Tentative de suic*de, talons aiguilles et renaissance – Gabriel 2/3

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Partie 2 sur 3 – Gabriel raconte ses premiĂšres expĂ©riences de genre et de sexualitĂ©, entre dĂ©guisements de Mardi gras, rĂȘves d’amour contrariĂ©s et quĂȘte de vĂ©ritĂ©. Il revient sur son coming out, dĂ©clenchĂ© par une tentative de suic*de Ă  16 ans, son hospitalisation Ă  Sainte-Anne, les humiliations subies, et les forces dĂ©veloppĂ©es en rĂ©ponse. On parle aussi de dĂ©sir, d’ĂȘtre attirĂ© que par les hommes virils, et de ce qu’il se joue quand deux garçons rejouent, consciemment ou non, les rĂŽles homme/femme.

Si tu es en souffrance, tu as des idĂ©es noires n’hĂ©site pas Ă  appeler une ligne d’Ă©coute spĂ©cialisĂ©e : les volontaires sont formé·es et lĂ  pour ça! En France tu peux contacter la ligne de SOS Homophobie https://www.sos-homophobie.org/chatecoute, ou tout autre asso LGBT dans ton pays qui saura te rediriger

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Gabriel, tu es prĂȘt pour la partie 2 ? Je suis prĂȘt pour la partie 2, Guillaume. Super. Tu racontes ton parcours d'homme effĂ©minĂ©, d'homme fĂ©minin, d'homme féérique. C'est vrai ? C'est mon avis. Et tu m'as dit dans ton prĂ©-entretien, au SĂ©nĂ©gal, j'ai Ă©tĂ© matrixĂ© ? ce terme que tu as utilisĂ© et notamment tu me disais en prĂ©-entretien est-ce que c'est parce que j'aimais les garçons et je voyais que seules les filles pouvaient aimer les garçons que je me suis effĂ©minĂ© puis lĂ  dans l'Ă©pisode prĂ©cĂ©dent tu t'es demandĂ© si c'est parce que tu Ă©tais entourĂ© de figures fĂ©minines qui t'a fait te faire effĂ©miner Est-ce que pour toi, tu as l'impression qu'il existe une raison Ă  comment on est dans son genre ? Maintenant que tu le dis et maintenant que je l'entends, non. Pour moi, je pense que c'est ce qui fait notre unicitĂ©, c'est ce qui nous rend unique. Donc, je pense Ă  fait que je suis juste comme ça. Ce n'est pas quelque chose que je peux contrĂŽler comme on… Comme on ne pourrait pas contrĂŽler le soleil de se lever Ă  tel endroit et de se coucher Ă  tel endroit. Je pense qu'il faut juste l'accepter. Ça a toujours Ă©tĂ©… Alors justement, c'est trĂšs bizarre puisqu'on en parlait tout Ă  l'heure. Au SĂ©nĂ©gal, tu as une fĂȘte qui s'appelle la Tamrarit. C'est une fĂȘte oĂč on dĂ©guise les garçons en filles. Et je me souviens, ça s'approche justement de la pĂ©riode du mardi gras. Si ma mĂ©moire n'est pas fausse sur ça, je sais par exemple qu'Ă  chaque mardi gras, j'adorais me dĂ©guiser en fille. Parce que c'Ă©tait mon moyen, moi en tout cas, Ă  l'Ă©poque, de pouvoir m'exprimer et de pouvoir vivre une journĂ©e pleinement. J'avais un succĂšs fou d'ailleurs. Donc j'empruntais soit des habits Ă  des copines, une paire de talons Ă  ma mĂšre. Mais comme ça restait juste pour un dĂ©guisement, en fait, personne ne s'en offusquait plus que ça. Hum. Je me souviendrai toujours, c'Ă©tait lors de ma deuxiĂšme cinquiĂšme puisque j'ai redoublĂ©, Omar Digra est un garçon que j'ai toujours trouvĂ© trĂšs beau et sur lequel je pense que j'ai eu un crush, qu'on appellera Ben, ce n'est pas son vrai prĂ©nom mais je l'appellerai Ben, c'Ă©tait un prĂ©nom Ă  trois lettres. qui est venu me voir et qui m'a dit t'es tellement magnifique si tu pouvais rester comme ça toute la vie et je sais que j'ai vĂ©cu avec cette phrase pendant un bon nombre d'annĂ©es parce que je me suis dit pourquoi la vie ne m'a pas fait comme ça parce que aujourd'hui j'aurais Ă©tĂ© avec lui c'est quelque chose qui passait depuis longtemps mais sur l'instant et sur le moment Ă  13 ans 13 ans et quelques tu te poses 12 ou 13 ans tu te poses quand mĂȘme la question et puis surtout ça revient encore et encore et encore hum hum Est-ce qu'on peut fermer les yeux, toi et moi ? Et est-ce que tu peux faire rĂ©sonner le terme de homme ? C'est-Ă -dire ? Toi, si je te dis homme, si je te dis tu es un homme, ça rĂ©sonne comment ? Je vais te le dire de la façon la plus basique. L'enveloppe corporelle, les organes gĂ©nitaux. VoilĂ  comment ça rĂ©sonne. Toi, tu te sens homme. Je me sens homme aujourd'hui. Alors, je me suis beaucoup posĂ© la question de savoir si j'avais envie d'ĂȘtre une femme. Mais je me suis juste rendu compte que ce qui me poussait plus vers le cĂŽtĂ©… enveloppe corporelle fĂ©minine c'Ă©tait de pouvoir ĂȘtre avec des garçons Ă  partir du moment oĂč j'ai pu ĂȘtre avec des garçons je n'ai plus ressenti cette envie-lĂ  mĂȘme si j'avais mon cĂŽtĂ© qui Ă©tait fĂ©minin ça m'a traversĂ© l'esprit en me disant pourquoi la vie ne m'a pas fait fille pourquoi le bon Dieu ne m'a pas créé fille parce que c'est les garçons que j'aime on te dit que c'est mal j'ai Ă©tĂ© Ă©levĂ© dans une religion qui est la religion catholique on t'a toujours montrĂ© que l'homosexualitĂ© c'Ă©tait un pĂ©chĂ© J'avais une grand-mĂšre qui Ă©tait trĂšs religieuse, il fallait aller Ă  la messe toutes les semaines. CĂŽtĂ© sĂ©nĂ©galais ou français ? CĂŽtĂ© sĂ©nĂ©galais. CĂŽtĂ© français, je vivais dans le sud de la France, Ă  Nice. Donc j'y allais tous les Ă©tĂ©s. Je passais gĂ©nĂ©ralement deux ou trois semaines avec ma grand-mĂšre avant de rejoindre ma tante, qui Ă©tait la grande sƓur de ma mĂšre, qui vivait sur Paris L. Du coup, si je comprends bien, ce moment de joie dĂ©guisĂ© en femme, c'est moins une question de ton identitĂ© de genre que du fait que, justement, il n'y a pas d'humiliation. Tu es dans l'espace public et tu es accueilli, autorisĂ© Ă  ĂȘtre en dehors des normes de genre. Exactement. Et lĂ , je peux le vivre pleinement. Donc, c'est pour ça aussi que, justement, au moment oĂč je me transformais, si on peut dire… J'Ă©tais drag queen, mais sans le savoir, Ă  ce moment-lĂ , j'Ă©tais bien, parce que je correspondais en tout cas Ă  l'image que j'avais de moi, l'image que je voulais, parce que c'Ă©tait mon seul moyen de pouvoir accĂ©der Ă  ces garçons. En rĂȘvant, bien sĂ»r, parce que je ne sais rien passer de physique ou quoi que ce soit, mais ça me rapprochait un peu plus, justement. Je pouvais toucher le rĂȘve du bout des doigts. Ok, oui, c'Ă©tait ta recherche d'amour et de connexion. C'est exactement le mot. Sur ton chemin depuis, lĂ , t'es pas allĂ© Ă  l'endroit de la non-binaritĂ© ? Il y a aussi peut-ĂȘtre un concept de genre Ă  redĂ©finir, non ? Non, non. AprĂšs, Ă  partir de ça, Ă  partir du moment oĂč j'ai commencĂ© Ă  vivre mon homosexualitĂ©, faire mon coming out, que j'ai fait de façon assez dramatique par une tentative de suicide, j'ai juste su que c'Ă©tait comme ça et qu'Ă  un moment, il fallait y aller. Je ne me suis pas posĂ© la question de me dire est-ce que tu as envie de changer de sexe ? Est-ce que tu te sens vraiment femme ? Est-ce que tu es prĂȘt justement Ă  avoir une transition ? Non, je ne me suis pas du tout vu comme ça. Tu veux en dire un peu plus sur cette tentative ? Alors cette tentative, ce coming out, c'est passĂ© d'une… Alors j'Ă©tais au lycĂ©e, j'Ă©tais au lycĂ©e parisien. J'ai fait un lycĂ©e hĂŽtelier puisque je voulais faire de la mode mais c'Ă©tait trop gay pour ma mĂšre. et j'avais plus envie de suivre le cursus normal donc j'avais envie de me dire bon pourquoi pas, on a beaucoup voyagĂ© les hĂŽtels m'ont toujours fait plaisir donc pourquoi ne pas s'orienter justement vers ça c'Ă©tait un tout autre monde bien sĂ»r Alors attends, t'as pas encore fait ton coming out que ta mĂšre te dit ? c'est trop gay d'aller Ă  cet endroit lĂ  ? La mode c'est pour les gays alors que c'Ă©tait une personne avec beaucoup de culture et certaines choses mais je pense que c'est plus son Ă©ducation qui a fait ça donc tout de suite forcĂ©ment tu te fermes encore un peu plus et tu te dis je vais en montrer encore moins et alors j'ai dit un jour Ă  une copine Ă  moi au lycĂ©e que j'Ă©tais gay Et il s'est passĂ© exactement ce qui devait se passer. Elle l'a rĂ©pĂ©tĂ©. Ça a Ă©tĂ© pris d'une façon qui va ĂȘtre un peu plus diffĂ©rente. Elle a rĂ©pĂ©tĂ© Ă  un garçon qui Ă©tait brĂ©silien. Je ne dirai pas son nom, mais je m'en souviens comme si c'Ă©tait hier. Et puis en fait, la personne me copiait dans tout. Tout ce que je faisais, la personne faisait. Tout ce que j'achetais, la personne achetait. Et elle lui a rĂ©pĂ©tĂ© Ă  ce fameux garçon qui lui l'a rĂ©pĂ©tĂ© autour de lui. Et j'avais deux choix, soit l'accepter, soit le rĂ©futer. Je l'ai acceptĂ©. Et puis bizarrement, ça s'est passĂ©, je ne vais pas dire que c'est passĂ© comme une lettre Ă  la poste, parce que tu as toujours des cons partout, mais ça ne m'atteignait plus autant qu'avant. Je pense qu'il y avait beaucoup moins, justement, dĂ©jĂ  j'Ă©tais dans une ville comme Paris, donc… Beaucoup plus grande ville, plus rare qu'un tel connaisse un tel et connaisse un tel, donc j'ai assumĂ© mon homosexualitĂ© Ă  partir de ce moment-lĂ . Et je me souviens d'ailleurs un jour dans les vestiaires, on sortait du cours de sport, chacun allait prendre sa douche, on se retrouve dans les vestiaires et puis lĂ  t'avais un mec qui Ă©tait un peu plus ĂągĂ© mais qui Ă©tait dans ma classe, qui me sort sa bite. Du caleçon comme ça, il me dit ça te fait envie. Et puis j'ai regardĂ© le truc, son sexe, qui Ă©tait tout fripĂ©. Et je ne sais plus quelle remarque j'ai pu lui sortir, mais qu'il a sĂ©chĂ© d'un coup. Et ce n'est plus jamais permis de me faire quoi que ce soit comme remarque. Le caractĂšre s'Ă©tait encore beaucoup plus dĂ©veloppĂ©. J'ai Ă©normĂ©ment de caractĂšre, un peu trop parfois. D'autodĂ©fense plus que de caractĂšre ? Un peu des deux. Parce que mĂȘme gamin, j'ai toujours eu cette rĂ©putation de garçon un peu insolent. Alors je pense pas pour moi que c'Ă©tait de l'insolence parce que j'arrivais toujours Ă  dire, je vais pas dire que j'avais la vĂ©ritĂ© dans la bouche, mais je disais ce que tout le monde ne disait pas. tu penses que c'est un moyen de protection ou un vrai trait de caractĂšre tu vois ce que je veux dire 50-50 je dirais mĂȘme 70-30 peut-ĂȘtre la question est bĂȘte mais souvent je me demande mais Qui aurais-je ? J'aurais Ă©tĂ© qui sans toutes ces forces et ces compĂ©tences que j'ai Ă©tĂ© obligĂ© d'acquĂ©rir sur mon chemin de guet ? Tu vois ce que je veux dire ? On est d'accord. Et bien entendu, une rĂ©partie cinglante, meilleur outil pour survivre dans un monde homophobe. Je suis obligĂ©, surtout que je n'en ai pas parlĂ© plus tĂŽt, mais six mois aprĂšs cette fameuse annonce Ă  ce garçon, justement, sur Dakar… À 11 ans et demi, mon pĂšre est parti. Donc il a fallu vivre avec justement ce deuil-lĂ . Et justement, il n'y avait plus cette figure paternelle, il n'y avait plus cette figure masculine sur place. Donc ça n'a pas aidĂ© puisque le fait d'ĂȘtre Ă©levĂ© par des femmes… oĂč Ă  la maison tu sais pas le petit prince et puis t'attends pas que ça se passe mĂȘme si tu as du personnel de maison quand on est venu ici c'Ă©tait totalement diffĂ©rent ça n'a plus la mĂȘme valeur donc on t'apprend Ă  savoir faire la cuisine, Ă  savoir faire le mĂ©nage juste toutes ces choses lĂ  oĂč en fait tu dois ĂȘtre beaucoup plus dĂ©brouillard et Ă  prendre la vie si on peut dire un peu beaucoup plus vite le deuil a fait ça et ça a Ă©tĂ© un deuil assez violent puisque ça a Ă©tĂ© un suicide un suicide dont j'ai eu connaissance trois ans et demi plus tard parce qu'on voulait me cacher la vĂ©ritĂ© pour me prĂ©server Alors que j'ai toujours Ă©tĂ© justement dans cette quĂȘte absolue de vĂ©ritĂ©. Je prĂ©fĂšre une vĂ©ritĂ© qui fait vraiment mal qu'un mensonge qui fait du bien. Je prĂ©fĂšre retirer le sparadrap d'un coup, quitte Ă  ce que ça te laisse une cicatrice. Mais au moins c'est dit, on peut passer Ă  autre chose. Il a expliquĂ© son geste ? Il n'a pas expliquĂ© son geste. Quelqu'un d'autre l'a expliquĂ© Ă  sa place. Une amie de mes parents, chez qui justement on passait ce fameux NoĂ«l. lors d'un dĂ©placement de ma mĂšre Ă  l'Ă©tranger, oĂč j'Ă©tais allĂ© la voir un soir. Et puis, je ne sais pas comment on en est arrivĂ© lĂ , mais… Apparemment, en fait, il aurait eu quelqu'un autour de lui qui lui aurait dit de placer de l'argent Ă  tel endroit. Ce qui a Ă©tĂ© fait, sauf qu'il avait perdu tout l'argent et l'argent lui avait Ă©tĂ© prĂȘtĂ© par quelqu'un. Donc, cette fameuse personne a menacĂ© justement de le dĂ©noncer au barreau. Et je pense que la peur de l'humiliation Ă©tait plus grande. Donc, il a prĂ©fĂ©rĂ© justement mettre fin Ă  ses jours. toi tu disais que t'as toi mĂȘme fait une tentative de suicide au moment de ton coming out qu'est-ce qui s'est passĂ© ? alors j'ai pris des mĂ©dicaments c'est la tentative de suicide enfin la tentative de suicide qui a marchĂ© pour mon pĂšre a Ă©tĂ© assez violente je l'ai su aussi plus tard parce que je me souviens qu'au moment oĂč je suis allĂ© voir justement le corps Ă  la morgue il y avait un oeil qui Ă©tait beaucoup plus gros que l'autre Et apparemment, il s'Ă©tait tirĂ© une balle dans la tĂȘte. Mais je ne l'ai su que quelques annĂ©es plus tard. Donc, le choc a Ă©tĂ© encore plus important. Moi, j'y suis allĂ© de façon beaucoup plus douce. C'est-Ă -dire que j'ai pris des mĂ©dicaments. Alors, je pense que je me suis achetĂ© quatre boĂźtes de Nurofen. Je les ai pris un samedi soir, au moment oĂč des cousins Ă  moi Ă©taient de passage sur Paris. L'appartement Ă©tait en duplex. On vivait dans le 14e. Donc, j'Ă©tais Ă  l'Ă©tage, eux Ă©taient en dessous. Je suis montĂ©, j'ai commencĂ© Ă  les avaler, les avaler, les avaler, les avaler. Il y a eu un dĂ©clic en particulier ? C'Ă©tait une peine, une angoisse ? Pas une peine d'amour en fait. Se dire combien de temps j'allais continuer encore Ă  souffrir de cette sexualitĂ© et pourquoi on m'avait fait comme ça. Parce que, toujours pas d'histoire, j'ai pas eu cette chance, si on peut dire, de guĂ©. Je pense que certains l'ont vĂ©cu, pas nous. mais certains l'ont vĂ©cu tu sais en ayant en tombant sur l'histoire Ă  l'adolescence oĂč tu as ce garçon lĂ , ça match la vraie histoire d'amour tu te sentais seul et tu continuais Ă  ĂȘtre insultĂ©, harcelĂ© non mais tu vis toujours avec cette peur mĂȘme si je l'ai pas t'as toujours les moqueries mĂȘme si c'est quelque chose qui est moindre c'est Ă  dire que mĂȘme nous on arrive Ă  le banaliser finalement Ă  un moment Nous, les gays, je pense que toi et moi, comme tu as dĂ» le vivre dans ta famille, comme je l'ai vĂ©cu dans la mienne, comme tu le vis dans le cercle Ă  cet Ăąge-lĂ  de l'adolescence, oĂč Ă  un moment, tu as tellement l'habitude que finalement, ça finit par te passer au-dessus, mĂȘme si ce n'est pas normal ? Et il s'est passĂ© quoi aprĂšs la prise de ces mĂ©dicaments ? Donc je me suis endormi comme si pour moi je n'allais plus me rĂ©veiller et c'Ă©tait vraiment vraiment vraiment ce que j'avais dans la tĂȘte sauf que le corps en a dĂ©cidĂ© autrement puisque j'ai commencĂ© Ă  me lever j'ai eu envie d'aller vomir et j'ai commencĂ© Ă  vomir toute l'autre partie de la nuit donc mes cousins Ă©taient en train de dormir donc ils ne l'ont pas vraiment su sauf qu'au rĂ©veil on devait aller Ă  un dĂ©jeuner de famille auquel je n'ai pas pu aller parce que je buvais de l'eau, je vomissais je voulais manger un truc, je vomissais donc lĂ  il a fallu m'amener Ă  l'hĂŽpital sauf que j'avais 16 ans et demi Donc une fois arrivĂ© Ă  l'hĂŽpital, je suis obligĂ© de dire ce qui s'est passĂ©. On ne fait pas de lavage d'estomac puisque l'estomac a Ă©tĂ© totalement nettoyĂ©. Sauf qu'il faut contacter un membre de ma famille. Donc ma mĂšre n'est pas prĂ©sente sur place parce qu'elle Ă©tait dans le sud chez l'homme qu'elle frĂ©quentait Ă  ce moment-lĂ . Donc c'est mon frĂšre qui habitait Paris qui a dĂ» se dĂ©placer et qui est tombĂ© des nuves au moment oĂč il a su, comme tout le reste de la famille d'ailleurs. Du coup, c'Ă©tait un appel Ă  l'aide ? Non, je ne le prendrais pas comme ça parce que j'avais vraiment envie d'en finir. C'est-Ă -dire que quand j'ai vu que ça n'a pas marchĂ©, c'est vraiment ce que j'ai gardĂ© en tĂȘte pendant prĂšs de trois semaines. Donc, tout de suite, on m'a orientĂ©. Moi, je pensais que la vie… C'est-Ă -dire que je savais que je n'irais plus Ă  l'Ă©cole. Pour moi, ma vie devait s'arrĂȘter ce jour-lĂ . Donc, il a fallu… L'hĂŽpital m'a conseillĂ© justement d'aller dans un autre hĂŽpital et d'ĂȘtre prise en charge Ă  Saint-Anne. Je ne sais pas si tu connais. À Paris, c'est un hĂŽpital psychiatrique trĂšs connu. Donc, je n'ai pas compris. Tout de suite, braquĂ©. Qu'est-ce que je vais faire dans un hĂŽpital psychiatrique ? J'ai juste fait une tentative de suicide. Donc, je ne voyais mĂȘme pas, moi, la… La gravitĂ© de la chose. Le premier entretien que j'ai eu avec la psychiatre qui n'est pas du tout passĂ©, une femme qui Ă©tait fermĂ©e, il n'y avait pas du tout de feeling. Comme je l'ai dit, j'ai eu l'occasion de le refaire aujourd'hui, je le refais aujourd'hui et j'ai eu le mĂȘme dialogue pendant trois semaines. Qu'est-ce qui a changĂ© pour que tu dĂ©cides de vivre ? De voir que la vie avait dĂ©cidĂ© que ce n'Ă©tait pas le bon moment. Et de me dire qu'Ă  un moment, il fallait que je fasse avec les cartes que la vie m'avait donnĂ©es. C'Ă©tait ma sexualitĂ© et il fallait que je vive avec. Et qu'il y avait un peu plus de rĂ©fĂ©rences aussi. Parce qu'il y avait Internet… Tu avais des personnes Ă  qui tu pouvais en parler, j'avais des amis qui Ă©taient sains autour de moi, il y avait toutes ces choses-lĂ . Donc, c'est venu un peu par inadvertance et obligation, mais Ă  un moment, ça s'est rĂ©vĂ©lĂ© ĂȘtre le bon chemin. Tu imagines, tu peux… Tu peux retrouver ce garçon, tu peux aller te visiter. Ton toi d'aujourd'hui peut aller prendre soin de ton toi d'hier avant la tentative de suicide. Qu'est-ce que tu te dis ? Parce que tu as vĂ©cu plus aujourd'hui. Qu'est-ce que je lui dis ? Je lui dis de ne pas s'inquiĂ©ter. Qu'il va vivre des montagnes russes, comme beaucoup en vivent, mais de toujours garder ce sourire. Parce que je pense que mon sourire a vraiment Ă©tĂ©, et encore aujourd'hui, mon sourire a toujours Ă©tĂ© une force. Je pense que c'est mon pouvoir magique. J'ai toujours souri sur des photos d'enfance, au plus jeune Ăąge jusqu'Ă  aujourd'hui. Mon sourire a vraiment toujours ouvert beaucoup de portes, dĂ©bloquĂ© beaucoup de situations. Je pourrais pas te parler de situations graves, mais ça a toujours Ă©tĂ© une part de lumiĂšre, en fait. Moi, si j'ai… T'as 15 ans au moment oĂč ça va trĂšs mal ? J'ai 15 ans et demi, 16 ans, oui. Franchement, si tu viens me voir et tu me dis « garde ton sourire », je suis lĂ  « non mais gars, je suis trop mal, qu'est-ce que tu me racontes ? » Je suis trop saoulĂ©e par ta rĂ©ponse. T'es d'accord ou pas ? C'est le cĂŽtĂ© plus sagesse qui parle aujourd'hui. Non, c'est le cĂŽtĂ© podcast, lĂ . Tu m'as fait une rĂ©ponse podcast. LĂ , si tu vas te voir au pire moment de ta vie, tu te sors Ă  toi-mĂȘme, garde ton sourire. Alors, c'est pas uniquement la phrase que je sors, mais comme je t'ai dit juste avant, tu vas vivre des montagnes russes, tu vas en baver. Mais tu vas aussi vivre des moments qui vont te dire le pourquoi du comment tu es en vie et pourquoi tu dois rester en vie. Parce que mĂȘme si la vie est difficile et ce n'est pas un long fleuve tranquille, tu vas vivre des super moments qui vont vraiment te donner justement cette joie de vivre. Tu vas en vivre d'autres qui vont ĂȘtre plus difficiles, mais qui vont forger. Parce que tu vas apprendre en sagesse. Tu vas savoir que… Ben voilĂ , tout le monde passe par lĂ , tu n'es pas le seul qui a vĂ©cu ces choses-lĂ , qui a vĂ©cu ces traumas, tout le monde vit ces traumas de façon tellement diffĂ©rente, gay, pas gay, hĂ©tĂ©ro, bi, cis, trans, on a tous, voilĂ , on retrouve tous certaines choses et puis surtout, en fait, c'est de ça qu'on se nourrit, c'est comme ça qu'on grandit. Ah, je… Ça m'agace ce que tu dis. Parce que c'est vrai ? Non, la petite… La partie Ă  la fin, ça vient me chercher. Quand quelqu'un me dit, t'as mal, tout le monde a mal, je suis lĂ , mais… mais c'est vraiment que genre ce que t'as dit c'est trĂšs bien c'est juste ma rĂ©action moi dans mes tripes je me dis mais ben oui mais je sais trĂšs bien que tout le monde souffre mais lĂ  en fait bon moi je pense que nos histoires elles sont je trouve ça vachement joli parce que moi j'ai presque fait une tentative de suicide mais pas vraiment c'est Ă  dire je l'ai dit Ă  ma mĂšre que j'y pensais Mais en vrai, ce n'Ă©tait pas vrai, je n'allais pas vraiment le faire, mais c'Ă©tait un appel Ă  l'aide. Et c'est un moment, en fait, ce que ça a enclenchĂ©, c'Ă©tait une mĂ©dicalisation de ma dĂ©tresse. En gros, j'ai eu l'impression que puisque j'Ă©tais Ă  l'hĂŽpital, puis en clinique, je devais avoir, c'Ă©tait avant le bac blanc, donc en France. À l'Ă©poque de la premiĂšre ? Oui, j'Ă©tais en premiĂšre. Bon, pour les gens qui nous Ă©coutent de partout dans le monde, en gros, j'avais 17 ans. D'accord. Et moi, le rĂ©vĂ©lateur, ça a Ă©tĂ© des angoisses Ă  des examens. L'angoisse de ne pas ĂȘtre assez parfait. L'angoisse de ne pas ĂȘtre assez bon. Puis aprĂšs, c'Ă©tait l'horreur. J'Ă©tais en souffrance de sentir de l'attirance pour les hommes, d'ĂȘtre trop effĂ©minĂ©, d'ĂȘtre insultĂ©. Je ne trouvais pas ma place. C'Ă©tait l'horreur. Puis j'avais plein d'angoisse. J'Ă©tais criblĂ© d'angoisse. Donc, on part Ă  l'hĂŽpital. Et… AprĂšs, j'ai fait un sĂ©jour en clinique, je continuais Ă  avoir des angoisses. Moi, si je pouvais me visiter… Ah d'abord, je lui ferais un Ă©norme cĂąlin. On n'en prend pas assez conscience, mais c'est tellement important. Je lui ferais un… Donc du coup, il serait lĂ , lĂąche-moi. Enfin genre, t'es qui ? T'es un peu vieux en plus. Non, je sais pas. Ah, je pense que je lui ferais un gros cĂąlin. Et aprĂšs, je lui dirais, ça va ĂȘtre… Regardez-moi dans les yeux. Ça va ĂȘtre gĂ©nial. LĂ , c'est de la merde. mais cette merde-lĂ  va se transformer en or. Moi, j'ai l'impression que ĂȘtre queer, dans le sens anglais du terme, ĂȘtre diffĂ©rent, ĂȘtre dit bizarre par les normes, si tu gagnes le combat, si t'as assez de capital financier, parce qu'il faut avoir de la thune, si tu parviens Ă  survivre au niveau basique de la survie, et qu'aprĂšs t'as l'espace… de transformer cette merde en or. Parce que moi, clairement, si je devais travailler en usine ou courir aprĂšs l'argent, ça veut dire que si je ne pouvais pas subvenir Ă  mes besoins, s'il y a la guerre autour de moi, en fait, je ne pourrais pas atteindre ce que je suis en train de dĂ©crire. Tu ne pourrais pas atteindre ce gold ? Non, ce n'est pas possible. Il faut ĂȘtre un privilĂ©giĂ©, je pense, Ă  plein d'Ă©gards. C'est mon avis. Mais du coup, c'est ces privilĂšges aussi que tu t'es construit pour toi-mĂȘme. Ils ne sont pas tombĂ©s du ciel. Il a fallu que tu ailles les chercher aussi. Oui, mĂȘme si moi, je reconnais que comme toi, je viens d'un milieu privilĂ©giĂ©. Ce qui fait qu'en fait, en termes financiers, j'ai quand mĂȘme eu plus de pouvoir Ă©conomique et ça a jouĂ© dans ma libĂ©ration gay, queer. Et j'aurais envie de lui dire, mon petit chat, mon petit Guillaume, tes angoisses, en fait, tu ne le sais pas encore, mais c'est des putains de clĂ©s. En fait, quand ça ne veut pas et que tu fais une angoisse, c'est que ce n'est pas le bon chemin. Exactement ça. On peut le comprendre. Il n'y a pas de problĂšme. Quand c'est une angoisse, c'est juste comme un indicateur sur un tableau de bord que c'est rouge. Mais du coup, il y a plein de vert qui va apparaĂźtre. Tu ne le sais pas encore et tu as l'impression que… Moi, j'avais des angoisses Ă  des examens. J'Ă©tais lĂ , tu es mignon Guillaume, mais si je ne passe pas d'examen et que je ne rĂ©ussis pas ma vie scolairement… Tu peux la rĂ©ussir autrement. Mais je vais pas la rĂ©ussir. Mais en effet, tu vois, je savais pas ça. Et aprĂšs, aujourd'hui, moi, je dirais que le fait de… Je me suis musclĂ©, j'ai appris des compĂ©tences pour atteindre un monde magique. C'est-Ă -dire, un monde magique, c'est mes amis gays, c'est ma vie, c'est mon rapport Ă  la culture, mon rapport aux Ă©motions. En fait, j'ai l'impression… de m'ĂȘtre autorisĂ© Ă  vivre une vie dix fois plus grande, enrichissante, parce qu'en fait, je ne suis pas Ă©crasĂ© par les obligations d'ĂȘtre un homme hĂ©tĂ©ro. Tu vois ce que je veux dire ? Je vois trĂšs bien ce que tu veux dire. Donc du coup, tu es qui, Guillaume ? Et c'est comme ça que je redĂ©finis l'amour, mon rapport au couple, mon rapport au sexe. C'est comme ça que j'ai fait ce podcast. J'ai dit… j'ai plus peur d'ĂȘtre humilĂ© publiquement parce que je l'ai dĂ©jĂ  Ă©tĂ© et puis personne ne parle de sexe entre hommes je vais le faire Ă  ma sauce tu vois et ça du coup ça enrichit ma vie de ouf je rencontre plein de gens comme toi Gabriel en fait j'ai envie d'ĂȘtre spĂ©cifique pour que petit Guillaume il se dise J'ai pas trop compris. C'est quoi un podcast ? À l'Ă©poque, ça n'existait pas. Non, mais j'ai envie de lui vendre du rĂȘve, quoi. Parce qu'en fait, bien sĂ»r que ma vie, il y a des hauts et des bas, j'ai des grosses galĂšres et tout. Comme tout le monde. Mais quel… Mais quelle joie d'ĂȘtre gay ! Mais quelle joie d'ĂȘtre diffĂ©rent ! Quel privilĂšge ! Si je ne suis pas tuĂ©, il y a quand mĂȘme toute une rĂ©alitĂ© homophobe qui est trĂšs blessante. Mais j'ai envie de dire Ă  cet enfant, il n'y a pas que ça. Exactement. Mais de toute façon, un homme hĂ©tĂ©ro pourrait ĂȘtre tuĂ© pour X raisons. C'est-Ă -dire que c'est effectivement les choses auxquelles on va penser. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on n'arrĂȘte pas d'entendre certaines choses avec les mĂ©dias et tout ce qui peut se passer parce que tu as encore des cons sur la planĂšte. mais tu ne peux pas t'empĂȘcher. Tu as envie quand mĂȘme de continuer Ă  vivre, quitte Ă  en crever. Sauf que toi, mon petit chat, mon petit Gabriel, ils sont oĂč tes talons aiguilles dans la rue ? Tu te rappelles dans l'Ă©pisode prĂ©cĂ©dent ? Mes talons aiguilles sont sortis lors d'un dĂ©jeuner de famille, donc quelques temps plus tard. J'ai recommencĂ© Ă  vivre et on Ă©tait chez ma tante, la grande sƓur de ma mĂšre, qui Ă©tait comme ma deuxiĂšme mĂšre. qui m'a dit parce qu'en fait quand tout s'est su on a acceptĂ© mais on a acceptĂ© pour parce qu'il fallait accepter pour que j'aille mieux Parce que ça s'est su via ce coming out oĂč en fait, pourquoi tu l'as fait ? Parce que je suis comme ça. Et ma mĂšre l'a pris d'une façon oĂč elle a fait semblant justement de l'accepter pour que je puisse aller mieux. ma tante a fait exactement pareil mon frĂšre a fait si on peut dire ça comme ça et le reste de la famille il y avait un petit cercle mais n'avait pas grand chose Ă  dire et un jour ma tante en plein dĂ©jeuner me sort arrĂȘte moi cette maladie et je l'ai regardĂ© dans les yeux avec tout le respect que j'avais pour elle je lui ai fait alors comprends bien que je suce de la bite et que je m'en prends dans le cul et ce sera comme ça pour le restant de mes jours et lĂ  t'avais je ne sais combien de couverts qui faisaient du bruit tout le monde arrĂȘtait de parler On m'a dit, mais comment tu peux parler comme ça ? Et c'Ă©tait vraiment entre elle et moi, donc j'ai rĂ©glĂ© le sujet entre elle et moi. Elle n'a plus jamais vu de la mĂȘme façon, parce qu'elle nous considĂ©rait comme son cinquiĂšme enfant. Et il y a toujours eu ce respect, en fait. Parce que, comme je dis, ce que je fais, ça reste une sexualitĂ©. Ça ne dĂ©finit pas la personne qui je suis, mĂȘme si ça nous dĂ©finit intrinsĂšquement, d'une certaine façon. Parce qu'on grandit avec ça, on se forge aussi avec ça. Mais ça reste une sexualitĂ©. Et elle a compris ça de façon totalement diffĂ©rente et elle m'a aimĂ© encore plus fort. Mais j'ai mis mes talons aiguilles Ă  ce moment-lĂ . Comme mĂȘme pour d'autres moments oĂč j'avais envie de me dĂ©guiser en femme, pour une soirĂ©e dĂ©guisĂ©e, je sortais de la maison et je le faisais. Ça arrivait deux ou trois fois. J'ai de moins en moins ce dĂ©sir-lĂ . Mais ça arrivait deux ou trois fois Ă  un moment, je me suis mĂȘme demandĂ© pourquoi ne pas faire RuPaul's Drag Race, mais… Parce que je vois cette façon, si tu veux, de pouvoir aller exposer ton talent d'une certaine forme, te transformer, si on peut dire. Vraiment mettre en lumiĂšre ta partie fĂ©minine pour encore plus pouvoir regagner cette masculinitĂ©, si on peut dire ça. Tu disais dans l'Ă©pisode prĂ©cĂ©dent qu'avec cette injonction de la performance, cette peur de l'humiliation existe encore pour toi ? De façon vraiment moindre. Par exemple, tu vois, je reviens d'un sĂ©jour au Maroc. Je ne me suis pas posĂ© une seule fois la question de savoir s'il fallait que je sois un peu plus masculin, un peu plus fĂ©minin. J'Ă©tais juste moi-mĂȘme. Et c'est nouveau ça ? De plus en plus. Vraiment de plus en plus depuis un bon nombre d'annĂ©es. AprĂšs j'ai envie de te dire, j'ai passĂ© dans une rue de Paris oĂč j'ai dit racaille qui s'entraĂźne de te papoter ou quoi que ce soit. Je vais certainement pas le faire en roulant du cul mĂȘme si je roule pas du cul Ă  la base. Mais voilĂ , je vais ĂȘtre un peu plus prĂ©cautionneux. Et comment tu es plus prĂ©cautionneux si tu roules pas du cul ? Tu as marchĂ© normalement, tu ne les regardes pas et puis tu continues ta route, en fait. Si tu ne marches pas normalement, tu as l'impression que ta dĂ©marche est plus… Je sais que je peux avoir… DĂ©jĂ , tu as les cheveux mis longs, plus de dos, un peu de fesses. Donc, forcĂ©ment, oui. Si, j'ai dĂ©jĂ  entendu des personnes… Un jour Ă  ChĂątelet, il y avait un mec et deux nanas derriĂšre moi. Au centre de Paris ? Au centre des Halles, pardon. Il Ă©tait carrĂ©ment en train de leur faire le truc et puis je me suis dit je ne vais pas rentrer. De leur faire quoi ? Regardez comment il marche, il roule du cul, on dirait une nana. Ok. Mais c'Ă©tait ma dĂ©marche, je roulais pas du cul intentionnellement, c'Ă©tait comme ça en fait. Ouais, ouais, ouais. mais tu prĂ©fĂšres ne pas rentrer parce que tu sais jamais sur qui tu tombes ouais j'ai l'impression que lĂ  on a vachement dĂ©pliĂ© euh cette difficultĂ© de grandir diffĂ©rent dans ce monde-lĂ . Exactement. J'aimerais qu'on aille sur quel impact ça a dans ton intime. Alors, dans l'intime… Toi, tu te considĂšres actif ou passif ? C'est toi, sans ma… Parce que souvent, les gens, ils croient que je pose le… Mais toi, directement, tu m'as dit… Je me suis toujours vu passif. MĂȘme si ça commence Ă  changer un tout petit peu. Un tout petit peu. En commençant par le cĂŽtĂ© passif, ça veut dire quoi ? Je me suis toujours vu passif. Alors, je pense qu'ayant toujours vu, ayant cette part de fĂ©minitĂ©, cette revue, je ne vais pas dire femme parce que je ne sais pas si c'est le bon mot, mais en tout cas, j'avais le cĂŽtĂ© moins viril des deux. Ça s'est fait comme ça intrinsĂšquement. C'est-Ă -dire que le rapport que j'ai eu Ă  mon sexe et le rapport que j'ai eu au sexe, sur les premiĂšres annĂ©es, et mĂȘme pendant longtemps, il fallait qu'on me prenne pour que je jouisse. J'avais pas besoin de me masturber aprĂšs un acte. Je n'avais pas besoin de jouir justement par le pĂ©nis aprĂšs un acte. Non, en fait, si l'acte s'Ă©tait bien fait, mon plaisir venait vraiment de l'anal. Tu avais eu un orgasme prostatique ? Sans forcĂ©ment avoir eu l'orgasme prostatique, parce que tu ne sais pas quelque chose que tu as toutes les deux minutes. Quand tu l'as, c'est vraiment gĂ©nial. Alors attends, je dois t'interrompre. Ça fait plusieurs fois que tu utilises « on » ou « tu » ? Est-ce que tu peux arriver Ă  utiliser le jeu ? D'accord. Je m'en rends mĂȘme pas compte. Non, t'inquiĂšte. LĂ , t'as prĂ©jugĂ© de tous nos expĂ©riences avec l'orgasme prostatique. Je m'en excuse. Il y a des millions de personnes qui t'Ă©coutent. Non, je te taquine. Alors j'en ai, je vais pas dire rarement eu, mais c'est beaucoup plus compliquĂ© Ă  avoir. Donc juste non, tu sais, le fait d'ĂȘtre connectĂ© Ă  un homme, cette personne est en toi et la personne soit te baise bien, soit te fait bien l'amour. Je suis tiraillĂ©. Par quoi ? TiraillĂ© entre l'innĂ© et l'acquis. TiraillĂ© entre… Dis-moi ce que tu en penses. Tu comprends, toi, dans ton histoire, que pour ĂȘtre acceptĂ©, il faut avoir l'air d'ĂȘtre une femme pour essayer de re-rentrer dans ces normes hĂ©tĂ©ro ? Donc, en fait, tu ne peux rĂȘver ton voyage sexuel que sur cet unique bateau d'ĂȘtre pĂ©nĂ©trĂ©. Tu vois ce que je veux dire ? Tu ne t'autorises pas Ă  plus parce que le seul exemple que tu as, c'est de rentrer dans ces deux cases-lĂ . Donc, tu te dis, comme je suis plus effĂ©minĂ©, je serai la femme. Alors, je vois ce que tu dis, mais ce n'est pas du tout comme ça que je l'ai ressenti. Je pense que c'est juste venu comme ça naturellement. Les feuilles de la plante sont vertes, il y en a quelques-unes qui sont rouges. On va dire que la plante qui est juste derriĂšre toi, la majoritĂ© de vert, ça va ĂȘtre le cĂŽtĂ© passif. que j'ai toujours ressenti comme ça, parce que je pense que c'Ă©tait indĂ©pendant de ma volontĂ©, c'Ă©tait lĂ  oĂč je prenais mon plaisir. Et qu'aujourd'hui, justement, les quelques petites parts de… on va dire une couleur hibiscus, commencent Ă  prendre lĂ©gĂšrement le dessus… de temps en temps d'une envie d'actif mais vraiment de temps en temps parce qu'aujourd'hui je me rends compte que je vais beaucoup plus aimer les hommes avec un certain festier je suis beaucoup plus attirĂ© par ça j'ai toujours Ă©tĂ© par contre attirĂ© par les hommes qui sont trĂšs virils je pourrais pas t'expliquer pourquoi j'ai Ă©tĂ© une fois en couple avec un garçon effĂ©minĂ© enfin un homme effĂ©minĂ© ça s'est vite terminĂ©, ça m'attire pas C'est vraiment l'opposĂ© de moi-mĂȘme que je recherche. On n'est pas encore entrĂ© dedans, mais par rapport Ă  mon style d'homme, sachant qu'on en parle, j'aime les hommes qui vont ĂȘtre plus grands que moi. J'ai presque ce besoin protecteur. Je ne sais pas si c'est le bon mot, mais c'est celui que je vois Ă  l'heure actuelle. J'ai tellement beaucoup donnĂ©, que ce soit en famille, en ami, Ă  moi mĂȘme, en n'ayant pas forcĂ©ment toujours reçu. que j'ai aussi besoin de ce cĂŽtĂ© protecteur de la part d'un homme. Puis le monde t'a tellement agressĂ©. Et il y a certaines choses que tu n'as pas encore entendues parler. Ouais, mais tu vois, je pense… Et je me questionne vachement sur ce podcast et sur mes propres dĂ©sirs entre l'innĂ© et l'acquis. Est-ce que je dĂ©sire lĂ … Tu vois ce que je veux dire ? Et c'est pas grave. C'est pas grave. Pourquoi j'ai… Je pense que parce que la libertĂ© m'intĂ©resse. Et je me demande si je suis si libre que ça. Est-ce que je dĂ©sire ĂȘtre passif ou ĂȘtre actif, ĂȘtre dominant ou ĂȘtre soumis ? Parce que c'est vraiment comme ça que mon cƓur vibre ? Ou est-ce que c'est parce que je suis le produit de mes expĂ©riences de vie qui me mettent Ă  des endroits ? Parce que c'est vrai que si on a bien Ă©coutĂ© ton tĂ©moignage… Le fait que tu aies envie d'avoir un homme protecteur et de rejouer le scĂ©nario trĂšs homme femme. Je n'ai pas besoin d'un master en psychologie pour me dire « oui, ça rĂ©sonne, depuis que tu es enfant, c'est un endroit de sĂ©curitĂ© ». Cette jouissance magnifique de toi en femme, complimentĂ©e, et toi qui te sens Ă  ta place, enfin autorisĂ©e Ă  ĂȘtre dans l'expression du genre que tu souhaites. Le fait qu'adulte, tu recherches ça dans ton dĂ©sir sexuel, c'est beau, c'est bien et c'est comprĂ©hensible ? Bien que je ne me considĂšre pas comme une femme et que je n'ai pas l'envie de l'ĂȘtre. Bien sĂ»r. Mais il y a cette part de moi. Alors, il y a eu des expĂ©riences, justement, en Ă©tant actif. Un jour, je suis allĂ© au sauna. Un sauna qui s'appelle Sun City, qui est dans le centre de Paris. Petite pub. VoilĂ . Comme ça, au moins, pour ceux qui ne connaissent pas, ils peuvent au moins visualiser, justement, plus ou moins l'endroit. C'est jamais forcĂ©ment quelque chose qui m'a attirĂ©. C'est un ami qui m'y a amenĂ© la premiĂšre fois. Et t'as pĂ©nĂ©trĂ© un homme ? Et ça, c'est au bout de quelques temps, mais on est rentrĂ©s dans la cabine. Enfin, le mec m'attendait en devant la cabine. On s'est regardĂ©s, il me plaisait, je suis rentrĂ©. Qu'est-ce qui te plaisait chez lui ? Alors, il Ă©tait brun, assez musclĂ©. Il avait un visage assez carrĂ©, il y avait… Il m'attirait, je pourrais pas… De ceux dont je me souviens, il y avait… Il respirait l'homme que j'avais envie d'avoir, en fait, sur l'instant T, en tout cas. Il avait l'air viril. C'est un homme trĂšs gourmand, vraiment, je le dis, mais c'est pas grave, j'assume parfaitement. Il avait l'air viril. Il Ă©tait viril. Il avait l'air, il Ă©tait viril. mĂ©diterranĂ©en, qui est un plus, en tout cas qui m'a attirĂ© Ă  ce moment-lĂ . On est rentrĂ©s dans la cabine, on a commencĂ© par s'embrasser, j'ai commencĂ© par lui faire une fellation, il m'a fait une fellation en retour. Et alors, limite au moment oĂč j'attendais d'ĂȘtre pris, le mec s'est retournĂ©, s'est mis Ă  quatre pattes. Et puis lĂ , je me suis dit, mais qu'est-ce que je fous lĂ  ? Et puis je lui ai dit, mais je pense que tu n'as pas compris, en fait. C'est moi le passif dans l'histoire, lĂ . Tu lui as dit ça ? Oui, exactement comme je te le dis. C'est intĂ©ressant, c'est moi le passif dans l'histoire. Je pense qu'en Ă©tant tellement habituĂ©, je ne vois pas le choc que toi, tu peux voir. Qu'est-ce que je voulais dire ? Je t'Ă©coute, je t'Ă©coute. Et ? Donc teste, tu verras bien. Je pense qu'il y a aussi une peur du manque de performance, de se mettre Ă  la place de l'homme. Est-ce que je vais bander assez ? Est-ce que la capote ne va pas me faire dĂ©bander ? Est-ce qu'il va prendre son plaisir ? Est-ce que ça va ĂȘtre nul ? Il y a aussi toutes ces peurs irrationnelles qui viennent Ă  un moment. Donc, Ă  un moment, j'ai sautĂ© le pas, j'ai mis une capote et je l'ai fait, sauf que je ne l'ai pas fait de la maniĂšre la plus douce qui soit. Alors, il faut savoir aussi que je suis un passif qui est… Je suis quelqu'un qui est dans le contrĂŽle. On n'avait pas vu, mais je suis quelqu'un qui est dans le contrĂŽle. Donc je ne suis pas un passif soumis, loin de lĂ . Je ne dirais pas que je suis un passif dominateur, mais presque. Donc j'ai fait l'actif, mais plus ou moins dominateur. Et c'Ă©tait un bon moment, c'Ă©tait trĂšs fun. Je vais rĂ©itĂ©rer l'expĂ©rience Ă©normĂ©ment de fois, mais c'Ă©tait un trĂšs bon moment. Attends, parce que lĂ , on a ton enveloppe de Gabriel Parfait. C'Ă©tait un trĂšs bon moment avec un beau sourire. Est-ce qu'on peut craqueler un peu ? J'ai kiffĂ©, en fait. T'as aimĂ© ? VoilĂ , j'ai kiffĂ© le fait de lui taper les fesses, lui foutre des claques, le faire couiner. C'Ă©tait un moment fun de voir qu'un homme aussi viril pouvait, sans jugement, se transformer en pseudo-chienne. Ok. Et ça m'a fait kiffer. Ok. C'est moins lisse, lĂ  ? et tu sais pourquoi t'as pas rĂ©itĂ©rĂ© dans ton espace de dĂ©sir c'est pas trop ça m'a pas plu plus que ça je sais que je prends beaucoup plus mon plaisir en me faisant pĂ©nĂ©trer ouais beaucoup plus moi je trouve que tu notes un truc super important et intĂ©ressant que je vois dans ma psychĂ© et qui m'agace c'est que je me vois tu vois je tilte quand tu dis Je suis passif. Je suis impassif, pardon. Je suis impassif. Je tilte quand tu dis, cet homme devant la… au sauna, je lui ai dit, il a l'air viril. Tu m'as repris en disant, non, il est viril. Et aprĂšs, tu me dĂ©cris un rapport sexuel oĂč il ne l'est pas. Et en fait… C'est l'apparence qui se dĂ©gage. En vieillissant, j'entends bien, bien sĂ»r. Je ne vieillis pas, je grandis, bien sĂ»r. Je vois que tout ça, c'est chiquĂ©. C'est-Ă -dire, personne n'est passif. Personne est impassif et inactif. C'est pas ça. Personne n'est… Je ne suis pas fraise. Parfois, j'aime les fraises. Et idem sur un peu la performance de genre que je choisis ou je ne sais pas si on les choisit tant que ça, mais tu vois ce que je veux dire ? En gros, oui, il y a des enveloppes, mais je ne suis pas un viril, je ne suis pas viril. En fait, je suis tout un tas de trucs et il y a des fois oĂč si je suis intimidĂ©, je peux faire un peu plus viril. Puis il y a des fois oĂč si tu rentres dans mon intime, je peux, comme tu as dit, devenir une chienne. Et lĂ , je parle en inventant, etc. Mais je vois bien ma complexitĂ©. Et mon problĂšme, c'est que je vois que je vais ĂȘtre excitĂ© par un homme plus effĂ©minĂ©, je vais avoir envie de le pĂ©nĂ©trer. En fait, je n'ai de cesse de rejouer le cĂŽtĂ© qui fait l'homme, qui fait la femme. À mon insu, et lĂ  je te parle de vraiment mon dĂ©sir ultra intime que jamais je dirai publiquement, mais on est entre toi et moi. Un mec plus masculin, je vais me dire « Ah, j'ai envie qu'il me pĂ©nĂštre et qu'il me protĂšge. » Un mec plus fĂ©minin, je veux le protĂ©ger, le pĂ©nĂ©trer et je suis lĂ  « Mais Guillaume, c'est pas possible ! Tu me fais pas un podcast sur l'intime gay ! » Et des recherches et des gnagnas pour ĂȘtre lĂ -dedans. Et je suis lĂ , ben si, je suis un peu lĂ -dedans. Et je suis vexĂ© presque lorsque un homme Ă  l'apparence plus viril me demande de le pĂ©nĂ©trer. Puis en fait, je kiffe ça. Le moment oĂč il y a cette complexitĂ©, oĂč je suis lĂ , ah oui, en fait, tout ça se mĂ©lange. C'est comme si tu me tirais le tapis de sous les pieds, je serais un peu lĂ , mais du coup, c'est quoi le dĂ©sir ? Je suis paumĂ©, c'est quoi le dĂ©lire ? Pourquoi ça te fait marrer ? Parce qu'on se pose tellement de questions, je pense que c'est… Toi, t'en penses quoi ? Ça rĂ©sonne pour toi ? Alors, ça rĂ©sonne vraiment, mais je pense que… À un moment, je vais pas dire trop de questions tuent la question, mais… Comme je t'en avais parlĂ© lors du prĂ©-entretien, je me souviens quand j'ai commencĂ© ma sexualitĂ©, il y a 20 ans de ça, Ă  Paris, comme je te disais, tu claquais des doigts pour un passif. Pour moi, passif, je pouvais avoir 10 voire 15 actifs autour de moi parce que je pense qu'il y avait quelque chose de tabou. Par rapport au fait d'ĂȘtre pĂ©nĂ©trĂ©. Aujourd'hui, en 2025, que tu ailles sur Grindr, que tu ailles dans les saunas, et je parle pas juste pour moi, mĂȘme les personnes que j'ai autour de moi qui sont gays, on a le mĂȘme constat. Je ne sais pas si c'est moins tabou, certains ont voulu passer justement ce cap-lĂ  et ont voulu tester justement le plaisir anal et l'ont aimĂ©. Mais tu as plus aujourd'hui pour un actif, tu as 25 passifs. C'est le constat que j'en fais, moi. C'est quoi le rapport avec ce que je viens de dire ? Justement, je le fais Ă  un moment oĂč tu sais, comme tu dis, tu as un garçon qui va ĂȘtre trĂšs viril. Donc forcĂ©ment, tout de suite, tu vas te dire, c'est lui qui va faire l'actif. Tu vas avoir le cĂŽtĂ© de celui qui va ĂȘtre un peu plus fĂ©minin. Donc forcĂ©ment, c'est lui qui va faire le passif. Mais toi, ça te plaĂźt ? Tu m'as rĂ©pondu trop de questions, tu es la question. Sous-entendu, toi, tu es heureux de chercher un homme qui te protĂšge et qui est actif. Tu es heureux dans ces rĂŽles-lĂ . Toi, tu dĂ©ploies comme une belle plante. Je ne me sens pas, si on peut dire, rĂ©duit Ă  quelque chose. par rapport Ă  ça si tu vois ce que je veux dire c'est Ă  dire que tu trouves pas que c'est une supercherie ? un peu parce que comme tu viens de dire c'est pas parce qu'il est viril qu'il peut pas se transformer en chienne dans le lit ou en Ă©tant plus fĂ©minin c'est juste ce qu'il va dĂ©gager Ă  l'extĂ©rieur qui va montrer qu'il est viril dehors dans un lit c'est totalement diffĂ©rent celui qui va ĂȘtre effĂ©minĂ© au contraire pourra encore mieux te sauter d'une façon plus virile que cet homme viril que tu pensais. Je vois trĂšs bien ce que tu veux dire. Et c'est tout lĂ  le paradoxe. AprĂšs, je suis plus attirĂ© par lĂ . Et je ne me suis pas forcĂ©ment posĂ© la question en me disant, il faut impĂ©rativement que ce soit ça ou que ce soit ça. C'est juste, en fait, c'est intrinsĂšque Ă  moi. Je ne peux pas te l'expliquer. Alors moi, je me questionne sur l'innĂ© et l'acquis. Et toi, tu dis, c'est innĂ©, Guillaume, j'y peux rien. Et lĂ , je te dis, ah, ça, je suis Ă  peu prĂšs sĂ»r que c'est faux. Le dĂ©sir, ça s'apprend. Ça sĂ©duit. Aussi, exactement. Je suis parfaitement d'accord. Et ça, j'ai des preuves de sexologues qui les disent. Je suis… Ton dĂ©sir Ă  toi, dans ton espace de pouvoir, tu pourrais l'enquĂȘter, le rĂ©volutionner, l'affiner ? Alors peut-ĂȘtre que j'ai encore beaucoup de chemin Ă  parcourir. Surtout que sur ces derniĂšres annĂ©es, sexuellement, je me suis beaucoup renfermĂ©. Beaucoup, beaucoup. C'est-Ă -dire qu'au moment oĂč j'avais une vie sexuelle qui Ă©tait beaucoup plus Ă©panouie Ă  une certaine pĂ©riode… Et quand je te parle de ça, je dirais entre 5 et 10 ans en arriĂšre ou alors depuis un tout petit peu. avant la Covid, enfin, on va parler du moment Covid, parce que je pense que c'est le moment qui a vraiment Ă©tĂ© le plus… Au prochain Ă©pisode. D'accord. Si tu es d'accord. Je suis parfaitement d'accord. J'ai cherchĂ© un moment pour t'interrompre en douceur, mais j'y arrivais pas. On se retrouve dans l'Ă©pisode suivant. J'aimerais qu'on parle… Je pense que pour clore le cĂŽtĂ© script… Moi, je me pose la question dans quelle mesure ça limite mes rencontres et ma richesse, ma joie. Et je pense que j'aurais envie de commencer le prochain Ă©pisode en commençant par ça. Parce que toi, tu as envie d'un couple et tu as du mal Ă  trouver. Et en fait, j'allais en mode Guillaume qui gratte dire, est-ce que c'est pas ça ? qui t'empĂȘcherait de rencontrer l'amour, ces scripts trĂšs dĂ©finis de qui fait l'homme, qui fait la femme, tuage de la tĂȘte, tuage de la tĂȘte, nous aurons ta rĂ©ponse Ă  l'Ă©pisode prochain. Merci. Je vois en effet la puissance de ton sourire que tu m'offres lĂ , mais que les gens ne peuvent pas voir.