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pardon ? c'est trop bien t'avais raison finalement ouais toutes les notes enfin ce qui sort sort et puis voilà ouais c'est génial et puis même comment je pourrais dire il y a un véritable échange qui est tellement agréable bah tant mieux ouais merci bah ouais je te remercie non c'est moi qui te remercie vraiment merci à toi on se lance dans notre partie 2 ? on peut
Mathieu, coucou. Il était beau ce premier épisode. Ah putain ! J'espère… En fait, moi je me sens super ému. Donc principalement, je passe pas mal d'énergie à me dire…
C'est quoi la bonne question d'après ? Et tout le reste à pleure pas, pleure pas. Parce que j'ai envie d'être fort avec toi. Non pas parce qu'on n'a pas le droit de pleurer, toi et moi, on a le droit. Mais je crois beaucoup que…
c'est un moment qui est pas aussi triste que ce que mon cerveau veut me dire parce que ton témoignage il vibre et je me mets à côté de la personne qui écoute et à qui ça fait beaucoup de bien et je me dis putain quel super témoignage c'est gentil ouais et puis en plus j'ai hâte que tu racontes la suite et ce chemin de reconstruction dans lequel tu es quoi
Moi je m'étais arrêté, tu te fais une triste promesse, tu te dis c'est trop dur, je vais jusqu'au bac et après je me suicide. Je me vois pas heureux, gay, homosexuel. Et sauf que ça s'arrête, cette promesse se casse. Oui.
Sur un coup de foudre, on est au CDI, à la bibliothèque. Exactement. Et le CDI, ça existe encore aujourd'hui ? Oui, ça existe encore. Toi qui es prof, t'as un CDI, Danton ? Oui, bien sûr. Un garçon plus âgé en prépa te regarde trois fois de suite ? Oui, un regard assez insistant. Qu'est-ce qu'il dit ? Des yeux bleus, mais incroyables, dans lesquels je me perds complètement.
Moi, je révise et je comprends pas ce qui m'arrive parce que c'est pas tant une attirance sexuelle, mais c'est vraiment, je le trouve beau. Chose que j'avais jamais vraiment ressenti pour un garçon. T'es en terminale ? Je suis en terminale, oui. Ah oui, vraiment, là, le bac, elle est arrivée, quoi. Vraiment, j'arrivais à la fin de ma promesse.
Et tu te préparais de plus en plus ? Oui. Plus en plus, ça faisait plusieurs années que je préparais. C'est cette scarification chaque jour. Je ne pourrais pas trop le quantifier parce que tu te doutes bien que quand tu restes 40 minutes dans la salle de bain pour te scarifier…
Les parents ne sont pas très contents parce que tu prends du temps dans la salle de bain. On était dans une famille de cinq en tout. J'ai deux sœurs. Donc, je ne pouvais pas le faire chaque soir non plus. Mais quand j'avais effectivement le temps, je le faisais. Donc, oui, j'arrivais à la fin. Indirectement, oui, je me sentais prêt.
J'ai en plus essayé de vivre pleinement cette année de terminale, avec tous les événements qui étaient autour. Et donc je révise au CDI pour avoir mon bac, parce que l'objectif était aussi de l'avoir, ou en tout cas de tout donner pour l'avoir. Et donc ces regards, bon. Et en fait, ça ne s'est pas arrêté là. Quand je suis revenu plusieurs fois de suite au CDI, et qu'il était là, il se mettait en face, sur une table toujours en face de moi, ou…
On se regardait, j'osais pas forcément aller vers lui, il osait pas non plus aller vers moi. Et en fait, je ressentais quelque chose dans la poitrine que j'avais jamais ressenti. Une accélération du rythme cardiaque, je me sentais chaud, les papillons dans le ventre. Et c'est vraiment cette image-là du coup de foudre que j'avais encore une fois jamais vécue pour un homme.
Et surtout, je n'envisageais pas pouvoir ressentir comme ça de l'amour pour un homme. J'avais associé l'homosexualité uniquement à un désir sexuel. Encore une fois, dans mon imaginaire, quelque chose de sale, qui est pas… Enfin oui, qui est sale et qui est péché. En plus, on verrait un garçon, quoi !
Et donc là, oui, sentiment amoureux qui est censé pour moi être positif. Et donc, je revis littéralement quand il me voit. Quand je monte au CDI, ça me donne encore plus envie de réviser parce que je sais que je vais peut-être le voir, tout ça. Et…
Ça monte un peu crescendo, c'est-à-dire qu'il me voyait réviser de la physique chimie, à un moment donné, il me propose un livre. Je vais pour chercher un livre dans les rayons, il se lève aussi, il me dit « Ah, je te vois que tu révises la physique chimie, je suis en prépa de physique chimie, je te conseille plutôt ce livre-là, il est plutôt pas mal. » Donc je lui explique que c'est pour le bac, il me fait « Non mais t'inquiète, il est plutôt bien pour ton niveau, pas de souci. »
et donc là je me dis waouh ok je viens de parler avec la personne c'était ouais quelque chose d'incroyable franchement et on parlait comme ça de temps à autre
La professeure documentaliste avait vu que je travaillais beaucoup, et notamment le mercredi après-midi. Même si les élèves n'ont pas cours le matin, on pouvait retourner au CDI, et c'était ouvert pour les élèves d'école préparatoire, justement. Où là, justement, le CDI est rempli d'élèves de ce niveau-là. Et la professeure documentaliste avait vu que je révisais beaucoup pour le bac, et elle m'avait dit, mais tu sais, je connais… Il y a un garçon qui est…
en école préparatoire, qui s'y connaît bien, qui pourrait peut-être t'aider, je peux lui demander, ça l'a mis à mon fils, et elle me le montre du doigt, et c'était lui. Ça m'a mis très mal à l'aise, je me suis dit mince, si jamais… Enfin je sais pas, moi ça m'a… À la fois j'étais en fait dans cette envie de constamment être avec lui, de ressentir ces émotions que je sentais, ce coup de foudre, et en même temps ça me…
C'était tellement fort, tellement violent. C'était une sorte de… J'étais pleinement vivant, c'est ça. J'avais plus l'habitude. Que ça me faisait peur, c'était très… C'était quelque chose que j'avais plus l'habitude, en fait. Et… Je me suis dit… Ah ouais, en fait, c'est ça, ressentir un sentiment amoureux. C'est beau. C'est pas moche du tout, en fait. Et…
Et en fait, si c'est réciproque, je peux peut-être être heureux. Il y a peut-être une suite. Et donc j'en ai parlé après avoir passé le bac. Je continue à aller au CDI pour le voir et pour parler un petit peu.
Parce que lui, il révisait pour ses concours de fin d'année. Et je prétextais de me préparer pour les études post-bac. Donc je continuais à réviser du post-bac alors que mon bac était fini. Tous les élèves de terminale, eux, ne venaient plus au lycée. Moi, je continuais à y aller. T'avais eu ton bac ? Et les résultats encore ? J'avais pas encore les résultats que je venais de désavoir, je ne sais plus honnêtement. Mais je continuais du coup.
et je me suis dit va falloir que je lui demande sauf que si je lui demande et que mes parents sont pas au courant ça va être horreur il faut que j'en parle à ma mère si je me fais des idées est-ce qu'il serait attiré par moi est-ce qu'il partage ce que je ressens et donc j'utilise toute cette force que j'avais accumulée durant plusieurs semaines pour le dire à ma mère et à mes soeurs
que je suis attiré par les garçons et que j'ai un coup de foudreau. Alors je l'ai dit à ma mère en premier et elle l'a très bien pris. J'ai eu beaucoup de chance sur mon coming out, que ce soit avec mes soeurs ou mes parents.
Et elle l'a très bien pris, elle m'a dit effectivement qu'elle faisait le… Elle a été très, malgré tout, très franche. Elle m'a dit qu'elle faisait un peu, qu'elle devait faire un deuil, un deuil de l'enfant qu'elle s'était imaginé. Parce que, surtout à l'époque où je lui ai dit, il y avait moins de famille, au moins parentale. Et donc elle me disait, je dois faire le deuil de ma… Potentiellement ma petite… Enfin, pardon, ma belle-fille, ma descendance, c'est ça ?
et elle s'était imaginé tout un chemin tracé pour moi, qu'elle devait donc faire ce deuil-là, mais qu'elle m'acceptait complètement et qu'elle voulait que je sois heureux. Quand je l'ai dit à mes sœurs, pareil, ça s'est très bien passé. Ma petite sœur, ma grande sœur, elle m'a dit, je m'en doute avec un mec, et honnêtement,
j'ai pas forcément bien pris le côté je m'en doutais parce que j'étais encore à batailler par rapport à cette gérilité que j'essayais de reconquérir et donc le fait qu'on me dise je m'en doutais ouais j'étais un petit peu je me disais mince c'est que j'ai pas fait correctement mon job indirectement
Et donc, quand je l'ai dit, finalement, tous les représentants féminins qui comptaient pour moi, ma mère et mes sœurs, je ne l'ai pas dit à mon père, j'ai demandé à ma mère qu'elle ne lui en parle pas, parce que mon père, c'était trop complexe pour lui, et puis vraiment, l'année de terminale avait été terriblement compliquée avec lui, avec beaucoup de violence. Je suis allé demander à cet élève s'il avait les mêmes sentiments pour moi.
Sur Messenger. Et il s'avère que absolument pas. C'était mon premier râteau. Et pourtant, effectivement, il y avait eu… Dans ma situation à moi, j'avais interprété beaucoup de signes. Tous ces regards, le fait qu'ils se mettent constamment assis devant moi. Mais vraiment, j'avais établi un
j'étais très scientifique, j'ai fait une formation scientifique, j'avais pris le bac S à l'époque, j'avais établi sur mon cahier de brouillon toutes les fois où il se mettait assis à côté de moi versus toutes les fois où il ne le fait pas, et c'était écrasant le nombre de fois où il se mettait assis à côté de moi, enfin devant moi je veux dire, sur la table d'à côté, et je changeais régulièrement de place en me disant ça se trouve il a peut-être une position fétiche, et non, les fois où il me parlait, parce que pareil, c'est lui qui avait commencé à me parler, à me conseiller ce livre alors qu'on se connaissait de nulle part, enfin…
et donc oui effectivement apparemment non bon je suis avec toi j'ai eu la même et je l'ai récemment recontacté oui parce qu'encore aujourd'hui j'ai du mal à croire
que je ne me suis qu'à inventer un film. Donc moi, ce n'était pas à la bibliothèque, mais c'était au collège. Et après, 20 ans ont passé, puis lui, il a sa vie et tout. Mais là, il m'a dit, je lui dis, mais tu te souviens ? Il me fait, je crois me souvenir que de mon côté, c'était que de l'amitié et toi, c'était plus. Il s'en souvenait et tout. Et encore aujourd'hui, je suis là.
Bon. Peut-être que c'est juste mon petit cœur qui n'accepte pas le… Mais ouais, ouais. En fait, c'est ouf quand le cerveau se met à chercher des signes. Mais oui. Putain, on en trouve partout, quoi. On en trouve partout et puis… Tu devais être tellement triste. Non. Ah ouais ? J'étais content. Parce que… En fait, il m'avait donné la force de le dire à ma mère et à mes sœurs. Il m'avait donné un futur. Alors oui, c'était pas le futur avec lui. Mais c'était un futur et c'était…
Je ne sais pas comment dire, il m'avait redonné l'énergie et surtout espoir. De me dire, ben non, en fait, il y a une suite après ce bac. Et voilà. Donc non, plutôt en vrai, j'ai plutôt été reconnaissant. Il y a une question que j'aurais dû te poser à l'épisode 1, sur tout ton processus au collège et au lycée.
40 minutes dans la salle de bain, dans une famille où ton mal-être est passé invisible. Oui. Parce que c'est une situation assez compliquée, notamment au lycée, où je m'engueulais beaucoup avec mon père. Un petit peu avec ma mère aussi, honnêtement. Moins fréquemment, mais un peu quand même.
Alors, parler de mes ressentis, forcément, on a toujours tendance à se trouver légitime, plus ou moins dans une dispute. Donc, je n'avais pas forcément l'impression d'être plus particulièrement chiant, mais je devais l'être. Parce que beaucoup de pression, beaucoup de stress, parce que j'allais mal. Donc, je pense que ça explique en partie le fait que j'étais en conflit avec mes parents. Être sur quoi ? Les conflits, c'était autour de quoi ? La violence avec ton père, c'était quoi ?
Mon père, j'apprenais à m'affirmer et je n'étais pas forcément d'accord avec lui sur beaucoup de choses. Et donc ça pouvait partir de pas grand chose et ça partait très vite après en engueulade. J'essaie un petit peu de réfléchir si j'ai un exemple qui vient. C'était sur cette question de la virilité, d'être le bonhomme ?
J'avais cette impression, en fait, qu'il savait, mais qu'il ne voulait pas me le dire. C'est-à-dire qu'il avait ce besoin de tout contrôler. Par exemple, c'est quelque chose qui me stressait énormément. Il me disait souvent, tu sais Mathieu, je peux facilement avoir l'entièreté de ton historique sur Internet et savoir exactement où tu vas et ce que tu fais, même si tu supprimes ton historique.
Et ils me disaient régulièrement ça. Et moi, j'allais au lycée, j'avais découvert les sites pornographiques gays. Ça me faisait énormément peur qu'ils me disent ça. J'avais l'impression qu'ils savaient, mais qu'ils ne voulaient pas me le dire et qu'ils me mettaient une sorte de pression. Et donc, j'avais constamment cette impression qu'ils me détestaient et qu'ils ne voulaient pas me le dire. Ils ne voulaient pas me dire que mon homosexualité était la raison pour laquelle ils me détestaient. Et donc, moi, je pense que de mon côté, j'étais très soi-défensive.
et quand on s'engueulait on partait à la fois assez loin verbalement on criait mais physiquement et puis lui il était plus grand que moi 1m90 plus barraqué que moi surtout à l'époque j'avais bien maigri
Et donc oui, c'est parti sous vos mains. C'est-à-dire qu'il n'était pas non plus à me taper, mais il était violent avec ses gestes. Sans le vouloir, je ne pense pas qu'il aurait voulu me faire du mal, mais très rapidement, il pouvait m'immobiliser contre un mur, me prendre par le cou, des trucs comme ça. Sans pour autant une volonté de me cogner, encore une fois, derrière. Mais il était très sanguin, et donc…
Oui, donc à la maison, il y avait ce climat-là. Et moi, totalement, il passe inaperçu parce que c'est dispute sur dispute. Je ne m'entends pas forcément bien non plus avec ma grande sœur parce que le soir, avec tout ce mal-être-là, le soir, je n'arrive pas à me coucher. Pour moi, le fait de rentrer, d'être tout seul dans mon lit, dans ma chambre, c'est être tout seul avec moi-même, avec mon mal-être. Et donc, moi, je ne veux pas ça. Donc, j'ai ce besoin de continuellement me relever, faire…
de retarder le plus l'heure du coucher. Et ma sœur, elle sait tout le contraire. Elle a besoin de sommeil. Elle se couchait très tôt et le moindre bruit la réveillait. Et donc, moi, je la réveillais sans le vouloir. Et donc, ça partait en dispute parce qu'elle était persuadée que je faisais ça pour cacher sa vie. Alors que pas du tout, je fuyais simplement le moment où j'allais être tout seul avec moi-même. Et donc, en fait, c'était dispute sur dispute dans le milieu familial où, bien sûr, extérieurement parlant, j'étais la personne
En tout cas, l'enfant qui posait problème, puisque je dérangeais ma grande sœur, je m'engueulais avec mes parents. Et donc, c'est passé totalement inaperçu et je me scarifiais uniquement une portion du bras, puisque je savais que je n'avais pas besoin d'étalonner les scarifications. Je ne voulais pas que ce soit visible, moi, de base. Donc, je le faisais sur environ un centimètre, toujours du même poignet. Et par-dessus, je mettais une grosse montre.
Donc je pouvais mettre le pansement dans le sens longitudinal, mettre la montre dessus et voilà, on ne le voyait pas. C'était ça en fait, effectivement, que je n'ai pas forcément précisé. Et donc j'avais cette montre constamment sur moi. Tu aimerais que ta famille entende cette partie, ton témoignage ? Parce qu'après là, on va glisser vers ta sexualité, j'imagine que bof. Mais sur cette partie-là, ils sont au courant ?
Non. Ma petite sœur a été mise au courant il n'y a pas longtemps que je me scarifiais. Ma petite sœur, j'ai une très forte relation avec elle à l'heure actuelle. On est très proches. Et ouais, elle a été assez mal quand je lui ai dit. Je lui ai dit, mais tu sais, ça va mieux maintenant, il n'y a pas de problème. Puis elle s'en est voulue, en fait, de ne pas avoir vu que j'allais mal.
Et donc à ce moment-là, j'ai compris qu'en fait, c'était plutôt destructeur de le dire. Qu'ils le sachent ou non, à l'heure actuelle, ça ne changera rien du tout. Ça va juste leur donner la culpabilité de ne pas l'avoir vu. Alors que moi, je le vis très bien avec ça, c'est une partie de moi. Et quand j'y repense, je n'ai pas envie de pleurer, je vais pas mal. Ça a été dur sur l'instant présent, mais maintenant, ça va mieux.
Et donc, je n'ai pas envie de donner, en fait, toute cette négativité, peut-être, à des personnes qui n'ont même pas conscience que j'allais aussi mal. Oui, ça ne fait pas de sens pour toi qu'ils le sachent. Non, je n'attends pas d'excuses. Ils ont fait du mieux qu'ils le pouvaient avec ce qu'ils avaient. De ce côté-là, je n'ai vraiment besoin de…
J'ai pas besoin qu'on revienne dessus, j'attends rien de ce côté-là. Je sais que j'ai des parents qui ont toujours fait du mieux qu'ils le pouvaient avec ce qu'ils avaient. Même mon père, avec ce côté violent. J'ai su après qu'il avait eu une enfance qui était pas très joyeuse non plus, donc pareil. On fait au mieux avec ce qu'on a. Et aujourd'hui, tes relations avec ta cette famille-là ?
Très très bien. Si je devais résumer, ma petite sœur donc très fusionnelle, ma grande sœur un peu moins parce qu'il y a un peu de distance qui s'est creusée et elle est très dans le passé par contre elle a beaucoup de mal à se détacher de son propre passé, chose que j'arrive à faire, à accepter ce qui s'est passé.
à ne pas continuellement ressasser. Ma mère, ça se passe très bien. J'ai une relation qui est très fusionnelle à l'heure actuelle avec ma mère. Et mon père, ce qui est particulier, c'est que du jour où j'ai quitté le foyer familial, notre relation s'est améliorée. Mais c'est vraiment le fait d'être resté dans le foyer familial, le fait d'être constamment l'un sur l'autre qui était, je pense, l'origine des problèmes. Et pas ma sexualité, puisqu'il a su que j'étais homosexuel et il l'a absolument pas mal pris.
Je n'ai jamais réussi à embrasser un autre garçon devant ma famille, mais en mode comme deux personnes qui s'aiment ou qui s'apprécient, ou non, mais qui s'aiment parce que s'embrasser… Donc je ne parle pas d'un énorme patin, la langue qui tourne huit fois, programme machine à laver intense, mais tu sais, tu es en famille avec ton frère, frère, sœur ou autre, neveu, nièce ou tante, et puis dans un geste d'affection, quoi.
je n'ai jamais réussi je n'ai jamais osé est-ce que toi tu te sentirais ? en fait j'ai connu du coup qu'un seul copain et c'est enfin je l'aime éperdument et donc oui complètement moi je suis content enfin je suis content
J'exprime mon amour, comme je le veux, dans ma famille. Et puis ma famille l'accepte complètement. Je n'ai pas une très grande famille. Et donc, dans les repas familiaux, finalement, dans la famille, il n'y a jamais eu de remarques déplacées. Tu te sens à ton aise, quoi. Maintenant, complètement. C'est pour ça qu'il y a une sacrée évolution, en fait. Entre mon ressenti au collège, au lycée, et à l'heure actuelle, à quel point je suis bien, en fait…
dans mon couple et dans ma manière d'exprimer mon homosexualité, d'exprimer qui je suis au fond de moi et que j'ai absolument plus à rougir de faire des activités qui pourraient être associées au genre opposé.
par exemple. Tu fais quoi comme activité associée au genre opposé ? Il n'y a pas longtemps, il y a eu la Gay Pride. J'ai fait des bracelets brésiliens aux couleurs de la Gay Pride, par exemple. Voilà, des choses… Et tellement disruptifs. Non, mais t'as vu ça ? Non, mais voilà, des trucs… Enfin, des choses comme ça. Je ne me pose plus de questions et je l'ai fait en salle des profs, devant les collègues. J'étais avec mes petits fils à faire les petits…
et puis je m'en foutais et certains collègues sont venus me dire ah tiens c'est sympa ce que tu fais ouais brasser les brésiliens tout ça pour la gay pride ah trop bien et ils sont où ? je vois pas ton poignet les brasser brésiliens parce que je reviens du collège alors je les mettais pas au collège par contre je les ai fait au collège en salle du professeur mais en tant que prof t'as pas le droit de porter un signe distinctif c'est compliqué là dans mon collège à l'heure actuelle non parce que là je risque trop en fait par rapport à ma posture d'enseignant
Et de manière générale, je pense pas que ce soit toléré par l'éducation nationale. On est des enseignants, on n'est pas des personnes avec une identité propre. On est l'enseignant. Et l'enseignant, par définition, n'a pas de genre, n'a pas d'orientation sexuelle. Enfin voilà, ce côté un petit peu… Sinon, il pourrait peut-être… Enfin je sais pas, je pense que ça peut poser problème dans les valeurs qu'on est censé porter.
on reviendra sur ça plus tard coup de foudre coming out dans le chemin entre finalement
Il y a un possible. C'est possible, c'est impossible. Mais c'est marrant parce qu'il y a un double sens. Être amoureux, c'est impossible. Moi, je veux le dire. C'est possible d'être amoureux, je vais y arriver. Je ne sais pas pourquoi ça me fait marrer. Et en 2020, on tombe amoureux. Enfin, pas toi et moi, mais toi et ton amoureux. Oui, c'est ça. Et le bac, on est en quelle année à peu près ?
2016. Pendant ces 4 ans, tu t'ouvres, tu deviens un homosexuel. Pas du tout. Qu'est-ce qui s'est passé ? Ma famille proche était au courant. Je rentre en licence. Là, je travaille beaucoup. J'ai ici et là quelques attirances visuelles envers des garçons. Des petits crushs, comme on pourrait dire. Ah, il est plutôt pas mal !
Un peu ce coup de foudre que j'ai eu au lycée, mais en moins fort. Mais pour autant, je n'ai jamais l'audace d'aller demander ou de faire des rencontres sur des applications parce que je vis encore chez mes parents et que mon père n'est pas encore en courant. Et puis, malgré tout, je vis dans une cité, donc ce n'est pas le meilleur endroit, je trouve, pour faire des rencontres. Enfin, j'avais essayé d'être a priori là pour faire des rencontres, pardon. Parce que tu te sentais en danger, tu disais si je ramène quelqu'un chez moi. Déjà, mon père n'était pas au courant.
je pensais qu'il était foncièrement homophobe et puis ça n'allait pas parce que j'étais dans une chambre avec un lit simple superposé tous des trucs j'aurais pas pu m'imaginer faire des premières fois dans ce type d'endroit t'avais pas ta propre chambre quand tu disais je pensais que mon père était homophobe dans notre pré-entretien tu l'as quand même cité en train de dire un truc super homophobe tu te souviens ou pas ?
Alors, je sais peut-être cette anecdote-là que je t'ai parlé quand tu voyais des garçons s'embrasser, c'est ça, à la télé, et qui disaient notamment « Ah, c'est bizarre, j'aime pas quand deux pédés s'embrassent », je crois, un truc comme ça qu'il avait dit. C'est quand même bizarre, sur le ton de l'humour. Mais… C'est compliqué à…
À accepter parce qu'on se dit mince. Je pense un petit peu derrière l'humour. Il était foncièrement homophobe. Tu es du le corps un chouïa. Et je pense qu'il y a peut-être peut-être que j'ai du le corps. Non mais je vais t'expliquer pourquoi je viens de chercher à cet endroit là. C'est parce que moi je ne suis pas psy et j'ai pas les compétences de savoir comment on se guérit de l'homophobie. Oui.
Mais j'aime bien nos deux chemins, là où toi… Point final, t'es heureux, aujourd'hui t'as une stabilité, un équilibre. Il n'y a pas à refaire le film, on s'en tape. Et je trouve ça très chouette que ton témoignage soit entendu et qu'en fait, il y a des façons non confrontationnelles de se réparer. Moi, je suis très confrontationnel. Et quand je dis à ma famille…
j'étais seul et j'ai vécu de l'homophobie et que eux vivent de la culpabilité, ben, un, c'est leur affaire. J'ai pas envie de les faire souffrir, mais je vais pas, moi, altérer mon histoire parce que toi, hétéro, qui n'as pas vu, tu vas vivre un moment, en effet, où tu vas te poser deux, trois questions sans pour autant les blâmer. Il y a plein de raisons pour lesquelles on peut ne pas avoir une souffrance. Deuxièmement, on a tous, on est tous porteurs et porteuses de souffrance, donc…
Peut-être que mon père était en train de se battre contre un diagnostic de cancer et moi, enfant, je ne comprenais pas ça. Il n'y a pas une question de vous êtes donc les coupables, etc. Mais je sais que dans mon processus de réparation, je confronte en essayant d'être assez doux, même si à mon avis, si ma famille pouvait s'exprimer, elle dirait « t'es mignon, t'es pas très doux ».
Je ne pense pas être agressif, mais de fait, tu vois, je trouve que c'est une bonne question à se poser, de se dire, mais c'est quoi mon rôle, ma responsabilité de parent, de frère, de sœur ? Et la personne peut aboutir à « je n'avais aucun rôle ».
Du coup, ne pas édulcorer la réalité de l'homophobie que j'ai vécue pour moi est essentielle, même si ça génère des conversations assez malaisantes. C'est pour moi une façon d'assainir le lien pour qu'après on puisse se regarder et qu'on puisse se dire on fait quoi de ce moment un peu gênant.
C'est plus à moi de le porter. C'est pas à moi d'effacer un peu ton homophobie. Quand tu as dit « Ah, il y a deux mecs qui s'embrassent, c'est génial », c'est ta responsabilité. Et du coup, je le remets au milieu de la table. C'est pas à moi de l'avaler.
Et de la gommer, et là, après je rebondis sur ton témoignage, si c'est une très bonne stratégie, si elle te correspond, il y a des moments aussi, je trouve, d'être l'adulte de la situation, le parent, être en capacité de parenter ses parents et un peu de les taper sur l'épaule en disant « ah là là ».
Il y a ce côté un peu comme ça. Vas-y, je te lâche parce que t'es tellement ailleurs dans ton chemin et puis j'ai tellement pas besoin de ça. Et puis passons à autre chose, tu vois. Et amener la paix, c'est aussi très chouette. Mais j'ai aussi envie de te faire entendre une autre part qui est, il est temps qu'on visibilise… On, pardon. Il est temps que je visibilise l'homophobie. Moi, j'ai une famille où il n'y a jamais eu d'insultes, de coups ou de propos homophobes.
moi tout est dans un non-dit et un silence et c'est lui que je visibilise parce que les gens me disent nous on n'est pas homophobe ouais t'es pas homophobe d'une certaine façon mais ce moment là ce silence là et mon silence qui a fait que je t'ai jamais raconté le harcèlement que j'ai vécu c'est quand même un peu notre affaire c'est quand même un peu notre culture familiale je souhaite qu'on en parle et qu'on mette le sujet sur la table j'ai l'air tellement en colère en fait je suis animé mais je suis plein d'amour
Je suis plein d'amour et j'ai envie, tu vois, d'être dans l'empathie. Les gens ne sont pas des robots et les gens ne cherchent pas à faire du mal et tout. Mais je suis animé, voilà. Je comprends parfaitement ton point de vue. Tu as choisi un autre chemin, toi. Et puis, d'autant plus là, pour l'anecdote, mon père n'était pas encore au cours que j'étais homosexuel.
Donc je n'allais pas pouvoir… Parce que défendre l'homosexualité alors que moi-même, je n'étais pas out, c'était finalement une peur aussi qu'ils comprennent que j'étais homosexuel. Si je défends l'homosexualité, c'est que peut-être je le suis. Parce que toi, tu pensais qu'aucune des femmes de ton foyer, mère et sœur, ne lui ont dit ? Non, ils sont vraiment tués jusqu'à ce que je lui dise.
Tu voulais te protéger de sa violence ? Oui, et de son rejet. J'avais déjà l'impression qu'il ne m'aimait pas spécialement, parce qu'on s'engueulait beaucoup, et c'était ma seule figure masculine. Parce que mon grand-père maternel est décédé très tôt, je ne l'ai jamais connu. Mon grand-père paternel, lui, donc son papa, je ne l'ai pas beaucoup connu non plus, puis il était très froid avec moi.
Donc, c'était la seule figure, mon paternal bien sûr, mais surtout masculine que j'avais. Et je ne voulais pas la perdre malgré tout. Tu te masturbais. Donc là, on est dans les années où tu es en licence, tu continues chez toi, il n'y a pas de relation. Je te rappelle, tu te masturbais avant. Oui, je masturbe avant, bien sûr. Et tu étais dans la détestation. J'étais saçon de moi-même au collège. Ça a changé en licence ? Oui, parce que j'ai compris que…
À un moment donné, non seulement le désir homosexuel n'est pas un problème, il n'y a rien de mal à ça, mais de manière générale, le désir sexuel n'est pas un problème. Et j'ai assimilé le fait que…
Je n'avais pas à rougir, à avoir honte de ce désir qui était un désir finalement comme un autre. J'ai essayé de déconstruire énormément ce désir sexuel. Me demander, ok, qu'est-ce qui pose problème dans ce désir ? Pourquoi ça gêne autant ? Est-ce qu'il n'y a pas aussi un rappel à ce que tu as vécu durant ton enfance ? Et finalement, j'ai tellement déconstruit ce plaisir et cette recherche de ce plaisir que je n'ai plus de problème à l'assouvir. Sans psychothérapie ?
Il faut dire que je me parlais beaucoup en étant gosse. Durant mon adolescence et même encore un peu maintenant, j'avais tendance souvent à me poser des questions sous la douche ou indirectement cette petite voix qui nous parle et qui pose des questions qu'on n'a pas envie d'entendre et on essaye de les répondre, on essaye de comprendre d'où ça vient, pourquoi ça gêne autant, pourquoi t'es passé par là, pourquoi t'as fait ça. Pour le coup, c'est en thérapie.
Tu te branlais sur un type de mec en particulier ? Libéré ? Elle ressemblait à quoi ta sexualité avec toi-même ? Que ce soit au collège, lycée et après, j'ai toujours été plutôt attiré par le stéréotype du mec dominant qu'on peut trouver un petit peu dans les cités finalement.
Donc là, je vais vraiment entrer dans les stéréotypes. Plutôt, ça me rappelle un petit peu un épisode que tu as sorti sur les dominants maghrébins ?
Ouais, la fétichisation, donc c'est Sam… J'étais un peu dedans, parce que finalement, dans la cité, c'était ça la représentation que j'avais de la virilité. Et donc, ouais, j'étais plutôt sur ce type-là de mec qui m'attirait sexuellement, ouais. Un côté très…
Très sport, comme on peut avoir dans les cités. Sportwear, jogging, Air Max. Oui, pourquoi pas. Plus ou moins de culpabilité ou plus du tout de culpabilité ?
moins de culpabilité et j'ai appris du coup aussi j'ai diversifié après au fur et à mesure mes envies parce que avoir un petit peu à changer de catégorie dans les sites pornographiques merci et donc non plus de culpabilité parce que je comprends que c'est que du sexe y'a rien de mal à ça surtout que là je suis derrière un écran j'oblige personne je faisais par contre très attention à quelque chose c'est sur l'âge des acteurs
Il y a des moments où il fallait vraiment que j'identifie clairement, visuellement, que l'acteur soit mature, qu'il est au-dessus de 20 ans, enfin voilà, à un certain âge. Tout ce qui, la catégorie twink ou à on, où ils font très jeune, ça provoquait chez moi totalement l'envie contraire, ça m'arrêtait tout de suite. Ça t'angoissait, ouais. J'avais l'impression que, oui, c'était trop enfantin pour moi, j'avais cette impression qu'on pouvait, qu'il ne pouvait pas être consentant et donc non.
ça te ramenait à toi les attouchements que tu racontais à l'épisode donc ça c'était une de tes limites il fallait vraiment que ça soit le côté viril le côté dominant comme ça je suis sûr qu'il était consentant de ce qu'il faisait dans ma représentation en tout cas et donc ce chemin faisant
Ça veut rien dire. Chemin faisant ? Bon. Tandis que… Non. C'est quoi la phrase que je cherche ? Bon, on est en 2020 et on tombe amoureux, quoi. Oui, c'est ça. Bah oui, parce que… La pouf, quoi. Hein ? On est en licence ? On va à la bibliothèque ? Pas tout à fait. Pas tout à fait. Cette fois-ci, pas la bibliothèque. Non. Presque. Presque ? Presque. J'étais pas loin de la bibliothèque, finalement. J'étais bien au niveau de la faculté. Ce qui s'est passé… Comme je disais, j'ai jamais fait de rencontre homosexuelle auparavant…
et j'avais un peu arrêté de chercher honnêtement ce côté du bah tiens le mec là m'attire dans l'amphi je savais très bien que ça allait aboutir sur rien donc j'étais vraiment plus du tout j'espérais plus quoi un petit peu comme au lycée remarque je fais un peu le parallèle à chaque fois c'est quand j'espère plus qu'il m'arrive quelque chose et je devais assister à une recherche d'une doctorante en tant que cobaye
Sur l'olfaction, je devais sentir des odeurs, pour faire simple, elle les évaluait. Et à la dernière séance, elle pouvait enfin me dire à quoi correspondait sa recherche. Donc j'en ai profité, j'ai posé plein de questions sur pourquoi elle devait sentir telle odeur, parce qu'on doit les faire entre guillemets à l'aveugle, on doit pas savoir pourquoi pour pas affluencer les résultats. Et donc elle a pris un peu de temps à m'expliquer, et donc elle a…
empiété sur le rendez-vous d'après, avec l'autre cobaye, qu'elle connaissait bien, qui était un de ses amis. Je suis sorti de là, moi, la tête, mais plein d'étoiles. Je savais pourquoi elle avait fait cette recherche. Je passe le long couloir du laboratoire de recherche. Sur quoi ça portait ? C'était un petit peu compliqué.
ça me dérange pas mais en gros en trois mots c'est pour connaître c'est pour évaluer l'hédonicité des voies rétro-nasales et orto-nasales en gros c'est comment est-ce qu'on comment le caractère plaisant ou déplaisant d'une odeur peut évoluer avec soit son intensité si elle est plutôt forte ou pas forte et si on utilise plutôt le nez
Ou plutôt, les papilles gustatives. Donc, respirer par le nez et expirer par la bouche. Le geek en moi a le cœur battant. Mais on s'éloigne trop du sujet de notre podcast. Pas de souci. On en parlera après. Tu sors. Je sors en retard. Et donc, le mec qui était censé passer après moi, lui, dans le couloir, il attend. Je le vois absolument pas. Mais vraiment, j'avais vraiment ma tête là-dedans. Et je traverse le long couloir.
Et lui par contre a bien vu, il m'a vu marcher au loin et il est allé voir la doctorante et il lui a demandé mon prénom. Elle a refusé au départ, puis après tout de suite elle lui a dit. Puis il lui a demandé mon nom de famille. Elle lui a dit non mais je peux pas quand même. Bon d'accord c'est ça. Et donc il m'a retrouvé sur Facebook parce que c'était mon prénom et mon nom de famille. Et il m'a envoyé un message.
Il disait quoi ce message ? Il est incroyable. Il me dit qu'il avait réussi à avoir mes coordonnées auprès de la doctorante, que je ne devais pas lui en vouloir. Et qu'il m'avait bien remarqué et qu'il aurait voulu savoir si j'étais une prouesse statistique qui réunissait à la fois la rousseur, parce que je suis roux, et l'homosexualité. Rires
J'étais sa prouesse statistique. J'ai répondu oui. Non. Je lui ai dit que j'étais absolument pas intéressé, que je trouvais ça très gentil, que je le trouvais très courageux. Mais que j'avais un concours à préparer. Je préparais le CAPES, je voulais devenir enseignant. Et donc j'avais absolument pas le temps de me lancer dans une relation amoureuse. Et il m'a répondu, ça tombe bien, moi aussi je prépare ce CAPES, je veux devenir aussi enseignant. Hum…
Et il m'a dit, mais tu ne démontes pas, est-ce que tu serais homosexuel ? Tu m'as dit que tu n'avais pas le temps, mais tu n'as pas dit que tu ne l'étais pas. Oui, je suis homosexuel, je suis désolé, mais du coup, j'ai mes études, il faut que je les termine.
J'ai projeté sur toi quelque chose qui me ressemble beaucoup et je l'ai même mis dans l'intro du podcast épisode 1 où je me suis dit, mais ça à mon avis, il ne va pas être d'accord, mais tu l'étais d'accord. Tu t'es beaucoup réfugié dans les études. Bien sûr. En fait, c'est presque même les études qui t'ont sauvé parce que tu disais, je tiens jusqu'au bac. Oui.
Et là, il y a cette ouverture, tu dis non, mais moi, je veux devenir prof, comme si un peu c'était l'échappatoire vers la vie d'adulte épanouie. Surtout que j'avais compris ce qui m'avait manqué. Et donc, il y avait aussi cette idée-là de devenir professeur. Et ça, on en reparlera, je pense, dans la troisième partie. Mais pourquoi je voulais devenir professeur des étés ? En plus du fait que la matière me plaisait énormément, mais voilà.
ce parti pris d'éducation à la sexualité dans le milieu scolaire et donc oui les études ont toujours été très présentes dans ma vie et m'ont permis d'avoir je pense des sortes de hier ce qu'on met au chevaux pour qu'il regarde bien droit et qu'il se détourne pas ailleurs, qu'il papillonne pas un côté un peu voilà, non tu restes focus sur ta tâche et ta avance à ce moment là quand tu refuses ces avances il te plaît pas physiquement ? je l'ai même pas vu dans le couloir
Et sur Facebook ? Il y a une photo de lui, on le voit très légèrement. Il n'a pas beaucoup de photos sur Facebook. Je ne peux pas vraiment dire qu'il me plaît ou pas. Je le vois en photo, sur une petite photo. Ce n'est pas le coup de foudre parce qu'il n'est pas dans l'image que j'avais de cet homme qui m'excitait sexuellement.
Il n'a pas non plus les yeux bleus que j'adore ou des traits comme ça qui sont très ciblés, qui pourraient peut-être me faire chavirer. Mais pour autant, il ne me déplait pas. On est sur un gros neutre. Et puis j'étais vraiment neutre. Pour le coup, c'est une simple photo. Je ne l'ai pas vue dans le couloir.
C'est par automatisme alors que tu dis j'ai un concours à préparer ? J'avais peur aussi je pense. De quoi tu prends soin quand tu dis non ? C'est le premier gay qui me parle et qui me trouve attirant.
C'est le contraire, là. Je suis pas habitué. Et ça me met dans une situation que je ne contrôle pas, que je ne maîtrise pas. Ouais, j'ai terriblement peur. Je me dis, mince, c'est dans ce sens-là, mais c'est pas censé être dans ce sens-là. Et donc… Puis encore une fois, j'avais les études, mon père était toujours pas au courant. Je vivais encore chez mes parents. C'était la fin d'année de licence 3, la troisième année de licence. Et donc, non, pour moi, c'est…
Alors, il voulait qu'on se voie. J'ai prétexté des excuses. Non, pas possible. Cette histoire, elle finit bien. Oui, cette histoire termine très bien. Je ne veux pas le truc. Parce que moi, déjà, tout à l'heure, dans la bibliothèque, j'ai cru que ça allait bien se finir. Je me suis fait avoir. Mais là, je veux dire aux personnes qui, comme moi, ont un cœur sensible, cette histoire finit bien. Oui, elle se termine bien. Est-ce que tu le fais mariner combien de temps ?
En fait, je pense deux semaines. Alors on parle, on parle beaucoup et ils parlent beaucoup. On se voit des gros messages, des gros pavés. Et j'apprends à le découvrir. Moi, inversement. Et au moment où je me sens prêt à le voir, peut-être, le confinement. Ah oui, 2020 !
Donc en fait, on ne va pas pouvoir se voir. Et donc, on discute pendant deux mois et demi par Messenger. Et surtout, on apprend qu'on a une passion commune, les jeux vidéo. Et donc, on joue tard le soir. De 21h à 1h, 2h du mat. Parfois, on s'arrête à minuit et on continue à discuter via Discord. 2h, 3h, on ne va pas le temps passer.
Et au départ, quand je voulais le voir avant le confinement, cette naissance, cette envie de le voir, c'était plutôt de la curiosité. Et là, en fait, ce qui commence à naître, c'est un amour, littéralement. Je commence à tomber amoureux de la personne, de ce que j'apprends à connaître sur lui, de ses réactions. À ce moment-là, tu l'avais vu ?
Toujours pas en vrai. Non. Attends, excuse-moi. J'ai vu en photo, il m'a envoyé… En vidéo, vous faisiez des visios ? Non, on s'est jamais fait de visio. C'est assez drôle, maintenant que tu le dis, on s'est jamais fait de visio. Par contre, petit à petit, au moment où on a commencé, j'ai commencé à tomber amoureux de lui, on a commencé, je voyais bien, à flirter un petit peu. Et donc là, on a commencé à s'envoyer des photos. Et donc, on a été dans un flirt de bien deux mois, où…
Ouais, on s'envoyait des photos, on avait un petit jeu, c'était… Il était assez consommateur, enfin, il allait souvent sur Instagram, et il voyait des publications de mecs un peu sexy, dans des positions un peu suggestives, pas très très habillés. Et il m'envoyait la photo, et il me disait « Est-ce que t'es capable de reproduire cette photo ? » Et donc, avec les moyens du bord, j'essayais de reproduire plus ou moins cette photo. Ce qui a été très compliqué. Parce que moi, mon rapport à mon corps, il est…
très compliqué parce que moi j'ai été en surpoids obèse même surpoids type 2 limite obésité j'ai maigri fortement au lycée et donc j'avais quand même des reliquats de ce surpoids la peau distendue au niveau du ventre et donc pas le ventre plat on voyait j'étais pas musclé enfin
et donc ce rapport à me dénuder à me prendre en photo c'était compliqué surtout que quand j'ai commencé à avoir des émotions pour lui des sentiments je voulais absolument pas le décevoir il y avait ce côté là de me dire mince si finalement il m'aimait pas si ce rêve s'arrêtait là ah
et puis je trouve que le moment où j'ai ce mec qui est forcément bien gaulé sur Instagram qui est dans un truc suggestif et que moi c'est mon corps mais oui complètement et tu l'as fait ? oui je l'ai fait alors je il a su après ça mais moi je mettais environ deux heures à prendre cette photo parce que
Il fallait que je trouve la bonne position, le bon éclairage. J'en prenais 50. J'allais en sélectionner qu'une seule. Ça ne me plaisait pas. Je recommençais. J'allais me recoiffer parce que la coiffure ne m'allait pas non plus. Et donc, en fait, il y a eu toute une réappropriation de mon corps à travers ces photos, je pense aussi. Et puis surtout…
en voyant ces photos qu'il m'envoyait j'ai pu comprendre son type de mec effectivement plutôt voilà plutôt dans le style twink c'est à dire des personnes pas très poilues et plutôt svelte au niveau du corps alors effectivement pas très très musclé mais pour autant pas en surpoids puis plutôt fin enfin ouais svelte c'est vraiment ça en bonne santé et que la peau et je me dis mince ça risque de poser problème je suis pas non plus totalement là dedans on voit que j'étais en surpoids que j'ai la peau du ventre qui point un peu et je me suis mis à faire du sport
un petit peu chez moi, puis en fait beaucoup, sur le tapis, essayer d'arranger un peu ce corps qui ne me plaisait pas parce que je voulais lui plaire. Donc je suis passé d'une personne qui avait un avis neutre pour cette personne, qui ne voulait pas forcément se mettre avec, à tout faire pour rentrer dans ses attentes en fait.
J'ai un ressenti très conflictuel en moi, là, quand tu dis ça. C'est-à-dire ? D'un côté, je me dis « cool », et de l'autre, je me dis « à quelle horreur ». En fait, c'est compliqué. C'est-à-dire que je pense qu'on peut le prendre de deux façons différentes. Oui, il y a un côté du « je me change physiquement pour l'autre ». Et pour correspondre à une norme Instagram, quoi. Oui, totalement, qui n'est pas du tout…
Mais les photos sont retouchées. Mais c'est ça. Enfin, il y a tout un côté… Mais en même temps, mon physique de base me déplaisait. Et donc…
J'étais conscient que je changeais pour lui, mais j'étais aussi conscient de me dire, en fait, je suis un peu… J'utilise aussi cette énergie-là pour changer pour moi. Faire des choses que je n'avais jamais eu le courage de le faire parce que je n'avais pas la motivation. Eh bien, je vais prendre mon copain, enfin, mon copain, non, mon crush, parce qu'à l'époque, on ne sortait pas encore ensemble. Je vais le prendre et utiliser cette motivation pour me faire ce que je n'arrive pas à faire tout seul, en fait.
donc je le vois plutôt sur ce prisme là pour moi c'est vraiment le verre à moitié plein ou à moitié vide et je crois me le voir à moitié plein pour le coup parce que c'était quelque chose que je voulais faire de base mais que j'avais jamais réussi à faire et j'ai réussi à le faire du coup à rechanger et mon corps me plaisait plus à la fin de ces deux mois où j'ai fait du sport où j'ai essayé de me mettre un petit peu
Parce que la peau distendue après une perte de poids, elle peut se retendre avec du sport ? C'est un peu retendu, mais avant d'avoir fait le sport, c'est un petit peu retendu, mais pas des masses. Et j'avais encore un peu de… Il faut savoir que lorsqu'on prend du poids, on a vraiment du tissu adipeux qui va se créer. Et ce tissu adipeux, il ne peut pas s'enlever. Il ne peut pas se supprimer. Les cellules, elles sont là. Elles peuvent juste se vider au niveau de leur graisse.
Et il y a du tissu qui peut être plus ou moins difficile à faire réduire en taille. La graisse qui va être stockée va être plus ou moins difficile à être éliminée par l'organisme. Et donc, moi, il me restait ça, si tu veux. Donc, ça provoquait un ventre un peu distendu. Et ça a fonctionné ? En fait, j'ai essayé de faire une sèche, ce qu'on appelle dans le jargon sportif, c'est-à-dire diminuer les abords glucidiques, augmenter… Pardon, j'ai bougé le micro, désolé !
augmenter le rapport protéique et puis en faisant du sport et oui ça a fonctionné ça a été éprouvant mais en fait j'ai totalement utilisé l'énergie qu'il me donnait cette envie de me dire waouh là par rapport à 4 ans en arrière c'est lui qui est venu me voir je sais que je lui plais lui me plais de plus en plus
le confinement va finir j'aurai plus cette cette espèce de protection où on se voit pas et à la fin du confinement je vais être parfaitement prêt un peu comme la métamorphose d'une chenille en papillon toi tu lui demandais des photos ? oui et lui il a été il a aucun
qu'un comment je pourrais dire il se pose beaucoup moins de questions de manière générale et donc il me les envoyait aucun problème quoi il était pas à se poser des questions à se dire ah non ça va être moche ça va être parce que pour autant il ne rentre pas forcément dans le standard de beauté qu'on attend enfin qu'on a en tout cas dans les qui sont véhiculés par Instagram c'est ça que je veux dire il a un physique qui lui va très bien et je le trouve très bien aussi mais voilà il est pas du tout et donc il se posait beaucoup moins de questions par rapport à moi qui étais là à me dire ah sur les photos je suis pas comme eux je suis pas
la suite à la troisième partie allez bien sûr je me dis qu'on va voir un petit peu ce qui va se passer quand on se verra pour la première fois sachant que ça se termine bien moi je veux que ça se termine bien non je rigole merci rendez-vous troisième et dernière partie avec plaisir pipi écoute ça va pour l'instant