Suis-je addict au sexe ou juste très sexuel ? Avec Zoé sexologue 1/2

Partie 1 sur 2

Erwann, Bastien et Johan se demandent s’ils sont addicts au sexe : à partir de quand un désir intense devient-il vraiment une addiction ?

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Dans cet épisode du podcast :

  • Aucun chiffre ne définit l'addiction : ni un nombre de plans, ni de vidéos porno, seule la souffrance compte vraiment
  • Six questions repèrent une addiction sexuelle : pensées obsessionnelles, comportements cachés, perte de contrôle, tristesse
  • La deuxième adolescence queer explique la profusion sexuelle qui suit un coming out tardif, sans qu'il s'agisse d'addiction

💡 Les conseils de la sexologue

Zoé est sexologue et a fondé SexopraxiS, le plus grand centre consacré aux sexualités en Suisse romande.

À partir de combien de fois par jour suis-je addict au sexe ?

Il n'existe aucun chiffre : ni fréquence de masturbation, ni nombre de vidéos porno ne définissent une addiction. Pour la sexologue Zoé, la sexualité n'a pas de norme, se masturber une fois par mois n'est pas plus normal qu'une fois par jour. Ce qui compte vraiment, c'est la souffrance et la sensation de perte de contrôle, pas la quantité.

Quelles questions se poser pour repérer une addiction sexuelle ?

Six questions exploratoires servent de repère : pensées sexuelles obsessionnelles, comportements cachés par honte, tentatives d'arrêt échouées, mal fait à soi ou aux autres, sentiment d'être contrôlé par son désir, tristesse après le sexe. Trois réponses « oui » justifient d'investiguer, indique la sexologue Zoé, mais ce n'est pas un diagnostic posé.

Le sexe est-il vraiment le problème dans une addiction ?

Non, l'addiction sexuelle est souvent le symptôme d'autre chose : anxiété, dépression ou solitude que la sexualité tente d'apaiser. Poser le mot « addiction », explique la sexologue Zoé, légitime la souffrance, brise l'isolement et ouvre le champ des soins. L'objectif n'est pas d'arrêter le sexe, mais de retrouver une vie qui nous ressemble.

Beaucoup de sexe après un coming out tardif, est-ce inquiétant ?

Pas forcément : cette profusion qui suit des années de refoulement, la sexologue Zoé la nomme « deuxième adolescence queer », comparable à l'état amoureux qui accapare tout puis passe. Elle conseille de ne pas rester seul, de s'entourer d'amis et de veiller à sa santé sexuelle, sans confondre cet élan avec une addiction.


On en parle dans cet épisode
L'annuaire de médecins, psys et sexologues gays et queers recommandés par les auditeurices, cité par Guillaume
↗ Voir l'annuaire
Le centre pluridisciplinaire consacré aux sexualités fondé par Zoé, en Suisse romande
↗ Voir le site

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On se lance ? C'est parti. Je te lis ma petite intro. Merci. Zoé Blanc-Scuderi, bienvenue sur le podcast. On est à Lausanne, en Suisse. On enregistre cet épisode en direct de ma chambre d'hôtel. On est le 14 février. Joyeux Saint-Valentin. Joyeux Saint-Valentin à toi. La fête tue. être là avec toi c'est une bonne manière de la fêter dans une chambre d'hôtel et tout vive l'amour moi je suis d'accord moi je la fête pas je n'ai jamais fait de cadeau vraiment mais en tout cas il fait super froid mais on a un soleil de malade c'est toujours comme ça à Lausanne ça s'appelle la bise c'est un vent très froid qui fait que tu as du soleil mais tu as juste envie d'être dedans du coup on est dedans et on est parfait toi Zoé du coup tu es sexologue depuis 7 ans et ensemble on va parler addiction au sexe sous toutes ses formes par exemple j'enchaîne les plans ou je me masturbe énormément ou c'est le porno cet épisode on espère qu'il va aider les auditeuristes de deux façons d'abord à savoir repérer si on est addict ou pas et quand est-ce qu'il faudrait s'en inquiéter ensuite à comprendre les solutions qui existent et identifier les pistes concrètes qu'on peut creuser On explore tout ça en partant des témoignages et des questions que les auditeurs m'ont envoyées et que je vais lire. Avant de se lancer, peut-être que les auditeuristes, en tout cas toi Zoé, t'es au courant, mais peut-être les auditeuristes se disent mais qu'est-ce que Guillaume fout à Lausanne avec sa bise ? Et bien c'est grâce à Grégoire et j'ai envie de le saluer, de le remercier. C'est un auditeur lausannois qui m'a contacté, qui s'est motivé pour trouver les sous embarqué d'autres auditeurs à donner des sous et des soutiens d'assaut pour me faire venir. Un grand merci à lui. Et d'ailleurs, c'est lui qui nous a contactés. C'est lui qui t'a trouvé et qui nous a contactés. Donc, double merci. Bon, trois merci aussi parce qu'il m'a même accueilli avec des vrais chocolats suisses. Ça, c'est de la vraie chance, alors. Il y en a, je t'en offrirai. Enfin, j'en partagerai. Toi, t'es suisse, tu t'en fous peut-être. Mais un petit chocolat, pourquoi pas. Bon, Zoé, j'aimerais qu'on commence par un peu d'espoir et de la bonne nouvelle. Le sujet de l'addiction au sexe est un vrai sujet sérieux, beaucoup de souffrance. Mais moi, j'imagine peut-être des auditeuristes qui écoutent justement parce qu'ils se disent ouïaïaï, j'ai peut-être un souci. Est-ce qu'on peut commencer par leur partager un peu d'espoir ? Oui, évidemment. Je pense que la première chose, c'est de dire qu'il y a beaucoup plus de peur d'avoir une addiction sexuelle que de vraiment souffrir d'une addiction sexuelle. Donc, on va voir ensemble ce que ça veut dire vraiment d'avoir une addiction sexuelle. Mais peut-être qu'il y a des personnes qui se posent la question, qui ont peur, mais en fait, qui ne souffrent pas d'une addiction. Et pour les personnes qui souffrent d'une addiction, la bonne nouvelle, c'est que ça peut se soigner, comme la plupart des addictions. Et je pense qu'un troisième point, c'est aussi que se poser la question de ce qui me convient, ce qui ne me convient pas dans ma vie, ça me permet forcément de mieux me connaître et d'aller vers une vie qui me ressemble le plus. Donc même si c'est une phase où les personnes sont très en souffrance en ce moment, le fait même de s'en inquiéter, c'est déjà un premier pas vers le fait d'aller mieux. Ou est-ce le symptôme comme messager aussi ? Oui, bien sûr, parce que l'addiction sexuelle, elle comporte plein de critères, mais c'est souvent un symptôme qui a quelque chose d'autre qui ne va pas. Le problème, ce n'est pas la sexualité qui ne va pas, c'est peut-être autre chose dans la vie, de l'anxiété. On voit souvent qu'il y a des comorbidités avec de l'anxiété ou de la dépression. Et puis, on essaye de trouver des stratégies comme on peut pour aller mieux. Et puis, cette stratégie-là dans l'addiction sexuelle, c'est un comportement sexuel ou des pensées sexuelles qui deviennent obsessionnelles en fait. Moi, je te propose qu'on se lance dans le vif du sujet par déjà définir les termes. On parle de quoi ? C'est quoi être addict ? Erwann de Colmar et Bastien de Marseille te demandent. Bon, c'est quoi être addict ? À partir de quel moment est-on considéré comme addict au porno, par exemple ? Et je crois que c'est Bastien qui dit « besoin absolument de contenu pour s'exciter, nombre de vidéos par jour, par semaine ». Ah oui, Bastien, il avait envie de dire « est-ce que tu peux même me donner un chiffre à partir de combien de fois c'est un problème ? » Alors ça, non, on ne peut pas faire parce qu'en fait, ce n'est pas quantifiable. Dans la sexualité, il n'y a pas de normes. Ce n'est pas plus normal de se masturber une fois par mois qu'une fois par jour. Bon, une fois par heure, ça va devenir compliqué dans la vie sociale, relationnelle, etc. Donc, je ne peux pas donner de chiffres. Je ne peux pas non plus dire tant de vidéos ou pas, parce que ça aussi, c'est tellement individuel. Je pense que ce qui est très important, c'est la notion de souffrance. Il faut bien se rendre compte que dans l'addiction sexuelle, ça peut comporter des pensées obsessionnelles autour de la sexualité, autour d'avoir des comportements sexuels particuliers, autour d'avoir des fantasmes récurrents, puis très intrusifs comme ça, ou alors d'avoir des comportements vraiment effectifs. Ça peut être de la sexualité réelle ou de la sexualité virtuelle, mais c'est une sexualité qui va échapper au contrôle. Donc on va comme avoir une sorte de compulsion. À un moment donné, je ne peux pas m'en empêcher et je l'agis. Et donc en fait, quand on regarde une vidéo ou dix... Disons que c'est plutôt cette sensation de perte de contrôle qui peut être un petit peu indicatrice comme ça. Mais ce n'est pas la seule chose qui nous amène à une addiction sexuelle. Justement, j'ai une question. Tu disais peut-être se masturber une fois par jour, ça devient compliqué. Est-ce que je peux considérer que je suis addict le moment où la pratique sexuelle ou le truc sexuel que je fais, ou d'ailleurs hors sexualité mais en restant sur la sexualité, le truc que je fais m'empêche, c'est-à-dire me fait souffrir, tu as dit, mais même me déconnecte des autres, de mon travail ou de mes loisirs parce qu'à se masturber plusieurs fois par jour... C'est ça ma question, est-ce que l'addiction c'est pas le moment où ma vie s'organise autour de par exemple la masturbation plutôt que la masturbation qui accompagne ma vie ? Oui, alors tout à fait. En fait, l'influence sur le quotidien ça fait partie des critères. On a six questions pour évaluer comme ça si on pense qu'il y a une addiction et puis l'impact sur le quotidien ça en fait partie. Est-ce que tu les as, les six questions-là ? Oui, bien sûr, je les ai préparées pour vous. Alors, la première, c'est autour des pensées. Est-ce que tu es souvent préoccupé par des pensées sexuelles qui deviennent obsessionnelles ? Ça, c'est la première question. Tu peux me donner un exemple ? Par exemple, tu penses toujours à un fantasme en particulier. Je sais pas, j'ai envie de sucer quelqu'un. J'ai envie de sucer une queue, j'ai envie de sucer une queue. Puis t'y penses tout le temps. Et en fait, même quand t'es au boulot, même quand t'es dans ta famille, etc. T'as l'impression que tu peux pas maîtriser cette pensée. Elle commence à s'inviter un peu tout le temps avec toi. Et puis c'est pas juste, ah ça m'excite d'y penser. Et puis quand je m'assure que je pense à faire une fellation, c'est même en dehors de ça que la sexualité s'invite. Tu vois ce que je veux dire ? Ouais, très clair. Ok. La deuxième chose, c'est est-ce que tu as déjà caché certains comportements sexuels à tes proches ou à la personne avec qui tu es en relation ? Alors là encore, ce n'est pas l'idée de se dire qu'il faut tout dire de notre sexualité à nos proches parce qu'on a toujours un jardin secret, etc. Mais c'est plutôt on a des comportements dont on va avoir honte et puis qu'on se dit non mais là, il ne faut pas que je le dise. là par exemple ça serait des fois je me trouve des plans sur les apps et puis je couche avec des gens que je connais pas puis après je rentre vite à la maison puis je dis pas en fait ce qui s'est passé bon là ça serait dans un en dehors d'une relation adultère parce que là en plus il y a la question du secret ou à ses amis tu vois s'il n'y a pas d'enjeu affectif de fidélité mais des comportements qu'on commence à cacher parce qu'on en a honte on n'est pas à l'aise avec ça ok Est-ce que tu as déjà cherché de l'aide par rapport à un comportement que tu trouves compliqué ou est-ce que tu as déjà essayé d'arrêter et que tu n'as pas réussi ? Tu vois, c'est cette notion-là. Est-ce que tu as déjà fait du mal à quelqu'un émotionnellement ou physiquement ou à toi-même à travers ta sexualité ? Là aussi, c'est large, mais du coup, dans l'addiction, au bout d'un moment, l'autre devient... Un intermédiaire pour te donner, en fait, la satisfaction. C'est pas vraiment, c'est pas du plaisir, c'est pas de la satisfaction, mais disons pour assouvir justement la pulsion. Donc, du coup, ça peut créer des dégâts. Est-ce que tu te sens contrôlé par ton désir sexuel et pas un contrôle du style, ah ben voilà, mon désir me porte à rencontrer des gens, puis c'est chouette, mais plutôt ce truc de... Là, je n'ai pas le choix. Je voulais me concentrer sur un truc. J'avais un téléphone à faire. Je devais aller quelque part. Puis en fait, je suis en retard parce que je n'ai pas pu m'empêcher de me masturber. Ça, par exemple, ça peut être compliqué. Et puis, la dernière question, c'est au niveau des émotions. Est-ce que tu te sens triste ? Après avoir eu un moment de sexualité. Parce que souvent, les personnes qui vivent cette addiction n'ont pas de plaisir à la sexualité. Il va y avoir une sorte de décharge suite au comportement compulsif, mais ce n'est pas quelque chose qui est agréable. On va beaucoup vivre de la culpabilité, de la honte, de la tristesse, de la solitude. Ce n'est pas cool comme sexualité. Donc là, je vous ai parlé des six questions. On dit qu'à partir de trois oui à ces questions, il y a un risque d'addiction qui mériterait d'être plus investigué. J'imagine qu'il y a aussi la fréquence des oui. C'est-à-dire, si ça m'est arrivé une fois sur les douze derniers mois, ce n'est pas la même chose que si ça m'est arrivé chaque jour depuis six mois. Tu es d'accord ? Oui, tout à fait. Parce que moi, je réponds oui à chacune de ces questions. Toi, tu ne réponds pas oui, en vrai, à chacune de ces questions ? Tu n'es pas obligé de répondre ? alors je ne répondrai pas non mais pas de soucis mais moi je pense que j'ai eu des comportements addictifs aussi mais juste pour que là les auditoristes qui écoutent puissent mettre le curseur au bon endroit c'est des questions exploratoires donc c'est pas genre t'as dit 3 oui c'est sûr t'es addict c'est la fin du monde c'est une façon de mettre des mots pardon Exactement, oui, pardon, c'est moi qui t'ai interrompu. En fait, ça, c'est plutôt large échelle pour essayer d'envisager, de voir. Si après, on doit poser un diagnostic, les critères sont un peu plus précis. Tu veux que je te les dise aussi ? Vas-y. Donc là, ces pensées récurrentes ou ces comportements sexuels importants depuis en tout cas six mois. Donc là, ça répond un peu à ta question. Donc, ça doit créer une souffrance importante et ces pensées, ces comportements doivent être très présents. depuis six mois ou plus, et puis doivent présenter trois des cinq critères que je vais vous dire. Donc le premier, c'est un temps dédié à la sexualité qui empiète sur les autres activités de la vie. La sexualité qui est utilisée pour faire face à des émotions douloureuses, genre je m'ennuie, je suis angoissée, je suis irritée. Quand l'automatisme, c'est la sexualité, ça peut aussi être problématique, la sexualité. Ça fait partie des stratégies, quand ça ne va pas. Mais quand c'est la seule et que c'est l'automatique, ça devient compliqué. La sexualité qui est utilisée pour faire face à des événements stressants de la vie ? Ça peut être, je ne sais pas, quelqu'un a un accident de voiture, avant d'aller à l'hôpital, je vais vite me masturber. Ça peut être ça, parce que ça devient vraiment une réponse. Des efforts répétés, inefficaces pour diminuer ou arrêter le comportement qui me pose problème. Oui. La répétition de comportements qui risquent de blesser physiquement ou émotionnellement moi-même ou autrui. Oui. voilà ça c'était je crois j'en ai dit 5 1, 2, 3, 4, 5 et puis en gros il faut bien dire que ce comportement sexuel quand il y a une addiction il vient vraiment diminuer la qualité de vie sur différents domaines social, professionnel, relationnel C'est vachement intéressant parce que... T'avais fini, pardon ? Oui, l'autre critère, encore juste pour faire vraiment le diagnostic, c'est de dire que ces comportements sexuels ne doivent pas découler d'une prise de substance. Parce que parfois, quand on est addict à quelque chose, on est addict à plusieurs choses. Mais si on a ces comportements-là seulement quand on a bu ou seulement quand on a pris de la drogue, le problème d'addiction n'est pas forcément sur la sexualité, il est peut-être lié à la drogue, tu vois. Compris. Merci, c'est vachement parlant pour moi parce qu'en préparant cet épisode avec toi, je me suis dit mais moi j'en suis où ? En quoi le sujet me parle ? Et je vois vraiment une addiction au porno. qui a disparu depuis que je fais le podcast. En fait, le podcast m'a épanoui deux choses. Le podcast m'a permis de me reconnecter à moi et à oser vivre ma sexualité. Donc en fait, aujourd'hui, j'ai une sexualité dans la vie réelle. Donc mon désir sexuel, je n'ai plus envie de le vivre via le porno ou la masturbation. Je mélange les deux. Peut-être que je devrais dire masturbation. Mais la masturbation était une manière pour moi de fuir un truc depuis que je suis tout petit. Vraiment un endroit aussi de honte, qui vraiment pouvait prendre... Moi, je me suis déjà masturbé pendant 6 heures d'affilée, 5 heures d'affilée. Je n'ai pas compté, mais je me suis dit, tiens, je suis rentré chez moi, il était 20 heures et là, il est 2 heures du mat. Je n'ai pas dîné... Et donc, il y a eu vraiment ce déclic grâce au podcast. Épisode après épisode, ça s'est déployé et le stress qui a diminué. C'est-à-dire, moi, je fais vraiment un lien direct avec pas à l'aise d'être gay, pas à l'aise d'avoir cette sexualité gay que je voulais pas vraiment qu'elle s'exprime. J'étais pas aligné, j'étais pas dans mes bottes. Et donc, quand... Ça émergeait, ça avait le droit de vivre uniquement dans un endroit seul avec moi-même, un peu dans la honte de la masturbation. La masturbation était là-dedans, dans un cercle vicieux. Donc ça me parle vachement et ça me pose question. Donc moi, je n'ai jamais posé le diagnostic. Peut-être d'ailleurs, je ne sais pas si moi, je peux m'auto-diagnostiquer comme ça à la louche. Mais c'est quoi l'intérêt de mettre un diagnostic, de mettre le mot addiction sur un comportement ? ça c'est une question hyper intéressante parce qu'elle va même au-delà de l'addiction à la sexualité c'est sur ces addictions comportementales et surtout sur des choses enfin ça me fait penser par exemple au trouble du comportement alimentaire aussi on se retrouve avec beaucoup de similitudes avec l'addiction à la sexualité c'est sûr qu'en fait la sexualité c'est un truc que tu vas pas arrêter de faire dans la vie C'est pas le but d'un traitement. Par contre, le fait de pouvoir poser le mot d'addiction, ça permet à la fois de légitimer la souffrance, parce que je pense qu'il y a beaucoup de solitude qui est vécue là, sur ce truc de se dire « mais la sexualité, c'est censé être un truc chouette, et moi, je le fais beaucoup, mais c'est pas chouette pour moi ». Donc il y a une sorte de double honte à souffrir autour de la sexualité. Et le fait d'avoir un diagnostic, ça permet aussi d'ouvrir tout le champ des soins. Parce que quand on n'a pas l'impression qu'on a un problème, on n'a pas l'impression qu'il y a une solution. Si je dis, là, c'est une addiction, alors ça veut dire qu'on peut commencer à faire un plan de traitement ou accompagner la personne pour vraiment aller mieux vers un rétablissement. Oui. Moi, j'étais vraiment dans la stratégie du déni. C'est une phase. Pour les addictions, ça fait partie de l'addiction d'être dans le déni. Notamment de négocier avec soi-même. Par exemple, tu te dis non, mais ça va, c'est pas trop. Six heures de masturbation, c'est juste parce que j'étais fatiguée. Puis tu négocies avec toi-même. Parce que c'est trop dur de se rendre compte qu'on a un problème où ça vient enfoncer encore plus le clou sur le fait de l'anormalité, sur la honte, sur l'isolement. C'est une stratégie tout à fait normale d'essayer de rationaliser, d'être dans le déni. Mais à un moment donné, Tu ne peux plus nier. Souvent, si ça prend encore plus d'ampleur, de toute façon, tu as ton environnement social qui te fait remarquer que tu ne sors plus beaucoup avec les potes, que c'est bizarre, on ne te voit plus trop, tu as l'air toujours un peu déprimé, puis tu caches des trucs. Au bout d'un moment, les gens le voient, puis toi, tu es obligé de le voir aussi, puis du coup, tu peux demander de l'aide. C'est une chance de se rendre compte qu'on souffre à ce point-là. Ça permet de prendre les mains qui se saisissent. Oui, je pense que écouter cet épisode m'aurait fait vachement du bien, en vrai, parce que je pense que j'aurais eu besoin d'entendre une voix comme la tienne, qui met des mots simples, et j'étais plongée dans la honte. Et je ne suis pas sûre que j'étais vraiment addict, dans le sens où peut-être j'étais à la frontière, enfin je réponds oui à certaines questions, il y avait de la souffrance, mais... J'arrivais quand même à avoir une vie sociale et professionnelle plus ou moins... Enfin, tu vois, ça n'empiétait pas. Mais au final, j'aurais eu besoin de beaucoup d'aide. Mais la honte était trop forte. Et j'avais pas accès à... J'avais accès à rien. Tu vois ce que je veux dire ? Sur ça, et puis genre taper sur Internet. Bon, donc trop cool que tu sois là. J'ai... Johan ou Johan, je m'en excuse, de Lyon et Arnaud de Paris. Je trouve qu'il pose deux questions assez intéressantes pour qu'on finisse un peu de définir de quoi on parle. On va l'appeler Johan. J'enchaîne les mecs sur une journée sans jouir pour garder l'excitation. Suis-je normal ou est-ce de l'addiction ? Donc là, je vais te lire son petit partage. C'est quoi la différence entre « j'adore le sexe, ça me détend de ouf » J'ai répondu oui à une ou deux des questions de Zoé, mais est-ce que je suis normal ? Est-ce qu'il y a un problème ? Donc, Johan dit « Bonjour, je suis passif et j'ai toujours envie de sexe. Plus, plus, plus. » Il a mis des petits signes trois fois plus. « J'enchaîne les mecs sur une même journée. Je ne jouis pas pour garder l'excitation et je jouis qu'à la toute fin du dernier rapport. Par moment, je ne jouis pas pour garder cette excitation pendant plusieurs jours. » Je suis accro au point où la première chose que je regarde chez un mec, c'est son entrejambe. Je me demande si je suis normal par moment. Smiley qui est triste et Smiley qui fronce les sourcils. Merci pour votre aide. J'ai l'impression d'être le seul à ressentir ces choses. Alors, là, ce que j'ai envie de répondre, c'est que c'est... On peut pas dire... Moi, je peux pas dire comme ça, c'est une addiction, c'est pas une addiction, puis je pense que c'est pas mon rôle, puis que... Voilà, ça serait pas forcément pertinent. Je pense que la question de la souffrance, elle est vraiment importante. Est-ce qu'en fait, cette personne, elle est excitée, puis que ça le fait kiffer de prendre sa journée pour baiser, et puis de se dire, je m'empêche de jouir comme ça, je peux profiter un max, en fait, en gros, de faire de l'edging un peu toute la journée, puis c'est chouette ? Ou est-ce que c'est une manière d'échapper, en fait, à sa vie, à ses émotions, et du coup, où il en est plus victime que vraiment acteur, en fait, de ce comportement ? Puis je pense que là, on peut vraiment voir une différence. Oui, je trouve que c'est vachement éclairant ce que tu dis. Je rajoute le suis-je normal ? Je trouve que c'est vraiment un endroit qui me questionne parce que du coup, la normalité, du coup, un, c'est quoi ? Et deux, qui la définit ? Je ne sais pas dans quel milieu ou dans quel pays Joanne existe, mais selon là où je te mets, le normal n'a pas la même... En tant que sexologue, et là je m'éloigne même un petit peu de la question de l'addiction, moi j'ai l'impression que c'est la notion de la norme qui fait le plus souffrir les gens dans leur sexualité. Parce qu'il y a une norme perçue ou imaginée, et puis il y a soi, et ensuite je mesure le décalage entre moi et la norme que je fantasme que les autres vivent, et selon l'écart entre ces deux statuts, ma souffrance va être plus grande. Et puis, c'est sûr qu'on n'a pas de représentation valorisée ou même de représentation tout court de se dire « je vais me taper dix mecs dans la journée et c'est cool ». Du coup, à partir du moment où on n'a pas cette représentation, ça veut dire que forcément, les représentations que j'en ai, c'est qu'elles sont hors normes. Et puis, en tant que part, on n'aime pas être hors des normes, donc on en souffre. J'ai un exemple que j'utilise souvent. Les auditeuristes les plus assidus vont dire « Vas-y, change, tu m'embêtes. » Je n'en ai pas d'autres et je l'aime beaucoup. Un marathon, c'est en fait une performance un peu extrême tout de même. Alors peut-être même, je peux aller au-delà du marathon. Tu sais les trucs où... Moi, j'ai une amie qui a couru 160 kilomètres dans les Pyrénées. Si elle m'écoute, je l'embrasse. Mais j'ai à la fois envie de lui dire « Mais t'es tellement forte. » Mais je le sais. Et à la fois, je me dis « Mais t'es complètement... » Parce qu'elle me raconte du coup qu'elle se fait des ampoules et tout. Et bien, je trouve que c'est exactement ça. C'est que comme on adule les marathoniens, marathoniennes, c'est combien ? C'est 42 kilomètres ? Il faut se les enfiler quand même. Et du coup, c'est quoi la différence entre j'ai des rapports sexuels avec plusieurs personnes en jouissant à la fin ? T'es d'accord ? Oui, tout à fait. Je pense que c'est vraiment une représentation sociale. C'est-à-dire qu'en fait, on est quand même dans une culture qui va valoriser la monogamie. Donc déjà, le fait d'avoir plusieurs partenaires dans une journée, rien que ça, c'est vraiment hyper transgressif pour la norme. Je n'irai pas beaucoup plus loin, je pense juste qu'en fait, on n'a pas de représentation valorisante de comportements sexuels qui sont déjà hors de l'hétérosexualité pénétrocentrée. Tu as déjà couru un marathon ? Non, mais moi, je cours à peine pour prendre le bus, j'attends le prochain. Très bien. Du coup, j'ai envie de faire un bond contradictoire et accentuer la focale sur la dernière phrase de Johan qui dit « J'ai l'impression d'être le seul à ressentir ça ». ces choses peut-être que donc là on parlait on allait dans une direction en disant en fait c'est la norme et la différence avec la norme préjugée dans la tête de Joanne qui peut-être le heurte moi je prends une autre direction qui est peut-être il y a une profonde solitude je me sens seul qui fait que le plein de sexe est en fait une façon de fuir cette solitude et un mal-être profond et là autre direction comme tu le disais On va chercher de l'aide pour, non pas le sexe n'est pas le problème ici, mais c'est la solitude, peut-être la dépression ou des formes de dépression, t'es d'accord ? Oui, tout à fait. Et puis en plus, comme tu dis, il y a cette sensation de solitude, elle peut être double. Est-ce que je me sens tellement seule que du coup, il faut que je remplisse ma journée, il faut que je me remplisse de gens ? Au sens littéral, en l'occurrence. Mais en fait, ce n'est pas vraiment satisfaisant parce que, à moins que là, ce soit vraiment des relations émotionnellement investies, mais on ne dirait pas que ce soit le cas dans le message. En fait, à la fin de la journée, tu te sens peut-être encore plus seule parce que malgré toutes ces rencontres, tu n'es pas remplie dans ton cœur. Oui. Je me permets de t'interrompre. Comment, Joanne, tu te sens à la fin de la journée ? Est-ce que tu te sens fatiguée mais repue ? Je suis content. Ou est-ce que tu te sens encore plus seule, encore plus triste ? Tu vois ce que je veux dire ? Tu es d'accord que ça pourrait être un signe ? Tu peux avoir un dégoût de toi-même aussi, bien sûr. Ça, c'est des super bons signes. Et puis après, il y a aussi le fait d'avoir l'impression d'être le seul à penser beaucoup au sexe. Parce que j'ai l'impression que c'est aussi une des manières dont on peut comprendre sa demande. Et je pense que pour le coup, ton podcast, il fait énormément de bien. Puis les groupes de parole font énormément de bien. Enfin, il faut aller voir des témoignages. Parce qu'en fait, il y a plein de gens qui pensent beaucoup au sexe. Mais comme on n'ose pas en parler, on a tous l'impression d'être tout seul, en fait, avec nos pensées. Alors que la plupart des gens, en fait, pensent beaucoup au sexe dans la journée. Enfin, pensent régulièrement. On est tous différents, quoi. Arnaud de Paris dit Salut Guillaume, j'ai été très longtemps homo-refoulé. Jusqu'à mes 36 ans, j'avais été uniquement en couple avec des femmes, dont une relation qui a duré plus d'une décennie. Le sexe était relativement rare, voire très rare, et bien sûr uniquement exclusif. J'ai fait mon coming out il y a trois ans et me suis séparé de cette femme. Je vis maintenant ma meilleure vie gay. J'ai un amoureux avec qui on a une relation sexuellement ouverte. Il peut faire ce qu'il veut et je peux faire ce que je veux. Mais j'ai peur de tomber dans l'excès inverse, trop de sexe. Car c'est du sexe qui me convient enfin et parce qu'il est si facilement accessible. J'ai de gros besoins avec envie de sexe très fréquente. J'adore expérimenter plein de nouvelles choses, par exemple sexe à plusieurs ou de nouvelles pratiques. Et les sollicitations sont nombreuses. Il m'arrive certaines semaines de faire du sexe absolument tous les jours, parfois au point même de déprioriser le sexe avec mon propre copain. Je fais des plans jusqu'à tard et je dors peu alors que je bosse le lendemain. J'ai pris conscience de cela récemment et j'essaie de redresser la barre en me recentrant sur mes priorités mais je me pose la question. Suis-je spécialement à risque de développer une addiction au sexe du fait de mon passé de privation ? Comment détecter s'il s'agit effectivement d'une addiction ? Comment m'en prémunir ou en guérir ? Quels conseils pour réussir à profiter de la vie sans frustration, mais aussi sans avoir l'impression de perdre le contrôle et de ne faire plus que ça de mes semaines ? Merci beaucoup. Smiley qui sourit, Smiley qui dit merci des mains. Tu n'as pas découvert ces questions et ces témoignages avant, donc c'est beaucoup d'informations. Est-ce qu'il te vient quelque chose comme ça ? Sinon, je peux te proposer... Non ? Oui, ça me vient. Mais si tu veux me proposer, tu as le droit de parler aussi en premier. Non, je t'écoute. Moi, en fait, je suis très touchée par ce message. En fait, ça me crée de la joie parce que je me dis « waouh, mais cette personne, en fait... » En tout cas, je ne sens pas de trucs qui m'inquièteraient en termes d'addiction. Je me dis plutôt « waouh, en fait, c'est comme si enfin la vie s'ouvre ». Enfin, l'accès au plaisir, aux relations qui me conviennent vraiment, à l'amour. Je ne dis pas qu'il n'en avait pas pour ses précédentes partenaires, mais là, à l'amour qui ressemble peut-être plus profondément, comme ça, à venir de ses tripes, est accessible. Et c'est comme si il y avait quelque chose qui dit... Mais c'est trop beau pour être vrai. Je veux pas que ça s'arrête maintenant. Puis je voudrais encore et encore. Et donc, j'ai plus l'impression, ça fait que trois ans, en fait, face à tellement d'années à s'être niée, à avoir mis de côté des parties qui étaient belles de lui, que tout d'un coup, ces parties-là, c'est comme si elles veulent juste être encore vues et encore nourries. Et je trouve ça très beau. Puis j'imagine, alors j'en sais rien, mais j'imagine qu'au bout d'un moment... Il va peut-être juste trouver un rythme de croisière. Alors, bien sûr, là, j'entends bien qu'il peut y avoir des répercussions sur le travail. Mais ça m'évoque plus, tu sais, quand on tombe amoureux et qu'en fait, on devient obsédé par l'autre. Bah oui, on n'est pas très performant au travail. Mais c'est normal parce que c'est un état biologique comme ça qui prend tout. Et passager. Voilà, puis c'est passager. Au bout de quelques mois, on peut de nouveau se concentrer sur la vie, tu vois ? Mais là, ça m'évoque un peu un truc similaire. Je ne sais pas toi. Complètement. Et en fait, ça m'évoque cette théorie que j'ai. Je ne sais pas si elle a été prouvée par des études, mais je l'ai lu plusieurs fois en anglais, qui est la théorie de la deuxième adolescence queer. C'est quelque chose que tu as entendu parler ? Je ne l'ai pas entendu comme ça, je veux bien que tu le développes un petit peu. En fait, c'est pour les personnes qui peuvent faire leur coming out enfin plus tard dans la vie. Il y a cette deuxième adolescence, spécifiquement queer, c'est-à-dire un moment où après, en ayant soulevé la chape de plomb et après tant d'années à s'interdire ou à se rétrécir, là, ça sort et ça sort un peu vite. un peu beaucoup donc souvent c'est des gens qui racontent voilà ça va dans tous les sens il y a une surexcitation j'arrive plus à dormir tellement parce que le cerveau et le corps ont tant à rattraper quoi et donc c'est une théorie qui est mise en mots juste pour dire tout va bien c'est normal c'est un peu exactement comme ça quand tu tombes amoureux il y a une profusion Et du coup, l'importance là peut-être d'une entraide, de ne pas être seul, donc d'être entouré soit d'amis gays ou queers ou d'amis tout court pour s'assurer qu'on prend soin de sa santé, s'assurer de pouvoir ou échanger avec un ou une professionnelle, notamment dans ces moments un peu d'excitation familiale. La santé sexuelle peut passer en second plan et c'est vrai que vaut mieux pas parce qu'en fait, on peut être dans la profusion et dans une santé sexuelle. Mais sinon, c'est entre guillemets normal. J'aime pas ce terme, mais en tout cas, on l'observe souvent, cette deuxième adolescence queer. Voilà. Oui, oui, tout à fait. Ça me fait penser à ça. Oui, puis moi, à partir du moment où il a commencé par dire en fait, je vis ma meilleure vie. Oui, ma meilleure vie gay. Il dit ce sexe qui me convient enfin. C'est magnifique et c'est une chance. Et tant mieux s'il a l'occasion dans sa vie de consacrer quelques années à l'exploration de sa sexualité qui lui correspond vraiment. C'est trop bien. En avant. Et puis, quand il posait la question, du coup, comment je peux repérer une addiction, etc. Je le ramène au début de notre épisode. C'est la fin de notre première partie. Ça marche. Merci Zoé. Dans le prochain épisode, si les gens se disent mais c'est absolument génial, abonnez-vous, activez les notifications de nouveaux épisodes. Je ne dis jamais ça, mais en vrai, ça permet de savoir quand le prochain épisode et la suite va apparaître. On continue dans une partie 2 sur les addictions où l'un va creuser. Ok. C'est quoi les conseils, les solutions qui existent, les dernières infos, les dernières études ? Toi, en tant que professionnel, tu proposes quoi ? Tu conseilles quoi à quelqu'un qui veut se mettre en chemin pour reconquérir et réparer autour de cette question de l'addiction ? De dire, on a un annuaire collaboratif des médecins et des psys gay-friendly, queer-friendly qui sont recommandés par les auditeuristes. Donc, un, j'invite tous les auditeuristes à aller sur cet annuaire. Il est sur le site du podcast ? sur cet annuaire pour rajouter leur super sexologue ou leur super thérapeute ou leur super médecin avec qui ils ou elles se sentent à l'aise de dire tout leur queeritude et ils se sentent pas jugés. C'est vraiment un annuaire de recommandations subjectives, mais ça a le mérite d'exister. On est à plus de 200 contacts. Un gros bisou à Cédric et Benoît qui s'en chargent, des auditeurs bénévoles qui se chargent de l'annuaire. Et puis, si on est en Suisse, on vient te voir. Toi, tu as fondé Sexopraxis, le plus grand centre consacré aux sexualités ici en Suisse, sexopraxis.ch. Je peux prendre rendez-vous avec toi. Et si je n'habite pas en Suisse, tu fais de la visio ? Non, je n'en fais pas trop de la vidéo. C'est OK. Mais j'ai des collègues super qui en font. Donc, ils peuvent quand même aller voir sur notre site. Très bien. Oui, c'est parce que c'est un site qui répertorie tout un tas de thérapeutes suisses. C'est que Sopraxis, on a une équipe pluridisciplinaire où on a des approches complémentaires et on travaille en collaboration pour proposer des prises en soins sur mesure. Génial. Merci Zoé. Rendez-vous au prochain épisode. À tout à l'heure.

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