3 polyamoureux racontent (3/3) Trouple et secrets pour réussir n’importe quelle relation 🇨🇦

Partie 3 sur 3

Avec trois auditeurs québécois polyamoureux réunis à Montréal, ce live raconte, à travers trois anecdotes, comment gérer besoins, limites et épuisement quand on aime plusieurs personnes.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Julien raconte son premier trouple, trouvé sur Grindr : bonne communication, mais des insécurités que seule une thérapie pouvait dénouer
  • Pascal héberge Joey, rencontré sur Couchsurfing : sa jalousie explose en le voyant s'épanouir avec Marc pendant qu'il travaille
  • Miguel ritualisait les moments à trois au rythme des saisons, pour que relancer la communication ne pèse sur personne
  • Le groupe refuse de hiérarchiser ses amours, mais reconnaît qu'un temps limité force à protéger certaines relations en priorité

On en parle dans cet épisode
Le livre de référence sur l'attachement en non-monogamie, que plusieurs auditeurs ont recommandé à Guillaume (en anglais)
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Le guide de Franklin Veaux cité par Julien, dont une grande partie du contenu est lisible gratuitement en ligne (en anglais)
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Le « Codependent No More » de Melody Beattie conseillé par Pascal, pour passer d'un attachement anxieux à un attachement sécure
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La sélection d'épisodes du podcast sur le couple ouvert, la jalousie et les trouples, réunie par Guillaume
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Lire la transcription de cet épisode
Est-ce qu'on se lance ? Ça vous va ? Ça me va. On y va. Coucou et bienvenue dans la troisième et dernière partie de notre cercle de paroles. Pascal, tu voulais dire un truc ? Non. Ça y est, je suis dissipé. De notre cercle de paroles sur le polyamour, je suis avec trois délicieux auditeurs québécois, Pascal, Miguel et Julien. Allô ? Allô ? Allô ? Nous sommes à Montréal, on est chez toi Julien, au cœur du village, le quartier gay d'ailleurs. Et on se parle, on se jase de polyamour. Vous avez tous les trois pas mal 10 à 20 ans d'expérience. J'ai juste envie de raconter les coulisses, je trouve ça assez rigolo. En fait, au départ, je n'avais pas du tout eu l'idée de faire un cercle de paroles. Je me disais, c'est trop de taf, je ne vais pas y arriver, j'ai déjà tellement de choses... Du voyage à faire, à trouver et tout. Et en fait, vous êtes tous les trois venus à la petite rencontre entre auditeurs que j'ai organisée à mon arrivée. Et en fait, chacun a un moment différent. Vous m'avez parlé de polyamour. Et je me suis dit... Et puis, je vous trouve super... Vous avez des témoignages super riches, super... C'est rare, en fait, je trouve, d'avoir un des auditeurs, deux qui ont autant d'expérience en polyamour. Et je me suis dit, mais banco, on va se faire un cercle de paroles. Je trouve que, justement, c'est un chouette endroit où on peut partager des avis, soit divergents, soit pareils, et pas se comparer, mais, tu vois, entendre des dynamiques différentes. Je trouve... J'ai envie de montrer qu'il y a une diversité, une complexité... Il y a tout un tas de nuances au polyamour. Ce n'est pas juste une seule route unique. Et pour ce faire, on va aller dans trois anecdotes. C'est comme ça qu'on va apprendre les choses. Chacun d'entre vous, vous allez raconter une anecdote en lien avec votre expérience de polyamour et comment ça vous a appris, qu'est-ce que ça a mis en lumière. Et nous allons commencer par Julien. Là, je raconte ma petite histoire qui est parfaite. C'est direct comme ça. C'est direct. Donc, je voulais raconter ma première relation polyamoureuse qui était un troupe. Donc, là, vous mettez vous, fermez vos yeux, imaginez-vous une jeune personne non-binaire en auto qui déménage à Montréal. – Cette personne est en voiture. – Elle est en voiture. Elle arrive à Montréal. – Elle vient d'où? – Avec son chien. Elle vient de Québec, la ville de Québec. Elle a découvert le polyamour théoriquement depuis quelques mois seulement. – C'est toi, là, que tu dis? – C'est moi. Je parle de moi. Et donc, je raconte ma première relation que j'ai trouvée sur Grindr. Il y avait un couple Je peux dire leur prénom parce que ça fait trop longtemps. C'est vrai? Oui, ça fait trop longtemps. Puis de toute façon, ils sont très gentils. Tout va bien. Justin et Jonathan, avec Julien, faisaient les 3 J. C'était épique. Donc, ce couple-là, déjà existant, cherchait un partenaire sur Grindr, simplement pour avoir du sexe, initialement, je crois. Donc, tu consultes Grindr en roulant, en voiture. C'est très dangereux. Je conduisais pas. Ah, t'étais en auto, t'as dit. Je te taquine, je te taquine. Puis de toute façon, c'était le préambule. Quand j'ai commencé à grinder, c'était à Montréal. Je t'avais déjà rendu. Je te niaise. Ben oui, ben oui. Et donc, on se rencontre, tout va bien. Rapidement, la discussion sur le pôle amour, la possibilité de la chose est venue. Et... Donc là, on commence à se dater, de magnifiques tripes à trois, premières expériences de tripes à trois. Donc sexuellement, c'était une découverte. C'est quoi un tripe? Tripe à trois. C'est plan? C'est quoi? C'est un rapport sexuel à trois. Exactement. Comment tu dirais ça sinon? Comment tu dirais ça toi? Ça m'échappe. Je ne sais pas. Une partouze? Ouais, t'inquiète. Non, je pense qu'il y a plein de gens. On s'en fout, on s'en fout. Vous avez une super belle rencontre sexuelle. Dès le début, vous vous datez. C'est-à-dire, dès le début, le mot de polyamour est posé. Toi, c'est ta première fois, mais c'est ça l'objectif. Moi, j'arrivais dans une dynamique déjà existante de plusieurs années. Eux, il y avait déjà plusieurs règles préétablies. Ils n'étaient pas particulièrement expérimentés non plus avec le polyamour à ce moment-là. Donc, c'était nébuleux à naviguer, pour le dire comme ça. Donc, je saute des étapes, mais le début de la relation, tout va bien. On fait des sorties. On parle de projets futurs. Et là, c'est là que les défis commencent. Donc, la jalousie qui embarque. Vu que c'est ma première relation pas d'amoureuse, elle a éveillé plein d'insécurité. Autant chez moi que chez mes deux autres partenaires. C'était un mess en français. Un bordel. Un bordel d'émotions. qui était beau à plusieurs égards. Mais donc, on était trois. L'un des partenaires, je ne vais pas nommer qui est qui, c'est trop détaillé, mais ressentait de la jalousie quand moi, j'avais des relations sexuelles à l'extérieur du trouble. L'autre partenaire ressentait de la jalousie quand j'avais des relations sexuelles à l'intérieur du trouble sans lui. Et moi, j'étais pris là-dedans à ne pas savoir quoi faire, ça a complètement gâché la relation. Parce que moi, j'avais des envies d'exploration sexuelle. C'est le troisième élément, parce que j'aurais pu aussi juste ne rien faire d'autre qu'avec eux, puis ça l'aurait réglé, entre guillemets. Mais non, j'avais envie d'explorer. Donc là, j'étais pris entre un désir d'explorer qui provoquait nécessairement de la souffrance chez mes partenaires, Et t'as fait quoi? On s'est séparés. J'ai pas trouvé de solution, en fait. C'est pas une histoire joyeuse. Je réalise après coup que pour quelqu'un qui voulait être positif, ça a pas marché. Non, non. On a discuté justement de l'enjeu de la communication. J'ai l'impression que ça, ça revient. En fait, et d'ailleurs, beaucoup de gens, quand ils critiquent le polyamour, c'est une généralisation et je n'ai pas le droit, pardon. J'ai entendu des gens critiquer le polyamour en disant non, mais en fait, c'est trop de boulot parce que ça exige de mettre beaucoup de mots sur les désirs, etc. Est-ce que ça, cette relation, est-ce que ça, ces enjeux-là de désirs pas concordants, ça ne pouvait pas être géré par des mots, par la communication Non, la communication était bonne. Les trois, on était engagés. On savait l'importance de la communication pour que ça fonctionne. On se parlait beaucoup. On a juste été confrontés à nos insécurités personnelles avec pas de solution. Une fois que tu sais que tu as identifié que quand ton partenaire va voir ailleurs, tu es jaloux, ça ne disparaît pas de même. Il faut que tu l'adresses. Il faut avoir un thérapeute, possiblement. J'allais te demander, on est dix ans plus tard. Toi, avec ton expérience du polyamour, tu conseillerais quoi à ces trois personnes aujourd'hui ? Moi, je conseille ça à tout le monde, monogame ou pas, c'est d'aller en thérapie. Moi, c'est transformatif, une thérapie. Tu la commences, tu es quelqu'un. Tu la finis, tu es quelqu'un d'autre. Donc, individuellement, ces trois personnes, tu les invites à aller voir en thérapie parce qu'elles sont d'accord. Tout le monde qui a des insécurités, moi, je pense qu'il faut les adresser en thérapie. C'est merveilleux. OK. Quand tu as les moyens, parce que je sais qu'il y a un certain privilège qui vient avec ça, il faut que tu ailles les moyens. Miguel ? Moi, je voulais juste rebondir sur c'est beaucoup de travail ou pas, parce que c'est à la fois vrai et à la fois pas vrai, dans la mesure où est-ce que, comme dans n'importe quelle relation amoureuse, quand tu développes le lien de confiance, puis le fait que tu passes à travers des étapes, éventuellement, c'est beaucoup moins de travail, puis c'est beaucoup plus fluide. Puis là, je pense à mon partenaire, ça fait 16 ans qu'on est ensemble maintenant, mais je vais nommer son nom, Guillaume. Ce n'est pas moi. Non, c'est un autre Guillaume. Mais je veux dire, Guillaume et moi, quand on arrive pour communiquer sur une situation, on a beaucoup de bagage ensemble et ça fait en sorte que ça va être très fluide. C'est quelques mots. Généralement, en 16 ans de relation, on a eu un conflit où est-ce qu'on n'a pas réussi à fermer une conversation à la fin d'une conversation, une fois. Puis ça s'est arrêté quand il a juste dit mon nom en montant la voix. Puis là, j'ai arrêté. Mais bref. Ce que je voulais dire, c'est que... Ce conflit, c'était quoi, ce conflit qui a... Je ne me rappelle même pas. Mais je ne l'écoutais pas. Je ne l'écoutais pas quand il me parlait. Je ne voulais pas entendre ce qu'il avait à me dire. Il a fallu qu'il monte le ton pour que je réalise que je faisais juste parler et que je ne voulais pas l'entendre. En tout cas, ce que tu voulais dire, c'est qu'en construisant la confiance, il y a de moins en moins de travail. Le travail, j'ai l'impression, c'est que comme on est en train de gérer... Parce que toi, tu as plusieurs relations et ton compagnon, ton partenaire polyamoureux a aussi plusieurs relations. Ça veut dire qu'on gère forcément de la jalousie ou de la logistique ou du temps ou des émotions. Le travail, ce n'est pas de les mettre en mots. C'est pas ça le travail qui, lui, ne diminue jamais ? Bien sûr qu'il faut les mettre en mots, puis qu'il y a des mots, puis qu'on doit parler de ce qui est en train de nous arriver sans arrêt. Mais c'est plus que quand nos relations se transforment maintenant, on a beaucoup plus de concepts, on a plus de confiance en l'autre et à comment est-ce qu'il va réagir. Il y a des choses qui sont faciles à faire. Voyager avec Guillaume, c'est tellement facile parce qu'on est tellement habitué à se retrouver dans des situations changeantes, à rencontrer des nouvelles personnes, à s'adapter, que je sais juste à son ton s'il a vraiment besoin que je sois là ou s'en fait il va être tout seul. Donc, ça vient très vite et c'est une grande richesse. Mais ça, je pense que c'est juste une histoire de couple en fait. Tu as dit qu'on a des concepts. Est-ce que tu as des exemples concrets? Moi, je ne suis pas très... Je ne lis pas énormément, en fait. Je me rends compte. Dit-il en regardant Julien. Qui est notre philosophe ce soir? Pas sur ça, en fait. C'est plus des noms de personnes qu'on va connaître. où on va se rappeler justement d'un voyage qu'on a fait ensemble, où on va se rappeler d'une situation. Ah, c'est comme quand? Ah, c'est comme quand? Parce qu'au fond, c'est sur l'histoire de notre relation. Vous avez des repères vécus. Une expérience partagée. Oui, parce que pour les mots, c'est les mêmes qu'on a partagés aujourd'hui. Je pense pas que c'est plus poussé que ça. C'est pas... Parce que moi, j'ai une question un peu concrète sur la communication qui est, moi, je crois que pour m'apaiser, parce que je suis anxieux, j'ai un peu envie qu'on se dise que tous les lundis, si nous, on était à quatre. On se met en polycule. On se met en polycule. C'est quoi un polycule? Polycule, c'est... Plus de trois. Non, c'est un terme qui veut dire autant de... Je pense que ça vient de molécule. C'est un terme analogique pour faire référence à n'importe quelle organisation polyamoureuse. OK. Poly pour polyamour, cul pour molécule ou enculé. Pas obligatoire. C'est une réduction idiote. Nous formons à quatre un polycule. Est-ce que vous avez des outils justement, un peu comme l'anecdote de Julien, on peut chacun avoir des besoins de sécurisation et ou des désirs sexuels et ou des fantasmes et ou des projets, etc.? Est-ce que vous, vous mettez en place des petits outils répétitifs à la limite du management ? Ce n'est pas bien. Mais moi, j'ai un peu le fantasme qu'on peut manager l'affaire, tu vois, en se disant tous les lundis à 18h, on se retrouve ? Et on crée comme ça des espaces de communication parce que comme on est à quatre et qu'on s'aime, on ne va pas dire non, mais on verra quand on se parle. Est-ce que c'est une réalité, moi qui ne suis pas polyamoureux? Pourquoi pas? Si la règle fonctionne pour notre polycule hypothétique, ça serait n'importe quelle formule qui fonctionne pour que la communication soit ouverte. Oui, mais là, tu es sympa, Julien. Mais en gros, tu me dis que c'est possible, mais toi, tu l'as déjà vécu? Moi, il y a plusieurs... Je l'ai vécu de différentes façons à chaque fois. Là, en ce moment, la façon que je fonctionne, c'est que si je ressens quelque chose, je l'exprime. Puis j'essaie de rester toujours le plus ouvert possible pour que mes partenaires se sentent à l'aise de faire la même chose. Fait que naturellement, la... Attends, Miguel, parce que du coup, en fait, des sujets intimes et difficiles, je ne peux pas te les exprimer à tout instant. Si on va se voir pour un cinéma, si tu es fatigué, tu rentres d'un examen très important. Je vais choisir le moment. Oui, en effet. Il faut choisir le moment, tu as raison. C'est un bon point. Mais tu l'exprimes et tu n'as pas besoin d'organiser tellement. Quand le moment est bon, tu l'exprimes. Tu t'exprimes au moment où tu as besoin de communiquer. Puis là, on peut prendre rendez-vous, on peut se dire ce soir, on jase de notre relation. OK. Miguel? Moi, je suis plus routinier que ça. Et effectivement, je vais développer des rituels qui vont faciliter le fait que les choses vont revenir et qui vont être attendues. Mais dans la situation que tu nous proposes, ça dépend si on est en relation tout le monde ensemble ou s'il y a des relations entre nous. Je vais préciser ce que je veux dire. Quand j'étais en troupe, donc non seulement je suis amoureux avec A et avec B, mais A et B ont une relation aussi. Nous, on disait qu'il y avait quatre relations. Parce qu'il y a chacune de nos relations, ça fait trois. Il y a la relation des trois ensemble. On habitait en plus dans un appartement ensemble. Donc, on devait prendre du temps, de l'énergie et faire attention à chacune de ces relations-là, incluant la relation à trois. Ça m'angoisse. Tu comprends? C'est angoissant, non? Ça me fait peur. J'ai l'impression que je n'ai jamais y arrivé. Pour moi, c'est un plaisir parce qu'on parle d'un souper. Ça veut dire quoi? Ça veut dire quoi? J'aime ça faire ça, en fait. C'est mon choix de vie de faire ça. C'est ce que j'aime faire. Mais faire quoi, Miguel? Parler avec ces gars-là, aller à la montagne, participer dans une équipe sportive, avoir du sexe, aller au cinéma, je ne sais pas comment... Mais prendre du temps formel... Nous, c'était au plein de lune, une fois par saison, à la nouvelle lune, je ne me rappelle pas. En tout cas, c'était lié au cycle des saisons. C'est beau. Puis, pourquoi est-ce qu'on avait fait ça comme ça? C'est qu'on se rendait compte que c'était toujours le même qui était plus sensible de nous trois, qui tirait la sonnette d'alarme quand ça n'allait pas bien. Puis là, on appelait une rencontre, justement. On l'avait ritualisé pour que ça vienne de soi. Ce que vous avez ritualisé, c'est les moments à trois. Et après, ce que tu dis, c'est que toi, tu as de la joie à prendre soin de deux personnes. Après, tu disais, c'est simplement passer du temps et discuter avec deux personnes que j'aime, c'est ça? Oui, oui. Mais le seul truc ritualisé, c'était les moments à trois. Oui. Puis, pourquoi est-ce que c'était important pour nous, en tout cas, de ritualiser? C'est justement que ce ne soit pas une charge mentale. pour quelqu'un de revenir avec le fait de faire fonctionner la relation. Parce que communiquer quand ça va bien, c'est facile. Ce qui est difficile, c'est communiquer quand ça va mal. Puis quand ça va mal, les stratégies des gens, c'est de l'évitement, c'est du silence. Et donc, entrer à l'intérieur de ça, ça nous prend des outils, comme tu disais. Puis l'outil peut être une rencontre qui revient de soi ou ça peut être justement de rencontrer un thérapeute régulièrement. Tu l'as fait, ça ? Oui, dans mes moments de rupture et de transition. Tantôt, je voulais parler justement des moments de transition, mais j'ai vécu une rupture qui a transformé ma vie et qui me donne des problèmes de direction pour toujours. Peut-être, peut-être pas, on ne sait pas. Mais c'est ça, mais au fond... Ah non, tu peux pas... Je suis d'accord avec toi. Alors, je propose qu'on termine juste le petit tour, mais on revient sur ce... C'était pas ça mon anecdote. C'est ok, c'est ok, Miguel. Juste, on termine. Pascal, est-ce que toi, t'as ritualisé des choses ? Tu seras obligé de rien raconter, Miguel. Juste, on termine sur la communication. Peut-être parce que j'ai moins d'expérience que les autres dans le sens que je n'ai pas eu de trouble pendant très longtemps. C'était des colocataires. Je pense que le seul rituel qu'on avait qui n'était pas un rituel de couple, de trouble, c'était plus un rituel qui faisait en sorte que notre relation était meilleure. On habitait en collectif dans les deux cas. Attends, excuse-moi. Tes différents partenaires n'avaient pas de relation entre eux, mais toi, tu avais des relations avec eux ? Pardon, non, non, excuse-moi, j'ai eu mal, je me suis exprimé. Dans le fond, j'ai moins d'expérience que les deux autres personnes qui parlent ici. Donc, je pense que mes relations amoureuses à trois, de troupes, c'était quand on était des colocataires dans des communes, des collectifs comme 15 personnes, tu sais. Puis nos rituels, c'était pas des rituels de notre couple, de notre troupe, pardon, mais c'était des rituels communaux qui faisaient en sorte que notre troupe allait mieux. Par exemple, on avait des dîners communaux à 15, ou sinon, à chaque semaine, on créait des événements dans notre salon où on s'exprimait. Puis c'était le fun, à un moment donné, notre troupe, on était trois musiciens, fait qu'on chantait en harmonie à trois. Wow! C'est le fun, ça. Votre troupe était aussi une troupe. Oui, c'est ça, une troupe de chorale, quasiment. Il y avait quelque chose de beau à s'exprimer à trois, à se préparer, à faire un spectacle devant nos amis, nos colocateurs. Mais du coup, en termes d'expression, quand ça ne va pas bien, exactement comme Miguel disait, j'ai de la peine, j'ai de la souffrance. Vous n'avez pas ritualisé. Chacun parvenait à lever la main et à... à attirer l'attention des deux autres pour parler. Dans un moment où j'étais encore dans une période immature du polyamore, je pense qu'il y avait beaucoup de non-dits. Ça n'a pas duré très longtemps ces relations-là non plus. Je pense qu'on n'avait pas de rituel et ça l'a causé le fait que... Que j'étais souvent jaloux, irritable, puis je ne pouvais pas avoir d'espace pour m'exprimer. Et toi aujourd'hui, dans ta relation que tu as décrite dans les épisodes précédents, où tu es avec ton amoureux, t'es à l'aise de dire que t'es amoureux depuis plus de 10 ans vous avez ritualisé des choses en lien avec le polyamour oui dans le sens que oui on prend du temps des fois on se call des meetings quasiment on se dit ben là on va juste prendre un souper puis on va discuter de de qu'est-ce qui se passe dans nos vies mais voilà c'est pas ritualisé comme avec le cycle de la lune ou des saisons mais c'est au besoin on le call ouais super Merci. Un rituel, ça peut être très simple. Avec mon partenaire actuel, c'est de regarder nos vidéos TikTok le soir avant de se coucher. Et l'art de rien, c'est le moment où est-ce qu'on finit par se regarder dans les yeux. Puis là, il va tout me raconter sa journée. On fait ça tous les soirs. Puis c'est vraiment ce moment-là où est-ce que s'il y a quelque chose à dire, c'est le moment pour le dire. Ah c'est oui, alors on se retrouve, vous vous retrouvez tous les deux dans le lit, vous vous allongez, là chacun sur son téléphone vous commencez à regarder des vidéos TikTok mais contrairement à moi vous n'êtes pas avalé par le rabbit hole. En fait oui, pendant quelques minutes, on est côte à côte. Puis là, éventuellement, il y a quelqu'un qui va monter, qui va mettre son épaule sur l'épaule de l'autre, ou qui va se tourner, ou le chat va venir, puis là, il va se mettre à ronronner, fait que là, je vais le pousser. Bref, il va y avoir une interaction à un moment donné, et de cette interaction-là, mais tous les soirs avant de dormir, ça va se passer, peu importe. Je pense que c'est rassurant de savoir que, tu sais, si mettons, il arrive quelque chose à deux heures de l'après-midi, puis là, j'ai pas pris le temps de te le dire, puis je sais pas quoi, puis ça me trotte dans la tête, Je sais que j'ai ce moment-là qui va venir. Je n'ai pas besoin de caler un rendez-vous, justement, parce que le rituel fait en sorte que… Mais en tout cas, moi, je trouve que c'est un outil. Intéressant, oui, vraiment. Avant qu'on passe à ton anecdote, qui peut être celle que tu avais préparée ou qui peut être celle de cette rupture qui a changé ta vie et peut-être qui t'a apporté des troubles d'érection, j'ai vraiment très envie d'en savoir plus, mais je ne sais pas si j'ai le droit. On a envie de se raconter des avantages, parce qu'on passe plus de temps sur les défis parce que c'est les endroits qui a cripe et les joies et les bonheurs du polyamour, on peut le dire en trois mots et passer à autre chose. Mais quand même, on passe deux secondes sur, toi, ta joie du polyamour, tu disais, c'est avoir plein d'hommes merveilleux pour faire projets et fantasmes. Tu veux en dire deux mots? Oui. Un des avantages incroyables de ce type de relation-là, quand je compare avec d'autres personnes qui sont dans des relations monogames ou mes amis hétérosexuels, C'est que j'ai vraiment une communauté d'amants étendue jusqu'au-delà de l'horizon. Je ne sais même pas qui est-ce que je connais. Et c'est toutes des personnes vraiment de haute qualité avec qui j'ai des relations de confiance. Ça, ça ne va pas jusqu'au bout. Au-delà de l'horizon, mais... Ce que tu veux dire, c'est quand tu as un besoin ou un élan, tu contactes ces gens-là avec qui tu as des liens très forts, parce qu'ils ont dépassé... Autant pour réaliser un fantasme, je sais qui aime le chibari, je sais qui est parti dans un congrès BDSM en fin de semaine... Je sais, mais aussi, si je veux réaliser un festival de films, je veux faire un podcast, j'ai besoin d'un graphiste. Peu importe, je connais quelqu'un qui connaît quelqu'un ou directement je connais quelqu'un. Oui, mais si je fais un peu l'avocat du diable, en vrai, oui, tu as des amis, quoi. Et n'importe qui peut se développer un tissu d'amis. C'est pas le polyamour particulièrement qui apporte des amitiés très fortes, très hétéronormées. Dans ce cas-là, effectivement, vu que pour moi, il va y avoir un lien. Oui, effectivement, à ce moment-là, ça peut être des relations d'amitié. Mais j'ai quand même l'impression, même en voyage, mettons, Je me rappelle que je suis allé à Berlin avec un groupe de Québécois en sociologie de l'Allemagne. C'était une école d'été. Je trouvais que les hétéros, il n'y avait pas beaucoup d'espace où aller et qu'il n'y avait personne qui leur parlait. Donc, les Berlinois, déjà, ils s'en battent comme leurs pieds. En tout cas, en général. Je m'excuse. Mais dans un bar gay, ça va bien quand même. C'était beaucoup plus facile de développer des relations et finalement d'être invité et de développer un lien de confiance. Mais ça, c'est juste être un homme gay. Ce n'est pas nécessairement être polyamoureux. J'avais tellement une plus grande facilité à rencontrer des Allemands et il y avait tellement un lien de confiance qui était plus facile à mobiliser parce qu'on est capable de faire quelque chose de significatif pour nous deux. Puis là, je me retournais vers les gens hétérosexuels, puis j'étais comme, tu sais, mais c'est sûr que vous faites quelque chose vous aussi, là, je veux dire, ça peut être de la spéléologie, peut-être, ou du tricot, je sais pas, comme, tu sais, est-ce que vous avez un intérêt avec les gens pour les rencontrer? Puis non. Puis là, j'étais comme, mais, mais, mais, je sais pas, mais... Oui, ça, c'est plus la courritude qui nous unit ou la gayness qui nous unit que... C'était quoi ton astuce, je sais pas pourquoi je dis astuce, ton anecdote polyamour ? Oui, c'était sur l'épuisement, l'épuisement qui peut amener le fait d'avoir plusieurs relations, puis tantôt t'as nommé trois personnes. Fait que toi, ton max, c'est trois. Puis moi, je me rappelle quand j'étais encore jeune et fringant et que j'avais beaucoup d'énergie, fait que je voyais pas de limite, justement, puis j'étais comme, tu sais, je vais m'engager dans des affaires, puis je vais m'engager dans des affaires, je vais faire attention à tout le monde, me disais-je, mais... Mais ce qui est arrivé, ce n'est pas que j'ai trahi quelqu'un. C'est que je me suis trahi moi-même dans le fait de me retrouver. Chaque soir, j'avais quelqu'un à aller rencontrer. Chaque moment de ma vie était orienté vers quelqu'un d'autre pour maintenir une relation ou m'assurer de... Mais être prêt et disponible sexuellement et émotivement pour les autres, ça demande du jus. Puis à un moment donné, je me suis rendu à 5 ans. Puis 5, c'était l'enfer sur Terre. On parle de polyamour, en tout cas pour moi, on parle de 2-3 gros max. Mais au-delà de ça, c'est même plus vivable. Même pas parce que tu trahis les autres et tes engagements, parce que toi-même, il faut que tu donnes et il faut que tu manges. Il y a comme un truc, ça ne marche pas. C'était l'anecdote que je voulais raconter de moi qui pense qu'il n'y a pas de limite et de rappeler aux gens qu'il faut définir ses besoins, qu'il faut définir ses limites et penser à soi, pas dans le sens de genre aller en chercher plus, mais en le sens de s'entretenir pour pouvoir vivre des choses. Et donc, faire attention aux relations qui nous maintiennent là où nous sommes, comme on est. Donc, les relations... On voulait aller vers la hiérarchie, mais mes relations amoureuses que je maintiens, donc mes deux chums en ce moment et mon amant, c'est genre... les grosses roches autour duquel est-ce que le reste peut s'ajouter. Mais pour moi, même s'il n'y a pas de hiérarchie parmi ces relations-là, mais c'est des choses qui sont suffisamment importantes que je vais chercher à les protéger, ces choses-là, ces gens-là. Puis effectivement, là, c'est un stéréotype, mais ça fait en sorte que ça peut être difficile de rentrer en relation avec moi parce que les gens qui arrivent de l'extérieur, ils ont l'impression que vu que je suis polyamoureux, je suis toujours disponible. Non, pas vraiment. Je ne suis pas les amoureux, mais je suis amoureux. Je ne suis pas disponible pour n'importe quoi non plus. Puis ça, c'est aussi des négociations. Dans les réactions des auditoristes, ça revenait souvent de dire « En fait, sur le papier, je trouve ça chouette, mais dans la réalité de ma vie, c'est une charge mentale. » C'est un enjeu. J'ai même quelqu'un qui m'a dit que c'est un investissement de temps. C'est-à-dire que c'est un choix d'être polyamoureux que j'aime faire. Cette personne, elle disait ça positivement. Mais c'est un vrai investissement. C'est-à-dire que ça engage du temps, de la charge émotionnelle, etc. Et en plus, plus tu as de partenaires et plus... C'est à la fois du coup, et je comprends bien cette histoire des limites, quoi. Parce qu'il y a au final la relation avec toi-même. Oui, absolument. On doit, qu'on a envie de... Et peut-être que tu préfères faire un cercle de lecture. C'est possible. Peut-être que le vendredi soir, tu préférerais aller voir un cercle de lecture. Ça sera pas polyamoureux, mais tu vas faire quelque chose. Je sais pas, Yannick. Mais moi, j'aime les relations d'authenticité, d'intensité, puis j'aime connaître les raisons pour lesquelles est-ce que les gens font des choses. Ça fait que je te pose des questions, puis je m'intéresse à toi, puis ça va en venir une relation, généralement. j'ai une petite question pour toi avec tes 20 ans de polyamour comment tu est-ce que ça t'arrive c'est un peu le sujet de la jalousie donc je veux pas y repasser trop de temps mais j'étais quand même curieux de savoir quand tu as des besoins genre t'as envie de voir un de tes chums et qu'il est indisponible et qu'il est rendu indisponible parce qu'il a un autre lien Comment tu gères cette friction ? Jamais tu t'en agaces ? Ce n'est pas de la jalousie, mais jamais tu te dis « j'aimerais qu'il me priorise plus ». La question se pose en ce moment même. Mon amoureux de Guillaume, vu que j'ai nommé son nom, je vais continuer de l'appeler par son nom. Guillaume, il a eu un super beau poste dans une autre ville. Donc, il s'en va dans une autre ville et il est amoureux avec mon ex. Donc, je ne suis plus en trouble. Mais lui, il est toujours en couple avec mon ex. On suit l'idée. Puis donc, bien évidemment, ça c'est qui va aller le voir, quelle fin de semaine va y aller, c'est ça. Et ça, ça t'inquiète un peu ? Parce que c'est une logistique qu'il va falloir gérer ? Bien, c'est une discussion qu'il va falloir continuer d'avoir, effectivement. Tu sais, là, il va célébrer un anniversaire important. Avec mon ex, on lui organise une fête, mais là, on est aussi un peu en conflit, mais on organise une fête pour un homme qu'on aime tous les deux. Puis ça, bien, qu'est-ce qu'on fait? Bien, on fait du mieux qu'on peut, on se parle comme on est capable de se parler, on organise des choses, puis… À travers ça, on maintient la communauté qui permet aussi que ces amours-là puissent continuer d'exister, c'est-à-dire qu'il n'a pas disparu parce que je ne suis plus en relation avec lui. Mais au fond, oui, c'est un enjeu, mais ça serait un enjeu même si j'étais juste en couple avec Guillaume, dans la mesure où est-ce que Guillaume aurait pu prendre un poste même si on avait été dans une relation monogame. Puis moi, je veux qu'il devienne la meilleure version de lui-même. C'est ça, mais quand même, j'ai exigé d'avoir une fin de semaine par mois. Oui, parce qu'à un moment donné aussi, je veux dire, c'est ça. Une fin de semaine par mois, puis à peu près un soir par semaine à toutes les semaines. Puis avec ça, je vais être capable de me construire une histoire, ça va. Mais c'est ça, j'ai ce besoin-là qu'on prenne le temps de connecter aussi. Fait que ça ne soit pas juste toujours court, une soirée, on va boire une bière, mais qu'il y ait quelque chose qui puisse se développer et qu'on puisse se poser ensemble. Fait que quelques jours de suite. C'est intéressant, c'est ce que tu disais Pascal dans les épisodes précédents. C'est qu'arriver à mettre en mots, moi par exemple, j'arrive et je connecte avec quelqu'un de polyamoureux, je me connecte avec toi. Et en fait, d'arriver moi, Guillaume, à dire si on a un lien, moi j'aimerais ce niveau de temps, de qualité. Il faut une super belle maturité, mais je trouve que c'est chouette à acquérir. Une fois que tu es là, d'arriver à dire voilà mes besoins, que toi en face tu puisses dire vu tous les engagements que j'ai de loisirs, d'amour, de sexe, etc. et de temps avec moi-même, je ne suis pas disponible pour donner ce temps-là. Oui, c'est ça. C'est la déception. Moi, j'ai peur de décevoir les gens. Il y a ça, il y a des gens qui ont des expectations, des attentes, pardon. Puis si cette attente est trop élevée pour ce que j'ai, c'est vraiment des fois, c'est circonstanciel. Ma job, elle me demande moins. Il y a des périodes de ma vie où l'été, moi, j'ai trois mois de vacances d'été parce que je suis prof. Puis durant ces temps-là, c'est là le temps que je peux donner à tout le monde si je le voulais parce que j'ai une foule de temps. Mais Mais rendu septembre, soudainement, je me sens étranglé. Est-ce que je peux vraiment donner autant de temps de qualité, même à moi-même? Dans le fond, non, je ne peux même pas me donner à moi-même. Et si c'est une relation qui émerge, je vais décevoir cette relation-là. En tout cas, bref. Donc là, aujourd'hui, tu dirais plutôt non à des nouvelles relations. Aujourd'hui, là, sans engagement. À moins que c'est mon voisin, là. Ah oui, c'est vrai. La seule proximité. Oh my God. Puis l'autre jour, j'avais rencontré un gars vraiment beau à l'épicerie. Puis ça donnait que c'était mon voisin. Puis il était aussi dans le domaine du cinéma. Moi, je suis dans le domaine du cinéma. Puis on avait eu des belles dates. Tout allait bien. En tout cas, bref. Fait que... Et là, il a déménagé. Oui, il a déménagé dans le plateau. Merde, mais bon. Le plateau qui est un autre quartier de Montréal, qui n'est pas si loin que ça, mais c'est plus genre le fait que... Oui, il faut que je me déplace, mais après, le déplacement, ça veut dire que c'est plus spontané. Les rencontres sont plus spontanées. Je pense qu'il y a vraiment ça dans une relation qui est belle, c'est que... Moi, mon chum principal, on habite dans la même maison. On n'a pas besoin de se dire qu'on va se donner rendez-vous à 8h du soir pour regarder un film. Non, on rentre chez nous après le travail et on se croise. Ça tente de faire quoi? On va aller jouer à des jeux de société. Moi, idéalement, dans mes relations, j'aimerais que ce soit comme ça. Comme ça, ce n'est pas du management de relations. C'est plus la relation respire. Puis je pense que dans une situation de ville, de capitalisme, c'est difficile d'avoir de la spontanéité relationnelle. Fait que moi, j'espère de vivre une vie polyamoureuse plus loin, dans des plus petites villes. Mais là, après, le bassin de personnes disponibles émotionnellement et plus petites. Fait que, oui, il y a tous des défis logistiques. Tu veux nous raconter ton anecdote? Ouais! Fait que là, c'est ça. Une histoire d'amour. Je raconte une histoire d'amour. Mais vas-y. Pour les amoureuses. Fait que j'avais un film, j'avais réalisé un documentaire qui avait été sélectionné au TIFF, qui est un festival de films à Toronto. Et là, j'y vais pour présenter mon film. Il s'appelle comment en fait, la pub? « Ma mère invisible ». Puis ça parle de l'adoption, donc les personnes qui ont été adoptées. Et donc, en gros, ils m'ont fait me présenter, puis il fallait que je trouve un endroit pour dormir. Fait que je suis allé sur Couchurfing et j'ai trouvé quelqu'un qui a voulu m'héberger. Le hic, c'est qu'on avait juste un lit à partager quotidiennement. Oh, zut! Zut de zut! Et puis, ça a donné que lui était tombé malade. Donc, j'ai pris soin de lui, je lui ai préparé à manger et tout. Puis là, inversement, après ça, quand lui était guéri, moi, je suis tombé malade. Fait que lui a pris soin de moi. Et ça a été deux semaines où on prenait soin l'un de l'autre, on était vraiment en amour. Puis c'était à Toronto. Quelques semaines plus tard, on a décidé de faire un boat trip toute la côte de Gaspésie-Nouveau-Brunswick. Pis encore, c'était vraiment un beau trip. Pis finalement, il dit « Ah, Pascal, peut-être que je pourrais essayer de venir chez vous pis d'habiter à Montréal. » Fait que là, j'ai parlé de ça avec mon copain principal pis je lui ai dit « Est-ce que ça te tenterait avec Joey de vivre à trois? » Pis il a dit « Ben, on va essayer. » Fait que là, c'est ça. Les deux, c'est des travailleurs saisonniers. Donc lui, il travaille en hôtellerie, Joey, et Marc, il travaille avec les plantes. Puis durant l'hiver, eux, ils n'ont rien à faire. Mais moi, je dois travailler. Fait que eux, ils passaient toute la journée ensemble, à la maison, à développer une belle relation. Ils étaient relax. Moi, j'étais stressé. J'avais un petit travail. Puis là, j'étais comme... « Fuck my life ! » Ça, ça crée une genre de jalousie, mais pas seulement une jalousie que « Ah, eux, ils sont en train de vivre des choses. » C'est vraiment genre « Ma vie est poche. » J'étais confronté à ça tout le temps, en rentrant à la maison, qu'il y a comme deux personnes qui ont une relation épanouie, puis moi, j'en ai pas. Donc, j'étais devenu vraiment irritable, puis pas fin. Puis là, la relation a dégradé à cause de ça. Je regrette beaucoup cette relation-là. Pas la relation, mais je regrette beaucoup comment j'ai réagi. Puis je me dis, ça, c'était vraiment la meilleure relation à trois. Ça aurait pu être... Bon, ça aurait pu, ça aurait dû. Mais ça aurait... À le refaire, maintenant, dans ma vie, je pense que je serais mieux outillé pour vivre quelque chose de vraiment beau et épanoui, puis honoré, puis être pas jaloux, puis être comme « Ben, c'est juste ma vie, elle ressemble à ça. » mais c'est marrant parce qu'on discutait de ça épisode précédent sur la jalousie que la jalousie ça peut être le messager de ben en fait j'aimerais avoir la situation que j'observe c'est ça en fait t'aurais aimé être à la maison ben j'aurais aimé avoir eu de la thérapie avant d'avoir cette relation là mais cette relation m'a permis d'être sur un journey d'essayer de comprendre ben comment à refaire une relation comme ça quel outil me manque pour dealer avec ça J'ai les mêmes expériences. Moi aussi, mes premières relations polyamoureuses, j'ai des petits regrets. Il y a des fois où j'ai mal géré. Mais tu l'apprends plus tard, tu sais, avec les erreurs. Ben ouais. Miguel? Moi, je ne sais pas si on a eu le temps vraiment, mais j'aurais une question. Oui. Oui. Mais au fond, là, on parle du travail. Moi aussi, le travail, ça a été genre une constante, le changement de travail. Plus de travail, moins de travail, plus de temps. Jusqu'à quel point est-ce que le polyamour, il y a des privilèges ? au privilège justement d'avoir du temps, au privilège d'avoir de l'argent, au privilège d'avoir un thérapeute. Jusqu'à quel point est-ce que le polyamour, c'est aussi une situation pour des personnes qui ont du temps de loiser et donc qui peuvent investir plus dans leur relation amoureuse. Puis peut-être que ça fait partie de pourquoi est-ce que les gens ont des a priori. Peut-être que dans leur vie en ce moment, ils n'ont pas ces privilèges-là. Puis à ce moment-là, je comprendrais le... l'incompréhension de certaines personnes face aux polyamoureux en se disant ben moi je peux pas vivre ça est-ce que c'est est-ce qu'il y a de ça ou moi je suis complètement d'accord Pascal je suis complètement d'accord moi ben c'est bon de de déclarer le privilège je pense aussi que c'est c'est pas nécessairement un privilège mais je pense qu'il y a des circonstances il y a beaucoup de circonstances aussi qui font que ça peut marcher Je peux imaginer, j'avais rencontré un couple, pas un trouple, un quadruple marié, le premier quadruple marié au monde apparemment, en Colombie. Puis c'était mes hôtes de couchsurfing. Et puis, ce n'est pas des gens très riches non plus, mais je pense que le privilège, ça ne va pas être juste « Ah, j'ai de l'argent, des ressources », mais je pense que c'est aussi des circonstances que c'est peut-être des habits de plus proches. Après, en fait, si j'ai trois heures de transport pour aller au travail et que j'ai du mal à joindre les deux bouts, et que je galère financièrement mon espace pour aller créer des rituels et ou bien communiquer enfin tu vois ce que je veux dire mon espace pour gérer de multiples relations et tout l'apprentissage que ça exige parce que je pense qu'il y a un vrai plafond de verre On grandit tous dans cette idée, dans ces normes d'amour et d'amitié. Il va falloir percer, rencontrer nos jalousies et nos peurs. Parce qu'en fait, on n'a pas grandi avec la sécurité que plusieurs relations amoureuses peuvent se vivre en parallèle. Donc en fait, on est un peu comme des poules avec une fourchette. J'aime l'image. Et une chick avec des fourchettes. Mais j'entends que ça doit être... Je vais faire une petite parenthèse. Je me dis polyamour depuis dix ans, mais je ne pense pas que dans tous ces dix ans-là, j'étais toujours en relation avec plusieurs personnes en même temps. Je pense que c'est un mindset. Je pense que toutes les personnes monogames devraient considérer les mêmes questions que les gens polyamoureux. Parce qu'au fond, c'est un mindset de se poser des questions constamment. Et plus que, genre, devoir être en relation puis faire la gestion de ces relations-là. Moi, je suis complètement d'accord. Le secret d'une relation monogame qui fonctionne, c'est aussi la communication, c'est aussi l'organisation. On a plein d'enjeux en commun. Tous, complètement. Dernier sujet avant qu'après on puisse soit s'arrêter soit rajouter un dernier truc. Il y a quand même la question de la hiérarchie qui est souvent revenue et je crois que j'ai entendu dans chacune de vos bouches, non peut-être pas Julien mais toi Pascal tu implémentes une certaine forme de hiérarchie. Oui, mais je n'aime pas ça. Il y a une hiérarchie implicite. C'est normal qu'avec ma relation de 10 ans, ça vaut quelque chose. Mais je n'aime pas ça de dire que quelqu'un est plus important que d'autres. Je pense que c'est toutes les relations que j'ai avec des gens. Au final, je veux les honorer. Puis, il y a l'opportunité de se faire développer. Mais je vais pas dire genre « Ah, désolé, lui, Mark m'a demandé d'avoir une date, fait que je le priorise lui plus que toi. » Fait que j'aime pas ça, cette idée de « Lui est plus important que toi. » Non, c'est genre « J'ai une relation avec cette personne-là, il y a des besoins, toi t'en as aussi, fait que comment je fais pour honorer tout ça? » Ça marche. Ouais. Parce que j'ai entendu un mot compliqué de « je suis polyamoureux, non hiérarchique ». Oui, moi, je l'ai, le terme technique. Je ne sais pas si je l'ai prononcé aujourd'hui, mais l'anarchie relationnelle. Merci, l'anarchie relationnelle. L'histoire que j'ai racontée du trouble, justement, moi, j'étais dans cette position-là. J'étais celui qui avait le moins de... J'étais le second. Il y avait le couple principal qui avait déjà leurs règles. Si le trouble allait... eux, ils allaient rester ensemble. Puis moi, j'aurais pris le bord. Une fois que j'ai vécu cette position-là, moi, après, j'ai refusé les hiérarchies. Je sais que c'est égossant parce que c'est encore un terme... Donc, l'anarchie relationnelle, c'est cette idée-là qu'on arrête de hiérarchiser ses relations. Puis moi, j'y crois hyper fort. Donc, j'essaie le plus possible avec mes partenaires d'y aller avec leurs besoins, avec mes besoins, puis de ne pas donner de privilèges idéalement. Les relations n'ont pas besoin d'être symétriques avec tout le monde. Tout le monde n'a pas besoin d'être dans la même hiérarchie, mais juste d'arrêter d'essayer de se comparer et de juste vivre, en fait. C'est un genre de lâcher-prise aussi. Moi, je suis d'accord avec ça. Tant que les besoins de tout le monde sont rencontrés, il faut bien nommer les besoins et il faut quand même qu'il y ait une structure de reconnaissance de ces besoins-là. Moi, ce que j'aime bien dire, c'est que j'ai un partenaire A et j'ai un partenaire 1. C'est qui l'hierarchie? Ils sont différents. Ils ne sont pas sur la même ligne. Ils sont en premier dans leur propre catégorie. Mais tu as hiérarchisé parce que tu as aussi... J'ai hiérarchisé par rapport à la protection de ces relations-là par rapport à d'autres relations qui sont à l'extérieur. C'est comme ma garde rapprochée. Ma garde rapprochée, c'est le 1. C'est ce qui me maintient en vie. C'est ça ma vie. Après, il y a des choses qui peuvent changer à l'intérieur de ça, puis eux-mêmes ont d'autres relations, etc. Mais moi, j'ai besoin pour me sentir bien que ce gars-là soit proche de moi. Puis c'est ça. À la plupart, oui, ça va limiter par rapport à mes autres relations. Cette hiérarchie-là, moi, je la maintiens. Je vais l'assumer que... que je fais ça. Après, à l'intérieur de mes différentes relations, que ce soit la garde rapprochée ou pas, je ne vais évidemment pas... Je parlais de mon amant régulier ou de mes amants irréguliers qui sont autour. Si, justement, il y a un besoin, une demande, ça se peut que je déplace une rencontre que j'aurais qui serait comme prioritaire parce que cette personne-là a un besoin ici, maintenant, et que c'est plus important. Ce n'est pas coulé dans le béton non plus, là. Puis entre des amis, je hiérarchise pas mes différents amis, je pense pas. Mais ça me parle beaucoup. Je fais pas une liste de 1 à 100, mais... Ça me parle énormément. En fait, j'ai l'impression que c'est un mot un peu de merde, mais qui vient du système actuel, tu vois. Amour, amitié, hiérarchie. Il y a clairement une hiérarchie dans l'amour monogame, etc. Et je m'entends vous poser ces questions et ça résonne pas du tout. Enfin, si tu me disais, tu hiérarchises comment tes amitiés? Ben, c'est ça. j'aurais du mal à répondre à la question alors j'y répondrai poliment parce que je suis sur un podcast où j'ai pas le choix non mais je trouve que ça n'a pas trop de sens même si après il y a la réalité que t'as dit de Depuis combien de temps on est ensemble? Qu'est-ce qu'on est en train de construire? Est-ce qu'on se connaît depuis 10 minutes? J'ai une anecdote par rapport à ça. Mon partenaire a voulu faire une célébration. C'est juste qu'il y a une célébration qui s'en vient. Il y avait 128 personnes sur sa liste à inviter. Je ne sais pas si tu y penses bien, mais 128 personnes, on ne pouvait pas louer un auberge, on pouvait juste louer un camp. Puis louer un camp, c'est cher, c'est compliqué. Fait que là, j'étais comme « Non, priorise tes relations. » Puis là, il était comme « Non, je ne veux pas faire ça, pas de hiérarchie. » Puis là, telle personne est importante pour telle raison. Puis là, j'étais comme « Non, mais il y a 30 places. » Pis tu sais, je veux dire, à un moment donné, ou fais-en plusieurs, 4 fois 30, pis là, ben, on les répartira sur l'année. Tu sais, je sais pas, mais ça aussi, c'est juste... Une loterie? Peut-être. Au hasard? Ça pourrait être ça. Oui, tu conclus quand même sur la hiérarchie, elle est obligatoire parce que, comme on a dit, prendre soin de nous, plus le travail, plus du lundi au dimanche, en fait, on n'a quand même pas le choix. que d'avoir un espace-temps limité, un cœur inju, tu l'as très bien nommé, limité. C'est vrai qu'il y avait une question d'un auditeur qui disait, mais je fais comment pour être intime et nourrir sexuellement toutes ces relations ? Il y a une limite par rapport à ça, libido. Mais après, je suis d'accord avec le fait qu'on résiste aussi à cette hiérarchie-là, puis qu'on y aille un peu à contre-coeur. Je ne voudrais pas qu'il y ait une symbolisation de la hiérarchie et que la hiérarchie apparaisse comme naturelle. Ah oui, on a des amis A et des amis B et que c'est comme ça dans la vie. Non, absolument pas. Mais après, quand dans la réalité, il faut faire des choix, on fait des choix. Je ne sais pas. On va s'arrêter là, à moins que vous ayez un mot de la fin, vous avez envie de rajouter une petite bafouille. On a dit qu'on a trois livres à pseudo-conseiller à des gens qui sont curieux. Moi, j'ai lu 20 pages de Police et Cure. Très bon livre. Ah ouais ? J'ai trouvé que les 20 premières m'ont un peu saoulé. C'est vrai ? Ouais, très théorique, mais à voir, je ne peux pas juger. Jessica Fern, mais c'est vraiment le bouquin de référence dont tout le monde me parle, plusieurs auditeurs m'ont dit qu'il fallait le recommander. Je crois que c'est que en anglais malheureusement. More than two ? ça c'est toi Julien oui un livre très accessible avec plein d'histoires et la version il y a une version blog en ligne morethan2.com je crois qui est disponible gratuitement super que en anglais aussi je crois ça marche et codependent no more Pascal. Oui, un cahier d'exercice pratique à faire avec son partenaire amoureux et qui permet de passer d'une relation d'attachement anxieuse ou évitante à un attachement sécure. Et je pense que ça, ça aide pour tout le monde, les groupes monogames, mais aussi très nécessairement dans les relations polyamoureuses. C'est sûr. J'avais un dernier truc. Oui, je peux faire la pub de mes podcasts. J'ai fait une page actifoupassif.com slash couple ouvert, tout accroché sans S. Et il y a une série d'épisodes qui parlent pas mal de jalousie, de couple ouvert, de troubles. Un peu de polyamour, mais au-delà. On peut aussi rappeler qu'il y a mille expériences de polyamoureuse. Expérience polyamoureuse, on est trois, mais il y a tellement d'autres façons de le vivre. Il ne faut pas se limiter à ce qu'on a dit aussi. Oui. Quoique, tu sais, je ne vous connais pas, puis quand vous vous exprimez, il y a tellement de points communs ou des choses que je suis comme « Ah, bien, ça arrive dans la même conclusion ». ou au même ressenti, on est dans les mêmes directions. Oui, il y a plusieurs manières de vivre le polyamour, puis c'est ça qui est en fait la définition du polyamour, de trouver chacun ce qui fonctionne avec une personne précisément, puis pas faire des recettes toutes faites. Mais dans le fond, il y a quelque chose d'universel dans notre humanité. Qui on est, comment on se positionne, c'est quoi notre responsabilité envers les autres, c'est quoi nos émotions, comment on les nomme, c'est quoi nos besoins, c'est quoi nos limites. Puis le polyamour, je pense que ça force tout le monde à devoir confronter toutes ces questions complexes. Wow! Quelle conclusion! Elle est parfaite ta conclusion. Elle est parfaite. C'est super. Bisous, à bientôt. Au revoir. Bye. Ciao.

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