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Vous écoutez la deuxième partie de ce témoignage. Pour la première partie, c'est l'épisode précédent. Tu viens de raconter dans l'épisode précédent tout le début de ta vie, presque. Comment tu as grandi gay en Algérie jusqu'au moment, le déclic où tu décides de partir. Et tu racontes que tu pars parce que tu comprends que puisque tu veux une famille, un couple, trouver l'amour et bâtir…
une relation avec un autre homme tu pourras pas le faire en algérie ou en tout cas pas sans payer un prix du silence du mensonge que tu as pas envie de payer tu décides de partir comment tu fais pour partir bah je décide de venir en france c'est le plus simple alors en fait j'ai commencé à faire j'ai eu la chance pas la chance au fait c'est à mon mérite franchement
J'ai toujours excédé dans mes études sans trop faire d'efforts. Du coup, j'ai misé là-dessus, concrètement. Alors, j'ai fait ce qu'on appelle des démarches chez nous. Moi, je suis passé par le visa d'études dans le Campus France, par des gens qui connaissent, pour nos très chers auditeurs et auditrices qui ont entendu parler de ça.
Donc, j'ai déposé mon truc, j'ai eu plein d'acceptations, plein d'universités. En fait, j'avais le choix, donc j'ai choisi une ville où, pour l'anecdote, il n'y avait personne de ma famille, hein ?
C'est quand même, faut pas rigoler. Il n'y avait personne de ma famille à 300 kilomètres à la ronde. Je voulais m'éloigner vraiment. Déjà, même mes dernières années en Algérie, je prenais déjà mes distances avec eux. En fait, l'anecdote, c'est que je lisais une histoire en ligne qui parlait d'un amour entre deux jeunes qui étaient tumultueux et horrides et chauds et tout ça. Et ça se passait à Toulouse, la ville rose, comme on dit. Du coup, je me suis dit, je vais aller à Toulouse.
C'était quoi l'image que tu projetais de ta vie en France ? Tu te disais, c'est l'endroit où je vais enfin pouvoir vivre cet amour ? Ouais, complètement. J'avais un peu une image idéalisée de ça. Parce que pour moi, je me suis dit, voilà, en Algérie, ça bloque, ça coince. Parce qu'on n'assume pas, parce que la société est trop compliquée. Donc en France, à ce moment-là, il y avait déjà le passage du mariage gay, qui était en 2012. Parce que je me rappelle, avec mes parents, on regardait ça.
Et ma mère s'était retournée vers moi et m'a dit « Tu sais Elias, même ici en Algérie, il y a des homosexuels. » Je lui ai dit « Ouais, tu crois ? » Tu décides de faire ton coming out à 21 ans, donc deux ans plus tard. Qu'est-ce qui a animé cette décision ? C'est quoi ton déclic ? Le déclic, c'est simplement le fait que j'étais dans une relation qui durait depuis… Peut-être c'était plutôt 22 ans du coup. Pas 21, peut-être 22 ou 23 ans.
En tout cas, c'était vers cet âge-là. Mon déclic, c'était juste que j'étais en relation avec un garçon, que ça se passait bien, et que je me projetais vraiment avec lui dans le temps. En fait, je me suis dit « c'est le moment ». Et puis aussi, je souffrais de parler avec ma famille. Je commençais à faire des dépressions relativement sévères quand je parlais à ma mère surtout, parce que mon père, je lui parlais un peu moins.
Pourquoi ? Tu te sentais comment ? Je me sentais vouloir arrêter de vivre. J'avais plus mon énergie.
et ça je supportais pas parce que parce que j'aime bien la vie concrètement et puis je reste j'ai changé de pays j'ai fait déjà plein de trucs en sautant dans le vide pour mon bonheur donc je me suis dit vas-y je vais tester cette configuration là je vais leur en parler puis je savais qu'ils savaient aussi parce que ma soeur elle m'avait dit qu'en fait il n'y avait pas que mon père qui était tombé sur le dossier de porno sur mon pc qu'ils l'avaient tous vu en fait ah ah ah
Tu as des frères et sœurs ? Oui, j'ai une sœur et un petit frère. J'ai une petite sœur et un petit frère. Comment tu fais le lien entre la dépression que tu ressens et l'homosexualité ? En fait…
C'est la dépression que je ressens, l'homosexualité, et on va dire ce que je mettais dans ma vie d'avant qui me donnait de la stabilité, mon pays, ma culture, ma famille. En fait, au début, je savais pas trop doser, donc j'allais d'un extrême à l'autre. Donc je me disais, voilà, je suis gay, donc je peux pas être connecté à une religion, à une famille, à un pays, à une culture qui me rejette. Genre je la rejette, en fait. Très concrètement. Je vaux mieux qu'eux. Ha ha ha !
et ça c'était dans ma tête sauf qu'après fallait en parler j'y arrivais pas et en fait je pouvais plus supporter des discours où je montais je devais dire pour communiquer fallait que je reste dans cette espèce de bain religieux sans même arriver à l'homosexualité juste parler de prière, parler de ce genre de conneries et ça je pouvais plus supporter quand j'avais une demi-heure de ça avec un proche après je me sentais dépressif pendant un mois donc hop
J'ai vite fait le compte. En arrivant en France aussi, j'ai fait du bénévolat dans une association LGBT, un mois après mon arrivée, pendant deux ans.
En fait, j'étais à l'aise dans ce milieu-là, je me suis intéressé à fond, je faisais de l'accueil, donc je m'étais intéressé à la transidentité, à l'identité de genre, à la sexualité, aux différents aspects de sexualité, aux différentes personnes. Et le calcul dans ma tête, il était un peu fait, je me suis dit « voilà, ça c'est une réalité factuelle, et puis même, je la vis, comme tu l'as dit ».
Moi aussi je m'identifiais en fait à toutes ces personnes qui ont eu ces différents vécus sur plusieurs aspects, si ce n'est pas tous, même si voilà c'est pas les mêmes décors, c'est pas les mêmes personnes, c'est pas les mêmes lieux.
Et pour moi, en fait, le ressenti, il était là. J'étais connecté à ça. Donc, à partir de là, j'ai fait un choix qui était très extrême. Je me suis dit, voilà, je coupe tout. Donc, pour ça, c'est le plus simple. Pour moi, c'était juste de dire la vérité. Et puis, parce que je savais déjà, c'est pour ça que je voulais bouger d'Algérie. Je savais déjà que si j'affirmais qui j'étais, ça n'allait pas le faire avec ma famille. Tu t'attendais à une rupture. Ah ouais, quand on pleut. Du coup, comment t'as fait ce coming out et qu'est-ce qui s'est passé ? Parce que là, à ce moment-là, t'es à Toulouse, t'es en France. Ouais.
Comment j'ai fait ? Je pense que c'était par téléphone. Et par Instagram aussi. J'avais partagé des choses, des photos. Et… Puis après, on a parlé par téléphone avec ma famille. Donc, tu appelles ta mère ? Ou c'est elle qui t'appelle ? Ça, je m'en rappelle pas. Je pense… Je pense qu'elle m'a appelé. Je pense qu'elle m'a appelé. Et puis…
Ouais, c'est ça. Elle m'a appelé, donc. Et… Tu pensais à quoi ? Bah, en fait, à comment ça s'est passé. Parce qu'à ce moment-là, je fumais beaucoup de joint. Donc… Je me rappelle que c'était… Ouais, c'était un appel. J'ai eu d'abord ma mère.
Et du coup, je lui ai dit, voilà, j'ai envie de vivre avec un garçon et tout. Je lui ai même pas dit que j'étais gueux, je lui ai juste dit, voilà, j'ai envie de vivre avec un garçon, j'ai envie de construire une famille comme ça et tout. Et puis, elle faisait ses prières, là. Ouais, c'est ta refaire de là, des trucs comme ça, genre Dieu me pardonne. Il n'y a pas de force et de lucidité qu'avec Dieu, des trucs comme ça. Et elle m'a dit, ouais, moi, je vais jamais accepter ça et tout.
puis après j'ai eu mon père au téléphone aussi qui m'a dit ouais j'aimerais bien que la terre s'ouvre et qu'elle m'avale un truc comme ça parce que par rapport à la honte il m'a dit qu'il comprenait pas qu'il pourrait pas comprendre et tout et je me rappelle même pas de comment j'ai vécu ça en fait c'est assez fou fou je pense que j'ai fumé plus de joint pour digérer un peu les choses
Et je me suis senti très mal aussi. J'ai encaissé… J'ai encaissé une grosse dépression.
Parce que même si je m'y attendais, je savais pertinemment que ça allait arriver. Mais c'était vachement hardos. J'ai senti en fait un truc qui s'est coupé, un lien, une racine, ce qu'on veut. Enfin c'est pas ce qu'on veut, ce que moi j'ai ressenti en tout cas c'était comme quelque chose qui… J'étais branché vers quelque chose qui s'était fait arracher. Et puis comme une réalité que je savais en fait et qui était actée maintenant. Et…
Après voilà, je l'ai vécu bien quand même. Je peux pas encourager des gens à faire ça spécialement, ni les décourager à faire ça. Je peux que partager mon vécu là-dessus. C'est qu'après par contre, je me suis senti beaucoup plus à l'aise avec moi-même. Ça, ça a pas pris non plus dix ans, ça a pris quelques mois, mais après je me suis senti très bien dans mes bottes. C'est juste qu'après je supportais pas trop des gens qui n'avaient pas fait comme moi.
Je les comprenais un peu, mais je les trouvais très faibles. Et ça m'allait. Qu'est-ce qui s'est passé ensuite avec tes parents ? Ils ont coupé les ponts ? Mon père, il a direct coupé les ponts. Mon petit frère, pareil.
Et ma mère, elle m'a parlé un peu pendant 2-3 fois, en mode prêché et tout, j'ai eu même un genre de débat, elle m'a dit « toi t'es pas efféminé, parce que le prophète il accueillait des gens efféminés, c'était pas un problème ». Peut-être qu'ils se faisaient sucer, ouais !
Mais non. Mais en tout cas elle m'a dit t'es un garçon complet et tout, t'es un homme complet, ça n'a pas de sens et tout et tout et tout. Ah parce que pour elle, si tu étais homosexuel tu serais forcément efféminé ?
qu'elle voulait se réfugier là-dessus genre en mode si j'étais féminin ça aurait pu être compréhensible encore mais vu que là non en fait non mais je pense surtout que ma mère elle a toujours eu une image de moi qui m'amandeur de l'homosexualité avec la spiritualité et tout et tout qui était très très figé et ça lui a pris du temps pour se rendre compte beaucoup de temps même pour se rendre compte que cette image là ce n'était pas moi en fait que moi j'étais ben moi
J'ai jamais été ce tableau-là qu'elle avait dans sa tête et qu'elle voulait montrer aux gens, ou qu'elle accrochait quelque part, ou qu'elle se rassurait avec. Ça, ça en faisait partie. Du coup, pour elle, si j'étais féminin, ça aurait été plus simple. Si j'avais rien dit, ça aurait été plus simple. Plein de trucs auraient été plus simples, sauf la réalité, bien évidemment.
et après c'est moi qui refusais de lui parler parce que je la supportais pas aussi pareil ça me faisait des épisodes dépressifs en fait dès que je l'avais au téléphone j'ai pas assumé pour replonger là dedans aussi j'ai dit allez vas-y dégage et ouais financièrement du coup parce que toi t'es étudiant à ce moment là à ce moment là je devais me réinscrire à l'université et tout du coup je l'ai pas fait
Parce que voilà, des mois de dépression, je me sentais pas juste un peu mal. C'était des mois de dépression avant et pendant et un peu après. C'était vraiment au final, ouais, peut-être un an et demi. C'est plus que des mois. Mais en fait, j'étais très perdu dans mes repères. Et puis les études, j'étais pas très… Je faisais de l'ingénierie à ce moment-là, ça m'a jamais passionné tant que ça. Je le faisais parce que c'était très facile pour moi.
Et par contre, mon expérience avec l'association, qui s'appelle Arc-en-Ciel, ça, ça m'a donné… En fait, j'ai trouvé une vocation à accompagner, à écouter les gens et à les comprendre aussi. Donc, je voulais m'inscrire en psychologie. Ça ne l'a pas fait. Je n'ai pas réussi. Et en fait, financièrement, je n'avais plus de finances. J'avais à zéro. Rien. Des nadas. Que dalle. C'est-à-dire, tes parents ont arrêté de te faire des virements ou je ne sais pas quoi. Oui, j'ai arrêté. Ils te l'ont dit.
Ils t'ont dit on arrête de donner de l'argent ? Bah ouais, ils m'ont dit finito l'argent, le robinet est fermé et j'ai plus reçu d'argent de leur part à partir de ce moment-là. Je savais pas quoi faire, sur le moment je l'ai vécu en mode oléola, j'en ai pas parlé à mes amis parce que j'avais pas trop le courage d'en parler à ce moment-là à mes amis.
Un peu que je suis rentré dans la survie. J'étais un peu dans le mensonge. J'étais hébergé par un pote, mais on ne s'est jamais dit tacitement ce qu'il en était. Lui aussi, il était un peu dans la même merde. Il était homosexuel ou pas, mais en tout cas, il était attiré vers ça. Il était loin de l'assumer. Et…
À ce moment-là, j'ai commencé un peu aussi à faire du travail du sexe. J'ai fait ça vraiment vachement à l'instinct. Ce n'était pas une démarche cohérente. J'ai utilisé des applis de rencontre et puis il y avait déjà des gens qui m'avaient proposé ça. Des sous en échange de rapports sexuels ou en échange de massages sexuels ou des trucs comme ça.
Donc, j'ai pris ça quand il y avait. C'était rien du tout au début. C'était, on va dire, je sais pas, 200 euros le mois, un truc du genre. C'est arrivé deux, trois fois par mois, voire moins. Puis après, je suis monté-passé un moment ici à Paris. Et là, à Paris, je suis tombé sur un site où c'était un peu plus structuré.
Je me suis créé un profil et tout. Et là, je commençais à avoir un peu plus de sous. Sauf qu'au même moment, en fait, tout ça, je l'ai vécu… Je sais pas, en fait, il y a une partie de moi-même où je me disais « Ouais, ça va, tranquille, ça marche. » En fait, je me questionnais pas. J'avais fermé tout ça dans une boîte de Pandore. Histoire avec ma famille, ce que je ressentais, tout, tout, tout, tout. Je voulais juste, en fait, survivre, simplement.
et du coup j'avais de grosses incohérences dans ma façon de vivre donc je fumais des joints et puis ensuite j'ai découvert le chemsex j'étais tombé déjà dessus avant dès la première année où je suis arrivé à Toulouse le chemsex c'est prendre des drogues
Certaines drogues dures, pour spécifier, dans un contexte sexuel. Je la vivais pour moi en tout cas comme un échappatoire. Pendant 24 heures, je n'étais pas dans ma vie, j'étais ailleurs. J'étais entouré de personnes que je ne connaissais pas, il y avait un genre d'intimité qui était partagé. Et voilà, je kiffais. Tu te sentais en contrôle aussi ?
Oui, je me sentais aussi en contrôle ou à l'inverse. En fait, je me sentais dans le non-contrôle plutôt. Je me sentais dans le laissé-aller, dans un laissé-aller que je connaissais et qu'avant, je vivais assez tranquillement. Et puis que je n'arrivais plus parce que je me sentais vraiment dans la survie. J'étais au qui-vive. J'avais peur. En fait, j'avais un peu revécu ce que je vivais en Algérie, globalement. Mais en pire.
Genre porter un secret, ne pas être à l'aise à en parler. Je ne sais pas trop pourquoi, mais je ne suis pas parti chercher des associations LGBT à ce moment-là. Je crois que je n'étais même pas en état de faire ça. Les gens qui m'entouraient, c'était un peu des babies. C'était dans une autre réalité, dans une réalité où leurs parents leur donnaient plein de sous, ils faisaient de l'école lingée, où ils n'assumaient rien à part le fait d'essayer d'avoir une bonne note ou une note moyenne à l'école.
et moi en fait je voulais juste survivre donc c'était les gens qui m'étaient proches je m'étais déconnecté d'eux en fait moi je cherchais vraiment à manger et j'ai pas mangé tous les jours à manger ouais je voyais même pas mon avenir à ce moment là j'avais pas fait des démarches nécessaires pour renouveler mes papiers à ce moment là donc j'étais sans papiers
J'avais un problème au temps, je pouvais pas aller au dentiste. En fait j'avais peur de tout, j'avais peur de tout le monde, j'avais peur de ce que je vivais. Et même si j'avais quand même des bases d'informations, du moins avec le recul je peux me dire ça, mais sur le moment non, j'avais vraiment pas accès à ça. J'étais terrorisé.
Et les gens que je rencontrais, je pense qu'ils ne pouvaient pas savoir ce qu'il en était, ou peut-être qu'il y en avait certains qui en savaient, qui ont pu me donner quelques conseils d'ailleurs, d'autres qui savaient, qui peut-être ont juste abusé de la situation. Il y avait un peu de tout, c'est la vie pour moi, en tout cas c'est le monde, il est comme ça, les gens sont comme ça.
Et après, je me suis reconstruit petit à petit, vraiment. C'est venu très petit à petit. Donc, le travail du sexe, je me suis structuré dessus. Il y a eu le Covid. Et pendant le Covid, moi, j'ai aimé. Parce que j'ai téléchargé Pokémon Go. Je me suis acheté un vélo. À ce moment-là, j'ai fait une demande d'asile. J'étais en voie d'être régularisé. Donc, j'étais demandeur d'asile.
demandeur d'asile pour nos auditeurs et auditrices, c'est un statut, ici en France et en Europe et dans certains pays dans le monde, qui est donné à des personnes qui sont ou qui peuvent être persécutées, que ce soit dans leur pays d'origine, que ce soit par rapport à leur ethnie, à leur religion ou à leur identité sexuelle ou leur sexualité même.
Donc en Algérie, l'homosexualité, pour rappel, est interdite par la loi. Cette interdiction porte une forme, c'est pas la chasse aux sorcières non plus, du moins pas encore, mais c'est des années d'emprisonnement, c'est des amendes de sous, c'est génial, on fait vraiment des homosexuels entre eux. Et en plus j'ai fait une demande d'asile basée sur ça.
C'est à ce moment-là où tu as rencontré le refuge ? Tu étais au courant que tu pouvais être aidé dans ce moment ? Alors non, personne ne m'a orienté vers ça. J'avais entendu parler du refuge quand je travaillais avec Arc-en-Ciel, quand j'étais bénévole chez eux. C'est bizarre, ça ne m'a pas percuté en fait. Peut-être que je n'étais pas prêt aussi.
il y avait cet aspect là où je voulais m'en sortir tout seul où je croyais qu'il fallait que je m'en sorte tout seul où je croyais en fait qu'ils allaient me dire non parce que j'étais sans papier parce que quand j'étais demandeur d'asile je me suis un peu amélioré dans ma situation avec le confinement et tout parce que mon travail du sexe me rapportait plus donc j'ai pu soulouer des appartements donc j'ai pu reprendre de l'indépendance
Parce que le confinement a fait que les gens ont eu plus recours aux travailleurs, aux travailleuses du sexe ? En tout cas dans ton expérience, pardon. Ouais, dans mon expérience, c'est un peu ça. Et puis j'avais des tarifs plus élevés. Et puis moi, je bougeais en fait. J'en avais un peu rien à faire. Des flics m'ont déjà arrêté. J'aurais dit que j'étais sans domicile fixe, parce que c'est pas faux non plus. J'étais hébergé par des amis. Et que j'avais appelé le 115, je crois.
Le numéro d'hébergement, c'est de la merde. Franchement, ils ne m'ont même pas orienté vers le refuge, sachant que j'étais un petit jeune quand même et que je leur expliquais à chaque fois ma situation. De mon expérience, ça n'a pas marché en tout cas. Tu arrives à structurer un peu et à soulouer un appartement. Globalement, j'ai passé ensuite un an et demi, deux ans à soulouer des appartements pendant trois mois au maximum.
Et puis, j'ai contacté le refuge, en fait, à la fin d'une période où je trouvais plus d'appart, où j'avais une rencontre un peu avec quelqu'un qui prenait plein de produits et tout, et tout, et tout. Je sais pas quel délire m'a pris, mais je voulais l'aider. Genre…
Je voulais vraiment l'aider, ou du moins, c'est l'histoire que je me racontais aussi, concrètement. Peut-être que je voulais m'aider moi-même, sauf que j'y arrivais pas. En fait, je me suis laissé plonger à des trucs de prise de drogue, de prise de cam, c'est tout, à des trucs d'un non-sens complet, ça a duré un mois.
Sauf qu'en un mois, j'avais mon cerveau, le peu de stabilité psychique et de stabilité que j'ai construite, je l'ai faite complètement sauter et détruite. Du coup, après, je me suis retrouvé à l'hôtel pendant un mois. Ça m'a coûté super cher. Je me suis senti super mal. Et là, j'ai eu un déclic. En fait, je voulais m'en sortir. Parce qu'avant, je voulais aussi un peu m'en sortir, mais pas autant, en fait.
Je voulais toujours que les gens ne me voient pas tel que j'étais. J'avais d'autres priorités. Parce que moi, tel que je l'ai vécu, être dans la merde absolue, dans la survie, je voulais me protéger de comment les gens pouvaient me voir. Alors que c'est bête, parce que peut-être justement en m'entrant tel que j'étais, j'aurais pu être mieux aidé ou mieux accompagné ou juste orienté. Ou peut-être pas.
Et là j'ai contacté le refuge une première fois. Tu connaissais comment ? J'ai cherché sur internet, jeune LGBT, un truc du genre. C'était vraiment une recherche sur Google. J'en avais entendu parler mais l'information n'était pas remontée.
Et je les ai appelés, j'aurais expliqué ma situation d'état et tout. Ils m'ont dit « Ok, t'inquiète, on te rappelle ». Ils m'ont rappelé quelques jours après. Et en fait, ils m'ont dit « Voilà, on t'a trouvé un hébergement, mais ça peut pas être sur Paris ». Parce que je ne l'ai pas dit, c'est un peu important, c'est que moi j'ai déposé ma demande d'asile à Toulouse.
En 2020, je suis monté à Paris pour passer mon entretien de demandeur d'asile, qui était prévu pour le 18 mars, donc quelques jours après le confinement. Je suis monté le lendemain de mon arrivée à Paris, donc il y a eu l'annonce du confinement, et je n'avais pas où habiter à Toulouse, donc je suis resté sur Paris parce que je pouvais être hébergé là-bas. Et puis je ne savais pas que mon rendez-vous allait être annulé, il a été annulé.
Donc après je suis resté sur Paris, c'est pour ça aussi que j'ai eu le meilleur revenu, c'est qu'ici à Paris en fait il y a plus de population, le travail du sexe il marche mieux qu'à Toulouse, voilà, concrètement. C'est pas un conseil, ni une recommandation, c'est une réalité. Et le refuge m'a dit par contre il va falloir que tu repartes à Toulouse, ils m'ont même pris un billet de train, et je lui ai dit non. Je voulais rester ici, c'est comme ça que je le sentais.
Et je suis resté donc. Là, j'ai redemandé l'aide de la famille à ce moment-là. Parce que j'avais trouvé un appart, sauf que je pouvais pas payer le premier mois. Je venais de faire à moi l'hôtel avec 60 euros par nuit.
J'ai payé très cher le mois à l'hôtel, franchement, ça puait la merde. Et du coup, j'ai un oncle à moi qui se chargeait de faire le virement. Donc voilà, j'avais un mois, tranquillou. Là, j'ai rencontré un garçon, c'était sympa. Et puis après, j'ai trouvé d'autres apparts, j'ai continué à faire du travail du sexe. Et là, pareil, j'ai revoulu construire avec ce garçon et tout.
du coup j'ai arrêté le travail du sexe parce que je pouvais pas je pouvais pas avoir un mec être prostitué ça le faisait pas pour moi je me sentais très mal j'avais pas à gérer les deux vraiment pas donc je me suis dit bon qu'est-ce que j'ai envie de faire de ma vie c'est de faire du bien aux gens concrètement c'est ce que j'ai retenu de toutes ces expériences c'est un truc que j'ai toujours cherché à me faire et du coup je me suis dit bah voilà c'est ce que je veux faire
je me suis orienté vers le massage parce que du travail du sexe au massage en tout cas à mon sens à ce moment là il n'y avait pas grand chose à franchir sauf que c'était vraiment compliqué parce que les gens enfin je pouvais pas j'ai pas fait une école de formation donc c'était pas genre aller travailler dans un centre j'étais tombé sur un spa je l'ai loué au début ponctuellement et je travaillais là-bas donc tranquillement à mon compte je gagnais beaucoup beaucoup moins
et je subissais beaucoup de harcèlement sexuel ce que je disais aux gens c'est pas un massage sexuel c'est un massage machin les gens me disaient oui puis ensuite ils en avaient un peu rien à faire ils essayaient de mettre la main à la queue des trucs comme ça et ça je réagissais de deux façons soit ça réveillait chez moi le fait que je m'étais fait abuser du coup je voulais éclater la personne contre le mur voire même la tuer soit en fait je me taisais je refoulais ça à l'intérieur de moi donc ça se retournait contre moi ou contre mon mec ou contre quelqu'un ou même ma perruche à ce moment là
T'avais un oiseau, c'est ça ? Ouais, nous avions… Enfin, c'était la perruche de mon mec, mais du coup, c'est devenu notre perruche. C'était notre perruche. Dédicée à ça. Et en fait, ça… Ça a duré un petit moment, ça. Et… J'ai eu ma demande d'asile qui a été acceptée. Et j'ai eu un contact avec le refuge, récemment. Donc, il y a… On resituait, c'est en 2023, au début 2023 ?
Les motifs sont très simples. Ma demande d'asile, je l'ai déposée en 2020. Elle a été instruite jusqu'en 2022. J'ai eu le statut de réfugié, donc on m'a légitimé dans ma démarche. Sauf qu'après ça, j'ai eu accès à aucun droit.
Au-delà d'un truc administratif, j'ai pas eu de pièce d'identité. Du coup, en fait, que ce soit Pôle emploi, que ce soit la sécu, que ce soit plein de conneries comme ça, j'ai pas eu accès. Du coup, j'ai fait plein de démarches pour avoir accès. Je suis toujours en train de faire ces démarches-là, d'ailleurs. Là, on est en fin 2023, donc ça va faire un an et demi.
Que tu n'as pas de carte d'identité, et sans carte d'identité en fait… Tu ne peux rien faire en France. Tu peux avoir un appartement sans carte d'identité ? Non, là mon appart je l'ai eu par de la connaissance, par quelqu'un que je connaissais, sinon je ne peux pas louer un truc en fait.
Et tu n'as pas de carte d'identité, simplement, tu as le droit, tu as ton statut, et tu ne l'as pas parce que blocage administratif. C'est ça. Et je ne suis même pas un gars particulier. Au début, je pensais peut-être que c'était du racisme vers les Arabes. En fait, non, j'ai rencontré quelqu'un qui était russe, et qui, pareil, ça fait un an, il n'a toujours pas son papier d'identité. J'ai rencontré quelqu'un qui était vénézuélien, c'est pareil. J'en souffre beaucoup.
Et à chaque fois que je vais vers des gens pour savoir, je suis accompagné là-dessus par le défenseur des droits à la République, par des juristes, par des assistantes sociales, par une avocate, par le refuge aussi. Et à chaque fois, ça donne rien. Ça prend beaucoup de temps. Et le
Du coup, c'est pour ça que tu contactes le refuge ? Oui, je contacte pour ça, pour le logement. Donc, je les ai contactés pour le logement. D'abord, par rapport au papier, parce que j'ai vu qu'ils existaient, encore une fois. Et j'ai vu qu'ils avaient une avocate. Donc, je les ai contactés d'abord pour avoir accès à l'avocate avec qui on a eu des entretiens et tout. Elle est géniale.
Et puis après, je les ai recontactés par rapport à l'hébergement, parce que je m'étais séparé avec mon ex à ce moment-là, et j'arrivais pas à trouver de logement. Autant j'avais les ressources financières, autant je pouvais pas juste postuler, parce que j'avais pas de pièce d'identité, j'avais rien pour prouver, quoi que ce soit.
Et du coup, j'ai été hébergé un mois après. Pour moi, c'était une expérience très cool. Je pense, peut-être que c'est pas tout le monde qui peut en avoir conscience sur le moment. Moi-même, il y a quelques années, j'avais pas conscience de la chance que j'aurais pu avoir en étant hébergé par eux. Mais à ce moment-là, en tout cas, j'étais assez mûr pour ça.
Donc ce qu'il y a à savoir sur le refuge, c'est que quand on est hébergé par eux, ce n'est pas simplement un accès à un appartement décent qu'on a, c'est aussi un accompagnement. Donc ça va être déjà un intervenant social, un travailleur social qui est là pour faire tout ce dont on a besoin, donc que ce soit administratif, que ce soit au niveau professionnel,
Que ce soit au niveau, peut-être aussi psychologique. Il n'est pas psychologue, mais le refuge a des psychologues à disposition. Il pourrait en avoir plus. Tu trouves ? Avec votre aide, oui. Tu invites les gens à faire des dons. Ah oui, complètement. Parce que ce qu'il y a à savoir, c'est que la réalité, elle est vachement dure et ardue.
C'est à ce que je viens de raconter, tout comme on peut tous s'identifier vers l'homosexualité, moi je m'identifie à plein de jeunes qui n'ont juste pas un lien avec leur famille à cause de leur sexualité. C'est des gens qui habitent ici en France, c'est des gens qui viennent de l'étranger, c'est des gens qui ont eu des tentatives de meurtre par leurs parents, c'est des gens qui se sont fait rejeter alors qu'ils ont été adoptés, juste parce qu'ils sont gays quand même.
Par des gens avec des ressources très grandes et des positions très grandes. Donc le refuge, vraiment, c'est un refuge pour des personnes LGBT, donc gay, lesbien, trans, bi, entre les deux, entre tout ça même !
où en fait on choisit pas qui en est moi j'aurais aimé choisir différemment j'ai même essayé ça marche pas c'est malheureux à dire et en même temps c'est le bonheur à dire parce qu'on est qui on est je suis qui je suis et j'ai le droit d'être heureux tel que je suis tout comme tous ces jeunes là, tous nous les jeunes du refuge on a le droit d'être heureux tel qu'on est
Alors, en fait, faire un don au refuge, ou simplement en parler, ou simplement avoir conscience de leur travail, c'est savoir que nous, tous, comme ça, on a de la valeur, quand même.
que malgré des vécus un peu différents, on a eu beaucoup de souffrance, juste parce qu'on est né peut-être dans des milieux qui refusaient qui on était, simplement. Qu'à cause de ça, la souffrance c'est un mot, mais c'est une réalité en fait. Ça a créé un décalage, parce que là où des gens en fait ont juste leurs études à faire, pour avoir un travail, nous on doit gérer des mensonges, on doit gérer des dépressions,
On doit gérer des fois des choses sur lesquelles, surtout, on n'arrive même pas à poser des mots. On doit gérer des rejets, parce que c'est hard quand ton père ou ta mère te disent « ouais, en fait, je veux plus de toi ». Moi, je ne savais même pas que c'était possible avant. Je l'imaginais, mais je ne pensais pas vraiment que ça allait être ça.
Et quel que soit le niveau culturel, ça vient de tous les milieux, c'est pas que les pauvres, c'est pas que les bourgeois, c'est pas que les religieux, ça vient vraiment de partout, c'est juste des gens qui n'ont pas fait peut-être toute leur dose de vaccin, je sais pas.
En tout cas, le refus, ça permet d'avancer là-dessus, de rencontrer des gens comme moi. En tout cas, j'ai rencontré des gens comme moi. J'ai eu beaucoup de structures parce qu'en plus des intervenants sociaux, en plus d'une aide financière, en plus d'opportunités de voir des spectacles, de passer notre permis, d'être financé et soutenu pour des formations à l'université, des formations en privé…
Il y a aussi tout un volet très convivial avec plein de bénévoles. Je remercie infiniment, tout comme je remercie en fait toutes les personnes qui sont dans le refuge, très sincèrement. Merci beaucoup, beaucoup, beaucoup. Où il y a de la convivialité, des activités, où en fait on dédramatise un peu.
Parce que malheureusement, même avec tout ça, faire la victime, ça nous dessert. Très concrètement. Faire la victime, c'est prendre un fouet et se taper soi-même, et pas en mode BDSM, en mode vraiment souffrance. Quand j'ai recontacté le refuge, que j'ai été hébergé par eux, j'étais dans un appart avec des personnes, c'était génial.
C'était pas génial dans le sens où la sérénité, le calme, c'était très animé. Mais j'ai kiffé parce que c'était très authentique. Avant, mes amis, en fait, je leur parlais 10% de ma vie, 15%. Parce que j'arrivais pas. Quand je leur parlais d'autres choses, ils bloquaient. Ils s'étaient sidères. Ils jouaient…
tiens Xanax je voyais que c'était trop pour eux en fait et après du coup moi je le prenais pour moi je me disais putain mais je suis anormal alors que non en fait c'est juste une réalité être gay ou être différent dans ce sens là déjà que ce soit en Algérie que ce soit en France peut-être en France c'est clairement moins de gens qui peuvent vivre ça mais dans les deux cas en fait ça reste toujours très compliqué d'être gay et de construire sa vie bah ici en France voilà on peut être gay sans aller en prison c'est très bien c'est génial c'est cool
Mais moi, de mon expérience, je m'attendais quand même qu'en France, en arrivant, que ce soit simple de rencontrer un garçon, de lui tenir la main dans la rue. Et dès ma première relation, je me suis rendu compte que non, je me suis pris un gros mur sur la gueule. Je me suis rendu compte que les gens, ils étaient encore en train d'aller en backroom, de mentir, de faire ce que je ne juge pas, vraiment pas.
Tranquille. Mais ce que je souligne, c'est le fait, en fait, que quand, par exemple, j'avais un mec qui voulait qu'on se prenne la main dans la rue, il était absolument pas à l'aise, il avait peur. Que quand je voulais l'embrasser dans la rue, c'était pareil. Moi, j'étais dans l'inverse, parce que je venais d'un pays où vraiment je pouvais pas. Je me disais dans ma tête que je pouvais pas ou que j'avais peur des gens. C'était vraiment basta, finito, à l'attente.
Donc, je me suis pris cette réalité-là. Ça reste compliqué en France, en fait. Ou alors peut-être du moins en imaginant ce que j'imaginais. J'ai envie qu'on en parle dans l'épisode prochain. Où est-ce que t'en es aujourd'hui ? Comment est-ce que t'as réussi à tisser quoi ? T'es resté combien de temps au refuge, du coup ?
Je suis resté hébergé par eux pendant un mois. J'ai fait un très court séjour. Ce n'est pas le cas de tout le monde. Chacun fait son séjour et son expérience. Du coup, j'ai passé un mois avec eux qui m'a permis de bien me structurer. Je n'avais pas de loyer. J'étais dans un safe space. Je me sentais en sécurité. J'étais entouré de personnes qui étaient comme moi. J'avais un intervenant social qui m'accompagnait.
Je me sentais pas seul en fait, j'avais pas la solitude très profonde dans laquelle j'étais. Qu'est-ce qui t'a fait le déclic de partir ? C'était une opportunité d'un logement ailleurs, que je pensais être une très belle opportunité, mais en fait pas du tout. Parce que sur le moment, je m'en rendais pas forcément compte.
Mais la personne qui m'avait proposé ça, c'était un ancien client d'escortisme qui avait fini par prendre énormément de place dans ma vie. Et pas gratuitement, bien sûr. Je lui ai beaucoup donné. Enfin, il a beaucoup pris de moi. Je ne fais pas non plus la victime. À mon âge, je suis responsable de moi-même, même si, comme j'expliquais à un décalage, je reste responsable.
Mais voilà, cette personne, je lui ai appris à masser gratuitement. Je l'ai massé pendant presque deux ans pour que dalle. En fait, elle me tenait par un truc d'amitié. Elle m'a proposé ce logement-là qui était à son ami. Et ce dit ami m'a fait des avances qui m'a parlé de son cul dès que j'ai visité l'appart. Sur un moment, je n'avais pas débloqué. Je voulais cet appart, en fait. Je voulais…
bouger je voulais avancer peut-être un peu trop vite mais c'est ok c'est comme ça et voilà le déclic pour moi c'était vraiment avancer c'était genre rattraper mon retard ou du moins c'était l'histoire que je me racontais parce qu'on est dans la vie on n'est pas dans une course il n'y a pas à courir vite les choses elles arrivent quand elles arrivent on prend chacun son temps et on a tous notre vécu et tout est ok
Mais sur le moment où tu avais envie de passer à autre chose. C'est ça. Pour moi, c'était la suite logique et normale parce que j'avais contacté le reflux parce que je n'arrivais pas à trouver d'appart. Donc, quand l'appart s'est présenté, je l'ai pris sans trop regarder sur les conditions ou l'environnement ou comment ça se passait.
Ok. Prochain épisode, on fait la suite et la fin de ton chemin. Pas la fin, mais en tout cas jusqu'à aujourd'hui. Où est-ce que t'en es aujourd'hui ? Ce que j'ai trouvé vachement intéressant, quand on a préparé cet entretien, tu m'as dit qu'assez récemment, là, t'avais eu un déclic.
Autour de tes addictions dont tu as parlé, je trouve ça intéressant de visibiliser qu'on tombe dans l'addiction et on trouve des façons de fuir nos bagages pour étouffer, en tout cas pour faire taire un peu plus des choses qui sinon assourdissent.
Et tu m'as dit récemment, et j'ai hâte que tu me racontes, que tu as pris la décision d'arrêter certaines substances pour justement être peut-être plus en capacité d'entendre et de commencer à démêler. Du coup, si tu es OK, tu vas raconter ça. Oui, complètement. Oui, ça me va. J'adore raconter. Je pense que tout le monde l'a compris. Tu le fais très bien. Merci Elias. Merci beaucoup.
Comme Elias que vous venez d'entendre, plus de 1200 jeunes LGBT ont fait une demande d'aide au refuge cette année. Le refuge a besoin de nos dons pour continuer sa mission et aider encore plus de jeunes LGBT rejetés par leurs parents. Et si tu fais un don avant le 31 décembre, il te sera défiscalisé. Concrètement, si tu donnes 10 euros maintenant, ça ne te coûtera en fait que 2,50 euros.
Pour faire un don, c'est super simple. Tu tapes bit.ly slash refuge don dans ton navigateur. Refuge don, c'est tout attaché et don est au singulier. Voilà. Merci.