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En fait j'étais en soirée donc il était un peu tard, j'étais un peu bourré mais tu vois totalement en capacité de prendre des bonnes décisions ou des mauvaises d'ailleurs. Et donc je parlais à un couple sur Grindr, c'était en début de soirée, j'avais laissé un peu mon téléphone, j'étais avec mes potes, finalement tout le monde se barre à 1h du matin, chacun avec ses petits copains ou avec son plan du soir ou autre.
Et je rallume Grindr en attendant mon Uber. Mon Uber n'arrive pas. Le couple est toujours dispo. Il me dit « Tu veux passer ? On a 15 minutes à pied. » Je me dis « Écoute, pourquoi pas ? J'avais envie. » Voilà, tu sais, t'es un peu éméché, t'as envie. C'est un moment aussi où sexuellement, j'ai pas honte de le dire, j'avais envie de faire du sexe. C'était important pour moi, j'en avais envie. Et donc j'y vais, je rentre dans l'appart. Rien de plus normal de personnes qui sont là. Ils étaient très mignons.
Ça se passe bien, on boit 2-3 verres et petit à petit, je pense que c'est l'alcool qui prend le dessus. Mais en fait, je me rends compte que je perds un peu mes moyens et que je me sens de moins en moins bien. Toi, dans vos échanges ?
Tu les as sélectionnés parce qu'ils sont à ton goût. Ils te proposent quel genre de sexe ? Ah, vraiment, juste un plan à trois tranquille. Tu vois, on n'a même pas forcément défini les termes, mais ça restait... On va commencer par... Tu sais, moi, j'ai un peu ce truc où, avant d'y aller, j'aime bien un peu savoir à quelle sauce je vais être mangé, tu vois. J'aime bien toujours dire, voilà, j'arrive, on s'y met direct, ou j'arrive, on boit un verre. Enfin, tu vois, il y avait juste ce petit échange en mode, on boit un ou deux verres, on se fait des petits câlins, des bisous et on voit ce qui se passe. Donc,
Et sur ton profil, il y a des choses indiquées particulières, des kinks ? Pas du tout. Vraiment un profil pas très rempli, mais rien de plus normal. Donc tu vas dans cette... Non mais rien de plus normal, ça serait pas du tout anormal d'avoir... J'essayais juste de comprendre, toi tu vas en mode j'ai envie de sexe, il n'y a pas de scénario ou de plan particulier ? Pas du tout. J'ai déjà fait des plans avec des couples.
ou deux plans à trois et ça s'est toujours bien passé et tu leur as dit on boit un coup avant que vous c'est même eux qui m'ont dit ça qui m'ont dit voilà on boit un petit verre on peut se poser il est pas tard et puis on voit comment ça se passe j'aime bien cette démarche de justement d'un côté je suis rassuré par le fait de savoir comme je te disais ce qui va se passer mais je trouve ça cool aussi de te dire parfois tu bois juste un verre tu papotes et il se passe quelque chose il se passe rien c'est pas grave quoi
Donc, voilà, là, j'y vais. Honnêtement, je me souviens, la première heure, ça s'est bien passé. On parlait vraiment de tout et de rien. Pas du tout de sexe, il n'y avait pas de main baladeuse, rien du tout. Et je te dis, au fur et à mesure, je perds un peu le contrôle. Mais au début, c'est un peu, je me sens un peu bourré. Je commence à faire des blagues, être un peu plus détendu et tout. Mais en fait, la détente, cette sensation de détente laisse place à un petit inconfort ou un mal de tête. Enfin, tu vois, je me souviens un petit peu...
J'avais été aux toilettes et je sentais que quand je marchais, je ne marchais pas bien droit. Après, j'ai bu un verre d'eau, on s'est un peu posé. Et au fur et à mesure, pareil, je me sens de moins en moins bien. Après, j'ai perdu le contrôle de ce qui se passait parce que je ne m'en souviens plus. Même là, avec le recul, après en avoir parlé un petit peu autour de moi et en reparlant de tout ça, j'aurais incapable de dire ce qui s'est passé. Le seul truc dont je me souviens, c'est que je me suis réveillé...
dans le couloir à l'extérieur de l'appartement, dans les parties communes de l'immeuble, avec mes fringues par terre, j'étais à moitié à poil, et puis j'avais mon téléphone, mes affaires, et je savais juste que j'avais très mal à tête. Et en fait, je n'ai pas trop compris ce qui se passait, j'ai pris mes affaires, et j'ai énormément marché. On était le matin ? Oui, le soleil se levait, donc je pense qu'il était 5h du mat'.
Et au bout d'un moment, j'ai repris un peu mes esprits. Je me suis assis sur un banc, j'ai appelé un Uber et je suis rentré chez moi. Aujourd'hui, je ne sais même pas. Le Uber m'a pris à un endroit qui n'était pas du tout celui du plan. Et j'avais ce moment, je me souviens, j'ai supprimé Grindr et tout. Je n'avais pas ce qui m'arrivait, mais j'ai marché, je suis parti. Tu t'es réveillé pas dans la cage escalier de leur appartement ? Je me suis réveillé dans la cage escalier, pas dans leur appartement. Vraiment dans le couloir qui est devant la porte de leur appartement. J'étais à l'extérieur de l'appartement avec toutes mes affaires.
Parce que là, tu disais, je ne me suis retrouvé pas à l'endroit du plan. Oui, c'est parce qu'en fait, vu que je comptais sur cette information du Uber pour me dire à quel endroit il m'avait récupéré. Et en fait, pas du tout, vu que j'ai marché une bonne heure avant d'appeler mon Uber. J'ai compris. Parce que là, en fait, tu essayais d'avoir des informations pour les retrouver. En fait, à un moment donné, deux, trois semaines après, quand j'ai pris conscience de ce qui s'est passé, même là, dernièrement, quand j'ai été à la police, etc., on m'a demandé ces informations-là.
J'ai donné l'adresse où le Uber était venu me récupérer, mais je sais que j'ai marché une bonne heure. Il n'y a pas d'historique blender, il n'y a rien du tout. Je n'ai même pas moyen de savoir à quel endroit ça m'est arrivé. Je crois entendre que tu dis « j'ai eu besoin de plusieurs semaines pour me rendre compte ».
Une fois que tu prends le beurre du retour, toi, tu te dis, bon, ça s'est pas bien passé, mais tu t'inquiètes pas, c'est ça ? Pas du tout. Tu sanctionnes pas cette expérience comme difficile ou traumatisante ? Alors, est-ce que je la sanctionne pas de cette façon ou est-ce que je fais l'autruche, tu vois ? C'est deux choses différentes. Je pense que vraiment...
tu vois après j'avais un des plus beaux week-ends de ma vie qui arrivait c'était le mariage de ma meilleure amie on a été en Corse on a fait un truc incroyable et j'ai vraiment vécu enfin aujourd'hui les gens qui qui savent ce qui m'est arrivé et qui m'ont vu en Corse auraient jamais douté de quoi que ce soit rien du tout et en fait je pense que vraiment j'ai fait l'autruche pendant plusieurs semaines quoi
Et à un moment donné, j'ai explosé un ou deux mois après.
en fait qui m'est arrivé quelque chose de grave et que je devais forcément demander de l'aide quoi et pour moi pour ma sexualité pour ma relation avec les autres
Il y avait des choses qui n'allaient plus. Au bout d'un moment, je pense qu'à faire l'autruche ou à trop se protéger ou à faire comme si rien ne s'était passé, tu t'enfuis tes émotions. Évidemment, je ne faisais plus de sexe. Je n'y pensais même pas une seule seconde. Tu n'avais pas d'envie ou tu avais du dégoût ? Tu avais de la peur ? Je ne me touchais même pas moi-même. J'avais juste zéro envie de connecter mes pensées et mes envies au sexe. Tu vois, vraiment, il y avait...
Je pense que c'est la période de ma vie où j'étais le plus inactif sexuellement, même tout seul. Tu vois, vraiment, il y avait zéro attrait de rien. Aucune pensée mal placée, rien du tout. Même pas un garçon qui pouvait me plaire ou je ne pouvais penser que. On en était au point où je me focalisais sur autre chose dans ma vie et ça, ce n'était plus du tout une réalité. C'est quoi le moment où tu sors de cette forme de déni ? C'est quoi le moment où tu te rends compte que c'est grave ce qui s'est passé pour toi ?
En fait, finalement, au moment où j'ai ressenti que j'étais plus trop dans mon assiette, que physiquement, j'avais envie de rien, j'avais même plus envie d'aller au travail, alors que ce n'est pas du tout mon style. Moi, je suis quelqu'un de super actif dans la vie. J'aime ce que je fais dans le boulot. J'aime voir mes amis sortir. Là, on arrivait dans une période un peu dark, où tu poses ton téléphone, tu te mets au lit et il ne se passe rien d'autre. Là, je me suis dit qu'il faut quand même que... On s'inquiétait un peu pour moi et mon ex, avec qui je restais quand même en contact...
est venu vers moi et en fait j'ai un peu explosé en lui racontant enfin je lui ai écrit une lettre en fait en lui expliquant ce qui m'est arrivé et en fait finalement ça a pas changé grand chose et c'est un peu ça qui m'a mis sur la piste de tu t'es confié à la mauvaise personne et si même lui il arrive pas à trouver les mots ou à te dire ce que t'as envie d'entendre ou peut-être à te dire ce qu'il faut que t'entendes et bah va falloir que t'ailles chercher les deux autre part et en fait dans mon comportement j'ai tout envoyé valser mes parents sont arrivés dans l'histoire enfin tu vois c'est devenu un truc
J'étais plus moi. Physiquement, je pleurais tout le temps. Les gens qui me connaissent ne m'ont jamais vu comme ça. Ramène-moi au moment où tu décides d'envoyer une lettre à ton ex. Pourquoi ?
Pourquoi pas ta meilleure amie qui vient de se marier, avec qui tu as peut-être un lien intime ?
Je me suis retourné vers cette personne qui, pour moi, pouvait encore plus comprendre parce qu'il connaissait les sept ans qu'on a vécu, comment j'aime faire l'amour, comment j'aime qu'on fasse l'amour. Cette personne qui est vraiment dans les détails de ma vie sexuelle, qui pourra encore plus analyser, comprendre, m'aider et peut-être se rendre compte que c'est grave ce qui m'est arrivé. Et du coup, ça va vraiment à l'encontre de qui je suis, de ce que j'aime, etc. Tu avais peur que des gens puissent...
Croire que tu l'as voulu ou tu l'as bien cherché, c'est ça que j'entends ? Ou peut-être déjà que même si je suis honnête sur plein de trucs qui m'arrivent, est-ce que j'avais aussi envie de parler du fait que j'avais été faire plusieurs plans, dont un qui s'était mal passé avec un couple ? En fait, je me rends compte que ce n'est pas un truc que je partage beaucoup avec mes amis.
très cher quelques amis gays peut-être pas forcément mes amis hétéros t'es pas très à l'aise de dire que t'as une sexualité avec plusieurs personnes et des gens que tu revois pas forcément disons que j'en blague beaucoup mais est-ce que les gens pensent que c'est de l'humour et que c'est pour me donner un style ou parce que j'essaie d'être un petit peu l'homosexuel fun qui a une vie super stylée ou est-ce que je suis vraiment à l'aise avec ça dans le fond de ce que les gens vont penser
de mes pratiques sexuelles, je ne suis pas sûr. Pourquoi la lettre et pas un café ? J'avais vraiment besoin... Déjà parce qu'il était à l'étranger à ce moment-là. Il est parti à l'étranger pendant un mois. Et j'avais vraiment besoin de prendre le temps... Je crois que je l'ai écrit sur deux semaines. Je revenais dessus. J'avais besoin de poser mes mots et surtout d'être sûr de vouloir l'envoyer. Au début, c'était plutôt un exercice où je me disais ça va me faire du bien d'écrire des trucs. Et c'est devenu une lettre que j'ai envoyée. Pourquoi tu avais besoin de changer des mots ?
Moi, j'ai l'intuition que petit à petit, tu aidais ton cerveau à te rendre compte de l'horreur que tu avais vécue et que tu revenais à cette lettre parce que tu avais du mal à y faire face. Mais ça, c'est mon interprétation. Enfin...
Moi, de l'extérieur, j'entends que tu as été apparemment peut-être drogué. Je pense, oui. J'en suis certain même. Et du coup, tu t'es réveillé, tu n'avais plus aucun souvenir. Ce fait traumatisant, pourquoi, à ton avis, tu as besoin de deux semaines pour en faire le tour en choisissant les bons mots ?
Parce que déjà, j'avais vraiment envie de... Je pense qu'au début, déjà, je disais pas tout dans la lettre. Tu vois, je pense que ma première version, c'était un peu, il m'est arrivé un truc grave, je vais te le dire. Puis après, c'est devenu, il m'est arrivé un truc grave, voilà ce que c'est. Puis je suis rentré plus dans les détails. En fait, c'était plus, j'avais besoin de préciser et de me donner encore plus de force pour y aller, quoi.
Pourquoi il faut de la force pour y aller ? Parce qu'il y a une forme de honte. Tu te retrouves nu dans le couloir d'un immeuble. Tu ne sais pas ce qui t'est arrivé. Tu sens qu'il y a quelque chose qui est arrivé à ton corps, mais tu n'es pas sûr. Et en fait, il y a une part de... J'ai beau pas être pudique, là, on parle de quelque chose qui résonne quand même comme...
Comme quelque chose de... C'est pas anodin, quoi. C'est fort. C'est une grande symbolique. Donc du coup, c'est pour ça que c'est... Tu perds de ta puissance ou tu perds de ton identité ? Les deux, c'est sûr. Parce que toi, t'es plutôt quelqu'un de puissant à l'identité de... Toi, ton identité, c'est je fais plein de choses, je sais ce que je fais, je sais comment je le fais. Tu disais au début, j'ai un objectif et je l'atteins, etc. Et c'est ça qui...
Moi, j'ai un rapport avec mon corps de base où, sans prétention, les gens qui me regardent danser sur scène ou en cours, etc., ils disent que j'impose, il y a une force, mais en même temps, il y a une légèreté, il y a un masculin, un féminin, il y a plein de choses. Et en fait, ça, tu peux le faire que quand tu es « je pense ».
1000% en phase avec toi et ce que tu ressens quand tu bouges. Et tu vois, moi, je suis coach avec mes danseuses et j'essaie de leur faire comprendre qu'elles soient grosses, petites, maigres, grandes, blondes, brunes, qu'elles peuvent arriver à ce niveau. Et je me sens un peu comme un modèle, tu vois, un guide. Donc en fait, ça, c'est dur pour moi de finalement passer de l'autre côté du rideau, tu vois, où...
moi j'ai perdu mon mojo, mon truc et honnêtement j'ai mis du temps à redanser et je pense que c'est aussi une là j'y reviens petit à petit, je commence à avoir envie de faire des projets, des choses, ça va mieux mais le premier jour où on a repris avec mes danseuses c'était je crois 4 mois après j'arrivais pas à me regarder dans le miroir quand je faisais l'échauffement
Moi, je me regarde, je regarde les autres, je fais des blagues, je suis à l'aise. En fait, ça touche quelque chose de profond. Et le coucher sur du papier et être vulnérable à 100%, c'est dur. En fait, j'ai passé par cette phase où j'avais besoin de pas trop l'être et me dire « Mais attends, mais qu'est-ce que tu fais ? Vas-y à fond ou n'y va pas. » Il va recevoir ta lettre. Ce n'est pas lui de venir à la pêche aux infos ensuite. J'ai vraiment envie de donner un max de trucs.
Et j'ai pris le temps de le faire. Il a reçu la lettre ? Oui. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il m'a appelé assez rapidement, on a fait un FaceTime et on a parlé pendant des heures.
Ça a été super libérateur pour moi. Et en même temps, je pense que peut-être que j'y ai mis un peu trop d'attente parce qu'il y avait peut-être une part de moi qui attendait un retour, une sympathie, une compassion, quelque chose peut-être qui donnerait envie de reconnecter avec moi sur certains trucs. J'en sais rien. C'est tout bête, mais le premier truc auquel j'ai pensé,
Est-ce que ce serait pas plutôt avec lui que je devrais refaire du sexe pour la première fois après tout ça ? Est-ce que c'est un safe space ? C'était mon endroit où on le faisait pas souvent, c'était pas toujours facile et tout. Mais en fait, c'est ce que je connaissais uniquement. L'habituel. C'est le confort de l'habitude. En vrai, quand j'y réfléchis, c'est débile de ma part d'avoir attendu ce genre de choses, mais
T'étais sur ton chemin de reconstruction, t'essayais de trouver un passage. Lui, sa réaction, du coup, tu disais tout à l'heure, je me suis rendu compte, vu sa réaction, que j'avais besoin d'autre chose. C'est ça que tu...
Je me suis dit qu'il ne me donnait pas ce que je voulais. Contrairement à avant où il ne me donnait pas ce que je voulais, j'étais OK pour rester ou pour attendre un peu. Il n'a pas du tout été horrible sur le sujet. J'ai pas eu le retour que j'attendais. Je me suis dit que je ne vais pas trouver ma paix là-dedans. On n'en parle pas. À ce jour, on n'en parle pas. Ça s'est resté à deux ou trois conversations au début.
Mais je n'ai pas atteint... C'était un peu égoïste comme démarche. Mais en fait, je suis dans une démarche où j'ai vachement envie d'être égoïste. Et c'est quoi la suite de ta démarche, du coup, pour te reconstruire ? Oui, en fait, déjà, depuis, j'ai refait du sexe avec des garçons. Et en fait, je verbalise vraiment ce que j'ai envie de faire et comment j'ai envie de le faire et ce que j'ai envie de recevoir et ce que j'ai envie de donner.
Ce qui n'était pas le cas pendant sept ans. Et je pense que c'était finalement le cas de ce qu'était ma sexualité avant ce qu'on disait tout à l'heure. Parce que là, tu reviens au sujet plus général de ton toit sexuel. Sur l'agression que tu as subie, tu veux la qualifier comment ? Tu veux qu'on emploie quel terme ? C'est moi qui ai dit agression. Toi, tu ne l'as jamais qualifiée ? Ça me gêne un peu ?
Non, je pense que c'est une agression. Je me suis fait violer. Moi, je n'ai plus peur de dire ça aujourd'hui. Honnêtement, au début, vu que c'était flou et que j'avais honte et qu'il n'y avait pas encore cette démarche d'écrire les choses, de dire les choses ou de m'exprimer avec un psychologue ou autre, j'avais peur de mettre des mots forts. En plus, le viol chez moi...
Je ne sais pas ce qui m'est arrivé quand j'étais petit face à des films ou face à des symboles du viol ou du fait que quelqu'un peut être forcé à faire du sexe, mais c'est toujours un sujet, je pense que c'est un sujet que personne n'aime, mais je veux dire, moi, ça m'a toujours touché et mis vraiment mal à l'aise.
tu vois genre je tourne souvent la tête dans des films quand il y a du viol par exemple c'est vraiment un truc qui me gêne vraiment et donc là encore plus avec ce qui m'est arrivé je me dis qu'en fait c'est un viol c'est une agression c'est une agression sexuelle c'est un viol j'étais pas maître de ce que je faisais de ce que je voulais faire et on m'a foutu dehors et on m'a humilié dans cette situation donc ouais c'est vraiment c'est pour ça que je trouve ça important parce que
dans ma perte de mes codes c'est une couche complémentaire tu vois mais en même temps peut-être passer par là c'est peut-être ça qui va m'amener sur la bonne piste pour la suite est-ce que t'en es où de ton chemin par rapport à ce viol tu vois je crois avoir entendu que t'es allé voir un psy que t'as un traitement thérapeutique qui est en cours c'est ça ? et que t'es allé à la police ?
Oui, j'y suis allé il n'y a pas longtemps. En fait, j'ai essayé d'y aller plusieurs fois. J'ai un peu reboussé le chemin et la troisième fois où j'y suis allé, on m'a un petit peu envoyé sur les roses. Qu'est-ce qui s'est passé ? En fait, on m'a un peu fait comprendre que j'avais vraiment rien à dire, donc que ça ne servait à rien que je le fasse. Il n'y avait même pas la symbolique de...
On prend quand même votre déposition, monsieur, on note ce que vous allez nous dire. Ah, mais vous savez pas qui ? Ah, vous avez supprimé l'application, vous avez même pas l'adresse. Ça va vous servir à quoi ? Enfin, c'est une personne dans sa fin de journée qui avait pas du tout envie de s'occuper de moi ou de quelqu'un d'autre, d'ailleurs. Et finalement, je...
qu'avec MeToo et tout, ils font des formations à ce personnel qui est en fronte, qui reçoit et qui a besoin d'être dans un soin de la parole ultime. Et non, ils sont toujours à ce niveau-là. Je suis désolé. J'ai persévéré.
Et d'ailleurs, c'est marrant parce qu'on avait un peu parlé dans le pré-entretien et je me souviens que tu m'avais dit un truc du style « C'est dommage, je pense que vraiment, ce serait important que tu le fasses. » J'avais déjà essayé de le faire. Et en fait, j'y suis allé deux semaines. Tu m'as dit ça, moi ? Oui, tu m'as dit ça, oui. Je ne sais pas si j'aurais dû... Je t'ai dit comme ça, mon opinion ? Oui, mais alors, je ne sais pas si tu l'as dit de cette façon-là, mais déjà, tu m'as posé la question de savoir si je l'avais fait. Donc, ça voulait quand même peut-être dire que... De porter plainte ? Oui. Donc, à l'époque, je t'avais dit « J'ai fait des essais, ça n'a pas été très concluant. » Et finalement
Et ça s'est très bien passé. Je l'ai fait, j'ai mon petit papier, tout a été... Et en fait, ça m'a vraiment fait du bien. Et la personne a même pris plus de temps qu'il ne fallait. Donc, il n'y a pas que des personnes qui ne font pas bien leur taf. Et en vrai... Alors, je ne sais pas si...
J'ai coché une case importante dans mon chemin de guérison, mais c'est fait. Ça a le mérite d'avoir été fait. Je n'entends rien. On ne va pas trouver mes agresseurs. Pourquoi pas ? Parce qu'il n'y a vraiment pas grand-chose à dire. Tu sais où habitaient tes amis quand tu as regardé Grindr, quand tu attendais le Uber ?
C'est là où tu étais ? Oui. Puisqu'il t'a pris et dans Uber, on peut voir l'endroit de la localisation. J'étais à pied en fait. En fait, j'étais en soirée avec mes potes. J'ai marché une petite demi-heure pour aller au lieu du plan. D'accord. Et quand je suis revenu, le Uber m'a pris à un endroit qui était à une heure de marche. Ça, je me souviens bien. Mais je me dis que lorsque tu quittes tes potes et que tu trouves ce couple sur Grindr, est-ce que tu as la version payante ?
parce que du coup tu peux savoir à l'endroit où était leur profil si t'es plutôt à moins de 500 mètres, 1 km déjà je l'ai dit apparemment je sais qu'ils ont fait une demande au service je sais pas si c'est un service client ou service de Grindr mais elle m'a dit que c'était pas la première fois qu'ils avaient fait des demandes de ce type et j'ai entendu des histoires où beaucoup de gens essaient d'obtenir des choses de Grindr mais il n'y a jamais de réponse c'est un truc international enfin
Moi, je parle très bien anglais. J'ai fait aussi une demande de traduire en anglais, etc., en plus de celle de la police. Mais je n'ai pas... Enfin, voilà, ça fait deux semaines, quoi. Bon, après, ce n'est pas vieux.
que t'as contacté Grindr et qui aujourd'hui à ta connaissance n'a pas un système mis en place j'ai eu un accusé de réception mais demain t'envoies juste un mot comme ça t'as le même accusé de réception que moi y'a pas un service spécifique je pense il devait y avoir un milliard de personnes qui se font je crois que c'est dans un de tes épisodes on en parlait d'ailleurs celui qui dans une ville tu sais où il était toujours énorme et je sais qu'il avait fait des demandes à Grindr il avait jamais eu de réponse de mémoire
je pense que tu vois c'est tout un truc où faut pas en attendre grand chose mais en vrai j'en attends pas grand chose c'est important pour toi de les retrouver ou pas ? je me j'ai même pas tu vois j'ai pas envie de me focaliser sur le fait qu'ils doivent être punis ou ce genre de trucs parce que tu pourrais en fait aller à l'endroit et ouvrir Grindr et t'as de fortes chances qu'ils y soient encore peut-être je t'avoue que j'y ai jamais pensé
dans ton chemin de réparation c'est pas forcément tu disais quelque chose dont t'as besoin là tout de suite non mais tu vois j'avais pas forcément besoin d'aller à la police et puis j'en ai parlé avec Guillaume et du coup maintenant j'étais à la police ça se trouve le prochain étape ce sera ça j'en sais rien mais tu sais comme je me sentais pas prêt à écrire une lettre et finalement je l'ai fait moi je pense que c'est un processus je trouve ça vachement important moi dans mon rôle de podcasteur je trouve que je peux projeter sur toi
des choses qui sont ma réalité donc moi j'ai décidé que porter plainte voulait dire quelque chose je trouve ça assez peu adroit parce qu'en fait chacun est très différent et donc c'est un peu comme ça que je m'auto-critiquais en me disant hum
Toi, c'est assez récent, ça. Et tu as dit, j'ai refait du sexe. Donc, on est au moment où j'ai plus mes codes. Aujourd'hui, là, tu dirais de 0 à 100, cette fameuse échelle que j'ai créée, que j'ai créée, non mais... Si tu es à l'aise d'essayer de chercher un chiffre qui correspond à l'endroit de ton épanouissement sexuel, tu dirais que t'en es où, là, aujourd'hui ? On est en mars ?
Je pense que je dirais 51%.