Rejet des autres et devenir passif dominant – Raphaël

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Salut ! Salut ! Du coup, je me rappelle plus, est-ce qu'on dit ton vrai prénom ou pas ? Euh, non, on va dire Raphaël, si t'en as pas déjà eu. Pourquoi t'as choisi Raphaël ? Parce que c'est un prénom que j'aime bien, et voilà. J'avais pas spécialement envie d'utiliser mon vrai prénom parce que, même si ça me dérange pas de parler de ma sexualité, j'aime bien garder une certaine part d'anonymat. T'as bien le droit, en tout cas. Pourquoi c'était important pour toi de participer à ce podcast ? Qu'est-ce qui t'a donné envie ? Déjà, ma conversation avec toi. Et puis, le fait d'avoir écouté les autres podcasts. Il y a beaucoup de choses qui ont été dites par les autres qui ont une résonance avec mes expériences, avec des réflexions que je peux avoir aujourd'hui ou que j'ai pu avoir avant. Et du coup, j'ai un petit peu peur qu'il y ait beaucoup de redondance par rapport à ce qu'ils ont dit. Mais après, je pense qu'il y a aussi des choses qui n'ont pas été abordées dont je pourrais parler. Si ça peut parler à quelqu'un d'autre, c'est bien. N'aie crainte de la redondance, chaque témoignage est unique, pour de vrai. Donc même si t'as l'impression de dire la même chose, quelqu'un d'autre entendra autre chose que la première fois que ça a été dit. Et puis tu le dis toujours, chacun le dit avec une singularité particulière, même si je trouve ça super motivant ou inspirant pour moi. Je trouve qu'on atterrit toujours sur un universel ultra humain et moi qui m'inspire beaucoup, Raphaël. Qui es-tu, sans me parler de sexualité ? Qu'est-ce que tu voudrais bien dire ? Est-ce que tu veux te présenter physiquement ? Est-ce que tu veux dire des choses non sexuelles à ton propos ? Alors, j'ai la trentaine, je bosse dans l'informatique. Attends, informatique, on n'est pas dans les années 90, moi je ne sais pas ce que ça veut dire aujourd'hui. Non, en vrai, en 2022, quand on me dit on bosse dans l'informatique, je suis là, mais de quoi parle-t-on ? Il y a beaucoup de métiers très différents, surtout aujourd'hui. Moi, je tape du code. Et voilà. Sinon, qu'est-ce qu'on peut dire sur moi ? J'ai les cheveux noirs, un peu bouclés, en bataille ? Et sinon, je suis quelqu'un d'assez curieux. J'aime beaucoup tout ce qui est artistique. Quel artistique ? Vraiment un peu tout. Ça peut être de la peinture, de la sculpture. Après, je ne pratique pas moi forcément, même si j'ai acheté un appareil photo récemment et j'aimerais bien développer un peu ça. Mais sinon, j'aime bien regarder un peu tout, que ce soit de la musique, de la danse. J'écoute de la musique à peu près en permanence. Est-ce que tu veux partager une dernière chanson ou un dernier album actuellement que tu trouves trop chouette, que tu as découvert ou que tu aimes écouter en ce moment ? Alors, il est sorti l'année dernière, je crois, mais le dernier album de Snow Allegra, les thèmes dont elle parle et puis même le rythme, un peu tout ce qui est sa groove, pas mal. J'aime beaucoup. J'écouterai. En vrai, je suis en recherche de nouvelles musiques. Tu m'as dit qu'il y a des choses que tu as envie de dire, que tu as déjà entendues sur le podcast, mais d'autres pas encore. Et si on plongeait directement là-dedans, ce serait quoi une chose que tu n'as pas encore entendue et que tu aimerais partager toi ? Dans les précédents épisodes, je ne sais pas si on appelle ça des épisodes, bref, la question des IST était un peu abordée, mais c'était un peu mis de côté. C'était un sujet que les personnes n'avaient pas forcément envie d'approfondir. J'ai l'impression un petit peu même que les gens ont tendance à vouloir ignorer ce sujet-là. Évidemment, tout le monde aimerait les éviter, mais en même temps, on préfère un peu se mettre des œillères et puis profiter. Pour moi, c'est quelque chose qui est vraiment problématique. Je ne dirais pas au quotidien parce que je n'ai pas une sexualité hyper développée en ce moment, mais c'est quand même quelque chose qui me tracasse pas mal. Est-ce que tu… Donc, IST, c'est… Ben, il y a de tout. Enfin, il y a le VIH. Bon, ça, je trouve que c'est plus vraiment autant problématique qu'aujourd'hui. Enfin, que ce soit avec la PrEP ou… Enfin, il y a quand même des moyens de se protéger. Donc, ça, ça va. Pour toi, c'est toutes les IST qui t'inquiètent. C'est le fait… Et d'ailleurs, c'est quoi la différence entre une IST et une MST ? Moi, je connaissais maladie sexuellement transmissible. Mais IST, c'est quoi ? En fait, ils ont simplement renommé les MST en IST pour que ça soit moins stigmatisant. Mais c'est quoi le I ? Le I, c'est infection. Et avant, c'était maladie et maladie, ça faisait un peu… Enfin, ils ont jugé que ça faisait un peu peur et qu'infection, c'était moins problématique. Raconte, et pendant que je pose la question, je t'invite à boire un petit peu d'eau parce que ta bouche est sèche et ça s'entend un peu, mais c'est OK. Est-ce que tu peux me raconter… Pourquoi c'est un sujet pour toi les IST ? Au début ça ne l'était pas forcément, mais j'ai eu une période de ma vie où je ne faisais pas du tout attention. Et du coup j'en ai chopé pas mal, alors certaines qui sont pas très graves et qui peuvent se soigner comme tout ce qui est chlamydia, gonorrhée. Après je me suis fait vacciner contre l'hépatite B, donc ça c'est pas vraiment un problème. Par contre, ce qui est incurable, donc il y a en particulier l'herpès et les papillomavirus, où là c'est plus un problème. L'herpès, très récemment, ça s'est manifesté. J'ai eu un bout de temps de fièvre qui, d'ailleurs, ne veut pas partir. Et du coup, aujourd'hui, l'inquiétude de ces IST impacte comment ta sexualité ? Ça t'empêche complètement d'aller à la rencontre de l'autre ? Ça ne m'empêche pas, et puis je n'ai pas forcément de problème pour en parler. Je trouve ça mieux d'en parler que de transmettre une IST à quelqu'un d'autre. Mais la réaction en face n'est pas toujours agréable. Par exemple, pour l'Airpest, l'autre jour j'envoyais des messages avec un mec, on se chauffait un petit peu. Et puis j'ai voulu calmer le truc un petit peu, je lui ai dit bon là j'ai un bouton de fièvre donc c'est pas possible. Et il a répondu bonjour au glamour. Ce que j'ai trouvé un peu, enfin ça m'a un peu heurté parce que c'est sûr que c'est pas un glamour mais en fait l'herpès labial, En l'occurrence, c'est une infection qui touche dans les pays occidentaux la majorité de la population. Donc en fait, je ne comprends pas pourquoi c'est aussi problématique, pourquoi ça provoque une réaction comme ça un peu brutale. Moi qui ai mal réagi, je sais pas. Donc du coup, que je comprenne bien, toi t'es atteint de certaines IST incurables, du coup tu souhaites communiquer en transparence à tes partenaires, et ce que tu constates c'est que souvent ça ferme des portes où il y a des réactions désagréables, est-ce que j'ai bien compris ? Oui c'est ça. Oui, c'est… Enfin, il y a, je pense, de base, une certaine méconnaissance des IST parce que, comme je disais, on préfère ne pas savoir quelque part. Je pense que c'était beaucoup le cas avec le VIH aussi avant la PrEP, où beaucoup de gens prenaient des risques et ils préféraient pas savoir. En tout cas, de ce que j'ai entendu, il y a quand même eu pas mal de contaminations qui se sont faites comme ça parce que les gens ne savaient pas et ne voulaient pas se faire dépister. Je pense qu'à ce niveau-là, maintenant, c'est un peu plus simple. J'ai entendu dans les précédents podcasts qu'il y avait vraiment un suivi médical qui était régulier, donc ça permet aussi de réduire les risques. Mais il y a quand même une méconnaissance de ces sujets-là. Après, c'est vrai que tu viens de dire j'avais envie de le déchauffer, j'avais envie de calmer le truc. Du coup, de fait, ça a réussi, ça l'a calmé. Ça l'a très bien calmé. C'est vrai que si au milieu d'un chauffage, d'un moment de chauffe, tu coupes en disant ah, j'ai un herpès, c'est peut-être aussi normal, non ? Oui, c'était un peu l'effet recherché, mais justement, comme je disais, comme ça touche la majorité des gens, ça ne devait peut-être pas être aussi problématique. Donc toi, concrètement aujourd'hui, quand tu as envie d'avoir des rapports sexuels et que tu parles de IST, c'est très fréquent que ça interrompt la conversation. Donc là, on entend que, je t'ai fait un clin d'œil, mais bon, t'as voulu toi-même mettre un peu une distance, ça a marché, donc c'est peut-être pas un très bon exemple, mais est-ce qu'en général, toi tu dirais sur 100% de tes essais de chauffe et de recherche de partenaires, combien de pourcents est stoppé par le fait que tu parles d'IST ? Je ne saurais pas dire. Non, enfin assez souvent ils posent des questions un petit peu. Mais tu sens quand même que ça n'ira pas plus loin parce qu'ils ont un peu peur, ils ne connaissent pas vraiment. Après moi en soi ça ne me dérange pas. Je comprends très bien que ça les inquiète et qu'ils préfèrent éviter. Mais c'est bizarre parce que, par exemple, le HPV, 80% des… Enfin, non, pardon, je devrais… Je vais chercher les chiffres et je les mettrai dans le descriptif de l'épisode, à moins que tu les aies. Moi, je sais que je l'ai, je crois, puisque j'ai eu des condylones. Donc des petits boutons au niveau de l'anus que j'ai dû me faire enlever par opération, donc j'ai le HPV. Alors, il y a beaucoup de HPV différents. Il y en a certains qui ont souvent pas de symptômes et qui, en général, occasionnent des cancers, donc c'est pas marrant. Après, ceux qui provoquent des condylomes, il y en a plusieurs aussi. Mais en général, c'est moins grave. Mais pareil, j'ai dû me faire opérer pour les enlever. Et c'est pas très drôle. Non, je confirme. Mais du coup, c'est vrai que ce que moi j'entends dans ce que tu racontes là, c'est que les IST sont très fréquentes et en fait on est même souvent porteurs sains, sauf qu'on ne veut pas en parler dès lors qu'il y a une proposition sexuelle, quoi. Oui, c'est un peu l'impression que j'ai. Est-ce que tu peux ouvrir notre couverture du podcast ? Et moi, je veux revenir à Raphaël. Enfin, on était déjà dans Raphaël. Enfin, on n'était pas dans Raphaël, mais on était sur Raphaël. Enfin, non. Voilà, je m'égare. Ok, j'arrête de rigoler. Non, en vrai, regarde les émojis. Raconte-moi, Raphaël, quel émoji correspond le mieux à ta sexualité actuellement ? Le moins de 18, je pense que forcément. Alors, on ne va pas tous les faire. Je te demande de sectionner les trois principales. On va dire la flèche vers le bas. Uniquement passif ? Ça m'est arrivé d'être actif, mais c'est assez rare et ce n'est pas comme ça que je prends le plus de plaisir. Ensuite… après il y en a plusieurs que je mettrais ensemble les chaînes le petit bonhomme qui a l'air de se prosterner devant quelqu'un le cadenas et ça veut dire quoi du coup pour toi Tout ça, c'est tout ce qui est BDSM. J'aime assez les jeux de domination, de soumission. J'aime bien être attaché. Le cadenas, je dirais, c'est plutôt les cages de chasteté avec lesquelles j'ai expérimenté ces dernières années. Après, je dirais que moi, j'aime bien quand c'est assez soft, même si j'aime bien aller un peu dans ce genre de trip. Ça veut dire quoi, assez soft ? La douleur, j'aime bien, mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps, il ne faut pas que ce soit trop fort non plus, on va dire, par exemple. Après, tout ce qui est domination… Je me suis posé pas mal de questions là-dessus parce que j'avais tendance à vraiment peut-être jouer sur un côté psychologique où je me faisais dominer de manière assez hard. Même des fois où vraiment j'étais juste un objet pour le mec pour qu'il freine son pied. Et je pense que ça m'a fait plus de mal qu'autre chose, même si des fois j'ai pris du plaisir. C'est quoi être dominé de façon hard sans douleur ? Ça veut dire c'est cérébralement ? Oui, il y a tout le côté cérébral où tu es vraiment traité comme un objet. Il te… le mec peut te rabaisser ou te… te faire sentir que vraiment t'es pas… ton plaisir n'est pas important pour lui. Ce qui n'empêche pas forcément d'en prendre, mais en tout cas, lui, dans son attitude, il te montre que c'est pas ce qui l'intéresse. J'ai une question un peu bête, parce que clairement, tout le monde, moi inclus, on est très excité par ce sujet de domination, de submission. Est-ce que toi, tu sais pourquoi t'aimes te soumettre cérébrale, enfin, te soumettre comme ça, on est d'accord ? Et donc, du coup, moi, je chemine au fur et à mesure des épisodes et des témoignages et ma conclusion, c'est c'est tellement anormal, entre guillemets, c'est-à-dire, le fantasme, c'est le voyage de l'inconnu et donc, Raphaël, au quotidien, il code, il est intelligent, il regarde des musées, des peintures, des machins et en fait, pour baisser la tension, pour se détendre un peu, pour lâcher prise, le fait d'être Traité comme un non-humain et de plus du tout contrôlé, détend et excite. C'est ton cas ? Est-ce que c'est ça que tu dirais ? Ou autre chose ? je pense que oui ça vient de ça c'est vraiment la question du lâcher prise pour moi le fait d'être passif à la base c'était vraiment le fait que c'était le sexe en étant passif c'était vraiment le seul moment où je lâchais prise alors qu'en général j'essayais de tout contrôler ça marche pas forcément mais en tout cas j'essaye et donc ça c'était vraiment le sexe c'était en soi libérateur après tout ce qui était domination soumission c'est venu plus tard un peu à mon insu j'étais dans une relation longue et mon ex a amené ça petit à petit sans vraiment que je me rende compte et au final j'ai bien aimé et après ça a pris des proportions un peu plus extrêmes peut-être Tu veux dire quoi ? Après cette relation, ça s'est très mal fini. Moi, je n'étais pas bien et je ne faisais plus du tout attention à moi. C'est à cette période-là que j'ai chopé pas mal d'IST. Je faisais un peu n'importe quoi. Je couchais avec n'importe qui. S'il voulait faire son capote, même si je ne savais pas s'il prenait la prépe ou quoi, je lui disais OK. Parce que voilà, je n'en avais rien à faire à cette période-là. C'est quoi ? C'est que tu étais très dépressif ? C'est-à-dire que tu ne t'aimais plus du tout ? Tu n'avais plus d'estime de toi ? Oui, c'est ça. Enfin, j'avais… En fait, j'avais envie de mourir, mais j'avais pas envie d'avoir la responsabilité de ça. Donc, quelque part, prendre des risques… J'ai jamais beaucoup aimé les médicaments. D'ailleurs, pour mon herpès, il y a des antiviraux pour le réduire plus rapidement et pour réduire le… de contamination. J'ai vu mon médecin il n'y a pas longtemps, mais je ne lui ai pas parlé de ça, parce que je me suis dit, ça ne sert à rien, ça va passer tout seul. Et donc, je pense que si j'avais chopé le VIH, je n'aurais pas pris, j'aurais dit, vous pouvez me prescrire des médicaments, mais je ne les aurais pas pris. C'est aussi ce que j'ai fait avec les antidépresseurs, pour le coup, mais parce que là, très clairement, c'était inefficace. Et ça, c'était quand ? Ça, c'était il y a 6 ans. T'en es où aujourd'hui de ce chemin ? Parce que je te demandais ta sexualité aujourd'hui, et tu indiques passif, plutôt soumis, BDSM, mais sans violence, mais avec cet aspect cérébral d'être une chose. Est-ce que c'est toujours en lien avec un fond de dépression ou d'estime de soi difficile, ou est-ce que c'est un espace de joie, de plaisir et de lâcher prise ? maintenant en allant sur quelque chose de beaucoup plus soft c'est vraiment plutôt du plaisir après je filtre beaucoup les partenaires donc j'ai pas souvent des relations parce que j'ai besoin d'être en confiance et de vraiment être sûr que la personne va respecter mes limites même si à vrai dire j'ai jamais eu vraiment de problème c'est plutôt moi qui posais des limites un peu trop larges et qui après me disait bon ça on le refera pas Mais après aujourd'hui je pense que ça a aussi beaucoup changé parce que maintenant j'apprécie aussi un petit peu le fait de dominer. Alors je pense que c'est encore plus soft quand c'est moi qui domine, mais tout en restant passif, c'est quelque chose que j'apprécie et que je fais de plus en plus. Et je pense que ça sort un petit peu du cliché qu'on peut avoir. En général c'est l'actif qui domine et le passif qui obéit. Je sais pas. Moi, ça peut être bien de temps en temps, mais c'est bien de changer aussi, de varier les plaisirs. Je veux m'assurer que c'est pas moi qui, en fait, pousse vers cette binarité d'homisoumis. Est-ce que toi, ta sexualité, tu la comprends au travers de cette binarité ? C'est toi qui dis souvent, quand on est passif, on obéit et… Est-ce que toi aujourd'hui, quand tu as un rapport sexuel, il est forcément avec cette coloration, domination, soumission ? Non, non, pas forcément. Il y a des fois où c'est vraiment juste un rapport sexuel, pas forcément avec pénétration, mais je pense que la seule constante pour moi, c'est que je suis passif. Mais après, le reste, ça dépend aussi du partenaire. Il peut ne pas aimer ce genre de choses, donc on ne va pas le forcer. Mais toi, ça fait quand même partie de la sexualité que tu recherches. Pas en permanence, mais j'aime bien. Est-ce que tu peux me raconter ta dernière fois sexuelle ? C'était quand ? C'était fin janvier. Mais je vais te raconter les deux dernières fois parce que c'était avec le Mamek. La première fois, en fait, on avait prévu juste de… Il voulait faire un apéro à poil. Et juste pour faire connaissance et parce qu'il disait, ça permet un peu d'abattre les barrières qu'il peut y avoir et puis discuter. Juste que je comprenne le contexte, donc toi aujourd'hui tu cherches plutôt des partenaires sexuels, tu cherches un trouble, un couple, juste pour qu'on comprenne en ce moment t'es dans quoi, dans quelle envie ? Moi-même, je ne sais pas vraiment. C'est ok. Donc là, en tout cas, c'était avec quelqu'un avec qui tu avais plutôt un rapport sexuel, ce n'était pas des dates, vous n'étiez pas dans une relation. La première rencontre, c'était un apéro nu pour un rapport sexuel ? Non, on n'était pas forcément parti dans l'idée qu'il y aurait un rapport sexuel, c'était vraiment juste boire un verre, nu, ce qui est un peu spécial, mais juste faire connaissance. Et en fait le courant est vraiment bien passé, donc finalement ça a un peu dévié. Parce qu'aussi on a discuté du sexe forcément, et a priori on aimait les mêmes choses. et du coup je me suis dit bon ça pourrait être pas mal t'as un type ? non pas vraiment c'est vraiment plus une question de feeling j'ai un type en théorie mais après si on regarde dans la réalité c'est la plupart des partenaires sexuels que j'ai vu n'étaient pas du tout dans ce type là C'est quoi ton type en théorie ? Le gros cliché du mec brun, barbu, plutôt bien foutu. Mais c'est pas, comme je disais, c'est pas dans la réalité, c'est vraiment plus si je m'entends bien avec la personne. Et du coup ça s'est passé comment ton apéro nu ? Au début, j'étais un peu stressé, donc on s'est juste retrouvé en boxeur. Et puis après, en se sentant plus à l'aise, on a fini par enlever. Et on a discuté pas mal de temps, je pense qu'on a bu plusieurs verres. C'était pas de l'alcool, c'était du thé. Super ! T'étais chez lui ? Ouais. Et… Et voilà, après je me suis rapproché de lui, et j'avais l'impression qu'il y avait quelque chose, donc après j'ai fini par l'embrasser, et puis après il y a eu un peu de ventre, de fellation, et après, même si ce n'était pas du tout prévu, il y a eu pénétration aussi. C'était coloré domination-soumission ou pas du tout ? Un tout petit peu parce qu'il m'avait dit qu'il aimait bien, je lui avais dit que moi j'aimais bien aussi, mais c'était vraiment très léger, globalement c'était très doux, on a vraiment pris notre temps. Et au final, je pense que c'est un des meilleurs rapports sexuels que j'ai eu de toute ma vie, voire même… Enfin, oui, dernièrement, et puis même de toute ma vie. Donc maintenant, je me dis peut-être que tout ce qui est domination, c'est peut-être pas l'essentiel pour moi, mais que vraiment, il faut que je prenne mon temps, que je sois à l'aise avec le partenaire. Vous vous êtes revu et vous allez vous revoir ? On s'est revus après. Là, ça a été un peu moins… Et il y a peu de pénétration. Mais c'était très bien quand même. Et… Et… Oui. Mais après, je sais pas si on va se revoir, parce que… Justement, enfin, je voulais parler de mon herpès. Lui, il a plutôt bien réagi. Enfin, il était un peu inquiet, mais… C'est… C'était moins… Sa réaction ne m'a pas heurté en fait. Et après, il m'a demandé si je pouvais faire des tests, ce que j'ai fait. Tout était négatif. Donc voilà, ça l'a rassuré. Mais après, je ne sais pas si ça va le freiner plus tard ou pas. Est-ce que du coup, tu peux m'expliquer si j'ai un rapport sexuel avec quelqu'un qui a un herpès, c'est quoi la bonne façon de m'y prendre, à la fois dans les questions que je pose et en fait, comment ça se transmet à un herpès ? Est-ce que tu veux bien me sensibiliser ? T'étais pas obligé, hein ? Je peux aller chercher sur Internet. Non, mais je peux en parler un petit peu. L'herpès labial, il se… Enfin, les contaminations sont très faciles. Il suffit d'un contact de la peau, en fait, pour le transmettre. Labial, c'est lèvre du haut ? Oui. Euh… Si je me souviens bien, je l'ai eu en partageant le labello de quelqu'un d'autre. C'est assez anodin. J'étais ado et ça ne s'était pas manifesté pendant des années. C'est revenu là récemment parce que je pense que j'étais un peu stressé. Après, en général, il vaut mieux éviter d'embrasser la personne, de recevoir une fellation dans ce cas-là. Parce que ça peut aussi se transmettre aux organes génitaux, même si c'est moins grave et moins fréquent. Mais ça peut arriver. Mais du coup, quand tu préviens la personne, ça veut dire que vous n'allez pas vous embrasser ? Si tu dis que la transmission est très simple, qu'est-ce que tu fais dans le rapport sexuel ? Et pourquoi ton partenaire t'a demandé de faire des tests ? En fait… Non, enfin, il vaut mieux éviter, en tout cas, certains… Enfin, tous ces rapports. Oui, tu peux pas embrasser la personne, du coup. Mais en fait, je m'étais pas rendu compte que c'était de l'herpès, donc on avait couché ensemble. Et c'est après où je me suis rendu compte que c'était ça. Et donc après, je l'ai prévenu. Et lui, il voulait que je fasse des tests pour se rassurer et qu'il n'y avait rien d'autre. Et du coup, lui, tu l'as peut-être transmis en herpès. Ouais. Donc après, peut-être qu'il l'avait déjà. Mais… mais bon quand même peut-être et c'est pas forcément cool de se dire j'ai refilé un truc à quelqu'un c'est jamais très agréable bah ouais et du coup comment tu en effet moi je comprends un peu mieux donc Comment on navigue ? C'est quoi la réponse que tu donnes ? Comment tu navigues la suite de tes relations sexuelles et de tes rencontres avec cette herpès ? Sachant qu'en plus, j'imagine que moi, autour de moi, mes cousins, ma famille et tout, c'est plutôt avec eux que je partage les labellos. Il y en a plein qui peuvent avoir des herpès sans que je le sache. Donc, d'un côté, on peut être militaire et dire « je dois le dire à tout le monde » et de l'autre… Après, l'herpès et les papillomavirus aussi sont contaminants s'il y a une poussée, si le virus se réveille en fait. La plupart du temps, il est dormant dans le corps. Mais en fait, c'est contaminant un peu avant qu'on remarque des symptômes et un petit peu après et pendant évidemment. Mais donc des fois, on ne peut pas savoir. Mais… Oui, j'avais un petit bouton, mais ça ne ressemblait pas à ce que j'avais eu auparavant, donc je n'ai pas réalisé tout de suite ce que c'était. Du coup, je ne vais pas faire genre je suis docteur, mais est-ce que si je dis qu'à partir du moment où la personne n'a pas de bouton, c'est un comportement suffisamment safe pour pouvoir embrasser, non ? Oui, oui. Non, ce n'est pas quelque chose qui me tracasse en permanence, mais c'est juste que… que là, le virus s'est réveillé. Je me demande aussi si le papillomavirus s'est pas réveillé aussi à la même période, mais c'est plus compliqué à savoir, vu que c'est interne, dans mon cas. Mais après, oui, dans la plupart du temps, il n'y a pas de risque, quand même. Comment tu… Comment t'essayes de… Moi, ce que j'entends, en gros, c'est que ta santé mentale est très connectée à ces IST, enfin à ces maladies, je sais pas comment tu veux qu'on les appelle. Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui pour aller mieux ? Pas grand-chose. Non, euh… En ce moment… Est-ce que tu es d'accord déjà avec mon point de vue qui est que si on veut parler de ta sexualité et des freins à ta sexualité, en fait on est en train de parler de ces possibles barrières entre toi et l'autre et qu'en fait des barrières que tu lis souvent à ta santé mentale et à comment tu te sens. Est-ce que ce raccourci-là te va ou pas ? Tu hoches de la tête ? Oui, je suis d'accord. Oui, je pense que c'est vraiment le principal problème dans ma sexualité aujourd'hui. C'est ce qui m'a amené à attraper le papillomavirus et c'est aussi un peu ce qui me freine aujourd'hui. Et justement, les réactions des autres aussi, peut-être que c'est plus… Le problème, c'est peut-être plus comment moi je vois leurs réactions que vraiment leurs réactions. Après, comment j'essaye d'améliorer ça ? En ce moment, c'est principalement regarder des vidéos sur YouTube de personnes qui parlent des sujets qui posent question pour moi. T'es à l'aise d'en partager un de ces sujets ? par rapport à mon ex j'ai dit que ça c'était très mal fini j'ai mis pas mal de temps au début je culpabilisais il y a des trucs que j'ai pas bien fait c'est pour ça que ça a mal tourné là ces dernières années j'ai quand même réalisé qu'il y avait beaucoup de violences psychologiques de sa part Et la dernière année aussi un peu des violences physiques. Mais j'étais complètement dans le déni. Quelles violences physiques par exemple ? en fait il prenait plaisir à mettre anglais en dehors des rapports sexuels sans aucune raison il y a une fois on était en train de regarder une série l'épisode s'est terminé et hop il a commencé à mettre anglais et ce qui était assez particulier avec lui aussi c'était que ça se voyait dans ses yeux qu'il prenait son plaisir il prenait son pied à fond dans ces moments là et c'était un peu perturbant Et t'as l'impression que ton consentement n'était pas respecté non plus dans le rapport sexuel ? Parce que je me souviens tout à l'heure, t'as dit la domination-soumission est venue dans notre couple de façon insidieuse, à mon insu, t'as dit. Et j'étais… Et ça m'a questionné, ouais. Oui, il y avait vraiment eu plein de fois, et en particulier les derniers mois où j'avais pas envie, mais lui n'en avait rien à faire. Donc je faisais un petit peu l'étoile de mer et puis j'attendais que ça se passe. Qu'est-ce qui se passait dans ta tête à ce moment-là ? Qu'est-ce qui faisait que tu trouvais pas l'énergie de dire non, là j'ai pas envie ? Justement parce que… Pardon. Est-ce que tu peux redire ta question ? Oui, bien sûr. En fait, comme on est très différents, moi, je… Je n'arrive pas à me connecter intimement à l'idée que quelqu'un puisse me faire quelque chose et en fait, je ne veux pas, mais je n'arrive pas à dire je ne veux pas. Du coup, j'ai essayé de comprendre qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête quand tu ne voulais pas et que tu n'arrivais pas dans ce rapport sexuel à dire stop, à dire non. Tu penses qu'il aurait été violent à ton égard ? Tu penses qu'il se serait passé quelque chose de grave ? Je ne sais pas. En tout cas, il avait une certaine emprise sur moi qui faisait que… De toute façon, j'ai toujours eu du mal à dire non. C'est un peu moins le cas aujourd'hui quand même. Mais à l'époque, je n'y arrivais pas. Et puis, il avait une emprise sur moi. Et puis, je ne voulais pas que la relation s'arrête alors que ce n'était plus une relation saine en tout cas. Mais… Je pensais à d'autres choses, j'étais plus du tout dans le truc. Une fois même, je me suis exclamé « Ah, est-ce que j'ai rangé tel truc dans la cuisine ? » Et il l'a mal pris, évidemment. Mais non, j'étais plus dans le truc et puis j'attendais que ça se passe, vraiment. T'as entendu l'épisode de Hakim ? Oui, il y avait effectivement des choses qui se rejoignent dans ce qu'il a dit et dans ce que j'ai vécu aussi. J'ai presque envie de faire un lien, et j'aimerais te soumettre ça et voir ce que toi t'en penses, entre la domination-soumission et cette question du consentement. et de l'estime de soi. C'est-à-dire, au fur et à mesure de mes témoignages, alors déjà, moi je me questionne, je me dis, est-ce que c'est moi qui attire des personnes intéressées par domination, soumission, ou est-ce qu'à ce point-là, dans la réalité des hommes queers, c'est si prégnant ? Bon, ça c'est un autre sujet, pardon. Mais toi, qu'est-ce que t'en penses ? Est-ce que tu as l'impression que c'est lié, tes enjeux d'estime de toi et le fait d'aimer être traité comme une chose ? Je pense qu'à la base c'est lié, oui. Et que c'est… Aussi un peu pour ça qu'aujourd'hui j'essaie d'explorer un peu l'autre côté, parce que ça me permet d'avoir plus de contrôle, même si je pense que je suis très gentil, même quand je suis dominant. Peut-être que tu es en train d'inventer ta propre façon d'être dominant, peut-être pour toi être dominant c'est prendre une forme de contrôle ou conduire la danse ? Oui, il y a beaucoup de… Il y a des personnes, en tout cas sur Twitter, qui parlent justement du fait que le fait d'être passif n'empêche pas de pouvoir dominer. Et ça m'a pas mal poussé à me poser des questions. Et du coup, je me suis dit, ah, je devrais peut-être un petit peu creuser là-dedans. Et au final, j'aime beaucoup. Franchement, moi, je suis un peu las. Je suis las de… En fait, nous les petits homosexuels et bi et autres, on avait un boulevard pour, puisqu'on est sortis de la norme, pour créer quelque chose de complètement différent. Et en fait, c'est tout pourri ce qu'on a créé. En fait, on a pris le pire de l'hétéronormativité. et on se les goinfrait, et donc du coup, cette binarité que je retrouve dans mes fantasmes, que je retrouve dans mes activités sexuelles, donc je suis pas du tout en train de jeter la pierre aux autres, moi je la jette à moi d'abord, je suis là, et donc bien sûr qu'on peut être passif et dominant, et bien sûr que c'est complexe et nuancé, non ? Enfin, je sais pas, excuse-moi, je me suis emballé. Non, non, mais je suis complètement d'accord, enfin… j'avoue que quand c'est moi qui domine j'aime bien vraiment les chauffer jusqu'à ce qu'ils en puissent plus et des fois je vais les faire jouir et d'autres fois je vais juste dire bon bah maintenant c'est fini tu rentres chez toi et en soi j'avoue ça me fait kiffer de me dire ah il va rentrer chez lui il va repenser à ça il va se branler en y pensant et que moi en fait je suis resté dans quelque sorte dans ma zone de confort et voilà et il y en a que ça fait revenir en tout cas J'aime bien le fait de sortir des cases hétéronormées qu'il peut y avoir. Après, en soi, je n'ai rien contre le côté un peu stéréotypé de la sexualité, mais j'aime bien, comme j'ai dit tout à l'heure, varier les plaisirs. Moi, je ne suis pas las des stéréotypes ou des trois couleurs utilisées principalement. Je me dis juste, moi, je n'ai pas envie de crever et en ayant utilisé trois couleurs. J'ai envie d'une palette de peintres. On regarde le futur. On s'imagine dans deux ans. Je te recontacte et je dis, viens, on fait un épisode de Raphaël le Retour. Qu'est-ce que tu aimerais me raconter ? À propos de ta vie intime, de ta sexualité, qu'est-ce que tu aimerais faire advenir ? Moi, j'aimerais bien dire que j'ai exploré encore d'autres choses et que… Quoi ? Je sais pas parce que j'ai déjà essayé quand même beaucoup de choses. Mais enfin, ou en tout cas que je suis plus… on va dire, à l'aise dans les pratiques que je peux avoir, y compris tout ce qui est domination, soumission. Mais sinon, d'ici deux ans, j'aimerais bien arriver à améliorer tout ce qui est estime de moi et j'aimerais bien aussi être en couple un jour. C'est quand même quelque chose qui est assez important pour moi. Après, aujourd'hui, je pense que je ne suis pas prêt pour ça. Actuellement, je cherche plutôt un nombre de partenaires limité. Mais être en couple, c'est un peu… J'allais dire le rêve, mais peut-être pas. C'est un peu fort comme mot. Qu'est-ce que tu penses que le couple t'apportera que tu n'as pas aujourd'hui ? Une certaine stabilité. Aujourd'hui, je vois plus le couple comme… vraiment de la compagnie, quelqu'un avec qui tu partages des choses, et des choses que tu ne partagerais pas forcément avec d'autres personnes. Je pense que c'est pas mal. Je vois mes amis qui sont en couple, qui… Je ne sais pas, il y a une sorte de jardin secret qu'ils partagent entre eux, que je trouve assez… Ça donne envie. Et monsieur apéro nu, il n'y a pas moyen de moyenner ? Je ne sais pas, on verra. Toi, tu aimerais ? Je… Je sais pas. Au niveau de son attitude, il est cool. Donc oui, peut-être. Après, ça me semblait un peu tôt pour le dire. Mais… On verra. On verra. Merci Raphaël. Merci à toi.