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Ça va ? Ouais. Et toi ? Ouais. On se relance ? Prêt. Javier, troisième et dernière partie de ton témoignage. Qu'est-ce que je peux dire pour contextualiser ? Tu viens de nous raconter, tu es un homme gay, trans. Tu viens de nous raconter plein de choses sur ton rapport au corps, ton rapport à l'intime, tout ton cheminement.
tes nombreuses vies et ton épanouissement petit à petit autour de ta sexualité, sexualité très en couple, avec un syndrome du sauveur.
Je le qualifie ainsi. Avec le syndrome du sauveur, dans le sens, t'aimes assez bien te positionner à la fois dans des soirées, mais même dans des interactions humaines, comme la personne qui va écouter, prendre soin, mais parfois pas toujours avec retour. Et d'ailleurs, c'était quelque chose qui a apparemment accompagné tes couples aussi, les enjeux de tes couples ?
Or, on est sur un podcast pour s'épanouir en tant qu'homme gay ou queer, alors on détricote, on se demande c'est quoi la cible du chemin. Et j'ai envie de te demander justement de revenir à ton toi. Tu rencontres une jolie personne qui t'attire bien ?
Et cette personne, tu la sens. Il y a les bonnes conditions pour toi pour répondre à sa question. Sa question, c'est j'ai envie de te faire kiffer, je te fais quoi ? Et tu as les bonnes conditions et tu oses dire qu'est-ce qui te vient en tête ?
Je crois que j'ai très besoin de tendresse. C'est un truc très mignon, mais à la fois assez compliqué pour moi de le revendiquer. Et très actuel. C'est un vrai besoin pour moi actuellement. Ce matin, je parlais avec une personne du fait que le désir ardent, je ne suis pas sûr que ça…
Le désir ardent dès le départ, je ne suis pas sûr que ça soit très bon pour moi si je ne veux qu'un couple secret. Je ne suis pas sûr que consommer le désir soit un bon plan pour moi pour que le couple soit durable. J'ai besoin de tester avant, j'ai besoin de connaître la personne.
Donc, cet amant, on peut l'appeler amant, ça te parle ? Ça me parle, oui. Tu te dis, ok, de la douceur, c'est ça que tu as dit ? Douceur ? Tendresse. Tendresse, pardon. Non, mais c'est super. Comment je peux te la faire vivre, cette tendresse ? Où est-ce que je mets mes mains ? Où est-ce que c'est avec mes mains ou autre chose ?
Elle n'a pas forcément de forme, cette tendresse. Ça peut être juste le fait de dormir ensemble. Ça peut être le fait de dormir l'un contre l'autre. Ça peut être le fait d'être l'un contre l'autre. Là, on a une session. Moi, je t'offre une heure et demie, deux heures. Du coup, tu préfères qu'on fasse une sieste ensemble ? Tu préfères qu'on se mette nos corps l'un côté de l'autre ? Ça peut être effectivement le fait d'être l'un contre l'autre et le dialogue l'un contre l'autre. Je crois que c'est un truc qui me manque beaucoup, le fait…
D'être vraiment en fusion, d'être l'un contre l'autre, vraiment peau contre peau et sans forcément qu'on pense à une sexualité. Même si avec moi, direct, en général, j'y pense. Mais le fait qu'un dialogue, peu importe lequel, puisse s'organiser dans cette posture. Ok.
J'ai beaucoup tendance à aimer cette posture-là pour se disputer. C'est con, mais je trouve qu'on n'arrive pas à se disputer dans cette posture. Allonger l'un contre l'autre, nos visages se font face. Ou même en cuillère. En fait, quand on est l'un contre l'autre, on n'arrive pas à se disputer. C'est terrible. Par contre, quand on parle de choses n'importe quoi, le temps qu'il fait dehors ou ce qu'on va faire demain…
Je trouve que ça donne une proportion qui est terrible au moment. C'est magnifique. On détaille plus les images. On partage plus de positifs. Et je crois que c'est ça que j'ai besoin de vivre. Donc, si je veux te faire kiffer pendant une heure et demie, deux heures, c'est la seule chose que tu me demandes ? Il y a d'autres choses ?
non je crois que c'est vraiment que ça tu m'as dit bon la sexualité j'y pense direct tout à l'heure là tu disais dans ce domaine de la sexualité ça serait quoi si jamais je t'offrais un autre moment enfin en tout cas monsieur cube enfin le joli le joli amant parce que les gens qui n'ont pas écouté l'épisode précédent sont perdus sur c'est quoi cette histoire de cube le joli amant t'offre une autre session plus sexuelle tu kiffes quoi là
Je crois que je kifferais le faire kiffer. Non, c'est interdit. Non, c'est interdit. Ça fait trop longtemps que je ne me suis pas senti complètement révolutionnaire. Je me sens à l'aise dans le cul. Je sais que je donne du plaisir, mais j'ai…
Je crois que j'ai vraiment besoin de me sentir exceptionnel et ça fait longtemps que je ne me suis pas donné les moyens de donner ça à quelqu'un qui, je sais, en aura envie régulièrement puisqu'on partagera une suite régulière, une routine autour de ce plaisir où j'aurais beaucoup investi pour faire plaisir.
vu que c'est interdit mais non mais en fait l'amant te dit ah merci beaucoup tu veux la réciprocité de l'exercice ouais ouais t'inquiète on gérera ma session à moi mais là c'est ta session mais après t'as le droit de répondre ça bien sûr que c'est rien d'interdit t'as le droit mais c'est vrai peut-être que t'es un top d'homme t'es peut-être très heureux non tu dis non ? non je suis pas un top d'homme du tout
Non mais dans le sens, pourquoi est-ce qu'on jugerait que c'est pas bien de répondre ça ? Toi t'as l'impression que t'es entier et heureux dans ça ? Moi y'a rien qu'on peut me faire, j'ai juste envie de faire du kiff à l'autre ?
toi ça te va ? moi ça me va aujourd'hui avec avec les semaines partagées avec l'autre etc je peux m'ouvrir et je veux m'ouvrir à autre chose je veux m'ouvrir au kiff mais après effectivement sur l'initial sur la première rencontre
Alors, mise à jour de l'exercice. Ça fait plusieurs semaines. J'avais dit, nous avons les conditions pour s'ouvrir. Donc, du coup, ces conditions, c'est un amant qu'on a vu à répétition, à qui on a fait plein de choses délicieuses. Et là, il te dit, vas-y, j'ai envie de me focus sur ton plaisir.
Est-ce que, donc je vais être plus concret, je pense que c'est intéressant même pour tous les auditeuristes de faire cet exercice. Est-ce qu'il y a des endroits de ton corps ? Est-ce qu'il y a des façons de toucher plus ou moins fort ou pas sur ces endroits du corps ? Est-ce qu'il y a des façons où tu sais que c'est des chouettes endroits de sexe ou d'intime ?
Je crois que je suis particulièrement sensible à l'oral, que ça soit le fait de s'embrasser sensuellement, que ça soit le fait de me faire sucer, que ça soit le fait de sucer aussi. Tout ce qui est oral, ça me fait kiffer de ouf. Anulingus ? Aussi, ouais.
Dans le même niveau de kiff ? Même niveau de kiff. Ouais, même niveau de kiff. En receveur et en donneur ? En receveur et en donneur, ouais. Je crois que du coup, je suis hypersensible dans le bon sens, parce que l'hypersensibilité, c'est pas cool.
mais super sensible au fait de me faire sucer bien. Et je crois que mon kiff, ça peut être celui-là. Tu as parlé d'une séance de kiff d'une heure et demie, c'est à peu près ce qu'il me faut. Non, parce que c'était la première question. Tout à fait, la boucle est bouclée. Est-ce que tu peux me décrire comment je te suce bien ?
Je crois que je suis très verbal donc en me faisant sucer je décris beaucoup ce que j'aime que l'autre me fasse et c'est super variable en fait c'est super variable selon le rythme de l'autre parce que je vais forcément calmer le truc parce que j'aime bien profiter de chaque microseconde et du coup je nomme ce que je veux et ce que je veux c'est la lenteur euh
la plupart des gens qui me sucent n'ont jamais sucé un mec trans et du coup vont forcément pas bien faire ou faire trop vite ou faire quelque chose de standard en fait enfin qu'ils estimaient standard du coup j'aime la lenteur j'aime pas les trucs progressifs j'aime les trucs complètement relous en fait les trucs qui sont pareil du début à la fin euh
Après, il y a des zones particulières qui me rendent ouf. Je ne sais pas si c'est super commun, je n'ai pas l'impression, mais je suis hyper sensible sur le bas de mon clit, le dessous. Et ça me fait kiffer parce que c'est un truc trop bizarre, ça me détend.
et à la fois ça me tend d'autres endroits jusqu'au moment où tout se détend l'orgasme et c'est assez particulier j'aime beaucoup cette sensation de tension sexuelle c'est pas la tension sexuelle c'est la tension de l'endroit sexuel avec la détente du corps je la trouve délicieuse cette sensation et je crois que c'est la meilleure sensation au monde pour moi c'est celle là
Les oreilles ? Non. Le nez ? Non. Le crâne ? Non. Attends, tu t'es jamais fait faire des papouilles sur le crâne et t'étais en PLS ? Moi, je suis un papouilleur de crâne. Moi, dans ma session, il y aura un moment où tu me gratouilles le crâne, ouais. Ah ouais, non. Ok, je respecte. D'autres endroits, si tu scans ton corps, d'autres pratiques ? On n'a pas parlé pénétration ?
Je crois que j'ai eu beaucoup de déceptions avec ce truc-là. Je kiffe, mais… En donneur ou en receveur, là tu parles ? Plutôt en receveur. En donneur, c'est les plus beaux moments qui restent, les plus beaux souvenirs physiques que j'ai, c'est ceux-là. Vraiment. Mais en receveur, ça m'a toujours semblé…
Relou, enfin souvent semblait relou, pas à la hauteur d'autres plaisirs. Relou dans le sens que tu avais mal ? Non, j'avais pas mal, mais c'était pas… enfin j'ai eu mal, mais majoritairement non, mais c'était pas autant la fusion que j'imaginais finalement.
J'aime cette fusion. C'est plutôt ça que j'aime dans la pénétration. C'est le côté, en fait, on est l'un dans l'autre et on fusionne complètement et nos corps fusionnent à 100%. Mais je crois que je le décorrèle complètement du sexe.
Du coup, dans la logique sexuelle, j'aime pas la pénétration. J'aime la pénétration pour être avec l'autre et être… On parle par devant ou par derrière ? Ça peut être les deux. Plutôt par devant parce que je crois que je kiffe vraiment mieux. Par derrière, ça serait plus le moment de préparation que je kiffe, genre pour me détendre. Pareil, c'est moins sexuel qu'un massage finalement.
Même si c'est purement sexuel, ça me fait vraiment un effet de massage, un effet de relaxation, un effet de relaxation ultime. Parce que c'est un moment où tu es tout seul, la préparation ?
ça peut être carrément tout ce qui est j'aime bien me faire passer pour vierge du cul et du coup Claude me prépare en mode vraiment me détendre les muscles toucher je te mets des doigts, je te mets la langue etc se faire passer pour vierge donc tu fais genre tu dis à tes partenaires ah j'ai jamais fait je le dis pas forcément mais je suis hyper serré et du coup ils se disent direct que je me suis jamais rien pris
Et en fait je dis pas non vas-y tu peux y aller, je fais style je me connais pas parce que je sais qu'ils vont être aussi plus précautionneux.
plus doux, plus lent je me rappelle dans les épisodes précédents tu disais que justement sur ton chemin d'émancipation t'as vraiment eu envie d'être dans le sexe gay je dis pas de bêtises ? non tu dis pas de bêtises et j'ai vraiment l'impression que quelque part la sodomie c'est un peu l'acte
notarial, le coup de tampon, tu vois ? Est-ce que toi aussi, t'as ressenti ça ? Et est-ce que quelque part, justement, dans ton homosexualité, ben hop, ça… T'avais vachement envie de sodomie, parce que t'étais là, bon, ben là… Toi, tu disais dans l'épisode précédent, j'avais envie d'être gay, pédé. Ben là, tu l'es pas plus ?
C'est clair que c'est un peu la cage à cocher, ça l'a été en tout cas pour moi. La cage à cocher ? Du coup j'imagine forcément tous les jeux de mots qu'il peut y avoir avec les écossais, tout ce que tu veux !
Il ne faut pas me lancer là-dessus. Du coup, oui, je l'ai vu vraiment comme ça au début. C'est un peu le passeport PD. Injonction même. Injonction, totalement. On est obligé d'avoir du sexe anal. Oui, clairement. Ce qui est bête.
ce qui est dommage en tout cas parce que je crois que perso ça m'a empêché pendant pas mal de temps de me concentrer sur autre chose qui m'aurait fait mieux kiffer mais vu que c'était de base il fallait faire ça parce que sinon déjà demander autre chose c'était peut-être s'exposer à une incompréhension aussi et puis le fait que pour moi c'était obligé de se faire prendre par derrière pour être gay
Du coup je crois que j'ai perdu quelques années avec ça. Du coup à te forcer à être pénétré ? Pas forcément me forcer mais me focaliser dessus alors que j'aurais pu découvrir ça et autre chose. J'ai découvert il n'y a vraiment pas si longtemps que je kiffais me faire prendre par devant mais vraiment pas si longtemps en mode c'est genre un an deux ans.
Et j'ai pas découvert mon plaisir, j'ai découvert comment en avoir. Et du coup, j'aurais pu profiter de ça aussi bien avant, mais vu que j'étais en mode « oui mais attends, déjà t'es trans, t'es un mec, donc assumer ta chatte ça peut être compliqué ».
En plus, risque de grossesse, etc. Ça, c'est un truc qui me suit beaucoup. Je n'arrive pas à m'empêcher d'y penser à chaque rapport. Même protégé ? Même protégé. Parce que j'ai toujours peur que… J'ai fait trois fausses couches, pour le coup. J'ai toujours peur de devoir aller au laboratoire faire ma petite prise de sang, de devoir assumer que je suis trans, etc. Sachant que ça ne se voit plus. C'est assez complexe.
mais j'aurais pu profiter de pas mal d'années où je me faisais prendre par derrière sans forcément en kiffant mais sans forcément découvrir autre chose en attendant j'aurais pu en profiter pour me découvrir plus profondément et me rattacher à moi finalement à mes propres volontés et désirs plutôt qu'à une injonction quelle qu'elle soit
C'est sur notre tout doux, notre liste à faire, à partir de maintenant. Tu dis, je suis très oral, gorge profonde ? Alors j'y arrivais, ça a été l'une de mes recherches de performance en fait. J'aime bien la performance, je crois que je l'aime plus tant que ça, parce que j'aime bien la routine, j'aime bien la régularité maintenant, moins qu'impressionner.
Parce que, aussi, je veux donner du plaisir, mais je ne veux pas forcément donner du plaisir à tout le monde. Je veux explorer le plaisir que je peux avoir avec une personne. Et si c'est son kiff, si elle kiffe particulièrement les gorges profondes et que, moi, ça me fait du bien aussi, effectivement, je réapprendrai. Je n'y arrive plus, en fait. Je ne sais pas pourquoi. La dernière fois que tu as essayé, ça t'a fait mal ?
Ouais. Et puis j'étais pas à l'aise. J'étais pas à l'aise en mode ça m'a pas… Je me suis pas senti… J'étais bien avec la personne, mais ça m'a pas donné le plaisir, ça m'a pas fait plaisir non plus. Cette personne, c'était un ancien couple ? Oui. D'accord, c'était au sein d'un de tes couples ? Ouais.
Dans l'épisode 1, il y a un truc auquel on n'a pas répondu et je trouve que c'est important. Tu m'as dit dans la préparation que tu avais demandé et exigé beaucoup à ton corps.
notamment pour qu'il rentre dans des cases gaies, ultra gaies, muscles, etc. Et donc, tu avais décidé de faire une opération du torse, c'est ça le bon terme ? Et que ça t'a vachement inspiré, ça t'a vachement aidé, et que tu as décidé, et tu en es très heureux, de ne pas faire une opération en bas. Tout à fait. Est-ce que tu veux expliquer, selon toi, comment tu as cheminé à cette décision ?
C'était pas dans l'épisode 1 qu'on en a parlé, mais plutôt en entretien, effectivement, avant de se voir. Je crois que j'ai fait le sacrifice du plaisir de mon corps via les opérations. C'est-à-dire que sur mon torse, l'avant-opération était très très compliquée pour moi. Je savais qu'il fallait que je passe par cette opération, mais ça scellait complètement dans le marbre le fait que je sois trans. J'étais pas sûr de l'être.
j'étais pas sûr de pouvoir vivre sans transition mais j'étais pas sûr de vouloir vivre la transition non plus et ça a été un cheminement de plusieurs dizaines d'années en fait cette question parce que j'étais pas c'était pas dramatique en fait tu me mettais tout seul dans un jardin où il y avait personne qui pouvait me regarder et aucune injonction sociale aucun rapport sociétal aucun rapport social aucun job rien du tout j'aurais pu vivre
Mais par contre, j'aurais plutôt été dans une survie sociétale, une survie sociale dès lors que mon corps serait resté comme il l'était. Et c'est ça qui m'a permis de répondre à mes dizaines de milliers de questions.
Est-ce que je passe par une opération ou est-ce que j'y passe pas ? Et il y a un élément déclencheur qui m'a mis cette nécessité de me faire opérer, c'est que du coup je compressais mon torse, forcément, pour pouvoir être mieux, avoir l'air plus masculin, même si c'est un peu con-con, mais moi en tout cas ça me permettait de me sentir plus masculin, donc plus proche de moi. C'est pas con-con ?
C'est con parce qu'en fait, finalement, on n'a pas besoin de ça pour respecter les codes, pour être plus masculin. Bien sûr, oui. Dans l'idéal, en tout cas, la société n'exigerait pas ça. Tout à fait. Dans le monde idéal, le monde des bisounours, ça ne serait pas nécessaire. Et puis, ce n'est pas forcément nécessaire chez des personnes, chez tout le monde. Moi, en tout cas, ça l'était.
et je me compressais à un point où évidemment j'aime tout ce qui est parfait et ma perfection c'était de me compresser à ne plus pouvoir respirer j'aime la vie j'aime parfaitement respirer mais
Mais du coup le résultat ne me paraissait pas satisfaisant sans me surcompresser et du coup je me suis fait très très mal, je me suis abîmé des côtes, je me suis abîmé la peau du dos, ça a fait des lacérations absolument monstrueuses sachant que je me compressais tous les jours.
Et du coup, il a fallu faire quelque chose. C'était une urgence. C'était une urgence où là, je me suis dit, en fait, certes, tu pourrais continuer à faire ça. Mais si tu continues, tu vas être en situation où il va falloir te faire hospitaliser. Et puis là, c'est grave.
et du coup j'ai été choisir le chirurgien le moins cher, le plus rapide et c'était peut-être pas le meilleur choix à faire mais c'était une urgence vitale et malheureusement du coup par complications et parce que probablement j'ai pas choisi le bon non plus j'ai perdu beaucoup beaucoup de sensations au niveau de mon torse
Que ça soit malheureusement de la sensation érogène ou de la sensation tout court. Et en fait, c'est de là que j'ai choisi de ne pas faire d'autres opérations, même si ça pourrait m'aider pour d'autres plans, notamment le fait de ne plus avoir de risque de grossesse, ça serait cool.
Ne plus avoir de risque de règles si je me plante dans mon traitement et que du coup j'espace un peu mes injections ou ce genre de choses. Mais je kiffe me faire prendre profond et du coup j'ai pas envie d'abîmer la sensation que j'ai qui est la dernière sensation de plaisir que je ressens en interne.
et le risque est trop grand pour moi et j'ai l'impression que ma transition et les étapes de la transition m'ont sacrifié une partie de mon plaisir et donné une autre partie qui est le plaisir d'exister et j'ai pas envie de prendre le risque de louper et la sensation de plaisir de l'enlever et la sensation d'exister aussi du coup
on parle kink ? on parle kink je faisais silence je savais pas si t'avais fini tout ce que tu voulais dire je crois
En tout cas, c'était très clair. Et merci, je trouve que c'était important. Je suis content d'avoir reposé la question parce que je trouve que tu racontes bien les nuances derrière les choix. J'imagine qu'ils ne t'emprisonnent pas non plus. Tu pourras prendre une autre décision. Clairement. Si tu as envie. Si j'ai envie, oui.
Tu m'as vraiment dit que les Kings, c'était ton passeport pour la communauté gay. Ça veut dire quoi ? Alors, c'est moins vrai maintenant, mais quand je suis arrivé à Paris, moi, petit jeune cadre qui vient de la campagne, qui a pas mal bougé, mais qui vient effectivement dans une ville complètement énorme,
Je suis venu plein de fois à Paris avant pour du boulot, pour n'importe quoi et je me suis dit « waouh, ces gens qui ne te regardent pas, qui ne te dévisagent pas, waouh, c'est génial, je veux venir ici ». Je m'installe à Paris en speed parce que j'ai des diplômes qui sont très spécifiques et il n'y a qu'à Paris que tu peux les exécuter.
ou ailleurs dans le monde mais j'avais pas envie de bouger et en plus je suis très très très mauvais en anglais. Donc j'arrive à Paris et du coup je travaille, je travaille trop, je travaille beaucoup trop et un jour je fais un burn-out et je dois m'arrêter de travailler et je me fais chier. Donc je me fais chier parce que déjà je suis malade du burn-out pendant plusieurs mois
Je perds du cognitif, je perds de la mémoire, je perds ma capacité de parler. C'est assez cool à vivre. Je trouve plus les mots, c'est la galère, je bégaye. Pourquoi c'est cool ? C'est de l'ironie. Ah, pardon. Non, c'est moi qui… Non, mais j'ai vraiment pas compris l'ironie, désolé. Bien sûr.
C'est très complexe puisque je suis un bon communicant en général. Et donc, de là, je dois m'arrêter. Je me dis « Ok, tu repars chez tes parents. Limite, ça sert à rien d'être à Paris parce que là, tu ne sais plus parler en fait. » Et mon travail, ça a toujours été de parler. Donc compliqué pour imaginer l'avenir aussi.
Et je profite des quelques mois de sursis que j'ai à Paris. Je profite vraiment, je rentre dans le milieu des soirées, je me dis « Putain, c'est cool, personne ne me connaît et personne ne me connaîtra, donc tu peux y aller, quoi. »
Et je rencontre des gens qui sont complètement différents de moi et à la fois très proches, des gens qui sont colorés, des gens qui portent des plumes, des meufs trans, des mecs trans, des mecs gays, un peu de tout en fait. Et je me dis…
« Waouh, cet univers ! » Et comme les premières fois où je suis passé à Paris, il n'y a personne qui te regarde et il y a tout le monde qui te regarde à la fois. Il y a des gens qui te disent que tu es beau alors que personne, à part dans ton couple, personne ne te l'a dit finalement. Et puis, il y a des gens qui sont séduits par toi, il y a des gens qui se séduisent, il y a des gens qui existent en fait et qui n'existent pas que de 23h à 5h du matin. Ils sont dans la vie colorée.
Et du coup, ma principale activité, ça va devenir à ce moment-là, le fait d'aller en soirée. La journée, je dors, puisque de toute manière, je n'arrive plus à aligner deux mots, je perds la mémoire, je vais dans des lieux, je ne sais plus pourquoi, je me retrouve dans un supermarché, je ne sais plus pourquoi je suis venu.
Parce que je me remets du burn-out et que c'est une partie des symptômes qui peuvent exister. Et le soir, je vais en soirée et je vois des gens que je ne connais pas ou que je connais. Juste que je comprenne, ces soirées à Paris, c'est en appartement ou c'est dans des boîtes ? C'est plutôt dans des milieux consacrés, oui.
des milieux consacrés ça fait presque religieux dit comme ça c'est du privé c'est entre potes ça peut être ça il y a eu des soirées dans des bars aussi des bars ou d'ailleurs des zones d'atelier où tu as vraiment des performances même des performances sexuelles ou des backrooms privatisés pour certains
Pour les queers, en fait. Et du coup, je vais dans ce genre d'événement et progressivement, les gens que j'y rencontre me mènent vers le monde du kink. Donc, pour le pire et le meilleur, vraiment, j'ai pas vécu le meilleur du truc. Je sais que c'est des milieux qui sont sublimes parce qu'on m'y a emmené dans le meilleur ensuite. Mais j'ai vraiment vu des trucs qui étaient pas cool du tout.
c'est quoi le monde du king pour toi ? je dirais que c'est un monde où il y a des ateliers de cordage il y a des gens qui se font encorder je fais la distinction entre les deux parce que atelier c'est apprendre à faire et puis
Après, il y a des soirées organisées autour de ça, il y a des soirées mises en cage, il y a des trucs où moi, j'arrive en bon voyeur. Je n'ai pas du tout envie de participer, mais j'ai très envie de regarder et j'ai très envie d'apprendre aussi. Peut-être qu'est-ce que moi, je peux être là-dedans dans cette nouvelle opportunité ?
que je connaissais pas du tout en fait et de soirée en soirée chaque soirée te faisant explorer un kink ou revoir des kinks que j'ai déjà découvert mais des choses qui plusieurs mois en arrière me semblaient je connaissais pas en fait je connaissais de mots, de noms on fait un petit point mise en cage ? oui
Est-ce que j'arrive pas à me figurer, c'est-à-dire, toi tu l'as essayé ? Non. Ok, mais t'as regardé ? J'ai regardé. Et donc mon plaisir, moi si j'ai envie de me mettre en cage, mon plaisir c'est, il est à quel endroit ?
Alors, je ne sais pas vraiment puisque je ne suis pas moi-même dans ce genre de truc. Je ne supporte pas, je ne veux pas être mis en cage. Moi, je serais plutôt le metteur en cage à défaut du metteur en scène. Qu'est-ce que tu as vu se réaliser ? C'est-à-dire, une fois que la personne… Parce que je comprends qu'il y a un moment un peu cérémonial du dom, du domi qui met la personne en cage et qui ferme la porte. Une fois qu'on a fait ça…
il se passe pas grand chose en tout cas de ce que j'ai vu j'imagine qu'il y a plein de possibilités ça dépend des gens et ça dépend de la créativité j'ai surtout vu ça et c'est tout en fait c'est un rapport très cérébral parce qu'après ça suce pas ça touche pas en tout cas pas de ce que j'ai vu mais ouais plein de petites choses comme ça ou grosses choses comme ça
T'as accroché avec un king, toi ? Non, pas forcément. J'ai découvert… Enfin, je me posais la question si j'étais plutôt dominant, dominé, rien du tout, brat, peu importe. Les deux ? Les deux. Et en fait, je crois que j'aime juste pas ce rapport-là. Ok. En quoi les kings, c'est ton passeport pour la communauté gay, alors ?
Bah c'est le fait que, par le biais de ces Kinko là, j'ai rencontré plein de monde, notamment pas mal de gays que j'aurais jamais croisé ailleurs en fait. Et qui se permettaient d'exister dans des personnages qui existaient le temps d'une soirée et qui après étaient monsieur tout le monde.
C'était ouf pour moi de rencontrer nouvellement des personnes qui se permettaient d'exister, même temporairement, ou même d'autres personnes qui existaient tout le long de leur vie dans ce monde de plaisir, ce monde où elles assumaient complètement qui elles étaient. Tu peux me donner des exemples de personnages ?
Ouais, je pense à une personne qui m'avait branché dès le premier soir où j'étais arrivé en soirée, en sex-party. Alors je connaissais pas du tout les codes, moi j'arrive avec ma bière quoi et puis je regarde ma bière. Je sais pas aller vers l'autre à part quand il me plaît vraiment.
et du coup cette personne me prend presque me dit viens on va dans un coin et je découvre qu'en fait c'est pas pour qu'on parle qu'on fasse une partie de carte et je finis avec mon bras au fond de son cul et en fait cette personne là m'a emmené dans plein plein plein de choses après t'es chaud, t'es très chaud
J'ai fini avec mon bras au fond de son cul. C'était la première fois que ça m'arrivait, en fait, de fister quelqu'un. Mais du coup, la personne n'a pas imposé le rapport. Non, non, non. C'était assez naturel, finalement. Bizarrement. En quoi c'est un personnage ?
C'est un personnage parce que c'est une personne que tu vois de loin, qui est habillée bizarrement, qui n'a aucun code de la société classique, qui est dans la provoque constante et qui est très connue pour ça. Et qui est connue pour aimer le cul, mais surtout aimer le…
le fait de se mettre de se faire mettre mal de se faire maltraiter dans des cadres consensuels donc qui connait un petit peu toutes les soirées kink du truc et qui forcément vu qu'elle connait tout le monde m'a intégré auprès de tout le monde le pire comme le meilleur mais ça permet d'avoir effectivement un bon un bon passeport elle a le bras long non c'est moi
J'ai une petite anecdote sur le bras long. Toi, t'as un bras long ? Ouais. Moi, j'ai un bras long. J'aime bien le fist, en fait. Le faire, pas en tant que moi le subir, mais pas en receveur. T'as tout dit quand t'as dit moi le subir. C'est ton anecdote ?
L'un des premiers rapports gays que j'ai eu, c'est-à-dire post-transition, c'était un mec rencontré sur un forum à la con qui m'a invité à dormir chez lui une veille de Pride. Et pour moi, je dormais chez lui, c'était point, c'est tout. J'avais même pas imaginé qu'il puisse se passer quelque chose.
Et en arrivant chez lui, il me prend par le bras et il n'y avait aucun meuble chez lui à part un matelas absolument dégueulasse, mouillé et tout, dans un coin de son appart. Et je me suis dit, je vais dormir là. C'est horrible. Il n'y a aucun meuble. Il y a un carton avec un matelas mouillé.
Et le mec se met à… Je m'asseyais dans un coin pas mouillé et le mec se met à quatre pattes sur moi et il me prend ma main avec ma montre et tout. Et il me dit maintenant tu me la mets dans le cul.
Et donc, je retire, je retire ma montre, je retire mes bijoux et je me dis OK, donc là, j'ai jamais fait ça. Je sais pas trop pourquoi je suis là. Mais du coup, ça s'est fini en fistes de ouf. Mais genre, j'ai jamais été aussi profond. Je savais pas qu'un mec qui faisait…
qui était vachement plus petit que moi. Je suis 1m80. Enfin, un peu plus d'1m80. Il fait 1m60, 1m50, je sais pas. Et il était tout fifi, tout fin. Et il a fini avec mon bras dans son cul presque à la moitié de… Enfin, presque jusqu'à mon épaule, en fait. C'est ouf. Je pensais même pas que c'était possible. Mais on est à quel niveau de consentement de zéro à zéro ?
on est à peu près pas grand chose après j'ai j'étais j'ai kiffé ah ok d'accord pour moi c'est inacceptable pour moi dans ma réalité de Guillaume je ne souhaite pas accepter c'est ça que je suis en train de dire inacceptable c'est genre oui si tu veux me draguer mais on en parle ouais
Mais finalement, t'as kiffé ? J'ai kiffé. J'en ai reparlé avec d'autres personnes qui m'ont dit exactement la même chose, comme quoi c'était sans consentement, sans qu'on en parle et sans demande, c'était pas ok. On est d'accord dessus. J'ai kiffé. J'ai kiffé parce que je crois que visuellement, c'est…
C'est les plus beaux souvenirs de sexe que j'ai. Le mec qui est complètement… Il capte plus rien, il sait plus parler, il a ses veines du front qui sont complètement ouf.
C'était assez inimaginable pour moi de donner autant de plaisir et que le plaisir soit autant visuel. Et je crois que c'est la seule chose que je retiens. Alors c'est peut-être pas pour rien que je retiens que ce morceau-là et que je retiens pas le côté non consensuel. C'est peut-être parce qu'il y a eu un trauma derrière qui fait que je l'ai oublié.
Mais waouh. Est-ce que lui savait que t'étais trans ? Non. J'étais toujours habillé pendant tout le rapport. Parce qu'en fait, j'ai du mal à comprendre comment il s'autorise
À moins qu'il ne vous en ait pas du tout parlé avant. Tu vois, je me demandais dans quelle mesure ça pouvait être. Ah ben, il est trans. Donc, tu vois, plein de préjugés qui fait qu'en fait, je m'autorise à faire n'importe quoi. Mais là, ça ne pouvait pas être le cas. Parce que moi, un gars, on n'a jamais parlé de fist. C'est quand même une pratique ultra engageante. Et c'est la première chose. Je viens chez lui. En fait, c'est un vieux traquenard.
J'ai pensé à ça aussi beaucoup sur le après. Je me suis dit ouais, non, mais là, OK, c'était déjà pas OK, effectivement, de ne pas demander, de ne pas en parler. C'est pas une pratique où tu es supposé quand même savoir ce que tu fais, savoir. C'est très engageant, effectivement.
Et on n'en parle pas. Et j'étais très jeune. Finalement, je venais d'arriver à Paris. Je devais avoir 25, 26 ans. Et du coup, je me suis dit, c'est peut-être ça, la communauté gay. Et je répète que non, non, c'est pas ça. Genre non, vraiment pas. Et on ne doit pas tolérer que ça le soit. Mais surtout, la communauté gay, ça n'existe pas. Tout à fait. La communauté gay, non. Exactement.
Moi, franchement, c'est le combat de ma vie. Il y a mille et une façons de naviguer un monde avec mille et un nuanciers. Je peux dire que moi, je suis team grand-mère. Nous, les grands-mères gays, on est tout un univers. Non, je rigole, ce n'est pas du tout vrai.
Non mais je sais pas, je pense qu'il y a un enjeu médiatique à la fois pour des raisons militantes, montrer qu'on est un groupe uni et c'est ça qu'on veut dire par la communauté et c'est très positif et en effet on a besoin ensemble, ensemble on est plus fort, plus forte.
Mais je pense qu'il y a une limitation à ce propos médiatique parce qu'en fait, du coup, les premiers concernés, les premières concernées pensent, s'attendent à quelque chose. Alors qu'en fait, c'est bien plus… Ça dépend de là où t'habites, de ce que t'aimes faire, de comment tu fais, de qui tu rencontres, etc. Idem, d'ailleurs, dans le milieu kinky. Toi, tu disais, finalement, ça t'a fait rencontrer plein de gens, mais pas plus que ça. C'est dans ces soirées-là où tu as fait une performance où tu t'es fait baiser ?
Et que tu as été exalté par la foule ? Oui. C'était fun parce que… Alors malheureusement, encore une fois, beaucoup de mes performances sont rythmées par l'alcool. À savoir que je suis alcoolique. Alors alcoolique dans le sens où je ne consomme plus, mais je lutte tous les jours pour ne pas consommer. J'ai envie de boire tout le temps.
Et beaucoup de ma découverte de mon corps s'est fait sous alcool, c'est peut-être pas pour rien aussi, parce que c'était le seul moyen de mettre en pause mon cerveau et peut-être que je n'assumais pas avoir autant de questions en même temps dans mon cerveau, peut-être que ça me persécutait un petit peu.
et du coup mes souvenirs sous alcool sont très colorés et très particuliers je vois beaucoup de couleurs un peu comme des néons et forcément ça dope le côté très artistique dans le mauvais sens mais artistique des moments de sexe et je me suis retrouvé j'avais rencontré une personne magnifique que j'avais daté sur une appli un truc comme ça
J'étais allé la chercher du coup juste avant d'aller en soirée et on avait déjà partagé sacrément de la baise ensemble juste avant d'aller en soirée. Et c'était… Donc on va en soirée. Juste sacrément de la baise, ça veut dire que tu te sentais ultra connecté, c'était sacré, c'était puissant ? C'était puissant et on avait l'impression d'être compatibles. Compatibles dans le sens où il n'y avait même pas besoin de…
D'ajuster des mouvements, c'était fluide et même en s'embrassant, c'était comme si on se connaissait depuis. Ça, c'est le top. Ah, j'adore. Mais ouais, je pense que ça, c'est vraiment le truc que j'aime dans le cul. C'est quand on arrive à cette compatibilité, soit parce qu'on la travaille, soit parce qu'elle est quasi innée. C'est où ça ? Ça, c'est le meilleur.
Et du coup, avec cette personne, c'était vraiment ça. On rentre à la maison et tout de suite, c'est comme si on se connaissait depuis un bail, alors qu'en fait, on se connaît depuis 20 minutes. Et du coup, on baise, on se prépare, on va à la soirée. Et la soirée étant un truc queer, je ne sais plus vraiment le thème, mais on se retrouve dans une cave…
Moi je suis alcoolisé, cette personne n'est pas alcoolisée et normalement, en tout cas c'est ce que je fais depuis plusieurs années, je ne baisse pas quand j'ai bu parce que j'ai peur de moi, j'ai peur de ne pas profiter déjà et j'ai peur de ne pas comprendre ce qu'on me raconte.
Mais à l'époque, je ne savais pas encore qu'il fallait que j'agisse comme ça. Donc, on baise. Et où on baise ? C'était une cave avec un énorme matelas en latex qui fait quick quand tu marches dessus. Au milieu d'une pièce, il y a des tas de personnes qui sont là. Je pense que je ne captais même pas qu'il y avait des tas de personnes, mais…
Au final, je finis par capter parce que je vois une personne que je connais au loin et juste ce moment est superbe parce qu'on est hyper connecté, genre clairement je me fais pénétrer et la personne kiffe et je kiffe.
Au milieu de plein de gens qui sont tous hyper colorés, habillés d'une façon complètement folle, avec des plumes, etc. Et nous, on est sur un matelas de latex noir, dans une cave, avec des pierres apparentes. Et juste, on kiffe. Et il y a des gens qui nous matent, mais qui ne nous matent pas, en fait. Et j'ai trouvé ça super naturel, en fait, quelque part. Parce que…
D'un côté, c'était exaltant de se faire regarder parce que je pense qu'on était beau. C'était exaltant de montrer que je pouvais ressentir aussi du plaisir par devant sans me prendre la tête avec qu'est-ce que je revois comme image. Je sais qu'il y a certaines personnes qui ont kiffé aussi. Et…
Et du coup, le rapport à soi est complètement différent. Je me suis senti très dans un naturel complet. Je ne cachais plus ce que je ressentais et l'autre personne non plus. Et ça faisait du mal à personne d'autre, donc c'est cool. Enfin, à personne autour de nous. J'ai envie qu'on termine sur « Demain ».
Je fantasme l'idée qu'avec cette belle énergie, cette belle voix, tout ce que tu as proposé, il y a des gens là qui écoutent et qui se disent « tiens, j'ai trop envie de contacter Javier ».
Je te laisserai le temps et le choix si tu me donnes un contact, un email, un machin. Soit tu as déjà pris ta décision maintenant et tu le dis au micro, soit si tu le décides, je le rajoute dans le descriptif de l'épisode. Et quelque part, j'ai envie de te demander ce à quoi tu aspires.
Je crois que pour demain, j'aspire à… Par rapport à tout ce qu'on a dit depuis tout à l'heure, du coup, j'aspire à rencontrer une personne compatible avec moi. Et une personne avec laquelle je sois compatible pour qu'on soit tous les deux sur une routine bienfaisante. Qu'elle soit complètement… Qu'elle soit déjà matérielle. Que cette routine de tous les soirs nous fasse du bien.
Donc on se retrouve avec ça, rien que ça, ça remplisse un quotidien ensoleillé. Une routine où je ne sois pas un aidant, ou du moins que je ne sois pas continuellement un aidant, et ça c'est là où moi je dois travailler aussi, sur cet élément-là, puisque naturellement je le serai.
C'est trop positif comme mot, aidant. C'est quoi le… On a trop envie de rester un aidant. C'est trop… Je veux pas n'avoir d'utilité qu'à aider. Je préfère aimer quand même et aider que sur des moments nécessaires. Comme on pourrait m'aider moi sans que je le demande, sachant que je ne sais pas le demander.
C'est difficile pour toi d'être aidé ? Oui, totalement. Ça c'est typique dans la psychologie de placard de TikTok. Je suis sûr que la suite de la vidéo le dit. Mais non, je le pense, bien sûr. C'est super vulnérable et difficile d'être aidé, bien sûr.
Je pense que j'ai besoin de ça demain, d'être aimé comme j'aime. Et rien que ça, c'est un sacré défi, puisque je n'ai pas de limite à l'amour, si ce n'est qu'il révolutionne mon quotidien et que je suis capable de beaucoup et je n'attends pas beaucoup.
On est en couple monogame ? Exclusif ? Négociable, mais plutôt effectivement monogame. Parce que ça te…
Parce que je crois que je suis encore une princesse dans ma tête et que je crois en le fait qu'on puisse s'améliorer tous les jours en couple monogame et que j'aurais peur que le modèle non monogame me fasse trop de mal.
Même si je l'ai exploité, j'ai regardé un peu si le fait d'être polyamoureux pouvait me convenir. C'est pas mon truc. J'ai pas le time. Parce que je pense qu'il en faut du time quand même, de l'énergie. J'aimerais bien cette routine-là. J'aimerais bien cette routine propre à cette routine où je…
où je me sens aimé durablement et sans crainte, comme j'aime durablement et sans crainte. Et sur le cul, parce que quand même, on en a parlé pas mal, j'espère… J'aimerais bien avoir un super pouvoir et être, genre, exceptionnel. Et que l'autre personne…
me fasse ressentir que je suis exceptionnel à ses yeux et que je ressente le max de plaisir aussi de mon côté pour si possible calmer le maximum de pensées intrusives
Et justement, dans ton envie de plus kiffer sexuellement, pour toi, j'ai entendu donner du plaisir et j'ai entendu en ressentir. À ton avis, tu as besoin de déplier quoi ou tu as besoin de quoi pour ressentir encore plus de plaisir ? Je crois que j'ai besoin de dialogue.
la bonne personne et si on oublie l'autre et que juste on te rend 100% responsable qu'est-ce que toi tu peux faire seul pour accéder encore plus à ton plaisir ?
Pas grand-chose en fait, en soi. Je crois que j'ai surexploité le truc et je sais ce qui fonctionne. Non, je… Bah ouais ? Ouais. Est-ce que tu as une dernière bafouille ? Alors c'est marrant parce que j'essaye d'organiser un voyage au Québec pour enregistrer au Québec et j'ai un auditeur québécois, je crois que je lui dis ça, il me fait mais c'est quoi en fait ?
et je me suis senti con j'avais un peu l'impression que c'était international bafouille il y a plein de petits mots comme ça qui sont super intéressants en termes d'étymologie mais aussi en termes de déjà de est-ce qu'une autre contrée connait ce mot là ou est-ce que l'autre contrée porte un autre sens et ça c'est super chaud quand tu remarques que t'as dit le mot dix fois et que la personne en fait elle a un autre sens et elle croit que tu parles d'un autre sujet
Moi, j'adore comment le français s'étire à plein d'endroits avec d'autres mots et souvent, je les trouve charmants et ou très bien pensés. Je me dis, ça résonne trop bien le truc, j'ai envie de les réutiliser moi-même. Donc, aurais-tu une dernière bafouille ?
Un dernier… C'est quoi la synonyme de bafouille ? Un dernier mot ? Mais je trouve que bafouille a un petit côté un peu ludique, non ? Il a un côté un peu… Effectivement ludique, pas important. Ça peut être une bêtise aussi, la bafouille. J'ai fait une bafouille, j'ai bafouillé. Oui, t'as raison. Bafouiller, c'est mal dire. Ou pas trop penser à ce qu'on dit. Enfin, pas trop réfléchir à ce qu'on dit. Ça peut être… Ouais, c'est un peu léger. Ouais.
Ouais, c'est sûr que c'est pas le moment où tu dis, et d'ailleurs ça m'arrive, j'ai des gens et tout, dernière bafouille, et là la personne me sort un énorme dossier, genre en mode je ne t'en ai pas parlé depuis le début, mais en fait il se passe ça, et moi je suis là genre, mais non mais on vient d'enregistrer trois heures et tout, on va pas, et du coup…
Mais c'est vachement beau comme truc, c'est que le détail remplace le général dans ce cas-là. En fait, je crois que c'est un peu ça la vie. Je crois que j'ai une vision photographique qui est celle du détail. Je ne vois rien du général, absolument rien. La vie pour moi est un concentré de détails colorés.
et qui change tout et je pense que c'est aussi ça le mot du moment c'est que chaque détail peut être exploité je trouve que ton exercice est loin d'être facile tu réagis, tu écoutes vraiment tu réagis direct à ce que je raconte et merci beaucoup pour ça je ne sais plus le faire et j'aimerais retrouver cette compétence je suis très admiratif
c'est gentil, merci de ce compliment merci, franchement c'était super nourri je te remercie et rendez-vous dans 5 ans pour un épisode
Qu'est-il devenu ? Tout à fait. Si t'as envie. Ça va ? Ben moi ça va. Tu dois être hyper fatigué en vrai. C'est un exercice intellectuel de ouf ce que tu fais en direct. Ben c'est gentil, j'ai des notes.
Oui, super, tu as une page, tu as des notes. Non, c'est vrai, mais j'aime vraiment ça, je trouve que c'est passionnant, c'est vachement important. C'est ce que j'aime dans mon métier, c'est le direct.
C'est-à-dire, ben voilà, on est sans cesse le lait sur le feu de « attends, j'ai envie qu'il y ait un chouette rythme, donc est-ce que je change de sujet ? Est-ce que j'approfondis ? Où est-ce qu'on va ? » Et le fait que ça soit à ce point-là le bordel dans ma tête où je me dis « mais on peut aller dans tellement de directions, quelle intuition je dois suivre ? » Je regarde aussi pas mal ton visage, le visage de la personne pour sentir un peu où est-ce qu'on va ?
Et naviguer là-dedans, je trouve ça génial. Ok, est-ce que je demande ça ? Est-ce que je demande pas ça ? Je trouve que c'est passionnant, quoi. Et c'est là où je trouve quelque chose se déplie. C'est de pas être bloqué dans une espèce de hiérarchie, structure. J'ai décidé qu'on allait aborder les thématiques dans ce sens-là. Et donc, en fait, j'arrête pas de conditionner ton discours à ma structure. Et le moment où je m'abandonne et je suis là, en fait, je suis vraiment à l'écoute. Qu'est-ce qui est en train de se dire ?
C'est super surprenant de savoir faire ça, d'avoir ton intuition en direct et justement de ne pas suivre une guideline. Je suis le contraire de toi en fait. Forcément, ça m'impressionne beaucoup. Merci.
Et je pense que c'est tous mes traumas qui m'ont créé ainsi, j'en suis sûr. Probablement, ouais. C'est pas du tout genre, ah ouais, je suis talentueux de nulle part et tout. Je pense vraiment que c'est le chemin de vie qui m'a appris cette écoute parce que cette écoute, ça a été ma survie. Tu vois ? Un peu comme aider.
De toute façon, en vivant des situations qui sont dramatiques, soit on les vit de manière dramatique, soit on développe des choses pour survivre. Et c'est là où ça va devenir des qualités et les pires des défauts. Parce qu'au final, trop écouter, c'est aussi machin. Écouter bien, ça peut être un métier, mais ça peut être aussi le fait de se faire dépasser.
C'est super surprenant, comme justement les qualités des traumas, c'est aussi des défauts qui nous suivent de ouf, parce qu'on devient ces qualités. C'est pas juste qu'on les a. Grave.