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Bienvenue pour la partie 2 de notre cercle de paroles. Est-ce que vous allez bien ? Oui ! Il y a des cookies, ça c'est vrai, qui sont très bons et il en reste deux. J'en ai pas eu, j'y sais rien. Notre cercle de paroles, attends, j'ai noté la thématique, puisque c'est une thématique que nous avons créée ensemble. J'ai galéré à trouver un intitulé « Trouver l'amour, le cul ou l'amitié quand on est gay ou queer, nos histoires et nos galères ». Écoutez, on fait ce qu'on peut.
Denis Trochesec, notre sexothérapeute préféré. Et bonjour à tous. Coucou Denis. Je voulais faire de la pub de Denis Trochesec, denis-trochesec.fr, pour ton site, tel que je viens de le faire. Ben oui, je ne l'ai jamais fait. Et ouais. Quel petit gocogne. Et pourtant, j'ai eu déjà plein de personnes qui sont venues me voir. Trop bien. Ben ouais, je dis, il y a peut-être des gens qui nous écoutent. Parce que tu fais du à distance. Je fais de la visio, effectivement, et en présentiel.
Donc je me dis que ça peut être pas mal. Il y a des gens qui nous écoutent et qui ont confiance en toi, qui t'ont entendu dire des choses. Ça se passe bien en général. Trop bien. Sur notre sujet, tu as, dans la précédente partie, fait un topo sur le stress minoritaire. Et durant la pause, Cookie, quelqu'un est venu me dire, mais en fait, c'est quoi le stress minoritaire ? Est-ce que tu peux réexpliquer ?
Et avec un angle de comment le stress minoritaire peut impacter ma capacité à trouver amour-cul ou amitié en tant qu'homme gay ou queer. Tu vois ce que je veux dire ? Le stress minoritaire c'est quoi et ça me fait quoi ? Alors le stress minoritaire c'est le fait de se dire j'appartiens déjà à une minorité.
Donc il y a des stress minoritaires dus aux origines géographiques, il y a des stress minoritaires dus aux orientations sexuelles, au genre aussi, et se dire « je suis rejeté pour ce que je suis ».
Je subis des discriminations et finalement, c'est tellement dur de me sentir seul dans une société qui me rejette que je vais créer tout mon cercle de vie qu'avec des gens qui me ressemblent ou qui partagent ma différence.
Par exemple, je suis gay, j'ai été victime de discrimination ou j'ai peur d'être victime de discrimination. Donc mes amis seront gays, mon médecin sera gay, mon charcutier sera gay. Je vais construire ma vie autour de ma spécificité. Il y a le stress minoritaire aussi pour les personnes de couleur.
qui vont finalement avoir un médecin qui partage leur même culture. Ça, c'est la réponse au stress. C'est la construction au stress. Oui, mais choisir un médecin gay ou un médecin noir, c'est la réponse au stress. Le stress, c'est en tant que personne LGBT, j'ai une couche de stress supplémentaire qu'une personne non LGBT ne va pas avoir. On est d'accord qu'il y a plein de couches, il y a plein de minorités spécifiques. Lorsque j'essaye d'être vulnérable face à un autre homme
En quoi le stress minoritaire impacte ? Ou pour trouver du cul ou de l'amour, en quoi mon stress minoritaire peut m'impacter si tu devais donner un exemple ? Alors, par rapport aux rencontres, ce qui peut être un peu complexe, c'est de se dire qu'on va évoluer qu'avec des personnes qui nous ressemblent ou s'efforcer d'être dans une communauté qui pourrait être safe pour nous. Alors que des fois, aller chercher une personnalité un peu plus…
atypiques ou différentes, pourraient être source d'épanouissement. Mais plus potentiellement dangereuses. Oui et non. Le stress minoritaire, c'est ce qui va nous créer vraiment les étiquettes et les clichés. C'est-à-dire que j'appartiens à la communauté Baird parce que je suis peut-être un peu plus rond, j'ai des poils, je suis un peu plus viril. C'est ma place. Donc je veux une personne qui m'accepte en étant Baird
Et potentiellement, ça sera plutôt une personne de la communauté Baird. Parce que, est-ce qu'un Twink va apprécier un Baird ? Même si ce n'est pas une généralité, c'est une forme de se rassurer. Je vais prendre une personne qui est déjà dans ma sous-communauté pour que ce soit plus facile, que ce soit moins exposant, etc.
J'ai justement envie, Lucas, tu m'as dit que tu étais OK pour passer le micro à Lucas. C'est toi qui as fait le post-it, c'est toi qui l'as mis au « avoir une vie amoureuse lorsque tu ne rentres pas dans les codes masque pour masque ». C'est toi qui l'as écrit ou pas ? Oui, c'est moi. Est-ce que tu voulais participer à propos de ça ? Tu es OK ? Oui. Parce que c'est justement comment on navigue la rencontre dans un milieu gay ?
Le fait d'être plus ou moins masculin peut vachement impacter. Est-ce que tu veux raconter pourquoi tu as mis ce magnifique post-it ? Oui, je pense que je vais parler de mon expérience en général. J'ai écrit ce sujet parce que c'est quelque chose que j'ai vécu dans ma vie en tout cas.
Dans les rencontres amoureuses, déjà moi je me positionne, quelle est ma place dans les rencontres amoureuses, c'est que je serais plutôt tourné vers une relation longue durée avec quelqu'un, construire quelque chose, tout ça. Après les questions de monogamie, ce sont des questions qui m'appartiennent, que je dois questionner lorsque ça arrivera, donc je laisse ça de côté pour l'instant.
Mais pour la rencontre amoureuse, oui, c'est vrai que ça fait très longtemps que je suis célibataire et que j'aimerais que ma vie amoureuse marche. C'est combien très longtemps pour toi ? J'ai 27 ans, ça fait depuis 19 ans.
et toi tu te sens plus efféminé qu'un autre ? parfois en fait si je navigue dedans j'ai un long long trajet sur les codes masculin et féminin c'est à dire que quand j'étais adolescent j'étais déjà le gay du bahut donc j'étais le petit adolescent un peu féminin un peu maniéré et j'étais donc la cible forcément de moi c'était le joueur de rugby quand j'étais ado parce que j'étais dans le sud-ouest
J'étais leur cible et c'était des années collège qui étaient assez compliquées. L'année lycée c'était autre chose parce que j'étais entouré de beaucoup d'artistes, de personnes, j'étais métalleux donc c'était déjà autre chose. Arrivé dans l'âge adulte, j'ai rencontré la communauté gay et c'est vrai qu'à ce moment-là on m'a renvoyé l'image que je n'étais pas assez masculin.
parce que, je ne sais pas, mon corps est fin, parce que, je ne sais pas pour quelles raisons, j'ai jamais réussi à comprendre, donc j'ai un peu laissé ça de côté. Mais voilà, je cherchais à rencontrer des garçons, mais ça ne se faisait pas forcément, ça ne se produisait pas forcément, possiblement à cause de ces codes-là. Et c'est vrai que j'étais souvent attiré par des hommes qui exprimaient beaucoup cette masculinité-là.
Pas que, maintenant avec le temps et les années, j'ai élargi un peu mon sac d'attractivité. Est-ce que tu veux bien faire l'exercice avec nous de dire, ok, c'est quoi ce code de masculinité ? Est-ce que c'est nos voix, ma voix ? Donc toi, tu as déjà dit le corps, mon corps est fin ?
Si tu devais imaginer pourquoi tu es rejeté à cet endroit de comment t'es masculin, ça serait quoi ton avis ? Moi, je vois un magnifique collier de perles, mais qui aujourd'hui n'est plus du tout un élément féminin. Il y a plein de jeunes hommes hétéros qui portent des colliers de perles. C'est marrant, ça. Et il y a quoi d'autre que tu penses être trop efféminé pour quelqu'un ?
Ce serait masque pour masque, masculin pour masculin. Je pense que ça part de mon type de corps, peut-être. Déjà aussi, il faut faire une catégorisation de mon type de corps qui est peut-être pas… Je sais pas comment dire ça. Peut-être musclé ou alors, comment dire, en chair. Donc, t'es plutôt fin et pas trop de muscles. Moi, je te trouve musclé. Bon, ça, c'est marrant. Mais donc, à part ton corps…
Tu dirais que c'est quoi qui te définit ? Oui, peut-être aussi un comportement, une manière de parler, une manière de bouger, de marcher, une manière de penser. Et je pense que, ça c'est un avis personnel que je porte sur la communauté gay.
je pense qu'il y a beaucoup d'attractions sur ce qui peut faire passing hétéro, en fait. La masculinité qui peut reproduire la masculinité hétérosexuelle. Et c'est pour ça que moi, déjà, j'étais très attiré par ce genre de garçon et j'étais très, très… Je regardais beaucoup ce genre de garçon-là, voilà. Comme je l'ai expliqué ensuite avec les années, je me suis plus ouvert vers d'autres types de masculinité. Mais voilà, c'est le premier type de masculinité auquel on peut penser, je pense. Enfin, que moi, je peux penser, en tout cas, dans mon expérience.
Denis disait dans l'épisode précédent, quand tu es vulnérable, l'enjeu, c'est d'être toi sans masque, quitte à être rejeté. Moi, parfois, je décide de me transformer. Je n'ai pas toujours le courage d'être tout à fait aligné avec moi-même. Et si je comprends qu'être efféminé, ça ne marche pas bien, en fait…
Par exemple, pour être plus concret, je sais pas si j'ai envie de partager ça. Bon, maintenant que j'ai commencé, je suis obligé. Mais genre, mes photos Grindr, je m'assure qu'elles me montrent suffisamment masculin. Je le sais. Parce qu'il y a déjà eu une photo où je me suis dit…
J'ai l'air un peu trop féminin, tu vois. Genre c'était une photo de moi soufflant une bougie. Faut le faire quand même. Mais j'y ai pensé, tu vois. Est-ce que toi, tu te vois te modifier le ton de ta voix, comment tu marches ? Ou est-ce que t'es une personne forte, puissante et toi t'es là ?
Je leur présente le full package et ils prennent ou pas ? J'aimerais répondre ça, mais je me dilue complètement. Je retourne un peu sur mon expérience aussi. Dans mon parcours, j'ai m'identifié très féminin. Et ces dernières années, j'ai retrouvé un peu ma part de masculinité et je l'exprime plus qu'avant. Donc oui, j'essaie de moins correspondre à ce code féminin.
C'est vrai, j'ai du mal à le dire, mais du garçon efféminé, en fait. Sachant que je vois souvent dans les yeux des gens, et puis de mon interprétation que je donne aussi de la situation, où on me catégorise déjà comme la folle ou le mec féminin. Et hop, je suis déjà dans une catégorie avant d'avoir ouvert la bouche. Dernière question, j'ai vu sur Grindr…
Et sur d'autres sites en général, il y a des gens qui disent « je cherche uniquement des hommes très efféminés ». Plein de gens hochent la tête. On se souvient que sans les cliquetis, vous… Ouais. Non mais là, tout le monde est d'accord avec moi, c'est ça ? Ah ouais, tout le monde. Est-ce que tu ne te dis pas « bon ben voilà, je vais vers ces profils-là qui sont… » T'en penses quoi, toi, de ces hommes qui disent…
Je suis attiré par les mecs féminins. Ça me fait un peu peur parce que j'ai un peu peur de fétichisation et tout ça, sachant que je vis un peu la même chose parce que je suis quelqu'un de métisse et je peux très bien vivre la même chose avec… J'aime les hommes, j'aime les noirs, j'aime les métisses, j'aime… Et tout. Et j'ai un peu le mal à naviguer avec ça. Enfin, je peux comprendre, mais je suis pas à l'aise. Euh…
Super. Favoritisme total, si jamais tu avais envie de mettre ton email, moi j'ai envie qu'on te trouve l'amour. Si tu avais envie de mettre ton email, tu n'es pas obligé de décider maintenant, mais je le mettrai dans le descriptif de l'épisode. Alors je tiens à dire juste que j'ai déjà fait un épisode et qu'il y a mon Instagram qui est connecté à cet épisode-là. Merci, je ne savais pas si j'avais le droit de le dire. Tu te rappelles le titre que j'ai choisi ? Merde. Mais en tout cas, tu avais donné ton vrai prénom ?
il n'y a qu'un Lucas si les gens qui écoutent là on se disent j'aime trop son énergie allez trouver le témoignage qui est marqué Lucas après si vous prenez le micro et que vous avez envie de caler votre adresse email allez-y quoi n'hésitez pas en parlant un peu de on est tous différents tout un tas de cases j'ai Pierre qui est juste à côté de toi Lucas qui tu peux tendre le micro Pierre qui est juste en face de toi ouais
Pierre qui est venu plusieurs fois à des rencontres live, qui à chaque fois vient avec une pâtisserie d'un niveau exceptionnel. Sachant que cet été, j'ai appris à faire une tarte tomate moutarde cantal. Donc tiens-toi bien, Pierre. Un jour, je te la ferai goûter. Non, franchement, merci. Volontiers. C'est très gentil à toi. Super généreusement, tu viens avec une petite pâtisserie. C'est très gentil à toi.
Sur ton post-it, tu as écrit « J'ai eu un crush pour un garçon qui a 17 ans de moins que moi. La différence d'âge est-elle un obstacle au développement d'une relation amoureuse ? »
Et tu réponds oui. Oui, c'est bien moi qui ai écrit ce post-it. Mais c'est une question que je laisse ouverte. Déjà, est-ce qu'on peut avoir les éléments de cette… J'ai très envie de savoir. Est-on toujours en contact avec le monsieur ? Oui, je suis toujours en contact avec le crush. On va l'appeler comme ça, voilà. Mais je me questionne sur cet élément qui est la différence d'âge. Puisque cette personne, elle a effectivement 17 ans de moins que moi.
Tu es à l'aise ? Alors, petite parenthèse, c'est un sauna dans le bar, le Merci Marcha que je n'ai pas cité en intro parce que c'est le bordel aujourd'hui. Merci Marcha, super bar dans le 11e, je conseille vivement. Il y a des soirées tous les soirs, différentes thématiques et tout, j'adore. Il fait trop chaud, les fenêtres sont ouvertes, les auditeurs entendront du bruit, des gens, c'est le bordel, mais ça va bien se passer. Est-ce que Pierre, tu es à l'aise de dire ton âge ? Oui, j'ai 55 ans, voilà.
Voilà, c'est super. Et 17 ans de moins, ça fait combien ? Je suis mauvais en maths. Eh bien, on arrive à 37 ans. Ça fait combien de temps que vous échangez ? Ça fait deux mois, exactement. Sur une application en particulier ? Sur des messages Instagram, on va dire ça comme ça. C'est sur Instagram. Comment vous vous êtes connecté ?
J'ai liké un de ses posts, voilà, et il m'a répondu, ce qui est rarissime sur Instagram, mais là effectivement il m'a répondu, voilà. Et parce que toi sur ton Instagram il y a une photo de toi ?
La photo que tu as likée montrait quoi de ce monsieur ? Pardon ? La photo que tu as likée montrait quoi ? Eh bien, ça devait être à la fin de sa séance de gym. Il avait une casquette sur le côté et il s'était pris en port très large. Et ce qui était très beau, c'est qu'apparemment, c'est une salle de gym qui donnait sur un…
Un paysage extérieur, c'était un fond maritime bleu. Non, non, non. Ok, donc j'ai simplement dit que… C'est pas le fond maritime qu'on a liké. Non, mais le fond mettait en valeur le mannequin. Voilà, si tu préfères. Mais franchement, je trouve ça transpirant. Il te contacte en disant merci pour le like. Exactement, et j'enchaîne une conversation et puis voilà. Lui, il sait quel âge tu as. Oui.
Et comment tu sais que les deux mois d'échange sur Instagram, c'est une gratouille plus qu'amicale ? C'est-à-dire qu'on se parle à peu près en moyenne tous les deux jours et qu'on a toujours des choses à se raconter. Voilà.
Et donc, on n'a jamais abordé ce sujet de la différence d'âge. Donc, tu sais qu'il est ouvert, il est en recherche ou en tout cas ouvert à une rencontre. Tout à fait, il est ouvert à une rencontre. Mais je ne… Personnellement, je suis toujours, pas dubitatif, mais dans l'expectative sur la…
la capacité à cette relation de type crush à se convertir en relation plus long terme. C'est quoi tes craintes ?
La différence d'âge, elle va toujours être là. En quoi c'est un problème selon toi ? Et est-ce que je peux demander à Anto qui est devant moi de décaler un peu parce que je n'arrive pas à voir Pierre, excuse-moi. En quoi ? Eh bien, le couple libre ne me fait pas peur, mais il ne me rassure pas non plus. Et je me dis, quand il y a une grande différence d'âge, je ne sais pas si c'est grand ou si ce n'est pas grand, je n'ai pas de connaissances dans mon entourage proche de différences d'âge telles,
Est-ce qu'à un moment donné, on ne va pas être forcément dans la situation où lui aura plus tard une vie polie, amoureuse, certaine, parce qu'il se sera entre guillemets « lassé de moi ».
Et donc, c'est quelque part cette dilution que j'appréhende. Mais qui a l'appréhension similaire de Pierre ? Vous avez entendu ce qu'il a dit. C'est qu'au bout d'un moment, l'autre peut se lasser de moi et vouloir aller voir ailleurs. Qui a cette appréhension-là ? Oui, merci. On est plein. J'ai l'impression que ce n'est pas forcément lié à l'âge.
Ok. Non, non, non, je ne te contredis pas. Non, non, mais tu me donnes déjà un élément de réponse. C'est-à-dire que là, ce n'est pas forcément la variable âge qui rentre dans cette équation-là. En tout cas, c'est une de tes craintes. Denis, tu veux rebondir ? Alors déjà, la question est de se poser, aujourd'hui, quels que soient les profils des personnes, on ne sait jamais combien de temps la relation va durer.
Même si tu trouves une personne qui est peut-être un peu plus proche de toi aujourd'hui, ça peut durer six mois, alors qu'avec cette personne qui est un peu plus jeune, ça peut durer trois ans. La durée d'une relation n'est jamais écrite à l'avance et ne dépend pas de certains paramètres.
En revanche, d'un point de vue psychologique, effectivement, il y a plusieurs paliers à franchir. Le problème, c'est que les formations en sexo sont toujours très hétéronormées. Il faut réussir à s'en extraire pour étudier les choses. On estime que, grosso modo, on est censé connaître quatre amours différents dans sa vie. Le premier amour. Celui-là, il ne dure jamais trop longtemps. L'amour de jeunesse.
C'est plutôt l'amour de famille. La construction d'une famille, quand on est un couple hétéronormé, avec des enfants, c'est la construction des projets finalement. Si on devait vraiment le décontextualiser pour le mettre dans notre communauté, c'est plutôt acheter une maison, faire des projets ensemble, etc. Ensuite, il y a l'amour de la libération.
C'est quand on se barre de l'amour des projets pour revivre une deuxième adolescence. Et après, il y a l'amour de fin de vie, où là, les enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes, notamment au niveau de la sexualité, etc. Et grosso modo, il y a des couples qui vont franchir des capes ensemble et qui vont rester ensemble toute leur vie. Il y a des couples dans lesquels les capes ne vont pas être passées au même moment ou de la même façon et qui vont se séparer. Donc…
une différence d'âge peut présenter potentiellement quelques risques sur du très très très long terme. En revanche, ce n'est pas parce que ça présente des risques que c'est vous à l'échec. C'est-à-dire que tous les virages peuvent être négociés et négociables. Mais ce que j'entendais aussi, c'est le côté crush. Ça, c'est presque là qu'il faut faire gaffe. À mon sens, ça ne serait pas tant sur la différence d'âge, mais sur le côté crush. Un crush ou une passion, c'est top au départ…
jusqu'au jour où la réalité arrive. C'est-à-dire que le principe de la passion, c'est qu'on vit une relation fantasmée et utopique. On tombe en passion pour quelqu'un lorsque cette personne vient répondre à un besoin qu'on a profondément et inconsciemment. Cette personne est faite pour moi, elle est parfaite, on ne voit que des qualités. Jusqu'au jour où la magie s'évapore, parce que notre besoin initial a été comblé, et on la voit avec les yeux de la réalité. Et là, il y a un virage en épingle à négocier.
Et soit on arrive à le négocier, soit on va dans le mur. Là-dessus, j'avais une question pour toi, Pierre. J'ai enregistré cet été avec le doyen du podcast qui a 89 ans.
Et qui est sur Grindr. Donc, j'étais en vacances et tout. Et le mec le plus proche de moi est à 2 km et il met 89 ans. Et c'est un des seuls à avoir sa tête. Et du coup, je discute avec lui et tout. Puis, on décide d'enregistrer. Et lui disait… En fait, il y a le problème du fétiche. Donc, en lien avec le crush que Denis disait. En gros, il y a des mecs qui, en effet, me contactent sur Grindr, veulent baiser avec un grand-père. Mais après, ça… Oui…
Après, sans lendemain, en tout cas, c'était une de ses craintes ou une de ses questions. Est-ce que toi, tu t'es demandé, quand tu poses des questions sur l'écart d'âge, si justement le crush, ça ne peut pas être « Ah, mais il est excité par la différence d'âge, donc je suis assigné à un rôle ».
Parce que souvent, le père ou le grand-père, il est censé faire ceci, cela. Alors, c'est quelque chose que je dois encore, entre guillemets, gratter, comme tu dis. Mais en fait, il m'a avoué à un moment donné que je lui rappelais ce père qu'il n'a jamais eu. Tu vois ? Alors, voilà. Donc, je ne sais pas ce qu'il faut en comprendre, mais voilà. En vrai, entre toi et moi, même si on n'est pas entre toi et moi, mais…
Est-ce que tu ressens quoi quand tu te dis que ça peut être une relation un peu fétichisante ? Est-ce que tu te sens… Est-ce que tu dis, moi, je prends, on va voir là où ça va ? Clairement, je ne suis pas à l'aise. Tu pourrais dire, on va baiser, et c'est un jeu de rôle. C'est comme quand tu joues à… En l'occurrence, je ne peux pas encore me prononcer là-dessus, mais la manière dont tu le décris, Guillaume, non, effectivement, je ne me sens pas à l'aise dans cette fétichisation. Pourquoi ?
Pourquoi ? Parce que
J'aime pas les étiquettes. Ça me fait un peu penser à ce que Lucas disait, les mecs qui disent « j'aime les hommes très efféminés ». Moi, j'aime pas les étiquettes. Ça m'érisse. Denis, rapidement, et Alexandre, à moins que Pierre, tu veux ajouter… Non, mais les remarques que Denis a formulées ne sont pas tombées dans l'oreille d'un sourd. Tu veux donner ton e-mail ou ton Instagram ou pas ? Non, c'est pas nécessaire aussi.
Je passe le micro. Ça marche, Alexandre. Vas-y, Denis. Sur le sujet fétichisation, c'est hyper intéressant parce qu'effectivement, Lucas et Pierre, on pourrait trouver des profils. Il faut bien employer le mot fétichisation dans la mesure où chaque partenaire qu'on peut rencontrer, aussi bienveillant sommes-nous, est quand même là pour répondre à un besoin personnel. C'est-à-dire qu'on va chercher une…
Une personne qui nous correspond, mais qui nous correspond parce qu'on a besoin soit d'être rassuré dans des positions, soit de partager certaines choses, soit effectivement de retrouver le père qu'il n'a jamais eu. C'est le principe des rencontres. On est amoureux parce que l'autre nous apporte quelque chose.
Donc le fait qu'on incarne ou qu'on représente un rôle pour l'autre, en soi, c'est le jeu de la relation. Et le principe de la fétichisation, qui là est un peu plus complexe à gérer, c'est lorsque finalement la caractéristique passe au-dessus de la personne. C'est-à-dire qu'une fétichisation, si j'aime les harnais,
Quel que soit le mec qui porte un harnais, ça va me plaire. C'est-à-dire que le mec, on s'en fout. Tout ce qui compte, c'est le harnais. Si on fétichise une personne qui a 15 ans de plus, on s'en fout de la personne. Ce qui compte, ce sont les 15 ans de plus. La grosse fétichisation, elle est raciale sur les actes de rencontre. Pas celle la plus blessante, je pense, non ?
Je pourrais te dire l'exemple de Lucas sur la masculinité, sur la féminité. Ça aussi, ça reste une fétichisation. Je ne suis pas sûr que ce soit intéressant de faire un classement d'ordre d'importance. Mais le principe d'un fétiche, c'est qu'on se fiche de la personne. Ce qu'on veut, c'est une caractéristique. Et c'est pour ça que Lucas disait que ça peut être un peu dangereux. Oui, ça peut être un peu dangereux parce que, clairement, si on est sur une fétichisation, sur une caractéristique, ça veut dire qu'il va y avoir un schéma qui va être reproduit. Pourquoi cet homme cherche une personne féminine ?
enfin un homme féminin c'est qu'il doit y avoir des enjeux le moment où t'es censé être le père, le blanc, le noir le roux, le machin tu peux pas être autre chose mais chaque fétiche en fait a son son revers de médaille c'est à dire que là un masculin qui cherche un féminin
On va se douter qu'il va y avoir des enjeux hétéronormatifs qui vont se reproduire dans la relation. Les fétichisations par rapport à l'âge, on est sur des complexes par rapport aux parents, à l'enfance, etc. Sur les origines et les couleurs de peau, on revient sur des notions encore plus archaïques, sur les jeux de pouvoir entre sociétés. Chaque fétichisation a sa propre dynamique qui vient derrière.
Moi, mon style, Pierre, mais je ne suis ni thérapeute ni compétent là-dessus. Moi, je dirais, il ne faut pas que je me fasse… Je vais y aller parce que dans la vulnérabilité, en confrontant, je vais apprendre et ça fait partie de mon cheminement de relationner. C'est vraiment du Guillaume, là. Je ne sais pas du tout… Donc, je ne vais pas passer six mois sur Instagram à me faire un peu des idées et puis à ce que mon cœur grossisse comme un ballon de baudruche qui va exploser d'un coup. Donc, rapidement, je lui propose un café
ou bien je lui fais une pâtisserie je dis ça je dis rien et tu vas voir et je vais voir en fait comment se passe le truc et je pense je mets les pièces puisque toi t'as choisi le fait de tu vois je vais et je dis bah en fait au bout d'un moment j'ai pas envie d'être ton père ah tu m'as dit ça je veux qu'on redit moi peut-être parce qu'après lui peut-être que ça lui a échappé peut-être c'est autre chose peut-être on va pas l'enfermer là-dedans mais et tu vas voir ce qui en découle et tu reviens sur le podcast je te dirais qu'il faut faire différemment si tu veux pas être son père très bien
Tu te fais inviter par ce mec. C'est pas toi qui l'invite. Ah, bien sûr, bien sûr, bien sûr. Moi, j'allais dans les talents de Pierre et la pâtisserie. Alexandre, coucou. Salut. Pierre, en fait, je voulais réagir à ton témoignage parce que, en fait, quand ce garçon t'a contacté, et enfin, quand il a fini par te dire que tu lui faisais penser à son père ou que tu lui rappelais, quand on parle de fétichisation aussi, je pense qu'il y a quand même une forme de répétition là-dedans. Est-ce que tu sais si lui…
Et attiré globalement par des hommes plus âgés et c'est quelque chose d'assez systématique dans ces relations passées ou est-ce que là c'est vraiment spécifiquement toi qui lui rappelle comme une forme de transfert qui s'opère à cet endroit dans cette relation particulière ?
Pierre répond qu'il n'en a aucune idée. D'accord. Voilà, c'était ma seule question. En tout cas, si ça peut te rassurer aussi. Moi, j'ai eu une relation avec un homme de 30 ans de plus que moi. Tu as quel âge ? 31 ans. Et c'était quand tu avais quel âge ? 20 ans. Donc il avait 50. Et c'est une relation qui a duré 8 ans.
Une relation sérieuse très longue qui s'est construite. Après, effectivement, par contre, la question du… Je ne fétichise pas les personnes plus âgées que moi. J'ai eu d'autres fétichisations, mais dans d'autres catégories sur lesquelles j'ai beaucoup travaillé. En revanche, par contre, c'est vrai que…
On en a beaucoup discuté. Avec le temps, maintenant, on est toujours très amis, on est proches. Il y a quand même la question du transfert qui s'est posée, je pense, moi, à mon endroit, un transfert du père et lui aussi, quelque part, d'une figure de Pygmalion, comme ça, protectrice, qui, lui, lui convenait, en fait. Et on était plus ou moins conscients de cette chose-là quand on s'est lancés dans la relation.
Mais la relation a été possible et d'autres choses se sont déployées. On n'était pas résumé par ça. Et ce qu'on a construit ensemble a existé. Voilà, il y a une valeur tout à fait authentique. Donc moi, ce que je te conseillerais, c'est de le rencontrer déjà et de voir…
comment les choses se construisent réellement et voir si on n'est pas juste dans une zone totalement fantasmée. Parce que c'est vrai que l'interface d'Instagram, de la messagerie numérique, on crée une relation quand même qui peut être vraie, mais qui n'est pas totalement celle qu'on développe dans le réel, je pense. Et là, on peut très vite projeter des choses l'un sur l'autre et construire quelque chose qui peut s'effriter dans le monde réel.
Mais je pense qu'il faut quand même le tenter. Il ne faut pas que tu aies peur, en tout cas, de la différence d'âge. 17 ans d'écart, pour moi, ça ne me semble pas si énorme, du coup, de mon point de vue, de mon expérience. Toi, aujourd'hui, Alexandre, tu es sur notre sujet de relationner, trouver amour ou cul ou amitié. Tu en es où, aujourd'hui ? Moi, je sors, du coup, d'une relation de 8 ans. Donc, mon email est…
Non, je ne suis pas dans une recherche particulière. Je redécouvre aussi mon indépendance. Avant ça, j'ai eu une relation de trois ans. J'ai quasiment toujours été en couple. J'ai eu une histoire de huit mois récemment et c'était super. Mais voilà, c'était une transition aussi, je pense.
Et là, tu as envie de virevolter tel un petit papillon avec des rapports sexuels ? Je suis ou j'accueille ?
Non, vraiment, je suis plutôt dans une optique d'accueillir ce qui vient, si ça me plaît. C'est sur des apps de rencontre ? Oui, sur Grindr. Mais pareil, Grindr, je ne rencontre pas forcément, ni en plan cul, ni en date ou quoi que ce soit. Là, en ce moment, je me pose le soir, je papote un peu et puis…
S'il se passe quelque chose, tant mieux. Pas de précipitation. Tu veux rajouter quelque chose ? Pas spécialement. Tu as une tête qui me dit… Non, c'est bon ? J'ai tout dit, je crois. Très bien. J'ai envie que tu passes le micro à Alban.
Albon, qui sur son post-it a marqué monogamie générale égale hypocrisie. Point d'interrogation ? Point d'interrogation. Il y en a deux. Point d'interrogation. Tu en mets un troisième. Toi, t'as noté, si tu es à l'aise de parler un peu de toi, pourquoi ton post-it correspond au moment dans lequel tu es ? Et comme on est très proches, toi et moi, là, enfin genre, où est-ce que tout le monde est ? Toi, t'es au premier rang, genre…
Il n'y a pas de rang bon. Mais du coup, il faut que tu parles fort, ou peut-être que tu t'assoies à côté de moi. En tout cas, parle fort pour que ta voix projette au fond. On va avoir l'impression que le bar est gigantesque. Mais il est de taille raisonnable. Il est cosy. En fait, je sors d'une relation de deux ans. Voilà, c'était ce que c'était. Ça fait longtemps ? Non, début juillet. On s'est séparés début juillet.
Et ce qui se passe, c'est que je me suis rendu compte à la fin de cette relation que j'ai un schéma qui se répète, un pattern. Je rencontre quelqu'un qui me plaît et puis je m'hyperadapte pour faire tout comme il veut ou comme je pense qu'il a envie que je sois.
Et typiquement, à chaque fois, c'est cette fameuse monogamie, en tout cas, qui, je pense, n'est pas mon schéma de… Ça ne te correspond pas. Toi, tu te sens plus quoi si tu étais vraiment libre ? Pour le coup, c'est difficile de dire exactement, puisque les seules relations que j'ai eues, j'en ai eu plusieurs, j'entends des relations sérieuses, c'est qu'avec des gens qui voulaient la monogamie. Donc, j'ai eu que des relations…
Monogame, je mets des guillemets avec mes doigts. Pourquoi ? Parce qu'en fait, moi, dans la réalité, je n'ai jamais été monogame et j'ai donc à chaque fois trompé mes partenaires. Voilà. Et en fait, pourquoi je pose cette question-là ? C'est parce que maintenant que je suis un nouveau célibataire et que je décide de ne pas…
De m'écouter et de mettre cette limite sur les prochaines relations que je pourrais… Enfin, les prochaines personnes que je pourrais rencontrer et être clair, en fait, d'entrée de jeu. Parce que c'est toujours ce qui me…
Ce qui donne des difficultés, c'est que j'ai énormément de mal à parler de ça, surtout une fois que les choses sont actées. C'est-à-dire qu'on a commencé une relation et on est de facto dans une relation monogame. J'arrive pas à dire, mais en fait, c'est pas ce que je veux. Et parce que j'ai tellement peur d'être rejeté que j'essaie d'être toujours aimable et donc de correspondre. Est-ce que tout le monde a bien entendu ?
Dans les gens de la vraie vie, ouais. Parce qu'au podcast, on t'a bien entendu. Ok, top. Cette hyper adaptation, c'est-à-dire, ah, j'aime beaucoup le mec, il n'y a pas marqué sur mon profil où tu les rencontres en ligne ou hors ligne ? Non, en ligne. En ligne plutôt ? J'ai toujours rencontré, mais… Toujours en ligne et tu n'as jamais marqué non monogame ? Non, parce que… Pourquoi ? Parce que j'ai… Alors…
Pourquoi ? Parce que j'ai l'impression, et c'est ce que je vois aujourd'hui, qu'en fait, tout le monde cherche la monogamie. Et c'est ce que je me rends compte de nouveau aujourd'hui sur ces applications. Alors, pour le coup, je suis multi-application. J'utilise Grindr, Tinder et Bumble. Où ça ? Parce que c'est très géolocalisé. Ah oui, pardon, j'habite à Paris. Et vraiment, je dirais 90%
des personnes, juste des profils que je vois. Alors, soit ils veulent des relations longues ou courtes,
Enfin, du coup… Mais monogame. Donc j'ai un peu déjà du mal à comprendre le court mais monogame. Comme si on dit un plan cul, mais monogame. Donc je suis un peu… On est OK pour les plans cul, mais il faut que ce soit… Je suis un peu perdu sur cette idée. Et c'est pour ça que je mets point d'interrogation, c'est-à-dire… Pourquoi hypocrisie ? Parce que t'as l'impression… Parce que j'ai l'impression que…
Ça fait bien de dire « je veux une relation monogame ». C'est ce qui est attendu. Et que dans la réalité des faits,
Combien de fois j'ai ou des amis ou j'ai entendu des couples, en fait, ils sont allés voir ailleurs. Et ce n'était pas des choses prévues dans le contrat. Et donc, en fait, ça arrive à pratiquement, je n'ai pas envie de dire tout le monde, parce que chacun… Mais ça arrive si souvent, mais encore, tout le monde veut cette monogamie. Comme si c'était vraiment le…
Je suis questionné, en fait. Je suis questionné par rapport à ça. Alors, il y avait Julien derrière toi qui hochait vigoureusement de la tête. Moi, je… Non, mais je vais… J'allais te dire un truc, mais je trouve que c'est trop… Je vais te le dire avec un clin d'œil, mais l'hypocrisie, je trouve qu'elle vient moins des autres que dans ton rapport à toi.
C'est toi qui es hypocrite avec toi-même, au fond. Je trouve, Denis n'est pas du tout content avec ce que je dis. Mais en fait, pourquoi ? J'ai l'impression que notre bataille, c'est avant nous, avant tout, de se dire, OK, moi, j'ai envie de quoi ? Et un peu ce que disait Denis avant, par rapport à toutes nos spécificités de qu'est-ce qu'on recherche et les spécificités de notre recherche, c'est d'oser…
s'aligner avec soi et dire bah voilà moi je veux plutôt un couple ouvert et parce qu'après c'est marrant parce que sur le podcast il y a quelqu'un dans un cercle de parole qui a dit exactement le contraire de toi qui a dit ah là là aujourd'hui tout le monde veut être en couple ouvert la monogamie c'est un truc de vieux et tout donc c'est marrant parce que j'ai l'impression que du coup ton là où je te taquine en disant c'est toi l'hypocrite on est tous hypocrites avec nous même moi le premier mais
dans ton regard sur le monde qui t'entoure du coup tu projettes ce désir de monogamie qui t'exclurait alors que d'autres me disaient exactement le contraire en me disant ah là là bah ouais le truc de couple exclusif c'est un truc de vieux aujourd'hui tout le monde veut baiser à tout va et tout et du coup quand tu dis là où je te gratouille c'est que tu dis tout le monde
Non, pas du tout. Tout le monde ment dans leur monogamie et trompe, etc. Denis, vas-y, engueule-moi. Avant qu'Alban prenne son droit de réponse, moi, je vais prêcher l'inverse. Moi, je trouve qu'au contraire, Alban…
a dit qu'il se sentait perdu alors qu'en fait il est en train d'être centré. C'est-à-dire qu'il y a eu erreurs dans les relations précédentes qui ont permis de comprendre quel était le fonctionnement aujourd'hui qui te correspondrait. C'est-à-dire qu'il y a eu cette volonté de rentrer dans un schéma qui ne correspondait pas spécialement mais qui était une forme d'investissement pour une personne. Force est de constater que le schéma ne marche pas.
Et aujourd'hui, justement, Albandi, c'est bon, j'ai compris. Ce n'est pas le schéma qu'il me faut et je vais dans une autre direction. Moi, au contraire, je le trouve plutôt clair. Tu l'as marqué sur ton profil maintenant ? Voilà, donc il n'est pas hypocrite du tout, au contraire. Il a dit oui de la tête. Je crois que c'est Bumble qui met ou Tinder non monogamie éthique. Et oui, pour te répondre, en fait, justement, c'est-à-dire que moi, j'ai repéré cette manière de fonctionner.
qu'aujourd'hui je clame haut et fort c'est pas moi le fait d'être monogame et quand je dis tout le monde c'est parce que c'est une statistique qui n'est que par rapport à ce que je vis moi et les profils que je vois moi mais vraiment
En fait, soit il n'y a rien, mais il y a, je ne sais pas, on va dire sur une vingtaine de profils, il y a deux profils qui ne mettent rien et 18 qui mettent monogamie. Ce n'est pas juste une… C'est juste que vraiment, je suis étonné parce que c'est ma question du moment. Donc, c'est quelque chose sur laquelle je fais attention. Et je trouve…
Et tu te sens plus rejeté ? Les gens te disent « Ah, désolé, mais je cherche… » Alors, il y a une personne qui m'a effectivement dit « Ah non, mais j'ai vu que tu voulais de la non-monogamie. » Je ne me sens pas rejeté. Être rejeté quand on ne te répond pas. Oui, tu ne sais pas si c'est… Oui, je ne peux pas dire « C'est parce que j'ai mis la non-monogamie. » Mais…
C'est plus, du coup, moi, je passe beaucoup de personnes qui, en fait, pourraient m'intéresser. Mais ça, du coup, c'est mon petit truc où je me dis ça fait mal parce que cette personne me plaît. Mais en fait, je sais que ça ne fonctionnera pas. Et mais t'as ton côté, t'as notre côté hyper adaptation qui gratte. Et qui dit si, si, tu verras. Oui, c'est ça. Oui, bien sûr. Voilà.
Pour moi, il y a un double enjeu. C'est déjà, le premier, on trouve ce qu'on cherche. C'est-à-dire que si tu as l'impression que tout le monde met monogame, ton attention va être forcément attirée par tous les profils qui ont marqué monogame. Parce qu'en vrai, il y en a plein qui ne le sont pas.
D'une part. D'autre part, ça va dépendre aussi de la tranche d'âge que tu observes. C'est-à-dire que les relations ouvertes sont rarement les premières relations d'une personne. Tout simplement parce que les injonctions dans l'éducation qu'on a, c'est l'amour, c'est pour toujours, l'amour, c'est…
Donc le temps de mûrir à ce niveau-là, toutes les personnes n'évoluent pas et ne mûrissent pas aussi en même temps. Et après, la monogamie, c'est peut-être aussi, il faut se poser la question, et je comprends presque le côté hypocrite, à mon avis, c'est pas de l'hypocrisie.
Ça serait plutôt, est-ce que le fait de dire que je suis monogame, c'est parce que j'espère rencontrer quelqu'un qui me fait quitter l'application et qui me fait m'extraire d'une bulle dans laquelle je ne me sens pas totalement là aussi. C'est-à-dire que, que ça soit une réalité ou un fantasme, la monogamie est un symbole aussi, en tant que telle. Et il y a des personnes qui, tout comme tu as pu le faire dans ta vie, dans tes relations passées, se disent monogames et qui, dans la réalité, ne le seront pas.
Et là, on est sur un complexe. Qu'est-ce qui est fantasmé ? Qu'est-ce qui est utopique, finalement ? Et qu'est-ce qui est réel ? Moi, j'ajoute… Ouais, et je pense que je réagissais à… Quand tu disais hypocrisie générale, j'ai moins l'impression qu'il y a une hypocrisie, que c'est juste une nouvelle liberté, en fait.
que moi je peux conquérir c'est à dire qu'aujourd'hui c'est mon point de vue, dites moi si vous êtes d'accord ou pas mais aujourd'hui je peux imaginer, relationner de plein de manières différentes et j'ai grandi avec Disney et l'amour à deux monogame et aujourd'hui dans ma vie adulte je vois que je peux faire d'autres choix et moins qu'une hypocrisie c'est pour moi plus un apprentissage dire ah ouais mais du coup moi je me mets comment ah putain ça me fait plein de pics de jalousie, ça me confronte à plein de choses
Et j'ai l'impression qu'il y a plein de gens qui petit à petit se posent des questions et on est dans ce moment où on est dans ce moment je sais pas si je peux dire ça mais qu'il y a plus ça qu'il y a cette mise en mouvement et ce que j'entends dans ton partage en fait c'est marrant parce que c'est vachement lié à tout ce qu'on a dit c'est oser être soi.
Dans son cheminement de réflexion, que ça soit quelle photo tu montres de toi ? Moi, j'ai parlé de ça. Quelle photo tu montres de toi ? Est-ce que tu corresponds au bon code ? Est-ce que je mets mon âge par rapport à Pierre ? Est-ce que je mets mon âge ou est-ce que je le cache ? Est-ce que j'ai l'air efféminé ou pas ? Est-ce que je monte ? C'est se montrer…
Pour moi, ce que j'entends dans ton défi, c'est toi, tu es plutôt aligné avec toi. Tu as envie d'être en couple ouvert ou en tout cas pas en monogamie. Une fois que je me montre et que je suis vulnérable, c'est de naviguer. Là, on revient à ce que je disais l'épisode précédent. 80% de rejet, 20% de réussite. Et donc, si tu contactes, c'est du Guillaume, mais moi, je suis un peu américain parfois. Moi, sur Grindr, je contacte la terre entière qui me plaît.
je mets pas Milan et je les contacte les gens deux fois parce qu'il y a plein de fois où peut-être tu réponds pas au premier message et si au bout du deuxième tu m'as pas répondu je te bloque en mode parce qu'on habite à Paris et qu'il y a plein de profils je suis pas vénère contre toi mais du coup je t'enlève puisque t'es pas intéressé c'est ça que je comprends et du coup pour moi 80 rejets donc si je contacte 100 personnes j'ai 20 réussites si je contacte 10 personnes j'en ai 2
Et donc je me dis, vas-y Guillaume, si t'es bien dans ta santé mentale et que t'es bien avec toi, montre-toi et dans ton profil, dis tout. Parce que les deux qui sont chauds pour moi, ils sont là, il faut juste que je les trouve. Et ça veut dire que je dois accepter les huit non. Et moi, c'est ce que j'ai entendu quand tu dis, ah putain, lui, il est monogame. Tu vois, les profils que tu passes sur Bumble et qu'à chaque fois, ton cœur se serre en disant, ah, pas lui, pas lui.
c'est qu'il y a 80% qui ne sont pas pour toi. Et puis, est-ce qu'il n'y a pas une erreur ? Parce que le mot monogame n'est pas le bon mot en tant que tel. Monogame, c'est par rapport au mariage. Et Souma, tu entendais quoi par monogamie, Alban ?
Exclusif, effectivement. C'est-à-dire que les applications ne sont pas vraiment non plus adaptées. C'est quoi la différence ? J'ai un petit blanc là. C'est quoi la différence entre monogame et exclusif ? Monogame, il y a un côté beaucoup plus légal par rapport au mariage, etc. Alors que tu pourrais avoir une personne qui est exclusive…
T'as aussi des personnes qui sont en polyamour. Enfin, il y a plusieurs nuances. Et les applications ne sont pas vraiment adaptées. C'est-à-dire, est-ce que la monogamie est l'inverse du polyamour ou est-ce que c'est l'inverse de la relation ouverte ? C'est pas du tout la même chose. On peut être amoureux d'une personne et avoir plein de plans cul. On peut être amoureux de plusieurs personnes et on peut avoir des plans cul ou pas. Donc, peut-être que ne pas s'arrêter à l'étiquette ou creuser l'étiquette.
Quand tu la vois sur un profil, ça serait peut-être intéressant. Pour le coup, de toute façon, j'ai entre guillemets matché avec beaucoup de personnes qui disent monogamie ou puisque…
Encore une fois, dans mon expérience, c'est tellement majoritaire que je ne peux pas faire en tout. Sinon, il n'y a personne avec qui je… Mais tu peux leur dire… Parce que tu peux aussi accompagner quelqu'un dans une réflexion. Et donc, si tu leur dis, si toi, tu restes avec ton envie de non-monogamie et que vous matchez, tu peux lui dire, t'as vu que moi, c'était plutôt non-monogamie, non ? Si, si, si, tout à fait. Mais si, je suis d'accord avec ce que tu dis.
moi je trouve que ce dont on parle là vachement c'est l'hyperadaptivité que je ressens vachement cette envie d'être validé et qu'on m'aime qui fait que je me dis vas-y mais modifie-toi Guillaume c'est tellement plus simple que d'être tout à fait authentique tu vois parce que je vais peut-être pouvoir conquérir cette personne et c'est vraiment ce défi de dire non non mais il y en a 80% c'est pas un bon fit c'est pas le bon moment et il faut que j'aille trouver les 20% sans me modifier mais c'est dur hein
Il faut se dire qu'on mérite d'être aimé comme on est.
C'est Christina Aguilera qui disait ça. You are beautiful. Et là, tu chantes ou pas ? Non, non. Pas maintenant. Là, c'est notre prochain autre cercle de paroles. Tu viens de lâcher une bombe. Non, mais je trouve… En fait, c'est marrant. Je ne m'attendais pas à ce qu'on parle autant de confiance en soi et d'estime de soi. J'ai l'impression que c'est vraiment la racine de tous nos propos. Dans le précédent épisode, Joël qui parlait d'atypisme…
et ouais au final c'est de je finis vraiment parce que je suis très Grindr en ce moment je fais vraiment attention ça fait un peu coaching de bas étage donc vous pourrez passer et tout mais je fais vachement attention au narratif que j'ai quand je suis sur Grindr
Et que je vois un profil que j'aime bien et j'entends parfois la petite voix dans ma tête où je me dis « t'es pas assez », « ah, il est trop ceci, machin ». Et je me dis « non, non, mais en fait, possiblement, il est grave chaud pour toi ». Enfin, juste la petite voix dans ma tête peut vachement altérer si je connecte ou pas avec la personne, tu vois ?
Et idem quand je vois que je lui ai déjà envoyé un coucou et que moi j'ai décidé que j'envoyais un deuxième dans la tête je me dis non mais en fait il t'a pas répondu genre il t'aime pas t'es nul et là genre la honte infinie t'as zéro enfin tu le recontactes et tout et en fait il y a eu plein de fois où les gens me font ah désolé j'avais pas vu ton premier coucou finalement.
où j'étais pas dispo ou machin, ah j'adore ton profil. J'ai eu plein de fois où mon petit narratif de, mais non, non, la personne était juste dans le métro, elle a pas vu et en fait, je suis totalement son type, et bien ça a marché. Bon, il y a plein de fois, ça marche pas. À 80%, le mec est là, non, non, je suis pas intéressé. Et je suis là, super, bonne journée.
Mais pour les quelques où en fait ça marche, voilà. Mais enfin, je trouve que ça recoupe un peu avec Louis et notre rapport aux rencontres où on cherche à être validé. C'est vraiment, j'ai l'impression, le nerf de la guerre. Denis, as-tu envie de… Est-ce que quelqu'un a envie de dire un dernier truc ? Ou Denis ? Quelqu'un qui se dit, ah là là, je suis à deux doigts là. Nicolas a l'air d'être à deux doigts.
Il est toujours à deux doigts, dit-il. Non, mais quelqu'un… Parle au micro, s'il te plaît. En fait, il y a peut-être aussi une recherche d'optimisation de son temps. En fait, je ne suis plus sur les applications depuis pas très longtemps.
Et en fait, j'ai réoptimisé ma communication sur les gens qui sont proches de moi. Au lieu d'envoyer des messages Grindr, je fais des WhatsApp et je saute des lignes. Attends, je ne comprends pas. C'est-à-dire que tu as autour de toi des hommes gays ou queers disponibles ? Non, pas du tout. C'est des amis, la famille, etc.
J'ai repositionné ma communication, ma perte de communication, cette impression que je vais optimiser mon temps pour trouver quelqu'un, en me disant que ça ne sert pas à grand-chose finalement. Donc sur Grindr, tu veux dire sur les applications en général ? Dans un désir sexuel ou amoureux, tu as dit stop à ça ? Exactement, tout à fait. Et du coup, suite à ma dernière relation de deux ans qui se termine au mois de juillet, c'est pour ça que ça m'a un peu parlé.
Et effectivement, il y a une étude sur comment je fonctionne, ce que je dois me dire en vrai. C'est-à-dire qu'il y a des choses qu'on doit se respecter. Par exemple, le fait de coucher ailleurs en étant avec quelqu'un, ça se discute. Et la plupart des couples, en général, quand c'est bien discuté…
arrive à s'ouvrir naturellement. Je dois t'interrompre parce que je t'invite à parler en jeu parce que là tu me fais… Ah je fais jeu ? Non mais raconte-moi toi parce que je ne sais pas si en général les couples qui parlent bien arrivent à s'ouvrir. Je ne m'avancerai pas là-dessus. Autour de moi c'est le cas en fait. Autour de moi c'est le cas. Et si tu reviens à toi ?
Pourquoi tu as décidé, tu as dit, moi je vais chercher ma validation avec mes amis et ma famille et j'ai dit stop à amour et sexe via Grindr ? Parce que toi, tu ne trouvais pas ton compte là-dessus, c'est ça ? Parce que ça prend du temps.
Et que j'ai autre chose à faire aussi. Et que ça prend de l'énergie. Et que finalement, c'est pas plus mal. Est-ce que tu arrives à rencontrer amoureusement, sexuellement, autrement ? Plus facilement à l'extérieur, du coup. Et du coup, je parle plus parce que j'écris moins sur les applis. Par exemple, tu vas où ? Là, par exemple, il y a des amis qui m'ont invité en Espagne. À CJES, je ne cossais pas du tout.
J'étais très mal à l'aise. Et finalement, ça s'est très bien passé. Là, j'y reviens. Et même à l'extérieur… Ah ouais, alors là, par contre, quand on a parlé de beers, etc., là, c'est le monde à l'envers. C'est-à-dire que c'est les personnes qui sont grosses et qui sont plutôt bien regardées. Et quand on arrive, on fait OK, d'accord. Je pense que tu étais au moment de la Beer Week. C'est une semaine spécifique sur la fierté ours. C'est ça.
Ouais, j'ai… Toute l'audience est là, chaud bouillante, pour me dire que ça se termine aujourd'hui, c'est ça ? Et j'ai un ami qui concourt et normalement il va gagner, mais c'est ce que j'espère. Tu veux dire qu'en gros, tu sors des apps et tu vas plus à la rencontre de gens, quoi ? Oui, voilà, c'est ça. Parce que je trouve que c'est angoissant, on se sent seul, alors que finalement, sur WhatsApp, on a les amis qui sont derrière, on a la famille, et en fait, ça fait toujours… Oui, mais on peut pas coucher avec eux ?
Oui, mais ça, c'est autre chose. C'est-à-dire que c'est un travail aussi sur soi-même, se dire qu'en fait, on ne va pas moins coucher finalement. Moi, c'est mon cas. Si, un peu moins, mais ça me fait du bien. Ça fait du bien à un moment donné. C'est pour ça que des fois, quand on cherche, il faut peut-être essayer de dire vraiment la vérité sur son profil. C'est ce que je voulais rebondir sur Alban. Peut-être que finalement, ça ferait du bien et on perd moins de temps finalement. Voilà.
j'aime bien la conclusion de dire sortons et notamment venons à des rencontres entre auditeurs où on a des gens délicieux tels que vous que je remercie vraiment c'était une première de j'ai pas préparé la thématique avant et j'y vais sans savoir et je vous remercie vous avez postité très bien c'était vraiment cool merci Denis et à bientôt tout le monde