« Thérapie » anti-gay : le déclic qui me sauve – Raphata 2/2 🇨🇦

Partie 2 sur 2
« J’ai fait le lien avec tout ça, c’est que mon corps avait enregistré quelque chose de traumatique mais que moi je n’avais pas encore conscientisé. » Raphata

Raphata, 35 ans, a quitté les jeûnes anti-gay après qu’une logeuse québécoise lui a dit qu’il était normal : son corps, lui, se fige encore au lit.

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⚠️ Sujet sensible : viol

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Dans cet épisode du podcast :

  • La femme qui l'héberge lit son appel à la prière sur Facebook et lui répond qu'il n'a rien à changer
  • Installé au Québec, il prie pourtant encore et lit des versets avec un couple de chrétiens
  • Cinq rapports sexuels en dix ans, jamais jusqu'à l'éjaculation : son corps se crispe et tout s'arrête
  • Une femme rencontrée sur Clubhouse lui explique la différence entre consentir au rapport et consentir à la manière

On en parle dans cet épisode
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Petit message de service avant votre épisode, je suis vraiment désolé, j'ai mal réglé mon micro dans cet épisode. Guillaume, Guillaume, à quoi tu pensais ? Et donc on entend parfois un peu de friture quand je parle. En vrai c'est léger, ça s'oublie bien et ça ne va pas vous empêcher de vous connecter au témoignage puissant de Rafata. Bonne écoute ! Rafata, partie 2 de ton témoignage. Rafata, tu as grandi en Guadeloupe, au Canada, depuis une dizaine d'années. Là, on enregistre à Montréal. Dans la première partie, tu as raconté comment en Guadeloupe, à 22 ans, tu commences des pseudo-thérapies de conversion. L'idée étant d'éradiquer l'homosexuel en toi et de devenir hétéro. Bien entendu, ça ne fonctionne pas. C'est des pratiques illégales et super dangereuses, illégales dans plein de pays du monde. Et toi, pendant six ans, ça va être une période où régulièrement tu y retournes dans cet espoir d'effacer le bizarre en toi, le queer en toi. Et tu vis aussi une première expérience avant ça qu'aujourd'hui tu comprends être un viol ? Dans tout un contexte qui aussi tu me racontais hors micro, hors enregistrement, à quel point pour être un homme, là où tu as grandi en Guadeloupe, il fallait correspondre à certains codes et que toi étant trop efféminé, tu étais vu comme le problème, comme un homosexuel forcément, parce que si tu es efféminé, tu es homosexuel ? Là, on va parler justement du déclic pour se sortir de ces six années. On est en 2017, tu as un déclic, donc ça fait six ans. Est-ce que tu peux me raconter ce déclic ? J'ai cru comprendre que c'était une femme québécoise qui répond à un de tes appels sur Facebook. Non. Ce n'est pas ça. En fait, c'est une femme québécoise chez qui je vivais. J'habitais à l'époque, j'étais un locataire chez elle. Et on était abonnés l'un l'autre sur nos comptes Facebook respectifs. Et elle était tombée sur une annonce que j'avais déposée sur un groupe Facebook. Et l'objectif de ce groupe, c'était un groupe de chrétiens. Donc, c'était de faire une demande par rapport à peu importe le problème que tu avais pour qu'ils puissent prier pour toi. Et tu as écrit quoi sur cette annonce ? Donc, j'ai parlé que je suis homosexuel, j'ai du mal à... que j'aurais aimé... Je ne me rappelle plus mot pour mot, mais en gros, je parlais que j'étais homosexuel et que j'aimerais me libérer de ça. Est-ce qu'on peut prier pour moi pour me livrer de l'homosexualité? Et comme c'est un groupe public, quand tu es ami avec quelqu'un, tu peux voir des choses qu'il publie. Donc, elle est tombée, elle a lu. Elle a lu mon annonce et c'est comme ça qu'elle m'a parlé. Elle s'est permise de me parler parce que ça l'avait touché. Et elle m'a dit qu'en fait, tu es normal. Pourquoi m'infliger ça? Si je suis ainsi, c'est comme ça. Donc, je n'ai pas à changer ce naturel qui est en moi parce que je suis en train de me faire plus de mal que de bien. Et elle voulait me le dire qu'en fait, je suis bien tel que je suis. Il n'y a rien à changer et que il serait grand temps que je m'en rende compte. Voilà. Et c'est ça, suite à ces paroles, que ça a été comme un coup de massue, mais ça m'a bousculé et ça m'a fait réfléchir. Et au fur et à mesure, le processus s'est fait... Et c'est suite à ça que j'ai vraiment commencé, je me dis « mais elle a raison ». Tu vois, je ne me suis pas levé un matin et me dire « bon, je vais être hétéro, que je vais être homosexuel ». Tu vois, je ne me suis pas levé un matin, tout ça, mais j'ai conscientisé que c'est ce que je suis et c'est ce que je ressens. Tu n'avais jamais eu avant des gens qui t'ont dit ces choses-là ? C'était la première fois que cette dame te disait ? Mais t'emportes avec toi dans tes valises les pseudo-thérapies de conversion, les prières, les jeûnes, tu continues alors que tu es au Québec. J'ai continué, mais parce que tu sais, souvent on aime dire quand tu quittes, tu traverses l'océan, c'est fini, mais non. Il y a des traumas que j'avais, des blessures, je les emporte aussi avec moi, peu importe. Et je n'avais pas encore commencé à travailler en profondeur à la racine du problème. Donc, il y avait des mécanismes qui étaient là. Donc, j'avais tendance aussi, même ici au Québec, j'étais avant à Rimouski. À l'époque, je vivais à Rimouski. Donc, un peu plus au nord. Au nord-est. Au nord-est, oui. J'avais été dans des églises là. Et puis, je priais. J'ai même rencontré des personnes chrétiennes, un couple de chrétiens avec qui j'étais ami à l'époque. Bien, j'avais confié ça et puis... Il m'a partagé aussi, ça me rappelait l'époque du pasteur, des versets à lire. Et puis quand elle a fini... Oui, eux, ils te disaient, vas-y... Oui, voilà, parce que c'est une abomination. Oui, tu étais encore, même ici au Québec, tu étais encore... Voilà, parce que mon entourage était chrétien, alors qu'elle, elle ne l'est pas, la dame qui m'a parlé. Qui t'hébergeait ? Chez qui je vivais à l'époque. Elle, elle n'était pas du tout là-dedans. D'accord, ok. Donc, tu vois, ça a été la première fois que j'ai enfin entendu une parole différente de tout ce que j'entendais. Et c'est là que ça a été le déclic. Et là, j'ai vraiment décidé pleinement, tu vois, de... de vivre ce que je ressens et je me rappelle même à mes ex-amis ce ne sont plus des amis chrétiens je leur ai dit ça et puis au fur et à mesure tu vois les ponts ont été coupés avec eux par rapport à cela c'est quoi les premières choses que tu fais du coup tu vois là tu as ce déclic tu te dis je vais vivre vraiment ce que je ressens qu'est-ce qui t'a aidé sur ce chemin qu'est-ce qu'on fait alors Eh bien, tu vois, je ne te dis pas après qu'il y a eu quand même des petits mécanismes qui étaient présents quand même. Mais au moins, c'est de, quand tu vois, je ressentais quelque chose, en fait, je voyais que je ressentais quelque chose pour un gars, mais je le vivais. Tu vois, même si, je t'avoue, il y a eu des moments, il y avait ce mécanisme de refouler. Mais là, j'ai dit non. De vivre, ressentir vraiment ce que j'éprouve. Et aussi, tu vois, j'ai commencé dans des rencontres parce que je faisais aussi des rencontres. Là, j'avais téléchargé Grindr. Donc, je profitais, tu vois, pour faire des rencontres. Que t'arrivais à vivre? Non, parce que, bon, j'en épeille beaucoup, parce que, comme tu connais, je sais que tu en as parlé aussi dans tes précédents épisodes, c'est plus plan cul. Donc beaucoup, c'était ça. Des fois, avant même de me parler, le premier message, je recevais une photo interdite au moins de 18 ans. Donc tu vois, tout de suite, je zappais puisque moi, je savais aussi clairement grâce au chanteur. Donc tu vois, mine de rien, je le remets aussi pour ça. Il m'a permis de savoir ce que je veux et ce que je ne veux pas. Et moi, je ne voulais pas un plan cul. Je voulais vraiment quelque chose, au moins quelqu'un que je pouvais rencontrer, discuter et voir où cela va mener. Ça ne veut pas dire que je ne veux pas du sexe ou bien je vais attendre le mariage pour avoir du sexe. Mais tu vois que ça aille naturellement, que ce ne soit pas un truc précipité, qu'on laisse les choses se faire naturellement. Dans l'épisode précédent, tu décrivais comment, quand tu essayais, malgré tout ça, plus jeune, de te connecter avec un homme, tu ressentais de la honte, de la culpabilité. Est-ce que tu as continué à ressentir ça, même après avoir arrêté les pseudo-thérapies de conversion ? Oui, parce que le mécanisme est là. C'est un truc qui se fait progressivement. Même si j'ai conscientisé qu'il y avait ces mécanismes, il y avait cette gêne, Mais comme là, j'étais conscient, donc le processus s'est fait au fur et à mesure. Un pas à la fois, mais ça s'est fait. Donne-moi un exemple concret. Par exemple, ça arrivait quand je rencontrais certains gars. Tu vois, par exemple, si ça arrivait qu'on s'embrassait ou même juste faire un câlin. Tu vois, il y avait une petite gêne au début. Je me braquais un peu, même si j'acceptais. Mais j'avais un peu de mal parce qu'on s'entend aussi dans mon éducation, je n'étais pas aussi tendre avec les hommes de mon entourage. C'est ce côté, tu vois, dur. Voilà, donc avoir ce côté affectif, c'était aussi nouveau pour moi. Donc ce que j'entends, c'est que tu as ce déclic en profondeur où tu te dis, allez, stop ! Et je vais vivre ma réalité. Et après, en fait, tu te mettais dans des situations où, bon, déjà, t'évitais les plans cul qui ne te correspondaient pas. Et quand tu rencontrais, tu ressentais cette gêne, mais pas après pas, en te remettant face à cette gêne, petit à petit, tu t'es détendu, c'est ça ? Et ce poison, je me suis libéré, tu vois, progressivement. Et aussi, tu vois, à certains moments aussi, j'ai fait une thérapie avec un thérapeute. Ce n'était pas de conversion, mais une thérapie. Donc là, pour le coup, une vraie thérapie. Voilà, une vraie. Ça a aidé, tu vois, ça a été progressif parce que déjà aussi de nommer ça. Et là, pas avec quelqu'un qui a cet esprit de religiosité. Donc, tu vois, ça m'a aidé aussi. Tu vois, il y a eu toute cette étape aussi. Je n'ai pas juste fait les choses tout seul parce que je me suis rendu compte que j'avais besoin d'aide. Oui. Donc j'ai été frappé à la porte d'une thérapeute. C'est cette thérapeute qui t'aide à revoir la situation avec le chanteur que tu racontais dans l'épisode précédent, avec un regard différent ? Ce que je te dis là, c'était à l'époque, on était en 2017, mais là, j'ai vu à l'époque, c'était pendant quelques séances, mais ça m'a un petit peu aidé déjà. Mais là, c'est une autre thérapeute que je vois depuis maintenant un an. Et que oui, elle m'a accompagné, tu vois, dans ce processus, déjà à mettre les mots dessus, à pouvoir aussi, comme ils disent ici au Québec, ventiler. C'est-à-dire déjà mettre tout ça sur la table. Ça change quoi ? Pour toi, ce processus thérapeutique, qu'est-ce que tu vois plus récemment dans ta capacité à t'aimer, à aimer ? Est-ce que tu vois un impact concret ? Oui, parce que là, en fait, j'arrive à mettre des mots sur mes mots. M-O-T-S sur mes mots, M-A-U-X. Parce qu'au départ, tu vois, il y a des mécanismes, tu as des réflexes qui arrivent suite à des situations traumatiques. Et quand tu reviens à une situation plus ou moins similaire, les mécanismes de défense reviennent. Mais si je ne comprends pas d'où ça vient, c'est quoi la racine ? Je ne peux pas, tu vois... le conscientiser et mettre en place des choses pour pouvoir en fait y remédier. Donc ça, ça m'a aidé justement à aller à la racine du problème, à le voir, à le conscientiser et aussi à accepter. Parce qu'aussi le processus d'acceptation est très difficile. Tu me disais que dans justement ton chemin de reconstruction, tu as eu un essai, tu as eu un rapport sexuel en 2021. Ou justement, c'est ça qui t'a fait comprendre qu'il y avait eu un traumatisme dans le passé ? même pas c'est avant ça j'ai eu tu vois même après le chanteur les gens me trouveront sain j'ai eu en tout 5 rapports sexuels je sais même pas si on peut dire un vrai parce que justement et avec tous ces rapports ça n'a pas été vraiment jusqu'au bout ça veut dire quoi aller jusqu'au bout pour toi Ben, jusqu'à éjaculation. Voilà, parce que tu vois, il y avait, comme je te disais, mon corps. Mon corps se rédissait. Il se crispait. Tu vois, pourtant... J'étais quelqu'un de différent, mais il y a eu toujours ce mécanisme. Tu vois quand des fois on te dit tu peux vivre une situation très traumatique, des fois toi dans ton esprit il n'y a rien, ou bien peut-être tu oublies, mais ton corps enregistre. Tu n'oublies pas. Voilà, et c'est comme ça en fait que j'ai fait le lien avec tout ça, c'est que mon corps avait enregistré. quelque chose de traumatique mais que moi je n'avais pas encore conscientisé donc tu vois il y a eu des je me rappelle je suis tombé sur un gars qui a été un autre gars pour le coup lui c'est un haïtien il a été très violent aussi ça m'a rappelé la situation avec le chanteur Très violent, très égoïste. Tu vois, pour le coup, il n'a pensé qu'à lui. Et je pense tout de suite que ça m'a braqué parce que c'était la même chose. Et pareil, lui aussi, tu vois, le même schéma, il m'a fait des reproches. Que je n'ai pas fait ci, que je ne sais pas embrasser, que je ne sais pas sucer. Et moi, à l'époque... J'ai culpabilisé, tu vois. Je me suis dit que c'est moi qui suis nul. Oui, il m'a dit aussi que j'étais moche. Parce qu'à l'époque, j'avais aussi une très faible estime de moi, très peu confiance en moi. À l'époque... Donc, on s'entend que ça a eu des impacts. Ses paroles, ses propos ont eu un impact sur moi psychologiquement, émotionnellement aussi, tu vois. Oui, bien sûr. Moi, j'ai vraiment l'impression, dis-moi ce que tu en penses, mais qu'en fait, cette... Ces gestuels, ces pratiques d'autodétestation, ce qu'on répète au quotidien, et je parle de gestuel puisque ça nous pénètre le cerveau de répéter, tu parlais de prière, de jeûne, ou en tout cas de sans cesse remettre dans son cerveau qu'il y a un problème avec nous, il y a un truc répétitif qui... En fait, pénètre au loin, il y a un sacré poison. Et tu vois, pourtant là je suis au Québec, c'est pour te dire que ça m'a poursuivi même là à une certaine période. Parce que tant que tu ne regardes pas en face tes soucis, ils vont revenir toquer à ta porte jusqu'à ce que tu finisses par prendre le temps de les écouter. Tu te sens où par rapport justement à ce poison ? Tu te sens où par rapport à ton estime de toi ? Tu vois, j'ai cheminé, je ne dis pas où, j'ai une grande estime de moi, mais contrairement à, on va dire quand je suis arrivé en 2015 versus maintenant, j'ai beaucoup progressé, tu vois ? Tu vois, c'est déjà mieux qu'au début, il y a dix ans, où je n'étais pas du tout là. Donc, il y a un progrès. Il y a une progression qui est faite et je continue là-dedans. Pourquoi les gens ne pensent pas que oui, Rafata, il a une très forte estime de lui. Non, elle n'est pas forte, mais... Je suis en progression, voilà. Pour être tout à fait honnête et transparent avec les auditeurs et auditrices, c'est en progression, voilà. Et tu retournes parfois en Guadeloupe ? J'y suis retourné deux fois, une première année en 2017 et une autre fin 2019, début 2020, avant la Covid. Et tu arrives à avoir des liens, parce que tu as des liens encore avec ta famille ? Non, à part... À part une tante, mais qui vit en France. C'est la seule membre de ma famille du côté maternel. Oui. Avec qui j'ai un lien parce que côté paternel, je ne connais pas ma famille du côté paternel. Voilà. Pourquoi tu es venue au Québec ? Il y avait un lien avec justement ton chemin avec l'homosexualité ? Pas du tout. Le choix pour le Québec, c'est venu parce qu'au départ, je comptais quitter la Guadeloupe, ça c'est clair. Mais je pensais aller en Europe, pas en France. Je t'avoue que ma destination, c'était l'Espagne. D'ailleurs, je travaillais à fond mon espagnol. Et puis, c'est un jour, à ce moment-là, je faisais un PDS en économie sociale familiale en Guadeloupe. Et il y a eu la visite d'une représentante de formation au Québec qui était venue. Donc justement, on nous en a parlé et on a été, moi ainsi que mes camarades, on a été pour écouter la présentation de cette femme. Et c'est comme ça, tu vois, parce que moi, j'ai un peu appris ces histoires de provinces, que le Québec, c'était la seule province francophone au Canada, parce que pour moi, le Canada était entièrement anglophone. En tout cas, tu es venu pour des raisons professionnelles. D'études professionnelles et aussi personnelles et aussi parce que le Québec, c'était francophone parce que moi, il est anglais. Tu ne parlais pas anglais. Voilà, je ne parlais pas. Donc, tu vois, c'est ça. Je me suis dit, ah ben tiens. Donc, finalement, je me suis dit, j'ai eu le déclic, je me suis dit, ah ben tiens, ça va être intéressant comme expérience. Donc là, j'ai abandonné l'Espagne et j'ai fait mes démarches pour... Au venir ici. Au venir ici, voilà. Si tu prends une photo de ta situation intime en ce moment, sexuelle, amoureuse, qu'est-ce qu'on voit sur cette photo ? Il n'y a rien. Parce qu'en ce moment, tu vois, je suis célibataire, même si tu vois, je suis ouvert. Je suis ouvert, mais pour l'instant, tu vois, je n'ai pas encore... rencontrer... de gars... Avec qui, tu vois, il y a une connexion. Quand je dis connexion, ce n'est pas comme on voit dans les films caricaturaux, mais tu vois avec qui on va échanger, qu'on va laisser les choses se faire de manière naturelle et spontanée. Ils veulent toujours beaucoup, sur ceux que je tombe, c'est des plans cul, c'est des plans cul. Alors moi, au suivant, ça ne m'intéresse pas. Et ça sur toutes les plateformes, même celles qui sont plus pour des relations amoureuses ? Oui, même ça. C'est toujours le même profil de gars. Parce que je te dis des fois, même les premiers contacts, aucune conversation, c'est toujours les mêmes trucs. Je vais dire, quel ennui. Donc moi, tout de suite, je zappe. Tu veux plus un lien ? Et est-ce que tu parlais que pendant tout un temps, tu pouvais pas éjaculer, ton corps se figer ? Est-ce que t'as envie et t'arrives à avoir des relations sexuelles ou tu arrives à te lâcher ? On ne prenait même pas le temps, tout de suite, on arrêtait. Que ce soit de mon côté ou du côté du gars avec qui je le faisais, on arrêtait parce que mon corps faisait ça. Parce que je t'avoue, j'ai eu aussi une relation sexuelle avec lui pour le coussin kamouné. Par contre, lui, il a été vraiment très bien, tu vois. Très à l'écoute, vraiment, il s'adaptait. Tu vois, j'ai bien aimé ça, mais mon corps... Mon corps se figeait. Et c'est encore le cas aujourd'hui ? J'ai pas eu de rapport sexuel, donc je sais pas. Là, je pourrais pas te dire. Depuis combien de temps t'as pas eu de rapport sexuel ? Depuis 2021. OK. En tout cas, jusqu'en 2021, ton corps se figeait. Oui, parce que ça, je l'ai remarqué quand je l'ai fait. Comme je t'ai dit, c'est 5 gars. Donc, il s'est passé des mois, voire même des fois des années, avant que je rencontre un autre gars, tout ça. J'imagine que ça peut être super difficile de faire du dating, de faire des rencontres. Est-ce que tu as de la peur aussi ? Oui, il y a cette peur. Parce que surtout, je redoute cet aspect-là. Parce que la douleur, tu vois comment ça va se passer. Et surtout maintenant, je ressentais ça. Mais là... Encore plus maintenant que j'ai conscientisé le truc du viol, c'est très prenant. Ça m'obsède un peu. Bien sûr. Et tu t'es imaginé directement dire qu'il n'y aurait pas de pénétration anale ? Parce que tu parlais de la douleur. Je comprends que c'est la douleur de pénétration. Oui. Et de t'imaginer, pour te rassurer, pour créer un espace de sécurité, de dire directement qu'il n'y aura pas ça ? Tu sais, je réfléchissais à ça, c'est de vraiment le dire, de le nommer au gars par rapport à cela. Tu sais, il y en a que j'ai nommé, tu vois, je l'aurais dit pleinement parce que, tu vois, il y en a certains avec qui je parle, ils me plaisent, mais... Et tu vois, franchement, je leur dis, en fait, j'ai peur d'avoir mal. Parce que j'ai eu, je leur dis franchement, sans entrer dans les détails, j'ai eu des expériences passées où ça m'a fait très mal. Donc, j'ai un peu cette peur. Voilà. Donc, il me dit, donc, tu vois, et je leur dis aussi clairement que je suis transparent. J'ai dit, j'ai payé le rapport depuis 2021. Donc, j'ai dit, je vous laisse imaginer, je suis comme, entre guillemets, puissant. Voilà. Donc c'est ça, en fait. C'est intéressant parce que moi, j'entends que tu veux prévenir l'autre, c'est ça ? Et ma question, c'était pour créer un cadre de sécurité pour toi, où en fait, on s'en fiche même de l'autre, qu'il l'accepte ou pas. On aimerait bien qu'il l'accepte, certains l'accepteront, d'autres pas. Mais ton cadre de sécurité. C'est pour moi. Pour le moment, tu es en train de dire à l'autre, je suis désolé, j'ai peut-être peur, mais... Tu ne mets pas ta limite. Et ma question pour toi, c'est si tu disais, pour le moment, il n'y aura pas de pénitentiaire anal. En fait, ça peut venir. Mais tu vois, j'ai aussi envie d'essayer. Tu vois, j'ai aussi envie d'essayer. Maintenant, si tu vois comment ça se passe, je n'ai pas envie, ça, je vais le nommer. Mais je t'avoue pourquoi je parle de ça, parce que j'ai quand même envie. tu vois de le faire et aussi de pouvoir enfin avoir je l'espère un jour d'avoir un rapport où je vais vraiment avoir ce plaisir Tu vois, j'ai envie. C'est pour ça que j'en parle et je dis, voilà, je suis franc parce que j'ai envie. Mais sinon, je suis d'accord avec toi. Si je n'ai pas envie d'un rapport, je dis non, pas d'opinion. Voilà, je ne me force pas. Et les autres en face, quand tu leur exprimes tes inquiétudes, est-ce qu'il y a des gens avec qui vous avez pu vous rencontrer? Pour l'instant, non. Il y en a certains que j'ai rencontrés, mais il n'y a pas eu de connexion du tout. Donc moi, j'ai laissé. Tu ne le sentais pas? Non, je le sentais. En fait, tu sais, on s'est rencontrés parce que moi, je trouve, virtuellement, c'est une première prise de contact, mais je ne veux pas rester des mois et des mois à te parler sans qu'on se voit. Ça ne veut pas dire qu'on va se voir pour aller coucher, mais pour qu'on se voit, voir est-ce qu'il y aura aussi... Cette connexion, tu vois, en se voyant, parce que là, je... Il n'y en a aucun avec qui tu as eu une connexion. Non. J'ai une intuition, dis-moi si tu la partages ou pas. Moi, quand j'ai très peur de quelque chose, je vais être en capacité de faire capoter... Mais dans le sens français de France. Parce qu'ici, au Québec, capoter, c'est une autre signification. Moi, je suis capable de faire rater la rencontre. Parce qu'en fait, j'ai tellement peur que... Ouais, en fait, tu auto-sabotes. Merci. L'auto-sabotage. Est-ce que tu perçois de ça quand tu as rencontré ces gars ? Oui, j'ai l'impression aussi, tu vois, qu'il y a possiblement ça, comme je te dis, peut-être dans mes mécanismes, par rapport à cette méfiance, cette peur que je nourris malgré moi, que peut-être sans le vouloir, parce que tu sais, ça m'obsède aussi, donc je me mets à attirer des gars aussi qui ne correspondent pas à... à ce que je veux ou des fois peut-être ils correspondent mais selon la posture que j'ai eux-mêmes aussi ça ne leur donne pas envie d'aller plus loin parce qu'il y a aussi moi aussi ma posture tu vois comment je suis en fait et ça me semble normal j'ai tellement d'amour pour c'est nos cerveaux qui essaient de nous protéger il n'y a rien de mal c'est des automatismes parce que le cerveau a dit la dernière fois c'était horrible dans le passé c'était horrible donc je Donc, je te protège. Donc, c'est ces mécanismes de défense qu'il faut arriver à regarder parce qu'ils ne sont pas tous inutiles. Non, mais tu vois, on dit bien que c'est pour nous protéger. Mais c'est qu'à force, là, à un moment donné, ça peut être aussi un frein. Bien sûr. Et là, dans mon cas, ça devient un frein. C'est quand la dernière fois que quelqu'un t'a dit que tu étais très beau ? La dernière fois, je t'avoue que c'est virtuel. C'est vraiment virtuel. Je crois que c'était sur Insta ou TikTok. Mais en tout cas, c'était virtuel. Moi, je te dis que tu es très beau. La dernière fois, c'était juste maintenant. Ok, merci. Non, c'est vrai. Est-ce que j'ai l'impression dans mon chemin d'estime de moi, apprendre à m'aimer puis me trouver beau fait partie aussi ? Est-ce que toi, tu te trouves beau ? Non, ça c'est aussi un processus. Je t'avoue, l'exercice du miroir, de se regarder, ce n'est pas évident. Quand tu te regardes dans le miroir, quand tu vois ta projection. Oui, quand je vois ma projection. C'est parce que tout ça, c'est les séquelles de mes blessures d'enfance. Tu me disais tout à l'heure, entre les enregistrements, que tu te souviens... observer les hommes masculins virils et leurs gestuels pour les recopier parce que toi t'étais efféminé, on t'a attaqué parce que t'étais efféminé, ta famille tu as raconté ça dans un épisode précédent Tu m'as aussi raconté que toi, naturellement, tu es en capacité de danser, de te laisser porter par la musique, mais c'est des choses que tu surcontrôles et que tu t'empêches. Parce que danser, d'une certaine manière, c'est pareil. C'est mal vu. Et il y avait toujours des mots-crits ou bien « Ah, regarde comment il danse, il danse comme une fille ». Ce Rafat Allah ? Ces Rafatas-là, ils sont où, selon toi ? Le Rafata plus efféminé, le Rafata danseur, ils sont où ? Ils sont là, puisque, comme je t'ai dit, il y a eu une situation où il y avait de la musique, j'avais envie. Donc, je pense qu'ils demandent à ressortir, mais il y a encore ce blocage par rapport à ce qui s'est passé. Mais j'ai déjà vu des situations... Extérieur, tu vois où il y avait du monde. On va dire maintenant, je commence à le faire, mais quand je suis chez moi, tout seul. Mais c'est quand je suis dans un lieu public, il y a d'autres personnes. C'est là où ça bloque. Parce que le regard, les remarques, tu vois, parce que je me rends compte que le regard des autres et leur opinion a encore de l'importance, malgré moi. Je ne voudrais pas, je voudrais m'en foutre, mais pour l'instant, c'est encore ça. Donc ça me bloque. Oui, je te comprends. Voilà. Moi, quand je vois... Là, à Montréal, j'étais à un événement autour de la fierté. Et donc, il y avait des gens qui dansaient. Et quand je vois des gens danser, comme si personne ne les regardait, comme s'ils étaient tout seuls... Enfin, tu vois, à vivre leur truc. C'est pas du tout chorégraphique ou... Ils s'en foutent et tout. J'ai une admiration. Parce que, pareil, je n'arrive pas tout à fait... À me lâcher, je me demande un peu toujours. Tu vois, moi aussi, quand je vois des gens comme toi aussi qui se lâchent, parce que je t'avoue aussi, chez moi, comme on aime tellement observer, et je me rappelle des fois, on aimait bien se moquer des personnes caucasiennes, on me disait « elles ne savent pas danser, elles dansent mal, soi-disant ». Mais là où je suis admiratif, c'est qu'elles, au moins quand elles ont envie, elles bougent. Elles bougent comme ça. En tout cas, celles que j'ai observées, on va dire. Et elles s'en fichent de savoir si elles le font bien. Elles le font. Alors que nous, il y a comme une sorte de code. Tu vois tel type de musique, tu dois la danser comme ça. Il ne faut pas danser ça comme ça parce que ça, ce n'est pas bon. Tu vois toutes sortes d'injonctions qui t'empêchent. Et moi, je voudrais justement me libérer de tout ça et de pleinement me lâcher. Être toi. Exactement, être moi. Bonne conclusion, je trouve. Est-ce qu'il y a des sujets qu'on avait abordés et tu te dis j'ai vraiment très envie d'en parler ? Ben oui, par exemple, l'aspect comment j'ai conscientisé pour le viol, ça on ne l'a pas dit. Comment ça s'est fait ? Non, ce n'était pas avec une thérapeute. En fait, je parlais avec une personne, c'est une femme, que j'avais connue sur une application. Pas de rencontre. C'est une application de rencontre, mais pas amoureuse, où on parle. Ça s'appelle Clubhouse. Et on échangeait. Et puis, on a commencé à se parler sur Instagram. Et je lui parlais de ça, ce qui s'est passé avec le chanteur. Et c'est de là, un peu comme tout ce que je t'ai raconté, et c'est de là qu'elle m'a dit, mais Rafata, tu sais que ce que tu me décris là, c'est un viol. J'ai dit, comment ça ? Tu vois, je me suis encore un peu braqué parce que je me suis dit, moi, un viol. Mais j'ai dit, mais non, c'est pas possible. Tu vois, il y a eu un petit moment de déni. Et c'est quand elle a pris le temps de m'expliquer, parce que tu sais, j'avais aussi une vision caricaturale du viol. Tu vois? Et c'est là qu'elle m'a expliqué tous ces aspects-là. Et c'est là qu'elle m'a dit, oui, parce que je lui ai dit, j'étais consentant. Et elle m'a dit, tu étais consentant d'avoir un rapport, mais est-ce que tu étais consentant sur la manière d'avoir le rapport? Et j'ai dit, ah ok. Et tu vois là, le fait d'apporter cette nuance, effectivement, j'étais d'accord d'avoir un rapport sexuel avec le chanteur, mais la manière dont les chansons sont faites, non. Oui, le consentement, ça se donne et ça se reprend. Voilà. Donc en fait, je peux être consentant d'avoir un rapport sexuel et puis pendant le rapport sexuel, je peux être consentant. Exactement. Et c'est ce qui est arrivé, mais tu vois, je ne savais pas le nommer. Quand tu m'as demandé, quand j'étais figé, et donc j'ai accepté des choses, mais alors que dans le fond, tu vois, je t'ai même parlé une fois, j'ai simulé, mais je n'avais vraiment pas envie, mais je l'ai fait par rapport à lui. Tu vois, par rapport à toute cette emprise, ça a été trois mois. Mais trois mois, mais horrible avec ce type. Et c'est vrai que je la remercie. Et c'est là qu'avec ma thérapeute actuelle, jusqu'alors, j'ai profité vraiment pour en parler parce que c'était... C'était important aussi, tu vois, pour moi, et aussi, tu vois, lors de notre rencontre aussi, de parler de cet aspect-là, parce que déjà, c'est très tabou, tu vois, de parler... Notre rencontre, toi et moi ? Oui, notre rencontre maintenant, d'en parler et de mettre des mots là-dessus, parce que déjà, on parle très peu des violences au sein de la communauté, et surtout... dans la communauté. D'autres personnes, tu vois, de cette même communauté qui peuvent avoir un comportement violent envers d'autres. Je me dis que ce serait aussi important de montrer cet aspect-là pour montrer aux gens qu'on est des humains. Même si on est cruaux, peu importe comment on veut se qualifier, mais on reste des êtres humains. Comme les hétéros. Voilà. Il y a aussi un... Je trouve qu'il y a comme une clé le moment où je me libère de la honte ou en tout cas je la mets de côté je fais un pas de côté et j'ose dire ce qui est en fait avoir du vocabulaire c'est trouver la nuance pour décrire ce qui s'est passé et dans cette nuance quand tu redécris tout ce que tu viens de dire C'est apprendre ce que tu veux et ne veux pas, apprendre à poser tes limites, à dire non, à créer des cadres de sécurité. Tu vois ce que je veux dire ? Le moment où j'ose dire « Ben non, là, il s'est passé un acte de viol, d'agression ». C'est pouvoir ouvrir la porte de « qu'est-ce qui s'est passé ? Comment ça s'est passé ? Et comment je fais en sorte de cheminer dans mon intimité sans honte ? » Et tu vois, comme je te dis, c'est par rapport à ça que j'ai fait le lien. Tu vois, je t'expliquais comment je me rédissais quand j'étais avec des gars, surtout quand il fallait passer à cette étape. C'est là que j'ai compris que c'est par rapport à ça. Et j'ai fait le lien au fait pourquoi mon corps... C'est pour ça que tu vas vivre des événements, des fois, toi, tu peux oublier ou bien, toi, selon ton analyse, tu ne vas pas le voir comme un acte violent, mais ton corps, lui, qui enregistre tout, va te donner des indications. Voilà, donc c'est tout ça. Et je t'avoue aussi que je me suis aussi senti sale. Il y avait aussi une forme de culpabilité, comme je te disais, par rapport à... Le rôle qu'on nous a donné en tant qu'hommes sociétalement parlant, comment ça un homme se fait violer ? Tu vois le viol au masculin, le viol des hommes, tu sais c'est un sujet très tabou. Donc voilà. Moi j'ai une dernière question pour toi quand même. Est-ce que tu as, dans le chemin de reconstruction, tu as parlé de thérapie, de mise en mots, est-ce que tu as eu envie d'avoir des procédures légales, d'attaquer en justice l'Église en question ? Je t'avoue que non, je n'ai pas pensé à ça, surtout aussi que ce n'était pas quelque chose qui était légal à l'époque. Et aussi maintenant que c'est devenu légal, mais à l'époque, parce qu'il y a ça aussi, il faut regarder à la période, ce n'était pas encore... Il n'y avait pas une loi qui avait été votée par rapport à cela. Je ne sais pas en France depuis quand ça a été interdit. Parce que tu vois, comme là, j'étais en Guadeloupe. La Guadeloupe, c'est un département français. Donc, les mêmes lois qui sont votées en France s'appliquent. Donc, je ne sais pas depuis quand ça a été voté. Tu me diras, parce que je ne sais plus. Je sais que c'est interdit, mais je ne sais pas en quelle année. Mais il me semble, à l'époque, quand j'ai commencé, il n'y avait pas encore de loi qui criminalisait cela. Et tu vois, maintenant, je me dis, je ne sais pas s'il y a une date de péremption. Il faudrait peut-être que je me renseigne, tu vois. Je peux me renseigner pour voir. Mais ce n'est pas quelque chose qui te motive. Non, ça ne me motive pas plus que ça. Mais si tu vois après, je vais quand même me renseigner pour voir. On verra s'il y aura un déclic ou pas. Peut-être que je ferai des procédures, comme on dit, qui ne tentent rien à rien. Mais je vais te dire, ce n'est pas ça qui m'anime. C'est surtout moi. Tu vois, moi, personne. Un chemin intime. Exactement. La loi a été promulguée en France le 31 janvier 2022. Ah, d'accord, d'accord. Donc, plus de dix ans après. Loin interdisant les pratiques visant à modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne. En 2022, mon Dieu, même après ici au Canada. Donc tu vois, c'est quand même très récent tout ça. Mais c'est important de préciser aussi aux auditeurs et aux auditrices, même si la loi a été votée, ça continue en sous-marin, comme j'aime bien le dire. Oui, bien sûr. On a bien des lois qui criminalisent l'homophobie. Est-ce que l'homophobie n'existe plus ? Oui, bien sûr. C'est pareil aussi pour ça. Donc d'être très prudent et surtout par rapport à ça, Ces personnes vont user de stratagèmes, ils vont se nommer, ils vont trouver des titres plus ou moins qui vont faire très stylé. en termes de couverture, alors que c'est ceux qui le font. Parce qu'il y avait eu un reportage, d'ailleurs, en France, je ne sais plus en quelle année, c'est des journalistes qui avaient été, et bien, se sont rendus compte que les gens proposaient les pseudo-thérapies de conversion. En ne les nommant pas et en faisant... En ne nommant pas, mais quand tu regardes la pratique, ce qu'ils te proposaient de faire, c'est ça. Et d'ailleurs, j'espère que ton témoignage aidera des gens, et j'en suis sûr, sur ce sujet. Du coup, merci beaucoup. Merci de ta confiance. C'est moi. Merci aussi pour l'invitation et de m'avoir recontacté après un an et demi, quand même. C'est vrai. Merci beaucoup, Ravata. C'est chouette. Je t'en prie.

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