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Harry Aurélien, partie 2 de notre échange, de nos discussions. Vous êtes amoureux depuis 20 ans. Oui. En gros. Enfin, pas en gros, c'est quand même l'essentiel. Un peu plus maintenant. On a raconté dans un peu plus ? 20 ans et demi.
On a raconté dans l'épisode 1 la genèse, les bases, comment vous rencontrez, etc. Et moi, j'avais envie qu'on creuse sur votre conception du couple ouvert. C'est quoi aujourd'hui vos règles du jeu du couple ouvert ? Est-ce que vous sauriez me les mettre en mots ?
Oui, on peut faire presque tout ce qu'on veut, je crois, à peu près. Sexuellement ? Sexuellement, oui. Vous n'êtes pas polyamoureux ? Vous ne pouvez pas tomber amoureux ? En fait, c'est très difficile à y répondre, parce que je pense qu'on pourrait l'être…
Mais je ne suis pas sûr qu'on ne pourrait pas avoir la même relation avec quelqu'un d'autre que ce que j'ai avec Harry. Je pense que je ne pourrais pas avoir l'amour que j'ai pour Harry et l'engagement que j'ai pour Harry, le couple que j'ai pour Harry. J'ai du mal à transposer avec quelqu'un d'autre. Après, je pense qu'avoir un amant…
Avoir quelqu'un qu'on pourrait voir régulièrement, ça clairement c'est quelque chose qui pourrait être envisageable. Donc c'est quelque chose qui maintenant, dans notre couple, pourrait clairement arriver. Quelques mois avant votre mariage, il y a un plan A3 qui change tout. Vous voulez le raconter ?
Je commence, tu commences ? Je commence, après je te laisse enchaîner. Donc du coup, il y a vraiment, on va dire, un avant, un après. C'est-à-dire qu'avant, on avait une conception du couple qui faisait qu'on se disait tout et on tolérait tout. Enfin, on tolérait le sexe, puisqu'on dissociait vraiment le sexe avec les sentiments. Ce qui est différent aujourd'hui, puisqu'aujourd'hui, Aurèle vient de parler d'éventuellement polyamour. Et donc, je pense qu'on accueille les sentiments…
Même s'il y a du cul et qu'il y a peut-être des crushs, on accueille ces crushs. Ce n'était pas le cas au début. Ce n'était pas le cas au début, mais je pense que maintenant que ça fait 20 ans, c'est quoi un crush à côté de 20 ans de couple ? Pour nous, les crushs ne nous inquiètent absolument pas. Au contraire, on les vit à fond parce que je sens qu'il y a même une connexion. Moi, je suis très sensible aux connexions humaines en cul et aussi en sentiment. Avant ce plan A3…
Il se trouvait que c'était plus moi qui était un peu aventurier et qui allait un peu découvrir… Plus qu'Aurélien. C'est ça, c'était le couple ouvert, ouvert que d'un côté. C'est ça, en fait. C'est que vraiment, j'en avais pas l'envie d'aller voir ailleurs. J'avais pas l'opportunité peut-être.
Je ne cherchais pas l'opportunité d'aller voir ailleurs. Je pense qu'on a des personnalités différentes. Moi aussi, je suis quelqu'un de dragueur et je sors beaucoup plus en boîte de nuit, par exemple, qu'Aurel. Le fait de sortir et d'être à l'aise avec des garçons, il y a forcément plus d'opportunités. Je ne disais pas non aux opportunités. Parfois oui, parfois non, comme je le sentais. Quand je rentrais à la maison, j'en parlais à Aurel. On s'excitait, ça nous excitait. Ça, c'est la règle du jeu. Il faut qu'on se dise tous les rapports sexuels qui ont eu lieu.
C'est vraiment la règle du jeu. Comme on disait je crois à l'épisode 1, c'est que se tromper pour nous c'est mentir. Donc pour nous on veut pas se tromper, au contraire il faut qu'on se dise tout. Et aussi il y a quelque chose qui était très important, même encore aujourd'hui, c'est le côté un peu sanitaire j'allais dire.
Le côté IST. C'est-à-dire que si tu vas voir ailleurs, j'aimerais bien savoir, au moins pour savoir si tu t'es protégé ou pas. Maintenant, on prend la PrEP, donc ça va. Mais c'est vrai qu'avant, c'était très important, le fait de ne pas prendre de risques en dehors du couple. Ou si tu prends un risque, en tout cas, tu en parles. Et aujourd'hui, vous prenez tous les deux. PrEP, c'est bloqueur de VIH. Vous le prenez et donc, cette peur des IST ne…
Ouais, alors on a toujours des IST avec la PrEP puisque ça ne bloque que le VIH, mais au moins, je crois qu'on s'autorise encore plus d'aller voir ailleurs avec la PrEP. Oui, parce qu'après vous soignez vos IST. Ouais, c'est ça. Si besoin. Et on prend la PrEP ponctuellement.
Et après, je te laisse enchaîner puisque là, le jour arrive où Aurèle commence à aller voir ailleurs aussi. Mais juste avant ça, du coup, pendant dix ans, vous vous mettez d'accord sur un couple ouvert qui n'est utilisé que par toi, Harry. Et juste pour finir avec toi, Harry, moi, je me sentirais mal. Toi, tu le vivais comment ?
C'est d'accord, je me suis senti mal de temps en temps, c'était pas tout de suite tout de suite, c'est-à-dire qu'au début c'est un bisou, après tu fais un peu plus, c'était au fur et à mesure, je me suis rendu compte que c'était de plus en plus que moi qui faisais des choses et c'est même les autres qui nous rendaient mal parce que moi j'étais avec Aurèle, on était bien, Aurèle il me dit vas-y tu fais ce que tu veux, moi en plus de ça ça m'excite.
Donc, en fait, dans notre couple, on était bien. Et quand tu disais que je me sentais mal, je pense que c'était plus au regard des autres. Parce que je devais me justifier auprès de mes propres amis qui me disaient « Mais attends, mais votre couple, je ne comprends pas. » Et là, j'étais obligé de me dire « Non, mais vous inquiétez pas. Nous, on le vit bien. » C'est vrai que je justifie. Même en réel, justifier auprès de mes potes. Après, il faut revenir aussi à la première fois où il a été voir ailleurs. Ça aurait pu être la rupture de notre couple.
Donc ça, c'était trois ans après votre rencontre, vous avez failli rompre. On a failli rompre, oui. Ce n'était pas à cause, voire ailleurs. Ce n'était pas d'autres soucis. Je pense qu'Henri remettait en couple. En question le couple. Parce que le couple libre, c'est dès le début, vous actez cette règle du jeu. Mais ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est toi Aurélien, pourquoi tu actes une règle que tu n'utilises pas ?
Il y a plein de règles qu'on utilise, qu'on a et qu'on n'utilise jamais. Mais raconte. Tu prenais soin de quoi en voulant vivre dans un couple libre sans toi ? Je ne suis pas jaloux. C'est quelque chose qui m'a toujours gêné, les gens jaloux. C'est quelque chose qui me… Je n'aime pas la possession. Je ne suis pas quelqu'un qui considère que c'est mon homme, mon mari, mon…
Moi, c'est des mots qui ont toujours un peu de mal avec ce côté possessif. Donc, en fait, quant à Harry, on a un couple ensemble, mais il est libre de faire ce qu'il veut. Je suis libre de faire ce que je veux. Donc, c'était plutôt ça. Il a le droit de faire ce qu'il veut. Si ça lui convient d'aller voir ailleurs… Oui, mais il y a 20 ans, le couple libre-ouvert, c'était pas aussi populaire qu'aujourd'hui. Toi, t'es au tout début, c'est ta première relation. Tu nous sors des militaires, là…
C'est quand même assez particulier de dire… Il n'y a pas un jugement sous mon propos. Je cherche à comprendre. C'est dans ton rapport au monde. J'ai toujours pensé comme ça. La liberté. Moi, je suis l'aîné de cinq enfants. On a toujours partagé. J'ai toujours dû partager mes jouets, mes machins, mes trucs. Harry est un jouet. Je partage Harry. C'est un très bon jouet.
C'est un bon jouet. J'avais un autre préjugé, c'est que toi, c'est ton premier homme, Harry, et non Marie. Ça, c'est pas le même prénom. Et du coup, moi, j'aurais eu le préjugé que t'avais envie que ça soit ouvert parce que tu avais conscience que t'avais envie d'explorer d'autres corps que celui d'un seul homme. Alors, probablement, mais vu que je l'ai pas fait en 10 ans, donc j'étais pas vraiment… T'es chou quand tu dis probablement, parce que je suis là…
Tu parles de toi, pourquoi tu poses une question ? Parce que je ne suis jamais certain de ce que je pense, c'est pour ça. Mais je suis toujours en cause, il faut toujours remettre en cause. Tu remets en question. En tout cas, de base, ça te va ? Ouais, de base, ça me va. Et de base, il est libre ? En fait, avant même d'être écarré, je me suis toujours dit, mais pourquoi les gens s'emmerdent à vouloir posséder quelqu'un ? Quand je voyais mes amis qui partaient en cacahuète parce que leur copain avait été voir d'autres personnes, enfin même pas…
J'ai toujours trouvé que la jalousie était quelque chose qui me paraissait pas utile. T'avais pas envie de ça quoi. J'ai pas envie de ça, balayons ça tout de suite. Et s'il a envie de s'amuser, vu que c'est un amusement le sexe, c'est comme si j'allais faire un match de foot. Moi j'aime le foot et donc je vais faire un match de foot avec mes potes, je m'éclate. C'est pareil que quand il va faire du sexe ailleurs ou qu'il va au cinéma avec quelqu'un d'autre.
Et en plus, ça t'excite, disiez-vous. Vous l'utilisez comme un fuel, comme une essence. La première fois quand il se passe ça, c'était quand tu arrives à voir quelqu'un d'autre. Je ne sais pas si quand il l'a fait, c'était vraiment consciemment, s'il ne cherchait pas peut-être la rupture dans notre couple. C'est quoi cette histoire alors de remise en question, Harry ? Déjà, je n'avais plus de taf.
Je pense que ça jouait vachement parce que je n'étais pas bien. Je recherchais un petit peu ce que je voulais faire dans ma vie. J'avais 23 ans. Et puis aussi, dans notre couple, je ne sais plus. En fait, c'était il y a longtemps. Je ne sais plus exactement. C'était un peu bancal. Et je crois que je voulais aussi un peu tester le couple. J'étais un peu foufou, un petit peu provoque. Et donc, j'ai été voir ailleurs sans lui en parler. Tu voulais tout détruire ?
Je voulais un peu détruire, un peu comme un gamin qui voulait s'amuser, à provoquer pour voir jusqu'où ça peut aller. Tu vas voir ailleurs, tu as le droit, sans en parler, là c'est là où tu contreviens à vos règles. Exactement, je ne suis pas les règles.
Et ensuite, en plus de ça, d'autres personnes étaient au courant. Je vais reciter encore Damien, tu vois. Son frère était au courant. Le frère d'Aurélien. Voilà, il me dit, écoute… La star de l'épisode 1. Voilà. Il va être content. Quand il entend cet épisode, laisse tomber. Et ensuite, d'autres personnes dont… Enfin, il y avait des potes qui étaient au courant. Ils m'ont dit, maintenant, t'en parles à Aurélien. Ou sinon, moi, j'en parle. Et donc, il y a eu toute une histoire d'autres personnes qui étaient au courant. Donc, Aurélien a été un peu…
n'a pas été la première personne à être au courant de ce que j'ai fait. Donc du coup, ce n'est pas terrible. Toi, qu'est-ce que tu comprends de ton lien, de tes engagements ? Comment tu lis, même si tu étais plus jeune ? Qu'est-ce que tu comprends de cet événement ?
Ce que je comprends de cet événement, c'est un petit peu la personnalité que j'avais quand j'étais jeune et que j'ai encore des restes maintenant et que je travaille beaucoup là-dessus. Notamment, je travaille avec une thérapie psy pour essayer d'arrêter d'aller trop dans l'excès.
Et je pense que quand j'étais jeune, tu vois le côté de tout quitter pour partir pour un mec, ça c'était mon côté un peu foufou, être toujours dans l'excès. Et j'essaie de calmer un petit peu ce côté en moi. Je pense qu'à l'époque, à 23 ans, j'étais un peu comme ça. Quand je construis un truc, j'avais envie d'aller à la base et puis de tout secouer pour voir si ça tombe ou pas. C'est un peu comme ça que je le vois.
est-ce que dans ta thérapie psy vous avez fait des liens ? lesquels ? t'as l'air de déjà savoir la fin de ma question euh
C'est compliqué. En ce moment, il y a différents indices. Et tu n'es pas obligé d'en parler ? Non, je ne suis pas obligé d'en parler, mais au moins de manière un peu générale, ça peut être dû à ce qui s'est passé dans l'histoire de ma famille. Je suis héritier de la Shoah, héritier aussi d'un papa qui a fait la guerre en Israël.
Il y a beaucoup de choses extrêmes qui sont passées dans ma vie, dans ma famille. Et du coup, je ne sais pas, ça c'est une piste. Il y a d'autres pistes aussi sur comment je me suis construit aussi en tant que gay, où beaucoup de personnes dans ma famille avaient du mal à assumer.
Donc je me considérais comme toujours le marginal. Tu racontais dans l'épisode précédent la réaction de ton père et plusieurs fois tu as noté que c'était compliqué avec ta famille et toi tu fais aussi un lien possible.
Un lien possible, ouais. C'est des pistes, on entre. Ça te fait du bien d'aller ? Parce qu'en fait, je pense qu'on est des millions à essayer parfois aussi d'apaiser nos comportements ou en tout cas de se réaligner avec nos comportements, qu'ils soient sexuels ou intimes, et d'enquêter dans notre passé. Enfin, je ne sais pas si on est des millions.
Mais enquêter dans notre passé peut être une bonne piste et avec tous ces enjeux où on est quand même très nombreux dans les auditeurs à avoir grandi dans de l'homophobie, avec quand même de la difficulté, être gay aujourd'hui dans un monde hétéro c'est quand même pas encore super facile, surtout selon là où tu habites dans le monde.
Et je pense que ça laisse pas indemne. Je pense qu'il y a eu plein de psys, des épisodes sur ce podcast qui le racontent et qui montrent même que c'est prouvé par des études que quand t'es rejeté ou quand tu vis des traumas ou des violences psychologiques, même pas uniquement physiques, mais aussi psychologiques, ça t'impacte sur ton développement et sur ta manière…
d'aimer, de t'aimer et d'aimer l'autre. C'est pour ça que mes questions avaient ce préjugé-là. Toi, quand tu poses ces hypothèses, ça te fait du bien ? Tu y trouves du sens ou tu te dis que c'est un peu du bullshit psychologisant ? Moi, c'est peut-être une nouvelle passion. En ce moment, je suis passionné de ça. Chaque fois que je ressors de mon psy,
je fais « Waouh ! Waouh ! » Tu sais, le petit émoticône avec « mind-blowing », tu vois ? Et je me dis « Waouh, putain, c'est vrai, dans ma famille, il y a eu ça, ça, ça, c'est peut-être pour ça que je suis comme ça. » Je trouve ça extraordinaire. J'ai même fait des séances de constellation familiale. Je ne sais pas si tu vois ce que c'est. Ça peut être plus ou moins perché, dans le sens très gentil du terme. Parfois, ça peut aller rechercher des histoires qui sont de 2, 3, 4, 5 générations au-dessus de toi.
Et à chaque fois, moi, je trouve ça passionnant parce que ça permet de savoir d'où tu viens. Et du coup, à partir du moment où tu sais d'où tu viens, tu peux comprendre qui tu es et tu peux aussi éventuellement mieux analyser sur qu'est-ce que tu dois changer en toi pour être mieux et surtout pour être heureux. C'est surtout ça la finalité. Toi, dans la culture dans laquelle tu baignes, c'est quoi l'histoire qu'on te raconte ?
de l'incompatibilité d'être juif et gay ? Est-ce que tu sens que ta culture familiale te dit… Ton père a dit mot pour mot c'est mal d'être à quatre pattes à te faire enculer. Pour lui, c'est quoi le problème ? Pour lui, le problème, c'est la débauche. C'est Sodome et Gomorre. C'est vraiment la dérive. Il est très religieux ? Non, même pas. En fait, il n'est même pas très religieux. Alors, on est croyant.
Donc très croyant, mais quand je dis religieux, ça ne veut pas dire très pratiquant, il ne va pas laisser pousser la barbe, s'habiller, il n'est pas religieux, il est très croyant. Et en même temps, c'est assez fou, la communauté juive, il y a quelque chose qui nous habite, qui est au-delà de la religion.
Quand tu es juif, tu n'es pas que d'une religion juive. Tu as vraiment une culture en toi, tu as une histoire. C'est un peuple qui a toujours souffert, qui a été discriminé, qui a été mis en esclavage pendant des centaines d'années. On est baigné là-dedans, tu vois. C'est comme si on portait une histoire et qu'on est obligé de l'assumer, cette histoire.
Et pour s'en défaire, c'est quasiment impossible. Même encore maintenant, j'ai du mal à m'en défaire. Est-ce qu'il y a un sous-texte où ton père, il cherche un fils fort avec un grand F pour défendre la patrie, pour défendre l'agresseur et tout ? Tu parlais de la Shoah, de la guerre. Est-ce qu'il y a aussi ce sous-texte de si je suis homosexuel, alors je ne peux pas être un guerrier qui se battra pour le peuple juif ? Aurèle répond à ma place !
c'est sûr je me rappelle la dernière fois dernière discussion avec son père où bon bref on parle d'Israël et de la Palestine et je lui ai dit mais imagine si on crée un pays pour des gays
Parce qu'on remettait en cause le foyer juif en la terre d'Israël, le sionisme. Pourquoi avoir créé un foyer juif pour protéger les juifs ? Et on parlait du « Pourquoi faire un pays pour les gays ? » et il me dit « J'imagine bien une armée de tapettes ».
Donc la phrase, alors je ne sais pas s'il a voulu faire de l'humour, ce qui en soit quand même un peu limite, mais quand il nous sort ça, en fait, on voit, on comprend, on arrive à voir l'image qu'il a du gay. Donc en fait, je lui ai fait… Tu sais, ça me revient quand j'étais gamin, je pense que la chose qui déjà me dérangeait, c'est le fait qu'on parle de peuple élu. Je me souviens, on était en Talmud Torah, c'est l'étude de la Torah, ce qui voit au catéchisme,
Et on nous inculquait le fait que les juifs c'est un peuple élu. Et moi qui étais toujours dans des écoles publiques avec plein d'amis non-juifs à Paris, je me suis dit mais attends c'est pas possible. Alors je suis né en Israël en fait aussi, donc on est venu quand j'avais 5 ans. Et je me suis dit mais tiens c'est bizarre, comment ça se fait que s'il y a un jour un cataclysme, et bien Dieu va nous aider mais pas mon pote et pas tous mes potes qui ne sont pas juifs ?
Et du coup, c'est là où je me suis senti déjà, j'ai senti qu'il y a quelque chose qui n'allait pas. Pour moi, c'était même une base. Alors, je n'arrivais pas à l'exprimer de cette manière, mais pour moi, c'est une base du racisme. Et en plus, après, être gay et juif. Alors, être gay et juif. Alors, j'ai compris qu'être gay, ça ne va pas du tout. Enfin, voilà, je ne sais pas. Ce n'est pas explicite. Si, c'est explicite dans la Torah. Enfin, j'avais compris que finalement… Dans les textes religieux, tu vois aussi qu'il y a de l'homophobie…
Oui, c'est pas sain, c'est pas sain, c'est interdit. Et en plus, alors à l'époque, je reviens encore à parler comme un vieux, mais honnêtement, il y a 20 ans, on savait à peine ce que c'était l'homosexualité. Moi, quand j'avais 12 ans, je me sentais différent, mais je ne savais pas ce que c'était. À 12 ans, 13 ans, à partir de 13, 14, tu commences à te dire, ok, quand tu regardes des films de cul et tout, tu comprends que tu es plus attiré par une teub que par une…
par un vagin du coup voilà et ça a duré longtemps parce que j'ai mis à 16 ans donc en fait de 12 ans à 16 ans c'est quand même des longues années où tu te sens comme un extraterrestre quoi là on était en train de creuser donc 3 ans après votre coup de foudre
toi tu te décris comme secouant vos fondations mettant en risque la relation et en gros je posais un peu la question est-ce que, si je fais un peu je simplifie, il y a peut-être une part de toi, il y a un Harry en toi qui a envie de ne pas être homosexuel et pour ce faire de casser ce lien amoureux si on oublie ce préjugé, cette invention, cette interprétation est-ce qu'il y a d'autres choses que tu voulais arrêter ?
ou fuir dans cette relation ? Tu me poses des cols. Honnêtement, tu me poses des cols. Ça me fait réfléchir sur cette histoire. Tu sais que cette histoire, là, on en parle en prenant du temps, mais comme beaucoup de choses dans ma vie, j'occulte et on passe à autre chose. Et là, c'est un peu comme mon thérapeute psy. On va s'attarder sur un fait qui, pour moi, était occulté, il était passé.
Et là, t'es obligé de réfléchir là-dessus parce que c'est intéressant. Honnêtement, j'ai du mal à creuser là-dessus. Là, je sens que je suis très inconfort à discuter de ça. Parce que je n'arrive pas à mettre les mots, à analyser. C'était une période qui était désagréable. Ça, je peux te le dire, c'était désagréable. Et je ne veux plus y repenser. Je comprends. Comment vous vous êtes relevés tous les deux de ce moment dur ?
J'ai dit, pas de problème. Voilà, tout simplement. Cette bonne patte d'oreille. C'est vrai, ça ? Franchement, quand il m'a… C'est mon frère qui… Mon frère lui met un peu un ultimatum pour… Donc ton frère, qui est un ami d'Harry. Il lui met un peu un ultimatum. Sauf que mon frère est persuadé que je vais quitter Harry. Enfin, que je vais rompre. Donc il en parle à toute ma famille. Donc toute ma famille est au courant qu'Harry a été voir ailleurs.
moi je suis pas encore au courant donc arrive l'annonce et je fais ok bah va juste faire une prise de sang vérifie que t'as pas chopé un truc voilà je veux juste je lui dis t'aurais pu quand même en parler tu sais qu'on est open mais pourquoi tu m'en as pas parlé avant toi et après on découle sur mon boulot ça va pas bien et là je vois qu'il remet tout en question donc à ce moment là c'est pas juste
J'ai été voir ailleurs, il remet en question l'ensemble de sa vie, son boulot, est-ce que ça me plaît, est-ce qu'être en couple avec toi ça me plaît, c'est quoi la projection qu'on va faire ensemble, en plus moi je reprenais mes études, j'avais repris mes études pour être infirmier.
Donc, je ne gagnais plus d'argent. Je pense que pour Harry, c'était aussi un sujet de se dire « Mince, moi, je n'ai pas le boulot que je veux et je ne gagne plus d'argent. Toi, tu n'en gagnes pas. » Je pense que pour Harry, c'était un peu… Moi, je lui ai dit « Où est le problème ? Ce n'est pas grave. Tu vas retrouver un boulot. Qu'est-ce que tu veux faire ? » Bref, on se réaligne dessus. Et voilà. Et six mois après, on se paxait.
c'est là où tu vois que Aurel c'est mon sauveur en fait c'est vrai quand j'étais jeune là ça va mieux mais quand j'étais jeune j'étais prêt à tout plaquer et tout me démolir pour tout reconstruire j'étais pas stable en fait je pensais ça dans ma tête j'étais un peu fou quoi et Aurel m'a vraiment stabilisé c'est une des seules choses constantes dans ma vie c'est Aurel c'est le couple
Je ne sais pas comment je vais le prendre. Tu le prends comment ? C'est toujours gratifiant d'entendre ce genre de remarques. Mais je pense qu'il est aussi lui-même responsable de cette stabilité. Je l'aide juste à lui tenir la main. Il se débrouille très bien aussi tout seul. Qu'est-ce qui s'est passé alors dans ce plan ?
à 3 avec ceux québécois juste avant votre mariage donc là vous vous êtes paxé vous vous mariez au bout de combien de temps des 20 ans ? quand on peut
Oui, on adore répondre à cette question en disant quand on peut. Parce que souvent, ça fait combien de temps que vous êtes mariés ? Depuis qu'on a pu. Parce que sinon, ça ferait 20 ans. Je pense que dès le début, on voulait se marier. C'est une belle réponse. Oui, parce que ça montre aussi aux gens que vous oubliez qu'on ne pouvait pas se marier avant. Mais on nous avait même dit, pourquoi voulez-vous vous marier ?
souvent des gens me disent pourquoi vous voulez vous marier après le mariage c'est un autre sujet il y a des gens qui sont pas venus parce que c'est un mariage gay ça a généré plein plein de crispations dans vos deux familles ça a généré des crispations ? plus dans la mienne il y a eu des propos insoutenables ma mère depuis ne parle plus à sa cousine parce que sa cousine m'a dit je préfère avoir un enfant autiste qu'un enfant gay comme le tien
voilà donc il y a eu plein plein de choses comme ça des gens qui sont pas venus parce qu'ils supportent pas que ce soit un mariage gay ça fait le ménage dans la famille il faut que cette femme regarde je fais rarement de la pub mais sur Netflix j'ai regardé Histoire d'amour et d'autisme et c'était franchement je vous la conseille au début en fait c'est une série télé un peu documentaire et on va suivre des personnes autistes américaines ou australiennes dater et chercher l'amour
donc au début pendant les dix premières minutes on peut être un petit peu interloqué parce qu'on se dit ah c'est de la vieille télé-réalité racoleuse etc mais en fait pas du tout moi j'ai jamais autant pleuré et ri en fait ça m'a vraiment sensibilisé sur tout le spectre de l'autisme toute la variété et la puissance et la réalité de ces personnes là ah ouais j'ai découvert et c'est merveilleux parce que tu vois juste en fait des adultes qui ont envie d'être amoureux
Et juste dans leur filtre et dans leur façon de s'exprimer, c'est pas la même chose. Mais sinon, c'est magnifique. Franchement, j'ai appris plein de choses. L'autisme en question, c'était le handicap, le grand handicap autisme très avancé de…
de la fille d'un cousin, parce que c'est une cousinade. Et en fait, elle est complètement dépendante. Aucune interaction sociale. Donc elle disait, je préfère avoir un enfant comme ça que comme le tien. Et ta mère a pris ton parti ? Oui. Ça sur ça, une mère juive dont tout ça se plante. Et dans tout son cliché, Aurélien ? Complètement.
Je pense que ça, c'est important. Je fais juste une parenthèse parce que moi, je suis en ce moment en thérapie familiale depuis janvier avec mes deux parents, mon frère et ma sœur.
Je vais avoir 40 ans et je suis le dernier. Sur mon impulsion et sur un autre sujet problématique dans notre famille, mais en fait, ce que je découvre…
C'est que je suis encore en train de régler des comptes avec l'homophobie dans laquelle j'ai grandi, avec les silences de mes parents. Et là, en ce moment, ça bloque parce qu'une des personnes de mon système familial a employé le terme « enculé » comme une insulte en séance de thérapie. Ah ouais ?
Et moi, j'ai juste dit, pause, mise à jour des codes familiaux. Non. On a le droit d'être en colère, on a le droit même de glisser et de sortir un mot qu'on n'aurait pas dû. Mais il y a tout le système familial qui dit, attends, stop, non, on ne fait pas ça. Ni les coups, ni les insultes. Et l'insulte enculée…
On s'est renseigné et on sait que chez Guillaume, ça réveille. On s'est renseigné avec empathie. On a regardé un ou deux documentaires. On lui a posé deux, trois questions. Et en plus, il nous casse les couilles avec son podcast. On a compris que l'homophobie, c'était un vrai enjeu et le harcèlement, etc. Eh bien, ils ont un peu du mal. Alors même que, franchement, mon système familial a plein de problèmes.
Et je parle de système familial parce que c'est une thérapie systémique. Ça observe la famille comme un système où chacun a des places plus ou moins subies, où il y a des automatismes, des communications et des absences de communication. C'est vachement intéressant. Mais mes parents sont des petits chats. À aucun moment donné, ils sont en train de dire « l'homophobie, ça n'existe pas ».
Mais il y a des automatismes, il y a des… Et en fait là je suis à ce stade là, je vais avoir 40 ans et je suis en train d'expliquer à mes parents, mais non en fait gars on peut pas dire enculé et d'où tu comprends pas et comment est-ce que… Mais il y a des…
Ce que je veux dire, c'est que moi, j'aurais pensé qu'avec le podcast, avec tout ça, ça aurait pu être passé. Et ça a de l'impact dans ma vie intime d'aujourd'hui. Ça a de l'impact dans la façon dont je fais du lien. Ça a de l'impact dans mes liens familiaux. Ça a de l'impact dans mes liens amoureux, sexuels. J'en suis sûr, tu vois. Et je sous-estime pas le travail qui reste à faire, quoi.
Je ne sais pas, je m'étais dit, quand tu auras 40 ans, tu mets des choses derrière, tu dis, le système familial, tu tournes des pages. Non, en fait, ça nous empêche de nous mettre à quatre pattes et de nous faire enculer. Je pense qu'il n'y a pas d'âge. Ça doit être ça. Allez, on arrête le podcast. Baissez votre…
Même avec mon psy, je me suis dit, putain, à 41 ans, je me pose encore ces questions-là. C'est fou, ça fait bizarre parce que tu te dis, c'est bon, on devrait passer à autre chose. Et en fait, toi, tu passes à autre chose, mais peut-être les autres, pas encore. Et pourquoi j'ai réagi comme ça ? Parce que quand ta maman prend ton parti, il y a quelque chose d'important qui se fait, de sécurisant.
Bon, là, moi, petit à petit, les parents comprennent. Et puis, c'est pas tout noir et tout blanc. Attention. Et dans l'automatisme et dans le rapport à l'homophobie, il y a plein de choses qui se jouent pour eux, tu vois. Faut pas non plus… C'est pas binaire. Mais… Mais…
En fait, on a encore besoin, même vieux, de créer des bases sécurisantes et d'aller bien vérifier que nos fondations sont stables. Toi, tu n'as pas du tout ce souci-là, Aurélien ?
dans nos familles on est quand même particulièrement cool et assez ouvert sur l'homosexualité même si j'en connaissais pas jusqu'à temps qu'on avec mes mon frère et ma soeur on a fait notre coming out ta soeur est lesbienne ? ma soeur est lesbienne et c'est ça qui était je rebondis un peu sur ce que tu viens de dire donc on est les deux frères aînés à être homosexuels donc nous on l'a annoncé vers 21 ans, 22 ans
Et ma sœur, elle, elle a attendu 30 ans pour annoncer, donc c'est la dernière, elle a attendu 30 ans pour annoncer qu'elle était lesbienne, alors qu'on est dans une famille où… Je veux dire, l'ouverture, je pense que je connais pas beaucoup de familles comme la mienne, on est deux gays, notre sœur hétérosexuelle a fait un enfant avec un gay, mon frère a fait un enfant avec… Enfin bref, on a quand même une famille assez très très ouverte sur ça, et ma sœur a quand même mis 30 ans, enfin elle a mis à l'âge de 30 ans de dire…
fin de compte je suis lesbienne alors que je dirais pas que nous on est tombé de notre chaise mais c'est voilà c'est quand même difficile on sait que ça peut être compliqué le coming out c'est compliqué même dans des familles où on est supposé être hyper ouvert alors j'imagine même pas dans les familles c'est hyper fermé donc voilà donc nous ça va mais il y a quand même des choses où on a dû parler de ça et après bon je parle pas du féminisme tout ça on a encore du gros travail à faire sur…
Et moi, je pense que la raison pour laquelle je passe autant de temps là-dessus, c'est que si les gens écoutent ce podcast en se disant comment devenir sexuellement épanoui, j'ai envie d'explorer mon intime, qu'il soit amoureux ou sexuel en tant qu'homme gay ou queer, le passé et tous ses enjeux, ses blessures, c'est pas anodin. Je sais que moi, ma famille, j'ai eu de la chance… Moi, je me rappelle de ma mère…
Donc je sais pas, elle a dû faire une remarque, on l'était entendu écouter la radio, et dire « Ah, c'est un pédé », ou un mot qui était… Et on a dû se dire avec mon frère « C'est quoi pédé ? » Et là, elle s'est retournée et a dit « Non mais c'est pas grave d'être pédé, gay, je me rappelle plus du mot qu'elle a dit ».
c'est pas grave, on peut aimer des hommes, on peut aimer des femmes, il n'y a pas de soucis. J'ai une notion, je suis dans la voiture, je pense que j'étais jeune quand même. Elle a posé les bases. Elle a dû dire un mot qui était une insulte, dans le sens, mais en disant, si mes enfants le sont, je sais, elle, on lui avait dit, pour mon frère, quand il était plus jeune, il était de voir une orthophoniste, elle avait dû dire à mes parents, attention, je pense que votre enfant va devenir gay.
Mais mon frère, il devait avoir 4 ans ou 5 ans. Il jouait à la Barbie. Donc il avait un peu des codes féminins. Et mes parents avaient eu en disant « et ».
Où est le problème ? Je pense que mes parents s'étaient peut-être préparés à ce que peut-être avoir un enfant gay allait arriver, sur mon frère. Donc ils ont toujours eu ce sentiment de se dire, attention, il ne faut pas qu'on dévalorise le mot sécurité. Et elle a eu des paroles soutenantes dans la voiture. Même si elle a eu des propos qui pouvaient être à la télé. Ah, il y a Dave, Dave, le chanteur. Ah oui, le chanteur français. J. Dave, mais ça se trouve, ce n'était pas Dave, c'était quelqu'un d'autre. Hollandais. Voilà.
Elle a dit tout de suite que ce n'est pas grave d'être gay. Elle a essayé d'avoir des propos qui étaient un peu… Ce n'est pas grave. Note québécois. Oui, c'est vrai. C'est très bien. On est à quelques mois du mariage. Comment est-ce que ce plan change beaucoup de choses ? C'est un collègue de travail. On part en canoë camping avec une collègue. On est à quatre.
Non, mais ça c'était avant. Il y a eu un rapprochement avant. Oui, c'est Okonao Camping.
Ah bon ? On est en France, là ? Non, on est au Canada. Parce qu'on est partis vivre au Québec. On est à Montréal. Et je travaille en tant qu'affirmier au Canada. Et avec mes collègues, on se dit, tiens… Parce qu'Harry était déjà parti au Canada. Ils avaient vendu un parc national où c'était génial. Partir à l'aventure. Donc on s'est dit, tiens, on part à l'aventure. On est avec des potes qui veulent venir avec nous. Donc on part avec eux. Mon collègue… Et donc là…
Il fait nuit, on a un feu de camp, et notre copine féminine va se coucher, et on se retrouve tous les trois près du feu et à commencer à se rapprocher et à se caresser. Et là, dans nos têtes, on se dit « Voilà, c'est vrai que si on n'était que tous les trois, je pense qu'on aurait été plus loin. »
Et on sentait qu'il était un peu mal à l'aise avec… Enfin, en tout cas, c'est l'impression que j'avais. Peut-être que je me trompe, mais c'est l'impression que j'avais. On rentre sur Montréal. Donc, on était à la campagne. On rentre sur Montréal. Et là, on lui propose de venir continuer la soirée avec nous. Vraiment. Parce qu'on va au bar. On continue. Et là, on sent qu'il est mal à l'aise. Je suis son collègue. Et on lui dit, tu ne veux pas dormir avec nous ? On a un grand lit king size. On peut dormir à trois. C'est plus confortable que dormir dans le canapé. Bref.
Il ne se passe rien, mais… Il dort dans le canapé.
Quelques jours après, quelques semaines après, Harry doit partir en France pour son travail. On discute, c'est à mon collègue, on s'entend très bien, c'est un pote. Et à un moment, il me dit « Tu fais quoi ce soir ? » Je dis « Bah, il est 20h, je vais reprendre le matin à 8h du matin. Non, j'ai rien apprécié. Tu veux pas qu'on se voit après ? » « Non, je suis venu à minuit, j'ai pas envie de te voir. » Il me dit « Non, mais t'as pas compris ce que je te propose. Est-ce que tu veux que je vienne ? »
dormir avec toi. Et donc là, c'est la première fois que quelqu'un me dit, tiens, est-ce que tu veux coucher avec moi ? Et vu qu'on est… Je lui dis, ok. Et ça, c'était ta première fois ? Première fois, seule. Ah, en couple ouvert, c'était la première fois. Première fois en couple ouvert. Et donc là, je suis dans un état… L'explosion, putain, je vais coucher avec un autre mec que… Que tu dis à Harry avant ? Sauf que là, j'ai assez de la clarie. Dès qu'à l'âge horaire, lui, il dormait.
Il voulait me prévenir. Je lui dis « Harry, putain, il va se passer un truc. » Presque, je voulais qu'il ait son aval. Je voulais un peu le teaser. Pas de réponse de sa part. Mon collègue vient. J'ai envie de dire son prénom à chaque fois. Tu veux en choisir un autre ? Non, c'est bon.
Mais je vais dire mon collègue, ce sera plus simple. Et voilà, mon collègue, il vient à la maison. On couche ensemble. Je suis très… Alors là, je transpirais, mais je transpirais. Parce que t'es très… Très excité et très stressé. Ok. Qu'est-ce qui te stresse ? Ben, je vais coucher avec un autre mec. Coucher avec quelqu'un d'autre, un autre corps. Ça fait dix ans que je connais qu'un seul corps, c'est celui d'Harry. Et là, j'ai un autre corps avec moi. Et je me dis… Et c'est…
Mais c'est con, tu te dis, est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que je vais être bon ? C'est la performance, est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que je vais donner du plaisir ? Tout ça. Question, est-ce que toutes ces inquiétudes et ces questions, c'est pas ça qui t'a empêché en dix ans d'aller explorer ta sexualité ? Probablement, si, possible. Tu m'agaces avec tes probablement et possible. C'est plutôt oui ou plutôt non ? Plutôt oui.
Je dirais oui. Il a dit plutôt nous oui. Il a fixé le nom et le oui. Probablement, ça veut dire oui. Ah, merci. Chez Aurélien, probablement, c'est oui. Quand je le vois dire probablement oui, ça veut dire oui. Il y a toujours une petite part d'incertitude dans ce que je dis. Mais mon petit chat, est-ce que ton cerveau t'offrait des preuves que tu n'étais pas assez ? C'était quoi que ton cerveau disait par rapport à je ne suis pas assez ?
Est-ce que tu pensais que Harry te mentait quand il avait du plaisir intime avec toi ? Non, pas de doute. Même quand on était en boîte de nuit, on s'embrassait, on voyait que les gens nous regardaient. Non, ça va, je…
Mais c'est juste, vu que je n'avais pas une expérience très importante, je me suis dit, bon, à 30 balais, tu vas coucher avec des mecs qui ont vu des kilomètres. Donc, toi, tu fais partie, tu es un jeune. C'était plus dans ce sens-là. Mais bon…
Il te manque du kilométrage. Il me manquait un peu d'expérience. C'est ça, donc tu t'inquiétais de ça. Oui, plus sur ça. Est-ce que tu sentais des complexes à certains endroits ? Ton esprit logeait les blocages à des endroits en particulier ? Physiquement, tu veux dire ? Physiquement, psychologiquement ? Un petit peu. Je me disais, je n'ai pas le…
Les tablettes d'abdos… Sinon, par ça, il n'y avait pas grand-chose. J'étais à part pas trop. Qu'est-ce qui a fait que tu n'as pas eu envie de dépasser cette inquiétude diffuse du manque d'expérience ? Tu veux dire avant ? Ouais. En fait, moi, je suis rarement quelqu'un qui va chercher. Je ne suis pas dans la recherche. Moi, j'aime bien que ça vienne à moi.
Ça ? Enfin, que les gens viennent à moi. Les hommes. Voilà, les hommes, pardon. Le sexe vient à moi, tu vois. Je suis très… Je suis passif sur ce côté-là, tu vois. Ok. J'aime bien quand… Que ce soit plus facile. Je pense que j'aime pas… J'ai peur du refus. Donc, je pense que ça m'aurait… Ça me gêne. Donc, pas avoir de refus, tu cherches pas, ça vient à toi, c'est quand même beaucoup plus simple. Oui. Et donc, je pense que c'était ça. Et j'avais pas… Enfin, moi, j'avais pas l'opportunité. Je sortais pas en boîte de nuit. Pourtant, j'étais quand même dans un milieu… Enfin, quand j'ai fait infirmier…
dans un milieu quand même un peu plus gay que à l'armée ah oui un infirmier c'est un peu gay ? un peu beaucoup oui c'est quand même un milieu qui est quand même en France en tout cas au Canada aussi je pense que c'est un métier qui est dit féminin donc c'est vrai qu'il y a un peu plus d'hommes homosexuels donc étant donné que tu attends que ça vienne à toi parce que tu manques de confiance en toi pour avoir la possibilité du rejet
Mais toi, par exemple, mon collègue, malgré l'opportunité qu'on lui a proposé de venir avec nous dans le lit, je ne suis pas revenu à la charge. C'est lui qui est revenu.
Et quand il m'a posé la question, j'étais même surpris de quoi tu parles. Ah d'accord, ah oui. Donc toi, c'est plutôt dans ce sens-là que… Du coup, j'ai envie de reposer ma question et te demander de bien t'aligner ta bouche avec ton micro. Non, t'inquiète. Qu'est-ce qui fait que pendant dix ans, tu n'as pas l'élan
Et t'as le droit de dire, j'ai pas envie, je cherche pas, mais de dépasser cette peur de la performance. Tu vois ton mari, Harry, kiffer, machin… Mais en même temps, je kiffe ma vie sexuelle avec Harry. Exact. Donc en fait, j'étais pas en recherche, je sais pas, en manque de sexe, j'en avais, c'était génial. Ok. Donc en fait…
j'étais pas dans ce moment là de dire tiens j'ai envie de découvrir autre chose ok voilà je pense qu'il y avait aussi de ça ok Harry ? ouais j'ai l'impression que nous deux on est vraiment sur l'opportunité on est des opportunistes dès qu'il y a l'opportunité bah elle vient et puis on l'attrape et Aurèle dans le sens très figuré du terme et moi même en étant j'ai l'impression d'être un peu comme Aurèle c'est un peu abusé de dire ça parce que j'ai plus d'expérience finalement en extra-conjugale
Mais pareil, vraiment, je ne suis pas dans la recherche. Vu que je sors régulièrement en soirée parce que lui est beaucoup plus casanier et moi, je sors beaucoup. Du coup, j'ai plus devant moi des opportunités. Et après, les opportunités, il fait que je les attrape. Je ne sais pas si ça fait un peu péteux de dire ça, tu vois. Non, non, mais t'inquiète. Et puis si c'est péteux, sois toi-même. N'aie crainte. Ok, ouais, ouais. Toi, tu… Ouais, mais je trouve que c'est…
mais c'est vrai que rarement on est dans la recherche et si on est dans la recherche ça va être souvent à deux souvent on est par exemple quand on est en voyage là on se dit allez vas-y on va rechercher on va s'amuser on va rencontrer des gens parce que aussi la recherche d'avoir des plans cul à l'étranger c'est aussi découvrir la communauté gay dans un autre pays ça ça aide énormément ça c'est cool
Puis on a plein d'expériences autres que du sexe avec la communauté gay, justement, en recherchant des plans cul et tout. On a eu des très, très belles opportunités. Donc la communauté gay, c'est les dix Québécois que tu as rencontrés à Montréal. La communauté gay, c'est la communauté grinder dans d'autres pays. Je prends l'exemple de Bolivie. On était en Bolivie à la passe. On rencontre quelqu'un. Alors bon, on a eu du cul. Ce n'était pas forcément génial.
Tu te souviens ? Oui, oui. Mais il se trouve que lui connaissait d'autres plans pour aller dans un lieu mais complètement perdu à la base. Et en fait, c'est un lieu où tu rentres, tu n'as aucune enseigne, rien du tout. Tu rentres dans un immeuble, tu montes des escaliers et là, tu arrives avec plein de drague
Un cabaret. Un cabaret, tout ça, des drag shows boliviens. C'est-à-dire qu'ils étaient habillés en tenue traditionnelle bolivienne. Très bien. Et ça, on s'est dit, mais jamais on n'aurait pu faire ça sans connaître justement ce plan cul. Oui. Mais d'ailleurs, Aurélien a participé au live sur Grindr et il a dit un truc dans ce goût-là. Le guide du routard. Le guide du routard. Grindr, comme bien live, ce que Grindr a fait de nous, les auteurs peuvent aller écouter. Bon, les enfants ?
J'ai besoin de cette… C'est ma faute. C'est moi aussi qui nous fait dévier. Mais ce n'est pas des déviations. C'est tout à fait ce que j'aime faire. Tu as très chaud. Tu es inquiet. Il est beau. Oui. C'est à ce moment-là où je dis que moi aussi, je l'ai vu. Mais on ne dit pas pourquoi. Je confirme qu'il est très beau. Tu le trouves très beau. Tu as chaud. Tu es inquiet de la performance. Comment ça s'est passé finalement ? Est-ce que cette inquiétude s'est autoréalisée ?
On n'a pas été jusqu'au bout. Et jusqu'au bout, c'est éjaculation ? On n'a pas joui. J'ai le souvenir qu'on n'est pas joui. Mais on peut jouir en allemand. Donc là, tu parles d'éjaculation. On n'a pas fait de pénétration. Non. Je gratouille juste quand tu dis on n'a pas joui. En fait, tu peux jouir de plein de façons différentes. Toi, tu parles qu'il n'y a pas eu d'éjaculation qui est sortie d'un pénis. C'est ça, exactement. Mais surtout que ça…
J'ai l'impression que ça a duré des heures, mais c'est encore mon imagination. C'était bien ? C'était très bien, mais c'est vrai que c'était long. Je transpirais, j'avais l'impression de… Moi, à un moment donné, je me suis dit « je transpire trop », ce qui m'arrivait rarement quand je faisais du sexe avec Harry.
Et je pense que c'était le stress qui était là-dedans. Et bon, bref. Franchement, c'était très sympa, c'était très bien. Mais voilà, donc on arrête. Enfin, on se dit, bon, là, il est quand même 2h ou 3h du matin, je me lève à 6h, peut-être qu'à un moment donné, il faut qu'on arrête. Et là…
le lendemain je reparle à Harry Harry était comme un fou comme un fou il en a parlé à tous nos copains dont mon frère encore une fois enfin pourquoi c'était une joie pour toi Harry ? c'était une excitation surtout imaginer mon amoureux coucher avec un autre mec franchement ça m'excite de ouf et puis il y a aussi un côté ça se rééquilibre un petit peu tu vois
ça se rééquilibre du coup je suis beaucoup plus à l'aise même si tout à l'heure à l'épisode 1 je crois on disait que j'étais pas forcément j'étais obligé de me justifier que j'étais à l'aise mais quand même il y avait une partie de moi qui me disait il y a quand même un gros déséquilibre et là ça se rééquilibre un petit peu je suis content je suis content pour lui content pour nous parce qu'en plus de ça parce que c'est pas qu'il va avoir quelqu'un d'autre avec cette personne là ils se sont mis en accord pourquoi pas aussi faire un plan à trois
Donc là, j'étais dans l'excitation de me dire, tiens, on va pouvoir partager. C'était la suite d'après. On a pu découvrir le… Et c'était notre premier plan à trois. Voilà, c'est ça. La première fois qu'on couchait avec une personne. Avec une autre personne. Et c'était comment ? C'était génial. C'était génial, ouais. C'était super. À chaque fois, on a des petites étoiles dans les yeux parce qu'on s'était même dit, c'est comme si on recouchait pour la première fois ensemble. Ouais. Tu vois, c'est fort de dire ça. Ouais, ouais, ouais.
C'est vrai, c'était vraiment une… C'est ça, en fait, on découvre, on est excité, et à la fin on se dit « waouh, c'est trop cool ». Il y a plusieurs mains qui te touchent, tu as plusieurs personnes qui t'embrassent, tu as des sensations de partout, tu fais « waouh, ça va », l'excitation d'un nouveau corps, donc tu as tout ça. Voir Harry qui prend du plaisir avec quelqu'un d'autre, c'est…
c'est hyper excitant je me souviens on se regardait en plein acte on se regardait avec limite des étoiles dans les yeux ou vous aviez une complicité tous les deux aussi même encore maintenant quand on fait un plan QA3 on se regarde et il y a tout de suite quelque chose même si l'autre ne voit pas qu'on se regarde on a un énorme sourire et on se dit là on est en train d'accomplir comme si on accomplissait un fantasme et qu'on est heureux
Des fois, ça peut être aussi très… Ou parfois, on se regarde et on se dit, franchement, lourd. Ouais, c'est ça. Quand tu m'as amené… Mais c'est rare. Une ou deux fois, quand même. Plus moi que toi, j'ai l'impression d'être très sélectif. Et du coup, on ne couche pas beaucoup, on ne fait pas beaucoup de plan cul à trois. Mais quand on en fait, je sélectionne, quoi.
parce que je veux vraiment que ça coche des cases notamment l'odeur corporelle par exemple je suis très sensible à l'odeur où je sens que la personne est autant attirée ou un petit peu plus ou moins mais on va dire il y a une espèce d'équité tu vois si il y a une personne qui est que attirée par moi et puis elle va accepter parce qu'il y a l'oreille ou l'inverse bah là je me dis non enfin tu vois je suis plutôt exigeante dans ce genre de choses et comment tu check l'odeur corporelle avant ? bah il faut qu'on se voit
On prend un café avant, alors. On n'est pas trop plan cul direct. C'est rare. On l'a fait en Thaïlande. Non, ce n'était pas direct en Thaïlande.
Ah si, pardon. Merci. À 5h du matin, il vaut mieux que ce soit en direct. Il n'y a pas le time à ce moment-là. Et ça a matché en Thaïlande, l'odeur corporelle ? Justement, l'odeur corporelle, oui, mais toi, tu n'étais pas… En plus, il venait de prendre sa douche, donc c'est très bien. Mais après, Aurélien avait trop bu. Moi, j'avais voulu me coucher et Ari voulait. J'étais très excité par cette personne. Et j'ai fait, si tu veux, mais franchement, j'étais…
Je savais que je n'allais pas pouvoir rassurer. Il était 5h du mat et c'est vrai que… Ça fait plusieurs reprises qu'on parle de tes consommations d'alcool. Est-ce que c'est par hasard ? Ça fait trois fois qu'on dit que tu étais tellement bourré que…
La première fois, tu es sur une table, ton rapport à l'alcool et aux substances… Je ne bois pas tant que ça. Je pense que c'est l'inverse de ce que tu crois, parce qu'Aurel ne boit pas beaucoup, mais quand il boit, il ne tient pas très bien. Donc c'est ça le truc, c'est qu'on ne boit pas beaucoup, mais je ne sais pas, 3-4 verres, parfois il va vomir. C'est un truc qui t'aide, toi, Aurel, à justement dépasser des peurs de performance. Les premières fois qu'on va au sonnage, il dit Harry…
dans la découverte de la sexualité il y a 4 ans dans un sauna j'ai dit non mais il faut que je boive un coup parce que je ne me vois pas allé comme ça dans un endroit où je me sens mal à l'aise je ne suis pas le seul à boire je pense qu'elle réussit ça permet de…
Je ne suis pas à l'aise. C'est vrai que l'alcool peut permettre d'être un peu désinhibé. C'est tout le problème. Ça peut devenir un problème le moment où… Je n'ai pas une trop grosse consommation d'alcool. Ce n'est pas un problème.
Non, parce que je reboucle avec tous nos traumas, nos blessures, nos peurs de se mettre à quatre pattes, de lâcher prise, de se connecter, d'être cet enculé ou de sucer une bite, etc. Tout ça, les substances, pour plein d'entre nous, nous aident à enfin pouvoir s'autoriser à vivre notre vie intime jusqu'au moment où c'est la substance qui t'absorbe. Avec mon collègue, on n'a pas bu d'alcool.
Non, mais je ne t'agressais pas. C'est une bonne remarque. C'est vrai, c'est vrai. À mon collègue. Tu vois, par rapport à l'alcool et la drogue aussi, je pense que le fait de passer par des phases de thérapie psy, en tout cas pour moi, pour ma part, ça va m'aider à diminuer aussi l'alcool. J'en suis persuadé. Tout ce que je mets en place dans ma vie…
Je ne sais pas si on en parlera, mais je suis devenu vegan il y a 11 ans. Je fais des jeûnes régulièrement. Là, je sors d'un jeûne d'ailleurs de 8 jours. Et j'essaie vraiment de mettre en pratique un bien-être, en tout cas physique, qui va me permettre d'être plus aligné avec ce que je veux et ce que je ne veux pas. Et aujourd'hui, je pense que j'essaie de plus en plus à ne pas avoir le besoin de l'alcool. L'alcool, il ne restera que…
pour partager un délire, pour prendre du plaisir, mais en aucun cas à vouloir me désinhiber pour me permettre de faire un truc. Je souhaiterais vraiment de tout cœur de faire des trucs sans passer par là. Et je pense que ça passe par les thérapies. Si je fais une thérapie, c'est justement pour ne pas…
Pour avoir le problème bien en face, le régler et passer à autre chose. Et puis pouvoir vivre ton intime en étant totalement là. Il y a quand même un souci, pour moi en tout cas, à devoir me bourrer la gueule pour prendre une bite. Au bout d'un moment, c'est lassant aussi parce que tes sensations sont détournées. C'est moins fun, puis t'es moins là. Puis le lendemain, t'as mal.
Je ne veux pas dire que c'est moins fun, surtout pour les auditeurs qui nous écoutent, je pense que ça peut être fun, mais il ne faut pas que ce soit un besoin. Moi par exemple, je prends un peu de MD par exemple, et je sais que faire du cul avec de l'MD, alors il ne faut pas en prendre trop parce que tu es défoncé, mais un tout petit peu, je me dis que ça vient lors d'une soirée, et je me dis que c'est un autre type de sexe. En plus, tu es plus endurant, donc il y a un autre plaisir.
Et tu es beaucoup plus à même à avoir des sensations sur des touchés. Donc, je prends vraiment du plaisir. L'idée, c'est ça, c'est de se dire, on se drogue ou on prend de l'alcool, mais de manière très modérée pour justement atteindre un autre plaisir. Oui, bien sûr. Et c'est tout le problème, je trouve, parce qu'aujourd'hui, les drogues sont créées pour nous rendre tellement addicts. Moi, j'ai du mal, même en tant que podcaster, à me positionner, puisqu'en fait, être en mode…
Il faut tout arrêter, tout est interdit. Un, je n'ai pas de parole publique à avoir sur les consommations des gens. Mais moi, je me pose la question aussi parce que l'addiction est quelque chose qui existe beaucoup dans ma famille et qui est la bataille. C'est compliqué parce que quand les substances sont faites pour te détruire et te rendre addict,
J'ai du mal à dire oui, on peut le faire parfois. Le problème, c'est qu'en fait, on est 1 sur 10 ou 2 sur 10 à être plus sensible. Et donc, ce parfois va devenir route à addiction. Donc, sur 2 sur 10, c'est mauvaise loterie. C'est tout le point d'interrogation. Nos cerveaux ne réagissent pas tous les mêmes à l'addiction.
Et donc, ce qui est rare et contrôlable pour l'un ne l'est pas du tout pour l'autre. C'est tout le problème. Mais tu parles en ton nom et il n'y a pas de jugement là-dessus. C'est-à-dire que 2 sur 10… Non, non, ce n'est pas des vrais chiffres. Ah, ce n'est pas des vrais chiffres, d'accord. Il y a une part, c'était pour illustrer qu'on réagit tous différemment. Toujours est-il qu'avec mon collègue, avec collègues québécois, pas de substance, ça se connecte.
Vous m'avez dit que c'était un moment vraiment tournant dans votre relation. Pourquoi ? C'était un très bon plan. Vous avez eu de la joie parce que toi, Aurélien, ça t'a ouvert des nouvelles perspectives, je crois comprendre. C'est ça. En quoi c'était un tournant ? Déjà, ça nous a ouvert de faire du Cirque-Sat-Roi. Déjà aussi, c'est la première fois qu'on le faisait et on s'est dit « Waouh, c'est génial ! » C'est vraiment un feu d'artifice. On s'est dit « C'est génial, on va continuer ! »
Donc on l'a refait plusieurs fois avec mon collègue. Après, on a dû arrêter cette relation avec mon collègue. C'était une régularité qui devenait un peu malsaine. Pour qui ?
Pour mon collègue ? Pour toi aussi, Aurel. Pour nous, parce qu'on sentait qu'il y avait… Pour le coup, là, il y avait vraiment une espèce de déséquilibre. Il y avait des sentiments. Moi envers lui, lui envers moi.
Et aussi Aurel s'est senti, je me permets de parler en ton nom, mais je pense que tu t'es senti aussi tellement flatté que tu jouais un petit peu avec ses sentiments. Et il savait très bien Aurel que lui avait des sentiments pour Aurel, mais Aurel se disait c'est pas grave on va passer outre et puis on va continuer de faire du cul comme si rien n'était.
j'avoue il va m'écouter mais bon c'est vraiment j'avais ce sentiment de me dire je suis désiré vraiment ce truc je plais c'était vraiment un truc hyper agréable à avoir ça et j'avais des sentiments aussi pour mon collègue donc je me suis dit il y a une alchimie en plus mais c'est vrai qu'on allait se marier on était mariés à ce moment là
Et à ce moment-là, je me suis dit, waouh, c'est vrai qu'on rentre dans une phase un peu floue dans notre relation. Et à ce moment-là, je me suis dit, waouh, vers où on va ? On avait même des discussions sur le trouble. Oui, sur le trouble, sur le polyamour. On s'est posé des questions assez profondes. Vous avez demandé si c'était pour vous.
Ouais, on s'est posé la question. Mais en même temps, il y avait, en tout cas pour le collègue, je pense qu'il n'y avait qu'une, c'était pas trois. Ouais, je comprends. Je suis un peu perplexe parce que de l'extérieur, mais je ne suis pas du tout étonné, on a tous des rapports à nos corps, etc.,
Mais de l'extérieur, je te mettrais plutôt dans la catégorie, tu vois, si on était dans une hiérarchie de la beauté telle que validée par nos sociétés, pour moi, tu remplis une série de cases, tu ne défies pas les normes, tu rentres dans plein de cases que plein de gens aiment. Et je peux aussi te dire que tu es très beau, c'est de manière moins robotique, mais j'avais envie un peu de prendre une distance et de dire, mais attends, en 10 ans ?
Je suis étonné qu'il n'y ait pas plein de gens qui t'aient exprimé leur désir. Oui, mais après, si tu ne vas pas les rechercher, tu ne vas pas rechercher. Pas d'application, pas d'Internet. Rien du tout. Jusqu'à il y a dix ans. Jusqu'à… Ouais, jusqu'à…
On a commencé à partir de… En fait, c'est là où il y a eu un avant, un après, ce plan Q à 3. C'est bizarre de réduire juste ça à un plan Q. C'est presque trouble. Parce que c'est ça qui a déclenché aussi chez Aurel, je pense, le fait de se dire, allez, on est prêt, on peut aller plus loin, on peut recommencer avec Dominic. Mais moi, c'était, je suis prêt avec Harry.
c'est qu'à ce moment là ça nous a ouvert sur le troupe sur les plans A3 et je me suis dit waouh c'est génial putain c'est génial je vais pouvoir faire du sexe avec Harry et une autre personne
Donc c'est là où ça nous a ouvert vraiment sur… Ça ne m'a toujours pas donné envie d'aller, moi seul, rencontrer des gens. Ok. Alors qu'aujourd'hui, c'est le cas. Alors qu'aujourd'hui, c'est un peu plus le cas. Un peu plus. Un peu plus. Ça reste très anecdotique quand même. C'est plutôt rare. Principalement, je fais du sexe avec Harry, avec une tierce personne, et de temps en temps, seul avec quelqu'un d'autre. Ouais ?
Et de 0 à 10, tu dirais que ton amour propre, ton estime de toi est à combien ? 0 étant tu t'aimes pas du tout du tout, tu te détestes, tu penses que des mauvaises choses de toi, autant corporelle que psychologique ? Moi je suis 8. Ah oui ? Ouais. T'aurais dit combien toi Harry ? Moi j'étais en train de me dire 6 ou 7 pour moi.
Et pour Aurélien, tu penses qu'il allait répondre quoi ? Je ne pensais pas qu'il allait penser 8. J'aurais dit 7. Toi, tu te trouves beau. Je ne me trouve pas beau. Je ne dirais pas que je suis beau, même si je me dis que je ne suis pas moche. Les gens ne diraient plus que je ne suis pas moche.
que beau après quand j'ai quelqu'un qui me dit t'es beau t'es beau forcément au bout d'un moment tu te dis s'il le dit il doit le penser quand même donc je dois pas être si moche que ça en fait ce que j'essaye d'enquêter c'est que d'un côté tu me dis mais moi j'étais heureux et j'ai envie d'entendre ça et je remets bien sûr en question tout ce que tu dis c'est mon métier mais j'entends bah ouais j'étais heureux j'avais du sexe avec mon amoureux j'avais pas besoin d'aller voir hier avec tout mais en sous texte j'ai sans cesse
tes mots et ton choix de mots m'indiquent quand même que tu t'aimes pas trop que t'as peur de pas bien faire etc et j'essaye d'enquêter sur savoir est-ce que c'est un vrai choix encore aujourd'hui quand tu dis bah moi les rapports sexuels sans Harry c'est anecdotique c'est rarement à nouveau j'ai envie de te demander est-ce que c'est bah c'est un choix parce que t'es heureux comme ça et point final ou est-ce que bah c'est encore les petites voix c'est encore les petits blocages qui t'empêchent non je pense que c'est un choix je suis heureux comme je suis comme je vis
Je pense que je n'ai pas une recherche du sexe. J'aime le sexe, on est d'accord, mais je ne suis pas en recherche. Ce n'est pas quelque chose qui m'alimente. Je ne suis pas en mesure… Je ne suis pas sur Grindr tout le temps. De temps en temps, rarement. Je ne suis pas vraiment en recherche d'avoir un plan cul. Déjà, ce n'est pas quelque chose qui m'attire, le plan cul. Clairement, ce n'est pas…
Ce n'est pas quelque chose qui… Non. Oui, c'est ça. Donc, quand tu dis je ne m'expose pas et je ne recherche pas dans notre couple ouvert, toi, tu dis c'est plutôt un choix. Voilà. Je ne suis pas convaincu.
en fait ce qui me met la puce à l'oreille et je te dis ça pour te provoquer et je te remercie de rigoler parce que bien entendu que je suis personne pour te dire tu fais bien ce que tu as avec ta vie c'est pour ça que je dis probablement parce que peut-être que je me trompe sur moi-même peut-être en fait j'ai la petite puce à l'oreille parce que tu dis j'ai pas envie d'être tout le temps sur Grindr
ah non non j'ai pas envie et tu dis le plan cul c'est pas pour moi en gros tu réponds à ma question en disant ce que tu veux pas et moi dans ma tête je suis là bah oui mais du coup fais pas ça du coup pourquoi est-ce que t'investis pas ton énergie à l'endroit qui est juste pour toi et qui du coup apparemment n'est ni sur Grindr et qui n'est pas dans des plans cul direct bah je l'investis
dans mon couple, dans la relation que j'ai avec Harry et dans ce qu'on fait sexuellement. Là, oui, on n'est plus dans cet épanouissement-là, cette recherche-là. Mais souvent, quand je parle, par exemple, le plan…
Il n'y a pas longtemps, j'ai fait un plan cul pour la première fois seul avec Harry. Il n'y a pas trop longtemps. Seul sans Harry. Je l'ai fait. Il n'y a pas si longtemps que ça. Pour me dire, OK, comme si ça avait débloqué nos vacances en Thaïlande, ça m'avait débloqué en me disant, tiens, je vais tenter.
je me connecte, application, Grindr, clac. Attends, qu'est-ce qu'il y avait dans ton cerveau au moment où tu dis tiens, je vais tenter ? Il y avait du désir, il y avait de l'excitation ? L'excitation de dire est-ce que vraiment le plan cul, ça me correspond ou pas ? Vraiment, tiens, je vais essayer ce qu'on me raconte, ce que j'entends,
de me dire je me connecte, je rencontre quelqu'un alors en plus j'ai pas vraiment fait comme ça parce que j'ai rencontré, 4 jours après on a pris rendez-vous, on a été d'abord au restaurant et après on a fait du sexe donc c'était pas vraiment j'arrive chez toi et sans ce que je peux entendre des fois ce qu'on me propose c'est vraiment pas quelque chose qui m'intéresse le plan cul direct, pas de blabla je pense que je suis pas encore capable d'atteindre cette étape là
C'était juste pour la première fois que j'avais fait un plan. Mais à nouveau, ça me titille ta réponse. Je ne suis pas encore capable et tout. Mais en fait, attends, laisse-moi terminer. Moi, dans ta réponse, ce que j'entends, c'est que tu as des normes dans ta tête. Non, mais moi, je n'ai pas envie de faire un plan cul direct sans blabla et je n'ai jamais envie de devenir capable de le faire. Et tu vois ce que je veux dire ? Ta réponse, j'ai l'impression que moi, j'aurais envie que tu te positionnes à partir du…
mes joies, j'ai envie de quoi et là t'es plus en mode combattant puisque tout le monde le fait, allez je vais y aller c'est sûr que ça va mal se passer en fait c'est exactement ça je me dis il y en a qui le font, pourquoi j'essaierais pas mais on s'en fout, toi dans ton petit coeur toi dans ton petit coeur quand tu penses à d'autres gens que Harry, t'imagines quoi dans ton petit coeur si jamais il pouvait y avoir un truc super un joli moment, il semblerait à quoi ?
Tu veux dire quoi ? Sexuellement ? Sensuellement ? Sensuellement ? Qu'est-ce que tu veux ? Je te décrive une scène que j'aurais avec quelqu'un… Qui te mettrait vraiment en joie, ouais. Ah, je sais… Alors là, c'est… Qu'est-ce qui me mettrait en joie ? C'est un peu bizarre comme question quand même, je t'avoue.
C'est absolument pas bizarre. C'est pas du tout bizarre, je suis d'accord. C'est toute la différence. Excuse-moi, j'imagine que Guillaume veut te poser la question sur ton désir. C'est quoi le désir que t'aimerais avoir en dehors du couple ? Une situation idéale, tu vois ?
Et ce silence, il est super important. C'est ta clé. Parce que là, pour le moment, tes réponses, si je puis me permettre et je me permets, elles partent de la norme et de l'histoire commune. Donc ça, c'est l'horreur. En gros, tu regardes les autres et leur comportement. Je le sais, je regarde les autres et la norme. Et souvent, quand je regarde comment on est, je me dis qu'on n'est pas entièrement dans les codes que j'entends.
Que je vois, que je lis sur… Je dis ça qu'on n'est pas toujours… Mais est-ce que c'est… Mais non, mais on n'a pas besoin. Je sais, je sais. Mais surtout, en fait, il y a deux choses. Un, les récits que tu entends sont biaisés. Il n'y a personne qui épanouit et tout le monde… Mais il y a des gens qui sont très heureux en ce moment et je suis sûr, mais…
Ce qui fonctionne pour eux ne va pas fonctionner pour toi. Et surtout, c'est bien plus compliqué que les récits qui te parviennent. Deuxièmement, cette culture homosexuelle que tu peux peut-être lire dans certains articles ou certains films, elle est extrêmement parcellaire. Genre, il n'y a pas assez de médias. Et puis, vous êtes sur un podcast. Il n'y a pas un épisode sur mon podcast qui se ressemble. Aurélien, tu les as presque tous écoutés. Je n'ai pas écouté les derniers Fous Reconnaître. C'est le moment où je te remets ton étoile d'or.
non étoile d'or j'aurais peut-être pas dû choisir ça excuse-moi Harry non mais c'est trop important et en fait la raison pour laquelle je me suis un peu battu là avec toi c'est que ça m'importe même au-delà de toi ça m'importe pour moi moi aussi je glisse je me compare
Et du coup, j'exige que mon désir ressemble à ceux des autres. Tu ne peux pas nous empêcher de comparer. Mais je ne t'empêche de rien. Mais je te challenge un peu en disant, non, parce que moi, j'ai l'intuition que pour toi, il y a peut-être du tantra, il y a de la caresse, il y a de la douceur. Il n'y a certainement pas du plan cul grinder, mais il y a plein de choses qui peuvent s'écrire. Et à nouveau, la question de la liberté qui est magnifique, c'est de dire, mais attends, si on est heureux en couple monogame et ou en couple que à deux et ou en couple comme on veut, mais il n'y a pas à…
devoir être en recherche de sexualité attention mais j'aimerais qu'on décide de pas rechercher la sexualité en dehors du couple une fois qu'on a été libre de le faire et qu'on s'est dit tiens de quoi je rêve à quoi ressemble mon désir et quand on a du mal à mettre en mots son désir mais c'est la super belle première étape de se dire si j'étais libre
Si je m'autorisais à laisser venir le désir, si je construisais exactement ce que je voulais, même si plein de gens me diraient « Ah, mais je ferais quoi ? » Peut-être qu'il n'y aurait pas d'éjaculation, il n'y aurait peut-être pas de génitalité, ça serait peut-être juste un massage. Tu vois, il y a plein de choses qu'on peut imaginer, le tantra, voilà. Je m'imagine, si je n'étais pas avec Harry, je m'imagine que ce que je ne fais pas avec Harry, je le ferais avec quelqu'un d'autre.
Ce serait plus ça qui m'intéresserait. Dans le sens, j'aimerais découvrir la pénétration à plusieurs d'autres personnes, à plusieurs personnes. Qui pénètre qui ? Me faire pénétrer, pénétrer, je pense que c'est… Ce serait ça qui me… Ce que je ne fais pas sexuellement avec Harry, ou quand on est à… Ce serait peut-être plus ça que ce qui m'intéresserait de faire en dehors de…
Et est-ce que tu peux me dire deux mots des conditions de sécurité ?
On prend un café d'abord, on a discuté et on a créé un lien qui fait que tu m'excites et on s'est chauffé. On a la drague, tout ça qui nous permettrait de faire augmenter l'envie, le désir.
Et à ce moment-là, je me dirais qu'on pourrait passer à l'étape de dessus. Qu'est-ce qu'on aimerait faire ? Donc, tu veux te sentir bien, te sentir en sécurité. Il y a une autre clé que j'entends et que je trouve délicieuse parce que c'est un sacré challenge. Tu as dit « on se chauffe ». Ça veut donc dire que dans ta posture initiale de « moi, je ne vais pas chercher », on va être obligé de… À partir du moment où tu as lancé l'hameçon, j'y réponds. Je vais répondre au…
Oui, à mon absent, à moi. C'est ça. Tu as commencé à me chauffer, je te chauffe. Ah, d'accord. On s'auto… On alimente le feu, quoi. T'es à l'aise de te rendre vulnérable si l'autre s'est d'abord mis vulnérable. Voilà. Ça, il n'y a pas de problème. OK. Voilà. Merci de ces petits partages de désir. Tu en penses quoi de mes intuitions et de mon petit secouage ?
Tu peux dire que c'est de la merde. Non, je suis assez d'accord avec ce que tu dis. Ça me fait réfléchir parce que je ne suis pas quelqu'un qui me pose souvent ce genre de questions sur moi-même. Je souris depuis tout à l'heure parce que je vois Aurel aussi en effet être bousculé parce qu'il n'a pas l'habitude de se poser plein de questions dans le couple, je crois que c'est ça.
C'est plutôt moi qui me pose plein de questions. Et ça me fait sourire parce que je te connais aussi. Tu aimes bien aller un petit peu plus dans les détails pour savoir ce qui va pousser l'autre à faire certaines actions. Et donc, c'est intéressant. Je pense qu'après le podcast, on en reparlera.
C'est intéressant. Je me permets, mais en plus, comme tu as écouté tous les épisodes, je me dis que tu ne serais pas là si tu n'aimais pas ma façon. J'aime bien être bousculé. Non, mais je n'ai pas envie de nous bousculer. Je pense que je me parle autant à moi qu'à toi, Aurélien. Parce que je trouve que c'est vachement puissant ce que tu dis et vachement important. J'ai envie de mettre en lumière le fait qu'on crée des espaces de sécurité qui sont importants. Et donc, être bousculé, ça veut dire…
sortir cet espace de sécurité et notre cerveau il est quand même fait pour nous défendre et pour nous mettre loin du risque donc dans ces cas là mon cerveau il a absolument pas envie de bouger c'est pour ça que je me compare et que je vais être dans la norme entre guillemets c'est pour ça que j'ai envie d'aller dans des comportements que les autres font comme ça je me dis que je serai pas exclu de la tribu et que tu vois mon cerveau un peu primaire
Mais je crois que moi, mon élan, c'est plus, ah ouais, mais moi aussi, je suis Aurélien. Moi aussi, en fait. Au lieu d'arriver à mettre des mots sur mon désir, je dis ce que je n'ai pas envie de faire. Et moi aussi, je trouve que c'est compliqué d'arriver à s'inventer en étant libre des autres. C'est-à-dire, moi, j'ai mis mille ans à assumer que j'aimais qu'on me touche les tétons. Mais un de ouf, je trouve que c'est un exemple ultra concret. Et ce n'est pas du tout un changement de sujet. Est-ce pas ?
Pourquoi tu dis n'est-ce pas, Harry ? Moi, ça ne me fait rien du tout. Et toi, Aurélien, tu aimes aussi ? Non, non. Je n'ai pas encore trouvé la personne qui va me… En fait, je vais au bout. Le récit, c'était non, mais c'est un peu ridicule. Je ne vais pas demander à quelqu'un de venir chez moi. C'est un peu binaire ce que je dis, mais simplifié. Mais je ne vais pas dire à la personne si tu as juste à me caresser le téton.
Il faut qu'il y ait d'autres choses qui se passent. Ce n'est pas le bon schéma. Et donc, j'avais comme ça une bataille où moi, mon désir, déjà, j'ai eu du mal à le verbaliser. Puis une fois que je l'ai verbalisé, j'étais là.
En plus, c'est un peu la honte. Et puis non, tu vas pas dire à quelqu'un… Et donc ça, je me vois vachement en toi. Et je pense que dans le chemin d'épanouissement, sortir de la comparaison et s'autoriser à s'entendre… C'est dur ! Mais c'est dur ! On a 20 ans de couple, 20 ans de sexualité avec Harry. On a toutes nos habitudes. Toi, tu te dis, tiens, est-ce qu'il y a d'autres choses que j'aimerais faire alors que ça marche bien ce qu'on vit ? Est-ce que j'essaie autre chose ?
Oui, qu'elle priche paye à sortir de la sécurité. Je me rends compte que j'ai souvent été dans ton cas à le titiller justement sur ce qu'il désire et notamment des pratiques sexuelles qu'on a tentées, notamment quand on est parti dans un sauna. C'est exactement ce que je voulais rebondir dessus. Oui, là, on va partir aussi dans un festival où il y aura pas mal de sexpo. On a déjà été dans un autre festival aussi sexpo où il n'était pas forcément à l'aise. Et souvent, je l'amène sur des nouveautés.
et peut-être qu'Aurélien tu veux faire un peu comme tout le monde et tu t'obliges peut-être je sais pas mais régulièrement il est pas à l'aise dans les milieux dans lesquels on va on va en parler dans la partie 3 de l'épisode du témoignage j'ai essayé de trouver une manière de nous arrêter c'est moi-même moi qui suis j'ai glissé j'avais envie de dire parce que je l'ai dit tout à l'heure je connais mon collègue québécois parce que comme je pars moi au Québec en août et septembre d'ailleurs les auditeurs qui écoutent
qui connaissent des gens au Québec ou qui sont eux-mêmes Québécois. Je vais faire un road trip dans tout le Québec. Magnifique. Et du coup, je demande de l'aide. C'est actifsoupassifs.com slash Québec. Un appel à témoignages pour que j'enregistre des épisodes avec des Québécois. Et donc, gentiment, Aurélien, tu m'as connecté avec lui et on discute.
et ça serait très chouette si mon collègue le désirait qu'il témoigne lui-même on verra c'est en préparation sur son chemin à lui, pas sur vous il veut parler de nous il a le droit rendez-vous dans l'épisode 3 merci petite pause pipi yes