*Le* clash familial libérateur : les excuses de mon père super catho – Davy 🇷🇪 3/3

Partie 3 sur 3
« Je crois que le petit garçon en moi est hyper content et l’adulte en moi me dit que c’est trop tard » Davy

Davy, gay réunionnais de 34 ans rentré chez ses parents après douze ans, cherche depuis toujours la validation d’un père catholique qui préfère le voir en hétéro.

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Dans cet épisode du podcast :

  • De retour sans permis ni voiture, Davy se fait tout petit chez son père radin et sourcilleux
  • Un dîner de famille dérape : Davy avoue à son père qu'il ne l'aime plus et lâche sa validation
  • Contre toute attente, le père s'excuse, et depuis Davy porte un piercing sans qu'un mot ne tombe

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Davy ! Bonjour ! Partie 3 de ton témoignage, on est à l'île de la Réunion, on est au nord de cette île magnifique, j'y suis depuis deux jours et je suis un parisien gaga devant un petit pouls de paradis au milieu de l'océan Indien. Tu viens de raconter ton cheminement d'intime dans les deux précédents épisodes et on est arrivé au moment où, après avoir passé 12 ans dans l'Hexagone, tu dis stop, je rentre. Toi, tu es parti précipitamment de la Réunion ? poussé par plein de choses qu'on a racontées mais si on devait résumer quand même un endroit où tu peux pas être toi où ton père attend que tu sois plus homme ou autre et puis tu peux pas être tout à fait gay gay totalement t'en as marre de faire croire que ton copain s'appelle Isabelle que tu dois aller sucer dans un cinéma devant des films indépendants tu dois avoir une culture cinématographique gigantesque même pas Bah non, parce qu'on est affairé à autre chose. Bien sûr, je suis bête. C'est sous le fauteuil, je voyais rien. Sous le fauteuil ? Comment tu suces ? Tu te penches, quoi. Du coup, je n'étais pas hyper concentré sur le film. Bien sûr. Bon, tu passes 12 ans en Hexagone et tu m'as dit, j'ai quitté l'Hexagone aussi vite que j'ai quitté La Réunion. Comment tu as décidé de partir ? D'un coup comme ça, pouf ? Et genre, pareil, tu prends ton billet pour quelques jours plus tard ? Non, peut-être pas aussi vite, mais en deux semaines, c'était bouclé. Avant, j'avais une relation un peu désastreuse avec un homme qui m'avait trompé pendant que j'étais en Écosse. Et ensuite, ras-le-bol et je pars. Tu sais en partant que tu veux revenir chez toi à La Réunion et confronter ce que tu n'as pas réussi à confronter avant ? Non. J'étais bâché chez mes parents, chez ma mère et mon père. Du coup, il n'y avait pas de confrontation possible et imaginable parce que je n'avais pas d'autre lieu où aller. J'étais aux Assyriques, je n'avais pas le permis. je me retrouve coincé au fin fond de l'est sans permis l'est de l'île dans l'est de l'île sans permis et ici c'est affreux sans voiture c'est affreux sans permis c'est affreux bus c'est une fois toutes les heures c'est galère franchement c'est galère et du coup je me retrouve chez mon père et ma mère et du coup il faut que je me fasse Tout petit. Du coup, je m'adapte à la façon de vivre. Je mange à 7h du soir. Je me réveille à 8h. Je ne mets pas trop le clim parce que sinon mon père crie. Je fais attention aux toilettes parce que sinon mon père crie. Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire aux toilettes ? La lunette ? Si on fait pipi, il faut appuyer tout doucement. Si on fait caca, il faut appuyer fort. Pour la consommation d'eau. Ton papa est écolo. Non, il est juste radin. Il faut faire attention aux portes, il ne faut pas les claquer, il faut accompagner la porte. Tous ces petits trucs de la vie qui sont hyper chiants. Je m'adapte parce que c'est chez lui et qu'on fait comme il veut. Quand on rentre dans nos familles, ceux qui décident de rentrer dans leur famille, je crois qu'on a tous vécu ce que tu décris. Non, mais... Mais mon père ne déteste qu'on lâche la porte. C'est-à-dire, quand tu accompagnes la porte jusqu'à ce qu'elle touche le banc. Sauf que tu n'y penses pas tout le temps. Et lui, il a un radar. C'est la porte ! C'est nul. C'était horrible. Qu'est-ce qui active la confrontation ? Le moment où tu leur dis... C'est tous les petits... J'ai un style un peu hyper classique. C'est-à-dire que je me mets un jean, un t-shirt blanc. Ou comme tu m'as vu tout à l'heure, je m'habille comme ça. Tout à l'heure, t'étais habillé comment ? Un débardeur et un short en jean. Et pour lui, c'est déjà trop. C'est déjà trop gay. C'est pas assez hétéro. Donc tu leur as dit que t'étais gay ? Oui, ils savaient. Depuis que j'ai l'âge de 20 ans, ils savent. Tu as fait une forme de coming out. Oui. Ma mère m'a dit quand est-ce que tu ramènes une copine. Je lui ai dit jamais. Elle m'a dit je savais. Je lui ai dit voilà. Et après, elle en parle à ton père ? Ouais. Mais vous n'en avez jamais eu d'échange avec ton père sur l'homosexualité ? Si, des jurons. Ils t'insultent ? Oui, il met des râles, il fait la pute, c'est comme ça. Qu'est-ce qui déclenche ces insultes ? Là, on est quand t'as 20 ans. Ouais. Qu'est-ce qui déclenche ces insultes ? Toi, tu es dans le salon. Toujours soit mon style, soit ma façon d'être. Peut-être moins ma façon d'être, mais plus mon style. J'étais un peu extravagant. Du coup, j'avais des colliers, des trucs comme ça. Et ça, ça ne lui plaît pas. Donc, dès qu'il voit ça, il se transforme en insulte. Je crois que... Et je crois, si je comprends bien, mon père ne sait pas exprimer ses sentiments. Du coup, c'est sa façon à lui de dire fais attention, tu vas te faire taper, fais attention, ça peut être dangereux. C'est sa manière à lui de te dire de faire attention. Sauf que... Enfin, il y a plein de manières de le dire. On n'est pas obligé de dire, on va faire la pute, on met ça, on met pas ci, ça c'est moche, tu ressembles à rien. La seule fois, je crois qu'il m'a dit que j'étais bien habillé, j'avais un jogging Nike en haut et en bas. Quand j'étais en survêtement. Donc, tu avais l'air d'être un hétéro, c'est ça le sous-texte ? Ouais, il m'a dit que j'étais bien habillé. Je lui ai dit, mais c'est mon pyjama. du coup voilà et il aime pas les boucles d'oreilles rien t'as un piercing au nez ? je viens de le faire il l'a vu ? il n'a rien dit tu vas raconter cette modification du coup tu te rappelles d'un moment particulier où tu te mets à lui dire à le confronter sur son comportement non il y a plein de petits trucs avant un jour par exemple j'avais mis les boucles d'oreilles il était en repas de famille au moment où il me voit il décide de partir il se dit on se casse il dit à ma mère on part parce que j'avais des boucles d'oreilles en fait il avait honte d'être avec quelqu'un avec son fils qui a des boucles d'oreilles ça m'a j'ai pleuré de toutes mes larmes savoir que son père a honte de soi parce qu'il a des boucles d'oreilles déjà c'était ça ensuite il y a quoi il y a plein d'événements qui font que C'était tout le temps des trucs que je devais prendre sur moi à chaque fois. Jusqu'à ce qu'on soit un repas de famille. Et là... Je pète un câble. Je pète un câble, mon frère qui me soutient, déjà mon frère en pleure, parce qu'il ne comprend pas ce que... Ah non, c'est parti d'un... Ah oui, il a dit un truc du genre, je ne comprends pas pourquoi... On parlait des femmes ou des hommes trans ? Ton père dit ? Ouais, il dit un truc du genre, moi je ne comprends pas ça, un truc un peu homophobe quoi. et je lui dis à quel point tu penses que ton opinion est importante pour le dire à haute voix et de là c'est parti et c'est parti en clash en disant oui c'est pas de la nasse c'est pas ceci c'est cela mais je lui dis mais T'en as rien à foutre, les gens font ce qu'ils veulent, je veux dire, tant que ça n'impacte pas ta vie et que truc, je veux dire, et aussi pourquoi le dire à haute voix, je veux dire, tu peux aussi le garder pour toi, je veux dire, c'est pas hyper important quoi ce que t'as à dire. Il a répondu quoi ? il m'a crié dessus ah ouais toi de toute façon nanana rien de concret que des mais du coup il a glissé dans l'homophobie ouais c'est ça le nanana nanana parce que du coup tu dis pas les termes oui je me rappelle plus vraiment ce qu'il a dit je veux pas défendre ce qu'il a dit mais on parle plus de la transphobie non ouais il parle de moi ouais oui toi tes boucles d'oreilles ton style et tout ça et tout ça il parle de mon règle générale quoi et t'exploses il me dit pas t'es beau ou t'es intelligent quoi non tout le contraire Non, de là, mon frère pleure. Frère hétéro ? Ouais. Mon frère pleure et lui dit, avec tout ce que tu dis, avec tout ce que tu fais, ça fait bien longtemps que je me serais énervé avant toi. Parce que ça fait six mois qu'il encaisse et qu'il dit rien et qu'il ferme sa gueule. Mais moi, j'aurais jamais laissé ça. De là, je prends mes affaires. Et je pars. Je dis à mon frère, je viens vivre chez toi. Ma mère pleure, bien sûr, parce que ma mère compense, je pense, tout l'amour que mon père n'a pas su donner. Du coup, ma mère pleure et... De là, je lui dis tout ce que j'ai à dire. Je lui dis que j'ai fait la thérapie et que c'était principalement de lui que je parlais. Il me dit, oui, mais pourquoi on parle... On est encore au repas familial, là. J'ai dit, mais pourquoi tu parles de moi en cette thérapie ? Mais je lui dis, mais t'es vraiment complètement à l'ouest, quoi. Voilà, et je parle de ça, je parle du fait que moi, j'avais rien demandé à être ici, que c'était son choix et que si on n'était pas capable d'aimer des enfants inconditionnellement... peu importe leurs conditions physiques ou mentales, ça ne servait à rien de faire des enfants. Moi, je n'ai rien demandé de tout ça. Et du coup, je lui ai dit que je ne l'aimais pas. Et que lui ne l'aimait pas, et c'était tant mieux. Et que... et que voilà moi j'avais plus besoin de sa validation en fait c'est plus quelque chose que je ressens en moi j'ai toujours eu besoin de cette validation là un peu qui me valide en fait ça aurait validé mes sentiments mais non j'en ai plus besoin tu lui donnais du pouvoir il avait le pouvoir de te valider ou de t'invalider et tu lui retiens tu lui as dit t'as eu besoin de faire un deuil avant en disant soit il m'aime soit il m'aime pas mais s'il m'aime pas tant pis ouais Je crois qu'à un moment donné, chez la psy, je me suis même dit, et je lui ai posé la question, et si je n'aimais pas mon père, est-ce que c'est grave ? Et elle me répond, et pourquoi ce serait grave ? J'appelle ma mère et je lui dis, je n'aime pas mon père. Elle me dit, je te comprends. Et de là, je me suis dit, en fait, c'est vrai, pourquoi j'aurais besoin de sa validation ? Pourquoi ? Qu'est-ce qui ferait que... Qu'est-ce qui me rendrait moins bien s'il ne me valide pas ? Au moment où ça explose pendant le repas familial, tu avais décidé de lui parler, tu cherchais le bon moment pour lui dire ou tu as été un peu surpris par toi-même ? J'étais surpris, je te raconte ça comme ça, mais c'était entre sanglots et crise de panique et crise d'angoisse. Bien sûr. C'était pas aussi flûte que ça quoi, c'était vraiment des grosses crises d'angoisse à un moment donné où ma belle-sœur était obligée de prendre un sac en papier parce que j'étais en train d'hyperventiler quoi. C'est un choc gigantesque. Ouais. Tu brises un tabou en fait ? Oui, non. Oui, oui, oui. Parce que je prise un tabou parce que ça n'a jamais été dit. Et du coup, je confronte aux phrases qu'il me dit dans ma jeunesse. Tu vas mourir avec le sida ou tout comme ça. Et il me dit, mais je n'ai jamais dit ça. Mais je dis, c'est moi le menteur en plus de ça. Je veux dire, tu n'as rien à dire que je suis en train d'inventer ce que tu m'as dit. Des choses qui sont crissées dans ma tête pendant toutes ces années. Il me dit, oui, mais ce n'est pas comme ça que je voulais dire. Mais je lui dis, mais... Je ne comprends pas, je lui ai dit, mais t'es pas neurotypique, je veux dire, ça marche bien, ça marche bien, ça marche bien, mais je veux dire, il y a des choses où je comprends où tu peux pas faire truc, mais je veux dire, toi, t'es en pleine capacité, du coup, tu peux changer, je veux dire, je ne comprends pas pourquoi tu ne veux pas changer. Il te répond quoi ? Et il me dit, oui, mais tu vois pas ce que je fais, parce que finalement, il m'a... Mon père a toujours été là financièrement. C'est-à-dire, si j'avais une galère ou quand j'étais jeune, j'allais en voyage et tout ça. Mais pour lui, c'était sa façon d'aimer. Et pour lui, c'était suffisant. Mais je lui dis, mais c'est pas ça que je voulais construire avec toi. Je veux dire, merci, je suis parti aux Etats-Unis, je suis parti en Grèce. C'est vrai que j'ai une belle vie. Ça, là-dessus, je reviendrai pas là-dessus. Mais je lui dis, mais on s'est jamais adressé la parole ? Je lui ai dit « Tu ne connais pas ma couleur préférée ? Tu ne sais même pas qui sont mes amis du collège ? Tu ne sais même pas quelles études je faisais ? » Je lui ai dit « Salut, au revoir et bonjour, ça va ? » Tu lui as parlé des insultes aussi ? Oui, oui. J'ai tout senti. Et... Et après, il s'est excusé, il m'a dit que... Sur le moment ? Ouais, sur le moment, ouais. Après que j'ai déballé tout ce que j'avais à dire. Et là, tout le monde est parti de la table ? Ou il y a encore ton frère à côté ? Non, tout le monde est là. Tout le monde est encore là ? Il y a ton frère, sa femme, ta maman et ton papa ? Ouais. Et il s'excuse de ce qu'il a dit, il m'explique un peu comment il a vécu, que j'ai l'impression qu'il ne sait pas aimer, qu'il ne sait pas comment aimer. et qu'il s'excuse des mots qu'il a eus et que et voilà Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Je pense que c'est le fait de lui dire que je ne l'aimais pas. Ça a dû faire un déclic en disant « Ah ouais, en fait, mon fils me déteste. J'ai dû rater un truc si mon fils me déteste. » Je n'en sais rien. Alors qu'avant, tu en magasinais tout, tu cachais. Tu n'as jamais rien dit. Tu n'as jamais rien dit. J'ai toujours encaissé tout ce qu'il me disait. Je n'ai jamais vraiment... pris la parole ou me dire je souffre ou ça me fait mal ou ce que tu me dis là, j'ai jamais rien dit, c'était vraiment un silence radio. Toujours dans ce truc du premier épisode où en fait t'as été éduqué dans une famille où on pardonne, on passe à autre chose, on se tait, on serre les dents, cette culture de... Oui, je voulais pas anonymiser les choses. En fait, je m'accrochais à une relation. Je me suis dit que ça pourrait peut-être s'arranger un jour et que ça irait mieux. Et là, en fait, à ce moment de la dispute, je voulais pas que ça aille mieux. je voulais juste couper coup à la relation je crois que c'est ça la différence c'est qu'avant j'espérais que mon père m'aime et à un moment où j'ai disputé je lui dis c'est pas grave si j'ai pas de père c'est pas grave quand je suis dans une relation avec un bourreau J'ai observé qu'en faisant un pas de côté, en lui enlevant le pouvoir, en lui retirant le pouvoir qui est sur moi, c'est facile à dire. Quand on est dans la situation, on ne le voit pas forcément comme ça. Mais du coup, le bourreau, il n'a plus en face de lui le souffre-douleur et souvent sa panique. et justement c'est un peu rude ce que je vais dire mais du coup t'as fait un pas de côté donc soudainement le bourreau a plus son système compensatoire où il vide bien toute sa haine et sa colère t'as pas envie de lui dire tes excuses tu les prends bien et tu vas te faire un toucher rectal avec ? non toi tu réagis comment ? je pleure j'ai fait que ça depuis le début de soirée du coup je continue à pleurer je continue à m'annoncer qu'est-ce qu'il se passe dans son cerveau le moment où t'entends ton père s'excuser ? je crois que le petit garçon en moi est hyper content et l'adulte en moi me dit que c'est trop tard mais je me dis que s'il fait un pas alors j'en ferai un aussi Mais je ne voulais pas faire un pas, parce que depuis le début de la relation, il n'y a que moi qui avançais à lui. Du coup, c'était vraiment une relation à sens unique. Et là, je me suis dit, s'il fait un pas, dans ce cas-là, je le ferai, mais s'il n'en fait pas, je n'en fais pas non plus. C'est ça la différence. Et là, il a fait un pas, et je me suis dit, allez, j'en fais un aussi. Tu lui as répondu quoi ? Merci. C'est tout. Et que... Non, je crois que c'est tout. Qu'est-ce que j'aurais moins dû ? Que... Non, je pense que je refais un petit serment en disant que je ne suis pas plus méchant qu'un autre, je ne suis pas plus... Que je mérite aussi d'être aimé, quoi. Et que je ne demande pas grand-chose, juste à ce que ce soit... Que ce soit simple et sans dispute. J'en ai ras-le-bol, je pense, de me disputer pour des choses que je ne peux pas contrôler. J'en ai ras-le-bol de ne pas être moi-même. C'est bon, quoi. 34 ans, c'est fini. Ça a changé quelque chose ? Grave. Mais oui, ça a beaucoup changé. Je me suis fait un piercing au nez et il n'a rien dit. Et ça, c'est une grande victoire. Bien sûr. En fait, il s'auto-gère et il gère, je ne sais pas comment, mais il s'auto-gère sur ses pensées qui peuvent être blessantes. Donc, il prend conscience qu'il peut blesser et il essaye de ne pas blesser. Oui. Et des petites conversations m'ont... On ne va pas boire un verre encore ensemble, mais on a des petites conversations. Comment ça va ? Et voilà, j'ai rencontré mon copain la dernière fois. Ça s'est bien passé. Après, avec mes copains, ça s'est toujours relativement bien passé. Il n'a jamais dit de choses un peu compromettantes. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je pense qu'avec les autres, c'est différent. Avec son fils... tes copains à chaque fois c'était des oreilles des métropolitains ouais t'as l'impression que ça peut jouer dans sa capacité à non non c'est juste que mon père a toujours ce côté un petit peu catholique alors du coup il faut bien s'apparaître il faut être gentil avec son prochain etc mais sauf que apparemment si c'est son fils ça ne marche pas dans ce sens du coup voilà On a beaucoup parlé de religion depuis le début de notre échange, de ton témoignage, où je t'entends assez véhément et négatif à ce propos. Et je vois que tu as une croix autour de là, du coup ? Ma vie est faite d'amour et de haine. Mais t'as le droit d'avoir une pensée complexe. C'était pas pour te bloquer. C'était pour dire, c'est quoi la place de la religion dans ta vie aujourd'hui ? J'aime la religion et j'aime pas trop les pratiquants. De manière générale, je n'aime pas trop les bien-penseurs qui se... Les dogmes ? Je sais pas ce que c'est. Je crois que c'est les règles du jeu, de la religion qui t'est imposée, sur lesquelles tu n'as pas d'invitation à la réflexion. Je déteste les gens qui se prennent pour odieux ou qui te donnent le chemin à suivre. Je pense qu'on devrait tous se faire notre petit boogie-booga de notre côté. Et je pense que ça se passerait mieux comme ça. Si tout le monde faisait son petit truc de son côté et si on évitait de regarder comment l'autre pratique sa religion ou autre truc. Moi, je la vis de mon côté, en tout cas. J'imagine plein d'auditeurices qui se retrouvent dans ton lien avec ton père et qui se disent « Waouh, putain, énorme dossier ! » Ouais, comme quoi, ça peut arriver. Ouais, et qui se disent… Moi, je ne peux pas faire la même chose. Toi, tu y croyais, à ce possible changement ? Pas du tout. Je ne pensais pas arriver à ce chemin-là un jour. Je ne pensais pas... En fait, je crois qu'il y a aussi... Il faut que je redonne à César, parce qu'après, c'est à César. Ma meilleure amie a eu ce même chemin. Et du coup, de la voir... Réunionnaise aussi ? Non. De la voir faire... se détacher de ce schéma un peu toxique et je me suis dit mais c'est vrai en fait c'est possible quoi on peut le faire et ça m'a mis un petit peu la puce à l'oreille et elle m'a confronté aussi dans le fait qu'il était un peu que ce schéma là était vraiment pas bon etc et ensuite avec la psy et tout ça c'était long comme cheminement c'est pas arrivé du jour au lendemain et là être confronté encore à la même chose En arrivant ici, c'était trop pour moi. Je pense que je ne pouvais plus encaisser. J'ai un biais. Moi, mon frère hétéro a récemment joué un rôle super important dans mon épanouissement intime et personnel en pleurant aussi. Du coup, je me connecte de ouf à ton frère. Et en fait, je te la fais courte, mais en gros, je me suis mis à... J'ai moi aussi confronté... J'ai pas fait lien depuis le début. Je pense que c'est pour ça aussi que je me sens vachement lié à ton histoire. C'est que moi, ça fait deux ans que je confronte l'homophobie dans ma famille. Et moi, j'ai jamais eu d'insultes directes, mais tout est une espèce de gaz invisible. C'est l'horreur, parce que t'as aussi l'impression d'inventer dans ta propre tête. Parce que les gens sont tous souriants. Et puis, très... Je compare pas nos expériences, mais je vois vraiment des liens. Et en fait, je me suis mis à faire des recherches sur mon seul ancêtre gay, le frère de mon grand-père, qui n'a jamais fait de coming out de sa vie, mais à sa mort, des oncles et tantes ont découvert des trucs. Et moi, j'ai grandi, je suis le seul, à ce moment-là, j'étais le seul gay officiel de la famille, et j'ai grandi en mode... t'es gay comme René le frère de mon grand-père donc j'ai toujours été ramené à cette figure sur laquelle j'ai jamais posé de questions et puis je m'aimais pas gay j'avais honte et tout donc j'avais certainement pas envie d'aller creuser tu vois et je me suis mis à creuser et là au détour d'une question par hasard je dis mais d'ailleurs ce René il avait un amoureux et moi j'étais sûr que mon oncle allait me dire bah non parce qu'il m'a toujours été présenté comme un célibataire et en plus je m'entends poser la question à mon oncle Et je lui dis, mais pourquoi tu poses cette question, Guillaume ? Enfin, toi et tes questions sans cesse et tout. Et là, le mec me répond, bah oui, Michou Bidou. J'étais là, what ? Et en fait, il y a eu un clash dans ma tête, parce que j'étais là, Michou Bidou, donc c'est un surnom de Michel. Et je suis là, attends, non seulement il y a un gars, mais en plus, tu connais son surnom. Et là, il fait, bah ouais, ça a duré à peu près six ans. J'étais là, six ans ? Et en fait, j'étais là, mais vous m'avez caché cet amour homosexuel. En fait, je suis... Et je me mets à enquêter et en posant des questions, en fait, à me choper toute l'homophobie familiale. Et ça m'a énormément aidé, exactement comme ton frère. J'ai raconté à mon frère et plusieurs fois, il s'est mis à pleurer. Et moi, ça m'a fait comme des électrochocs. pour me ramener à la vie, pour me rappeler que ce que je racontais était inacceptable, terrible. Parce que tu sais, nous, toi et moi, je pense, on est tellement habitués à recevoir de la haine que parfois, je racontais même des trucs que des oncles et tantes disaient où je ne m'en rendais pas compte. Et les larmes de mon frère hétéro m'ont sauvé. Toi, tu as senti qu'il a joué un rôle aussi ? Ou moins. Je t'ai projeté dans mon histoire, mais t'as le droit de dire zéro. Je suis tout à fait d'accord. Je pense que ça a aussi aidé à faire prendre conscience à mon père que si même mon frère en... Comment c'est ? Pas ici, non ? Dis-moi. Je chameau. Ça veut rien dire comme mot. Vas-y, invente, on s'en fout. Si même mon frère ciblissait ce mal-être, c'est que c'était vraiment vrai. Il en pâtissait. J'ai dit quoi comme mot ? Nos frères et sœurs hétéros, moi j'ai dit à mon frère, t'as un putain de crédit en fait. En tant qu'hétéro, t'as une parole. Et nos systèmes familiaux, on a besoin des alliés. Tu vois ? Et certains de nos alliés, comme ta maman, elle est capable de te dire au téléphone, bien sûr que t'aimes pas ton père et je te comprends, mais elle est pas forcément en capacité ou en liberté de pouvoir s'opposer ? ma mère commençait quand même elle était à un moment donné où elle disait à mon père là ça va beaucoup trop loin c'est un truc que je ne peux plus accepter ce soir là elle l'a dit aussi ça c'est puissant dans le changement de ton père aussi quand le système dit attends mec balance le pouvoir mon frère disait mais tu vois pas qu'il y a quand même tout le monde qui est contre toi Je veux dire, il n'y a pas une seule personne qui est d'accord avec toi, c'est que là, il y a un problème, c'est que ça ne va plus. Et après, tu vois, j'étais en train de parler de ça la dernière fois avec ma meilleure amie, je regarde tous mes oncles et mes tantes du côté de mon père, ils sont tous des clingos. Ils ont tous un problème avec leurs enfants, il n'y en a pas un qui est à peu près équilibré, quoi. Ma tante, il me semble, attention, a fait une prise de sang à ma cousine. Pour savoir si elle était homosexuelle, parce que son médecin voulait la guérir. Ok. Et tout ça, on est à La Réunion, là, où elle habite ? Elle a vécu à La Réunion. Tu dirais que c'est dans la culture locale qu'il y a cette croyance que le sang peut déterminer... Non, j'étais un médecin un peu barjot, avec elle, ma cousine, ma tante y allait. En fait, c'est vraiment... On grandit dans des narratifs tu vois ou l'homosexualité c'est le sale etc et moi je pense qu'on est des putains de réparateurs tu vois on est des moi je trouve que tout le mouvement que tu proposes et que t'invites à ta famille ça libère ton frère ta mère je crois même qu'en fait ça décale ton père qui doit être au fond terriblement mal mais bon j'ai pas à pétoyer sur le sort du bourreau peut-être next time mais pas pour le moment ça me saoule un peu mais merci quoi et je trouve que d'avoir un trésor queer dans sa famille mais c'est magnifique grave je suis tout à fait d'accord on est franchement mais moi j'aimais trop j'ai écouté dans l'avion pour venir à la réunion j'ai écouté un témoignage de Nicky Doll tu vois Drag Race France ça te dit quelque chose et donc elle est la maîtresse de cérémonie elle est la présentatrice il Carl qui est drag queen en Nicky Doll et lui racontait attends j'ai perdu le fil de ce que je voulais dire C'est ça, c'est parce qu'en fait je parle de Sailor Moon depuis le début, depuis les trois épisodes qu'on a fait en témoignage, parce qu'il y a un peu, et idem sur Harry Potter, même si l'autrice est devenue complètement transphobe et a perdu pied, mais c'est des histoires et des narratifs de super-héros... où en fait, plein de queers peuvent s'identifier. Et Niki Doll, elle, disait que son personnage drag queen s'est beaucoup inspiré de ses héroïnes, soit des méchants de Disney, mais aussi de Sailor Moon, etc. Et quand je parlais de super pouvoir, j'y crois vraiment. Je crois que c'est à la fois aussi une condamnation, c'est aussi avant tout un putain de chemin de fucking croix pour faire un lien religieux, et qu'à un moment donné, il y a vraiment la possibilité de survivre, Et ensuite, de sublimer et de voir qu'en fait, être queer, c'est un putain de pouvoir magique qui ouvre 53 portes, qui propose des nuanciers de couleurs, d'expérience, de rapport au monde, à la vie, à la créativité, au possible et au demain, qui donne des ailes à nous et à notre entourage hétéro. Tu vois ce que je veux dire ? Je suis tout à fait d'accord avec toi. T'as eu des retours d'autres membres de ta famille autour de cet événement, de ce déjeuner ou ce dîner familial ? Non. Vous en avez reparlé ? Non, on est hyper... La famille est un peu dissociée chez moi. Du coup, j'ai que ma petite famille maintenant. Enfin, je veux dire, mes frères, soeurs... Ouais, mais justement, les gens qui étaient présents à ce dîner, c'était un déjeuner ou un dîner ? C'était un dîner. À ce moment familial, t'ont remercié ? Ils t'ont exprimé que ça leur a fait du bien ou pas du tout ? Non, pas spécialement. Ça leur a fait du bien, tu penses ? Je pense que oui. Le climat est beaucoup plus léger maintenant. Il n'y a plus de tensions. Avant, c'était vraiment rempli de tensions, de non-dits, de... Réparateurs. C'est leur mood. Merci. J'ai quand même jamais regardé. J'ai regardé deux épisodes. C'est vrai, c'était trop bien. Moi, je sais juste comment le moment où elle se transforme et il y a sa petite jupe qui vole au vent. J'allais mettre mes chaussettes Sailor Moon aujourd'hui, je n'ai pas mis. C'est vrai ? Je te jure. Il y a un signe dans Sailor Moon. C'est un petit nœud rose comme ça. Tu as des chaussettes Sailor Moon ? J'adore. J'en ai trois même. Ah, donc tu es un peu fan de Sailor Moon ? Non, mais ma soeur m'en a acheté et je les aime bien. Je trouve ça trop cool. J'aimais bien. En fait, mon cousin, j'ai un premier cousin gay, il était fan de Solomon. Du coup, il a un peu contaminé tout le monde avec Solomon. Du coup, j'ai les chaussettes Solomon. Est-ce que tu as vu un impact sur ce déblocage, sur ta vie sexuelle, sur ta capacité à lâcher prise, à profiter d'un sexe avec un autre homme, du sexe avec un autre homme ? T'es pas obligé de faire ce pont, hein ? Non. J'ai pas vu de truc, mais j'ai vu sur ma façon d'être, en tout cas. Sur ma façon de m'habiller. Ok. Ouais. Je suis beaucoup plus à l'aise avec ce côté un peu féminin. Et je dirais que mon chéri actuel aussi me permet ensuite... Je t'en ai parlé, en fait, que j'ai... Je m'habillais et je me comportais pour plaire aux autres. Le fait de me raser, ceci, être masculin, etc. Te raser les poils ? De où ? Quand j'étais les poils partout à La Réunion, ils n'aimaient pas les poils, du coup je me rasais. Ah ouais, ça n'aime pas les poils à La Réunion ? Mais je ne vais avoir aucun succès ! Non mais à l'époque... Moi je suis un petit hobbit ! Non mais attends, tu n'es pas responsable. À l'époque, il y a 12 ans de ça. Ok, peut-être les temps changent. Non, les temps changent. C'est les modes. Je me serais rasé. Ah oui, donc là, tu as redépoilé aussi parce que tu... Parce qu'à Paris, ça plaisait. Ok. Le côté masculin. Ok. Mais non, je le fais parce que j'aime. Tu gardes tes poils parce que t'aimes. T'as arrêté d'être dans le regard de l'autre. Exactement, ouais. Et je m'habille comme j'aime. Avant, je ne mettais pas de chute parce que c'était trop féminin. De jupe. Ouais. La dernière fois où j'étais sorti, j'avais mis une robe avec un pantalon par-dessous. Mais j'aurais jamais osé faire ça. Jamais j'aurais osé. Mais maintenant que... Avec mon père, c'est bon que j'ai un copain qui me soutient malgré tout. Ce qui est un peu chiant, c'est que j'en suis arrivé à la cause. J'aurais aimé que ce soit que par moi, mais non. Mais cela dit, c'est arrivé quand même. Qu'est-ce qui te déçoit ? Que j'ai pas su le faire pour moi et par moi. Mais si t'as su ! Ouais. Mais t'es un être social, t'es entouré de gens, tu vis pas solo dans un monde où t'es le seul être humain. Mais explique-moi en quoi tu n'as pas su ? Je ne sais pas si... Tu t'es inspiré de ta meilleure amie qui s'est détoxifiée de sa famille. Tu t'inspires de ton copain qui te dit oui ou bravo. Mais ce n'est pas eux qui mettent la robe. Oui, c'est vrai. Mais en fait, j'ai l'impression que je ne l'aurais pas fait si je n'étais pas avec lui. Alors que finalement, si, je n'en sais rien. Mais moi, je suis... Ok ? Mais grave. Mais moi, j'aurais jamais réussi à être qui je suis sans l'aide des autres. Moi, j'aurais pas pu faire mon enquête familiale et soigner et réparer sans les larmes de mon frère. Et ça n'invalide pas le putain de chemin que j'ai fait. Mais je reconnais qu'en fait, it takes a village. Ça apprend un village. C'est vrai. Il y a une chanson là-dessus, en plus. Mais tu sais, pour éduquer un enfant, on a besoin d'un village. C'est qu'en fait, tout le monde a... Tout le monde a sa contribution. T'aurais voulu t'en sortir seul. Pourquoi ? Pourquoi c'est important ? J'en sais rien. C'est vrai, je ne me suis pas posé la question. On s'en sort ensemble, même ce podcast, tu vois, c'est un ensemble. C'est parce qu'on s'écoute les uns les autres, c'est parce qu'on se libère les uns les autres que chacun se libère. Mais je ne veux pas écraser ton propos, j'entends que toi tu ressens ça. Je comprends aussi ce que tu veux dire. Et c'est vrai qu'il faut aussi se le rappeler. C'est vrai. On a besoin aussi de temps en temps d'être entouré. C'est vrai ce que tu dis, mon copain ne m'a pas poussé, il m'a juste accompagné, mais c'est moi qui l'ai fait. La thérapie, c'est toi qui as pris tes petites pattes pour aller en thérapie et dire des mots sur un canapé ? Oui, ça coûte cher. Et c'est toi qui as sorti les billets ? Oui, je sais, je me rappelle. Mais c'est vrai. Mais il y a un truc quand même où tu te sens pas agri, pas assez, pas assez fort. Ouais. Comme un petit peu le syndrome de... Je pense pas que ce soit ça le syndrome de l'imposteur mais j'ai l'impression que ça invalide si je l'ai pas fait seul. Ok. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais ton raisonnement est bon et je vais m'en rappeler. Mon raisonnement, il est rationnel et il est mon vécu. Ton raisonnement émotionnel est beaucoup plus intéressant pour ton chemin. Sachant que je gère tout avec mes émotions, je ne t'explique pas le bordel que je ne sais pas toujours gérer. Tu veux dire que tu es un être humain qui a des émotions ? T'as l'air étonné. Ah non, je suis géré par mes émotions. Vraiment, la gestion est toujours difficile. La gestion de mes émotions. Et quand je te dis que je suis géré, c'est que... Ça va loin, quoi. C'est-à-dire que t'as des gros pics ? Tu veux m'expliquer ? T'as des changements d'humeur d'un coup ? Non. Par exemple, je vais t'expliquer un truc simple. Par exemple... J'apprends une nouvelle. Je n'en sais rien. J'apprends une nouvelle, mon œil fonctionne mal. C'est le cas ? Non. Mais imaginons que ce soit le cas, j'apprends une nouvelle, peu importe la mauvaise nouvelle... Mon émotion est déjà au max. Il suffit que tu... Je sais pas, il suffit que mon copain me dise un truc et je pourrais plus gérer. Je ne pourrais plus dissocier les deux. Il y a un trop-plein ? Ouais, un trop-plein, ouais. Que je ne sais plus gérer. Et j'arrive du coup dans le mimétisme. C'est quoi le mimétisme ? Je dis rien. Le mutisme, ouais, tu parles plus. Non, parce que je suis trop-plein. Et je n'arrive pas à... En tout cas, je suis en chemin pour arriver à dire là, c'est trop pour moi. On pourra avoir ailleurs, mais je ne suis pas encore à ce chemin-là. C'est le chemin que j'aimerais bien arriver, mais ce n'est pas encore le cas. Est-ce que ta psy t'a expliqué l'impact qu'un trauma peut avoir, notamment dans la gestion des émotions et ce possible trop-plein ? Ouais, on en a déjà discuté, ouais. C'est qu'il y a un lien de cause à effet qui te dépasse. Mais qui peut re-rentrer dans ton pouvoir. Tu as plein de choses. Mais que c'est pas toi le problème. Tu le sais, ça ? Oui, mais cela dit, c'est difficile à gérer quand même à l'instant T. Je veux dire, si ma tête n'est pas capable de comprendre que se casser la jambe et avoir une épigne dans le bras, dans le doigt, ça ne devrait pas avoir la même réaction. C'est quand même difficile à gérer au quotidien. Sauf que je gère de mieux en mieux et j'en suis conscient, mais sauf que... C'est des années où je ne l'ai pas fait et que je dois réapprendre et qui sont à refaire. Tu vas y arriver. La machine s'est pris les pieds et du coup, les niveaux de signaux envoyés sont trop bas, trop forts. Ils sont soit trop forts, soit trop bas parce que tu parlais de mutisme. Mais en fait... Ou souvent de la même intensité. OK. Ce que je dis, on me dit que ma mère est à l'hôpital ou que ma fleur manque d'eau. OK. Tu vois, ça ne devrait pas me mettre dans le même niveau, alors que des fois, ça me rend au même niveau. Ouais. C'est très dur. Tu arrives à accepter ça ? Parce qu'en fait, là, tu dis, je devrais être capable de... J'ai l'impression que dans tous les mots que tu utilises... Moi, ce que j'entends avec mon oeil super extérieur et plein d'amour pour toi, je dis, ouais, ouais, tu décris vachement bien la situation. Mettons des mots dessus et quel est le chemin pour réparer petit à petit ? Il n'y a pas de tu devrais, mon corps devrait être capable. Non, il y a un détraquage dans la machine des niveaux d'émotion, mais pas besoin de la couche de jugement. Parce que du coup, là, on a du taf à faire pour retrouver les différents boutons et les remettre au bon niveau. T'as l'impression de ressentir encore de la culpabilité ? Parce que j'entends que quand la fleur est fanée, ça t'agace ou ça te fait peur aussi fort que si ta maman va à l'hôpital. Mais t'accueilles ça ? Pas encore, tout à fait. Je vois tout le chemin que j'ai fait et j'en suis conscient du chemin que j'ai fait, mais je ne suis pas encore arrivé au chemin où je devrais être content du chemin que j'ai fait. Mais je regarde plutôt les chemins qui me restent à faire que les chemins que j'ai déjà pas. C'est ok, ouais. En tout cas, moi, je suis un petit peu bébête et stratégique. Quand j'ai un problème, je me dis, il faut que je sois objectif dans comment je raconte les trucs. Et si je vois des couches de culpabilité, de j'aurais dû y arriver avant, j'y arrive pas assez vite. Toutes ces couches-là, c'est des empêcheurs de trouveurs de solutions. C'est des petits FDP. Fils de pute. Je n'y avais pas pensé. D'ailleurs... Ça détourne mon esprit. Je comprends. D'ailleurs ? Il faudrait que je... Il faut que je me mette plus au présent, je pense. Le fait de me mettre au présent, ça m'aide aussi à me canaliser un petit peu. Et puis tu fais ce que tu peux. C'est vrai. Et tu fais beaucoup. parce que là donc ça fait 8 mois que t'es revenu à La Réunion tu te sens repartir ? tu te sens de repartir ? Pour le moment, non. Pour le moment, non. Après, si je trouve toujours pas de boulot... Tu recherches du boulot en ce moment ? Ouais. Je trouve pas. T'as rencontré ton copain ? Si quelqu'un a 900 poches pour une heure... Bah vas-y ! Ouais. Je recherche dans tout. Ok. Je veux juste un peu de sous. Faudrait... Je peux mettre dans le descriptif de cet épisode un contact ? Tu veux ? Ah oui, grave. C'est quoi le truc où t'es le plus fort en termes de compétences ? Student. Ok ? Ouais. Ou dans le service client, je suis très bon. Dans naviguer les clients ? Ouais. Ou sinon, conseiller les gens. J'ai fait un peu de tout. J'ai échangé 50 000 fois de métier. Je peux m'adapter. Je m'adapte très bien. Super. Tu me donneras ton contact. Je le rajouterai dans le descriptif de l'épisode. T'as rencontré ton copain récemment ? Oui. Après ou avant la discussion avec ton père ? Avant. Avant la discussion avec mon père. Il savait à peu près, j'avais déjà fait un topo de ma famille. Il habite ici ? Oui. Il habitait déjà ici ? Non, il arrivait en même temps que moi. Ah ouais ? Ouais, c'est fou. Et on s'était vus à plusieurs reprises sans jamais se connaître. Enfin, on était au même endroit sans se parler, sans se connaître. Dans des clubs ? Parce que niveau barguet, on m'a dit que tout s'était fermé sur l'île. C'était soit dans un bol, soit dans une... Un bol BA2L ? Ouais. soit dans un truc un peu queer mais sauf qu'on avait fait les mêmes soirées au même moment on s'était pas croisés et une fois il était au Piton des Neiges Et moi, j'étais dans mon lit. Le volcan est un. Ouais. Et on s'est vu là-bas. Enfin, on s'est parlé sur... On s'est parlé sur... Une app. Grindr. Attends, mais il est au piton des neiges et toi dans ton lit. Oui. Mais en géolocalisation, ça vous fait très proche. Ouais, ça nous rapproche de là où il était avant. Et on se voit là-bas. C'est la puissance du volcan. Exactement. Bien sûr. Et moi, je pars en France pour voir ma sœur. je prends ma soeur deux semaines et il me parlait pas du tout il me snobait alors moi ça m'énervait bien sûr et sauf que après coup il m'a dit bah en fait t'es en vacances je me voyais pas trop t'emmerder et tout du coup je te laissais revenir pour qu'on se voit et effectivement on s'est vu et après ouais On s'est plus quitté ? Ouais. Trop bien. Imagine, on va terminer là. Du coup, si t'as encore des trucs à dire, c'est maintenant ou jamais. Imagine, on se revoit dans 5 ans. T'aimerais célébrer quoi ? T'aimerais me dire, Davy, il est arrivé à... Waouh. c'est un truc super difficile pour moi d'imaginer le futur c'est un truc mais mais te force pas c'est pas obligé tu veux essayer ou on change si je devrais je pense que Davy il est arrivé à à oublier tous ses traumas et à vivre sa vie comme bon lui semble et avoir une petite vie simple C'est trop cool. J'ai hâte d'être dans 5 ans. Moi aussi. Avec un travail, j'ai envie de préciser. Après, tu ne peux pas demander plutôt une bonne situation financière ? Parce qu'en vrai, si tu as de la thune sans travailler, tu prends, non ? Si mon mec veut bien faire trois boulots, ça m'arrange. Mais bon, si je dois travailler, je le ferai. Est-ce que tu as une dernière bafouille ? Un truc important sur lequel tu as envie de terminer ? Un truc qui te vient comme ça, en suivant ton intuition ? Nos petits vieux d'en bas ont arrêté de danser ? Ou ils sont tous décédés ? J'espère quand même qu'ils vont arrêter de danser parce que s'il faut ramener la police et tout, ça va être compliqué. Mais toujours se lever pour soi-même. C'est hyper important. Répète. Toujours se lever pour soi-même, de battre du poing pour soi-même. Le chose que je n'ai pas faite est... Se lever pour soi-même, se battre. Chose que je n'ai pas faite pendant très longtemps et que... Pas que je regrette, mais je ne le ferai plus maintenant. je me lèverai toujours pour moi-même et que je me battrai toujours pour moi-même parce qu'on est parce qu'on en vaut la peine et que si on le fait pas personne le fera trop beau merci franchement je suis trop content moi aussi ça va ? ouais c'était compliqué ouais c'était compliqué ? pourquoi ? bah De revenir dessus, ces moments-là, ces moments un peu plus douloureux, un peu moins. C'est toujours un exercice pas facile, je trouve. Je suis content de l'avoir fait, mais c'est vrai que c'est compliqué. Ça remue. Ouais. Ce soir, je vais dormir à 20h, je pense. Non, mais vraiment, on peut dormir. Je crois que c'est hyper... Après, l'après est agréable, mais après le lendemain, je trouve. Après, je sais que là, je suis vidé. Tu avais déjà ressenti ça, quand tu dis ça, c'est parce que quand on avait discuté la première fois, on avait pareil eu une contradiction. J'ai pleuré, j'ai vraiment pleuré. Je me suis effondré. Et là, je pense que tout à l'heure, quand je serai tout seul et que je me retrouverai tout seul, je pense que c'est... Sur le cas où c'est pas le cas, c'est pas grave. Mais en tout cas, ça m'avait vraiment vidé. Je me sentais vide. J'ai appelé ma meilleure amie en lui disant... C'est compliqué, quoi. C'est super dur de revivre ces moments. Et pourquoi t'as choisi de le faire ? Parce que je me dis qu'il y a quelqu'un, peut-être juste une seule personne, mais s'il y a une seule personne qui m'écoute et qui est comme moi, et bien, sache que ça va beaucoup mieux. Et que toi aussi, tu iras mieux. Mais c'est important, juste une seule personne. Moi, j'aurais bien aimé écouter cette histoire quand j'étais petit, parce que finalement, mon histoire n'a rien d'extraordinaire. C'est juste qu'elle n'est pas assez entendue. et que les gens ne partagent pas assez peut-être parce que peur de la vie de la famille des amis et que ceci et cela mais je crois que la représentation c'est important on l'a compris avec le temps et si un petit junior ou je ne sais qui a besoin d'entendre ça ça prend du temps mais ça vient et ça viendra et tout ira bien

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