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Deuxième épisode Robin, ça te va ? On se lance ? C'est parti. Dans le premier épisode, tu as raconté ton cheminement jusqu'à l'âge de 26 ans où tu as fait de l'escorting. Ouais, 24-25 quoi.
Je me trompe dans tout. Bon, à la louche. Mais t'as raison, excuse-moi et corrige-moi, n'hésite pas. On s'est arrêté sur l'épisode précédent sur j'arrête, faites l'escorting, l'appel de l'argent, comment tu utilises l'argent, tes espoirs de trouver un mentor via l'escorting. Tout ça, t'as envie de passer à autre chose ?
Le déclic, c'est parce que la situation... Enfin, tu vas mal, mais t'as touché le fond. En fait, moi, je vois, tu vois, dans ma vie, pour que ça change, il faut vraiment que je touche le fond. Toi, t'as eu l'impression de toucher un fond ?
On a l'impression que tu t'es intelligemment arrêté au bon moment sans trop te faire mal. Ouais, c'est un peu ça, t'as raison. Intelligemment, c'est un bien grand mot, mais c'était surtout que la façade allait se briser, que tout allait finir par se voir. Je tenais plus du tout le...
Si je continuais, je pense que j'aurais explosé en vol et là, tout mon passé se serait révélé au grand jour. Et ça, je ne pouvais pas du tout l'assumer auprès de ma famille, donc il fallait vraiment que je me prenne en main. Et puis il s'inquiétait, je le sentais. Il sentait que mes mensonges passaient de moins en moins.
Donc il fallait que je reprenne la main. Donc eux ils habitent en Mayenne ? Oui. J'ai divorcé de mon père pas très loin. En tout cas on est au téléphone, c'est ça que je veux dire. Comment ils peuvent percevoir qu'il y a un problème ? Et quand tu dis la façade va se briser et ils n'entendaient pas tes mensonges. C'était quoi les mensonges au téléphone que tu devais donner qui étaient suspicieux ?
Je disais que je gardais des enfants, enfin que je faisais du babysitting pour subvenir à mes besoins hautes alimentaires qu'eux m'apportaient. En quoi ils pouvaient trouver ça suspicieux ? Parce qu'ils ne savaient pas ce qui se passait pour toi dans ta vie ?
C'est que j'en parlais pas vraiment et il voyait qu'il y avait un gros décalage sur les réseaux sociaux par rapport à ce que je montrais. Et vraiment les moyens dont je disposais, il y avait un souci. Ça matchait pas. Il m'en a jamais parlé, j'en déduis en tout cas. Mais il me posait des questions...
Je n'ai un peu rien de ma mémoire, parce que c'était des discussions peut-être un peu difficiles, mais je crois qu'ils m'ont demandé un jour si je prenais de la drogue quand même. Peut-être que ça se voyait. Peut-être que ça se voyait, oui. Physiquement, peut-être. Mentalement, en tout cas, je ne pouvais pas tenir un repas, par exemple. J'étais tellement en dépression ou quelque chose comme ça qu'avoir des discussions normales avec les gens sur la durée, c'était devenu impossible pour moi. Donc...
Et tes symptômes dans ces cas-là ? C'était à table, tu devais quitter la table ? Je me fermais. Je me fermais.
Je quittais la table au dessert, mais c'était très pénible pour tout le monde. Je me renfermais, je m'isolais de plus en plus. Ils ressentaient que ça n'allait pas bien du tout. Ils ne savaient pas comment m'aider, ils ne voyaient pas où était le problème. Je pense que ma mère a fini par mettre un peu le doigt dessus quand même, sans vraiment me le dire.
Et même aujourd'hui, c'est encore un peu un secret, sauf si elle tombe un jour sur cet épisode, mais j'arriverai un jour à lui en parler. Je pense que c'est peut-être aussi cet inconscient d'être là, d'en parler publiquement. C'est peut-être parce que j'ai envie d'avoir un jour peut-être à lui en parler, peut-être.
Ouais. C'est rare les gens qui changent pas leur prénom. C'est rare ? Ah ouais ? Non, sur ce podcast, non. Mais ça fait trois ans maintenant et j'ai fait genre 150 témoignages. Et c'est ce que j'allais te dire, je me suis dit mais là c'est ta voix, c'est ton prénom, c'est un sacré pas de coming out pour justement sortir ce passé du silence et du non-dit.
Complètement. Je me mets un peu en... Bon, après, il faut quand même... Ma mère, c'est pas la cible. Je pense pas qu'elle va tomber dessus comme ça et que quelqu'un lui enverra. Non, je pense que je lui en parlerai de moi-même quand je serai prêt. Mais oui, il y a un peu ce côté acte manqué d'être là aujourd'hui, je pense. Et t'aurais envie de lui dire quoi à ta maman ?
Lui dire que c'était pas de sa faute, qu'elle aura...
que c'était aussi mes choix et ma construction, et qu'aujourd'hui ça va quand même beaucoup mieux, des choses comme ça quoi. Après, et lui dire que c'était pas un drame aussi, parce que je pense que l'image de la prostitution c'est un peu encore pire que d'être efféminé dans sa tête, donc il faudrait que je trouve des bons arguments pour lui dire que non, en fait il y a vraiment des trucs très cools, et ça fait la personne aussi que je suis aujourd'hui et qui est...
qui a appris plein de trucs et qui a fait plein d'expériences et qui a bien kiffé aussi j'ai un j'ai un gros blocage dans ma tête j'ai une réaction je suis pas du tout d'accord t'as dit quoi ?
parce que du coup ce que t'as dit c'est ton vécu et c'est ton chemin je le dis clairement pour justement pas être influencé mais moi dans mon chemin en fait depuis le début de notre échange tu l'excuses
Et c'est jamais sa faute. Oui, d'accord. Dans ta façon de raconter. Moi, en tout cas, mon chemin, et peut-être que c'est vrai, peut-être que c'est ta vérité, j'ai pas de jugement là-dessus, mais ça fait rebond sur mon chemin à moi. Et en fait, j'ai passé mon temps à protéger mes parents, à protéger cet entourage, à du coup s'accorder qu'ils pouvaient me dire qu'ils avaient peur que je sois une tarloose.
à même comprendre pourquoi ils le faisaient et même les remercier de m'insulter, de me limiter et de m'écraser avec leurs problèmes. Et je pense que je cherche aujourd'hui un meilleur équilibre. Il y a beaucoup dans ma vie de mes choix, de mon chemin, de ma peine, d'une homophobie, de la société. C'est pas que mes parents, c'est pas que ma famille.
Mais c'est aussi eux. Et il est aussi temps qu'ils soient capables ou pas de l'entendre. C'est pas possible. Et moi, j'ai vraiment cet élan de protection de ma famille, de ma mère notamment.
Qui, si je dis qu'il y a un problème, part dans un cheminement d'autoculpabilisation. J'aimerais aussi que ma mère n'écoute pas cet épisode. On sera deux comme ça. Et où je m'entends contredire ce que je crois profondément pour l'apaiser elle. Ça c'est sûr, ouais.
Donc je la vois dire c'est ma faute, elle part dans son délire et au lieu de m'entendre à mon endroit et de gérer ses délires de femme adulte, pas des délires, de gérer ses enjeux de femme adulte, de femme qui a...
une pénétration, consentie je crois, qui a fait un gamin, qui après a fait de la merde aussi en parallèle de super belle, enfin tu vois ça a été une super mère et une mère de merde, comme je suis une belle personne et une mauvaise personne à la fois tu vois, dans mon chemin je m'identifie complètement à, moi je vois dans mon rapport avec mes neveux et nièces, le nombre de conneries que je dis, où je me dis mais Guillaume mais dis pas ça comme ça, mais dis ah tiens t'as oublié de dire ça, enfin tu vois comment t'aides un petit enfant à
à être une belle personne. Et moi, je me vois, mais genre... Voilà. Et il y a vraiment un chemin d'arriver à... Tu vois, donc moi, je suis dans un chemin pour dire à ma mère que j'étais harcelé à l'école. Et maman, au début, elle était là, non. J'étais là, mais maman, non. Je comprends. Non. Donc au début, je me suis dit, elle doit dire non à un autre truc qu'elle pense dans sa tête. Elle doit pas...
Et en fait, non, c'était vraiment le chemin d'une mère qui ne veut pas voir que son fils a souffert et qu'elle a tout fait pour être là. Elle a été là.
Mais qu'il y a une part où elle n'a pas pu être là, tu vois. Ouais, ouais. Et... Et, en fait, du coup... Elle a protégé, ouais. Bah, si, j'ai envie de l'aimer, de dire, bah, ouais, j'ai envie de dire ce que t'as dit. Bah, t'as grandi, enfin, genre, maman, t'as zéro référence homosexuelle. Mais t'en as même pas une demi. Comment le renvouloir, parce que c'est tellement... Je la rends responsable de ce... Je la...
Elle est responsable de ses actes aussi. Et donc...
La violence de « je ne veux pas que tu sois une tarlouze », ça lui appartient à elle. Ce n'est pas à moi de prendre ce vomi-là, de le manger, de l'avaler et de le digérer. Ça me défonce mon système intérieur. Ça me rend malade. Donc, j'ai pas besoin de lui. J'ai pas besoin forcément de la violenter.
de lui renvoyer son vomi de façon viante et tout mais il y a une barrière que je veux moi essayer de trouver de dire ah non ça c'est ton vomi meuf ah tu pleures bah oui mais c'est ton vomi meuf je ne vais pas le manger donc j'essaye de faire silence dans les moments où bon en vrai j'y arrive pas trop hein
J'y arrive pas trop, et c'est pour ça que je fais des podcasts aussi, tu vois. Ouais. On voit bien qu'elle écoute, finalement. Elle écoutait celui sur la psychanalyse, où j'ai dit pas mal de trucs. Et où un jour, elle m'a dit « Ah, j'ai entendu là ton épisode, je suis pas du tout d'accord, faudra qu'on en parle. »
en tout cas je voulais te partager ça toi par rapport à mon opinion et vraiment j'ai pas envie d'écraser ton histoire avec la mienne avec ce rebond là toi tu ressens quoi ? t'as raison j'ai forcément ce réflexe de pas vouloir l'accabler mais ce réflexe il est un peu à tort ma mère c'est la personne qu'elle était à l'époque
ou même il y a encore quelques années quand j'ai essayé de lui en parler sa réaction ça a été de se défendre, se dire je faisais ça pour te protéger je voulais pas admettre la moindre homophobie donc si je venais de lui parler de prostitution mon premier réflexe ce serait effectivement de lui dire c'est comme ça et tout va bien il faut lui dire tout va bien quoi pourquoi ?
Enfin, ça va mieux, en tout cas. Le montrer que j'ai fait mon chemin, que j'ai beaucoup réfléchi à ça et que je suis à l'aise d'en parler. Je sais pas comment dire. Puis c'est plus la même personne. Elle a beaucoup changé. Par exemple, elle a un souci avec l'alcool et ça fait bientôt deux ans qu'elle a arrêté complètement. C'est quelqu'un qui peut se remettre en question. Je pense que...
On n'en est plus au même stade. Mon premier réflexe sera d'être dans ce discours-là. Très vite, le discours de plus profonde, d'où ça vient, qu'est-ce qu'on a pu faire aussi qu'a fait... La discussion, elle arrivera à s'installer aujourd'hui plus facilement. Ce qui a été pour moi vachement apaisant, j'allais te demander, dans l'idéal, ta mère, elle dit quoi ? Et...
Moi, ce qui... J'étais pas fan de la question, c'est pour ça que je la... Tu pourrais y répondre si tu veux, mais en fait, quand je l'applique à moi, je suis là... En fait, moi, j'avais pas envie que maman m'écoute, j'ai envie que maman... Pardon, j'ai pas envie que maman me parle, j'ai envie que maman m'écoute. Bon, je pense que j'ai fait cela puis cela, parce que j'ai aussi envie qu'elle me parle.
Mais il y a deux niveaux. Et le premier niveau, c'est quand j'ai pu lui dire... Moi, j'ai utilisé le podcast et notamment... Avec le podcast, je sors ma famille du tabou et du non-dit sur l'homosexualité via un ancêtre. Mon grand-oncle était homosexuel et l'année dernière, je découvre qu'il avait un amoureux secret qui pourrait être encore vivant. J'essaie de le rechercher, je pose des questions à plein de gens.
Et grâce à ces entretiens, c'est des opportunités pour remettre des mots sur l'homosexualité dont on n'a jamais parlé, et moi pouvoir aussi partager mon chemin, et notamment dire que j'étais harcelé. Et je crois que la première chose qui est très soignant pour moi, c'est les larmes de mon frère, l'écoute de ma mère, pleurer avec ma mère, où je lui ai dit, mais maman, il faut que tu comprennes que...
Alors que je suis un ultra privilégié, je viens d'une famille qui a de l'argent, j'habite à Paris, dans un beau beau land, dans un quartier deepster, et je suis dans une famille dont l'homophobie est assez passive et non dite. Mais tu vois, je peux ramener des mecs, et puis mes parents, ma famille sont à mes côtés, ils essayent autant que faire se peut. J'ai dit « mais maman, on fucking 2023-2024 ».
Genre tenir la main d'un mec dans la rue, j'y réfléchis, j'hésite, je reçois des insultes, des regards, etc. J'avais besoin aussi qu'elle entende, soit on peut parler du passé, mais j'avais aussi du dire « mais maman, aujourd'hui, être homosexuel pour moi, c'est ça aussi ».
Et j'ai aussi envie qu'on puisse partager ça, tu vois. Ouais, je vois. Toi, t'as, tu vois, une forme d'idéal de ce vers quoi tu aimerais tendre le moment où t'es un peu alcoolisé et tu remets le sujet sur la table. Est-ce que tu sais ce qui se joue pour toi, ce que t'aimerais qu'il advienne avec ta maman ? Ah, l'alcool est plus du tout un jeu. C'est hors de question qu'on mette l'alcool entre au moins la discussion aujourd'hui. Enfin, faut que tout le monde ait les idées claires quand on en parlera parce que c'est trop important aujourd'hui. Qu'est-ce que j'aimerais qu'il se passe ?
Exactement ce que tu as dit en fait, qu'elle m'écoute et que je me sente écouté, compris c'est un bien grand mot, c'est peut-être pas le but mais qu'elle s'intéresse en tout cas aussi à mon vécu et pas d'être sur la défensive, déjà si ça se passe comme ça, ça serait génial et je veux pas que ce soit un sujet qui est récurrent, on peut passer à autre chose après, y'a pas de problème mais...
Voilà, on verra. C'est les fondations, en fait, qui permettent après de construire la suite. Je trouve ça vachement important ce que tu dis. J'ai déjà eu de l'écoute passive, résistante, qui est une écoute pas du tout réparatrice. Quand je parle des larmes de mon frère, c'est que non seulement mon frère m'écoute...
et se connecte à moi et aimer une émotion il a pas besoin de dire des mots j'ai pas forcément besoin de mots mais c'est cette écoute, tu sais ce que t'as dit s'intéresser à et se connecter et je crois quelque part moi j'idéalise un pardon j'aimerais que mes parents disent ouais et mon père l'a fait mon père m'a dit j'aurais pas dû dire ouais ça devait être incroyable
Ouais, bon c'est papa, il a pas dit, c'était pas dans un film, il a pas pris la main en disant mon fils je te demande pardon, d'ailleurs j'aurais été ultra mal à l'aise, mais connaissant mon père il m'a dit j'aurais pas dû te dire ce que, j'entends ce que tu dis. C'est soit un sujet qu'il travaillait finalement, puisqu'il a fini par t'en parler de lui-même bien après, c'est quand même...
C'est Guillaume Le Bourrin. Avec mon micro comme bouclier, je suis allé leur poser des questions. J'ai foutu le feu et posé quatre bombes dans la famille. Et c'est ça que je trouve très dur dans nos chemins. Ce que j'ai envie de te partager, c'est que ton chemin est trop beau, Robin. Franchement, c'est vraiment un chemin de tentative d'apprentissage. T'essayes d'apprendre, t'essayes de...
de mettre des petites graines et de grandir dans un monde qui a plein d'endroits, te fait zéro cadeau, te donne pas de tremplin. Dans le monde étudiant, professionnel et intime, t'es dans un décalage complètement injuste. J'aime bien être là où on m'attend pas. Du coup, il te faut choper les codes, il te faut choper... Donc le fait que tu utilises des tremplins comme l'escorting ou l'argent
pour atteindre un endroit de ton bonheur. Après, tu glisses, tu dérapes, tu te fais mal et tout, mais c'est un...
c'est gentil merci non mais j'essaye pas d'être gentil là tu vois ce que je veux dire au final et tu vois moi similairement c'est pas l'escorting c'est pas l'argent mais c'est à un moment donné il y a quand même une forme de tu as dit j'ai dû casser l'image du garçon dans le premier épisode là et ça m'est resté marqué
Parce que quelque part, on doit casser quelque chose. C'est ma croyance. Donc le moment où j'ai fouté le micro sous les gens, ou quand ils voulaient pas parler publiquement au micro, tout ça n'est pas publié. Je sais pas, j'arrive pas à en faire quelque chose, c'est encore trop compliqué. Mais sinon, je disais, bah viens, on fait sans micro, on se parle. Les gens étaient là, ah, ça me violente et tout. Et quand tu disais, ah, ton père, ça a dû le travailler et tout, bah non, en fait, les gens...
Moi je suis déso mais il faut un peu leur rentrer dedans, il faut mettre le sujet sur la table parce que sinon on est trois putains de queers dans la famille ou on est deux ennemis et tout. Il y a une majorité d'hétéros qui quand je leur parle du sujet sont là, ah ouais pourquoi c'est important pour toi, pourquoi t'en parles maintenant ? Ils sont à mille milles de piger le délire du besoin de réparer les fondations.
comme tu disais j'ai pas besoin qu'on en parle tous les jours ma relation avec mon frère elle est à jamais changée on en reparle parfois si je suis agressé dans la rue je peux lui dire maintenant il y a un niveau d'intime qui est vachement puissant et qui est réciproque parce que lui s'il a un problème avec ses enfants ou s'il a un problème avec son boulot moi en réciprocité je suis à disponibilité je peux aller à cet étage là et là maintenant lui il peut aller à mon étage d'homosexuel
Tu vois ce que je veux dire ? Est-ce qu'on peut en attendre autant de toutes nos relations familiales ? Est-ce que c'est génial ce qui arrive avec ton frère ? Est-ce qu'il faut que j'attende ça de ma mère ? Est-ce que c'est faisable ou pas ? Est-ce qu'il faut faire le deuil aussi de ça ?
Alors, super, génial. Et puis en plus, il faut que j'arrête de parler parce qu'on est là pour toi. En tout cas, j'ai un peu de... Mais je sais pas, à l'intuition, je te livre tout ça. Et ma seule inquiétude, c'est que j'écrase ton témoignage avec le mien. Donc j'ai envie d'être... Avec plusieurs membres de ma famille, c'est l'opposé qui est arrivé. J'ai eu une écoute passive, agressive...
les gens m'ont rendu coupable de leur homophobie vraiment tout un délire limite c'est marrant tellement c'était grotesque et moi je suis dans une famille d'élite ENA, HEC, Polytechnique ça j'adore ça des gens qui se croient intelligents intellectuellement et qui dans une intelligence émotionnelle et l'intelligence la plus importante mais c'est 0 sur 20 eux qui adorent les notes
Et moi, personnellement, pour répondre à ta question, ça m'a été très utile dans mon deuil des relations avec cette famille ou avec ces gens-là d'avoir ces conversations. Donc, qu'est-ce que je peux attendre ? C'est parfait comme question. Le chemin que j'ai choisi est exposant.
Mais au final, entre un non-dit et un silence de poison comme un cancer qui me faisait du mal à mon insu, et des conversations frontales qui nécessitent alors un deuil et une relation qui évolue, puisque je reçois de la violence ou un non-accueil, qui pour moi n'est du coup pas ok, moi ça me va. Toi, tu le ressens comment ?
Attends j'ai pas compris, du coup ça te va d'en rester là ? En gros tu disais ah super ton histoire, là je te dis bah non je te raconte la partie positive, il y a aussi en effet quand tu confrontes la famille, bah tu peux perdre ou tu peux en fait être violenté et donc tu disais un peu ah mais est-ce que je peux espérer ça avec ma mère, je réponds oui.
tu peux confronter et en effet, possiblement, voir que la relation s'arrête à un endroit. Et moi, ce que je dis, c'est qu'au moins, tu le sauras. Et entre parenthèses, enfin, pas entre parenthèses, deux points, tu le sais déjà. Les gens qui ont dit de la merde, je le savais depuis le début, je me mentais. Et de toute façon, notre relation était déjà pourrie, puisque dans le non-dit, ils avaient bien délimité
le contour de leur crasse toi tu me disais est-ce que je peux espérer ça de ma mère tu réponds quoi à ta propre question je réponds qu'il faut pas faut que j'arrête d'avoir des attentes particulières à la fois oui j'ai un mince espoir que ça se passe bien, qu'il y ait une remise en question de sa part parce que je la vois sur d'autres sujets qui le fait qui évolue beaucoup donc je me ferme pas à cette porte là
Mais même si c'était pas ça l'issue et qu'elle restait sur sa défensive entre guillemets, mais qu'on arrive quand même à une résolution où moi je me dis c'est ok, j'ai pu m'exprimer, m'écouter, on se comprend pas mais on sait, let's go, je vis ma vie.
Mais d'avoir essayé, c'est ça le plus important. D'avoir mis les pieds dans le plat et de continuer après. Le silence est violent, comme tu disais, et le conflit peut l'être tout autant. Tant qu'on arrive à une résolution, que ce soit une évolution de sa part ou le statu quo, je passerai à autre chose après. Mais il faut...
Je sais pas si j'ai le droit de conseiller. Je pense que je me trompe. Tu sais, les conseils, c'est toujours les pires parce que je pense que chacun est sur son chemin et que des gens qui pourraient appliquer mon propos pourraient se faire très mal et ça serait très con. Donc je pense que je suis bête en disant ça. T'as peur que je le suive, que je sois si... Ah non, je pense que les gens sont super intelligents et que personne va se dire « Guillaume a dit que... » Mais je me méfie des gens qui donnent des conseils, donc je me méfie de moi. Mais moi !
en fait le silence est tellement violent et en fait imagine du pu genre une bulle de pu et qui te détruit l'intérieur et moi j'ai l'impression que confronter c'est fendre cette bulle de pu donc déjà quand tu fends ça fait mal ça saigne et le pu du coup coule tout autour et brûle la peau autour mais le pu il est pu à l'intérieur la peau autour je peux la soigner
La plaie, elle reste, mais je peux la réparer. C'est ça mon chemin et mon ressenti. Mais en effet, le puits explose.
Et les choses changent. Mais moi, je préfère une vie où j'ai percé le pu et ça arrête de me faire mal ainsi parce que je peux être beaucoup plus acteur d'une plaie qui n'a plus de pu. Je peux la soigner régulièrement, lui faire des petits bisous. Du coup, je n'ai plus mal aussi puissamment à cet endroit-là. Et enfin, je peux écrire autre chose. Je ne suis plus focus sur cette espèce de silence de pu qui est très actif. Le pu touche tous mes organes.
Donc le silence, sa violence, elle a un impact gigantesque dans la moindre de mes relations. C'est impressionnant comment c'est comme un cancer. Ça va partout, dans des endroits professionnels. Un truc qui n'a aucun rapport avec être gay slash la sexualité. Ce qui me fait peur, c'est que tu as fait plus d'années de...
de psychanalyste que moi rien à foutre je te promets, rien à foutre tant que t'as pas réglé les sujets on est toujours coincé quoi
il faut trouver sa façon de couper le pu de couper la boule je sais pas si c'est un bouton de mon image c'est pas très clair mais je serais trop triste si mon témoignage c'est le gars en fait c'est inatteignable ce qu'il a fait il a une compétence que j'ai pas j'ai zéro compétence si je publie les témoignages que j'ai enregistrés j'ai fait exactement ce qu'il fallait pas faire
J'ai pas bien parlé aux gens. Tu vois, j'ai pas du tout bien fait le délire. Ouais. Donc je devrais aller publier ces trucs. J'ai pas du tout, genre, c'était pas ultra intelligent. Au début, tu veux dire ? Ouais. Non, mais dans ma démarche, j'ai pas quelque chose que tu n'as pas. C'est un chemin, tu vois. Je n'ai pas quelque chose que tu n'as pas. D'accord, je comprends. Bon. Robin, il me faut reprendre le contrôle de ce témoignage qui n'est plus du tout ton témoignage, mais mon partage. Est-ce que tu veux rebondir sur mon propos ou on passe à autre chose ?
il y a une autre bafouille sur mon propos que tu aimerais ajouter non au contraire c'est pas du tout il faut partager parce que c'est comme ça qu'on voit aussi qu'on n'est pas seul dans ce qu'on vit et non c'est cool ouais
de quoi on parlait non c'est ok tu arrêtes l'escorting et je disais en fin d'épisode précédent que j'ai utilisé le terme rebondir et t'as dit ouais c'est un bien grand mot qu'est-ce qui s'est passé après 25 ans arrête l'escorting tu t'en sors