Lire la transcription de cet épisode
C'est parti. On parle de la PrEP. Je commence par un petit sommaire. Salut Thomas. Salut Guillaume. Avant le sommaire, je vais te dire salut d'abord. Et je suis incapable de demander comment tu vas parce qu'on vient de déjeuner ensemble. Donc je sais exactement comment tu vas. Mais je vais te demander comment tu vas pour les auditeurs.
Et je reçois de plus en plus de messages de fans du Doc Thomas. Écoute, ça va bien. Je rentre d'un week-end très sympa. Mais je suis très heureux d'être là aujourd'hui pour parler de la PrEP. Parce que c'est un sujet qui me semble important, un sujet d'actualité, même si ça fait bientôt dix ans que la PrEP est arrivée en France. Toi, tu as beaucoup de patients qui viennent te voir pour la PrEP ?
Moi, 190, c'est deux tiers des patients que je vois pour la PrEP. Le 190, on en dit deux mots ? Oui, c'est le centre de santé sexuelle dans lequel je travaille, qui est un centre de santé sexuelle orienté vers le public LGBT à Paris, dans le 11e. Moi, je la prends la PrEP ? Est-ce que toi, tu la prends ? Oui. Depuis combien de temps ?
depuis plus de cinq ans je crois moi depuis septembre donc je trouve ça vachement intéressant un épisode de gens concernés donc on nous on va on l'apprend pour des peut-être des raisons différentes on s'est posé différentes questions moi je trouve ça cool d'avoir un épisode parce qu'on a pas mal de contenu sur la PrEP en ligne mais c'est écrit par des médecins et c'est écrit de façon assez froide là je trouve c'est bien parce qu'on va amener notre vie
Le petit sommaire, en gros, sur mon Instagram, les gens peuvent me suivre s'ils le souhaitent. Descriptif de cet épisode, ils peuvent trouver mon Instagram. J'ai posé la question, vous posez quoi comme question autour de la PrEP ? En gros, j'ai reçu tout un tas de messages. On va commencer par l'efficacité. C'est le gros truc qui revient aussi souvent dans ton cabinet, tu m'as dit. Est-ce que l'efficacité à 100% qui est dite et redite, est-ce qu'elle est vraiment vraie ? Est-ce que c'est un mythe ?
Deuxièmement, quel est l'impact de ce médicament sur ma santé à long terme ? C'est quoi les effets secondaires tout de suite ? Et puis surtout, si je le prends pendant de nombreux mois, de nombreuses années, qu'est-ce qui va se passer pour mon petit corps ? Ça reste quand même de la chimie. Troisièmement, quels sont les infox, les fake news, les mythes, les mythos sur la PrEP que toi, tu continues à entendre dans le cabinet ou qu'on peut avoir en tête ?
Et enfin, on va proposer une sorte de guide, un pas à pas et des astuces pour savoir quand et comment bien prendre la PrEP. Voilà un peu l'intro qui me donne envie d'écouter cet épisode, en tout cas qui me donne envie de l'enregistrer. Petit point coulisses.
Premièrement, j'ai toujours des allergies, donc je vais tousser, j'ai la voix rauque, tout ça, tout ça. Deuxièmement, j'ai encore les travaux, donc parfois, il y aura des bzit-bzit. Et troisièmement, je me demande si cette fois-ci aussi, quelqu'un va sonner à ma porte. En tout cas, si ça sonne, nous ne bougerons pas. On ne bouge pas. Update coulisses aussi. Donc moi, je continue à essayer de gagner ma vie avec ce podcast. C'est mon activité à 100%. Je cherche 400 personnes qui peuvent me faire un don mensuel. J'en suis à 28.
j'ai fait une liaison je pense qui est incorrecte mais je suis très très content franchement mais vraiment je trouve ça trop chouette alors c'est sûr qu'il me faut en trouver 300 72 de plus mais je trouve ça trop chouette Ludovic il y a 4 jours a activé un don de 5 euros par mois en mettant le petit message bravo Guillaume j'apprécie beaucoup tes podcasts et les conseils du doc
C'est toi Thomas. Donc voilà, si les gens qui écoutent apprécient le contenu, ont envie que ça continue et ont la capacité de faire un don de 5 à 10 euros par mois, j'en cherche 400 comme ça, lien dans la description de l'épisode. Si on ne peut pas donner des sous, on peut donner son amour et ses étoiles.
L'amour, c'est nous envoyer un petit message, enfin m'envoyer un petit message. Il y a sur le site du podcast, je mets le lien dans le descriptif de l'épisode, il y a mon numéro de téléphone pour m'envoyer un vocal ou un texto et un email. Et en fait, moi, quand je reçois des messages de gens qui me disent comment le podcast résonne pour eux, c'est génial. J'ai de plus en plus de femmes qui m'écrivent. Ce matin, c'était une femme et son mec qui avaient écouté ensemble nos épisodes Sodomy.
Donc on peut soit me donner de l'amour avec des petits messages en mode comment ça me résonne, soit m'offrir des étoiles. Spotify, Apple Podcast, tu vas sur ton mobile et tu cherches l'endroit où on met un avis, on met 5 étoiles. Si tu as le temps, tu mets un petit commentaire tel « Génial ce podcast ! » Et en fait, l'algorithme se met à pousser le podcast à plus de gens. Du coup, plus d'auditeurs l'entendent. Du coup, on a plus de possibilités d'avoir des gens qui donnent parmi tous ces auditeurs tristes.
Ok. J'avais envie de parler de la PrEP, pourquoi ? J'ai reçu des questions via la hotline, mais surtout je t'ai dit la dernière fois, viens on parle de PrEP parce que moi je suis sous PrEP depuis septembre.
que ma médecin généraliste m'a dit, ah, on va faire une pause parce que vos résultats d'analyse, donc quand on prend la PrEP, tous les trois mois, on fait des analyses et mon foie réagissait pas bien. En tout cas, les taux de je ne sais ce qu'on cherche dans le foie, on va en parler après, augmentaient et ce depuis plusieurs mois. Donc elle m'a dit, on fait une pause, tu vas voir un autre professionnel et on avise. Du coup, je me suis dit, mais
En fait, quel est l'impact de la PrEP sur ma santé ? Et ça a un peu actualisé mon choix que j'avais pris en septembre. Donc, il y a neuf mois ?
Il y a neuf mois. Oui. Nous sommes en mai 2023. Et puis, la PrEP a transformé ma sexualité. Transformé ma sexualité. J'étais... Je suis, peut-être je devrais utiliser le présent, un hypochondriaque super inquiet. Je pense que mon homophobie internalisée, ma difficulté à m'assumer homosexuel fait que le rapport sexuel m'est empêché par mon cerveau qui s'imagine mille et une...
maladies, morts et infections. Et la PrEP a vraiment créé un chemin essentiel pour moi. Donc, dans la question de l'épanouissement sexuel, pour moi, la PrEP est centrale dans ma vie intime. Et pas que dans ta vie intime. Vu ce que je vois au cabinet et ce que je partage autour de moi, la PrEP, elle a clairement changé la vie, la sexualité d'énormément de monde.
En bien ou en mal, on peut en reparler, mais ça a permis de lever cette inquiétude de la contamination VIH et donc de découvrir et de, je pense, de s'épanouir sexuellement pour beaucoup de gens. Est-ce que toi, Thomas, tu as dit que tu prenais la PrEP ? Est-ce que tu te souviens quels arguments, pourquoi tu as décidé de prendre la PrEP ?
J'ai décidé de prendre la PrEP après quelques rapports non protégés qui m'ont généré beaucoup d'angoisse et où je me suis aussi posé la question de pourquoi je l'avais fait et qu'est-ce que je pouvais faire pour ne pas le refaire ou pour me protéger.
Et la PrEP, à ce moment-là, commençait à se développer. Et donc, je suis allé à l'époque à un des seuls endroits où on pouvait avoir la PrEP, c'est-à-dire un hôpital. Donc, je suis allé à l'hôpital Saint-Louis à Paris pour obtenir la PrEP.
Parce que pour toi, le préservatif était un peu une barrière dans ton rapport sexuel. Non, mais ça a été un moment où on a tous des moments où on ne met pas le préservatif pour une raison ou pour une autre. Parce qu'à ce moment-là, peut-être que j'avais très envie que ça soit fluide, qu'on ne s'arrête pas pour mettre un préservatif.
J'ai plus la mémoire de ça, mais je sais que c'est poste suite à un rapport non protégé, un ou plusieurs rapports non protégés. Et puis la question toujours de la fellation, qui est toujours une question inquiétante avec prendre du sperme en bouche, c'est toujours une question...
qui est potentiellement contaminante, même si on sait statistiquement et scientifiquement que ça n'a aucune commune mesure avec la pénétration anal sans préservatif. Mais quand même, prendre du sperme en bouche, ce n'est pas anodin.
Et au final, la PrEP, parce que beaucoup de gens disent à juste titre, bon bah oui, mais la PrEP, c'est un petit médicament que tu as deux façons de le prendre. Mais bon, t'ingères un médicament qui va empêcher, bloquer le virus du VIH, mais pas les autres IST, infections sexuellement transmissibles, mais...
En fait, le VIH, c'est la seule qui n'est pas traitable. C'est la seule qui n'est pas guérissable. Guérissable, excuse-moi. Les autres sont traitables. C'est ça, merci. Ils sont guérissables, mais le VIH, on le traite, mais on va l'avoir à vie. C'est ça. Donc, la capote est une évidence pour se protéger de plusieurs IST et du VIH. Et toi, je trouve ça intéressant, c'est même en portant une capote...
La question de la fellation, de comment je fais la fellation. Parce qu'en plus, si tu fais une fellation un peu plus musclée... Pourquoi tu me regardes comme ça ? Je suis en train de la fin de ta phrase. Alors, moi, ce que j'ai compris, c'est que si je fais une fellation un peu musclée, c'est-à-dire un fond de gorge un peu appuyé, tu peux t'irriter. Peut-être que tu peux te faire des micro-lésions.
qui, du coup, rend un terrain un peu plus facile pour la transmission du VIH. Oui. Avec sperme, etc. Ce n'est pas ça le sujet de la fellation autour du VIH ? Non, le sujet de la fellation autour du VIH, c'est clairement le sperme. Il y a du liquide pré-séminal, mais surtout le sperme dans lequel il y a du VIH.
Donc, le risque de contamination, il est au moment de l'éjaculation et un peu pendant la fellation. Faire des blessures au niveau de la bouche au point de créer... Non, non, ce n'est pas comme un anus. Une bouche, au contraire, est beaucoup plus lubrifiée, ne serait-ce que par la salive. Donc, il y a quand même peu de risques de faire des vraies blessures. Et puis...
La pratique du fond de gorge violent est une pratique pas si répandue que ça. Tout à fait, tout à fait. Tu n'as pas écouté le témoignage d'Isaïk F. Non. Sur ce podcast. Ah si, si, bien sûr. Je me suis abonné à son Twitter même. C'est vrai ? Oui.
Lui, il te fait quelques liaisons. Non, lésions. Enfin, il peut te faire aussi des liaisons. Probablement qu'il fait des lésions, oui. Ok. Du coup, on rentre dans le vif du sujet et notre premier sujet, c'est la PrEP. Est-ce que c'est efficace à 100% ? Oui. Et toi, tu dis oui, oui ? Oui, c'est efficace à 100%.
Le 100% n'existe pas dans notre monde humain. C'est vrai. T'es d'accord ? Déjà, un, toi en tant que médecin et en tant que prépeur, c'est-à-dire homme de la PrEP...
Comment on sait ce 100% ? Ça vient d'études ? Oui, il y a de nombreuses études qui ont été menées en France et dans le monde. Il y a notamment une étude qui est menée multicentrique dans plusieurs hôpitaux français qui s'appelle Prévenir et qui a suivi énormément de prépeurs et donc énormément de rapports sexuels par ces prépeurs.
Et il y a eu dans cette étude, à ma connaissance, six contaminations. Donc il y a eu des contaminations dans des gens qui prenaient la PrEP. Mais en fait, après examen et interrogatoire, c'est des gens qui ne prenaient pas bien la PrEP pour diverses raisons.
Ils étaient dans le protocole, ils étaient dans l'étude, mais ils prenaient pas bien la prête. C'est-à-dire, il faut la prendre avant, pendant et après le rapport sexuel, potentiellement. Avant et après, oui. Pendant, concentre-toi plutôt sur le sexe. Oui, non, c'est ce que je voulais dire. Oui, t'as raison, c'était con.
avant et après le rapport sexuel et on parlera des modalités de prise un petit peu plus tard mais oui et donc c'était des gens qui n'ont pas respecté le protocole pour diverses raisons et il n'y a pas de jugement là-dedans mais voilà et c'est pour ça que je dis oui ça marche en 100% à partir du moment où on respecte les modalités de prise ok
Et je me permets de faire une petite interruption de programme. Là, on parle d'une efficacité à 100% si tu prends bien ta PrEP. Ça, c'est démontré par l'étude dont Thomas vient de parler. Elle a été menée de 2017 à 2019 sur 3000 personnes en région parisienne. Le résultat, c'est aucune contamination si la PrEP est bien prise. Cependant...
Le consensus médical mondial actuel sur la PrEP préfère parler d'une efficacité proche de 100%. Un risque zéro qui ne peut pas être promis, comme pour le préservatif et la pilule d'ailleurs. A la fin de cet épisode, tu entendras un expert PrEP qui a travaillé sur les essais cliniques et qui nous explique cette efficacité à presque 100%. Eratome terminé, revenons à l'épisode.
et ça aussi j'essaye de l'expliquer aux patients très régulièrement c'est que ça marche mieux que le préservatif
Pourquoi ? Parce que le préservatif, il protège et il protège les IST, on est d'accord. Mais le préservatif, il protège au moment de la pénétration anale. Mais il ne protège pas de toutes les autres situations. On a parlé de la fellation. On peut aussi parler du petit moment où on est chaud, on n'a pas envie de mettre tout le préservatif. Alors du coup, on fait un petit aller-retour en pénétration anale. Et puis non, mais finalement, la raison revient et on se retire et on va mettre un préservatif.
Ça va être aussi le moment où on va se faire éjaculer sur la muqueuse anale qui vient d'être bourrinée pendant un certain temps, variable selon les personnes, et qui est donc du coup un peu plus fragilisée. Et si le sperme tombe là-dessus, potentiellement, il y a un risque. Bourrinée, Thomas. Quoi ?
On peut bourriner, on peut butiner. On fait ce qu'on veut avec son cul. Il y a tout un tas de moments où le préservatif ne joue plus le rôle de barrière. Il y a le moment aussi où le préservatif craque, ce qui normalement ne devrait pas arriver, mais qui arrive dans la vraie vie. Et donc, pour toutes ces situations-là, la PrEP, parce qu'elle est dans le corps et qu'elle agit à tout moment...
Oui, tu parlais aussi de la fellation. Moi, je rajouterais, ça m'est déjà arrivé, des mecs, on se chauffe, on se caresse et du coup, on se frotte le sexe sur le cul. Ça ne rentre pas tout à fait, mais ça fait coucou. Ça, je n'ai pas pris de risque.
En fait, le VIH est très, très, très fragile. C'est d'ailleurs pour ça que malgré le fait que tout le monde baise ou presque, il n'y a pas 3 milliards de personnes dans le monde qui sont contaminées. Il faut quand même des conditions très propices et un contact pas muqueuse à muqueuse, mais vraiment, il faut qu'il passe d'un corps à un autre à l'intérieur. Voilà.
Donc oui, cette situation de muqueuse à muqueuse peut peut-être être un peu à micro-risque. Si par exemple il y a une IST, les IST favorisent la transmission du VIH parce qu'elles sont des sortes de plaies. Donc s'il y a une IST au niveau anal ou au niveau génital, oui, ça peut favoriser. Mais on ne va pas se mentir, la contamination principale, c'est quand même pénétration anal sans préservatif. Oui.
Donc l'idée, c'est oui, ça marche à 100%. Et à ma question, oui, mais le 100% n'existe pas. Si, c'est vraiment chimique et mécanique, organique. À 100%, si la prise est bonne, et on va aller dans le détail de comment on prend bien la PrEP, ça protège. Oui. Oui.
Je crois pas que j'ai quelque chose à rajouter là-dessus, Guillaume. Ça protège. Je trouve ça passionnant parce qu'en ce moment, je regarde Queer as Folk, version américaine. Tu l'as vu ou pas ? Non. Tu l'as jamais vu ? J'ai vu l'anglaise, mais pas l'américaine. Tu me conseilles l'anglaise ? Oui, mais moi, ça a bercé ma découverte de mon homosexualité. Ah ouais ?
Il y a un peu une Madeleine de Proust autour de ça. Et là, la version américaine, elle date des années 2000. Et on suit du coup cinq Américains nord-est de l'Amérique, homosexuels, gays. Je crois qu'ils sont tous gays. Il y a deux lesbiennes. Et un des personnages est séropositif et en couple avec un mec qui est séronégatif.
Et il y a tout un enjeu de vie et de mort pour cet homme qui a eu notre âge, une trentaine d'années. Et j'ai trouvé ça ouf parce que les années 2000, c'est hier. Et le narratif d'une fois que tu es séropositif, tu meurs.
Et où tu vas mourir, ou en tout cas, tu es à deux doigts de mourir. Il parle de devoir prendre un cocktail de médicaments. Et je ne sais pas, c'est une petite parenthèse pour dire qu'aujourd'hui, quand tu es séropositif, déjà, tu ne meurs plus et tu vas mourir d'autre chose.
Et deuxièmement, aujourd'hui, on a les traitements et on a les bloqueurs, on a la chimie pour empêcher ce qu'on n'a pas pu empêcher pendant des années et des années, quoi. Depuis les années 80, même avant, mais c'est ouf. En fait, les 40 ans de la découverte du VIH... C'est là ?
et c'est vrai qu'il y a une sorte de pas incroyable en 96 l'arrivée des trithérapies et puis l'évolution des traitements contre le VIH et ce que tu vois dans cette série et ce que vivent aujourd'hui les séropositifs n'a plus rien à voir aujourd'hui être séropositif c'est prendre un comprimé par jour avoir une espérance de vie identique voire supérieure à la population générale parce que tu vas voir un médecin tous les 6 mois
Donc, tous les six mois, tu as une consultation médicale, tu as un bilan. Donc, tu vas être limite mieux suivi que quelqu'un qui est séronégatif. Je ne dis pas que le VIH a des conséquences dans le corps, bien sûr. Mais il y a quand même la possibilité de vivre normalement et aussi longtemps qu'avec juste un comprimé par jour qui a peu d'effets secondaires.
Cette parenthèse, elle était là pour dire, je comprends pourquoi on est nombreux à être paniqués d'une façon irrationnelle par cette maladie qui a décimé, tué et dans lequel on a grandi. Moi, je suis né en 1986, on ne m'a parlé de sexualité qu'en me parlant de mort et de VIH, la santé publique, etc.,
Et du coup, je pense que la...
Voilà, je pense que ça vient aussi un peu de là, les enjeux de la PrEP et le questionnement du 100% efficace. Je me dis, putain, il y a 20 ans, on devait prendre 1000 médicaments et ce n'était pas efficace. Et aujourd'hui, ça l'est devenu. C'est pour ça que les gens doutent de l'efficacité. Ça a l'air un peu miraculeux. Tandis que tant de personnes sont mortes du VIH-Sida sans complicité. Oui, et puis ça...
Tu dis très bien la façon dont on a construit notre sexualité et donc avoir la PrEP et être libéré de cette angoisse-là, c'est aussi complètement nouveau et c'est une façon complètement nouvelle de se réapproprier sa sexualité sans cette angoisse.
Un peu comme quand les séropositifs, quand la titrithérapie est arrivée et que les séropositifs finalement ne sont plus morts, ils ont dû faire une expression que je trouve assez incroyable, le deuil du deuil.
C'est-à-dire que les séropositifs, avant 1996, n'avaient qu'une seule issue à court terme. Dans les dix ans, c'était de mourir. Et là, avec les trithérapies, ils ont fait le deuil de mourir. Et donc, il fallait réapprendre à vivre.
Dans une moindre mesure et toute proportion gardée, je pense que la PrEP apporte ça aussi. Elle apporte une redécouverte de la sexualité levée complètement de cette angoisse de contamination et plus globalement cette angoisse de mort.
Ça me fait penser à ce patient qu'on a préparé. Tu m'as dit que tu avais un patient qui s'inquiétait de prendre la PrEP parce que ça ouvrait tout un tas de possibles sexuels et qu'il en était effrayé. Donc, quand on dit est-ce que la PrEP est 100% efficace ? La réponse, c'est oui. Dans sa capacité, si tu la prends bien, à te protéger contre le VIH ?
Mais est-ce que la PrEP me pose plein de questions et rend possible plein de choses autour de ma sexualité qui, possiblement, vient me chercher à des endroits compliqués ? Et oui, soudainement, c'est... Tu ne penses pas qu'il y a aussi un peu ça ? Tout d'un coup, le champ des fantasmes devient potentiellement réel. Et on peut...
Faire plein de choses nouvelles avec la PrEP que le préservatif, jusqu'à là, peut empêcher. Mais ce que dit ce patient-là aussi, c'est effectivement la possibilité peut-être de faire plein de choses, peut-être d'aller trop loin, peut faire des choses qui peuvent l'inquiéter lui-même.
Mais le préservatif aussi protège des autres IST. Et donc, ce qu'il dit là aussi, c'est si je prends la PrEP, je n'aurais plus peut-être envie de prendre de préservatif. Et donc, je risque d'être contaminé par des IST. Et ça, je n'en ai pas forcément envie. Pour plein de raisons. Parce qu'il en coupe. Je trouve ça passionnant que...
Ça dit beaucoup de notre maturité sexuelle ou de notre estime de soi. Je trouve qu'on a quand même grandi. Moi, c'est des généralités, mais j'ai grandi dans un univers qui m'a interdit la sexualité, qui m'a complexé sur l'homosexualité et qui m'a bien dit « homosexualité égale maladie, mon petit gars ». Et la PrEP vient faire un peu un pied de nez à tout ça. Oui.
Et me mettre face à quand même tout un tas de questions. Donc, une fois que j'ai bien compris que ça me protégeait du VIH, mais pas des autres IST, ça m'ouvre plein d'autres choses qu'avant étaient interdites. Je trouve ça intéressant en termes de santé mentale. Oui, et puis de vie sexuelle et d'épanouissement sexuel, qui est complètement l'objet de ce podcast. Comment être épanoui sexuellement ?
Du coup, ce n'est pas efficace la PrEP pour protéger des autres IST. Moi, la raison pour laquelle... Donc un, tu peux continuer à porter le préservatif. Tout à fait. Pour la raison que j'ai dit tout à l'heure, c'est-à-dire que la PrEP protège tout le temps ?
Le préservatif à protéger au moment de la pénétration et pour les IST, mais il y a tous les autres moments où on n'est pas protégé par le préservatif. Les autres IST sont guérissables. Et moi, ce que ça a changé la PrEP pour moi, c'est que j'ai décidé d'arrêter de porter le préservatif.
Et d'inclure les IST dans mon cheminement de sexualité. J'ai eu l'impression que la PrEP m'a fait être plus adulte. En disant, arrête avec tes angoisses qui hurlent à tue-tête sans cesse dans ton cerveau, Guillaume. Le VIH, c'est bon ?
Tu prends la PrEP et puisque tu prends la PrEP, tu vas tous les trois mois faire des examens poussés et je suis dans un protocole, donc j'ai une médecin généraliste, je l'ai choisi Gay Friendly.
Tous les trois mois, je fais des tests et je lui ai demandé quoi faire en cas de symptômes. Donc, dès que j'ai un symptôme, au lieu de devoir reprendre rendez-vous, attendre, être stressé, je lui ai dit « je fais quoi ? ». Donc, elle m'a fait des ordonnances en avance, en mode « si tu as le moindre truc, tu vas faire ces examens avant de venir me voir, comme ça, on saura ce que c'est et on pourra traiter ».
Et ce qui a beaucoup changé pour moi, c'est que cette professionnelle de santé, cette médecin que j'aime beaucoup, c'est une femme, elle me dit...
Moi, je te suis et dès que t'as quelque chose, on le traite, on le soigne. Donc, t'inquiète pas. Et c'est la première fois qu'un professionnel de santé était mon allié dans ma santé sexuelle. Et c'est marrant parce que du coup, j'ai jamais été quelqu'un qui prenait beaucoup de risques.
Mais les espaces où... Enfin, tu vois, je ne porte pas de préservatif, mais j'observe quand même que, justement, dans mon estime de moi par rapport à ce que ton patient disait sur « je vais faire n'importe quoi », le moment où j'ai un choix plus adulte en disant « ok, Guillaume, voilà ma stratégie, ma stratégie santé sexuelle, cette médecin, la PrEP, le préservatif si je le veux et si je ne le veux pas, voilà comment je réagis s'il y a un souci », fait qu'en fait, je ne vais pas baiser avec les mêmes personnes.
Tu vois ce que je veux dire ? J'ai l'impression qu'il y a quand même un alignement qui fait que je vais vers une sexualité plus épanouie pour moi. Et une sexualité plus épanouie pour moi, c'est avec souvent des partenaires. Par exemple, ce que j'observe, c'est que depuis septembre, mes partenaires, on parle beaucoup de santé sexuelle ensemble.
Avant, j'étais hyper angoissé, j'en parlais pas et du coup, je baisais avec n'importe qui, très bien pour moi. Mais là, naturellement, sans que ça soit une règle, je parle de santé sexuelle. Donc du coup, j'observe que mes partenaires font attention à leur santé et du coup, je diminue en fait, sans m'en rendre compte, ma capacité à choper des IST. Après, moi, je suis pas fan de sauna et de trucs, donc c'est sûr que ça aide aussi. Mais tu vois ce que j'essayais de dire ? J'ai l'impression que cet alignement
Oui, oui, tout à fait. Déjà, il t'a obligé à aller parler de ta santé sexuelle tous les trois mois avec un médecin. Peut-être que ça aussi, ça joue à t'interroger sur les symptômes, sur les risques que tu as pris. C'est une réflexion globale, la prise de PrEP sur sa propre sexualité ?
Et sur les risques qu'on peut prendre, mais aussi les désirs qu'on peut avoir sur le fait de ne pas porter de préservatif, le fait d'avoir une pénétration sans préservatif, le lien que ça a. Il y a des gens pour qui porter un préservatif, c'est une rupture entre le lien intime. Il y a des gens au contraire pour lesquels c'est...
Prendre soin l'un de l'autre que de porter un préservatif. Chacun voit le port du préservatif ou l'utilisation de la PrEP selon sa propre sexualité. Mais au moins, tu es dans une démarche d'interrogation autour de ces thématiques-là et je trouve que c'est intéressant.
et ce que je voulais dire parce que t'as fait une tête quand j'ai dit je suis pas fan de Sona c'est que j'ai l'impression que le moment où je suis dans une boîte à cul ou un endroit où tout le monde baise avec tout le monde bah j'augmente mes chances entre guillemets d'avoir une IST ce qui est pas la fin du monde du tout mais il s'avère que moi
Depuis septembre, je n'ai jamais eu d'IST et c'est aussi parce que mon appétit sexuel m'amène à un endroit plus qu'un autre. Ce n'est pas la question du sauna, c'est la question de la multiplication des partenaires sexuels. Et ce que tu décris plutôt, c'est que tu fais une sorte de tri dans tes partenaires sexuels ?
qui t'amène aujourd'hui de façon probabiliste à ne pas avoir d'IST. Mais ce n'est pas parce que tu ne fréquentes pas un sauna, c'est juste parce que tu as mis en place d'autres stratégies de réduction des risques. Mon appétit sexuel ne m'amène pas à avoir plein de partenaires, aller au sauna ou autre, ou faire des partous. Mais ce que je trouvais vachement intéressant, c'est ce déclic un peu de « Ok, je suis plus adulte
Et je choisis ma stratégie. Et en fait, naturellement, du coup, j'en parle plus. Et donc, je prends mieux soin de moi. Et ça, c'est la PrEP qui a déclenché ça. Je me demandais comment ça marche concrètement dans le corps, la PrEP. Alors ? Donc moi, je l'ai juste à côté dans ma cuisine. Moi, j'ai une petite gélule bleue. Cette gélule, je l'avale. Elle est dissoute dans mon estomac. Elle est digérée ? Bien sûr.
Comment ça marche si tu devais expliquer comment la PrEP marche à ma nièce de 11 ans ? Donc comment la PrEP marche ? Donc le médicament, une fois qu'il est digéré, il va circuler en permanence dans le sang ?
Mais il faut en prendre régulièrement parce que comme toutes les substances, elle est éliminée par le foie et par les reins. Donc c'est pour ça qu'il faut en prendre tous les jours ou en tout cas autour des rapports sexuels.
Cette substance, c'est deux molécules actives. Une combinaison de deux molécules actives. Dès que le VIH va rentrer dans le corps et qu'il va vouloir se reproduire, qu'il va vouloir se multiplier dans des cellules, ces molécules vont empêcher l'ingénierie du VIH de se mettre en marche et donc qu'il puisse se développer.
Donc à aucun moment il va pouvoir se développer et il va être éliminé, il va être tué par les cellules naturelles qui défendent notre corps. Ce que ces cellules font en temps normal, mais le VIH se développant beaucoup plus vite que le nombre qui est tué, ça dépasse complètement la capacité de régulation de notre corps contre les envahisseurs étrangers.
Et le fun fact, non, c'est pas un fun fact, mais du coup, hier, je te demandais, mais alors pour les personnes séropositives, pourquoi quand je prends ma thérapie, ça tue pas le virus ? C'est que tu me disais que le VIH a la capacité d'imprimer dans l'ADN ?
Exactement. Le VIH, en fait, est un rétrovirus qui va transformer son ARN en ADN et cet ADN va s'intégrer dans le noyau de certaines cellules dans le corps qu'on appelle, et du coup, ça va devenir des cellules réservoirs.
Il est impossible de tuer toutes les cellules réservoirs parce qu'on n'a pas de cible pour aller tuer ces cellules-là. La trithérapie, en tout cas les médicaments anti-VIH, vont empêcher le virus de se multiplier. Toutes les particules virales qu'on va être produites vont être détruites immédiatement, mais elles vont rester en sorte de mémoire, comme dans une bibliothèque, dans certaines cellules dans le corps.
Donc ça, c'est ce qui se passe chez les personnes séropositives. Et la PrEP empêche... Les médicaments de la PrEP arrivent à un moment avant l'intégration de l'ADN viral dans les cellules réservoirs. Donc il y a deux façons de prendre la PrEP, soit avant et après le rapport sexuel, soit tous les jours
Et en fait, dans les deux cas, ça met en lumière ce que tu viens de dire. Le médicament, c'est une petite armée qui circule dans mon sang et qui est éliminée petit à petit. Donc c'est pour ça que le prendre tout au long du moment où il pourrait être en train de taffer contre le VIH, c'est important. Donc si je le prends avant d'avoir un rapport sexuel, une fois, comme un Doliprane, et puis après plus, j'en aurais...
d'une petite armée, mais elle va se réduire. Et du coup, au moment où j'aurai un rapport sexuel, possiblement, il n'y aura pas assez d'armée. Exactement, elle ne sera plus assez forte pour contrer tous les virus qui risquent de rentrer.
C'était très clair. J'ai appris plein de trucs. J'ai un auditeur qui nous demande pourquoi le protocole à la demande n'est pas homologué officiellement. C'était sur Instagram. Je lui ai dit, mais de quoi parles-tu ? Il m'a répondu, le mot homologué n'est peut-être pas le bon. Je crois qu'il s'agit de l'autorisation de mise sur le marché. Il me semble avoir lu que la PrEP avait été autorisée
Avec le protocole en continu, c'est-à-dire que l'autorisation du marché a été donnée si tu la prends tous les jours, mais rien n'est mentionné dans la notice notamment sur la question à la demande. Le protocole à la demande, c'est « je le prends avant et après le rapport sexuel sur quelques jours ».
On va parler de la notice après, parce que tu as fait une petite story Instagram là-dessus et qui m'a particulièrement énervé. Ah ouais ? Moi, je peux t'énerver ? Ça arrive. Est-ce possible ? Mais en fait, la...
En fait, il y a plein de médicaments pour lesquels l'AMM ne précise pas les prises, la façon dont on le prend. L'autorisation de mise sur le marché. Donc ça, c'est une surautorité française ou européenne ? Européenne puis française. Qui dit, ok, vous avez fait le nombre d'études que je veux et je valide, vous avez le droit, je valide le fait que ça soit prescrit et commercialisé.
Exactement. Et combien on va le rembourser aussi ? Et là-dedans, je peux postuler, si moi je veux mettre un médicament sur le marché, sur vérifier cette prise-là ou cette prise-là, c'est ça ? Cette façon de le prendre là. Donc, ils vont mettre en place un protocole et qu'ils vont proposer lors de l'autorisation de mise sur le marché. Sauf que derrière, il y a des études qui continuent à être menées sur les médicaments ?
Et on peut complètement, les études peuvent valider telle ou telle prise ou telle ou telle façon de prendre un médicament. Et à partir du moment où le médicament est remboursé, les pharmacies, les industries…
pharmaceutiques n'ont pas forcément l'obligation de refaire une demande d'AMM. Donc c'est juste que les études suffisamment nombreuses dans plusieurs centres, dans plusieurs pays différents, ont prouvé que la prise à la demande était aussi valide que la prise en continu. Les études que tu nous as mentionnées ?
Non, prévenir, c'est une étude de suivi de cohorte de gens qui prennent la PrEP. En continu ? Non, en continu ou à la demande. Mais c'était des études avant même. Oui, donc les études ont été menées pour ce 100% efficace. Les études ont été menées si je la prends en continu ou si je la prends ponctuellement. Exactement. Super.
Et en fait, la question sous-jacente de cet auditeur, c'est est-ce que le protocole à la demande, est-ce que la prendre ponctuellement est aussi efficace que de le prendre en continu la PrEP ? Oui. Du coup, la réponse est oui. Ben oui, parce qu'on la prend quand on en a besoin et les trois jours de prise, donc deux comprimés avant, un comprimé les deux jours qui suivent, suffisent autour d'un rapport sexuel unique.
à détruire tout le VIH qui pourrait rentrer dans le corps. Tu nous l'as bien expliqué. Alors, cet auditeur, après, du coup, explique, mais il faut qu'on s'accroche un peu. Il explique sa question. En effet, en cas de protocole continu, la notice dit qu'il faut prendre... Dis-moi, tu me fais un signe ? Est-ce qu'on ne va pas embrouiller les gens avec ce qu'il dit ? Parce que tu penses qu'il a dit une bêtise ? Non, mais parce que je pense qu'il va parler des sept jours, c'est ça ?
Oui, non, je pense qu'on va embrouiller les gens. Alors, je ne vais pas lire ce qu'il dit, parce que moi-même, je n'ai pas compris. C'est quoi l'histoire des sept jours ? Parce que du coup, les gens vont se dire, c'est quoi l'histoire des sept jours ? Alors, en fait, il y a deux façons de prendre la PrEP. Mais là, on embraye sur notre dernier point, normalement. Mais bon, le protocole initial, tel qu'il avait été développé, c'était qu'il fallait prendre pendant sept jours un comprimé par jour. Et au bout du septième jour, on est protégé.
D'accord. Les études ont montré que si on prend deux comprimés, on est immédiatement protégé dans les deux heures qui suivent. Deux heures après avoir pris les deux. Exactement. D'accord, c'est ça où il y a une update. Du coup, maintenant, il n'y a plus personne qui va dire « vous prenez un comprimé pendant sept jours et vous serez protégé qu'au bout de sept jours ».
prenez immédiatement deux comprimés et vous êtes protégé dans deux heures. Dans deux heures. Et après, vous enchez. Si t'es un homme... Si t'es un homme, six. Si t'es un homme, six genres. Parce qu'il y a une différence pour... Exactement. On parle pour les hommes, six genres. Effectivement, pour les femmes et pour les personnes trans, c'est sept jours, un comprimé tous les jours pendant sept jours.
C'est ça, ce protocole initial reste pour... Tout à fait. Parfait. Eh bien, c'est tout bon. On va terminer cette première partie. Timing absolument parfait. Prochain épisode, la toxicité. Là, on vient de parler de l'efficacité. Prochain épisode, toxicité. Merci Thomas. De rien, Guillaume. À tout de suite. À tout de suite. Enfin, non. À bientôt. Parce que nous, on va enregistrer tout de suite la suite. Mais les gens, ils ne vont pas l'entendre tout de suite.
Alors après cet enregistrement, j'ai eu envie de mieux comprendre pourquoi, malgré des études qui montrent une efficacité à 100% si la PrEP est bien prise, pourquoi le consensus médical mondial parle d'une efficacité à presque 100%. Me voilà enquêteur, j'enfile mon plus beau chapeau d'enquêteur.
Bon, le doc Thomas n'est pas disponible, il est en consultation, c'est bien normal, car il est vraiment un médecin, ce n'est pas une marionnette que j'ai inventée. Du coup, je contacte Stéphane Morel, qui travaille chez AID, une association majeure dans la lutte contre le VIH.
Et Stéphane a deux grandes qualités. La première, il est auditeur de ce podcast, vraiment grande qualité. Mais la plus importante, c'est justement qu'il a travaillé sur les essais de la PrEP depuis 2012. Bonne pioche, enquêteur hors pair. Voilà ce qu'il me dit dans un message vocal quand je lui demande de m'expliquer pourquoi on parle d'une efficacité à presque 100% de la PrEP.
Salut Guillaume. Merci pour ta gentille question. Je pense que je suis plutôt bien placé pour te répondre parce que j'ai travaillé sur les essais de PrEP en France, que ce soit Hypergay ou Prévenir, depuis 2012. C'était moi qui coordonnais l'accompagnement communautaire des participants de ces deux essais. J'étais dans la rédaction des protocoles et aussi des publications scientifiques des résultats.
Donc, ton intuition est la bonne. Le petit pourcentage d'efficacité qui fait qu'on atteint pas 100%, c'est bien lié à des situations où des personnes peuvent avoir un risque d'acquérir
Une souche résistante au VIH, il y a quelques cas dans le monde qui sont documentés, 5-6 depuis 2012, enfin depuis 2011 de mémoire, où la PrEP était bien prise et n'a pas fonctionné pour quelques personnes. Et d'où ce fait qu'on ne peut pas être complètement à 100%.
Après, par chance, c'est absolument exceptionnel et ça donne un taux d'efficacité monumental à la PrEP. Pour autant, bien plus finalement même qu'un vaccin ou que n'importe quel vaccin qui existe. Et bien voilà qui est très clair. Et j'avais zappé, mais c'est vrai que pareil, un préservatif bien mis est aussi considéré fiable à presque 100%, idem pour une pilule contraceptive bien prise.
Je lui demande s'il veut ajouter quelque chose, s'il y a d'autres raisons qui expliquent ce presque 100%. Et il en profite pour me récapituler toutes les raisons qui font que votre PrEP pourrait ne pas fonctionner.
Les seuls cas où ça ne marcherait pas, en réalité, ce n'est pas lié à la PrEP, c'est lié au fait qu'on la prenne mal. Vous en avez déjà parlé avec Thomas dans le podcast. Ça peut être lié à un virus résistant, comme je le disais, et c'est exceptionnel, et c'est pour ça qu'on est à 99 et des brouettes pour 100 et pas à 100. Et puis, il y a aussi le cas où les personnes peuvent prendre des choses qui empêchent la PrEP de fonctionner en même temps, genre...
Si tu prends ta PrEP en même temps que des charbons actifs pour ta bonne digestion, les charbons actifs peuvent empêcher la bonne diffusion de la PrEP dans ton organisme ou en tout cas en réduire la quantité qui est diffusée dans ton organisme et rendre peut-être la PrEP moins efficace. Tu vois, c'est des trucs comme ça. Donc les gens qui prennent du psyllium par exemple pour avoir...
un transit tout à fait cohérent avec une activité sexuelle anale et vous avez fait un très joli épisode dans le podcast là dessus et ben le psyllium ça se prend pas en même temps que la prep ça se prend à distance et en général pour tous les médicaments faut éviter dans les deux heures avant deux heures après de prendre des trucs comme du psyllium ou du charbon actif
Un grand merci au Doc Thomas pour ses réponses entre deux patients, à Stéphane que vous venez d'entendre pour ses réponses éclairantes et à Paul qui nous a mis en contact. A très bientôt !