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Stéphie, on se relance ? Oui. Partie 2, tu es très souriant.
c'est vrai toujours ? toujours bah trop cool c'est très agréable partie 2 de ton témoignage nous sommes tous les deux à Montélimar oui toi tu habites maintenant pas très loin quand même à une heure de voiture une heure de route oui je fais l'aller-retour dans la journée c'était maintenant ou jamais pour enregistrer ton témoignage et je trouvais que ton témoignage il était puissant à plein de niveaux et là on était en train de raconter enfin tu étais en train de raconter grandir en tant que gitan égay
Oui. Comment tu fais ? Comment ça fait ? Et dans toute la première partie, tu décrivais l'atmosphère de violence généralisée, dans laquelle principalement, même s'il y a des alliés et même s'il y a des soutiens, il y a une violence généralisée. Et je pense que ma question, c'est comment…
Comment tu vis tout ça, toi, dans ton intérieur ? Est-ce que tu identifies que, par exemple, quand tu allais te masturber tout seul dans ton intime, après, tu avais de la honte ou tu pensais à ces insultes ? Est-ce que ces insultes, elles ont eu un impact direct sur ta santé mentale dont tu te souviens aujourd'hui ? Oui, un petit peu, parce que les insultes…
Toujours jeune, mais quand tu es jeune gay et que tu commences à t'assumer les insultes, ça fait mal parce que la carapace, elle est encore fine. Mais après, non, je n'ai pas eu de honte pour la découverte de mon corps ni le plaisir personnel.
Ça, je n'ai jamais eu de honte vis-à-vis de moi, mais… C'est marrant parce que, d'ailleurs, je ne l'ai pas dit dans l'épisode précédent, mais toi, tu es d'accord de partager ton Instagram. Donc, je vais le mettre dans le descriptif de l'épisode. Et je te disais, je te demandais, est-ce que tu souhaites être contacté ? Tu m'as dit oui. Et je t'ai dit, fais attention parce que tu peux recevoir des messages magnifiques, c'est ce que j'espère. Et puis aussi, tu peux recevoir des messages nuls. Et là, tu m'as dit, tu sais, les insultes. Tu travailles avec ce que tu m'as dit là-dedans ? Tu m'as écrit quoi ?
J'ai dit les insultes, j'en ai déjà eu et j'en aurai encore. Donc, je m'en fiche. Pour toi, pour la suite de ta vie, à jamais, en fait, parce que tu es gitan et gay, tu auras encore des insultes. C'est comme ça que tu comprends le futur. Peut-être pas parce que je suis forcément gitan, mais on aura toujours des insultes. Et puis, dans la manière de faire…
Oui c'est vrai que, excuse-moi je t'interromps parce que j'ai dit une bêtise, toi tu parlais autant de tes racines portugaises qui te sont compliquées dans ton rapport à ta famille, ta maman étant portugaise, que ton papa et tes racines gitanes. Donc t'as raison que je devrais dire les deux. Mais toi t'as l'impression qu'on aura toujours des insultes, c'est toi et moi en tant que gay ? Ou c'est toi ?
Ah oui, je pense en tant que gars. Toi et moi ? Oui. Surtout toi qui es maintenant médiatisé et je pense que tu dois en avoir peut-être, mais…
Moi, j'en reçois alors que je ne suis clairement personne. Je veux dire, je ne suis pas reconnu dans le milieu. Alors si, dans le milieu gitant, tu disais dans l'épisode précédent que ton nom de famille est un peu célèbre. Mon nom, oui. Et on exige de toi que tu rentres dans la case qu'on a pour toi et que c'est un problème de ne pas en être. Du coup, comment tu fais ?
Est-ce que, du coup, tu as des envies sexuelles ? Oui. À cette époque-là, pendant que tu reçois toutes ces insultes, tu as autour de 16 ans, c'est ça ? Oui, de 16 à 20 ans. Donc, tu as des envies sexuelles en toi. Comment est-ce que tu les vis ? Est-ce que tu peux les vivre et comment tu fais ? Au début, c'était compliqué parce que je découvrais à peine les sites de rencontres parce que, de base, c'était uniquement pour… À l'époque…
C'était uniquement pour les hétéros. Et après, j'ai découvert… Et puis, il y avait aussi le problème de… Je vis chez mon père et je ne peux pas faire venir quelqu'un en disant que ce n'est pas mon copain. Et en plus, il ne savait pas que j'étais gay. Donc, je ne pouvais pas. Et du coup, j'ai découvert un site en premier qui s'appelait, parce qu'il n'existe plus, c'est Coco.
Et du coup, j'allais sur ces sites-là. Coco qui a été fermé. Il a été fermé parce qu'il y avait beaucoup de… Un des guet-apens homophobes. Beaucoup d'agressions homophobes, mais aussi plein de… De magouilles. De magouilles, oui. Où en gros, ils ne checkaient rien. Enfin, la plateforme se dédouanait de… Il n'y avait pas de modérateur. OK, d'accord. Et donc, comme ça, tu fais des rencontres. J'ai commencé par ça. J'avais 16 ans.
Et du coup, tout allait très bien. Tu l'as rencontré où, du coup ? On est dans les Rho, là ? On est dans les Rho. Sud de la France, pas loin de Sète, au bord de plage. Du coup, moi, je l'ai rencontré…
soit dans les forêts, ou alors dans les garigues, plutôt, comme on est dans le sud, ou alors en voiture, en fonction de la période. Tu me permets d'être très parisien ? Oui. J'ai un doute, c'est quoi une garigue ? Dans les garigues, c'est pas loin… Je vois ton petit sourire moqueur. Non. Tu as le droit de te moquer de moi. Non, mais moque-toi, moque-toi !
Une garigue, c'est pas loin de la plage. Il y a souvent des broussailles, des espèces de buissons qui poussent uniquement dans le sud, avec une terre un peu sèche. Et du coup, ça cache un peu. J'ai commencé directement par des hommes beaucoup plus âgés que moi. OK.
Parce que j'avais peur, même s'il y avait des jeunes, par exemple 18, 20 ans, 22 ans, j'avais peur de les fréquenter. Parce que je savais que, imaginons, c'était des hétéro-curieux ou des guéris-foulés. J'avais peur que si on se revoyait le lendemain avec sa bande de potes, ils disent lui, c'est un PD. Du coup, j'avais peur de ça. J'avais un recul sur ça qui était incroyable.
Du coup, je passais plus sur des hommes de 37, 40 ans, un truc comme ça. Et j'ai vraiment fait que ça en plein voiture. Parce que du coup, et j'imagine pas de gitan ?
Non. Donc tout à fait extérieur à ton monde, comme ça, tu te sentais en sécurité, c'est ça ? Ouais, ouais, ouais. Et puis voilà, et donc du coup, je leur disais plein voiture, parce que souvent on te demandait est-ce que tu peux recevoir, moi je peux pas recevoir. Je disais moi je peux pas recevoir, évidemment, par respect pour mon père et puis par respect pour moi-même. Et du coup, plein voiture, j'allais dans les forêts, dans des coins tranquilles,
Air d'autoroute aussi, ça fonctionne aussi. Mais toi, tu vas à l'air d'autoroute en vélo ? Ah non, on me récupère et après, on m'emmène. Ah, monsieur a des… Ah ben oui. Petite flemme. J'avoue, l'été, il fait tellement chaud que tu ne fais pas du vélo. Ah non, en plus, je n'ai pas de vélo. Non, mais c'est le mec qui a envie de moi, de base. Ah bon ? Bien sûr. Pourquoi c'est que dans ce sens-là ?
Eh bien parce que c'est lui de base qui envoie un message. Après moi je peux faire un effort si c'est moi qui envoie le message. D'accord. Mais si le mec, à l'époque j'étais beaucoup plus jeune,
Plus mince et plus jeune. Et du coup, ça plaisait beaucoup. Ils m'envoyaient des messages, mais ils se déplacent. Et moi, je n'avais pas le permis. Donc toi, dans ce moment-là de rencontre avec la sexualité, c'est plutôt les hommes qui viennent à toi. Et il n'y a pas de drague. Tu te souviens, épisode 1, tu disais qu'une des valeurs gitane que tu trouves chouette, c'est de se draguer, de ne pas consommer. C'est marrant, je fais vachement un lien avec ça. Courtiser. Donc là, tu n'étais pas courtisé ?
Et non, j'estime que je n'ai pas courtisé parce qu'à cette époque-là, je voulais me découvrir sexuellement. Et il n'y a pas de courtisage. Et puis en plus, comme je découvrais les trucs…
Enfin, ces sites dédiés à ça, aux relations d'un soir, souvent, on reçoit une vidéo d'un organe génital avant d'avoir un bonjour, ça va. Donc, il n'y avait pas de… Non, moi, je n'étais pas une courtisane. Oui, ce n'était pas le bon espace. Est-ce que tu as l'impression que tu n'allais qu'avec des hommes qui te plaisaient ?
Oui, mais j'aimais bien les papas. À l'époque, j'avais 16 ans, donc je les appelais les papas. Mais j'aimais bien les papas, mais je choisissais les papas.
Et puis je choisissais en fonction de comment ils me parlaient. Et puis voilà. Parce que les jeunes, j'avais peur du coup de leurs agissements le lendemain parce qu'ils n'acceptent pas. Et j'ai fait l'expérience d'ailleurs avec un collègue d'enfance qui, lui, clairement m'a abordé en me disant « Viens regarder un film ». Je pensais que c'était vraiment juste pour un film.
Je suis allé dans son lit. Il m'a dit, vas-y, on se met dans le lit, calé. J'ai fait, OK. Excuse-moi, collègue d'enfance ? Collègue, c'est que tu travaillais avec lui ? Non, collègue… C'est une expression, je crois, que je comprends pas. En dessous d'un ami. OK. Oui, voilà, c'est un pote, voilà. OK, compris. Et du coup, il m'a dit, on se met dans le lit. Il met le film. Et après, il me dit, mais t'es timide ou quoi ? Je fais, mais comment ça, je suis timide ? Je suis là pour regarder le film. Et après, du coup, on a…
On a fait ça, on a fait ce qu'on avait à faire, quoi. Est-ce que… Du sexe ? On est sur un peu de sexualité ? Oui, non, non, du sexe, oui, bien sûr. Et en plus, je pensais que lui, de base, il devait être actif, étant donné que de base, il est hétéro. Au final, il a voulu essayer autre chose.
Du coup, on a fait ce qu'on avait à faire et après… Tu l'as pénétré ? Hein ? Tu l'as pénétré ? Oui. Et après, le lendemain, on n'en a pas reparlé. Je voulais pas le forcer parce que je sais que pour lui, c'était une première. Mais après, il a commencé à agir bizarrement. Il a pas accepté, alors que je sais très bien que…
que ce n'était pas la première fois qu'il me faisait des avances, je le comprenais. Ça me parle complètement. Je vois tout à fait comment ça peut modifier des relations et voire même te mettre à risque. Un gars, moi, ça m'est arrivé. Ça m'est arrivé beaucoup plus jeune au lycée que du coup, il y a un gars hétéro qui veut jouer avec moi. Et moi, de me sentir en risque parce qu'en fait, après, il m'en veut.
Oui. Il m'en veut de ses propres agissements. Et en fait, ça peut me coûter dans la cour de récré socialement et tout. Je te comprends complètement. Toi, quand tu regardes 16 à 20 ans dans ces années-là que tu viens de décrire avec ses plans voiture, Garig, tu dirais que c'est plutôt positif, c'est plutôt t'as aimé ce sexe-là, t'étais dans la joie ou moite-moite ou négatif ?
Non, c'est la seule manière pour moi que j'avais d'avoir une sexualité. Donc, je pouvais pas comparer par rapport à autre chose. Donc, pour moi, ça m'allait. Après, bon, les plans voiture, c'est un peu galère parce que… Même à 16 ans, je faisais ce taille-là et puis… Tu veux te décrire physiquement ? Oui, bien sûr. Tu dis, même à 16 ans, je faisais cette taille-là, mais comme les gens qui écoutent t'ont pas vu. Ah oui. Tu ressembles à quoi ? Je sais pas, je fais…
J'étais beaucoup plus mince, mais je dois faire 1m75. Je devais faire 70 kilos. Tu éloignes le micro de ta bouche à ce moment-là. Je devais faire 70 kilos.
Pour 1m75. Tu veux dire que tu as une forte corpulence ? En vrai, je ne comprends pas le lien entre ta taille et le plan voiture. Tu n'es pas très grand ? Tu me permets ? Ça dépend de la voiture. Ah, c'est vrai. Mais attends, tu es aussi grand que moi. Moi, je suis petit. C'était dans une Panda, quand même. Ah ! Le mec était très grand, quand même. Donc, c'était un peu compliqué. On est d'accord. Mais je suis d'accord que moi, je n'ai jamais eu un rapport intime dans une voiture. Ah oui ? Jamais ?
Jamais. Mais moi, tu sais, j'ai grandi en ville sans voiture. Ouais. Ou en fait, je me déplaçais en transport en commun, donc la voiture… Mais tu devais avoir un appartement. Pour recevoir, non. Non ? Non, à l'époque, non. Bon, on s'en fout, mais toujours est-il que…
Quand je te demandais alors t'en as pensé quoi t'as dit mais en fait j'ai pas de point de comparaison est-ce que est-ce que tu vois on parlait de ce climat de violence ou pendant que tu essaies de rencontrer donc tu découvres ta sexualité en dehors de ta communauté en fait en dehors de…
De ton environnement, tu vas chercher des gens très différents. On pourrait se dire que tu pourrais aussi coucher avec des gars de la ville d'à côté qui ont ton âge. Tu sais pourquoi tu vas vers des daddies ? Pourquoi tu vas vers des papas ?
Alors, ça, c'est un truc que je ne sais pas pourquoi. Au début, je me disais que j'avais honte de draguer des jeunes parce que je n'avais pas assez confiance en moi. Peut-être, je pense. Et j'avais peur du jugement et je préférais les daddies parce que je sais que les daddies, ils aiment bien les jeunes.
Et j'avais un corps qui leur plaisait. Et puis voilà, je me suis dit, écoute, c'est l'expérience aussi. Donc voilà, mais non, je ne faisais pas de jeûne. J'ai dû en faire un ou deux, mais pas plus, jusqu'à…
Jusqu'à mes 19 ans. 16-19 ans, j'ai eu que des mecs de 35-40 ans. Peut-être un peu ce côté « je me sens en sécurité dans le regard qui me désire », ça te parle ? En fait, moi, quand quelqu'un me désire, ça me sécurise vachement. Parfois, même tellement puissamment.
parce que je manque de confiance en moi ou j'ai manqué de confiance en moi qu'en fait du coup ah tu me désires et en plus tu me le dis et puis ah bah go alors qu'en fait peut-être moi je le désire pas autant en échange ça te parle ou pas ouais ouais ouais totalement totalement mais
Il y avait quelque chose quand je faisais ces plans avec ces mecs quand même plus âgés que moi. Il y avait quelque chose de rassurant et puis j'avais quelque chose d'un petit peu plus mature. J'ai toujours aimé traîner avec des personnes un peu plus…
Pas forcément de mon âge, parce que je ne me retrouvais pas là-dedans. Et quand je voyais mes potes parler de sexe entre eux, parce qu'évidemment, à cet âge-là, on parle de ça, mais je me disais, ils n'ont pas assez d'expérience, ils sont trop nuls. Et j'ai appris grâce à ces personnes-là.
Maintenant, je suis plutôt très bien grâce à eux parce que quand je refais des plans avec des jeunes, j'en ai fait un il n'y a pas longtemps avec quelqu'un qui avait 4 ans moins que moi, donc 24 ans, c'était hyper nul parce que…
Je ne sais pas. Après, ce n'est pas une généralité. Tu n'as pas connecté et tu as trouvé que c'était cette jeunesse inexpérimentée qui peut-être était un problème dans votre lien, c'est ça ? Avec ce plan présent. Oui, mais plutôt une jeunesse qui n'a pas envie d'apprendre. Moi, je sais que quand j'ai commencé, au début, j'ai commencé timidement. Après, j'ai aimé. Et après, j'ai voulu apprendre.
de ce qu'ils m'apprenaient eux et j'ai voulu faire comme eux et tirer parti de leur expérience pour être bien quoi et j'ai l'impression qu'il y en a qui sont trop dans la performance aujourd'hui t'as 28 ans ? j'ai 28 ans tu es toujours attiré par des hommes plus âgés ? un gars de 40, 48 ou ton désir il va à l'endroit d'un certain type de gens ?
Ça dépend. Moi j'aime bien 35 ans, j'aime bien. Après ça peut aller jusqu'à 40 ans, mais après ça dépend la personne.
Il y a des hommes de 50 ans qui sont… Je continue à dire ça, je garde mon truc de gamin, mais il y a des gens qui sont des beaux papas, quand même. Non, voilà, moi, j'ai pas de… Non, moi, c'est un feeling, une expérience, et j'ai pas un fluide qui passe, donc… Complètement. Comment est-ce que tu glisses vers des plans payants ? Ouh là là, ça, c'est une histoire. Alors, du coup, j'étais dans le sud, chez mon père, du coup, vers 7h.
Et mon père n'était pas là, donc j'étais seul dans la maison. Et du coup, je vais sur Coco, comme d'habitude, et je marque mon âge et plein voiture. Et je faisais ça depuis une semaine, mais plein voiture, normalement.
Et après, un jour, je reçois un message, c'est combien ? Et moi, je pensais en kilomètres, c'est combien de kilomètres ? Et du coup, je lui ai dit, où t'habites ? Il m'a dit, non, mais c'est combien en euros ? Et du coup, moi, j'étais choqué, mais pour rigoler, je pensais qu'il rigolait. Et du coup, je lui ai dit, c'est 30 euros la pipe et 50 euros le tout. Et il m'a dit, OK, je peux venir, je te récupère.
Et moi, je pensais toujours que c'était une blague. Je lui ai demandé une photo quand même pour voir si on se plaisait mutuellement. Et il est venu. Il m'a amené dans une grande maison un peu bourge. Parce que c'était un mec qui, quand un peu des riches partent en vacances, ils payent quelqu'un pour garder la maison. Un concierge ? Oui, voilà. Et du coup, lui, c'est le concierge. Il m'a fait venir directement là.
Et on a fait ce qu'on avait à faire, c'était très bien d'ailleurs. Et après, en me ramenant, il m'a ramené comme prévu, et il m'a payé.
Et je me suis dit, mais c'est bizarre, je ne suis pas une pute. Et je me suis dit, écoute, il me plaisait, j'ai pris du plaisir et il m'a payé en plus, ok. Et ça ne s'est pas arrêté là parce que ce mec-là m'a recontacté. Et il a recontacté le propriétaire de cette maison-là, du coup.
qui lui, à l'époque, trompait sa femme avec des hommes. Il m'a contacté, sauf que lui, il était un peu plus influent. Et du coup, j'ai fait plein de… Je ne sais pas comment appeler ça, j'ai honte de dire ça, mais j'ai fait plein de passes comme ça, mais souvent pas forcément sexuelles. Juste, je ne sais pas comment on dit le mot, je servais de… D'escorte ?
Faire valoir d'escorte, mais sans forcément du sexe. Des fois, on me demandait juste de l'affection, de regarder un film, de faire des papouilles. Tu disais que cet homme de la maison était plus influent. Ça veut dire que du coup, il a donné ton numéro à d'autres hommes ? En fait, si tu veux, le concierge qui gardait la maison, c'était un pote du propriétaire.
Et du coup, comme les deux, ils savaient que lui, il trompait sa femme, il a dit j'ai vu un petit jeune, je l'ai fait venir dans ta maison. Il n'est pas très cher. Et du coup, il m'a recontacté. Tu as dit qu'il était influent. Est-ce qu'il a transmis ton numéro de téléphone à d'autres gens ? Pourquoi tu as précisé qu'il était influent ?
Un influent parce qu'il avait de la thune. Il avait de la thune et il connaissait… Je ne sais pas dans quoi il travaillait, je ne lui ai pas demandé. Mais du coup, ça a généré plus de passes pour toi, plus de plans payés ? Oui, parce que du coup, une fois qu'il a goûté à…
Enfin, ce que je faisais et tout ça, il en a parlé à son cercle d'amis. Ça y est, c'est ça que j'avais pas compris. Comment tu… Et je vais t'inviter à rapprocher ton micro de ta bouche. T'inquiète, t'inquiète, si t'arrives à y penser. Comment est-ce que tu comprends ce mélange de…
Je le fais et ça me va et je sens de la honte. Comment tu comprends ? Parce que ça a duré un an et demi. Comment tu comprends cette période ? Sur le coup, je n'ai pas compris. Encore une fois, j'étais jeune et moi, je voyais que je pouvais choisir les personnes avec qui je voulais faire des choses. Je découvrais des choses parce que comme je dis encore une fois, je n'étais pas obligé de coucher.
J'allais des fois dans des expositions, c'était intéressant, d'autres des fois nul. Et puis voilà, je servais de faire-valor, j'avais de l'argent. Tout ce que je demandais, c'est qu'on me ramène avant que mon père s'inquiète, qu'il se dise où je suis. Et puis voilà. Après, j'avais un peu de honte en me disant « je suis quand même une escorte ».
Ce n'est pas vraiment ça que je veux faire de ma vie, mais je me suis dit, je suis jeune, je préfère faire ça que d'aller vendre de la drogue. Après, j'ai arrêté de faire des prestations sexuelles. Je faisais juste de l'escorting. J'ai arrêté ça. Pourquoi tu as arrêté le sexe ?
Parce qu'à partir du moment où on me présentait des hommes plus influents, quand je commençais à faire des caterings, des expos et tout ça, ils étaient de plus en plus vieux et moi ça ne me plaisait pas. Ça veut dire quoi faire des caterings ?
Des caterings, c'est un petit peu des expositions, mais il y a des buffets, il y a des… Donc là, c'est des hommes influents qui te demandent de venir avec toi, qui te payent pour qu'ils ne soient pas seuls à cet événement. Moi, je comprends que toi, ça a aussi nourri ton cœur de curiosité, où en fait, tu as accès à de l'art, à des expositions auxquelles sinon peut-être tu ne serais pas allé. Oui, c'est ça. Donc, ça nourrit aussi ton envie de découvrir le monde. Et ça me rappelle vachement le témoignage de Robin.
sur le podcast qui raconte justement ses années d'escorting et comment pour lui c'était aussi une façon d'accéder à du savoir, de la culture et ou d'autres univers plus riches. Parce qu'il est issu d'une famille pauvre, je crois qu'il dit ce terme là. Je mettrais en descriptif de cet épisode le titre de ses robins et je me rappelle plus du titre des épisodes si les gens veulent écouter.
Et du coup, ces hommes qui veulent t'avoir à leurs bras parce que tu dis que tu es jeune, etc. Faire des caterings, ça veut dire aller à ces expos où il s'avère qu'il y a aussi du catering, c'est-à-dire qu'il y a de la bouffe que tu manges ou c'est toi qui dois servir aussi ? Non, pas du tout. C'est comme un buffet libre, des petits canapés, du champagne, des trucs comme ça. Et donc là, de plus en plus, ton numéro est filé à des gars qui sont très vieux et toi, ça te met mal à l'aise ?
Non, mon numéro, il n'est pas filé à des vieux. C'est le deuxième que j'ai eu. Pas le premier, le deuxième que j'ai eu, qui lui connaissait des gens. Et moi, je lui ai dit, passe pas mon numéro à tout le monde. Du coup, il passait par lui, comme c'était des collègues ou des connaissances. Tu t'es mis à dire non ? Ah oui, j'ai dit non, je veux pas, non. Mais tu disais oui à l'escorting ? Oui. Et une fois, j'ai même dû mentir à mon père. Bon, là, j'avais…
J'avais 17 ans et demi, un truc comme ça. Je suis allé avec le dernier, qui était un peu plus vieux, à Paris, première fois. Ta première fois à Paris ? Oui, première fois à Paris. Bon, j'ai pas eu le temps de trop visiter, mais…
Et il devait faire je sais pas quoi parce que moi je suis resté dans l'hôtel. Mais après il m'a amené à Louis Vuitton. Il m'a acheté une toute petite sacoche Louis Vuitton. Et il m'a quand même payé le week-end et moi c'est là que j'ai compris non c'est pas possible. Pourquoi ?
Parce que je ne mérite pas, c'est ça, Chloé Vuitton. Et puis je me suis dit… Bon, qu'il m'emmène à Paris, je veux bien, mais là, je suis en train de mentir à mon père, je suis encore jeune, on ne sait pas ce qui peut m'arriver, les dérives qu'il peut y avoir à côté, parce que dans les gens qui ont de l'argent, souvent il y a des dérives…
Mais oui, il avait à peu près 65 ans. Il était encore bien, mais 65 ans, habillé toujours classe, en costard, chemise. D'une certaine classe sociale ? Il y avait certains codes que tu retrouvais ?
Ah bah des classes sociales, ils étaient tous très bien habillés, les femmes en robe de cocktail, non oui, il y avait du pognon quoi. Et ils avaient des métiers, peut-être à 65 ans… J'avais pas le droit de parler, moi je parlais pas. Ok. Je parlais pas. Comment tu faisais quand on t'adressait la parole pour ne pas répondre ? Ils parlaient pour moi. Et moi je disais oui merci, ou bien sûr, ou… Voilà, non j'avais pas le droit de parler.
J'étais trop jeune, mais j'étais impressionné par ce milieu-là. Et ce n'est pas du tout mon délire d'être bien habillé. J'étais stressé, je ne connais pas, donc non. Parce qu'à cette époque-là, tu as 16 ans.
Non, en Paris, j'avais 17 ans. T'avais 17, ok. Là, c'est un déclic pour toi le week-end à Paris ? Ouais. Le gars, il avait 65 ans et toi, t'en avais 17. Ouais. Déclic pour toi ? Oui. Et tu décides d'arrêter ? Oui, oui, parce que j'ai vu le sac, j'ai vu les cadeaux, les… T'as dit à un moment donné, cette sacoche Louis Vuitton, je la mérite pas. Ça veut dire quoi, je la mérite pas ?
Mais je ne mérite pas une sacoche Louis Vuitton. On ne va pas me payer une sacoche Louis Vuitton parce que je sers de faire parloir. Et ce n'est même pas mon anniversaire. Même si tu es immensément riche ou quelque chose comme ça, on n'offre pas un truc qui coûte une blinde. Je ne sais pas, ça devait coûter 500 euros, un truc comme ça.
Sans occasion. Encore, ça aurait été mon anniversaire ou Noël, mais non, je veux pas. Chez nous, ça se fait pas, ça. Il y avait quelque chose d'humiliant. Toi, tu emploies souvent le terme de faire-valoir, ouais.
Ouais, non, c'était trop humiliant pour moi. C'était vraiment trop humiliant. Il fallait que je me respecte, que je respecte mes anciens, que je respecte moi-même. Et je me dis, si ma grand-mère, elle me voyait faire ça, elle l'aurait brûlé le siècle 8 ans. Même si elle sait que ça vaut une blinde. Tu fais référence à tes anciens ? Mes anciens gitans, oui. Tes anciens gitans ou portugais ?
Même portugais. Plus que tes parents directs ou que ton entourage direct ? C'est vraiment la mémoire des anciens que tu convoques ? Non, vraiment les anciens. Ma grand-mère. OK.
Parce que mon père, à la limite, il aurait dit on peut le revendre. Mais non, mes anciens, elles l'auraient mis à la poubelle. Elles auraient dit tu sors plus de la maison. Dans ce cercle d'hommes riches, avoir à son bras un jeune homme de 17 ans, ça raconte quoi ? En fait, quand tu parles de faire valoir, c'est quoi la valeur que tu apportes à ces hommes riches dans un événement cocktail d'avoir un jeune homme à son bras ?
Je pourrais pas dire, mais c'est un peu comme… Je me compare pas du tout à eux, mais c'est un peu comme Karl Lagerfeld et Baptiste Diabiconi à l'époque, quand il a commencé. Il allait là-bas à son bras. C'était sa muse. Bon, la muse, c'est plus pour du mannequinat, mais… Oui, moi, j'appelle ça un faire-valoir. Il se montre qu'il peut avoir des petits jeunes, que…
Je sais pas, je sais pas qu'est-ce qui… Ça montre de la puissance, ça montre de… De la puissance, peut-être pour eux. Ouais, je suis capable d'avoir… N'importe qui. Ouais. En fait, je te pose la question parce que je comprends vraiment pas. Enfin, je pense que j'ai zéro de ces codes-là. Et moi non plus. Et je découvre et tout, et donc c'est une vraie question, c'est pas genre j'ai une idée en tête, c'est que je me dis…
Le fait que quand tu es vieux et que tu as beaucoup d'argent, tu aies envie de payer les services, c'est une chose. Mais le fait que tu aies envie d'avoir à ton bras quelqu'un de mutique,
ton cocktail qui est lié à ton boulot j'imagine enfin quand tu es le vieil homme ou bien non c'était entre potes le cocktail c'était une expo et c'était le vieux qui assez oui c'était lui qui choisissait s'il y avait vraiment je connaissais personne c'est ça et mais ce que je veux dire c'est qu'ils retrouvaient de ses amis là bas dans l'expo ah oui bien sûr ok donc c'est en fait je montre à mes amis que j'ai tellement d'argent qu'il ya même
Oui, montrer sa nouvelle conquête, sa nouvelle proie. Parce que ses amis ne savaient pas que t'étais payé ? Ah, bon, si, je pense. Ouais, du coup, c'est complètement difficile. Parce que quand tu es au bras de quelqu'un comme ça, que t'as 17 ans, je suis désolé, mais tu pars sur quelque chose de maximum 25 ans, quoi. Mais du coup, ma réflexion, c'est que c'est même pas une conquête, c'est même pas genre…
J'ai regardé, je suis vieux, mais j'ai une conquête puisque tu sais que la conquête est payée. Du coup, je ne comprends pas ce qu'il gagne ce monsieur. Est-ce qu'ils avaient de l'affection pour toi ? C'est-à-dire, est-ce qu'en fait, ils étaient soigneux et qu'ils cherchaient vraiment juste de l'affection ?
Ah oui, non, par contre, vraiment très soigneux. J'étais vraiment zéro méchanceté. Il ne me disait pas « tais-toi ». Il me disait juste « quand on nous parle, laisse-moi parler ». Ah, mais c'est des gens seuls, en fait ?
Oui, oui, c'est ça. Des gens seuls dans le désarroi. Oui, riche, mais seul. Quelqu'un de sympa pour les accompagner, parce que souvent dans ces endroits mondains, c'est toujours les mêmes conversations.
Et du coup, il voulait un petit peu de fraîcheur de quelqu'un qui n'est pas dans ce monde-là et qui n'a pas les codes de ce monde-là. Et moi, je ne les avais pas du tout. Et je ne les ai toujours pas, d'ailleurs. Moi, franchement, j'ai plein d'amour pour ton petit toi à 17 ans qui fait ça. Moi, je me vois trop le faire. En fait, tu grandis dans un environnement avec tellement de violence. Et là, tu as tout frais payé.
un voyage avec quelqu'un de sympa, qui ne te violente pas, n'est-ce pas ? Tu as été violenté pendant ces plans escorts ? Jamais. Tu vois ? Et où, en fait, tu as quand même des gens où tu te sens en sécurité, et jusqu'au moment où ça devient humiliant, et c'est bien plus nuancé que ça, mais moi, j'aurais pu le faire, je te comprends. C'est un peu une bouée de secours, quoi. Ça peut l'être, et… Ça te parle, ce que je dis, ou ça ne correspond pas trop ? Non, non, ça me parle. Ça peut être une bouée de secours, et puis ça m'a permis de voir un peu…
Qu'est-ce qui se passait ? Quelles sont peut-être les dérives ? Mais avec lui, en tout cas, celui qui m'a emmené à Paris, j'ai vu aucune dérive. Il n'y a pas eu de prestations sexuelles. Juste de la tendresse, le soir, avant qu'il s'endorme, je devais me mettre dans ses bras. Voilà, il demandait juste ça. Et deux dîners ensemble, évidemment. Et c'est tout.
Toujours dans le respect, par contre. C'est-à-dire, tu avais le droit à ne pas consentir et y respecter l'absence de consentement ? Il comprenait l'âge, la différence d'âge. Donc, il ne voulait pas être trop glauque. Et puis surtout, j'étais mineur. Donc, il voulait respecter un peu les choses, même s'il était un peu borderline sur les bords. Mais…
Non, il était très gentil. Toujours est-il que toi tu dis stop. Ah oui. Pendant ce temps-là, au sud de la France, dans les rots, toi tu continues à vivre toutes les violences que tu as racontées précédemment, dans l'épisode précédent. Bien sûr. Il y a eu notamment un moment clé, tu m'as dit, d'un plan avec l'histoire du parking. Oui. Je crois comprendre que ça a été un déclic pour toi ?
Oui, oui, oui. Si j'ai bien retenu, tu veux raconter ? À la sortie du bar. Oui ? Oui. Tu dis ça avec tellement un grand sourire, mon petit chat. C'est vrai qu'un sourire, mais parce que c'est nerveux. Est-ce que tu as envie de raconter ou tu préfères qu'on… Non, non, je veux bien le raconter. Non, oui, je parlais avec un mec sur Grindr, pour le coup, pendant plusieurs semaines.
C'était obligatoirement pour du sexe, mais on se parlait, histoire de trouver un créneau pour se voir. Il s'avère qu'on trouve un créneau pour se voir, et dans le sud, je ne me rappelle plus quel bar, mais je ne le dirai pas, je pense. Comme tu veux. On y est allé, on s'est rencontré là-bas, on boit un verre, on discute.
Et la soirée se passe très bien et à un moment donné, on va pour sortir. Et du coup, on sort par derrière parce qu'il y a une entrée devant et une entrée qui donne directement sur le parking. Il y a deux choix, quoi. Bref. Et du coup, j'y vais et je vois qu'il ne me suit pas. Moi, je continue à marcher, il ne me suit pas. Et il regarde son téléphone et il me dit « Attends, attends, j'arrive ».
Je continue à marcher et là je vois deux hommes qui arrivent en face de moi et du coup je me dis il y a un problème. Et le problème c'est qu'ils me regardaient fixement et moi je commence à flipper. Et là du coup je me retourne et je vois qu'il n'a plus son téléphone et qu'il reste sur place. Voilà.
Le mec en question qui était derrière moi, qui m'accompagnait ce soir-là. Et du coup, il commence à m'insulter. Et je vois qu'il sort des lames de cutter. Mais pas des lames de cutter avec un vrai cutter, juste les lames. Un peu comme dans Peaky Blender. Et là, je commence à flipper. Du coup, je cours vers…
mon supposé date, ils me bloquent, les autres, ils arrivent, sauf qu'il y avait une terrasse qui sort derrière le parking. Et du coup, les deux gérants et le gros serveur, ils voient ça. Heureusement qu'ils sont venus là parce qu'ils voulaient m'égorger. En gros, ce date que je parlais avec lui depuis quelques temps,
Ils parlaient avec moi, ils m'envoyaient des photos, légèrement dénudées, mais sans trop à montrer. Et en fait, ils étaient juste là pour casser du PD. Et moi, ça m'a choqué, ça. Heureusement qu'ils étaient là, ils m'ont fait rentrer.
Le proprio ? Le proprio et le serveur, le gros serveur qui était sur la terrasse, qui débarrassait les verres. Ils les ont fait fuir. Et du coup, moi je suis resté dans le bar. Ils m'ont donné deux, trois verres, histoire que je me calme parce que j'étais pétrifié. Et après, l'un d'eux, une fois que le bar était fermé, m'ont ramené chez moi. En voiture, quoi. Mais c'était compliqué. Et
Après ça, j'ai eu un petit peu du mal sur Grinder parce qu'il était vraiment, vraiment hyper gentil, ce mec. Enfin, on parlait de tout et de rien et on savait qu'on allait juste se voir pour ce pécho, mais…
Il avait l'air hyper sympa, tellement crédible. Un artiste, un artiste, un comédien. Mais en fait, il avait tout prévu. Il avait tout prévu. Et moi, je me dis, ouais, j'ai peur du coup depuis, maintenant. Déjà, j'ai fait une pause sur Grindr, Tinder et tout ça. Et Hornet aussi. Et…
Et après, j'ai recommencé, sauf que j'ai recommencé en prenant une bombe lacrymogène. Je crois que c'est plus ou moins interdit en France d'en avoir une, mais bon, c'est pas grave. Et je me trimballe toujours que maintenant, quand je fais des plans, un stylo avec moi. Je vais expliquer le stylo parce que la bombe lacrymogène, ça peut marcher.
Mais après, des fois, quand tu es bloqué, si tu as un stylo dans la poche ou quelque part, il vaut mieux lui planter dans les fesses un stylo plutôt qu'un couteau parce que sinon, c'est toi qui vas être…
Qui va être en porte-à-faux. Devant la justice. Oui, devant la justice. Et moi, je ne veux surtout pas preniarder quelqu'un. Jamais de la vie. Mais du coup, je me dis que si tu plantes un bic dans la cuisse, dans un endroit qui n'est pas mortel, tu as le temps de sortir, tu lui mets un coup de bombe lacrymogène. Et du coup, maintenant, j'ai repris confiance grâce à ça.
J'ai jamais eu, Dieu merci, à l'utiliser encore, mais j'ai toujours ça. Et d'ailleurs, une fois que je suis sur place, quand je fais des plans, je préviens toujours la personne que j'ai une bombe lacrymo et un stylo sur moi.
Parce que je ne veux pas qu'ils se sentent un peu agressés, parce que ça peut être pareil dans les deux sens. J'ai juste une réaction un peu cutanée. Pourquoi on ne se casse pas à Stevi ? Pourquoi est-ce qu'on ne prend pas nos clics et nos claques et on va s'installer tellement loin pour faire sa vie sans toutes ces galères ?
Après tout ce que j'ai vécu, tu veux dire ? Ouais. Est-ce que ça t'a déjà traversé l'idée, la tête, pardon, de partir loin ? Oui. Qu'est-ce qui a fait que tu as décidé de ne pas partir ? C'est quoi le prix que tu payes à mettre des kilomètres entre toi et cet endroit, et ces endroits ?
Je suis parti une fois en Angleterre. J'ai quitté mon travail parce que j'en avais marre, justement, j'avais eu peur. J'avais fait un plan avec un mec qui était branché BDSM, un truc comme ça, et je connaissais pas. Je voulais essayer. Sexualité plus…
Plus brutal, c'est ça que tu veux dire ? Plus brutal, avec un petit peu d'étranglement, attacher les poignets. Sauf que moi, je pensais que c'était quelque chose de doux. Sauf que je n'ai pas du tout aimé, parce que la personne, quand elle m'étranglait, je disais stop. Elle croyait que j'étais dans le personnage, donc elle serrait encore plus fort.
Et à un moment donné, j'ai dit stop, stop, stop. Du coup, j'ai arrêté et il m'a ramené. Mais du coup, après ça, je me suis dit, je ne suis pas en sécurité. Et du coup, j'ai quitté mon boulot. J'ai pris juste un sac à dos et je suis parti en Angleterre. Comme je parle anglais parfaitement bien, je suis allé là-bas. Au bout de trois jours, j'ai trouvé du boulot.
Et je suis resté là-bas pendant quelques mois. Et en Angleterre, c'était tellement mieux.
Mais après, je suis revenu en France. Pourquoi ? Qu'est-ce qui te ramène ? Le prix des loyers à Londres. Ok. Et du coup… C'est vrai ? Ah oui. Ils sont quasiment tous en coloc, les jeunes. Ok. Pourquoi tu déménages pas à un endroit où les prix des loyers sont plus… Parce qu'il y a souvent que des villes universitaires, ou alors les villes où c'est pas trop cher, c'est que des grandes maisons. Il n'y a pas trop de studios, donc c'est un peu compliqué. Ouais, mais…
En gros pour moi il y a quelque chose qui te rattache dans le sud de la France et j'ai envie de comprendre quoi parce qu'en vrai ce que tu me dis là, non, si notre survie est en jeu et si ma capacité à vivre ma vie sans avoir une bombe lacrymo dans ma poche est en jeu, en fait je vais trouver en Espagne…
En Angleterre, je sais pas où, un endroit où je vais apprendre la langue et me faire un nid, tu vois. T'es d'accord que t'es intelligent et t'as toutes les compétences ? Mais oui, mais… Pourquoi tu reviens ? C'est pas envisageable. Explique-moi pourquoi. Parce que je suis bloqué. Je suis bloqué. Déjà, pour l'Angleterre, mon père n'a jamais voulu que je parte.
Je voulais faire l'université à Miami, il n'a jamais voulu. Tu es bloqué par des raisons financières ? Non, même pas. Pour faire des trucs, on peut faire des prix, on peut toujours se débrouiller. Qu'est-ce qui bloque alors ? La famille, le blocage de la culpabilité qu'on peut te faire ressentir si tu veux partir un an quelque part pour te retrouver toi. Parce qu'au final, la vie, ce n'est pas que la famille, c'est aussi la tienne.
C'est vachement puissant et intéressant, parce que dans l'épisode 1, tu disais, dans la culture gitane, ce que j'aime, c'est la puissance de la famille, c'est la valeur de la famille, jusqu'au moment, et c'est bien entendu que tous, moi je me retrouve vachement dans ce que tu dis, c'est la puissance de la famille, oui, jusqu'à ce qu'elle nous étouffe. Comment trouver la bonne distance ? C'est ça, c'est que moi je serai toujours présent pour la famille, je suis quelqu'un qui est comme ça, mais…
J'ai aussi une vie à faire. Par exemple, je devais faire le podcast avec toi de base à Paris. Et quand j'ai dit ça, mon entourage m'a dit « mais tu ne vas pas monter à Paris, ce n'est pas possible, tout seul ». Je fais plein de choses comme ça. Ah ouais ? Ok, tu ne m'avais pas dit ça ? Non.
Ah du coup en fait si je n'étais pas venu, tu ne serais pas monté à Paris ? Ça aurait été compliqué parce qu'à Paris il faut beaucoup marcher avec mon genou, ça aurait été compliqué. On peut dire les coulisses que tu viens d'avoir une intervention au genou. Non mais t'inquiète. Ouais mais je comprends, oui c'est ça, ton entourage à qui tu dis ce que tu veux faire réduit tes possibles. Oui c'est ça. Parce qu'eux ont peur ?
Ils ont peur et ils veulent que je… Parce que j'ai tellement de projets, de choses comme ça, qu'ils ont peur que je m'éloigne. Sauf que c'est le but de ma vie. Sortir du cocon. Donc voilà. Ok, je comprends.
On termine là la partie 2. Toi, ce dernier plan violent BDSM, au final, ce n'était pas tellement du BDSM dans le sens où quand ce n'est pas bien fait, on ne devrait pas appeler ça BDSM. Le BDSM bien fait, le consentement, il est ultra checké. Il y a des mots clés que tu peux dire.
genre cacahuète un mot que tu dirais jamais ce qui fait que par exemple dans un plan où justement tu joues un peu avec ce consentement si tu dis non non non ça fait partie du jeu mais dès que tu dis cacahuète la personne cacahuète c'est pas un mot qui peut te glisser dans la bouche sans faire exprès et donc pouf on sait que c'est un arrêt total bon là c'était vrai que c'était un plan d'IBDSM mais mal foutu le déclic ça a été ok je fais une pause de tout ça
tu vas raconter dans l'épisode suivant cette relation toxique si t'as envie et dans l'épisode suivant on va parler du maintenant parce que tout ça nous amène au maintenant où en fait moi je vois ta lumière je vois ton sourire, je vois ta lumière moi j'ai décidé que ce podcast tu as mis ton Instagram dans la description on va te trouver de l'amour tout doux
je le sens je le sais moi je pense que ce que tu convoques ce qui émane de toi va te ramener des choses magnifiques et je comprends mieux le podcast maintenant je comprends mieux pourquoi tu témoignes aussi comme une sortie du cocon et j'ai cette intuition mais donc du coup j'ai à coeur que dans l'épisode prochain on fasse plus de place aussi à aujourd'hui à maintenant à tout ce chemin que tu prends mais du coup tu m'amènes à
Tu fais une pause Grindr et autres apps. Comment tu rencontres cette dernière relation ? Par le biais de mon ex, qui était aussi son ex. C'était un triangle amoureux un peu. On n'en dit pas plus. Tu racontes au prochain épisode. Merci. Merci à toi. Ça va ? Oui, super.