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Est-ce que tu as des questions ? Non, ça me paraît simple. Donc ça ira, je pense. Est-ce que tu es d'accord qu'on se lance ? Allons-y, plongeons. Comment tu t'appelles ? Je m'appelle Axel. C'est ton vrai prénom ? Oui, c'est mon vrai prénom.
Tu as fait beaucoup, tu as fait un voyage pour venir à mon micro. Est-ce que tu peux me raconter ce voyage en quelques mots ? En fait, j'habite à Rotterdam, en Hollande. Et en gros, j'ai souvent essayé d'écouter des podcasts parce que je suis beaucoup dans tout ce qui est développement personnel et compagnie. Et je suis tombé sur un de tes podcasts que je les ai tous téléchargés et pratiquement tous écoutés déjà.
Et j'ai vu que tu avais un projet là-dessus, donc j'ai décidé de proposer ma participation. Mais du coup, tu es venu en voiture. Combien d'heures ? Je suis parti à peu près à 9h30 et je suis arrivé là il y a quelques minutes. Donc, il doit être, je ne sais pas, 5h, je pense, ou 4h30, 5h. Donc, ça fait long. Pourquoi ?
Pourquoi autant de... Pourquoi autant... Pourquoi... Enfin, vraiment, je suis déjà très heureux de t'accueillir chez moi. Pourquoi c'était important pour toi de participer et puis certaines personnes prennent un coup de bus, un coup de métro parce qu'elles habitent à Paris ou... Toi, t'as fait six heures de voiture, pourquoi ?
J'ai fait six heures de voiture parce que j'avais vraiment envie de témoigner et aussi parce que mes parents habitent à Orléans qui est à une heure et quart de route d'ici donc en fait je joignais les deux activités ensemble. Pourquoi c'était important pour toi de témoigner ?
Parce que j'ai écouté les podcasts et les témoignages des gens et ça m'a quand même impacté. Déjà parce que je ne me suis pas senti tout seul et puis parce que ça m'a un petit peu obligé à peut-être remettre en cause certaines idées que je pouvais avoir par rapport à l'épanouissement sexuel des gens.
Allons-y, lesquels ? Le témoignage de Julien, il n'y a pas longtemps, avec qui je me suis beaucoup retrouvé. Donc Julien, tu n'es pas seul. Rappelle-moi du coup, ou rappelle-nous pour celles et ceux qui n'ont pas écouté l'épisode ?
Alors Julien, c'était un jeune homme qui cherchait sa sexualité plus à travers le couple et l'histoire d'amour. Donc qui était plutôt dans « je m'épanouis sexuellement avec quelqu'un » dans une relation de couple que dans une relation éphémère, on va dire. C'est ton enjeu en ce moment ?
Ça l'a été pendant longtemps. Je n'ai conçu la relation sexuelle qu'à travers le couple. Et j'essaye de changer ça. C'est un voyage compliqué. D'abord parce que je suis hypersensible et j'ai des toupes, un déficit de l'attention. Et qu'il faut que je déconstruise tellement de choses que c'est compliqué. En ce moment, je suis en thérapie.
Tu peux m'expliquer en quoi l'hypersensibilité et les troubles de l'attention impactent ta vie intime et sexuelle ? Oui, l'hypersensibilité, parce que pour ceux qui ne savent pas, les gens hypersensibles ont cette capacité, je ne sais pas si c'est le bon mot, mais en tout cas, ce truc de ressentir les émotions plus fortes que les gens lambda.
Donc, pour certaines choses, quand on est heureux, on est vraiment très heureux. Mais quand on est malheureux, on est vraiment très malheureux. Et ça peut poser problème. Et les troubles de déficit de l'attention, ça a beaucoup joué aussi parce que, en tout cas dans mon cas, c'est...
le symptôme que j'ai, moi, c'est la perte de focus. C'est-à-dire que je perdais, puisque maintenant j'ai un traitement, je perdais facilement le fil de mes idées. Et quand je parle avec quelqu'un, je ne pouvais pas avoir une conversation complètement suivie sans que mon esprit s'évade à un moment donné. Donc c'était compliqué. En tout cas, sache que là, ici, si jamais tu t'évades ou que tu ne sais plus, tu me le dis, puis je te repose une autre question. Parce que souvent, moi aussi, j'ai oublié ma question !
Mais c'est très bien, on créera ça ensemble. Si on prenait là une photo de ta sexualité, de tes pratiques, de tes fantasmes, en émoji, tu es sur les apps de rencontres ? Je suis sur Grindr, uniquement.
Donc tu vois de quoi je parle quand je parle des émojis, là je suis en train de te montrer la couverture du podcast. Si tu devais choisir les quelques émojis qui caractérisent, qui disent tes fantasmes, tes pratiques, ta vie intime et sexuelle, aujourd'hui Axel ? Ok, donc évidemment plus de 18 ans, sachant que moi je suis plutôt attiré par les hommes de mon âge. Tu m'as dit ton âge ? Non, je ne te l'ai pas dit, tu ne me l'as pas demandé.
Là, Axel fait un sourire coquin. J'ai 48 ans. Et pourquoi tu me faisais ce sourire ? Parce que j'aime bien quand on me demande mon âge et que les gens me disent « Ah, tu ne les fais pas ? » Mais je sens que ça ne va pas venir. Tu ne les fais pas du tout, Axel. C'est Guillaume, tellement spontané.
Donc effectivement, le plus de 18 ans, en tout cas me concernant parce que je suis attiré par les gens qui sont matures en fait. La flèche du haut, alors on va commencer par le normal. La flèche du bas parce que j'ai construit une sexualité plutôt passive jusqu'à à peu près un an, un an, un an et demi.
Et la double flèche, parce que je suis en train de m'ouvrir à la versatilité que j'ai toujours... Versatilité, donc aussi côté actif que j'ai toujours rejeté jusqu'à présent. Donc la pêche, je sais pas ce que c'est, ou la fraise. Donc les fesses, oui. L'aubergine, bon, la bite, je pense. Bah oui, ça peut être que ça. Mais il y a un truc particulier, toi, qui t'inspire, qui te met en joie, qui t'excite autour du sexe ? Enfin, du pénis ?
Il y en a qui les aiment gros, d'autres gros, j'allais dire petits, mais non, c'est pas vrai. Enfin, je sais pas, il y en a qui aiment les sucer, d'autres au contraire, c'est pas trop leur délire. Toi, c'est quoi ?
Alors, j'ai pas vraiment de fantasme spécial autour de la taille. Je pense que ça fait aussi partie des choses que j'ai plus ou moins consciemment rejetées parce que je trouvais que c'était un petit peu un cliché. Non, je m'en fous de la taille de la bite du mec, ça ne compte pas pour moi. En quoi c'est un cliché ?
C'est un cliché parce que déjà, ça m'a été beaucoup demandé à moi parce qu'effectivement, ça devrait aller avec le personnage. Ça va avec tout le personnage que je suis. Mais les gens qui ne te voient pas, ils ne pensent pas qu'ils peuvent comprendre le sous-entendu. C'est quoi le personnage ? Je suis noir. Je suis noir, je suis africain.
Et donc effectivement, dans la communauté, ou en tout cas dans l'inconscient collectif, je pense d'ailleurs que c'est pareil chez les hétérosexuels, quand t'es noir, il y a certaines choses, certains attributs que tu as, et l'attribut numéro un, c'est que tu as une grosse bite. Que je n'ai pas d'ailleurs.
Donc du coup, peut-être par rébellion ou je ne sais pas, je me suis toujours refusé à considérer la taille de la bite de quelqu'un comme quelque chose qui est une condition en fait. Et est-ce qu'au fond de toi, tu nourris quand même le fantasme et une forme d'incohérence ?
de quand même d'être un peu excité là si on le dit à personne entre toi et moi j'entends que t'as raison fait que tu te dis non mais là c'est idiot puis en plus c'est des clichés racistes mais est-ce qu'au fond de toi une grosse bite t'excite genre dans ton intimité toute nue alors honnêtement ça me en vidéo enfin en porno ça me je trouve que c'est joli parce qu'effectivement esthétiquement voilà plus qu'un sexe plus petit
mon dieu je vais sortir les choses en fait
Ce que j'aime dans les sexes plus petits, psychologiquement et visuellement, parce que je suis très visuel, c'est de me dire que le sperme a moins de voyages à faire pour sortir. Et d'après mon expérience, quand les sexes sont petits, le sperme est plus abondant. C'est mon expérience, ça ne veut pas dire que... Voilà. Donc du coup, me dire que le sperme doit faire 15 km avant de sortir, bon...
Voilà. Super ! Donc on va vers les petites gouttes ? On va faire les petites gouttes. T'as une excitation, une joie autour du sperme, de l'éjaculation ? Oui, correct. Correct !
Pardon, j'ai eu un petit moment québécois là. Correct ! J'ai habité à Montréal. Ok, ouais, c'est quoi ton délire autour ? Alors, je suis assez classique, donc j'adore la vallée, j'adore jouer avec, j'adore voir le mec le sortir pour...
Parce que pour moi, ça représente un moment qui a un milieu de moments. C'est-à-dire qu'il y a d'abord les caresses, l'acte sexuel ou pas, l'éjaculation et après le final, ce que j'appelle l'après-calin. Donc tout ce qui est « on reste quand même là avec l'autre ».
C'est marrant, j'entends presque que l'éjaculation ne fait pas partie pour toi de l'acte sexuel ? Non, pour moi ça ne fait pas partie de l'acte sexuel parce que pendant longtemps j'ai considéré que l'acte sexuel c'était la pénétration et je me suis rendu compte que je pouvais avoir du plaisir avec quelqu'un sans pour autant passer par la pénétration.
Et ni par l'éjaculation, c'est-à-dire que tu peux avoir un rapport sexuel qui n'aboutit pas sur l'éjaculation. Voilà, c'est pas nécessaire. C'est pas nécessaire, en tout cas, ça m'est arrivé. Axel, on revient sur gros-petit, sexe. À partir de combien de centimètres, pour toi, un sexe devient gros ?
En fait, je parlerais plutôt de circonférence parce que déjà, moi, je suis super étroit. Donc, de toute façon, tout ce qui est, je pense, plus de 4 centimètres de circonférence, je ne sais pas si c'est des centimètres d'ailleurs, mais tout ce qui est 4 de circonférence, il va falloir bosser, quoi.
En fait, ma question, elle était... J'entends ce que tu dis. Ma question, elle était... J'entends beaucoup de témoignages autour de cette histoire de taille de sexe. Personne ne me donne des centimètres. Et moi, j'ai l'intuition suivante. En fait, on a tous des échelles complètement différentes dans la tête qu'on ne se dit pas. Donc, ce qui est gros pour toi est petit pour moi, et vice-versa. Oui.
Du coup, par exemple, tu m'as dit... Enfin, tu peux partager la taille de ton pénis si tu souhaites, mais c'est vraiment pas ma sous-question. Mais tu as dit, voilà, moi, je n'ai pas un gros sexe. Et du coup, ça veut donc dire qu'il y a un nombre de centimètres auquel ton sexe correspond qui ne correspond pas à l'échelle de gros sexe. Est-ce que tu as l'échelle de gros sexe en tête ? Alors, je ne peux pas donner de centimètres parce que je n'ai pas mesuré...
J'ai dû mesurer une fois quand j'étais plus jeune et ça devait osciller entre 17 et 18. Mais ce que je vois sur les apps et sur les pornos et compagnie, c'est que visuellement, les gens ont l'air d'avoir des beats énormes. Et moi, je suis là. Ou alors des fois, je vois sur Grindr et le mec, il dit 22 par 5. Moi, je regarde et je me dis mais...
Enfin, qui peut prendre ça, quoi ? Bon, apparemment, il y en a qui peuvent. Mais voilà, moi, je me dis qu'à partir du moment où mon sexe n'est pas à plus de 20, au moins à pas plus de 20 centimètres, c'est pas un gros sexe. Et je pense que dans l'incotient collectif, je dois pas être le seul à le penser. Très intéressant. Pour moi, et c'est des opinions, donc c'est pas du tout... Pour moi, tu as un gros sexe. Ah bon ? Bah écoute, ok.
Et je te dis ça avec un clin d'œil de venir... Peut-être ce que j'entends, c'est que chacun se crée une histoire, se crée des normes. Et je suis d'accord, c'est la société qui nous le donne, qui nous l'indique et tout. Mais je ne serais pas étonné que tu puisses rencontrer des gens qui aiment les gros sexes et pour qui 17-18, ça fait le job. Ok. Peut-être que ça réglerait certaines anxiétés.
C'est une anxiété pour toi, la taille du sexe ? Il y a deux choses qui sont... Oui, je pense. Parce que, comme je disais, j'étais plutôt passif. Je fais un travail pour aller vers la versatilité. Et je n'arrive pas à la garder dure. Donc, du coup, je suis quand même relativement anxieux.
Parce que, un, je n'arrive pas à la garder dure, et deux, parce que dans ma tête, elle n'est de toute façon pas suffisamment grosse pour, je ne sais pas, pour faire ce qu'il y a à faire, je pense. Ouais.
Ok. Moi, j'aimerais qu'on parle de la versatilité. Mais avant ça, on termine les émojis. Est-ce que tu envoies d'autres qui sont déterminants pour toi ? Donc, le couple.
L'arc-en-ciel, je pense que ça veut dire la communauté gay, auquel je ne m'identifie pas forcément d'ailleurs. Les beers, ça c'est quelqu'un qui se met du vernis, je ne m'en mets pas.
Du coup, là, si tu restes sur les émojis qui, toi, te définissent, c'est aucune de celles que tu viens de dire, mais c'est intéressant. En quoi tu ne te connectes pas à la communauté gay ou en quoi tu ne te sens pas forcément appartenir ? Parce que la communauté gay m'a rejeté. Et donc, si tu me rejettes, je te rejette aussi. Pourquoi elle t'a rejeté ?
que j'aurais dû avoir. Et pour te dire une anecdote, en fait, je viens d'Orléans à la base, et je connaissais pas le milieu gay, et je suis sorti avec un mec qui faisait partie d'un trio... Ils étaient...
Ils travaillaient ensemble et ils allaient ouvrir le premier bar gay d'Orléans. Donc c'est comme ça que je suis rentré dans le milieu. Et en fait, c'était génial. Et un jour, pas très longtemps après l'ouverture du bar, un pote, enfin un ami même, puisqu'on se voyait souvent, me dit « Tu sais Axel, t'es vraiment adorable, mais je pourrais jamais sortir avec toi parce que t'es noir. »
Alors moi, j'ai toujours dit aux gens, je savais que j'étais gay avant de savoir que j'étais noir. C'est-à-dire que ça ne m'était même pas...
passé par l'esprit que ça pouvait être un problème. Je n'ai jamais eu de problème à l'école, je n'ai pas eu de problème avec mes parents, pourtant on avait vécu dans la banlieue. Même mes sœurs, on n'a jamais eu de problème de racisme ou en tout cas de rejet par rapport à la couleur de peau. C'est le milieu gay qui a commencé ça. Et après, il y a ce fameux débat de est-ce que c'est des préférences ou du racisme ? Voilà quoi. Mais globalement, voilà quoi. Et du coup, j'ai commencé à me dire, ah mais oui, donc quand je suis sorti avec ce gars-là et qu'on est passé au pieu et que ça n'a pas marché, c'est parce que
peut-être qu'il attendait quelque chose de moi qui ne correspondait pas à ce que... à comment il a été élevé ou je ne sais pas. Donc du coup, voilà. Et puis après, ben oui. Après, j'ai compris que certains ne voulaient pas de moi parce que... ben parce que noir, quoi. Et j'ai dit OK. Et du coup, ben je me suis un peu... me retiré. Je me suis retiré. Ben ouais, complètement. Et tu vois...
Est ce que tu vois l'impact ? Non, en fait, ce n'est pas une question, c'est quelque chose que je vais te dire et tu vas rebondir dessus. En fait, du coup, quand ton apparence
fait que tout le monde projette sur toi des exigences, en gros on te dit dans quel cas tu rentres, est-ce que tu es ceci, tu es cela, c'est quoi la taille de ta bite ? J'imagine que dans la nudité de ton intimité, dans le moment de vulnérabilité du cul, du sexe, c'est pas forcément que vulnérable, mais en tout cas,
T'es attendu plus qu'un autre. En plus de la violence du racisme, il y a peut-être des attentes sous-jacentes qui font... Tu m'étonnes que parfois tu la gardes pas dure. J'ai pas trop étonné, quoi. La pression, quoi !
Je pense que je ne suis pas tout à fait innocent parce que la pression, je me la mets aussi. Je veux tellement réussir à me prouver que je peux être versatile, puisque j'ai compris il n'y a pas longtemps que j'étais passif plus par rejet de cette image qu'on avait de moi.
Et que je me rends compte que j'aime regarder le cul d'un mec. Ça m'est arrivé une fois d'y arriver et c'était génial. Le truc, c'est que j'ai besoin d'une certaine intimité, complicité. Je ne peux pas faire ça avec un mec comme ça sur Grindr où on se rencontre après deux phrases échangées. Et c'est compliqué.
Parce que globalement, je me rends compte que ma sexualité, elle est construite sur deux piliers majeurs qui sont la rébellion et le manque d'opportunité. Et le manque d'opportunité fait que je me sens frustré.
Je crois que j'ai entendu l'aspect de rébellion autour de tout ce qu'on attendait de toi et que tu te dis, du coup, je deviens passif comme ça, je ne suis plus le noir à grosse bite. Le noir actif. Le noir actif à grosse bite. Sur l'aspect opportunité, raconte-moi.
À Orléans, il y a des personnes ? À Rotterdam aussi ? Ah oui, mais là, c'est différent. La différence entre la France et la Hollande est vraiment différente à ce niveau-là.
Donc là, depuis que tu habites à Rotterdam, c'est la teuf du cul ? Alors, je ne dirais pas que c'est la teuf du cul parce qu'en fait, ce qui s'est passé, c'est que j'étais en couple et avec un homme que j'ai quitté juste avant le confinement, le tout premier. Donc, je n'étais pas du tout en état de me remettre à faire des plans cul, en tout cas pas à ce moment-là.
Et après ça, j'ai rencontré, après quelques, disons deux mois, j'ai rencontré un gars, un garçon avec qui j'ai couché. Et ça a été la dernière fois que j'ai eu ma foi sexuelle. Donc je crois que la dernière fois que j'ai couché avec un mec, ça doit faire il y a trois ans. Ok. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Avec lui ? Pendant ces trois ans, pourquoi... Soit, est-ce que lui a été déclencheur de cette pause de trois ans ? Non, c'est moi. Parce que je souffrais beaucoup trop. Pour plusieurs raisons. Et j'ai fini par me dire que le seul moyen de ne plus souffrir, c'est de commencer à travailler sur moi. Donc j'ai commencé un travail sur moi, personnel, à me poser des questions, à lire, à consulter. Voilà. Donc...
Et ce travail sur toi, t'avais besoin qu'il se fasse sans sexualité, c'est ça ? En tout cas, des rapports sexuels, tu le sentais pas ? Enfin, depuis trois ans, tu le sens pas ? Non, oui, c'est exactement ça, parce que j'admirais, un peu comme Julien dans son témoignage, si j'ai bien compris, j'admirais ces gens qui arrivaient à faire des plans cul comme ça...
Déjà, je suis jaloux des gens qui ont tant d'opportunités, parce que quand j'écoute les podcasts, je me dis que ça ne m'arrive jamais que je vais sur Grindr et que j'ai 15 mecs qui sont à mes pieds. Déjà, s'il y en a un, c'est déjà bien, et si en plus il me plaît, c'est OK. Mais ce que je veux dire, c'est que le sexe, ce n'était pas quelque chose...
que j'arrivais à faire sans me projeter dans un potentiel couple en fait et c'est ça que j'essaye de déconstruire et j'y n'y arrive pas c'est compliqué moi je connais
Personne, et puis j'essaye de... Les témoignages s'accumulent et je ne détiens pas la vérité. Je ne connais personne qui sait faire des plans cul comme ça, sans impact. C'est-à-dire, tu as des gens qui ont des rapports sexuels heureux, joyeux, et ça existe, et Grindr est une plateforme d'opportunité pour rencontrer des gens. Oui.
Mais aussi, je connais beaucoup de gens qui... Enfin, j'entends beaucoup de gens qui prennent de la drogue pour arriver à faire du sexe, qui cumulent tellement les plans cul. Et je crois que c'est le témoignage d'Olivier qui cumule tellement, tellement de plans cul qu'au bout d'un moment, ça...
qu'au bout d'un moment, en fait, ça bloque, qu'il y a un moment de dégoût. En fait, je rebondis sur ton propos parce que souvent, j'entends l'idéalisation de « ça existe, des gens qui sont dans une sexualité légère et ultra variée ». Et oui, mais moi, en tout cas, de ce que je vois, c'est vraiment pas la majorité, quoi.
Tout le monde chemine, galère et à la fois a envie d'éjaculer et de jouir et à la fois pas forcément n'importe comment, pas forcément avec n'importe qui. Je sais pas, moi quand j'écoute les podcasts, mais pas forcément que le tien, moi j'ai l'impression que c'est quand même relativement... J'ai l'impression que les gens c'est relativement, alors peut-être pas simple, mais en tout cas qu'ils ont...
plus d'opportunités et je pense pas me tromper en me disant que sans faire de comment on dit en français de complainte que je pense que quand t'es dans la trentaine et que tu es blanc et que t'as quand même beaucoup plus d'opportunités que quand t'es noir après faut être aussi réaliste sur ça et du coup heureusement que t'as l'air d'avoir 30 ans ah merci ça y est il est arrivé
Et du coup, c'est vrai que tu ne peux pas cacher que tu es noir, mais sur cette histoire d'âge et je pense qu'en effet, au-delà de 40 ans sur Grindr, tu passes aux oubliettes ou à moins que tu sois peut-être ultra musclé ou peut-être daddy, tu vois, il y a peut-être...
En tout cas, les catégories et les sanctions s'imposent dans la tristesse absolue. Toi, ce que tu soulignes, c'est que tu as moins d'opportunités, c'est-à-dire parce que tu es noir, et si tu indiques ton âge, les opportunités diminuent. Oui, je pense que très clairement, je pense que c'est un impact. Est-ce que c'est la raison ? Est-ce que je peux garantir à 100% que c'est la raison principale ?
En tout cas, en France, c'est sûr que ça l'était parce que j'ai quand même eu plus d'opportunités aux Pays-Bas où j'aurais pu avoir, j'aurais pu rencontrer des hommes, en tout cas plus d'hommes. Mais oui, bien sûr, c'est un impact. Bien sûr, c'est un impact. J'ai eu des hommes, donc j'ai eu cette amie qui m'a dit « je pourrais pas sortir avec toi parce que t'es noire ».
J'ai eu des hommes qui n'ont pas voulu sortir avec moi parce que j'étais trop indépendant, donc je ne correspondais pas aux pauvres petits noirs à sauver qui seraient protégés par le gars plus successful.
Juste trop indépendant, c'est-à-dire que financièrement, tu n'avais pas besoin de leur argent. Et au moment où ils demandaient à payer le resto, tu disais « non, on fait moite-moite ». Et là, ils disaient « ça me fait débander ». Voilà, en gros, c'était ça. D'abord, j'avais des diplômes, j'avais un travail, j'avais un appartement, j'habitais le 15e, j'étais très bien. Je n'avais pas besoin que quelqu'un vienne me donner à manger, j'y arrivais très bien tout seul.
Et bon, apparemment, c'était aussi un deal breaker. Plusieurs fois, tu as des gens qui te l'ont dit. Ça m'est arrivé trois fois. Et ils t'ont dit quoi, ces gens ? Alors, le premier m'a dit, je ne peux pas te rencontrer parce que je pense que tu n'as pas besoin de moi.
Le deuxième m'a dit, on a commencé à sortir ensemble et en fait effectivement j'ai proposé de faire moitié-moitié et il me dit qu'il n'avait pas besoin de mon argent et que globalement il préfère prendre soin de moi parce que en Afrique c'est comme ça.
Est-ce que lui était africain ? Non, lui, il était blanc. Mais il était amoureux de l'Afrique, mais de l'Afrique comme en 1900, machin, quoi. Donc, l'Afrique où, quand le blanc arrive, on lui déroule le tapis rouge et c'est lui qui gère tout. Et voilà, et tu... Pardon. Tu acceptes tout et c'est lui qui t'équerre, qui s'occupe de tout. Voilà. Et le troisième m'a dit, écoute, tu n'es pas suffisamment africain pour moi.
Et je lui ai dit « mais pourquoi ? » et il me dit « déjà un, parce que tu ne sais pas préparer la bouffe de chez toi, en tout cas pas suffisamment, et la deuxième chose, il m'a dit tu es beaucoup trop indépendant par rapport à ce que je recherche ».
D'accord. Alors, attends, j'essaye de ne pas tomber dans le jugement pour tenir cet entretien. Bon courage ! Je me sens assez découragé. Je te comprends, mais quand je dis ça aux gens, les gens vont se dire soit que j'exagère, soit que oui, mais bon, c'est pas tout le monde. Oui, non, mais c'est suffisant.
Donc ça, c'est une réalité. Sans omettre cette réalité, si tu te projettes et tu te dis, moi, je suis en train de construire un accel versatile et sexuellement épanoui. J'allais te demander, est-ce qu'aujourd'hui, tu te considères sexuellement épanoui ?
Mais avec ta pause de trois ans, est-ce que c'est un choix heureux, c'est une asexualité assez heureuse ? Tu t'en es où à ma question ? Excuse-moi, je ne réponds pas à ta place. Est-ce que tu es sexuellement épanouie aujourd'hui ?
Réponse de Normand, oui et non. Es-tu normand ? Non. Ça, je peux faire. Je dirais oui parce qu'au final, ça ne change pas grand-chose. Vu que je n'avais déjà pas d'opportunité ou très peu d'opportunité avant, le fait que je décide de moi-même de ne pas avoir plus de relations sexuelles, ça ne met pas ma vie en danger.
Ma question, c'est est-ce que tu te sens sur ton chemin d'épanouissement ? Est-ce que tu te sens où sur ton chemin d'épanouissement ? J'avance. J'avance. Ce que je fais, c'est que comme je n'ai pas l'opportunité d'être actif avec quelqu'un avec qui je suis suffisamment complice et compagnie, je me suis acheté des préservatifs normaux, des préservatifs comme des stris,
Des flash jacks. Enfin, un flash jack. Donc, le truc où tu mets ta bite et que tu te branles avec. Je crois que je l'ai vu sur des sites porno. C'est un cône. Oui, voilà, c'est ça. C'est une espèce de cône. Ça ressemble à une lampe, une grosse lampe, en fait. Et l'embout, c'est soit... Une lampe torche, non ? Voilà, c'est ça. Je me disais, j'imaginais un abat-jour et tout. Non !
Oui, flashlight, flèche. Ah, mais tu vois le truc. Flèche, c'est cher en anglais. En anglais, correct. Et ça tourne ? Ça ne tourne pas. En tout cas, pas celui que j'ai. Après, il y a plusieurs modèles. Mais celui que j'ai, c'est un classique, en fait, que j'ai utilisé qu'une seule fois. Mais quand je mets ma bite dedans, je sens tellement rien que je me dis, oh mon Dieu, soit le truc est vraiment très large, soit ma bite est vraiment minuscule.
Je m'en suis acheté un autre dit de voyage. Celui-là, c'est pas trop mal. Et en fait, je me suis aussi acheté un... Les trucs qui serrent les... Comment ça s'appelle ? Les trucs qui serrent les boules, là. Comment...
C'est un anneau... Le cock ring, voilà. Le cock ring. Voilà. Donc, ce que je fais, c'est que je m'entraîne à sensibiliser mon sexe à la pénétration. Et comme je suis beaucoup branlé à la main directement, je mets le préservatif pour diminuer la sensation...
Parce que je sais que quand je rentre dans quelqu'un, la sensation est moins forte que quand c'est ta main, bien sûr. Donc j'essaye de, en gros, m'entraîner. Je me dis, si tu trouves personne, commence à t'entraîner, mon gars. Et puis peut-être que quand tu trouveras quelqu'un, peut-être que ça ne sera pas successful au départ, mais que ça viendra. À ton avis, ça vient d'où ?
Cette idée de performance dans la sexualité. Imagine un monde où quelqu'un tombe amoureux de toi, de ton corps, de ta façon de rire, de dire, de faire, parce que t'es fan de ceci ou parce que vous partagez des intérêts communs. En tout cas, il y a un truc qui se fait.
Et un monde dans lequel le sexe, du coup, c'est comme on fait la cuisine ensemble. C'est-à-dire que, surtout quand on va essayer des nouveaux trucs, des nouveaux plats, en fait, ça va être trop cramé ou pas assez ou ça va être bon, etc. Que le sexe, c'est pas cette chose linéaire avec une note à la fin. Et donc, il y a des jours où je bande pas, d'autres où je bande, il y a des jours avec omelette, d'autres sans...
Je ne sais pas quelle est l'image métaphorique que j'ai voulu faire. Ça te vient d'où cette idée que tu dois être prêt à la pénétration, que tu dois du coup t'éduquer à la pénétration ? Tu as employé le terme réussir, il me semble ?
Pour y arriver en tout cas. Pour y arriver, ouais. Oui, alors ça doit venir du fait que sur les quatre très longues relations que j'ai eues, sexuellement ça n'a jamais fonctionné. Parce que je me suis rendu compte qu'à part un, ils étaient tous en fait passifs. Ils m'ont fait croire qu'ils étaient versatiles.
Et en fait, arriver au lit, ça ne marchait pas. Ils n'y arrivaient jamais, ils n'y arrivaient jamais. Et du coup, au moins, au lieu de me dire, tant pis, comme j'entendais dans les podcasts, tant pis, sois actif. Je me suis dit, ben non, parce qu'en fait, tu m'as choisi parce que tu fantasmais sur le fait que je sois actif alors que je ne le suis pas. Tu m'as choisi pour de mauvaises raisons, donc c'est non. Et du coup, on pouvait rester ensemble trois, quatre ans, comme avec le dernier, cinq ans, je crois, sans avoir de relation sexuelle.
Parce que toi, dans ton cœur, ce que tu disais tout à l'heure, c'est... Tu as été passif par rébellion, mais... Ou non ? Aussi parce que j'aimais ça. J'ai construit ma sexualité depuis que je suis tout petit. J'ai toujours traîné avec des filles, je me suis toujours identifié aux filles. Moi, quand on regardait... Alors, on n'est pas de la même génération, mais moi, à l'époque, c'était Dallas, dynastie.
Moi, j'étais Pamela, quoi. Et je voyais Bobby qui se pâtait pour Pamela. Et moi, je me disais, non, mais moi aussi, je veux que Bobby se pâte pour moi comme ça. J'avais la honte. Et avec mes copines, on allait... Bon, j'étais pas comme ça. J'étais beaucoup plus mince, bien sûr. Mais on allait à Pinky, Jennifer, s'acheter des t-shirts. Enfin, comme une meuf, quoi. J'étais vraiment comme une fille. Et donc, je me suis identifié aux filles et à leur façon de penser et à leur drama et à leur...
et à la façon dont elle, elle pensait qu'un homme qui t'aime doit se comporter. Donc un homme qui t'aime doit, si tu le largues, il doit tout faire pour te récupérer parce qu'il ne peut pas vivre sans toi. Enfin bon, tout un espèce de drama ridicule que j'ai compris, que j'ai vite évacué, enfin que j'ai évacué. Mais voilà, donc du coup, l'activité n'allait pas avec Pamela. Être actif. Voilà, être actif, ça n'allait pas. Il...
Quand tu es une femme et que tu reçois, c'est l'homme qui te pénètre.
Sans parler de domination, mais voilà, le rôle de la femme, enfin le rôle, non, elle ne peut que recevoir a priori. Non, elle peut enfiler un jockstrap et pénétrer. Elle peut, elle peut. Mais alors à l'époque, je n'étais pas du tout dans ces considérations-là, je ne savais même pas que ça existait. Du coup, aujourd'hui, tu as en toi une part plus passive qui veut être pénétrée et tu la connectes à ta part de féminité ou la femme en toi ?
Alors aujourd'hui, avant je voulais être passif parce que je me considérais plus comme le côté féminin, on va dire. Aujourd'hui, la passivité, je l'aime toujours, mais pour d'autres raisons. Parce que ça me fait plaisir, parce que j'ai envie de l'être, parce que j'ai envie de partager. Donc c'est déjà un état d'esprit différent. Et c'est aussi pour ça que j'ai envie d'essayer le fait d'être actif, parce que je sais que ça me ferait plaisir.
à moi mais de la même façon que j'ai dû m'entraîner enfin je sais pas comment dire pour être passif être actif surtout au jour d'aujourd'hui
Il n'y a que les gens qui ont quelque chose pour toi, un respect, une attraction, une patience, qui vont accepter que tu ne la gardes pas dure. Les gens qui vont sur Grindr et qui ont envie de se faire niquer, si tu arrives en disant « Désolé », ils ne vont jamais te rappeler. À côté de ça, j'ai aussi beaucoup de mal à comprendre les gens qui font des plans cul.
avec qui ça se passe très bien comme j'entends souvent c'était génial et tout machin et ça s'arrête là mais de toute façon ça c'est les autres toi tu m'as dit que t'avais pas envie toi t'as besoin de connexion émotionnelle et plutôt tu connectes le sexe à l'amour ou au sentiment amoureux même naissant oui c'est ça donc les plans en fait c'est pas pour toi oui mais il faut que j'arrête ça
Ça fait trois ans que t'en as pas fait ? Oui, mais... Justement, je voudrais faire des plans.
Je pense qu'il faut que je fasse des plans. Mais le problème, c'est que si ça se passe bien, moi, je ne peux pas m'arrêter à bonne soirée. Parce que je ne comprends pas, peut-être qu'il faut que j'aille voir un psy, je ne sais pas, mais je ne comprends pas, quand tu couches avec quelqu'un et que ça se passe bien sexuellement, pourquoi tu ne veux pas en savoir plus sur la personne ? Pourquoi tu ne veux pas aller plus loin ? Je ne dis pas qu'il faut se marier, mais je ne sais pas, c'est tellement dur de trouver quelqu'un avec qui ça matche, que je me dis que si ça matche bien au lit avec un mec...
j'aimerais bien voir ce que ça peut donner. On se projette dans deux ans, Axel. On se retrouve, peut-être que c'est moi qui sera à Rotterdam, ou peut-être que toi... Tu es bienvenue, il n'y a pas de problème, j'ai 100 m², donc vas-y, il n'y a pas de souci. Merci. On se retrouve dans deux ans. Tu aimerais me raconter quoi ? Tu aimerais avoir fait advenir quoi dans ton chemin d'intimité et de sexualité ?
J'aimerais te dire que j'ai cassé certaines barrières. Hashtag être capable de faire du sexe sans pour autant considérer que ça peut déboucher sur une relation. Déjà, ça me ferait moins souffrir. Pour que je comprenne, pourquoi c'est important pour toi d'arriver à faire du sexe sans émotions ?
Parce que c'est le seul moyen que je connais pour avoir des opportunités. En tout cas, moi, je n'ai pas eu l'expérience de gens qui veulent coucher avec moi et rester avec moi.
C'est OK pour des plans cul, t'es assez bien pour un plan cul, mais t'es pas assez bien pour plus. Donc, voilà. Puis moi, j'ai des envies aussi, à un moment donné. Donc, il faut que j'arrive à casser cette barrière et me dire « OK, tu seras capable de coucher avec lui sans que, en tout cas, je te dirai ça dans deux ans, je suis capable aujourd'hui, Guillaume, de coucher avec un homme et d'accepter que ça n'aille pas plus loin. Et sans que ça me fasse mal. »
j'aimerais aussi te raconter que j'arrive à être actif et que les fois où j'y arrive pas c'est pas grave parce que c'est la vie et que ça arrive à tout le monde et te dire que j'ai rencontré quelqu'un et que je suis en train de construire et de partager une vie top avec cette personne voilà
Et à ton avis, c'est quoi s'il y avait une seule barrière que tu allais devoir dépasser pendant ces deux prochaines années pour faire advenir tout ça ? S'il y avait un blocage clé, ce serait lequel ? Peut-être arrêter de penser à la place de l'autre.
arrêter de penser à la place de l'autre et faire et juste si l'autre ça lui plaît pas ou ça lui convient pas il est adulte il devrait être capable de se manifester et de le dire merci Axel de rien Guillaume