Fermier en trouple : l’histoire de notre rencontre – Thomas 1/3

Partie 1 sur 3
« Je pense que ce qui me nourrit, c’est accepter les sentiments, les émotions, les attirances que j’ai et ne pas les mettre dans un coin et avoir l’impression qu’elles vont me faire mal pendant qu’elles n’arrivent pas à s’exprimer. » Thomas

Thomas, 38 ans, fermier dans la Manche, vit en couple ouvert depuis douze ans : lui et son compagnon sont tombés amoureux du même homme, qui les a rejoints.

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Dans cet épisode du podcast :

  • Ils rencontrent Arnaud à une soirée lancée sur Grindr, pour sortir des logiques de l'appli
  • Thomas passe la soirée près de la cheminée, à jeun : c'est Fred qui aborde Arnaud
  • Au petit matin, ils montent à quatre dans une chambre, sans que Thomas ait parlé à Arnaud
  • Dans les plans à plusieurs, il n'arrive jamais à trouver le moment de demander le consentement

On en parle dans cet épisode
La série que Guillaume (le podcasteur) conseille à Thomas, bloqué sur la pénétration avec son compagnon
Écouter l’épisode
Le livre offert par son père, sur la liberté de choix, qu'il lisait quand il a questionné le couple
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Comment tu te sens ? Je me sens bien. Ouais ? Ouais. En fait, moi, je me dis... Moi, j'ai un peu l'habitude, tu vois. Mais je me dis, en fait, quand tu l'as jamais fait, toi, tu débarques chez moi, il y a des micros, on s'assoit. Je sais pas, moi, je me sentirais un peu intimidé. Ouais, ça va, moins que ce que je pensais. Je sais pas, je pense que comme on s'est eu en visio, qu'on a déjà discuté une bonne heure... Ouais. Donc du coup, tu as décidé d'être anonyme. Ouais. Tu t'appelles comment ? Je m'appelle Thomas. Je le note. Après, je biprais si jamais je fais des bêtises. Et pourquoi tu décides d'être anonyme ? Parce qu'eux m'ont demandé de l'être. Eux, c'était deux partenaires ? Ouais, c'est ça, mes deux partenaires, ouais. Voilà, eux préfèrent l'être, donc je vais l'être aussi, comme ça il n'y a pas de... Ça marche, super. Alors, on a trois ennemis à cet entretien, sache-le. Le premier qui a le plus de pouvoir pour le moment, c'est le rhume des foins. Du coup, moi, j'éternue, je tousse. Bon, normalement, là, ça va, mais du coup, c'est pour ça que j'ai une voix très rauque. Le deuxième ennemi, c'est des travaux dans mon immeuble. OK. où apparemment ils bougent des parpaings et tout mais là je n'entends rien donc c'est bon et le troisième j'ai oublié peut-être notre homophobie internalisée celle qui va nous empêcher de nous libérer J'allais dire les pompiers parce que je les entends souvent dans les podcasts. Ouais, t'as vu, j'habite à Paris. À chaque fois, je me dis merde, il y a les pompiers chez moi. Ah non, c'est dans le podcast. Ah oui, t'as l'impression que c'est chez toi. Ouais. Tu es fermier en trouble. C'est ça. Tu vas nous raconter ton trouble. J'ai envie de savoir comment c'est arrivé sur ton chemin d'épanouissement. Tous les défis et les joies et les défis que ça amène. Notamment, tu m'as parlé de communication et de jalousie. Ouais. Comment ton trouble est intégré ou pas dans ton petit village ? Puisque ce qui m'intéresse dans l'aspect fermier, en plus de savoir ce que tu fais pousser ou ce que tu élèves, c'est aussi comment nos intimes dans un petit village, comment ça fait ? Est-ce que ça change quelque chose ? Et ton enjeu du moment, plus sur ton épanouissement actuel. On a discuté dans notre pré-entretien de comment je trouve mon plaisir sans oublier l'autre. Et des investigations du côté du jeu de la domination. Et avant ça... Un petit point G. Donc, je fais des siestes en ce moment et pendant mes siestes, j'ai des super bonnes idées comme celle-là où je me suis dit en intro, je pourrais appeler le moment où je fais un point sur les coulisses du podcast, le point G. Après, je me suis dit que ça faisait aussi un peu vieux titre de rubrique d'un blog qui a mal vieilli, tu vois. Donc, peut-être ça ne restera pas. Moi, en fait, je cherche des donateurs. Peut-être si tu as écouté les derniers épisodes. Maintenant, j'ai rajouté un petit blabla au début. J'ai un enjeu de modèle économique. Je grignote mes économies et je me dis, je vais peut-être arriver à trouver 400 personnes qui aiment le contenu, qui sont prêts à donner 5 euros par mois. Si les gens ne peuvent pas donner, les trucs qui vraiment changent quelque chose pour moi, c'est les messages. J'ai des gens qui me disent comment le podcast résonne pour eux et vraiment ça m'accroche. En plus en ce moment je traverse un moment un peu de difficulté créative où j'ai beaucoup tiré la ficelle, j'ai enchaîné plein d'entretiens, j'ai fait plein d'épisodes et je me sens fatigué. même tu as créativement et en fait il ya des gens qui m'envoient un petit message juste de prendre ce temps là tu vois tout le monde se dit bah il leur soit plein ou bien quoi bon mais franchement moi ça fait ma journée parfois ma semaine et les gens mettent du coeur tu as 10 pourquoi eux ça les est franchement trop génial et l'autre truc super simple c'est cinq étoiles sur spotify ou apple podcast je crois que c'est les deux seuls qui le permettent tu mets 5 étoiles du coup l'algorithme partage le podcast plus facilement parce qu'il se dit tiens c'est bonne nouvelle et plus on partage et plus j'ai des chances d'avoir des auditeurs qui eux peuvent décider de donner 5 euros par mois J'ai envie de finir sur le dernier commentaire que BafBaf38, dont le pseudo m'interpelle. BafBaf38 est devenu donateur et il dit « J'écoute ton podcast en faisant du vélo. J'ai mal au cul en faisant du vélo. » Alors avoir un podcast qui m'explique comment ne plus avoir mal au cul pendant une saut d'eau et garder ça pour le vélo, ça vaut bien un type, non ? Merci pour ton travail sur ce podcast. Les témoignages comme les tutos et ton propre témoignage permettent de se dire qu'on n'est pas le seul à avoir mal et que c'est pas normal. Pas le seul pour qui l'acceptation de l'acte n'est pas si simple. Pas le seul à ne pas savoir communiquer pendant l'acte. Pas le seul face à la performance nécessaire, entre guillemets. Pas le seul face à tout plein d'autres choses si bien décrites et pour lesquelles en discuter avec son entourage est tout sauf simple. Merci et en avant vers l'épanouissement sexuel. Non mais ça, tu vois, ça me fait un mois. Tous les matins, je lis et je me dis, ok, c'est ça la raison d'être du podcast. C'est fini pour le petit point G. On rentre dans le vif du sujet. Du coup, rappelle-moi ton faux prénom. Thomas. Merci pour que je l'intègre à un moment donné. Mais justement, j'ai envie de commencer par là. Dans le pré-entretien, tu t'inquiétais de « ok, moi je témoigne ». Et moi, en tant qu'individu, je me donne le droit, mais je suis avec deux partenaires. Tu t'inquiétais un peu de leur réaction ? Finalement, t'en as parlé ? Ouais, on a pris le temps d'en parler à distance, du coup, parce que j'étais au stage. Enfin, on en a parlé un tout petit peu. Au stage de Tantra ? Oui, parce que là, tu es en connexion, comme dans un vol. C'est ça. Tu es entre deux trains à Paris. Oui, c'est ça. Et on a saisi cette opportunité pour enregistrer. Qu'est-ce que tes partenaires ont dit de ton envie de témoigner ? Il y en a un qui partage plutôt cette envie, parce que lui avait bien envie aussi. Parce que je pense qu'on partage une... Une simplicité dans la façon dont on parle de notre vie privée à notre entourage. Et l'autre moins ? Et l'autre moins, plus parce que lui, ce ne serait pas vu le faire. Et ça lui pose plus des questions. Les réticences qu'il avait, c'est quelle est la part d'ego qui pousse à faire ça ? Est-ce qu'il n'y a pas un besoin de reconnaissance ? Et quelle est la part de ce besoin de reconnaissance ? Et je pense que le fait que moi, j'ai envie, ça lui a renvoyé un peu ça. Le fait de « est-ce qu'il est à l'aise ? » avec le fait que moi, j'ai envie de me mettre en avant. Je pense que c'est ça qui m'a exprimé, en tout cas. On n'a pas forcément eu le temps d'aller beaucoup plus loin, de creuser beaucoup plus loin, mais c'était ça qui était un peu la réticence pour lui. Du coup, tu as leur consentement de raconter, sauf les prénoms. Sauf les prénoms, oui. J'allais demander de quoi toi et moi, on doit prendre soin pour que votre accord soit respecté. C'est ça ? On ne dit pas les prénoms ? Oui, on ne dit pas les prénoms. Il y a d'autres informations ? Je pense que je le sentirais au moment d'évoquer certains points qui peuvent être sensibles pour nous, de ne pas rentrer trop dans le détail ou d'être bien respectueux et bienveillant envers les deux. Toi, cette question du trouble ou plus généralement, tu vois, cette question du non-couple, ça a toujours été présent chez toi ? C'est quelque chose qui t'a toujours travaillé ? Tu ne t'es toujours jamais vu dans un couple comme on voit à la télé et donc tu as toujours été à la recherche d'alternatives ou ça t'est tombé dessus ? Ça n'a pas toujours été là, mais c'est là depuis très longtemps. J'ai 38 ans. Je pense depuis la première fois où j'étais vraiment en couple. Je me suis posé la question... Je me suis posé la question parce que j'ai eu une relation en dehors de ce couple-là et que du coup, ça m'a poussé à me poser la question de pourquoi je le fais, est-ce que je suis bien avec ça ? Une relation en dehors, c'est sans le consentement de ton partenaire ? Et en me posant la question, je me suis dit « au-delà du fait que la communication n'est pas passée, que ce n'était pas le moment, que je l'ai mal fait par rapport à lui, je ne l'ai pas respecté, est-ce qu'il était d'accord ou pas ? » Moi, au-delà de ça, je l'ai bien vécu. J'étais OK avec le fait d'avoir plusieurs relations. Je pense que depuis ce moment-là, je me suis toujours dit que je suis OK avec ça. J'ai juste envie de faire attention à comment ça se passe, plus attention à comment ça se passe que la première fois où je l'ai fait. Tu sais te souvenir de déclics sur ce chemin ? de déconstruction parce que le couple c'est quand même un fondamental de notre société qu'on nous sert matin midi soir mais de plein de façons quoi dans énormément d'interactions sociales il y a du sous-entendu qui tourne autour de es-tu avec quelqu'un ou pas donc c'est pas une mince affaire tu vois je trouve tu te souviens des clips là tu me dis J'ai trompé, je me suis dit d'avoir plusieurs partenaires c'est cool, mais mieux communiquer, en avant guinguant. C'était assez fluide pour toi ? Le souvenir que j'ai à ce moment-là, c'est que je lisais un bouquin que m'avait offert mon père, qui s'appelle « Éthique et l'usage de mon fils », qui parlait beaucoup de liberté, de liberté de choix, d'autonomie. Et ça arrivait à ce moment-là où je me posais la question de comment et pourquoi est-ce que je me sens libre d'avoir cette relation en dehors de mon couple. Et je me suis dit « j'ai envie de faire quelque chose ». J'étais à un moment où ça faisait sens pour moi de respecter ce dont j'avais envie. Et je pense que ça venait aussi dans un chemin de... J'ai l'impression de m'être beaucoup construit, peut-être avec l'acceptation de mon homosexualité... un peu en opposition avec ce qui est commun et courant et attendu dans la société. J'ai l'impression que sur plein de choix... Et aller chercher ce qui était sorti de la norme. J'étais plus à l'aise parce que ce n'était pas la norme. Parce que pour le moment, j'ai du mal à comprendre cette envie. Toi, tu appellerais ça... Tu te dis polyamoureux ? Je ne me dis pas polyamoureux, je m'intéresse au polyamour, je ne me dis pas polyamoureux parce que je ne sais pas pourquoi. Du coup, j'ai du mal à comprendre comment est née cette envie de plusieurs relations. Tu sais me mettre des mots sur cette joie que tu as ou cet élan ? J'ai compris que c'était... pas la norme, et que ça, ça te plaît ? Il y a d'autres choses plus intimes ? Ça te nourrit ? Je pense que ce qui me nourrit, c'est accepter les sentiments, les émotions, les attirances que j'ai et ne pas les mettre dans un coin et avoir l'impression qu'elles vont me faire mal pendant qu'elles n'arrivent pas à s'exprimer. C'est un peu comme ça que je le sens. Toi, tu as l'impression que, si je comprends bien, le couple monogame, c'est dire non et refuser, réfuter des émotions, des attirances. Et ce refoulement te blesse. Et donc, pour toi, être ouvert... Dans mon cheminement, oui. Parce que, je pense, avec cette première expérience, j'ai constaté que j'avais des attirances en dehors des personnes avec qui j'étais en couple. Et que du coup, pour moi, je le vivais comme effectivement un... un refoulement, un interdit ? Je vais dire un truc maladroit, mais je ne suis pas convaincu. C'est maladroit parce que je n'ai pas à l'être. C'est très clair ce que tu dis, mais je ne suis pas convaincu qu'on soit allé au cœur de la lumière, dans ton petit cœur. Parce que quand je t'entends dire, j'entends une joie à la liberté, une joie à la création de liens qui fait du sens pour toi. Là-dessus, je vois qu'il y a de la lumière. Mais du coup, ça ne dit pas trouble. Par exemple, moi, j'aurais plus entendu un discours de... Moi, tu sais, la relation... Voilà, j'en ai pas besoin, donc je construis avec tout un tas de gens, c'est mes amis ou mes amoureux, j'ai du sexe ou pas. Or là, toi tu t'incarnes dans un autre cadre un peu différent ? Sur la question du trouble, ça s'est arrivé super tard. Pendant toute ma vie de couple, on a été en couple ouvert. Mais la question du polyamour ne s'est jamais posée très fortement. Il n'y a jamais eu de... de moments où la question d'être en relation amoureuse, affective avec d'autres s'est posée. Là, tu parles toujours de ton couple où tu as eu cette relation non consentie. Non, non, pardon, du couple, de mon couple. En général, la suite après, tu as continué à être ouvert. Oui, voilà, c'est ça. Je suis en couple depuis 12 ans. Et dans ce couple-là, on a toujours été en couple ouvert. Et la question ne s'est jamais posée dans le sens, tu n'as jamais rencontré quelqu'un où tu t'es dit, là je ressens un amour sur lequel je veux construire un palais ? Voilà, exactement. La poétique. Pendant tout ce cheminement, la question ne s'est pas posée. J'ai des attirances, on en parle, c'est OK pour nous deux. On est OK pour qu'on ait des aventures sexuelles en dehors du couple. Et au moment où on a rencontré cette troisième personne... On n'avait pas d'envie, on n'avait pas de besoin, mais on était tous les deux prêts. Et ça s'est fait comme ça. Assez naturellement. Oui, assez naturellement. Je pense que c'est plus lui, ce troisième, qui nous a dit « je suis sur un chemin où je me pose pas mal la question de comment je me sens en couple ou comment je me sens pas bien en couple ». Et que lui avait envie d'explorer du polyamour ou du trouble. Il avait eu une première expérience un peu entre les deux qui ne s'était pas très bien passée, mais il sentait que c'était quelque chose qui lui parlait. Donc il nous a tout de suite dit ça clairement. « Je me sens bien avec vous, j'ai envie d'essayer d'aller plus loin. » Sans raconter son histoire à lui, c'est quoi pour toi la différence ? Parce que tu as dit entre les deux. Et donc je me disais, qu'est-ce qu'il peut y avoir entre les deux ? Parce que moi, de ce que j'ai compris avec mes petites connaissances, le polyamour, c'est la capacité à tomber amoureux de plusieurs personnes à la fois. Et cet amour peut, selon les règles que l'on décide, s'incarner dans une relation fugace ou pas. Enfin, il y a tout ça, mais... Et c'est le fait que, je crois aussi qu'il y a un élément, et tu vas me compléter, que tout ça c'est dit en transparence, c'est-à-dire que le polyamour il est vécu dans la communication, donc chaque partenaire est plus ou moins au courant, mais en fait je recule un peu parce que je crois qu'il y a des gens qui peuvent se considérer polyamoureux sans que tous les partenaires soient au courant du même niveau d'info. Bon, donc je viens de me contredire, mais qu'est-ce que tu en penses ? Ouais, je suis d'accord sur l'aspect transparence. Pour moi, la transparence, je suis transparent dans le fait que potentiellement, j'ai plusieurs relations. Mais après, pas forcément dans le détail. Si la règle, c'est qu'on ne se raconte pas tout le reste, il n'y a pas de transparence là-dessus, mais c'est en accord avec les personnes avec qui on est en relation. La différence que je faisais, c'est plus parce que dans ma vision du polyamour tel qu'on en parle souvent, on parle peut-être moins souvent de troubles, mais plutôt de relations multiples qui n'ont pas forcément de lien entre elles, qui en font un groupe, disons. Vous êtes un trio. Nous, on est un trio. Là où ça pourrait être une étoile. Je pourrais avoir deux relations. Je pourrais avoir deux ou trois relations, mais ces différentes personnes n'ont pas de relation entre elles. C'est un peu ça la différence que je faisais. Et donc, je disais que son expérience était un peu entre les deux parce qu'il a rencontré une personne qui était en couple. Les trois se sont dit, on va essayer d'être en troupe. Très vite, le troisième a dit, non, ça ne me va pas. Soyez en couple, vous. Moi, je ne rentre pas dans cette relation. OK. Donc là, c'était un peu l'acceptation que j'ai du polyamour. Et ça n'a pas marché. Le troisième a très vite dit non, ça ne me convient pas. La différence, c'est que vous deux, le couple de 12 ans, vous êtes tombés amoureux de la même personne. Exactement. Avec la même intensité ? Pas forcément avec la même intensité. Nous deux... avec une intensité assez proche je dirais mais ce qui fait peut-être la différence c'est que le troisième lui n'est pas tombé amoureux de nous deux avec la même intensité du coup il n'y a pas la même intensité dans les relations donc ça fait quand même une petite différence il est plus amoureux de qui ? il est un peu plus amoureux de moi Et ça, c'est quelque chose que vous dites ? C'est quelque chose qu'on dit, qui nous exprime. Après, ça a pris du temps, ça prend encore du temps de trouver la façon de l'exprimer, la façon de nous exprimer en retour et la façon de nous en discuter entre nous, entre nous deux. Vous êtes fort. Ma réaction de oh là là, c'est venu directement m'appuyer sur ma peur du rejet. Ça m'a mis inconfortable à l'idée d'être dans une des trois positions d'ailleurs. Comment vous l'avez rencontré ? Tu peux me rappeler ? Pas de souci. On l'a rencontré dans une soirée chez un ami. Une connaissance qu'on avait rencontrée sur Grindr. qui était devenu un ami pas très proche mais avec qui on échangeait de temps en temps et qui lui s'était dit que ça ne lui plaisait pas les dynamiques sur Grindr la plupart des gens ne prennent pas le temps ou n'ont pas le temps d'approfondir la relation et du coup se basent sur juste un tout petit élément de la richesse d'une personnalité. Et du coup, il avait envie de contourner ça en organisant chez lui des soirées, en invitant tous les gens qui voulaient venir. D'abord, il a juste envoyé un message sur son profil Grindr en disant « soirée chez moi tel jour ». Pas forcément une partouze ? Non, non, non. C'était une soirée conviviale. Viens qui veut, vous invitez. Une partouze, c'est une soirée conviviale. Je rigole, je rigole. Avec l'idée de base, c'était on passe un moment convivial. Un perro, quoi. Il n'y avait aucune idée préconçue de où est-ce que ça va aller, disons. Et donc là, est-ce que vous êtes à l'aise qu'on dise dans quel coin on a une ferme ? Oui, on est dans la Manche, un coin plutôt rural, pas très isolé, mais pas de grosses villes, pas de zones urbaines denses. On est dans la Manche, ça veut dire ? Oui, dans le département de la Manche. Et là, je ne connais pas ma géographie. Du côté du Mont-Saint-Michel, en gros, entre Caen et Rennes. Le Cotentin, ça parle peut-être plus. C'est intéressant parce que je trouve que c'est une chouette utilisation de Grindr. Donc là, on est dans le contentin, on est dans le département de la Manche. Et vous avez connecté avec ce mec qui vous fait... C'est là où vous rencontrez numéro 3. Pas tout de suite. Il a fait une première soirée qui s'est bien passée. On a trouvé ça sympa. Il a refait une deuxième soirée un an plus tard, donc l'année dernière, dans laquelle on a rencontré ce troisième. Ok. Et quand tu dis la première soirée était assez sympa, c'est-à-dire tu t'es fait des potes rapides mais il n'y a pas eu de rapport sexuel ? Si, il y a eu des rapports sexuels. Chacun de notre côté, on a eu un rapport sexuel avec une personne différente. C'était ok pour nous. Il y a une grande maison et chacun peut aller chercher sa pièce ? Oui, c'est ça. Pas une maison gigantesque, tout le monde n'avait pas de la place pour baiser dans son coin. Tu as eu la salle de bain ? Non, j'ai eu une belle chambre avec deux lits. Ah ! Parce que le carrelage à la salle de bain, moins agréable. Oui, je pense que ça a été moins agréable. C'est vrai. Ou au contraire, plus excitant ? Ouais, je sais pas. Pour moi, pour l'instant, de mes expériences, non, ça m'excite pas. C'est pas quelque chose qui m'excite. Moi, j'aime bien mon petit confort, ouais. Ouais, moi aussi. Ça m'aide bien. Et du coup, jusqu'à présent, votre couple, toi, de 0 à 100, tu dirais que t'étais au bon endroit sexuel à combien avant l'arrivée de numéro 3 ? J'étais au bon endroit pour moi à 90. J'essaie de formuler la question. Mais en gros, tu kiffais ta sexualité. 90, c'est j'aime vraiment ma sexualité entre nous deux. Et en dehors de nous deux. Et la ferme va bien, parce que 90, t'es pas stressé, quoi. Ouais, ouais, c'est ça. Qu'est-ce qu'on fait pousser ? On fait pousser plein de choses. On fait pousser des légumes, on fait pousser des arbres pour produire des fruits, on fait pousser des arbres pour vendre des arbres. ok trop cool j'allais dire peut-être on peut mettre un lien vous vendez mais de toute façon on est anonyme donc on va pas vous mettre de lien ouais on mettra pas de lien ok du coup toi t'as l'impression que toi t'étais à 90 sur 100 bien t'étais du coup pas dans une recherche particulière le coeur ouvert mais y'avait pas un problème à régler quoi Il y avait des petits détails, je dirais, de choses à régler, mais que je ne vivais pas comme douloureuse, comme il faut absolument que je sorte de ça. Tu étais sur ton chemin de petit être humain parfait. Quels étaient ces détails ? Ces détails étaient quelque chose que je vivais comme une difficulté à ne pas contrôler, à lâcher prise, que j'ai vécu beaucoup. On a essayé la sodomie dans les deux sens. Et assez vite dans la relation, c'était compliqué pour moi d'être pénétré. Et autant le fait de ne pas être pénétré en soi, ce n'était pas un problème pour moi. C'était plus un problème dans... Est-ce que ça dit quelque chose de ma relation avec lui non sexuelle ? Parce que ça m'est arrivé plusieurs fois d'avoir des relations autres pendant lesquelles je n'avais aucun souci à être pénétré. Du coup, je me dis, est-ce qu'il y a quelque chose qui se joue là ? Je n'arrive pas à me laisser aller avec lui parce que, par ailleurs, dans notre relation, il y a d'autres difficultés. Du coup, j'allais te dire, saute sur les épisodes précédents, les six épisodes sur la sodomie, mais tu dis que ça se passait bien avec d'autres partenaires, mais il y avait un blocage avec celui que j'aime. Oui, c'est ça. À l'époque, tu l'aimais. Oui. Au moment où on est, donc on est avant le trouble. Qu'est-ce que tu as aujourd'hui compris de ce blocage à la pénétration ? Je pense plusieurs choses. Je pense qu'il y a des questions clairement physiques ou physiologiques, je dirais, parce que j'ai des hémorroïdes, j'ai des saignements, donc peut-être une petite fissure anale ou un truc comme ça. Donc je pense que, ne serait-ce que physiquement, j'ai des douleurs, des difficultés. Hop, hop, hop, hop, là, il y a un petit point hotline ! Je fais une parenthèse pour moi-même. Très souvent, la fissure anale est confondue avec des hémorroïdes. Mais bon, ça, c'est une proctologue qui me l'a dit. Ça me répond bof parce que si avec certains partenaires, tu avais des hémorroïdes parfois, c'est ça ? Et tu as l'impression que tu as été pénétré avec des partenaires différents de ton amoureux à des moments où tu n'avais pas d'hémorroïdes, c'est ça que tu penses ? Je ne sais pas trop parce que jusque récemment, je ne me suis pas trop renseigné sur les hémorroïdes. Je sais que j'ai des difficultés circulatoires et des douleurs anales. Donc, je me dis que ça doit être des hémorroïdes, mais je n'ai jamais approfondi plus cette question-là. J'ai mon syndrome du sauveur qui t'agit. J'ai envie de te donner... On en parlera peut-être après, mais moi, j'ai eu des hémorroïdes et franchement... Mais je n'ai pas déjà parlé sur le podcast des hémorroïdes. On devrait faire un épisode des hémorroïdes. Peut-être. En tout cas, un peu bancal. Je pense qu'il y avait un peu de ça. Un peu bancal quand même, parce que tu me dis que les hémorroïdes, c'est un sujet. Ça, c'est vrai. Mais ce n'est pas le seul sujet. Mais on ne comprend pas pourquoi tu n'as pas mal avec des hémorroïdes, avec d'autres. Je pense que... L'interprétation que j'en ai, je ne sais pas si elle est juste, je ne l'ai peut-être pas suffisamment creusé, c'est quand il n'y a aucun autre enjeu dans la relation sexuelle, j'arrive à me laisser aller complètement, qui fait que la potentielle douleur, soit j'arrive à la surpasser, soit elle n'est pas réveillée, disons. Alors que dans mon couple, il y avait d'autres enjeux de rapports qui peuvent être conflictuels par ailleurs dans la communication. Ouais. Qui fait que ça réveillait peut-être une difficulté à me laisser aller complètement avec cette personne-là. Ça veut dire que vous aviez des points de tension qui, du coup, venaient bloquer ta capacité à lécher prise. Ouais. Moi, c'est comme ça que je l'interprète, parce qu'effectivement, on avait beaucoup de problèmes. On a eu des moments où il y avait pas mal de problèmes communicationnels, où je me sentais peut-être pas très reconnu, pas très respecté, qui fait que j'avais peut-être plus de mal à me laisser aller avec une personne dont je sentais que parfois, elle ne me reconnaissait pas ou ne me respectait pas. Du coup, les 90 sur 100, le fait qu'avant le trouble, tu te sentais sexuellement au bon endroit, c'était principalement dans tes rapports hors de ton couple amoureux, c'est ça ? Non, au sein de mon couple aussi. Pour moi, ce point-là de difficulté à me laisser aller, je ne le vivais pas comme quelque chose de très difficile, disons. C'était pas... Ça ne se passait pas comme ça. On essayait de temps en temps. Parfois, ça marchait. Parfois, ça ne marchait pas. La plupart du temps, ça ne marchait pas. C'est intéressant parce que ce blocage, du coup, n'impactait pas ta capacité à éjaculer ou à bander. Il aurait pu s'immiscer ailleurs. Non, pas du tout. C'est passionnant. Moi, j'observe que dans ma construction sexuelle, je pense que mon homophobie internalisée et ma difficulté à assumer le rapport homosexuel... fait que je suis plus à l'aise avec quelqu'un que je ne connais pas et que possiblement je ne reverrai pas parce que du coup je me lâche alors que quelqu'un que je vois et revois avec qui je forme un truc je me dis ouais enfin moi je le vois c'est comme si du coup je pouvais être moins me lâcher Parce que, j'arrive pas à le dire, je sais pas ce que je veux dire, mais parce que ça va être noté quoi, parce qu'en fait ça va vivre, parce que cette personne avec qui je fais couple, je le vois le lendemain, l'après-lendemain, donc en le voyant, je vais me souvenir que j'ai été cet être qui a lâché prise et qui a mandé à crier « ninja ». Et en fait, ce qui n'est pas un de mes souhaits, mais non vraiment pas en plus. Mais tu vois ce que je veux dire ? Toi, c'est pas du tout ça ton sujet ? J'ai pas l'impression que ce soit ça mon sujet, mais c'est vrai que quand tu le dis, ça me parle un peu, ouais. Effectivement, de me dire, comme tu dis, de me souvenir après que j'étais dans une position... Que peut-être sur le moment, j'aurais vécu comme... Soumission, c'est peut-être un peu fort, mais... Me laisser... Je ne sais pas comment le dire. Pas respecter ? Perdre ta masculinité ? Je ne sais pas si c'est ça. J'arrive pas à trouver le terme. Faire un enculé, en fait. Oui, c'est ça, mais... Une position qui me rappelle la position compliquée dans ma relation avec lui par ailleurs. Plutôt du côté communicationnel, disons. Je pense qu'il y a peut-être un petit peu de ça. Attention, parce que moi, je vois de l'homophobie internalisée absolument partout. Je suis mauvais guide et toi, tu as l'air plutôt de décrire autre chose, que c'était un enjeu relationnel. Pour moi, c'est ça que j'ai vu. Après, peut-être que je ne vois pas tout. Ouais, le trouble arrive, numéro 3 arrive, vous avez, déjà, est-ce que ces enjeux de couple sont encore là au fond ? Aujourd'hui ? Ouais. Ouais, ces enjeux de couple sont un peu là. Après, ils ont beaucoup fluctué pendant nos 12 ans de relation. Et ils ont pas mal fluctué selon comment on se sentait bien, nous, dans notre couple, mais surtout dans notre vie un peu plus large, notamment à la ferme, parce qu'on vit pas tout seul, on vit à plusieurs. On a des colocs, on a des stagiaires, on a du monde, quoi. Et en gros, plus on est... On fait du woofing ? On fait du woofing, ouais. Ah là là, tout le monde va vouloir woofer avec... Alors, mais énorme fantasme pour l'intégrité des auditeurs, parce que de plus en plus, les gens me disent qu'ils écoutent ce contenu quand même en fantasment, le physique des gens. J'avoue que moi, j'étais un petit peu... Moi, je faisais vraiment pas ça pour ça, mais pourquoi pas ? Mais là, moi-même, je fantasme, j'ai envie d'aller woofer et... Non. Oui, on a des gens qui nous font part de leurs fantasmes comme ça. C'est ouf, non ? Oui, quand on croise des gens comme ça, sur Grindr ou ailleurs, c'est vrai qu'il y en a, c'est leur fantasme. Donc toujours est-il qu'en tout cas, vous êtes dans une communauté. Oui, c'est ça. Et du coup, je pense que le bien-être du lieu et des gens qui s'y trouvent impactent beaucoup, nous, notre couple, et comment ça se passe entre nous. Donc effectivement, il y a eu des moments où il y a eu pas mal de monde, où c'était une dynamique beaucoup plus... d'ouverture positive avec plein de projets dans tous les sens qui fait que ça nous a pas mal sorti de on passe 24h sur 24 ensemble et du coup il y a forcément des points de création qui arrivent. Et la capacité à être intime sexuellement et à jouir et à être épanoui bien entendu est super dépendant de ce qui se passe autour. Quand tu rencontres, vous rencontrez tous les deux numéro 3 à cette soirée, qui lui parle le premier ? C'est pas moi. C'est numéro 2. Ouais, c'est ça. C'est pas bien que je dise numéro 2, numéro 3. Tu crois que c'est péjoratif ? Ouais, je sais pas. Je préfère mettre des prénoms, mais on peut dire comme ça. Si tu préfères, on fait... Comment s'appelle l'être aimé de 12 ans ? Il s'appelle Fred. Ok, je vais le noter. Ouais. Rappelle, tu t'appelles comment, toi ? Moi, je m'appelle Thomas. Ah oui, c'est vrai. Super. C'est lui, c'est Fred qui va le voir. Et vous êtes en trouble avec ? Son prénom, avec Arnaud, pardon. Et vous rencontrez Arnaud il y a combien de temps à cette soirée ? On rencontre Arnaud il y a huit mois. Ah ouais, il y a huit mois, c'est ça. Donc c'est Fred le premier qui le... Ouais, parce que dans le déroulement de la soirée, pour une raison ou autre, moi je suis resté dans mon coin presque toute la soirée. Non, je veux savoir la raison. Ce n'est pas une raison. En gros, c'était une soirée avec un gros buffet et que moi, je commençais un jeûne et que du coup, il ne fallait pas que je sois dans la pièce du buffet parce que sinon, ce n'était pas possible. Donc, j'étais près de la cheminée pendant toute la soirée. Donc, j'ai rencontré, discuté avec les gens qui étaient... C'est ceux qui avaient froid ? Qu'avait froid, ouais, ou qu'avait pas faim, ou qui, comme moi, fuyait le buffet, je sais pas. Ou qui voulait s'asseoir, être confortable, je sais pas. Et voilà, et du coup... C'est une évidence pour Fred ? C'est une évidence de ? Entre les deux, qu'est-ce qui se passe ? Je pense que c'était plutôt une évidence physique et de ressenti, parce qu'il n'y a pas eu beaucoup d'échanges. En même temps, je dis ça, mais je n'étais pas là. S'ils ont quand même discuté... Je ne sais même plus du tout. Non, mais t'inquiète. Toi, du coup, tu te rends compte comment, Arnaud, à cette soirée-là, il y a un moment donné où tu bouges ton cul du feu de cheminée, Oui, c'est ça. On se retrouve à plus très nombreux. La piste de danse commence à se chauffer un petit peu. Il y a un peu plus de monde et les gens se rapprochent un petit peu plus. Tu as dépassé la fin ? J'ai dépassé la fin. F.A.M ? Oui, j'ai traversé la pièce pour aller dans l'autre pièce qui était de l'autre côté du buffet. Et t'avais envie de danser ou de sexualité tandis que tu commençais ton jeûne ? T'étais pas omnibulé par la fin ? Pas du tout. À ce moment-là, bizarrement, je suis arrivé à cette soirée, j'étais surexcité. J'étais super à l'aise avec tout le monde, alors qu'en général, je mets un peu de temps à être à l'aise dans un groupe. Je pense que ce qui commençait à se passer dans mon corps faisait qu'il y avait un nouveau truc qui se passait. Et du coup, j'avais une tension très, très positive. J'arrivais à parler à tout le monde super facilement. Et du coup, peut-être les petits signaux de je suis attiré par un tel physiquement ou autre me permettaient d'y aller plus facilement. Mais il paraît d'ailleurs que le jeûne, créer une chimie particulière c'est vraiment le seul moment où je l'ai ressenti de façon forte et c'était le premier jour de jeûne vous vous mettez à danser Fred, Arnaud et toi vous dansez non je voyais la boum là Ouais, on n'était plus très nombreux. Eux deux ont commencé à danser ensemble. Du coup, je les laisse danser ensemble, se rapprocher, parce que je ne me sentais pas d'aller me dire « j'ai pas envie que vous dansiez tous les deux, je veux aller danser avec vous ». Donc moi, je me suis rapproché d'un autre. On était quelques autres personnes dans la pièce, mais on n'était pas très très nombreux. Donc c'était plutôt chacun de son côté, un peu comme à la première soirée. Ça s'était passé comme ça, donc peut-être la deuxième soirée, ça s'est fait encore plus naturellement. Et ouais, donc on était plutôt chacun de notre côté avec quelqu'un d'autre. Et puis, je ne sais pas pourquoi, comment... Avec le temps, les deux couples sont devenus plutôt quatre. Mais moi, comme j'étais dans mon coin toute la soirée, j'avais discuté avec aucun des deux autres. Donc c'était purement physique et du ressenti que j'avais d'eux. Donc c'était assez étrange pour moi à ce moment. De danser avec des inconnus ? Vous aviez un rapport sexuel ? Non, pour l'instant, non. À ce moment-là, non. Danser avec des inconnus, pas du tout. Moi, j'adore danser. Qu'est-ce qui était étrange ? C'était étrange de... d'aller vers quelque chose de... Je pense qu'il y avait le partage d'intimité qui était à ce moment-là pas encore sexuel, qui était plutôt affectif avec des gens, notamment avec Arnaud, avec qui je l'avais croisé quand j'avais dit bonjour à tout le monde. Et j'avais vu que depuis une demi-heure, ils dansaient ensemble, mais c'est tout. J'avais presque aucun eye contact avec lui. C'est étrange parce que, est-ce que tu es un peu sapiosexuel ? C'est-à-dire ta capacité à être à l'aise, excité ? Et d'avoir un rapport sexuel et très connecté à la connexion émotionnelle, intellectuelle. Oui, à fond. Pas que, le physique joue un peu, mais carrément, c'est la connexion. Je ne sais pas si c'est que intellectuel, parce que là, effectivement, je n'avais pas de connexion intellectuelle avec lui, parce que je n'avais eu aucun échange avec lui, mais peut-être des préjugés que j'avais juste en le regardant bouger, danser, interagir avec Fred. Tu le trouves beau, Arnaud ? Oui, carrément. Directement, tu le trouves beau ? Pas directement. Je pense que sur le coup, je ne me suis pas dit « waouh, je suis super attiré par lui ». Peut-être parce qu'il y avait une interaction avec Fred et que ça m'a empêché de me projeter sur lui. Je ne sais pas. Mais sur le coup, ce n'est pas ça qui m'a marqué ou qui m'a sauté aux yeux. C'est plus ce qui dégageait. Il s'est passé quoi entre cette danse et le moment où vous partez de la soirée avec, comment s'appelle ton mari, ton amoureux ? Fred. Fred, merci. On est tous les deux, à chaque fois qu'on dit un prénom, on regarde notre petit papier. C'est ton mari, Fred ? Non, non, non. Amoureux ? Je l'appelle comment ? Partenaire ? Compagnon, c'est ça. Il s'est passé quoi ? Il s'est passé quoi ? On s'est embrassés à quatre, on s'est rapprochés un peu plus qu'embrassés, on a fait des câlins. Comment on s'embrasse à quatre ? Les quatre bouches connectées les unes avec les autres ? Je pense qu'on a essayé à un moment, c'est un peu compliqué. Mais on a essayé des bisous partagés, dans un sens, dans l'autre, des caresses, qui ont un petit peu dérapé au début. Il était très tard, on était fatigués, donc on s'est allongés tous les quatre sur un canapé. Et c'est devenu un peu plus sensuel, mais pas beaucoup plus. Et il y en a un cinquième qui est arrivé. Il y avait quelques personnes qui tournaient autour, qui voyaient qu'il se passait quelque chose. Là, c'est devenu un peu bizarre pour nous, en tout cas, de nous voir des gens qui tournaient autour, qui nous regardaient. On était dans une soirée qui était plutôt chez un ami, plutôt conviviale. Et tout d'un coup, c'est devenu un peu sauna, backroom, bizarre. Bizarre, t'exagères. Bizarre, je dis bizarre parce que... C'est une soirée apéro-grinder. Il y a de l'action. Moi, je comprends qu'il y a des gens qui disent est-ce que je peux venir ? Est-ce que je peux pas venir ? Pourquoi c'est bizarre ? Je pense bizarre parce que je l'avais jamais vécu. C'est surtout ça. Mais moi, c'est un des sujets. J'ai jamais vécu ce que t'as vécu. Ouais. Et j'ai jamais été dans un endroit où un apéro qui dérape, etc. Mais cette histoire de consentement, moi je pense que je passerais ma soirée à réfléchir et à me dire « Merde, comment je refuse quelqu'un ? » Et donc du coup, c'était peut-être aussi ça qui était bizarre, c'est que toi t'avais pas de désir pour d'autres qui tournaient autour et tu leur faisais pouce vers le bas, mais... Dans les différentes expériences que j'ai eues à plus de trois, le gros point noir pour moi, c'était ça. C'était mon incapacité à trouver la façon et le moment d'exprimer ou de demander le consentement. Et du coup, à ce moment-là, avec le cinquième, qui en plus était ivre, c'était bizarre, c'était compliqué pour tout le monde. Donc vous êtes parti en disant bye bye à Arnaud ? Non, pas du tout. Là, on est encore tôt. Il s'est encore passé pas mal de choses. Je croyais qu'on était fatigués. Ouais, du coup, c'est devenu un peu sexuel avec ce cinquième parce que lui l'a un peu provoqué. Mais c'était un peu bizarre. Pas à l'aise. Donc nous, on était plutôt à moitié en train de dormir et lui était plutôt à moitié en train de... de s'exciter, de nous exciter. Du coup, on a fini par s'endormir tous les cinq et à déménager au milieu de la nuit, je ne sais pas quand, dans une chambre. Et là, tous les quatre, il y a eu un vrai rapport sexuel partagé. Ah là là, je m'imagine tellement vous entre-réveiller en disant « ne fais pas de bruit, il y a le mec ivre qu'on ne veut pas ». Je ne sais plus comment ça... Ça me réappuie à l'endroit du rejet. Je suis peut-être le ivre. Je pense que ça ne s'est pas passé comme ça. Je pense que... C'était plus élégant. Je pense que même, il faisait déjà jour. Le jour commençait à se lever. Du coup, tout le monde a commencé à s'activer un peu, à voir qui partait, qui allait manger. Et je pense qu'on est montés un par un. Dans cette chambre. Donc, je pense qu'il n'y a pas eu vraiment de moment de rejet. Je ne l'ai pas ressenti comme ça, en tout cas. Oui, bien sûr. Non, non, mais je te taquine. Mais je le comprends tout à fait parce que je l'ai vécu par ailleurs. On est tous le rejet de quelqu'un, le rejeté de quelqu'un. OK. Et ça se passe bien, ce moment à quatre ? Oui, ça se passe bien. Tu as l'impression que c'est le... Non, je t'ai coupé au mauvais moment. À part ? J'allais dire à part cette question du consentement qui, même à 4, là, était un peu moins compliquée, mais l'était encore un petit peu. Ouais, voilà. Mais sinon, ça s'est très bien passé. C'est marrant parce que t'es tout en nuances. Ouais. Et du coup... Là, en gros, si je le dis à la Guillaume, il y avait un plan à quatre. Tous les trois avaient envie d'être à trois. Et quand tu dis un truc un peu nuancé autour du consentement, c'est qu'en fait, aucun de vous trois n'avait envie d'avoir un rapport sexuel avec le quatrième. Non, pas du tout. C'était le consentement des pratiques sexuelles qu'il y avait entre les quatre. Concrètement ? Concrètement, je ne sais pas, à un moment, moi, j'ai mis un doigt à quelqu'un. Comme on était tous les quatre emmêlés, je n'ai pas pris le temps, trouvé le temps, trouvé la façon de lui demander si c'était OK pour lui. Parce qu'il faut arriver à retrouver la tête. C'est ça, c'est un peu ça. Dans l'excitation du moment, je ne sais pas forcément à qui c'est, je me doute, mais l'entremêlement fait que je ne prends pas le temps de le faire. Et vice versa, il y a des choses qui se sont faites sur ton corps où tu dis, tiens, bof, ce matin, je n'avais pas envie de ça ? Je n'en ai pas le souvenir, là, aujourd'hui, peut-être, mais ce n'est pas quelque chose qui m'a marqué, c'est plus dans l'autre sens que ça m'a marqué. T'as l'impression que ce moment à quatre a scellé votre troupe ? C'était le début ? Ouais, c'était le début parce que déjà, on ressentait autre chose que de l'attirance sexuelle. Moi, dans les échanges que j'ai pu avoir avec Arnaud, il y avait déjà autre chose que... Hop, hop, hop, attends, tu es auprès du feu ? Arnaud, tu ne lui as pas parlé. Puis vous dansez, vous ne discutez pas à ce moment-là. Puis vous vous endormez, puis vous vous réveillez pour migrer dans une chambre. À quel moment donné tu lui as parlé ? Je ne lui ai pas parlé. Je dis dans les échanges physiques, affectifs, sexuels, dans la façon de s'embrasser, dans la façon de se caresser. J'ai senti que c'était déjà beaucoup plus que purement une attirance sexuelle. C'est beau, ça. Le fait que sans mots... Toi, tu disais sapiosexuel. C'est assez rare pour toi, sans mots, de ressentir des énergies particulières ? Non, pas du tout. C'est fréquent, oui. C'était très clair parce qu'avec le quatrième qui était là, j'avais beaucoup d'assurance sexuelle, mais il n'y avait pas plus. Je n'ai pas compris. Du coup, c'est très fréquent. Avec beaucoup de gens, tu ressens une énergie... sexuelle plus plus et romantico-amoureuse, ou au contraire ? Non, avec beaucoup de gens, je peux sentir une énergie qui m'attire sans avoir à... une énergie autre que sexuelle, sans avoir à échanger, à parler avec la personne. Sans forcément qu'il y ait un passage à l'acte, mais par exemple, le stage de tantra où il y a plein de monde... assez facilement avec la façon dont les personnes se déplacent se dansent je sais si c'est une part de préjugé parce qu'après en discutant je peux me rendre compte qu'en fait oui ou qu'en fait non mais je sens quelque chose auquel je me connecte quoi et du coup là il y avait ça clairement Oui, parce qu'on a dit tout à l'heure que tu revenais d'un stage de tantra. Tu dois être gorgé de tout un tas de trucs. C'est un bon endroit, les stages de tantra, les ateliers de tantra. Ça dépend de la qualité du facilitateur. Mais pour travailler ce dont on parlait tout à l'heure, la question du rejet, la question du consentement, comment tu dis à quelqu'un non merci, c'est pas mal. Petite parenthèse. Oui, carrément. C'est bien pour le faire. On éjacule ? À quatre ? Je ne sais même plus, tu vois. Très bien. On n'arrête pas de me répéter que je suis trop focalisé. Enfin, on. Un bon ami me dit que je suis trop focalisé. À juste titre, je suis très focalisé sur l'éjaculation. J'ai essayé de trouver une manière de dire... On prend un café et on se casse. Ça se termine là, notre rencontre avec Arnaud ? On se lève, l'affection est toujours là. On s'échange quelques mots juste pour se dire « ouais, on a envie de se revoir ». Et dans la façon dont ça se passe, clairement, on a tous les trois envie de se revoir.

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