Lire la transcription de cet épisode
Est-ce que tu as des questions pour moi ? Non, pas de questions particulières. Je pense qu'on peut y aller. Comment tu te sens ? Plutôt bien. Un peu stressé quand même. Je ne sais pas trop ce qui va m'arriver. Je ne sais pas si je vais donner des réponses intelligentes ou pas. Enfin, on verra bien. Je pense qu'il n'y a pas de réponse bête ou intelligente. Mais on verra. Pourquoi c'était important pour toi ? Déjà, est-ce que tu veux te présenter brièvement ? Et pourquoi c'était important pour toi de participer ?
Alors, je me présente brièvement. Je m'appelle Olivier, j'ai 48 ans. Je sais, je suis beaucoup plus jeune, mais j'ai 48 ans. Tu fais combien, à ton avis ?
Je ne sais pas, 42, 43, quelque chose comme ça, peut-être. En général, c'est ce qu'on me dit, donc je ne fais que répéter ce qu'on me dit. Pourquoi c'était important ? Parce que j'avais envie de tenter l'expérience, d'une part, et puis je trouvais que j'avais des choses à dire sur la sexualité, sur des choses que je vois parfois dans le milieu gay qui me perturbent un peu, qui me dérangent. Donc j'avais envie de faire un témoignage là-dessus.
Donc tu t'appelles Olivier. Exact. Tu es jeune. C'est ça, dans ma tête en tous les cas, comme tout le monde j'espère. Et si tu devais dire deux, trois trucs sans aucun rapport avec la sexualité pour que les gens qui écoutent s'imaginent qui est Olivier, tu dirais quoi ? Alors je dirais que je mesure 1m80, je n'ai pas beaucoup de cheveux, j'ai même la tête assez rasée on va dire. Je suis quelqu'un de plutôt bienveillant et drôle.
Voilà, et puis quelqu'un qu'il faut rencontrer en tout cas, absolument.
Et pour autant, tu ne veux pas que je mette ton profil dans le descriptif de l'épisode, puisqu'il faut te rencontrer, pourquoi les gens ne pourraient pas avoir cette joie ? Parce que je préfère quand les rencontres se font au hasard et non pas... En fait, si je laissais les gens venir vers moi, ils en sauraient déjà beaucoup trop sur moi, alors que moi je ne saurais rien d'eux, j'aime plutôt l'échange, que cette espèce de décalage où les gens sauraient tout sur moi déjà, alors que moi je ne saurais rien d'eux. Voilà. Ok.
Je vais te montrer la couverture du podcast qui est composée de tout plein d'émojis qu'on peut rencontrer sur les réseaux de rencontres. Est-ce que tu peux me dire lesquels correspondent à ta sexualité actuellement, Olivier ? Et me raconter ce qu'ils veulent dire pour toi ?
Alors moi je dirais la flamme, parce que je suis toujours quand même assez chaud, j'ai pas mal envie de... j'ai souvent envie de sexe en fait, donc voilà. Les gouttes aussi, parce que je suis sous prep et que j'aime baiser sans capote, voilà, très clairement.
Du coup, tu veux juste dire en deux mots ce que c'est la PrEP ? La PrEP, c'est la prophylaxie, je ne sais pas le terme exact. C'est un traitement, en fait, que l'on prend chaque jour, ou, enfin, en tous les cas, il y a deux protocoles, mais moi, je le prends chaque jour, qui permet d'avoir des relations non protégées avec des personnes qui sont séropositives ou non, et sans aucun risque d'attraper le HIV. Enfin, je ne sais pas. Voilà. Voilà.
Mais quelqu'un qui est séropositif, mais qui prend ses traitements et qui est indétectable, t'as pas besoin de la PrEP pour faire l'amour avec cette personne ? Non, non, effectivement, mais j'étais assez stressé sur ce sujet de tout temps, et la PrEP m'a totalement libéré de ce sujet. Donc voilà, pour moi c'est une nécessité de l'apprendre, et je ne me pose plus la question avec qui je baise, ce que je fais avec n'importe qui en fait. Bref, ça...
Donc ça t'a libéré, parce que ta sexualité était empêchée par la peur du VIH, c'est ça que je comprends ? Tout à fait, exactement. Tout ce qui était en rapport avec le sperme, par exemple, c'était des choses que je ne faisais pas du tout. C'était même assez terrible. Ou alors j'étais tenté de le faire, attiré, mais si jamais j'avais la moindre goutte de sperme dans la bouche ou ailleurs, tout de suite j'imaginais des choses, j'imaginais que je pouvais être malade,
En tous les cas, la PrEP m'a totalement libéré là-dessus. J'étais totalement opposé au départ, et je sais pourquoi, parce que je fais partie des gens qui ont connu la génération SIDA à une époque où le SIDA faisait mourir encore des gens. Ça le fait toujours dans d'autres pays, moins en France maintenant.
Et puis je trouvais injuste, en fait, que simplement les générations de maintenant, simplement en prenant un cachet, puissent passer à travers ça, et puis tout allait bien, c'était facile, et voilà, il y avait quelque chose d'injuste, je trouvais. Donc au début tu te dis, comme je trouve que c'est injuste, je n'ai pas envie de l'apprendre moi.
Non seulement je n'ai pas envie de la prendre moi, et puis j'ai tendance à fustiger les gens qui l'apprennent un peu. Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? Une relation avec un garçon. Relation protégée pourtant. Mais je ne sais pas pourquoi, ça s'est bien passé. Et puis à la fin de cette relation, il y a eu un échange. On a discuté. Et puis j'ai senti qu'il avait des choses à dire, envie de parler. J'ai compris qu'il était séropositif.
Et puis, bon, parfois ça s'arrête là, et je lui ai demandé depuis quand, comment ça s'est passé, etc. Et il m'a dit que ça lui était tombé dessus un jour, alors qu'il était très très prudent avant, il mettait des capotes tout le temps, etc. Et puis un jour il a fait un test, et puis il était positif. Et ça, ça a bouleversé sa vie, et il m'a dit « Vous qui êtes de l'autre côté, vous avez la chance d'avoir la PrEP, il ne faut même pas se poser de questions, moi je ne me la poserai pas à votre place. »
Et il faut y aller, il faut la prendre. Et ça, du jour au lendemain, ça m'a fait basculer totalement. Et le lendemain, j'ai pris rendez-vous auprès de l'hôpital pour la prendre en fait.
En quoi la PrEP change tes rapports sexuels ? Bêtement, si j'ai bien entendu ce que tu dis, c'est que comme t'as plus de stress par rapport au VIH, tu te sens plus libéré, plus heureux, plus léger, plus présent. Qu'est-ce que tu dirais, toi ? Alors, libéré, c'est sûr. J'ai plus ce poids, j'ai plus cette...
cette peur qui était tout le temps là avant, en tous les cas, et qui faisait que j'y pensais tout le temps, qui me retenait de faire des choses, quelles qu'elles soient, qu'on parle du fist ou des choses comme ça, enfin aussi des techniques un peu plus... un peu moins...
Je ne sais pas comment dire. Un peu moins conventionnel. Voilà, c'était le terme que je cherchais. Et puis surtout, par rapport au sperme, plus aucune peur avec ça. Même d'être passif, en fait. Voilà, aussi. Pour toi, le sperme, c'est important. Ça vient plusieurs fois dans la conversation. Ça fait partie des pratiques sexuelles qui te...
qui sont importantes pour toi, qui te font kiffer ? Ah oui, qui m'excitent terriblement. Mais il y a de l'interdit dans le sperme, mais justement, avec ce rapport au sida, très clairement. Le sperme a été interdit pour moi, pour les gens de ma génération, pendant des années, en tous les cas. Et maintenant, on peut tout se permettre par rapport à ça.
Je crois que les premières fois où j'ai baisé sans capote avec la PrEP, ça a été les fois les plus excitantes, parce qu'il y avait cet interdit qu'on bravait sans prendre de risque en fait.
Alors sans prendre de risque, il y a tout un tas d'MST, dont des MST incurables. Est-ce que je dis une bêtise si je dis que l'hépatite C se transmet et on n'a pas encore de traitement contre l'hépatite C ? Je crois qu'il y a un traitement, il est cher en fait, il est très très cher, mais il y en a un. L'hépatite A, je suis vacciné, l'hépatite B aussi, l'hépatite C c'est celle qui se guérit, mais avec un traitement cher, qui dure deux mois.
Il faudrait que je fasse des recherches et que je sois un peu plus connaisseur de ça. Mais du coup, ce que j'entends, c'est que ces autres MST ne t'inquiètent pas comme le VIH, c'est ça ?
je reste très vigilant par rapport à ça donc au moindre symptôme j'hésite pas à aller voir mon médecin pour faire un test et puis la plupart du temps d'ailleurs quand j'ai des symptômes ils sont que dans ma tête parce que le résultat du test est négatif et effectivement non ça ne m'inquiète pas plus que ça
On entend parler de plus en plus d'AMST qui sont devenues résistantes aux antibiotiques. Bon, voilà, peut-être, on espère tous passer à côté. Enfin voilà, ça fait partie des risques comme quand on fume, quand on boit, on sait que c'est pas bien, mais on espère être celui qui sera pas concerné.
Est-ce que tu t'identifies hypochondriaque dans ta sexualité ?
Je te dis, il faut vraiment le replacer dans le contexte des années 90, 2000, où il n'y avait pas encore de traitement aussi simple que la PrEP. Et même des traitements pour les gens qui étaient séropositifs, pour éviter. Et voilà, on est passé à autre chose maintenant, c'est beaucoup mieux. On continue les émojis ? On y va.
Tu as passé outre toutes les flèches sur qui pénètre qui et la pêche, on s'en fout ? Alors, je suis plutôt actif, même, oui, oui, enfin, rarement passif. Pourquoi ? Juste par plaisir ? Je te demande cette question aussi frontalement parce que dans pas mal de témoignages, les gens...
disent quand même que la pénétration, enfin je dis les gens mais moi je le pense aussi, d'être pénétré c'est quand même plus compliqué que de pénétrer. Au niveau préparation je trouve ça très compliqué en fait, c'est vraiment le côté pratique qui m'empêche d'être passif la plupart du temps. Sinon je pense qu'on a plus de plaisir à être pratique, enfin il y a plus de sensation, est-ce que c'est du plaisir ou pas je ne sais pas,
Pour moi, c'est équivalent, en fait. Je ne peux pas le dire. Ça dépend de la personne que j'ai en face de moi. Mais du coup, pourquoi tu es plus actif ? Parce que c'est plus pratique. Et puis, parce que peut-être que sur Paris, j'ai l'impression qu'il y a un peu plus de demandes de passifs, justement. Donc, c'est peut-être plus simple d'être actif. Voilà, ça répond à une demande qui est plus grande, en fait. Plus de choix, en fait.
C'est plus pratique, ça veut dire quoi ? Je comprends pas. Ça veut dire quoi quand tu dis « moi je suis actif » parce qu'au final, être passif c'est moins pratique pour toi ?
Parce que la préparation d'un passif, de quelqu'un qui veut être passif, le lavement, ce genre de choses, il faut l'anticiper, alors qu'actif, on peut être actif à tout moment. Donc tu as la flemme d'être passif ? Tu as la flemme de prendre 20 minutes pour te faire un lavement ? Oui, très clairement. Mais ce n'est pas qu'une question de flemme aussi, c'est la peur de le rater !
Très clairement, oui. Il y a la peur d'être jugé là-dessus. Donc je préfère ne pas... Alors après, il y a d'autres jugements quand on est actif. Est-ce qu'on va bander ou est-ce qu'on ne va pas bander ? Pour l'instant, moi, ça se passe plutôt bien. Donc je n'ai pas cette peur en tous les cas. Mais j'entends que du coup, quand tu es sexuellement actif avec un homme, il y a ces sujets de jugement. Notamment, en fait, si tu étais... Est-ce que toi...
Est-ce que toi, quand tu es actif, tu peux juger un homme passif qui a des petits soucis de lavement ? Ah non, pas du tout. En plus, moi, ça ne me dérange pas. Pourquoi ça ne me dérange pas ? Ce n'est pas ce que je préfère. Je préfère quand ça se passe bien, quand il n'y a pas de problème. Parce qu'en plus, le problème, ça met un peu le garçon passif en général un peu...
n'est pas très à l'aise avec ça. Moi, j'essaie de le rassurer. Enfin, voilà, c'est plus fluide, en fait, quand il n'y a pas de problème. Mais si ça arrive, ça arrive. Je sais très bien où... ce que je suis en train de faire et ce à quoi ça sert normalement. Mais du coup, elle vient d'où ta peur du jugement ?
des autres, classiquement, je sais pas si t'as... T'as eu beaucoup d'expérience, toi, quand t'as des rapports sexuels en tant que passif, si t'as mal fait ton lavement, t'as eu un problème en particulier qui t'a fait te dire, oh là là, ça me stresse ? Non, pas moi en particulier, mais en revanche, j'en entends parler entre copains, etc., quand on dit, bah tiens, j'ai couché avec un mec l'autre jour, je suis sorti, c'était pas propre, etc., c'est...
Et puis on en rit, donc forcément ça crée du stress là-dessus. Alors que moi ça ne me dérange pas plus que ça. Et alors le fait de me dire que ça ne me dérange pas plus que ça, tout de suite on est presque considéré comme étant scato ou...
J'ai rien contre cette idée, moi je pense pas que ce soit mon truc, mais voilà. Bon, en tous les cas, je sais que ça fait partie des choses, des sujets de raillerie, de moquerie, donc pour éviter toute moquerie, finalement, je me suis dit que c'était plus simple d'être actif, et...
Du coup, pour que je comprenne bien, t'as un groupe d'amis homosexuels avec qui vous... Enfin, c'est qui ce « on » ? C'est qui ces railleries ? Ça émane d'où ? Ça vient d'où ? Des amis parisiens, des amis... Enfin, je sais pas, mes amis... En fait, j'ai l'impression que tout le monde...
J'ai presque l'impression de dire un lieu commun en disant ça. Quelqu'un qui couche avec quelqu'un qui a raté son lavement, etc. Forcément, le mec est nul, il a mal fait. Alors qu'en fait, je pense que ça peut arriver à tout le monde. Ça dépend de ce qu'on a consommé avant, dans quel état on est. Peu importe. Je te questionne parce que j'entends pas mal...
dans chacun des témoignages, le poids d'un milieu, entre gros guillemets, et j'essaie en fait de comprendre, parce que moi, j'ai très peu d'amis homosexuels, je pense que mes quelques amis homosexuels vont s'offusquer, mais en vrai, je n'ai pas l'impression de faire partie d'un milieu, je ne sors pas, je n'ai pas dans des endroits où j'ai l'impression qu'il y a un milieu, tu vois ce que je veux dire ? Une communauté, je me... Non, je suis entouré de gens qui ont des orientations sexuelles diverses et variées, et
Et donc j'essaie de mieux comprendre parce que j'ai quand même l'impression qu'on est tous dans un bain qui nous influence. Toi là tu le dis c'est par rapport à l'erreur n'est pas bienvenue et elle t'inquiète suffisamment pour que du coup...
Tu ne sois pas passif, c'est quand même assez puissant, non ? En plus, je n'ai vraiment pas l'impression d'être le seul à réagir de cette façon-là. La plupart des actifs que je connais le sont, et le sont presque uniquement parce que la préparation les fatigue. Et puis, ils ont peur de l'échec aussi, de mal se préparer. Je pense que c'est vraiment un point essentiel. Mais comme ça touche à un sujet qui n'est pas très sympa...
Voilà, la propreté, ou je ne sais quoi. On en parle très peu, uniquement sur le ton de la rigolade. Voilà, je pense que oui, beaucoup de gens sont actifs pour ça. Pression de la performance, du coup. Ah oui, c'est clair. C'est malheureux. C'est clair. Comme le fait d'être actif, c'est pareil. Le fait d'être actif et de bander, il y a de la performance derrière, forcément.
Tu as déjà eu, toi, des réflexions avec des partenaires dont tu as dit « je n'ai pas de problème de ce côté-là », donc tu n'as jamais eu de problème d'érection ? Bien sûr que si. Si, si, ça arrive. Puis parfois, on ne sait pas pourquoi. Enfin, souvent, on ne sait pas pourquoi. Parfois, c'est l'alcool qui peut expliquer ça. Et puis parfois, c'est simplement parce qu'on n'était pas concentré. Ou parfois, c'est à cause du partenaire qui ne nous excite pas. Tu as déjà eu des réflexions, toi, de partenaires qui t'ont fait des réflexions ?
que tu n'étais pas un bon actif ? Cette question de la performance, tu y as déjà fait face ? Oui, ça m'est arrivé une fois. Je me souviens d'une expérience en particulier. Le mec était très directif. Il se déplaçait, mais uniquement parce que
parce qu'il avait remarqué que j'avais une bonne queue, et puis il est arrivé, et il m'a foutu la pression, alors là il n'y avait pas mieux effectivement, je me suis déshabillé, et là rien, rien du tout, j'avais beau tirer comme je voulais dessus, ça ne marchait pas, et il m'a dit que j'étais nul, que la longueur de ma...
de mon sexe n'était pas celle annoncée, etc. Enfin, voilà. Donc, bon, voilà. Et il est reparti pratiquement aussitôt après. Mais bon, je le trouvais tellement pas sympa que j'ai pas gardé un souvenir impérissable de ce mec-là. Pas intéressant du tout, je trouvais.
Est-ce que je comprends bien, du coup, on prend un peu de distance, est-ce que tu es en couple amoureux ou en autre que couple, il n'y a pas de... Mais en gros, j'aimerais comprendre le contexte de ta sexualité. Tu as des rapports sexuels combien de fois par semaine, avec qui, en gros, pour qu'on se fasse une idée ?
Alors je ne suis pas en couple, mais j'ai un amant, c'est un garçon très régulier que je vois depuis plusieurs années, qui lui est en couple pour le coup, c'est pour ça que je l'appelle un amant, on s'aime, ça marche dans les deux sens, je l'aime, il m'aime, voilà, ça marche bien comme ça, c'est une espèce de troupe, mais sans que l'autre soit au courant de ma présence en plus, donc...
Donc la case amour pour moi est cochée. Donc je ne recherche absolument pas ça. Jamais. Autant je vais m'attacher à ce que dans un rapport je sois très sympathique. Et j'attends de l'autre qu'il soit très sympathique. Quoi qu'il se passe. Que ce soit super ou que ce soit...
Bien ou parfois moins bien, c'est pas grave. Tout peut être fait et dit avec le sourire. Voilà, donc ça c'est ma sexualité. Tu me disais combien de garçons par semaine ? Parfois beaucoup. C'est quoi beaucoup ?
C'est variable parce que j'ai des périodes où ça peut être deux ou trois, et ça c'est pas beaucoup. Il y a des périodes où ça peut être deux ou trois par jour. Tu me regardes avec ton expression de visage qui s'est transformée comme si tu avais peur de mon jugement, c'est le cas ? Ah non, du tout, non, non, non.
Enfin, peut-être inconsciemment, alors, en tous les cas, mais... Non, je sais pas, tu me regardes avec un... Mais normal, donc c'est... Non, non, mais non, c'est... Non, non, j'ai pas peur de ton jugement. Du tout. Non, je pensais juste ajouter, en revanche, même si je peux enchaîner plusieurs garçons par jour...
je préfère toujours l'un après l'autre plutôt que des groupes je suis pas un fan de la sexualité en groupe parce que j'aime m'occuper de la personne dans son intégralité et je me perds en fait quand je suis dans un groupe je veux donner le même service à tout le monde et j'y arrive pas ouais
Du coup, si je reviens à la question, à notre propos précédent, du coup, de cet univers de la rencontre gay violente, où en fait tu es censé être dans une certaine performance, pourquoi tu joues le jeu ? Pourquoi dire la taille de ton pénis et du coup avoir des gens qui sont attirés par une certaine performance, pourquoi tu joues le jeu ?
Ce jeu-là, avec ces règles-là ? Ce garçon-là en particulier était plutôt un joli garçon, quelqu'un que je trouvais plutôt sexy. Et puis je n'ai pas senti son côté aussi intransigeant en tous les cas quand on discutait.
Et puis je refuse d'avoir ce genre d'a priori à l'avance, d'ailleurs je refuse d'avoir des a priori en général, c'est parfois pas facile, mais j'en ai déjà eu et de plus en plus j'essaie d'aller vers les gens, quels qu'ils soient, quelle que soit leur physique, leur couleur de cheveux, leur couleur de peau, etc., leur poids, leur âge, ça ne m'importe pas.
Parce que j'avais ça avant, j'étais très normé, un certain style de garçon me correspondait. Et puis j'ai découvert, un peu par hasard, qu'en couchant avec des garçons qui étaient totalement différents de mes critères de beauté, ça pouvait être aussi vachement bien. Et quand j'ai commencé à découvrir ça, je me suis mis à ne plus me mettre de barrière.
Donc, je ne voulais pas me mettre la barrière non plus de quelqu'un qui était un peu dans la performance. Et puis, en plus, l'envie peut-être de me dire « Tiens, tu vois, tu pensais que ça n'allait pas être très sympa et finalement, c'est très sympa. Donc, toi aussi, tu te trompes. » Voilà, c'était la raison. Toi, tu trouves que le monde grinder est un monde violent ?
Oui, oui, impitoyable. Impitoyable, presque stupide. Les personnes qui sont sur Grindr recherchent vraiment des garçons très, très normés, que ce soit par la taille, par... Les gens sont multi-critères. Taille, âge, taille du sexe, position, etc. Games, enfin bon, bref. Et on peut... On perd énormément de temps sur Grindr à se... Alors séduire, c'est pas le mot. À se recruter.
Et on peut très bien avoir fait un entretien de deux heures qui s'est super bien passé et à la fin dire le mauvais détail et paf, se faire bloquer. Quelle perte de temps et quelle perte d'énergie et puis quel dommage. Parce que les garçons qui se bornent à des critères très... Je ne pense pas que ce soit très...
Pour eux, ça ne les grandit pas. Je pense qu'ils passent à côté de beaucoup de choses. Mais net, net, tu joues quand même ce jeu-là pour trouver les garçons avec qui tu as envie de faire l'amour ou du cul. Je comprends pas cette expression. Net, net, ça veut dire quoi ? Net, net, ça veut dire... En fait, si tu fais la somme de cette violence...
De l'intransigeance et de, apparemment, tu me décris quelque chose qui n'est pas cool, quoi. Et les avantages, ce que grâce à cet outil tu vis, net, net, si tu fais la somme, c'est positif. Oui, oui, tout à fait. Oui, parce que les cas où ça se passe mal, ça reste vraiment à la marge. Et t'es OK de faire les entretiens, parfois de faire bloquer pour trouver les garçons. Oui, parce que c'est pareil, on ne peut jamais savoir à l'avance comment ça va se passer, en fait. Et puis...
Ben voilà, ça fait partie du jeu en fait, de cette séduction virtuelle. Séduction, non, je veux pas parler de séduction parce que c'est pas une séduction. Parce que surtout que dans les périodes où tu as du sexe avec 2-3 hommes par jour, je pense que t'en as des conversations. Oui, oui, tout à fait. Mais dans ces moments-là, je suis un peu dans l'abattage quand même. D'ailleurs, en général, j'ai une grosse période comme ça et j'arrête totalement. Je suis un peu écoeuré de ce qui vient d'arriver. C'est comme une espèce de...
d'accoutumance quelque chose comme ça et j'ai besoin en général de faire un break ensuite où je ne touche plus personne et là je m'isole totalement, je ne réponds plus au téléphone et parfois j'ai des réactions un peu violentes de gens qui ne comprennent pas d'amis, d'amants
d'amants ou des gens que j'ai déjà rencontrés, enfin d'amants. Amants, pour moi, j'en ai qu'un. Donc un amant, c'est vraiment quelqu'un que j'aime. Après, il y a des personnes avec qui je m'entends particulièrement bien, mais que je tiens à ne garder qu'un seul amant. Oui, j'avais mal compris. Donc tu coupes la communication d'un coup avec tous les partenaires de sexe. Oui, tout à fait, c'est ça. Tu commences à...
Là, tu viens un peu de parler de sexe comme une addiction, l'accoutumance. Comment tu comprends ces périodes-là ? Comment je les comprends ? Je ne sais pas en fait quels sont les critères déclencheurs. Ce n'est pas forcément un moment où je vais bien, où je vais mal. Je crois plutôt que c'est une période où j'ai eu une relation sexuelle par exemple avec un garçon qui s'est bien passée. J'en ai eu une autre qui s'est très bien passée aussi.
Et donc, il doit y avoir des charges de dopamine dans le cerveau, je ne sais pas quel est le nom de l'hormone du plaisir, et donc l'envie de ne plus s'arrêter en tous les cas, et puis de continuer jusqu'à un moment où ça n'a plus d'intérêt, je ne ressens plus rien en fait, je suis presque à donner du plaisir à l'autre et moi à oublier le mien, totalement.
Ces cycles-là, c'est régulier, c'est un problème pour toi ? C'est quelque chose que dans ta sexualité, tu aimerais le voir disparaître ou tu t'en accommodes ? Non, je m'en accommodes. Il y a aussi le fait que j'ai 48 ans, je ne suis plus très jeune. Et donc, le temps qui passe, je me dis qu'il faut en profiter un maximum.
Je ne suis pas sûr que j'en profite tant que ça, en fait, en multipliant ces relations, parce qu'au final, finalement, ce n'est pas toujours très sympa. Mais il y a cette volonté de voir que je plais toujours, que je séduis toujours, que je suis toujours capable, et ça ne s'arrête pas, et puis c'est grisant. Mais au bout d'un moment, physiquement, ça ne suit plus. Puis voilà, j'arrête. Je reviens à du plus naturel. Je mets mon énergie ailleurs.
Qu'est-ce que tu cherches en ce moment ? Tu as un amant, tu te sens nourri amoureusement, tu disais. Et sexuellement, qu'est-ce que tu cherches en ce moment ? Alors, pas grand-chose. En ce moment, j'ai la tête ailleurs. Je suis en train de refaire mon appartement. Et c'est ça qui capte toute mon attention, en fait. Donc, en ce moment, je ne suis pas très sexuel, en fait. J'avoue. Voilà. Mais...
Globalement, ce que je cherche en général, c'est de la bienveillance et des rapports sympas. Je cherche systématiquement des garçons sympas. Et d'ailleurs, dans mon profil Grindr, c'est mon principal critère. Ce que je trouve le plus sexy chez un garçon, c'est qu'il soit sympathique, avant tout. Tu veux me lire ton profil Grindr ?
j'ai éteint mon portable en fait tu sais ce qu'il y a sur ton profil est-ce que tu peux de tête me dire ton profil Tinder honnêtement ah oui oui bien sûr que ça va être honnête mais ça doit être quelque chose peu importe votre âge ça je m'en fous je veux juste que vous soyez sympa voilà ça doit se résumer en une seule phrase
Ensuite, je précise que je pense, par les émotions, que je suis actif vers ça. Voilà, mais c'est à peu près ça.
Pour moi, l'essentiel, c'est ce rapport sympathique et qui est totalement à l'inverse, je trouve, de Grinder et un peu du milieu homosexuel gay parisien. On va dire celui-là parce que c'est celui que je connais le mieux.
Du coup, ce milieu parisien gay, tu le côtoies comment ? Concrètement, il existe où, ce lobby ? Je le côtoie parce que je fais partie d'une association sportive, par exemple. Donc là, j'en côtoie. Je vais souvent dans des bars, des bars gays parisiens, avec des amis. J'en rencontre, voilà. Voilà, c'est comme ça. Donc, bar, association. Et tu trouves que ces endroits-là ne sont pas des endroits bienveillants ?
L'association, si, bien sûr. Enfin, bien sûr, ça pourrait ne pas être le cas. Pour le coup, je pense que celle-là est l'association la plus bienveillante qui soit de sport, en tous les cas. Il y en a d'autres où ce n'est pas du tout le cas. Tu veux la citer, l'association, ou pas ?
Celle dans laquelle je suis, oui, c'est les Frontrunners de Paris, une association de course à pied. Là, quand je les ai découverts, j'ai presque découvert une seconde famille. Ce sont des gens, enfin des gens, c'est un regroupement de personnes, mais où vraiment le ton est donné, c'est la bienveillance. Je ne sais pas comment ça se met en place, mais en tous les cas, voilà. Parce que ce sont des personnes, on peut les retrouver dans le marais, à n'importe quel endroit, etc.,
Et alors dans les bars, il n'y a pas de bienveillance ? Je trouve que dans les bars, non. Les gens se toisent, se disent pas bonjour, ne se sourient pas. C'est comme dans les salles de sport, c'est pareil.
T'as eu la chance de voyager dans d'autres villes et de comparer les bars gays ? Est-ce que c'est plus chaleureux et accueillant ailleurs ? Non, pas plus. J'ai pas l'impression non plus. Il y a une image à donner de beauté, de supériorité. Les gays, j'ai l'impression, ont l'impression que si on leur sourit, enfin, s'ils sourient, ils envoient un message à l'autre, c'est bon, on va coucher ensemble. Alors que, bah non. Mais non, je pense pas. Ça peut, hein. Mais non.
Est-ce que tu sais mettre des mots sur pourquoi ce milieu, entre guillemets, cette communauté qui n'en est du coup pas une, puisque normalement une communauté c'est plutôt des gens qui se serrent les coudes, non ? À ton avis, pourquoi cette somme de gens homosexuels ne savent pas se sourire ? J'en ai pas la moindre idée, je le déplore. Ah, si j'en ai pas la moindre idée, je sais pas. Enfin, je trouve ça très dommage, en tous les cas. Est-ce qu'on a un passé ?
où on a été habitué à se protéger et à ne pas se montrer vulnérable et ouvert à l'autre ? C'est une interprétation sauvage de ma part. Je ne sais pas répondre à ça. C'est vraiment un sujet qui me dérange, je trouve, et je trouve ça très dommage. Franchement, je ne comprends pas. Alors peut-être que moi je le fais aussi en plus. Quand je suis dans mon groupe d'amis, par exemple, il peut m'arriver de voir quelqu'un passer et puis...
de ne pas avoir envie de l'intégrer dans le groupe. Il y a une espèce de fermeture en tous les cas. Et je n'arrête pas de dire en tous les cas, ça m'agace, je m'en aperçois. Mais il y a une espèce de fermeture dans le milieu gay, alors que je pense qu'il devrait plutôt y avoir de l'ouverture aux autres. Moi, je partage complètement ton point de vue. Je partage complètement ton point de vue. Et d'ailleurs, c'est pour ça que je n'aime pas sortir à Paris. J'ai des comparatifs...
Un petit peu au Canada, moi j'habitais à Montréal et j'ai trouvé qu'il y avait une chaleur, mais je pense aussi que j'habitais à l'étranger, c'était la découverte et donc je pense que j'avais un élan qui était peut-être pas le même et peut-être que j'influence mon opinion. En tout cas, ouais, je trouve que c'est pas bienvenu, c'est pas bienveillant et il y a clairement des critères. Exactement.
assez exigeant auquel il faut correspondre pour être le bienvenu et même en fait quand tu corresponds aux critères t'es pas forcément le bienvenu ah tout à fait non non non oui c'est des critères de poids taille couleur poil je sais pas voilà tout un tas de critères dans lesquels il faut jeunesse aussi l'âge c'est très très important
Toi justement tu disais qu'avant tu étais comme ça très normé, tu voulais des rapports sexuels avec un certain type d'hommes. C'était quoi les hommes qui t'excitaient et c'était quoi ta norme ? Alors en fait j'ai l'impression que ça a un peu évolué avec le fait que j'ai pris de l'âge. J'ai toujours cherché des garçons qui étaient plus ou moins autour de mon âge, ça c'est ce qui m'intéressait. C'était peut-être à une époque où je confondais rapports sexuels et envie de me mettre en couple.
Ça m'est totalement passé ça, donc maintenant ce n'est plus que du rapport sexuel uniquement, c'est tout. C'était assez classique, c'était un garçon plutôt masculin, plutôt brun, plutôt mince, plutôt musclé. J'ai l'impression que je viens de résumer... Et blanc ?
Peut-être, mais plus parce que c'était ce que je connaissais. Mais ça, ça n'a jamais été un de mes sujets. Le poids, en revanche, c'était un vrai sujet pour moi.
Tu m'as dit que ça avait changé. Est-ce que tu te souviens du déclic ? Comment est-ce que tu t'es ouvert à l'inattendu ?
Et puis c'était un soir, j'allais sortir du boulot, et puis j'étais excité, j'avais envie, voilà. Et j'avais bien repéré qu'il n'était pas à mon goût physique, il était en surpoids en fait, et ça c'était vraiment pas mon...
mon goût, voilà. Mais il m'a proposé d'y aller quand même, et de me sucer, en fait. Et donc j'y suis allé, et je me suis à peine déshabillé, lui ne s'est pas déshabillé du tout, et puis il l'a fait, voilà. Et puis j'en suis sorti, bon, c'était sympa, le moment était sympa, puis j'en suis sorti, voilà, en me disant, bon, j'y retournerai pas. Et puis, je sais pas, une semaine après, quelques temps après, il m'a recontacté, et puis, oh, je me suis dit que finalement, c'était bien sympa aussi, euh,
Et puis j'y suis retourné, et puis on a commencé à discuter un peu, et j'ai appris à le connaître. Et au bout de plusieurs rendez-vous de ce genre-là, on a fini nus, et puis j'ai fini par avoir une vraie relation sexuelle avec lui. Et puis finalement, c'était très très bien. Et ça, au départ, j'en aurais été incapable, parce qu'il n'était absolument pas dans mes critères. Tes critères qui viennent... Pourquoi t'es imbibé d'hommes bruns musclés ?
T'es imbibé quoi ? Des films, des films pornos ? Est-ce que tu sais comprendre pourquoi t'exclues a priori cette personne simplement pour son physique ? Alors j'étais avant tout imbibé de poids, d'excès de poids et de volonté de rencontrer que des gens qui n'étaient pas concernés par l'excès de poids. Ça je sais, ça vient de mon éducation, ma mère est obsédée par les gens minces en fait et donc elle m'a...
inculquer cette volonté de ne pas grossir et de l'exècre les personnes en surpoids. Ça, quand on l'entend depuis tout petit, forcément, ça a tendance à... Donc voilà, j'imagine que j'ai endossé ces goûts et j'ai décidé de m'en détacher maintenant. Mais même ce genre de choses, quand j'en parle à mes potes, mes amis, je dois encore le défendre. Et d'ailleurs, j'ai...
J'ai même un peu de mal à le faire, parce que très vite c'est des railleries, tu te topes des grosses, ce genre de choses. Et je suis désolé pour toutes les personnes qui vont se sentir concernées, qui vont écouter ce podcast, parce que moi je ne pense plus ça du tout.
Ça ne te rend pas triste d'être entouré de gens comme ça ? C'est des amis, j'imagine, qui te nourrissent autrement ? Oui, bien sûr, tout à fait. Non, parce que j'ai vraiment l'impression que c'est la majeure partie des gens. Alors, je le restreins au milieu gay, mais je ne suis pas sûr que ce soit lié au milieu gay, en fait. C'est la société, c'est les pubs, les pubs, qu'elles soient sur magazine ou à la télé, ce sont toujours des gens très minces, très musclés. Donc, j'imagine que c'est tout ça.
Et c'est compliqué pour tes amis de respecter le fait que toi tu tisses un autre lien et du coup au moins ne pas en parler ?
Non, parce que je passe peut-être un peu pour un original qui... Enfin, il doit y avoir un peu de ça quand même, mais j'espère qu'en en parlant, en tous les cas, et en martelant le fait que finalement, l'autre jour, je me suis tapé un garçon qui avait 65 ans et qui était en surpoids, et puis c'était vachement bien. Et là, on me dit, je ne sais pas comment tu fais. Je lui dis, franchement, tu devrais essayer parce que...
Parce que le nombre de garçons beaux avec lesquels j'ai couché, ce n'était pas terrible. Et puis là, quelqu'un qui n'était pas beau, alors beau, je n'aime pas ce mot-là non plus, parce que c'est extrêmement subjectif. Et puis là, c'était vraiment super. Moi, au moins, en enlevant toutes ces barrières, j'arrive à passer du bon temps avec des gens très différents. On finit les émojis pour aller au bout.
D'ailleurs, c'est un peu pour ça que je suis venu sur ce podcast, mais il y en a un qui m'amuse beaucoup, c'est le petit garçon qui est passif, mais soumis, je pense. En bas à gauche ?
Il dit qu'il est agenouillé, on va dire, sur les coudes. Et puis il a l'air de souffrir un peu, ou de transpirer un peu. D'être ému. Ému, c'est ça. Lui, il m'amuse. Le décalage, en fait, entre quelqu'un de soumis et quelqu'un qui est prêt à absorber de la violence de son partenaire. Et puis là, je trouve que c'est pas très représentatif de...
de la situation mais voilà lui il m'amuse en tous les cas et donc ça ça fait partie de ta sexualité le fait d'être soit dominant soit soumis oui mais alors là c'est vraiment pour moi un jeu de rôle moi soumis non je crois pas je crois que même quand j'ai été passif j'ai toujours été celui qui dirige dans ma tête j'ai besoin de ça pour que ça fonctionne
Et je pense que si j'étais soumis, j'ai déjà essayé mais j'y arrive pas, la moindre douleur, le moindre emprisonnement, j'y arrive pas. C'est pas possible, ça m'angoisse en fait. Donc j'ai toujours besoin d'être celui qui contrôle. Voilà, plus ça. Oui, donc oui, mais ça me matière pas spécialement. Ça peut faire partie de ma sexualité, mais je sais le faire.
bon voilà après étant donné que c'est pas spécialement mon truc je le fais peut-être pas très bien quoi que les fois où je l'ai fait ça va j'avais l'air d'avoir de bons retours mais il y a toujours ce sujet avec toi de s'adapter pour performer pour être validé quoi pour faire plaisir à l'autre et pour faire plaisir à l'autre mais oui oui performer et faire plaisir ouais
Pourquoi tu ne trouves pas quelques personnes qui, comme toi, aiment la bienveillance et avec qui vous partagez un lien qui t'inspire, avec qui tu fais du sexe ? Pourquoi ? Je crois comprendre qu'au fil du temps, tu continues à chercher des nouvelles personnes. Le fait d'avoir des nouvelles personnes est important pour toi, dans ta sexualité ? Oui, oui, tout à fait. J'ai ces personnes régulières, en fait, mais je leur dis toujours que j'ai besoin de les oublier pour les revoir.
donc je ne veux pas les voir toutes les semaines ou quelque chose comme ça, j'ai besoin de les redécouvrir à chaque fois, et c'est aussi ce qui fait que j'ai toujours besoin de découvrir, besoin, envie de découvrir de nouvelles personnes pour avoir de nouvelles expériences, je sais pas, enfin voilà, découvrir, et puis surtout ça me rassure aussi, ça me rassure sur ma séduction.
Parce que quelqu'un qui me connaît déjà, quelqu'un qui a déjà bougé avec moi, elle sait de quoi je suis capable. Donc c'est plus facile. Alors que quelqu'un que je ne connais pas du tout et que j'ai besoin de convaincre, il y a un challenge que j'aime relever. Pour l'instant, j'y arrive encore pas trop mal. Et le jour où tu n'y arriveras plus ?
J'y pense, j'y pense beaucoup en vieillissant, de toute façon on est tous amenés à y penser, même si, alors pour le coup, pareil, la communauté gay gomme totalement l'âge, le temps qui passe, etc. On a tous l'impression d'être jeunes et en super forme et que ça durera tout le temps. Le jour où je n'y arriverai plus, je...
Je ne sais pas, peut-être que je serai débarrassé d'un poids, parce que le fait de toujours vouloir performer, être celui qui apporte du plaisir à l'autre, etc., le jour où ce ne sera plus le cas, je mettrai mon énergie ailleurs encore une fois. Je voyagerai peut-être, ou je ferai autre chose, mais voilà, peut-être. En tout cas, ça ne me stresse pas plus que ça, pour l'instant.
En fait, je trouve ma question bête. Ça veut dire quoi le jour où tu n'y arriveras plus ? En fait, jusqu'à 80 ans, tant que tu as du désir sexuel, il y a des gens qui auront envie de le partager avec toi, non ? Je ne suis pas sûr. Non, je ne suis pas sûr. L'âge est un sacré critère discriminant. Tu iras à 75 ans, tu choperas des gens de 75 ans ?
ah déjà je suis pas sûr que ça m'attirera forcément voilà tu m'as dit que t'aimais bien les gens du même âge donc ça fit mais en fait tu préfères les jeunes ? pas du tout j'ai pas de préférence mais j'ai quand même je pense des bornes
alors la borne inférieure c'est on va dire 18 quand même voilà ça pourrait être plus bas si c'était autorisé en fait j'aurais pas de problème avec ça attention je ne fais pas du tout l'apologie des rapports surtout non consentis entre
entre personnes jeunes et personnes plus âgées chacun fait ce qu'il veut c'est pas un souci mais en haut passé 65 ans peut-être que il y a peut-être une différence de ressenti de façon d'être voilà en tous les cas c'est ma barrière psychologique pour l'instant et je m'en excuse auprès de toutes les personnes de plus de 65 ans qui vont écouter ce podcast en tous les cas voilà
Pour toi, au-delà de 65 ans, on n'existe plus sexuellement ? On existe peut-être toujours, mais c'est moins évident. Parce que le corps change, parce qu'il y a plus de difficultés à avoir une érection, par exemple. Et puis...
Je sais pas. Mais c'est encore peut-être une fois la pression de la société. Comme pour le poids, ça fait partie des critères à faire exploser en vol. Pour toi, la sexualité peut pas se vivre sans érection ? Euh...
Peut-être, oui. Oui, effectivement, des caresses, des... Mais bof, quoi. Pour l'instant, c'est bof, oui, effectivement. Ou alors, si, ça peut être très sympa. J'ai eu une relation, enfin, une expérience, par exemple, un garçon qui est venu chez moi et le truc, c'était on ne se touche pas.
Donc on a regardé un film X, on s'est branlé chacun de son côté, et on ne se touchait pas, mais on pouvait se regarder autant qu'on voulait, c'était hyper excitant forcément, parce qu'il y avait cette envie de l'autre, mais c'était la règle, voilà.
Donc pourquoi pas, pourquoi pas. Mais c'était choisi. Voilà, c'est peut-être ça en fait la différence. C'est qu'au bout d'un moment, quand on ne choisit plus, quand on est victime de la situation, quand on est obligé de vivre la situation de cette façon, c'est un peu plus compliqué. Voilà. Tout à l'heure, tu parlais d'amour avec ton amant. Oui.
C'est quoi la place de l'amour dans ta sexualité ? J'ai...
J'ai été plusieurs fois en couple en fait, plusieurs relations qui ont duré environ 5 ans. Ça c'est un peu mon plafond de verre aussi. Moi je suis très admiratif de voir des couples qui durent très longtemps, surtout qui baissent toujours d'ailleurs, ça c'est quand même... Et j'ai plus envie, j'ai plus du tout envie de ce genre de rapport.
Pour moi, je ne vois plus que les contraintes du couple et plus le bonheur d'être en couple. Pour moi, être en couple, ça a avant tout deux avantages. Je me permets de t'interrompre. Moi, je te parlais d'amour. Toi, tu as tout de suite parlé de couple. C'est quoi la différence pour toi ?
Ah, est-ce qu'on peut aimer hors couple ? Oui, on peut certainement aimer hors couple, mais... C'est ton cas. Tu m'as dit que tu avais un amant et que tu n'étais pas en couple avec lui. Oui, c'est vrai. Mais je le vois très souvent. C'est ça la différence. En fait, l'amour fait qu'on a besoin de l'autre, on a besoin de la proximité de l'autre, de faire des choses avec l'autre, etc. Si ce n'est pas le cas, ça devient de la souffrance. Voilà, ça c'est mon rapport à l'amour. Donc, lui, je le vois très souvent. Donc, il n'y a pas de souci. Et vous êtes en couple ?
Non, c'est pas un couple. Ok. Donc du coup, tu as de l'amour, du sexe. Oui. Et tu vis cet amour et cette sexualité. Oui. Ma question c'était, quelle est la place de l'amour dans ta sexualité aujourd'hui ? Donc la réponse c'est, auprès de cet amant, j'y trouve amour et sexualité et pas ailleurs. Dans les autres rapports sexuels, il n'y a pas d'amour. Exactement, exactement. Je peux y trouver de la tendresse, je peux y trouver de la complicité, ailleurs, dans ma sexualité. Mais pas d'amour, non.
Et donc toi, tu as tiré un trait sur le couple et l'amour ? Oui, tout à fait. C'est un choix, une volonté. Oui, et puis j'ai un petit souci quand même, c'est que j'ai tendance à être jaloux. Ça, je n'aime pas du tout, mais voilà. Et ça m'a permis de gommer ça, justement. Ça a été ma réponse à ça, justement. Pour ne plus être jaloux, autant ne plus aimer.
Je trouve ça trop triste. Encore un qui me dit ça. Excuse-moi, es-tu de s'en juger ? Oui, un peu, peut-être, mais ce n'est pas ça qui me dérange. Je n'ai pas l'impression. Non, parce qu'après, il faut définir amour aussi. Amour, c'est compliqué. La complicité, l'amitié, pour moi, c'est une forme d'amour. Enfin, voilà.
je sais pas en fait j'ai pas un modèle et j'aimerais surtout pas que t'entendes alors là si t'es pas amoureux c'est juste la phrase que t'as dit était triste et j'ai pas entendu un choix puissant de quelqu'un qui dit non mais en fait moi je suis bien
J'ai entendu quelqu'un qui n'a d'autre choix que d'abandonner parce qu'il y a trop de souffrance. Mais je me trompe peut-être. En tous les cas, je t'ai dit que j'étais amoureux de mon amant. S'il n'était pas là, je pense que la question serait différente et j'envisagerais cette...
ma sexualité d'une manière différente, parce que forcément il m'apporte des choses, le fait d'être là pour moi, moi pour lui, etc. Voilà, c'est certainement ça l'amour, il y a de ça, il y a une unicité dans le rapport. Donc je dis à tout le monde que je suis pas amoureux et que je suis pas en couple, bon, en fait je pense que je le suis un peu quand même, mais sans l'appeler comme ça. Et t'es pas jaloux de ton amant parce que ?
Ah si, si, ça m'est arrivé aussi, mais parce que je ne suis pas en couple avec lui, voilà, ça c'est... Et qu'il est, il est en couple, et que ça lui arrive aussi d'aller voir ailleurs, mais voilà, mais je ne veux pas savoir, ça c'est son problème à lui, c'est ma façon de gérer ce sujet, on va dire. Et tu n'aurais pas envie ?
de nettoyer ton sujet de jalousie pour être amoureux ? Pourquoi tu crois que je suis une psychothérapie depuis trois ans ? Et non, pourtant, c'est quelque chose qui est très, très ancré en moi. Ça date de l'enfance, je ne veux pas m'exprimer là-dessus, mais voilà, c'est un sujet qui vient de très, très loin, que j'essaie de modifier, je n'y arrive pas. Donc voilà, je suis obligé de composer avec. Et tu crois que ça impacte ta sexualité ?
Est-ce que tu as l'impression qu'avec ce sujet de la jalousie, de la difficulté avec la jalousie, du coup, tu choisis une sexualité ?
Alors oui, je pense que dans ma façon de ne pas vouloir m'attacher aux personnes, ce que j'ai dit tout à l'heure, de voir les gens, même avec des mecs avec qui ça se passe très bien, avec qui j'ai une très bonne complicité, etc. Mais de faire en sorte de ne les voir que tous les deux ou trois mois, ou de laisser passer du temps, il y a très clairement ça. Je n'ai pas envie de m'attacher à eux. Je ne veux pas les laisser entrer là-dedans. Parce que je sais que si j'entrais dans ce...
dans ce parcours, il y aurait forcément un moment où j'apprendrais que trois jours avant, ils ont baisé avec quelqu'un d'autre et ça réveillerait de la jalousie mal placée. Donc voilà, ça j'ai pas envie. J'allais te demander, quand tu regardes ton chemin de sexualité qui t'a fait arriver là, tout ce que tu viens de me dire,
J'allais te demander quels sont les moments clés ou les pas de doigt dans le chemin, je ne sais pas ce que je veux dire. Oui, oui.
J'ai l'impression que ce qui s'est passé dans ton enfance autour de la jalousie a vachement influencé ta sexualité. Oui, tout à fait. Parce qu'évidemment, comme tout jaloux, je suis un jaloux infidèle. Je suis désolé pour tous les jaloux encore qui vont écouter ce podcast, mais moi j'en suis convaincu. La jalousie n'est que la projection de...
de nos propres désirs sur l'autre, en fait. Donc on se dit, moi, à la place de l'autre, qu'est-ce que je ferais ? J'irais, très clairement, je le tromperais. Donc il va forcément en faire autant. Donc oui, ça a influencé ma... Mais je suis très heureux. Après, j'essaie de ne pas trop le claironner, mais voilà, oui, je pense être... Oui, je pense être bien dans mes baskets.
Non, je répétais juste pour dire, on a parlé de VIH, on a parlé de jalousie. Est-ce que tu penses à d'autres choses qui ont beaucoup influencé ton chemin de sexualité et d'intimité ? Le sujet de l'ouverture d'esprit sur ce que j'ai cité tout à l'heure, ne plus avoir de préjugés sur le poids, l'âge, la couleur, tout ça, enfin voilà.
D'ailleurs, la couleur, je n'ai même pas envie de le mettre, j'en parle parce que je pense que c'est malheureusement un critère pour certaines personnes, mais pour moi, ça n'en est absolument pas un... Voilà, je ne comprends même pas que ça puisse arriver. Après, ça peut faire partie des préférences, je peux comprendre qu'on soit plus attiré par une peau claire, plus foncée, mais ça ne devrait pas être quelque chose d'aussi...
d'aussi draconien, drastique. Tu le mentionnes parce que ce milieu gay, en plus d'être pas accueillant, très performatif, il est raciste. Ah oui, ça peut arriver aussi, bien sûr. Toi, en tant que blanc, tu es blanc, tu le vis comment ? Comment tu le vois, ce racisme au sein du milieu gay ?
Je ne sais pas si c'est du... Je vais faire des généralités, donc je n'ai pas envie de faire ça. Mais toi, personnellement, quand tu es sur les apps, tu vois beaucoup de ce racisme. Ah oui, bien sûr. Le racisme asiatique, par exemple, par rapport aux personnes asiatiques, est très fort, très prononcé.
Je ne sais pas pourquoi, il y a un truc, peut-être, ce sont des préjugés tout ça, la taille du sexe, etc. Ou le manque de poils aussi. Après, il ne faut pas nier certaines particularités qu'ont les populations. Les asiatiques sont moins poilus en général que les non-asiatiques, je ne sais pas. Donc en gros, on est imbibé ?
De fantasmes sur certains éléments de la masculinité. Poil, taille... Exactement, oui, oui, tout à fait. D'ailleurs, ce garçon qui est venu de sucer et qui voulait une grosse bite, il était un bébé comme... Il était à fond là-dedans, bien sûr. Et d'ailleurs, je pense qu'une personne asiatique active...
un actif asiatique doit avoir du mal à défendre ses envies, etc. Parce qu'il y a du préjugé là-dedans, forcément. Du coup, pour ramener de l'oxygène, est-ce que tu as un conseil ?
Toi, tu es passé d'attente très normée à quelque chose de plus ouvert, tu racontais tout à l'heure. Quel a été le déclic ? Qu'est-ce qui s'est passé pour toi pour que tu aies envie d'élargir tes horizons et de sortir de la norme ? Vraiment, mon élément déclencheur, c'est cette relation avec le garçon qui était en surpoids. J'espère qu'il ne se reconnaîtra pas, peu importe d'ailleurs.
Et c'est lui qui m'a fait changer la tuile, il a fait vraiment voler en éclat un vrai préjugé que j'avais. Pour moi je me sentais incapable de baiser avec quelqu'un en surpoids, c'était pas possible, ça ne m'attirait pas, ça me dégoûtait, il y avait quelque chose comme ça quoi. Et finalement ça a été très très bien.
Et donc, je me suis dit, finalement, si ça s'est bien passé avec lui, pourquoi pas avec d'autres ? Et avec d'autres, ça s'est bien passé. Et avec d'autres, ça s'est mal passé. Mais ce n'était pas à cause du surpoids. Ce n'était pas ça. Ce n'est pas ça qui définit une personne, qui définit si ça va bien se passer ou pas. Dernière question. Imagine, on fait un deuxième épisode dans cinq ans. T'aimerais me raconter quoi ? T'aimerais qu'il soit devenu quoi sur ton chemin de sexualité et d'intimité ?
en fait j'aimerais que ça continue comme maintenant j'ai un peu oui j'ai l'impression d'être un
à un stade qui me va bien, qui me convient bien, j'espère être encore plus ouvert d'esprit, j'essaie de l'être de plus en plus sur toutes les sexualités, même les sexualités les plus hors normes, qui ne sont pas forcément les miennes, mais j'essaie de ne pas juger, de comprendre, même des choses qui ne me parlent pas du tout,
Si c'est la sexualité de quelqu'un et de quelques-uns, de nombreuses personnes, c'est qu'il y a forcément du plaisir. J'essaie de comprendre ça et de juger le moins possible. En même temps, je suis humain, donc je dois aussi combattre des préjugés que j'ai en moi. Donc, dans cinq ans, j'espère en tous les cas ne pas être toujours ouvert d'esprit, peut-être plus encore. Tu continues à faire l'amour, parfois trop ?
Jusqu'à l'abattage puis épuisement. Tu continues avec ton amant. Oui. Tu gardes tout. Oui, je garde tout. Exactement. Ça me va bien comme ça. Et t'ajoutes un peu plus d'ouverture encore, c'est ça ? Oui, d'ouverture et d'empathie. Encore plus. Oui, tout à fait. Super. Voilà. Merci. Merci à toi. C'était super sympa. Ça va ? Ça s'est bien passé ? Oui, très bien. Très bien. Vraiment.
t'as l'air tout intimidé comme ça mais oui je suis en fait je suis timide on dirait pas mais oui clairement non c'était très bien je sais pas comment ce que va donner ma voix on verra c'est la première fois que je parle dans un micro je pense bon on s'espère qu'en tous les cas ce sera ce sera un témoignage qui permettra d'ouvrir l'esprit maximum des gens qui m'écouteront voilà