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Salut Guillaume, c'est Younes. En fait, on a matché sur Tinder. J'ai vu qu'on pouvait te contacter sur WhatsApp. Ce qui est plus simple, je te le fais en audio parce que je voulais le faire en audio et pour être bien clair dans ce que j'allais dire. Le sujet que tu veux aborder, je le trouve plutôt intéressant.
Maintenant, je voulais juste, parce que j'ai lu le texte, parce que tu as mis un lien et j'ai lu ton texte. Alors, je ne sais pas très bien ce que ça veut dire, homophobie internalisée. Je n'ai pas très bien compris. J'ai lu deux fois ton texte pour bien comprendre.
Donc en fait, ce que tu souhaites, c'est avoir des témoignages, parce que si je te dis, écoute, j'ai une sexualité épanouie, je pense que ça ne va pas forcément me suffire. Si je te dis que j'ai une sexualité qui n'est pas épanouie, je pense que ça ne va pas forcément me suffire non plus. Donc en fait, qu'est-ce que tu souhaites savoir ? C'est-à-dire, est-ce qu'il y a des blocages qui ont été dépassés ? Est-ce qu'il y a encore des blocages ? Est-ce qu'il y a un travail qui est en train d'être fait ?
Pour dépasser ça, est-ce qu'il y a différentes expériences sexuelles qui soient diverses et variées, la prise de drogue, des personnes qui peuvent être uro ? Je sors de mon cas personnel, puis après je pourrais faire entonnoir et affiner pour bien comprendre.
En tout cas, ça me dit bien. Je ne sais pas si c'est très clair, mais ça me dit bien d'y participer. Et t'apporter ça, si ça peut t'aider. Je te souhaite un excellent week-end. Et puis, écoute, tu me réponds quand tu as le temps. Salut. Eh bien, écoute, salut. Déjà, merci pour ton message. Ça m'a donné envie de retravailler mon petit texte.
en me disant qu'il était peut-être pas très clair, même si au final, dans ta reformulation, t'as tout à fait compris ce que je cherchais. Moi, ça m'intéresse d'échanger avec des personnes qui peuvent raconter leur sexualité et comment elles ont déconstruit les normes, leur homophobie internalisée, pour vivre de façon épanouie. Alors pour moi, l'homophobie internalisée, c'est quand toi-même t'es LGBT ou t'as des pratiques sexuelles gays,
et que tu en refoules en partie. Moi, ce que je comprends, tu vois, par exemple, c'est pas du tout cool d'être passif. Il y a quelque chose de socialement plus dangereux, entre guillemets, ou plus compliqué d'être vu comme un homme qui aime être pénétré ou un homme trop féminin a de fait moins de pouvoir dans notre société. Et ça, en fait, quand toi-même, tu le prends en charge, quand toi-même, dans ton cœur,
Tu te dis, putain, faut surtout pas que je sois efféminé, donc en fait je vais refouler ma partie passive. Voilà, je vais juste pas me faire pénétrer, je suis que actif. Ça, pour moi, de ce que je comprends, c'est de l'homophobie internalisée. En fait, si la société disait, ah ouais, trop cool, il n'y a aucune pratique qui est entachée de quoi que ce soit...
tu serais vraiment libre de pouvoir être pénétré ou pas, pénétrer toi-même ou pas, et avoir les pratiques que tu souhaites dans toute leur diversité, toute leur richesse, etc.
J'ai aussi l'intuition qu'en fait, beaucoup... Alors, je fais la différence entre le BDSM, donc quand deux personnes consentantes font le jeu du pouvoir, du contrôle, il y a un dominant, un dominé. Pour moi, c'est différent des fantasmes Grindr, où en gros, tu rencontres un mec, il dit qu'il est dominant.
Et ils te défoncent la gueule. Et où en fait, il n'y a pas un espace de bienveillance, de consentement. Il y a un peu une forme d'auto-mutilation. Pour moi, ça aussi, c'est de l'homophobie internalisée. Mais en tout cas, tu me posais la question, je te réponds. C'est mon avis. Moi, j'ai envie d'aller voir l'avis des autres. Et je ne dis pas du tout que moi, j'ai une expertise là-dedans.
Et en fait, moi ce qui m'intéresse, c'est que tu puisses me raconter ta sexualité, concrètement, quel a été un peu ton chemin, tu as fait ton coming out, comment tu as découvert ta sexualité, comment tu l'as investi. Et après, si tu as l'impression d'avoir des blocages, si tu as l'impression justement d'avoir déconstruit des normes, ou en tout cas, quel a été ton chemin, qu'est-ce que tu as fait pour vivre une sexualité épanouie, si c'est le cas pour toi, et si ce n'est pas encore totalement le cas, en quoi elle n'est pas tout à fait épanouie ?
C'est un peu ça. Voilà. Bonsoir Guillaume. Écoute, dans la continuité de notre échange, du coup, et comme je n'avais rien prévu ce soir, je réfléchissais tout à l'heure et encore il y a quelques minutes à ton message, à ce que tu disais, et j'ai été regarder un article sur l'homophobie internalisée, même si ce que tu expliquais était déjà très clair.
Mais je peux déjà te livrer mon témoignage. Comme ça, moi, ça sera fait, tu le verras. Tu me demandais quand est-ce que j'avais fait mon coming out. Alors, moi, je l'ai dit donc j'ai 39 ans. J'ai dit à mes parents... Enfin, j'ai d'abord commencé.
Quand je suis parti à Tours en tant qu'étudiant, je l'ai d'abord dit à mes amis, à mes potes de l'époque. Donc ça a commencé d'abord comme ça. Et ensuite, trois ans après, je l'ai fait aussi auprès de ma famille. Ça s'est plus ou moins bien passé, même si aujourd'hui, voilà...
On peut estimer que pratiquement 20 ans après, c'est rétabli avec eux, mais que je vis ma vie et que ça ne pose pas de problème. On va dire ça comme ça. La sexualité, je l'avais déjà expérimentée avant au lycée avec un mec.
C'était ce qu'on appelle les plans soft pour prendre dans le jargon Grindr et dans le jargon qui est utilisé. Donc ça a commencé comme ça et ensuite après ça a été progressif.
J'ai toujours eu un problème avec ces histoires d'actifs, passifs, de versa, d'actifs polyvalents, de passifs polyvalents, etc. J'ai toujours eu un souci avec ça et moi-même, pour me qualifier, pour me mettre dans une case, j'avais vraiment beaucoup de difficultés. Ce qui fait que...
Quand j'étais beaucoup plus jeune, 18, 19, 20 ans, les partenaires sexuels que j'avais, ça se passait uniquement sur des fellations, des branlettes. J'étais satisfait de ça. Pour moi, ça ne devait pas aller au-delà.
Il y avait la crainte de la pénétration, qu'elle soit réciproque. Et ça, je m'en suis libéré avec un mec qui avait 8 ans de plus que moi. J'étais toujours à Tunis-en-Tour, et c'est là où je me suis libéré, entre guillemets, et c'est là où, en fait, dans ma sexualité, la pénétration est arrivée, en tant que mec actif, qui pénètre.
Et ça a été que ça avec lui. Donc c'était super, on avait une sexualité qui était extra, ça a duré comme ça pendant deux ans, enfin le temps où on est restés ensemble. Donc ça c'était très bien, ça a très très bien fonctionné. Et ensuite après il y a eu un espèce de blocage qui a duré pendant plusieurs années.
c'est à dire que
J'ai eu du mal, en fait, à... J'ai eu beaucoup de mal avec la pénétration. En fait, je sentais, je pressentais qu'à un moment donné, il fallait aussi que je puisse accepter le fait... Alors, peut-être que c'est de l'homophobie internalisée, tu vois, pour le coup, que j'accepte aussi de me faire pénétrer. Parce que j'ai eu beaucoup de mal. C'est-à-dire que... Donc, j'ai couché avec des garçons pendant... Après, les années qui ont suivi, j'ai eu des histoires et...
jusqu'au point culminant d'une histoire. Là, je parlerai respectivement par rapport à aujourd'hui et à mon âge. Je fais une parenthèse, j'ai l'impression de passer sur le divan, c'est assez...
C'est assez drôle, mais comme quoi finalement, des fois les choses n'existent réellement que lorsqu'elles sont nommées. Donc c'est bien aussi d'en parler. C'est vraiment ça aussi, l'exercice est intéressant de regarder dans le rétroviseur. Bref, j'étais avec un mec et avec qui je me suis marié, enfin marié et divorcé. On est resté quelques années ensemble.
qui avait une position professionnelle, enfin socio-professionnelle qui était importante. C'était un mec qui était plutôt barraqué, musclé, qui avait un espèce de magnétisme animal qui correspondrait complètement au stéréotype du type qui va forcément être actif, du baiser, né.
Et en fait, c'est lui qui s'est adapté à ma sexualité, c'est-à-dire qu'il a accepté de se faire pénétrer.
chose qui, dans ce que j'ai compris à l'époque, dans ce qu'il m'a expliqué, était complètement inversée dans sa précédente relation. Mais ça, je l'ai vite senti. Et ensuite, après, il s'est fait, au cours du temps, beaucoup plus pressant sur le fait que c'était à moi de me faire pénétrer.
Et ça, j'ai eu beaucoup de mal. Ce qui fait que notre sexualité en a considérablement pâti. Vraiment. Et forcément, là, ça a été un non-épanouissement qui a duré pendant un an et demi.
Parce que c'est vraiment là, c'est pendant ce laps de temps là où il a été très pressant alors que bon c'est vrai que du coup moi j'étais marié avec lui, c'était mon mari, j'avais une idée très sacralisée, un peu sanctuarisée aussi de cette relation parce que c'était un mariage, on avait un projet d'adoption, etc. Et donc en fait il a fini par me le reprocher.
Il a fini par me le reprocher et donc du coup, moi ça a eu un effet inverse, c'est-à-dire que je me suis complètement rétracté et je ne lui ai pas donné cet accès-là. Les seules fois et les rares fois où je lui ai donné cet accès-là, c'était vraiment sous la contrainte en me disant...
picolé un peu plus lors de cet apéro pour que ça puisse ça puisse passer et en fait il n'y a pas eu d'échanges plus que ça et je pense que voilà ce qui aurait dû être fait certainement etc enfin bon je vais pas réviser l'histoire mais mais il n'y a pas eu plus d'échanges voilà c'était il fallait que je me fasse pénétrer point et ça a été très très compliqué
Donc forcément, du coup, sexualité pas épanouie, ça a mis fin à notre histoire. Et donc il a été chercher ailleurs ce que je ne pouvais pas lui donner. Donc voilà, fin de l'histoire. Et ensuite après, je me suis dit, quand c'est terminé, j'avais à peu près 35 ans.
35 ans et demi, tu vois. Et donc, dans les années qui ont suivi, par contre, j'ai repris une activité sexuelle, où là aussi, j'étais satisfait que dans le... Parce que j'avais perdu confiance en moi.
J'étais satisfait dans les préliminaires et dans le côté se faire sucer, branler, jouir et puis bonne nuit. Pour moi, c'était très bien. Ce qui fait que dans les partenaires sexuels que j'ai pu avoir, les relations se terminaient très vite puisque je n'allais pas au-delà.
Donc je me suis dit à un moment donné mec il va falloir que ton logiciel change parce que là aussi du coup moi j'étais pas du tout épanoui. Je me suis dit et en fait pas du tout épanoui de ne pas permettre aussi à l'autre de s'épanouir.
Donc cette longue période de célibat qui a été ponctuée par des plans Grindr et compagnie. C'était le temps d'une nuit, de quelques jours, d'une semaine, deux semaines et pas plus. Et j'ai rencontré un mec qui lui avait expérimenté ça aussi.
et qui lui attendait de moi justement à ce que je le pénètre parce qu'il avait vécu pendant trois ans avec un mec avec qui justement il a été démoli et détruit du fait que le mec ne lui a pas recruté pas justement cette fameuse pénétration. Donc c'est ce qu'il attendait de moi et moi je me suis présenté comme ça. Je n'ai pas été très honnête.
d'ailleurs avec lui je me suis présenté comme ça comme le mec actif qui allait lui donner du plaisir et en fait j'ai pas du tout été capable de le faire c'était en 2019 2018 pardon et donc et donc il me l'a reproché l'histoire s'est terminée et voilà et ça a été beaucoup ça ça a été beaucoup ça et alors sur ces huit derniers mois alors je sais pas c'est peut-être le fait de l'approche de la quarantaine j'en sais rien
Il y a eu un espèce de déclic. C'est aussi le fait d'en avoir beaucoup parlé dans le cercle d'amis. Il y a eu une espèce de libération de parole dans les échanges que j'ai pu avoir avec les amis et dans leurs pratiques sexuelles aussi.
Je pense que c'est là où le logiciel a commencé à varier. Et j'ai rencontré un mec qui m'a proposé, avec mon consentement, et il l'a fait de manière, l'expression est peut-être un peu bizarre, mais très pédagogique, le fait de baiser avec de la drogue. Et je l'ai fait. Alors là, ça a été gros. Alors effectivement, que t'es complètement désinhibé, un peu fou, limite porno.
ça m'a rendu un peu... ça m'a rendu ouf, tu vois, sur le coup. Et ça a été... Enfin voilà, c'était super. J'en garde un très bon souvenir. C'était très chouette. Puis après, du coup, ça m'a interrogé sur... En fait, est-ce que...
Est-ce que finalement, sexuellement, je vais être épanoui ? À partir du moment où il y a un produit qui va me permettre justement à ce que mon cerveau se libère. Parce que du coup, j'ai intellectualisé le sexe et je n'allais pas jusqu'à l'animaliser. Je ne sais pas si c'est très clair ce que je suis en train de te dire.
Et donc, c'est comme ça que je l'ai analysé. Et je me suis dit, mec, il va falloir que tu passes un peu cette barre-là. Et d'essayer d'être dans un rapport qui soit de tendresse et qui peut être aussi très sexuel, mais dans l'acte aussi.
Et puis en fait, quand je suis arrivé à cette réflexion, je me suis un peu dédié, je me suis dit mais en fait, comment toi tu te sens ? Est-ce que toi t'es bien dans ça ? Et justement dans ce jeu avec lui, c'est moi qui me suis fait prendre...
et j'ai pris un pied de malade. Effectivement, la drogue c'était de l'A3, donc je pense que ça a beaucoup aidé. Il y avait du poppers en plus, donc ça a aidé d'autant plus. Et je l'ai refait après, pareil dans les mêmes conditions, avec cette fois-ci deux partenaires sur un plan A3.
c'était très bien aussi et ensuite après je l'ai refait cette fois-ci sans rien du tout avec un autre mec et avec qui ça s'est très très bien passé aussi et là aussi je me suis fait pénétrer et il s'est fait pénétrer enfin dans le même acte et c'était très bien aussi donc voilà je me suis dit je suis en train d'y arriver je sais pas si tout ce que je suis en train d'y arriver va t'aider mais bon
Je te livre en tout cas comment j'ai vécu tout ça. Ouh là, je suis à 13 minutes. Je vais essayer de faire un petit quart d'heure, pas plus. Et c'est vraiment sur ces derniers mois, je ne sais pas si on peut dire qu'il y a une espèce d'accélération. En tout cas, il y a quelque chose sur lequel je sens où je suis en train de tendre, où finalement, j'aime ça me faire pénétrer. J'aime ça aussi les plans softs.
J'aime bien, ça me plaît aussi. En tout cas, je suis en train de m'ouvrir un peu plus. Je ne suis pas en train d'en expérimenter tous les contours. Il y a des choses que j'aimerais peut-être expérimenter mais qu'on m'a proposées.
On m'a proposé de me faire fister. J'ai dit non. J'avais pas du tout envie. Là, j'en suis pas du tout... J'en suis pas encore là, ça viendra peut-être un jour, mais j'en suis pas du tout là. Et le mec voulait que je le fiste, je ne l'ai pas fait aussi. Enfin, je lui ai dit que j'acceptais pas qu'il me le fasse, donc je voulais pas lui faire non plus, enfin bref...
Je ne vais pas me perdre en détails, mais voilà. En tout cas, je suis en train, à mon âge aujourd'hui, d'aborder plus de contours que je ne l'ai fait sur ces 15 dernières années. Et je l'ai plus fait en 8 mois que sur ces dernières années. Et puis, en fait, ça me plaît plutôt bien. Enfin, ça me plaît même. Ça me plaît, quoi.
ça me plait et puis c'est marrant ça déverrouille quelque chose à l'intérieur voilà Guillaume ce que je peux te dire écoute je suis à 15 minutes 10 voilà enjoy l'écoute quand tu pourras l'écouter et à bientôt tu me feras le retour
Peut-être que tu as des questions, donc tu n'hésiteras pas à m'en faire part à ton retour de vacances. Profites-en bien. Merci pour ton témoignage. J'avais envie de te demander comment est-ce que tu comprends ton blocage ? Notamment, je me pose des questions autour de l'homophobie internalisée.
de l'idée que, étant donné qu'on grandit dans un monde homophobe, qu'on a peut-être été victime d'insultes, d'humiliation, on intègre ça, et dans quelle mesure, alors, c'est plus compliqué d'être passif, d'être celui qui est pénétré, parce que c'est lui vraiment l'enculé, c'est lui qui est le plus homosexuel ou pédé, si on peut dire, donc tout ce qui porte un peu la charge négative, c'est sur celui qui est pénétré.
Est-ce que toi ça te parle ? Est-ce que tu as l'impression que ton blocage pourrait venir de là aussi ? Ou à ton avis, d'où est-ce qu'il vient ton blocage ? Comment tu te l'expliques ?
Salut Guillaume, écoute, je vais répondre à ta question. Et je voulais juste te prévenir, si toutefois tu entends un enfant ou une enfant, comment dire, m'interpeller par un tonton, tu ne seras pas surpris, ça sera un de mes nièces, même si je leur ai dit que tonton était occupé là pour l'instant. Donc voilà, mais en tout cas, te voilà prévenu et ça, tu ne seras pas surpris.
En ce qui concerne le blocage, si je me reprojette déjà dans le passé, c'est un blocage qui est dû à un sentiment d'insécurité. J'étais vraiment en insécurité.
Ce qui m'a empêché, justement dans mes pratiques sexuelles, d'être pénétré, puisqu'il y avait cette crainte. Alors effectivement, je suis d'accord avec toi, d'éducation. Je n'ai pas été élevé par des parents qui sont homophobes. Ils n'avaient pas d'enfants homosexuels.
Ça a été une grande première pour eux. Mais comme je savais très tôt que ça allait pouvoir aussi poser quelques soucis et être difficile à vivre, si tu veux, j'ai pris un peu la tangente. Et ça, je me souviens, j'en avais parlé avec mon hypnothérapeute il y a quelques années. J'avais pris une tangente un peu en disant...
du coup le fait de ne pas être pénétré fait que je vais pas incarner l'homosexuel tel qu'il peut être dépeint aussi ou qu'on peut voir l'homosexuel un peu caricatural pour dire les choses un peu rapidement et je pense qu'il y a quelque chose qui
qui venaient beaucoup de là, de ça. C'est certainement de l'homophobie internalisée, pour reprendre l'expression. Et le blocage, je pense qu'il venait plus de là. Je ne sais pas si tout est clair pour toi, mais en tout cas, n'hésite pas si besoin. Merci pour ta réponse. Du coup, ça me donne envie de te demander une autre question.
qui est, quel a été ton chemin d'épanouissement ? Est-ce que tu sais noter les éléments clés qui t'ont permis, qui t'ont aidé à te débloquer ? Comment ça s'est fait ?
Salut Guillaume, j'espère que tu vas bien. Alors, mon chemin d'épanouissement, en fait, si tu veux, le déblocage l'a commencé. En tout cas, c'est comme ça que je l'identifie. Pour faire un peu d'histoire, quand j'avais 19 ans, j'étais un jeune homme vraiment en surpoids. Donc, je ne me trouvais pas du tout attirant. Je n'étais pas... Je me sentais vraiment... J'étais hyper mal dans ma peau, tout simplement.
Et donc il a fallu que je passe par une phase de gros régime et que je me transforme aussi, que je me métamorphose pour aller sur ce chemin-là. Donc ça veut dire en fait déjà me plaire plus et essayer d'attirer les regards. Donc ça, ça a été un premier déblocage. Et ensuite, je crois que je t'avais raconté, j'ai rencontré quelqu'un à la fac qui avait
8 ans de plus que moi, et lui m'a beaucoup aidé justement sur l'acceptation du fait que j'avais maigri, que j'étais différent, que je pouvais plaire, voilà, chose auxquelles j'avais absolument pas conscience de ça, et donc ça m'a donné, voilà, ça a réveillé beaucoup plus ma libido.
Ça a été les premiers jalons qui ont été posés pour trouver ce chemin-là, même s'il n'est pas encore terminé. Ça a été le premier déblocage. Et ensuite, cette rencontre avec ce mec-là qui m'a beaucoup aidé. Je viens de publier l'épisode 1.
dans lequel je témoigne, et j'avais envie de savoir si du coup ça a résonné pour toi, et si tu avais quelque chose à ajouter pour conclure notre échange autour de ce sujet, comment devenir un homo épanoui, et comment toi tu deviens un homo épanoui.
Salut Guillaume, j'ai bien écouté ton épisode numéro 1, qui m'a complètement parlé. Ça a grave fait résonance aussi à ma propre histoire, à mon enfance, mon adolescence, puisque j'ai été aussi victime d'insultes, d'injures en tout genre, tapettes, pédales, pédés, etc.
Je suis passé aussi par le processus du je sors avec des nanas et je baisouille avec certaines d'entre elles, notamment même au lycée, histoire de rentrer un peu dans la norme.
et donc en sachant très bien que c'était un mensonge je pense que les gens en avaient conscience aussi sauf que ce n'était pas dit c'était latent et je pense que l'homosexuel
à l'intérieur de moi n'attendait que d'éclore et d'exploser et c'est vraiment mon départ à Tours que je vois vraiment comme un espèce d'exode de partir à plus de 100 km de chez mes parents et d'avoir mon appartement qui a fait que j'ai pu commencer à vivre
Alors qu'avant, c'était presque de la survie d'une certaine manière. Et donc, le fait de, pour répondre à ta question, comment devenir un homo épanoui, eh bien écoute, moi c'est en cessant d'avoir ce côté subversif, revendicatif,
transgressif que je pouvais mettre derrière mon homosexualité et de dissocier un peu l'homme ou le jeune homme que j'étais à ma sexualité alors que l'un ne peut pas exister sans l'autre et donc j'ai arrêté ce côté là et puis de porter cet étendard et justement de vivre pleinement sans me cacher, sans avoir honte
Et éviter d'en faire un étendard et un porte-drapeau pour essayer, je ne sais pas, de prouver quoi. Mais en tout cas, certainement de prouver quelque chose. Peut-être qu'un jour, j'aurai la réponse de mes actions passées. Et ça, le fait d'arrêter ça m'a apporté un peu plus de paix. Tout simplement. Et donc, forcément, plus de paix et de l'épanouissement. Alors, je n'en suis pas au niveau saint de la pyramide de Maslow, mais...
J'y tends, j'y tends. Je l'ai même des fois touché du doigt. Voilà, Guillaume. Un grand merci à Younes pour son témoignage. Si vous voulez réagir, témoigner ou m'aider dans ma démarche, contactez-moi en allant sur le mini-site du podcast. Le lien est dans la description de cet épisode. A très bientôt !