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C'est bon pour toi ? C'est bon. Stevie, troisième et dernière partie de ton témoignage. Oui. Nous sommes à Montélimar, c'est la troisième partie. Tu nous as raconté ton parcours de gitan portugais gay. Et là, on arrive à une relation qui a été particulièrement difficile et au maintenant. Comment tu te reconstruis aujourd'hui ? Qu'est-ce que tu veux ? J'ai dit dans l'épisode précédent.
Que tu ne m'as rien demandé, mais j'ai décidé que ta lumière allait être entendue par quelqu'un qui va t'envoyer un message. Je mets ton Instagram dans le descriptif de l'épisode. En vrai, ça n'oblige à rien. Pas de pression. C'est un peu un clin d'œil. Mais franchement, tu ne dis pas non. On est d'accord si une jolie personne te fait coucou et que c'est réciproque.
Bien sûr, non. On est d'accord. Et on va dire à cette personne ce dont on a besoin. Parce qu'on ne veut pas n'importe qui dans les DM de Stevi. Évidemment. Amour, douceur et câlin. Toujours est-il que, donc je sais qu'on doit enregistrer à Montélimar. Donc sur Instagram, je dis, aidez-moi. Donc j'appelle la bibliothèque. Pas possible. Je cherche un lieu pour enregistrer.
Et là, j'ai un ange qui tombe du ciel, Lana, qui est cofondatrice d'une nouvelle asso LGBT à Montélimar et aux alentours, qui me dit « Bouge pas, je te trouve ça », qui nous a trouvé cette super salle qui est assez grande et assez vide. Donc, on peut entendre un petit écho, mais tout va bien. Et donc, trop cool. Un grand, grand merci à Lana. Enfin, je suis trop touchée par la puissance de notre grand réseau, tu vois, autour du podcast, de tous ces gens qui s'activent pour que tout ça, ce soit réalisable. Et c'est vraiment chouette.
Tu rencontres ton ex, qui a été une relation importante. Elle s'est terminée quand ? Elle s'est terminée pas l'été dernier, l'été d'avant.
Et tu le rencontres dans un triangle amoureux, tu disais ? Un triangle infernal, oui. En fait, je faisais beaucoup de plans et j'en avais marre. Je me suis assez amusé, je me dis que j'aimerais bien avoir une stabilité, m'endormir et me réveiller auprès de quelqu'un, avoir quelque chose qu'on ne retrouve pas autour des plans, donc la tendresse…
Les bisous, la compréhension, la discussion. Et j'ai commencé, par hasard, je suis tombé sur un homme à peu près mon âge. J'ai commencé à parler avec lui pendant à peu près six mois. Et au bout de six mois, on commence à parler pour se rencontrer. Et on se rencontre. Il habitait vraiment dans le sud, pas très loin de Marseille.
J'y vais, on se met d'accord sur dix jours, passer ensemble. Ah waouh, ok. Donc six mois, on discute, on se fait des visios. Tu le vois ? Oui, oui, bien sûr. Ah oui, donc il y a des vidéos. Et vous vous dites, on part en vacances dix jours. Non, non, je vais chez lui, dormir chez lui pendant dix jours. Et du coup, le premier jour, tout se passe bien. Sauf qu'après, c'est un petit peu la descente aux enfers. Il commence à être…
à être un petit peu bizarre. Parfois, quand on est dans le lit, je ne parle pas de sexe ni rien, mais moi, j'aime bien faire des câlins, mettre la main sur le torse ou des choses comme ça. Il me repousse, je dis un truc qui ne va pas. Après, quelques jours se passent, il me demande des sous parce que lui, je ne sais pas si j'ai le droit de dire ça, mais lui, il fumait.
Alors, oui, tu me demandes à moi, tu veux le dire ? Oui. Oui, bah dis-le. Il fumait, il me demandait des sous, il me dit « je te les rends dans quelques jours », donc moi je lui faisais confiance.
Après, il me reprenait des sous. Il m'en reprenait, je n'en ai jamais vu la couleur. Et à un moment donné, vers la fin de ses 10 jours, pendant le week-end, il fait venir un collègue chez lui pour le week-end. Et je lui dis « il n'y a pas de problème, c'est chez toi ». Et il faut savoir qu'il avait un appartement avec le lit directement dans le salon, donc vraiment un studio.
Et il me dit, par contre, tu dormiras sur le canapé quand il y a mon pote. Et je lui dis, mais attends, ton pote, il peut dormir sur le canapé, enfin, sur le matelas. Et…
Et du coup, il a dit non. Il m'a fait passer pour son cousin. Il n'était pas out ? Visiblement non. Oui, d'accord. Et c'était terrible. Il avait un chien. Et le soir où j'ai dû dormir sur ce matelas, son chien a pissé sur mon petit matelas en tissu. Et ce n'était pas possible. J'ai dit on dort tous les trois dans le même lit. Au pire, ce n'est pas grave. C'était un lit de place.
Et il a dit non, tu retournes le matelas. Il a retourné le matelas. Son chien a pissé sur le revers du matelas. J'ai quand même dormi sur ce matelas. Je n'ai pas pu réagir. J'étais tellement choqué. Et du coup, je décide de le quitter et de rentrer chez moi très, très vite. Mais il m'avait parlé de son ex.
je dirais pas son nom, mais il m'avait parlé de son ex, donc du coup je rentre chez moi, je me remets sur les réseaux, et là je tombe sur le prénom de son ex, et avec sa localisation je me dis, autant c'est lui. Et du coup, je le contacte, on matche,
Et après ça, je lui envoie directement « tu ne connais pas telle personne » et tout. Et du coup, si, au final, c'était son ex. Et de là, on commence à parler de fil en aiguille, on commence à s'apprécier.
à se parler et au bout de trois mois de discussion, on décide de se voir. On se voit à Montélimar du coup. Et de là, on a commencé à sortir ensemble. On est resté ensemble pendant six mois.
Et au bout d'un mois et demi, il a commencé à y avoir des signes de violence. Après quelques verres, par exemple, j'ai commencé à recevoir un ou deux coups de poing.
Mais je lui ai pardonné parce que je me suis dit qu'il tient peut-être mal l'alcool. Je ne le connaissais pas, ça faisait un mois et demi qu'on était ensemble. Après moi, je pars travailler et il continuait toujours à être violent. Il parlait mal à mes collègues parce qu'il faut savoir que quand je suis en saison, je suis logé.
Dans un bungalow, donc je le faisais venir. Oui, parce que j'ai dit en épisode 1 que tu es cuisinier en saison. Voilà. Donc tu fais des saisons ici et là. Et souvent, à la fin du travail, on se retrouve en tant que saisonnier pour boire une petite bière ou un iced tea et il était là, il parlait mal.
il me mettait en porte à faux vis-à-vis des gens avec qui je travaillais et puis oui il continuait à frapper des coups de balai des coups de poing plein de choses comme ça et c'était hyper violent parce que moi je l'aimais et je comprenais pas pourquoi je continuais à l'aimer alors que il me faisait ça alors que
Je suis quand même costaud, j'ai quand même assez de force, donc jamais j'aurais tapé quelqu'un que j'aime, mais j'aurais pu le bousculer ou me défaire de ses liens. Et ça a continué pendant six mois, jusqu'au jour où j'ai pris trois derniers coups de poing, et ça m'a suffi. Donc je l'ai poussé, je l'ai mis dehors, et…
Et puis voilà, j'ai mis hyper longtemps avant de m'en remettre, mais vraiment hyper longtemps, parce que je l'aimais, il y avait une partie de moi qui disait mais c'était malsain, c'était toxique, pourquoi t'es resté avec ? Et quand j'en parlais à ma famille, du coup j'étane pour le coup.
Ils voulaient tous aller l'attraper, le choper. Sauf que moi, je disais non. Mais oui, ça a été pendant longtemps très compliqué. Est-ce qu'aujourd'hui, tu as une intuition de pourquoi tu es resté ? Parce que j'avais tellement besoin d'amour et d'affection que quand j'ai eu cette opportunité d'avoir…
Ce sentiment d'amour, quoi. D'amour vraiment réel. Et surtout le premier, du coup. Je suis resté. Je me suis dit que j'arriverais… J'essaie toujours de voir le bon chez les gens. Malgré ce qu'ils font, je pense que tout est rattrapable. Sauf que des fois, ça peut nous dépasser. Donc…
Donc voilà, je suis resté jusqu'au jour. Je me suis dit que ce n'était pas possible parce que ça pouvait me coûter mon travail. Et puis voilà. J'ai envie de poser un regard super extérieur. Tu me dis si ça t'inspire quelque chose ou pas. J'ai vraiment l'impression que dans nos cultures familiales, il y a des feux verts et des feux rouges et des feux oranges. C'est-à-dire qu'il y a des gestes et des mots
que le système familial autorise et d'autres qui ne sont pas autorisés et en fait tout membre du système est au courant des limites qu'on peut ou pas franchir tu vois ce que je veux dire et dans quelle mesure aussi il y a une part de toi
qui acceptent cette violence aussi parce que tu as grandi dans. Dans les codes, c'est des choses qui sont même parfois célébrées. Dans l'épisode 1, tu as décrit que chaque famille, notamment gitane ou portugaise, on ne peut pas tout mettre dans le même… Il n'y a pas une unicité et une seule façon de faire.
Mais la violence est très présente dans ton chemin et peut-être que ton cerveau a imprimé une limite, tu vois, a imprimé « bon, ben, j'ai pas trop le choix », tu vois. Est-ce que ça te parle ou est-ce que c'est très très éloigné de ce que tu ressens ? Non, non, c'est vrai que j'ai reçu de la violence.
Pas forcément. Déjà, je tiens à le dire, pas forcément de mes parents, mais de l'entourage, des fréquentations. Et puis aussi, il y a eu de la violence mentale, psychique.
Ça aussi, il faut le prendre en compte. Est-ce que ça a relevé ton seuil de tolérance ? Oui, mais totalement. Parce que pour moi, c'est normal. Et puis…
Et puis du coup, je me dis, mais ce n'est pas grave. Moi, je vais toujours être là pour retourner vers la personne et essayer de la rendre meilleure. Parce que je ne sais pas, soit je suis trop naïf ou alors je suis dans une utopie qui ne pourra jamais aboutir. Mais pour moi, les âmes perdues, ça n'existe pas. Et c'est vrai qu'il faudrait que je me détache de ça. Et dès que dans ma tête, il devrait y avoir un red flag,
je devrais partir et couper court. Et là, en 2025, je commence à le faire. Même avec des gens de ma famille du côté gitan, par exemple. Des trucs que je me dis que ce n'est pas normal. Pourquoi je me raccroche à ça alors que je suis seul à faire des efforts ? Non. Tu n'es pas bien dans ma vie ? Sors de ma vie. Je mérite bien. C'est marrant parce qu'il y a tout ton corps…
qui se sont ouvertes. C'est vrai, tu vois, tu prends l'espace, quoi. Non, mais voilà, c'est… J'ai mis du temps à le comprendre, mais maintenant, c'est sûr. Maintenant, je sais ce que je veux et je sais ce que je veux plus. Tu veux quoi ? Je veux… Je veux du respect, de la compréhension, de l'écoute. Je veux…
De la présence, de la présence d'esprit aussi. Je veux quelqu'un qui… Faire des rencontres qui seront à même de me pousser vers l'eau. Et puis moi, si je peux essayer de les pousser vers l'eau, pas des personnes qui t'apporteront rien. En fait, moi, je veux de l'apport dans ma vie.
Je ne veux plus apporter des choses aux gens. Je veux qu'on s'apporte mutuellement des choses. Voilà. C'est tout ce que je rechercherais de plus. Tu dis tirer vers le haut. Il ressemble à quoi le haut pour toi ? C'est quoi le haut ? Eh bien, si tu as des projets, fonce. Concrétiser les choses que tu veux et ne pas regarder la vie des autres. Faire son petit bout de chemin et puis…
Travailler c'est très bien, mais des fois on a des projets, on a des choses comme ça, et il faut se lancer, associer les deux peut-être au début, mais faire des choses, c'est ce que je suis en train de faire en ce moment. Dans notre pré-entretien, quand on a préparé cet enregistrement, tu m'as dit que tu étais de 0 à 100, épanoui à 3. Ça c'était il y a quelques semaines quand on s'est parlé en visio ?
Aujourd'hui, là, si tu devais prendre… Là, tout de suite, il est 13h11, vendredi 28 mars. Tu te sens épanoui à combien de 0 à 100 sur ton chemin de sexualité, tu vois, dans la sexualité ? Pour l'instant, je dirais… Allez, 10. On a pris 7. On a pris 7. C'était vissé. C'est quoi ces 7 ?
Je sais pas, j'ai essayé de redécouvrir un petit peu mon corps, de lâcher prise un peu sur tout ce que je pensais, tout ce que je retenais, et puis une certaine, peut-être, emprise que j'avais vis-à-vis de mon ancienne relation, et j'essaye de comprendre et de…
de rééduquer mon corps à ressentir ça, mais après le chemin n'est pas gagné encore, mais… Mais t'es en chemin, et ça ressemble à quoi du coup ce que tu fais pour tenter de te reconnecter à ton corps ? Si t'es à l'aise de raconter, t'es pas obligé de… Non, non, non, je peux, ben…
me toucher, avoir des… pas forcément une masturbation ou des choses comme ça, mais m'allonger dans le lit, réfléchir, et puis je mets des fois un peu des musiques relaxantes, un petit peu envoûtantes et tout ça, et
Et découvrir mon corps, pas forcément toucher mes organes génitaux, mais effleurer la peau de mon corps, ça fait des frissons et puis voilà, des choses alternatives parce que le plaisir ça vient pas uniquement de l'organe quoi. Et t'as eu cette idée comment ?
À l'intuition ? Ouais, l'intuition. Et bien sache que ton intuition est très intelligente, parce que c'est exactement un des conseils qu'une sexologue a donné sur ce podcast. Je mettrai dans le descriptif de l'épisode, c'est Nathalie et c'est les trois clés pour s'épanouir selon une sexothérapeute. Et elle commence par cette re-rencontre avec nos corps,
qui passe par sortir de la génitalité, sortir des organes génitaux, où on s'y précipite. En tout cas, moi, perso, je m'y précipite. Je trouve que c'est trop chouette. Ouais, super malin. Pourquoi tu te sens bloqué, à ton avis ? C'est vraiment cette relation passée qui a vraiment mis un stop à ton rapport au sexe ?
Oui, parce que j'étais énormément en demande. Et même avant, j'avais une sexualité bien débridée. Mais cette relation, oui. Après, il faut savoir, c'est peut-être un petit peu un point important, je suis resté six mois et demi avec cette personne. Sauf qu'en six mois et demi, on n'a jamais couché ensemble. Ah, ok.
Tout ce que je pouvais faire, c'était faire une fée plus loin, la Sion. Pourquoi tu dis ça comme ça ? Parce que c'est toi qui l'as déjà dit dans le podcast. Non, c'est pas dans le podcast. Sur Instagram, ouais. Sur les réseaux sociaux, j'ai pas le droit de dire des mots interdits, donc j'invente des… Non, mais là, sur ce podcast, c'est pour ça que j'adore, moi, le médium du podcast. C'est que tu peux tout dire.
Mais si t'es un petit peu gêné, fais-la plus loin Sion, ça marche tout à fait. Non, mais du coup, oui, il n'y avait que les fellations que je pouvais lui faire. Et des fois, quand il était bourré, il essayait d'aller plus loin, de faire l'actif. Mais le problème, c'est qu'il me faisait mal parce qu'il était trop brun. Et moi, j'étais demandeur parce qu'il me disait qu'il m'aimait, moi je l'aime.
Il n'y a pas de rapport et du coup, j'ai tenu comme ça. Il a mis des mots, cette ancienne, cette personne, elle a mis des mots sur ces blocages ? Non. Au début, au bout de trois semaines, j'ai voulu commencer à le titiller un peu. Il m'a dit non, c'est un peu tôt. Je comprends tout à fait. Mais après, au bout d'un certain temps, j'ai commencé à…
à le sucer et tout ça, ça allait très bien mais par contre ça allait jamais plus loin donc moi j'avais je prends du plaisir à faire ça mais il y a aussi mon plaisir à moi bien sûr, lui te touchait pas le corps ?
Pas vraiment. Ok. Comment tu comprends ça ? Parce que du coup, je connecte, il invite quelqu'un chez lui en te faisant passer pour un cousin, il n'a pas l'air… Ah non, c'était l'autre ça. Ah ça c'est un autre, pardon. L'autre, il a duré 10 jours. Celui-là, c'était vraiment mon copain. Ok, excuse-moi. Il n'était pas out ? Il n'était pas à l'aise avec sa sexualité ? Ah si, il était très out. Il mettait du mascara, du…
Du fard à paupières ? Non, non, il n'avait pas de problème. Il s'habillait en drague des fois pour des shows. OK. Non, non, il était très out. Mais je n'ai pas compris au début. Je me suis dit, je ne te plais pas, peut-être. Je me suis dit, je ne te plais pas, mais ça fait quelques mois qu'on est ensemble. Tu peux me le dire et on peut arrêter là. OK. Mais non, lui, il était assez possessif. Il me faisait bien comprendre qu'il m'aimait. Sauf que je me suis dit, oui, mais fais quelque chose. OK.
Et il te répondait quoi ? Il me répondait, ouais, ouais, ouais. OK. Comme ça, en levant les yeux au ciel. Tu t'es déjà demandé si t'avais envie de porter plainte pour les violences qu'il a commises ? Au début, oui. Au début, oui, mais pendant… Même après que je l'ai quitté, pendant…
3-4 mois, j'étais encore à fond sur lui, mais je ne le voulais plus, je le pleurais encore, on va dire. Mais je ne voulais pas, parce que je ne veux pas lui faire du mal quand même. Je ne voulais pas lui faire du mal et qu'il ait des problèmes, ou qu'il ait, je ne sais pas moi, du sursis, une amende. Et je pensais à sa mère aussi, qui est inquiète pour lui, parce qu'il a fait des choses pas très catholiques avec sa mère aussi. Ok.
Je voulais pas, je voulais pas. En fait, j'ai envie de t'apporter un regard. Et j'espère que ça sera aidant. Mais je suis pas thérapeute. Oui. Oh là là. Non, là, tout ton corps s'est reculé. On n'est pas obligé… Tu souris ? Oui. Tu m'envoies quel message ? T'as envie que je te donne un regard ou tu préfères pas ? Non, vas-y, vas-y, on continue. Ok, mais je veux un consentement. Bon, t'es sur mon podcast, donc t'as peut-être l'impression que t'as pas le droit de dire non. Je suis consentant.
Je suis venu là pour aller jusqu'au bout. Moi, ce que j'ai vécu dans mon corps, on n'a pas du tout vécu la même chose, mais il y a peut-être quelque chose qui peut t'éclairer. C'est qu'il y a vraiment un deuil à faire sur ce qui se passe une fois que je me positionne. Une fois que je prends position, que je prends ma position, alors les gens sont mis face à leurs responsabilités.
Et c'est pas forcément très facile pour eux, puisqu'ils ont eu des mauvais agissements, tu vois. Mais ça n'est pas ma responsabilité. Une fois que je prends ma position, ce n'est pas moi qui deviens coupable du désagrément.
qu'ils ont eux commis, tu vois ce que j'essaie de dire ? Donc le moment où tu contreviens à la loi et tu me violentes, et que moi en fait je prends ma position, alors ça peut s'exprimer par portée plainte, ça peut s'exprimer par plein de choses, mais où en fait je me rappelle à moi-même que je prends soin de moi et qu'en fait je suis juste dans ma prise de position en fait. Tu vois ce que je veux dire ? Les conséquences que ça a,
je n'en suis pas coupable. Le problème, il est à la base de la personne qui m'a violenté, tu vois. Moi, le lien que je fais, c'est je suis dans un mouvement avec ma famille, c'est très différent. Je compare vraiment des carottes et des pommes, et donc c'est peut-être pas très agile et habile, mais ça me permet de positionner d'où je viens quand je te parle. J'ai commencé à dire à ma famille des agissements homophobes,
Alors même que ça les confrontait, que ça les mettait mal et qu'il y avait une part de moi qui se sentait coupable de « remuer la merde ».
Mais ça a été extrêmement bénéfique pour moi de dire mais je suis vraiment désolé et je suis vraiment désolé que ça te mette mal à l'aise mais il s'avère que tu as dit ça et ça et ça et ça c'est homophobe. Donc à un moment donné et en fait le moment où tu arrêtes de déresponsabiliser les gens et de prendre ta position tu prends ta liberté et ton envol et c'est ce même deuil que tu vas devoir faire avec ta famille.
C'est que d'un côté, tu as envie d'être là pour eux et d'être dans le soin. Pareil avec cet ancien partenaire maltraitant. Et à la fois, ça étouffe. Oui. Et donc, tes agissements, la position que tu vas prendre va créer des impacts. Mais en fait, ils ne te concernent pas. Oui.
Qu'est-ce que tu en penses ? Ça te parle ou ça ne te parle pas ? Si, ça me parle beaucoup. Et ce que tu viens de m'énoncer, c'est vraiment ce que je devrais commencer à faire. Mais le problème, c'est que j'ai toujours cette part de moi. Encore une fois, je suis un peu trop sensible et trop gentil. Imaginons, il prendrait, je ne sais pas moi, je vais dire une bêtise, mais trois mois de sursis, par exemple, pour violences avérées.
je me sentirais mal. Parce que je me dis, putain, c'est à cause de moi que… Je sais qu'il va refaire une connerie, donc il va prendre les trois mois de prison ferme. Ça va être à cause de moi. Et je me suis dit, le pauvre, il va être dans une prison, dans un endroit. Et j'ai du mal à me défaire de ça. Bien sûr. Je suis toujours dans la protection et de me dire si… De l'autre. De l'autre. Et tu as dit, je suis peut-être trop sensible et trop gentil, j'avais envie de rajouter, avec l'autre. Parce que, en revanche, toi…
Non, moi, je ne me protège pas. Bien entendu, avec toi, tu n'es absolument pas trop gentil et trop sensible. Je suis trop passif, j'ai envie de dire sans blague. Je suis trop passif. Et j'ai toujours peur. J'ai eu même, avec des membres de ma famille, de la violence. C'est arrivé une fois, j'aurais pu porter plainte, mais je ne l'ai pas fait. Parce que c'est aussi un symbole très fort. De porter plainte, ça veut dire que tu te retournes
contre ce co-con familial, n'est-ce pas ? Du coup, c'est vécu comme une agression bien plus que la violence intrafamiliale. Le fait de ramener de la justice là-dedans, c'est inacceptable. Oui, et puis après, même au sein familial, ça peut ramener à dire qu'on a foutu la merde. Mauvaise image. Du coup, c'est moi qui deviendrai le bourreau. Alors que…
Je ne sais pas. C'est vrai que j'aurais dû porter plainte pour mon ex, mais maintenant, c'est trop tard. Il y a de l'eau qui a coulé sur les ponts, ça fait pas loin de deux ans maintenant.
Par contre, il y a un délire, c'est que je ne sais pas si… Je ne l'aime plus du tout, mais je n'ai pas réussi à le supprimer d'Instagram. Et j'ai toujours des vidéos, des montages photos de nous sur TikTok. Et je ne sais pas pourquoi je ne les supprime pas. Je ne les regarde jamais. Des fois, j'oublie, mais…
Je ne sais pas. En fait, moi, ce que j'observe, c'est que, et je le vois dans plein de témoignages, ça serait vraiment simpliste et trop facile de dire « Ah, mais pourquoi tu ne portes pas plainte ? » comme je viens de le faire. « Ah, mais pourquoi tu ne fais pas ? » Comme si c'était simple. En fait, cette prise de position, elle, t'est extrêmement coûteuse. En fait, il y a un deuil à faire. Dire au revoir à une part de toi. Enfin, moi, je suis désolé, mais je me bats pour rester en lien avec ma famille.
Et si tu me disais, j'ai des gens, quand je leur raconte comment je me bats pour leur faire se rendre compte de l'homophobie et les transformer en alliés, en leur disant, moi j'ai envie que vous soyez des alliés, il y a plein de gens qui me disent, mais lâche, abandonne, c'est pas possible. Ils parlent d'eux aussi, ils disent, moi c'était pas possible, j'abandonne. Et le moment où tu me dis, mais tu sais quoi, abandonne, abandonne.
tu veux que j'abandonne mon lien à ma famille ? C'est un deuil qui est trop dur. Tu vois ce que je veux dire ? Et je veux aussi visibiliser cette autre part de toi qui se bat pour rester en lien. C'est aussi pour ça que tu ne portes pas plainte contre ta propre famille. C'est que c'est l'enfant en toi qui dit, mais non, en fait, tu veux que j'aille où, Guillaume ?
Tu vois ? Oui, oui, bien sûr. Mais ça sera qui ma famille alors, une fois que j'ai coupé les ponts ? Ou bien une fois que j'ai pris une position qui fait que je suis devenu le bourreau ? Et je veux prendre soin de cette complexité qui est à l'intérieur de nos têtes. C'est pas si simple que ça, tu vois ? Non, bien sûr, c'est sûr. Est-ce qu'il y a un espace de santé mentale ? Est-ce que tu vois un ou une thérapeute ? Est-ce que c'est un chemin qui t'intéresse ?
La psychologie, est-ce que c'est ? Normalement, je dois aller voir un psychiatre. Mais le problème, c'est que c'est comme les cardiologues. C'est un peu compliqué, surtout en Ardèche, d'avoir un rendez-vous. Un psychiatre, c'est un médecin qui peut aussi prescrire un médicament ?
Pourquoi tu veux un psychiatre plus qu'un psychologue ? Parce que je prends des traitements pour des crises d'angoisse. Mais ça, ça date de quand je suis très jeune, des crises d'angoisse sévères et qui sont tous les jours présentes et qui se traduisent par des symptômes physiques, pas juste par…
Le souffle coupé ou le cœur qui bat un peu vite, donc c'est vraiment quelque chose qui est un peu handicapant. Ça va, je gère maintenant. J'ai appris à gérer, je commence à les gérer. Elles viennent d'où ces crises d'angoisse ? J'en sais rien. Je me rappelle que quand j'étais au lycée, je fumais beaucoup, beaucoup de pétards. Ouais ?
Et un jour, je me suis pris un bad trip. Et après, j'ai continué à fumer, mais je savais que ça ne m'allait pas. Du coup, j'ai arrêté net depuis ce jour-là. Sauf que les crises d'angoisse sont restées. Ok. J'ai vécu la même chose. Mais elles sont restées, et de plus en plus présentes, et de plus en plus dures, et…
et des fois tu te lèves le matin tu ressens un truc j'ai mal dans le bras gauche tu te dis je vais mourir et du coup tu stresses du coup t'as un point au coeur mais c'est ton corps qui réagit quoi alors que c'est tout dans la tête et du coup je suis au traitement
Pas tous les jours, parce qu'il y a des jours où ça va très bien, mais… Anti-anxiolithique, j'imagine. Des anxiolytiques. J'ai vécu la même chose, la même, et aussi crise d'angoisse, qui, moi, du coup, ont disparu et peuvent réapparaître.
Lorsque je ne suis pas sur mon bon chemin, lorsque je ne me sens pas en sécurité, lorsque je ne me sens pas aligné avec mes choix de vie, etc. Est-ce que tu as déjà fait des liens entre toute cette période d'adolescence où tu te construis dans la violence, l'épisode 1, tu vois, en tant que gay, et toutes ces intimidations, et même l'histoire du pistolet, du gun ?
des intimidations et des violences que tu vis ? Est-ce que tu as déjà fait des ponts ? C'était bien avant ça quand même. Après, il y a eu des problèmes de famille, par exemple du côté de ma mère. Mais ça, j'en parlerai pas. Mais oui, je pense que c'est un tout. En fait, le pétard, c'est un peu comme le sel dans les plats.
C'est un exhausteur d'émotions et à un moment donné, s'il y a des choses qui sont enfouies, ça les fait ressortir. Et du coup, voilà, c'est ça qui m'a fait ressortir. Mais sauf que, comme je dis, je suis toujours de nature passive, même quand j'ai quelque chose à dire à quelqu'un, que ce soit même à mes propres parents ou à ma famille.
Si on me gueule dessus ou tu ne me parles pas comme ça ou si je me prends une demande dalle, j'arrête de suite, je ne continue pas. Tu te retires. Je me retire et du coup je retire mon avis et en fait je n'impose pas mon avis. C'est ça le problème, c'est parce que je n'impose pas une idée.
Mais j'impose mon avis et j'ai l'impression que oui, je n'ai pas de légitimité à ça. J'ai envie, j'aurais envie si tu avais envie, mais j'aurais très envie que tu écoutes le docteur Anne-Sophie Petit. C'est un épisode récent du podcast sur les traumas. En gros, je crois que le titre c'est, je ne les connais pas par cœur, mais c'est « Comprendre l'homophobie ».
avec une psy-chercheuse il y a marqué psy-chercheuse dans le titre mais je t'enverrai les liens si tu veux et en gros elle explique comment le trauma ça fonctionne c'est à dire une suite ça peut être une suite répétée ou en tout cas une ou plusieurs agressions verbales ou physiques qui en fait fait que le cerveau peut parfois les digérer et en fait tu passes à autre chose même si ça a été difficile
Et ça devient un trauma qui peut se transformer après en réaction automatique parce qu'en fait, c'est juste ton cerveau en mode survie. Moi, je ne suis pas psy, mais quand tu dis que quand il y a une violence, il y a comme un mode qui s'agit, tu dis je suis passif comme si c'était un mode d'action où en fait, tu es un peu dépourvu de ta volonté. Il y a un peu un truc habituel qui se met en place.
C'est peut-être la seule façon que ton cerveau te propose pour survivre qui est, tu sais quoi, ferme complètement ta gueule, écrase-toi totalement et c'est notre façon de survivre. Et c'est ça qui a été prouvé, ça a été validé par l'expérience. C'est comme ça que tu as survécu jusqu'aujourd'hui. Donc ton cerveau, il est là.
Quoi ? T'as envie de parler ? T'as envie de changer ? Ah non, Stevie, attends, moi je suis là. Mon taf, c'est de te faire survivre. Ça a très bien marché que tu fermes ta gueule. Tu veux pas qu'on fasse la même chose ? Et comme c'est ton cerveau qui décide… Peut-être que des psys qui nous écoutent disent « Putain, Guillaume, t'expliques mal. » Mais va voir des psys. Moi, ça a transformé ma vie sur les crises d'angoisse. Parce qu'ils vont justement pouvoir peut-être mettre à jour des automatismes où tu vas pouvoir les contempler et peut-être décider de changer.
Et peut-être trouver des façons plus nuancées et intelligentes et soigneuses de te positionner petit à petit. Peut-être que moi, dans ma façon de m'exprimer, je te propose de prendre position de façon un peu drastique, un peu violente. Et qu'en fait, eux vont être beaucoup plus malins pour te dire, tiens, essaie d'essayer ceci, essaie cela. Tu as quelque chose de plus doux.
qui te correspondent, tu vois ce que je veux dire ? Trouver des nouvelles tactiques petit à petit, tu vois. La crise d'angoisse pouvant être alors possiblement une messagère. Il y a plein de raisons pour lesquelles tu as des crises d'angoisse, possiblement c'est un dérèglement, il y a plein de raisons, mais ça pourrait être aussi messagère qu'en fait tu as besoin d'avoir une autre position. Bien sûr.
Aujourd'hui, tu es sur les apps. Est-ce que tu te sens aujourd'hui de rencontrer des gens ou tu t'abstains tout à fait ? Je vais sur les applications. En ce moment, je ne vais plus trop sur Grindr ou Hornet. Je suis plus sur Tinder. Pourquoi ? Parce que c'est plus rencontre amoureuse ?
Ouais, parce qu'il y a un peu plus de dialogue, même si au final, on finit par coucher ensemble. Au moins, il y a du dialogue un petit peu avant. Et du coup, j'ai des matchs, des mecs qui m'envoient des messages, des mecs mignons, des mecs qui me plaisent. Et je ne leur réponds pas. Je ne sais pas pourquoi.
Si ils me disent salut, ça va, je dis salut, ça va, mais c'est… Je ne sais pas. En fait, il faut que je me connecte avec mon intuition. Qu'est-ce que mon intuition me dit ? Il n'y a aucun problème avec toi. Tu vois ce que je veux dire ? Il n'y a rien de cassé en toi. Avec tout ce que tu m'as raconté, c'est complètement normal.
que ça soit compliqué de créer un lien de confiance
et là où en fait j'ai en fait un ou une thérapeute donc en effet psychiatre va te donner des médicaments pour t'aider à gérer les crises d'angoisse et tant mieux mais par la parole quand tu me dis je sais pas pourquoi c'est vraiment le bon endroit pour mettre des mots et petit à petit mettre à jour ce qui est en train de se passer en toi oui c'est de le verbaliser c'est de le verbaliser pourquoi tu souris ?
mais parce que c'est ce que je sais mais c'est plus difficile à dire que non plus facile à dire qu'à faire pardon mais bien sûr que c'est super dur c'est pour ça qu'il y a besoin d'avoir quelqu'un qui puisse se creuser dans le noyau quoi ouais et prendre soin de ta parole en fait la retrouver aussi peut-être que tu leur réponds pas parce que tu sais pas quoi leur dire je sais pas dans l'idéal t'aimerais quoi en ce moment t'as envie de les rencontrer
Oui, de faire des rencontres, mais sans prise de tête, sans à la fin du date avoir un bisou ou un truc comme ça, de se rencontrer plusieurs fois, d'apprendre à connaître.
Et voir où le vent nous mène, quoi, pour l'instant. Parce que je me lance un peu trop vite, je vais trop vite en besogne. Et justement, la dernière fois, il y a deux mois de ça, je parlais avec un garçon. On a parlé pendant deux, trois mois. Et j'étais prêt, j'étais prêt. Et du coup, pour le rencontrer comme lui aussi habitait chez ses parents…
J'ai loué un Airbnb, pas très loin d'ici. Et il devait venir manger à la maison. Je lui ai cuisiné et tout. Et il n'est pas venu parce qu'il n'était pas bien. J'ai fait OK, mais si t'es pas bien, sois pas bien sur le canapé. Je te fais des papouilles, j'en sais rien, moi. Mais du coup, il n'est jamais venu. Après, il devait revenir une deuxième fois. J'ai reloué un Airbnb. Et il a arrêté de me répondre.
Alors qu'il était hyper sympa. On se parlait et tout. Il savait très bien. Il annule au dernier moment. C'est-à-dire que toi, tu as eu le temps de cuisiner ? Le jour même. C'est-à-dire que moi, j'ai commencé à cuisiner à 4h de l'après-midi. Et à 6h30 du soir, je n'ai toujours pas de nouvelles. Normalement, c'est l'heure de l'apéro. Franchement. Il ne m'a pas dit qu'il était malade. Et moi, naïf comme je suis, je l'ai pardonné. Et après, je suis revenu. Non, ne dis pas naïf, s'il te plaît.
T'es pas naïf ? Bah je suis pas cucu, alors je sais pas. Ok. Cucu comme je suis. Porté par l'espoir que ça aboutisse. Oui voilà, porté par l'espoir. C'est pas de la naïveté. Et du coup, on me parlait et tout, mes dernières conversations c'était « excuse-moi je peux pas trop te parler, je fais une soirée avec des potes, je peux pas trop être sur mon téléphone ». Il m'a dit « ok y'a pas de soucis, tu me raconteras ». Dernier message.
Tu lui avais cuisiné un festin en plus ? Oui, un poulet rôti avec un flan de butternut, enfin un truc de cuisinier quoi. Et après je reçois des messages, je lui envoie des messages tous les jours, ça lui ça va. Et deux semaines après il m'envoie un message, coucou désolé c'est pas contre toi, tu n'as rien fait de mal, je sais pas. Il m'envoie des baratins à la con.
aussi. Mais bien sûr. Mais je te dis, tout ça, c'est des réactions vraiment normales. Pour moi, tu n'es pas naïf, tu es déterminé. Ouais, peut-être. Je pense que tu peux apprendre à identifier des signes. Moi, je suis l'opposé de toi, c'est-à-dire je suis d'une impatience
et d'une exigence qui fait qu'au demi-signe, je dis à la personne « je vois ce signe, c'est mort ». Et du coup, pour moi, je suis l'opposé de toi, je ne laisse pas la personne trébucher.
Je ne laisse ni la personne, ni moi faire des erreurs. Je suis direct en mode, ah non, ça me saoule. Et je pense que toi, tu es à l'opposé du prisme que moi, où en fait, tu laisses passer mes genres. Trop de choses. Énormément de choses. Et en fait, plus rapidement, et ça, c'est un apprentissage, c'est vraiment le jeu des relations humaines. Plus rapidement, tu dois dire, écoute gars, là, je vais faire les courses d'un poulet rôti, butternut, je ne sais pas quoi, que même moi, j'ai les babines qui se pourlèchent.
C'est oui ou c'est non. Je ne vais pas faire les cours si tu ne m'as pas clairement répondu. Je ne te dis pas que ça te parle. Je te trouve déterminé et non pas naïf. Je te trouve ultra puissant en fait. Il y a quand même un truc de rester dans une relation abusive où tu es frappé. Il y a un niveau de détermination et de déni. Tu es prêt à tout pour que ça marche. Oui.
Oui, oui. T'es d'accord ? Oui. C'est pas de la naïveté, ça. C'est pas de la faiblesse. Un petit peu, quand même. C'est de la merde, au final. Ça produit du caca, on n'en veut pas. Non, mais… Moi, j'essaie toujours de voir le soleil dans les nuages, même si je sais au fond que…
que j'aurais dû arrêter de lui parler le soir où il n'est pas venu, parce que j'en parlais à une copine à moi, il m'a mis un faux plan, elle m'a dit, elle a fait, ok, lui c'est un connard, ça next. Merci l'ami. On lui fait un bisou. En tout cas, je ne dirais pas que c'est un connard next, je dirais, il n'a qu'à lui me faire à dîner, ou prendre, tu vois, si lui il fait le chemin, si lui il dit, écoute, j'ai merdé, vas-y je t'invite, tu vois, et du coup de le laisser revenir.
Qu'est-ce qui fait qu'il y a au fond de toi une part qui sait ? Tu viens de me dire au fond je savais que j'aurais dû. Qu'est-ce qui fait qu'il y a une autre part de toi qui dit je suis déterminé, on le réinvite, on reprend Airbnb ? Elle raconte quoi cette part de toi ?
C'est ma détermination parce que je voulais rencontrer cette personne-là et quand j'ai envie de quelque chose, je continue. Mais même si je savais que c'était sûrement voué à l'échec, qu'il y avait, comme on dit chez nous, une couille dans le pâté. Et dans l'idéal, ta détermination, elle avait un objectif en tête. Elle imaginait un idéal. Décris-moi cet idéal. Décris-moi comment ça aurait pu être merveilleux. Il se serait passé quoi si ça avait été merveilleux ce dîner ?
Eh bien, on aurait commencé, parce qu'il était très drôle, donc on aurait commencé par boire un coup, rigoler un petit peu. Il aurait pu éventuellement m'aider à la cuisine, ça aurait pu être sympa, sur un fond de musique. On aurait parlé, on aurait bu un coup, et puis voilà, je l'aurais taquiné tout en détente. Ça veut dire quoi, taquiner ?
Taquiner, je sais pas moi, faire des blagues un peu… Tu te fous de sa gueule, quoi. Oui, non, très léger, très léger, parce que je suis pas comme ça, mais voilà, quoi.
Ok, c'est trop chouette. Donc tu le taquines un peu, tu lui fais comprendre qu'en fait, il te plaît par des petites taquineries douces. Voilà, douces, mais sans trop de… sans forcer. Le poulet cuit. Et après, il se passe quoi ? Vraiment dans l'idéal… Après manger et tout ? Je sais pas, ouais. Il peut se passer des choses même avant manger ? Oui, après éventuellement, avec un rapprochement, il peut y avoir peut-être un bisou ou…
Ou autre chose, je ne sais pas. Je ne suis pas dans le moment présent et ça ne s'est pas fait. Moi, les dates que je fais, c'est toujours différent. En fonction de la réceptivité de la personne qui est en face et puis du mood. Parce que se dire qu'il faut impérativement embrasser ou coucher avec la personne le premier soir, ça ne marche pas comme ça. Il faut que ça soit spontané. C'est pour ça que je ne prévois pas…
Moi, tout ce que je veux, c'est apprendre à se détendre avec la personne, qu'on soit à l'aise, qu'on rigole et puis voilà.
Vraiment, ton attente, elle est 100% réaliste. Tu vois ce que je veux dire ? Tu vas y arriver. Pour moi, investigue et observe tes prises de décision. Qu'est-ce qui me fait ne pas voir le red flag ? Comment je peux parler à cette part déterminée de moi ?
Pour justement retrouver du pouvoir. Qu'est-ce qui est là-dedans ? J'ai suffisamment dit ce que je pensais. Tu rencontres quelqu'un avec qui il y a trop un fit, il y a trop un lien, une connexion, tu l'apprécies. Et il te dit…
Stevie, je te trouve trop beau. Je te désire. Vous avez un bon lien, ça se passe très bien. Et il te dit, j'ai envie de me focaliser sur ton plaisir à toi. Qu'est-ce qu'il fait ? Qu'est-ce que vous faites ? D'un point de vue sexuel ? Par exemple. D'un point de vue sexuel ?
J'ai toujours eu ce rapport au sexe, par exemple, pour répondre à ta question, qui était dans la performance. Parce que souvent, nous, les gays, on est… Même quand tu regardes des films pornos, parce que je l'ai eu fait à la découverte de ma sexualité, on est toujours dans la performance, sauf que j'ai appris avec le temps que c'est pas forcément ça, le sexe. Et du coup, ce que j'aimerais, moi, c'est pas baiser…
mais coucher ou faire l'amour, voilà, qu'il y ait quelque chose, une connexion. Comment tu sens quand il y a une connexion ? Je sais pas, ça passe par les regards, des touchés, parce que quand tu fais que du doggy style et que le mec il est là en te disant « Ah c'est bon, tu l'aimes ma bite », moi ça c'est des trucs que je peux plus supporter, c'est insupportable pour moi. Mais oui, un contact, des caresses, des…
Je ne sais pas, une transpiration des Allemands et pas surjouer le… Comment dire en français ? Pas le morning, mais le… Les gémissements. Les gémissements, voilà. Pas surjouer ça et rester plus dans du terre-à-terre, quitte à faire d'autres positions. Mais j'aimerais bien faire un truc qui soit un peu plus naturel. Naturel et efficace. Après, libre à nous de…
D'inventer d'autres choses et d'être un peu… Voilà, mais faire un truc qui soit normal et pas… On n'est pas dans des films, quoi. Des films pornos ? Ouais. Ok. Et ça, tu le dis à tes partenaires ?
Au début, non. Parce que justement, quand je te parlais de ce mec que j'avais cuisiné le poléroutien, il n'est pas venu. Du coup, j'étais frustré. J'ai fait venir quatre autres mecs le soir même. Enfin, pas en même temps, mais d'affilé. Et ils étaient tous nuls. Ils étaient tous dans la performance, sauf qu'ils n'y arrivaient pas. C'était nul. C'était mal fait. Ça faisait mal. Et ouais, c'est là que j'ai compris que ce n'est pas ça que je recherchais.
je suis avec toi avec le poulet rôti tu devais être trop triste de ouf je me suis dit vas-y je vais faire mon salope mais quand je t'ai demandé est-ce que tu le dis en fait moi je le dis sur Grindr
Et il y a marqué ça dans mon profil. Mais ce que j'aime, ce que je veux. Là, moi, je suis un peu en mode observateur sur Grindr. Je regarde les profils. Non, mais 95% des profils disent rien ou bien je ne veux pas de barbe, de chemsex, etc. Ils disent ce qu'ils ne veulent pas ou bien je me fais engueuler.
Il y a marqué genre, si t'as pas de photos, ça sert à quoi de me contacter ? Et tu regardes le profil du gars, il n'a pas de photos. Alors ça, c'est vraiment les meilleurs, genre les champions. Mais du coup, j'étais là, mais les gars, mettons ce qu'on aime. C'est vrai que c'est pas faux. C'est vrai que c'est pas faux, Stevie. Mais putain, tu m'écris, on écrit là ensemble un petit texte. Enfin non, mais tu sais quoi ? Tu réécoutes ce podcast et tu notes et tu me fous ça sur ton Grindr. C'est vrai, ouais.
C'est vrai que j'ai jamais pensé à mettre ce que j'aime. Pourquoi ? Ben, je sais pas. Je sais pas. Moi, je marque juste passif et voilà, c'est tout. Après… Non, j'ai jamais marqué, ouais…
j'ai jamais su quoi marquer mais c'est vrai que au final c'est juste pour ça cette application autant marquer ce que j'aime et si le mec il est chaud que je lui plaît au moins il est au courant déjà de base tu vois ça c'est un exemple de prendre position qui du coup là ne fait de mal à personne il y a plein d'endroits où on peut prendre notre place qui est juste pour nous et qui n'impacte alors pas les autres bien sûr c'est vrai
Je suis chaud bouillant, j'ai limite envie de te demander une cape écran de ton green. Non, je rigole, je te t'invite. Mais non, mais franchement, en fait, merci parce que ton histoire, elle est tellement universelle. Elle me touche et je la trouve tellement universelle. Je me retrouve vachement dans ce que tu dis. On a des vies tellement différentes. On n'a pas du tout grandi au même endroit. Il y a plein de ponts, il y a plein de choses où…
En fait, je pense que je suis aussi vachement intervenant là. C'est un peu mon style, mais aussi, en fait, je suis un peu en colère. Je me sens, quand je t'entends, en fait, je trouve que ma colère, elle vient de l'injustice que j'entends. Je trouve que c'est injuste. J'ai envie que ça arrête, en fait, ce qui se passe pour toi.
Oui, mais ce n'est pas grave. Après, je ne suis pas si malheureux que ça, mais c'est comme ça. Des fois, il y a des choses qui arrivent dans la vie que tu ne peux pas contrôler. Et au final, l'injustice, elle vient en partie de moi aussi. Parce que, justement, comme tu disais précédemment, il y a une prise de position à avoir. Sauf que ça, il n'y a que moi qui puisse la prendre. Donc, voilà.
J'ai écouté, j'ai entendu tout ce que tu m'as dit. T'as dit, moi sur Greenwich, mais passif ? Le nouveau nom du podcast, t'as entendu le nouveau nom du podcast ? Passif ou actif ? Et ouais, t'en penses quoi ? J'aurais préféré enculer. Je l'avais marqué d'ailleurs. Oui, j'ai fait un sondage et une des idées c'était enculer, mais qui au final était trop confrontant. Oui, c'est vrai. Et puis moi, tu sais, quand j'ai essayé de le dire à ma famille…
J'étais là, putain, flemme. En fait, à chaque fois que je disais ce nom, ça prenait beaucoup d'énergie. Toi, tu réagis comment à cette injonction du actif ou passif ? À cette question, tu réagis comment dans ton intime ? Tu viens d'y répondre là, t'as dit passif. Ah oui, moi je suis passif, ouais.
Je suis passif. Après, je peux m'amuser à faire d'autres choses à mon partenaire. Mais non, il n'y a pas de pénétration. Moi, je ne pénètre personne. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je l'ai eu fait, mais je ne sais pas. C'est vachement intéressant ce que tu dis. Je le faisais à l'époque où je couchais avec des filles. Mais ça, c'était il y a longtemps.
J'ai commencé ma sexualité à 13 ans avec des filles. Mais du coup, forcément, je vais coucher avec elles. Mais depuis que je suis avec les garçons, non, je ne peux pas.
Tu ne peux pas ? Non, j'y arrive pas. Ok. En fait, ce que je trouve vachement intéressant, c'est que d'un côté tu te dis, moi j'ai envie de me connecter à quelqu'un d'autre. Quand je t'ai demandé, il y a un kiff avec quelqu'un, comment ça se passe ? Tu me parles vraiment de sensualité, de connexion, de jeu, de rencontre des corps, de sortir des films pornos. Ouais. Donc c'est vrai que j'avais un peu le préjugé que tu me dises, moi c'est casse, actif ou passif, ça m'emmerde. Tu vois, genre…
Ah oui. Et que du coup, toi, une fois que ton partenaire… Pourquoi tu souris ? Oui, non mais parce que oui, c'est vrai que c'est un peu contradictoire ce que j'ai dit. Non mais oui, mais disons que je préfère. Après, si mon partenaire, il aime bien jouer avec des jouets, il n'y a pas de problème.
Je peux lui mettre des jouets ou des choses comme ça, mais par contre, par exemple, il y a aussi un point dans la sexualité que j'aime pas, c'est que j'aime pas me faire sucer, par exemple. Je sais pas pourquoi. Dans ma sexualité, je peux être bien dur et tout ça, mais me faire sucer, ça va faire du bien 30 secondes, mais après, jamais j'ai joui. Jamais. Jamais de ma vie.
Et d'ailleurs, même jamais aucune personne n'a réussi à me faire jouir en utilisant mon pénis, par exemple, que ce soit une branlette ou une pipe. Jamais personne. Il n'y a que moi. Il n'y a que moi. Oui, l'éjaculation, c'est un réflexe. Donc le cerveau, il comprend comment ça… En gros, si tu l'as habitué à ta main, ton intensité et avoir le contrôle, c'est juste qu'il faut réapprendre.
Qu'est-ce que tu as pensé de tout cet enregistrement ? Est-ce qu'il te vient un ou des sujets où tu dis tiens j'ai vraiment envie d'ajouter ça pour finir ? Franchement j'ai l'impression de m'être bien délivré quand même. Ça m'a fait du bien. Non, je pense qu'on a bien fait le tour.
Et puis, comme tu dis, j'espère que j'arriverai à trouver l'amour. Si quelqu'un passe par là. Est-ce que tu as un type ? Non, pas spécialement. Moi, j'aime bien les types méditerranéens. Après, corpulence, pas spécialement, quoi, mais…
T'as des préférences, mais t'as pas un type, c'est ça ? Non, j'ai pas de type. Mais il y a des choses qui t'émoustillent particulièrement, par exemple, les mecs méditerranéens. C'est ça ? Qu'est-ce qui t'émoustille particulièrement ? La voix. La voix…
Le dos, je ne sais pas pourquoi le dos. Le dos un petit peu saillant. Saillant, ça veut dire musclé ? Oui, mais pas forcément. Il peut être normal devant, mais avoir le dos quand même musclé derrière. Et puis oui, gentil. Et puis de l'humour, c'est tout. C'est important à quel point ces éléments qui t'émoustillent ?
ça n'a pas vraiment d'importance parce qu'après il y a la personne aussi mais on va dire que sur 10 ça va être à 4 4 sur 10 j'ai plein de gens qui me disent je peux pas être sur le podcast parce que j'ai une voix de merde je trouve que les gens ont un très mauvais rapport à leur voix donc j'ai envie que les gens qui se disent ah zut j'ai pas une belle voix je vais pas le contacter non contactez-le et on est d'accord que imagine le gars est trop cool
Vous allez trop vous kiffer, mais il est blanc et il a un dos de merde. Il te contacte quand même ? Ben oui, après, ça dépend. Bien sûr. Non, mais oui. En fait, je crois que je regrette ma question de est-ce que t'as des trucs qui t'émoussillent, puisque je m'inquièterais qu'il y ait des gens qui s'auto-censurent. Non, mais on a tous des fantasmes, des trucs qui nous font un peu kiffer. Bien sûr, t'as le droit. Moi, j'aime bien le regard, j'aime bien la jolie voix un peu emboutante, mais après…
Après non, on n'est pas à l'abri. Moi, j'ai déjà eu plein de cas où de mecs que je regardais, je disais, lui, jamais de la vie. Mais à force de parler avec lui, son attitude, son charisme, je lui ai trouvé du charme de ouf et je l'ai trouvé mignon. Complètement. Il n'y a pas que le physique. Ce futur amour, il peut vivre où dans le monde ? Uniquement dans le Sud ?
De la France métropolitaine ? Pas du tout. Pas du tout. Moi, je bouge de partout. Je n'ai pas de pieds à terre pour l'instant. Moi, je bouge de partout. Franchement, merci. Merci à toi. Merci de tous tes partages. Moi, mon espoir le plus fort, c'est que ça t'ait donné des ailes.
Ça t'ai donné des petits morceaux d'elle à toi et j'espère à plein de gens qui ont écouté. Franchement, c'est pour ça que je fais tout ça. C'est incroyable. Mais non, mais dis pas ça. Enfin, dis ce que tu veux. Mais en gros, merci. Pardon. Mais franchement, je suis content. Ça m'importait vraiment d'arriver à être là et tout. Et merci à toi une dernière fois. Merci à toi de m'avoir invité dans le podcast.
Rendez-vous dans 5 ans ? Dans 5 ans. Ça te va ? On fera un débrief ? On fait un débrief. On voit si c'est un level up. Tu penses ? Ben j'espère. C'est évident. Trop bien. On s'arrête là ? On s'arrête là. Ça va ? Ouais, nickel. T'es content ? Ouais, moi aussi.