Les guets-apens homophobes se préparent sur les applis, souvent depuis un profil sans photo : que vérifier avant d’ouvrir sa porte à un inconnu ?
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Guillaume, créateur du podcast « Actif ou Passif ? », répond dans cet épisode :
Donner rendez-vous à l'adresse en face de chez soi permet de voir si le mec est seul et ressemble à ses photos
Ne pas donner le code de l'immeuble : descendre ouvrir laisse la possibilité de crier et d'alerter les voisins
L'appli Coco ne laisse aucune trace exploitable : c'est précisément ce qui la rend attractive pour les agresseurs
Un selfie avec un geste précis de la main, ou la date du jour : l'astuce vient des auditeurs
💡 Les conseils de Guillaume
Guillaume est le créateur du podcast « Actif ou Passif ? » : 4 ans de recherche sur l'intime gay, des dizaines d'experts interviewés.
Comment se protéger quand le plan arrive dans quelques minutes ?
En donnant rendez-vous à l'adresse en face de chez soi. On voit alors si la personne est seule et si elle ressemble à ses photos, avant même de la croiser. Guillaume, qui est sur Grindr et applique ces réflexes, ne donne jamais son code d'immeuble : il descend chercher son plan à la porte. En plein air, il fixe un premier point passant avant de rejoindre un lieu discret.
Quelle appli de rencontre faut-il éviter ?
Coco. C'est l'une des seules à permettre de ne laisser strictement aucune trace, ce qui en fait, pour Guillaume, le terrain préféré des agresseurs. Mieux vaut passer par un texto ou une appli où un agresseur peut être identifié après coup, comme Grindr, qui exige un mail ou un numéro de téléphone.
Comment vérifier qu'un profil est bien réel avant de le rencontrer ?
En proposant un appel ou une visio de deux minutes. C'est plus audacieux, reconnaît Guillaume, mais il le fait régulièrement et l'assume : puisqu'on discute au clavier, autant se parler en direct. Des auditeurs demandent aussi un selfie avec un geste précis de la main, ou la date du jour écrite sur un papier.
Faut-il prévenir quelqu'un avant un plan ?
Oui, et partager l'adresse quand le plan n'a pas lieu chez soi. Guillaume insiste surtout sur le réflexe le plus simple : suivre son intuition. Les petits signaux qui alertent avant un rendez-vous méritent d'être écoutés, quitte à annuler dix minutes avant. Ces précautions filtrent aussi les mecs peu fréquentables, qui renoncent devant les conditions.
Qui sont les agresseurs dans les guets-apens homophobes ?
Des hommes, plutôt jeunes, aux profils très variés. L'enquête de Mediapart citée par Guillaume ne valide pas le fantasme d'extrême droite d'agresseurs uniquement issus des banlieues : on trouve aussi des jeunes catholiques, et les faits se produisent autant en ville qu'en zone rurale.
Coucou les auditeurs, j'ai pile dix minutes avant qu'un plan cul arrive, c'est vrai en plus. Bon j'espère que cette prise sera la bonne. Coucou c'est Guillaume, votre podcasteur du cul gay préféré. Je blague mais en vrai, hier je regardais les médias, un nouveau guet-apens homophobe a eu lieu en région parisienne. Il y en a eu pas mal ces dernières semaines, Nancy, Nice, Saint-Paul-sur-Mer, près de Dunkerque. Et donc j'ai eu envie de faire cet épisode pour vous partager les conseils homophobes
que moi j'applique quand je suis sur les apps de rencontre pour éviter les guet-apens. Ce sont des conseils dont on avait déjà parlé avec David Perrotin, journaliste de Mediapart qui a enquêté sur la mécanique des guet-apens et qui valide ses conseils. Donc c'est cool. Je ne vous le demande pas souvent, mais ça, ça pourrait être un épisode que vous partagez avec un ami que vous savez utilise Grindr.
Petit rappel, le guet-apens homophobe, c'est quand l'agresseur utilise une app de rencontre pour te donner un faux rendez-vous et te piéger, te dépouiller ou dans le pire des cas, t'agresser physiquement. Deuxième petit rappel, en 2022, c'est un guet-apens tous les trois jours en France et on pense que ce chiffre est très sous-estimé car la plupart des agressions ne font pas l'objet de plaintes et ne sont pas répertoriées.
Autre information intéressante, l'enquête de Mediapart montre que ces guet-apens ont lieu autant dans des zones urbaines, villes, banlieues, que en ruralité. Et enfin, on a quelques personnes d'extrême droite qui fantasment sur l'idée que le problème, c'est les Noirs, c'est les Arabes, c'est eux qui agressent, c'est les banlieues, etc. L'enquête ne montre pas ça. Le profil des agresseurs n'est pas simple à généraliser. Tu retrouves en effet des jeunes de banlieues, mais aussi des jeunes cathos,
En tout cas, c'est à chaque fois des hommes et plutôt des hommes jeunes. Bon, j'avoue, tout ça est assez anxiogène, mais pas d'inquiétude. Écoute les conseils qui suivent. Ils sont simples, simples à mettre en place. Perso, moi, je les utilise presque tous à chaque fois et ça assure ma sécurité. Je me sens super à l'aise. J'ai continué à faire des plans et à batifoler à ma guise.
On passe aux conseils. Si ton plan est là dans quelques minutes, premier conseil, donne rendez-vous à l'adresse en face de chez toi. Tu pourras voir du coup si la personne n'est pas seule, si elle ressemble aux photos ou pas, si elle est en groupe. Si par exemple tu habites dans un immeuble ou une maison, tu pourras même l'avoir de chez toi, ce qui est encore plus safe. Si jamais tu habites en immeuble, ne donne pas ton code.
Moi j'habite à Paris, en immeuble, la plupart du temps je donne une adresse puis je descends et ça m'évite de lui donner mon code. Enfin, si c'est en plein air, ton plan arrive dans quelques minutes, c'est en plein air, tu lui donnes rendez-vous à un endroit public passant avant d'accéder à un lieu plus discret. Ce lieu public plus passant te sécurise.
Deuxième série de conseils, si tu discutes avec un mec, donc c'est pas pour un plan là dans les minutes à venir, mais t'es tranquillement en train de discuter avec un mec, premièrement, échange via texto ou une app sur laquelle un possible agresseur peut être tracé. Donc c'est pour ça qu'il faut absolument que t'évites l'app Coco si tu le peux. L'application Coco est problématique parce qu'elle est une des seules à permettre aux gens qui l'utilisent de ne laisser strictement aucune trace, donc elle est très aimée par les agresseurs.
Deuxièmement, tu pourrais proposer de faire un appel ou une visio de quelques minutes pour vérifier ton feeling. J'avoue, c'est plus audacieux. Moi, je le fais très régulièrement et il y a plein de gens qui se disent mais c'est qui se fout. Moi, je suis très à l'aise. Je le dis assez ouvertement que oui, on va aller prendre un verre ou on va se rencontrer. Mais là, on est en train de discuter par clavier. Viens, en fait, on se parle en direct. Ça prend deux minutes. C'est pas la fin du monde.
Moi, j'aime beaucoup. J'ai des auditeurs qui m'ont dit que eux demandaient un selfie avec un geste spécifique de la main ou la date du jour. Donc ça, c'est une autre idée. Et enfin, tu pourrais prévenir un ou une amie avant le plan. Et si le plan n'est pas chez toi, tu pourrais partager l'adresse. Une dernière chose assez importante. On était assez d'accord avec David. Tout le temps, suis bien ton intuition. Ça paraît un peu con à dire, mais dans ton intuition, peut-être que tu vas avoir des petits indices. N'hésite pas à les suivre.
Si le sujet des guet-apens t'intéresse, je t'invite à écouter l'interview en deux parties de David Perrotin. C'est le journaliste qui a enquêté pour Mediapart sur les guet-apens homophobes et avec qui on a plus décrit les mécaniques, plus décrit la situation en ce moment en France que l'enquête avait révélée.
et aussi tout un onglet sur les aides que tu pourrais solliciter si tu es victime d'un guet-apens ou un ami te dit avoir été victime. Tu peux écouter tout ça en cliquant sur le lien dans le descriptif de cet épisode. Bon, alors prenons bien soin de nous et je vous dis à très bientôt. Des bisous !
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