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Nicolas, troisième et dernière partie, si tu l'acceptes, de ton témoignage. Tu terminais le précédent épisode en disant comme ton chemin a été difficile et comme cette série de coming out, tu faisais un geste avec tes mains, tu sentais comme un énorme poids sur tes épaules se…
Et un des coming out les plus importants pour toi, si j'ai bien compris, c'est celui à tes enfants. Donc, tu as deux enfants qui, au moment de ton coming out, c'était il y a 4 ans, 39 ans ?
3-4 ans. Et toi, tu t'étais donné la règle de ne leur dire qu'à leur 10 ans ? Ouais, c'est ça. En fait, ils devaient avoir au moins 10 ans pour que je puisse leur expliquer ma vie et qui est vraiment leur papa. C'était quoi ton raisonnement pour ne pas le faire avant ? Mon raisonnement, c'est qu'ils aient la maturité de l'accepter, de le comprendre et de l'accepter.
C'est-à-dire qu'en dessous, pour moi, dans ma tête, c'était qu'ils n'étaient pas assez matures, et ils auraient pu avoir une déformation, dès on dit, de personnes qu'il y a à côté, qui auraient pu avoir cette information-là, et la déformer devant eux, et ils n'auraient pas eu les arguments pour pouvoir dire « mais mon papa, il est heureux, en fait ». Donc voilà. Donc pour moi, je me suis dit…
10 ans, 10-12 ans, donc là, 10-11 ans, j'ai dit, ok, ils vont être assez matures pour pouvoir l'accepter, donc l'enregistrer.
et avoir les arguments pour pouvoir se défendre si des fois on me disait que leur papa était monsieur le gay qui fallait pas du tout parler ou autre chose donc j'ai dit ok parce qu'à ce moment là tu vis toujours dans un village ou une ville petite ou tout le monde se connait ? dans une petite ville donc là un petit village donc à cette époque là j'avais mes enfants 4 semaines d'été
comment c'est passé c'est que j'avais merci les séries et les films il y avait Love Victor qui passait à l'époque c'est un film où un enfant avoue des coups sans homosexualité et le dit à sa famille donc je dis ok les enfants on va se mettre devant la télé et voilà on va voir ce film là et à la fin plus ça avançait j'ai dit bon voilà papa a envie de vous dire un truc
papa en fait il aime les hommes et là il me regarde ok vous avez bien compris c'est à dire qu'il n'y aura plus de belle-mère ou autre chose il y aura peut-être un beau-père peut-être futur mais j'ai envie d'être moi et même si j'ai rencontré votre maman on s'est aimé ou autre maintenant j'ai envie de vivre ma vie et de découvrir cette expérience d'être moi-même et d'aimer les hommes
Donc mon fils avait 10 ans, ma fille avait 11 ans. C'était marrant parce qu'en fait, je les ai élevés comme mes parents ont pu m'élever. C'est-à-dire que la peur de l'inconnu, c'est toujours dire, si une personne te dit qu'elle est de race différente ou d'une religion différente, accepte-la, écoute-la et après, aime-la si tu as envie de l'aimer.
en tout cas moi et mon ex-femme on les a toujours élevés sur la compréhension de ne pas avoir peur de ce qu'ils ne connaissent pas et donc quand je leur dis ça ma fille la première réaction elle fait chouette elle dit je serai la seule princesse de ta vie là tu te dis ok d'accord et les deux en duo m'ont sorti papa le plus important c'est que tu sois heureux
Et là, tu fais, ok, ok, vous avez bien compris. Il fait, oui, oui, mais nous, on s'en fiche, il faut que tu sois heureux, papa. Il faut que tu arrêtes de pleurer. Et là, pouf, ils disent ça, donc moi, je suis en larmes. Et j'ai fait, ok, bon, tu vois, j'en parle encore et j'ai encore les larmes qui sortent. Mais c'est tellement admiratif de dire, ok, donc… Et je pense qu'indirectement…
le fait de les avoir élevés là dessus de les avoir ne pas avoir la peur de l'autre et d'accepter des personnes même différentes et ben là ils ont dit ok le message est passé et donc et donc là j'étais super heureux et là j'ai dit waouh alors bien sûr ils sont chargés de le dire à mon ex-femme courageux mais pas téméraire t'as pas eu envie de tu as besoin d'un mouchoir ? oui je pense que dans ma veste il doit y avoir ça
Je vais t'en chercher un. Ouais, toi, tu t'es pas senti de le dire à ton ex-femme ? Non, et en plus, c'était ma vie. Donc, c'est ma vie. Donc, j'ai dit… Tu le dis à mes enfants, OK ?
Mon ex-femme, elle la suive directement par les enfants et après, sans douter, parce que je suis après qu'elle s'en doutait avant que je lui annonce aux enfants.
Parce que, mine de rien, j'ai contacté un gars qui, directement, lui a dit, qui était, en fait, un copain de mon ex-femme, en fait. Et lui a dit, ouvertement, ton ex-mec qui t'envoie des messages. J'étais un peu flou, je dis, voilà, je vais trouver l'amour, peu importe le sexe. Et lui, il lui a dit, à l'époque, il est gay, ton mec. Et j'ai rencontré ce gars en question, Joseph.
Et l'an dernier, il m'a dit « Mais tu sais très bien qu'elle s'en doutait qu'elle était gay, c'est même moi qui l'ai dit. » Parce que, que je comprenne, en fait, tu étais encore avec ton… Alors, quand je me suis séparé… C'était à la séparation. À la séparation, voilà, on s'envoie des messages, la rancœur que tu peux avoir quand tu te sépares.
Surtout quand tu divorces. Et je lui avais envoyé un message assez animatif pour dire « Moi, je vais être de toute manière, t'inquiète pas, je vais être amoureux peu importe le sexe de la personne avec qui je vais être. » Ça, tu le dis à ta femme. Envoyé par SMS. Moi, je l'ai zappé, en fait. À ton ex-femme. Ah, d'accord. Et le copain en question, je le recroise l'an dernier, il me dit « Quand tu avais envoyé SMS, j'ai dit « Ah oui, j'avais envoyé cet SMS. » D'accord, je m'en savais plus. Il fait « Mais je lui ai dit que c'était gay, en fait. »
Et donc, ça a été bouclé déjà à l'époque et je ne m'étais pas rendu compte. Parce qu'elle, elle a réagi comment, du coup ? Bien, en fait. Après, c'est une relation… Elle n'en a jamais parlé. Mais après, quand je lui disais que j'avais rencontré quelqu'un, que je suis quelqu'un… Elle n'a pas eu de remarques plus différentes, en fait. Elle était toujours…
En fait, notre relation après la séparation a été tumultueuse, il y a plein de rancœurs et autres choses, mais au fil des années, on a réussi à trouver notre harmonie. Et maintenant, on parle de nos histoires et des nouvelles rencontres qu'on peut avoir. Chacun a fait sa vie. Maintenant, ça fait 9 ans, donc même bientôt 10 ans.
et que je dise aux enfants que j'ai rencontré quelqu'un et que je représente comme ce que j'ai actuellement une relation à un homme elle le sait directement par les enfants mais elle accepte bien j'ai jamais entendu mes enfants dire quelque chose comme quoi maman a dit un mot plus haut que l'autre
J'ai cru entendre dans ton récit que tu as eu besoin que plusieurs fois, autant de fois dont tu as besoin, être rassuré et validé par ton monde extérieur, par tes amis, d'abord Cécile, puis les autres amis, par tes frères et sœurs.
Tes parents ? Quelque part, ton père, avec ses blagues, c'est une validation. Tes enfants ? Est-ce que la boucle était bouclée ? Quand on a parlé à tes enfants, tu étais prêt à aller au chapitre d'après ? La boucle était bouclée, presque. J'ai aussi celui-là au niveau professionnel.
Mes collègues étaient très… Donc à l'époque, je travaillais en tant que formateur et comme de contexte. Mes collègues voulaient me mettre dans les pattes une autre collègue. Personne n'était au courant que j'étais gay. Donc à la fin, j'ai dit non. Je me suis même vu dire à un collègue, je lui ai dit non, mais non, ne me propose pas de rencontrer notre collègue hors de boulot, parce que je suis évite.
Parce que je suce des bites. Voilà, j'ai dit ça textuellement. Ok. Ok, d'accord. Ok. Et violemment, parce qu'en fait, il y avait une telle pression au niveau du travail, j'ai dit, après, je ne suis pas obligé de vous clamer avec mon travail que je suis homosexuel, mais vu que tu veux me proposer une collègue à fréquenter, je dis non, ce n'est pas dans mon contexte et ce n'est pas dans ma recherche. Elle fait, ah bon, d'accord, ça montre… Et là, il y a des réflexions encore.
ah bah ouais mais tu fais pas gay bah oui mais je suis peut-être pas gay mais j'ai pas envie de, je suis obligé de te dire comme ça ouvertement que je suis gay parce que au moins qu'on ait pas d'ambiguïté et que maintenant on se soit calmé c'est la première fois au travail que j'ai avoué mon homosexualité tu dis souvent avouer et je dois te dire ça me fait toujours un petit pincement au coeur parce que pour moi on avoue un crime, on avoue une faute on dit une vérité mais on avoue pas une vérité
si on peut tu emploies les mots que tu veux je te partage mon pinceau avouez parce que c'était encore se justifier auprès au niveau du monde professionnel comme quoi même si je suis hétéro ou homo
Peu importe, je suis toujours la même personne. Et donc là, j'étais obligé d'en parler au centre du contexte parce qu'en fait, souvent, au milieu professionnel, ça déborde. C'est-à-dire que les personnes cherchent à savoir si tu rencontres quelqu'un, si tu as des enfants. Ils étaient au courant que j'avais des enfants, mais ils n'étaient pas au courant de ma vie à côté.
donc ça se est-ce que après ce coming out aussi au boulot est-ce que ça se tu fais quoi en fait parce que toi tu dis je suis plus sapio c'est à dire j'ai de la joie intime quand j'ai une connexion avec la personne est-ce que tu te mets à dater alors oui en parallèle en fait ce qui arrive c'est que je commence à tu sais s'appliquer à son rencontre contre tout le monde et je découvre un nouveau monde un nouveau monde où je dis bah
Pourquoi ils s'embêtent autant que ça de se mettre dans des cases ou dans des titres de profil ? Le nouveau monde, c'est le monde gay, entre guillemets. Le monde gay, communauté gay, échanges, rencontres, voilà. C'est quoi ces cases que tu découvres ? Ces cases, c'est que, en fait, c'est comme… Au départ, j'ai dit, punaise, je suis un paquet de décives et je dois me décrire comme un paquet de décives pour être la meilleure marque pour me distinguer des autres. Pourquoi je fais ça, en fait ?
Pourquoi ils font ça ? Pourquoi je dois dire si je suis actif, si je suis passif ? Déjà, j'écouvre les termes. Je dis « Ok, d'accord. » Je dis « Moi, je suis juste amoureux ou j'ai des relations, des rencontres. » Mais je ne me suis jamais posé ces questions-là. J'écouvre. Excusez-moi, je suis un peu naïf.
J'ai fait un cheminement pour ne plus avoir de pression sur les épaules, et je retourne sur un contexte où je rencontre des gens, il faut se mettre une nouvelle fois une pression, se dicter avec des critères, comme si en fait on profile à toi…
c'était pas toi en fait tu mettais tes bons caractères ou alors si tu veux des rencontres absolument tu gommes ton âge si tu dois avoir des jeunes et j'ai dit mais putain c'est quoi ce monde là j'ai dit le monde où en fait t'es obligé de te dire bah en fait faut que je réponde aux envies de l'autre hum hum
J'avais utilisé des applications de rencontre pour rencontrer des femmes, mais je n'avais pas une telle pression de critères, en fait. De me décrire, de dire « Ah oui, il faut que je rentre le ventre, parce qu'en fait, il ne faut pas être gros. Il ne faut pas que je dise un plus. Il faut que maintenant, je ne demande pas limite le nom de la personne. C'est normal qu'on fasse un date sans se connaître. » Et je me suis dit « Waouh ! C'est quoi ce truc ? » Moi, je me suis adapté comme tout le monde.
Il fallait déjà que je me trouve, dans quel cas je me rentrais, où je pouvais rentrer. Et après… T'as fait comment pour ? En fait, tout bêtement, tu te renseignes des termes, et grâce à ton podcast, on apprend des termes au fur et à mesure.
le podcast a joué un rôle oui mais oui après tu il y a tellement de c'est comme la même chose que quand tu écoutes le libertinage où il y a des personnes qui ont des codes de couleurs avec leurs envies et là tu fais ah oui il y a tout ça c'est violent en fait c'est violent au départ parce que
Je dis, mais moi, je suis juste moi. Je suis romantique, j'aime faire des bisous, j'aime caresser. Mais en fait, non, ce n'est pas ces codes-là qu'ils veulent. Ils veulent savoir si je suis actif ou passif, si j'aime bien être vieux. Est-ce que j'ai des kinks à lui mettre directement à voir, à attacher quelqu'un avec une aisse ?
c'est quoi ce truc j'écouvre un nouveau monde et ça sur les apps de rencontre autour du village où t'habites c'est fréquent parce qu'en gros si je comprends bien toi ce que tu trouves violent c'est cette sur-sexualisation ou la sexualisation sans émotion et tu dis moi je suis plutôt amoureux, bisous, sentiments il existe des gens des gays qui ont cette même recherche et ce que tu trouves violent c'est qu'ils ne sont pas sur Grindr
Alors, ce que je trouve comme violent, c'est que même pour un plan, il faut répondre à l'envie de l'autre avant de dire « moi, je suis comme ça ». Il faut que tu sois le meilleur packaging pour avoir une rencontre. Si tu n'as pas ce packaging, si tu ne réponds pas aux bons critères…
tu n'auras pas tel ou tel monsieur, tel ou tel gars qui va rentrer sur l'appli, parce qu'en fait, tu ne réponds pas à ces cris d'assait de besoin. On n'apprend pas à te connaître et à savoir qui tu es en tant qu'individu. On te fait rentrer dans une case taille de bite, taille de corps, c'est ça ? Oui, c'est ça. Comportement, pratique sexuelle, et on te jarte si tu ne corresponds pas. C'est ça. Est-ce que c'est sur toutes les apps de rencontre que tu as cette expérience ?
Alors… Grindr est particulière, tu vois. Oui, oui, c'est Grindr et Roméo qui sont comme ça. Après, les autres applications, genre Tinder, c'est plus… Pour moi, c'est des relations un peu plus longues où tu ne recherches pas que de répondre à des kinks, à des personnes, en fait. Ok. Et ça, c'est juste que tu n'as pas rencontré Tinder au début ? Non, j'avais une envie comme tout le monde, c'est-à-dire de découvrir. Oui, je suis gay, je vais découvrir, je vais faire des rencontres. Voilà.
A ce moment-là, donc là c'est il y a 3-4 ans, il n'y a plus de barguet, tu es toujours près de Poitiers ?
et donc il n'y a plus de barres de rencontres donc tout se passe beaucoup en ligne c'est ça maintenant la société fait de sorte que en fait tout se passe soit les personnes sont beaucoup plus timides et plus secrets ou autre chose mais il n'y a plus de lieu de rencontre en fait tu as des applications plus ou moins pour projeter ce que tu as envie
C'est-à-dire que Gamec ou des applications à côté. Gamec ? Je ne la connais pas. Sur le site internet Gamec, tu vas voir. Tu vas découvrir un autre monde qui est plus direct. En tout cas, sur Poitiers, c'est plus direct que sur Grindr. Donc, c'est encore plus direct. C'est encore plus violent pour toi ?
ah oui oui c'est que t'as des photos et bah tu réponds et allez au bout de même pas une heure ou une demi-heure bah t'as ton plan en fait à Paris je dirais que l'équivalent c'est les pompeurs ah les pompeurs c'est très vieux ça ça a évolué dans le temps le site des pompeurs c'était un des premiers sites que j'avais vu moi dans les années 2000 je crois que ça a commencé et après ça a évolué derrière mais c'était l'un des premiers sites où tu pouvais y voir des petites vidéos gays à ne pas confondre avec lespompistes.fr la confédération des pompistes de France
Excuse-moi, désolé. Je me suis permis une petite blague, la parenthèse est fermée. Mais alors comment on rencontre l'amoureux ? J'ai l'impression que ce chemin-là, il est assez violent. Comment tu t'échappes de cette grinderisation ? Alors d'abord, dans un premier temps, c'est qu'en campagne, par rapport aux villes, le grinder n'est pas pareil. C'est-à-dire que…
Tu as plus de temps de discuter et même on te jette pas comme ça, même si maintenant ça commence à arriver mais on te bloque pas directement. Attends mais du coup tu me perds parce que pour moi tu fais ta découverte gay via Grindr notamment et tu habites en campagne, tu me décris une violence qu'après tu contredis en disant ça se passe pas comme ça ?
Moi, je bouge beaucoup en France. C'est-à-dire que sur Poitiers, au départ, j'étais suffisant d'avoir en ville, quand j'arrivais ici, sur Paris ou à Bordeaux ou ailleurs, où quand tu réponds pas à un critère, pof, t'es bloqué. Là, tu me parlais notamment des villes ou des grandes villes. Quand t'es en province, dans une petite ville ou petit village…
tu dois t'adapter et en fait parfois tu arrives à rencontrer des personnes qui sont qui arrivent à aligner deux mots sans dire c'est quoi ta bide c'est quoi ton truc donc ton amoureux actuel est-ce que t'as vérifié avec lui qu'on pouvait oui oui je lui ai posé la question il est ok super tu l'as rencontré sur Grindr c'est ça ah bah alors là il y a un plot twist un un
Un rebondissement, je ne m'y attendais pas du tout. J'ai eu des rencontres aussi avec d'autres hommes avant, c'est-à-dire plus ou moins longues. Kevin, mon chéri, on a discuté il y a longtemps sur l'application, mais lui était encore marié à l'époque, et donc il avait coupé court.
Il me reprend en contact le mois de novembre. Et tout bêtement… Ce novembre-là. Et là, aujourd'hui, on est en février. Donc début novembre, février. Novembre, décembre, janvier, février. Quatre mois. C'est tout court. Mais c'est ta deuxième relation.
dans les relations suivies c'est ma troisième au niveau des hommes et tout bêtement lui aussi il a le même code que moi c'est à dire qu'il a vécu longtemps avec une femme et je dis bon ok il se venait juste séparer je propose un resto
Donc on a fait un resto. On a discuté de tout. Quel resto ? Un resto sur Poitiers, le cas. Non, excuse-moi, c'était pas pour citer le resto. Un resto classique. Vous avez mangé quoi ? C'était français ? C'était asiatique ? C'était… Donc classique. Je pense qu'on a dû manger Jean-Croque-Monsieur avec des choses comme ça. Comme un bistrot. Mais on a réussi à tenir une conversation sans…
Alors, vous avez parlé de rencontres, de nos passés, des enfants, parce que lui aussi, il y en a. Quand tu le vois la première fois, tu penses quoi ? Ah, sympa. Il est mignon. Ouais ? Super.
Il est mignon. Lui, il découvre juste ce que j'ai découvert il y a trois ans. C'est-à-dire qu'il découvre l'application et on a tous un passé. Là, on discute de nos passés respectifs. Après, je lui dis qu'on ne va pas terminer comme ça. Je lui dis qu'on va se balader. On sort du resto, on va se balader sur Poitiers.
On fait facilement un ou deux kilomètres, dans la nuit, deux poitiers, et j'ose l'embrasser. Et lui, il fait…
Il fait « Ah ben, tu es d'accord de m'embrasser dans la rue ? » Je dis « Ben oui, moi je… Tu vois ma carure, je pense que personne ne peut m'embêter en fait. C'est assez imposant. Je dis « Moi, si j'aime quelqu'un et que je veux le montrer, je ne vais pas attendre. » Et je l'embrassais en pleine rue. Ce qui est un peu déserçonneux au départ. Et après, ben voilà, on a fait le cheminement classique, c'est-à-dire qu'on s'est tenu la main jusqu'à se récompagner à nos voitures.
Il m'a dit, je te propose un verre. Je suis OK. Bien sûr, le verre, ce n'était pas un verre. On a continué jusqu'à la soirée. Au fil du temps, ça a matché de sorte que je suis resté 2-3 nuits chez lui. Lui, il est resté chez moi. Au bout d'une semaine, lui, il venait juste séparé. Son ex-femme est encore dans son périphérique. Je lui ai dit, sois discret. Par contre, j'ai avoué avec mes enfants, mais par contre, tes enfants vont te griller.
Et au bout d'une semaine, je crois, sa fille, elle prend son téléphone. « Bonjour, je suis la fille de Kevin. » Et je commence à échanger des SMS avec sa fille. Comment elle, elle a compris que… Parce que j'imagine que son père a plein de potes. Alors, son père, en fait, c'est en maternelle. Il travaille à la maison. Et je lui ai dit « Méfie-toi, t'envoies trop de SMS. » Parce que d'habitude, il n'avait pas l'habitude d'envoyer des SMS. Et là, on envoie toute la journée.
Donc, j'ai dit, je vais te faire griller. Non, non, je ne vais pas me faire griller. Et en fait, il s'occupe de son travail à la maison. Naturellement, ses enfants, le mercredi après-midi, ils ont accès à son téléphone. Et donc là, je reçois le premier SMS. Bonjour, c'est tu ? Alors, il m'a surnommé, mon chéri m'a surnommé Doudou.
C'était le doudou de mon papa, parce qu'il n'a jamais parlé. Donc voilà. Et donc, elle a commencé à envoyer des messages. Mais donc, il lui en a parlé à sa fille ? Ah d'accord, ok. Parce que le week-end d'avant, j'avais préparé. J'ai dit, méfie-toi, prépare notre terrain, parce que sinon, tu vas te faire griller.
Donc, il l'a dit à ses enfants. Et sa fille t'a contacté. C'est ça. Toi, quand tu fais tous ces coming out et tu te lances dans ta vie de gay, si je puis dire, ça a quel impact sur ta sexualité ? Parce que… Ouais, vas-y. Alors, en fait, ma sexualité a évolué dans le temps.
C'est-à-dire qu'au départ, j'étais très passif et je subissais ou je n'étais pas très acteur. Tu veux dire passif, pénétré ou passif en faisant peu de choses ? Pénétré et s'intimider à sucer ou autre chose. Mais ça, c'était quand j'avais une vingtaine d'années. Au fil du temps, en fait, quand j'ai fait des rencontres hors, quand je n'étais pas en couple avec une femme, en fait, c'était…
les actifs ont déserté le monde. Et donc, résultat, en tout cas dans ma région,
on va se retrouver, il fallait prendre l'initiative parce qu'il fallait tester. Les actifs ont déserté le monde. Oui, c'est-à-dire qu'il y a des vrais actifs, comme les Versailles, quand on annonce Versailles, la plupart du temps, quand tu dis Versailles, tu grattes, tu dis, bah oui, t'es passif, t'es pas Versailles. D'accord, donc en fait, sur les apps de rencontre, il n'y a que des hommes qui aiment se faire pénétrer. Pour moi, c'était… Votre expérience. Votre expérience. Ceux qui m'intéressaient étaient plus passifs et passifs et passifs, moi, un autre…
On fait la belote ou autre. Parce que pour toi, un rapport sexuel qui te met en joie, il y a forcément une pénétration anal. Moi, à cette époque, oui. Mais à cette époque, c'était assez basique où il y avait un rapport sexuel. Il y a d'autres choses à faire que la belote. Voilà, on est d'accord. Et c'est pour ça que moi, ma sexualité a évolué. Domino, par exemple.
Oui, oui, oui. Après, tu sors des jouets aussi. Ou nos deux voyages. Non, mais à ce moment-là, tu avais envie de pénétration. Tu es sur les réseaux de rencontres et il n'y a pas de mecs qui peuvent pénétrer. Il y a des hommes qui m'intéressent et instinctivement, je dis voilà. Je vais te pénétrer. Je vais te pénétrer. Est-ce que ça t'intéresse qu'on teste un truc ? On teste quoi ?
contestent que un coup ça soit lui, un coup ça soit moi. Et en fait, je n'avais pas ce terme versatil. C'est quand, il y a deux, trois ans, où j'ai dit, tiens, Versa existe. Je ne le sais pas. Soit on était l'un, soit on était l'autre avant pour moi. Et là, fil en aiguille, j'aime bien être actif. En grosse aiguille, quand même. En grosse aiguille. C'est en fait le côté de…
Je pense que si je dois calquer par rapport à les relations féminines, en fait, le fait d'être dominant, même pour les hommes, même pour mes relations hommes, c'était naturel pour moi. Mais j'avais toujours cette envie de dire de temps en temps, pourquoi pas ? Non, j'ai pas compris, excuse-moi. Avec les femmes, tu n'étais pas dominant ? Si, si, si. Naturellement, t'es dominant et t'es acteur lorsque t'as un rapport sexuel avec la personne, avec la femme.
D'accord. Alors que quand j'étais avec un homme, ce n'était pas naturel pour moi au départ. Tu étais un peu déconnecté ? Tu dissociais ? Je dissociais les deux au départ. Et après, je me suis dit que vu qu'avec une femme, je suis l'homme et que je pénètre.
J'ai dit pourquoi pas tester au fur et à mesure avec mes rencontres, les hommes, de pénétrer. Pour moi, c'était naturel. Pour toi, être dominant, c'est quoi ? Ça veut dire quoi que je comprenne ? Alors attention. Dominant, en fait, il y a différents degrés. C'est-à-dire que dominant, c'est la personne qui va prendre le dessus sur l'autre. C'est-à-dire qu'il va être l'initiateur des démarches, des actions.
Dans ma tête, en tout cas, c'est ça. Encore aujourd'hui, c'est ça ? Oui, encore aujourd'hui, c'est pas besoin de pénétrer. Si tu prends un initiateur d'une caresse, de l'acte sexuel ou autre, pour moi, c'est ça. Après, il y a le dominant limite BDSM où moi, j'avais testé quand j'étais jeune et j'ai testé après des rencontres où t'as différents degrés de BDSM où tu vas jusqu'à l'ultra…
dominants. C'est-à-dire que tu as toujours un mot, tu t'annonces quand tu fais ton plan, et c'est ce qui m'est arrivé la deuxième fois, où tu dis, on a un mot-clé, quand tu diras stop, ça sera stop. Et j'ai pratiqué ces parties-là aussi. Oui, ta première définition, c'est plus entreprenant. Est-ce que tu es entreprenant ? Et après, tu dis ce que tu veux, mais juste pour que je te comprenne. Et toi, la sexualité BDSM a été très présente dans ton…
Oui, parce qu'en fait, je voulais explorer toutes les limites et tous les interdits que je pouvais m'autoriser. Donc, j'ai découvert la sexualité vanille, comment on peut avoir des parts. Après, classique. Après, le classique BDSM, pour moi, c'est du classique aussi. Pour beaucoup de personnes, ils mettent une catégorie, une case encore.
Mais pour moi, c'était si la personne veut qu'on lui serre la gorge ou qu'on aille plus fort, qu'on aille faire ça dans les endroits, que ce soit directement à un sauna ou à côté, pourquoi pas ? Donc, j'ai testé. Donc, tu as testé. Mais aujourd'hui, si tu devais me prendre en photo, tu as la sexualité que tu kiffes. Alors, je suis… Alors, c'est très compliqué. Je suis de base… De baise ? De baise.
en fait je suis assez varié j'arrive pas à m'arrêter sur un j'arrive toujours pas à me fixer sur une case sur quelque chose que je définis je veux très bien être romantique où on fait de la sensualité j'aime bien cette partie sensualité du caresse
de baiser dangoureux de trouver de prendre son temps que l'autre partenaire trouve l'excitation que tu fasses remonter l'excitation auprès de l'autre partenaire mais je peux très bien avoir parfois des envies, des pulsions comme tout le monde où je te prends sur la table et vas-y on y va comme un couple classique en fait pour moi c'est un couple classique pour moi dans ma tête
Parce qu'en fait, tu peux avoir une sexualité qui n'est pas binaire, qui n'est pas toujours linéaire. Tu peux très bien avoir une vie où tu es bien avec ton partenaire dans le lit et une autre fois, tu fais ça entre deux portes dans les toilettes. Et est-ce que dans le sexe que tu kiffes, est-ce que toi, tu es pris violemment ? Est-ce que toi, tu aimes être un peu soumis ?
Il y a ton regard qui dit pas mal de choses. J'aime les deux, en fait. Je suis très dominant. Donc, mon chéri, il le sait. Mais parfois, j'aime, comme tout le monde, dire… Alors, pas comme tout le monde, comme pour moi. Voilà, que moi. Sinon, tu vas te faire engueuler. Si tu écoutes, c'est pas ça. C'est que parfois aussi, j'aime bien que la personne s'exprime librement.
Et répondre à mes envies, me faire pénétrer, que j'aime bien sucer. Sans complexe. Et parfois, je dis, voilà, on tente. Et c'est là où, moi, le terme versatile…
est présent en moi, et me faire sentir plus actif. C'est-à-dire que sur les 100 fois où on va faire l'amour ou autre, il y a une, voire 5 fois où je voudrais être passif parce que j'ai envie. Alors que tu as commencé ta sexualité… En étant passif.
En étant celui qui est pénétré. C'est ça. Et que tu es devenu celui qui pénètre par manque d'options. C'est ça. C'est ça ? Oui. Est-ce que toi, tu vois des… Je crois que c'est premier ou deuxième épisode. Tu m'as dit, aujourd'hui encore, je continue à payer le prix de cette honte et d'avoir enfoui. C'est le cas ?
ma question plus spécifique c'est est-ce que tu vois l'impact aujourd'hui donc t'as fait tout un chemin de libération un chemin de sexualité est-ce que tu vois encore des morceaux de honte avec lesquels tu te débats alors oui parce qu'en fait je suis encore sous le contrôle c'est à dire que j'aime donner
donc je suis parfait amant pour donner plaisir à l'autre ou autre mais recevoir c'est compliqué recevoir c'est apprendre à faire confiance à l'autre et donner une liberté et c'est très compliqué je suis encore là dessus à travailler dessus j'ai rigolé parce que ça me parle je pense à un partenaire qui m'a dit exactement ça il m'a dit genre lâche prise Guillaume j'étais là ah ah ah
C'est vrai que quand tu étais dans le contrôle de toute ta vie, et tu te dis, il faut que je puisse apprécier le moment, il faut que j'arrive à déverrouiller ces petites portes que j'ai encore, et en fait, c'est avec ton partenaire suivi ou les rencontres que tu vas avoir, tu vas pouvoir t'autoriser à voir. Mais c'est bizarre, parce qu'en fait, c'est une question de confiance, et quand tu fais des plans, si t'as pas un régulier,
tu ne pourras pas, tu seras toujours dans ton contrôle. Moi, en tout cas, je serai toujours dans mon contrôle si je fais une succession de plans derrière. Il y a d'autres gens qui pensent à l'opposé. C'est-à-dire, c'est parce que je ne te connais pas que je m'autorise à lâcher prise. Versus, j'ai besoin de confiance afin de lâcher prise. Mais ouais, en tout cas, toi, dans ton cas, tu as besoin de cette confiance et de ce lien. C'est ça. Après, quand je rencontre des personnes, je suis libéré, mais plus libéré à l'extrême côté dominant.
C'est-à-dire que quand je faisais des rencontres, moi j'étais la plupart du temps actif, très dominant, les plans étaient directs, c'est-à-dire tu arrives, tu te fous à poche, je te prends et tu repars. Avant que je prenne une maison, j'étais en colocation avec des hétéros.
beaucoup de sujets. C'est quoi ça ? Non, je faisais une blague. Quelle est cette espèce de personne ? Ils sont très admiratifs de nous, en fait. Moi, je fais des rencontres, on avait une maison partagée avec deux autres gars, deux potes qui étaient hétéros. Ils font, mais vous êtes sidérants, les gars. Vous rencontrez quelqu'un, vous l'avez sur l'application, il vient…
20 minutes après, ils repartent. Et en plus, ça ne m'a pas coûté un resto, ça ne m'a pas coûté autre chose. Ils sont « Ah ouais, d'accord. »
Alors là, tu t'es empressé de lui partager mon podcast pour qu'il découvre qu'il y a plein d'hommes gays et queers qui ne veulent pas du tout ces plans rapides. Par contre, je suis d'accord. Non, malheureusement, je ne l'ai pas fait. Sur l'instant, je n'y ai pas pensé. Non, non, non, tu n'es pas d'accord. Non, non, pas de partager le podcast, mais tu es d'accord que ce n'est pas les gays. Il y a certaines personnes qui kiffent des plans queers comme moi, rapides, mais il y en a plein, ce n'est pas le cas.
Ben oui, il y en a beaucoup qui, comme moi, ça dépend avec qui tu as une affinité d'échanges. Et quand tu as un échange avec une personne, c'est très agréable de la rencontrer et de dire « ah ouais ».
Depuis que tu as fait ton coming out, est-ce que tu as fait face à ton pire cauchemar qui est avoir quelqu'un qui sous-entend avec un regard ou des paroles quelque chose de négatif parce que tu es gay ? Et comment ton corps a réagi ? Parce que parfois le trauma, je trouve, c'est ton corps qui réagit. Et bien là, en fait, ce qui s'est passé, c'est que j'ai assumé que j'étais gay, coming out, tranquille, d'accord ?
Et au niveau de la société, la société a beaucoup évolué, même en campagne. C'est-à-dire qu'il n'y a plus ce regard critique de dire « Oh, c'est le gay ». On a été, mine de rien, il y a eu beaucoup de démarches d'associations LGBT qui ont permis d'ouvrir, de casser beaucoup de…
de carcan, des stéréotypes, que tout le monde soit projeté sur la communauté gay. D'accord. Et donc l'avantage, c'est que maintenant, aujourd'hui, c'est pour ça que moi, naturellement, je me sens plus libre de mes mouvements, d'embrasser mon copain, de tenir la main. Tu n'as jamais été la cible d'une insulte ou d'un regard malveillant ? Alors, j'essaie de réfléchir. C'est intéressant, enfin, ouais, ça a changé, quoi.
Ben non, ça a changé. C'est un petit peu contradictoire avec… Tout à l'heure, tu me disais, il n'y a pas d'endroit LGBT, il n'y a pas d'assaut, il n'y a pas d'espace en campagne, là où je suis, pour rencontrer. Il y a des assauts, mais en fait, je suis admiratif de la jeunesse d'aujourd'hui. C'est-à-dire que moi, là, tu vois, derrière moi, j'ai fait des marches de la fierté. Là, il y a même…
Dans mon petit coin, une marche rurale qui existe où en campagne, tu peux avoir des jeunes qui sont trans, qui sont non-binaires, qui sont fiers avec leur drapeau de marcher avec des familles, avec des petits-enfants, des papys ou autre chose.
J'ai fait ça cet été, c'était lunaire. C'était lunaire et j'ai dit waouh. Alors moi, je ne suis pas démonstratif, mais j'ai dit waouh, c'est enfin que ça arrive. C'est-à-dire quoi, tu n'es pas démonstratif ? Je ne me dis pas que parce que je suis gay, je suis obligé de me mettre en avant et de dire autre chose. Non, moi, je vis ma vie. Mais du coup, tu as fait ta première marche cet été ?
deux ans. Et l'an dernier, j'ai participé à la deuxième des marches, je peux le dire ou pas, les marches rurales sur H9L. C'est de la pub. Je ne suis pas organisateur, mais je pense que je vais être organisateur cette année. C'est tellement bien de voir des jeunes agriculteurs qui font un char avec un tracteur, avec de la musique techno et même des événements le soir.
tu te dis enfin ça arrive ça arrive en campagne ça arrive et même t'as des personnes qui des tout petits micro villages en fait chez Neuvel c'est je sais pas combien il doit y avoir 500 personnes même pas à tout cas et ça attire du monde donc c'est génial de dire enfin ça arrive la société évolue et c'est là où je me suis dit waouh moi ça m'a permis moi de mon côté de dire bah je suis encore plus unique qu'avant c'est à dire j'ai fait cette marche j'étais tout discret j'étais tout seul j'étais pas avec des potes ou autre
J'ai vu à côté des drapeaux, j'ai vu des jeunes qui, même sur Poitiers, c'est-à-dire qu'on fait aussi des marches comme ça. Il y en a qui arrivent avec l'association LGBTI qui est sur Poitiers, arrivent à organiser des marches avec des assos. Donc il y a AIDES, il y a des assos qui sont présentes pour de la prévention, pour des stands. Et tu te dis… Tu te sens moins seul. Je me sens moins seul. Je me sens moins seul et je suis très fier…
que même les jeunes de 15, 20 ans, alors ils font leur petite marche avec leur pancarte, avec leur Insta dessus pour rencontrer derrière. Ah oui ? Oui, c'est très malin. Donc en fait, si je flash son code Insta, après je peux lui parler ? Ah bah oui, après tu fais la rebasse quelque chose, ils ont leur message et c'est leur compte Insta qui est derrière. C'est très, très, très, très malin.
très malin mais j'ai une femme donc j'ai j'ai une copine qu'on s'est rencontré elle a assumé qu'elle était lesbienne elle a fait bah tu viens elle était presque les seins à l'air tu fais mais normalement t'es pas comme ça elle a fait tais-toi c'est ma journée voilà
Et c'est que la société a évolué. Moi, j'ai vu 30 ans de sociétés où elles s'étaient réprimées, surtout dans mon lieu de ruralité, de petite ville, où, mine de rien, il y a eu une évolution des mœurs qui ont évolué, même quand je discute avec des copines qui m'attendent en plupart à trentaines ou quarantaines d'années, voire cinquantaines d'années.
qui, même elles, ont vécu des mœurs, qui ont des mœurs beaucoup plus libres. Qui ont changé. Tu parlais tout à l'heure de ta maman qui t'invitait à ne pas parler de ton homosexualité sur Facebook. Donc, qui disait, OK, t'en as reparlé avec elle. Comment t'en es où aujourd'hui ? Je n'ai pas reparlé. Il y a eu un gros pas. C'est que j'ai présenté Kevin à mes parents. La première fois, j'ai dit, bonjour, c'est mon copain. Donc…
Ma mère, elle n'avait pas d'idée. Elle a fait, bon, c'est un copain qui nous a présenté, un copain comme ça. Et j'ai fait, la dernière fois, je lui ai dit, tu viens pour le repas de famille ? Je lui ai dit, bah oui, mais je suis avec Kéline. Je lui ai dit, viens et tout, si t'es d'accord. Ah bah oui, il n'y a pas de problème. Donc, il est venu au repas de famille. Je crois que c'était mes enfants et mes parents. Pas de problème. Donc, mon père est en face de mon copain et ça s'est bien passé. Est-ce que t'as osé le toucher ? Ouais. L'embrasser ?
L'embrasser, non. Même lui, quand j'étais présenté chez sa mère et son beau-père, il y a un respect des personnes. C'est-à-dire que si la personne dit, voilà, vous pouvez être en couple, si la personne n'autorise pas qu'on se embrasse ou qu'on se touche, on respecte le lieu de la personne, en fait. Ouais ?
Est-ce que c'est les mêmes ? Parce que je trouve que dans les familles, les cultures familiales, je crois que j'ai, moi, mon frère et ma belle-sœur, je ne sais pas si j'ai le droit de le dire. Non, mais en fait, ça ne se roule pas des pelles. C'est ça. Et ça, c'est dans mes codes familiaux. Donc, ce n'est pas hétéro-homo, c'est juste dans le code familial. Est-ce que toi, dans ta famille, les couples hétéros aussi, ils ne se touchent pas ? Ils ne s'embrassent pas ? Je te parle de Smac, hein.
Des caresses ou des bisous, on peut faire des bisous. Mais pas si t'es homo.
bah non même pas il n'y a pas eu ce mot là donc moi si je suis très très tête de mule si je veux le faire je le ferai donc non mais excuse moi je te dis ça parce que moi j'ai jamais osé embrasser un garçon devant dans ma famille bon après j'ai pas présenté beaucoup de gens en fait c'était pas une pardon je pointais pas en mode aïe mais je crois que je voulais te demander est-ce que toi t'y es arrivé moi j'y ai arrivé mais toi tu y arriverais
après on s'est embrassé chez sa famille à elle chez sa mère et son beau-père à lui je pensais à sa mère donc j'ai dit elle à Kevin donc sa mère et en fait son beau-père nous a gentiment dit vous pouvez vous êtes ensemble y'a pas de problème mais vous embrassez pas lorsqu'on est en repas ou autre chose tu l'as vécu comment ?
j'ai respecté ce choix parce qu'en fait ça aurait pu être dans n'importe quelle famille le même cas c'est à dire que ok mais en fait après je pense que c'est le fait que lui il a connu son ex-femme mon copain ou alors il a encore des barrières à faire sauter parce que tout le monde doit accepter aussi moi ça vient me chercher à un endroit super contradictoire entre aimer les gens là où ils sont
et du coup accueillir et foutre le feu à la baraque prendre un bidon d'essence tu peux être comme ça tu peux vouloir mettre le feu dans la baraque comme tu dis sauf qu'il faut aussi respecter le lieu de la personne sur qui tu vas
excuse moi je prends mes clics et mes claques et je me barre ça c'est possible je peux être dans son apparemment si ils n'acceptent pas mais c'est problématique parce que c'est potentiellement mes beaux-parents que un j'ai envie d'aimer les gens là où ils sont et pas d'exiger d'eux qu'ils soient ailleurs et puis aussi le moment où du coup je coupe le lien ça impacte aussi mon couple je pense qu'il faut être intelligent c'est à dire que tout c'est pas fait en un jour
Tout s'est pas fait en un jour. Il y a eu une évolution de la société, des mœurs qui ont évolué au fil des années. Si une personne te dit gentiment respecter moi, tu la respectes. À quel prix ? En fait, moi, le problème, et c'est mon point de vue, et on est à des chemins, toi et moi, très différents et j'essaie pas de te convaincre.
Mais pour moi, en gros, quelqu'un qui me demande « Tiens, tu vois cette énorme merde d'homophobie ? Avale ! Vas-y, je te regarde, mange et avale ! » Et vraiment, je l'ai fait. J'ai grandi dans un milieu conservateur à Versailles et moi, le nombre de merdes qu'on me tendait et que je mangeais en souriant et en disant même « J'adore ! » et en disant même « Merci ! »
J'ai eu un déclic et puis je vais avoir 40 ans dans quelques années et c'est fini. Mais la question que je pose, c'est à quel prix ? Et à quel prix pour moi ? À quel prix pour la personne ? Et moi, j'ai une empathie, je peux décrypter et connecter pourquoi cette personne hétéro me demande de ne pas m'embrasser, etc. Pourquoi elle tente de prendre soin de quelque chose ? Un défi pour moi.
Tu vois, à comparer, il y a certaines familles où quand tu es en couple, quand tu n'es pas marié, tu dois être dans deux chambres séparées.
s'ils doivent dormir à la maison ils dorment pas dans le même lit si le papa dit à hétéro et homo c'est la même règle je ne veux que personne s'embrasse devant moi ça j'ai aucun problème du coup je dis ah ben monsieur ok mais là t'es d'accord que c'est que pour les homos là c'était que pour nous parce qu'en fait il y avait le frère de mon copain qui était là il pouvait embrasser sa copine ça le dérangeait pas bah ouais
Par contre, on a pu, moi, déjà, c'est normalement que de notre côté, j'ai déjà gagné le fait de pouvoir dormir avec mon chéri, de faire ce qu'on a envie de faire dans leur chambre, qu'ils nous prêtent pour la soirée, pour la nuit. Déjà, c'est déjà un premier pas. Après, il faut y aller progressivement. Tu choisis tes combats. Oui, voilà. Oui, tu t'en tapes. Nous, à la fin, on s'est embrassés dans la voiture, on s'est roulés les peines. Il fera le coup de la panne, mon chéri. Voilà, il n'y a pas de problème.
Je te comprends complètement. Merci. C'est la fin de notre… C'est rapide. Est-ce que tu as une dernière chose que tu as envie de partager ? Ce n'est pas obligatoire. Peu importe à quel niveau on est dans notre vie, il faut déjà apprendre à s'aimer et ensuite l'accepter pour ensuite véhiculer ce message-là aux personnes qui nous entourent.
C'est beaucoup d'étapes, mais moi je suis un exemple, j'y suis arrivé, mais l'herbe est tellement verte maintenant, je suis libéré d'un poids qui me bouffait, et donc chacun va à son niveau, à son allure, mais tant qu'aimez-vous et allez plus loin si vous pouvez.
Oui, je crois que quand je t'ai demandé, en préparant cet entretien, pourquoi c'était important pour toi de témoigner, tu disais, est-ce que je suis tout seul ? Il y avait un petit côté, et c'est peut-être ça ton message de la fin, c'est qu'il y a peut-être une résonance dans les oreilles de certains hommes qui nous écoutent, c'est ça ? Oui, parce que je ne pense pas être tout seul, à comparer, mon chéri a divorcé, il a eu presque en parallèle la même vie. Je ne pense pas être tout seul, mais en tout cas, moi, c'est mon chemin personnel.
Et je suis très, très, très bien maintenant. Et c'est libératoire de dire, je peux sortir, je peux être qui je suis, je ne suis pas obligé de vérifier si j'ai levé la main un peu trop ou autre, ou si j'ai levé mon petit doigt. Merde, c'est moi. Et tu peux venir me chercher. Ok, si tu ne m'aimes pas, on pourra dialoguer. On pourra peut-être se fighter parce que si tu veux, tu vas plus loin. Mais en tout cas, je serai moi. Tu t'autorises à être important.
Naturellement, ça ressort. Maintenant, je m'en fous si je prends ma thèse de thé avec un petit doigt. Je m'en fous. J'ai jamais fait ça. C'est naturel. Ça sera le mot de la fin. Merci Nicolas. De rien. Ça va ? Oui.