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Bonjour et bienvenue pour ce nouveau Cercle de Paroles. Notre thème aujourd'hui, c'est sexe gay, ses quatre conseils méconnus si tu as des blocages ou des peurs. On va partager des idées et des inspirations pour dépasser peur, autocensure ou ce fameux sentiment d'incapacité. C'est toi, David, qui va nous aider. Coucou David. Coucou.
David Friboulet, tu es psy et sexothérapeute, tu te spécialises depuis 20 ans dans l'accompagnement des hommes gays et queers. De ces 20 années d'expérience, tu vois 4 conseils piliers clés que tout le monde pourrait appliquer pour s'épanouir. Alors on va les partager et pour le faire et les illustrer avec des vrais gens et des vraies anecdotes, justement j'ai 20 auditeurs qui sont avec nous.
Coucou. Coucou, vous. Trop bien. Magnifique, ce Youhou. J'ai pas dit, mais David, tu es le coordinateur, ici, à Paris, du SESAM, de l'association ENIPS. C'est un dispositif de soutien psy LGBT+. Et on enregistre dans vos locaux. Merci pour l'accueil. Je t'en prie. C'est un vrai plaisir.
Cliqueti, cliqueta, merci. Pour ceux d'ailleurs qui nous écoutent et qui veulent venir au prochain live, il faut rejoindre le groupe WhatsApp de ta ville pour être tenu au courant des prochains lives. Il faut aller sur actifoupassif.com. Et j'aimerais qu'on commence sans plus attendre. Franchement, c'était mon intro la plus courte, mais je parle peut-être un peu trop vite d'ailleurs. J'ai envie qu'on commence avec toi, Jérémy.
Donc juste avant, coucou, juste avant là pour dire aux auditeurs qui sont jamais venus et qui ont un peu d'appréhension de venir, en fait pendant une grosse heure on atterrit ensemble, on se met en petit groupe, on fait des petits jeux, on répond à des questions et c'est ça qui nous permet de chacun ou ceux qui veulent mettre sur un petit post-it le truc qu'on pourrait dire en lien avec son sujet. Donc quand je parle de post-it...
C'est ça auquel je fais référence. Toi, Jérémy, la peur ou le blocage que tu as mis sur ton post-it, c'est des complexes physiques. Est-ce que tu es à l'aise d'en dire un peu ? Oui, bien sûr. Moi, mon gros complexe a été... D'abord, ma découverte de la sexualité gay a été dans les lieux de Sona, les lieux de Partouz, etc.,
Et ce sont des lieux qui ont un rapport au physique qui est particulier. Tu en as déjà abordé dans certains de tes précédents podcasts. Et le sentiment de rejet dans ces lieux-là que j'ai vécu en arrivant à Paris à 20 ans de ma province...
a été très difficile. J'avais un moment, j'avais fait 25 kilos de plus dont je les ai perdus en très très peu de temps, en 3-4 mois pour justement pouvoir me dire que je pourrais plaire dans ces lieux-là, me conformer à l'image et à ce qui est attendu de moi ou à ce que je pensais qui était attendu de moi dans les Sonagais.
Et pendant un long moment, ça ne marchait quand même pas parce que je me trouvais trop poilu ou malgré la perte de poids que j'avais eue, j'ai encore une petite excroissance du ventre, de la peau en fait, qui fait que je suis hyper mal à l'aise avec ça. Après, c'est comme je disais dans des moments de icebreaking au début du groupe, je suis mal à l'aise avec l'idée de perdre un peu les cheveux sur les tempes. Donc voilà, je vais vous regarder pour faire la...
La cryolipolyse, la grève des cheveux, pour tout ce qu'il y avait à faire. Je n'ai encore rien fait, mais je suis encore là-dedans. Tu disais que tu as découvert ta sexualité en venant de ta province. Tu veux la nommer ? Montélimar.
Et en fait, toi, ta première connexion avec de l'intime avec un autre homme, la sexualité avec un autre homme, je comprends que c'est dans des saunas. Exactement, au Sun City à Paris, à 21 ans, donc assez tard par rapport à la moyenne et jamais avant. C'est toi qui, c'était volontaire, c'est toi qui a choisi d'aller dans cet espace-là, tu le voulais ou ça t'est un peu tombé dessus ? Non, non, je voulais, j'avais peur en y allant au début, surtout que je ne connaissais pas les codes, après je les ai appris, ils ne sont pas...
Ils sont assez simples à comprendre, mais c'était une volonté aussi. En fait, je ne savais pas faire autrement. J'ai peur des applis parce que j'avais peur d'aller chez quelqu'un ou qu'on vienne chez moi. Ça, c'est quelque chose qui m'a toujours et qui toujours d'ailleurs me bloque et je le fais très peu ou je le fais quasiment pas.
Donc, je voulais aller dans un lieu où tout le monde était là pour ça, où on le savait et où je me sentais à peu près en sécurité. Alors, j'étais en sécurité physique au sens qu'il ne m'arriverait rien de tomber sur quelqu'un qui voudrait quelque chose et que moi, je ne voudrais pas. Mais par contre, sécurité émotionnelle, ça, c'est pas... ou psychologique, c'était moins sûr. Tu parles de rejet. Est-ce que tu peux nous ramener à la dernière fois ou à une fois en particulier ? C'est quoi ce rejet que tu as beaucoup vécu par rapport à ton physique ?
Alors maintenant ça va un peu mieux quand même, là j'ai quasiment 30 ans donc ça fait 8-9 ans que j'y vais donc ça va mieux mais encore une fois récemment, il y a un mois et demi j'en parlais aussi à maman tout à l'heure, j'ai été à l'Impact pour pas le nommer à Paris qui est un lieu de rencontre homosexuel naturiste donc assez spécial parce qu'on est vraiment tous nus.
Et il n'y a aucune barrière là-dessus. Et d'habitude, ça ne se passe pas trop mal maintenant. Mais là, la dernière fois, il y a un mois et demi, j'étais allé dans des conditions qui n'étaient pas bonnes, où je prenais un nouveau poste juste après, où je revenais d'un train, j'étais fatigué, etc.
Tu prenais un poste, ça veut dire que ton boulot changeait ?
Et quand on ne se trouve pas attirant, on n'attire pas et je n'ai pas du tout réussi à connecter avec qui que ce soit. Ou alors les personnes avec qui je connectais ne me plaisaient pas, enfin qui connectaient avec moi mais moi je ne connectais pas avec elles du coup. Et donc c'était après des pensées envahissantes qui arrivent très vite en se disant mais de toute façon tu n'y arriveras pas, de toute façon tu n'es pas en couple, tu n'es pas comme tout le monde.
après tout de suite c'est les idées ça va sur beaucoup plus loin en fait en se disant mais si t'étais pas homo tu serais avec une fille tout serait beaucoup plus simple et en se disant ça à 3h du matin à l'impact c'est pas comme ça qu'on a une érection évidemment et qu'on plaît ou qu'on arrive à faire quoi que ce soit et l'erreur que j'ai faite à ce moment là c'est de vouloir rester je sais que ça m'était déjà arrivé avant mais dans ce cas là il faut rentrer chez soi aller se coucher peut-être se branler et puis voilà laisser passer le truc et moi j'ai insisté
Est-ce que tu as déjà été, tu parlais de rejet, donc je comprends bien la mécanique c'est dépenser envahissante, mais il n'y a pas, et du coup tu te sens rejeté, mais il n'y a pas quelqu'un dans ces espaces qui vient te voir en te disant tu es trop ceci ou pas assez cela, c'est pas ça la dynamique.
Non effectivement parce qu'on se parle pas de toute façon en général on se parle pas donc c'est par les gestes et le regard que ça passe et c'est plutôt moi je fais assez peu d'approches de base parce que j'ai tellement peur d'être rejeté donc j'attends plutôt qu'on vienne vers moi donc quand on vient vers moi je suis très content et que la personne me plaît et si parfois je fais quelques approches donc là au bout d'un moment quand je vois que ça marche qu'on vient pas vers moi je vais un peu vers quelqu'un qui me plaît et il enlève la main donc évidemment j'arrête tout de suite.
c'est ça que tu appelles rejet mais un rejet c'est ouais non en fait non et parfois il y a des rejets qui ont juste on s'approche de la personne et elle vous bloque la main très brutalement c'est des rejets qui sont pas du tout bienveillants ouais on peut rejeter évidemment mais il y a des manières de faire et voilà et bon après on le fait tous aussi parfois je ne suis pas exemple de ça et je sais que je ne suis pas parfois il y a des moments où je ne me rends pas compte etc mais quand on le vit c'est vrai que c'est pesant hum hum
C'est cliqueti de soutien. C'est marrant parce qu'il y a une dissonance en moi entre ce que tu dis, et je te remercie, c'est super vulnérable, et l'assurance que je sens émaner de toi ?
Oui, parce que j'ai l'habitude de parler en public dans mon boulot. Je ne suis pas timide de base. J'aime beaucoup parler de ces sujets-là. Merci encore pour ton podcast, parce que c'est une belle occasion. Cool. Est-ce que Julien, et je te propose qu'on écoute Julien et après David, tu peux rebondir. Julien, sur toi, ton post-tit, tu as dit « J'ai peur qu'on ne me trouve pas assez beau, bon ou bien ».
notamment une fois que je me suis dévoilé dans l'intimité
Donc pour développer, moi j'ai souvent un peu cette peur qui vient après d'avoir rencontré quelqu'un. Bon déjà ça aussi ça arrive avant quand on a un rejet par exemple via des applications de rencontre etc. Ça m'arrive de le ressentir. Mais c'est en général sur les applis virtuellement, je trouve que c'est moins prégnant à partir du moment où on n'a pas déjà rencontré la personne. Après moi ce qui me fait le plus de mal c'est quand...
j'ai rencontré quelqu'un ça s'est bien passé et que après soit la personne disparaît soit la personne n'est pas intéressée ce qui est tout à fait légitime il n'y a pas de problème avec ça mais que à chaque fois je vais me dire ah non mais c'est parce que en fait j'ai ça qui est pas bien j'ai tous ces complexes qui vont se réveiller qui vont faire que ah mais en fait c'est pour ça mais en fait ça c'est dommage parce que je peux pas le changer
en fait toute cette série de blocages qui vont se dire systématiquement même si la personne va dire en face le fameux c'est pas toi c'est moi mais même quand c'est très mieux dit que ça je vais toujours me dire ouais il y a un truc qui va pas chez moi je suis pas suffisamment voilà bien bon au sens performant par exemple ou assez beau parce que j'ai des complexes qui prennent le dessus à partir du moment où il y a une sensation de rejet après et je sais que c'est un biais mental
Mais en fait, il est là quand même. Ouais. Est-ce que tu veux faire l'exercice terrible de nommer un complexe, le pire ?
celui qui me pèse le plus en ce moment tous les jours c'est ma calvitie qui grandit ça ça me saoule parce que je suis entre la question de l'acceptation mais en même temps il faudrait faire un truc et me dire non mais j'ai pas envie de dépenser je sais pas combien pour aller faire des implants en plus on entend tellement d'histoires sur les implants en Turquie qui marchent mal que non en fait j'ai pas envie de sauter ce pas j'aimerais bien faire une démarche d'acceptation mais bon pour ça il y a
Il y a des psychologues qui sont très efficaces aussi pour aider. Mais du coup, tu as l'impression que cette calvitie fait que les gens te rejettent.
Oui, quand je n'arrive plus à la dissimuler, c'est-à-dire quand je me suis dévoilé, c'est un complexe où je me dis que c'est ça qui fait que machin ne va pas me reparler. Vous parlez à quelqu'un qui a une énorme calvitie, donc je suis à fond avec vous. Mais franchement, j'ai un message d'espoir. Je ne sais pas ce que David va nous dire, mais moi j'ai vraiment réussi à changer mon regard sur moi.
et je raconterai après comment j'hésite David entre faire parler Guillaume qui en fait est en face de Julien c'est à dire Guillaume il dit sur son post-it moi quand j'arrive pas enfin quand la personne en fait me plaît pas je sais pas comment lui communiquer sans lui faire du mal ou est-ce que t'as l'impression que t'as envie de ouais je pense que c'est bien éventuellement de reprendre un petit peu les témoignages de Jérémy et de Julien
C'est plutôt une autre démarche, c'est-à-dire que là, pour Guillaume, le contact est déjà établi, on va dire. C'est intéressant ce que vous dites. Tu ne veux pas que je parle de ma calvitie non plus ? J'ai le droit du coup de dire, David, que tu n'as pas de cheveux. Voilà, c'est ça, et depuis longtemps. Ah ouais ? À quel âge, toi ?
Oh, très très longtemps, mais comme je les rasais, j'avais trouvé la solution très tôt. C'était une mode d'avoir les cheveux rasés, donc tu subis pas le processus. Par contre, la calvitie peut vraiment causer un problème lorsqu'on considère que ces cheveux sont un élément important de ton esthétique. Plus que les autres d'ailleurs, et c'est le problème de tous les hommes en général.
Et une fois qu'on a dit que c'est preuve que tu as un très très bon ton de testostérone, ça ne suffit pas à accepter. Donc effectivement ça peut être un processus un peu long qui peut créer même parfois ce qu'on appelle de la dysmorphophobie, c'est-à-dire de se voir et d'amplifier la façon dont on se voit.
Je trouve que ce que Jérémy disait, c'était très important, c'est la façon dont l'état d'esprit dans lequel on rentre dans un rapport à l'autre, soit un rapport de drague, soit un rapport sexuel direct, puisque tu parlais plutôt de lieu de sexe, et ça c'est super important.
Ça veut dire est-ce qu'on fait de la sexualité par habitude ? Est-ce qu'on fait de la sexualité pour se désangoisser ? Est-ce qu'on s'accorde de la sexualité pour s'accorder un moment de plaisir ?
Dans quel état d'esprit on part ? Parce que ça, ça va impacter comment moi je reçois le rejet, c'est ça ? Alors ça va impacter avant même le rejet, l'auto-censure et l'auto-rejet, ces pensées envahissantes dont tu parlais. Comment faire cesser toutes ces pensées qui disent que...
Voilà, je perds mes cheveux, j'ai un sexe trop petit, je suis trop poilu. Enfin, peu importe, mais toutes ces pensées, elles viennent assez naturellement. Donc, c'est d'ailleurs pour ça que beaucoup d'hommes, lorsqu'ils sortent, ils prennent de l'alcool, voire de temps en temps des substances, parce que ça suspend ces pensées envahissantes. Voilà, on se désinhibe et on se centre...
plus sur l'excitation et le ressenti corporel peu importe le corps qu'on a en rapprochant légèrement ton micro de ta bouche David sachant que tu fais très bien j'ai décidé de sortir je suis avec un groupe d'amis il y a un gars qui est mignon et je commence à avoir plein de pensées intrusives ou envahissantes ah merde en fait j'ai du bide ah ma calvitie ah j'ai pas les dents qu'il faut
Est-ce que je fais quoi en fait ? T'aurais des conseils ? Est-ce que je pars ? Est-ce qu'il y a des trucs qui peuvent fonctionner ? Alors déjà, ça dépend de ta construction sexuelle et de tes expériences. Mais dans vos deux expériences par exemple, il y a dû y avoir des moments où ça se passait bien ?
Et où vous vous sentiez désiré et où vous avez désiré l'autre. Donc, aller convoquer les expériences positives quand on est en plein dans le négatif et la rumination et la dévalorisation de soi...
C'est important. Et peut-être repenser à quel état d'esprit on était. Est-ce que justement, à ce moment-là, je sortais pour absolument pécho et ça m'obsède ? Et comme ça m'obsède, je vais me mettre une pression d'enfer. Et en me mettant une pression d'enfer...
eh bien le négatif, ou si ça ne le fait pas comme je veux, va venir. Le cerveau va vous donner des raisons. Alors que les fois où éventuellement vous étiez sorti un peu cool, avec des rencontres au hasard, peut-être que ça s'était mieux passé. J'ai une question pour Julien ou Jérémy. Est-ce que vous avez déjà eu un rapport sexuel avec quelqu'un qui vous a dit « t'es très beau », avec quelqu'un où vous avez vu dans ses yeux ?
qu'il était content d'être là, content d'être là avec vous. Ça vous est déjà arrivé, tous les deux, Jérémy ? Oui, ça m'est arrivé. Julien ?
Oui aussi. Je suis d'accord avec le fait que c'est dur parfois de convoquer ces souvenirs-là quand on est dans une spirale. Oui. Excuse-moi Jérémy, d'ailleurs je t'ai coupé. Mais vas-y, tu peux t'aller dire quelque chose ? Non, non. Oui, ça m'est arrivé. Mais justement, à ces moments-là où la personne pouvait me dire « t'es beau », etc., j'ai toujours la pensée immédiate « oui, il dit ça pour être gentil ou parce qu'il veut faire son truc ». Mais il ne le pense pas. Oui.
Oui, c'est vrai que j'arrive parfois, en général, quand j'ai des débuts de pensée comme ça dans les lieux gais, à me dire « Oui, mais souviens-toi, la fois d'avant, ça s'était bien passé parce que tu étais à l'aise. » Après, ce qui s'est arrivé cette fois-là, il y a un mois et demi, c'était l'accumulation de petits signaux négatifs et à un moment, on n'arrive plus à faire face. C'était l'état d'esprit. C'était l'état d'esprit. Après, c'était fini.
Moi, c'est vraiment le truc parce qu'on parle de calvitie et tout. Moi, j'ai une grosse calvitie et j'ai trouvé ça super dur au début et j'étais vachement inquiet. Ça a énormément impacté ma capacité à rencontrer. Donc, ma première astuce, c'était de me prendre en photo avec parce que moi, je suis sur les apps de rencontre. Donc, je suis là. Franchement, je te fais des photos où je pense que je suis un peu plus beau qu'en vrai.
Oui, j'ai eu dans le bon sens. Et donc, je te montre tout ce que je pense être des défauts. Comme ça, les gens qui me connectent avec moi, ils en ont envie. Et là, ce qui s'est passé depuis, je dirais, le podcast depuis deux, trois ans, en fait, c'est que je cumule mon cerveau connecte à tous ces hommes magnifiques.
qui m'ont dit que j'étais beau ce qui fait qu'en fait aujourd'hui quelqu'un qui me rejette parce que j'ai de la calvitie n'a vraiment plus d'impact sur moi parce que je convoque tous les gens et il y en a eu et en fait je pense qu'on est toujours beau dans le regard de quelqu'un et ça m'a vachement aidé ça et voilà c'est tout. David ? Oui et puis il y a aussi par exemple lorsque tu as ces pensées envahissantes elles s'entraînent par exemple Jérémy tu disais bien sûr j'ai pas d'érection
et moins tu bandes moins tu vas bander donc la question c'est est-ce que je diffère un peu cette notion d'exigence et est-ce que je vais quand même aller voir ce que ça fait si on me caresse laisser faire les choses plutôt dans les sensations du corps et voir ce qui vient parce que si tu laisses la tête prendre le dessus t'es coupé de ton corps complètement
Est-ce qu'on ne peut pas aussi choisir des stratégies qui font que ce contexte nous est plus favorable ? J'entends notamment pour toi, Jérémy, que tu continues à aller dans des lieux gays qui me semblent être, pour moi, mon petit avis, des endroits où, justement, il y a beaucoup plus de compétition, c'est beaucoup plus froid. C'est-à-dire, moi, je sais que je choisis des façons de rencontrer les gens où je suis peut-être plus à l'aise,
Et je me demande dans quelle mesure, un des conseils qu'on peut donner aussi, c'est dans quel setup, c'est dans quel format que je me sens moi le plus en confiance ?
— Alors oui. Et du coup, j'ai retrouvé mon idée. Mais qui fait quoi à ton intervention et à ta question ? On peut toujours plaire à quelqu'un. L'enjeu aussi, c'est est-ce que la personne te plaît ?
C'est ça, par quel type de mec tu es attiré. Et voilà, si tu as le modèle des acteurs porno et que tu leur cours après, il y a 50% de chance que...
Si tu ne fais pas des injections de testostérone, tu ne l'es pas. Ça ne veut pas dire qu'il faut se contenter de quelque chose qu'on ne veut pas, mais effectivement, choisir des lieux un petit peu sécurisés. Sécurisant aussi ? Sécurisant pour soi. Pour se sécuriser...
Il faut établir un cadre avant, un cadre d'échange, parce que dans les lieux d'échange sexuel, le cadre de sécurité est là, mais quoique avec les drogues, pas toujours, une fois que tu es dans une cabine, mais le lien sécurisant n'existe pas du tout.
Enfin, t'es sûr de toi. En gros, ce que tu dis, c'est on est tous dans notre rapport à soi, notre estime à soi, très impacté par l'environnement et l'environnement, on peut se le créer. Donc, je fais un date avant de coucher avec la personne ou je rencontre qu'en ligne ou je rencontre que hors ligne ou...
Je ne fais que des lieux de cruising, etc. On peut choisir l'espace et l'environnement. Attaché à cet espace, il y a des cadres de communication « obligatoires ». Sur Grindr, on est obligé de taper des petits mots sur un clavier. Or, dans un espace de cruising ou un sauna, ce que j'ai compris que tu voulais dire, David, c'est qu'il y a des codes qui ne sont pas forcément sécurisants pour tout le monde. Et il y aura peu de mots.
C'est quasiment qu'implicite. C'est ça, mais il y a des gens qui trouvent ça super sécurisant. Tu ne penses pas ? Plutôt excitant que sécurisant, sans doute. Très rapide et très direct. Mais je n'appellerais pas ça sécurisant. En tout cas, si on recherche quelque chose de...
de son désir, après on peut être très très à l'aise avec le principe de voilà ce que je veux, il veut ça ce signe fait comprendre qu'on est d'accord et on part mais quand on a des problèmes parfois à être dans ces endroits
ces petits gestes implicites ne sont pas du tout sécurisants. Ils peuvent être violents. Moi, j'ai une façon de me sécuriser, c'est d'être validé par l'autre. Est-ce que ça, c'est une petite stratégie qui va dans le sens de ce que tu dis ? C'est-à-dire, moi, je crois que j'ai des interactions parfois avec des gens où la personne me met un peu à distance ou bien je lui fais des compliments, mais il n'y a pas de compliments en retour. Et je crois qu'une manière de me sécuriser, c'est aussi de lui demander...
s'il me trouve beau, quoi. Et... Non, tu me regardes, David, avec des yeux en me disant qu'est-ce qu'il me raconte là ? Non, non, mais c'est bien. Tu mets tout sur la table, mais il y a beaucoup de personnes, naturellement, qui vont attendre qu'on leur dise ça. Et qui vont espérer et qui vont essayer de mesurer progressivement
la notion de réciprocité d'intérêt et ça dépend où tu es tu vois dans un lieu de consommation sexuelle oui on peut te trouver beau mais il va y avoir plus beau là tu demandes tu vois on se mettrait dans la pièce de 0 à 100 je sais pas où ton partenaire te mettrait
Mais c'est d'ailleurs pour ça que moi je vais pas dans des ou je vais très rarement dans des lieux de sauna et de cruising justement parce que c'est pas l'espace de sécurité et c'est le moment où toutes mes pensées intrusives envahissantes explosent parfaitement. On vient là de donner un de tes conseils piliers
On peut se le dire, on se le note parce qu'on en a quatre. Communication pour créer confiance et sécurité. Et justement, c'est en fait, dans notre chemin d'épanouissement, choisir des endroits, des moments et des gens qui nous permettent de créer le bon cadre pour nous.
et un super important et deux on a du pouvoir sur ce cadre et on peut choisir en tout cas c'est normal qu'on ait des soucis à être épanoui ou des peurs ou des freins si on n'a pas ce cadre là et peut-être que ce que j'entends chez Jérémy c'est que peut-être que le lieu de cruising ne t'offre pas le cadre de confiance et de sécurité dont tu as besoin et c'est une question qu'on peut se poser que chacun d'entre nous peut se poser
Déjà, pour préciser la notion de confiance, c'est confiance en soi, déjà, et après, un peu de confiance en direction de l'autre. En même temps, il y a des gens qui sont très à l'aise dans les lieux de rencontre, donc c'est pas... Je pense que...
— La notion de... Parce que là, du coup, on aborde aussi la question de la perception de son corps. Et il y a aussi une grande diversité des... Même s'il y a une communication et une culture très stéréotypées dans le milieu gay et queer, il y a quand même une grande diversité des goûts, aussi pour de la différence, parfois.
Et ça, il ne faut pas l'oublier. Si on se laisse enfermer dans « c'est comme ça que ça se passe, c'est l'injonction que je reproduis sur moi »,
Alors que je peux plaire à d'autres, ça peut être très enfermant et insécure. Guillaume, sur ton post-it, tu as dit « j'ai peur de blesser un partenaire quand je me rends compte que j'ai un blocage physique ». Tu veux en dire un peu plus ? Oui, notamment ces derniers temps, j'ai fait la rencontre d'un garçon. On est allé dans un bar, on s'est rencontré…
via Grindr mais d'une manière on va dire un peu plus inhabituelle dans le sens où il n'y a pas eu d'échanges de nudes où on s'est pas chauffé à ce que moi j'ai pu expérimenter par mon passé et par mes rencontres via ce réseau social et on a fait une première rencontre, un pre-date qui s'est très bien passé et le deuxième pareil aussi
Et il m'a dit qu'il suspectait d'avoir une IST, donc qu'on ne pourrait pas faire quoi que ce soit ce soir-là. Et ce que j'ai tout à fait accepté, au contraire, je l'ai rassuré parce qu'il n'était vraiment pas à l'aise de me le dire. Et j'ai dit « au contraire, c'est plutôt cool de ta part de me le dire ».
Et du coup, on n'a rien fait ce soir-là. On n'allait rien faire, on s'est un petit peu chauffé, donc on a découvert nos corps respectifs. Et c'est vrai qu'en fait, j'ai un fantasme pour un certain type de corps et je me suis rendu compte qu'il n'appartenait pas à cette catégorie-là.
Et c'est chiant en fait parce que sur le reste j'ai passé une bonne soirée avec lui. Quand j'ai vu ses photos, il ressemble à ses photos, c'est pas là non plus le problème. Mais ouais au niveau sexuellement parlant on va dire j'ai senti un peu un blocage de ma part.
Et ça m'a un peu emmerdé parce que du coup, c'est potentiellement quelque chose qui pourrait le complexer. Et là où il m'a posé la question si sexuellement on était compatibles, et je lui ai dit que quand on a pu...
Et je lui ai dit que j'avais passé un très bon moment et que pour moi, le lien que j'ai avec lui était important, plus important que ce qui peut se passer au lit. Mais je me rends compte qu'en fait, c'est plus compliqué pour moi. C'est quoi ton fantasme ?
J'ai un fantasme pour les sexes épais, on va dire. Et en fait, je me suis demandé si mon fantasme n'était pas plutôt une préférence, voire une condition. Et en fait, ça m'emmerde. Tu te sens enfermé, quoi. En fait, j'aimerais dépasser ce truc-là et me dire est-ce que vraiment la personne, elle ne peut pas être plus importante qu'un trait physique, mais en fait, sexuellement parlant.
Ça bloque pour toi ? Parce que du coup, toi, en tout cas sur les photos, toi, tu n'as pas d'autres critères ? C'est pour ça qu'en fait, tu le dates ? Je le date parce qu'on a échangé et que c'était très cool. On partage plusieurs centres d'intérêt. Tu le trouves beau physiquement ? Oui, il est très beau physiquement. C'est quoi pour toi beau physiquement ?
C'est dur comme question parce qu'il y a beaucoup de corps que je trouve beaux, mais c'est quelqu'un qui prend soin de soi. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il va choisir, il va savoir...
Désolé. Il sait choisir ses vêtements. Il aime bien s'habiller. Il fait quelques soins. Il va chez le coiffeur très régulièrement. Il a un joli sourire et de beaux yeux. Et du coup, quand tu le vois nu, tu trouves son sexe pas à ton goût ?
Et à partir du moment où tu te rends compte de ça, est-ce que tu arrives à mettre des mots sur ce qui se passe dans ton cerveau ? Est-ce que tu as des pensées intrusives ? Qu'est-ce qui se passe dans ce moment-là où tu te dis « Ah, je suis moins excité ». J'ai des pensées intrusives. Ce n'est pas à ce moment-là que je vais communiquer avec lui sur ce sujet. De toute façon, je ne vais pas dire directement ce truc-là. Je lui ai dit que sexuellement, on va dire qu'on n'est pas connecté sur tous les plans. Mais toi, dans ta tête, il se passe quoi ?
Dans ma tête... Donc là, tu l'as dénudé ? Ouais. Du coup, je suis curieux. Donc, il a une IST, mais on se dit qu'on va se mettre tout nu sans se toucher ?
il a une IST on caresse nos corps respectifs et c'est tout et on s'est revus après derrière et là on a couché ensemble et donc du coup à quel moment donné t'as vu son sexe ? je l'ai découvert sans le voir parce que du coup on était dans le noir la fois où il m'a dit qu'il avait une IST pas mal du coup c'était excitant aussi donc là tu sens, tu touches et tu sens qu'il est pas assez épais qu'est-ce qu'il se passe dans ton cerveau ?
Dans mon cerveau, je me dis, c'est pas grave. Et en vrai, ça me fait un peu chier. Et en fait, je compare avec des expériences ou avec d'autres hommes que j'ai pu connaître. Et je me dis, j'ai l'impression de ne pas pouvoir prendre autant de plaisir qu'avec un homme qui aurait un sexe un peu plus épais. Est-ce que tu as envie de formuler une question pour David ?
Est-ce qu'on peut... En fait, moi, je me pose une question à moi-même. Est-ce que ce fantasme n'est finalement pas une préférence ou une condition chez quelqu'un ? Mais en fait, est-ce qu'on peut surpasser ce critère quand le reste, ça fonctionne bien, on va dire ?
Et est-ce qu'avant que tu réponds, David, le reste d'entre nous peut cliqueter si vous aussi, vous avez l'impression parfois d'être enfermé dans certains critères ? On est... Levez la main. On est à la moitié. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7. Ouais. La moitié d'entre nous. Moi aussi, je me sens... Ouais.
Je crois que tout le monde l'est un petit peu. Tu veux dire que la moitié des gens la mentent ? J'aime, j'aime, comment ça ? Moi, j'ai cliqueté. Je crois que tout le monde l'est un petit peu dans la façon dont il s'est construit sexuellement avec la sommation de toutes ses expériences sexuelles, où il sait que certaines images, certaines parties du corps, certaines pratiques, certains types de mecs les excitent plus que d'autres.
Après, on peut garder une diversité et parfois on se fétichise, c'est-à-dire on referme le champ de l'excitation sur ce qu'on préfère. C'est tout à fait un droit. Après, souvent, ces champs d'excitation, c'est un peu difficile de les élargir au champ affectif et de les lier.
C'est ça le problème, ça peut être une très bonne sexualité, mais pour tout trouver en magasin, on a du mal à trouver... Oui, quelqu'un qui a à la fois un sexe large et qui a...
– Donc je fais comment ? – Après, tu fais comment ? Ça dépend quel mode de vie tu veux avoir. Est-ce que c'est un engagement affectif que tu projettes avec l'homme que tu rencontres ou c'est juste un homme de passage ? Est-ce que si c'est un engagement affectif, est-ce que pour toi…
l'exclusivité est importante ou pas importante ? C'est-à-dire, est-ce que je peux continuer à vivre un petit peu mon fantasme et un petit peu ma fétitisation, mais aussi enrichir ma vie et d'autres choses ? Et inventer une autre sexualité ? Parce qu'en fait, c'est ce qui fait peur tout de suite, puisque j'ai l'impression, tu me contredis, c'était dans une logique de date et dans une logique de date où en fait, on essaye d'aller plus loin à chaque fois qu'on se revoit.
Et après tu t'es dit je peux pas me projeter comme ça, ça va m'enfermer complètement et j'ai pas d'autre possibilité que de désinvestir la sexualité avec lui. Or t'aurais peut-être pu l'investir un peu ?
Mais du coup question ouais, moi j'ai un fétiche ou un truc vraiment comme Guillaume, bon on partage le même prénom mais tu vois il y a des gens là qui nous écoutent qui se sentent limités par leur désir et là tu proposes à Guillaume de quand même investiguer c'est à dire donc là j'ai face à moi un sexe que je trouve par exemple trop petit dans mon imaginaire sexuel donc tout de suite dans le moment où on est tout nu mon excitation elle baisse
Qu'est-ce que je peux faire ? Est-ce que ça s'apprend, l'élargissement dont tu parlais ?
Alors soit on peut tout remballer, si on a la chance de pouvoir bander, y aller mécaniquement, mais souvent le corps ne suit pas, soit essayer de ralentir et de sortir du script habituel.
pour essayer de... Est-ce que je peux être excité autrement avec cet homme ? Par la façon dont il va me toucher, par la façon dont je vais l'embrasser, par peut-être sa pilosité. Enfin, je me décentre de mon fétiche, là, pour essayer de voir. Après, ça peut ne pas le faire, mais c'est aussi possible. Et puis, c'est aussi repartir dans le corps. Je disais... Parce que si tu te bloques dans tes pensées en disant « Non, mais c'est pas possible »,
elle n'est pas assez large c'est les pensées je ne sais pas si je réponds à ta question oui merci David et justement quand je me suis rendu compte de ça il y avait deux choses la première c'est que j'avais l'impression de m'auto-saboter
en essayant de chercher l'homme parfait qui n'existe pas et du coup il y a une première partie qui me dit oui je sais que je peux pas tout avoir je le sais mais la partie sexuelle elle reste importante pour moi dans quelle mesure je peux je peux amener cette partie sexuelle différemment si c'est pas avec cette personne et du coup je lui ai demandé comme c'est assez récent cette relation
qu'est-ce qu'il en penserait éventuellement d'ouvrir, de se laisser une liberté au niveau sexuel. Et il était tout à fait d'accord. Il a déjà fait un ou plusieurs couples libres auparavant. Il m'a confirmé dans le sens que ça ne le dérangeait pas à partir du moment où ça ne restait que sexuel et que lui, même s'il peut aller chercher...
aussi la partie sexuelle chez d'autres personnes, qu'il n'allait pas approfondir des relations, on va dire, plus romantiques. Ou il n'est pas polyamoureux. Tu lui as dit cet enjeu de la taille du pénis pour toi ? Non, parce que j'avais peur que justement le blessé ou potentiellement que ça crée un complexe qu'il n'a pas. Parce que la plupart de nos complexes, c'est des choses que nous, on n'a pas remarqué au début. En comparant ou...
où quelqu'un nous dit que, et paf, le complexe se crée dans notre tête. Donc voilà, je n'avais pas spécialement envie de créer son complexe ou de l'alimenter s'il était déjà existant. Est-ce que tu as eu beaucoup de rapports sexuels avec des groupes, des pénis épais comme tu aimes ?
Oui, en vrai, assez pas mal. Je pense que les premiers hommes avec qui j'ai couché avaient des pénis qui étaient assez larges. En fait, ma question, c'est est-ce qu'on peut épuiser un kiff, un fétiche, c'est-à-dire...
En fait, il y a plusieurs chemins. La sexualité, ça s'apprend, donc je reconditionne mon rapport au désir. Notamment, tu en as parlé un peu, j'essaye de sortir de ce fétiche. Puis il y a un autre chemin qui est, tu en as aussi parlé, j'y vais à 200%, c'est-à-dire sur mon profil, j'écris « j'aime les pénis épais » et j'assume en fait, et je le dis.
Et du coup, j'assume qu'il y a une partie de ma sexualité qui est en lien avec ça, ce qui n'interdit pas une autre partie de sexualité. Il y a aussi ce chemin-là qui est... Et est-ce qu'à un moment donné, je peux, à force d'avoir de la bite épaisse, me laisser surprendre par d'autres choses ? Est-ce que m'interdire un fétiche ne le rend pas plus puissant ? Et l'exhauster, le fatiguer, je peux m'en libérer ? Bof ?
— Je sais pas si le mot « s'en libérer » est approprié. Il faudrait qu'il soit source de souffrance, si tu utilises « s'en libérer ». — C'est le cas de Guillaume, un peu, qui dit qu'il s'est enfermé, non ?
— Ouais. Après, d'une certaine manière aussi, j'ai pas spécialement envie de mettre ça dans un profil parce qu'il y a deux choses. C'est justement... Pour l'autre, j'ai l'impression que ça reste un enjeu. Et du coup, s'il répond pas à mon critère...
C'est quelque chose qui, j'ai l'impression, qui est très superficiel et j'aimerais dépasser ce truc-là. Mais en même temps, c'est un moteur de mon désir sexuel. Donc, pourquoi pas l'assumer ? Oui, tu peux tout à fait l'assumer. Le kiff, je ne sais pas si tu peux l'anéantir, mais...
Parfois, la vie te fait rencontrer des choses où tu te laisses surprendre. Alors peut-être plus... Je vais faire un peu de lagis, mais plus tu avances dans la vie, plus...
Peut-être que tu vois un petit peu plus globalement une personne. Et aussi, tu gères ta sexualité différemment. Et donc, tu as effectivement un menu plus réduit, mais beaucoup plus nourrissant. Donc, peut-être que...
Que tu peux, tu peux à un moment passer et puis à des moments tu te dis « bah non, ça j'ai envie que ce soit principal pour moi parce que ça me motive, ça me fait kiffer et ça va participer à mon sentiment amoureux même peut-être, en tout cas à l'intimité érotique ».
Ça fait mention de deux de tes conseils clés. Justement, l'idée, c'était sexe gay, c'est quoi un peu les conseils méconnus ou en tout cas, les questions que je peux me poser pour cheminer. Tout le monde peut les appliquer. Le premier, c'était « mais qui fait moi ? », c'est-à-dire être en capacité de mettre en mots ce que j'aime, ce que j'aime chez l'autre, ce que j'aime moi-même.
Et on a déjà parlé d'un autre pilier qui était la communication. Et moi, j'ai l'intuition, Guillaume, mais je ne suis ni psy, ni médecin, mais je vais te partager mon intuition de podcaster. Dans le métier, c'est d'écouter les gens. En tout cas, c'est ce que je tente de bien faire. C'est qu'en fait, si toi et moi, on a un truc ensemble et qu'il y a cet enjeu de ta vérité sexuelle...
En fait, le fait que tu m'en protèges, c'est à la fois vachement bienveillant et tout, mais je trouve surtout l'expression du fait que tu n'assumes pas parce que tu trouves que c'est trop superficiel. Et ce qui va se faire, c'est que du coup, on ne peut pas se lier. C'est vraiment un point de vue personnel. Mais je pense qu'il le sait déjà. Je pense qu'il t'a demandé s'il n'y avait pas un souci. C'est qu'il sent qu'il y a un souci et que tu m'emprisonnes à ne pas me le dire.
et tu vois j'ai un peu ce donc j'entends que toi t'aimerais ne pas avoir ce désir mais c'est la réalité et c'est ça qui nous empêche entre toi et moi parce que moi imagine je suis petit pénis bah du coup j'ai du mal à comprendre notre communication elle est pas claire je sens qu'il y a un truc mais tu vois je te confronte un peu là et je sais pas du tout ce que tu devrais faire lui en parler ou pas j'entends comment tu essaies de prendre soin de l'autre mais peut-être que ta solution c'est d'assumer pleinement
tout en disant « je trouve que c'est un peu dommage et superficiel, mais c'est quand même une réalité ». J'entends ce que tu me dis, et pour le coup, j'essaie aussi de le protéger, parce que je pense que j'ai souffert peut-être d'autres complexes ou de questionnements, on va dire au niveau sexuel, ce que Julien a pu dire, est-ce que je suis assez bon, est-ce que je suis assez beau, est-ce que je plais assez ?
sexuellement parlant, etc. Et du coup, j'essaie de faire la démarche inverse, de protéger la personne qui, sur d'autres pans aussi, a besoin d'être un peu rassurée, notamment sur des messages qu'il enverrait assez régulièrement pour prendre des nouvelles, ce qui est très cool. Et je trouve que dans les relations,
J'ai pas besoin de parler à une personne tous les jours et je préfère pas tomber dans le « Salut, ça va ? T'as passé une bonne journée ? » plutôt que « Oh, j'ai pensé à toi parce qu'en fait, je suis passé devant une boulangerie, j'ai vu tes gâteaux préférés et du coup, je t'en ai rapporté. » C'est des choses simples et du coup, il y a de la demande de rassurer l'autre et j'ai pas envie de heurter ses sentiments en lui disant « Non,
Tu veux rebondir, David ? Moi, je partage plutôt la position de Guillaume. En plus, ça fait écho à ce que disait Jérémy. Une main qui te dégage violemment, ça peut marquer beaucoup. Et éventuellement, effectivement, une parole pas forcément nécessaire, ça peut marquer beaucoup et ça peut d'ailleurs, en plus, casser le lien qu'il est en train de construire.
A tes yeux, tu m'as réduit à ça. Oui, quand tu as dit que tu étais d'accord avec Guillaume, comme je m'appelle aussi Guillaume, j'étais perdu. Tu étais d'accord avec l'auditeur, pas le podcasteur. Peut-être une idée, c'est de mettre sur nos profils « je kiffe les pénis épais, mais je n'assume pas tout à fait » ou « je trouve que c'est dommage et superficiel ».
J'entends qu'il y a plusieurs façons de vivre et que tu n'es pas d'accord avec moi. Mais je trouve qu'il y a peut-être un chemin à m'assumer moi. Déjà de l'écrire. Et en l'écrivant, tu assumes aussi éventuellement si tu juges que c'est superficiel. Mais tu ne vas pas laisser les autres te dire que c'est superficiel. Tu vas juste l'assumer et tu verras bien ce que les autres te disent. Oui, bien sûr.
J'ai envie de terminer avec Romaric.
Romaric, c'était un peu dans notre sujet. Toi, tu as mis sur ton post-it l'enjeu de comment mettre l'autre à l'aise. Toujours dans cet enjeu de communication, tu veux raconter ? Oui, en fait, c'est intéressant parce que c'est un résumé de tout ce qui a été dit. Parfait ! C'est que je trouve que des fois, quand on veut mettre à l'aise sincèrement, c'est compliqué. Parce que comme ce que Jérémy a dit, des fois, moi, je fais des compliments et je le pense vraiment.
Mais je me dis est-ce que l'autre il le perçoit vraiment ou est-ce qu'il va se dire non il dit ça pour arriver à ses fins alors que moi je suis vraiment sincère et donc c'est vrai que c'est aussi un truc ça me trotte dans la tête de réussir à vraiment mettre l'autre à l'aise parce que je trouve que c'est vraiment quelque chose d'important.
Mais que l'autre... Enfin, en fait, des fois, je pense qu'on est deux à se prendre la tête parce que moi, je vais m'être à l'aise, mais je pense que l'autre, il n'est pas à l'aise. Et en fait, l'autre, il se dit, bah oui, mais moi, je suis complexé, tout ça. Donc, en fait, des deux côtés, ça... Tu peux me ramener à la dernière fois où ça...
Où tu l'as vécu ça et où ça a entraîné un frein ou un blocage ? Je ne sais plus quand est-ce que c'était, mais c'était pendant un rapport. J'étais pénétrant et il y a eu un petit accident, on va dire. Et je sais que l'autre a été vachement mortifié par ça. Petit accident, c'est du caca. Nommons les choses.
Non, mais sinon, il y a plein d'accidents possibles. Non, mais c'est vrai, c'est vrai. En tout cas, j'ai senti que l'autre était vraiment mortifié. Enfin, il s'est crispé. Voilà. Et moi, en soi, c'est pas... Je suis pas forcément fan, mais je veux dire, c'est pas quelque chose qui me bloque, parce que...
je veux dire on sait où on va et ce qu'on fait donc en tout cas moi j'étais là en train d'être vachement rassurant mais lui j'ai senti que enfin il était bloqué donc il y a vraiment une rupture de confiance je pense et ça a été vachement difficile après même de passer à autre chose et voilà donc c'est un peu ça l'enjeu de
Comment réussir à mettre à l'aise quelqu'un qui n'est pas forcément à l'aise ? Cliquetis de soutien. C'est marrant parce que j'ai le même ressenti que j'ai envie de reformuler qui est « moi j'adore qu'on prenne soin les uns des autres, je trouve que c'est vachement important et vachement puissant ».
Et j'ai l'impression que dans le pilier que tu partageais, David, de la communication explicite, je me demande aussi si parfois on n'essaye pas d'en faire trop, je trouve. Donc le fait de dire « j'ai un gros kiff sur les gros pénis et en fait je suis trop triste parce que j'adore me connecter avec toi et ça limite du coup mon désir et je ne sais pas quoi en faire ».
ou bien toi de dire j'ai vraiment envie de t'exprimer que ce caca je m'en tape qu'est-ce qu'on peut faire ensemble mais je sens que là t'es complètement bloqué du coup est-ce qu'on se quitte c'est-à-dire de remettre un peu le truc au centre en disant je vais pas te protéger de ce qui se passe je mets en mots et qu'est-ce qu'on en fait ensemble et je me dévoile un peu vulnérablement en disant je sens qu'il y a eu du caca on est déconnecté je sais pas comment faire
et pareil moi tu vois quand je fais un compliment et l'autre me dit non je dis un peu ça je dis bah tu sais j'essaie de me connecter avec toi je te dis en plus vraiment ma vérité tu la refuses on en fait quoi parce que David t'es pas obligé de rebondir sur moi tu peux rebondir sur Romaric
Ou tu peux commencer par moi si tu étais en train de penser à ça. Non. Tu es d'accord ou pas avec ce que je dis ? Non. Très bien. Pas forcément. Mais super, dis. Je pense que du coup, c'est faire abstraction de l'autre. Quand tu dis, moi je te fais des compliments, qu'est-ce que j'en fais ? Et je pense que si on est dans la souffrance, on revient sur l'état d'esprit.
Et donc on essaye de comprendre l'autre, mais quand tu dis ceci, en fait tu n'es pas empathique, tu dis juste ce que tu penses, mais l'autre il n'arrive pas à le capter. Quand quelqu'un est complexé sur une partie de son corps, ou si par exemple ce gars il a déjà eu un accident et ça s'est mal passé...
Et il a ce syndrome de honte de l'accident. Il va falloir du temps, en fait. Et en fait, même si ça s'interrompt, il va intégrer tout doucement ce que tu lui as dit. Tu lui as offert une expérience positive de non-rejet.
qui va engrammer dans sa tête et peut-être que tu vas éventuellement le revoir, ce qui va lui prouver que toi tu t'es pas bloqué, que c'est possible de continuer et c'est vraiment à deux que ça marche.
il faut laisser la possibilité de la temporalité à l'autre je trouve ça vachement important c'est marrant je trouve que c'est une conclusion parfaite le temps quoi la patience peut-être qu'on a l'exigence ou la peur qu'il faut que tout se passe tout de suite là maintenant c'est à dire je découvre le corps de l'autre ou j'ai un rapport avec l'autre moi je le disais pas plus tard qu'hier avec le jeune homme avec qui j'ai eu un rapport sexuel
avec qui on disait, mais en fait c'est la première fois qu'on se rencontre, donc en fait on se connaît pas, nos corps se connaissent pas, donc on verra avec le temps, on peut pas tirer des conclusions à une première fois, alors même que mon cerveau en tire, tu vois. Et je trouve que c'est peut-être le fait de vivre, moi je vis en ville, et j'ai plusieurs rapports sexuels, je suis célibataire et avec...
Et où peut-être que du coup, il y a tellement de possibles, ou pareil au sauna, qu'en fait, on a l'exigence que là, tout de suite, ça check toutes les boîtes, quoi. Et non, en fait, le temps... Oui, puis même un compliment, tu vois, ça peut... C'est de la... Toi, t'as une intention de...
de lui faire du bien. Et en même temps, ça peut lui rappeler une parole avec une autre relation, un deuil qu'il n'a pas fait, parce que c'était un truc récurrent. Très bien, mais il y en a d'autres qui me l'ont dit, ils m'ont largué quand même. Et moi, je pense que je ne disais pas j'insulte la personne, je la rejette en disant t'es vraiment une bouffonne de ne pas prendre mon compliment. Je crois que je remets entre nous deux
charge mentale que j'entends chez Romaric et chez Guillaume de comment je fais en sorte que l'autre soit bien et je trouve ça très beau et moi je continuerai à avoir cette charge mentale mais elle a des limites et il y a aussi un moment où je mets des mots sur tiens là on se connecte pas et tu sais quoi c'est pas forcément ma responsabilité et j'entends qu'il y a des traumas passés et tout donc moi je disais pas faut qu'on s'insulte et faut que la personne soit parfaite tout court mais ça m'apaise vachement de mettre en mots ma vulnérabilité de dire bah
et souvent en fait ça génère un chouette échange où la personne du coup n'est pas infantilisée ou en tout cas elle se sent pas ça crée un drôle de rapport aussi d'essayer de protéger l'autre à tout prix parfois ça peut créer un rapport déséquilibré, c'est ce que je disais mais c'est bien qu'on soit pas d'accord David je te réinviterai, j'aime beaucoup c'est la fin de ce premier épisode merci pour cette première partie bravo à vous
Pour nous, là, tout de suite, à Paris, nous allons déguster. Il reste un petit peu de cette tarte meringuée, s'il vous plaît. Pierre, auditeur, pâtissier, nous a apporté ça délicieux. Pour les personnes qui nous écoutent, soit ils écoutent immédiatement à la sortie de l'épisode, donc il faut s'abonner pour savoir quand est-ce que la suite sort. Soit ils écoutent dans un an. Imaginez, quelqu'un dans un an, nous écoute. L'épisode suivant est déjà publié.
Bon, allez, pause. Pause. Bravo. Bravo à vous.