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T'es bien installé ? Ouais. Trop bien. Roméo, partie 2 de ton témoignage. Et j'ai envie de commencer cette deuxième partie par te faire tirer une autre question au hasard. Tu vas me dire un chiffre. Donc, on a compris que c'était magique parce que dans la question, tu as tiré la question. On est d'accord qu'il y en a… T'avais une chance sur 228 de tomber sur celle-là qui était pile…
Un des sujets phares que tu m'as partagé sur ton rapport au corps. Veux-tu dire un autre chiffre entre 3 et 114 ? 54. Une raison ? Non. Ça m'est venu. Je te donne les deux questions. Une plus douce et l'autre plus engageante. Et tu peux répondre à celle que tu veux. La première, c'est quelle peur ou croyance sur l'amour tu es en train de déconstruire ?
Elle est belle. Et la deuxième, c'est… C'est marrant. Alors les questions, c'est moi qui les ai refaites avec l'aide de ChatGPT. Je ne les ai pas tout à fait relues et il y a des ratés. Donc ta deuxième question, c'est… Peux-tu partager une croyance ou une peur dont tu t'es libéré ou dont tu aimerais te libérer ? C'est la même question. Il y a eu un bug. C'est pas l'amour, quoi.
Bon, tu choisis laquelle ? Bah la première, alors je préfère pas faire confiance à ChatGPT. Donc c'est quoi une croyance par rapport à l'amour dont je suis en train de me libérer ? Quelle peur ou croyance sur l'amour tu es en train de déconstruire ? Bah je pense que j'ai beaucoup un truc de je veux plaire, ça c'est très certain. Et je pense que j'ai tendance à beaucoup m'adapter…
à la personne en face de moi dont je veux l'amour. Et je pense que je suis en train de déconstruire un peu ça, de se dire… C'est un peu bateau, mais tu vois, d'être aimé pour qui on est, qu'on n'a pas besoin de…
Ça ne demande pas toujours des efforts, qu'on n'a pas prouvé qu'on peut être aimé. Et aussi, je pense que je suis en train de déconstruire pas mal qu'on peut faire face à des crises. Ça, je pense que c'est important. Moi, je suis quelqu'un qui n'aime pas trop le conflit, qui n'a pas du tout de tempérament colérique.
qui a vraiment une bonne communication plutôt, enfin je parle vraiment beaucoup et j'ai pas de mal à dire les choses comme elles sont et tout ça et du coup j'ai toujours un peu peur de la crise, de me dire et du coup je pense déconstruire ça, déconstruire le fait qu'en fait on peut avoir des conflits et on peut quand même choisir que la relation et l'amour il est beaucoup plus fort que ce conflit ou que cette crise et je pense que c'est chouette à déconstruire Sur ta première croyance tu peux me ramener
À la dernière fois où tu t'es sentie te modifier pour être aimée ? Ou t'adapter ? C'est quoi les trucs sur lesquels tu avant t'adaptais plus automatiquement pour camoufler ou être aimée ? Je pense donc ma dernière relation avant d'être en couple gay avec ma copine où ça s'est fini juste avant mon opération elle avait une autre partenaire qui était sa partenaire principale et moi j'étais secondaire
Et ça a duré un an. Le polyamour, on ne va pas faire un petit point, mais en gros, il y a la possibilité de choisir une forme de hiérarchisation qui amène de la clarté pour chaque partenaire, pour un peu savoir comment on se place dans la dynamique et prendre soin de sa dynamique. C'est ça.
Mais voilà, mais du coup, en vrai, ça ne m'allait pas tellement. Je pense que c'était assez violent pendant un an d'être amoureux de quelqu'un qui te dit que tu passes en deuxième. Voilà, je dirais ça. Et la version de toi qui n'a pas peur de se montrer, cette version, elle aurait dit écoute, moi, je t'aime. Ça ne va pas le faire pour moi.
Ouais, non mais ça m'est arrivé en plus après cette relation, je suis retrouvé dans le même contexte, quelqu'un que je venais de rencontrer, où on avait une super connexion, mais qui avait déjà une autre relation un peu primordiale, et qu'on s'est dit « bah en fait non, moi ça m'a trop blessé d'être dans ce truc-là, la connexion qu'on a, je la trouve magnifique, notre sexualité, je la trouve magnifique ».
Mais savoir que la place que tu m'accordes, elle est bloquée à ce niveau-là parce qu'il y a quelqu'un d'autre derrière, je n'ai pas envie de pousser, pousser, pousser le niveau à chaque fois. Il n'y a pas la place, il n'y a pas la place. C'est comme ça et c'est dommage, mais c'est tant pis. Ça me fait aussi penser aux muscles. Tu m'as dit qu'il y a eu un moment, peut-être encore aujourd'hui, je ne sais pas, tu vas me dire, mais où tu t'es sculpté le corps pour être musclé comme…
Le regard gay aime. C'est une généralisation, mais… Je me souviens pas du tout avoir dit ça. C'est vrai ? Ouais. Donc, tu m'as jamais parlé de muscles ? Bah, je m'en souviens pas. Après, oui, j'aime bien être musclé, quoi. C'est sûr. Et je pense, en fait, effectivement, quand ton corps, il change…
T'as envie qu'ils correspondent à des codes et tout. Et du coup, ça me fait trop plaisir de prendre du muscle, mais je me souviens pas, mais elle dit que c'était vraiment un enjeu très fort. Mais du coup, cet élan de rentrer dans le code, c'est pas pour être aimé ?
Sûrement. Et en fait, je dirais quand même oui et non. Je pense qu'il y a eu vraiment cette période, donc après mon opération, où j'avais un peu envie d'apprendre les codes gays comme ça. Je me suis dit que c'était presque un apprentissage, tu vois, de me dire, refaire ma garde-robe entièrement, de commencer à mettre des crop tops, en fait, de me reféminiser aussi.
Parce que j'avais plus cet enjeu-là qu'on me voit comme une meuf. Du coup, j'avais vraiment envie de me reféminiser en tant que mec, de mettre des bijoux, de mettre des crop tops, de mettre du rose. J'avais jamais mis de rose de ma vie.
et aussi du coup voilà d'aller en club de prendre du poppers je sais pas en fait tout un un vaste résumé de codes entre guillemets de culture gay que je voulais faire mien quoi et je pense qu'il y a une partie qui est en mode pour rentrer dans le moule ou rentrer dans la communauté mais juste une partie qui est en mode j'adore j'adore et
Et ça m'a donné envie toute ma vie et c'est ce à quoi je veux ressembler, c'est les gens dont je veux être entourée. Donc c'était quand même très joyeux, je pense pas que c'était que poussé par l'envie d'être aimé ou la peur de ne pas ressembler quoi.
et t'as eu l'impression que dans ce chemin tu t'es t'as trouvé ta masculinité à toi ouais oui carrément ouais je pense
Je ne sais même pas si je t'en dirais. En fait, oui. Moi, je… Donc, j'ai été harcelé parce que trop efféminé. Donc, j'ai tué mes manières dites féminines. Et petit à petit, j'ai eu envie de retoquer à leur porte, de dire coucou. En fait, Guillaume, il est complexe et tout. Du coup…
et en fait ce faisant je me suis aussi rendu compte que ma masculinité
j'avais aussi deux trois trucs à lui dire et en fait je me pose une vraie question sur ok mais je suis qui une fois que j'ai tellement été déformé par les agressions du monde extérieur qui m'a dit voici les codes ça c'est oui ça c'est non le moment où moi adulte indépendant qui va avoir 40 ans je me dis c'est quoi je vous emmerde tous et toutes les uns après les autres s'il le faut
Moi, je vais me rencontrer moi. Je ne sais pas si cette masculinité, c'est la mienne ? Est-ce que c'est celle que je joue parce que je la vois à la télé ? Tu sais ce que je veux dire ? Et quand je te posais cette question, tu en es où sur ta masculinité et puis ta féminité ?
Je ne sais pas, je pense que c'est très pluriel en vrai. Moi, je suis quelqu'un… Je ne sais pas, en fait, si forcément ça joue. Mais je veux dire, je suis très switch. Et j'aime bien les rôles aussi. Et j'aime beaucoup de choses différentes. J'ai toujours envie de faire toutes les expériences. Et ça joue, je pense aussi, dans ma masculinité et ma féminité, dans le rôle que j'ai envie d'avoir ce soir. Donc, je ne sais pas, parfois, je me sens vraiment en mode masque. Et je vais m'habiller d'une certaine manière que je puisse…
Je sais pas, être en adidas avec des grosses chaînes et puis le lendemain, j'ai envie vraiment de faire, j'allais dire la salope, mais juste, je sais pas, plus le petit twink et je vais être en crop et en pantalon rose et je vais m'être rasé exprès et je vais sautiller partout, tu vois. Et tout ça, c'est toi ? Et tout ça, c'est moi, de ouf. Ouais. Ouais.
Oui, ça me parle, je pense que tu dis. Peut-être que je vois trop ces sujets comme des sortes de linéarités, alors qu'en fait, là, soudainement, j'avais l'image d'une boule à facettes où il y a plein de facettes qui scintillent en même temps. Et ça, je suis là, ah oui, ça, je comprends beaucoup mieux. Tu vois, ça me parle. Ramène-moi à la fois où, dans la rue, on te traite de gros suceur de bite et cette espèce de…
Justement, parce qu'on était dans ce chemin de moi, j'ai envie, moi, Roméo, j'ai envie d'être avec ces gays. Pas qui ils sont, mais j'ai envie de vivre cette vie-là. Et que du coup, cette insulte, est-ce que tu peux me ramener qui était cette personne ? Comment ça s'est passé ? Et en quoi c'était à la fois violent et validant ? Ouais, je pense cette fois, c'était quand même…
Assez violent parce que j'ai eu peur, quoi. Et c'est rare que j'ai peur. Enfin, ouais, on m'a insulté de pédé dans la rue. C'était pas la seule fois, quoi. Mais donc, je rentrais chez moi à Aubervilliers, je sais pas, genre à 23h30, 1h, un peu bâtarde où il est pas. Très tard, mais un peu, il y a encore… Enfin, il y a plus grand monde, mais il y a un peu des gens quand même dans la rue comme ça. Aubervilliers, c'est nord-ouest de Paris ? C'est nord-est. Nord-est, pardon. Je me suis trompé.
En banlieue parisienne. En banlieue parisienne, ouais. Et donc, il y avait deux mecs qui étaient assis sur une voiture et qui m'interpellent plusieurs fois en mode « Hé, hé toi, hé toi, espèce de gros suceur de queue, ouais, pars pas comme ça, où tu vas ? » Et du coup, j'avais l'impression qu'ils allaient me suivre et prendre la bagnole et tout. Donc en fait, j'ai quand même eu, à ce moment-là, assez peur. Mais en vrai, oui, il y a un truc où en fait…
J'étais en mode, bah oui, c'est vrai, je vais pas mentir, je suis ce dégueu, tu vois. Et en fait, je suis content qu'aujourd'hui, je sais pas, ça se voit, entre guillemets, tu vois. Et après, il y a d'autres fois où, je sais pas, la dernière fois, j'allais à la Prairie des banlieues, donc qui était à la Courneuve, qui est pas très loin d'Aubervillers, donc toujours en banlieue nord-est parisienne. Parce que tu sais qu'on est écoutés de partout dans le monde ?
Je trouve ça sympa de faire des petits points géographiques. Absolument. Et donc j'allais à la Pride des banlieues, qui était organisée justement pour faire une Pride dans les banlieues parisiennes avec d'autres mots d'ordre, d'autres revendications que la Pride parisienne, notamment pour les personnes sans papier, notamment pour le droit au logement, etc.,
Donc j'allais à Pride des banlieues, c'est jour de Pride, donc moi je me suis pimpé, je pense que j'étais en crop top rose avec une veste à paillettes bleu ciel, genre vraiment des grosses buffalo, donc c'est des chaussures compensées comme ça. Et c'était vraiment à 15 minutes à pied de chez moi, donc je pars à pied et vraiment là il y a deux mecs qui me disaient « pédé », j'étais en mode « bah sans blague, enfin vraiment ».
Heureusement, quand même. Et là, par exemple, je n'ai pas eu peur une seconde. J'étais juste en mode, c'est la pride, évidemment, les pédés sont dans la rue. Donc, tu ne t'es pas senti en insécurité parce qu'ils étaient physiquement loin ? Parce que c'était juste un mot comme ça, tu vois, que ce n'était pas une interaction agressive répétée. Tu parlais de « moi, je suis switch ». Ouais.
Est-ce que le BDSM a joué un rôle dans tes différentes expériences post-opération où tu disais il y avait un moment de fête, d'euphorie ? Je crois que tu m'as dit que ça a duré six mois. Un an, un an et demi même. On augmente la facture. En fait, c'est des périodes. Je te taquine. Il n'y a aucun problème. D'ailleurs, la période peut être aussi longue que tu le souhaites.
Et même, j'imagine que ce n'est pas juste on-off, pas aussi binaire que ça. Mais toujours est-il qu'une de tes expériences, ça a été de creuser le BDSM. Tu es d'accord que c'était important ou pas ? Je pense que c'est important parce que c'est des rapports au corps, encore une fois. C'est des rapports à tes limites et puis c'est des rapports de rôle aussi et de domination. Donc moi, c'est des choses qui me parlent, c'est des choses que j'ai envie d'aller voir.
Et ouais, je pense qu'il y a un été où j'ai découvert le play fight. Donc le play fight, c'est le fait de se bagarrer dans un cadre quand même assez sécurisant, etc. Avec des règles définies, avec des partenaires où tu définis un peu la bagarre que tu vas faire.
Ça peut être un peu de la lutte, mais ça peut aussi vraiment se foutre des claques et s'arracher les cheveux ou ce genre de choses. Et moi, ça a été vraiment hyper libérateur dans mon corps. Je me suis senti, mais putain, c'est quand la dernière fois que je me suis battu avec des mecs que je trouve très beaux pour jouer, mais en même temps pour tester tes limites, pour savoir c'est quoi la force que mon corps, il a en fait, en vrai, que je laisse pas toujours sortir, etc. Donc ça, c'est une pratique…
qui tombent dans le BDSM mais qui restent soft en fait je sais pas tout le monde a pas les mêmes curseurs de soft mais voilà parce que je sais qu'il y a aussi des gens qui ont trouvé des bagarres que j'avais faites qui étaient très violentes ou dures à regarder donc les bagarres juste que je comprenne on est laité on est chaud, on est nu
Tu es nu ? En t-shirt quoi, ou en caleçon quoi, ou nu. Très bien. Tu veux dire, on était avec qui cet été-là ? Ouais, donc on était à la campagne et on a fait ça, on était une dizaine de mecs et on mettait genre un peu un ring comme ça et on se bagarre. C'est quoi les règles ?
C'est quoi les cadres ? Elles sont vraiment définissables et on peut vraiment les bouger à n'importe quel moment. Le fait que c'est dans play, fight, il y a play et il y a fight, donc c'est-à-dire jouer à se battre. Du coup, en fait, l'idée, c'est que ce soit quand même un jeu et que ce soit marrant. Du coup, ça peut être vraiment juste plein de jeux différents, du genre, ah, on va juste…
essayer de s'arracher l'un l'autre sa chaussette, tu vois, ou ça peut être, en fait, on a envie de se mettre des claques, ou ça peut être un peu plus comme de la lutte, où le premier qui est immobilisé pendant 10 secondes, il a perdu. Et voilà, et après, c'est des limites de, est-ce que, par exemple, voilà, est-ce qu'il y a des coups, est-ce qu'il n'y a pas de coups, est-ce qu'il y a des zones qu'on ne touche pas, il n'y a pas de zones qu'on ne touche pas ?
Voilà. C'est marrant parce que ça m'a vraiment trigger. Comment on dit trigger en français ? Tu saurais, toi ? Ça m'a déclenché et je me suis senti trop mal à l'aise. Désolé. Non, mais t'excuses pas. Non, non, pas du tout. C'est pas pour ça que je le dis. J'étais de retour dans la cour de récré, celle qui m'a fait si peur.
Et qu'est-ce que t'en penses ? Toi, tu t'es senti comment ? Je trouve que c'est un endroit où il faut faire attention parce que ça nous ramène toujours à des endroits un peu badants quand même, le fait de se battre. Et en même temps, je trouve que c'est comme quand on se réapproprie le mot pédé, c'est se réapproprier…
des choses qui nous ont fait du mal tu vois et c'est dire qu'on peut le faire de manière joyeuse qu'on peut le faire avec des gens en qui on a confiance que ça peut être rigolo et que ça peut être violent
et de kiffer ça, de kiffer cette violence brutale. Et c'est ça que je trouve super intéressant. C'est quoi les endroits où on a le droit d'expérimenter ce truc qu'on redoute, mais de se dire qu'on le fait dans un contexte qui nous fait du bien ?
Et au pire, si ça nous réarrive la prochaine fois, peut-être qu'on sera plus armés aussi, tu vois. Ouais, parce que toi, tu disais justement que t'es allé chercher une puissance que tu t'autorises pas, soit que t'as pas la possibilité d'exprimer dans le métro, quoi.
Je mets un mec par terre, tu vois. Ça m'arrive pas et tant mieux, j'ai envie de dire. J'ai pas envie que ça m'arrive tous les jours. Ouais, complètement. Mais en fait, oui, de dire « Ah putain, mon corps, il va jusqu'où ? Qu'est-ce qu'il est capable de faire ? » En fait, c'est comme un peu des trucs où… Je peux le ramener à des stages d'autodéfense. J'ai déjà vu ça, des stages d'autodéfense pour PD ou pour personnes queers.
Sauf que là, on ne se dit pas que c'est contre… Enfin, on ne pense pas tout de suite à la défense. On ne se dit pas que c'est pour s'armer contre la prochaine agression. On se dit vraiment que c'est pour s'amuser entre nous. Et c'est quand même chouette. Bah ouais. Moi, du coup, j'ai navigué de l'inconfort de retourner dans la cour de récré où j'étais harcelé à l'excitation de… Parce qu'après, tu as décrit une autre activité qui était la lutte. Et là, j'imaginais un mec trop sexy avec des cheveux longs. Je ne me demande pas pourquoi.
Et qui, en fait, avec qui je luttais. Et après, j'étais genre, ah ouais, j'ai grave envie d'essayer, en fait. Mais du coup, il n'y avait pas de coup. Dans ma tête, tu vois, j'étais plus à l'aise parce que j'avais l'impression que la lutte, le jeu, c'est de…
T'as fait ça, du coup ? J'ai fait… Il y avait un homme aux cheveux longs ou pas ? J'ai fait tout. Enfin, j'ai fait tout. Je pense que oui, je me suis déjà battu avec un mec qui avait des cheveux longs. Voilà. Franchement, ta vie, elle est bien mieux que la mienne. Non, n'allons pas jusque là. Toi, tu dis oui, le BDSM, même si en fait, pour toi, ça serait quoi quand tu dis… Est-ce que tu dirais j'aime le BDSM ? Ouais. Est-ce que tu peux, du coup, me donner ta définition du BDSM ?
BDSM, ça veut dire quoi ? Bonding, domination… C'est ta définition, Roméo. Pour moi, ça veut dire… C'est jouer avec des rôles de pouvoir et c'est jouer avec des pratiques…
qui touche à la douleur, potentiellement à la violence. Et voilà, avec les limites de nos corps, quoi. Et en fait, j'aime bien connaître mes limites. J'aime bien découvrir de nouvelles sensations. J'ai l'impression que ça déclenche des zones de plaisir qui sont vraiment assez ouf, quoi. Hum hum.
Tu peux me prendre une photo des six derniers mois de ta vie sexuelle intime et me dire le pourcentage de pratiques que tu considères BDSM. Un an, six mois, un mois, j'en sais rien. Pourquoi ça te fait marrer ?
Parce que je pense à… Je sais pas, actuellement, c'est pas hyper présent dans ma vie, justement. Je pense qu'il y a peut-être un endroit où ça me manque un peu. Mais je dirais 20%. Après, c'est aussi trouver les espaces pour le faire, tu vois, les gens de confiance pour le faire. Moi, je fais pas confiance si facilement que ça. Euh…
Donc voilà, en fait, ça demande des intérêts aussi spécifiques et des gens qui ont les mêmes, etc. Toi, par exemple, en ce moment, c'est quelle pratique qui te manque ? Si on rentre dans un spécifique d'un kiff sexuel, t'aurais envie de quoi ?
Je suis du genre à avoir envie de tout, donc c'est assez terrible. Je pense que ça me manque de dominer quelqu'un, un peu. Toi, t'aimes dominer comment ? Ton kiff d'homme, il est où ? Il s'exprime comment ?
je pense que ça s'exprime beaucoup par le regard déjà de dire en fait là c'est moi qui ai le contrôle donc tu vas rester à ta place tu vois en vrai tant que c'est consenti avant etc j'aime bien mettre des claques donner des coups
Sur le visage ? Sur les joues ? Ouais. Et sur d'autres parties du corps ? Bah ouais, j'aime bien donner la fessée. C'est un peu difficile de se mettre là dans le personnage. Et en plus, pour moi, c'est vraiment un peu un état de trance comme ça et de rôle. Avec un C ou un S ?
avec un C ouais un état de ouais où tu te mets dans un dans une énergie vraiment spécifique et tu rentres dedans et c'est ça qui est trop que j'aime beaucoup aussi quoi et du coup là je me l'imagine un peu dans ma tête et du coup ça me fait partir un peu aussi donc mais tu veux pas tout à fait partir non quand tu regardes ces 20% dans le passé là où il y avait du BDSM il y avait quoi comme pratique ?
Un peu, voilà, un peu des deux. Comme je dis, je suis vraiment switch, donc un peu de domination. Donc vraiment des mecs que je pouvais fister, à qui je mettais des claques et que je disais ce soir c'est moi le boss, tu vois. Et un peu l'inverse, un peu moi de me faire attacher, de me faire baiser, de me faire fouetter, ce genre de choses. Souvent,
On me dit, et le « on », alors non, je vais me gronder, on n'a pas le droit, Guillaume, de dire « on ». Mes partenaires sexuels disent que, font le lien, et moi aussi, mais moi, Guillaume, je fais aussi le lien entre soumission et féminité, et féminin. Est-ce que toi aussi, tu le fais, et comment tu le vis ?
Pour moi, ça, c'est un truc sociétal vraiment évident, mais je ne le ressens pas personnellement. Évidemment, ça me parle parce que ça parle à tout le monde. Oui, le résumé, il l'est fait, on ne va pas se mentir. Mais toi, tu t'en tapes. Oui, je m'en fous un peu.
Peut-être, tu vois, le truc sur lequel je pourrais rebondir, c'est le fait qu'on attend beaucoup des mecs trans d'être bottom, tu vois. Mais est-ce que c'est lié à un truc de féminité ? Est-ce que c'est pas juste lié à un truc de génitalité ? Quand tu dis que t'es souvent ramené à ce rôle de passif, c'est quoi ? C'est dans les interactions sur Grindr ? Oui, c'est ça, ouais.
Plutôt dans les rencontres, en fait, s'il y a un mec qui a une bite et un mec qui n'a pas de bite, on va se dire que c'est le mec qui a une bite qui va pénétrer ce qui n'a pas de bite. C'est marrant, c'est pas… Oui, je comprends ce que tu veux dire, mais non. Enfin, tu peux insérer plein de trucs dans mon corps. Ça, c'est sûr.
Après, je dis juste que c'est un raccourci qui est facilement fait et assez général. Pas que c'est 100% ce qui se passe du tout. Je pense qu'en fait, de toute façon, il y a plein de mecs qui aiment se faire dominer et qui se prennent des gottes de toute façon, que ce soit la personne qui les met dedans. En tout cas, toi, tu n'as pas eu une conquête ou une mise à jour ?
si schématiquement on dit quand je suis soumis je me connecte à une part dite féminine par la société parce que quand je suis soumis et passif c'est un moment où je suis pénétré et où en tout cas il y a tout ce vocabulaire et cet imaginaire dans lequel je suis et toi t'as pas eu une mise à jour ça s'est pas venu te challenger comme moi ça peut me challenger comme moi ça peut me défier
Je pense que je suis tout le temps mis en rapport avec ma féminité, en vrai. Du coup, je dirais pas que ça, en particulier… Enfin, je pense que c'est des parts de moi qui se parlent tout le temps, quoi. Donc, je crois pas que ce soit un challenge. Enfin, je crois qu'en fait, j'ai déconstruit tellement de choses, tu sais, que je me dis pas, oulala, je me fais baiser. Est-ce que ça fait de moi une meuf ? Enfin, j'ai été une meuf, tu vois, donc…
Oui, je crois que j'ai vraiment dépassé ça, je ne sais pas. Quand tu dis le monde régulièrement met face à ma féminité, je crois que je modifie tes mots. Non, je disais le monde clairement met à égal féminité. Et qu'est-ce qu'on disait ? Est-ce que toi, le monde te renvoie ?
à la femme, encore aujourd'hui ? Non. Ouais, c'est ça. J'ai mal compris. Non, non, je disais que le monde fait tout le temps ce raccourci-là de faiblesse et féminité, ou bottom et féminin, ou… Enfin… En parlant d'actifs d'homie, est-ce qu'on a le droit de raconter Berlin ? Ouais, ouais.
On a envie ? Mais c'est pas forcément un moment où j'étais particulièrement actif, Domi. Alors moi, tu sais, je suis un petit être un peu simplé. En pré-entretien, il y a des anecdotes qui fusent, je les note et je me dis trop intéressant, on en parlera, mais on n'est pas du tout obligé.
En fait, je me souviens en pré-entretien que tu me racontais qu'il y a eu un moment, une rencontre déjà chouette et une rencontre chouette où tu t'es sentie en sécurité et en confiance et que ça a doucement glissé vers toi, qui a pris une domination qui t'a fait bien kiffer ?
Ouais, je pense qu'on peut dire ça comme ça. Je pourrais compter, ouais. Qu'est-ce qu'on fait à Berlin déjà ? Donc voilà, je pense que c'est ça. Donc là, ça faisait après six mois que j'étais opéré, même si je me souviens, parce que j'ai essayé un magnifique harnais en cuir à Berlin et c'était le jour de mes six mois post-opération. Et tu aimes les harnais en cuir ? Ouais, je trouve ça méga sexy. Trop bien. Juste une petite question. Je viens de me faire opérer. Pendant combien de temps ça fait mal et où ça saigne ?
En gros, j'ai eu un mois d'arrêt maladie. Et après, tu mets un gilet de compression avec un peu des pansements. Donc les pansements et tout, ça dure à peu près un mois et quelques. Et on me dit de ne pas faire de sport pendant deux mois. Donc en gros, il y a plus du sexe.
Non. Il y a des parties de sexe qui sont sportives. En fait, il faut faire attention à ne pas trop lever les bras, etc. Moi, je me souviens très bien, la première fois que j'ai recouché avec un mec, c'était trois semaines après mon OP. J'avais mon gilet, j'avais peur de faire sauter mes poings et tout. Mais j'étais en mode, genre, j'en peux plus d'attendre.
Et c'était vraiment cool. T'avais du temps à rattraper quoi, t'avais du time. Voilà, c'est ça. Rien n'a sauté ? Rien n'a sauté, tout s'est bien passé. Tant mieux. Il s'est un peu foutu de ma gueule parce que je l'ai revu six mois après, il me disait « mais très bien ton torse, qu'est-ce que tu m'as fait chier ? » Parce que pendant l'acte, t'étais genre « attention, attention ! »
Donc on est six mois après l'opération et on va à Berlin. Pour la Pride, avec mes potes. Vraiment, on est genre une dizaine, je pense, un peu en crew, un peu éparpillés dans la ville à dormir, dans des auberges, dans des plans des queers qui nous prêtent leur appart ou qui nous soulouent, etc. C'est la Pride. Franchement, je suis trop content. Je suis top. C'est l'été. Je suis en vacances.
Après la Pride, on va dans un club à Berlin. Moi, je drague. J'aime bien ça. Je vois un mec trop beau sur la piste de danse. C'est bien parce que j'ai besoin de faire un point. Ça fait plusieurs fois que tu parles de mec trop beau. Est-ce qu'on a un ou deux critères ? On n'aime pas ça, mais c'est quoi pour Roméo un homme beau ? Un mec qui me plaît. J'aime beaucoup les mecs plus âgés que moi. Ça veut dire quoi ? Combien ?
Moi, j'avais aucune idée de l'âge qu'il avait. Bon, après, j'ai appris qu'il avait 15 ans de plus que moi, mais j'aurais deviné moins. J'aurais dit peut-être qu'il a 10 ans de plus que moi. Barbue, grand. Grand, c'est quoi ? Je ne sais pas, 1m80, 1m85, 1m90. En fait, je ne sais pas trop.
Et là, oui, je ne suis pas du tout attiré que par les mecs grands. Et juste, je ne sais pas, c'est un truc de regard, un truc de sourire. Et en fait, j'aime bien les mecs qui sont en clair avec leur féminité, par exemple. Par exemple, je ne serais jamais attiré par un mec hétéro. Genre tous mes potes gays qui sont en mode « Ah, il est mignon, mais je suis sûr qu'il est hétéro. » Je ne comprends pas. Pour moi, l'hétérosexualité, c'est tellement pas attirant. Il y a un truc qui me rebute.
Et voilà, j'aime bien quand je vois un mec avec des petites boucles d'oreilles du vernis et des petits crop tops. Souvent, je trouve ça cute. En fait, j'aime bien les gens qui sourient, par exemple, bêtement. Mais il y a beaucoup trop de mecs en club qui ne sourient pas. Oui, c'est rare.
Et voilà, je ne sais pas, je le trouve mignon. Il me fait des petits sourires en coin comme ça. Donc, je me rapproche. On s'embrasse, je pense, en vraiment deux secondes. Attends, c'est quoi ta technique d'approche ? Genre, tu marches vers lui et bam, tu l'embrasses ? Alors, je danse et je le regarde dans les yeux, je pense. Moi, je danse bien, j'ai envie de dire. En tout cas, j'aime bien. Je pense que ma technique d'approche, c'est la danse. Ouais, super.
Donc, s'il est juste au bar et que je dois aller parler à quelqu'un, je pense que ça me ferait flipper. Mais si je suis sur une piste de danse, que la musique, elle est bonne, genre, ça va. Donc, je danse, je le regarde, je souris un peu, il me regarde, je m'avance un peu. Il est grand ? Il est grand ? Ouais. Il est barbu ? Ouais. Ok.
Il s'avance un peu, donc on se regarde, on échange trois mots, on danse un peu l'un contre l'autre, on s'embrasse vraiment très rapidement. Et il me dit « Ah, je suis là avec mon mec ». Il me montre le mec en mode « Ah, ok, cool, mignon, tu vois, rien à dire de particulier ».
La soirée continue, etc. Je suis avec plein de mes potes aussi, donc je passe beaucoup de temps avec mes potes. Je les revois un peu après. Et là, son mec me fait un peu des avances aussi. Donc, j'étais en mode, pourquoi pas, quoi. Des avances verbales, il te dit ?
Non, pas encore, presque. Donc à ce moment-là, son mec, plutôt, essaie de se rapprocher de moi, de danser. Au bout d'un moment, il m'embrasse aussi, donc je l'embrasse. Donc on s'embrasse un peu à trois. Et là, il me dit, est-ce que tu veux rentrer avec nous ?
On s'embrasse à trois, c'est-à-dire, alternativement, je mets mes lèvres sur des lèvres ou on tente le fameux baiser à trois ? Je pense plus à l'alternative. On est d'accord que le baiser à trois, c'est non ? Je l'ai déjà fait, c'est rigolo, mais oui, ça va pas… C'est ludique. C'est loin. Non, je pense que tu vois, il y en a un devant moi, un derrière moi…
et on met ma bouche devant je mets ma bouche derrière on s'embrasse un peu est-ce que nos mains, leurs mains vont quelque part ?
Ouais, sûrement un peu, ouais. Oui, on doit passer nos mains sous nos t-shirts, des choses comme ça. Et voilà, ils me disent « Est-ce que tu veux rentrer avec nous ? » Et là, j'ai le tout petit moment de me dire… En fait, j'ai jamais fait ça, tu vois. Jamais rencontré quelqu'un avec qui je suis rentré comme ça, par hasard. Donc la seule phrase que je leur dis, c'est « Sure, like, do you know I'm trans ? » Tu vois, genre « Est-ce que vous savez que je suis trans ? » Et ils me répondent « Oui ».
Donc, moi, je crois qu'ils ne savaient pas. Mais en fait, quand ils m'ont dit oui, du coup, j'étais en mode OK, pas de souci. Moi, je ne veux juste pas avoir la surprise de je rentre avec eux, on se déshabille. Oh non, surprise, potentiellement violence, etc. Bien sûr. Donc, tu as dit un truc qui est vachement important et beau. Tu as dit c'était la première fois que je rentrais chez quelqu'un par hasard. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que là, on est à six mois de l'opération et avant ça ?
Je pense que c'est des gens que j'avais rencontrés sur des applis ou des potes où on avait déjà eu un date. Toujours des setups où tu avais pu dire « je suis trans ». Oui, voilà, c'est ça. Donc vraiment, le truc où tu es en boîte, tu t'embrasses, tu dis « on va passer à l'étape supérieure », mais est-ce qu'ils savent ou est-ce qu'ils ne savent pas ? Le seul truc que j'ai dit, c'est « est-ce que vous savez que je suis trans ? » Ils m'ont dit « oui ». J'ai dit « ok, j'arrive ». Je vais dire au revoir à mes potes.
J'y vais, je me dis vraiment, en fait je pense, pourquoi cette anecdote elle est importante pour moi, bon déjà c'était une très belle rencontre, mais voilà c'était aussi la première fois je pense que je me disais, je peux faire ça, c'est pas dangereux pour moi.
Enfin, ça peut l'être, mais en fait, j'ai envie de me dire que non. Et tu t'autorises quelque chose. Et voilà, c'est ça. Et en fait, ça fait un peu peur, évidemment. Tu vois, t'as deux mecs de 15 ans de plus que toi. T'es dans une ville que tu connais pas. Je pense, j'avais même pas sûr que j'avais du réseau, tu vois. Je sais pas quoi. Et j'étais en mode, fuck, c'est la Pride. Je suis à Berlin. Il y a deux mecs que je trouve très beaux qui m'ont dit de rentrer avec nous.
Mais vas-y, tu vois, c'est ton moment. Du coup, j'y suis allé et c'était vraiment chouette. Est-ce que tu donnes le numéro ou une adresse ? En fait, même pas. C'est eux qui m'ont dit, est-ce que tu veux donner mon numéro à ta pote ? Ou un truc comme ça. Et du coup, j'étais en mode, ah, green flag. Feu vert, feu vert. Ok, trop bien.
Berlin, c'est très grand, non ? Ouais. On met combien de temps jusqu'à l'appartement ? En vrai, ça a allé, je pense, il était genre 7h du mat', on a pris le tram, je sais pas, 30 minutes. Cette interaction là, où on est assis, vous continuez à vous embrasser comme si on est dans la boîte ou vous vous mettez à vous parler ? Ouais, on se parle un peu, c'est un peu rigolo. Ouais ? Ouais. Parce que du coup, soudainement, l'ambiance passe de… Bah c'est ça, ouais. Qu'est-ce qu'on se dit ?
je sais pas ils me disent c'est drôle je me souviens quand on s'est dit qu'ils m'avaient dit qu'ils étaient vegan et ça m'a fait rire parce que moi aussi j'étais vegan mais je m'attendais pas à ce qu'ils le soient je sais pas pourquoi voilà ils me disent qu'ils sont de Manchester qu'ils viennent à Berlin aussi pour la Pride et qu'ils habitent pas à Berlin ils sont anglais ? ouais donc ils sont dans un AirBnB
voilà je leur dis que moi j'étais allé à la manif radicale parce qu'il y a deux prides à Berlin il y a la grosse pride et une pride radicale à 18h ils me disaient ah c'est cool on savait pas que ça existait faudra qu'on aille la prochaine fois enfin tu vois des petites interactions comme ça mais qui étaient plus
Plutôt sympa, tu vois. Ouais, et puis, quelque part, qui raconte aussi que vous pensez… Enfin, t'es pas d'accord que ça t'aurait déchauffé de ouf qu'ils disent « Ah, l'extrême droite en Europe, ça me rassure, c'est génial ».
Tu serais sorti du tram si cette petite conversation vous… Ouais, c'est possible. Je me suis pas posé cette question, mais oui, je pense que, tu vois… Pour moi, ça fait partie du moment délicieux que tu vas vivre, c'est qu'en fait, ils disent des trucs chouettes, vous vous retrouvez sur des sujets importants pour toi, quoi. Ça te met encore plus en sécurité, non ? Vous parlez pas de sexe ? Non, je crois pas, pas à ce moment-là. Ouais. Non. On arrive à l'appartement. Ouais. Est-ce qu'on…
On s'y met direct ? Ouais. Ouais, pas le time, pas le temps. Il est 7h30, il y a un petit déjeuner qui arrive. Ouais. Et qu'est-ce qui s'y passe alors ? Qu'est-ce qui se passe à ce moment ? Franchement, c'était trop chouette. Du coup, à 3, je pense… Non, c'était pas mon premier plan à 3 parce que je t'en ai déjà raconté un dans la partie 1. Mais…
Mais il y avait un endroit où ça m'a créé… Après, mes potes se sont un peu foutus de ma gueule parce qu'ils m'ont dit que j'avais un kink couple. Et en fait, j'aime énormément cette période-là. J'ai plusieurs interactions avec des couples. Et il y a un truc que je trouve magnifique parce que déjà…
En fait, je me trouve assez chanceux d'être témoin de leurs interactions à eux, dans le sens où à ce moment-là, ça fait genre 20 ans qu'ils sont ensemble. Donc, ils se connaissent par cœur, qu'ils s'aiment beaucoup. Et je trouve ça hyper beau juste d'être au milieu de ça et de pouvoir le voir. Et en même temps, moi, je suis la star. Je suis le nouveau qu'ils ont ramené dans leur lit. Donc, j'ai toute l'attention. Un peu des deux sur moi qui me font plein de compliments. Ils me disent que je suis trop beau, blablabla.
Il y en a aussi qui me disent que si je fais les trucs mal, c'est parce que ça fait très longtemps que je n'ai pas vu ça. Forcément, il y a de la nouveauté, je ne sais pas.
je sais pas c'est juste c'est hot plein de positions ça dure je pense deux heures et demie au bout d'un moment j'ai trop besoin de dormir là et justement toi à ce moment là t'es plutôt il y a du BDSM dans cet échange tu te laisses porter par leur pouvoir ou c'est pas du tout c'est équilibré
Non, il n'y a pas de BDSM. Je pense que c'est très fluide. En tout cas, je pense à cet échange-là. J'étais vraiment plutôt que bottom, je pense, dans mes souvenirs. Tu utilises le terme anglais pour une raison ? C'est quoi que tu dis en français ? Passif. Ou pénétré ? Ouais, je pense que c'est passif. Dans ma tête, il y a vraiment l'idée de sodomie. Alors que bottom, un peu moins. Mais peut-être pas. C'est vraiment juste personnel. Ouais, c'est intéressant.
et comme là à cette interaction là on avait pas pratiqué la sodomie mais plutôt quand je dis je suis bottom c'était plutôt de voilà je me fais pénétrer mais plutôt par devant ou plutôt je les suce compris compris je pense il y a cette idée là mais c'est un peu mais c'est cool ouais ouais donc il y a de la pénétration il y a de l'oral ouais non mais franchement il y a plein de trucs ouais surtout deux heures et demie ouais
Et du coup, pourquoi c'est une anecdote que j'avais marquée sous BDSM ? Ah non, ça, je ne sais pas du tout. Il n'y a eu jamais de BDSM avec ce couple ? Non, pas vraiment. Il n'y a pas eu un moment de toi actif d'homie ? Non, pas à Berlin, en tout cas.
Non, non, non, franchement, c'était très joli. Après, il y en a un qui est parti dormir. On a continué un petit peu avec l'autre. Après, on allait le retrouver pour dormir à trois. Et je me souviens juste, voilà, que je sais pas, il était midi, j'étais à Berlin, j'avais ces deux mecs qui avaient un peu leur tête sur mon torse, comme ça. Genre deux mecs qui avaient vraiment au moins 15 ans de plus que moi. Et j'étais en mode, waouh, la vie est trop belle. Génial. Et voilà, c'est juste…
Enfin, c'est ça. Et je pense que ça m'a donné confiance de se dire, en fait, ça peut être si simple. Juste, il y a un mec que je trouve beau dans le club, je le regarde et on passe une super nuit et…
Et le fait que je sois trans, ça n'a pas du tout joué, tu vois ? Ouais. Et je pense que ça donne confiance pour la suite, quoi. Enfin, je sais pas. Ouais. Je me rappelle dans l'épisode précédent, tu disais « Souvent, je peux me prendre les pieds dans mes propres complexes en pensant que l'autre pense un truc alors qu'en fait c'est moi qui me complexe. »
ça me fait penser à ça c'est qu'en fait là dans cette boîte là tu t'es autorisé à y aller et à pas te dire ah mais peut-être que à te protéger y aller et puis ça s'est bien passé quoi parfois ça se passe moins bien et c'est ok ? bah sûrement ouais enfin oui toi ça se passe toujours plutôt bien ? ouais ça se passe plutôt toujours bien
Ça c'est un truc que tu m'as dit et que je trouve important dans le pré-entretien. Tu m'as dit je m'inquiète parce que moi j'ai l'impression d'avoir eu de la chance, je sais pas si t'as utilisé ce terme là, mais en tout cas moi ça s'est bien passé. Alors que pour plein de mes frères et sœurs et personnes non-binaires, trans, les violences augmentent, les violences verbales et physiques augmentent.
Et que tu disais, je m'inquiète… En fait, on a dit deux trucs. On a dit, un, qu'on le dira, donc je le dis, et tu vas m'en dire plus, mais on a dit à la fois, ben en fait, tant mieux. Oui, n'invisibilisons pas en mode, être trans, c'est une évidence très facile pour tout le monde. En revanche, magnifique, génial qu'il y ait aussi des témoignages qui racontent la joie, le sexe, le plaisir, la rencontre. Ouais !
Ouais, et moi, je pense que c'est surtout par rapport à la communauté trans PD, tu vois. Donc vraiment, c'est les mecs trans qui aiment les mecs cis ou trans, vraiment. Et en fait, on est vraiment beaucoup. Et ça existe depuis très longtemps. Mais il y a un peu toujours ce truc de se sentir seul ou le premier, tu vois. Je veux me dire, parce qu'en fait…
Moi, quand ça m'est arrivé avec beaucoup de mecs cis sur Grindr, que je sois leur premier mec trans, tu vois, ou que je me retrouve dans un club et que je sais qu'il n'y en a pas d'autres, tu vois, ou peut-être que je ne le sais pas, mais que j'en ai l'impression que je suis dans un club, dans une soirée gay et que…
je me sens seul entre guillemets à être voilà à être trans tu vois au milieu de ces mecs gays et bon là voilà je veux raconter juste mon expérience qui est vraiment pas enfin je veux pas être porte parole de la communauté trans pd tu vois il y a plein de gens qui le vivent différemment mais en tout cas moi c'est sûr que j'ai envie de dire que que j'ai eu de la chance euh
Mais en fait, j'ai eu de la chance et j'ai aussi été porté. Je ne suis pas arrivé tout seul, entre guillemets. J'ai aussi eu des copains PD qui m'ont un peu pris par la main, tu vois. Et du coup, oui, pour moi, j'ai cette vision-là. J'ai l'impression que ça a été facile, que ça a été très joyeux, qu'en fait, j'ai tellement confiance en moi aujourd'hui. C'est un peu bête à dire, mais j'ai tellement confiance en moi et aussi en ma désirabilité, tu vois ?
ma beauté, etc. Que, ouais, je me mets plus trop de limites comme ça, de me dire… Il va pas me désirer parce que je suis trans, tu vois. Après, ça revient toujours, tu vois, il y a toujours un truc de validation. Je pense qu'on n'a jamais fini un peu de chercher de la validation et tout. Mais…
c'est normal je sais pas si je voulais dire normal qui est un mot que je déteste mais bien entendu que dans mon rapport intime sexuel le désir il vient de moi vers l'autre mais c'est aussi quelque chose que je vois dans l'oeil
Et ou dans les gestes de l'autre. Donc, la validation, c'est aussi genre, ben oui, moi, j'ai pas envie de sexer avec un robot. Et oui, j'ai envie que l'autre ait l'air d'avoir la pupille dilatée de plaisir. J'ai envie que l'autre sourit ou en tout cas, j'ai mis… Enfin, je cherche une validation que c'est en train de bien se passer, qu'on passe un bon moment. Et…
Et je ne trouve pas ça négatif, c'est mon opinion, mais d'avoir envie que les gens me complimentent. Et moi, je le demande de plus en plus, c'est-à-dire dans des interactions où la personne, moi, je lui ai dit « Ah, je te trouve très beau, j'ai vachement envie de toi », quand la personne n'a jamais rien dit de positif à mon égard.
Je le dis, je le dis, écoute, depuis le début de notre échange, qu'il soit écrit ou verbal, genre, tu m'as jamais complimenté. Ouais. Et du coup, genre, tu kiffes ou pas ? Et voilà. Et la plupart du temps, je dirais que…
95% du temps, les gens ont tellement l'habitude de ne pas dire qu'ils se disent « Ah non, non, en fait, grave ! » Et là, ils rougissent un peu en mode « Ok, il faut que je mette des mots sur mes désirs. » Et donc, ils sont gênés, ils sont trop cute. Parce que moi, j'adore les gens un peu timides et tout. Et je leur dis « Non mais t'inquiète, c'est pas grave. » Et 5%, il y a des gens qui accouchent de…
t'es pas trop ma tasse de thé et moi je suis là mais pourquoi tu l'as pas dit plus tôt bon autre sujet excuse moi mais du coup cette validation bah ouais on vit ensemble moi si je te fais à manger j'ai envie que tu sois content tu vois et je lui donne des thèmes et je serais trop heureux ouais ok c'est la fin de la partie 2 le temps où nous pouvons prendre une respiration
dire à nos auditeurices à très vite pour la troisième et dernière partie de ton témoignage ça te va ?