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Du coup aujourd'hui tu te dis bloqué et tu te dis, t'as dit quelque chose que je pouvais interpréter comme positif, c'est-à-dire t'as dit quelque chose comme, il y a eu un terme où tu as dit vierge ou sans marque ou... J'ai comme entendu un début de nouveau. Ah oui j'ai dit page blanche peut-être. Page blanche, c'est assez... Ouais je suis là. Tout peut s'écrire. Ouais complet. Ouais.
Et tu ne sais pas qui tu es. Je l'imagine que l'auditeur écoutera, même dans ma voix. Je pense que c'est positif. Je me sens enjoué. Bloqué, enjoué. Je me dis, c'est bon, j'ai eu mon alpha, mon omega dans mes histoires. J'ai eu des histoires super sexuelles. Et puis, tout s'est enrayé. Et puis, je n'ai plus compris. Et puis, je n'ai plus su. Et puis, il y a eu la peur. La peur de ne plus savoir faire. La peur de ne plus savoir toucher quelqu'un. La peur ou redouter qu'on me touche.
Et que ça s'enraye de ne pas savoir jouir en communion. Est-ce que ça serait pour ça que c'est excitant et que c'est rassurant d'être un actif soumis ? Et pourquoi tu n'aimes pas ces termes ? Deux questions. On commence par la première. Je fais un pont où je me dis, du coup, ça me rassure. Si jamais je l'évite, tu me rattraperas sur les deux questions. S'il en manque une...
C'est quoi un actif soumis dans ton fantasme ? Ouais, alors actif soumis, pour qu'on soit sûr, je vais pas dire actif, je vais dire plutôt pénétrant, donc actif à l'américaine. J'aime pas non plus, mais on va dire plutôt top. En tout cas, c'est plus ma sexualité technique. Ouais ?
Soumis, pas soumis au sens du BDSM ou je ne sais quoi, ce qui me stimule, qui m'excite, j'aime les pénétrés, les passifs très entreprenants. C'est ça qui me stimule en fait. Ça veut dire quoi ?
Décris-moi un exemple. Donc t'es habillé, on s'embrasse. C'est très facile, on s'embrasse, je peux tout à fait le décaper et je peux être extrêmement musclé. Je peux le décaper, le jeter sur le canapé, le prendre contre le mur, c'est facile. Après, au moment de la pénétration, c'est marrant, le soumis viendrait uniquement au moment de la pénétration. Pour le reste, il n'y a pas de problème, je me débrouille très bien. Je n'ai pas besoin qu'on me guide et j'aime bien telle initiative. J'aime énormément accompagner l'autre.
à ce moment où il n'en peut plus de souffrance, de plaisir. J'aime bien quand on est extrêmement soumis à la chair. On est obligé de s'abandonner. Ça, ça m'excite énormément. Et ça, ça me donne du plaisir de voir l'autre complètement soumis à son ressenti. Mais au moment de la pénétration par la sexe, parce que par les doigts, c'est vachement simple. Chez moi, au moment de pénétrer
Là, ce n'est pas simple pour moi. J'ai besoin que l'autre le fasse. Qu'est-ce qui se passe dans ta tête ? Je suis entouré d'un seul coup, alors que je peux être extrêmement musclé, un peu animal, ce qui fonctionne bien du coup. Au moment de la pénétration, je suis entouré de toute une précaution.
Ne pas faire mal, de prendre le temps, d'être à l'écoute de l'autre. Tout le monde est différent et chaque personne a différentes étapes dans la journée ou dans la vie où cette semaine c'est plus facile, le lendemain c'est plus dur. Et du coup je veux tellement que ça se passe bien que ça en devient presque technique dans ma tête.
tu déconnectes quoi et il y a une question de bander ah non ça alors étonnamment c'est drôle ça étonnamment c'est très facile pour moi ça bander t'as pas peur de perdre ton érection quoi ça fait pas partie du non et puis là dessus je pense être pour utiliser des termes à la mode là un peu déconstruit je m'en fous en fait
Je veux dire, si elle voulait pas suivre, il y a d'autres manières de s'amuser, et puis ça revient ou pas. Ça m'est pas arrivé, ça arrivera. Ça m'intéresse pas du tout, ça. Non, puis je...
Je suis plutôt du genre à bander, je peux éjaculer, rester bandé. Et donc, il m'est arrivé dans mes pratiques avec certains partenaires, je peux continuer deux ou trois fois, éjaculer deux ou trois fois, tout en bandant. Plutôt des érections très longues, qui fonctionnent très bien. Dure comme du bois, c'est pas le problème. Ça, c'est pas difficile. Même parfois, récemment, peut-être parce que je me sentais empêché, à bander, bander, ça... Mais pas pour jouir, physiquement.
C'est marrant parce que tu décris tout ça avec... Je me rappelle de ta métaphore avec le chirurgien, c'est assez chirurgical. Est-ce qu'il y a du plaisir dans tout ça ? Quand tu dis « je sais bander, je peux plusieurs fois éjaculer », il est où ton plaisir dans tout ça ? Mon plaisir technique ? Bon, à l'éjaculation physique, il y a toujours du plaisir ?
Là, c'est la chimie. Mais il n'y a pas forcément de l'orgasme. Enfin, je ne sais pas. Ah non, moi, j'ai déjà éjaculé en me disant...
Oui, c'est ça. J'ai pas toujours l'orgasme dans la tête en même temps que j'éjacule, quoi. Tu as dit, il y a toujours du plaisir quand j'éjacule. J'ai du mal à entendre. Ah oui, c'est-à-dire du plaisir, l'éjaculation. Ah bah moi, toujours la décharge. Ah ouais ? Plaisir, je sais pas. En tout cas, une sorte de soulagement. Dans ce sens-là. Mais par contre, là où je te rejoins sans doute, c'est ce que j'appelle la jouissance. Cérébralement, non. Ça peut être, j'ai éjaculé, ça me soulage de l'avoir fait. C'est pas pour ça que j'ai pris un plaisir jouissif. Un orgasme. Cérébral, quoi.
Non, mon plaisir à ce moment-là, il est très cérébral. Ce qui me met à terre, c'est vraiment le plaisir de l'autre. Je suis extrêmement, bien qu'en tant qu'actif et même actif techniquement parfois, je suis extrêmement soumis au rythme, à la cadence, au regard, au soufflement, au gémissement, beaucoup au regard de l'autre. Ça, ça m'excite. J'ai vraiment besoin de ça. Par exemple, je ne peux pas j'accueille avant l'autre.
Ouais, d'accord. Ça m'arrive, mais c'est pas mon truc. Et du coup, quand ça te fait du bien en ce moment d'imaginer une personne qui se fait pénétrer, donc pour respecter la terminologie, donc toi tu dis j'aime bien les personnes que je pénètre et qui sont entreprenants au moment de la sodomie, ça va être c'est lui qui prend ta bite, c'est lui qui s'empale sur toi, enfin concrètement... Techniquement, j'aime certaines...
Il y a différents moments. Mais l'idéal, dans le fantasme de ce qui m'excite, c'est le mec en Amazon. J'ai besoin de le voir qui me domine de son corps. J'aime parce que j'aime toucher à ce moment-là ses cuisses, ses fesses. J'aime le voir entièrement son buste pour le toucher. Et j'aime le jeu de regard que pose cette pose-là. Et parce que c'est lui qui va donner le rythme, c'est lui qui va contrôler ce qu'il peut ou pas faire, comme il veut le faire. Et je suis dépendant de ça, en fait.
C'est intéressant parce que tout le plaisir, lorsque tu es pénétrant, que tu décris, est quelque chose qui, en effet, lorsque tu es pénétré, peut être plus compliqué. Tu vois, tu disais, moi, je suis très connecté au souffle, je suis très connecté à l'autre et à ce qu'il ressent. Peut-être, je te propose quelque chose, lorsque tu es pénétré...
Il s'agit aussi, comme c'est ta muqueuse, c'est ton corps que tu dois aider à recevoir, tu vois ce que je veux dire ? Ça nécessite d'être très présent dans ton corps, donc d'être bien sûr avec l'autre et à ta guise, mais aussi être avec toi. Et c'est à cet endroit que c'est plus difficile ? Non, non plus. Non ? Non, non, c'est juste... L'idée d'être pénétré, du coup. Ah, pour moi, de mon côté ?
Tu disais tout à l'heure, c'est compliqué pour moi d'être pénétré. Non, parce que ce n'est pas compliqué techniquement. C'est compliqué parce que je ne trouve pas le chemin du plaisir. Je ne trouve pas de plaisir. Et l'interprétation que je te proposais pour te faire réagir, c'est... Je pense que, si je suis honnête, il y a eu deux histoires. J'ai besoin de temps aussi pour avoir envie d'entendre confiance et de désir très puissant de l'autre pour accepter qu'il me pénètre.
Les canaux qui m'amènent à avoir envie m'échappent complètement. C'est absurde. Mais par moments, c'est lui, c'est maintenant, il a le droit. En gros, j'ai envie. Et c'est très facile. Et il n'y en a que deux avec qui j'ai vraiment senti du plaisir. Physique, je ne suis pas sûr. Mais parce que je me sentais en communion avec l'autre. Ces deux-là, c'est dans tes couples précédents que tu... Jamais dans mes couples installés. Les deux dans des histoires longues, par contre. Je n'ai pas vraiment...
Tu te souviens de ce plaisir ? Tu saurais en parler ? Ce plaisir ? Ouais, je pense que ce qui m'amène au plaisir... Je sais pas si j'ai un plaisir physique, toujours. J'en ai pas souvenir, en tout cas. Par contre, j'ai un plaisir... Mon plaisir, c'est sans doute lié au fait...
d'enfin lâcher prise. Je pense que c'est très lié au lâcher prise. Le postulat de départ, c'est la confiance en l'autre, le désir d'abord, et d'avoir confiance. Mais c'est pas ça qui m'amène au plaisir. Ce qui m'amène au plaisir, c'est de me rendre compte que, ah, enfin, tu lâches. Et sans doute qu'il y a un côté un peu dans le contrôle. Tu lâches, tu t'abandonnes et t'appartiens un peu à ce moment-là à l'autre. L'autre peut te faire mal, en fait. J'ai souvent cette douleur
pas à l'entrée, l'entrée, à un moment ça passe ou ça passe pas, c'est pas la question, dans la pénétration, dans la profondeur. Je sais que c'est absurde, je connais le corps humain, mais j'ai l'impression qu'en gros...
Il y a un plafond de verre à l'intérieur qui me fait très très mal, mais vraiment mal. Donc, c'est lorsque le sexe est entièrement en toi... Ah ouais, il y a un moment, c'est une douleur aiguë. J'ai l'impression d'avoir un poignard côté nombril. Ok. C'est très douloureux. T'as consulté un médecin pour vérifier ? Non, pas du tout. T'es allé voir un procto ? Non. Log ? Non, non. Et c'est drôle, maintenant, depuis deux ans, je me pose plein de questions. J'ai envie d'aller explorer plein de trucs pour comprendre est-ce que finalement, puisque je ne me sens pas le tabou...
Je me sens un peu homophobe là-dessus, mais je le sais bien. C'est pas facile pour moi d'avoir envie d'être pénétré. Des fois, je sais. Je me suis connu comme ça plus jeune. Maintenant, j'en ai l'envie parfois, mais c'est tellement douloureux. Je me dis, cette douleur, je l'ai pas fantasmée, elle est là. Tu utilises du lubrifiant ? Bien sûr. Lubrifiant à l'eau, plutôt, que d'autres que j'aime pas ou qui font mal. J'ai discuté avec quelqu'un du plaisir anal, et à un moment donné, je disais, non mais moi, en fait...
Je ne sais pas très bien quel est le plaisir prostatique et ce que ça fait la prostate. Je ne me sens pas expert du sujet, mais lui l'était. Et je lui dis, c'est cette boule. La prostate, c'est cette boule à quelques centimètres de ton anus. Elle n'est pas si loin que ça. Et je lui dis, selon l'inclinaison, si ça tape ou si ça touche fortement...
Et je décrivais un effet Pikachu, genre vraiment j'ai des décharges électriques. Ça m'a fait penser à ça quand tu parlais du plafond de verre. Et il m'a dit « Ouais, ouais, en fait, le plaisir de la prostate, il faut, me disait-il, il faut le conquérir. C'est pas le même plaisir, il faut le découvrir. »
Plutôt quand tu me touches la prostate, je passe pas un bon moment. Est-ce que ça pourrait être lié ? Est-ce que ça pourrait être... Ce qui est drôle, c'est que... Il y en a un seul avec qui j'ai étonnamment mon dernier.
Au début de notre relation, qui s'intéressait un peu, où... Bon, il n'était pas du tout actif. Quelques fois, mais c'était très pénible pour lui. Il n'y arrivait pas, il ne pouvait pas garder une érection. Enfin, ce n'était pas son truc, quoi. Il en avait l'envie d'essayer, je pense. On l'a très peu fait. C'était très, très laborieux. Mais par contre, au début de notre relation, il lui arrivait souvent, je pense la première année, je dirais, pendant la fellation, de me doiter.
Et là, le plaisir prostatique fonctionnait très, très, très, très bien. Les deux, ah oui, c'est très simple. Et le plaisir prostatique au doigt, tout seul, je l'ai déjà testé, je sais que ça marche. Génial. D'où l'intérêt, j'ai envie de travailler. Mais t'as les décharges ? Non. Ah, donc c'est... C'est pas par décharge. Ok, merci. Il y a vraiment une stimulation... C'est agréable. Cliquée au proche de l'irritation, enfin, à un moment donné. C'est presque irritant que ça en devienne entre les deux, quoi. Et ça fonctionne très bien. En gros, il me doitait...
Stimuler la prostate en même temps qu'il me suçait. Et là, j'avais des décharges cérébrales à me contentionner comme un verre. Ça fonctionnait très, très bien. Pénétration, pas possible. Après, je suis toujours tombé sur des mecs qui en avaient des trop grandes. Le mythe, ça aussi, ça m'a bien fait rire. Il faut au minimum 19 et tout. OK, super. T'as entendu ça où ? Dans certains podcasts. Le mien ? Oui, il y en a un qui... Je crois que c'était un couple qui disait quand on rencontre quelqu'un, il y avait un critère de centimètre minimum. Ouais.
Et du coup, là, ça me poserait, mais on n'est pas là pour ça, ça me poserait une question. Ils ont besoin d'un minimum techniquement ou dans la tête ? Parce que c'est oufissime pour moi. Et moi, je suis tombé sur des mecs qu'on avait très longs. Et quand ils me pénétraient, j'avais tellement mal au fond. Il n'y a pas de fond, mais vraiment, j'ai l'impression qu'ils vont me péter une paroi. Très douloureux. J'ai deux intuitions. Une sur l'aspect psychologique. Déjà, je me permets de donner mon opinion. Ça te va que je te donne mon opinion ou pas ? On la donne sur un podcast ?
Je ne suis pas chez la psychiatre. Mais du coup, je ne suis pas compétent, je ne suis pas médecin. C'est marrant, tu as dit « quand on me pénètre, j'ai peur qu'on me transperce, qu'on passe à travers moi ». C'est ce que je dis aussi quand je pénètre. Et en fait, il y a tout. Tu as pour moi une symbolique psycho de la question de l'identité, etc. Donc, j'ai cette intuition-là.
Et l'autre, elle est un peu plus terre à terre d'aller voir un procto où j'aurais envie même, tu vois, de checker si j'ai pas des condylones. Donc, condylone, la HPV. Tu peux sentir des petits points, des petits boutons qui peuvent se propager. Moi, j'en ai eu. Et du coup, ça, ça peut faire très mal ou pas. Oui, ça pourrait être... De toute façon, il y a bien une raison. D'un côté, pour moi, très longtemps, dans ma jeunesse, moi, j'étais très, très...
Techniquement très actif, vraiment. Attends, je comprends pas, techniquement, c'est-à-dire dans ta jeunesse ? Ouais, j'étais très actif. Tu pénétrais beaucoup ? Oui, j'ai toujours eu... Après 18 ans, tu t'es déverrouillé ? J'ai commencé vers 20-21 ans, à 20 ans, ma première expérience à 20 ans. Et t'as eu plein de sexe ? Et du coup, oui, alors toujours dans des relations longues, parce que je me suis toujours installé dans une relation de confiance, de...
couple pas forcément construit j'ai toujours vécu 6 mois, 8 mois, 1 an comme ça entre toutes mes histoires et où du coup j'avais une libido importante genre je pouvais faire tous les jours j'avais besoin tous les jours mais dans un idéal, oui après je sais bien que ça évolue mais bon je pourrais m'envoyer en l'air tous les jours c'est agréable, ça prend beaucoup de temps mais dans un idéal oui, 2-3 fois par semaine ça serait parfait
Et donc plus jeune, pas très bien, tout ça. Et puis après, j'ai eu l'envie. Passé plusieurs années, je pense peut-être à 25-26 ans, je me suis dit, pour la première fois, je me suis dit, ah, j'aimerais bien aller découvrir autre chose dans ma sexualité. Avec tout ce que je faisais, je dis pas qu'on tourne en rond, mais je dis, ah, il y a plein de trucs que je fais pas. Il y a milliers de choses, visiblement, quand j'écoute tous les podcasts. Je me dis, ah, je voudrais bien découvrir l'inverse. Être passif. Et alors là, j'avais des a priori. Pour moi, être passif, ça a rencontré mon homophobie. Ouais.
Et là, je me suis confronté avec moi-même et je me suis dit, j'avais ça en moi et je luttais contre ça. Et alors là, j'étais en dialogue de sourds avec moi-même. Tu voudrais te faire pénétrer, mais tu refuses parce que ça serait trop féminin. Sans doute. Je parle d'il y a 15 ans maintenant. Mais c'est resté en moi. Alors aujourd'hui, je ne le pense plus du tout. Tu ne penses pas que c'est pour ça que tu as mal ? Je me suis demandé. Mais j'en avais un tel désir avec certains. Et parfois, avec certains, ça marchait. Et tu n'avais pas mal ?
Non, il y a eu un gars, j'ai vécu 8-10 mois avec un gars, un parisien. On se voyait tous les week-ends, quoi. Ou il venait passer une semaine chez moi, ou je venais passer une semaine là. Qui se définissait comme uniquement actif. C'était un gars qui avait fait un coming-out tout récent, qui avait vécu très longtemps en couple avec une femme. Et donc peut-être lui aussi. Peut-être que je me dis, tiens, 15 ans plus tard, je sais pas où il en est. En tout cas, c'était ça. Uniquement pénétrant. Et ça se passait très bien. Ah !
Techniquement, ça marchait bien. Alors déjà, ça rentrait très facilement. C'est un cas qui était très complexé, je me rappelle, parce qu'il mouillait énormément, je sais pas comment, mais genre une fontaine. Du coup, il avait un lubrifiant naturel, mais genre quand on s'embrassait ou quoi, il était tellement excité, il trempait son caleçon, inondait quoi. Mais du coup, ça rentrait comme dans du beurre. Enfin, je l'avais préparé, c'était facile quoi. Et...
techniquement, au bout de presque 8-9 mois qu'on était ensemble, ça se passait plutôt pas mal. Je prenais du plaisir. J'ai jamais joui. Mais ça se passait pas mal. Je me suis dit, tiens, cette relation, si elle avait duré, j'aurais sans doute trouvé un chemin. Et tu penses que ça peut être lié à sa lubrification naturelle, tu sous-entendais ? Après, on le faisait avec des capotes. Mais dans la préparation, il s'en servait quand même. D'accord.
Je pense que ça devait m'exciter parce que je voyais un signe extérieur d'excitation chez lui. Il y avait tout un truc. Pourquoi tu dis j'ai jamais joui ? Ça veut dire, tandis qu'il te pénétrait... J'ai pas éjaculé. Pourquoi ? Je crois que j'ai du mal. Tu peux pas te masturber pendant que... Si, je le fais. Mais j'ai pas souvenir d'avoir éjaculé pendant qu'il était en moi. J'ai sans doute éjaculé quand il avait fini. Vraiment. Parce que je me rappelle d'une sexualité positive, quoi.
C'est marrant parce que moi, je suis dans un moment où... Je t'écoutais, je me disais, est-ce que je partage ça ou pas ? Je suis dans un moment où, justement, j'ai des rapports sexuels avec quelqu'un qui m'accompagne vachement. C'est-à-dire, je sens quelqu'un avec qui je m'autorise à dire mes blocages.
et du coup d'être très nu parce que moi quand je rate ou quand je sais pas faire je me sens je passe vraiment un très mauvais moment et alors en parler et là tu vois je m'autorise à dire ça j'y arrive pas, ça j'ai peur et du coup petit à petit s'ouvre un espace d'essai ce qui m'a vraiment aidé c'est de mettre des mots sur mes blocages un il me rassure
Et du coup, on en parle souvent. Et le fait qu'il me rassure, le fait qu'il dise son plaisir avec mes blocages, ou malgré mes blocages, je ne sais pas comment le dire, mais tu sais ce que je veux dire ? Le fait qu'il m'aide à dire... Et d'ailleurs, parfois, il me dit « Non, mais t'es sympa, mais... » Oui, oui, je t'écoute. Mais en fait, moi, je ne vis pas ça, Guillaume. Donc, je t'ai bien écouté et tout. Parce que j'ai même du mal à l'entendre quand il dit « Moi, j'ai beaucoup de plaisir, je suis là... » Non, mais mec, attends. Non.
Et vraiment, tu vois, je suis... Oui, parce que des fois, on fait passer ce qu'on pense, ce qu'on ressent avant la capacité d'écouter ce que l'autre a envie de dire. Donc, du coup, il me fait... Non, mais t'es sympa avec ton nom, mais tu vas pas me dire, moi, ce que je ressens. Et je suis là, oui, pardon, excuse-moi. Et hop, et donc, petit à petit, s'ouvre un espace. Et je vois que, moi, ce qui m'aide, c'est de dire, OK, du coup, je vais échouer, je vais essayer, je vais échouer, mais j'aimerais essayer. Est-ce que t'es OK ? Donc, je trouve des façons pour essayer.
et à un moment donné il y avait un miroir à côté de nous et lui il me dit ah vas-y regarde je me regarde et tout et moi j'étais là non mais je peux pas et il y a eu vraiment pas de homophobie ça ? ah certainement tu vois de me regarder en train de faire du sexe mais du coup je jette des petits coups d'oeil et je sens que je suis en train de conquérir quelque chose bon lui il regarde et tout et moi je fais ce que je veux et il y a des petits moments où je regarde et je vois que je me dis bah ouais là c'est toi en train de baiser Guillaume en fait c'est
Ouais. Et tu vois, il y a par le regard des petits trucs. Et après, il y a dans le corps. En fait, il y a des moments où moi, je crois que j'ai vachement besoin que ça aille très doucement. Moi aussi. Et en fait, il y a pas mal de personnes qui vont très vite comme dans les films.
et moi j'ose pas dire bah en fait non et en plus il y a des moments où très vite j'aime beaucoup donc c'est assez compliqué et ce que je trouve être moi quand je suis pénétré là je parle quand je suis pénétré ce que je trouve compliqué c'est qu'en fait chaque jour j'ai besoin de différentes choses pour aller créer du plaisir anal donc parfois il faut aller tout doucement puis soudainement vite etc puis j'ai pas non plus envie d'être un militaire qui fait plus vite à gauche à droite
et il y a quand même un sujet où pour moi trouver l'équilibre entre dire
Et aussi, comme c'est l'autre qui me pénètre, arriver à m'adapter à ce qu'il est en train de faire. Et ce que je voulais te dire, en tout cas, c'est que je découvre des positions et des façons de faire qui peuvent vraiment être des clés pour moi. Notamment, au tout début, si tu vas très doucement et que tu fais ceci et cela, après, ça ouvre quelque chose dans tous les autres termes. Et le fait d'aller à la rencontre de mes clés, il est là mon plaisir anal. Il est de les découvrir. Et en fait, elles sont très singulières.
Donc déjà, il faut que j'assume que, écoute, en fait, il faut que je mette le bras comme ça. C'est un peu caricatural. Il faut assumer ce qui est nécessaire. Oui, et que je découvre mon corps et que ce n'est pas forcément normal. Ce n'est pas forcément comme la norme, première chose. Deuxième chose, arriver à le communiquer. Et troisième chose, reconnaître qu'il y a des jours où c'est le contraire. Et ça, je trouve ça assez déstabilisant. Il y a des jours où la recette d'hier, la clé d'hier, est le cadenas de demain.
Le même corps a pas les mêmes... Enfin, il y a un spectre tellement large. Et j'aimais bien, ça m'a fait sourire. Parce que comme c'est lui qui pénètre, il guide. Et je me dis, ah bah tiens, c'est drôle. C'est tellement l'inverse de ce que moi, quand je pénètre, je ressens.
Sauf si je suis en Amazon, d'ailleurs, je ne savais pas que c'était le nom de la position que tu as dite. Amazon, c'est genre... Assis sur toi. Califourchon ou assis sur le côté. Moi, je te parle quand je suis pénétré et que mon corps ne peut pas cadencer. Oui, bien sûr. Mais je conçois tout ça. Le miroir, c'est marrant.
Ça n'a jamais été un sujet. Il y en a, il n'y en a pas. Des fois, je regarde, des fois, je ne regarde pas. Ça ne me stimule pas. Ça m'amuse. Ça m'amuse, par contre. J'aime bien ce côté. Ah tiens, c'est toi. Pour moi, tout ça, c'est... Pourquoi j'ai fait ce petit point-là ? Pour moi, tout ça, c'est mon chemin face à mon homophobie internalisée. Excuse-moi, je ne sais pas si c'était clair. Si, si, bien sûr. Et j'observe que, tiens, ça passe par le regard. J'observe que ça passe par les bruits que je m'autorise à faire, etc. Alors les bruits, ça c'est... Ouais, je conçois, ouais.
J'arrive à vulgariser les bruits, par exemple, et à les entendre. Aucun souci. J'arrive à me voir dans un miroir non sujet. Je ne sais même pas où il y a un vrai sujet, en fait. Parce que ça a l'air simple. Enfin, c'est fou, en fait. C'est que, quelque part, quand on est dedans... En fait, c'est quand même comme du vélo.
Quand les gens te pénètrent ? Non, non, dans la sexualité en général, c'est quand même pas si compliqué, en fait. Il y a un accord, ça marche, et puis assez souvent, ça fonctionne. Moi, finalement, mon blocage, il est quand j'y suis pas, en fait. Quand j'ai pas de sexe, je peux pas en faire... Enfin, je sais pas comment le dire. Là, j'ai eu personne depuis, je sais pas, mai ou juin l'an dernier. C'est la première fois, je pense. T'es dans une jachère. Ouais. C'était une jachère et c'est devenu autre chose. C'est encore compliqué. C'est-à-dire que, comme je suis toujours un peu en stand-by, je sais pas où j'en suis...
Ce qui est devenu très curieux, drôle. J'ai deux, trois de mes amis intimes qui suivent ça avec amusement. Dans les termes que j'emploie, le champ lexical. J'ai trouvé du plaisir dans le refus.
C'est-à-dire que comme pour l'instant je n'arrive pas à abandonner mon corps à quelqu'un, c'est comme si j'avais un instrument de musique que je ne connais pas, donc je ne veux pas en jouer avec quelqu'un, j'ai l'impression de ne pas savoir comment je suis, comment je fonctionne, je sais, mais je ne connais plus mon corps, je ne sais pas quelle couleur il a, quelle forme il a, je n'y arrive plus. Donc je me fais draguer, je ne drague plus, moi j'étais un très gros dragueur, c'est toujours moi qui vaut charbon.
J'aime bien ça. J'aime bien ce temps-là. Là, plus du tout. Je dirais que depuis que je me suis séparé, ça fait presque trois ans. Sachant que je n'utilise pas les applis, rien. Je fonctionne à l'ancienne, moi, toujours. J'aime bien ça. J'aime bien. C'est chouette, quoi. Je dirais que... Les gens viennent te draguer, tu les refuses. Oui, j'en ai reçu cinq ou six qui sont venus me draguer. Et ça te fait plaisir à quel endroit ?
C'est le refus qui me fait plaisir. Tu t'es jamais autorisé ? Non. Enfin si, enfin non parce qu'en fait on me draguait pas. Une fois on m'avait dit, j'étais tout jeune, on m'avait dit toi t'es pas un mec qu'on drague. Je sais pas qui m'avait dit ça. Alors moi je reçois ça comme des injonctions ou des prophéties autorisatrices quoi. On m'a dit ça, ben on me draguera jamais. J'avais 20 ans, première boîte au mot, un mec me dit ça, je venais juste de rentrer quoi. J'ai 22 ans, 21 ans.
Je vais dans une boîte homo, en plus par des amis hétéros qui voulaient y aller absolument. Moi, je n'avais pas le désir, mais bon, curieux. Je déboule dans un monde où on me dit « Ah non, toi, tu n'es pas un mec qu'on drague. » Je me dis « Pourquoi il me dit ça, lui ? Il ne me connaît même pas. » Alors, une injonction, quoi. En même temps, moi, très entreprenant, toujours dragueur, je vais au charbon, j'adore ça. Là, on me drague, c'est chouette.
Mon plaisir, il est dans le refus, dans le sens où, pas pour me refuser à eux, je me dis, je me réapproprie en fait, moi-même. J'ai l'impression de me reconquérir moi en disant non. Et que peut-être que ce chemin temporaire de refus depuis neuf mois, ça fera un an au printemps, peut-être que ça va casser ce soir, je sais pas. Je me dis, ah, là je reprends mon territoire. Et ça va peut-être m'amener à pouvoir m'offrir de nouveau autrement à quelqu'un. J'en ai envie, j'ai pas envie de rester un moine.
Mais c'est pas grave si c'est le cas. En ce moment, j'ai pas de libido, je la sens même pas. C'est chelou, d'ailleurs. Je me suis fait la remarquer pas longtemps. Je me dis, tiens, je me branle plus beaucoup. Ça arrive de plus en plus étiré. C'est ça, 40 ans ? Et non, en fait, ça me fait du bien. C'est une façon de me réapproprier, en fait. Parce que peut-être que mon défi actuel, c'est pas la sexualité, c'est le corps en général. Besoin de reprendre le contrôle. J'ai trop laissé
Moi, le pouvoir à l'autre de me dire si je pouvais, si j'avais le droit, si j'étais bien, si j'étais pas bien. J'aimerais revenir à l'autre en ayant à peu près conscience de ce que je peux offrir. Et j'en suis là. Voilà, la jachère. Je regarde le jardin. C'est une belle conclusion. Ouais. Merci. De rien. Ça te dit qu'on débriefe ? Ouais. Est-ce que tu retiens de tout ça ? Comment ça s'est passé pour toi ?
Je ne sais pas. Qu'est-ce que je retiens ? Je dirais que c'était simple. Je t'avais dit...
Parce que je vois le parallèle avec l'entretien, le préalable et le prisme de la technologie, de la caméra, le distance, le micro que je n'utilise pas, les oreillettes, tout ça. Oui, notre préentretien par Zoom. Pour moi, c'est complètement incompréhensible. Je ne vis pas comme ça. Je ne fais jamais de Zoom. Je ne fais jamais de truc. Je fais court à la fac. Moi, à chaque fois qu'on me propose un truc à distance, je dis que ça ne marche pas, que c'est cassé parce que je refuse.
donc j'ai été complètement déstabilisé parce que je suis dans l'humain et là les oreillettes, la caméra ça me paraissait pas facile là assis en face d'un être humain 3D normal, bien qu'on soit jamais vu ça me paraît facile, je parle à quelqu'un c'est un peu bizarre la situation donc je trouvais ça simple je me sens physiquement normal alors que j'avais été très bousculé il y a un mois et demi physiquement, sans doute intellectuellement mais physiquement
je dirais a posteriori je sais pas si on a dit quelque chose qui finalement avait du sens ou pas de sens pour toi ? pour moi sans doute si si je me dis je sais pas si cette pratique testimoniale amènera quelque chose en face parce que je sais pas s'il y a un chemin dans tout ce qu'on a dit mais qu'importe comment toi les autres épisodes te nourrissent alors ?
Je dirais alors, sur ceux qui sont en ligne, je n'ai pas quantifié, je pense que j'en ai écouté entre 40 et 60%. Aucun de goutte, parce qu'au début, je les ai un peu dévorés, un ou deux par jour, deux ou trois fois par semaine, un peu bingeé le truc. Puis après, ça a devenu un peu compliqué à recevoir, parce que c'est très riche, je trouve, très lourd. Ce n'est pas rien, en fait. On rentre dans une intimité, il y a beaucoup de confidence, c'est souvent très explicite. Donc j'ai besoin de mettre de la distance, d'en écouter un ou deux par semaine pour mieux comprendre.
je les ai reçus j'avais souvent l'impression d'être à côté d'eux on me dit ah un peu anthropologique moi on me dit super il y a des trucs différents ça m'a vachement intéressé j'ai rien pris pour moi mais je me suis dit là il y a un chemin de vérité où toi à ta manière faut que tu trouves ton truc après sur certains je me rappelle il y avait un Yannis je sais pas pourquoi je me rappelle de ce prénom il avait dit plein de trucs qui m'ont parlé là j'ai retrouvé une petite similitude parce que en fait pour débriefer comment je suis arrivé dans ton salon
j'écoute ton podcast et je t'envoie un mail un peu au culot en disant c'est super j'adore le truc mais je comprends rien en fait je crois que j'ai écrit un mail un peu dans ce genre en disant j'ai l'impression de ne ressembler à rien moi je comprends rien de tout ça c'est un peu ça dans l'email que tu m'as envoyé tu te souviens avoir dit je comprends rien je me reconnais dans rien oui oui oui dans aucun des épisodes il n'y a pas dit Yanis il y a un Younes le premier épisode peut-être et son sujet c'était la pénétration d'ailleurs
Ouais peut-être, oui oui ça doit être ça, mais je ne les ai pas forcément écoutés dans l'ordre en plus. Donc en tout cas celui-ci c'était un qui m'avait marqué. Mais sinon tu ne te retrouvais pas dans les témoignages ? Non, il y en a deux ou trois plus récemment dans lesquels je me suis retrouvé, mais enfin on est tous tellement différents sur 10%, 20%.
Non, pardon, pas non, excuse-moi. Je rebondis sur ce que tu dis. J'avais des biais au début et envie d'explorer du kinky, des kinks, etc. Et je pense que grâce à des auditeurs, je dis auditeurs parce que je n'ai pas d'auditrices qui m'ont contacté, c'était que des hommes qui m'ont contacté. Moi, il doit bien l'avoir.
parce que j'en ai parlé à des copines qui ont écouté ouais ouais j'ai 20% sur Spotify il y a 20% de femmes enfin de personnes qui s'identifient comme des femmes sur Spotify et ouais j'ai des gens qui m'ont dit attention moi ma sexualité elle est pas représentée et je me suis dit c'est normal vachement intéressant et c'est vrai que moi je réagis vachement bien sachant que je suis dans ma bulle et que j'ai mes biais moi ce qui m'intéresse vachement c'est les gens qui me disent bah moi j'y suis pas dans ton podcast dans ce cas je suis là mais viens viens viens génial
Oui, et moi je n'ai pas écrit pour que tu me dises ça. Et quand tu m'as envoyé le mail, tu m'as répondu genre super, tu ne voudrais pas témoigner ? Ou quels sont les critères qui pourraient... Je me suis dit, oula, peut-être qu'inconsciemment je voulais témoigner. Ah, c'est moi qui t'ai proposé ? Oui, en réponse au mail que je t'avais écrit. Trop bien. Je me suis dit, alors peut-être qu'il y avait une partie de moi qui avait envie. Je ne peux pas te le dire aujourd'hui. En tout cas, je l'ai accueilli.
mais au début je m'étais senti loin aussi parce que dans tes podcasts peut-être les plus anciens je sais pas tu demandais aux gens c'est ça qui m'avait marqué et là je me suis dit ça c'est parisien enfin métropolitain quoi urbain tiens quels sont les logos que tu reconnais oui les émojis et moi alors aujourd'hui ça n'aurait plus aucun intérêt l'expérience puisque je les ai appris en écoutant les autres mais moi qui n'ai pas d'appli
qui n'utilisent pas d'émoji. Enfin, j'ai découvert, j'ai cru comprendre certains trucs, mais j'en avais 92% que je ne connaissais pas sur le plage. Je ne sais pas ce que ça voulait dire, moi. Dans le fond, je crois que je ne voulais pas savoir. Parce que j'aime cette sexualité parlée, brute, qui n'a pas besoin de décors. Quand je passe par le 3D, quand je suis en face de toi, si je te dis que je veux ça ou quoi, j'ai besoin de faire un dessin. Du coup, quand tu draguais, c'était dans des bars, c'était dans des lieux physiques ?
Là, je ne sais pas. Je me suis fait draguer à la boulangerie. Là, tu as dragué à la boulangerie ? Non, je me suis fait draguer là. C'est parce que ces derniers mois, je ne drague plus. Je me suis fait draguer à la boulangerie. À côté de chez moi, là, ce matin ? Non, non, pas chez toi. Chez moi. Non, non, chez moi. À Paris, non. À Paris, je ne me fais pas draguer parce que je ne suis pas accessible. Je ne suis pas là pour ça, à Paris. J'ai mes amis, j'ai mes rendez-vous, mes musées. Je m'en branle. Je crois que je n'ai jamais dragué en physique. Toujours derrière un clavier, un écran. Ça dit beaucoup.
sauf une fois et je m'en rappelle très bien sauf une ou deux fois et c'est aujourd'hui de plus en plus fréquent où je me dis vas-y Guillaume sors toi les doigts c'est pas possible genre j'ai envie et une ou deux fois je suis allé voir je me rappelle j'ai donné mon numéro enfin j'ai dit est-ce que je peux prendre ton numéro à un Vélib là je ne te fais pas l'affront de t'expliquer ce que c'est le Vélib ah non parce que j'habitais Paris quand ils ont été installés et j'en faisais tous les jours j'en ai encore fait cet été deux fois un Vélib
Genre un mec qui pose son vélo, et moi toujours les gens je leur dis est-ce qu'il marche bien ? Oui oui je connais. Et il me dit oui, je sais plus comment on chitchatte, et par défi, il me plaisait, mais aussi un peu par défi, parce qu'un échange Vélib, c'est audacieux. Surtout que c'est 20 secondes, c'est furtif, mais...
Et on avait un peu plus que 20 secondes, je crois qu'on avait parlé d'un truc. Tu avais préparé quand même le truc inconsciemment. Non, je n'avais pas préparé, mais je crois qu'il m'avait dit « Ouais, moi je check souvent la selle et moi c'est les roues. » « Je tape dans les roues avec la chaussure pour vérifier que ce soit bien gonflé, le crissement des freins. » Tu vois, on commence à... Et je lui dis... Bon, je ne sais pas comment je fais mon affaire. Il m'a donné son numéro, il ne m'a jamais répondu.
et il y a un autre mec en revanche qui m'a répondu blablabla et tu vois je suis aussi jamais allé dans des lieux gays vraiment enfin jamais c'est faux je suis allé dans des boîtes mais en fait j'ai pas l'estime de moi nécessaire pour être dans ces lieux là j'ai l'impression que les gens me regardent et que je suis pas assez beau ou moi jamais je n'oserais j'ai tellement peur du rejet ça me fait tellement rire et donc je suis derrière mon écran c'est pour ça que je suis derrière mon écran
C'est ouf parce que j'ai une analyse, moi aussi. Je ne suis pas là pour ça, mais je suis toujours étonné, moi, mes amis. Et là, ça dépasse l'homosexualité. Les hétéros vivent comme ça aujourd'hui, beaucoup, par les applis et tout. Et moi, je dis, moi, je n'ai pas assez confiance en moi pour être sur un réseau, en fait. Je trouve ça hyper violent. J'ai essayé une fois, pour être honnête. J'étais à l'étranger, j'ai un ami qui m'a dit, mais pourquoi tu n'essayes pas ? Il m'avait montré son appli. Et donc, parce que j'étais à l'étranger...
Parce que je sais que chez moi, je ne me serais pas autorisé aussi un truc idiot. Je ne voudrais pas tomber sur mes étudiants à la fac. Bon, maintenant, je n'enseigne plus, j'ai démissionné, je fais autre chose, mais...
Pendant 12 ans, j'avais des étudiants, j'avais 5 ans d'écart, 10 ans d'écart. C'était pas ma cam, mais bon, ils étaient là. Je voulais pas tomber sur mes élèves. Et puis je sais pas faire, donc j'ai essayé 2-3 fois à l'étranger, juste pour voir. J'ai rencontré un type qui était français, en plus on a tchatché, on a vu un verre. Et c'est plus violent pour toi de te faire refuser en ligne ? Je trouve ça hyper agressif, je comprends pas ce que c'est. Par rapport à un bar, un mec qui fait « Ah non, je vais pas te donner mon numéro ».
Mais il ne me dit jamais non, en fait. Parce que je ne vais pas forcément lui demander, parce que je vais savoir qu'il n'en a pas envie. Parce qu'on va discuter. Moi, je ne demande pas un numéro. Je n'ai jamais fait ça, moi. Par contre, la drague, elle n'est pas comme ça pour moi. Tu es un peu tête brûlée parce que je suis nouveau, en fait. Et puis parce que tu es un peu genre... Il faut le faire. Je suis un peu adolescent dans... C'est chouette. Mais non, parce qu'en fait, je pense que... Je ne sais pas pour toi, mais j'ai un ami qui est comme ça. Qui, lui, ne peut pas. Mais je lui dis, tu ne peux pas pour une raison, c'est que tu ne veux pas être vu. Si tu ne veux pas qu'on te voit comme un homo...
tu peux pas voir l'autre chez lui et chez d'autres je me suis souvent dit bah oui mais vous vous dissimulez en fait moi je pense pas m'afficher sauter dans la rue oh je suis pédé mais je veux bien être vu par l'autre et quand je croise un regard ou quoi c'est le fameux eye contact et tout je me trompe jamais je veux dire j'ai jamais dragué un hétéro
J'en ai eu des conquêtes. Je le sais, quand il y a un truc. Et puis, tu sens quand c'est réceptif. Tu sens quand tu peux parler. Tu commences à tchatcher. T'es au bar, t'as tapé le mec du coude par accident. T'as tchatcher, il y a un truc. Tu commences à parler, toi, avec le vélo. Et puis, après, ça s'installe différemment. Moi, je pense... Moi, j'aime le temps long. Je me sens pas assez beau. En fait, je trouve que c'est des endroits à Paris...
C'est des endroits, selon moi, où il y a une atmosphère extrêmement jugeante. Bien sûr. Les gens ne se sourient pas. Elle existe en province maintenant, ça. Ah putain, mais c'est froid. Franchement. Ce n'est pas lié à l'homosexualité non plus. C'est l'âme du temps. Non, non, j'entends. Mais là, je te parlais de moi. Quand tu disais ne pas être vu, je suis assez d'accord. C'est qu'en fait, je me dis putain, tu vois, j'ai une calvitie, je vais avoir 40 ans. Et du coup, je me dis putain, je suis une matière plus assez belle. Alors que...
Je pense que c'est triste. C'est le biais que tu projettes, que tu te mets à toi. Ouais, en plus je pense que je suis vraiment beau. Pas dans un sens imbu de moi-même, mais je pense qu'il y a du beau en moi, mais je n'arrive pas à le voir quand je suis dans une boîte gay où j'ai l'impression que c'est tellement froid. Et j'ai d'ailleurs un pote qui m'a décrit son expérience du sauna.
Où il m'a dit ça, il m'a dit, putain, les gens sont ultra sérieux. Il me disait, j'allais vers eux, je leur souriais. Ils étaient un petit peu mal à l'aise sans savoir répondre. Moi, je ne fréquente pas ça, donc je ne connais pas. Moi, quand je fréquente les... Enfin, en province, jamais. À l'étranger, je vais dans des bars homos parce que ça m'amuse avec mes amis. On a envie de découvrir comment c'est. À Paris, je vais dans des bars homos, mais je suis avec des amis hétéros. J'ai beaucoup d'amis hétéros, en fait.
très peu d'amis homos parce que c'est le hasard de la vie je m'en fous ce qu'ils font pieux du coup je vais pas draguer dans des bars ou des boîtes homos parce que je les fréquente pas pour ça rarement d'ailleurs j'ai plus l'âge je m'amuse plus je fais d'autres soirées mais moi je me sens
extrêmement facilement séduisant dans la vie en fait par contre mettre une photo moi j'ai extrêmement d'ailleurs les gars qui me draguent qui viennent me parler me disent toujours moi on n'ose jamais t'approcher t'as tellement sûr de toi aussi là dessus dans la rue donc ta dysmorphie ne joue pas non seulement avec moi même d'accord ça repousse pas les autres les autres sont attirés les gens viennent me parler ceux qui viennent d'ailleurs je me sens un peu redevable des fois ce qu'ils me disent mais t'as pas idée le courage qu'il a fallu pour venir parce que j'ai beaucoup d'aplomb je suis très sûr puis moi
Et rien me... Enfin, je réponds du tac au tac. Des fois, je suis hyper un peu... Je suis un peu connard, malgré moi, parce que des fois, j'ai la maladresse. Je suis hyper cash. Quand on me pose une question, je réponds tout de suite. Et du coup, ça déstabilise. Et puis, je sais, je suis très aligné. Je sais que depuis trois ans, beaucoup plus qu'avant, yoga, pilates, body art m'ont aidé à m'aligner. Et du coup, maintenant, je dis ce que je suis, je dis ce que je veux. Je n'ai pas de filtre.
Tu me plais, je vais te le dire, je veux ça, je te le dis. Et d'autres en face, d'aucuns sont plus... C'est plus dur d'accoucher verbalement quand on est toujours sur une appli. Donc il faut un effort surhumain. Il me dit, mais tu te rends pas compte comment t'es à l'aise ? T'es là, tu dis tout, t'es à l'aise de tout, t'affirmes tes trucs, mais nous on est hyper... On rame en face. Ah bon ? Moi je dis, moi si j'étais derrière le téléphone, mais je l'ai essayé une fois. J'étais en sueur tout seul. Comment on se vend avec une photo ? Qu'est-ce qu'on écrit ? Je...
J'ai aucun jugement, mais je ne le comprends. C'est comme si je parlais un langage que je ne connais pas. Une autre langue. Alors que dans la rue, je me sens beau, forcément.
Je me sens charmant, je me sens beau, je me sens rieur, je me sens taquin. Parce que j'ai la réponse tout de suite, je le vois tout de suite. Tu parles six mois avec un mec ou deux heures sur une appli, il ne t'a pas vu. T'as pas de gestuelle, t'as pas de voix, t'as pas d'image. Et le rejet dans ces cas-là ? Ou l'absence de désir en face ne te chagrine pas ? Ouais, t'es là, next, je vais acheter mon pain au chocolat dans une autre boulangerie. Non, pas du tout. Pas retraite. Mes territoires, je les garde. C'est drôle, d'ailleurs, le garçon qui m'a dragué...
À la boulangerie, qui habite à 100 mètres de chez moi, il m'a dragué parce que le hasard a fait qu'on s'est retrouvés là, on parle, pour des questions techniques, professionnelles, on va dire, indirectes. Il a vu affaire avec mon ex-mari et il me dit, je lui dis, c'est lui qui gérait maintenant depuis que je suis tout seul, on continue de parler de technique, d'artisan, machin de travaux, puis il me dit, je reviens, vous n'êtes plus ensemble ? Non ?
Et donc, paf, relation s'installe, machin bidule, et je l'invite. Et paf, non, relation s'installe, c'est-à-dire ? Bah, la discussion, puis on parle une heure, on parle dehors, il va fumer sa clope, ou je sais pas ce qu'il avait, une vapote, j'en sais rien, puis il me file un aiguille, il me dit...
C'est un gars que je connais dans le panorama, il habite à 100 mètres et son cabinet professionnel à 150. Et comme je cours 4 fois par semaine, je passe devant, je le croise, il a un chien, il promène le chien, je le vois tout le temps. Depuis 6-7 ans. Et puis il m'invite à son anniversaire, je dis bah non. C'était le soir même, il faisait son anniversaire le soir même, il dit tu veux venir ? J'ai dit non, j'ai pas ma place à cette soirée, je te connais pas, je connais personne. Fais ça avec des gens de cœur quoi, partage pas l'anniversaire avec un inconnu. Il me dit ah bon ?
Bon, il me dit, t'as un numéro de téléphone ? Ben, je dis, oui. Il me dit, tu me le donnes ? Ben, je dis, cherche-le, tu le trouveras. Et puis, je suis parti. Parce que je suis facile à trouver, en fait. Vraiment. Si t'as mon prénom et ma profession, c'est foutu. Et du coup... Ça t'amuse d'être... Non, ça ne m'amuse pas. C'était... Ouais, si, sans doute. C'est pas un amusement, mais je me suis dit... Ah, mon petit gars, si tu veux, va au charbon, quoi. Vas-y, sors-les, quoi. Parce que moi, je le fais à l'inverse. Pendant 25 ans, je l'ai fait, le charbon. Ouais, et t'as envie que les autres le fassent. Ben, parce que j'ai pas envie non plus d'une appli qui me donnerait un rendez-
J'ai envie qu'on... Justement, mais même, c'est bien le temps long. Le désir, il est autant long. Et puis on revient à ton plaisir du refus. C'était le tout premier, lui, de tout ça, il y a deux ans. Il vient prendre l'apéro chez moi, passer une super soirée, et je lui explique que mon rapport à l'autre, dans une notion de, je sais pas comment dire, d'union sexuelle ou couple ou quoi...
se fait par un désir, pas par un besoin. Et je lui dis, mais moi, j'ai besoin de personne. J'ai envie d'être avec quelqu'un par envie, certainement pas par un besoin. Ce qui a toujours été mon cas. Et ça ne m'a pas empêché de lier, d'être uni 11 ans en ménage, monogame, tout. Mais je dis, par contre, c'est par envie. La besoin, je n'en veux pas et je n'en ai pas. Et il ne comprend pas. Et il était hyper passif-agressif à ce moment-là. Enfin, j'ai senti, il s'est rétracté. Et de but en blanc, je lui ai dit, mais en fait, je te fais peur.
Et il se lève, il me dit, oui, il est parti. Et il habite à 100 mètres de chez moi. Et pendant les deux ans qui se sont écoulés, je l'ai recroisé par accident il n'y a pas longtemps. Alors qu'on se voyait 50 fois par semaine, sans se parler. Il habite sur le même trottoir. Et vous ne vous croisiez plus ? Jamais. C'est-à-dire ? Jamais. Lui, il a lâché du terrain, je pense. Il ne s'est pas expliqué dans... Il est parti de but en but. Il est parti. Comme ça. Je lui ai dit, je te fais peur, en fait. Parce que je suis vraiment comme ça. Pas pour l'intimider, hein.
Je lui dis, mais en fait, je te fais peur. Et il est parti ? Il dit, bon, il faut que j'aille sortir mon chien. Et il est parti comme ça. Comme il a envie de pisser. 22h30, d'un coup... Ouais. Parce que lui, il a dû entendre, dans ton j'ai besoin de personne, il a dû entendre... Il a entendu, je veux pas de toi. Ouais, c'est ça. Alors que moi, au fil de la soirée, c'était pas qu'il y a un truc. Un gars qui a un physique, enfin, il y a un truc, quoi. Pas du tout macabre, mais il a un vrai truc. Il y a un truc puissant qui est dégagé de lui. Et plus la soirée passait, il était plus de 19h, quoi. Il me dit, toi...
Si tu viens me chercher, tu l'auras. Parce que j'en voulais pas, mais il aurait pu l'avoir. Vraiment. T'as tout fait pour pas l'avoir, quand même. Non, j'ai tout fait pour l'avoir, dans des conditions où j'aurais envie de l'avoir. C'est-à-dire qu'en gros, c'est un truc moche que je vais dire, mais si vous voulez conduire des limousines, venez pas chercher une de chevaux. En fait, il me voulait, moi. Une fois qu'il était devant moi, il s'est comporté...
Comme s'il avait peur de mettre la clé dans le contact. Après, je me suis dit... Tout le monde réagit différemment à l'abrasivité. Sans doute, mais il est comme ça, lui. Ça ne veut pas dire que c'est ce qu'il cherche. Il est très un peu chafélin, un peu coquelé. Et je me dis, il est très séduisant. Ce n'est pas mon genre, mais il a un vrai truc. Il a une culture. Professionnellement, j'aime ce qu'il fait dans la vie. C'est un chouette type. Plein d'amis me vantaient ce type que je détestais d'extérieur depuis longtemps. Je ne comprenais pas. Ça ne s'est pas fait. Tu aurais envie d'aller...
peut-être un jour retaper à sa porte ? Non, mais j'aimerais pouvoir discuter maintenant, posteriori, si ça se faisait, j'aimerais lui dire, au fait, j'aimerais lui livrer ce témoignage-là, à lui, en lui disant, en fait, t'es un super type, vraiment, c'est un chouette type, peut-être que j'étais pas prêt non plus, il est arrivé très tôt après ma rupture, on n'efface pas tant d'années de vie et tout, j'aimerais lui dire, mais je t'ai pas rejeté, en fait, t'aurais pu l'avoir, mais il n'y avait pas les conditions favorables
Tu ne m'as pas envoyé le signaux qui m'a mis en confiance, en fait. Et je rebondis sur ce que tu disais tout à l'heure. Je crois qu'aujourd'hui, je ne voudrais personne si ce n'est pas quelqu'un qui est suffisamment sûr de ce qu'il est, de ce qu'il veut, de ce qu'il veut faire. Et je crois que là où je me mets en position un peu plus inférieure, j'aurais besoin, pour la sexualité, de rencontrer quelqu'un un peu accompagnant, bienveillant, qui parle, ou qui ne parle pas d'ailleurs, mais qui montre qu'il est là. Je préfère vivre sans sexe désormais
Je m'en fiche, mais royalement moins. Je ne m'ennuie jamais. Mais si ça revient, je veux que ça revienne bien. Quelqu'un, même de temporaire, pas d'une vie. D'ailleurs, je n'ai jamais eu de souhait d'une vie ou pas de vie. La vie, elle est là. J'ai vécu en couple, je ne l'ai pas été. J'ai été heureux dans tout le cas. Voilà. Elle ne devienne que pour un.
On s'arrête là-dessus ? T'es à l'aise que ce débrief, je le laisse ? Ou tu préfères que je l'enlève ? Non. Je connais le format, maintenant. Non, tu peux laisser. Non, mais le format... Non, mais je sais que parfois tu proposes... Oui, je sais. Non, mais il n'y a rien qui est plus... J'espère qu'il n'écoutera pas, mais... Tu pourrais lui envoyer ?
Tu pourrais. Je préfère les bouteilles à la mer. C'est pas une bouteille d'ailleurs, mais si c'en était une. J'aimerais qu'ils trouvent de la bienveillance et qu'ils comprennent. C'était pas lui, c'était moi. Voilà.