Mon crush est-il toxique ? Javier 2/3

Partie 2 sur 3
« Je désire les gens quand je vois leurs gestes, quand je vois leur charme, même si c’est mort, ça n’empêche pas le désir » Javier

Javier est un homme trans au passing cisgenre, juriste et aidant compulsif : il désire un mec qui trouve les trans bizarres et qui, un jour, forcera son coming out

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Dans cet épisode du podcast :

  • En soirée, Javier récupère toujours la veuve et l'orphelin plutôt que de danser ou de flirter
  • Il craque pour Monsieur Princesse, un gay hyper féminin, et invente un blouson oublié pour le revoir
  • Devant ses propos transphobes, Javier balance qu'il adore sa chatte pour couper court à l'exotisation

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On se lance ? Partie 2, Javier, de ton témoignage. Dans la partie 1, tu nous as teasé une anecdote. En plus, elle n'est pas si drôle que ça, mais elle est moite-moite. Est-ce qu'on se lance directement ? Est-ce qu'il y a des éléments de contexte que tu as envie de dire avant de dire l'anecdote ? Ce n'est pas forcément nécessaire, puisque j'ai teasé jusqu'au bord de la fin de l'épisode précédent, puisque je me répands toujours au moins autant en termes de contexte. Donc on arrive devant, effectivement, la porte d'une soirée privée où il y a quelques personnes. C'est juste le contexte. Super. On est à Paris ? On est à Paris. À l'appartement, il est joli ? Non. Un appartement, point. Il n'est pas particulièrement joli. Il n'y a pas forcément plus de contexte que ça. Moi, je me suis fait beau parce que c'est une soirée avec des gens que je ne connais pas. Je ne connais même pas la personne de laquelle c'est l'anniversaire. C'est juste que j'ai été invité par l'ami d'un ami d'un ami de la personne qui fête son anniversaire. Quand tu te fais beau, tu fais quoi ? Quand je me fais beau, c'est la superpression. Je crois que c'est super important pour moi d'avoir du style, puisque j'ai été dans des uniformes pas mal de temps dans ma vie, que ce soit des uniformes de meuf ou des uniformes de mec, et des uniformes à tous les sens du terme, qu'ils soient vestimentaires ou comportementaux ou stéréotypés finalement. Donc j'ai besoin d'insister sur le style que j'ai pour qu'il se voit et pour que je me sente exister et que je me sente bien dans mes vêtements, que je me sente genre exceptionnel. Je crois que c'est vraiment important et que si je n'ai pas les bons vêtements, je vais me sentir être comme un truc moche. Donc choix des vêtements, bijoux, maquillage ? Bijoux, toujours les mêmes, mais les bijoux qui me plaisent tellement que... Ouais, c'est toujours les mêmes. Toujours très bijouté, effectivement. Est-ce que même là, t'es un peu bijouté ? Oui, toujours beaucoup bijouté. Bah ouais, t'as une super belle bague, plusieurs bracelets, deux bagues, ok. Des piercings. C'est important, oui. Tu es beau et tu tapes à la porte ? je tape à la porte et donc la soirée bat son plein je suis pas un danseur, j'aime pas je préfère me poser dans un coin et parler avec les gens je crois que c'est j'attire toujours la veuve et l'orphelin c'est vraiment vrai c'est vrai malheureusement pour beaucoup de couples que j'ai pu avoir avec des partenaires qui étaient plutôt l'orphelin ou la veuve et c'est surtout très vrai en soirée Les gens qui ne sont pas bien parce qu'ils ont consommé des trucs qui ne les ont pas forcément mis dans les bonnes situations, ceux qui se sont fait larguer, ceux qui ont des problèmes de thunes, ceux qui sont tristes, c'est ceux que je verrai forcément récupérer et qu'on va finir par parler sur le palier de la porte. Et ça se passe toujours comme ça, toujours. Et j'aime bien, je crois. Je crois que j'aime bien parce que j'aime bien être utile, en fait. Et donc forcément cette soirée... C'est un peu triste ça ? Ou pas ? Ça peut. Ça peut être un peu triste, ça peut être beaucoup de pression aussi, puisque c'est vraiment quelque chose qui me suit. Comme si t'étais pas suffisant tel quel ? Pas forcément. Je sais que j'ai des compétences pour accompagner. Et du coup, quand je l'accompagne, je me sens exister parce que j'aide les gens. Et du coup, vu que j'ai la compétence, je l'utilise et ça me fait du bien. Gagnant, gagnant. Je pense que j'ai réagi comme ça parce que ça me parle. Sans le faire ou sans aider, c'est parfois un peu difficile pour moi juste d'être... Et de me dire que j'ai assez de valeur, que là, on est en soirée, Guillaume, donc juste détends-toi et soir donc, soir donc. Et moi, je suis là, mais j'arrive pas à soirée, j'arrive à servir. Et de ça, je suis bloqué. Ok, mais toi, t'en fais ton affaire. Et donc, notre anecdote, elle commence avec une veuve ou un orphelin ? Elle commence avec plein de veuves et plein d'orphelins parce que je finis dans un canap' à parler avec des gens qui sont pas forcément bien, ils sont fatigués, ils ont des problèmes, ils sont pas bien, ils sont dans des situations de merde. C'est toujours comme ça, toujours, toujours. Et donc je me retrouve à parler avec un mec que je vois très beau en fait. Je le trouve esthétiquement superbe et il a des gestes qui sont très précis. Je trouve le charme dans les gestes finalement, toujours. Et je trouve ces gestes super beaux, je les regarde et je suis hypnotisé par ces gestes. Tu peux me donner un exemple d'un de ces gestes ? Finalement, c'est un peu le stéréotype de la princesse. Il a des grands gestes avec ses mains quand il parle, mais pas des gestes brusques. Au contraire, plutôt des gestes sophistiqués. Et moi, je suis complètement hypnotisé par cette personne. Princesse, du coup, plutôt code féminin. C'est ça que tu voulais dire ? Oui, il y a vraiment cette vocation, cette... C'est un peu cet homosexuel complètement revendicatif de sa partie féminine. Et je crois que j'aime bien ça, je crois que je suis aussi un petit peu ça. Et c'est cool. Et donc je suis à fond sur cette personne et je vais lui indiquer... Alors je n'ai pas lui indiqué sur l'instant parce que la soirée va se dérouler. Mais tu es en consultation toi ? Tu es en train de réparer ? Tout à fait, je répare les gens. Donc tu n'as pas le time ? C'est ça, je n'ai pas le time. Et puis en plus quand les gens ont bu, je ne suis pas forcément à l'aise non plus pour parler de ça. Moi-même quand je bois, je ne veux plus en tout cas m'adonner à des... à des rapports, parce qu'en fait je crois que je profite pas, je crois que je kiffe, mais je profite pas, et c'est pas cool, et donc, bref, la soirée se passe, moi je regarde cette personne, mais je la regarde, je la consomme presque avec mes yeux. Et tu te dis, je vais pas lui signifier mon intérêt, parce qu'elle a bu, ou toi t'as bu ? Les deux. Il y a trop d'alcool. Il y a trop d'alcool, c'est pas sain. Et puis, il y a trop de gens, clairement. Et puis moi, je suis en train de faire autre chose, j'ai pas le time. C'est intéressant. C'est-à-dire que toi, sous alcool, c'est OK pour toi de servir et d'aider l'autre, mais t'as pas le droit de faire autre chose. Alors que tu pourrais dire, avec l'alcool, je vais absolument pas aider les gens, je vais pas bien les écouter. Je crois que l'alcool me relaxe ma tête. Et du coup, les multiples pensées qui m'emmerdent, qui remplissent ma tête tout le temps, se calment, elles vont plus doucement. C'est l'effet dépresseur de l'alcool, physiologiquement. Et du coup, je traite plus en profondeur les choses. Donc, je vais avoir une pensée à la place où j'en aurais eu à peu près 99. Et du coup, je vais pouvoir enfin aller profondément sans poser 40 000 questions, juste en écoutant l'autre, en prenant le time aussi d'attendre ses réponses, sans toujours avoir besoin de plus de précision. Je crois que j'aime bien la précision. Et du coup, dans des contextes où j'aide les gens, l'alcool, moi, me permet de mieux comprendre, de mieux tout intégrer, sans forcer les gens à me répondre. Donc voilà, dans ce contexte-là, c'était cool. Donc, la soirée se passe, je rentre chez moi et je revois la personne dans un autre contexte et je lui dis... Attends, mais comment tu as obtenu le contact de Monsieur Princesse ? C'était facile parce qu'on avait des amis en commun. Tu demandes à l'ami en commun ? Ou peut-être que l'ami en commun me passe son contact pour des raisons pratiques, je ne sais plus vraiment, mais j'obtiens son contact sans que personne ne comprenne rien finalement. Et puis peut-être que moi-même, je n'avais pas forcément envie tout de suite de lui dire que j'avais envie de lui, je ne sais plus vraiment. mais en tout cas c'est quoi le premier message que tu lui envoies alors c'est quoi le prétexte que tu trouves c'était pratique c'était un truc pratique genre j'ai oublié mon blouson chez toi ou un truc comme ça un truc vrai ah parce que monsieur princesse c'est sa soirée à lui il les colloque ouais dans cette dans ce truc là t'avais vraiment oublié ton blouson ou pas oui j'ai jamais le prétexte mais t'as fait exprès d'oublier le blouson non non c'est non je viens peut-être en l'air un traitement qui réussit oui mais toujours tout arrive pour le mieux il paraît donc mais moi ça m'inquièterait qu'ils disent ok je te l'ai laissé dans l'entrée passe quand tu veux je crois que je suis capable de te dealer avec ça ok mais il a dit viens on prend un café ensemble je te rends ton blouson oui malin bah oui malin c'est le lynx malin c'est le lynx ok Et donc je revois Monsieur Princesse et en fait, on parle de conneries, de tout et n'importe quoi. On sort, on voit des belles choses, en toute amicalité, en toute amitié. Et puis je découvre un Monsieur Princesse vachement intéressant en fait, parce que je crois que j'aime les gens, j'aime profondément les gens. Et j'aime profondément découvrir qui ils sont dans le fin fond d'eux-mêmes en fait, là où ils savent qu'ils vont pas être jugés et qu'ils se permettent avec moi de dire des choses qu'ils diraient à personne d'autre en fait, clairement. Et Monsieur Princesse du coup n'échappe pas à cette règle-là et il se confie et je le trouve magnifique. Je le trouve magnifique dans ce qu'il est de plus mauvais en fait finalement parce que Les gens, ils ont toujours cette part d'ombre et le fait qu'ils communiquent dessus, ça permet de savoir beaucoup de choses, beaucoup de choses d'eux, des fois qu'eux-mêmes n'assument pas. Et donc, voilà, on partage des bons moments et finalement, il comprend par mes gestes, par le fait que je sois hyper tactile avec lui, par... Aussi, peut-être ce que je lui ai écrit, que j'ai grave envie de lui. Qu'est-ce que tu lui as écrit ? J'ai parlé de désir. J'ai dû dire un truc comme ça. J'ai dû probablement dire un truc comme « j'ai déjà ressenti beaucoup de désir pour toi, mais avant tout, sache que j'aime l'ami que tu es ». Je sais que j'ai écrit ça, à quel moment, je ne sais pas exactement. Un peu poète ? Oui, très. J'aime bien les mots. J'aime bien les mots, mais j'aime bien quand ils sont précis et qu'ils mettent exactement le grappin sur ce que moi je veux dire et ce que je ressens surtout. donc j'ai écrit un truc comme ça et donc forcément on se rapproche on s'embrasse mais vraiment je m'attendais à un truc complètement ouf je crois que j'ai un kink sur l'oral mais il se passe pas vraiment ça il se passe vraiment un bisou d'adolescent et moi je suis en mode ok c'est cool c'est quoi un bisou d'adolescent pour toi ? c'est un bisou de on se revoit plus tard C'est pas sensuel en fait. Dans sa manière de poser ses lèvres sur les tiennes, de sortir la langue ? Même pas, tu vois. C'est vraiment un smack comme il m'aurait embrassé sur la joue. Je crois que ça m'a quand même grave stimulé pendant plusieurs jours où je pensais grave qu'à ça. Mais c'était quand même décevant. Donc je me dis que la prochaine fois c'est bon, on fait des trucs un peu moins soft. Et la fois d'après, on ressort ensemble pour voir des jolies choses. On parle de trans, on a des amis trans en commun et il me dit que c'est bizarre les trans et tout. Et j'ai dit moi je suis sorti avec des trans, il me dit ah d'accord ok mais pourquoi ? Mais jusqu'à présent il ne savait rien de toi ? Il ne savait rien. Toi tu n'as pas dit ? Non je n'ai pas dit et ça ne se voit pas du coup. Et personne n'a cafeté, en tout cas je pense. Cafeter ça veut dire personne ne l'a dit ? Et du coup c'est moi qui lui annonce parce qu'il disait ouais c'est bizarre machin les trans et tout donc clairement moi je veux exploser le truc. C'est pas que ça m'énerve mais c'est que j'ai pas envie d'en savoir plus, je veux qu'il sache tout de suite parce que s'il dit des trucs qui me plaisent pas ça serait dommage pour nous, ça serait dommage pour l'amitié qu'on entend cultiver. Et parce que j'ai un super passing, c'est-à-dire qu'on voit un mec, clairement, quand je me trimballe. Il n'y a aucune remise en question de ça. Et du coup, ça change beaucoup de vision de certaines personnes qui imaginent que les mecs trans, c'est... Des petites choses un peu féminines, un peu masculines, un peu tout. Alors que c'est pas vraiment ce que... Déjà c'est pas vrai, nécessairement. Et c'est pas vraiment ce qu'on veut montrer au monde. Donc le fait qu'une personne trans... C'est ce que tu veux montrer au monde. Oui, oui. Parce qu'il y a plein de manières de vivre sa transidentité. C'est clair. Et des envies aussi de mélanger les codes ou de complètement les envoyer valser. En tout cas, moi, je suis entouré de personnes plus dans ce sens-là. En tout cas, pour toi, c'était ton passing réussi. Le passing, c'est... Comment on dirait ? C'est l'image qu'on renvoie au monde, peut-être ? Le genre qu'on renvoie au monde ? Le passing, c'est je renvoie une image cisgenre au monde. En tout cas, pour ma part, oui. C'est l'image du genre qu'on renvoie. C'est ça. Et donc, ton passing est réussi dans le sens où les gens, quand ils te croisent, ils ne savent pas que t'es trans. Clairement. Et pour toi, ce que t'étais en train de dire, c'est que c'est important pour toi. C'est important pour moi parce que beaucoup de personnes qui ne connaissent pas vraiment le milieu mettent des images erronées sur ce qu'on peut être, en fait. Et du coup, des images non désirables. ce qui est dommage ce qui est complètement dommage donc tu l'interromps parce qu'il est là à dire des trucs transphobes en tout cas il était prêt à peut-être les dire c'est bizarre les trans on est déjà dedans là toi t'as un peu le regard amoureux et t'as pas envie de t'en rendre compte mais c'est pas acceptable J'avais très peur que ça soit beaucoup plus exotisant, puisque ça commençait à l'être effectivement. Et donc je lui dis, je lui dis pas je suis trans, je lui dis mais tu sais, je suis un peu concerné parce que j'adore ma chatte. Bon voilà, c'est effectivement particulièrement doux à dire, mais c'est volontairement provoque et donc il comprend tout de suite. Il comprend tout de suite de quoi je lui parle, je lui parle pas de ma chatte qui dort dans le canap'. Et il est en mode, ah ouais, mais du coup, qu'est-ce que ça fait ? Des questions un peu très physiologiques. Qu'est-ce que ça fait d'avoir une chatte ? Mais du coup, t'es gay, mais du coup, machin. Donc plutôt intéressé, joyeux ? Plutôt intéressé tout court, peut-être sexuellement au départ. Alors sachant que j'ai déjà beaucoup relationné avec des personnes, des mecs gays qui n'étaient pas du tout intéressés publiquement par des mecs chat et qui étaient, une fois le soir tombé, les potes partis, complètement fous, complètement à fond sur les mecs trans finalement. Donc moi ça me fait plutôt rire quand il me sort toute cette rengaine du mec super intéressé et limite excité. mais je comprends en fait finalement en en parlant avec lui et au fur et à mesure des sorties que lui ça l'a bloqué il avait envie de moi mais le fait que je représente pas ce qu'il connait ce qu'il connaisse du coup ça le bloque et c'est con mais ça m'emmerde en fait sur l'instant vraiment ça me met un peu en colère ça me met en colère je sais pas si c'est si je suis en colère contre lui si je suis en colère contre la société si je suis en colère contre moi en général la colère contre moi je l'ai plus trop euh Mais ouais, ce rejet sans en être, finalement, je l'ai beaucoup connu. Soit quand je l'ai révélé, ma transidentité, dans des rapports qui commençaient, finalement, dans des rapports sexuels qui commençaient, parce que ça se voit, j'ai pas fait d'opération en bas du tout et j'en veux pas. donc ça interrompt forcément le rapport je dois l'interrompre pour dire ou alors je suis hyper actif et du coup je me laisse pas toucher et je reste habillé mais je crois que j'ai plus tout le temps envie de ça et j'ai beaucoup vécu ce rejet quand tu as dit au fil des rencontres c'est à dire que suite à cet événement avec monsieur Princesse t'as continué à le voir et on continuerait à se voir encore d'ailleurs Ok. Lui, à un moment donné, tu l'as confronté par rapport à votre désir passé disparu ou comment il a... Oui, je l'ai beaucoup... Enfin, ouais, je le tease parce qu'en fait... Je ne comprends pas sa perte de désir. J'ai besoin, moi, qu'on mette des mots pour que je comprenne toujours. J'ai vraiment besoin de ces mots tout le temps, pour tout, pour des choses que je devrais comprendre et que je ne comprends pas et pour des choses qui sont complètement incompréhensibles dans mes valeurs. Et j'ai besoin qu'il me dise pourquoi, pour que j'abandonne le truc. Et il sait pas me dire pourquoi. Au contraire, il me dit que c'est nouveau, il est pas sur D, mais peut-être aussi qu'il a peur d'être confronté à quelque chose qu'il sait pas faire. Et je trouve ça plutôt super sain qu'il le nomme, qu'il le dise. et au fur et à mesure ça me rassure en fait d'entendre ça parce que le problème c'est pas moi finalement c'est plus la relation de confiance donc ça ça se répare clairement et pour avoir beaucoup couché avec mes potes je sais que quand t'es ami vraiment avec quelqu'un que tu le connais parfaitement bah t'as moins peur de la performance finalement et du coup je sais pas comment ça pourra finir parce qu'on est encore en train de déplier c'est ça j'aime trop avoir beaucoup couché avec mes potes ouais très très souvent Parce que t'es bien en fait, c'est une belle relation dans laquelle t'es bien et ça glisse. Oui, ça glisse très bien. Oui, c'est ça. Et puis, il n'y a pas de pression en fait. C'était quand Monsieur Princesse, l'anniversaire ? Il y a 3-4 mois, un truc comme ça. J'avais pas compris que c'était aussi récent. Ok. S'il nous écoutait là, t'aimerais lui dire quoi ? Il n'y a pas de message particulier. Je pense que je dirais la même chose que l'un des messages que j'ai envoyé. C'est-à-dire, je l'ai beaucoup désiré, j'ai eu beaucoup envie de lui, mais j'aime avant tout l'ami qu'il est. Et je pense que c'est vraiment ça, en fait. Tu n'as pas envie que tes amis soient moins transphobes ? alors j'ai un peu le syndrome du sauveur tout le temps et je crois que la partie de moi celle que j'assume le moins c'est celle où je me dis j'ai peut-être quelque chose à faire pour qu'il le soit moi le rêve et l'orphelin Ouais, bah toujours, toujours. J'ai beaucoup évincé des gens de ma vie parce que j'avais pas envie de subir quoi que ce soit, j'avais pas envie qu'on m'appelle avec mon prénom de naissance, j'avais pas envie que les gens, même en leur expliquant, soient largués sur le truc et n'en aient rien à foutre et que pour eux c'est une passe ou un truc comme ça, une passade. Euh... Et pour plein de choses, il y a des gens qui ne me ressemblaient pas, il y a des gens que je n'avais pas envie qu'ils m'accompagnent, je n'avais pas envie de mettre quelque chose qui me retienne en arrière. Et quand c'est du domaine de Monsieur Princesse, je suis ok. je suis ok parce qu'il sait pas en fait je crois qu'il est juste perdu il connait pas et je ferai jamais de pédagogie j'aime pas ça ça m'a fatigué d'en faire mais juste le fait d'être les gens voient ce que je suis et puis je crois que ça suffit des fois Tu as dit quand le désir de Monsieur Princesse a disparu, tu as senti de la colère. Tu ne savais pas si c'était une colère envers la société, envers lui ou envers toi. Si tu mettais des mots sur la colère envers toi, pourquoi tu pourrais avoir été en colère avec toi ? Pourquoi ça te fait marrer ? Ça me fait sourire. Ça me fait sourire parce que je réfléchis. Je crois que je ne suis plus en colère contre mon corps. Je me suis souvent dit que si j'étais né Mexi, ça aurait été plus cool pour le désir. Juste parce qu'il n'y aurait pas eu ce frein de devoir expliquer mon corps avant de le consommer. Il n'y aurait pas eu ce frein de devoir prendre toute la place pour ne pas être touché, pour éviter de devoir expliquer. Il n'y aurait plus eu cette pression aussi de se dire est-ce que c'est ok, est-ce que c'est pas ok que la personne couche avec un mec trans, comment elle va réagir, tout ce genre de trucs. Mais en fait, je crois que ça va mieux, vraiment, là-dessus. Je crois que les seuls moments où je ressens cette colère-là, c'est quand je suis super amoureux de quelqu'un et que le fait que je sois trans l'empêche de m'aimer. Je suis vraiment résolu, je suis quelqu'un qui aime le couple vraiment. J'ai passé la plupart de ma vie en couple, vraiment. Et... Et je crois que cette colère-là ne revient que quand je suis au moins un petit peu amoureux et que l'autre, c'est pas possible parce que j'ai pas le corps qu'il faut en fait. Mais je crois que j'ai le corps qu'il faut de toute manière, mais pas forcément le corps qu'il faut pour être aimé par les gens desquels j'aimerais être aimé. J'imagine que tu as essayé plein de façons d'expliquer ton corps. Je trouve que c'est joli comme terme. J'imagine que tu as essayé, je le dis directement à la deuxième minute, du micro moment où j'ai senti un possible désir et hop, j'y vais. Ou je le dis au tout dernier moment, en fait, ça fait huit mois qu'on date et en fait, là, on va se dénuder. C'est le cas. Est-ce que tu as trouvé le meilleur moment pour toi ? Parce que quelque part, moi, quand j'entends l'histoire avec Monsieur Princesse, je me dis, putain, avec mon regard extérieur, je me dis, si on l'avait dit plus tôt, est-ce qu'on se serait épargné de la souffrance ? La souffrance sûrement pas, parce que je crois que je désire les gens quand je vois leurs gestes, quand je vois leur charme, même si c'est mort, ça n'empêche pas le désir, pour moi en tout cas. Donc j'aurais forcément eu la même souffrance. C'est pas de la souffrance, c'est plus ça fait chier quoi. C'est juste ça. Le meilleur moment pour moi en tout cas de le dire, c'est le « avant tout ». J'ai jamais vraiment su comment présenter le truc sur des applis de rencontre, parce que j'aime le couple, mais ça n'empêche pas que des fois, quand j'étais en remise de rupture, ça n'allait pas du tout, je ne voulais plus du tout être en couple, j'avais quand même envie de... de faire des choses avec d'autres personnes des choses sexuelles notamment et bien j'avais pas envie de vivre le rejet, j'avais plus envie parce que déjà j'étais complètement triste pendant, je mets des années à me remettre d'une rupture clairement et du coup pendant des années j'étais triste et j'étais faible je voulais pas subir le rejet parce que je pense que ça m'aurait complètement fait décompenser donc je le disais vraiment avant tout, avant de limite premier message ou dans ma bio ou des trucs comme ça sur les applis et du coup ça marche mieux pour moi en tout cas de le présenter comme ça comme ça finalement il n'y a pas de surprise par après s'il n'est quelque chose que ce soit des émotions, des sentiments, une amitié ou du cul et ou du cul du coup je sais que j'ai pas la pression la personne elle sait clairement ce que je suis Et du coup, pourquoi ne pas avoir choisi cette stratégie le soir de l'anniversaire ? Parce que pour moi, il n'y allait rien avoir de plus. Le désir que je ressentais, je l'aurais consommé tout seul. Je ne pensais pas que c'est quelqu'un avec qui j'aurais gardé le contact. Je pensais qu'on allait se voir ce soir-là. Et après, peut-être se revoir vite fait comme ça, lors de rencontres d'amis, mais pas en un pour un. Donc pour moi, je n'allais pas revoir cette personne. Mais tu aurais pu, ça c'est le soir de l'anniversaire, mais le moment où tu lui renvoies un texto pour qu'il te rende le blouson, là tu es en train de le revoir. Oui, mais je ne pensais pas le revoir et le revoir jusqu'à ce qu'on parle de quelque chose d'intéressant. Mais non, arrête ! Mais au fond de ton cœur, ton désir était évident ? Non ? Alors, pas dans mon cœur, dans mon cul, oui. Dans mon cœur, je crois que j'avais surtout envie de me mettre avec quelqu'un, me mettre en couple avec quelqu'un de stable, créer encore une fois, essayer une nouvelle fois d'être en couple. Ça pouvait être lui ? Non, trop jeune. trop jeune dans sa connaissance de lui-même trop jeune dans sa vision du monde aussi trop proche de moi dans ses addictions et puis c'est pas quelqu'un qui rêve c'est pas quelqu'un qui parle c'est pas quelqu'un qui pense c'est plutôt quelqu'un qui agit et moi j'ai besoin de tout sauf ça ok Donc non, ça n'aura pas pu être avec lui. Mais je pense qu'on peut se faire du bien, que ça soit psychologiquement, que ça soit pour parler, que ça soit pour faire des voyages, que ça soit pour baiser. Mais je pense que non, c'est mort pour le couple. C'est mort. Et je l'ai senti dès le départ. Et je n'avais pas envie de ça. Je n'avais pas envie d'être en couple avec lui. J'ai du mal à comprendre pourquoi tu peux choisir de pas faire ta stratégie, que ça soit dit au maximum. Notamment pour s'éviter des... Genre, ah, les personnes trans, c'est bizarre, qui est ultra violent. Mais j'ai l'intuition que... C'est un peu débile, ma question. C'est qu'en fait, tu vas pas porter un t-shirt non-stop, ça fait pas de sens. Mais... tu vois j'ai l'impression que tu ouvres ta personne à une possible amitié plus plus on n'en sait rien mais le moment où tu dis on se faisait des rencontres pour aller voir des belles choses c'était un sous-texte pour dire musée oui ce genre de choses le moment où tu es en train de développer une amitié Moi, je pense que dans la demi-seconde, j'ai réussi à caler que je suis gay. Peut-être que je peux me raconter moi et tu me dis ce que tu en penses. En gros, moi, je suis fatigué. J'ai plus l'espace de naviguer le monde avec des gens qui vont me sortir des trucs du genre « Oui, les LGBT, c'est quand même une soupe de lettres. » tu vois, des gens encore plus avec ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis, tu vois, où ils sont en train, genre, d'effacer, c'est pas toi que je vais le raconter, mais d'effacer le T de LGBT, d'effacer la transidentité, d'effacer l'histoire, enfin, c'est catastrophique. Et donc, moi, quelqu'un qui dit trans, je sais pas ce que c'est, ça veut donc dire que, genre, t'as quand même réussi à lire aucune des conneries que Trump a fait. Enfin, faut quand même vraiment s'accrocher pour ne pas être sur les réseaux sociaux, ne consommer aucun média. Mais moi, je suis désolé, c'est pas possible. Mais peut-être que c'est... Tu sais quoi ? Je me dis que peut-être, moi, je suis un privilégié qui a accès à suffisamment de gens. Et donc, si je me coupe des ponts, bah oui, mais j'ai encore des amitiés disponibles ou pas. Qu'est-ce que t'en penses ? Et moi, du coup, quand je t'écoute, je me dis, mais attends, t'as fait tout un chemin... Comment t'as pu te mettre dans une situation, enfin c'est pas un jugement, mais comment on s'est retrouvé dans cette situation où t'as Monsieur Princesse qui nous sort une connerie et tu viens de dépenser tellement d'heures de musée avec un vieux con en fait ? Je suis volontairement très binaire, qu'est-ce que t'en penses ? j'en pense que au final le fait d'être gay je le place mieux que le fait d'être trans parce que le fait d'être gay c'est mes attirances et le fait d'être trans c'est maintenant plus que mon corps c'est un parcours certes mais c'est un parcours qui était pas forcément très cool j'aime bien cultiver le positif naturellement j'aime bien le positif je retiens beaucoup le négatif mais parce que je retiens beaucoup trop de choses aussi En tant que souvenir. Mais j'ai pas envie de parler de mon corps. C'est pas un complexe chez moi, je suis pas pudique, je kiffe ma chatte, ça marche très bien. Et ça c'est très très cool. Mais je n'ai pas envie de révéler ça. Il y a un risque d'agression aussi, il ne faut pas l'oublier. Avec Monsieur Princesse, vous avez peur ? J'ai surtout peur qu'il aille le dire partout. Encore une fois, c'est quelqu'un de jeune, de jeune dans sa façon d'être. J'ai entendu un truc qui m'a fait beaucoup rire d'ailleurs. Les seuls secrets qu'il ne diffuse pas, c'est les choses qu'il a oubliées. Ça m'a beaucoup fait rire et je pense que c'est très vrai. Mais du coup j'ai pas envie qu'il aille disséminer ça en croyant que c'est pas grave en fait. Et que moi derrière, si la législation se durcit ou si juste il y a des connards dans son entourage, que je me fasse exploser parce que j'ai eu confiance. Et je crois que les seuls moyens aujourd'hui de me faire le dire, c'est m'énerver pour que je fasse la provoque finalement parce que j'ai besoin de dire « t'es un sale con, regarde ce qu'il y a en face de toi ». soit promouvoir des droits genre chez juriste de formation du coup et je connais un petit peu la loi pour l'avoir étudiée et forcément l'avoir consommée en tant que trans et donc si je peux aider d'autres personnes sur le plan juridique c'est cool mais j'ai vraiment envie qu'on oublie le côté corporel la dimension corporelle de ma transition Tu me permets de souligner une contradiction qui va te permettre de te raconter un peu plus ? C'est que si cette stratégie de sécurité qui me semble essentielle, si t'étais allé au bout, le moment où quelqu'un dit « Ah, les trans c'est bizarre », cette stratégie de sécurité c'est justement de pas lui révéler ta transidentité, de quitter, de couper les ponts et un peu de l'enfumer en mode « Ah, je suis super occupé en ce moment ». Or, tu fais le contraire, tu dévoiles cette information que tu dis peut te mettre en risque à un gars qui clairement ne lit pas, ne s'intéresse pas ou est transphobe. Je ne sais pas à quel endroit il se fait. Tu vois la contradiction ? Oui, j'ai une super empathie. Je comprends direct ce que sont les gens. Je crois que c'est un pass qui m'a beaucoup sécurisé tout le temps, mais dans des trucs assez inimaginables. Et je sais que dans ce cas-là, la seule crainte que j'ai, c'est qu'il diffuse. C'est pas que lui-même m'agresse ou quoi. Donc, je révèle le truc parce que je suis énervé par son propos et parce que je sens qu'on peut en faire quelque chose. Je sais qu'il peut, lui, en faire quelque chose. Et du coup, ça dépasse le risque. Enfin, ça dépasse le poids du risque pour moi à ce moment-là. Donc, je fais le choix de lui dire parce que je ressens qu'il peut en faire quelque chose. Effectivement, voilà. Après, il a fait quand même mon coming out forcé à plein de gens. Ça veut dire quoi ? Il a révélé ma transidentité autour d'une table avec plein de gens qui ne savaient pas. Comme quoi, j'avais raison, effectivement, de faire attention au fait qu'il pouvait disséminer le truc. Mais... Il l'a fait aussi avec des gens de confiance. Il ne l'a pas fait avec des gens qui auraient pu forcément m'agresser. Et je pense que notre relation amicale, du coup, intègre cette dimension aussi de transidentité. Et puis, on partage des choses, on partage des moments... Ou s'il ne savait pas, il n'aurait pas pu parler avec autant de confiance. Le fait que moi, je me sois ouvert, que j'ai ouvert ma confiance à lui, ça lui permet de parler de lui avec des choses où il sait que j'ai déjà fait don d'un gros morceau pour qu'on se lie dans des discussions. Et toi, c'est une relation qui te nourrit avant tout ? Je crois que c'est un peu le contraire. C'est marrant parce que... Moi j'ai l'intuition que dans le troisième et dernier épisode qu'on va enregistrer après, si t'es ok, je serais curieux de savoir comment ce système d'autodéfense avec le monde, où du coup tu donnes, t'es hyperactif aussi dans ton don pour la veuve et l'orphelin, même si l'orphelin est un gros boulet qui force des coming out, qui dit de la merde... En fait, c'est quand même lui qu'on va nourrir. C'est à lui qu'on va offrir des choses sans retour. Et je suis curieux de me demander dans quelle mesure ce système d'autodéfense t'a servi et aujourd'hui il t'a servi. Tu l'as ou pas ? Oui, oui. Je l'ai vu écrit. Tu l'as vu écrit, ouais. C'est Thomas d'Assembourg qui fait de la communication non-violente. Je veux le citer parce que je crois que c'est lui qui l'a dit, mais je ne suis pas sûr. Mais c'est en tout cas pas de moi. Mais je trouve ça tellement joli. Ce qui m'a servi dans le passé, ce qui m'a été utile, aujourd'hui m'a servi, me rend esclave, c'est ça ? Tu vois ce que je veux dire ? Moi, d'un point de vue extérieur, J'ai du mal à comprendre, j'ai de la colère, je trouve que c'est injuste. Le fait d'essayer, monsieur princesse, ça marche, ça marche pas, c'est la vie, je juge pas là où est monsieur princesse, il fait ce qu'il veut. Mais d'entendre après comment tu justifies, comment t'acceptes, avec rien en retour, je suis là, ah non, mais Javier, non. Tes potes, ils sont pas genre en mode, mais Javier, non. Ils te font pas les gros yeux ? Je crois que ça sert à rien de me les faire, et tout le monde a compris le truc, c'est que je suis complètement... On peut pas m'influencer. Vraiment pas, et je fais toujours les bons choix. Très bien. En quoi c'est le bon choix de nourrir Monsieur Princesse Boulet ? Sans retour, avec même des formes de violence morale. Coming out forcé, c'est pas léger, léger. Les trans, c'est bizarre, c'est pas léger, léger. Non, c'est pas léger, léger du tout. Pourquoi c'est une bonne décision pour toi ? Et je te pose la question sans sous-entendu. C'est une bonne décision parce que je crois que j'ai fait quelque chose de bien en révélant cette chose-là. La confiance que cette personne, que Monsieur Princesse m'apporte, me donne, me confie, c'est quelque chose qui nous permet de parler de choses qu'il ne m'aurait pas confiées sans que moi je lui ai fait don de ma confiance. Et je crois qu'on avance un petit peu tous les deux là-dessus. Moi, j'apprends des choses de ce qui vit. J'essaye de trouver des solutions et je crois que ça me rend utile. Et donc, forcément, mon sentiment d'utilité et de reconnaissance aussi sont dopés. Et ça, c'est des trucs sur lesquels je sais que j'en ai besoin. Est-ce que tu as l'impression, la question que je pose c'est est-ce qu'on peut créer un couple et un rapport intime et sexuel, pourquoi tu souris, sur cette base déséquilibrée ? Je pense... Sous-entendu, je pense que non. Je pense quoi ? Je pense que oui, j'avais bien compris ton sous-entendu. Je pense que tous les couples que j'ai vécu avant sont plutôt basés sur ce genre de trucs. Alors pas dans la violence ou quoi, mais dans l'asservissement un peu, le fait de moins me rendre utile en faisant trop pour l'autre, enfin à la place de l'autre, genre que ça soit... faire ses papiers, que ça soit faire son rangement, que ça soit des trucs à la con, son administratif, son machin prendre soin sans qu'on prenne soin de moi ou à diverses échelles en tout cas mais c'est plus ce que j'ai envie de vivre et c'est assez nouveau pour moi de dire ça, c'est pour ça que je fais une grosse pause dans mes relations parce que j'ai envie de Tout posé. Et puis, en fait, j'en ai marre. Je fais tellement les choses trop bien. Je fais les papiers trop bien. Je range tout trop bien. Je suis une maman, en fait. Je materne mes... mon partenaire, mes partenaires et j'ai plus envie de ça j'ai pas envie qu'on me materne non plus je supporterais pas clairement qu'on le fasse même pour des micro trucs mais ça marche pas en fait ça marche pas d'être dans une relation à sens unique où tu fais tout et j'en suis hyper conscient et mon modèle de couple celui que j'espère avoir demain C'est une relation où chacun arrive à faire tout ce que l'autre fait et que les tâches soient vraiment partagées et qu'il n'y ait plus de pression de se dire « si je ne le fais pas, personne ne va le faire ». Et peut-être que tu puisses te sentir aimé et suffisant en tout cas ? Sans aider ? Oui. Mais ça, je plaque sur toi mes problèmes. Je pense que tu peux dire non. Peut-être qu'on a juste aussi les mêmes problèmes. Probablement. Mais tu vois, en fait, sans rien faire, Guillaume, tu es suffisant. Moi, déjà, ça, ça peut me faire le week-end. Bien sûr. Attends, ça, c'est vrai. Et j'ai vraiment du mal à le ressentir dans mon corps, en fait. Et je trouve que... Pourquoi pour moi c'est un lien direct avec notre développement intime ? C'est qu'en fait, moi j'imagine la vie et les relations humaines comme des petits cubes. Et en fait on a, je sais pas si je vais arriver à faire cette image jusqu'au bout, mais imaginons qu'on a 10 cubes de disponibles. Si je remplis... Le gros de mes cubes, bon, il y a des cubes remplis par le boulot, des cubes par plein de relations que je choisis plus ou moins. Mais si les relations que je choisis, j'ai Monsieur Princesse Boulet qui remplit un cube dans un truc qui ne me nourrit pas, etc. En fait, je n'ai pas un nombre de cubes illimité. Je n'ai pas une disponibilité émotionnelle, psychologique, intime et tout illimitée. Il n'y a pas un nombre d'heures non plus illimité dans la journée. Et en fait, c'est que du coup, j'empêche un espace vide dans lequel un cube avec des jolis coins et qui va m'encuber. Et tu vois, on va s'échanger nos cubes. On va prendre soin de nos cubes. Tu vois, on va se caresser le cube. On va se raconter le cube. Mais en cherchant, l'égalité étant pas parfaite. Mais du coup... Il faut qu'il y ait un cube de libre. Tu vois ce que je veux dire ? Cette image est parfaite. Il y a des gens qui parlent de cette notion-là avec des cuillères, le fait de dépenser de l'énergie pour certaines choses et qu'après, il n'y a plus d'énergie pour d'autres. Et l'image des cubes, elle me parle vachement. J'ai fait un burn-out social et plusieurs burn-outs professionnels. Et le burnout social, c'était que mes cubes étaient trop remplis, il y avait trop de cubes, ça ne logeait plus. Et sur une journée de 24 heures, j'avais besoin de 32 heures pour faire mon boulot, mon boulot sur moi, le boulot pour aider les gens, tout ce genre de trucs. Et du coup, j'ai perdu des cubes. Alors je ne parle pas de perdre des amis, je parle du fait que j'ai perdu des... des morceaux de cognitif j'arrive plus à accumuler trop d'heures d'aide j'ai plus envie en fait j'y arrive plus, je pète un câble et je dirais que maintenant je connais mieux mes cubes de base, les cubes que je veux garder les cubes que je cultive et qui grandissent et j'ai toujours 2-3 cubes qui sont un petit peu à côté et là-dedans je vais pouvoir loger tous les trucs qui sont un peu urgents que je vais pas confirmer en fait finalement c'est pas des choses qui vont grandir nécessairement enfin en tout cas pas dans l'immédiat et dedans ça va être les potes proches qui vont pas bien les gens que j'essaye de découvrir les choses qu'il faut que je fasse plus tard tout ce genre de trucs qui prennent trop de place mais dedans effectivement j'ai envie de connaître les gens qui sont quand même dans ces cubes là J'ai envie de les connaître précisément pour savoir s'ils peuvent intégrer des grands cubes, des cubes fixes, ou si ça va me mettre à mal de le faire, si ça vaut pas le coup, si c'est trop cher en énergie, ou si juste c'est nul parce que ça me servira jamais à rien. Sans parler d'utilitarisme, mais... Mais c'est intéressant parce que j'ai vu une vidéo sur TikTok, donc je cite mes sources, on est vraiment dans les bas fonds de la source de l'interweb, une vidéo d'une créatrice qui parlait des people pleasers, c'était en anglais, donc des gens qui aiment satisfaire l'autre people pleaser, t'aurais la traduction en français ? Moi je l'ai pas. c'est ce que tu disais les personnes qui aiment satisfaire l'autre le people pleaser c'est vraiment en psychologie de placard de TikTok c'est vraiment quelqu'un qui va être sans cesse à justement se suradapter à l'autre Je crois qu'elle était psy, mais je ne sais plus trop. Cette personne disait qu'on devrait changer le terme parce que « people pleaser », c'est assez positif. Or, en fait, c'est des comportements qui cherchent à mettre à distance et à contrôler l'autre. C'est beaucoup moins de la générosité. C'est assez abrasif et je te propose une lecture de tes comportements un peu moins confortables. Tu me diras ce que tu en fais. Mais c'est beaucoup moins de la générosité. Tu as utilisé plusieurs fois le terme « dead ». Mais c'est marrant parce que tu as dit « j'ai des heures d'aide limitées ». Et c'est marrant comment ça refroidit l'aide. Quand il y a des heures d'aide, on entend un travail, on entend un truc où presque je me demande si la personne savait que tu considérais ça comme des heures d'aide. Peut-être qu'elle te dirait « ah ben non merci, du coup j'ai pas… » Ah ben non, si c'est du taf, tu vois. Et quelque part, moi je me suis toujours demandé si mon envie de faire, faire, faire, faire, faire pour exister ou d'aider pour exister, c'était pas aussi une manière de trouver mon confort et mon équilibre à un endroit où du coup j'ai besoin que l'autre reste malade et mal. Parce que j'ai besoin d'un veuve et d'une orphelin pour être l'aidant. et donc qu'en fait c'est ma manière de voir les rapports sociaux et qu'après je dis oh là là c'est super lourd on me pose pas cette question il y a personne qui me nourrit mais qu'en fait c'est moi qui crée ces interactions j'ai une grande part de responsabilité et le moment où je me suis mis à le regarder comme ah non mais c'est pas de la générosité en fait c'est pas que j'aime aider Non, Guillaume, tu ne dis plus aider. Tu dis utiliser la souffrance de l'autre pour le mettre à distance et qu'on ne me pose pas, moi, des questions qui me feraient peur ou que la personne ne puisse pas me heurter. Tu vois ? Apaiser l'autre en me sentant utile pour... pour qu'on ne me rencontre pas, pour qu'on ne me fasse pas de mal. En tout cas, le moment où j'ai mis en lumière, ce n'était pas ouf ce que je viens de te dire, parce que tu n'as rien fait de mal, mais de mettre en lumière que c'est un système d'autoprotection puissant et important, parce qu'en fait, il faut cette autoprotection, parce qu'en fait, le monde est extrêmement violent, donc ce n'est pas du tout, on est des idiots, etc. Mais je me suis perdu dans le système. Aujourd'hui, c'est le système qui me bouffe, quoi. et je suis à peu près sûr que la majorité des veuves et des orphelins une fois qu'ils ont compris le type de relation ça les nourrit pas non plus J'aimerais bien que ça soit vrai dans mon entourage. En fait, je crois que la relation d'aide devient un travail pour moi quand elle abuse. Quand je dois être disponible 10 000 heures sur 24, quand je dois être disponible tout le temps pour aider, quand on vient me chercher jusque chez moi pour que j'aide parce que je réponds plus, parce que je suis plus capable de répondre. Mais t'as des potes qui font ça ? Ouais, j'en ai eu. J'en ai plus parce que je peux plus, je veux plus ça. J'ai eu des ex comme ça, il fallait faire en fait, il fallait faire à leur place. Et c'est là où ça devient un boulot en fait, clairement. Et là c'est plus qu'une relation d'aide, c'est une relation qui nourrit plus parce qu'il n'y a plus que ça. alors c'est normal quand il y a des gens qui vont très très mal et que tu les aimes fort bah tu vas tout donner c'est temporaire sur un moment donné bien sûr même un long moment peu importe mais quand il n'y a plus que ça c'est là où moi je donne tout et puis un moment je peux plus parce que j'aime les gens et du coup je me télescope ça c'est faux je pense À cet endroit-là, si j'étais psy, je te dis enquête. Parce que là, ton lien de causalité, je fais ça parce que j'aime les gens. Je pense que t'aimes les gens, je te dis pas du tout que, mais je pense que c'est un écran de fumée qui t'empêche d'aller à ta vérité. Je suis pas sûr que tu fasses ça parce que t'aimes les gens. Au départ, je suis persuadé que je fais ça parce que j'aime les gens et j'aime tellement les gens que du coup, je ne sais pas dire non. Et c'est là où change la chose. Je n'aime plus les gens. Je fais parce que je les ai aimés ou parce qu'ils en ont besoin. Et ce n'est plus du tout bien pour moi. Est-ce que tu as dit tout ça à Monsieur Princesse, ça sera la chose sur laquelle on termine ? Monsieur Princesse Boulet ? Je ne sais pas. Pour moi, ça serait le premier petit pas dans le rééquilibrage de dire que tu ne te sens pas très nourri, qu'en fait, ce n'est pas OK de forcer le coming out. Donc, peut-être qu'il ne le savait pas, mais c'est un peu relou parce que si tu veux qu'on soit potes, je veux bien que tu lises le Wikipédia, par exemple, pour commencer par là. tu vois il y a un ou deux documentaires qui sont disponibles gratuitement si vraiment genre il a du mal avec un texte tu te vois lui dire simplement ? je crois que si l'effort ne vient pas de lui il mourra pas Il ne me gardera pas parce que je n'ai plus envie de générer des choses chez les gens, je n'ai plus envie de les renseigner, je n'ai plus envie de les pousser à se renseigner. Si ils ne le font pas eux-mêmes, c'est qu'on va vivre notre vie, on va toujours bien s'aimer de loin. Mais je crois que je suis fatigué par les gens. On finit là-dessus ? Dans le prochain épisode, on va parler kink, ce passeport gay, tu m'as dit, passeport qui t'a fait rentrer dans le milieu, ou en tout cas qui t'a fait sentir plus gay, de BDSM, de couple, et ma première question pour ce troisième et dernier épisode, où les gens peuvent soit s'abonner, je le dis jamais, t'es abonné toi au podcast ? Je crois. Non, ça c'est un nom de quelqu'un qui se dit putain si je lui dis que... Non, je me pose la question, je me dis combien de notifs j'ai, à peu près 300 000 et est-ce que l'abonnement tombe pas dedans ? Complètement. En tout cas, t'as raison, on peut à la fois être abonné, du coup ça apparaît dans notre plateforme, mais on peut aussi activer les notifications, c'est deux choses différentes. J'avoue que les notifications, il faut vraiment kiffer. Avec trois épisodes par semaine. En tout cas, pour les gens qui nous écoutent, peut-être que l'épisode est déjà publié. Et donc, on commencera par prendre le revers de « Je suis l'aidant de la veuve et de l'orphelin ». et je te demanderais si tu rencontres un gars que tu trouves joli un joli cube un cube bien comme on les aime et qui te dit j'ai envie de te faire kiffer j'ai envie de t'offrir vraiment un moment intime et j'ai envie d'être 100% dévoué tu lui demandes quoi tu lui dis quoi et qu'est-ce qui te vient en tête ça te va ? très bien rendez-vous au prochain épisode Pipi ? Ça va, ça va toujours. On m'appelle le dromadaire. Totalement, tu sais que c'est l'un de mes surnoms. C'est vrai ou pas ? Je bois pas, je pisse pas, tout va bien. Je dors pas. Alors, est-ce que... Bah moi j'ai envie de faire pipi en fait.

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