On est 2 actifs en couple depuis 20 ans – Ary et Aurélien 1/3

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Partie 1 sur 3 – Aurélien et Ary racontent les débuts de leur histoire d’amour, marquée par un coup de foudre inattendu dans un chalet de ski et une première nuit pleine de tendresse. On découvre comment Ary abandonne ses études en Australie par amour, comment Aurélien quitte l’armée pour vivre son homosexualité, et comment leur sexualité s’est construite hors des normes, entre fellations passionnées et absence presque totale de sodomie. Ils racontent avec humour leurs débuts maladroits dans le bureau du père, leurs premières fois sans scripts, et les blocages liés à l’homophobie intériorisée.

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On se lance ? Yalla. Vous êtes prêts ? Ouais. Bon, je vous lis ma petite intro. Aurélien, Harry, bienvenue chez moi. Vous allez nous raconter l'histoire de votre couple et de votre amour qui dure depuis 20 ans. On va parler de votre coup de foudre, du chemin pour définir votre vision du couple, les hauts, les bas, et pourquoi, après trois ans, l'un de vous a voulu rompre. On va parler de l'ouverture de votre couple. En fait, je sens que vous vous regardez, que vous vous souriez. On va parler de l'ouverture de votre couple et le chemin pour trouver la bonne formule. Au début, c'est couple ouvert, mais que pour l'un d'entre vous, l'autre attend 10 ans pour aller voir ailleurs. Et juste avant votre mariage, ce plan à trois avec un Québécois qui change tout. On va aussi parler du temps qui passe. Comment vous faites couple alors que chacun évolue depuis 20 ans ? Sexuellement aussi, le défi du sexe à deux alors que vous êtes tous les deux plutôt actifs. On va parler des efforts que vous faites l'un pour l'autre, d'Anulingus, de Cruising et de Club Libertin. Vous êtes très indisciplinés parce que je sens que vous avez des réactions. Est-ce que vous avez des réactions ? Sourire, c'est rigolo d'écouter une intro nous concernant, donc ça nous fait gentiment sourire. Moi, j'ai envie qu'on commence par la rencontre, le coup de foudre. Qui se lance ? Je commence ? Vas-y. Alors, Harry est un ami de mon frère. La première fois que je rencontre Harry, c'était à la campagne. C'était à l'anniversaire de ton frère ? À l'anniversaire de mon frère, pour ses 20 ans. Et j'étais, je pense, dans un état un peu bourré, je crois, la première fois qu'il m'a rencontré. Donc, j'avais pas vraiment regardé Harry, mais je savais que c'était un ami gay qui arrivait. Donc, à l'époque, moi, j'étais pas outé. Bon, il peut dire qu'il était torché, torse nu, sur une table, en train de chanter je sais pas quoi. Ok, on est où, géographiquement ? On est vers Chartres. dans la maison de campagne de mes parents on faisait souvent des fêtes on faisait encore des fêtes régulièrement là-bas et donc c'est la première fois que je rencontre Harry mais je l'ai vu sans le voir c'était vraiment sans le voir et la deuxième fois c'était au Nouvel An Il faut préciser qu'Aurel n'était pas assumé. Moi, j'étais carrément assumé. Ça faisait longtemps que j'avais fait mon coming out. Mais par contre, Aurel, pas du tout. Et personne ne savait qu'il était gay. On l'appelait l'ours de la famille parce qu'il était dans l'armée. Il se faisait passer pour un homophobe. Enfin, il était vraiment refoulé à tonf. Un petit peu cliché, mais… C'est un peu cliché, mais c'était ça. C'est vrai ou pas, Aurélien ? C'est partiellement vrai. Je pense pas que j'étais homophobe dans le sens où j'avais pas de propos qui étaient forcément homophobes, mais j'étais quand même un peu alarmé. Mon frère avait annoncé qu'il était homosexuel aussi, donc il faut s'y remettre dans le contexte. Donc tu t'inquiétais de toi aussi ? Mon frère venait d'annoncer qu'il était homosexuel, six mois avant. Donc moi je me suis dit « Merde, comment je vais l'annoncer ? » Même si je savais qu'au fond, dans la famille, j'allais être accepté sans problème. Mais c'était toujours « Mince, il faut que l'acceptation de son homosexualité et de voir l'annoncer alors que ton frère vient de le faire. » Oui, toi tu le savais dans ton cœur. Oui, je savais que j'étais gay, mais… J'attendais le moment pour le dire. Je pense que j'attendais d'être avec quelqu'un pour le dire. Ce qui s'est, je pense, passé. Je peux me permettre de dire un truc. C'était il y a 20 ans. Et il y a 20 ans, je pense que c'est complètement différent de nos jours. De nos jours, faire un coming out, alors ça reste toujours compliqué. Mais c'était encore plus compliqué, j'imagine, il y a 20 ans, parce qu'on n'avait pas de repères. Je me souviens que quand j'avais 17 ans, il n'y avait que la cage aux folles à la télé ou ce genre de… Comment dire ? D'images, en fait, sur l'homosexualité. Il n'y avait pas Dawson ? Il y avait Dawson's Creek. Alors, c'est lui qui m'a aidé. C'est vraiment cette série-là. Je ne sais pas si c'est pour les anciens… Je parle comme un yeux pour ceux qui ont 40 ans à peu près. Dawson's Creek, c'était une série où ça parlait d'une histoire de jeunesse. En fait, un gars de la campagne qui fait pas mal de rencontres. Il y avait un personnage qui faisait son coming out. Et là, j'avais trouvé ça incroyable parce que je me suis complètement identifié à ce mec. Et je me suis dit, waouh, c'est mon histoire. Il faut que je fasse pareil, quoi. Et… Et voilà, ce n'était pas évident il y a 20 ans. Donc je remets un peu le contexte. Non, bien sûr. Et du coup, toi, tu vois Aurélien torse nu danser en criant sur la table. Et tu te dis quoi, toi, Harry ? Alors, c'est ça qui est rigolo. C'est que je ne suis pas du tout attiré par Aurélien à la base. Ceux qui me connaissent savent que je suis attiré par d'autres types de mecs. Et même le côté un peu bourrin, même le côté un peu hétéro. Je ne suis pas forcément très attiré par le côté un peu hétéro. Et c'est pour ça qu'on va arriver au coup de foudre, c'est que le coup de foudre nous a complètement pris par surprise. Pour moi, Harry, c'est la première fois que quelqu'un d'extérieur… est un gay assumé qui rentre dans notre cercle familial. Enfin, dans le sens où Harry vient, c'est un ami qui vient et qui est gay. De ton frère ? De mon frère. Alors, mon frère vient, on sait qu'il est homosexuel, qu'il avait son copain à l'époque, mais Harry vient et c'est une personne différente. Et en plus, Damien, mon frère, nous le présente en temps. Ah, il est assumé dans sa famille, tout se passe très bien. Bon. C'était pas vraiment la vérité. Harry vient, entend l'homosexuel, tout se passe bien pour lui. Je rencontre Harry comme ça la première fois et Et alors le truc, c'est que je pense qu'on va en parler un peu plus tard. Moi, j'aime bien découvrir, explorer. Je suis un peu aventurier, on va dire. Même dans le couple, ça va se mettre en place. Et du coup, j'avais décelé quelque chose comme un petit potentiel chez Aurélien. Et donc, j'ai commencé à m'amuser avec lui. Mais à m'amuser comme si je charriais quelqu'un qui dit, ah bah tiens, j'avais un pain dans la bouche. J'ai dit, bah tiens, prends-le. Et puis, je voyais qu'il me le prenait. Tu vois ce que je veux dire ? Le petit jeu où on se prend le pain par la bouche. Et là, je me dis, tiens, il y a peut-être quelque chose. C'était pas un bain, c'était un bonbon. Surtout qu'un bonbon, c'est beaucoup plus petit. Vous vous êtes embrassé, en fait. Pas vraiment, non. C'était un gros bonbon. Un crocodile. Attends, mais si tu me prends un crocodile de la bouche, on s'embrasse. Pas de la bouche, tu sais, tu le mets au bout des lèvres et puis moi, je te le prends de l'autre bout des lèvres. Toi, Harry, à ce moment-là, c'est parce que tu te joues de ce militaire hétéro, c'est ça ? Tu viens le gratter, le chercher ? Je viens vérifier un petit peu jusqu'où il est capable et j'aime bien m'amuser comme ça. Tu taquines parce que tu as senti qu'il y avait moyen ? J'ai senti qu'on pouvait s'amuser et après, je n'ai pas forcément senti qu'on allait tomber amoureux quelques mois plus tard. Quelques mois plus tard, on part tous en vacances et puis… Attends, du coup, à la soirée, toi, tu as vomi, Aurélien ? je n'ai pas de souvenir d'avoir vomi mais c'est pas impossible c'est pas impossible non non mais je crois que c'était l'autre soirée parce que la première fois qu'on s'est vu c'était à l'université d'Amiens donc on avait pas je pense que j'ai pas vraiment discuté plus que ça après on a fait le nouvel an donc là par contre on a été en mode fest et alors là par contre on embrasse tout le monde c'est pas impossible que j'ai dû à un échange de bonbons avec Harry à ce moment là et à ce moment là je pense qu'on se sent bien enfin on se marre bien il y a un petit groupe d'amis qu'on se fait avec mon frère et des amis. Donc on se dit, tiens, Yari nous propose de partir au ski chez sa grand-mère. Donc en février, on part au ski pour… Vous habitez à peu près dans le même coin à ce moment-là ? Ouais. Ouais. on est au centre de la France alors non à Paris alors Novi est vraiment étroitement lié parce qu'on était au même quartier dans le même collège on habitait dans le même quartier et donc c'était rigolo parce qu'Aurel a une promotion supplémentaire avant il a un an de plus et puis moi j'ai la promotion en dessous et il nous semblait nous avoir déjà vu mais bon c'est vague c'est juste qu'on était lié on a un appartement, alors ma grand-mère a un appartement dans les Alpes et il se trouve que sa famille aussi a un appartement dans le même immeuble Donc on s'est même vu pendant nos vacances d'hiver, sans vraiment se connaître. C'est marrant. C'est assez fou. On était un peu liés. Du coup, c'est qui le premier d'entre vous qui a senti qu'il y avait quelque chose ? Comment ce coup de foudre ? Quand Harry propose de partir au ski, moi je m'incruste. Clairement dans… j'ai dit ah bah je vais venir avec vous je leur laisse pas vraiment le choix et quand on est au ski donc c'est un petit studio enfin c'est deux pièces qui sont au ski et il y a plein de lits ensemble et c'est pas qui dort avec ou on dort et je crois que j'ai dit moi je dors avec Harry voilà et toi t'en penses quoi Harry ? Moi, je trouvais ça drôle. Je me suis dit, vas-y, on va s'amuser avec Aurel. On va s'amuser. Mais là, tu me disais que tu n'étais pas trop attiré physiquement ou par le bagout hétéro. Ce qui m'attire, c'est l'amusement. C'est le fait de le taquiner, essayer de gratter un petit peu jusqu'où il est capable. Ça, ça m'attire. Je pense qu'on parlera un petit peu de la sexualité dans notre couple. Je ne suis pas forcément attiré par des pratiques ou par une certaine sexualité, mais ce qui va m'attirer, c'est la découverte. Et du coup, ça, ça m'excite. ok voilà donc le coup de foot c'est pendant les vacances ouais la dernière nuit ouais je sais quoi 2-3 nuits toi t'es pas assez longtemps et la dernière nuit donc il s'est rien passé c'est juste on s'amuse on se taquine je lui fais des petits câlins dans le coin de l'oreille histoire de dire à toi voilà je le taquine un peu dans le lit non non non dans le lit on dormait convenablement correctement c'est ça et le dernier soir je décide d'attaquer un peu plus c'est à dire que je lui fais un gros câlin et on dort bras dessus bras dessous Mais alors là, c'est la nuit la pluie. Et ensuite, j'ai fait des papouilles et puis je m'approchais. En fait, on ne s'est même pas embrassé, je crois. On s'est embrassé ? On commençait à s'embrasser dans le lit. Petit à petit, ça s'est fait vraiment tout doucement. Et le lendemain, je pense que c'est là où on a senti le coup de foudre. On ne voulait plus se lâcher. Du jour au lendemain, on a pris une douche et après, il est parti. Je ne voulais plus que le revoir tout le temps, rester tout le temps avec lui. On était comme deux pots de colle au début. Ça veut dire quoi, on a pris une douche ? Le lendemain matin, on a pris une douche ensemble. Je crois qu'on n'avait pas fait du sexe. Vous vous voyez nu la première fois sous la douche ? Oui. Mais là, on est dans le lit, on ne se touche pas. Là, c'était vraiment… C'est la première fois que je touche un corps d'un homme. C'est la première fois que j'embrasse un autre homme. C'est une explosion. Cette nuit-là, je n'ai pas dormi de la nuit. Pour moi, j'étais… Qu'est-ce qui se passait pour toi ? Quand j'embrasse Harry la première fois, je me suis dit que c'est ça que je veux. C'est ça que j'attends. C'est… Je sais pas, une bombe. Ton cerveau, il explose. Et après aussi, il faut remettre dans le contexte, c'est qu'on dort tous les deux et il y a mon frère et son copain qui sont… À notre tête de lit. Ils dorment juste à côté de nous. Dans la même chambre. On est à 10 centimètres de mon frère. C'est vraiment le truc. On n'était pas encore à un stade aussi mature dans notre sexualité pour se lancer dans du sexe qui buisait devant son frère. Parce qu'aujourd'hui, ça pourrait être ok. Ça ne serait pas choquant de notre part. sachant que votre frère regarde, ton frère regarde il regarde s'il veut son copain a bien regardé et je pense que son copain avait très envie de lui faire quelque chose ok un peu frustré son copain je crois Oui, donc pour toi, cette première fois, parce qu'à ce moment-là, il y a un coming out aussi qui vient avec cette première fois. Absolument. À ce moment-là, mon frère me voit, enfin, il voit qu'il se passe quelque chose dans le lit d'à côté. Et surtout, au coming out, il y a son frère aussi qui est dans l'autre chambre aussi d'à côté. Donc, on passe tous les deux pour aller dans la salle de bain ensemble où il y a son frère et sa meilleure amie qui nous voient. Arriver, sortir. De la salle de bain. De la salle de bain. Et toi, dans ta tête, donc toi, arrive, t'es out, donc ça n'est pas engageant, particulièrement. Mais toi, pour toi, Aurélien ? Là, devant mon frère et son copain et son frère et Nanou, ça ne me pose aucun problème. Avant, ce n'était pas ça le problème. Là, j'étais vraiment en mode, j'ai embrassé un mec, il a l'air génial, j'ai trop envie de lui. Et à ce moment-là, ça fait combien d'années que tu te sens gay ? Ah bah j'ai toujours su que j'étais gay, j'avais pas de débat sur ma sexualité, j'ai toujours su dès la naissance que j'étais gay. Il y a un lien entre savoir que t'es gay et pas vraiment le vivre et choisir l'armée ? L'armée, ça a toujours été un choix depuis que j'ai 10 ans. J'ai toujours voulu être à l'armée. C'est quelque chose qui m'attirait. Peut-être que depuis 10 ans, tu te sens gay et que du coup, tu as envie de… Il y a un lien quand même ? Peut-être. Tu ne le vois pas. En tout cas, quand j'ai 10 ans, je ne me rends pas compte que j'étais gay. Mais je sais que j'ai toujours aimé ce côté… Moi, j'ai une famille très cool. Par contre, il y a un petit lien sur pourquoi tu as arrêté l'armée et sur le fait d'avoir été complètement assumé gay. Ah oui, bien sûr. Mais là, ma question, c'était d'avoir choisi l'armée. Toi, tu ne vois pas de lien direct. Non, je ne voyais pas de lien. Tu étais fasciné par cette institution. Oui, c'est ça. C'était plutôt quelque chose qui était… Et juste, fin de ta phrase, le rapport avec ta famille très cool ? En fait, j'ai une famille très libre, très cool, pas du tout autoritaire. Donc peut-être que l'armée m'a porté un cadre un peu plus structurant que ma famille. J'adore comment ma famille m'a élevé, mais c'est juste que c'est… Peut-être que je cherchais une autorité que je n'avais pas dans la famille. Ok. Et du coup, tu quittes l'armée parce que c'est impossible d'être ouvertement gay ? Alors, je pense pas que ça soit… Il n'y a pas que ça. Je pense que ça a joué… Bon, déjà, ce que je faisais, j'étais informaticien à l'armée. Le métier que je faisais n'était pas forcément le plus passionnant que j'avais. Et je pense que mon homosexualité fait aussi que je me suis dit « Tiens, je vais rester dans une institution qui n'est pas ouvertement LGBT-friendly, quoi. » Ok. Voilà. Même si là où j'étais, je savais qu'il y avait des gays là où je travaillais. Mais personne ne le disait, quoi. Ok. Pendant que tu m'enlèves ces pièces de monnaie qui sont dans ta poche et qui font cliquetis à chaque fois que tu tapes la cuisse, c'est en train de me rendre fou. Tu les entends ? Tu ne l'entends pas, toi ? Maintenant, oui. Peut-être que Harry, tu peux nous raconter, si tu es d'accord Aurélien, d'avoir enlevé ces pièces de monnaie. J'ai enlevé toutes les pièces de monnaie. Harry… toi du coup on a pris une douche et tu veux plus le quitter j'ai du mal à comprendre tu me racontes un truc du genre ouais il m'attire pas et en fait il y a un coup de foot ça me tourne dessus puis je veux plus le quitter ouais Honnêtement, j'ai du mal à comprendre aussi. Quand on se remet à ce souvenir de cette histoire, ça a été vraiment un coup de foudre. Souvent, on imagine à la télé ou je sais pas où, on voit des coups de foudre, on se dit mais c'est pas possible, ça n'existe pas. Honnêtement, moi-même, je suis le premier surpris. C'est-à-dire, je suis passé de quelqu'un, tiens, on va rigoler un petit peu, à quelqu'un où je suis ultra, ultra amoureux. On voulait plus quitter. Ça a duré des années où on était vraiment dans une passion. Du jour au lendemain, ça a été passionné. Surtout que, ce qu'il ne dit pas, c'est que quand on sort ensemble, Harry partait, quittait la France. Il allait quitter la France au mois de… Quelques mois plus tard. On est en février. Au mois d'août, Harry doit quitter la France parce qu'il part faire ses études en Australie. Donc on savait déjà, déjà dès le début, il y avait déjà une deadline qui faisait que de toute façon, ce qu'on allait vivre, au pire, c'était juste jusqu'au mois d'août, quoi. Donc il y avait quand même cette… Dès le début, il y avait quand même un petit… L'échéance. Une échéance. Oui, c'est ça. Donc j'ai l'impression, est-ce que c'est ça qui a fait qu'on l'a vécu à fond ? Oui, je comprends. On l'a vécu à fond. Et ensuite, quand on s'est séparés à l'aéroport, ça a été un déchirement. Pour moi… On a pleuré, mais comme pas possible, on ne voulait vraiment pas se quitter. Oral m'a fait une surprise quelques semaines plus tard. Il a dit, allez, fous la merde, je prends les billets et puis je vais rejoindre Harry. Il nous a rejoints. Le fait de m'avoir rejoint, ça m'a remis encore plus dans la passion. Et du coup, j'ai laissé tomber cette année… Cette année scolaire en Australie finalement je suis rentré en France pour Aurélien. Non c'est pas vrai. Et en plus j'ai laissé Damien son frère qui était avec nous et aussi d'autres amis qui étaient avec nous qui se sont engagés à rester une année en Australie parce que j'avais un petit peu embarqué les gens. Et bien finalement je leur ai dit bon bah je vais vous laisser je dois rentrer en France parce que ma vie c'est avec Aurélien quoi. Ah ouais ? J'ai un pouvoir comme ça de faire revenir les gens. C'est intéressant. Tu n'as pas envie de découvrir l'Australie ? Ah si, j'avais grave envie. Et je pense qu'il y a un truc comme moi. On en parle un peu. J'avais toujours cette envie de vivre une expérience à l'étranger. Et du coup, j'ai un peu retransmis cette volonté auprès d'Aurel. Et il m'a dit « Ok, alors pas l'Australie parce que lui, il n'est pas fort en anglais. » Il est devenu infirmier entre temps. Il m'a dit, ben voilà, on avait choisi le Canada. Et c'est pour ça qu'on est parti au Canada. C'est parce que j'ai eu toujours cette frustration en moi de ne pas avoir vécu cette espèce de rêve de jeunesse de vivre à l'étranger. T'es rentré combien de mois avant la fin de ton année en Australie ? Beaucoup de mois. Je crois que c'est dix mois avant. Au lieu de douze mois, je suis rentré deux mois après. Et toi, comment tu… J'arrive pas. J'arrive pas. J'arrive pas. J'arrive pas. J'arrive pas. T'arrives pas à comprendre le coup de foudre, c'est ça ? Non, mais attendez, je ne juge pas. C'est-à-dire, je comprends complètement. En fait, j'ai envie d'aller dans tes chaussures. Et je n'y arrive pas. C'est-à-dire ? moi je me suis projeté j'ai fait un projet je veux découvrir l'Australie pendant 12 mois ça vient me chercher à des endroits je sais pas de toi qui aime l'aventure et tout je comprends pas pourquoi on a envie de se revoir on va peut-être faire des allers-retours j'entends mais pour 10 mois tu dis stop et je rentre en France mais c'est une aventure la mort ouais merci déjà c'est une aventure exactement parce que c'est vraiment les émotions qui sont plus fortes que tout et je pense que c'est vraiment je peux dire que l'expérience passionnelle je l'ai vécu Quand on vit une passion et que ça nous prend comme ça par surprise et on se dit c'est ça et t'es prêt à quitter d'autres projets pour aller sur ce projet-là qui te prend à cœur le plus. C'est vraiment ça. C'était passionné, passionnel. Tu arrives en France, tu reviens en France. Tu avais mis ta vie sur pause parce que t'étais censé être en Australie. Pendant qu'Aurélien travaille… Je me souviens qu'on avait cherché à habiter ensemble, je crois. En fait, tu reprends tes études. Je reprends mes études. Tu as transféré là où tu devais faire tes études en Australie. Je me souviens, je devais attendre jusqu'à février pour reprendre un semestre. Et après, on a essayé de vivre ensemble. On a vécu chez tes parents, il me semble. Un an, je pense. Un an chez les parents. Mon petit lit simple. Mais bon, ça se faisait. Je trouve ça trop intéressant. Comme s'il me manquait des bouts de code. informatique dans ma tête pour peut-être tu vois ce que je veux dire après on avait 22 21 ans donc il y a aussi je pense qu'à 21 ans on est un peu fou on se posait pas ce genre de questions que maintenant on relativise peut-être beaucoup plus de choses que après on a fait par exemple quand on est parti au Canada on s'est dit allez hop on va au Canada donc je pense que nos vies on l'apprend comme ça on se dit voilà on a une idée qui mûrit mûrit et puis à un moment donné on prend la décision et on dit let's go c'est un peu comme ça qu'on vit après le coup de foudre on a pas vraiment tu contrôles pas quoi franchement c'était quelque chose parce que quand Harry moi c'est la première fois que je tombe amoureux première fois que je sors avec un mec enfin par exemple je sors avec tout le cours avec quelqu'un ça te met une claque quand même ah oui c'est vrai qu'on a 20 ans faut que je me mette dans le bon contexte voilà et surtout mes parents au début donc moi j'avais pas fait mon coming out donc Harry vient à la maison Mais c'est l'ami de mon frère. Mais pourquoi Harry vient à la maison alors qu'il n'y a pas Damien, qui est mon frère ? C'était un peu… C'était un peu… Donc tu as fait ton coming out à tes parents. Alors, ce n'est pas moi qui l'ai fait. C'est mon frère qui a fait mon coming out à ma place. Ce qui était une très bonne chose. Quand j'en parle aux gens, ils me disent « Comment ça ? Tu n'as pas fait ton coming out ? » Mais mon frère a fait mon coming out à ma place. Mais ça s'est plutôt très bien passé. Je savais que j'avais la difficulté de le dire. Je ne sais pas pourquoi. J'ai eu du mal à dire à mes parents que j'étais gay. Et pourtant, je savais pertinemment que ça allait être un non-sujet. Mais bon, c'était… Tu avais une crainte ? Oui, je ne sais pas. Peut-être le dire, c'était le vivre totalement ? C'était l'officialiser ? Oui, mais je savais que je voulais le vivre totalement. Je sentais que l'amour que j'avais pour Harry et le… Je savais que j'étais gay. Être avec Harry, c'était… Une évidence. Une évidence, c'est bon maintenant. Et sexuellement ? C'était première fois avec Harry. Tu te souviens de ses premiers pas sexuels ? C'était comment ? Pour vous, sexuellement ? Au début, c'était quand même compliqué de trouver un lieu. Parce qu'au début, on ne pouvait pas aller chez Harry parce qu'on ne voulait pas que je vienne. Enfin, je schématise un peu, mais c'était un peu ça. Parce qu'ils n'étaient pas à l'aise ? Ouais, pas à l'aise du tout. Avec l'homosexualité ? Ouais. Et chez moi, je n'étais pas outé. C'était difficile de pouvoir amener Harry. Il fallait que je trouve des moments, des créneaux où mes parents n'étaient pas chez eux. Enfin, mes frères et soeurs n'étaient pas chez eux. Parce que nous, on est cinq enfants. Moi, je suis l'aîné. Notre frère qui est gay, il est juste en dessous de moi. On a 15 mois d'écart. Et après, j'ai trois autres frères et sœurs. Donc, il fallait, si on voulait… Vous avez fait comment, du coup ? En fait, je prenais les clés du bureau de mon père et on allait dormir dans son bureau pour les premières nuits. Je me rappelle, on faisait comme ça. Je piquais les clés de mon père pour aller dans son bureau. Et c'était comment, alors ? Tu te souviens ? Pour moi, c'était fou. Donc, ça se passe bien. Tu pourrais avoir des difficultés à avoir des érections, tu pourrais éjaculer trop vite, tu pourrais avoir peur de ne pas savoir faire. Non, je ne sais pas, j'étais dans la découverte. Franchement, je n'ai pas trop de souvenirs. Donc, c'est des souvenirs positifs. Je pense qu'on découvrait ensemble. On était ensemble dans une découverte de « tiens, j'aime plutôt comme ci, comme ça ». On communique beaucoup. Dès le début, finalement, depuis toujours, on a beaucoup, beaucoup communiqué. Donc, voilà, toi, t'aimerais comme ci, je te suis comment, toi, tu me suis comme ça. Tiens, la sodomie, on s'est très vite rendu compte que la sodomie, on était un peu plus actif que passif. Mais on faisait avec, on essayait d'être versatile. Je me souviens qu'on allait aussi dans des lieux complètement insolites, vu qu'on ne pouvait pas forcément faire l'amour où on voulait. Je me souviens, sur le bord de route, dans une forêt, ce genre de choses. On ne le fait plus du tout aujourd'hui, mais c'est rigolo de se dire qu'on a déjà fait comme ça l'amour dans des lieux insolites. Donc directement, vous en parlez beaucoup de sexe. On parle beaucoup de tout. Vous parlez beaucoup de tout, beaucoup de sexe, de sexualité, de nos histoires, nos expériences respectives. Pour moi, c'était très rapide, mes expériences… Ça veut dire quoi, c'était très rapide ? J'en avais pas avant. Ah oui, bien sûr. Et ça, ça vous vient d'où ? Parce qu'en fait, moi, j'échange avec beaucoup d'auditeurs qui me disent qu'ils ont du mal à parler de sexualité dans leur couple ou du mal. En tout cas, ça ne se fait pas. Certains en souffrent, d'autres pas. Pourquoi est-ce que vous avez l'impression qu'à la base, ça s'est construit comme ça ? Je ne sais pas, parce que c'est vrai que ce qui était dedans, je me rappellerai la première conversation qu'on a eue Donc, post-ski, je pars en mission, je pars 15 jours, je reviens, on tombe amoureux tout de suite, franchement, et pendant 15 jours, on ne se voit pas. Mais moi, je sens que je suis amoureux d'Harry. Je crois que je lui ai même dit je t'aime, alors que quand j'étais au Burkina Faso, je lui envoie, je crois que je t'aime. Je pense qu'Harry, il ne m'a pas répondu. Mais quand on se voit, après, on est au parc André Strohen, pour ceux qui connaissent, dans le 15e, et on discute. Et là, on parle tout de suite de fidélité, de ce que c'est que le couple, comment tu envisages, qu'est-ce que t'aimes, tout ça. Vous êtes d'accord sur les bases ? On est d'accord sur nos valeurs, sur nos désirs. Après, les bases du couple, on découvre, on va dire. On a 20 ans. C'est la première fois qu'on est en couple. C'est ça. On se dit, moi, je sais que ça ne m'empêchera pas d'être attiré par d'autres mecs, certainement. Toi, Harry, directement, tu sens ça. Oui, parce qu'on a très vite dissocié l'amour, les sentiments et le sexe. On en parle tout de suite, c'est la première conversation qu'on a, je me rappelle tout à fait cette conversation. Alors c'est rigolo parce que ce concept là il évolue, parce que maintenant je trouve qu'on a un petit peu évolué, mais à la base on dit ceci, le sexe qui est pour nous un amusement, donc souvent quand on dit on va voir ailleurs, on dit je m'amuse, je m'amuse avec un autre garçon, et en fait les sentiments qui sont vraiment, là par contre on est amoureux et… Je ne dis pas qu'on va éviter, mais en tout cas, on ne tombe pas amoureux d'autres personnes. On peut faire du sexe, mais pas de l'amour. Au début, c'était un peu ça la règle. Je me rappelle, c'était « qu'est-ce que pour toi la fidélité ? » En fait, c'était un non-sens, une non-question. Pour moi, c'est « qu'est-ce que la fidélité ? » Quand j'entends les gens « t'es infidèle », non, ça dépend des codes qu'on met dans notre parcours. Et donc là, tout est défini. Et plus tard, on a su ce que c'était l'infidélité ? pour nous l'infidélité c'est le mensonge quand on ment à l'autre personne alors pourtant dans d'autres couples c'est certainement pas ça l'infidélité puisqu'il y a certainement des couples où ils mentent et ils sont très bien comme ça et puis voilà ça continue nous pour nous c'est ça la base de l'infidélité pour nous même par omission ? Ah bah non, pas par omission, mais c'est plutôt rare d'aller voir ailleurs, de s'amuser et d'oublier de dire que je me suis amusé. En général, au contraire, ça va nous exciter. On en reparlera peut-être, mais c'est vrai que le fait que lui ou moi, on aille voir ailleurs, ça nous aimousti en fait. Clairement, ça nous a upgradé nos… Notre sexualité. Ok, on va en parler après de votre sexualité présente, mais j'ai envie de creuser un peu plus sur la sexualité derrière ce coup de foudre. Est-ce que, moi je me demande si la passion est tout de suite équivaut à de la compatibilité sexuelle immédiate ? Est-ce que vous vous souvenez si… C'était une évidence tout de suite ? Ça s'est emboîté entre vous ? Ou bien si ça a été un apprentissage ? On faisait ça toutes les cinq minutes. En tout cas, on nous rappelle qu'on faisait ça tout le temps. Parce que souvent, vu qu'on était partis en Australie avec mon frère et des amis, vous disparaissiez quand même assez régulièrement. Je pense que quand même… ça s'emboîtait c'était fusionnel c'était simple fluide je me souviens que ton odeur c'était fou alors qu'aujourd'hui il pue ah non non Mais ouais, c'était fusionnel, vraiment. Et alors, en même temps, c'était aussi un apprentissage puisqu'on apprenait à se découvrir, lui à découvrir aussi sa sexualité. Et c'était super parce que vu qu'on parlait de tout et on était super open, par exemple, on était très nature dès le début. Aurèle, dès le début, il pète, il rote. Je connais des couples, ils ne rotent pas devant l'un ou l'autre. Nous, c'était nature dès le début. J'avais pas envie de mentir. C'était fluide. Vous avez dit qu'on est plutôt actifs, les deux. Il y a énormément… Je vois pas mal d'auditeurs ou de gens sur les réseaux sociaux qui disent que si on est incompatibles en termes de pénétration sodomie… c'est mort. Et je trouve ça intéressant du coup. Tu dis que c'était fusionnel, on s'emboîtait, mais non. Il y avait quand même toujours quelqu'un qui passait à la casserole et qui était pénétré. La pénétration, c'était assez rare quand même. Nous, on est plus fellation, caresse. Naturellement ou parce que vous êtes plus actifs tous les deux ? Naturellement. Je pense que ça nous a plus plu quand même. Oui. En tout cas, au début, c'était ça. C'était vraiment… Et beaucoup de personnes, notamment dans la communauté gay, ne comprennent pas ça, que notre sexualité, elle n'est pas forcément basée sur la sodomie. La sodomie, c'est un plus. Attends, c'est qui la communauté gay ? Parce que là, t'imagines que… Non, t'inquiète, je t'écoute d'Afrique du Sud. Du coup, je ne sais pas ce que ça veut dire. Ouais, t'as raison. C'est quand tu sors à Paris dans les bars et que tu racontes tes histoires. On en parle aux gens autour de nous, quoi. c'est nos amis c'est quand j'ai la communauté c'est toutes les personnes gays queers qui nous parlent qui vous entourent une vingtaine de personnes tu dirais ouais même plus même plus en fait nous on a travaillé à l'époque je travaillais un petit peu dans le monde gay dans le clubbing son frère pareil aussi il travaillait il y a un truc avec le frère il y a un truc avec le frère c'est grâce à lui les personnages qu'on cite plus de 15 fois ouais il y a toujours un truc avec le frère il va être heureux de savoir qu'on parle de lui ok Il y a un truc avec le frère, parce que là, je parlais de la communauté gay. Lui, il est très actif dans le milieu gay, puisqu'il était directeur d'une boîte de nuit. Il continue d'organiser des soirées, donc il est plutôt connu dans la communauté gay parisienne. Et alors, il n'y a personne qui comprenait que pour vous, la sodomie, ce n'est pas central ? Eh ben, très peu. Il y a 20 ans ou encore aujourd'hui ? Aujourd'hui, on nous pose moins la question. Je pense qu'aujourd'hui, on admet qu'il n'y a pas une sexualité gay. Il y en a une tonne, mais de toute façon, chaque sexualité est individuelle en fonction de chaque individu. Et c'est vrai que quand t'es gay, t'es actif ou passif ? C'est le titre. C'est pour ça qu'Aurélien déteste le nouveau nom du podcast. Moi, je déteste pas. Moi, je trouve ça rigolo parce que justement, la question, j'ai pas envie d'y répondre en fait. Alors, on y répond. Tu vois, tu disais t'es plus actif. Ok, j'ai envie de dire si je préfère pénétrer ou être pénétré. Oui, je préférerais certainement. Je suis plus à l'aise en tout cas en pénétrant, je veux dire. mais si je dois choisir. Mais au final, la question ne se posait pas beaucoup, puisqu'on ne pratique pas beaucoup la sodomie. Et on est complètement satisfaits à ne pas pratiquer autant la sodomie. On se posait la question justement à force de nous dire, on y a réfléchi beaucoup, mais est-ce qu'on est vraiment épanoui sexuellement de ne pas le pratiquer ? C'est quand même des questions qu'on se les posait. Est-ce que tu crois qu'on devrait peut-être plus le faire ? Donc, on le faisait. De temps en temps, on était passif, parce qu'on avait envie à un moment donné. Je sais qu'au début, c'était un peu, ah, c'est ton anniversaire, bon allez, je vais faire le passif aujourd'hui. C'était un peu ça à nos débuts. Mais voilà, on a essayé de… En tout cas, ça nous a fait poser des questions sur notre société. Bien sûr. Parce qu'on nous renvoyait. Aujourd'hui, c'est rigolo parce qu'aujourd'hui, après 20 ans, on a envie même de plus en plus à être passif. Et on essaie d'apprendre à rechercher un petit peu l'orgasme prostatique, à se doiter, à utiliser des objets. Et ça, c'est un peu récent. Ça fait 2-3 ans qu'on commence à… À explorer ce truc. Et selon toi, Ari, tu te souviens d'un déclic ou qu'est-ce qui se modifie dans ton rapport à la sexualité pour que tu ailles plus dans cette direction ? Ouais, c'est une bonne question. Moi, je pense qu'un déclic, je dirais pas un déclic, je dirais une évolution de sexualité qui fait que j'ai envie d'explorer un peu plus loin. On a fait un peu le tour de « je suis très à l'aise en tant que pénétrant, je suis à l'aise dans telle ou telle pratique ». Là, maintenant, je me dis « tiens, je vois qu'il y a beaucoup de mecs qui kiffent en étant pénétrés ». C'est marrant parce que ça me met la puce à l'oreille. Tu as plusieurs fois dit « être plus à l'aise pour ». En fait, comme si tu sous-entendais pas une absence de désir mais une absence de confort donc en fait t'as du mal à être passif parce que ça te fait mal alors soit parce que ça me fait mal ou parce que encore une fois je suis moins à l'aise c'est à dire que je saurais pas exactement comment me comporter comment me tenir dis moi c'est à dire comment tu mets ton corps Tu sais, en écoutant tes podcasts, il y a une notion sur l'homophobie intégrée, intériorisée. Et je trouve ça très intéressant comme notion puisque c'est peut-être quelque chose que je ressens. C'est-à-dire le fait d'être pénétré, il y a aussi l'image du mec à quatre pattes qui est soumis. Et c'est vraiment en écoutant tes podcasts, je me suis dit tiens, ça a un petit peu sonné une petite clé dans ma tête. C'est quoi exactement ce que ton cerveau imagine ? T'es à quatre pattes et t'es soumis. en tout cas psychologiquement Aurélien je pense à mon père je pense à mon père qui a jusqu'à maintenant eu du mal avec mon homosexualité et mon père m'a dit un truc quand j'avais 17 ans non quand j'avais 19 ans il l'a sorti plusieurs fois mais quand j'avais 19 ans le coming out c'était compliqué pour lui très très compliqué Et il m'a dit, pour moi, j'ai l'impression de te voir à quatre pattes, voilà. Et du coup, il y a une image dégradante, tu vois ce que je veux dire ? Une image de, ah putain, t'es sale, je suis dégoûté, tu m'écœures. Et j'étais choqué, je lui ai dit, mais est-ce que t'imagines ma sœur comme ça ? Est-ce que t'imagines tout le monde comme ça ? Et du coup je l'ai pris très à cœur, à l'époque j'avais fait thérapie, psy, sexologie, et encore maintenant il y a des restes en fait, on est reparti encore dans un conflit, et en fait j'ai compris qu'il a encore du mal encore. Donc ouais, ça me rappelle un petit peu à cette image qu'on m'a inculquée malheureusement, sur cette image un peu dégradée quoi. Ben ouais, bien sûr. Toi, Aurélien, tu dirais que t'aimes moins te faire pénétrer par une absence de désir et de plaisir ou parce qu'il y a aussi peut-être un malaise ? Probablement qu'il y a aussi de l'homophobie intériorisée, mais j'essaye de trouver du plaisir. Quand je m'entraîne avec les objets qu'on a à la maison, en fait, je me dis, ouais, c'est sympa, mais bon… Clairement, j'ai une préférence pour quand je pénètre. On revient sur le début de ta phrase qui est un petit peu une bizarre mise à distance. Probablement, il y a de l'homophobie. Je pense qu'il doit y avoir de l'homophobie. Mais c'est toi et toi-même là, du coup. Mais en fait, c'est parce que je ne peux pas répondre à la question. En fait, là, je suis plus centré sur mon plaisir que j'ai. Je sais que moi, quand je prends du plaisir, clairement, j'en ai plus quand je pénètre, quand je me fais pénétrer. Après, est-ce que l'homophobie intériorisée que j'ai fait que j'ai moins de plaisir ? Imagine-toi, t'es à quatre pattes et tu t'abandonnes à un homme comme tu es cet enculé qui est sous ton cerveau, te raconte. Là… En fait, je m'imagine pas trop dans cette position. Pourquoi ? Je sais pas. En général, c'est plutôt l'inverse, mais je sais pas, je… J'ai du mal à me le projeter. Souvent, je projette l'autre comme à quatre pattes. Tu sais pourquoi ? Pourquoi tu as du mal à te projeter dans cette position ? C'est dégradant, non ? Pourtant, je ne trouve pas la personne qui l'est dégradante. Parce que tu ne l'es pas. Oui, mais en tout cas, je ne reconnais pas cette personne dégradée. Oui, mais du coup, tant que c'est l'autre qui est… Tu vois, peut-être que ça met à distance… Il y a un petit détail, enfin qui n'est pas un petit détail, c'est… En fait, le pénis d'Aurélien est un peu gros à mon goût. C'est-à-dire le goût est fort ? dans le sens être sodomisé par une quéquette qui est déjà assez grande, assez grosse tu te dis que tu vas avoir mal tu vas pas écouter le podcast de Guillaume récemment ça fait plus mal et du coup justement quand on parlait d'ouvrir le couple c'est là où je me dis que je serais certainement plus excité par quelqu'un qui a une quéquette plus petite avec qui je sais que je vais prendre plus de plaisir quand je suis pénétré oui D'où l'intérêt de se dire, voilà, on ouvre notre couple parce qu'on peut s'amuser. Après, le plaisir anal, ça peut être sans pénétration avec le pénis, ça peut être, tu vois, genre s'effleurer ou se masser l'anus… ça nous inspire complètement c'était l'année dernière ? j'ai eu un orgasme prostatique je crois le seul avec quelqu'un c'était avec Aurel c'était incroyable et là c'est pour ça que je suis prêt à prendre plus d'énergie à essayer d'être à l'aise avec la pénétration parce que j'ai trouvé ça génial et pourquoi pendant un an on l'a pas refait ? bonne question si on l'a refait On l'a refait, mais ce n'était pas aussi intense. Ce n'était pas aussi intense que la première fois. Et pourquoi on ne l'a pas refait ? Mais je crois que c'est toujours une question de confort. Tu sais, je pense aussi au lavement. Il faut que je sois prêt. Il faut que je sois dans les bonnes conditions. Il faut que je sois en forme. Il y a toujours des petites cases à cocher. Et si tout n'est pas coché, tant pis, on fera ça pour une autre fois. Je sais que c'est cette fois-ci où Harry a eu l'orgasme prostatique. Mais oui, en plus, j'étais pas prêt. Ah, t'étais pas prêt du tout. On venait de s'engueuler. On venait de s'engueuler parce que j'avais refusé d'aller coucher avec un mec qu'Harry avait trouvé très mignon. Ah oui. J'ai oublié pourquoi on s'engueulait. Je me suis dit, non, ça m'intéresse pas. Il me dit, ah, tu veux jamais qu'on s'amuse ? Bon, on était un peu bourrés aussi à ce moment-là. Donc, on est rentrés à l'hôtel. On était en Suisse. Et j'ai fait, ah ouais. Moi, j'étais un peu… Je lui ai dit, tu ne veux pas que je fasse autre chose ? On va tenter quelque chose de nouveau. Donc là, je l'ai doigté à ce moment-là. Et ça a marché. Je lui ai dit, je vais titiller la prostate. Ça a bien marché. En fait, là, quand je vous écoutais, je me disais, génial, parce que moi, je trouve que renommer le podcast actif ou passif, j'adore le fait qu'on se dise, mais moi, je ne veux pas y répondre. La sexualité sans sodomie, elle est géniale et je le pense complètement. Mais c'est marrant parce qu'en creusant, Parce que là, j'allais dire, bon, arrêtons de parler de sodomie, on s'en tape, il y a mille autres choses à vivre. Mais c'est marrant parce qu'en creusant, j'entends quand même que c'est dans le mapping, dans les champs des possibles de votre sexualité, c'est moins une absence de désir que des inconforts, des gènes, des questionnements, des doutes. C'est intéressant Aurélien, parce que toi, ce que tu as offert, c'est du silence. C'est une sorte de vide où tu dis… je sais pas trop et bon après tu sais ce que t'aimes et il n'y a pas d'obligation en tout cas je trouve dans l'épanouissement à y aller mais je trouve que c'est intéressant quand même tes silences et ton probablement il y a de l'homophobie intériorisée comme si ça pouvait nous aveugler aussi quoi c'est à dire si il y en a tellement bah en fait le cerveau il te protège pour surtout mais c'est probablement je dis parce que bon Du coup, on n'est pas fermé. On n'est pas fermé à la versette. Mais ce n'est pas une obligation. Oui. Bien entendu. Parce qu'après, je sens que je vais recevoir des messages de gens qui font « Ouais, tu pousses tout le monde et tout ». Non, je pose des questions. Et donc, oublions. Tu ne pousses pas à nous faire reculer. Si, je vous invite fortement à avoir beaucoup de joie dans vos vies. Nous, c'est vraiment quelque chose que j'ai envie… On pousse. Enfin, on pousse. On ne pousse pas parce qu'on n'est pas non plus à le chercher absolument. Mais quand on voit du plaisir que des gens ont, on se dit « Mince ! » Nous aussi, on aimerait découvrir ce plaisir. Oui, ou quand on voit le plaisir qu'Harry a. Quand il l'a eu, j'étais… On a attendu 19 ans pour avoir ce plaisir-là. Et après, on a réattendu un an. On l'a attendu quelques mois après, on l'a refait. Mais après, il faut faire tous les jours. Il faudrait. Mais c'est vrai que la sexualité chez nous, peut-être parce que ça fait 20 ans qu'on est ensemble, on prend du temps, vraiment. Et finalement, dans notre couple, vu qu'on fait énormément de choses, on a entrepris beaucoup, on a des métiers… qui nous prend beaucoup de temps. On a aussi de l'associatif. Aurèle s'est lancée aussi dans des projets associatifs dans notre village. Du coup, on est très actifs. Et du coup, la sexualité, ce n'est pas une priorité. Pas comme dans un début de relation de couple, je dirais. Oui, complètement. J'aimerais qu'on conclue sur, on oublie tout ce qui est anal. Et vous disiez, en fait, nous, le gros de notre sexualité, et d'ailleurs, plein de gens ne le comprenaient pas, c'est hors de ça. Est-ce qu'on peut mettre un peu des mots ? C'était quoi et c'est quoi ? si c'est encore le cas ? Félation, caresse, embrasser, enlever. Félation, dans n'importe quelle position, vous avez petit à petit 20 ans de félation. 20 ans de félation, vous avez un triple doctorat. Un doctorat sur Harry et Harry sur moi. Je pense qu'on sait se faire jouir facilement. C'est pour ça que je ne suis pas satisfait par juste félation. J'en veux plus. Alors, clairement, celui qui sait le mieux me sucer, c'est clairement Harry. Il hoche de la tête avec un grand sourire. C'est moi ! Je pense que… Je vais laisser Harry répondre à cette question, mais je pense que vraiment, si on a envie de faire jouir l'autre, on sait comment le faire jouir. On se connaît par cœur sur la jouissance. On va dire l'éjaculation, comment amener le désir, comment aborder le désir. Vraiment, on se connaît par cœur. Ce qui peut poser problème parce qu'on rentre dans des… Enfin, des fois, on est un peu… Ah tiens, je sais que je veux faire l'amour, enfin, j'ai envie de sexe. On a un peu nos codes de… Nos habitudes. Nos habitudes. Ce qui est des fois un peu… Si on veut sortir un peu de nos sentiers battus, des fois, c'est… Pourquoi on a besoin de sortir des sentiers battus ? Non, mais c'est juste pour, si on veut… Parce que tu veux ? Ouais, non, mais juste pour, tiens, j'ai envie… Tu vois, c'est vrai que souvent, ça serait le soir, le soir avant d'aller se coucher, tu vois. C'est souvent, si on doit rester dans nos habitudes, c'est un peu ça. Mais des fois, j'ai envie de me dire, ah, j'ai envie de le faire, tiens, il est midi, j'ai envie de le faire, quoi. Pourquoi ? Parce que ça t'excite de sortir de l'habitude ? Parce que à ce moment-là, j'ai envie de me dire, tiens, j'ai envie, mais c'est vrai que… On a nos habitudes, donc des fois, ah, ouais, ouais, c'est… Pas maintenant, tu vois… Et tu trouves que ça c'est un peu un truc à dépasser ou c'est un défi du couple ? De ne pas s'enfermer dans les automatismes ? Exactement, je pense que c'est aussi pour ça qu'on ouvre et qu'on est ouvert à explorer, c'est qu'on se dit il ne faut pas qu'on reste toujours sur nos carcans et Si on a envie de faire du sexe et que ça évite, on sait le faire. Mais peut-être qu'on a envie de faire du sexe qui dure plus longtemps et qu'on a envie de faire d'autres choses. Parce qu'aujourd'hui, vous continuez à avoir du sexe ensemble. Parce qu'en gros, moi, j'ai vachement du mal à me projeter 20 ans avec la même personne. J'ai du mal… J'ai l'impression que mon désir est très nourri par la nouveauté. Et ma question, c'est dans votre rythme de sexualité, il a évolué comment, vous diriez ? On en est où aujourd'hui ? C'est là où je pense qu'il faut parler de l'ouverture du couple, puisque c'est l'ouverture du couple qui a fait qu'on est vraiment excité entre nous. Quand vous avez du sexe avec d'autres personnes en même temps ? réciproquement et donc du coup ça nous excite et ça nous remet dans un dans une énergie sexuelle entre vous deux, entre nous, en fait j'ai l'impression qu'il y a comme un cercle vicieux où le sexe ça se fait de moins en moins et puis on a de moins en moins envie, souvent en hiver ça c'est une réalité pour toi ? Oui, pour nous. Pour moi, ça, c'est clair. Il y a clairement un cercle vicieux et un cercle vertueux. Et cercle vertueux, c'est souvent quand on part en vacances ou là, on remet un petit peu le sexe en priorité parce que là, on se connecte sur des applis, on fait des rencontres, on va en soirée. Donc du coup, là, il y a une autre énergie. Tu vois, je prends l'exemple en février. En fait, on n'a pas fait de sexe pendant, je dirais quoi, deux mois, peut-être plus. On part en voyage, on a fait trois plans cures en 24 heures. Mais avec d'autres, on est d'accord. Ensemble, avec d'autres. Ensemble, avec d'autres. À trois, trois plans Q à trois. Mais après, ensemble, puisque quand il n'y a pas les plans Q, on se remet à faire du sexe ensemble. C'est important pour vous, dans votre lien de 20 ans, c'est important de garder de la sexualité à deux, pour vous, ou pas ? je suis toujours attiré par Harry ça me fait plaisir de faire du sexe avec lui c'est important mais c'est jamais forcé quand on le fait on se dit ah bah tiens c'est cool on l'a fait et quand on le fait pas on se dit tiens ça fait un petit moment mais c'est pas quand on se dit c'est un petit moment c'est pas que j'ai été voir ailleurs c'est vraiment le fameux cercle vicieux où là il n'y a pas de sexe ni avec personne ni avec Aurel et je sais pas comment l'expliquer c'est comme ça c'est cyclique Oui, mais il y a des couples qui choisissent au fil du temps de ne plus avoir de sexe entre eux. Je ne pourrais pas imaginer pas de sexe avec Aurèle puisqu'on est encore vraiment attirés. Et même au contraire, j'ai envie de… Je sais qu'avec Aurèle, déjà, c'est le meilleur suisseur au monde. Ah, c'est lui aussi. J'allais te demander. Vous, vraiment, votre kiff à chacun personnellement, un de vos gros kiffs, c'est le sexe oral. C'est de recevoir une fellation ou de la donner ou kiff-kiff ? C'est les deux. Et il y a aussi le sexe. Autre chose, moi je suis très charnel, j'aime bien caresser, j'aime bien frotter. Alors le fait que je sois circoncis, je suis assez à même à frotter mon sexe. Et il sait exactement comment y aller, même par exemple pendant la douche. Alors lui, il n'est pas du tout douche. Mais moi je sais qu'il prend un peu de savon, on se frotte, je peux jouer rapidement. Ok, alors ça c'est intéressant. Ça veut dire quoi on se frotte ? on se frotte on se caresse, on a plein de savon sur soi et on se caresse partout, l'un contre l'autre et nos pénis se frottent nos pénis se frottent ou moi je frotte mon pénis contre contre son ventre ah c'est génial Harry parce que je déteste ça moi j'adore je n'aime pas ça Raconte du coup parce que moi il y a des hommes qui se mettent à se frotter sur moi et je suis là genre je suis allongé et je suis là mais gars tu fais quoi en fait ? C'est vrai ? Bah souvent en fait moi je suis assez poilu donc ça me tire les poils, souvent ça m'écrase le sexe, je te décris le côté négatif hein. il faut que ce soit bien lubrifiant donc là on parlait du savant avec le gel douche mais ça peut être du lubrifiant ça peut être de l'huile on est debout face à face comment tu te frottes genre tu bouges ton bassin ouais c'est ça tu peux tout bouger en plus tu sens le corps comme ça qui caresse c'est à dire son torse caresse contre mon torse et après au niveau du sexe ça se caresse aussi c'est tout le corps qui se caresse tu vois Et je trouve ça très bon, très très bon. C'est un plaisir corporel ou aussi psychologique ? Est-ce que dans ta tête, tu te racontes quelque chose ou là, tu es vraiment dans les sens ? C'est tout ton corps qui est caressé, touché et ton pénis qui bande et qui… Il y a un truc de va-et-vient aussi. Il y a un moment de va-et-vient, ça peut être horizontal, ça peut être vertical. Tu peux même coincer ton sexe contre ses jambes. Et là, on va dire, tu te masturbes comme une branlette espagnole entre les jambes. Tu me défonces les poils ! Moi, ça va, je suis pas trop pollu, donc… Ok. Tu vois, ça peut être ça. Ou par derrière, tu vois, tu prends pas la personne, mais juste en dessous, tu mets ton sexe entre les cuisses. Ok. Faut que j'enquête pourquoi ça me bloque à ce point-là. Mais moi, vraiment, à chaque fois qu'on le fait… Moi, je sais que ça me fait… Je suis pas trop… J'aime pas trop. Tu le fais parce que… Non, j'aime parce que ça lui fait plaisir et que j'aime le côté… que ça te fasse jouir moi si je fais la même chose qu'Harry moi mon sexe va pas aimer je sais que ça me fait plutôt c'est l'inverse quoi, ça me gêne je pense que c'est une question de circoncis aussi en tant que circoncis j'ai pas de sensibilité non non attention j'ai pas envie que t'aies à justifier non non j'essaie d'expliquer comment mon sexe n'est pas aussi sensible que le sien puisque je vois très bien que dès qu'il est décaloté son gland tout de suite il est ultra sensible ah c'est vrai que les 4 hommes que j'ai en tête étaient tous les quatre circoncis, ceux qui faisaient ça. On est des vrais petits frotteurs. Ok. C'est cool. C'est la fin de notre partie 1. Rendez-vous dans la partie 2. J'ai envie qu'on creuse un peu les règles du jeu du couple ouvert, votre rapport à la fidélité, notamment. Très bien, avec plaisir. Très bien. Est-ce que vous voulez faire une petite pause ? Je veux juste boire un coup. Parfait. Ça va ? Vous êtes bien ?

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