Sacrifier sa sexualité pour le couple ? Matthieu 1/3

Partie 1 sur 3
« J’ai vraiment voulu me dire que j’irais jusqu’au bout de ce que je pouvais faire parce que je voulais que ça ait quand même un sens tous ces sacrifices ou en tout cas ce chemin-là. » Matthieu

Matthieu, 32 ans, a vécu sept ans avec un homme sans désir : à force de dire son manque, c’est lui qui est devenu le problème du couple.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Les rapports étaient programmés par texto le matin, parfois avec consigne de rester en costard
  • Avant chaque rendez-vous, il avalait un berlingot de miel aphrodisiaque pour être sûr de bander
  • Son ex se masturbait une fois tous les deux mois et disait ne pas être une personne sexuelle
  • Il connaissait la date exacte du dernier rapport, et le dire finissait par mettre son ex mal à l'aise

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Tu te sens comment ? Je me sens bien. C'est vrai que ça fait longtemps qu'on a eu le pré-entretien et du coup, il y a un peu de temps qui est passé. Ça m'a permis aussi de me poser un petit peu dans ce qu'on s'était dit et de ne pas trop réfléchir et me dire, vas-y, de toute façon, tu racontes ton histoire, c'est le but. Et on verra. Ouais, voilà. Tu as décidé si tu étais anonyme ou pas ? Je t'appelle comment ? Je m'appelle Mathieu, c'est mon vrai prénom. Top. Avant qu'on se lance, j'avais envie de demander l'aide des auditeurs tristes. Bon, en vrai, je crois qu'il y a plus d'auditeurs que de tristes, mais on sait jamais. En fait, j'ai vraiment envie que le podcast soit le plus divers et représentatif possible d'une complexité, d'une granularité, d'une richesse, des chemins d'épanouissement sexuel ? Et du coup, j'ai vraiment envie de demander aux gens de me contacter par email, dans le descriptif de l'épisode, à mes réseaux sociaux, mon email et tout, comme toi t'as fait. Soit s'ils pensent à un type de profil que je devrais interviewer, soit si eux-mêmes ils sont ce profil-là. J'ai pensé à plusieurs profils. Des hommes de plus de 60 ans. Des hommes gays, bi ou queer de plus de 60 ans. Je crois que je sais que je n'en ai jamais eu. Des hommes trans ou des hommes asexuels. Et moi, ce qui m'importe d'ajouter... Bon, là, c'est trois exemples. J'ai réfléchi et tout pour essayer... Et ce qui m'importe, en fait, c'est que ça ne soit pas des gens qu'on essentialise en mode « viens être le porte-parole de tous les trans, de tous les hommes de plus de 60 ans ou de que sais-je ». J'ai plutôt envie que les gens viennent avec la question « c'est quoi pour moi le chemin d'épanouissement de ma sexualité ? » Et ensemble, comme toi, on fera un pré-entretien, il n'est pas enregistré, j'aide les gens un petit peu quand même à coucher de ce qu'ils pourraient avoir envie de dire. Et c'est pas forcément en lien avec le fait d'être trans ou asexuel. Ça peut, mais c'est pas obligé. C'est ça qui m'importe. Et voilà, si t'es ok Mathieu, on se lance. C'est parti. Moi, je me suis noté... Et en effet, ça fait quelques temps qu'on a discuté dans notre pré-entretien. J'ai noté, tu m'as dit, j'ai perdu les codes de ma sexualité. Et aujourd'hui, je suis sur un chemin de reconstruction et qu'il y a eu deux événements clés dans cette perte. Une séparation d'un couple qui a duré sept ans et une agression. Exactement. Est-ce que ce point de départ-là, il résonne pour toi encore aujourd'hui ? Totalement. Je dirais que c'est ça qui m'a donné aussi l'envie de t'écrire et c'est le point de départ de tout et de l'histoire que je vis et que je continue à vivre. Et je pense qu'il va me prendre encore du temps, mais on y va doucement, mais sûrement. Et je me suis toujours dit en écoutant tes podcasts que... Il n'y avait pas forcément cette représentation de la personne perdue. Il y en a quelques-uns qui ont expliqué qu'ils ont été perdus, mais qui aujourd'hui ont trouvé leur voie, ou en tout cas sont en train vraiment d'arriver à atteindre les objectifs qu'ils souhaitent atteindre. Mais je n'ai pas forcément entendu quelqu'un qui allait bien, qui était épanoui et qui n'était plus... Et qui était en train de définir ce qu'était sa sexualité. C'est ça qui s'est passé pour toi ? Tu te sentais épanoui sexuellement ? Tu étais content, heureux, entier, plein ? Je ne sais pas quel adjectif. Et puis pouf, d'un coup, ça s'est cassé ? Honnêtement, quand je réfléchis aux premières années de ma sexualité, je ne me suis jamais posé de questions. J'ai toujours été cool, zen, les choses se passaient, elles se passaient, elles ne se passaient pas, elles ne se passaient pas. Et je n'ai jamais eu ce questionnement en moi qui me disait « mais là, qu'est-ce que tu as envie ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui va se passer ? » Toute cette anticipation des problèmes qui peuvent se passer alors qu'en fait, parfois, il y a juste besoin d'y aller et de ne pas se prendre la tête. Et vraiment, je suis de nature pas du tout réservée, pas pudique. Je suis danseur à côté, donc si tu veux, mon corps, je le connais, je sais comment il est, je sais ce que je peux en faire. Et ça n'a jamais été un sujet. Et en fait, vraiment, ces 4-5 dernières années, petit à petit, c'est devenu un vrai questionnement chez moi. Alors que vraiment, avant, je ne me posais pas de questions. C'est quoi les questions que tu te poses depuis 4-5 ans ? Bah déjà, je me suis posé la question dans ma relation qui était compliquée, à savoir quelle était l'image que je renvoyais ? Pourquoi peut-être on ne faisait pas assez de sexe ? Est-ce que c'était moi qui projetais quelque chose qu'il ne fallait pas ? Je me suis remis en question sur mon physique, sur peut-être la façon dont je faisais les choses ? Parce que du coup là tu parles de ton couple de 7 ans, vous étiez je crois comprendre dans une relation exclusive et je crois aussi que tu sous-entends que vous avez fait de moins en moins de sexe. Exactement. C'est le cas ? Et peut-être même quelques épisodes où on se posait la question d'ouvrir le couple à la fin. Ça a été un peu un sujet. Alors que moi, je n'étais pas forcément à l'aise. Mais j'étais tellement dans cette recherche de savoir ce qui se passait et ce que je pouvais apporter de plus dans cette relation. Et ce que je pouvais même réveiller en moi sexuellement. Que je me suis laissé tenter à des expériences ou des discussions. Parce que parfois, ça a été juste des discussions. Mais voilà, c'est exactement ça. En fait, ça a été des crescendo. Et j'ai l'impression que... Je ne sais pas si c'est l'impression au niveau de la société ou des gens qui m'entourent, mais que les gens affinent leur sexualité au fur et à mesure, trouvent leur truc, leur mojo, ce qui leur plaît, ce qui ne leur plaît pas. En fait, moi, j'ai l'impression que ça allait et que maintenant, je ne sais même plus ce que j'aime. Il y a des choses que j'aimais avant, peut-être qui, aujourd'hui, raisonnent moins ou que j'ai moins envie de faire. Ou peut-être que je pense que je ne suis pas bon à ça, alors qu'en fait, avant, je ne me posais jamais la question. Donc, tu vois, c'est toute cette dynamique qui s'est inversée. D'un coup, tu te souviens, c'est petit à petit... ou s'il y a eu des déclics ? Je pense que c'est quand même petit à petit parce que ça dépend de certains... Il y a différents aspects dans une sexualité. Il y a ce qu'on va vivre quand on fait du sexe. Il y a ce qu'on vit aussi seul, même quand on est en couple, côté sexe. Il y a ce qu'on a envie de faire, ce qu'on n'a plus envie de faire. Donc, je ne dis pas que tout a changé d'un coup, mais je pense que petit à petit, au fur et à mesure des expériences, des discussions, de mon ressenti, peut-être aussi du fait que, je ne sais pas, j'ai pris un peu de points à un moment donné. C'est quelque chose qui a peut-être changé ma vision des choses. Elle est moins bien dans le côté pro. J'ai des histoires d'amitié compliquées aussi à des moments. Je pense que c'est un tout qui a fait que petit à petit, c'est parti un petit peu en cacahuète. Je dirais. Du coup, tu ne sais pas pourquoi c'est devenu un sujet. C'est-à-dire qu'il n'y a pas eu un conflit en particulier. C'est petit à petit. Tu me disais dans le pré-entretien que tu étais... Je peux me tromper, donc dis-moi si je dis une bêtise. Tu étais dans un peu le rêve Hollywood du couple, du mariage. Je te propose une interprétation, puis tu me dis ce que tu en penses. Tu t'es chauffé Sur cette norme, tu t'es dit ça va être génial, j'ai rencontré quelqu'un, on va construire un truc. Et en fait, au fur et à mesure, la sexualité et d'autres choses se sont perdues parce que ce n'était pas ce que tu voulais. Donc la question de ta sexualité, elle est venue se poser parce que tu étais plus satisfait dans ce couple ? Dans cette histoire de « c'est la monogamie qui marche », c'est ça que je veux dire. Et là, en fait, t'as raison, j'ai mis des codes où, en tout cas, j'avais un rêve précis de ce que j'attendais de l'autre, de ma relation, de moi dans un couple, de ce que je voulais projeter à l'extérieur. Tu voulais quoi ? Tu voulais projeter quoi ? Moi, j'ai envie de me marier, d'avoir des enfants, d'être heureux en privé comme en public. Tu parlais du côté Hollywood, c'est un peu américain, too much. Encore aujourd'hui ? En fait, je réfléchissais à ça l'autre jour et je me disais, est-ce que finalement ce qui m'arrive et ce qui m'est arrivé change ce que j'ai envie ou ce que j'attends ? En fait, je pense que non. J'essaie quand même de m'accrocher au fait que je suis perdu, mais je n'ai pas envie d'être perdu dans ça. Dans ce que moi, j'ai envie vraiment au final... de vivre sexuellement et dans mon couple. Et j'essaie de me dire, non, en fait, c'est OK, t'es arrivé des merdes ou ça a été des relations compliquées. Mais est-ce que c'est ça qui doit changer fondamentalement ce que t'as vraiment envie de mettre en place dans ta vie ou de vivre ? Parce qu'en fait, je me rends compte que c'est ça qui me rend heureux. Il n'y a pas eu que des moments type Hollywood à l'américaine où tout se passait bien. Mais ces moments-là qui ont eu lieu m'ont rendu très heureux. Et j'étais bien. Donc... Je n'ai pas envie de perdre ça. Je me sens perdu dans plein de trucs. Il ne faut pas que je me raccroche quand même. Je sais fondamentalement que c'est un truc qui me fait du bien. Tu me disais, j'ai perdu les codes de ma sexualité pour que j'arrive à comprendre ce qui s'est passé concrètement pour toi. Est-ce que tu peux m'amener à la dernière fois où tu as fait du sexe sans te prendre la tête, sans être inquiet ou inquiété ? Bon, à mon avis, c'est compliqué à retrouver ce moment-là. Mais tu peux me décrire, tu as fait quoi sexuellement ? À ce moment-là, dans les moments où ça allait bien, où tu ne te posais pas de questions, tu disais, qu'est-ce que tu fais comme sexe ? Je me souviens, honnêtement, c'était quasiment dans les deux premières années de ma relation avec mon ex. Déjà, je pense que pendant un ou deux ans, tu te cherches, tu te découvres ta dynamique de couple. Et puis, l'autre apporte ce qu'il a envie d'apporter avec ce qu'il est. Moi, j'apportais ce que j'étais et qui j'étais. Et c'était des moments où, en fait, tu calculais pas ce qui se passait. Tu te laissais aller, tu ressentais des trucs. Donc, il y avait tout type de pratiques. Toi, tu fais, tu suces, t'es sucé. Exactement. Tu pénètres, t'es pénétré. Alors, j'étais... Moi, je suis plutôt actif. Après, j'ai... J'ai cette envie de ne pas forcément toujours l'être. Je ne dis pas que c'est toujours facile, mais je pense qu'il y a toujours eu un petit blocage en moi, mais ça dépendait des personnes du moment. Avec mon ex, ce n'était pas forcément facile parce que déjà, physiquement, lui était bien fourni. Je ne sais pas comment dire autrement, mais du coup, je sais que c'est toujours un truc qui m'a fait un peu peur. Et bizarrement, je suis toujours tombé sur des mecs qui en avaient une grosse. Et du coup, forcément, peut-être que je me mettais des barrières, peut-être inutiles d'ailleurs. Mais par exemple, il n'y a jamais eu de moment où je me suis fait pénétrer par mon ex et où j'ai adoré ça. Alors que par contre, j'en avais toujours très, très envie. Justement, j'avais envie d'un peu de changer cette dynamique. Et moi, de me dire, j'ai envie de faire ma vie avec lui. Ça se passe quand même bien au début. Ça se passait bien. Vas-y, laisse-toi aller. Peut-être que lui aussi, il y a eu des moments où il en avait envie. Pas forcément tout le temps. Mais du coup, j'ai toujours été ouvert. On faisait tout ce qu'on avait envie de faire. On en parlait sur le moment. Mais toi, du coup, à cette époque-là, si tu devais me décrire un sexe qui te fait kiffer, est-ce qu'il y a des pratiques en particulier, des petites émojis ? Ça fait longtemps que je n'ai pas fait les émojis sur ce podcast. Sous la monnaie, il faut changer. Mais tu vois, est-ce qu'il y a des trucs... J'ai déjà parlé de mon téton gauche. C'est vrai que j'ai un truc avec... Il y a un truc où c'est vrai que quand c'est au rendez-vous... C'est un rendez-vous réussi. Est-ce que toi, tu as des éléments comme ça ? À l'époque où tu te poses... Là, j'essaye de... On va comparer les moments. Donc là, je suis au moment où tu ne te prends pas la tête. Est-ce qu'il y a quelque chose qui te fait kiffer particulièrement ? Alors, je ne sais pas si c'est vraiment... Finalement, on peut appeler ça une pratique sexuelle ou un élément d'une relation sexuelle, mais en fait... Moi, ça a toujours été... On revient peut-être un peu au côté américain, hollywoodien, gros cœur partout, etc. Mais c'est vraiment ce moment de communication fort et intense où, lors de la pénétration principalement, on se regarde dans les yeux et il y a vraiment un truc qui se passe où vraiment, tu ne sais plus qui tu es, tu ne sais plus ce qui se passe, tu ne penses à rien d'autre et tu es perdu dans les yeux de l'autre. En fait, ça a vraiment toujours été ce moment-là qu'on a eu pendant finalement... pas mal de temps. Jusqu'après, ça s'est fait de plus en plus rare. Après, ça a été plus compliqué. Donc, un sexe qui te fait kiffer. La pénétration est assez importante pour toi. Ça te fait vraiment... Par exemple, s'il n'y a pas de fellation, s'il n'y a pas de suce, c'est optionnel. C'est ça, c'est optionnel. J'aime autant ça, mais la pénétration, pour moi... Je ne dis pas qu'on doit faire de la pénétration à chaque fois. J'ai trouvé d'autres kiffs dans des pratiques qui ne sont pas liées à la pénétration. Mais... Si tu me demandes un moment fort de quelque chose qui me fait vibrer, c'est vraiment ça que j'ai en tête. C'est le regard, c'est la connexion intime. Quand tu dis je le pénètre et je ne sais plus qui je suis, ça veut dire quoi ? Tu sais, ce moment où... Tu sais même pas quel jour t'es, quel jour on est, l'heure qu'il est. Toi, tu sais juste qu'on fait qu'un, en fait. C'est très cliché, mais en vrai, c'est moi comme ça que ça me fait kiffer. Et en fait, c'est vraiment ce moment où il n'y a que toi et lui qui comptent, les yeux dans les yeux. Et en fait, quand tu pénètres quelqu'un, là, sur le coup, on n'est que deux dans une pièce. C'est une relation quand même super forte. Moi, je pars du principe que ce que je vivais à ce moment-là, précisément, il n'y avait personne d'autre qui le vivait que moi et lui. Je trouve ça super symbolique et je pense que c'est ça qui m'excite le plus. Je m'excuse, j'ai dit le terme l'amour à Hollywood, le couple monogame et tout, il n'y avait pas de couple. de jugement, l'enjeu, c'était d'aller à la rencontre de toi, ce qui te fait kiffer. Mais moi, je n'ai aucun problème à me dire que je suis un peu américanisé. On dit toujours le rêve américain ou certains codes. Moi, c'est ce qui me... Dans ma vie de tous les jours, d'ailleurs, je pense que c'est quelque chose qui me caractérise pas mal. En fait, je ne trouve pas ça péjoratif du tout, au contraire. Il y a des parties de ton corps à cette époque-là, un moment où tu as dit j'ai perdu les codes. Là, on enquête sur comment c'était quand tu les avais. Il y avait des parties de ton corps que tu appréciais particulièrement ? D'être touché ou comme participant de ta sexualité ? Moi, comme je te disais, je n'ai jamais eu de soucis avec mon corps et je ne suis pas du tout pudique. Non, mais tu kiffes les pieds ? Oui. Là, j'essaye de faire ton portrait. Je ne pense pas que j'ai de kiff précis, honnêtement. Mais par contre, je suis toujours OK pour essayer et me focaliser sur quelque chose qui fait plaisir à l'autre. Je sais que ça m'est déjà arrivé de faire un plan Grindr où le mec me disait « Est-ce que tu aimes les pieds ? Moi, j'aime ça, etc. Est-ce que je pourrais faire ci, faire ça ? » Et je t'avoue que je me suis laissé aller parce qu'en fait, je pars du principe que… Alors ça, c'était avant. Voilà, on n'a qu'une vie, il faut tester des choses. C'est un truc qui, quand on me le propose, même avant l'acte, ne me donne pas envie, je ne le ferais pas. Par contre, le côté pied, etc., ça n'a jamais été un truc qui m'a repoussé. Du coup, dans le sexe que tu kiffes, le fait de s'adapter au plaisir de l'autre te donne du plaisir ? Oui. Concrètement, je pense que c'est plutôt bien résumé. Du coup, ça te fait kiffer de demander à l'autre, tu veux que je fasse quoi ? Et si ça te va, tu le fais et tu as du plaisir à voir le plaisir se réaliser. Et je pense que finalement, ça me représente bien, même en dehors de ma sexualité. Je pense que c'est quelque chose que si tu parles à des proches qui me connaissent bien, ils diront que c'est comme ça que moi, je suis heureux. C'est en faisant plaisir, en rendant les autres heureux parce que j'y trouve mon plaisir personnel. Et finalement, tu vois l'histoire de la pénétration, les yeux dans les yeux, etc. Qu'est-ce que je ressens au moment où je pénètre la personne et que je le regarde dans les yeux ? Je ressens que ce que je lui fais, ce qu'il a envie que je lui fasse, ça lui fait plaisir. Et j'ai vraiment cette manifestation en face de moi du plaisir avec ses réactions. Ça peut passer par des bruits, par plein de choses, comment il réagit. Et en fait, c'est ça qui me fait vraiment kiffer. Donc en fait, c'est lié, je pense. Tu es par exemple sensible à quelqu'un qui gémit ? moi je suis vraiment attiré par la représentation de ce qui fait du bien à l'autre encore plus si c'est moi qui permet ce plaisir là en fait donc oui ça passe par ce genre de choses ça peut être parler, ça peut être dire qu'on aime, ça peut être faire des petits bruits ça peut être Il y a une moue sur un visage qui fait comprendre que vraiment, c'est un moment intense. C'est tous ces petits symboles-là. Tu as des attraits physiques ou, comme on dit, un style. Il y a des types d'hommes. Là, au moment où tu avais tes codes sexuels, tu avais un type de mec grand, petit ? J'ai envie de te dire non, mais en fait, je pense que... On me dit souvent que j'ai toujours le même style de mec, donc je pense que quand même, finalement, j'ai un style. Vas-y. C'est plutôt les mecs grands, les mecs bruns, masculins. Alors, j'aime pas trop dire ça, mais tu vois, quelqu'un qui n'a pas peur d'être masculin, mais en même temps qui a ce côté un peu vulnérable quand il faut l'avoir. Après, j'ai eu des mecs super musclés, j'ai eu des mecs pas du tout musclés. Ça, par contre, pour le coup, c'est pas ça qui passe en priorité, mais... Ouais, je pense que là, je t'ai peint un tableau un peu... Un style physique qui correspond à ce que tu cherches. À quel moment donné, tu as commencé à perdre les codes, à ton avis ? Quand j'ai commencé à me poser des questions, en fait. Par exemple, un truc tout bête, c'est que j'ai eu d'autres relations sérieuses de 3-4 ans avant cette relation de 7 ans. Et j'ai eu plein d'aventures entre. Je me suis jamais posé la question avec quelqu'un sur le long terme de quand est-ce que c'était la dernière fois qu'on avait fait l'amour, par exemple. Pour moi, c'est vraiment un truc. Je me suis jamais posé la question. Est-ce que ça se faisait ? Ça se faisait pas ? Là, je commençais à être capable de dire la date précise de la dernière fois où on avait fait l'amour. Et alors, c'est quoi le problème ? Déjà, je pense que inconsciemment, je me suis lancé dans cette sorte de... pas de course, mais de planification, de stress. « Ah mais attends, ça fait plus de deux semaines, plus de trois semaines. Ah mais là, c'est pas possible. » Et puis j'ai essayé, il m'a dit « Non, est-ce qu'il se passe quelque chose ? » Alors tu sais, on... Donc toi, t'avais du désir ? Oui. Et tu faisais toc-toc et lui ne répondait pas ? Exactement. De plus en plus. Et est-ce que tu as essayé de lui en parler ? Je ne dis pas que je communique toujours correctement, mais je communique pour le coup. C'est-à-dire quoi ? Que c'était une personne qui n'avait pas de besoins sexuels importants. Par exemple, il se branlait une fois tous les deux mois, ça lui allait très bien. Quand il était en couple ou quand il n'était pas en couple. Ok. Que la relation qu'on avait était tellement forte d'un point de vue affectif, amour, qu'il n'y avait peut-être pas forcément besoin de prouver ça sexuellement parlant sur une récurrence ou se forcer à faire quelque chose quand celui-là n'en avait pas envie. Il se définit vraiment comme une personne, avec moi et avec ses ex d'ailleurs, qui n'est pas très sexuelle. Ok. Et tu réponds quoi à ça ? Bah, moi au début, tu sais, je suis un peu forcément dubitatif parce que t'as beau faire confiance, c'est con, mais tu te poses toujours la question de est-ce que ça cache pas quelque chose, un mensonge, ou peut-être qu'il se passe quelque chose d'autre part, ou peut-être que j'ai changé, peut-être que ce que je fais c'est pas bien, peut-être que mon corps a changé, que ça lui plaît moins. Toi, tu lui as pas dit ça me va pas ? Moi, j'ai des besoins sexuels que du coup... Si, je lui ai dit. Mais en fait, le problème, c'est que tu te heurtes à une personne qui te dit « Ok, mais je ne vais pas me forcer. Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? » Après, on part dans ce truc où tu deviens la personne qui met l'autre personne mal à l'aise. Moi, je me suis dit « Ah oui, ce n'est vraiment pas du tout ce que je voulais dire. » Et je me suis un peu retiré de la conversation en mode « Évidemment que tu n'as pas de forcer, mais en vrai... » Il a dit ce qu'il avait envie de dire. Moi, j'ai exprimé ce que je voulais. Et en fait, on se rend compte que ce n'est pas forcément compatible. Et il me l'a dit. Est-ce que tu veux que je me force ? La réponse est évidemment non. Mais du coup, après ça, tu es là, tu fais bon. C'est un peu manipulateur. Vous avez identifié que vous aviez des besoins différents. Et du coup, ce qui... Vous n'avez pas pu trouver un compromis, c'est ça ? Il n'y a pas eu plus de sexualité ? On est resté à son rythme à lui ? ce genre de petit événement où tu sais que potentiellement il peut mais tu vois même ça au fur et à mesure je me disais bah tu vois on part en vacances c'est le moment où on se retrouve aussi parce que la vie est un peu à 200 à l'heure donc c'est le moment là où tu te poses c'est là où tu te dis bah tu vas être dans un hôtel pendant deux semaines il peut se passer quelque chose et en fait même ces moments là au fur et à mesure devenaient c'était même plus une garantie qu'il se passe quelque chose alors qu'on avait du temps et qu'on pouvait se retrouver et c'est là où je pense au fur et à mesure des années ça c'est devenu de plus en plus compliqué dans ma tête Principalement dans ma tête, parce que je pense que vraiment, lui, ça n'a jamais été un sujet parce que j'en parlais. Ça ne lui a jamais pris la tête ou ça ne l'a jamais rendu malheureux, je pense. Et du coup, au fur et à mesure de cette absence de sexualité, toi, l'impact, c'est que tu te poses plein de questions. J'ai entendu sur ton apparence physique et sur tes capacités sexuelles. C'est quoi les questions que tu te poses ? Déjà, physiquement, je me dis « tu t'installes dans ton couple, tu as pris un peu de poids ». Pour le coup, mon ex était plutôt bien foutu et je savais qu'il avait son type de mec. Lui, c'était quand même les mecs qui allaient à la salle de sport, qui prenaient soin d'eux et tout, ce qui n'est pas forcément mon cas. Mais même s'il m'aimait pour d'autres critères, on peut très bien se dire que ça peut changer. Donc, je me suis posé des questions de ce côté-là. Et après, sur nos pratiques sexuelles, déjà, c'était moins souvent. Donc, quand ça se faisait, je me mettais vraiment la pression parce que ça se passe bien. Je me dis que ce n'est déjà pas souvent. Donc, vraiment, là, si on le fait, j'ai envie qu'il aime et moi, j'ai envie d'aimer. Je pense que tu te mets des faux problèmes dans ta tête. Je sais que j'ai eu des épisodes où je n'arrivais même pas à abonder, tu vois, ou très peu, alors que j'avais enfin ce que je voulais. Il y avait un moment où peut-être même lui, de temps en temps, venait vers moi. Donc, tu vois, finalement, c'est enfin ce que je veux. Et ce moment-là, je n'arrivais même pas à en profiter. Donc, en fait, au fur et à mesure, ça devient un cercle infernal. Tu te dis... Et je me mettais la pression et je me disais, je ne vais pas y arriver. Et après, ça devenait, je ne vais pas bander, j'ai peur. Je me souviens même, mon pote coiffeur m'avait dit, écoute-moi, quand ça m'arrive, tu vois, j'ai une petite... Je ne sais pas comment... C'est une sorte de miel, tu sais, c'est une petite... C'est un petit truc que tu prends et c'est censé te booster un petit peu le fait que tu vas bander plus dur. Un miel, c'est-à-dire ? En fait, cette forme de miel, c'est une sorte de petit berlingot. Et en fait, il m'avait dit, ma copine m'avait filé ça une fois. Vas-y, je t'en file un et tu me diras. Tu prends ça une demi-heure avant. Tu te le mets sur le sexe ou tu l'avales ? C'est vraiment du miel. Fait par les petites abeilles ? J'en sais rien, honnêtement, j'ai jamais regardé. Mais c'est jaune ? Ouais, c'est vraiment, c'est sous forme de gelée, tu vois. Tu sais, un petit berlingot, comme quand tu prends un médicament, tu vois. Et ça se vend sur Amazon, enfin, tu vois. Et après, je pense que c'est beaucoup dans la tête que ça se passe, parce que je suis sûr qu'il n'y a pas grand-chose, à part peut-être, tu sais, des aphrodisiacs ou des trucs un peu comme ça. Et en vrai, je ne sais pas si certains veulent tester en écoutant ça, mais je vous jure que ça marche. En tout cas, après, pourquoi ça marche, je ne sais pas. Mais en tout cas, moi... une demi-heure avant quand je savais qu'il y avait du sexe parce qu'en plus le sexe était programmé il n'y avait même pas cette spontanéité on m'envoyait un texto le matin ce soir ce serait bien qu'on le fasse lui t'envoyait un texto ce matin on avait rendez-vous et ça c'est de plus en plus le cas donc pour le coup j'avais le temps un peu de me préparer et pour éviter justement des petites pannes ou trop stressé et tout je prenais ça et en fait ça a dû marcher 80% des fois Tu le prenais du coup régulièrement ? En fait, sur la fin, honnêtement, quasiment à chaque fois. C'était même lui qui me le demandait parfois. Tu vois, à partir du moment où il y avait cette histoire de lui, il était en demande de ça, parce qu'il voulait vraiment que je bande à fond, par exemple. Et bien, ça a aussi mis un mal-être complémentaire au final, parce que tu te dis, bon, à la limite, quand c'était ma proposition ou un truc que j'avais fait comme ça une fois pour rigoler ou pour tester et que ça devenait une réalité, tu vois, c'est... il exige une performance du coup il y avait cette attente et ça a encore plus renforcé mon mal-être tu disais il prenait rendez-vous est-ce que ça c'était un truc qui te fait plutôt kiffer, c'est chouette il y a l'attente de trop bien c'est ce soir tu te fais un petit kiff ou moi j'ai plus l'impression que c'était la pression commencée de ce soir il faut que je sois chaud bouillant Honnêtement les deux trois premières fois c'était en mode je crois c'est excitant tu vois tu rentres du boulot où il me disait tiens j'ai envie qu'on fasse ça à telle heure et que tu restes habillé en costard par exemple tu vois il y avait ce côté un peu Mais t'es danseur ou t'es danseur en costard ? Ouais je suis danseur en costard non je suis en fait si tu veux je suis directeur d'une agence dans l'immobilier quoi enfin je bosse dans l'immobilier la journée et j'ai une école de danse le soir et je fais voilà j'ai un groupe on fait pas mal de trucs Ouais T'es à l'aise de le dire, il n'y avait pas d'obligation, j'étais juste curieux de me dire ça. Aucun souci, mais du coup, d'où le costume. Et ça arrivait, et ça, c'était des moments plutôt fun. Tu te dis justement, ça va diversifier un petit peu le contenu, la situation, et puis en fait, t'as enfin quelqu'un en face de toi qui a une demande. Oui. Donc en fait, t'es content, mais ça devenait récurrent, il y avait ce moment où, paf, tu vois. Genre, je me suis branlé toute la matinée, mais je me suis arrêté pour que ce soir, on puisse en profiter, tu vois. Mais du coup, au final, C'est devenu ce truc où le côté fun de programmer ou d'avoir un rendez-vous un peu funky, c'est devenu un truc où il a décidé, il faut le faire. Et finalement, peu importe si j'en avais envie à ce moment-là. Moi, je prenais parce que je savais que sinon, il allait se masturber. Et je repartais sur un ou deux mois sans rien. Toi, ce qui se passe dans ton intime, l'inquiétude par rapport à la performance, la frustration, le déséquilibre ? et les enjeux de santé mentale que tout ça a créé pour toi tu lui en parlais ? vraiment ouais je pense que j'étais super transparent au fur et à mesure et peut-être même trop parce qu'en fait je me suis rendu compte que lui était peut-être de plus en plus mal à l'aise avec les mots que je mettais sur ça j'appelais un fait un fait donc tu vois je lui disais bah tu vois là t'as programmé ça fait six fois et finalement le fait de trop parler des choses que je notais Donc, tu vois, ça revenait sur le côté, il comprenait que je prenais limite des notes sur quand on avait fait l'amour. Alors, c'était faux, mais c'est juste que moi, c'était un truc important pour moi, donc j'avais ça en tête. Il te culpabilisait d'avoir une communication ouverte et transparente. Exactement. On sent tout mon jugement. Toi, tu as l'impression qu'en effet, tu devenais un peu policier ? Bah ouais, en fait, au bout d'un moment, je me disais, mais en fait, qui à sa place aurait envie de faire l'amour avec moi, tu vois ? Il n'y avait rien de spontané et tout ça, mais finalement, ça devenait moi le problème, alors que de base, pourtant, même si j'avais communiqué, c'était un des faits qui venait de lui et de ce qu'il avait envie. Donc au final, je trouvais ça un petit peu injuste, tu vois ? Ouais. Ça a duré combien de temps ? Du coup, t'as dit les 2-3 premières années sur une relation de 7 ans. Ouais, il y avait bien 4-5 ans. Ouais ? Où on est resté comme ça, à faire des allers-retours entre des grosses discussions, des périodes sans sexe, des périodes avec un peu plus de sexe, mais toujours dans les codes programmés, précis, etc. Et en fait, tu sais, ma mère me dit souvent « tu peux pas trouver la personne parfaite, il y a beaucoup de choses qui te plaisent, accepte les imperfections ». Tu vois, c'est un truc qui résonnait. Je me dis, bon, j'arrive à la trentaine. J'ai quand même trouvé quelqu'un qui... T'as quel âge ? J'ai 32 ans. Quelqu'un qui arrive... Enfin, où je me projette sur un mariage, une vie à deux, etc. Donc, bah, voilà. Descends un petit peu tes attentes. Tu vois, genre, ces petits discours qui résonnent dans ta tête. Et en fait, je pense que tu t'y perds. Au final, les mois deviennent des années. Et quatre ans, ça passe super vite, en fait. Pourquoi t'es resté ? Et pourquoi c'est un... J'aimerais un pourquoi vulnérable, c'est pas pourquoi t'es resté, c'est pas genre mais t'es débile, pourquoi t'es resté, mais à ton avis, c'est quoi l'élan intime qui t'a fait passer outre tous ces déséquilibres ? Est-ce que tu avais peur, tu t'es dit putain mais je pourrais jamais rencontrer quelqu'un d'autre, ou bien t'étais très amoureux de lui, et en fait là tu nous racontes l'aspect sexuel un peu bof, mais à côté vous aviez une vie absolument délicieuse, pourquoi t'es resté ? En fait, je pense que je suis quelqu'un d'assez passion. Passion et passion d'ailleurs. Mais pour le coup, là-dessus, j'ai vraiment voulu me dire que j'irais jusqu'au bout de ce que je pouvais faire parce que je voulais que ça ait quand même un sens tous ces sacrifices ou en tout cas ce chemin-là. Donc ça, c'est le premier aspect. Et le deuxième, je dirais qu'au fur et à mesure où ça avançait, où j'avais de moins en moins confiance, évidemment, tu n'as pas envie de te retrouver sur le marché, de redevenir célib et d'avoir toutes ces peurs. Parce qu'avant, tu étais célib, mais tu étais bien dans ta peau. Maintenant, tu es célib, mais tu ne connais plus tes codes. Tu ne sais plus si ce que tu fais, c'est bien. Est-ce que tu vas devoir reprendre du miel quand tu vas faire un plan avec un mec ? Est-ce que tu vas ? J'avais même pas envie de me poser ces questions-là. Et je pense qu'inconsciemment, c'est ça aussi qui m'a... C'est plus la peur qui a pris le dessus au fur et à mesure. Il y avait la passion au début, parce que j'étais patient et parce que j'avais beaucoup de passion et d'amour pour cette personne. Et au fur et à mesure, c'est la peur qui s'est installée. Et je me suis toujours dit... D'ailleurs, j'ai fait quelques petites rencontres en parallèle, tu vois, à un moment donné, en fin de relation. et peut-être un peu en espérant trouver quelqu'un qui me fasse sortir de ça tu vois donc c'est là que j'ai vite compris qu'en fait la peur a pris le dessus et fallait vraiment que ça s'arrête et que voilà tant pis j'allais passer par la case célibataire et j'allais me reconstruire mais c'était pas possible de quitter cette relation juste parce que j'attendais enfin juste quand j'aurais quelqu'un d'autre quoi ouais donc tu l'as quitté c'est toi qui l'as quitté ouais En lui exprimant... Parce que toi, est-ce que dans ton chemin de couple, le problème, il était à cet endroit de la sexualité ? Ah oui, il était totalement à cet endroit. Ok, il n'y avait pas d'autres enjeux pour toi ? Après, on n'avait pas une vie de couple parfaite, mais ça, j'ai envie de te dire, je n'ai pas envie de dire que c'est comme tout le monde, mais je veux dire, il y avait des hauts, des bas, mais les hauts compensaient les bas, comme dans n'importe quel couple. Mais la sexualité prenait beaucoup de place, enfin en tout cas, du coup, de moins en moins de place, c'est-à-dire... Mais dans ma tête et dans mon cœur, ça devenait un vrai sujet. Et là, je me suis dit stop pour cette raison-là. Et c'est vraiment principalement la raison du fait qu'on se soit quitté. Il s'est passé quoi sexuellement pour toi une fois que tu es redevenu célibataire ? Bah, disons que déjà, j'ai mis du temps à me remettre un petit peu à Grinder, Tinder et compagnie parce que j'avais pas forcément tout de suite envie. Et d'un seul coup, ça m'est revenu. Et au fur et à mesure, il y a eu un peu cette course à la performance. En fait, il y avait une partie de moi qui avait envie de faire du sexe. mais une autre forcément qu'attendait une rencontre un peu spéciale, un truc qu'elle aime encore, mais tu vois, me emmène dans mon chemin de rêve américain et compagnie. Mais en même temps, Déjà, il m'est arrivé une histoire pas très fun. Quand j'ai fait un plan qui a un peu tourné au vinaigre, ce que je te racontais dans le pré-entretien, où je me suis fait agresser par deux mecs. Ça, c'était combien de temps après la rupture ? Ça, c'était à peu près deux, trois mois après. Tu as envie de la raconter ? C'est important pour toi de... Je ne sais pas si c'est important. Je pense juste que si tu veux, si je veux qu'on comprenne pourquoi je suis perdu, on a abordé dans ma sexualité, on a abordé vraiment le côté couple et ce qui m'a amené à perdre mes codes. Et je pense que ça, c'est important de l'expliquer parce que c'est ça qui va aussi donner des informations intéressantes. sur le fait qu'aujourd'hui c'est encore plus dur parce que j'aurais très bien pu vivre ce que j'ai vécu avec mon ex et tomber sur des personnes bienveillantes et me remettre en selle petit à petit mais ça n'a pas forcément été le cas donc en fait je pense que ça fait partie de mon chemin pour expliquer mes problèmes sexuels aujourd'hui parce que j'avais jamais été confronté alors déjà j'avais jamais été confronté à un couple où je ne savais plus qui j'étais dans ma sexualité et ce que j'aimais ou ce qu'il fallait faire et quand il fallait le faire en plus de ça Et maintenant, même dans un simple plan de base, ce qui m'était arrivé bien avant mon ex et ce qui m'est arrivé aussi après, là, j'ai même perdu confiance dans ces moments simples qui étaient juste... De la baise. Ouais, voilà. Sans réfléchir, quoi. Est-ce que tu veux me raconter ? On est du coup en juin 2022. Et qu'est-ce qui s'est passé ? Donc, tu es sur Grindr. Comment ça commence ?

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