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Salut tout le monde ! Vous allez entendre le témoignage de Jean. Jean, je le rencontre via Tinder. Il y est pour rencontrer l'amour, c'est sa priorité depuis quelques temps. Mais bon, mon projet lui parle et il accepte de témoigner. On s'échange des messages vocaux sur WhatsApp. C'est ça que vous allez entendre, son témoignage brut et vulnérable.
Il me raconte comment lui, le fils d'agriculteur, catholique, qui grandit à la campagne, qui lutte pour être assez masculin, s'est peu à peu émancipé pour vivre son homosexualité, l'amour et le sexe. Aujourd'hui à 48 ans, il continue à cheminer et à apprendre.
Alors si vous aimez ces témoignages, que vous aimeriez en entendre d'autres, faites-moi un petit coucou, ça me motive d'avoir des retours. Je vous mets mon WhatsApp et mon email sur le site du podcast et le lien dans le descriptif de cet épisode. Bonne écoute et à très bientôt !
Salut Guillaume de Vivevoix, je trouve ton sujet super intéressant. Donc moi je suis un peu plus vieux que toi, j'ai 48 ans, et c'est vrai que j'ai un peu galéré du fait de mon milieu qui était un peu traditionnel, on va dire, milieu campagnard, fils d'agriculteur. Donc j'ai un peu nié, voire beaucoup nié en fait, la question de l'homosexualité durant mon adolescence.
Voilà, et puis après j'ai fait du scoutisme, j'ai pratiqué la religion catholique, pas mal, ça m'a apporté des choses, mais en tout cas la question de l'homosexualité était un peu compliquée. J'étais même contre le Pax en 1999, il faut dire quand même.
Alors comme toi, j'ai aussi fait une psychanalyse durant ces années, 99-2000, et ça m'a...
ça m'a vraiment apporté, j'ai compris que c'était pas une maladie, qu'on pouvait être homosexuel sans problème, que ça faisait partie de la vie, et voilà. Donc ça peut paraître aujourd'hui un peu... Quand je dis ça, je me dis mais c'est dingue quand même, tout le chemin parcouru. Mais à l'époque finalement, en 99, à la campagne, je pense que...
dans des milieux un peu fermés, l'internet n'existant pas vraiment. On était un peu seul, en fait, par rapport à ça. Il n'y avait personne pour nous documenter. Il y avait éventuellement des bouquins, mais c'était compliqué de les acheter, surtout quand on était à la campagne. Et puis, ça se voyait, il y avait des traces. Un bouquin, ça reste dans une chambre, ça reste quelque part. Bref, en fait, c'était compliqué. Donc, à part les milieux associatifs, mais à la campagne, il n'y en avait pas vraiment.
Donc, j'ai vraiment... Et de ce fait, j'ai pris beaucoup de temps à affirmer ma sexualité. Mon entourage a commencé à être vraiment au courant en 2011, quand j'étais en relation avec un garçon. Je suis resté pendant 8 ans avec lui. Et donc là, ça m'a permis de...
de pouvoir
dire à mon entourage, famille, amis, que j'étais homosexuel. J'avais déjà dit un petit peu avant, mais à quelques personnes, en tout cas pas à la famille. Voilà. Donc j'ai... Mais j'ai toujours l'impression d'avoir un métro de retard, d'avoir pris du retard, parce qu'en fait, mon adolescence, je n'ai pas pu la vivre avec des garçons. Donc j'ai l'impression d'avoir vécu mon adolescence, finalement, en tout cas...
ou les aventures sexuelles bien tardivement. Voilà, c'est ma vie, c'est comme ça, mais c'est quand même un petit peu handicapant. Voilà. Donc en fait, ton sujet m'intéresse beaucoup. Je ne sais pas, peut-être que ça te donnera envie d'échanger davantage avec moi aussi par rapport à ce que je viens de te dire. La honte, en fait, aujourd'hui, je ne sais pas en fait si...
Parce que je travaille aussi dans un milieu catholique, mais très ouvert, depuis 2017. Et j'avoue que maintenant, j'ai plutôt... Au départ, si vous m'aviez posé la question, je pense que j'aurais rien dit, ou dit non, peut-être même. Aujourd'hui, en fait, si on me pose la question, j'aurais pas de soucis à le dire, parce qu'en fait, j'ai aussi appris à connaître la...
la structure, je connais son ouverture, et puis même, j'ai envie de provoquer un petit peu, parce que la question de l'homosexualité dans l'Église catholique me gonfle vraiment. Ce qui me gonfle, c'est vraiment l'hypocrisie. Donc, ça me fait rejeter aussi la religion catholique, la pratique, en tout cas, l'Église, l'institution, qui n'est pas...
suffisamment ouverte, qui a besoin de se réformer concernant ce sujet-là, notamment. Bon, eh bien, bonne écoute. À plus. J'ai grandi à Versailles, et j'étais dans un collège-lycée catholique privé.
Donc, je me connecte à ce que tu dis. Au final, ce qui m'intéresse, c'est à la fois comment est-ce que ton chemin d'acceptation de l'homosexualité que tu racontes là et du coup, dans quel contexte tu l'as fait. Et je trouvais ça intéressant. Alors après, c'est très intime et peut-être trop direct. On sent totalement libre.
Mais je trouvais intéressant de t'entendre sur ce chemin-là. Comment est-ce que tu as vécu tes pratiques sexuelles et comment tu as vécu ta sexualité ? Et est-ce que tu identifies là-dessus des changements, la place de la honte ? Est-ce que tu t'es senti t'émanciper petit à petit ou pas dans ton intimité sexuelle ?
Alors, la masturbation, c'est vrai que je n'en ai pas parlé. En fait, c'est vrai que ça a pris une place aussi importante depuis que je suis adolescent. Depuis 14 ans, 15 ans. En fait, j'ai découvert la masturbation. C'est mon frangin, en fait, qui est plus âgé, qui m'avait montré ça. Et du coup, j'ai essayé et ça a fonctionné. Donc, j'ai réculé du sperme.
Et donc après, ça m'a permis de... J'ai beaucoup pensé à mes camarades de classe, etc. Donc je me suis masturbé beaucoup. En fait, depuis l'âge de 14-15 ans, je pense que je me suis masturbé globalement au moins une fois par jour. La masturbation, quand ça ne va pas, quand il y a un manque...
Mais moi, je dirais que c'est un manque affectif. Du coup, je masturbe et ça peut être des fois plusieurs fois par jour. Et là, en fait, ça me vide complètement. C'est le cas de le dire. En tout cas, ça me vide aussi psychologiquement. En fait, ce qui me vide et ce qui me fait mal, c'est ce que tu parles de honte. Mais c'est ça, en fait. Il y a une espèce de honte en disant, mais c'est quoi cette vie ?
Ça sert pas grand chose finalement de se masturber, à mon avis ça soulage, ça fait du bien, ça libère. Et puis il y a plein de trucs en fait. Sur la masturbation en fait, ça procure vraiment du plaisir et ça fait du bien quoi. Sur le plan physiologique mais aussi psychologique.
Il y a du bon et il y a aussi du pas bon, c'est-à-dire que le pas bon, ça va être la honte, c'est le sentiment de ne pas avancer, de toujours revenir au même endroit, voilà.
Donc, c'est un peu compliqué. Mais en fait, quand... Là, j'étais récemment en couple, ça a duré six mois. Et quand j'étais comblé sexuellement, du coup, il n'y avait pas besoin. En fait, c'était à la fois sexuel, mais aussi c'était le...
le fait d'exister dans le regard de l'autre et de pouvoir exprimer mon amour et de recevoir de l'amour. Du coup, ça, ça m'empêchait, ça me faisait que je ne pensais même pas à la masturbation. Donc, en fait, quand je sens que moi, quand je sens de l'affection réciproque,
dans une relation, ça me donne d'autres envies que la masturbation. Je suis comblé, je suis bien. Pour moi, la masturbation, c'est quand il y a vraiment un manque affectif. Aussi, concernant le manque affectif, c'est-à-dire que c'est ce qui s'est un peu produit dans la dernière relation,
J'aimais beaucoup la personne. Et j'étais très demandeur. Moi, il se trouve que lui sortait d'une relation, donc on n'était pas dans le même état, au même stade. Moi, j'étais sorti d'une relation depuis deux ans, et donc du coup, j'étais prêt à vivre une relation. Et lui, beaucoup moins. Donc j'étais beaucoup plus... Moi, j'étais vraiment prêt, je voulais m'engager, etc. Et je ne sentais pas le même engagement de son côté. Donc ça, ça me...
ça me faisait... ça me perturbait un peu, enfin, ça me... ça me questionnait, ça m'embêtait, enfin, ça me... ça me satisfaisait pas pleinement, et du coup, des fois, j'étais... il était demandeur par moments, bien sûr, et moi aussi, moi aussi, moi, j'ai eu tendance à être tout le temps demandeur, et voilà, et donc, ça, je pense, enfin, c'était problématique à un moment donné, c'est-à-dire que j'étais trop demandeur, on va dire,
En fait, on n'était pas au même niveau de demande sexuelle. Mais je pense qu'il l'analysait comme ça, et moi aussi. Je trouvais qu'il l'analysait bien.
et moi aussi je me dis que c'est ça, c'est que j'étais aussi en manque depuis l'adolescence de relations, de contacts avec des garçons. Ce qui fait que quand je peux être en contact avec quelqu'un, alors pas tout le monde parce que j'étais 8 ans avec un gars, c'était pas comme ça,
en tout cas avec certaines personnes, en tout cas cette personne-là, la dernière, là, en fait, je peux être très demandeur et j'en ai jamais assez, quoi. Et je me dis, c'est aussi parce que... Parce que là, encore, par exemple, dans ces six derniers mois, j'ai découvert des choses par rapport à ma sexualité. Donc je me découvre...
Donc là, je parlais d'adolescence tout à l'heure, mais l'adolescence, le jeune adulte, moi, je n'ai pas pu exprimer ça, je n'ai pas pu découvrir ça, et j'en découvre toujours, même à 48 ans. Donc ça peut paraître un peu tardif, mais du coup, comme c'est de la découverte, j'ai trop envie de faire l'amour, de continuer, d'expérimenter toujours, de vivre ça, des choses que je n'ai pas vécues, alors que la personne...
Avec qui j'étais, qui est plus jeune que moi, elle avait déjà, enfin voilà, été équilibrée, je pense, par rapport à ça. C'est-à-dire qu'elle avait déjà eu... Elle était, je sais pas, rassurée, elle avait vécu ça de manière assez progressive depuis qu'elle avait 18 ans, cette personne. Et moi, non. Enfin, moi, non, non. Et du coup, j'étais très demandeur et ça devenait...
Même si c'était de... Il y avait beaucoup d'amour, mais c'était peut-être trop insistant. Et c'est ce qui a fait que, je pense, notre relation a cessé, en fait. C'était trop pour lui. Voilà. J'en voulais trop. Voilà. Bon, je sais pas si... Voilà. Donc, la honte...
J'ai eu de la honte par rapport à ça, cet excès de demande par rapport à lui. Même s'il a été bien, il m'a rassuré en me disant que peut-être que d'autres hommes pourraient être comme moi et avoir ce besoin-là, et que lui n'avait pas...
ce besoin à ce point là en tout cas il avait ce besoin sexuel mais pas à ce point là et donc du coup il m'a dit que je pouvais peut-être trouver quelqu'un qui aurait ce même besoin donc il m'a aidé à me déculpabiliser en tout cas il y avait quand même une honte d'être aussi insistant et puis et puis aussi il y a la honte en fait de la masturbation
quand elle est excessive et quand elle m'empêche d'aller vers les autres. Moi, en fait, j'ai... J'ai toujours, quelque part, lutté depuis que je suis tout petit pour être vraiment le garçon
Parce que je suis issu d'un milieu agricole. J'ai mon frère aîné qui lui adorait le monde agricole et qui était toujours dans les pas de mon père, mais surtout mon grand-père, parce qu'on a beaucoup vécu avec nos grands-parents quand on était petits. Et donc moi, je n'étais pas ce garçon qui était attiré par...
le monde agricole et du coup pour moi ça symbolisait le monde masculin et viril. Donc j'ai toujours essayé de lutter contre ma différence.
Ce qui fait qu'aujourd'hui, par exemple, je pense que je suis assez masculin. En tout cas, c'est ce que les gens me disent, que je suis assez masculin et qu'on ne voit pas trop que je suis homosexuel. Ce qui me satisfait beaucoup, même si j'assume davantage mon côté féminin.
Mais c'est vrai que c'était une lutte depuis toujours de donner l'impression que j'étais comme mon frère ou comme ce que j'imaginais qu'on demandait de moi, donc être un vrai garçon.
Laissez transparaître mon côté féminin. Mais ceci étant dit, j'étais quand même beaucoup plus à l'aise avec les femmes, et notamment ma grand-mère maternelle, avec qui j'étais très proche. Je me suis aussi entendu beaucoup avec mon grand-père maternel, qui était dur, mais en même temps, il avait un fond quand même assez doux.
Je ne sais pas si je suis très clair, mais en tout cas, c'est vrai que j'ai toujours lutté. Ce qui fait qu'aujourd'hui, je pense que j'ai besoin d'être protégé, d'accepter d'être protégé dans mes relations amoureuses.
Mais j'ai du mal à l'accepter ou le vivre, enfin surtout à l'accepter, j'ai toujours ce besoin moi de, ce qui est assez paradoxal, c'est-à-dire que je suis assez, je me sens assez vulnérable quelque part.
mais j'ai toujours ce besoin d'être plus costaud, plus dans un coup, et peut-être que c'est parce que ça rejoint peut-être un peu ce que j'ai vécu quand j'étais petit, en fait toujours être plus dur, plus costaud, plus que je l'étais, donner cette impression, et ce qui fait que dans mes relations, j'ai besoin de ça, de protéger, d'avoir quelqu'un qui est aussi dans ce besoin-là,
Et j'aimerais que ça change, parce que je sais bien que j'ai besoin d'être accompagné, d'être protégé aussi. Enfin, ça va être dans les deux sens, quoi. Mais voilà, et c'est un peu compliqué. Sachant que, donc, dans ma sexualité aussi, je suis actif. Voilà. Là, depuis peu, notamment dans cette relation...
ce gars là pendant six mois qu'il était actif alors pas trop réussi à me pénétrer alors une deux fois mais c'était c'était c'était très léger en fait j'ai mangé pas trop enfin bref c'était pas ça aurait pu être mieux on va dire par contre lui qui était actif il
il a aussi été passif. Mais du coup, avec moi, il est redevenu passif. C'est un peu bizarre, je trouve. J'ai du mal à savoir pourquoi, vraiment. Pourquoi il a accepté ? Pourquoi ? Est-ce que c'est mon comportement ? Ma façon d'être ? Il me disait qu'il y avait un écart d'âge.
qu'il faisait ça peut-être qu'il ne se voyait pas vraiment pénétrer et que du coup il s'est laissé pénétrer voilà à plus
Je pense aussi que si je suis actif, c'est que j'essaie de dire pourquoi j'aimais ça. Je ne sais pas trop pourquoi j'aime ça, mais en tout cas, peut-être que c'est aussi une réaction par rapport à ce que j'ai vécu ou ce que je voulais être. Mais en même temps, à présent, et c'est notamment suite à cette relation de six mois,
J'aimerais en fait être passif, ou pas forcément toujours passif, mais en tout cas...
je me sens prêt, et donc il m'a pénétré, je le disais une ou deux fois en fait, j'aurais aimé qu'il me pénètre davantage en fait, mais ça s'est pas fait, mais j'assume donc à mon âge, 48 ans, donc du coup ce côté peut-être plus féminin, parce que ça fait effectivement se faire pénétrer forcément, ça a des connotations plus féminines,
Mais j'accepte ça et je me dis que c'est aussi une évolution et c'est aussi une acceptation de l'homosexualité. Donc il y a eu pas mal d'étapes. C'est encore une étape, c'est sans doute pas la dernière, mais c'est encore une étape où j'aimerais...
J'aimerais en fait qu'un gars prenne plaisir à me pénétrer et que moi je sois ouvert à ça et que je prenne mon pied à ça et je pense que je peux vraiment le prendre et ça me ferait vraiment du bien, je pense, au-delà de la relation sexuelle.
au-delà en fait, vraiment dans ma vie, dans mon acceptation justement de ma sexualité et de... Ouais, je pense que ça m'épanouirait vraiment sur le plan sexuel et dans le couple, mais au-delà du... je pense, mais au-delà du couple, de l'intime, je pense que ça me libérerait vraiment
Et j'ai rencontré il n'y a pas très longtemps un gars qui était super intéressant, un Libanais, il avait 35 ans, et il disait qu'au Liban, il était catho-orthodoxe, sa mère était catholique et son père chrétien orthodoxe, et il a fait son coming out, c'était compliqué pour lui, parce qu'il était aussi dans des écoles catholiques,
C'était compliqué pour lui, mais à un moment donné, il a osé le dire à sa mère. Sa mère voulait le guérir. Elle a emmené voir un prêtre. Lui, il a tenu tête au prêtre. Il s'est renseigné. C'est un gars qui n'est pas con.
Il va au bout de ses idées. Il disait qu'au Liban, être homo, c'est vraiment pas bon. Et être homo passif, c'est vraiment... C'est pas possible. Si t'es homo, t'es actif, mais t'es pas passif. Et lui, donc, il est passif et il est...
Heureux de l'être, parce que pour lui, c'est la meilleure... On s'est rencontrés qu'une fois, donc je ne vais pas tous les détails. En tout cas, lui, il est heureux d'être passif. Il assume complètement son côté passif. Il est bien, il revendique, parce que c'est un peu peut-être du...
C'est par rapport au modèle libanais et à la façon de concevoir l'homosexualité. Quelque part, c'est dérangeant d'affirmer ça vis-à-vis de la société libanaise. Du coup, je pense qu'il rebondit un peu. Peut-être quelque chose à ajouter. En fait, c'est une difficulté que j'ai eue. C'est...
quand tu te mastures beaucoup et quand tu dois enfin quand tu dois c'est pas une obligation mais quand tu es
tu as une opportunité d'avoir des rapports sexuels. En fait, c'est compliqué. Voilà, il y a aussi le... Enfin, c'est compliqué parce qu'on n'a pas l'habitude. Et puis, dernièrement, enfin, dernièrement, ça fait une dizaine d'années, mais il y a eu l'apparition des sites pornos. Du coup, la masturbation avec le porno fait que...
On voit toujours des choses de plus en plus excitantes, ou en tout cas, on en veut toujours de plus en plus excitantes. Et après, ça peut être compliqué.
de passer à une relation sexuelle basique où il n'y a pas profusion d'images excitantes. En fait, on a la vision de la personne avec qui on est, ce qui peut être très bien et qui est souvent très bien, mais qui peut être moins excitante qu'une somme d'images vidéo
de films, vidéos sur Internet. C'est une problématique que j'ai eue, je ne sais pas si tu l'as eue, mais je trouve que c'est intéressant aussi. Une difficulté à vivre des relations amoureuses parce qu'on se sent différent, on est différent et on a du mal à assumer parce que notre entourage
ne nous aide pas à l'assumer, donc ça c'est mon parcours à moi, et du coup la masturbation, l'apparition des sites vidéo porno, de la masturbation face à ces images porno, et ensuite une difficulté qu'on peut avoir
lorsqu'on est dans l'excès de masturbation devant ce genre de vidéos, une difficulté à être dans la sexualité réelle. J'ai pu avoir ça, moi, il y a quelque temps. Là, dans ma relation de six mois, j'ai dû me désintoxiquer un peu de ça.
Et rapidement, au bout d'un mois, en fait, c'était bon, l'excitation était revenue et ça fonctionnait très très bien. Mais ça peut quand même être compliqué, handicapant... Voilà. Moi, actuellement, du fait de tout... Enfin moi, ce qui me manque, ce que j'ai constaté cette année encore,
Ce qui me manque et ce que je vis là, je ne vis pas très bien en fait la séparation avec la personne avec qui j'étais parce que justement j'ai réussi à travers cette relation de six mois à avoir vraiment du désir pour une personne, à prendre mon pied avec la personne.
Et du coup, j'ai touché à quelque chose qui m'a fait du bien, qui me faisait du bien, qui peut-être me réconciliait avec moi-même, avec effectivement la sexualité honteuse, ce dont tu parles, en tout cas la masturbation. J'ai réussi à sortir, par exemple, au début de cette relation, c'était au début novembre de l'année dernière, j'ai stoppé...
l'internet et les vidéos porno. Je me suis consacré et concentré sur la sexualité avec ce garçon. Au début, je n'arrivais pas à éjaculer même en me masturbant à côté de la personne. Je n'y arrivais pas.
Et au bout d'un mois, enfin en gros un mois, en fait, j'ai réussi. Après, j'ai réussi à éjaculer aussi en lui, ce qui n'était pas gagné au départ parce que je n'arrivais même pas à éjaculer en masturbant à côté de lui. En tout cas, je bondais, donc ça, c'était bien. Et moi, actuellement, je priorise vraiment sur la...
Sur la relation amoureuse, j'ai vraiment envie, parce que j'ai connu ça et je suis vraiment en manque, mais ça c'est lié à la rupture, à la séparation, et c'est logique, ça le fait à tout le monde. En tout cas, j'ai ce besoin d'être avec quelqu'un, et d'être bien avec quelqu'un, et bien sexuellement avec quelqu'un. Parce que j'étais avec quelqu'un pendant 8 ans, et sur le plan sexuel, en fait, c'était pas du tout satisfaisant, donc je me branlais régulièrement, en gros tous les jours.
Là, en fait, avec lui, avec ce garçon, pendant six mois, j'ai appris plein de choses. Et ce qui est bien, c'est que tes témoignages me montrent que ce que j'ai appris, c'est des choses qui sont... Je ne suis pas le seul à vivre ça. Et que la sexualité partagée, en fait, ce n'est pas si évident que ça, quand on n'a pas eu l'habitude de la pratiquer. En fait, c'était ma priorité, et ça reste ma priorité, de vivre une relation, mais
Mais j'en ai un peu marre, en fait, de... Là, ça me fait vraiment mal. Alors, j'ai passé des vacances avec des amis, etc. C'était cool, j'ai fait plein de choses sympas. Là, je... J'ai encore des vacances, donc je vais aller dans ma famille. Mais le problème, c'est que quand je suis dans ma famille, par exemple, ou avec des amis, en fait, même si je suis bien, et ça me convient, c'est sympa, en fait, il me manque quelque chose. Et du coup, ça... Voilà, donc...
Mon problème actuellement, c'est que ce désir d'amour et de relation amoureuse prime sur tout, ce qui est bien, je pense que c'est un bon truc d'avoir cette envie-là, c'est bien de l'avoir, mais n'empêche que c'est pénalisant pour ma vie professionnelle, ma vie amicale et ma vie familiale.
Et je pense que c'est d'utilité sociale, effectivement, d'avoir ce type de podcast, de rendu de ce que les gens vivent, pour que les gens qui sont dans cette situation déculpabilisent et ne se sentent pas seuls à vivre ça. Et surtout que sur le plan de la sexualité homo, en fait...
Voilà, en gros, tout le monde doit s'éclater au lit, etc. Ça doit être nickel, ça doit bien fonctionner. Et en fait, ça ne fonctionne pas forcément toujours aussi bien que ce qu'on peut imaginer. Du coup, je pense que c'est bien de pouvoir médiatiser ça. Et récemment aussi, je parlais à...
c'était la semaine dernière avec un ami, on était en rando, et je lui disais, parce qu'on connaissait, moi j'étais scout, chef scout, on connaissait un ou deux chefs scouts, on disait, je pense qu'il était homosexuel, lui, a priori, il n'a pas du tout vécu sa sexualité, c'est-à-dire qu'il a vécu, je pense qu'il s'est beaucoup masturbé, il a été beaucoup dans la... enfin, il n'a pas vécu, a priori, parce que c'est un mec qui doit avoir 10 ans ou 75 ans, il n'a pas...
a priori vécu sa sexualité, donc putain qu'est-ce que c'est con quoi. Tout ça parce qu'il se l'est interdit, parce que ses parents sont milieu catho, etc. Mais lui aussi, je pense, c'était pas possible. C'était possible, mais pas là où j'étais en province. Et je disais, voilà, lui il n'a pas vécu sa sexualité,
Moi, j'arrive à la vivre, mais c'est compliqué. C'est un combat et j'espère et je ne démords pas. Je veux vivre ça parce que je sais que c'est possible, parce que je l'ai vécu. J'ai quand même vécu huit ans avec un gars, six mois avec un autre, puis plus d'autres. Mais en tout cas, des expériences significatives, il y a ça, il y a ces huit ans et ces six mois-là. Et je me dis que c'est possible. Mais c'est dur.
Donc toi, tu es plus jeune, ce n'est pas toujours simple. Et là, je me dis que les nouvelles générations vont enfin vivre ce que tout le monde devrait vivre, c'est-à-dire à l'adolescence, si la personne est attirée par quelqu'un de son sexe, pouvoir y aller normalement, avoir des
des relations amoureuses, flirter, enfin des trucs classiques, accoucher à un moment donné et que ça se fasse naturellement, et pas être dans ce truc où on ne peut pas faire parce que la société nous l'interdit, notre environnement nous l'interdit. Du coup, après, ça peut nous pénaliser, c'est dur et c'est compliqué d'en sortir.
Bon, bonne continuation. C'était sympa. À bientôt. Au revoir. Un grand merci à Jean pour son témoignage. J'espère que, comme moi, il vous a inspiré. Si vous aussi, vous pouvez témoigner, de façon anonyme ou non, ou si vous pouvez m'aider dans ma démarche, connectez-vous au site du podcast. Le lien est dans le descriptif de cet épisode. Merci et à très bientôt.