Lire la transcription de cet épisode
Coucou, aujourd'hui on parle sodomie. Oui, maintenant je mets des applaudissements. Tu vas entendre mon interview par Xavier Hérault sur le podcast SexoSafe. J'y raconte tout ce que j'ai appris en 4 ans de recherche sur la sodomie avec mon podcast, les pièges et les injonctions à déconstruire et quelques anecdotes sur mon propre chemin d'épanouissement. Bonne écoute !
Nous accueillons maintenant Guillaume Bonnet, créateur du podcast Actif ou Passif, le podcast qui libère l'intime gay. Bonjour Guillaume. Bonjour. Alors Guillaume, es-tu d'accord pour dire que la sodomie, ça s'apprend ? Oui, complètement, et que c'est pas obligatoire. Mais que c'est forcément une question, quand t'es un homme gay ou queer, j'ai l'impression que t'es obligé de te la poser. C'est un peu la première entrée dans la sexualité entre hommes, c'est vite, malheureusement, peut-être ?
Qui pénètre qui ? Est-ce que j'ai envie d'être pénétré ? Est-ce que ça m'excite ? Moi j'ai grandi avec ça dans les pornos. J'ai trouvé assez rare de ne pas avoir des pornos où il y a de la sodomie. Enfin un porno sans sodomie. Et ça s'apprend complètement. Et justement le porno est un gros problème pour moi.
Parce que moi j'ai vu des choses se faire dans le porno, zéro éducation sexuelle, c'est-à-dire j'avais moi personne qui pouvait m'aiguiller, des médecins, des psyos, j'avais rien de tout ça. C'est pour ça que j'ai créé le podcast. Et du coup je reproduisais des bêtises. Moi le truc le plus simple qui m'a surpris quand j'ai commencé ma vie sexuelle, c'est quand t'essayes de t'emboîter avec quelqu'un,
En fait, il y a plusieurs minutes parfois où les corps ne s'emboîtent pas bien. Dans les films, tu as l'impression qu'ils sont parfaitement à la bonne hauteur. Donc moi, je m'attendais à, je ne sais pas, si on se met à quatre pattes, mais pas du tout bonne hauteur. Trouver le trou et tout. Donc, stress en disant, mais je suis nul. Si dans les films, ils arrivent à toute vitesse à le faire. C'est un petit exemple, ça, ouais.
Alors tu dis que tu as créé ton podcast justement pour un peu te former sur la question entre guillemets. Est-ce qu'en dehors de ton podcast, est-ce que maintenant tu as trouvé des ressources ou est-ce que tu peux dire où est-ce qu'on peut les trouver ? Est-ce que les ressources te semblent suffisantes aujourd'hui sur cette question-là ?
Alors moi, je vais faire la pub de mon podcast parce qu'honnêtement, je n'ai pas trouvé autre chose. Et même quand je démarche les professionnels, les médecins, les proctologues, les sexothérapeutes, et je leur demande des ressources, ils ont du mal à m'en fournir. Je pense que là, sinon, je dirais les médias communautaires sont super importants parce que souvent, il y a des dossiers, des reportages quand même là-dessus. Mais moi, le podcast, c'est vraiment ça. C'était aller trouver des médecins
J'aime bien les médecins gay-friendly, mais gay eux-mêmes, quelque part pratiquants. Parce que je trouve que souvent, j'ai trouvé, quand j'utilise Google, des contenus sur la sodomie notamment, clairement écrits par des médecins hétéros, en blouse, qui apparemment ne s'étaient jamais fait pénétrer. Parce que je lisais des choses où je me disais...
Toi, tu décris la chose, tu ne l'as pas vécue. Et donc d'avoir quelqu'un qui a une double casquette, à la fois j'ai pénétré ou j'ai été pénétré. Donc en fait, je sais adapter mon discours pour qu'il soit vraiment vivant et clair. Mais aussi, je suis médecin et donc j'ai un savoir. Je peux t'expliquer les enjeux de santé, de santé mentale aussi, les enjeux de tous les blocages. Je trouve ça vachement important.
Oui, finalement, on pourrait se dire, pour beaucoup en tout cas, même s'il y a toujours eu le porno, la sodomie s'est apprise un peu sur le tas avec d'autres partenaires, mais on a l'impression peut-être que ça ne fonctionne pas aussi bien que ça, qu'il n'y a pas vraiment de transmission d'un partenaire à l'autre ?
En fait, je pense qu'il y a deux enjeux. Le premier, ça va vraiment dépendre de ta sexualité. Si tu as la chance d'avoir de la sexualité et que tu le souhaites avec une même personne que tu vois plusieurs fois, petit à petit, tu vas peut-être pouvoir développer la communication explicite dont on a besoin pour s'apprendre. Donc des moments peut-être hors du sexe où on va se dire t'as aimé, t'as pas aimé, comment je peux faire mieux ? Qu'est-ce qu'on essaye pour petit à petit apprendre ensemble ?
mais si tu as une sexualité avec plusieurs partenaires que tu ne revois pas souvent, il n'y a pas cet espace d'apprentissage. Aujourd'hui, on parle beaucoup de personnes qui refusent un peu ce système-là, qui sont ce qu'on appelle les sides des gens. Est-ce que c'est quelque chose qui te semble bien ? Est-ce que pour toi, la sodomie, c'est toujours un passage obligé, malgré tout, dans un rapport sexuel ?
En dehors du cadre de la loi, qui me semble être plutôt bien foutu, il n'y a pas de bien ou de mal dans la sexualité. Ça, en 320 épisodes et 4 ans de recherche, c'est une certitude. Et je trouve ça super qu'on puisse élargir, sans jeu de mots, le sujet de la sexualité. C'est un énorme bouquin avec plein de chapitres. Et la sodomie, c'est super. Si t'aimes, tant mieux. Si t'as envie d'explorer, super. Mais c'est pas du tout obligatoire. Et je pense que c'est un automatisme lassant
En fait, les caresses, les massages, la fellation, le regard, des choses plus ou moins kinky, plus ou moins vanille, il y a plein de choses qu'on peut faire pour se faire kiffer. La sodomie en fait partie. Je pense qu'on est dans une culture, bien sûr, créée, faite pour et par les hétéros, pour qui la pénétration, c'est l'essence, à la fois, c'est la reproduction, donc c'est très intéressant quand t'es jeune de se demander comment ça se passe, cette affaire, c'est vrai que c'est absolument passionnant.
Et deuxièmement, là, les pornos hétéros, c'est énormément de pénétration. En tout cas, moi, j'ai grandi avec ça. Et donc, un peu bêtement, je crois que c'est le regard hétéro qui a aussi construit la sexualité gay qui fait que, pareil, tu vas faire de la sodomie. C'est comme une évidence. C'est pour ça que j'ai appelé le podcast « Actif ou passif » parce que le choix même de ces termes, cette idée que si tu pénètes, tu es donc actif, si tu es pénétré, tu es donc passif,
À nouveau, c'est des médecins hétéros qui ont inventé ces termes. Et c'est à nouveau ce regard hétéro sur le sexe. C'est forcément la pénétration. Justement, en anglais, par contre, on dit top ou bottom. C'est différent. Du coup, haut ou bas, il n'y a pas actif ou passif. Il n'y a pas cette notion-là. Vous allez l'exprimer différemment. Je trouve que oui. Je ne suis pas linguiste, mais top, ça a l'air quand même mieux que d'être au bottom. Quand tu es dans le bottom d'un classement, tu es en bas.
J'avoue qu'on parlait de ton podcast, justement, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ? Qu'est-ce qui t'a amené à le créer ? Parce que tu dis, il s'appelle Actif ou Passif, mais avant, il y avait un autre nom, il s'appelait Comment je suis devenu sexuellement épanoui. Est-ce que tu peux nous raconter un peu l'histoire de la création de ce podcast ?
Ouais, en fait, moi, j'étais complètement bloqué dans ma sexualité et j'avais, je pense, 32 ans. Et en fait, je me suis dit mais donc moi, je m'attendais à en devenant adulte, trouver tout un tas de clés. Donc le temps passait, je me suis dit mais je vais avoir 35 ans et j'ai l'impression d'avoir les mêmes blocages.
Depuis toujours, plein de peurs sur le sexe, plein d'angoisse. Et j'avais déjà un podcast et je me suis dit, je vais prendre mon micro et je vais aller demander à d'autres hommes, gays ou queers, comment eux y font. Et je suis sûr qu'il y a des solutions qui vont m'inspirer. Donc j'ai lancé comme ça.
Est-ce que ça t'a inspiré ? Oui. Franchement, ça a transformé ma vie. Moi, je dirais que les deux piliers, les deux clés, les deux trucs que j'ai découverts et que je continue à creuser avec passion, c'est un, la culture et les normes. En fait, en mettant en mots tout ce qui nous est imposé sans qu'on s'en rende compte, tous ces automatismes avec lesquels on se bâtit,
Donc, on a parlé de la norme de tu dois être pénétré ou pénétrant ou les deux, mais tu dois te positionner là-dessus. Masculin, féminin. En fait, tout un tas, tout un narratif parait sur l'amour. Le couple, le couple réussi, le couple monogame, tout un tas de...
de choses à creuser et plus tu les mets en mots et plus tu peux voir où tu as envie de te situer par rapport à tout ça, premièrement. Et deuxièmement, la puissance de la communication explicite, c'est-à-dire mettre des mots sur tes envies, tes désirs, tes peurs, tes blocages. C'est vraiment le début du chemin qui
transforme tout. Or, on est dans une société qui parle beaucoup de sexe, qui nous la montre sur les abribus, dans les pubs, il y a vraiment de la sexualité partout, et à la fois, on ne peut pas trop s'en parler. C'est dur, je trouve, d'avoir des espaces, en tout cas, moi, dans ma vie intime, avec des amis, il faut avoir les bons, c'est pas facile de trouver des espaces où on peut simplement dire, j'ai peur de ça, tu fais comment, toi, pour ça ? Et c'est ça, un peu, le podcast, c'est...
Entre nous, on se dit, mais toi aussi, t'as mal quand il se passe ça. Toi aussi, t'as cette peur-là. Et tu fais comment ? Grosso modo, pour toi, on manque d'espace en tant qu'homme gay pour parler de sexualité, tout simplement ? Moi, je manque. En fait, je trouve ça vachement dangereux de moi me mettre en mode, je suis un expert de la communauté gay, tous les hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes, je connais leurs besoins, j'en sais rien. En plus, moi, mon chemin de vie me biaise certainement. Moi, en tout cas, je trouve que je manque et je manquais
de l'espace que j'ai créé il s'avère aussi que j'ai l'impression que dans cette communauté dans être gay aujourd'hui peut se vivre de plein de façons différentes que t'habites en ville ou pas, que tu sois dans les associations ou pas, que tu aimes le monde de la nuit ou pas, que tu te sentes particulièrement gourmand sexuellement avec l'envie d'aller explorer plein de choses ou au contraire que t'aies envie d'être dans une forme de norme et d'invisibilité mais je trouve qu'en effet je vois même avec mes amis hétéros
qui sont assez curieux de mon podcast et de la communauté qu'on a créée avec les auditeurs, parce que justement, ils ont envie d'en parler. L'orgasme prostatique, tous mes épisodes sur l'orgasme prostatique, sur le plaisir anal, il y a plein d'hétéros qui les consomment et qui les utilisent comme petits guides et qui m'envoient des messages en mode génial, je prends mes infos de la source des experts !
J'ai écouté un de tes épisodes récemment encore où tu expliquais que plus que peut-être la question de la sodomie qui revenait dans la bouche des personnes que tu interroges, c'est vraiment la binarité actif ou passif qui revient tout le temps. Est-ce que tu peux nous en dire quelques mots ?
Je pense qu'on est dans un monde profondément misogyne, donc on a vraiment une détestation de tout ce qui peut être considéré comme femme efféminée. Donc si tu es un homme qui se fait pénétrer, c'est un gros problème. Je parle de culture, de normes, et c'est notamment quand tu regardes les lois anti-gay, il y a à peu près entre 60 et 70 pays qui criminalisent aujourd'hui les personnes LGBT.
Dans les lois qui ciblent les hommes, c'est souvent l'homme qui est pénétré qui va après au tribunal être considéré comme le coupable. Tandis que l'homme qui a pénétré passe entre les mailles du filet. Je pense que la focale actif-passif, elle vient de là. C'est-à-dire, le regard hétéro, l'homme hétéro veut savoir qui fait la femme et qui est celui qui est un peu honteux. C'est vraiment cet enjeu de la honte sociale. Et c'est d'ailleurs...
Aussi pour ça qu'on a du mal à s'en parler, parce qu'aujourd'hui, dire « bah oui », d'ailleurs que tu sois gay ou hétéro, si t'es un homme, de dire « bah ouais, moi j'apprécie être pénétré, j'ai envie qu'on joue avec ma prostate », en fait, ça engage tout un... Il y a tout un courant, un contre-courant contre toi, de la norme qui te dit « c'est un peu la honte, c'est sale, c'est mal ». Moi, je suis sur les réseaux sociaux pour faire la pub du podcast,
Et les commentaires pour me dire que je suis une mauvaise personne, que je suis sale parce que je dis ouvertement en montrant mon visage que oui, je me fais pénétrer. Non, mais j'en reçois tous les jours, quoi !
Justement, dans l'un de tes épisodes, tu expliques aussi que pour être épanoui, en tout cas toi, pour être épanoui, il t'a fallu déconstruire les catégories actifs ou passifs. Comment est-ce qu'on peut déconstruire ça ? Comment est-ce qu'on peut déconstruire cette binarité, justement ? Alors moi, je n'ai pas tout à fait réussi. Si je suis honnête, c'est encore un sujet qui occupe vachement mon désir dans le sens qu'il le structure. Je sais que...
Dans un rapport sexuel, je pense que c'est vachement lié à mon stress de performance. En fait, si je sais ce que tu aimes, dans le détail, au-delà de la sodomie, mais si je sais où tu te situes par rapport à ce actif-passif, moi, ça me rassure parce que ça va m'aider à me situer moi. Et d'ailleurs, actif-passif, ce n'est pas qu'un problème pour plein de personnes. C'est justement une façon d'exprimer ses désirs, de leur dire « moi, je préfère ci ou je préfère ça ».
En revanche, non, ce qu'il faut arriver à déconstruire, c'est je suis sale lorsque je me fais pénétrer pour pouvoir décider si j'ai envie de me faire pénétrer ou pas. Moi, je pense que c'est ça, vraiment, ma joie derrière le podcast, c'est j'en ai rien à faire de ce que les gens font dans leur lit ou ailleurs de leur lit, d'ailleurs, et qu'ils aiment ou pas la pénétration. Mais j'aimerais qu'on soit tous et toutes, mais bon, tous, parce que moi, je m'adresse aux hommes gays ou queers. J'aimerais qu'on soit tous libres de choisir.
Donc, on fait fi des normes et de la culture qui nous dit qu'on est sale et qu'on est une mauvaise personne si on se fait sodomiser. Et du coup, on peut aller explorer pour décider si c'est pour nous ou pas. Est-ce que d'après les retours que tu as de tes auditeurs et auditrices, est-ce que justement le fait d'en parler, est-ce que les gens qui ont témoigné, les gens qui écoutent, ça leur fait du bien, tout simplement ? Oui, parce qu'en fait, il y a une diversité sur le podcast de témoignages, une granularité des différences de désirs. En fait, il n'y a pas une personne qui se ressemble.
Ce actif, passif, versatile et toutes les autres étiquettes sont à la fois un glossaire aidant pour un peu naviguer ta sexualité. Et à la fois, ça écrase toutes les nuances. Et donc, moi, sur mon podcast, j'ai fait le choix d'épisodes longs où il n'y a pas de montage. Donc, la parole a vraiment le temps de se déplier, de se déployer. Et donc, les gens abordent tout un tas de nuances, de désirs, d'envies.
Et montre bien que le désir, ça évolue avec le temps, avec la période. Donc parfois, je suis plus ceci, j'aime plus ceci, j'aime moins cela, etc. Et d'ailleurs, là, j'ai fait un lapsus et j'ai dit je suis plus. Et non, en fait, je trouve que c'est dommage.
C'est un avis, mais je ne suis pas passif ou je ne suis pas actif. Ce n'est pas quelque chose qui est, selon moi, une identité. J'aime plus ça en ce moment. Je ne suis pas fraise, je ne suis pas banane. J'aime les fraises, parfois ou pas. Parfois, c'est de saison, parfois, ça ne l'est pas. Est-ce que tu trouves que finalement, dans la communauté ou dans les communautés, on est un peu trop obsédé sur cette question de la sodomie ?
Non, déjà, je ne sais pas ce que c'est la communauté. Moi, je sais qu'on est ultra curieux et on a envie d'avoir une sexualité. Enfin, on est nombreux à avoir envie d'avoir une sexualité et du coup, à se dire qu'est-ce que j'aime, qu'est-ce que je n'aime pas, à essayer de se découvrir. Et je pense qu'on a accès à très peu de contenu, d'où la création de mon podcast et à...
Et en fait, c'est super compliqué dans notre intime à soi tout seul d'arriver à s'explorer, à comprendre. Mais tiens, est-ce que c'est normal que j'ai mal ou pas ? Est-ce que je devrais faire ci ou ça ? Je pense qu'on n'est pas obsédé, on est inquiet et curieux. Et qu'en fait, si on avait accès à des informations diverses et variées, si tout le monde parlait entre adultes consentants, dans les bons cercles qui nous mettent à l'aise, mais si on pouvait plus librement parler de « Ah tiens, tu fais comment toi pour ci, pour ça, en termes de sexualité ? »
Je pense qu'il y aurait moins d'obsession. En revanche, je dirais qu'en effet, pour des personnes qui ont envie d'avoir une sexualité, mais qui n'est pas pénétrative, donc qui disent « moi, je ne suis pas intéressé par la sodomie », oui, moi, j'entends parler de gens qui tentent de rencontrer des partenaires et dès lors qu'ils disent « moi, ça te va si on s'amuse autrement que dans la sodomie », moi, j'entends des gens qui disent « je n'ai pas de sexualité parce que, hors de la sodomie, les gens me disent qu'ils ne savent pas quoi faire ».
Et c'est dommage ? Il y a un autre aspect, au-delà de la binarité, qui est celui de la performance. Tu as un épisode très intéressant sur le porno, récemment. Comment est-ce qu'on dépasse ça ? Est-ce que, dans les personnes que tu as interrogées, certains arrivent à dépasser ça ?
Moi, ça, c'est un gros sujet dans ma vie et dans ma sexualité. En général, la performance, j'ai des soucis, je me fous tout le temps la pression. Oui, alors en fait, dans le podcast, à la fois les témoignages et les thérapeutes te disent qu'on revient à la communication explicite. Moi, dès lors que je dis ça me stresse, là, je me fous la pression.
Une fois que je le dis à mon partenaire, on peut créer quelque chose ensemble. Soit il me rejette, et dans ces cas-là, à mon avis, j'ai mal choisi mon partenaire. Soit, la plupart du temps, les gens sont là « Ah mais oui, mais moi pareil, attends, t'inquiète. » Et on va créer ensemble, on va nouer un lien qui va nous permettre d'être à l'aise et d'être soi. Pour moi, l'enjeu de la performance, c'est « je dois correspondre à une image »
qui est dans la tête de la personne. Souvent, je ne connais pas cette image et je dois y correspondre pour qu'elle soit satisfaite, cette personne. Et donc, le fait de mettre des mots va, un, me faire comprendre que, un, normalement, je corresponds à cette image. Enfin, genre, la personne, elle est contente de se connecter avec moi. Et deux, elle va peut-être me donner des clés pour m'assurer que tout se passe bien pour elle et que je prenne mon pied et qu'elle aussi. Donc, pour moi...
La performance, c'est un peu comme les vampires, ça déteste la lumière. Pour finir, tu me disais, c'est valable pour tous les créateurs de contenu qui, à un moment donné, en tout cas sur les questions gays, ont fait du contenu sur le lavement. Ils m'ont dit, c'est notre épisode ou c'est mon contenu le plus populaire. C'est le cas pour toi aussi. Comment est-ce que tu expliques ça ?
Alors, ça n'est plus mon contenu le plus populaire parce que j'ai une vidéo qui est devenue virale sur est-ce que je suis censé sentir quand quelqu'un m'éjacule à l'intérieur ? Est-ce que je suis censé sentir quelque chose ou pas ? Et alors là, débat !
Alors, très, très intéressant, qui raconte, je trouve, vachement, justement, cette culture du silence autour du sexe. Parce que quand on ouvre des fenêtres ou des portes où les gens peuvent s'exprimer, mais ils sont passionnés, ils disent « Mais si, moi je sens, mais non, moi je sens pas, etc. » Mais...
Pareil, le lavement, tu as raison, ça reste mon numéro 2, mon épisode le plus écouté. Et c'est pareil, c'est parce qu'on n'en parle pas du tout ou pas assez. Pour deux raisons, c'est lié à la sexualité anale. Et sous-entendu, si tu t'intéresses au lavement, c'est donc que tu peux être passif. Donc on a dit avant que pour ta cote de popularité, ce n'était pas génial. Deuxièmement, ça touche à la saleté.
Au caca, mettons les mots. Et donc ça, s'il y a vraiment un sujet dont on n'a pas forcément envie de parler en public, c'est celui-là. Donc on n'est pas nombreux à le traiter. Et la troisième chose, c'est que moi, ça fait trois ans que je recherche des proctologues qui sont capables de me citer des études. C'est-à-dire, ils sont des experts, mais en termes de lavement, sur la fréquence, sur comment ne pas se faire mal. Moi, j'aimerais bien qu'on base nos informations sur des études.
Et j'ai trouvé un proctologue qui se spécialise, et c'est d'ailleurs mon proctologue de tout le podcast, sur tous les épisodes, parce qu'il se spécialise sur la santé anale. Il est lui-même gay, la santé sexuelle anale. Et il me dit, mais il n'y a pas d'études.
Donc en fait, on peut essayer de donner des bons usages. Mais ce que je veux dire, c'est que même dans le milieu médical, on est au balbutiement d'études sur la santé sexuelle anale, sur comment bien faire les choses. Donc c'est normal que ce soit des épisodes vachement suivis parce qu'on a peu ou pas d'informations.
Et est-ce que tes auditeurs ont aussi conscience, du coup, que la sodomie, c'est aussi une question de santé, tout court ? Parce qu'on parle de proctologue, justement, il y a cet aspect-là qui n'est pas très abordé, en fait, c'est un truc de sexualité, mais on ne se rend pas compte que c'est une région en particulière dont on prend soin comme on prend soin du reste, quoi.
Moi, ce que j'entends des auditeurs, c'est un, j'ai énormément d'auditeurs qui n'habitent pas en ville. Et donc, selon là où tu habites dans le monde, avoir un rendez-vous avec un proctologue, c'est le parcours du combattant. C'est une des premières raisons. Moi, c'est mon premier message. Je ne suis pas médecin, je ne suis pas thérapeute, je ne suis pas coach. Donc, quand on me pose des questions médicales, je dis, va chez ton médecin traitant ou va consulter un proctologue. Donc, c'est très dur d'y accéder.
Et deuxièmement, on n'a vraiment pas envie. Mais si tu es de la team hémorroïde, quand même à un moment donné, tu n'auras pas le choix pour essayer de comprendre ce qui se passe et comment tu vas prendre soin. Non, c'est sûr. Écoute, merci beaucoup. Avec plaisir.
A bientôt !