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Mathieu, troisième et dernière partie de ton témoignage, on est en train de tomber amoureux. Pendant que le monde… Pendant qu'en tout cas, moi, je pense que le monde va s'effondrer, qu'on va tous mourir avec la Covid. Toi, tu comptes fleurettes. Ah mais complètement ! C'est trop cool. Non mais moi, c'est faux. Il s'est passé plein de choses pour moi pendant mon confinement. Mais toi, petit à petit, tu pars à la conquête d'un homme…
Je ne sais pas si le terme de conquête est le bon. En tout cas, lui aussi. En fait, je me suis lancé dans cette conquête alors qu'au départ, je n'étais pas intéressé. Et quand je suis parti, quand j'ai commencé cette conquête, finalement, j'y suis allé vraiment à fond. Et c'était aussi une reconquête de mon corps, comme je l'évoquais. C'est ça ?
Et lui aussi, il t'a conquis ? Ouais, clairement. Du mal à le… Compliqué à dire. On a failli glisser vers du « il t'a conquéri ». Mais tu es prof, je pense que tu m'aurais engueulé. Pas du tout. Je ne suis pas très doué en orthographe ni en diction, donc pas de problème. C'est sympa. Ça chemine petit à petit. Le confinement s'arrête. Vous précipitez pour vous rencontrer. Attends, il habite dans ta région ?
Eh bien, en fait, il est né dans ma ville natale. Mais il fait ses études pour être professeur dans la ville du département, de la région d'à côté. Et donc, pour le confinement, il est revenu vivre chez ses parents, donc dans ma ville natale. Donc effectivement, à ce moment-là, il était pas loin de chez moi, même pas 5 kilomètres, je sais pas, dans ces zones-là, parce que c'est une…
une très grande ville la ville où je vis moi j'ai tu sais on avait le droit de sortir à un kilomètre ces trucs dans le genre vous aviez ces mêmes règles en Franche-Comté ? moi c'est simple durant le confinement je ne suis pas sorti une seule fois parce que ma maman était à risque je voulais absolument pas la contenir donc c'est ça vous vous êtes pas retrouvé on a vraiment attendu la fin du confinement pour savoir quand est-ce que vous vous êtes rencontré ? le 6 mai je crois
c'est aux alentours du mai 6 ou 13 je ne sais plus exactement honnêtement où ça ? on s'est donné rendez-vous en fait dans la ville natale dans laquelle je vivais il y a 7 collines et donc on s'est donné rendez-vous sur une des collines j'adore la randonnée donc je me suis dit ça peut être sympa et on va pique-niquer là-bas et on va marcher un peu
Ça marche, tant mieux. Ça ne marche pas. Au pire, on a fait une petite randonnée sympa. La première fois où tu le vois pour de vrai, tu te souviens cette première fois ? C'est-à-dire, est-ce que vous arrivez tous les deux en voiture ? Tu le devines au volant ? Est-ce qu'il marche vers toi ? Il vient me chercher la première fois. Je n'ai pas de permis, je n'ai pas le code. Il vient me chercher en bas de chez moi. Et donc, j'arrive au niveau de sa voiture. Il sonne ? Non, c'est moi qui vais le rejoindre. Donc, je dois trouver sa voiture. Il te dit « je suis en bas ».
Et tu descends ? Ouais. Ah putain. Donc il est assis derrière son volant. Ouais, ouais. Je me dépêche parce qu'en plus, il n'a pas pris le temps de se mettre sur une place. Moi, je l'attendais au niveau du parking. Il y a des voitures derrière, donc je rentre rapidement. Vous vous saluez comment ?
Je me souviens plus exactement. C'est tellement gênant. Non, non, pas du tout. Est-ce que tu t'embrases ? J'ai été au volant, donc j'aurais tendance à penser que… La bise vers la bise, en vrai. Je pense qu'on s'est fait la bise. On s'est fait la bise dessus, on s'est pas serré la main.
on s'est fait la bise et oui je me souviens être entré tous les sens sont en éveil la vue parce que je vois pour la première fois en vrai je vois ce qui dégage je sens son parfum son odeur qui se met à l'odeur de sa voiture j'entends sa voix pour la première fois qui n'est pas modifiée par le micro du casque
Ouais, ouais, c'est vrai. À moi, c'est non. À moi, tout ça, c'est non. Comment ça, c'est non ? Je te trouve très courageux. Eh ben, c'est non. C'est non. Qu'est-ce que j'essaie d'exprimer ? Je pense que j'ai vécu des mauvaises expériences de me créer des tripes dans ma tête à parler à des mecs où, en fait, le jour de la rencontre avec leur énergie corporelle et leur parfum, je suis là…
Non, mais c'est même pas une question physique parce que tu peux voir les gens, mais la manière de parler, la manière d'incarner son être, pour moi, c'est le creuser.
mot un peu compliqué c'est les fondations d'un désir cette façon un peu imperceptible de d'avoir un regard fuyant ou pas de sourire ou pas et donc moi passer des mois à parler à quelqu'un et build up faire monter mon désir pour après genre pas me se rencontrer j'ai trop peur donc du coup je dis on fait une visio ok ah ouais non
On n'a pas eu l'idée. T'avais pas peur de la déception ? En fait, j'étais… Ce qui s'est passé, c'est que j'étais pas au départ attiré par lui…
sur les photos, sur Messenger. Je n'étais pas attiré au départ. Donc moi, je n'ai pas eu ce coup de foudre. Je suis tombé amoureux de la personne, de nos échanges, de ces soirées qu'on passait à jouer à des jeux vidéo. Et c'est vraiment ça, en fait, qui m'a plu chez lui. Je ne suis pas tombé amoureux, vraiment. Je pense, dans un premier temps, je ne suis pas tombé amoureux du physique. Donc le fait de le voir ou non, ça m'importait peu. Comment se passe cette randonnée ?
très bien, moi je tape ma meilleure randonnée je suis bien content en plus c'est mon préféré coin de ma ville natale on a une vue imprévenable sur la ville, sur la forêt ça monte bien en plus il me laisse passer devant, il est galant il m'a appris après que c'était pour mieux voir mon petit derrière et donc oui on monte on s'amuse bien, on pique-nique on marche bien 3-4 heures dans cette zone là
Et moi, j'étais déjà content, j'étais fier de moi. C'était mon premier rencard. Je pensais que ça s'arrêtait là. Ton premier rencard de toute ta vie ? Avec un mec, oui. En vrai, j'ai eu quelques expériences avec des nanas.
Oui, dans notre époque. Ça n'a jamais été concluant. Notre époque où on voulait être hétéro. C'est ça, c'est ça. Et donc là, c'est totalement différent. Et j'avais une question tout à l'heure. Jamais tu n'as eu envie d'installer Grindr et un peu furter virtuellement ? Non, physiquement, je ne me plaisais pas. Comment je pouvais plaire à quelqu'un d'autre ?
J'avais cette peur de me déshabiller ensuite, d'avoir une relation sexuelle parce que j'avais trop peur de voir le mec fuir en me voyant. Je me trouvais moche, je me trouvais… Enfin ouais, mon rapport avec mon corps était très compliqué, ne serait-ce que mon visage ou… Parce que, en plus j'étais roux et à l'époque j'avais…
Il m'a fallu beaucoup de temps pour m'accepter parce que c'était le sujet aussi de moqueries, d'harcèlement, de l'école jusqu'au lycée, de mon physique, de ma couleur de cheveux, de ma manière, de ma gestuelle, tout ça. Donc pour moi, c'était compliqué. Il fallait vraiment que je parte à la reconquête de ça.
Et c'est joli d'ailleurs que lui, il dise dans son premier message Messenger, dont tu parlais dans l'épisode 2, je crois. Est-ce que tu es un exploit ? Oui, une prouesse statistique d'à la fois réunir la rousseur et puis la fête Edgar. Très chou. Mais oui, c'était vraiment quelque chose que je garderais en moi, je pense.
Enfin, chou geek. Oui. Il y a des gens qui peuvent peut-être se dire… Non, mais moi, très chou. Bon, on a fait la rando. On fait la rando. Ça fait trois heures qu'on marche. Moi, je me dis, ben voilà. Vous n'aimez l'odeur de transpiration ? Bon, il avait mis, je pense, la dose de parfum ou de déodorant. Donc non, il n'y avait pas forcément d'odeur de transpiration à ce moment-là. Et pour moi, comme je disais, mes objectifs étaient remplis. J'ai passé un moment avec lui. Et en fait, à un moment donné…
il me dit maladroitement tu sembles un peu stressé mais tu sais je connais des je suis peut-être en comment je pourrais dire
je vais pouvoir te déstresser si tu veux et je vois qu'il commence à se rapprocher et moi qui comprend le code là je me dis tu veux faire quoi ? je voudrais t'embrasser et là je me mets à rougir je mets ma tête entre mes mains je dis mais en fait je sais pas j'ai jamais embrassé quelqu'un je sais pas comment faire tu peux pas improviser comme ça un bisou je sais pas comment faire dis moi comment faire et ça m'a terriblement gêné et il m'a dit non mais t'inquiète y'a pas besoin de réfléchir en fait laisse toi faire
et ça ira très bien et donc il m'a embrassé il s'est arrêté après le le bisou de fée quoi et il y a peut-être eu 2-3 secondes où j'ai pas compris ce qui m'arrivait
Et il a froncé les sourcils. Et à ce moment-là, c'est moi qui l'ai embrassé. Parce que c'était quelque chose de tellement nouveau pour moi. Le temps que j'appréhende ce qui se passait, c'est ce que je ressentais de me dire, waouh, quel gifle, quel baffe. C'est trop bien. Et donc voilà, mon premier… Ton premier baiser ? Ouais, mon premier baiser, ouais. Tu l'avais imaginé plein de fois ? Parce que tu t'étais dit, ah là là, on va faire cette rando, il va se passer un truc ?
ah non je pensais vraiment pas qu'on allait s'embrasser durant cette rando moi j'étais vraiment parti tous mes objectifs étaient remplis on repartait sur le chemin du retour quand il m'embrassait et lui pareil il m'avait dit plus tard qu'il avait cherché à m'embrasser plusieurs fois et à chaque fois il avait pas réussi parce que je bougeais trop j'étais branché à fond sur la rando t'étais en train de courir devant pour monter sur ta colline exactement voilà donc non je me serais pas attendu moi c'était déjà s'il me rejette pas durant ce premier rendez-vous c'est du gagné
c'était clairement mes objectifs c'était pas l'embrasser c'était qu'on puisse se revoir moi ma peur c'était qu'ils me disent mais en fait non tu me plais pas il t'a dit qu'il te trouvait beau ? sur l'instant présent lors du premier rencard ? j'ai pas le souvenir honnêtement moi je trouve que ça marche de ouf ah ouais
Si on trouve quelqu'un de beau, on se le dit. Ça prend deux secondes. Maintenant, il le dit. Maintenant, il le dit, bien sûr. Il t'embrasse. Est-ce qu'il y a un désir sexuel ? Est-ce que tu as envie d'être tout nu ? En fait, il m'embrasse. Je vois bien que je commence à bander. Et ouais…
après sur le chemin du retour on s'est bien embrassé on est resté quand même enfin on est resté oui enfin à s'embrasser sur le chemin du retour et à la fin au retour dans la voiture on a programmé un autre rendez-vous l'autre rendez-vous pareil dans la forêt randonné enfin randonné qui s'est terminé du coup assez rapidement au niveau du pique-nique à rester couché sur le sur le sol et à s'embrasser l'un sur l'autre
avec… Ouais, vraiment à côté, oui, on était vraiment l'un sur l'autre, quoi. À la fin de la journée, il me fallait un troisième rendez-vous. Donc, troisième rendez-vous. Et de nouveau, là, cette fois-ci, c'était que ça, des bisous, puis vraiment dans un coin un peu reculé dans la forêt, avec des mains plus que baladeuses, sous le boxer l'un de l'autre, à se toucher. C'était la première fois que je touchais le pénis et les testicules d'un autre homme.
incroyable, l'excitation j'avais c'était en 2020, j'avais donc 23 ans ouais incroyable première fois que je mes premières fois, enfin oui ma première
Mes premiers actes, on est déjà dans la sexualité, finalement. Ouais, c'était dingue. Je réfléchis. Est-ce que je le dis ou pas ? Oui, allez. Il va m'en vouloir, mais c'est pas grave. Si t'écoutes le podcast, m'en veux pas. De toute façon, on sait pas qui tu es. À un moment donné, sur le temps de l'humour, je lui dis… Je sais plus de quoi c'est venu, mais si tu me dis un truc, je le fais. Puis en rigolant, il me dit, bah, enlève ton t-shirt.
alors j'enlève mon t-shirt si tu me le dis deux fois je le ferai c'est ça et il me le dit deux fois donc j'enlève mon t-shirt c'est toi qui a dit si tu me le dis pas deux fois sinon je vais le faire c'est ça il me le dit deux fois donc j'enlève mon t-shirt et je l'embrasse je suis sur lui puis il me dit je vais te demander de te déshabiller je fais fais gaffe tu l'as déjà dit une fois et il me dit du coup déshabille toi et je me suis retrouvé vraiment tout nu face à lui dans la forêt
Lui encore habillé. Génial. Et moi tout nu. Et en fait… Alors lui, maintenant qu'on lui reparle, il trouve ça hyper gênant. Il me dit j'aurais jamais dû. Mais moi, c'était une délivrance pour moi. Je me mettais nu face à lui. Et donc en fait, il voyait à quoi je ressemblais en vrai. Ouais. Je me suis dit, si jamais ça passe pas, ben voilà, on s'arrête là et c'est fini. Mais si jamais il m'accepte là, c'est jackpot. Donc non, moi j'étais trop content. Un peu stressé quand même de se déshabiller, d'être à poil dans une forêt. Bien sûr. Mais ouais…
Et il m'a dit qu'il aimait ce qu'il voyait. C'est avec lui, ta première fois ? Pas longtemps après, finalement. Une ou deux semaines après, je suis parti dans son appartement dans la ville du département d'à côté parce que les études ont repris. Le confinement avait fini. On arrive chez lui dans cette petite ville.
Et le soir, on commence à s'embrasser et il me fait une fellation. Et je viens. Tu jouis. Je jouis, ouais. Mais attends, il se passe quoi le moment où t'as un homme qui te suce ? Après toutes ces années, t'as raconté tout ton chemin de difficulté. Est-ce que… Il y avait quoi dans ta tête ?
au tableau de bord je l'aimais tellement j'aime encore j'utilise le passé parce que c'est un souvenir je précise mais en fait je suis trop content je vis un rêve on vient de se taper une heure de route une heure trente de route pour aller chez lui on est tout seul les deux
je me dis waouh je vais avoir ma première fois avec un mec j'étais quand même allé vérifier sur internet si la veille comment faire une bonne pipe c'est toujours rassurant d'aller sur internet pour ce genre de forum où on parle de première fois de tout ça j'avais vu que pour les rapports homosexuels mais ça ça faisait déjà quelques temps je me documentais depuis le confinement quoi consistait à un lavement comment faire les lavements tout ça parce que je voyais tout de suite ça d'un point de vue pénétratif
La pénétration, pardon. Et donc, j'avais fait attention à tout ça. Et donc, moi, physiquement, j'étais prêt. Et mentalement aussi. J'étais même tout le contraire, parce que je m'étais bien accepté durant ces quatre années d'études après le bac. Et donc, oui, j'étais une fleur prête à être cueillie. Tu arrives à… Je ne suis jamais arrivé à éjaculer pendant qu'on me suce.
bah moi ouais là pour le coup ouais génial c'était la première fois tu vois tu te dis waouh je sais c'est ta première fois et tout est tellement décuplé c'est incroyable quoi et
Et ça s'arrête là. Et il veut pas que moi je fasse de mon côté. Il fait, non, c'est bon, c'est ce que je voulais, je voulais te faire venir. On s'arrête là, très bien. Toi, t'avais pas envie de le sucer ? Ben ouais, mais il disait, non, non, là, c'était ton moment de découverte, on s'arrête là pour ce soir.
Et le lendemain, c'est moi qui lance un peu les hostilités. Effectivement, je commence à le… Enfin, je l'embrasse, je le suce, il me suce. J'éprouve un plaisir monstre à le sucer. Ah ouais ? Ah ouais, complètement. Parce que je me rends compte que le plaisir que j'ai… En tout cas, je prends pleinement conscience que je prends plaisir…
lorsque l'autre prend du plaisir je vis mon plaisir au travers du plaisir de l'autre vraiment à fond et donc ouais le fait d'avoir son pénis dans ma bouche le fait de le sentir un peu gémir de ressentir physiologiquement les mécanismes du plaisir le fait de vraiment sentir son sexe devenir de plus en plus dur tout ça ouais c'est hyper excitant pour moi
Et je lui dis, je pense que… J'étais déconstruit au niveau de l'homosexualité, mais pas forcément au niveau de la sexualité. Donc là, pareil, j'étais un peu imprécis au niveau des termes, enfin maladroit. Je lui dis, je suis prêt à faire la suite, parce que pour moi, la suite, c'était la pénétration. Et il me demande si je suis vraiment sûr. Il me fait, oui, aucun problème, tu peux y aller. Et donc, il commence à mettre du lubrifiant et à mettre un doigt.
Un deuxième doigt. Tu t'étais déjà doigté, toi, personnellement ? Alors, ce qui s'est passé, c'est qu'avant de partir chez lui, il m'a demandé si j'avais déjà… Justement, si je m'étais déjà doigté. Je lui dis pas du tout. C'est une zone que je me suis… Enfin, j'ai jamais eu le besoin de mettre un doigt dans l'anus, de me stimuler la prostate. Et il me dit, tu devrais peut-être quand même essayer avant qu'on se voit.
je fais bon très bien et donc oui j'avais essayé avant c'était tout récent pour moi ça faisait deux semaines pas plus c'était cool les premières fois où je me suis doigté j'ai pas trouvé ça dingue honnêtement
C'est nouveau, c'est bizarre, c'est bon. Puis il y a eu des sessions, je me suis rendu compte que oui, avec un peu de dextérité et de temps, se laisser le temps, de prendre son temps, eh bien, le plaisir venait, c'était vraiment agréable. Et donc, il me doit un doigt, deux doigts, et puis il commence à mettre son pénis.
et moi je suis lié aux anges c'est vraiment du… enfin ouais c'est trop bien et il commence il le fait pénétrer petit à petit et il commence à faire des mouvements de va et vient je lui dis mais tu sais je pense que tu peux entièrement le mettre y'a pas de problème j'ai vraiment envie que tu… et ouais il a été assez étonné de ce côté là parce que je pense que lui de base ses expériences
en tant que passif ou avec d'autres passifs pour une première fois être tout de suite open être tu peux y aller c'est une façon pas mal et c'est tout le contraire
Mais c'est génial. Je ne m'attendais pas à ça. Mais c'est débile. C'était un préjugé que j'avais. Peut-être que je projette sur toi mes incapacités ou mes blocages. Mais c'est génial, en fait. C'était un tapis roulant. Non, c'était un tapis volant.
Ouais, alors là, pour le coup, effectivement. Mais ça a été complètement… Ce rêve bleu. Ah ouais. Ouais. Ouais, non, vraiment. Et puis je pense que j'avais pleinement confiance en lui, tu vois. Ça faisait deux mois qu'on parlait, ça. Ouais. Et puis lui, il avait de l'expérience. Il y avait le temps. Et donc, je savais que je lui plaisais. Il aimait la randonnée.
non il s'est forcé sur plein de choses j'ai su après qu'il détestait il n'est pas très message non plus donc les gros pavés qu'il m'envoyait en fait alors oui il y avait aussi je pense lui aussi était sous le charme donc il se forçait un peu mais pour de vrai il n'était pas très envoyé c'est pas la personne qui envoie des gros messages il y a plein de choses c'est marrant j'ai appris à le redécouvrir ensuite mais ouais ça a été et suite à cela oui j'ai donc découvert la sexualité homosexuelle vraiment pleinement en étant acteur cette fois-ci et pas juste spectateur
Et c'était… J'ai beaucoup aimé. Tu parlais dans les épisodes précédents d'être plus excité par être soumis ou passif soumis. C'est en pré-entretien que tu me disais ça. Donc c'est aujourd'hui, ça fait quatre ans que vous êtes ensemble. Oui, c'est ça. Et c'est principalement ça votre sexualité ? Pas du tout. Pas sexualité ? En fait, lui a une sexualité très classique, je dirais.
Et donc j'ai appris la sexualité au prisme de cette sexualité très classique. Classique, je trouve que c'est un peu péjoratif. T'as raison. Ça fait un peu genre on se fait chier. Non, ça veut dire qu'il n'y a pas… Classique par rapport à original, qui sort de la norme. La norme, c'est ça, ouais. C'était dans ce sens-là. C'était pas du tout… Oui, effectivement, j'étais maladroit.
Non, non, mais il n'y a pas de maladresse, mais c'est genre, en fait, classique, ça veut dire je kiffe un sexe intense et ou sensuel, puissant ou pas. Ça veut dire dans le lit, ça veut dire missionnaire, à l'époque, missionnaire ou sur le ventre, je ne sais pas comment ça s'appelle, quand le passif est sur le pénétré. Je n'ai pas l'aise avec ces termes, excusez, je vais encore être un petit peu maladroit. Le passif est sur le ventre. Dis ce qui te passe par la tête.
les deux positions qu'on faisait uniquement donc voilà un côté très en fait c'est pas très riche d'un point de vue des positions ou des lieux ou des façons de faire ça peut être très riche d'avoir des rapports sexuels que sur deux positions qui nous éclatent toi tu dis il me manquait de la diversité ça peut être très riche tu vois d'avoir en fait à ce moment là non parce que je découvrais j'ai découvert plein de choses la fellation la sodomie le fait d'embrasser enfin
Et toutes ces choses-là, qui m'ont contenté bien huit mois, un an. Sauf que moi, je suis très curieux. Et à un moment donné, j'ai eu ce besoin d'essayer plein d'autres choses, en fait. Donc, la découverte de ta sexualité dans l'amour, c'est fait pas en mode passif soumis, c'est ça ? Pas du tout, pas du tout. Tu pénétrais, toi aussi ? Non, parce que lui est exclusivement actif. En fait, ce qui s'est passé, c'est lorsqu'on a échangé,
Il s'est défini comme étant une personne qui était plutôt active, mais qui peut être passif. Actif plus, passif un peu moins, mais il peut être passif.
Mais en fait, dans la réalité des faits, il est exclusivement actif. J'ai un ou deux épisodes à lui faire écouter. Ouais, très peu de fois, honnêtement. Tu l'as pénétré très peu de fois, ouais. C'est pas son kiff, c'est pas son endroit. Non, et puis oui, je pense qu'il a du mal à lâcher prise aussi. Il n'est pas comme moi. C'est vrai que de ce côté-là, sur beaucoup de choses, on est un peu différents au niveau de la manière de laisser l'autre nous pénétrer. Ouais, bien sûr. Alors, comment tu fais au bout de huit mois, un an, pour aller explorer au-delà
Je me pose beaucoup de questions, je recherche des forums, j'essaye de voir s'il n'y a pas d'autres personnes qui ont le même problème que moi, le même questionnement, le même cheminement, et je ne trouve pas forcément de réponse. Je lui en parle, je lui dis, écoute, que dans le lit, est-ce qu'on ne pourrait pas s'y aller ailleurs, faire d'autres choses ?
Et puis je lui dis, moi tu sais, pour moi c'est un peu compliqué, je commence à comprendre mes envies, vraiment à les verbaliser, à les rendre conscientes. Et tu es ma première fois, et c'est très bien, ça se passe très bien entre nous, et je t'aime.
Mais je n'ai jamais eu ce moment-là de ma vie où on laisse uniquement écouter ses fantasmes, ce côté uniquement plaisir, désir, où on n'a pas peur d'être jugé par nos désirs, nos kinks. Et j'avais tout ce questionnement-là. Et donc, on a trouvé, on en a discuté avec plus ou moins des solutions, honnêtement. Au départ, le premier problème, c'était que je n'étais pas suffisamment jetoué
actif. Enfin, je voulais essayer un peu plus. Essayer, en tout cas, à cette époque-là. Ça veut dire, tu voulais… Celui qui pénètre. Exactement. C'est pas une question d'être celui qui propose ou celui qui… Non, en général, c'est plutôt moi qui proposais. C'est plutôt moi qui suis actif dans l'échange. Parce que je pense être assez branché sexuellement, honnêtement. D'avoir une sacrée libido.
et justement j'avais ce besoin d'essayer un peu aussi d'être celui qui pénètre et donc j'ai pu une ou deux fois le pénétrer durant l'année et puis chaque année en fait il y a eu comme ça des moments de remise en question durant les différentes années durant ces 4 ans à me dire ouais mais toi on pourrait essayer de le faire ailleurs que dans le lit ça pourrait être pas mal non ?
il me dit oui mais j'ai essayé c'est pas fou ouais mais moi non j'aimerais bien faire ma propre expérience avec toi et puis des choses comme ça le fait de verbaliser que ouais j'aimerais bien qu'il y ait
qu'il y aille un peu plus violemment s'il a envie, qu'il serait sympa, parce que clairement, moi, je peux encaisser, donc à côté, un peu plus, je lui disais souvent, toi, tu me… J'aimerais que parfois, oui, tu laisses exprimer une certaine passion, une certaine fougue, une certaine… Bestialité. Ouais, c'est ça, qu'on n'associe pas toujours avec la relation romantique, alors qu'elle peut totalement y être, je pense qu'elle a totalement sa place.
et parce que je pense aussi que lui n'osait pas des masses et il aimait beaucoup moins se poser des questions et je pense que la sexualité qu'on a lui convient ou peut-être qu'il n'ose pas forcément me dire ce qu'il préfère encore aujourd'hui ouais je pense
Encore il n'y a pas longtemps, il m'a dit « la paire de lunettes, ça te va plutôt bien, est-ce que tu pourrais la garder ? » Ben ouais, mais ça fait 4 ans que je la porte, t'aurais pu me dire « ça me vient plutôt ». J'assure que oui, je la garde, ça te fait plaisir, ça te fait encore un peu plus… Est-ce que t'enlèves tes lunettes pour baiser ? En fait, là, c'est plutôt des lunettes honnêtement de confort. C'est-à-dire que je vais les mettre quand j'étudie, quand je travaille, dans des positions vraiment de réflexion de travail uniquement.
là effectivement je les ai mises parce que du coup je les mets à chaque fois quand j'ai besoin un petit peu d'être concentré je les mets parce que d'un côté je me sens plus c'est ça je les associe vraiment au travail ouais donc petit à petit mais c'est une vraie difficulté
Je trouve ça, moi qui suis en couple, ouvert, c'est une vraie difficulté d'harmoniser les mélodies. Chacun traverse ses trucs, ses besoins, ses envies, ses désirs, ses problèmes de santé, etc.
extrêmement compliqué tu vois d'en parler mais de pas trop en parler d'accepter je trouve aussi de ce que je découvre du couple des moments de haut et de bas quoi humain même dans les amitiés c'est la même chose je l'aime terriblement vraiment et pourtant on a traversé beaucoup de bas ensemble des rues des moments où on a failli rompre il y a pas si longtemps un moment où on a se dorompu pendant quelques jours
donc oui il y a des moments de haut et de bas mais c'est parce que justement on surmonte ces moments de bas je pense c'est ça qui nous permet finalement de vraiment se dire qu'on a un couple solide et qu'on essaye le tout pour le tout je pense que c'est important l'idée du couple ouvert moi ouais dans le sens où j'ai écouté du coup je savais pas que ça existait à l'époque je n'avais entendu parler
J'en ai parlé à mon copain, il m'a dit « Non mais ça, il y en a très peu qui le sont. » Parce qu'il n'était pas malgré tout très dans le milieu homosexuel, je pense. Il a eu des rencontres avant moi, une dizaine. Mais pour autant, dans une petite ville, tout ça, je pense que… Pas forcément très ouvert dans cette communauté. Et donc là, à Paris, j'ai pu un peu plus parler avec des gens. Et puis surtout, j'ai découvert…
ton podcast, je me suis rendu compte qu'en fait, non, le couple ouvert, ça existe, le couple libre aussi, que le fait de vouloir une sexualité un peu plus domination, soumission, c'est pas que dans les films pornos, ça peut se faire totalement dans sa sexualité. Et donc oui, c'est des questions qui sont venues sur le tapis.
qui ne sont pas résolues pour le moment. La soumission et puis la domination, on essaie de travailler ça, honnêtement. Toi, tu arrives à mettre ça dans ton couple ? J'aimerais. Je ne suis pas dans le BDSM non plus. C'est vraiment cette idée-là d'être un peu plus soumis à l'autre, de s'abandonner à l'autre, d'avoir…
ce côté où l'autre va prendre les devants chose que lui ne fait pas forcément de base et donc il essaye de temps en temps quand on se voit parce que je ne l'ai pas dit mais de base on est hélas un couple à distance on ne se voit pas souvent
Parce qu'à chaque fois, on était dans des villes différentes. Au début, quand on s'est rencontrés, il était dans une ville qui était à côté… Enfin, une ville du département de la région qui était à côté, quoi. Une heure et demie de route. Ensuite, lui, il est parti pour faire sa première année de titularisation, comme il est enseignant, à Nancy. Donc là, pareil, de nouveau, deux heures de route. Donc je faisais l'aller-retour en plein placard. Puis quand il est rentré dans ma région natale, en Franche-Comté…
moi je suis parti en Bourgogne pour ma titularisation à moi cette fois-ci et puis maintenant qu'il est rentré dans la ville notre ville natale je suis en banlieue parisienne donc en fait on ne se voit que durant les vacances et certains gros week-ends donc ça me permet l'évolution du couple et des pratiques en fait elle est bien plus séquencée
Donc vous n'êtes pas en couple ouvert pour le moment ? Non. Moi, c'est vrai que je dissocie complètement les deux, la sexualité et le couple. Ça ne me dérange absolument pas d'ouvrir le couple à quelqu'un, voire même honnêtement de le rendre libre. Donc chacun aille, je crois que c'est la définition. Avoir une relation sexuelle avec d'autres personnes, c'est ça. C'est trop chou parce que tu es tellement prof !
depuis le début j'ai eu besoin de le dire je me suis retenu de le dire mais même avant quand t'es arrivé là chez moi et que tu m'as dit alors j'ai préparé différents points est-ce que je te les envoie mais non mais je te le dis ça avec beaucoup d'affection et je suis pareil j'aime les listes à puces et tout donc je ne suis absolument pas chef des définitions je n'ai jamais compris
et je sais pas qui est chef de la différence entre couple ouvert et couple libre mais j'ai compris ce que tu disais soit on ouvre c'est à dire on est deux plus un ou libre chacun entre guillemets fait ce qu'il veut c'est toi le chef de la définition je te donne ce pouvoir c'est gentil merci
De quoi ? Toi, tu serais chaud, mais lui, bof. Parce que je fais totalement la différence entre les deux et lui, non. C'est-à-dire que lui est très bien. En fait, il a eu ses expériences, lui, avec d'autres mecs. Chose que je n'ai pas eu, moi, de base. Et donc, je suis toujours en questionnement de me dire, c'est comment avec d'autres ? Bien sûr. Cette soif, cette envie de connaître, en fait. Et donc, ouais, j'ai un peu le cul assis entre deux chaises.
Ouais, tu chemines. Mais malgré tout, je l'aime incroyable. Enfin, vraiment, je l'aime vraiment très très fort et je veux pas rompre pour ça. D'où les évolutions qu'on essaie de prendre à travers le côté soumis, dominant, parce que c'est l'une des choses que j'aime en vie. Le fait qu'on essaye d'expérimenter d'autres lieux, d'autres positions, d'autres… Voilà. Tu m'inspires vachement parce que je ne parviens pas à assumer
T'as l'air d'assumer ton désir, par exemple, de domination-soumission. Et moi, j'y arrive pas. Ah ouais ? Enfin… Toujours… Parce que s'il y a des gens qui ont écouté d'autres épisodes, ils peuvent se dire, mais si, il en a déjà parlé et tout. En fait, j'arrive à verbaliser des trucs. Oui. Un peu dans ce jeu du podcast de… Ok, je joue le jeu d'être vulnérable et authentique. Mais dans…
Si, et je peux faire de la domination-soumission avec des partenaires, avec mon mec. Je crois que ça me gêne… Qu'est-ce qui me gêne ? Je pense qu'on se connaît, et donc j'aurais envie d'être vulnérable et authentique, et je pense que j'ai honte de cette part de moi qui désire être soit dominant, soit soumis. Ben…
J'ai pas envie de me voir ainsi, et donc si lui me voit ainsi, alors que des partenaires, j'ai un peu l'impression que le lien est plus distendu, j'arrive à plus lâcher prise.
Je pense qu'il y a peut-être deux choses qui jouent là. La première, c'est que je n'ai pas cette opportunité d'aller voir d'autres partenaires. Et donc, en fait, de sectionner cette sexualité en me disant, OK, avec des personnels non sérieux, entre guillemets, eh bien, je vais avoir cette sexualité, domination, soumission, avec mon copain, une autre sexualité. Je n'ai pas cette opportunité-là. Et en plus de ça…
je lui fais pleinement confiance donc je peux totalement m'abandonner à lui j'ai cette idée là de me dire je sais qu'il va jamais en abuser de ce rôle là que je pourrais lui donner permettre d'avoir sur moi cette emprise que je peux lui donner lui donner les clés de cette emprise sur moi et il va pas en abuser et ça va bien se passer moi j'ai complètement confiance c'est hyper rassurant de se dire c'est la personne que tu aimes qui a ce pouvoir sur toi moi j'ai honte c'est pas une question de peur j'ai pas peur c'est vraiment une
Mais pourquoi ? C'est beau, non ? Parce qu'il y a une sexualité comme… Enfin, toi, ça veut dire que l'autre va pouvoir te procurer des choses qui te font du bien. Ben ouais, je vais réécouter. Je comprends parfaitement, mais… J'ai besoin de le réécouter, ce que tu dis.
Il y a une part de mon cerveau qui ne veut pas être hors normes, hors des normes hétéro. Je veux être lisse. Il y a une part de moi qui se défend.
et qui veut être lisse alors que c'est vraiment une petite part de moi mais genre j'ai l'impression qu'on peut pas bien survivre j'ai ma part de cerveau qui est là nous on est responsable de la survie s'il vous plaît laissez nous passer on va bloquer 2-3 idées là on y peut rien en plus c'est comme la sexualité de manière générale on la choisit pas
c'est quelque chose qui nous choisit entre guillemets si j'aime être soumis c'est pas parce que je me suis dit tiens j'ai envie d'aimer la soumission non c'est parce que j'aime la soumission que je veux être soumis je suis très clair et donc je n'ai aucune emprise là dessus autant l'accepter comme j'ai accepté mon homosexualité
J'ai du chemin à faire. Je comprends ce que tu veux dire. Dans l'idéal, c'est quoi les morceaux de soumission que tu aimerais vivre ?
Donc imaginons que dans un cadre de sécurité respectueux de tes valeurs, est-ce que tu t'imagines avec ton copain ? Mais juste si on essaie de s'imaginer qu'il n'y a pas de trahison de tes valeurs ou de ton couple, et que tu peux vivre puissamment la soumission que tu aimerais explorer, elle ressemble à quoi ? Elle ressemble, si tu veux, à quelque chose où effectivement, tu as cette impression…
D'être abandonné à l'autre, c'est-à-dire que, si je dois être plus concret, ça peut passer par privation sensorielle, les mains attachées, les yeux bandés, je reste assez classique là pour le coup…
Pourquoi tu veux rester un peu classique ? Avec ces différents termes, je trouve qu'on n'est pas dans quelque chose de très original. Et sinon, je trouve que c'est dans la manière de faire. Une fellation, tu peux la faire, par exemple, en étant pleinement actif de la fellation. C'est toi qui choisis le rythme et tout ça. Ou tu peux la subir, c'est-à-dire avoir le partenaire qui se fait sucer, qui va avoir la main sur ta tête et imposer un mouvement, un rythme, un mouvement du bassin associé au mouvement de ses mains.
Et c'est toutes ces choses-là, moi, qui m'excitent parce que du coup, au travers cette obligation, entre guillemets, de mouvement qu'on t'impose, tu vis pleinement l'envie de l'autre. Et comme mon envie à moi, mon plaisir se développe dans l'envie de l'autre et dans le plaisir de l'autre, je jauge en temps réel son plaisir. Quand c'est l'autre qui fait les mouvements…
de bassin, de va-et-vient de plus en plus fort ou avec une certaine bestialité, j'associe ça à une envie, à un désir qui est de plus en plus brûlant, tu vois. Quand l'autre va te…
Je pense que c'est ça. Vraiment, pour le coup, c'est ce côté-là. Cette impression de comprendre et de ressentir pleinement le plaisir de l'autre et d'être là pour ça. C'est peut-être pour ça que j'essaye d'avoir un traitement éditorial de notre question de la sexualité entre hommes. Oui.
Et je n'arrête pas de tomber sur des témoignages où à un moment donné, on va parler de demi-soumis. Alors que je m'en défends, je me dis non, mais je veux vraiment explorer tous les méandres du labyrinthe. Donc, ça serait dommage de passer notre temps à reproduire les mêmes. Mais c'est très bien. Pour le coup, il n'y a zéro jugement. Mais je me dis attention, Guillaume, tu as un rôle à bien faire entendre, raisonner. Et je trouve que, comme moi, il y a plein de gens qui tournent autour de ce sujet et
Et peut-être que c'est parce que c'est un proxy ou c'est une autre façon de dire vivre intensément l'abandon. Mais oui. Et que c'est ça qu'on cherche tous et toutes. Peut-être. Peut-être. Ou bien c'est peut-être moi qui vous attire. Peut-être c'est mon chemin. Non, mais… Parce que t'es d'accord qu'on n'en a pas parlé, toi et moi ? Mais non, pas du tout. Et tu ne pouvais pas le savoir. Je ne pouvais pas le savoir, non. Tu vois, il y a tout ce côté-là. Mais je pense que c'est ça, c'est vivre pleinement les choses parce qu'on associe ça à ça, tu vois ?
entre le mec j'avais dit par exemple à mon copain une fois il utilise plutôt sa salive pour me lubrifier donc du lagus et tout ça et parfois il remet un peu de salive sur son pénis ou sur mon anus et j'avais dit tu sais t'es obligé de constamment mettre ton petit doigt dans ta bouche et puis de venir étaler tu peux cracher un coup quoi aucun problème et moi justement ça m'excite plutôt tu vois ce côté un peu ouais
bref voilà donc je valide pouce vers le haut on est d'accord mais toi tu tu j'ai souvent eu cette réflexion là avec lui de lui dire mais tu sais tu peux y aller tu peux voilà arrête de constamment mettre enfin moi ça me dérange pas que t'enlèves tes pincettes t'enlèves tes gants de soi et que t'y ailles un peu plus ouais ouais violemment bestialement quoi
et à la fois peut-être que c'est pas du tout son expression sexuelle et que il peut pas endosser un costume qui n'est pas lui à côté de ça je lui dis tout le temps effectivement si toi ça te pose problème il est quand même moins dans la discussion je pense qu'il va falloir qu'il écoute un peu plus ton podcast je vais essayer de lui mettre de le forcer
non mais bien sûr mais pour le coup oui il y a un côté un peu il est moins à se poser ce genre de questions donc j'ai même du mal à savoir parfois s'il apprécie ou pas faire ça ça me fait vraiment peur ça me fait très peur c'est à dire je pense que
Je pense qu'on peut aimer plein de gens. C'est ma vision du monde, c'est je peux aimer plein de gens. Et en revanche, chaque amour est intense et réel. C'est pas genre les gens sont interchangeables, mais je crois pas du tout à il y a un élu qui est le seul prince charmant pour moi. Et je crois aussi que la vie est imprévisible et que chacun peut évoluer sur des chemins qui peuvent se séparer.
Oui. Et moi, j'ai très peur de la mort, des deuils, de la faim, F.I.N. Et en fait, de la faim, F.I.M. Mais ça, c'est psychanalytique, c'est autre chose. Et du coup, dans des formes d'incompatibilité avec mes partenaires, la question qui me taraude et qui me fait peur, c'est quand est-ce que nos chemins sont…
se séparent dans notre vision du sexe, dans notre vision de l'amour, dans notre vision du temps partagé. On n'a pas les mêmes attentes et on est un peu en train de se faire du mal à essayer de se reconnecter sans cesse versus c'est très bon.
d'être avec une altérité qui t'amène un peu ailleurs et qui te dit non, qui te dit oui, qui te dit par là, qui te dit par là. Et c'est pas mal et c'est chouette. Et oui, c'est pas toujours très confortable et on va pas se forcer, mais c'est très intéressant et ça cultive autre chose. Et j'ai un peu… Autour du sexe, quand on n'a plus de sexe avec un amoureux… Moi, je suis un jeune couple, mais tu vois, dans 5 ans, 10 ans…
Est-ce que moi, je suis OK avec un couple sans sexualité ? Pourquoi ? On n'a plus de sexe ? J'ai l'impression que je suis entouré de couples qui disent « nous, on n'a plus de sexe ». Ah ouais ?
Effectivement, je suis moins entouré par… Tu parles de couple homosexuel ? Ouais. J'avoue que je n'ai pas forcément ce retour-là. Après, je ne connais pas non plus beaucoup de couples homosexuels, honnêtement. Toi, tu t'imagines. Par contre, je te rejoins complètement sur ce que tu viens de dire. L'idée, tu sais, de raccrocher. On a des divergences. Est-ce que ça vaut le coup de continuer notre relation ? Moi, c'est toutes des questions par lesquelles…
je suis passé mille fois dans ma relation avec mon copain parce qu'on est très différents sur beaucoup de choses en vrai tant au niveau des affinités au niveau des désirs
Alors, désir sexuel, effectivement, lui, j'ai un peu plus de mal à connaître les siens, parce qu'il n'en parle pas forcément, mais je parle même de manière générale, en fait. Ses hobbies, ce qu'il aime, ce qu'il n'aime pas faire, sa manière de concevoir le couple. On a deux manières totalement différentes, puisque moi, je découpe la sexualité et le couple, alors que lui, c'est deux choses qui sont liées. Il ne se verrait absolument pas en couple ouvert ou libre. Et donc, c'est apprendre à se dire comment je fais avec ça, avec nos différences,
Parce que j'ai pas envie de dire adieu à ce couple que j'aime particulièrement. J'aime mon copain et pour l'instant, je me sens pas prêt de le quitter. Et j'ai envie de… Tant qu'on peut évoluer, on évolue, puis on verra bien, on va essayer d'aller… Et par exemple, pour le côté soumission et domination, il y a pas longtemps, il a essayé d'être un peu plus violent, oui, dans ce côté un petit peu dominant, quoi.
et en fait c'est lui-même qui a eu l'idée de le faire parce qu'il sait que j'apprécie et qu'il avait envie de faire quelque chose qui me stimule un peu plus et donc là il n'y avait pas d'obligation alors oui il n'aurait peut-être pas eu l'idée de lui-même avec un autre gars s'il n'était pas dans cette vibe-là mais là il le fait pour moi et il prend du plaisir à me faire plaisir c'est là où je pense que ça peut matcher bien sûr
la différence entre finalement un couple et peut-être un coup d'assoir entre guillemets, la relation purement sexuelle, où tu vas chercher à travers la sexualité l'aboutissement de ton propre plaisir, alors que dans un couple, tu prends pleinement plaisir à faire plaisir à l'autre, parce que c'est l'émergence des deux, c'est le plaisir des deux qui comptait pas seulement l'une des parties ?
Ça m'inspire beaucoup, ça me parle directement. Et je pense que c'est assez vulnérable pour moi de sortir d'une sexualité. J'ai beaucoup construit ma sexualité autour de mon propre plaisir, emmuré, avec peu de connexion en face, si je suis très honnête. Ok.
Et quelque part, ouvrir mon cœur à avoir un rapport sexuel où en fait, je ne prends pas particulièrement mon plaisir habituel, mais je suis dans le plaisir de l'autre, à sa recherche et à…
C'est assez vulnérable pour moi. Donc j'avoue que ça fait de moi un mec pas très généreux et un mauvais coup. Peut-être. Non, je m'en tape. Mais je reconnais que c'est vulnérable. Et que plus je le fais, et plus j'apprécie, et plus il y a quand même un endroit de conquête à cet endroit de l'intime. Parce que moi, normalement, j'émancie beaucoup ça. Lider les choses. Et je le fais très bien. Et je…
la plupart du temps et sexuellement ça se développe doucement mais sûrement et je reconnais que je suis un peu bloqué j'ai comme des mécanismes et des automatismes où je sais comment moi je vais prendre mon plaisir et c'est un peu à l'autre de gérer son truc c'est un petit peu un petit peu caricatural la façon dont je le dis mais c'est vachement inspirant j'ai envie qu'on termine sur boucler la boucle ouais
T'es d'accord ? Bien sûr. Je suis tellement inspiré de savoir qu'il y a des petits Mathieu qui vont avoir un grand Mathieu comme prof. Tu vois ce que je veux dire ? Oui, totalement. C'est vraiment cool. T'as envie…
En gros, je ne sais pas trop quoi aborder. On ne va pas faire toutes les… Est-ce qu'on fait un mini topo sur l'éducation sexuelle et sentimentale ? On ne va pas aller dans le détail, mais on va dire qu'à tous les profs qui nous écoutent, il y a un manuel édité par l'Éducation nationale qui donne classe par classe, âge par âge, les thématiques, les activités et comment parler de sentimentalité, de sentiments et de sexualité en ajustant son propos à l'âge.
Exactement. Et on commence dès le CP ? Dès la maternelle. Dès la maternelle. Dès la maternelle. Et dès la maternelle… On parlait de sexualité, on est d'accord ? Mais en fait, c'est parce que tu as la définition de sexualité qui n'est pas la même que celle de l'éducation nationale, qui pour elle, derrière le mot éducation à la sexualité, tu vas à la fois avoir la branche biologique, donc c'est celle à laquelle on fait souvent référence,
La branche plutôt émotionnelle, savoir verbaliser ses émotions, donner son consentement par exemple, et la base plutôt juridique, cerveau social en tout cas. Et donc là on est plutôt sur les droits, les lois, l'IVG, les droits d'avortement par exemple, tout ça. Et donc c'est ces trois parties qui composent la sexualité. Et nous on a souvent tendance à penser uniquement à la partie biologique, à la partie du corps.
En réalité, c'est bien ces trois parties-là. Et donc, dès la maternelle, tu peux à la fois prendre une poupée, une petite poupée, puis nommer les parties intimes. Alors, tu vas rebondir sur ce que disent les enfants. Ils vont souvent utiliser un langage très enfantin. Puis tu peux apporter soit un peu de langage scientifique, mais sans trop aller dans les détails.
Tu peux aborder les émotions, verbaliser ce que tu ressens au fond de toi. Déjà, tu fais l'éducation à la sexualité. La conception de la famille, tu fais l'éducation à la sexualité. Tu parles de famille homoparentale, hétéroparentale. Normalement, on est censé faire ça, par exemple, dès la maternelle.
c'est pas fait dans les faits c'est ça parce que la loi française les règles du jeu c'est 3 heures par an par niveau c'est ça 3 heures par an d'éducation à la sexualité pas 3 heures autant pour moi c'est 3 séances donc on peut très bien faire des séances de 2 heures ou des séances de 3 heures si on a l'opportunité donc on peut faire 3 séances de 3 heures si on veut par niveau n'importe quelle prof peut faire ça peut se saisir de ce sujet ?
Alors, il y a quand même des formations qui sont données pour l'éducation à la sexualité, on appelle ça donc des référents d'éducation à la sexualité. Maintenant, il est quand même, il est quand même, comment je pourrais dire ?
préférable soit d'être professeur d'SVT parce qu'on a des cours dans notre cursus là-dedans et ça se rapproche quand même bien de cette matière soit d'avoir assisté à cette formation en général c'est ce qui est fait c'est ce qui est préconisé parce que c'est très délicat quand on tombe sur un public qui est ouvert aucun problème mais quand on tombe sur un public je vais aller dans le cliché mais pour le coup là c'est un cliché dans lequel je vis
de cité de banlieue où je suis prof en ce moment l'éducation à la sexualité elle est bien différente de celle que je faisais quand j'étais dans mon lycée en Bourgogne par exemple parce que face à toi les élèves toi t'es au lycée là je suis au collège face à toi les élèves réagissent et contre
Totalement contre. Ils ont cette idée… En fait, on est dans un milieu qui est très lié à la religion, si tu veux, et de manière générale, c'est vu comme un péché. Enfin, un péché. Je sais pas si c'est forcément rattaché à la religion chrétienne, le mot « péché ».
En tout cas, voilà, quelque chose de mauvais. Quelque chose de mauvais selon la religion. Et voilà, c'est quelque chose dont il ne faut pas parler. On parle même pas de la dobosexualité, t'es d'accord ? On parle de sexualité uniquement, vraiment. J'ai fait des cours à des sixièmes où on a utilisé le mot sexualité. Les élèves se cachaient les yeux, se bouchaient les oreilles…
Parce qu'en fait, t'as pas eu ce travail-là en amont, à l'école et à la maternelle. Et le problème, c'est qu'il y a beaucoup de désinformation de la part de certains partis politiques, de différents sites sur Internet, de publications Facebook, où on dit soi-disant qu'on va montrer à des élèves des vidéos pornographiques, leur montrer comment se masturber, des trucs…
avec vraiment des vidéos des trucs alors que pas du tout on n'en est pas du tout à là c'est pas le sujet en fait nous ce qu'on essaye vraiment c'est d'ancrer ces trois piliers que je t'évoquais précédemment pour construire en fait pour permettre à l'enfant en fait de pouvoir comprendre que sa sexualité n'est pas quelque chose de tabou, qu'il peut en parler à des personnes qui sont qui va évaluer comme étant fiables infirmière scolaire, médecin, proche qu'il n'y a rien de mal à avoir une sexualité
Toutes les sexualités sont « bonnes ». C'est-à-dire qu'on peut avoir une orientation sexuelle homosexuelle, hétérosexuelle, pansexuelle. Que les genres, pareil, n'ont pas de… Il n'y a pas de problème à être transgenre. On essaie vraiment d'introduire cette idée-là de « on est tous égaux ». Il y a ce…
Le fait d'être bien dans son corps, avec son genre, son orientation sexuelle, ses désirs sexuels, l'idée du consentement. C'est tout un package, finalement. Parce que sinon, c'est des générations de frustrés. Moi, je pense que quand tu es dans le tabou, dans le non-dit…
et que le sexe est un interdit, du coup, tu ne conscientises pas ton désir, le désir de l'autre, l'absence de désir de l'autre, la question du consentement. Et puis, la question du consentement, on entend des choses qui sont assez horribles, du type, si j'ai dit oui une fois, il faut que j'aille jusqu'au bout.
il y a des petites filles des adolescents qui disent ça des adolescentes qui disent bah oui mais si j'ai dit oui une fois au garçon c'est que c'est bon je dois y aller jusqu'au bout et j'ai pas le droit de dire non ensuite bah si en fait tu peux dire non n'importe clairement et je dirais même le contraire l'absence de réponse si à un moment donné tu ne dis aucune réponse c'est que c'est non pour moi la raison pour laquelle c'est essentiel de conclure là dessus oui
C'est que tous les gens qui ont témoigné sur ce podcast, et moi qui fais ce podcast, et ce podcast même existe…
pour réparer et apaiser des non-dits, des tabous, des interdits inutiles, violents et blessants, ou des insultes qui existent parce que le travail de prévention n'a pas été fait. Et ce travail, il commence à la fucking maternelle, grâce à des gens comme toi. Mais normalement, oui. Comme moi, en tout cas, maternelle, non, parce que je suis professeur des écoles.
donc école et maternelle c'est un autre par des profs c'est pas le même statut mais oui effectivement par les autorités complètement et moi je sais que par exemple c'est quelque chose qui m'a manqué énormément parce qu'au collège ça commençait seulement avant l'époque et c'était quelque chose de très clinique très froid le plaisir c'est ça la masturbation c'est ça être homosexuel c'est deux hommes ou deux femmes c'est tout sans aucun modèle sans aucune représentation sans rien
Et donc, c'était très froid. Et donc, j'avais besoin de remettre ça derrière. Enfin, avec l'humain, le côté humain derrière. C'est pas juste un truc clinique. Et il y a, je trouve, un conflit culturel, générationnel, culturel. Moi, je vis pas le conflit culturel. Je vis pas dans une cité avec des gens qui ont des religions que moi j'ai pas et tout. Moi, j'ai pas de religion et je suis dans un milieu très bobo.
Mais moi je suis confronté au choc générationnel où en fait le silence et le tabou sur la sexualité fait partie d'un système qui est utile pour la génération d'avant. Ce que je veux dire, c'est que moi ce que je pressens de notre société actuelle, en tout cas ici en France, c'est qu'il y a des gens qui défendent
des visions assez divergentes. Et notamment, ceux avec lesquels je ne suis pas d'accord, ce sont des gens qui vont dire qu'il ne faut pas mettre des mots, c'est violent de parler de sexualité, la sexualité, c'est dans le silence et le secret d'une relation qui se vit sous un… Et moi, j'ai envie d'être en empathie et de respecter que c'est un système
Et qu'il y a des gens qui se sentent à l'aise dans ce silence. Je trouve que c'est surtout les hétéros, les gens qui sont favorisés par le système du tabou et du silence et qui peuvent, eux, tirer leur épingle du jeu en ayant du coup les rapports sexuels qu'eux veulent parce qu'ils sont en haut de la pyramide.
de pouvoir de ce système je sais pas si je t'ai perdu et donc moi je suis pas dans ce système là pour moi je dis bah en fait notamment pour les personnes en minorité entre guillemets les gens qui sortent des normes et même pour mon frère hétéro qui est en haut de la pyramide mettre des mots
Mais c'est déployer l'intime de tout le monde. Et ce n'est pas mettre des mots sur un jardin secret. Moi, en faisant de mon métier une parole publique sur la sexualité, j'ai un jardin secret que je n'ai jamais partagé sur ce podcast. Moi, qui parle de cul à chaque épisode de mon plus intime, il y a un endroit de mon jardin secret auquel personne d'autre a accès que moi et mes partenaires.
Donc c'est possible de mettre des mots et de sortir du tabou pour ancrer, poser les bases, réguler, limiter, enfin les saisir. MeToo ?
Et ces millions de femmes qui disaient « moi aussi, moi aussi, moi aussi », et en fait quand tu commences à parler des femmes autour de toi, elles ont toutes subi agression. J'ai découvert quand j'ai posé des questions à mes potes, « ah bah ouais, moi dans le métro, il y a un mec qui sort sa bite et tout ».
Et pour moi ça c'est toujours les conséquences d'un système de tabouisation et le système de tabou il sert les hommes. Je suis désolé mais… Je suis totalement d'accord avec toi et pour moi justement le silence indirectement tue. C'est-à-dire que vraiment il y a ce côté-là du… il est destructeur. Là pour le coup c'est très recentré sur moi mais…
Ce que j'ai subi, ce que j'ai vécu en étant enfant, c'était avant tout le silence. Je me suis tué, je me suis enfermé avec toutes ces questions par rapport à ma sexualité, par rapport à l'idée même que j'en avais, que je concevais de cette sexualité sale, qui était un tabou, qu'il fallait pas en parler. Et puis encore pire, j'étais homosexuel, et puis il fallait encore moins en parler !
Et donc, si on m'avait justement tendu une main pour me dire, en fait, un désir sexuel, c'est rien, on s'en fout, c'est pas grave, c'est normal, c'est biologique. Une masturbation, c'est biologique aussi. Le fait d'avoir une attirance sexuelle envers les garçons, on s'en fout.
fou, c'est rien, c'est pas grave. Tu vas pouvoir avoir une vie plus tard, tu pourras tomber amoureux d'un mec, tu pourras te marier avec, tu pourras avoir une vie en fait totalement… Enfin, celle que tu as choisie, quoi, et totalement t'épanouir. Tu vois, ce côté-là, c'est très… Et je trouve qu'on a tendance à oublier que pour les personnes qui…
ont moins de facilité parce que elles ont ces particularités d'appartenir à des minorités comme tu l'as très justement dit le tabou est très lourd à porter on a ce besoin moi je me connecte profondément à cet écrasement du silence que t'as vécu au collège et au lycée que moi j'ai vécu pareil je devais me cacher et j'ai mis tant d'années à en sortir quoi ouais
Et ça dépend des gens. Moi, ça a coloré, plus que coloré, ça a déformé, ça a écrasé beaucoup de mon chemin intime adulte. Tu vois, c'est pas juste un petit espace d'un bout de ma tête, tu vois. C'est vraiment, ça inonde, ça irradie partout. Donc, c'est ça que je répare et je trouve que ça impacte énormément…
alors que si t'avais eu cette c'est pour ça que j'espère que la société va évoluer dans ce sens là et que l'éducation aussi mais peut-être que si t'avais eu ces cours d'éducation à la sexualité comme ils sont censés être faits sur le papier où on essaye de donner aux futurs citoyens et bien les valeurs de se dire ok toutes les sexualités sont bonnes il n'y a pas de problème à avoir une orientation sexuelle on accepte tout le monde tel qu'il est un côté vachement plus inclusif finalement
tu formes je pense des personnes qui sont bien plus solidaires entre elles et ne serait-ce même au niveau de la vision de tes camarades si tous tes camarades possèdent cette vision là t'as plus aucune raison de te cacher parce que tes camarades ils t'en foutent que tu sois gay hétéro
Il y a un vrai enjeu. Mais il y a un vrai enjeu, effectivement. Oui, je vais utiliser le terme d'éducation, finalement, c'est ça. D'éducation, non seulement de la part des élèves, mais peut-être certaines personnes aussi, peut-être plus âgées aussi, qui n'ont pas eu ces cours-là. Et qui sont encore…
qui peut avoir une incidence sur les élèves. Et je trouve, quand j'observe la politique, en tout cas française, des vrais enjeux de vision d'humanité, vers où on veut aller. Est-ce qu'on veut se replier, être conservé ? Parce que moi, c'est vrai que je me sens dans mon travail et dans mon quotidien
en train de déplier. Moi, mes neveux et nièces, je veux non seulement, bien entendu, la base sur les droits queer, LGBT, etc. De toute façon, je l'incarne. Donc, en fait, ils sont plongés dedans de façon très détournée, bien entendu. Je ne les confronte pas là-dessus, mais juste que par mon existence, par le fait que je suis invité, que j'existe, que je partage, etc., dans la mesure de leur âge et ce que moi, j'ai envie de dire…
Mais moi, j'ai envie d'aller à l'étape d'après, de dire, tu sais, tu peux ne pas être en couple. Oui, bien sûr. Tu peux explorer, en fait, transformer et quelque part tourner la page d'un monde qui s'est construit autour d'eux. Dans les films, on tombe amoureux. Et puis après, on est heureux toute notre vie. On a une carrière. Une situation, la maison, le petit chien, la belle voiture. On part en vacances. Et ça, c'est une vision de société. C'est une vision d'humanité. Et je comprends qu'il y ait des gens qui trouvent ça très violent.
Qu'on dise non ? Enfin, que je dise non, en fait, il y a autre chose qui peut se dessiner selon tes appétences, tes envies. Et je suis curieux de savoir vers où le monde va aller. Un chouïa pessimiste. Désolé. Mais quand je te vois, toi…
à ton âge, avec toute cette énergie et cette puissance, j'ai trop hâte que tu me donnes des nouvelles et qu'année après année, tu déploies tes compétences, ta sensibilité, ton intelligence pour inspirer, tu vois, des petits Guillaume et des petits Mathieu. Et moi, j'ajouterais que
Je rêve d'un monde où l'école autorise les professeurs à incarner les différences de notre société. Ça serait génial parce que du coup ça permettrait de modéliser. Tu portes ton bracelet LGBT. Mais ça serait incroyable parce que du coup tu donnes directement à l'enfant un modèle autre que celui qu'il peut percevoir dans des médias qui lui sont ciblés via les réseaux sociaux ou la télé. Et là c'est concret parce que t'es en face d'un enseignant
Qui est enseignant et qui est, oui, homosexuel, mais qui est un enseignant et qui donne cours de SVT, par exemple. Et c'est vrai que dans mon cas, moi, ça poserait problème parce que je n'aurais pas ni le soutien, je pense, de ma direction, ni le soutien, effectivement, des élèves. Parce qu'il y a beaucoup de parents d'élèves qui pourraient être scandalisés qu'un prof PD leur donne cours à ses élèves, à leurs enfants.
Bienvenue en 2024. Mais toi et moi, nous sommes là. Exactement. Non mais totalement, complètement, de ce côté-là. Et puis je me dis, j'ai encore toute ma vie pour essayer de changer un peu tout ça. On va essayer. Merci. Merci à toi. Pour cet échange, je me… Je fais un énorme câlin à plein de gens, et après tu me diras comment toi tu veux conclure. Je te fais un…
ton petit Mathieu un énorme câlin c'est adorable s'il le veut bien il est genre vas-y mais t'es qui étranger là je te fais à toi bien sûr un gros câlin je me fais à moi un gros câlin à mon petit Guillaume un gros câlin parce que hop je suis assez généreux mais j'ai envie de faire un énorme câlin à l'auditeur
Qui a suivi chacun des mots que tu as prononcés, qui avait besoin de t'entendre, pour qui en fait on a investi tout ce temps. Et peut-être qu'il y aura une seule personne qui était là genre « Oh putain ! ». Il y a des épisodes comme ça qui résonnent chez des gens à des moments particuliers de leur vie.
Et quand il m'envoie un message, moi ça fait, c'est la raison d'être de ces échanges. Tu vois ce que je veux dire ? Je crois que moi, je crois que ça me libère, je crois que ça te libère, je crois que toi et moi on est rétribués de cette prise de parole publique et je crois qu'il y a des gens chez qui ça résonne et je leur fais à eux, à elles, un gros câlin.
C'est vraiment beau, je trouve. Tu as une petite bafouille de fin ? Si je devais reprendre un peu tes mots, pour le coup, plus qu'un câlin, je dirais avant tout à tous les petits-enfants qu'on a au fond de nous, ou peut-être ceux qui nous écoutent, que ça peut s'arranger. Je pense qu'il faut se laisser le temps et
c'est peut-être un côté un peu paternaliste de dire ça mais si je serais en face par exemple de mon moi petit je lui dirais en lui tenant la main que oui continue parce que ça va s'arranger ne perds pas espoir continue avance et tu verras un jour tu seras heureux et ça se passera trop bien voilà