vraiment d'instaurer une communication fluide, qu'on soit tous les deux à l'aise, tout en acceptant le rejet de l'autre. En vrai, ça a bien marché.
on s'est revu genre deux jours après je suis allé chez lui et il s'est passé ce qui s'est passé on s'est rapproché on n'est pas allé très loin mais c'est lui qui avait le premier pas et j'étais chez lui mais je me sentais vraiment à l'aise alors que c'était en soi comme mes dates d'avant
Enfin, dans les faits, il n'y a rien qui changeait. Le contexte était le même. J'étais chez quelqu'un d'autre que je connaissais pas trop. Et il m'amène dans sa chambre et on commence à se déshabiller, tout ça. Et ça s'est trop bien passé. On a joui en même temps.
Et on n'est pas allé très loin. C'était surtout masturbation. Je crois qu'on s'est un peu sucé. On a joué en même temps parce que toi, t'avais souvent une éjaculation qui venait trop vite à ton goût. Oui, c'était quelque chose que je ne contrôlais pas. Oui, c'est pas trop vite. C'est que vraiment, dès le début du rapport, au bout de quelques secondes, t'éjaculais ?
c'était pas non plus extrême mais j'étais très inconfortable avec le fait qu'on me touche et là je sais pas ce qu'il a fait ou bien je pense qu'il y a une grande part c'est moi qui comme je te parlais du Guatemala j'ai réussi je pense à accepter cette partie de moi
Et lui aussi a dû avoir une manière de faire qui m'a mis à l'aise. Et ça nous a marqué, le fait qu'on ait eu un orgasme en même temps, vraiment. Et je pense que les trois, quatre premières fois où on l'a fait, à chaque fois, on jouissait vraiment exactement en même temps. Et vous avez joui comment sur cette première fois ?
l'un au dessus de l'autre et du coup sur l'un ou l'autre je crois que en se masturbant chacun vous avez éjaculé au même moment ouais je me rappelle plus qui était en dessous non non mais ouais
mais oui sur le corps ouais toi t'arrives pas à identifier spécifiquement tu te dis quand même le Guatemala et partir loin t'as permis de faire comme un reset comme une remise à niveau ou à zéro un rafraîchissement une mise à jour logicielle je saurais pas vraiment expliquer parce que je suis aussi parti un an en Europe de l'Est pendant mes études c'est ça qui m'a permis de
Faire tourner la page sur mon ami pour qui j'avais des sentiments. Une autre incidence très bizarre, je suis parti en Estonie. Il a choisi sa destination après moi. Le meilleur pote hétéro ? Je suis parti en Lituanie. Donc il est parti vraiment juste à côté de moi. Là on fait complètement une parenthèse sur le sujet d'avant, mais t'as pas envie de le confronter ?
tu t'es pas curieux de dire bon gars je mets les pieds dans le plat genre je me suis branlé mille fois sur Watt il y avait pas un petit sous-entendu entre toi et moi ah tu m'inodes t'es gêné franchement déjà ça a été un big step de lui présenter mon copain parce que je me suis dit bah si t'étais pas assez clair jusque là
c'était pas dit parce qu'après son meilleur pote il s'était un peu éloigné attends mais c'est marrant soit c'est mon écoute qui est mauvaise soit c'est toi qui mais le gars bourré dit des trucs homophobes le gars est homophobe c'est pas genre il est pas homophobe
En fait, moi, je l'interprétais à cette époque-là comme… S'il dit des trucs homophobes quand il est bourré, parce que quand il n'était pas bourré, il n'y avait aucun problème. C'est qu'il est gay. C'est qu'il est gay. Donc c'était une raison de plus pour moi de m'accrocher à l'espoir. Et il a bien réagi quand il a rencontré ton copain ? Oui. Mais en plus, ce qui me perturbait, c'est que… Quand je m'imaginais le scénario où je lui disais ou imagine, il se passe un truc…
Bah en fait je réalisais que j'en avais pas envie en fait. C'était vraiment un fantasme. Comme un peu je pense toutes mes expériences de dating. Genre le mec un peu plus vieux que j'ai vu. Bah c'était clairement un fantasme. Celui avec la fellation. D'agosté et tout ouais. Ouais. Moi j'observe que…
Toujours dans mon idée qu'il se passe aussi des choses qui permettent à une part de nous…
d'être rassasié, le moment où ton esprit et ta libido est utilisé totalement par une histoire imaginaire qui n'aboutira jamais, il y a comme, tu vois, une prise occupée. Et ça veut donc dire que tu n'es pas dispo pour autre chose qui serait plus dangereux, comme par exemple tomber amoureux d'un mec qui peut être amoureux en retour, avoir du sexe.
être activement homosexuel c'était une jolie manière jolie c'était une manière de ton esprit d'être passivement homosexuel donc nourrissant un peu de quelque chose qui est vivant en toi mais sans jamais de passage à l'acte et sans exister puisque tu n'en as jamais parlé
et je pense en fait ce qui m'excitait un peu c'était ce côté un peu bromance qui se passe rien mais qui est vraiment cette ambiguïté mais au final ça me rendait super malheureux pourquoi on est reparti sur l'ancien sujet parce que là bon et Jacques dans la bouche faut qu'on y aille bah du coup je te taquine si t'as envie de dire mais t'inquiète
C'est quoi, non mais en vrai, tu te rappelles pourquoi dans notre pré-entretien t'as dit j'ai vraiment eu un déclic au moment où il a éjaculé dans ma bouche, il y a eu un déclic, tu te souviens de cette fois-là ? Ouais, c'était chez moi, chez mes parents. Mais dans ta chambre d'enfance ?
Non. Non, non, non. C'était dans une autre chambre. On dira pas laquelle. Ah, j'adore ! Et… Ouais, je me souviens du moment où, en fait… Juste, on se suçait et… En même temps. 69. Oui. On aimait beaucoup ça au début et… Bah, en fait, on… On avait quasiment tout le temps des orgasmes en même temps, donc…
c'était cool et du coup on se suçait à ce moment là et on disait tous les deux on va jouir et tout et on continuait et pareil le souvenir se fait ultra naturellement mais le moment j'ai eu comme si je me voyais à la troisième personne et ils disaient attends t'es en train de faire ça là et genre
C'était la première fois que je goûtais du sperm. Et…
cette voix intérieure elle dit quoi ? elle dit ah t'es en train de faire ça donc c'est un peu péjoratif ? bah non pas vraiment en plus en mode t'es là et ça va et donc il y a eu ce déclic sur le moment et la fin du déclic c'était le fait d'en parler d'autres gens
Surtout ma meilleure amie avec qui je suis très proche. Au début, je n'étais pas très à l'aise même de parler de tout le sujet lié à la sexualité et tout ça avec n'importe qui. Mais de plus en plus, elle aussi était ouverte à ce sujet-là. Donc moi, j'étais…
invité à me partager aussi et du coup je lui ai dit que ça s'était passé et bah il était en mode trop bien et il était en mode bah ouais en fait c'est pas un big deal elle me juge pas et c'était vraiment j'ai l'impression les dernières barrières de bah ouais c'est ok
c'était quand ça ? ce déclic ? c'était il y a un an et demi au début de votre relation ? ouais le premier mois trop bien moi faut que tu m'expliques deux secondes le 69 j'y arrive pas parce qu'en fait j'ai l'impression de manger deux gâteaux à la fois et du coup que les goûts se mélangent et je suis là bah attends je préfère manger d'abord la pistache
Puis après la mangue, parce que sinon je goûte pas bien. Donc je suis en train de te sucer, tu es en train de me sucer et moi, mon cerveau n'arrive pas à prendre du plaisir à ces deux trucs en même temps. Je suis un peu genre, bah attends, j'ai envie de profiter. Mais t'as pas ça toi ? Mais comment tu fais ?
En fait, je pense qu'on se retrouve pas mal sur un point, c'est qu'on se dit tous les deux que le plus important, c'est le plaisir de l'autre. Ton copain et toi ? Ouais. Et c'est vraiment ce qui nous fait kiffer, en vrai. Et du coup, je trouve qu'aujourd'hui, on en fait un peu moins, peut-être. Oui, clairement moins. Mais je trouve que c'était vraiment une bonne manière de…
donner du plaisir à l'autre tous les deux toi ça marche quoi toi t'arrives à ce que les deux se fassent en même temps sans que ton cerveau dise ah j'arrive pas à comprendre et puis même j'aime bien la position en tant que telle je trouve que ça permet vraiment une proximité dans les corps t'as des conseils pour moi ? pour conquérir ce plaisir du 69 ?
Des conseils ? Je trouve qu'il n'y a pas de mauvais 69. C'est cool d'être sur le côté.
J'arrive vraiment à… On fait plus qu'un corps, comme des morceaux de puzzle. Tu peux vraiment avoir… Avec tes mains, tu peux toucher tout le corps. Ça, c'est une excellente idée. Parce que moi, à chaque fois, moi ou lui, on est allongé. Et donc, il y en a un qui est au-dessus et l'autre en dessous. Ah, j'aime bien. Et d'ailleurs, ça forme mieux un 69 dans ton sens que tu viens de proposer.
Après, ça dépend dans quel sens tu regardes. C'est vrai. Après, au-dessus, en-dessous, moi aussi, j'aime bien. Je trouve que la personne qui est en-dessous est un peu…
Dans un rôle de soumis. Dans le sens où quand t'es en dessous, t'as moins d'amplitude et de contrôle. C'est juste, excuse-moi pour mon langage, mais t'es obligé de gober la bite.
Ah ben non seulement t'es excusé, mais t'es incité en fait à un tel langage. On se fait une partie 3 avec grand plaisir. Donc je dis à bientôt, dans quelques jours aux auditeurices. Et toi, à tout de suite. Est-ce qu'il y a une autre pause Manglichi ou est-ce qu'il n'y a pas de pause ? On peut enchaîner. On peut enchaîner.