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On prend un café et on se casse ? Ça se termine là, notre rencontre avec Arnaud ? On se lève, l'affection est toujours là. On s'échange quelques mots juste pour se dire « ouais, on a envie de se revoir ». Et dans la façon dont ça se passe, clairement, on a tous les trois envie de se revoir.
tu te souviens de la discussion et de comment vous avez décidé à deux avec ton avec Fred merci comment vous avez dit viens il y a plus viens on fait un trouble comment ça s'est fait dans votre couple
Oui, alors bien il y a plus, ça s'est fait dans, on a discuté de comment on se sentait avec lui, qu'est-ce qui s'était passé avec lui, quels ressentis on avait eu avec lui. Tout de suite après, dans la voiture, vous étiez tous les deux euphoriques et vous vous êtes dit « waouh » ? Un petit peu, oui. Ce n'était pas dans la voiture, c'était à vélo, parce qu'on aime bien se déplacer à vélo. Bien sûr, ça correspond exactement à mon fantasme, je te remercie.
Mais ouais, je pense que dès sur le vélo, il y avait un peu les petits papillons à rencontrer quelqu'un de chouette. Mais ce petit moment-là, on l'avait déjà vécu deux, trois autres fois avec d'autres personnes, mais avec qui ça s'était arrêté là pour diverses raisons.
Comme lesquels ? Pas d'envie de faire trouble, quoi. Ouais, pas d'envie, souvent de la part du troisième. Ok. Ouais, c'est ça. Donc ouais, mais à ce moment-là, on n'a pas parlé de trouble, on a juste dit... Revoyons-le. Ouais, c'est ça, revoyons-le. Et c'est plus après, dans l'échange qu'on a eu chacun de notre côté avec lui...
que lui nous a raconté un peu son histoire et nous a clairement émis son envie de se revoir et potentiellement d'explorer, d'aller un peu plus loin que juste du sexe. Très bonne question. Imagine, je suis Arnaud. Je reviens, donc moi peut-être je ne fais pas de vélo, je prends le bus ou que sais-je, et je me dis, attends, est-ce que je fais un groupe WhatsApp partagé ?
Ou je mets les deux parce que j'ai compris que vous étiez en couple ? Ou est-ce que j'entretiens, enfin tu vois je fais des messages séparés mais du coup... Donc lui a décidé de communiquer avec vous de façon séparée ? Alors décider, il n'y avait pas trop le choix parce que ni Fred ni moi n'avons de smartphone donc de toute façon c'est des textos individuels. Génial !
Donc, c'est eux qui ont commencé à échanger des messages. Et puis moi, à un moment, je me suis dit que j'avais le compte-rendu des messages.
Mais du coup j'avais pas d'échange moi personnel ou individuel avec Arnaud. Donc à un moment je me suis dit j'ai aussi envie parce que ça a l'air de super bien se passer entre eux, il y a l'air d'avoir un truc quoi. T'avais envie de quoi ? T'avais envie de lui dire quoi ?
de lui dire que moi aussi j'étais content de l'avoir rencontré que moi aussi j'avais envie de le revoir et de sentir un peu comment lui l'exprimait et est-ce qu'il s'exprimait pareil avec moi qu'avec Fred voilà donc c'était chouette lui
Lui a exprimé qu'il était content que je le contacte parce qu'il avait un peu peur. Est-ce qu'il pouvait se permettre de me faire rentrer dans la boucle ? Les interactions qu'il y avait entre nous trois ?
il savait pas trop s'il pouvait se permettre parce que ça avait commencé avec Fred et du coup voilà mais donc c'est moi qui me le suis permis et c'était ok pour tout le monde donc voilà on a échangé chacun avec lui ok c'était comment la fois où vous vous êtes retrouvé parce que du coup suite à tous ces messages avec ton Nokia 3310 tu joues beaucoup au serpent ? non il n'y a pas le serpent dessus
Et même pas le serpent. Tu dois être dans une désintox. Ça ajoute au fantasme. Ça marche. Au fur et à mesure des messages, vous vous donnez rendez-vous.
Oui, ça s'est passé de façon un peu particulière parce qu'il nous a dit qu'il avait envie de nous revoir assez rapidement. Sauf que assez rapidement, il s'est trouvé que c'était un moment où Fred n'était pas là. Il était parti je ne sais plus où. Un week-end où il n'était pas là en tout cas. Et du coup, Arnaud a proposé de venir à ce moment-là. On en a pas mal discuté en se disant est-ce que c'est la bonne façon de faire ? Est-ce que c'est le bon moment ?
Tout le monde était OK pour le faire, donc on l'a fait. On a d'abord passé un week-end, Arnaud et moi, comme première fois pour se revoir. Là, on est en plein dans nos enjeux de troupe. Complètement. Dès le début, en fait. Dès le début, oui. Ça a commencé comme ça. Quand tu dis qu'on en a bien discuté, c'est qu'à chaque fois, c'est de nombreuses heures de discussion ?
Au début, pas de nombreuses heures, mais quand même un petit peu de temps. Et avec le temps, à partir du moment où on s'est mis en trouble, c'est devenu de nombreuses heures. Parce qu'il y avait de plus en plus besoin de gérer la jalousie, de gérer les différences de sentiments. Moi, la directe, je n'ai pas envie de faire le week-end de marche. Enfin...
Comment s'est passé du coup votre premier rendez-vous à tous les deux ? C'était très agréable, très fluide, très...
Très dans les ressentis dont on parlait un peu tout à l'heure, avec en plus l'échange, mais on n'était pas du tout dans le sexuel, on n'était pas du tout dans la sexualité. Les deux premières nuits, on n'a pas eu de sexe, on s'est juste endormi en discutant. Ce qui est assez rare pour moi dans les relations extérieures que j'ai eues. En discutant de quoi ?
En discutant de nos vécus amoureux respectifs, des cheminements qu'on a fait sur notre vision du couple, sur les relations extérieures au couple qu'on avait eues, sur qu'est-ce qu'on ressentait l'un pour l'autre ?
Comment on pouvait imaginer la dynamique à trois, même si on n'était pas encore à parler du troupe à ce moment-là, mais il y avait déjà des petites choses. Donc voilà, les premiers sentiments sont clairement arrivés à ce moment-là, plutôt de sa part que de la mienne, plus de sa part que de la mienne.
Ça m'a au début fait un petit peu peur parce que c'est quelque chose qui est assez fréquent chez moi. Quand je sens beaucoup de sentiments de l'autre, je peux avoir un réflexe de recul. J'ai eu un petit peu, mais qui s'est assez vite estompé. Comment ça se passe quand Arnaud revient ?
Quand Fred revient ? Non. Si, quand Fred revient, merde. Pas ce week-end-là, parce que du coup Arnaud est reparti avant que Fred revienne. Mais voilà, on a discuté de comment ça s'était passé. Eux se sont fait un rencard tous les deux ? Ou après vous vous êtes vus à trois ? Je me suis posé la question avant d'arriver et je ne me souviens plus.
Il y a eu un moment à eux deux, pareil, un week-end. Je ne sais plus si on s'est vus à trois avant. Je ne sais rien plus dire. Et du coup, sur ces huit mois partagés, vous habitez ensemble ou pas ? Maintenant, on habite ensemble. Ça s'est fait assez rapidement.
Sachant qu'il habitait quand même à une bonne heure et demie. Mais que rapidement, il a exprimé que lui, il avait envie de passer plus de temps avec nous. Et que chaque semaine, c'était un peu plus. Et à un bout d'un moment, il a dit, si ça vous va, moi, j'ai envie que la ferme soit mon lieu de vie. Il continue à faire les allers-retours avec là où il vivait avant, parce qu'il a une activité professionnelle là-bas. Mais...
Mais voilà, il passe beaucoup de temps sur la ferme, enfin 5 jours par semaine. Est-ce que ça te va si on passe au trouble aujourd'hui ? Parce que là, on a parlé un peu de comment c'est rentré dans ta vie, les prémices ?
ou les débuts je sais pas trop ce que ça veut dire prémisse en vrai c'est avant le début non ? et la rencontre et comment ça s'installe je suis assez curieux de savoir comment vous avez navigué comment ça se passe en ce moment et et voilà ouais tu vois j'ai du mal à donc
J'ai du mal à voir la réalité d'un troupe. C'est-à-dire... Samedi soir...
En fait, est-ce qu'on tend vers des moments intimes à trois ? Donc, coucou, ça vous dit, tu vois... Mais en plus, si t'as pas de smartphone... Y'a pas de coucou, ça vous dit, parce qu'on habite ensemble et on travaille ensemble, ouais. Maintenant, il est intégré à la ferme. Mais maintenant, vous travaillez même tous les trois ? Ouais, ouais, ouais. Donc, c'est à l'oral, c'est quand on se croise, quoi. C'est ça. Et du coup, toi, dans ton élan de trouble, ton envie, c'est...
Tu as plus de joie à passer des moments à trois. Donc, autant que faire se peut, c'est ça que tu essayes de créer. Ou en fait, j'essaie d'essentialiser ton affaire et qu'en fait...
t'aimes autant des moments à deux que des moments à trois, c'est quoi pour toi le trouble ? Clairement, j'aime autant les moments à deux qu'à trois, avec l'un, avec l'autre, parce que j'y trouve, j'y découvre des choses très différentes, avec l'un, avec l'autre, à trois. Donc...
Pour nous, un des enjeux, ça a plus été arriver à se trouver des moments à deux pour pouvoir vivre ces choses à deux. Parce que comme on vivait ensemble souvent, c'était plus compliqué de trouver des moments à deux que des moments à trois. Et trouver comment ces moments à deux pouvaient...
pouvait arriver de façon fluide et être bien vécue par tout le monde. Ça a été et c'est encore un des enjeux principaux. C'est quoi la mécanique de ça ? Moi, je me souviens, je vivais dans une colocation au Canada. On vivait à 10 dans une maison victorienne et tout. C'était vraiment très cool. Une colocation vegan d'extrême gauche et tout. Franchement, j'ai
Moi, j'allais bouffer des sushis tous les jours. J'étais très loin encore de ces réalités politiques, mais j'ai appris plein de choses et j'avais été marqué. Et ça se voulait être une communauté alternative. Et j'étais marqué par la sacralisation et la mise en processus.
assez rigide de la communication. Donc, on avait des rendez-vous chaque semaine et on avait des agendas, c'est-à-dire... Et moi, j'ai trouvé ça absolument génial. C'était vraiment ma découverte de la puissance d'une communication assumée et qui, dans un couple, fonctionne aussi super bien. Le fait de débriefer, le fait de créer des temps en disant... Est-ce que, du coup, c'est ça ? Tous les samedis, on se rencontre et on se parle. Vous avez un process ?
Non, on n'a pas de process. C'est quand il y en a un qui ressent un besoin d'exprimer une envie de passer un temps à trois, une envie de passer un temps à deux, ou une difficulté, un malaise, quelque chose qu'il a mal vécu, qui provoque une discussion. Soit qu'il échange avec l'un, avec l'autre, et dit qu'il faudrait qu'on trouve un moment pour en parler tous les trois, ce soir par exemple, ou demain.
Et on fait comment ? Parce que j'imagine une vie... Donc, tu habites en communauté, vous partagez les repas et tout. C'est assez simple de trouver un moment à trois pour parler de choses sérieuses ? Non, c'est pas simple parce que... Disons que ça dépend un peu de la saison parce que c'est le rythme de la ferme. En hiver, c'était assez simple parce qu'il fait nuit à 5h. À partir de 5h, on est dans la maison. Toi, t'es près de la cheminée ? Ouais, je suis près de la cuisinière à bois.
Donc c'est plus facile en hiver de trouver ces moments-là parce qu'on a plus de temps où on n'est pas au boulot. Là, avec les journées qui sont plus longues et du coup le boulot qui est plus long, c'est beaucoup plus compliqué. On est obligé de se dire tel jour, on arrête de bosser plus tôt pour pouvoir se prendre un temps intime ou un temps de discussion sur un sujet précis ou pas.
Donc là, on a besoin de le formaliser ou de le préparer un petit peu plus que quand les nuits étaient plus longues, les journées étaient plus courtes ou c'était plus facile de trouver des moments. Vous avez fait des recherches ? Est-ce qu'il y a des bouquins écrits, genre les 10 trucs pour vivre une relation polyamoureuse heureuse ou un trouble et que tu as pu implémenter dans ton quotidien ?
Oui, il y a un bouquin que j'ai lu, c'est « De polyamour et d'eau fraîche », qui est une BD. Tu la conseilles aux auditeurs tristes ? Oui, moi je la conseille, qui est à la fois sur le trouble et sur le polyamour, parce que c'est l'histoire d'un trouble, un homme et deux femmes, qui parlent et de leur trouble et de leur relation extérieure au trouble, parce que chacun, chacune a des relations sexuelles, affectives, amoureuses avec d'autres.
Je mettrai la référence dans le descriptif de l'épisode. Est-ce que là, tu as au moins une clé très concrète ? Ça t'a inspiré par le récit ? Il n'y a pas eu d'outils ? Je ne sais pas si c'est des clés, ce n'est pas des méthodes ou des outils. Très start-up nation !
C'est plus le truc dont je me souviens le plus, qui me suit encore aujourd'hui, c'est la jalousie. La jalousie, elle disparaîtra jamais. Enfin, elle disparaîtra jamais. La jalousie est là pour tout le monde, pour 99,99% des gens qui vivent des relations où il peut y avoir de la jalousie. Et il faut juste apprendre à la connaître, savoir quand est-ce qu'elle arrive, pourquoi elle arrive et qu'est-ce que j'en fais quand elle arrive ?
C'est vachement intéressant. Et ça, ça m'a beaucoup parlé. Effectivement, ça enlève d'un poids de se dire, en fait, il faut juste que je fasse avec la jalousie plutôt que de j'essaie de lutter contre. Et ça, pour moi, c'était super inspirant. J'étais déjà sur un cheminement de...
Parce que je fais pas mal d'autres choses à côté, le tantra, mais d'autres choses de développement personnel, d'accepter mes émotions plutôt que de lutter contre. C'est ce que j'allais dire. C'est arrivé un moment où c'était le bon moment pour moi. De l'accueillir, de l'accepter. C'est marrant parce que
là en ce moment je date quelqu'un je suis pas trop sûr de l'utilisation des termes mais en tout cas je vois régulièrement quelqu'un avec qui quelque chose se construit et on est dans un rapport ouvert une relation ouverte et j'ai vécu pour la première fois un rapport sexuel en dehors de cette relation et je trouve qu'il y a une vraie différence entre pour moi c'est la première fois la première fois que je suis en relation ouverte
Et donc, c'est terrain inconnu, quoi. Donc, j'avançais en mode, je vais me prendre une gifle de jalousie. Donc, j'avançais un petit peu, tu vois. Et en fait, c'est vrai que tu sais. C'est une chose de dire, viens, on est ouvert. C'est une autre de l'être réellement. Et après, de naviguer ce qui surgit. Et parfois, ça surgit, mais c'est...
C'est impressionnant, ça se cachait tapis dans les sous-sols et soudainement le monstre sort et t'es en larmes alors que conceptuellement t'étais à l'aise avec l'idée que l'autre ait des rapports sexuels. Complètement, oui. Écoute, pour le moment, je me suis senti très heureux, très libre, très apaisé et encore plus connecté
à cette personne qui me permettait de vivre ça. C'est-à-dire que c'était pendant un déplacement. Et je pense que géographiquement, ça m'a aidé que ça ne soit pas au même endroit, psychologiquement. Et du coup, quand je suis revenu à Paris, j'en ai parlé et tout, dans nos règles du jeu, il y a des types... Enfin, on se raconte certains trucs. Moi, c'était un petit laïus sur la jalousie, mais...
que je reconnais aussi avoir pas encore vraiment ressenti, parce que ce partenaire a peu d'appétit, voire zéro appétit sexuel en dehors. Donc en fait, je vais me mettre très honnête, il me dit « moi c'est toi et c'est personne d'autre ».
c'est pas tout à fait vrai parce qu'il y a des pratiques sexuelles qu'il a envie de faire et tout mais c'est des pratiques très spécifiques mais il me rassure énormément et en fait je pense que je goûterais beaucoup plus la jalousie face à quelqu'un qui dit ouais ouais je te kiffe c'est cool mais j'ai vraiment envie d'aller voir ailleurs alors là je pense que ouais bon tu vois donc je vois bien et donc toi tu dis la jalousie est toujours là donc toi ça fait 8 mois tu ressens régulièrement de la jalousie genre c'est hebdomadaire
Elle a beaucoup évolué. Disons que moi, je ne m'attendais pas à la vivre parce que dans la relation de couple d'avant, de la relation de couple de 12 ans où on était juste en couple, j'avais quasiment jamais ressenti de la jalousie ou de façon très fugace. Et elle n'est pas arrivée à ce moment-là. Elle était arrivée quelques mois plus tôt, étrangement.
J'avais vécu un moment où elle m'avait sauté la gueule d'un coup. Du coup, Fred avait eu un rapport sexuel avec quelqu'un d'autre. Et ce rapport sexuel-là t'a rendu jaloux et tu sais pourquoi ? Je ne suis pas sûr, mais je pense que parce que c'était...
C'était chez nous. J'étais là. C'est quelqu'un pour qui j'avais de l'affection aussi. Qui n'en avait pas pour toi. Voilà. Et je pense qu'il devait y avoir ça. Il devait y avoir un peu le... Je suis OK, mais c'est parce que j'y ai pas ma place. Et du coup, je pense que peut-être que ça a fait ressortir un peu la jalousie. Je suis pas sûr, mais...
C'est la première fois que ça s'est passé comme ça. Du coup, ça a affecté les règles du jeu actuel de ton troupe ? Est-ce que vous avez des règles ? Et est-ce qu'une de ces règles, c'est qu'il n'y a pas de rapport sexuel à deux si l'autre est dans la maison ?
c'est pas une règle gravée dans le marbre mais c'est un truc où on sait que potentiellement ça peut provoquer des difficultés pour la troisième personne donc on se l'interdit pas mais on fait attention à comment ça se passe je me sens très en insécurité là est-ce que moi je veux du blanc ou du noir je suis binaire dans les règles je comprends pas, il y a une règle ou il n'y a pas de règle ?
Il n'y a pas de règle précise. Ça tombe bien, c'est ton troupe, ce n'est pas le mien. Mes émotions... Mais je te partage ça parce que du coup, je n'arrive pas à comprendre. La règle, c'est je vais chercher le consentement visuel et verbal de mon partenaire qui sera exclu de cette sexualité à deux. J'entends qu'on peut sentir, soit verbalement, soit physiquement, si l'autre ne va être pas bien. Oui.
C'est ça la règle ? On s'en parle avant ? Non, au début oui, mais maintenant non. Je pense que dans notre envie ou non-envie de communiquer, c'est trop fréquent pour qu'à chaque fois on se demande le consentement. Ce serait trop compliqué au quotidien.
Donc c'est plus, par exemple, on sait que si le troisième est en train de bosser et que les deux autres sont restés au lit, on essaie d'éviter. On ne se l'interdit pas, mais on essaie d'éviter parce que potentiellement, on sait que le troisième est en train de bosser. Sur la ferme. Oui, sur la ferme, qui est présent sur place, en train de bosser. Et qu'il s'est levé le matin parce qu'il devait aller bosser.
On essaie de l'éviter. Après, plus ça va, mieux ça se passe. Dans cette configuration-là, qui est la configuration peut-être la plus compliquée. On essaie de l'éviter parce qu'il y a déjà eu un conflit qui a été ramené par une personne qui a dit « Putain, ce matin, j'étais à 6h en train de faire je ne sais quoi sur la ferme. Vous rouliez des pelles, ça me saoule. » C'est ça ? Les règles viennent du vécu. Et du coup, une fois qu'on a compris que ça gêne la personne, on ne le refait pas. Oui, c'est ça.
On le refait différemment et on le refait un peu différemment, puis on voit si ça se passe bien. C'est quoi le problème ?
c'est pas toi qui a demandé cette règle de si je bosse, vous baissez pas ensemble ? Non. Est-ce que tu peux me donner un exemple d'une règle ? Parce qu'en fait, je crois que je comprends pas c'est quoi le problème tandis que je bosse, pourquoi mes deux autres partenaires peuvent pas sexer. Tu la comprends cette règle, toi ? Ouais, je la comprends parce que la première fois dans notre groupe où j'ai vécu de la jalousie, c'était ça. C'était clairement... J'étais en train de bosser, en plus je bossais dans la pièce d'à côté et j'entendais ce qui se passait. C'est...
Ouais, je pense que j'ai plus de facilité à m'imaginer ce qui se passe parce que je suis sur le lieu. Je suis en train de bosser tout seul et l'autre n'est pas en train de bosser. Et alors qu'il devrait t'aider ?
Oui ou non, selon les moments. Globalement, non, parce qu'on est plutôt indépendant dans nos activités sur la ferme. Mais comme par ailleurs, c'est une dynamique qui est un peu récurrente sur qui bosse, qui bosse pas, combien de temps bosse chacun, qui est assez fréquente dans les couples qui bossent ensemble. Parce que du coup, comment on fait ? On vit au même endroit, on partage une ferme et le même métier ?
En tout cas, le même lieu. Et on ne couche pas ensemble à deux si l'autre est là, mais l'autre est tout le temps là ? L'autre n'est pas tout le temps là. L'autre n'est pas là, là. Aujourd'hui, là, toi, tu es à Paris devant moi. Parfois, vous avez des déplacements, c'est ça ? Parfois, on a des déplacements. Parfois, des déplacements à la demi-journée, quand on fait un marché, par exemple. Chacun de nous deux, de Fred et de moi, on fait des marchés. Donc, quand il y en a un qui est sur le marché, les deux autres sont seuls ou enfin seules.
Seul à la ferme, quoi, ou avec les colocs, les stagiaires. Ou les week-ends. Arnaud, lui, a une activité extérieure, donc un ou deux jours par semaine, il n'est pas là. Et puis, parfois, il y a des week-ends de chacun de notre côté, des vacances de chacun de notre côté, des stages de tantra.
en termes de réalité sexuelle toi tu dis je kiffe autant les moments à 2 qu'à 3 tu dirais que il y a la grosse majorité de tes rapports sexuels qui forment ta sexualité aujourd'hui c'est des rapports à 3 c'est genre j'aime bien les chiffres parce que c'est ma personnalité mais aussi parce que ça m'aide un peu à comprendre est-ce que c'est genre en fait 80 mois de sexe c'est principalement à 3 et il y a parfois des à 2 quand je fais un marché ouais
Je pense que j'aurais du mal à mettre un chiffre parce que ça évolue en continu. Je dirais que c'est peut-être à moitié à 2, à moitié à 3. Moite, moite. Ouais, un truc comme ça. Et ça a beaucoup bougé. Au début, c'était beaucoup plus à 3. C'était 90% à 3. Maintenant, il y a peut-être un rythme qui s'établit ou...
Ou peut-être plus le besoin d'explorer des choses à deux. Chacun, quoi. Tu parlais tout à l'heure de la jalousie que toi, tu peux ressentir. Moi, j'exprimais que je suis aujourd'hui dans des rapports libres et qu'en fait, je reconnaissais que mon bouton de jalousie était peu appuyé parce que j'étais avec quelqu'un qui me validait beaucoup à cet endroit-là. Moi, j'ai compris quand même que
Arnaud est amoureux plus de toi que de Fred et du coup t'es toi dans une situation de l'extérieur qui pourrait être crue comme confortable j'imagine qu'elle l'est pas plus mais en tout cas t'es très validé t'es au centre de ce trouble je suis pas forcément au centre de ce trouble parce que
Eux ont aussi beaucoup d'affection et de sentiments l'un pour l'autre et que du coup, il n'y a pas une connexion qui manque entre eux et qui fait que moi, je fais le pont entre les deux. Il y a vraiment un triangle qui n'est pas parfaitement équilibré, mais ça reste un triangle. Donc, je ne me sens pas validé des deux côtés.
je me sens avec une situation différente avec les deux et eux une situation qui est encore différente mais je me sens pas au centre je me sens pas les travaux ça y est ont repris c'est sympa on verra s'il y a beaucoup de travaux sur la bande son ou pas parce que
à ignorer certains sons qu'on ne veut pas sauf comme tu le disais les pompiers ça c'est ça c'est essentiel pour votre troupe le cueillir en fait un lien intime et fort entre Fred et Arnaud
c'est ça en fait la recette qui fonctionne c'est parce que justement il y a du lien intime dans notre situation à nous en tout cas peut-être que pour d'autres ça aurait fonctionné sans mais là clairement oui s'il n'y avait pas ce lien entre eux je pense que ça fonctionnerait pareil en fait moi depuis le début
je trouve que Fred est très courageux de l'extérieur et tout je trouve qu'il l'a mais du coup je faisais un peu un silence parce que je sais pas si c'est maladroit l'enjeu pour moi c'est pas de blesser mais je crois que j'ai envie de te partager ça parce que je pense que c'est cette exacte dynamique du trouble qui vient me questionner
et là où je prends des pincettes c'est qu'en fait j'ai même pas un dixième de votre histoire et du coup je juge à partir de vraiment trois éléments qui se battent en duel et en plus ton seul récit mais j'ai... qu'est-ce que t'en penses ? En tout cas quand j'ai dit j'ai l'impression que quand même Fred a une position particulièrement difficile t'as tout de suite dit oui donc... Oui oui complètement parce qu'effectivement... Ouais vas-y Dans les... les...
Les évolutions de chacun sur la jalousie et les occasions d'être jaloux, effectivement, c'est peut-être lui qui le vit de façon le plus fort. Et du coup, qui est le plus sollicité dans comment est-ce que je fais avec ma jalousie. Donc effectivement...
Pour moi, c'est ça que je ressens. Parce qu'en fait, Arnaud, lui, il arrive et il est amoureux de toi et de Fred dans une intensité différente. On va dire que c'est vrai, parce qu'il y a aussi la possibilité qu'en fait, il est amoureux de toi et qu'il kiffe un peu Fred. Mais vous avez eu le courage tous les trois de dire, en fait, l'élan d'Arnaud, il est avant tout envers toi. Oui.
Ça a pris un peu de temps pour l'identifier et pour le verbaliser. Et ça, c'est vachement fragilisant. Moi, je ne fais que de la projection. Je pense que c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire. Mais moi qui me sens sensible face au rejet, je me mets à la place de Fred et je me sens vachement en posture de vulnérabilité.
Je le comprends complètement, je le vois complètement. On a dit que ça, comment ? Eh bien, on essaye de communiquer au mieux en fonction des attentes de chacun pour que chacun puisse exprimer si la jalousie, elle est OK à ce moment-là ou elle n'est pas OK à ce moment-là. Parce qu'un des dangers, ça pourrait être d'avoir des rapports pour compenser, tu vois, où tu te dis, tiens, il faut que je...
Il faut que... Et du coup, c'est marrant, mais le trouble qui est un endroit de grande liberté pour toi, qui était une façon de ne pas étouffer des choses en toi, comme tu le disais au début de notre échange, peut devenir un endroit de... Déjà, c'est un endroit avec beaucoup de contraintes, comme toute relation polyamoureuse. Je trouve ça vachement intéressant que moi-même, je vis dans mon intime. Est-ce que toi, parfois, tu fais attention de compenser ?
— Compenser, non. Je pense qu'on fait plus attention. On essaie de faire plus attention. On a eu la question clairement de... Il faut qu'on fasse attention à ce que le temps passait à deux...
quelles que soient les deux personnes, ne soient pas trop déséquilibrées. Ça a été exprimé et ça a été discuté. Mais dans les faits, ça s'équilibre un peu naturellement. Comment tu prends soin de Fred ? Comment je prends soin de Fred ? J'essaye dans mes temps à deux de... de...
De prendre soin de la communication entre nous pour qu'il ait la place d'exprimer les insécurités, les sentiments de rejet qu'il peut avoir. Et de plus en plus d'essayer de...
Et d'être plus clair et plus précis sur ce que je ressens pour lui et de ce que j'ai envie de faire avec lui. Parce que je pense qu'il peut y avoir un risque qu'il ne ressente pas ça du fait de ma personnalité, de la façon dont je m'exprime et que je communique.
Oui, parce qu'il y a un défi puisque tu es avec lui depuis 12 ans et vous êtes avec Arnaud depuis 8 mois. Est-ce que tu es d'accord qu'il y a l'effet de nouveauté avec Arnaud, donc on est tout feu, tout flamme ?
Et on a plus de facilité à laisser glisser, dans tous les sens du terme, et d'être dans la joie de la nouveauté. En tout cas, c'est ma personnalité. Alors que 12 ans, j'ai l'impression que votre relation avec Fred paye aussi de...
Les galères, tu en parlais avant le troupe, vous aviez des enjeux comme n'importe quel couple et vous les avez encore aujourd'hui certainement. Donc ça ne doit pas être facile aussi de ne pas être happé par la joyeuse nouveauté d'un chiot et de garder l'amour d'un chien un peu plus âgé. Je ne sais pas pourquoi je suis allé dans les chiens.
Ouais, complètement. Ça m'évoque deux choses. La première, c'est ce que je disais, c'est que du coup, ça m'a beaucoup poussé et fait travailler sur la façon dont j'exprimais et même j'identifiais mes sentiments. Jusque-là, j'avais pas...
J'ai pas l'impression de m'être posé la question de quels sont mes sentiments pour Fred. C'était pas une question que j'avais envie de me poser, qui était importante pour moi. C'était plutôt est-ce que je suis bien au quotidien ou pas ? Et est-ce que j'ai besoin de lui exprimer ? Et là, avec cette dynamique de trouble, c'est quelque chose qui est beaucoup plus fort pour moi.
du coup qu'est-ce que je ressens pour lui et comment je lui exprime donc ça a pris pas mal de place pour moi dans mon cheminement, ma réflexion et ma relation avec lui
Donc du coup, j'ai eu l'occasion de lui exprimer un peu plus. Et le deuxième point, c'est cette nouvelle dynamique de trouble a aussi changé notre relation à nous, à Fred et à moi, a remis des nouvelles choses, a remis... Le fait de s'être exprimé ces sentiments-là...
on s'est re-rendu compte que si, on était quand même amoureux l'un de l'autre, d'une façon différente d'avec Arnaud, mais qu'on était quand même encore amoureux. Quelle différence, du coup ? Un peu de ce que tu disais, qu'avec Arnaud, c'est plus ce que moi j'identifie comme l'excitation d'une nouvelle relation, les étoiles dans les yeux, les papillons dans le ventre...
L'excitation de se voir et de découvrir plein de choses, de découvrir l'autre. Alors qu'avec Fred, c'est plus me rendre compte de tout ce qu'on a construit pendant 12 ans, de toute la solidité de ce qu'on a construit pendant 12 ans et de l'ampleur de la part de nous que ça représente.
Que même s'il y a certains points, notamment la communication, qui sont compliqués, sur tout le reste, ou quasiment tout le reste, on est en harmonie, je ne sais pas si c'est le terme, où nos sentiments l'un pour l'autre... Les raisons qui font qu'on est ensemble et qu'on reste ensemble sont partout. Ce qui me fait penser à un autre point sur la jalousie,
Ce qui est précisément ce pourquoi Arnaud, lui, ressent de la jalousie. En 12 ans, on a construit énormément de trucs, on a un truc super solide, super ancré, que lui ne partage pas ou pas encore, ou commence à partager, maintenant qu'il s'ancre un peu plus sur la ferme, mais qui fait que lui, il est super en insécurité par rapport à ça. J'y pensais pendant que tu parlais, complètement. Parce qu'il arrive dans quelque chose qui est construit depuis 12 ans et qui est encore super fort, quoi.
Et le chiot reste pas chiot et tout mignon. Au fur et à mesure, des nouveaux défis vont apparaître quand on sort de la lune de miel. C'est marrant parce qu'on a bien identifié comment les deux sont en vulnérabilité, moins toi. T'es le meilleur des deux mondes quand même, non ? Je sais pas. En tout cas, effectivement, je ressens moins de... de...
De jalousie, de vulnérabilité, me concernant moi personnellement, mes enjeux c'est plus effectivement comment est-ce que je prends soin des deux dans leur jalousie, leur vulnérabilité, comment est-ce que j'arrive à me comporter avec l'un, avec l'autre, avec les deux ?
C'est tous les enjeux de communication et de navigation. Vous kiffez ? On kiffe la communication ? Non, vous kiffez, ça va en ce moment ? Ça dépend des jours, mais en ce moment, oui. Quand on a fait le pré-entretien, c'était un moment un peu compliqué. Mais tu vois, quand je dis vous kiffez, c'est qu'on vit aussi... Je pense que peut-être c'est mes questions qui t'amènent à dire ce que tu dis. Je voulais juste vérifier...
Enfin, il y a de la joie. Oui, il y a carrément de la joie. Parce qu'on parle beaucoup de la besogne. Et je pense que c'est parce que mes questions sont biaisées. Je pense qu'effectivement, là, on commence à arriver dans une phase un peu plus de routine, un peu plus... La joie est moins dans chaque instant du quotidien. Mais elle est encore là super souvent. Et on la découvre dans plein de nouveaux endroits. Parce que...
notamment avec le rythme de la ferme qui change tout le temps, on arrive dans un rythme qu'on n'a pas encore vécu et qui impacte complètement notre vie quotidienne. Au moment du pré-entretien, quand tu disais qu'il y avait des défis, c'était des défis de jalousie ? Oui, c'était un peu ce dont on a parlé. C'était des défis de la communication à un moment où la jalousie était là. C'est mal fait. C'est le rapport sexuel dans la voiture ? C'est ça, c'est le rapport sexuel dans la voiture. J'ai pas mal envie que tu le racontes.
Parce qu'en fait, je ne l'ai pas eu. Je me suis noté dans les petites notes. Rapport sexuel dans la voiture. Tu es à l'aise de raconter ? Oui, je suis à l'aise de raconter. Je n'ai jamais couché dans une voiture. Moi, c'était la première fois. Est-ce que j'ai envie ? Ce qui est excitant, c'est qu'on peut nous voir, c'est ça ?
Je ne sais pas si c'était excitant pour moi, le fait de pouvoir être vu. Au début, en tout cas, ce n'était pas excitant, c'était plus effrayant. Ce qui était excitant, c'était plus... Je pense que, assez bizarrement, la peur amenait à de l'excitation. Je ne sais pas comment, mais... Bien sûr. Qui était avec toi ? C'était Arnaud.
Attends, je regarde mon papier. Oui, Arnaud. C'était Arnaud. Ouais. Et du coup, qu'est-ce qui s'est passé ? Et pourquoi ça s'est mal passé ? Alors, ça s'est mal passé parce qu'on était partis tous les deux une demi-journée avec Arnaud, qu'on n'avait pas d'autre endroit, qu'on avait envie de passer un moment intime, que lui a proposé que ça soit dans la voiture. Ok. On s'est dit, ok, allez, enfin...
Lui a proposé, je me suis dit « Ok, allez ». Alors juste, attends, on est tous les trois à la ferme et tous les deux, vous partez une demi-journée. C'était pour une raison liée aux pros ? Vous avez conclu à trois ? Tiens, il y en a deux qui vont prendre une demi-journée off ?
C'était pour une raison pro pour lui, perso pour moi. J'allais passer un week-end de tantra. Lui allait bosser vers là où il bosse. Et du coup, comme c'était dans le même coin, c'était plutôt covoit. Oui, donc il n'y a pas eu de consentement demandé en amont. Ce n'était pas censé être un moment à deux, c'était logistique. C'était logistique, tout à fait. Dangereux, bien sûr.
Mais ça s'était déjà passé plusieurs fois dans ce contexte-là, un contexte logistique ou autre, et c'était complètement ok que potentiellement il y avait du sexe. Mais là où ça a été plus compliqué, c'est que du coup Arnaud est retourné ensuite à la ferme.
qu'ils ont passé deux jours ensemble, donc un moment privilégié pour eux. Toi, tu étais à ton stage de tantra ? Moi, j'étais à mon week-end de tantra, oui. Et ce moment n'a pas été évoqué entre eux, parce qu'Arnaud avait un peu peur de ce que ça pouvait susciter chez Fred. Il n'a pas ressenti sur le moment.
Et moi, quand je suis rentré, je l'ai évoqué tout naturellement. Et du coup, le fait que Fred le découvre comme ça, lui, il a mal vécu.
Et ensuite, Arnaud a mal vécu le fait que Fred le vive mal. Donc du coup, il y a eu un moment un peu de tension. Je comprends pourquoi Fred... Enfin, je peux me projeter sur ce que moi, je sentirais si j'étais à la place de Fred. Donc il se sent... Non, d'ailleurs, en fait, Fred, il est attristé parce que vous avez vécu un moment intime sans lui.
Non, je ne pense pas. En fait, explique-moi, c'est quoi le problème ? Il est attristé, surtout du fait que Arnaud n'ait pas osé, su ou pu lui parler de ce moment qui était particulier, parce que c'était dans une voiture et qu'on ne l'avait jamais fait. Du coup, c'était quelque chose de nouveau dans notre relation et que ça n'a pas été évoqué à ce moment-là, alors qu'ils avaient passé deux jours...
Dans ce moment privilégié, il n'y a pas eu l'espace de la communication pour le partage de cette expérience.
Il y a surtout eu ça et peut-être un petit peu de la nouveauté dans laquelle je n'ai pas participé. Mais je pense qu'il y avait eu juste ça, il aurait été jaloux et puis ça serait passé. Et pourquoi Arnaud, lui, a été meurtri de la réaction de Fred ? Parce qu'il pensait que...
ils pensaient que on avait passé suffisamment d'étapes pour que cette jalousie ne soit pas exprimée de façon...
de façon un peu... Je vais dire violente, ce n'est pas le terme, mais ne soit pas juste accepté, soit exprimé envers les autres de façon un peu compliquée. Ce que je ressens là tout de suite, deux choses. Un, de l'agacement pour ces travaux qui reprennent au pire des moments et qui nous font une nuisance. Et deux, je me sens un peu fatigué. Parce que ça fait longtemps qu'on parle, toi et moi. Mais je me sens un peu fatigué de...
Putain, c'est tellement compliqué, quoi, le trouble. Parce que je trouve que chaque émotion est valide, valable. Il n'y a pas de sujet de... Je ne pense pas du tout que les gens sont à côté de leur pompe, mais c'est... Ouais, c'est ça. J'entends beaucoup d'embarras. Du coup, peut-être, tu peux me raconter l'Italie ? Ouais. Parce que je me dis, attends, ça doit être toi, Guillaume, qui amène...
Parce qu'en effet, si tu me poses des questions sur moi, tous mes enjeux par rapport à une relation ouverte, ça s'appelle des enjeux et des défis. Donc non, je vais te raconter des... Vous avez vécu un très beau moment à Troyes. Oui. Tu veux me le raconter ? Oui, carrément. En plus, j'ai un peu envie de voyager. Ça me botte. Eh bien, on n'avait pas encore vécu de moment long à Troyes. Arnaud commençait à arriver un peu à la ferme, mais il y a toujours du monde. Donc, on avait passé des soirées ensemble, mais pas plus. Hum.
Et comme l'hiver, c'est le moment calme pour nous à la ferme, c'est toujours à ce moment-là qu'on prend des vacances ensemble. Et du coup, là, on s'est dit, c'est l'occasion de prendre des vacances ensemble. Et un peu sous son impulsion à lui, on se dit, on part un peu plus loin, on part au chaud, on se fait des vraies vacances. Génial. Donc, on est parti en Italie. On est passé par plein de stades d'où est-ce qu'on part.
Ça s'est fini en Italie. Oui, parce que vous, vous avez le défi supplémentaire qu'il faut se mettre d'accord à trois et pas à deux. Voilà, c'est ça. Et qu'est-ce qui s'est passé en Italie qui te rappelle que le troupe, c'est beau pour toi ? C'est bon pour toi ?
— Plein de choses. Je pense que c'est à ce moment-là où on a trouvé la place pour la communication et la place pour la communication constructive et positive.
Parce qu'éloigné du stress du quotidien, de la ferme, de notre rythme habituel, qu'on était complètement déchargé de tout ça. Donc il y avait la place pour tout ça, il y avait la légèreté de « on est en vacances, on profite, il fait beau, on mange bien ». J'ai une image de, tu sais le film en Italie là, où il se branle dans une pêche.
Call Me By Your Name c'était un peu ça ou pas ? non mais laisse moi ces images mais effectivement il y avait de l'amour il y avait des pattes très bien mais ça se finit mieux que le film
Au final, moi qui n'étais que dans des relations à deux, ça c'est une recette qui marche avec n'importe quel rapport humain, le fait de ne pas être crevé de sa semaine et d'être du coup en capacité, un, de kiffer, deux, d'entendre et d'écouter, et puis trois, de partager.
Et donc, du coup, à ce moment-là, c'est là, je pense qu'on a vraiment eu suffisamment de temps pour sentir ce que c'était une relation à trois, quoi. Pas juste trois relations à deux et du sexe à trois, mais vraiment une relation à trois, qu'elle soit sexuelle, qu'elle soit affective.
qu'elle soit sentimentale, parce qu'on a passé plein de moments sexuels ou pas sexuels, à trois, vraiment des moments forts où on construisait quelque chose, où on pouvait le construire ensemble, le décider ensemble, l'approfondir ensemble, notamment pas mal de moments d'échange et de massage partagés à trois, qui étaient des moments super forts, du coup qu'on avait envie de revivre tous les soirs, tous les soirs on se disait « allez hop, on réessaye autre chose ».
soit du massage tout con on se masse les pieds et puis on papote soit on papote et puis ça dérape sur du sexe tout en mangeant des pâtes
Tout en mangeant des pâtes. Ouais, c'est cool. C'est marrant parce que ça me donne envie de créer trois idées. Personne ne m'a rien demandé. Mais moi, j'aurais envie de faire trois trucs. La première chose, c'est d'institutionnaliser, surtout si on habite à la ferme, qu'il faut se taper les woofer et tout. Genre, je sais pas, les jeudis soirs, on dîne tous les trois ensemble.
Je ne sais pas, institutionnaliser des retrouvailles où on bavarde et où on prend un truc, premièrement. Deuxièmement, pareil, institutionnaliser un moment sexuel. Ce sera le mardi soir pour toi, choisis.
Bon, ça, bof quand même. Parce que moi, si tu me dis tous les mers d'histoire, tu baises. Mais j'aime bien cette idée quand même de cadrer des trucs. Et troisièmement, le potluck canadien. Quand je te disais ma coloc, en fait, tu fais un moment où, au minimum, on se passe le bâton de parole. Chacun en dit un truc du comment je me sens maintenant par rapport au trouble. Ça peut être très joyeux, très machin et tout.
mais de créer un élan à trois institutionnalisé je possiblement je ne pourrai jamais être en trouble car je viens de dévoiler que j'étais un gros contrôle fric et je dis pas du tout ah c'est des très bonnes idées qui fonctionnent mais c'est vrai que quand j'entends
ce que tu me racontes de comment vous trouplez c'est ça ma réaction c'est de me dire je pense que c'est quelques petites idées ça peut tout changer Nantes a l'impression que c'est un parisien qui vient te raconter comment tu dois vivre ta vie comme si on faisait des réunions et tout
Pas du tout, parce qu'en étant en coloc et en activité professionnelle à plusieurs, toutes ces questions se posent aussi dans ces contextes-là. On l'a expérimenté à plein de niveaux. Pas encore dans le contexte amoureux, parce que jusque-là, on n'était qu'à deux et du coup, on en sentait moins le besoin. Mais dans la coloc, dans la ferme, on l'a expérimenté souvent.
Et c'est quelque chose qui est revenu régulièrement et qui n'a jamais vraiment bien trouvé sa place. En tout cas, pas de façon trop formalisée. Dès que c'était trop formalisé, on sentait qu'on se sentait obligé et que très vite, c'était plus naturel et que du coup, ça manquait un truc.
Ça manquait de spontanéité et de... C'est pas le moment pour moi d'exprimer ce que je vis et ce que j'ai envie d'exprimer. Ouais, mais moi, non, je suis désolé, ça marche pas.
Et en plus je le sais d'autant plus que, je le pense d'autant plus que moi je crois que c'est samedi dernier où justement le mec avec qui je suis en couple me dit « Ah, j'ai besoin de te dire un truc un peu défiant. » Et moi je me suis dit « C'est tellement pas le moment. » Mais en fait non, il faut qu'on crée le moment quoi. Bon.
Du coup, pour l'instant, on est plutôt à créer des moments ponctuellement. Quand tout le monde est dans le mood. Oui, c'est ça. Quand on a besoin de créer un moment, on se dit qu'on se crée un moment. Mais ce n'est pas établi à l'avance que le moment va être le mardi soir. Parce que si le mardi soir, il fait super sec et qu'il faut arroser, du coup, il faut arroser. Oui, bien sûr. Loin de moi l'idée que j'ai raison.
Je crois que je pousse, je fais du lobbying pour l'idée que si c'est celui en souffrance qui doit lever la main et créer un moment, je trouve que c'est trop demander à celui qui a un besoin. En plus, on lui demande d'avoir le courage et l'énergie pour créer le moment.
face à des gens qui apparemment n'ont pas le même besoin et je trouve ça compliqué du coup je trouve ça un peu injuste mais en fait tout ce que tu as dit moi si tu me disais tous les mardis soirs on devait baiser ou discuter je te dirais gars en fait on n'est pas des machines j'entends toutes les limites de mon idée mais je trouve aussi que celui qui perd à l'absence d'institutionnalisation de ses échanges c'est quand même celui qui a plus de souffrance bon voilà
Oui, je l'entends. Mais tu n'es pas forcément d'accord ? Je ne sais pas si je suis d'accord, mais je dirais que c'est peut-être lui qui est le moins à l'aise avec cette institutionnalisation. C'est lui qui exprime le fait qu'il n'a pas envie que ça se passe comme ça.
Là tu veux dire son prénom ? Et donc c'est Fred qui a le plus de difficultés dans votre troupe et qui dit moi j'ai pas envie... Que ce soit institutionnalisé. Voilà un bon contre-pied à ce que j'ai dit. J'ai envie qu'on parle et qu'on termine sur toi, ta sexualité, ton chemin de sexualité. Avant ça, j'aimerais que tu me rappelles l'horaire de ton train. J'ai mon train à 17h15.
T'es sûr ? Tu veux qu'on fasse une pause pour que tu vérifies ? Parce que je vais... T'es sûr ou pas ? 17h15, ouais. On a le temps. Mais du coup, je vais vérifier l'heure pour toi. Regarde mon panneau.
Super. T'es à l'aise que tout le monde sache que tu prends ton train à Gabon par Nassau. Avant le trouble, t'étais à 90 sur 100 avec quand même des enjeux autour d'être pénétré. T'as souligné ça. Comment le trouble a modifié ou a impacté ta joie sexuelle, ton cheminement sexuel ? Euh...