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Vous écoutez la troisième et dernière partie de ce témoignage. Regardez les épisodes précédents pour la première et la deuxième partie. Tu m'as dit que la première fois où tu as pénétré quelqu'un, c'était l'année dernière. Ouais. C'était comment ?
C'était très bien. Maintenant, je pense que c'était le début d'une appréhension où je pense que j'ai… Maintenant, tout mon travail, il est vraiment hyper physique. Je pense même plus que mental de réappropriation du corps et notamment… Tu vois, je vois un sexologue qui me parle vachement de réapprendre à s'approprier son bassin, en fait. Notamment le fait d'être dans le rôle du pénétrant, ça demande des mouvements qu'on ne connaît pas forcément.
Et en fait, ça m'a hyper marqué parce que c'est hyper vrai. Des mouvements, effectivement, sexuellement, de bassin ou autre, ou quoi, ou qu'est-ce que… Comment ça s'est passé, du coup ? C'était qui, ce garçon ? C'était… Oui, sans surprise, quelqu'un que j'ai rencontré sur une appli. Je ne fais pas toutes mes rencontres sur les applis, mais c'est sûr que ça facilite quand même les choses.
Encore une fois, j'étais à l'aise parce que garçon très jovial, très sympa, qui vient chez moi, ça se passe très bien. Pourquoi lui ?
Pourquoi lui ? Parce que, je vais te dire, c'était le moment plus que la personne, je pense. C'était là, je sentais que j'avais envie. C'était un petit après-midi de télétravail où j'étais chez moi. Il faisait chaud. Voilà, pas grand chose à faire cet après-midi. Du coup, sur ton application, tu as enlevé la mention « passif ».
Alors, ce que je fais maintenant, c'est que je n'en mets plus. Je ne mets plus de mention. Ni Versatile, ni rien. Je ne mets rien. Vous en parlez avant de ce qui va se passer dans votre rencontre ? Oui. En tout cas, c'est plus ou moins clair sur ce qui va se passer, oui.
A priori. Plus ou moins ? Il te dit « j'aimerais que tu me pénètres ». Tu sais que ça va se passer ? Oui, en tout cas, dans les échanges, on se dit « actif, moins actif, moi je suis plutôt passif ». On se définit un peu dans ce rôle-là. Moi, je me décris comme passif, pas sur l'appli, mais dans nos échanges.
Tu te dis, tu te dis, moi je suis actif. Oui, je lui dis effectivement que je suis actif. Tu lui dis que c'est ta première fois ? Non. Ouais. Bah non, parce qu'encore une fois, comme je te dis, tu vois, il y a quand même ces injonctions de lesquelles je peux me sentir un peu… Alors qu'en vrai, vu la personne, je pense que t'es ravi…
C'était une grande bienveillance. En plus, lui, il était plutôt versatile, je pense, donc très open sur ces questions-là, pas forcément enfermé dans un rôle comme j'ai pu l'être. Mais encore une fois, le travail, il est dans la tête. Donc, c'est moi qui propose ça. Il arrive chez toi et tu le sens bien, tu te sens à l'aise. Est-ce que tu as réussi à bander ?
Ouais ouais, pourtant c'était la canicule, il faisait très chaud, donc c'était pas hyper évident parce que chez moi il fait très chaud. Mais encore une fois, c'est pour ça que j'insiste, comme c'était quelqu'un de très bienveillant, jovial, souriant, ça m'a vachement aidé à me détendre, effectivement.
Donc, c'est très important. Et t'étais excité ? T'étais excité par l'idée de le pénétrer ou t'étais excité par la nouveauté ? Ouais, ouais, ouais. Par les deux. Parce qu'effectivement, oui, déjà, il me plaisait beaucoup physiquement. Et puis, j'en avais envie. Effectivement, ça n'a pas été… Ça a été un peu bancal au début, forcément. Enfin, je veux dire, parce que certes…
Certes, j'ai 35 ans à ce moment-là, mais comme je le dis, c'est un peu la première fois où je connais quelqu'un. Donc en vrai, c'est pas anodin. Bah grave, bien sûr. C'est pour ça que j'essaie d'avoir des détails. Du coup, c'est vrai que c'est pas forcément évident au début, mais ça se fait assez naturellement et encore une fois dans la bienveillance.
Moi, je ne sais pas quand est-ce que j'ai pénétré. J'ai pénétré quelqu'un assez rapidement, mais en fait, non, pas vraiment. En tout cas, j'ai vraiment l'impression que ma…
Ma troisième première fois, ou bien ma vraie première fois, ou une première fois un peu plus présent, un peu plus alignée, était assez récente aussi. Parce que j'ai vécu énormément de ma sexualité en étant plutôt pénétré, en étant plutôt dans ce rôle de passif. Et moi, j'ai trouvé que c'était compliqué.
Et moi, ma stratégie, elle est un peu différente. Elle est, comme toujours avec moi, c'est que je dis les choses et je cherche quelqu'un qui dit « ok ». Et alors, attends, c'était quand, moi ? En vrai, je n'ai pas préparé, je ne me souviens pas, je ne sais pas raconter la première fois. Je sais me dire, un, ça m'a été très agréable de dire, bon, c'est la première fois, du coup, notamment, je trouve que dans les films pornos,
et dans mon imaginaire genre ça s'emboîte mais en vrai ça s'emboîte pas du tout l'affaire selon ta taille et tout parfois quand t'essaies de pénétrer t'es là non mais en fait plus bas plus haut etc d'où
astuce de ouf le fameux coussin sous les fesses si jamais tu vois la personne qui est pénétrée sur le dos et en fait rien que d'avoir l'espace de dire en fait gars j'arrive pas à te pénétrer je sais pas alors après peut-être que si t'as une énorme bite il y a peut-être plus de facilité en termes de taille ça doit jouer
Et du coup, viens, on met un coussin. Et c'est vrai que le fait d'avoir un peu dit « moi, je ne suis pas forcément… » Je ne sais plus comment je l'ai verbalisé. C'est vachement compliqué parce que tu as l'impression de perdre un statut de « je suis un ouf sexuel » et du coup, j'ai un peu l'impression d'être là. J'ai l'impression, si je dis à la personne que je suis vulnérable, qu'en gros, je suis en train de lui dire « ça va être un moment de merde, je ne sais pas faire et ça va être nul, viens, yay ! »
Et en fait, je pense que chacun entend différemment ça et qu'en fait, il y a plein de gens qui sont là, au contraire, que ça détend, tu vois, qui sont là, ah, ouf, je suis pas tout seul. Et en tout cas, avec cette personne, ça s'est vachement bien passé autour de ça. Je me sentais en confiance. J'avais des sentiments…
ou un début de sentiment et du coup je me sentais à l'aise de formuler le ça marche pas j'y arrive pas et je sais qu'il y a eu un moment donné où j'ai eu du mal à bander parce que j'ai commencé à me dire putain faut que je bande bien là et là j'étais là pourquoi t'as pensé ça donc à ce moment là j'ai commencé à genre me dire putain faut pas que je perde mon érection alors que moi normalement c'est pas trop un problème bah là j'ai commencé à la perdre et là j'étais là putain t'es vraiment une merde
c'est le principe même de ce genre de situation justement d'over stress ouais et où on place la performance peut-être à un niveau surélevé par rapport aux attentes que tout le monde a et devrait avoir et comme tu le dis je pense que tout le monde a pas se met pas ses mêmes injonctions là tu vois peut-être que là effectivement le mec s'est dit bah cool et tout ça détend il y en a peut-être que ça peut détendre
Il y en a que ça stresse quoi. Ou je pense qu'il était content de partager ça avec moi. Je crois qu'il était aussi, moi qui suis beaucoup dans la performance, j'ai des partenaires qui sont là, mais moi c'est pas ça le cœur du machin. Et je pense aussi que l'autre truc que moi je retiens de tout ça, c'est la pratique.
c'est à dire en gros plus je pratique et plus je comprends donc j'aime bien ton sexologue qui parle des mouvements du bassin parce que c'est assez vrai que pareil vachement influencé par les films pornos un j'ai l'impression qu'il faut taper fort et vite et en fait moi quand je suis pénétré c'est pas trop mon délire c'est clair
T'es d'accord ? Je suis 1000% d'accord. Ça reflète beaucoup avec l'expérience où on m'a fait l'amour, où c'était l'inverse. C'était l'an meilleur. À cette expérience, quand le mec t'a fait l'amour, il te pénétrait doucement ? Hyper doucement. Franchement, rien à voir. Rien à voir. Les sensations, même au-delà des caresses qu'on a pu évoquer, la sensation purement anale,
mais sans aucune commune mesure avec effectivement un va-et-vient brutal le plaisir il est mais décuplé en allant plus lentement en caressant en fait ce qui est pas mal quand t'as déjà été pénétré c'est que tu sais pas mal aussi ce qui fonctionne bien et si tu te fais un petit point de attends qu'est-ce que moi j'aime tu peux reproduire et voir comment ça fonctionne et ça c'est assez chouette c'est assez rassurant totalement
parce que tu te dis et après si tu communiques avec ton partenaire et notamment le début de la sodomie parce que effectivement quand on a l'habitude de se faire pénétrer on sait que même si on a l'habitude le tout début peut faire un peu mal ou tout du moins être un peu gênant en termes de sensations
— Toi, c'est ton cas, au début ? — Ben, rarement, mais… Enfin, si, si, si, si, si. C'est pas une douleur, mais une sodomie, évidemment, on peut pas la mettre comme ça d'un coup, quoi, au début. Mais ça, je vais rebondir sur ce que tu dis. Rien de tel que de…
Connaître cette sensation pour savoir que quand tu démarres une sodomie en tant que pénétrant, tu ne peux pas la mettre d'un coup comme ça. C'est mal sinon. C'est un corps humain, c'est un anus. Donc effectivement, c'est bien aussi de connaître un peu chacun des aspects parce que quand on est pénétré, on sait…
quelles sensations on peut avoir au niveau des fesses, qu'il faut aller doucement, ça peut faire mal, reconnaître des signes. Et à l'inverse, être pénétrant, savoir que c'est effectivement aussi pas toujours évident, il faut pouvoir tenir une érection, il faut pouvoir faire les bons mouvements, il faut faire les bonnes… Et puis souvent aussi, moi, un truc que je note dans cette nouvelle découverte en tant qu'actif, c'est que c'est plus physique.
Parce que tu fais plus de… Mécaniquement, c'est plus physique. C'est plus acrobatique ou en tout cas, c'est plus cardio en tant qu'actif. Ok. Et toi, du coup, ça fait quoi pour toi ?
Ça va, mais disons que c'est vrai que tu te dis, au moins, sans parler de… Je suis toujours très présent et très impliqué dans l'acte quand je suis passif. Mais voilà, disons qu'on fait moins de mouvements. Tu vois ce que je veux dire ? On fait moins de mouvements, j'ai moins de… Du coup, tu fais plus de mouvements et donc tu es plus fatigué. J'essaie de comprendre pourquoi. C'est un peu ça, oui. En tout cas, un des apprentissages que j'ai eu, c'est effectivement… Tu es crevé, quoi. Tu vois, c'est pas si facile que ça non plus.
Moi, je ne sais pas si je suis d'accord avec ce que tu as dit juste avant autour de… Enfin, à nouveau, moi, je crois que je suis titillé par… Tu dis souvent qu'il y a des évidences et je crois que j'ai vraiment envie d'attaquer ça. Non, je pense que chaque rapport sexuel est vraiment singulier et chaque rencontre anale…
L'est aussi. Et du coup, moi, il y a des moments où tu peux y aller directement. Et en fait, si je te communique, vas-y. Je crois qu'il y a aussi, genre, juste parlons-nous. Parce que moi, parfois, dès que je suis fatigué, alors on ne va pas y aller d'un coup et donc je communique ce dont j'ai besoin. Mais il y a des moments où je suis super excité et où, en fait, on peut y aller, tu vois. Alors…
J'entends quand même ce que tu veux dire en mode on prend soin et tout. Enfin, tu veux prendre soin, mais je trouve que c'est aussi très inspiré de… Il n'y a pas de communication verbale et donc du coup, le mec qui pénètre doit un peu se figurer et le mec qui est pénétré…
Et du coup, le moment où… En gros, moi, dans ma pratique, j'ai plus envie de communiquer pour justement aller dans la bonne profondeur, aller dans un rythme qui est chouette et tout. Tu vois ce que je veux dire ? Complètement. Après, c'est vrai que la communication, c'est pas toujours évident. Exact. Mais c'est vrai que c'est la clé. Tu kiffes, toi, du coup ?
Là, donc, t'as eu tout un tas de déclics et tu t'es dit ce rôle de passif, j'ai envie d'aller…
jouer ailleurs est-ce qu'en jouant ailleurs tu te dis bah en fait moi je kiffe quand même bien être passif je découvre qu'on peut faire l'amour c'est cool ou est-ce que tu dis ah mais je trouve ça vraiment cool d'être de pénétrer t'en es où ton exploration alors moi je j'en suis au début je pense parce que j'ai encore plein de belles années sexuelles devant moi où j'ai envie de continuer à explorer plein de choses
Donc, je suis vraiment au début de ça. Je suis à une vraie transition, je pense, sexuelle de ma vie. Ou tout simplement, j'ai envie de sortir des carcans, c'est-à-dire que j'ai envie de continuer à me poser des questions. C'est-à-dire, effectivement, notamment, maintenant que je le fais, est-ce que ça me plaît ?
parce que j'ai pas non plus encore une fois référence à ce que je disais au préalable me dire ah bah non mais il faut que je sois aussi maintenant actif parce que tu vois ce que je veux dire donc effectivement je me réserve le droit de me dire bon en fait non et c'est vrai que j'ai beaucoup aimé
mais ça m'a aussi rappelé à quel point j'aimais bien être passif donc je pense que là clairement j'ai vraiment pas du tout fait tout le chemin et je suis persuadé que la clé ce sera des rencontres parce que moi je me rends compte vraiment que c'est les gens que j'ai en face de moi qui déterminent qui j'ai envie d'être sexuellement
Et je me dis que ce que j'aimerais bien, vraiment maintenant, c'est… Par exemple, demain, si j'ai une relation amoureuse, être avec quelqu'un de versatile, tu vois. Parce qu'effectivement, je pense que maintenant… Un truc que j'aimerais bien explorer, c'est avoir une connexion, une intimité…
Donc pas forcément en tout cas one shot, mais en tout cas, voilà, établir quelque chose avec quelqu'un de Versatile et moi aussi en tant que Versa, quoi. Et de me dire, bah là, en fait, possiblement, on peut décupler encore des choses et des pratiques, cumuler des pratiques que je ne pourrais jamais cumuler en étant soit uniquement actif…
Soit uniquement passif, avec quelqu'un à l'opposé, tu vois ce que je veux dire ? Tu disais que pénétrer, c'était pas évident aussi en termes de légitimité. Toi, t'as l'impression qu'en partie dans ton chemin, t'es allé à la conquête de cette légitimité ? Alors, oui. Du coup, je sais pas si j'ai…
J'ai conquis cette légitimité, mais effectivement, je me vois dans ces situations-là. Alors,
Je suis tout à fait moi-même, je ne m'invente pas un rôle, je ne m'invente pas une personne, mais je sens que je n'ai pas non plus des attitudes qui sont un peu différentes, c'est-à-dire que je suis un peu plus mesuré, tempéré, j'ai peut-être une voix un peu plus basse, mais ça se fait vraiment naturellement.
où j'amoindris un peu des traits peut-être un peu plus efféminés que je peux avoir à d'autres moments. Mais en tout cas, c'est naturel. Ce n'est pas quelque chose que je m'impose ou ce n'est pas douloureux. Ce n'est pas quelque chose de forcé. Mais de manière un peu naturelle, quand je suis avec des garçons et que c'est un peu ce qui commence à s'établir. Tu n'as pas l'impression de jouer à l'homme ?
Franchement, pas tant. Comme si tu reproduisais toujours le même délire. Franchement, pas tant. Pour être efféminé et pénétré. Mais tout à fait. C'est pour ça que je…
tire pas le trait tu vois et encore une fois je rentre pas dans des trucs tu vois je suis vraiment moi même tu vois mais en fait c'est une réflexion que je me suis fait après coup comme quoi c'est pas du tout quelque chose de calculé tu vois mais après coup après un date je me suis rendu compte que j'étais pas forcément j'avais pas forcément agi comme avec d'autres dates mais de manière naturelle tu vois
Et voilà. Et en réalité, si on réfléchit bien, on est comme ça tout le temps dans nos vies, sans que ce soit forcé. Mais tu vois, par exemple, au travail… Non, non, c'est vraiment pas possible. Mais encore une fois, je pondère quand même parce que…
Parce que, en tout cas, moi, effectivement, c'est vrai que, que ce soit dans le travail ou avec mes amis, mes parents ou tout, je ne suis pas forcément le même. Ce n'est pas parce que je n'ose pas être quelqu'un d'autre, parce que je suis protéiforme, en fait. Et que je n'ai pas qu'une seule manière d'être. Et que, par exemple, avec des potes, je vais être plus déluré, plus comme ci, plus comme ça. Avec d'autres, non, je n'ai pas forcément envie de porter mon t-shirt et de faire n'importe quoi, de faire telle blague débile, de tel truc, tu vois ?
Tout à l'heure, tu as parlé de soucis d'addiction, qui ont joué un rôle dont on n'a pas du tout parlé là. Parce que ça a un rapport pour toi ou pas ? Alors, en tout cas, par rapport au rôle, je ne sais pas, certainement d'une certaine manière, mais en tout cas par rapport au sexe, oui. C'est-à-dire que, alors bon déjà…
On peut passer rapidement, mais la cigarette, moi, je fumais un paquet par jour pendant 20 ans. Grosse addiction. Forcément, qui dit cigarette ? Oui, ça a quand même, à terme, un impact sur la libido et tout. Le flux sanguin, tout ça, les érections, c'est écrit dessus. Et toi, tu as vu qu'avec la cigarette, tu avais plus de difficultés à avoir une érection ?
Encore une fois, moi, ça n'a jamais été trop un souci parce que j'étais plus dans mon rôle de passif. Mais plus, de manière générale, l'afflux sanguin, le sport, le souffle. Le sexe, ça reste quand même du… À la fin, c'est du sport. Et puis, libido. Et puis, à un moment, la peau qui se ternit, tout ça…
Il y a une pesanteur qui s'installe. J'ai arrêté du jour au lendemain, libéré de tout ça. Et sinon, gros souci d'addiction à la weed, pareil, pendant 20 ans, qui a commencé à s'installer avec mon meilleur ami dont je te parlais au début, quand j'avais 14 ans, 15 ans. Voilà, encore une fois, sur fond de…
Sur fond de classe ouvrière à la campagne, qui s'enfile des bouteilles de whisky à l'âge de 15 ans, tu vois, en perte de conscience littéralement, et à fumer de la weed à outrance, quoi. Et en fait, ça, moi, j'ai jamais réussi à m'en sortir, à me défaire de ça jusqu'à mai, pareil, 33 ans. Et il y avait un lien… Enfin, pour toi, c'était une addiction parce que c'était un… S'échapper, c'était… Ouais. C'était…
Alors moi, c'était beaucoup ça. Moi, c'était beaucoup vraiment me recréer un monde à moi et m'enfermer dans un imaginaire qui me plaisait beaucoup. Parce que c'est vrai que moi, je n'ai pas de problème avec la solitude. Moi, je peux être très bien dans ma tête tout seul, je peux passer des soirées entières tout seul. Le problème de la weed, c'est qu'à la fin, tu pensais être bien, mais non, là, je n'étais pas bien. J'étais triste à mourir à la fin.
Mais ça me rassurait parce que j'étais à la fin aussi professionnellement au fond du gouffre, au bord du burn-out, mon couple partait en lambeau, j'avais des problèmes. Et ben, fumons d'autant plus en fait. Fumons le matin avant d'aller au travail, fumons jusqu'à 4h du matin le soir, ne dormons que 3h, c'est pas grave. Oui, donc ça avait un impact sur ta sexualité, mais c'est pas des addictions qui viennent de tes enjeux à t'aimer gay ?
Ben, à la fin de la journée, si, je pense, parce qu'elle m'aimait tout court et donc elle m'aimait en tant que gay parce que moi, c'est profondément ancré en moi qui je suis, ma sexualité, parce que je me suis construit avec ça.
Et donc si, je pense que si, sauf que, encore une fois, c'est un monde où cette question-là n'est plus un problème, finalement. Et sortir de toutes ces questions-là, parce que j'ai commencé au même moment, finalement, au même moment où ces questions-là commençaient à se poser. Et donc j'ai vraiment décidé d'arrêter à un moment où ça a eu un impact trop fort sur tous les pans de ma vie.
Et notamment effectivement sexuelle où je me rendais compte que ça participait à bloquer un truc en moi et qui fait que dans tous les cas, je n'avais même plus envie. Est-ce que tu as une dernière bafouille ? Est-ce qu'il y a un dernier truc en lien avec ton cheminement de sexualité que tu as envie de dire, sur lequel tu as envie de conclure ?
encore une fois comme je te dis à un moment moi je pense que de communiquer ici avec toi c'était pour moi important parce que ça marque un point d'étape donc tu vois pour conclure ce que j'ai envie de te dire ce serait marrant ce serait de se dire tout ce que je demande ce serait qu'on se revoie dans 10 ans qu'on refasse un deuxième point d'étape et ce serait beau parce que t'aimerais me dire quoi dans 10 ans ?
J'aimerais te dire que, justement, j'ai encore continué à avancer sur des questions que je continue à me poser et surtout que j'ai enfin fait la paix avec moi-même et avec le petit garçon que j'étais, tu vois, au fin fond de ma campagne, qui criait de désespoir qu'on arrive enfin à le trouver et l'accepter comme il est. Je suis en plein chemin de ça. Il y a eu pas mal de chemins parcourus, mais…
Mais je ne l'ai pas tout à fait encore fait. Et ça, je le sens. Et voilà. Donc, ce que j'espère, c'est pouvoir te dire que je serai heureux, tout simplement. À dans 10 ans. À dans 10 ans, Guillaume. Merci. Merci à toi. Ça va ? Ouais, super. T'es content ?
Ouais, très. Plus fluide que ce que j'aurais pu imaginer. Enfin, c'est ce que je te disais. Je suis venu sans rien préparer, sans trop savoir comment j'allais parler, ce que j'allais dire, ce que j'allais faire. Bon, voilà. Après, je pense que t'as vu, j'ai pas trop de mal à me livrer, mais je sais pas trop dans quelle mesure j'allais pouvoir parler de tout. Et en vrai, j'ai eu du mal à parler de rien, quoi. Non, je suis très content.