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Davy, partie 2 de ton témoignage. Rebonjour. Re-coucou. Dans la partie 1, qu'est-ce qu'il faut que les gens sachent pour écouter la partie 2 ? Il faut qu'ils sachent qu'on est à La Réunion. Dans la partie 1, tu as raconté ton enfance et ton adolescence jusqu'à 20 ans, où il y a quand même, pendant le collège, énormément d'harcèlement ?
Un abus sexuel à l'âge de 8 ans, une brisure qui se fait à ce moment-là, c'est sûr, on en a pas mal parlé. Et au collège, harcèlement, un sentiment quand même d'abandon de la part de tes parents, du système familial ?
Sous couvert d'un catholicisme qui se veut charitable, dans le pardon du péché, tout ça c'est entre gros guillemets. En fait, il y a surtout un gros silence, un gros non-dit sur toi, ce que tu es en train de vivre au collège. Au lycée, le pouvoir de Sailor Moon. Tu trouves le pouvoir en toi de devenir une star ?
Et de briller. Après, j'étais parti dans un lycée avec quand même plus d'oreilles. C'est ce qu'on appelle les gens qui viennent d'Hexagone. Juste une petite parenthèse. Dis-moi si c'est vrai. J'ai vérifié sur Google. Je ne savais pas pourquoi on appelait les Français hexagonaux comme moi des oreilles.
C'est parce qu'ils comprennent mal le créole ou les langues locales et donc ils sont sans cesse à dire un quoi, à redemander. À tendre l'oreille, oui. Il y a plusieurs explications. Sinon, on disait que quand ils bronzaient, ils avaient les oreilles rouges. Du coup, mais celle qui revient le plus souvent, c'est celui qu'on disait qui tendait l'oreille. Du coup, on l'appelle les oreilles. Ok.
Et donc, c'était un lycée. C'est toi qui as demandé à changer de lycée ? Non, j'ai fait le lycée de Toli. C'était le seul de l'île. Ok. Et là, en fait, dans ce milieu-là, tu as trouvé quoi de différent ? Plus ouvert d'esprit. Ça a un peu changé maintenant, mais à l'époque, l'ouverture d'esprit, c'était zéro. Zéro, zéro, zéro, zéro. L'ouverture d'esprit sur ? Sur tout et n'importe quoi. Ouais.
Dans les années 80, tu dis. 90 ? 90, pardon. Et du coup, là, on est déjà en 2000 même. Parce que du coup, je suis né en 90. J'avais 16 ans quand je suis parti au lycée ?
C'est marrant parce que moi, le lycée, c'était l'enfer, quoi. Et moi, j'étais avec des oreilles, mais en France hexagonale. Et putain, j'étais loin de... Mais toi, t'as eu une ouverture d'esprit, plus grande en tout cas. Oui, oui. Est-ce qu'il se passe quelque chose de particulier ? Donc, t'as 20 ans, on est lundi et tu décides de partir et d'acheter un billet pour le jeudi pour la France hexagonale. Ça a été quoi le déclic ?
Je crois qu'il n'y en avait pas de déclic. Je crois que j'en avais plus un ras-le-bol qu'un déclic. J'avais ras-le-bol d'ici, je voulais voir le monde, parce que le monde est toujours plus vert ailleurs. L'herbe. L'herbe est toujours plus verte ailleurs. Et j'en avais marre. J'en avais marre d'ici, j'en avais marre de la mentalité, j'en avais marre des gens, j'en avais marre de tout. Ça me fatiguait.
comment tu comprends cette impulsion cette impulsivité cette rapidité c'est comme ça que tu es c'est ta personnalité je crois que surtout que je suis pas hyper avec le temps je connais mes qualités mais je connais aussi mes défauts et je crois que je suis pas hyper persistant dans la vie c'est à dire si ça m'énerve et que je comprends pas les trucs j'abandonne et je passe à autre chose je crois que c'est ce que j'ai fait
Non, je n'ai pas compris. Par exemple, si... En quoi ? Tu es persistant, tu dis j'y vais et tu pars. Oui, mais ce que j'en avais marre de cette vie-là, c'est-à-dire j'aurais pu, j'étais en train de passer mon BTS, il me restait un mois et en fait, j'en avais marre et je suis parti. Et c'est ce que je fais généralement dans la vie. S'il y a un truc qui me saoule, je ne vais pas essayer d'aller jusqu'au bout, je vais arrêter et je pars. Ok. Selon toi, c'était la bonne décision ? C'est un peu de la merde comme question peut-être. Non, je crois que oui.
À ce moment-là, oui. Tu débarques en France hexagonale ? Chez ma sœur. Chez ta sœur. Ça se passe comment ? Très bien. Je l'adore. Ma sœur a toujours été d'un grand soutien. C'est une femme extraordinaire.
Elle m'a toujours soutenu, des fois même où il fallait me rebousser un peu, elle m'a toujours soutenu, elle m'a toujours laissé être maître de mon destin, elle m'a toujours soutenu. C'est un peu comme ma mère, elle est toujours aimante et toujours dans l'amour, en voulant supporter tout le monde. Je suis parti chez elle, j'ai vécu six mois.
Ok. Et tu vois, ces figures du système familial qui t'envoient plein d'amour, c'est toujours avec la condition de respecter les fondations d'un système familial, de silence et tout ? C'est-à-dire... Ou pas ? Ou c'est des femmes différentes ? Non, ma sœur est quand même, je dirais, moins que ma mère. Mais...
Je crois que c'était difficile, même pour elle, je crois que ça a été difficile de comprendre ce que je vivais à ce moment-là. Et je crois que moi aussi, j'ai ma part de responsabilité, je pense que j'ai aussi un peu minimisé ce fait-là. Je pense que je ne me suis pas battu pour moi-même.
je pense que j'aurais pu à ce moment là dire non stop j'ai mal, je souffre il faut qu'on soit là pour moi je crois que j'ai aussi je me suis un peu laissé porter par par le flow mais je me suis un peu laissé porter par ce qui se passait je me suis jamais vraiment je me suis jamais levé pour moi même ok j'ai jamais par exemple j'ai dit ce qui s'est passé
On n'en a pas reparlé. Et je n'en ai pas parlé de comment ça me faisait souffrir ou comment ça me rendait malheureux. Je crois que j'ai aussi suivi ce qui se passait. Je n'ai pas...
J'ai envie de partager une opinion. J'ai un ressenti, je trouve ça tellement... J'ai un ressenti d'injustice gigantesque en moi, là. J'ai un peu du mal à passer outre. Parce que je trouve que violenter quelqu'un et le mettre à terre et après se dire, genre... Il se relève pas facilement, hein. Tu vois ? En fait, je pense que dans des systèmes familiaux où le silence, où l'amour s'achète avec du silence, un enfant... Genre, c'est pas un choix d'être dans le silence. C'est qu'en fait, pour survivre,
Pour survivre dans le système familial et aucun enfant n'est en capacité de s'auto-exclure de son système familial, tu joues les règles du jeu. Mais après, te responsabiliser de ça, c'est dur.
elles m'ont pas spécialement en tout cas elles m'ont pas responsabilisé en me disant que ça prenait du temps à souffrir à guérir c'est pas ça c'est que je pense que c'est resté comme un non-dit mais moi je réagissais à quand tu dis moi je me suis pas assez battu comme si t'avais le choix
J'ai l'impression que je trouve ça compliqué que l'enfant qui reçoit l'abus doit après aussi être en capacité de briser un silence familial, alors que ce n'est pas possible, je pense. L'enfant, il n'a pas de choix à faire dans ces cas-là. En fait, c'était leur rôle d'aîné et 100% et uniquement leur rôle d'aîné d'être en capacité...
de dire faut qu'on en parle qu'est-ce qu'on fait c'est à aucun moment donné selon moi c'est cet endroit d'injustice le rôle de l'enfant après je suis pas sûr que ce soit le rôle de ma soeur non plus que ce soit son rôle de faire ça je pense qu'elle a fait son rôle en m'écoutant en étant là
après je pense que c'était pas je pense que c'était à ma mère de prendre son rôle de mère ça elle a pas fait mais je veux dire ça peut pas être ma soeur qui dit à ma mère ton rôle est pas fait quoi pourquoi pas
C'est dans toi, dans ta culture familiale, c'est ça ? Tu le sens pas ? Ouais, non. Je pense que c'était à moi, plutôt. Et c'est ce que j'ai fait, plus tard. Mais c'était à moi de lui dire « Là, t'as pas été bonne. » Ce que t'as fait ? Ouais.
Tu disais, ta sexualité au moment du lycée, il y avait une forme d'obligation, de besoin, il fallait se forcer, et à la fois un mélange de se forcer et plaisir. Tu m'as dit que les 12 ans que tu passes en hexagone, c'est 12 années de libération sexuelle aussi, d'apprentissage et de libération sexuelle. Ah non ! La moitié, oui. Est-ce que la moitié j'étais en couple ?
La première moitié c'est pas Libération ? C'était une reconstruction la première moitié. Qu'est-ce que tu découvres sexuellement dans l'Hexagone que tu ne connaissais pas ou que tu ne savais pas à l'Île-de-la-Réunion ? La première moitié pas grand chose.
parce que j'étais avec un homme on avait fait 5 ans et c'était plus une reconstruction je dirais de mon petit coeur que de mes fesses on avait une vie sexuelle tout ce qu'il y a de plus ordinaire
Et mes parents, ils m'ont appris plein de choses que je pense que j'en avais besoin. Comme l'amour de soi, se respecter, s'aimer, se chérir, tout ça. Quand tu penses à ça, tu peux me donner un exemple concret ? De quoi ? Comment ils t'ont appris à t'aimer ? En m'écoutant, en me donnant le sentiment que j'étais important.
Ce qu'on n'avait pas fait jusqu'à maintenant. Le sentiment d'être écouté, le sentiment d'être compris, le sentiment d'être compris, d'être écouté. Et que ma parole avait de l'importance comme n'importe laquelle. On a rencontré comment ce petit trésor ? Rinder.
Ah, comme quoi, c'est pas que de la merde. Oui, oui. J'ai rencontré, il était beau, il est toujours beau. On se parle pas trop. Je pense qu'on... J'ai dit, on s'envoyait des textos de temps en temps, mais rien de ouf. Tu disais, on avait une vie sexuelle, tout ce qu'il y a de plus d'ordinaire, comme si l'ordinaire peut être très épanouissant. Est-ce que cette sexualité ordinaire était jolie, belle, épanouissante pour toi ? À ce moment-là, oui.
Tu avais du plaisir ? Oui. Toujours ce sentiment de devoir se forcer ? Non, ça a disparu. Moins, mais un peu quand même.
Non, en réfléchissant, pas vraiment, parce que je me sentais en confiance avec lui, je me sentais vraiment aimé et choyé. Il était gentil, enfin il est toujours gentil, vraiment d'une gentillesse que j'ai rarement vue chez les gens. On est où là ? On est à Paris, en banlieue parisienne. Sexuellement, on fait quoi ? On fait l'assion et le sodomie.
Ok. Mais... Ok. T'as envie de me vendre un peu du rêve ? Ah, on faisait que ça. Ouais, mais dans le sens... J'avoue, c'est pas clair ce que j'essayais de demander. En fait, du coup, il y a les deux positions, mais à quoi ressemblait ce sexe amoureux ?
Déjà, il était très beau, très grand. C'était un ancien danseur professionnel. Du coup, c'était vraiment un bel étalon. Et voilà, c'était doux, c'était tendre. Je pense que j'avais besoin de ça aussi, d'être aimé. En fait, j'étais un petit peu plus potelé, je crois, à l'époque. Et du coup, je n'avais pas confiance en moi. Je sortais de la réunion et tout ça et...
J'étais rempli d'amour. Donc c'était très sensuel, il te caressait, il te suçait, tu le suçait, il te pénétrait, tu le pénétrait, une versatilité, un beau confort. Vous rencontrez comment ? Grinder, mais dans le sens... On est partis manger un jour ensemble, on était dans un bar à Tapas, je crois à Bercy. Et ensuite on est partis à Place des Volges boire un verre et depuis ce jour on ne s'était plus quittés.
Et donc, dans les échanges messages, vous avez... C'était hyper compliqué. Est-ce qu'il était Stuart à l'époque ? Du coup, il venait, il revenait, il venait, il revenait, il venait, il revenait. Alors du coup, on a dû mettre un mois et demi avant de se rencontrer. Ok. Mais Bercy, alors, on a écouté du Canada, de Belgique, et puis même, je sais pas, à La Réunion, il y a des gens qui connaissent pas forcément Paris. De Bercy à la place des Vosges, ça fait une trotte, hein ? Ouais, on est vraiment en voiture. En voiture ? Ouais.
On ne s'est plus quitté pendant 5 ans. Quel petit chou. T'en parles avec des petites étoiles dans les yeux, c'est trop beau. C'est une belle relation. Je pense que c'est une très jolie relation. Pourquoi ça s'est arrêté ?
Il était plus vieux. Moi, j'étais plus jeune. Lui, il avait envie de choses que je n'avais pas envie à cette époque. La différence d'âge, c'était combien ? Je crois que j'avais 20... Toi, t'es arrivé à 20 ans. J'avais 21, 22. Lui, il devait déjà avoir...
37-38 ok il y avait un petit côté daddy non non il faisait pas du tout daddy non pas du côté daddy ouais juste un écart d'âge comme ça quoi mais ça n'entrait pas il n'y avait pas un truc de pouvoir ou de réconfort peut-être un peu ce papa en fait j'insiste un peu parce que c'est toi qui me l'as dit
Mais t'as pas changé d'avis. Il y avait un peu ce truc de daddy et de papa.
Dans le sens, quand je pense à Daddy, moi, je pense à un peu sexuellement, un peu Daddy, etc. Mais en tout cas, le réconfort, c'est assez sûr. Ah, tu veux dire, Daddy, c'est un peu grassouillé, poilu, c'est l'image. Donc, il avait dépassé le côté réconfort, éducation, un amour, en fait. Oui, il m'a tout appris à comment je dois aimer, comment fonctionne le couple. Là-dessus, il m'a tout appris, je pense.
Je pense que c'est pour ça que j'en parle aussi Bochco avec émotion, parce que je pense qu'il m'a appris toutes les bases saines que doit avoir un couple. C'est-à-dire, je sais maintenant ce que je veux dans un couple et ce que je ne veux pas. C'est vrai que...
Je ne suis pas passé par ces phases un peu avec des jeunes un peu toxiques, où on se jalouse, etc. Là, c'était vraiment hyper sain, hyper simple. Et je sais que c'est ça que je veux. Du coup, je crois qu'il m'a tout appris là-dessus, ça c'est sûr.
Vous vous êtes séparés parce que vous ne vouliez pas la même chose ? Lui, il avait des projets de famille, d'avoir des enfants, c'est ça ? Pas des familles, mais il voulait construire une maison et tout ça. Moi, c'est parce que je voulais. Il voulait peut-être un peu plus s'opposer. Moi, j'étais peut-être... Je pense que... Et à la fin de la relation, je pense que j'étais aussi, pour être hyper transparent, je pense que je l'aimais et j'ai beaucoup d'affection toujours pour lui.
Mais je crois que j'étais hyper à l'aise dans le confort de vie que cette villa m'offrait.
Et que j'étais passé outre l'amour en lui-même. Ouais. Et il me dit toujours, l'amour, ce n'est pas suffisant. Et il me disait ça à chaque fois. Il me disait, tu verras, l'amour, ce n'est pas suffisant, l'amour, ce n'est pas suffisant. Et moi, je ne comprenais pas parce que j'étais jeune et je me suis dit, mais qu'est-ce qu'il raconte ? L'amour, c'est vraiment le pilier. Mais en fait, non, il a tout à fait raison. L'amour, ce n'est pas suffisant. Ouais, je suis d'accord. Je l'ai un peu découvert aussi. Moi non plus, je ne comprenais pas et maintenant, je comprends. Ouais.
Je lui ai renvoyé un texto, je pense, il y a deux ans. Je lui disais, c'est vrai, l'amour, ce n'est pas suffisant. Et tu as répondu. Oui, il est toujours très gentil. On ne se parle pas beaucoup, mais s'il y a un truc qui me fait penser à lui, je lui écris un message. Et il est toujours plein d'amour et plein de bienveillance. Quel petit chat. Et son cœur est pris ? Oui. Il a trouvé quelqu'un à faire une maison avec ? Oui. Ah, trop bien !
des Legos ? je crois qu'ils sont en Bretagne il me semble et il y a quelqu'un qui apparemment partage plein de belles choses et je suis hyper content pour lui à ce moment là du coup commence un autre chapitre de ce cheminement sexuel il se passe quoi ? rien je pense la découverte de mon corps cette découverte que je ne l'ai pas faite à la réunion je pense et tu t'y prends comment ?
T'es à Paris ? J'allume mes applications et voilà. J'allume mes applications, je découvre un peu ce que le monde a à m'offrir. Tu m'as dit au début que j'étais que sucé. C'était que toi qui étais sucé, pourquoi ? Je sais pas, je pense que j'avais peur d'un peu de tout. J'avais peur des maladies, j'avais peur de moi et de tout ça. Et je pense que quel a été le déclic de tout ça, j'en sais rien. Mais en tout cas, je sais qu'il y a eu un déclic.
C'est-à-dire où tu es passé de plus qu'être sucé. Donc au début, les gens venaient chez toi, tu les attendais. C'était quoi le protocole ? C'était ça, j'étais sur le canapé, je les attendais, ils me suçaient et repartaient. On ne parlait pas ? Très peu. Ça te faisait du bien ?
Oui, je pense. Si je le faisais, c'est que c'était bien. Après, ça dépend qui le fait aussi. Alors, utiliser le conditionnel pour parler de sa propre histoire, j'ai envie de dire qu'il n'y a que toi qui peux savoir. Pourquoi le conditionnel ? Tu le sais, tu te souviens ? Est-ce que c'était bien ? Je pense que ce n'est pas quelque chose qui m'a marqué plus que ça. Je dirais que c'était normal.
À l'heure actuelle, tu me dis de le refaire, je ne suis pas sûr de vouloir faire un plan suspect. Tu aurais besoin de quoi de plus ? De tout. Si tu me parais. Je dis toujours que moi, si je suce, il faut me prendre après. Je ne suce pas, je suce gratuitement. Pour toi, la fellation, ça ne t'excite pas des masses. Ce qui t'excite vraiment, c'est la sodomie. Les deux, le combo des deux.
Ah oui, les deux en même temps. Non, pas en même temps, pardon. Pourquoi pas ? Si la personne te pénètre, tu ne peux pas sucer. On peut être trois. On peut être trois, bien entendu. Mon imagination est vraiment limitée. Tandis que, pour ceux qui n'ont pas écouté l'épisode 1, nous avons en bas de chez toi une association de personnes âgées qui dansent. Tandis qu'ils augmentent la musique. On est d'accord que ça augmente ? Je ferme, peut-être ? C'est ouvert, en fait ?
Non, c'est les rideaux. Non, t'inquiète, du tout. Mais c'est juste, en podcast, si t'expliques pas un bruit, c'est un parasite, alors que si tu l'expliques, le cerveau l'élimine tout seul. C'est intéressant. Moi, j'aime bien. Petit à petit, tu t'ouvres à autre chose. Est-ce que tu peux m'amener...
Dans ce moment où t'es dans un appartement parisien, où les moulures se mélangent aux bites. Je me rappelle même plus c'était où. Mais c'était un beau quartier. Il me semble qu'on était pas loin d'un truc présidentiel. Mais j'arrive...
Je crois que je me rappelle l'appartement en plus. J'arrive à un couloir, là il y a un salon avec une belle cuisine. C'est sur Grindr qu'on t'a dit viens à cette adresse. Tu sais, le gars Grindr t'a décrit dans quoi tu mettais les pieds ou pas ? Non. Tu ne sais pas ? Non, je ne savais pas dans quoi je me mettais. Tu crois quoi à ce moment-là ? Au moment de Grindr, tu crois que tu rejoins quelqu'un qui habite dans cet appartement ? Une seule personne ?
j'arrive ils sont des milliers des milliers j'exagère ils sont dix non mais franchement une bonne dizaine et là l'appartement est somptueux il y a des bites il y a des culs il y a il y a tout et tout c'était
C'était à la fois hyper excitant, à la fois un peu malaisant, mais... Qu'est-ce qui était malaisant ? Tout ça en même temps. Parce que très nouveau ? Oui, très nouveau. C'était la première fois que j'arrivais et que j'avais...
toutes ces bites dehors. Et le malaise, c'était est-ce que je vais savoir faire ? Ou le malaise, c'était est-ce que c'est bien ou mal ? Qu'est-ce que je fais là ? Parce que je suis quand même une petite sainte. Toujours ce lien dont tu parlais dans l'épisode précédent où ta sexualité s'est construite entre « je suis déjà sale »
Donc, en fait, je suis une salope et je n'ai pas de valeur. Donc, en fait, je ne peux pas perdre de la valeur. Versus, j'ai de la valeur et cette valeur, si je ne fais pas de sexe, je garde de la valeur. On est toujours dans ce truc-là. Mais bon, après, je ne suis qu'un homme. L'excitation prend le dessus. Quand tu vois tous ces hommes nus...
En train de baiser. L'excitation prend le dessus. Ça ne m'excite pas du tout. En tout cas, je suis vachement intimidé par le plan à plusieurs. Moi, je serais plus en mode, genre, oh là là, vas-y. Où est-ce que je fit là-dedans ? Je n'ai pas fait grand-chose. Enfin, je veux dire... Tu as regardé les moulures ? C'était joli, mais... C'était des moulures, mais c'était... C'était une belle maison, tu sais, comme on voit dans la télé. Je n'avais jamais vu de truc pareil à l'époque.
Il y avait une chambre, une salle de bain italienne. Du parquet ? Ouais, parquet. C'était super beau. Et les hommes étaient beaux aussi. Des hommes que je ne pensais pas pouvoir séduire un jour.
Ok, qu'est-ce que tu décides quand tu vois qu'en fait il n'y a pas une seule personne, ils sont une dizaine, toi tu te dis waouh, qu'est-ce que tu décides, tu fais demi-tour ou tu rentres dans la pièce ? Non je rentre, je rentre. Et j'ai fait ce que j'ai pu mais c'était...
C'était hyper particulier. Je crois que je me suis fait prendre et j'ai dû sucer un ou deux. Et après, je n'ai pas fait long feu. Je ne suis pas resté. Ce n'est pas le plan le plus incroyable de ma vie. Et c'était un bon moment ? C'est plutôt un début de libération ? C'était un choc. C'est plus un choc qu'un bon moment. Ce n'est pas très positif ? Non, parce que moi, je reviens du cinéma quand même.
Moi, j'étais à mon plan cinéma et là, j'arrive dans un appartement. L'épisode précédent, tu embrasses des hommes devant des films d'auteurs où il n'y a du coup personne. On est à La Réunion et là, soudainement, il y a tous ces hommes. Mais en fait, ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est qu'il y a plusieurs possibilités. La première, c'est qu'on est tellement dans une sorte de norme
de sursexualité tu es tellement dans une obligation de sursexualité où tu te dis ma seule manière d'être gay et de me libérer c'est ce chemin que tout le monde a l'air de prendre donc me voilà au milieu d'une partouze alors que ça me correspond zéro et je me sens forcé parce que j'ai l'impression que j'ai pas d'autre chemin et que c'est pas possible ah non aucun des deux j'ai pas dit le deuxième mais ça va vas-y non non
vas-y vas-y je crois que j'étais excité parce que c'était nouveau c'est quelque chose qui était nouveau peut-être que j'aurais jamais pensé pouvoir le faire un jour je crois que c'était ça qui me plaisait
Parce que ce qui peut être super positif, c'est que, enfin, tu n'es plus à te cacher dans un cinéma, à faire semblant que ton copain s'appelle Isabelle, et ici, t'es en sécurité, point d'interrogation, mais en tout cas, ici, tu peux sucer des bites ou être homosexuel. Il peut y avoir de ça aussi. Oui, oui. Je pense que ça m'a effectivement beaucoup aidé à assumer ce côté-là un peu hyper sexuel. Ici...
C'est un peu la chasse au trésor, les gens n'ont pas de photos, tu sais pas trop, ils sont cueilleux, ils sont pas cueilleux, ils veulent, ils veulent pas, etc. Et le monde est hyper petit ici, alors même si on se connaît pas tous, c'est vraiment un cliché de se dire qu'on se connaît tous, mais tout finit par se savoir.
Parce qu'un tel connaît un tel qui connaît un tel qui connaît un tel qui connaît un tel. Et le milieu gay est quand même plus petit que La Réunion. Du coup, il y a comme un espèce de tabou ici où tu dois pas trop coucher, où si tu couches beaucoup, t'es une salope, etc. Comme si c'était pas permis finalement d'être une salope. Et là-bas, j'ai pu.
et anonyme ouais exactement je peux coucher avec mille mecs si j'en vis ça se trouve ils en sauront rien et ça c'était vraiment c'était plaisant c'était super agréable tu dis ici beaucoup coucher la sexualité choisie quand c'est choisi et que c'est multiple partenaire il y a une sorte c'est mon ressenti en tout cas moi je dirais partout où j'interview des gens c'est la même chose ah ouais ?
D'ailleurs c'est toujours l'insulte au féminin de la salope, la pute. On ramène toujours à ce narratif ancestral, la prostituée, la femme travailleuse du sexe à l'époque, c'est elle qui baisait plein de fois. On est ramené du coup à...
Dans la langue des hétéros, une pute, c'est une sous-femme, etc. Et alors ça, je trouve que c'est d'une universalité. Et encore aujourd'hui à Paris. C'est vrai ? Je ne dis pas que... Si je te parle de mon opinion, de moi, étant donné que j'habite à Paris, j'ai le droit d'avoir une opinion. Et de plus en plus, ça se change. En tout cas, moi, je m'entoure de gens qui célèbrent la sexualité, les multipartenaires, etc.,
Mais tu vois, quand j'ai eu envie d'expliquer que je prenais la PrEP à ma mère, tu vois ce que c'est la PrEP ? Je ne sais pas s'il y a des auditoristes qui ne savent pas, mais en gros, c'est une petite pilule. Quand tu es séro-négatif, tu la prends et c'est une protection pour ne pas devenir séro-positif si tu la prends bien.
et genre j'ai déjà raconté cette anecdote sur le podcast mais je vais le refaire très rapide je vais visiter l'Assemblée Nationale à Paris, le Parlement je conseille, c'est gratuit c'est trop sympa, tu peux visiter et tout
Et dans la queue, il y a ma prep qui sonne. Et je suis là, merde, j'ai oublié de la prendre. Et donc, je stresse un peu en mode, fait chier, est-ce que je dois annuler la visite, retourner chez moi ? C'est quoi les règles du jeu ? Parce que tu peux avoir plus ou moins de souplesse selon combien de temps tu la prends. Et là, j'ai décidé d'expliquer à maman pourquoi. Et je me suis entendu devoir lui dire, en fait...
Comme j'ai des rapports sexuels avec plusieurs personnes, plusieurs fois par semaine. J'avais envie de lui expliquer et je n'avais pas envie d'avoir honte. Mais je sentais qu'il y avait toute une petite mécanique en moi où j'étais là. Et en fait, maman était grave. Mais moi, je pense que j'ai mal compris maman. Depuis le début, je crois que je n'ai pas bien compris qui elle était. Je la vois avec un regard d'enfant. Mais maman, elle n'a pas un moment donné où elle s'est posé quoi de question. Elle fait « Ouais, bien sûr ».
Enfin, voilà. Et en fait, nos parents, peut-être... Enfin, moi, j'aimerais trop découvrir que mes parents ont baisé à tout va et du coup, en fait, ils sont nombreux. Là n'est pas le sujet. Toi, t'es vraiment à Paris, France Hexagonale, à cet endroit où tu peux être qui tu veux sans qu'une histoire soit construite à ton insu et que, par voie de rebond, ils te reviennent des histoires à ton propos, puis t'as un flemme intergalactique, quoi ?
Qu'est-ce que tu découvres d'autre pendant cette deuxième partie d'Hexagone ? Tu te mets à faire des plans, ce côté un peu de culpabilité, à faire trop de sexe, à être sali par le sexe, ça évolue ou ça bouge pas ? Ça évolue, ça évolue, ça évolue. Jusqu'à maintenant, je dirais que ça évolue toujours. Je pense qu'on en apprend un peu tous les jours.
Mais je crois que je suis devenu en paix avec moi-même en disant que j'aime le cul et c'est comme ça. Et qu'est-ce que j'apprends ? J'apprends tout !
chose que j'apprenais pas il y a des choses où je me suis dit lui il a une laisse, lui il a un masque de chien ok d'accord la laisse c'est BDSM ? ah non c'est le puppy play donc je mets un masque de chien moi je l'ai déjà essayé quand j'étais chez quelqu'un mais c'est pas quelque chose que j'ai déjà fait mais après pas trop ton délire quoi je sais pas où on est mais je comprends pas trop
Je ne comprends pas le... Je ne me suis jamais vraiment penché sur le sujet, mais je ne comprends pas le... Qu'est-ce qu'on fait ? Ça ne te parle pas trop, c'est pas un truc qui t'attire particulièrement. C'est marrant parce que je sens ton discours légèrement différent de notre pré-entretien où tu m'avais dit je me pensais plus actif et petit à petit je me suis découvert passif. Alors là aujourd'hui tu dis plutôt dès le début je suis vers ça.
Tu te sens que tu modifies un peu ton discours ou pas ? Avec mon premier chéri, j'étais vers ça. Mais maintenant, par exemple, je suis plus passif. Et c'est à Paris que tu t'es autorisé ? Je crois qu'à un moment donné, pourquoi je ne suis pas actif ? Je suis plus actif. Je crois qu'il y a une espèce de truc qui me fait un peu peur maintenant en tant qu'actif. Ok.
j'ai peur de la performance je crois que c'est ce qui fait que je suis plus actif mais sinon j'ai toujours été vraiment envers ça plus passif avec le temps et je pense que c'est ça qui fait que j'ai été plus passif
Et même jusqu'à l'heure actuelle, ça me suit toujours. Et dans le côté performance, il faut bien bander. Enfin, moi, je suis avec toi. 100% pareil. Il faut bien bander, il faut tenir longtemps, il faut faire ceci, il faut donner du plaisir. Je pense que c'est ça qui fait que je suis plus passif. Mais sinon, je serais plus vers ça si je n'avais pas tout ça en tête.
Moi, j'ai aussi l'impression, justement, de toutes ces insultes que j'ai reçues au collège, au lycée, nanani, cet écrasement, ce truc de « t'es un sale pédé ».
Moi, je trouve qu'il y a une part de moi qui revient sur ce terrain quand je suis celui qui est pénétré. Je ne dis pas que c'est génial, mais c'est moi. Et où, en fait, justement, tu me dis que je suis une salope. Eh bien, je suis la salope en train d'être pénétrée. Et donc, je peux être aussi plus passif parfois pour être dans cette insulte en la reconquisant. En la reconquisant.
Reconquérant. Reconquérant. Ça te parle ? Ou c'est pas du tout ton processus ? Pas du tout. Je crois que moi, ça me rassure en plus. Raconte. Que ce soit le fait d'être pénétré, ça me rassure plus que d'être actif. En fait, c'est toute cette pression que je me mets. Du coup, ça m'aide en tout cas. Je pense que c'est... Non ? Ça t'aide pas le côté salope ? Aucun rapport ?
J'aime bien être salope, mais je ne crois pas que ce soit pour les insultes. J'aime bien parce que je trouve que c'est beaucoup plus facile. Ça veut dire quoi être salope pour toi ? Cette reconquête de l'insulte, elle ressemble à quoi chez toi ? Vivre son côté féminin, se laisser aller. Je pense que je ne me permets pas de me laisser aller...
je pourrais pas faire la même chose en actif par exemple se laisser aller pareil il y a comme un blocage et on en discute avec mon copain du coup je lui ai dit que j'étais vers ça mais avec le temps je lui ai dit que je suis plus passif parce qu'il y a vraiment ce petit blocage qui me quand justement tu lâches prise que tu fais entre guillemets la salope ça ressemble à quoi si tu me donnes un exemple concret ah bah je je fais tout ce que tu veux
un peu soumis c'est à dire t'attends que l'autre te dise comment il aime le plaisir et tu le fais ? les deux j'aime bien dire comment j'aime par exemple je peux dire attrape-moi par ici attrape-moi par le cou par exemple tiens-moi comme ça, prends-moi ça comme ça mais je peux aussi me laisser porter
Par exemple, avec mon copain, c'est beaucoup plus facile de lui dire j'aime ci, j'aime ça, parce que du coup, on est ensemble. Mais si c'est un plan vite fait, par exemple, je me laisse faire. Donc, être salope pour toi, c'est vivre ta sexualité en ayant plusieurs partenaires. Je comprends que vous êtes en couple ouvert ?
Oui, que vous pouvez, ouais. En fait, quand on est tous les deux séparés, peut-être on se laisse le droit d'aller voir ailleurs, mais si on est tous les deux ensemble, on est tous les deux ensemble. D'accord. Et vous faites des plans à trois ? Tout à l'heure, t'en as parlé. On a déjà fait un, ouais. Ouais, mais pas... Ok, d'accord. Et donc, pour toi, vivre ta sexualité, c'est permettre tout ça, enfin, permettre la sexualité. Et c'est aussi, pendant l'acte, lâcher prise en nommant tes désirs. Ouais.
c'est aussi se laisser porter par l'autre ou les délires ou vraiment assumer beaucoup de choses que j'aime pas par exemple du coup j'aime plein de trucs moi je suis persuadé que en tout cas c'est moi ma façon de voir c'est pas que j'aime pas c'est que c'est pas avec la bonne personne
c'est marrant parce que tu me décris juste genre un épanouissement sexuel être en capacité d'avoir des rapports sexuels où tu nommes ton désir et où t'es connecté à l'autre c'est marrant que tu amènes une couche dite salope je la comprends pas tout à fait tu parles de délire où j'ai en tout cas l'impression d'essayer de te tirer les verres du nez à ce que tu parles de ces délires et moi j'ai le ressenti que t'as pas envie d'en parler ce qui est complètement ok et du coup on change de sujet ok mais du coup tu n'es forcé à rien tu te sens
Oui, oui, oui. En fait, je dis salope parce que je pense qu'ici, il y a cette image un peu bridée. Mais effectivement, comme tu le dis, ce n'est pas spécialement être salope. C'est juste vivre une sexualité épanouie. Mais je dirais que c'est un peu l'étiquette qu'on a ici en ayant une sexualité épanouie.
Je trouve ça vachement intéressant qu'on compare nos imaginaires de salopes avec nos vécus différents. Sachant que moi, mon vécu de parisien, tu le connais un peu puisque tu as été parisien. Moi, je ne connais pas le vécu réunionnais. Du coup, je suis curieux. Pour moi, si je me disais je suis une salope et je reconquière ça de façon positive, ça va être... Je me suis senti un peu salope le jour où à Paris...
en revenant d'un non je vais pas dire ça c'est trop non c'est pas bon mais j'étais quelque part et je me devais sur Grindr et je m'autorise à trouver un mec mignon très bien et il me dit j'ai envie d'être suissé
Et je dis ok, alors que moi normalement je suis un peu genre viens, j'ai envie qu'on parle avant, j'ai besoin d'un lien, j'ai besoin de te sentir, d'entendre ta voix et tout. Et je me suis autorisé à aller sucer une bite, juste à être vraiment un peu comme cet objet sexuel mais il y avait du respect tu vois, il n'y a pas du tout de... Et là je me suis senti un peu proche de entre guillemets la salope puissante, la salope éthique.
Là où moi j'entends que toi c'est plus s'autoriser à une sexualité avec un autre homme. Il n'y a pas particulièrement de kink, il n'y a pas particulièrement... Je suis assez ouvert à tout. Être salope un peu c'est plus quelqu'un me suce et j'éjacule dans sa bouche sans qu'on se parle ?
C'est un peu cette... Ah ouais, ça m'est déjà arrivé. Vraiment, après... À Paris, ça m'est déjà arrivé, oui. Je ne connaissais pas les prénoms. Ils venaient, ils me suçaient, ils me baisaient, ils repartaient, quoi. Ouais. Pour moi, ça fait partie un peu de la communauté gay, quoi. J'ai l'impression que c'est un... Ah ouais ? Ouais, j'ai l'impression que c'est quelque chose qui se fait assez souvent. Ok. J'avais moins...
Rares sont les fois où j'avais des liens avec des gens, où on parlait, etc. Ok, donc ça c'est ce que tu comprends de la communauté gay parisienne. Et ça t'allait ? Oui, je crois que ça m'allait.
Je ne me suis jamais vraiment posé la question, sauf qu'à un moment donné où je voulais être un peu amoureux, alors du coup, j'ai commencé à chercher une connexion. Mais sinon, ce côté un peu où je m'en fous, ça m'allait. Après, c'est sûr, quand on tombe sur des gens avec qui on ne parle pas, on est un peu surpris. Des fois, ils ont des déluires que moi, je n'en ai pas.
Mais ça peut arriver où, tu vois, s'il me dit, je n'en sais rien, s'il me disait par exemple, ah ouais, tu peux me toucher avec les pieds et tout, tu vois, j'étais un petit peu surpris parce que forcément, on n'avait pas discuté. Ok. Et tu fais quoi dans ces cas-là ? Oh, je le faisais, je crois. Ouais, non, je le faisais. Toujours dans ce côté un peu de toi qui se force ? Non, plutôt dans le côté de moi un peu curieux.
Qui voulait découvrir un peu le monde sexuel. Par exemple, les pieds, j'aime pas ça maintenant, mais ça m'empêche pas de le faire si ça fait plaisir. Je trouve ça vachement important sur le podcast de parler de communauté avec un S.
Un S. Et de rappeler que la communauté, ça n'est que l'histoire que chacun se raconte et la vision, tu vois. Non pas pour invalider. Mais moi, j'évolue dans un autre Paris que je crée moi-même où je m'entoure. Moi, ça m'intéresse zéro. Franchement, moi, j'adore du sexe. Mais en fait, moi, de ne pas se parler avant, les gars...
Moi, ça m'intéresse zéro et je n'appartiens pas à cette communauté. Je la rejette dans le sens où j'y trouve le mec qui ne veut pas me parler. Je suis là, non mais gars, en fait, tu vas me sucer un écrinte. Mais genre, juste, on peut prendre trois minutes. Je ne sais pas pourquoi je parle anglais. I am a human being.
Non mais genre je suis un être humain et tout genre juste je demande un niveau de politesse mais chacun son délire et je suis pas en train de juger, je suis en train de dire que pour moi je ne m'y retrouve pas en termes de code et de valeur et j'ai envie de dire parce que j'entends beaucoup de gens qui disent
c'est la communauté gay et qui se compare à cette imagerie et moi j'ai envie de dire non non attends chacun choisit sa communauté et chacun choisit son expérience au sein de ce groupement de personnes qui en effet partagent tout un tas de combats notamment un combat politique
Mais moi, j'ai envie de vous montrer un Paris où il se passe pas du tout ça et où, tu vois, par exemple, tu vois, ici, depuis que je suis arrivé, j'ai discuté avec des gens qui me disent « Putain, on a l'impression qu'à Paris, on peut plus faire de sexe sans qu'aime sexe. » C'est-à-dire, il y a forcément des drogues ultra vénères et tout. Moi, j'ai dit « J'ai jamais pris de drogue. J'ai une famille d'addicts et donc moi, j'ai peur des drogues et j'en veux pas dans ma vie et certainement pas dans mes rapports sexuels. »
j'ai jamais eu de problème pour trouver des partenaires qui ne prenaient pas de drogue lorsqu'on avait un rapport sexuel tu vois et ça m'intéresse vraiment de vraiment dire ok il y a des sous-communautés et c'est pour ça que je te demande est-ce que ça te va et est-ce que tu as eu l'impression d'avoir le droit de choisir ? Je crois que j'ai choisi le mauvais pari
Je pense que je me suis aussi enfermé là-dedans. Et je suis tout à fait d'accord avec toi en te disant que c'est ce qu'on a cherché. En fin de compte, c'est la communauté qu'on a cherchée. Mais c'est vrai qu'en tout cas, le Paris que moi j'ai connu, ça ne m'intéressait plus en tout cas. J'étais dans un truc...
Et je me suis dit, ça se trouve, enfermé là-dedans aussi, mais un truc très sexuel. On ne se parlait pas, on ne se donnait pas à deux, on était jugé seul physique ou tout ça. Et de moi-même, je n'ai jamais vraiment pris le temps de découvrir peut-être d'autres personnes. Ça se trouve, on m'a proposé des plans. On disait, est-ce qu'on discute un peu ? Et j'ai refusé.
Parce que je ne voulais pas discuter à ce moment-là. Et du coup, je me suis retrouvé dans un Paris très sexuel, dans le jugement, dans l'apparence. J'ai envie d'ajouter une nuance à ce que je viens de dire. Je me bats.
pour trouver cette autre communauté qui n'est pas. Je crois que la communauté, il y a quand même une prédominance qui s'impose à moi. Des gens qui me parlent de Kems, c'est hebdomadaire. Et moi, je dois refuser. En revanche, des gens qui me disent, viens, on a un échange, c'est aussi hebdomadaire. Non, c'est pas vrai.
Mais il faut se battre. Je sens que, en effet, si je ne me dis pas que c'est possible, je vais dans des soirées. Moi, je ne sors pas trop. Mais je me dis, il faut que j'aille en soirée, je ne sais comment elle s'appelle à Paris, pour rencontrer. Je comprends complètement qu'on se dise que c'est notre seul chemin.
Je ne me suis jamais battu pour ça. C'est peut-être quelque chose que je voulais, mais je ne me suis jamais vraiment battu pour trouver un Paris un peu safe, où on était tranquille. C'était beaucoup plus facile pour moi de le trouver ici à La Réunion. Par exemple, en 12 ans à Paris, je n'ai pas eu un seul ami gay. Ah ouais ? Oui. Aucun.
C'est pourquoi ? Déjà, premièrement, je ne suis pas hyper facile à discuter en soirée. Je suis un peu... On dirait que je suis un peu coincé, un peu fermé. Ah bon ? Ouais. Mais attends, je ne reconnais pas cette personne. Mais en boîte, c'est difficile, je trouve. Tu vois, je n'avais pas confiance en moi. Du coup, c'est difficile d'aller vers les autres, etc. De se sentir rejeté, etc. Bien sûr. Et...
J'ai jamais vraiment eu d'amis gays et je pense que je faisais un peu d'amalgame aussi entre ce côté un peu héritage homophobe que mon père m'a aussi légué, qu'il fallait pas traîner avec les folles, qu'il fallait rester masculin. J'étais un peu moi-même homophobe, je crois, dans mes relations.
Du coup, il fallait aussi se déconstruire, savoir qu'est-ce qu'un homme, qu'est-ce que représente l'homme, qu'est-ce que représente la virilité, qu'est-ce que représente la masculinité. C'était tout un travail. Il y avait tout un travail de sexualité, mais aussi de construire l'image que j'avais, l'image que j'avais d'autres. C'est hyper compliqué. Et du coup, est-ce que...
Ça remondit sur le fait de... Je me suis toujours battu entre ce côté masculin et féminin. Jamais vraiment assumé ce côté féminin. J'assumais plus ce côté masculin. Est-ce que du coup, j'étais plus passif parce que du coup, c'était plus facile pour moi d'assumer mon côté féminin que masculin ? Du coup, ce qu'on remonte, il y a quand même plein de schémas. Mais ouais, du coup, j'étais dans le mauvais Paris, je crois.
En fait, ça me parle vachement de ce que tu dis. Moi aussi, pareil. J'ai mis du temps à avoir des potes gays parce que j'étais homophobe au fond. J'aimais pas être gay et j'aimais donc pas avoir des potes qui me rappelaient que j'étais gay. Et j'étais très excluant de ma féminité, tout geste, parce que j'étais harcelé tellement longtemps, parce que j'étais trop efféminé que ça a réussi à m'empoisonner. Et ça fait trois ans
que j'ai des potes gays ça change ma vie c'est trop des petits choux et moi j'aurais un mini conseil alors ça dépend où vous êtes dans le monde et ça va être dur de trouver mais moi j'ai fait mes potes via le Tantra Gay en tout cas à Paris j'ai fait un épisode avec Baptiste donc si les gens tapent Baptiste Tantra dans mon podcast ils retrouveront
Et il y a sa page. Et à Paris, il organise des soirées, il organise des petits ateliers, genre c'est trois heures, il n'y a pas de nudité, c'est pas vénère. Et le tantra, c'est pas très perché, c'est vraiment genre je te reconnecte à toi, je me reconnecte à moi, à ma respiration, via de la danse, entre parenthèses, je déteste danser, via genre des petits jeux où il y a vraiment...
un petit peu d'intime mais c'est pas du tout il n'y a pas de sexualité et il y a un touché très raisonné on se reconnecte pas mal au consentement et à comment je me sens avec l'autre et en vrai trop cool et là-bas tu trouves des donc lui il fait du tantra queer et du coup il y a moyen si tu y vas à plusieurs de te faire des petites parenthèses et genre je ne connais personne d'autre que Baptiste qui fait du tantra queer à Paris
qui est quand même, tu vois, et j'imagine tous les gens qui nous écoutent et qui vivent, genre, pas près d'une grande ville, galère. Mais bon, quand même, je donne ce petit faisceau de lumière. Justement, tu disais, j'ai toujours eu un rapport, enfin, non, j'ai envie qu'on, justement, t'as dit un de mes déclics pour rentrer à La Réunion, t'es revenu à La Réunion, t'es installé, depuis combien de temps ?
Depuis mars. Je crois qu'on va devoir faire un troisième épisode. Ça te va ou pas ? Dans le troisième et dernier épisode de ton témoignage, on va parler de Je rentre à la Réunion et c'est la reconquête de Lille.
et c'est le pardon du papa enfin ouais t'as confronté ta famille t'as commencé à confronter ta famille et ton papa et ton papa t'a demandé pardon on va voir s'il a réussi à le verbaliser moi mon père a fait similaire mais il a eu du mal à le dire je vais voir si ton papa a réussi à dire des mots merci Tavie rendez-vous dans quelques jours épisode 3