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Léni, let's go. Troisième partie de ton témoignage. On parle d'amour, de couple, de sexe dans le couple, de couple ouvert pendant l'interrogation. Tu as raconté une grande partie de ton chemin. On a fini l'épisode 2 et je t'ai demandé, on a beaucoup parlé…
D'émotion, de romantisme, de couple, d'engagement, tu vois ? Et pour moi, c'est en fait un des piliers. Ça peut être un des piliers de la sexualité. D'ailleurs, tu l'as dit, j'ai découvert que le sexe amoureux, c'est différent. Et à la fin de l'épisode précédent, j'ai eu envie qu'on creuse un peu plus sur… Bon, ben, sexuellement, en fait, c'est qui les nie ?
À l'époque, on a un moment clé. Le Covid a joué un rôle dans ton chemin où il y a eu un peu une rupture. Et j'essayais de comprendre, c'était qui l'est-il avant ? Pour comprendre la rupture, on pourra ensuite parler de l'après. Et notamment dans l'après, dans votre couple, cette rupture Covid a amené le sujet du couple ouvert. En tout cas, a réamené ou a réactivé le sujet du couple ouvert dont j'aimerais qu'on parle. Et quand tu m'as dit sexuellement, avant le Covid, tu étais qui ?
Moi, je t'ai dit assez, assez impersonnel. Ouais. T'es d'accord ou tu trouves que c'est assez mal vu de ma part ? Disons que je ne serais pas… En fait, je trouve que c'est une très bonne question. Quand je pratiquais, quand je repense à cette période et que je pratiquais, j'avais toujours cette idée de…
donner et prendre du plaisir à la fois peu importe avec qui j'étais et c'était pas une question de moi qu'est-ce que j'avais envie de faire ce soir avec tel partenaire et c'est pour ça que j'ai un peu du mal à répondre à cette question parce que je me suis dit ça m'est déjà arrivé d'avoir des plans et en fait de pas et de me dire en fait c'était un plan cool
Parce qu'en fait, on a juste fait de la fellation, admettons. Enfin, juste. C'est juste parti en fellation. Et en fait, c'est très bien. Parce que l'autre prenait du plaisir ? Et parce que j'en ai pris. Et en fait, ça m'allait parce que je me suis dit, si c'est mutuel…
C'est très bien, ouais. Est-ce qu'à cette époque, tu as identifié des pratiques qui te rapprochent plus de prendre et de donner du plaisir alors ? Parce qu'en gros, tu es en train de me dire, mais moi, tu sais, quand je mange, je peux manger de tout tant que j'ai de la joie. Et moi, je suis en train de te dire, oui, ok, mais en vrai, tu as 30 ans, tu as essayé plein d'aliments, peut-être que tu as plus de joie avec certaines recettes. Ouais.
Mais alors, c'est ça le truc, c'est que dans ma pratique, oui, j'en ai, mais je ne vais pas demander aux gens de me faire tel plat. Mais est-ce que tu es d'accord d'en parler ? Oui, complètement. Parce que c'est là où je sens que tu recules un peu. Ah, dis-moi. Non, non, mais c'est justement que je te dis quel plat tu préfères et tu recules. Et tu dis, parlons-en. Mais je veux souligner avant que tu répondes, c'est un biais.
qu'on me reproche aussi sur les réseaux de rencontres. Et donc, il y a aussi moyen que là, ça soit du Guillaume qui essaye de… Moi, j'essaie de te faire rentrer dans la boîte Guillaume et que toi, tu n'y rentres pas aussi parce que tu es juste différent. Comment ça ? Moi, en gros, les gens qui me disent non, mais moi, je suis ouvert. Et c'est exactement ça, je suis là. Mais oui, bien sûr, ça dépend de plein de choses, de l'énergie de la rencontre. Mais si tu as cheminé sexuellement, il y a peut-être des choses…
qui t'excite plus que d'autres, qu'elles soient cérébrales ou pratiques. Et parfois, quand les gens me disent « je sais pas », moi, dans ma tête, je me dis « est-ce que c'est moi qui suis trop performance ? » Et en fait, ils ont à eux un univers de connexion puissante qui m'échappe. Ou est-ce qu'ils n'ont pas vraiment découvert leur corps ? Et en fait, ils n'en savent rien, ils ne se sont pas touchés.
Tu vois ce que je veux dire ? C'est un peu la question que je me pose. Dans ce que je ressens, quand je repense à mes relations, j'ai souvent ce truc chez moi de faire une mise à jour tous les 5-6 ans à me dire…
je suis dans un quartier je me dis ah tiens c'est vrai que j'ai vu tel mec à tel endroit et en fait il y a des trucs qui me reviennent comme ça en flash mais quand je repense à cette période là c'est vrai que j'ai toujours eu ce truc de pas être dans l'attente oui j'ai des envies je pense que par exemple j'ai toujours voulu faire un plan à trois ça c'est un truc et j'en ai déjà parlé avec mon mec d'ailleurs très tôt au tout début je disais ouais ça serait grave un de mes fantasmes mais je demande pas aux gens d'être dans
genre on va le faire et en fait c'est comme ça que je vais prendre mon pied je peux prendre du plaisir sans forcément dire bah on va faire un plan à trois est-ce que c'est parce que tu t'autorises pas à ce qu'on te serve ?
Disons qu'il y a une partie de moi qui me dit qu'on peut trouver notre chemin au milieu. J'ai l'impression que dans le sexe, ce n'est pas que moi.
c'est pas en fait que mes désirs et que c'est quelque chose de trouver l'entre-deux et en fait effectivement c'est vrai je suis ce type de personne enfin je me dirais ce type de personne où en fait tout me va tant que c'est mutuel et que c'est dans le respect si par exemple une personne elle pratique ça sur moi et que ça me va pas ben en fait genre stop quoi bien sûr comment moi j'entends bien que c'est une rencontre et que c'est un partage et que c'est des compromis
On va essayer de voir où est-ce que le pont se rejoint, mais comment je peux savoir comment le pont se rejoint si tu nommes pas tes désirs ? Moi j'entends bien que si on a du sexe toi et moi, c'est pas que toi.
Mais si tu ne me nommes pas ceux que tu aimes, et j'entends bien que si tu le nommes, je ne vais pas les être obligés. Mais si tu me dis, putain, moi, quand tu me touches ici, j'adore. C'est intéressant parce que moi, je trouve, quand j'ai un rapport, j'ai vraiment ce moment de découverte. Ça va être de toucher là. Admettons, ça va être, je ne sais pas, ça va être…
Je prends l'exemple de mon mec, mais admettons, ça va être le cou, est-ce que ça va être les tétons ? Que ça soit mon mec ou pas, à cette période-là. Et c'est de se dire… Limite, c'est un peu comme un jeu, où je dois découvrir un peu qu'est-ce qui t'excite et qu'est-ce que t'aimes. Et en fait, je trouve que le dire, c'est un peu en mode genre, bon, je sais déjà où est-ce qu'il est le trésor, c'est pas drôle. Ah, c'est super, ok, bah merci, ouais. Je comprends. En fait, c'est comme si j'ai la carte…
Et en fait, je dois la tourner, tu vois. Je sais pas trop où est-ce que je dois faire des livres. J'ai cette image, tu vois, de jeu. Et en fait, si tu me dis tout, j'ai l'impression qu'en fait, j'ai plus de… De conquêtes, de découvertes. Tu mâches le travail, je trouve ça moins fun. Après, ça veut pas dire que sur le moment, tu peux me dire, ouais, tiens, j'aime ça, et tout, vas-y, continue. Mais j'aime cette idée de me dire, tiens, qu'est-ce que…
Donc tu ne parles pas de tes désirs très spécifiques parce que tu projettes ça sur l'autre, c'est-à-dire tu te dis si je donne la carte à l'autre, je lui nique son plaisir. C'est un peu comme ça que je le vois, oui. Parce que j'ai l'impression que si en fait, si admettons, je dis genre j'aime ça, j'ai l'impression que si la personne elle fait ça et qu'elle le fait pas…
bien, admettons, j'ai l'impression que elle va être déçue aussi. Donc j'aime bien cette idée aussi de… On peut être dans la séduction, ouais, j'aime ça aussi, mais j'aime bien aussi découvrir et de se dire « Ah, mais en fait, moi-même, je ne pensais pas aimer ça. »
et en fait me surprendre alors que j'ai l'impression que si tu parles trop de ce que tu aimes on rentre sous une forme de protocole et en fait on répète un peu ce qu'on s'est dit par message ou audio complètement ça me parle vachement parce que
Je suis écartelé entre ce désir de script super chouette, parce que moi, en fait, j'adore les répétitions et les rituels. Ok. Genre moi, tu vois, j'ai vraiment… J'ai un endroit à sushi où je mange toujours la même chose et qui est vraiment… Mais même chez moi et tout, j'ai des petits menus.
Et ces répétitions, moi, ça manque vachement. Enfin, il y a ma pèse de ouf. Je suis pareil que toi là-dessus. Versus, ça limite ma sexualité, je trouve. Mais je trouve des fois aussi, c'est bien d'avoir ces codes parce que tu aimes ce que tu fais. Mais tu vois, est-ce qu'il n'y a pas des fois cette idée de… On parle de nourriture, mais des fois, tu t'inventes un plat. Enfin, tu prends tel ingrédient et tel ingrédient dans ton frigo et en fait, tu t'inventes une nouvelle recette. Et j'aime bien cette idée. Cette idée là aussi, enfin…
Pareil sur le sexe, tu vois, des fois, tu te dis, en fait, on n'est pas du tout dans le lit dans lequel on est d'habitude, on est sur le canapé, on est dans un autre lieu, et donc tu vas jouer, ça va être différent un peu. Je trouve que je m'ouvre à ça aussi. C'est génial. Pour moi, j'aimerais, je crois que j'ai envie d'atteindre ça. Je reconnais
que dans ma sexualité c'est beaucoup du script qui se répète très en contrôle très spécifique, c'est comme si je surcontrôlais tout et dans les moments c'est pas comme si, je surcontrôle tout et du coup c'est très scripté en tout cas rien que dans le fait de se parler de ce qu'on aime et du coup exactement ce que tu as très bien dit et quand j'essaye de sortir des chemins, des sentiers battus
Ça me met dans un niveau d'inconfort et de vulnérabilité et je crois d'homophobie internalisée. Il y a un délire qui se passe. C'est horrible. C'est super dur et je pense que ça limite énormément mon épanouissement sexuel parce que cette répétition, elle est mortifère.
Est-ce que tu penses que ce serait… Parce que tu disais juste avant que t'avais moins de libido, tu penses que ce serait un truc où t'as touché ce moment où t'es un peu saoulé de… Ouais, de la répétition du script, certainement. Et à la fois, je ne sais pas comment faire autrement. Enfin, tu vois, quand j'essaye… Ça te met mal à l'aise ?
Ah ouais, je suis super mal à l'aise, j'ai zéro libido. Que ce soit avec mon mec ou avec d'autres partenaires, l'idée justement d'essayer autre chose. Je ressens une charge mentale gigantesque. Du coup, ça tout devient ultra intellectuel. Parce que du coup, j'arrive pas à lâcher prise parce que je suis là, putain…
Et je le vois même dans ma créativité professionnelle, même avec le podcast, tu vois, où vraiment les moments les plus… Enfin, il y a un chouette équilibre à trouver entre les répétitions d'un truc qui fonctionne bien et les moments où je lâche prise et j'essaie des trucs. Au final, tu le fais un peu, par exemple, le fait de podcaster en live. Je trouve que c'est une manière aussi de faire différemment. C'est vrai. Mais c'est comme si nu, en train de bander…
Je ne connaissais pas un autre alphabet que celui de la répétition des films pornos de mon enfance. Vraiment, je suis désolé d'être aussi psychologique placard, mais de toute façon, c'est ma vie. J'ai vraiment l'impression de… Le moment où tu me sors de ces scénarios avec lesquels je me suis masturbé toute mon adolescence-enfance, enfance-adolescence…
Et c'est d'ailleurs pour ça que moi, les partout, les trucs où ça bouge de partout, où du coup je peux être partout, ça me fait trop peur. Mais c'est quelque chose que t'aimerais essayer ? Le setting, je m'en tape. Mais lâcher prise et être…
connecter sexuellement et d'être en sexualité non scriptée j'adorerais enfin je crois que j'aimerais mais pour être honnête genre je ne sais pas bien cuisiner parce que aussi j'arrive pas à créer des plats hein
En fait, mon alimentation, c'est marrant, je parle beaucoup d'alimentation et tout, mais j'ai à peu près les mêmes problèmes. J'ai du mal à… En fait, le moment où… Moi, ça m'apaise vachement de savoir ce que je vais manger le soir ou au déjeuner. Et parfois, je peux ne pas manger.
Parce que la charge mentale de « putain, il faut manger quoi ? Comment manger équilibré ? » Puis je travaille seul, c'est toujours moi qui me fais à bouffer, c'est toujours moi qui me… Ça m'écresse, quoi. Toute cette découverte, cette créativité, c'est vraiment compliqué pour moi. Ça m'angoisse, vraiment. J'avais jamais entendu ça avant. C'est trop intéressant. Et dans ce que tu dis là…
Est-ce que, je me disais ça, est-ce que c'est aussi peut-être que t'as pas rencontré le partenaire qui t'aurait un peu bousculé aussi peut-être, non ? C'est très possible, ouais. Des gens qui disent, ah non, ça on va changer un peu. Et en fait, t'es déboussolé, mais tu te laisses aller aussi, tu vois. Des fois aussi, une manière de te faire accompagner. Ouais, je les autorise. Je n'autorise pas…
Je vois que je n'autorise pas ça dans ma vie. Mais sexuellement, mais même… Genre… C'est bizarre. Ah, une anecdote en fait. J'ai envie de… Je vois des potes. Ok.
Mais ça, je ne l'ai jamais dit à personne. Mais je vois des potes et genre, les gens disent, on verra ce qu'on mange, je ferai un truc et tout. Étonnant. Moi, dans ma tête, mais j'ai honte, tu vois, je me dis, putain, Guillaume, tu as vraiment des problèmes dans ta tête. Moi, dans la tête, je suis là, putain, ça saoule.
Ouais, il y a un truc de… Ah putain, vas-y. C'est genre… J'ai un rapport particulier au plaisir, en fait. Parce que pour moi, la bouffe, c'est du plaisir. Et donc, je veux scripter ce plaisir pour être assuré.
D'aimer, tu vois. Et donc, j'ai vraiment une joie à me dire, genre, si on fait un rencard et que tu me dis, on va bouffer dans ce resto délicieux, mais moi, je suis refait pendant deux jours avant. Je suis là, ouais, trop cool et tout. Le plaisir est scripté parce que j'ai totalement… Si je te dis, on se retrouve là et… On verra ce qu'on mange. Je suis en PLS. Ça m'efface à plein. Et c'est la même chose dans le sexe, en fait. Viens, on baise, on verra.
J'ai vraiment du mal à… Mes pensées s'accumulent. C'est pour ça qu'au final, je ne comprenais pas pourquoi je n'arrivais pas à répondre à ta question. Parce que quand je repense à toutes mes relations, on n'en a jamais… Enfin, je n'ai jamais eu une… Je ne suis jamais allé chez quelqu'un en disant, on va faire ça. Et en fait, des fois, c'était… Ça allait se passer, des fois, ça n'allait pas se passer. En fait, il n'y a pas de déçu, en fait. C'est cool. Et c'est vrai que ça a toujours été comme ça. Et…
J'ai de la chance de ne pas avoir de mauvaises expériences. Et du coup, toi, dans ce début de couple, t'es épanoui, tu te sens plutôt… C'est cool. Il y a une fréquence qui te va bien, il y a des pratiques qui te vont bien. Tout me va. Tout te va, ouais. Franchement, c'est l'autoroute. C'est l'autoroute. Ouais.
Et l'autoroute, ça veut dire quoi ? Que c'est tout droit ? C'est simple aussi. Et même sur tout, et c'est ce qu'on s'est dit il y a un peu plus d'un an, à nos trois ans, on se disait que ce qui est trop bien dans notre couple, c'est que c'est simple. On a besoin de quelque chose, peu importe quoi, des désirs…
On a envie de changer, en fait, on se le dit et en fait, tout est simple et on s'écoute. Et en fait, le sexe a été une autre étape à franchir. On a changé un peu de voie, mais ça ne change pas qu'on est toujours sur l'autoroute. Ouais.
Toi, tu disais quand même, après Covid, au moment du Covid, dans les épisodes précédents, tu dis que tu as pris pas mal de poids, tu ne t'aimes plus quand tu regardes dans le miroir et tu te sens plus désirable et ça bloque ta sexualité. Avant ça, tu disais quand même qu'il y a des blocages et des tabous, par exemple, avoir un rapport sexuel, être pénétré en faisant la vaisselle.
Tu sens un blocage ? Tu sais mettre des mots sur ce blocage ? Pas encore, c'est quelque chose justement sur lequel j'essaye de déconstruire ça chez moi en ce moment. Qu'est-ce que ça raconte de toi ? Imagine-toi en train de pénétrer, par exemple, ton mec qui fait la vaisselle. Ça veut dire quoi ? Que t'es déluré ? C'est quoi les adjectifs et les jugements ?
J'ai l'impression que c'est… Moi, j'ai le côté un peu chiant où je dis « Ah, c'est pas le moment. » Genre en mode genre « Ah, c'est pas le… » Enfin, genre comme si j'étais un peu gnangnang ou en fait, je me laisse pas trop surprendre. Ça m'est déjà arrivé de…
de me surprendre de moi de me dire ah tiens j'ai fait ça à ce moment là mais le fait qu'ils me le disent ils me disent ouais moi ça me dérangerait genre ça me ferait kiffer et tout moi je me dis ok je vois pas l'intérêt mais après c'est personnel donc te faire surprendre si jamais on dit que demain pour la vaisselle du déjeuner ça baise t'es pas surpris ? il y a toujours le blocage ?
J'ai l'impression que, je pense que, en fait c'est intéressant, c'est que j'ai vraiment ce blocage où en fait je m'autorise, c'est assez contradictoire ce que je te disais juste avant.
Parce que le fait d'être en couple avec mon mec, j'ai l'impression qu'on est tombé dans ce truc un peu à vanille et de le faire dans le lit et tout ça. Et je pense que si ça aurait été avec un plan à l'époque, c'est quelque chose qui aurait pu se passer. Parce que t'es dans ce truc de désir et en fait tu connais pas l'autre et tout ça. Et le fait qu'aujourd'hui ça soit mon mec qui me demande ça, ça me perturbe un peu parce que j'ai l'impression qu'il change un peu les codes. Et en fait je dois aujourd'hui…
Moi aussi, changer mes codes, de me dire maintenant qu'on est en couple et que ça fait un moment, qu'on peut instaurer des nouvelles choses, qu'il peut y avoir des nouveaux moments. Donc toi, c'est plus la peur du changement. Le blocage, c'est plus le changement.
Est-ce que c'est péjoratif un peu de baiser en faisant la vaisselle ? Non, c'est plus moi qui suis des fois en mode genre c'est pas pratique, mais non, c'est plus mon côté logistique. Non.
Parce que quoi, il va en foutre partout en effet ? Ou ça sera pas fait ? Non, je rigole. Non, je pense que c'est plus le changement de me dire… Mais c'est vrai que je vois ce que tu veux dire et non, il n'y a pas ce côté…
sale ou quoi, mais… En fait, toi, quand tu dis on a une sexualité vanille, en fait, dans le dictionnaire un peu urbain partagé, le sexe vanille vient définir une sexualité que la société d'aujourd'hui considère traditionnelle ou normale, avec les énormes guillemets, la norme étant une construction, versus une sexualité non vanille, merde, j'ai oublié, on dit comment, BDSM…
Comment on dit ? Vanilla sexe et ? C'est pas vanille ? J'ai pas l'autre. C'est pas mon vocabulaire. Mais donc, ça va être tout ce qu'aujourd'hui est considéré comme hors des normes. Alors, gros guillemets, gros guillemets, gros guillemets. Et toi, je crois que ce que tu voulais dire, c'est… Moi, j'ai une sexualité… Il y a des cadres cadrés où on kiffe.
Et quelque part, si tu me dis « viens, on baise en faisant la vaisselle », c'est hors cadre. C'est pas tellement une question de pratique un peu plus osée, n'est-ce pas ? C'est pas tellement ça, le sujet. C'est le changement. Et c'est juste qu'aujourd'hui, je dois accepter que ça change, et sur plein d'aspects. Je pense que c'est ça aussi, quand t'arrives à avoir… Enfin, ça va faire 5 ans, et donc je me dis aussi, c'est qu'à nous de nous redécouvrir sexuellement…
Il y a d'autres choses sur lesquelles j'ai accepté au niveau du changement. Par exemple, dans sa vie artistique, sa vie professionnelle. Mais en fait, sur le sexe, je n'ai pas encore accepté ce changement-là. Dans sa vie, la sienne de ton copain ou la tienne ? Non, la sienne. Il a eu des changements de parcours et des changements de vie. Ça t'impacte, ça ? Ça, je l'ai accepté, oui. C'est très intéressant. Mais en quoi ça te concerne ?
Dans le sens où moi, j'ai toujours voulu… J'ai toujours cherché une personne ambitieuse. Et en fait, quand je l'ai rencontré, j'ai senti que c'était pas un mec très ambitieux, professionnellement. Et ça, ça me dérangeait un peu au début. Et on en a parlé. Et aujourd'hui, il est beaucoup plus ambitieux que moi. Il est beaucoup plus, entre guillemets, bosseur que moi et tout ça. Et ça, ça a vraiment changé. Et je me suis dit, OK, ben…
Entre guillemets, il faut que je sois à la hauteur, alors qu'avant, j'étais un peu celui qui l'était. Et aujourd'hui, ça change. En fait, ce changement-là, je l'ai accepté. C'est juste que sur la partie sexuelle, je ne l'ai pas…
c'est qu'en fait le couple pour toi c'est aussi un miroir qui te fait voir des trucs qui t'invitent à changer exactement ouais et c'est pour ça qu'il met un peu la pression quand même parce que si les actions de ton copain ah mais de ouf font perdre la valeur c'est chiant même mon entourage des fois mais après je le vois plus comme une motivation quand je vois des gens faire des trucs trop ouf à côté de moi je me dis waouh faut vraiment que je me booste un peu genre j'en branle pas une là
Et après, ça me motive. Je le vois plus comme une motivation plutôt que de me dire, ah, je suis qu'une merde et tout. Genre, il faut que j'arrête ou quoi. Non, c'est plus de la motivation. Au moment du Covid, tu prends du poids, t'as plus de libido. C'est à ce moment-là ou du coup, ton copain disant, pendant combien de temps vous n'avez pas eu de sexe ? C'est pas qu'on n'avait jamais de sexe, mais disons que je pense qu'il y a une période de creux de six mois.
Et après, sinon, c'était une période genre tous les 2-3 mois, genre une fois tous les 2-3 mois. Mais c'était… Et c'était toi, il venait vers toi ? Ouais, principalement. Et toi, tu disais… Ouais, non, et tout. Je le sens pas. T'avais verbalisé « je me sens pas beau » ? Non, jamais. Non, je me mens là. Si, je l'avais déjà verbalisé. En fait, je disais pas « je me sens pas beau ».
Parce qu'en fait, en disant ça, ça mettait un doigt sur quelque chose où c'était aussi ma responsabilité. C'était plus en mode, ah là, j'ai pas envie. C'était en mode genre, non, pas là. Et en fait, une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, à un moment donné, c'est en mode genre, t'as plus envie de moi, quoi. Alors que pas du tout, c'est juste moi, effectivement, je m'aimais pas, mais j'avais pas encore…
Conscientisé à ce moment-là. Et à ce moment-là, c'est lui ou toi qui parle de couple ouvert, de cette question-là ? Déjà que moi, j'en avais déjà… J'avais déjà sous-entendu le truc à l'époque, quand je parlais de sex-friend et tout ça. Il y avait toujours cette idée. Et moi, j'ai toujours un peu… Je rigolais. Je disais, ouais, moi, j'aimerais trop être en trouble et tout. Je rigolais sur cette idée de…
de cette notion-là. Et effectivement, quand je sens qu'il est frustré à une période du Covid et que ça ne va pas, je lui dis, je suis prêt à ce qu'on ouvre le coup. Enfin, ce n'est pas je suis prêt, c'est est-ce que tu veux qu'on ouvre le coup pour que la frustration que tu as et que moi, je t'apporte ?
En fait, vu que sur, mis à part le sexe, tout se passe bien dans notre couple, est-ce que tu veux qu'on ouvre le couple pour que ça apaise quelque chose ? Mais après, moi… Il a répondu quoi ? C'est à ce moment-là qu'il était ouvert à l'idée. Et t'as dit, ouais, et après, moi, c'était pas forcément un désir que t'avais, c'est ça ? Tu le faisais pour lui parce que t'avais peur de le perdre. Ouais, c'est ça. Parce que moi, en fait, je lui disais, moi, j'ai pas du tout envie d'aller voir ailleurs.
Mais si toi, tu sens que ça peut t'aider, et comme je te disais au début, c'est moi, en fait, je fais vraiment la séparation. En fait, il y a une différence entre… Après, c'est sûr qu'il y a toujours le risque, oui, il peut y avoir des sentiments pour un autre mec. Si on ouvre et qu'il commence à avoir d'autres gens, qui peut… Mais en fait, voir quelqu'un de frustré, je pense que… En fait, dans tous les cas, la situation n'était pas la bonne. Donc, si on veut changer quelque chose, il faut faire différemment. Vous avez décidé quoi ?
Et ça on en a parlé, il m'a repris un peu là-dessus sur l'idée du couple ouvert. Et donc en fait on est sur une idée de couple ouvert sans forcément être à la recherche active. C'est-à-dire que lui il est pas en mode sur les applis à se dire ouais…
« Bon bah vas-y, qu'est-ce que je peux voir ce week-end ? » Il n'est pas dans cette dynamique-là, c'est plus dans une dynamique de s'il se passe quelque chose avec, ou il y a une situation qui l'amène à se dire « Ah tiens, je pourrais tenter de me laisser me faire séduire par telle personne », il peut y aller. Et je sais que par exemple, il est parti en vacances au mois de décembre,
Et il allait sur une plage naturiste, il était sur Grindr, il a vu des mecs, et en fait, il me le disait quand on… Enfin, moi, j'étais pas parti avec lui à ce moment-là, et en fait, il m'en parlait, et je trouvais ça beaucoup plus sain pour notre couple de savoir, en fait, qu'est-ce qu'il aimait, que… En fait, moi, ce qui est important pour moi, c'est que s'il se passe quelque chose de mal, qu'il le fasse pas dans mon dos, et qu'il se sente mal lui, solo, et qu'il puisse s'en parler à personne. Et…
Donc vous décidez à partir du moment Covid d'être en couple ouvert ? Non, on va dire qu'on est en 2022. C'est plus récent. Donc aujourd'hui, ce que tu as décrit, c'est votre situation aujourd'hui ? Oui, vraiment, c'est notre situation aujourd'hui. Parce que sur le moment Covid, comment ça s'est résolu ? En fait, lui, il est hyper frustré. Il prend sur lui que je lui dis que je suis désolé, que ça ne va pas, je ne sais pas pourquoi.
que je fais de l'angoisse en fait lui il me voit aussi avoir des moments où je respire pas et donc en fait il se dit bon bah en fait il comprend entre guillemets la situation mais à un moment donné je commence à aller mieux et donc il se dit bon bah
Qu'est-ce qui se passe là ? Et c'est là que moi j'amène le sujet de couple, qu'on ouvre le couple. Parce qu'en fait j'ai pas la réponse. Et en fait c'est en perdant du poids que moi je me redécouvre parce que moi je me suis dit un truc, je me suis dit ok, si je dis que c'est le fait que je m'aime plus et que j'ai besoin de me retrouver, si je perds du poids, est-ce que ça voudrait dire qu'on va se reconnecter sexuellement ? Parce que ça se trouve, au final, est-ce que je suis pas en train de cacher le fait que je suis plus, enfin qu'il m'attire plus ?
est-ce que je suis pas en train de me mentir au final et donc là le fait de me sentir mieux dans mon corps et d'avoir fait ce qu'il fallait faire je me rends compte que je l'aime toujours et que même sexuellement je l'aime toujours et que ça n'a rien à voir que si le fait que le poids a été l'élément l'élément problématique qui fait que sexuellement on était plus aligné
Et comme on ne sait pas pourquoi tu as pris du poids, ça pourrait réarriver ? Si, je sais pourquoi. Parce que la prise de poids, c'était le fait d'être enfermé pendant deux mois.
et l'angoisse peut-être du taf parce qu'au final moi j'ai été en fait pendant le Covid j'ai fait que bosser mon taf à l'époque m'a mis dans une situation où je travaillais plus justement pendant le Covid et après ça a généré du stress qui a fait que j'ai mal géré aujourd'hui en fait j'ai perdu du poids en faisant un jeûne
et en fait maintenant c'est devenu une sorte de rituel où tous les ans, c'est pas que je m'oblige parce que je prends le plaisir à le faire où je jeûne pendant 7 à 10 jours et en fait je me reconnecte à moi-même et je le fais pas que pour le poids ça m'a aidé effectivement mais ça m'a aussi aidé mentalement sur plein d'autres choses en fait quand tu jeûnes tu fais une détox physique et mentale et c'est un truc au maintenant où ça me permet de me reconnecter à moi-même donc aujourd'hui on va dire que je suis stable
psychologiquement aussi. Je me sens bien et je me sens bien aussi dans mon corps. J'ai envie de maintenir ça. Et dans votre accord de couple ouvert, tu as dit tout à l'heure, il m'a repris. C'est parce qu'en fait…
En préparant le podcast, vous vous êtes rendu compte que vous n'aviez pas la même définition ?
Parce que généralement, quand on dit couple ouvert, c'est en mode, je suis sur les applis, tu peux aller voir qui tu veux. Et en fait, nous, c'est un chouïa différent, c'est qu'en fait, on découvre aussi ça. On est dans un cheminement où on découvre quel type de couple ouvert, au final, on est. Qu'il n'y a pas, au final, un…
un schéma de couple ouvert et que nous on est dans un schéma où en fait on découvre que s'il peut aller voir quelqu'un d'autre et ben c'est ok pour moi et qu'en fait on peut en discuter qu'il peut me raconter ouais franchement c'était grave cool et le mec est sympa c'est marrant parce que dans tout cet échange sur le couple ouvert tu ne parles que de lui qui va voir ailleurs parce que pour l'instant c'est pas une ambition chez moi d'aller voir ailleurs j'ai pas…
J'ai pas de… J'ai pas envie. Donc en fait, moi c'est plus pour lui au final, ce qui est le cas. Et je me sens pas du tout frustré par rapport à cette situation. Mais, encore une fois, je sais pas en fait, parce que pour l'instant il est…
Il a vu des gens, mais il n'a rien fait de manière sexuelle. Et donc, je ne sais pas si le jour où il va me dire, ouais, je me suis fait prendre ou j'ai pénétré ou peu importe, qu'il va rentrer entre guillemets dans les détails. Je ne sais pas si là, je vais ressentir de la jalousie ou je vais me sentir mal. Mais si tu sais ?
Si tu devais répondre là tout de suite ? Bah non pas du tout moi je suis parce que vraiment genre en fait qui soit heureux me rend heureux. Ok pourquoi du coup tu te poses c'est bizarre tu vois mais nos cerveaux font ça mais si tu sais déjà tu t'imagines là il a baisé avec quelqu'un il te le dit et tu dis là moi ça me va ?
parce que là juste avant tu disais je ne sais pas comment il aura fait en fait j'ai l'impression aussi qu'on sait jamais parce que ça dépend toujours du contexte parce que je pense qu'on a après je pense c'est aussi humain d'avoir un peu peur de se dire est-ce qu'il peut partir mais enfin personne nous appartient enfin les gens ne nous appartiennent pas donc au final qui veuille partir avec enfin que l'on soit en couple ouvert ou qu'il me trompe dans mon dos j'ai l'impression que
Enfin, si ça doit arriver, ça arrivera, mais je préfère être au courant, mais de savoir ce qui se passe. C'est plus comme ça que je le vois. Pour toi, c'est possible d'être amoureux et de garder un désir sexuel pendant combien d'années ? Ah, c'est une bonne question. Je dirais que…
Parce que forcément, j'ai le schéma de mes parents qui fait que mes parents, c'est mon point de vue, peut-être qu'ils vont dire maintenant pas du tout, mais de mon point de vue, pour moi, mes parents ne s'aimaient plus et n'avaient plus de rapport intime. Enfin, de ce que je ressens, enfin, ce que je comprenais en quelque sorte. Et donc, je me dis, en fait, il peut toujours y avoir…
Je pense qu'il n'y a pas vraiment… En fait, tant qu'on cherche à se découvrir de manière continue, si je peux dire ça comme ça… Il n'y a pas de limite. Il n'y a pas de limite, en fait. Pour moi, je le vois comme ça. En nombre d'années, c'est illimité. Ouais.
En fait, tant qu'on est heureux, il n'y a pas de limite. Après, effectivement, si à un moment donné, les désirs sont différents, parce que je considère aussi qu'il peut y avoir un moment où lui, il n'a plus envie de moi, mais qu'il a envie d'aller voir ailleurs, et après qu'on se retrouve aussi. J'aime bien cette idée-là aussi, que ce n'est pas en mode genre « Ah, s'il est allé voir ailleurs, ça veut dire que c'est fini pour moi. » Tu vois ce que je veux dire ? En mode genre…
Ça se trouve que lui, il va découvrir d'autres pratiques, il va me faire moi découvrir, tu vois, je pense que je veux dire. Mais si tu restes concentré sur ton désir à toi, toi, depuis les cinq ans de couple, il n'y a pas parfois où il t'excite ? Il va écouter ce podcast ? Ouais, il va écouter. Ouais, donc du coup, tu n'es pas tout à fait libre de dire, mais en fait, c'est un peu… Ok, moi, j'adore les pâtes carbo. Ouais.
ah putain c'est mon plat préféré c'est ton plat préféré ? t'as tombé juste bah il y a des fois où je les trouve tellement délicieuses
Et parfois, je ne sais pas te dire pourquoi, alors que j'ai l'impression de les faire pareil, je suis un peu bof quoi, alors que c'est les mêmes ingrédients. Donc oui, je pense que dans les rapports sexuels avec quelqu'un que j'aime, oui, le désir fluctue et je peux être moins excité, etc. Toi, en cinq ans, t'as senti quoi ? Est-ce que t'as senti des fluctuations dans ton désir ?
Oui. En fait, qu'il est toujours crescendo. Toi, tu vois que ça augmente, augmente, augmente, augmente. Que c'est toujours mieux, que je me découvre. Et justement, c'est là d'où je vois le positif et qui fait que je n'ai pas envie d'aller voir ailleurs. Après, est-ce qu'il faut attendre que ça se masse mal pour aller voir ailleurs ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, pour moi, je suis tellement…
Je dirais pas que je suis épanoui sexuellement, parce que tu sais, des fois tu poses cette question de dire sur une… De 0 à 100. Ouais, ou sur 10, tu dirais. Toi t'es à combien ? Eh ben…
À un moment donné, je dirais… Avant, il y a quelques mois, je serais répondu 5 sur 10. Et là, aujourd'hui, je dirais 7 sur 10. Parce que le fait que j'ai perdu du poids récemment fait qu'on se reconnaît, qu'on teste des choses ou même, par exemple, se sucer sans forcément jouir à la fin.
C'est quelque chose qu'à la fin, j'aurais été frustré. Alors qu'aujourd'hui, c'est une bonne frustration. En mode, ça devient un jeu. Et en fait, depuis que j'écoute ton podcast, je m'autorise à me dire, ah bah tiens, ça peut être complètement différent. Et en fait, on peut… Enfin, les codes changent. C'est pour ça que ça me fait du bien de me dire, ah ouais, en fait, on a fait ça et…
et on n'a pas joui mais en fait c'était trop cool et qu'en fait on fait monter justement le désir sur un autre moment et qu'on amène quelque chose et ça c'est un truc que avant ça m'aurait genre j'aurais dit ouais il y a un problème et tout ça va pas alors que non en fait ouais c'est cool donc c'est pour ça que je suis content quand même qu'il y ait du changement et c'est pour ça que là je te vois aujourd'hui si on est dans le positif mais il y a quelques mois c'était pas du tout le cas
parce que t'avais repris du poids donc là on est plus dans le covid et t'as des fluctuations de poids alors j'ai pas des fluctuations de poids c'est juste que j'ai je me plaisais pas en fait j'étais bien dans ma tête
Mais physiquement, je ne me plaisais pas. Et après, j'ai fait ce qu'il fallait. J'ai amélioré mon alimentation et j'ai fait un peu de cordes à sauter. En plus, je suis un peu feignant. Donc, j'ai fait le minimum syndical et ça a suffi. Et pour le moment, pourquoi tu n'as pas de désir d'aller faire du sexe en dehors de ton copain ?
Est-ce que ça peut être lié à l'estime de soi ? L'estime de toi ? Non. Quelque part, t'es safe avec ton copain ? Disons, c'est parce que, franchement, c'est vraiment une question de besoin. J'en ressens pas le besoin. En fait, je suis bien, je suis épanoui. C'est comme des fois, il y a des gens, ça fait dix ans qu'ils sont dans leur taf, on dit « mais pourquoi tu changes pas ? » Et les gens se disent « bah en fait, c'est bien, c'est cool, j'ai des collègues cools, les missions me vont. »
Et c'est vrai que je trouve dans notre société on a souvent ce besoin de mais pourquoi tu changes pas et en fait ça te choque enfin c'est pas que ça choque mais tu veux pas avoir quelque chose de nouveau et en fait aujourd'hui je suis le mec ça fait 10 ans qu'il est dans la boîte et que ça se passe très bien et je suis très très bien c'est comme ça que je le vois
Souvent, il y a un préjugé autour de la pansexualité. Ah, je ne le connais pas ? Le préjugé dans les orientations sexuelles qui ne sont pas gays ou hétéros, donc bisexuelles, pansexuelles, etc. C'est-à-dire la possibilité pour la personne qui est pansexuelle, par exemple, d'avoir des rapports sexuels et ou romantiques avec des personnes binaires, non binaires.
Et de tous les genres. Le préjugé, c'est que tu as un désir non satisfait lorsque tu es avec un homme. Tu es donc dans un rapport gay. Et donc, il y a des aspects de ta pansexualité qui ne sont pas nourris. Et donc, le couple ouvert permet d'aller satisfaire un besoin, par exemple, de rapports sexuels…
avec une personne qui n'est pas un homme ça c'est faux pour toi c'est pas comme ça que tu peux être amoureux ou en rapport sexuel avec n'importe quel genre mais il n'y a pas un besoin si t'es en rapport sexuel t'es pas à moitié nourri quoi
C'est ce que j'essaie de dire complètement. Et c'est pour ça que des fois, je me dis même un peu sapio parce que j'ai besoin d'intellectualiser un peu la relation. Et d'où le fait qu'au final, on était tout à l'heure, on parlait du moment charnel et du sexe et qu'on se découvre. Et en fait, moi, je suis en mode genre en fait, on va voir et c'est la même chose dans les relations sexuelles.
et effectivement en fait quand j'étais sur Tinder je cherchais que des mecs parce que j'avais la sensation de pas avoir vraiment trouvé le truc ou pas avoir essayé mais quand je pense à une relation je la définis pas en mode genre ce sera seulement un mec genre ça peut être n'importe qui en fait si on est connecté c'est génial comme ça je vois le truc
Si jamais dans dix ans, tu te rends compte que tu peux soit rester en couple avec ton mec que t'aimes, mais il n'y a plus de sexualité, elle s'écrit autrement ou ailleurs, mais plus entre vous deux, ou bien tu le quittes, tu choisis quoi des deux ?
je choisirais ce qui nous rend le plus épanoui tous les deux dans le sens où si admettons lui il est frustré parce qu'on a plus de sexe mais qu'on s'aime enfin s'il est frustré sous un certain angle en fait je serais pas heureux parce qu'en fait je prends vraiment du plaisir à ce qu'il soit heureux j'essaye de le soutenir comme je peux dans tout ce qu'il entreprend
Et c'est pour ça que le fait qu'il soit frustré sexuellement, j'ai la solution du couple ouvert. C'était une manière pour moi de dire, je t'aime, mais je ne peux pas t'aider là aujourd'hui. Je ne suis pas bien dans ma peau et je n'ai pas la solution tout de suite. Et la seule solution que j'ai, c'est que tu ailles voir ailleurs. C'est un peu bizarre de dire.
Et donc, si dans 10 ans, on est hyper épanoui et qu'on reste ensemble et qu'on n'a plus de rapport sexuel, la finalité, c'est qu'est-ce qu'on est heureux ? Oui, c'est ça. Et toi, tu te projettes dans un épanouissement sans sexe dans un couple ? C'est possible. Oui, c'est possible. Mais en fait, c'est tant qu'on est heureux. Parce que moi, encore une fois, je prends le schéma de mes parents où…
où en fait je les ai pas vus heureux et vraiment intimes. Et quand je dis intime, c'est pas forcément sexuel, c'est vraiment de se faire un câlin, d'être assis l'un à côté de l'autre. Quand j'étais petit, mon père, quand je prenais le métro avec mes parents, mon père il restait debout et ma mère elle était assise à côté de moi, mais mon père, même s'il y avait de la place, il allait pas s'asseoir à côté de ma mère.
donc c'est comme si et en fait ça ça me dérangeait et je veux pas de cette relation là plus tard je veux vraiment que si je suis avec quelqu'un que j'ai envie d'être avec la personne et qu'elle ait envie d'être avec moi toi tu te projettes avec un minimum d'émotion de connexion etc avec ou sans sexe ça dépend si parce qu'il y a des gens à cette question qui disent ah non moi c'est mort
S'il n'y a pas cette partie-là du lien… Et c'est pour ça que j'ai des copines où elles me disaient « Ah mais moi, s'il n'y a plus de sexe, c'est mort. »
je ne m'y retrouvais pas quand j'entendais ça je me disais ah ouais c'est aussi grave que ça genre si t'es et après je comprends parce que c'est dans leur épanouissement elles en ont besoin donc il n'y a pas de jugement là dessus au final c'est juste que pour moi en fait je ne me retrouvais pas dans ce discours là Léni c'est la fin est-ce que
On peut rajouter un épilogue à notre roman. Complètement. Est-ce que tu as envie de rajouter une bafouille, un propos ? Je sais notamment qu'en fait, on a parlé d'un sujet en pré-entretien qui n'est pas apparu tout seul, mais on peut le forcer là maintenant. Ouais.
est-ce que c'est pas une obligation est-ce qu'on parle bien de le truc que je t'avais amené du syndrome du colon ouais ce qui n'a rien à voir
Avec ? Avec tout ce qu'on vient de parler aujourd'hui. Bah si. Ah ouais, tu trouves ? Si ça n'a rien à voir, c'est qu'il ne faut pas qu'on en parle. Toi, en gros, ce que tu m'as dit, c'est… Est-ce que tu veux décrire ce que c'est pour toi le syndrome du côlon ?
Et en fait, colon, tu penses à colon ritable, c'est genre… Rien à voir. Et en fait, non, c'est le colon, la colonisation. Et en fait, elle me dit, c'est le fait de sortir qu'avec des personnes blanches. Et vraiment… Et donc moi, je comprends pas et tout. Et en fait, moi, quand on me disait, ouais, c'est quoi ton style ? Moi, je disais souvent caucasien.
Et effectivement, elle, elle me dit mais moi, je sors qu'avec des blancs. Et en fait, elle avait entendu, elle ne se souvient plus. Elle qui est une femme de couleur, c'est ça ?
je comprends pas ce truc et en fait et donc j'analyse chez moi ce truc de bah en fait c'est vrai que j'ai toujours toutes les personnes que j'ai datées peu importe enfin y'a tous franchement y'a tous les genres enfin tous pas tous les je m'exprime mal y'a tous les styles petits grands enfin y'a pas de cheveux longs cheveux courts enfin y'a pas de mais en couleur de peau effectivement ça a toujours été des personnes blanches et c'est là que je comprends que bah y'a une problématique parce que
En fait, il y a une différence quand tu dis « Ouais, moi, j'aime bien les mecs avec les cheveux longs et les yeux marrons. » Parce qu'en fait, tout le monde, peu importe la couleur, tu peux avoir les cheveux longs et les yeux marrons. Et moi, c'est pas mon cas. Et en fait, je fais ma petite enquête autour de moi. Et en fait, je vois qu'en fait, j'ai du racisme intériorisé. Comme tu parles d'homophobie intériorisée, j'ai la même chose. Et en fait, ça me dérange. Je me dis mais…
Genre pas du tout, genre Léni t'es pas du tout comme ça, et en fait si. Tu disais ça n'a pas de rapport avec tout ce qu'on a raconté. Bah plus ça veut dire que ça n'a aucun impact sur ton chemin d'intime ? Disons que…
Ça a fait que j'ai rencontré une personne blanche. Ton mec est blanc. Mon mec est blanc. Et tu te voyais ne pas swiper sur Tinder. Vous vous êtes rencontrés sur Tinder. Tu te voyais ne pas swiper sur les personnes de couleur. Ouais, exactement. Et donc, c'est pour ça que je me suis dit, là, il y a un problème. Justement, je t'avais envoyé ce message-là en écoutant…
l'épisode avec Sam et je questionnais est-ce que Sam c'était le titre pour les gens qui veulent aller l'écouter c'était je le connais pas par coeur Arab Domi XXL Fétichisation c'est sur la fétichisation et c'est un témoignage en trois parties où justement Sam qui est je crois qu'il est algérien non ? Kabil je sais plus s'il l'avait dit ouais
En tout cas, il raconte son chemin avec la fétichisation, donc tout de suite, il voit qu'il est mis dans des cases par rapport à son physique. Et qu'on lui demande de jouer ce rôle-là.
Et puis, il raconte comment après il se dit, je vais essayer et comment il essaye de naviguer avec tout ça. Donc, ça, t'écoutes cet épisode et tu te dis, moi aussi. Alors, je me dis pas moi aussi, je me demande parce que je me dis, est-ce qu'il n'aurait pas la même chose ? Ce constat-là, parce qu'en fait, il le dit et j'adorais parce que tu l'as…
tu l'as questionné là-dessus et il dit vraiment moi je date que des caucasiens ou des personnes à un moment donné il le dit et après il dit il y a eu une exception
Et en fait tu le titilles un peu et j'ai trouvé ça hyper intéressant parce qu'il se dévoile et j'ai trouvé ça hyper honnête aussi de sa part vraiment d'être sincère dans son propos et en fait je me suis dit ah mais moi c'est un peu la même chose et quand j'en parle avec des potes de couleurs, des personnes racisées,
et bien en fait c'est exactement la chose et souvent il y a une exception c'est j'essayais mais ça marchait et en fait j'ai réalisé que je n'étais pas le seul et donc moi tout bêtement je me demande, j'ai des soeurs je vais leur demander et en fait ma soeur me dit que quand elle était plus jeune ma mère lui avait demandé de ne pas sortir avec de noirs ou des arabes
Et donc moi je me suis dit « waouh, déjà de le verbaliser comme ça c'est fort quoi ». Et donc en fait ce qui se passe c'est qu'on en vient à un chemin, enfin moi j'en viens à un chemin où je me dis « mon objectif c'est pas de… parce que je suis en couple et tout se passe bien, mais mon objectif c'est plus me déconstruire là-dessus pour me dire « ah effectivement ça c'était pas bien et ça ne va pas ».
Mais ce n'est pas en mode, je vais sortir avec une personne de couleur pour me dire, c'est bon, j'ai réglé le problème. C'est plus un travail personnel. Oui, qui doit d'ailleurs être un chemin sur ta propre identité. On l'a dit à cet épisode, tu es franco-philippin. Ça veut dire, ton papa est français, ta mère vient des Philippines. Si tu rejettes l'autre, c'est une part de toi que tu rejettes ?
ouais si parce que tu vois même avant même dater une personne asiatique c'était pas possible alors que y'a aucun problème genre et j'aime pas cette partie là et en fait avant pour moi c'était ah mais c'est mon style c'est mes goûts quoi et en fait non genre après ce que j'ai dit c'était une question mais je l'ai pas bien formulé c'est peut-être une connerie en fait on grandit
Avec tellement tous les feux, les phares et les paillettes sont mis sur l'homme blanc avec un certain physique, qui d'ailleurs, by the way, c'était souvent notre sujet dans ton témoignage, il n'est jamais gros.
l'homme mis sur un piédestal. Il est toujours blanc, il n'est jamais gros. Il a toujours des cheveux. Il a une tête… L'idéal, tu vois. Mais il a le droit de vieillir, alors que la femme n'a pas le droit. Je trouve ça toujours assez intéressant de voir des hommes vieillir sans… Bon, passons. On a toi et moi grandi dans ça, et donc nos désirs sont un peu bêtes.
et viennent se cadrer comme un stimuli quoi si tu me donnes à bouffer que du sucre à un moment donné je vais être un peu addict à ça et voilà peut-être ton désir il a été bâti ainsi parce que tu vois là dans ma question d'avant quelque part ça a indiqué quelque chose en rapport avec toi sur lequel tu pouvais agir peut-être que c'est complètement extérieur à toi
non mais t'as raison parce que en fait ce que disait aussi Sam c'est que moi j'ai ressenti un peu aussi la même chose du fait d'être un peu exotisé je pense comme beaucoup de personnes racisées et du fait que je devenais une expérience et pas une relation et à un moment donné je l'ai accepté je me suis dit je m'en fous mais au final non
Ouais, c'est marrant parce que… Ouais, vas-y, fini, pardon. Et je crois que c'est dans le témoignage de Lucas. Je crois qu'il en parle un peu de ça aussi. Et j'ai adoré aussi de… Le titre, c'est « Noir, trop fin, efféminé ». Ouais, et en fait, j'ai adoré parce qu'en fait, c'est vrai que quand on est des personnes racisées, on est… Entre guillemets, on a beaucoup moins le choix. Et en fait, quand on a le choix, c'est des personnes qui vont nous exotiser. Et là, limite, on va se sentir…
un peu en pouvoir alors qu'on devrait pas parce que on est vu comme des comme des expériences donc il y a une forme de pouvoir est-ce qu'on devrait pas ça chacun navigue comme il peut t'es d'accord moi je pense juste que ça blesse
Tu vois ce que je veux dire ? Moi, en tant que blanc, j'arrivais pas à vivre ce que tu décris. Enfin, je ne vivais pas ce que tu décris, mais normal. Et je l'ai vécu… J'ai à peine touché du bout du doigt une expérience où je me suis dit « Ah, je pense que c'est ça, mais je suis pas sûr. » Mais il y a des gens, on a eu un rapport sexuel, et après je me suis dit…
Je crois qu'en fait, ils étaient intéressés par le podcasteur.
Après, c'est peut-être dans ma tête. Et d'ailleurs, c'est marrant parce que… Enfin, c'est pas marrant, mais il y a des hommes de couleur qui me racontent que justement, ils hésitent. Est-ce que c'est pas dans leur tête ? Est-ce que… Donc moi, pareil, je me disais peut-être que c'est moi qui exagère et tout. Mais à plusieurs reprises, et de plus en plus, je commence à… Parce qu'en fait, je le dis que je fais un podcast sur les réseaux de rencontres. Et ça m'est arrivé, j'ai en tête un ou deux ou trois rapports sexuels où je me demande…
si ils n'étaient pas intéressés par l'expérience de la voix qu'ils avaient entendue et de baiser le Guillaume Chat et en fait je ne me suis pas du tout senti bien
je me suis senti il y a un peu un travail c'est un peu ce travail là je trouve d'accepter que c'est un peu comme ça et en fait faire changer les choses c'est d'éduquer chaque individu qui pourrait avoir des propos déplacés et c'est énergivore et j'ai une pote la dernière fois on en parlait
Et elle me disait en fait on appelle ça la charge raciale, chose que j'avais jamais entendue. En fait c'est nous on doit se comporter, en fait on doit encaisser et en plus si on veut éduquer c'est notre travail en plus alors que les personnes blanches elles ont rien à faire en fait. Elles ont juste à dire, à avoir des propos déplacés et il y a des fois on va les reprendre et des fois non. Alors que nous en fait on va juste subir.
et en fait pour pas les mettre à l'aise des fois on va juste rire jaune et dire ah ah ah oui et en fait si ça nous a blessé on va soit rire jaune soit en fait être offensé et en fait mettre un mauvais mood donc elle me parlait de tout ça et j'ai trouvé ça hyper intéressant et donc ouais en ce moment je me déconstruis là dessus et le fait d'écouter ton podcast et de voir que je suis pas du tout le seul que ça soit Sam ou Lucas
et enfin on est des personnes racisées et en fait tu te rends compte que dans la société c'est commun au final tu as écouté les épisodes plus anciens parce qu'il y en a d'autres aussi non non mais t'inquiète j'en ai écouté mais là comme ça
Je sais qu'il y en a un qui me vient en tête, je ne sais plus quel est son nom d'emprunt, donc je ne vais pas pouvoir dire l'épisode parce que j'aurais peur de dire son vrai prénom. Ce que je voulais dire par là, c'est que c'est quelque chose que je fais entendre et que j'entends sur le podcast depuis deux ans. Bien sûr que ce n'est pas nouveau, mais c'est en plus un propos récurrent.
Il n'y a pas une personne de couleur qui me dit « je vois pas de quoi tu parles ». Et moi, attention, quand je donnais mon petit exemple, il n'est pas du tout au même niveau. Il y a un peu un ressenti. Attends, mais je veux aller du coup au bout parce que sinon on va croire que je compare. C'est pas ça que je voulais dire. Je voulais dire, est-ce que la petite déshumanisation que moi j'ai ressentie, alors qu'on pourrait se dire…
Moi, je voulais aller au bout en disant, bon, ben voilà, c'est génial, t'es un peu podcasteur, tu peux baiser plus facilement, qu'est-ce que tu nous emmerdes ? Un peu comme on pourrait dire à une personne noire, ben voilà, t'as plus de messages qui te disent ce qu'il faut faire. Et de coup, moi, je me suis senti déshumanisé et puis ça m'a enlevé vraiment le kiff, la libido et plein de choses. Est-ce que toi, quand tu parles de fétichisation que tu reçois, ça a ce ressenti ? Ça veut dire quoi, quelque part, être une expérience pour l'autre ?
En fait, j'ai jamais mal vécu le truc parce que je trouve que j'ai quand même bien géré les personnes que j'ai rencontrées de manière réelle.
Parce qu'au niveau des échanges qu'on pouvait avoir, je sentais que c'était soit des gens toxiques ou des gens à éviter. Et donc ça, ça s'est bien passé. Mais c'est vrai que j'ai déjà échangé avec des personnes où en fait, tu ressors d'une conversation et tu te dis putain, tu te sens mal parce qu'en fait, soit on va te dire ah non mais c'est mort, mais moi les Asiates c'est genre…
Parce qu'on a une idée, en tout cas on peut avoir sur des Asiatiques, on dit ah non c'est mort ou c'est pas ce que je recherche et en fait tu te sens mal, je sais pas si ça répond bien à ta question. Ou bien quand on te chasse parce que t'es Asiatique et que c'est ce moment où t'es une expérience, en quoi ça te blesse ?
Tu te dis, moi je sais qu'à un moment donné, je me disais, si je suis entre guillemets plus blanc, le fait d'être franco-philippin fait que je peux être très vite bronzé, je peux être blanc, enfin pas blanc non plus, mais le fait d'être plus clair de peau serait plus simple, et c'est vrai que ça me fait chier parce que ça te remet en question, alors que non…
ça m'est déjà arrivé de penser à ça et ça me saoule en fait et malheureusement ça c'est un fléau je parlais des Philippines pour y avoir été mais t'as des produits en libre service pour te blanchir la peau et quand t'es
Enfin, il y a ce truc qu'on dit, que j'ai beaucoup entendu, c'est qu'en fait, plus t'es foncé de peau, plus t'es pauvre et plus t'es blanc. Et c'est pour ça que quand tu regardes les séries philippines, aux Philippines, ils sont très clairs de peau, alors que quand tu te balades, il n'y a pas…
Les gens sont mat quand même debout. Et il y a ce truc où, en fait, c'est vraiment ancré. Et je pense que c'est quelque chose que j'ai récupéré, que j'essaye de déconstruire. Oui, c'est ça. C'est que les codes de beauté dans lesquels on grandit influencent nos désirs sexuels, notre libido. Exactement. Et ça me frustre de me dire ça. J'ai de la chance qu'aujourd'hui, mon mec n'est pas dans ce truc-là. Parce qu'on a parlé de…
de ses goûts, de ses machins donc je sens qu'il n'y a pas une forme de fétichisation où il me dit il n'y a que ça qui m'excite et donc ça ça m'apaise le fait de savoir ça chez lui et c'est vrai que
Aujourd'hui, je suis épanoui et tout ça, mais je veux quand même apprendre à déconstruire parce que je trouve qu'on peut être amené à avoir des propos déplacés sans le savoir. Et les choses que j'ai pu avoir dans le passé et dans lesquelles je ne suis pas fier parce que j'avais vécu ça.
Pour moi, parce qu'il y a plein de gens qui disent « Ah, on ne peut plus rien dire », enfin plein. En tout cas, on est quand même dans une société française. En tout cas, là, il va y avoir des élections européennes et le premier parti, c'est l'extrême droite. À toutes les élections européennes, j'ai l'impression que c'est toujours un peu le même scénario qui se joue. Donc, tu as quand même, je n'ai pas regardé les intentions de vente, mais je crois plus de 30%. Ouais, pour Bardella.
pour l'extrême droite, 30%. C'est beaucoup. Et donc, avec un peu le fameux wokisme, l'idée qu'en fait, ça sert à quoi de déconstruire ? On se pose des questions, on ne peut plus rien dire. Tous ces délires-là. Moi, je pense, mon opinion, c'est que moi, dans ma sexualité ultra scriptée, j'en parlais à cet épisode ou l'épisode précédent. Bon, on s'en fout si les gens sont perdus. De toute façon, là, à la fin de l'épisode 3,
Ouais, ça part en couille.
En fait, c'est que des effets qui se coulent positifs. Un, si je les déconstruis, je fais moins de mal aux gens. C'est génial. Je peux arrêter, sans faire exprès, d'être blessant, de réduire l'autre. Génial. Numéro deux, mais il y a plein de portes qui s'ouvrent, plein de capacités, de connexions émotionnelles, sexuelles, romantiques, amicales. C'est génial !
C'est génial, c'est tout. Je trouve qu'il y a un intérêt à questionner ces codes et à tenter de faire moins de mal à l'autre et de se faire plus de bien à soi aussi. Moi, je trouve ça cool. C'est très effrayant.
Quand on est né, je pense que les gens votent extrême droite parce qu'ils flippent en fait. Ils ont un quotidien avec plein de peurs et de difficultés. Et ce qui me fait le plus mal, alors c'est pas cool si je dis ça, mais ce qui me fait le plus mal, c'est de savoir, quand j'ai appris…
Ce que mes sœurs votaient, ça m'a vraiment fait mal au cœur. Je pense qu'on comprend très bien ce que je dis, mais ça m'a fait mal au cœur parce qu'on est des personnes issues de l'immigration. Ma mère, on est là parce qu'il y a le droit du sol aussi. On ne va pas se mentir. Mon père est français, mais ma grande sœur, c'est ma demi-sœur. Donc…
Je veux dire, on a une chance. Et en fait, quand je les entends parler, je suis hyper déçu parce qu'elles ne sont pas déconstruites et qu'il y a des choses qui sont tellement ancrées qui posent problème. Mais quand tu vas en parler, elles vont me dire « Mais non, il n'y a pas de souci. Je ne suis pas raciste, moi. » Mais quand tu leur dis « Ouais, si tu pourrais dater un Italien ou un Malien, ils vont te répondre un Italien. » Donc en fait, tu dis « Ouais, mais il y a un souci. »
tu vois genre elles vont pas te répondre en mode bah moi je m'en fous en fait tu vois parce que ça pourrait être ça aussi la réponse il n'y a pas que deux réponses et en fait ça me saoule parce que je pense que c'est aussi important de se déconstruire pour comprendre que
il y a des choix qu'on fait qui sont inconscients, des fois, et qui font du mal. Et je le vois, en fait, dans ma propre famille. Mais je trouve que décoder les scripts limitants et en sortir, moi qui tente, moi, ça me fait tellement peur. Là, c'est cool d'avoir un discours chouette. Moi, je suis complètement aligné avec ce qu'on dit, là. Mais le micro, là, va s'éteindre et je vais retourner à ma vie intime, tenter de décoder et de sortir de mes scripts.
Ben, moi, ça me fait trop peur. J'ai pas envie. J'ai un peu envie, mais j'ai pas envie. Tout se mélange et il y a un truc très…
c'est aujourd'hui comme mon mec me disait oui t'as pas les codes, enfin c'est pas qu'il me dit t'as pas les codes mais en fait moi j'étais dans une dynamique de dire ok mais je peux apprendre et en fait il y a une différence de dire non mais en fait j'ai pas envie d'apprendre, j'ai pas envie d'en savoir plus et en fait quand il y a pas de dialogue, il y a rien de pire, toi aujourd'hui t'es prêt à dialoguer et à
et à découvrir peut-être que tu peux rencontrer une personne qui va te dire ah bah tiens on fait ça ou on va manger quelque part tu ne le sais pas encore et en fait tu peux peut-être te poser la question te dire ok je sais que dans tel quartier il y a tel type de restaurant donc je vais manger à peu près ça et donc c'est déjà une petite étape tu vois pour toi et ça pourrait être déjà je sais pas je dis n'importe quoi et tu te donnes rendez-vous dans le 13ème bah t'as une idée de ce que tu pourrais manger mais
c'est une sorte de petit step tu vois genre il y a des endroits comme ça enfin je donne cette image là mais pour moi c'est pour ça que je fais ce podcast je suis complètement d'accord avec toi et je fais ce podcast parce que mettre des mots et ça genre s'il y a encore des gens qui nous écoutent il y en a il y en a mais c'est les meilleurs j'espère c'est les meilleurs genre
Moi, le moment où je mets des mots et que je me dis, ça sert à quoi ? Parce qu'en vrai, j'ai toujours pas la solution et j'ai juste ces scripts et tout. En fait, c'est ouf comment tout seul, cette petite graine de sortie de non-dit, de dit, des petits mots qui se plantent. En fait, quelques temps plus tard, je vois une pousse et je suis là, ah !
T'es là, toi. Et en première étape, quoi. Et c'est pour ça que la thérapie, ça peut être super puissant parce que parfois seul, tu peux arriver à planter ses petites graines, mais parfois accompagné, c'est nécessaire parce qu'il y a des traumas qu'on a vécu. Il y a des trucs qui fait qu'en fait, tu peux pas juste tout seul y arriver.
et pour moi la thérapie m'a vachement aidé en ce sens tu vois m'a donné plein de clés pour moi généralement ma thérapie c'est mes proches c'est un truc que disait je crois c'était Samantha dans Sex and the City je crois elle disait qu'elle avait ses potes qui étaient là pour l'aider et moi j'ai énormément de chance je suis tellement bien entouré de personnes en fait qui m'aident aussi à me déconstruire la dernière fois un truc tout bête la dernière fois j'ai une pote de couleur
elle est malienne et je lui ai demandé est-ce que c'est raciste de te dire que les couleurs te vont bien, te vont mieux parce que t'as la peau foncée et en fait juste de poser la question je trouve que c'est déjà une bonne chose alors que chose qu'avant je l'aurais dit et elle me répond que si c'est discriminant de manière positive ou négative tu me dis pas la couleur me va bien parce que j'ai une belle coupe de cheveux
Mais en fait, tu fais référence à un aspect physique. Tu me ramènes à ma couleur de peau. Et elle me dit non, là, ça ne va pas. Et en fait, j'apprends aussi. Et je pense que c'est important aussi que les gens autour d'eux se posent des questions et juste demandent. En fait, quand on ne sait pas, des fois, tu peux poser la question et dire, ouais, est-ce que ça te blesse quand je te dis ça ? Et en fait, ça…
Au final, ouvrir le dialogue, et c'est ce que tu fais très bien, ça permet à apaiser aussi beaucoup de choses. Des fois, on s'en va quand on dit des horreurs et on normalise malheureusement aussi des choses comme ça. Moi, mon rêve, c'est que des gens qui entendent les témoignages de personnes de couleur qui disent…
Que ça fait mal, du coup, que n'importe qui puisse se dire, ben j'ai pas envie de faire mal à l'autre. Donc en fait, même si je vois pas le problème, même si ça m'intéresse pas et tout, genre juste de toucher le cœur en disant, ben oui, ben… Et je trouve que… Et il y a plein de gens, en fait, qui m'envoient des messages en disant, putain, j'ai…
Je comprends mieux. Il y a un truc aussi que je voudrais rajouter là-dessus, c'est qu'il faut faire attention à notre entourage parce que des fois, notre entourage considère que vu qu'on est proche, on peut se permettre de dire des choses. Je donne un exemple. J'avais des potes qui me disaient… En fait, ils faisaient souvent cette blague quand il y avait une petite daronne asiatique. Ils me disaient « Ah, regarde, il y a ta mère ! » Et en fait, ça devenait une sorte de running gag.
et à un moment donné j'ai dit mais en fait c'est pas drôle et en fait elle me dit ouais mais et on en a reparlé il y a pas si longtemps que ça elle me dit mais en fait tu sais très bien je suis pas raciste et tout ça et en fait on se permet des choses parce qu'on connait des gens et on se dit ah mais elle sait que je dis ça pour rigoler et en fait moi en ce moment je suis un peu
la police du fun mais parce que je suis partisan aussi d'un nouvel humour parce qu'il y a des choses en fait qu'on normalise à travers l'humour donc oui je sais pas si en fait j'ai pas la réponse de est-ce qu'on peut rire de tout mais il y a des choses en fait qui blessent et en fait vu que bah t'es une personne de couleur tu vas enfin t'es pas une personne de couleur justement tu vas t'autoriser des choses c'est à dire bah on rigole tu sais très bien je suis pas raciste donc la conclusion c'est inventons un nouvel humour un nouveau sexe
un peu parce qu'il doit y avoir des gens qui ont des fantasmes racistes qui vont devoir décoder et réencoder quoi
Et apprendre à se déconstruire un petit peu, faire des petits pas, petits pas vers la déconstruction. Moi, je préfère, grave chaud, déconstruire me semble être… Du coup, tu vois, déconstruire, c'est-à-dire il y a quelque chose de construit que tu détaches pièce par pièce. Je trouve que c'est un langage anxiogène.
Je préfère réencoder. Ah, j'adore. C'est un langage de geek. Ouais, je suis un peu geek aussi sur les boards. On s'en tape, on dit ce qu'on veut. Mais c'est vrai que dans déconstruire, moi, j'entends pas assez la finalité
qui est en fait quand on dit aux gens déconstruit c'est plutôt genre déconstruit pour reconstruire un truc beaucoup plus kiffant pour toi et pour les autres tu vois voilà c'était un petit moment linguistique merci Lénine merci c'était top merci beaucoup t'es content ? ouais trop content
C'était top. Désolé, j'étais un peu timide sur le début. Merci. Super podcasteur. Merci.