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Est-ce que tu es prêt ? On commence ? Attends une seconde. Je te pousse dans l'eau. Est-ce que tu vas être anonyme ou pas ?
Non. Je t'appelle comment ? Jonathan. Enchanté. Pourquoi ? Alors avant qu'on commence, je vais en profiter pour faire un petit appel aux auditeurs tristes. Je cherche les prochains témoignages et moi j'aimerais vraiment pouvoir faire entendre toute forme de sexualité.
Notamment les moins extrêmes ou ces formes qui sont dites par la société moins extrêmes et donc toute personne qui a l'impression que sa forme de sexualité ou son histoire ou son témoignage n'a pas été encore représentée. Je suis super heureux de l'avoir au micro. On peut m'envoyer un email et on en discutera avant de décider si on enregistre ou pas.
Mon email, c'est guillaumefedepodcast.com. Et pour les gens qui ne veulent pas témoigner, mais soutenir le podcast, en mettant 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute, l'algorithme le proposera automatiquement à plus de personnes, ce qui me permettra de trouver les prochains témoignages plus facilement. Voilà, petit moment de pub. Pour toi, Jonathan, pourquoi c'était important de participer ? Pourquoi tu as décidé de participer ?
Parce que j'aime bien partager globalement, ça fait partie des choses que j'aime bien faire. Partager un petit peu tout, que ce soit mon expérience, que ce soit du savoir, que ce soit... Uniquement donc altruiste ?
Ben, la principale raison, c'est que j'aime bien partager. La deuxième raison, c'est que j'ai vécu pas mal de choses assez diverses et variées et je pense que ça peut être intéressant d'en apprendre plus.
pour des gens qui seraient un petit peu en questionnement, en recherche, ou à penser qu'on n'est pas forcément aussi bien, assez bien. Ok, tu vas nous raconter. On commence, on va essayer d'avoir une photo de ta sexualité actuellement, de tes pratiques sexuelles. Tu as là devant toi la couverture du podcast. Toi Jonathan, tu t'adonnes à quoi ?
Parmi les smileys qui sont là ? Ouais, les émojis, mais ou au-delà, si les émojis ne te racontent pas bien, tu dis autre chose ? Alors, moi, je pense que je suis pas mal sur tout ce qui est chaîne ici. Ça me représente pas mal dans les choses que je pratique. Ça veut dire quoi concrètement ? Tu te fais attacher ? Tu attaches quelqu'un ?
Voilà, les deux. Après, moi je ne fais pas des choses avec des cordes, donc c'est pour ça que les chaînes, c'est pas mal. Comment on attache quelqu'un, pas avec des cordes, mais avec des chaînes ? Il y a plein de manières différentes, mais on peut être aidé d'un certain nombre d'accessoires, notamment des menottes de poignée ou de cheville, qui permettent ensuite de contraindre un peu les positions, par exemple. Donc c'est du SM ? Oui.
Et toi, tu dirais plus Sado, c'est-à-dire celui qui aime faire mal, ou Mazo, celui qui aime avoir mal, ou Kif-Kif ?
Alors, c'est un peu plus compliqué que ça, mais il y a plusieurs choses. Je suis sadique, du coup, dans mon côté dominant, on va dire, mais je suis aussi un peu switch, c'est-à-dire que je suis capable autant d'être dominant que soumis, et je n'ai pas les mêmes envies quand je suis d'un côté ou quand je suis de l'autre côté.
Donc là, aujourd'hui, tes rapports sexuels, tu les as avec qui ? T'es dans un couple ? T'es dans un pas-couple ? Alors justement, je pense qu'on peut prendre l'émoji des deux bonhommes qui sont là, puisque je trouve que ça représente pas mal un couple. Et moi, je suis actuellement un homme marié. Donc je suis marié avec quelqu'un qui a une petite différence d'âge avec moi. Il a une dizaine d'années de plus.
Tu veux dire quel âge tu as ? Non. Si, je peux dire quel âge j'ai. J'ai 31. Et je vais sur mes 32. Donc dans votre couple, tu as de la sexualité uniquement dans le couple ou aussi en dehors ? Alors justement, je suis dans un couple marié. Mais moi, je me considère polyamoureux. Donc j'ai aussi...
D'autres amants, on va dire. J'ai mon mari, du coup, qui, on va dire, même si ça ne décrit pas tout à fait ça bien, mais principal, c'est-à-dire qui est la personne vraiment avec qui je vis, avec qui je partage le plus de choses et le plus de temps. Et puis après...
J'ai soit sur une relation un peu longue, soit sur des relations un peu moins longues, la possibilité d'avoir des amants qui vont m'apporter de la complémentarité, un petit peu comme on peut avoir plusieurs amis et les apprécier différemment et pas les apprécier pour les mêmes raisons. Moi, c'est un petit peu pareil au niveau amoureux.
Et du coup, on continue sur ta sexualité. La sexualité SM, tu la vis dans ton couple et ou hors de ton couple ?
Oui, voilà, je la vis dans mon couple. Mon mari, je l'ai rencontré via les pratiques SMBDSM et en particulier fétiche, donc le fétichisme latex en particulier. Et après, via le polyamour, lui, il est au courant qui je vois et quelles sont les autres personnes que je vois.
Et les autres sont aussi au courant que moi, je suis marié et que j'ai potentiellement... Donc, ils savent qui est mon mari et tout est vraiment dans la transparence. C'est un petit peu la différence. Oui, je sens que tu as envie de... Et dans ta sexualité hors couple ?
moi j'essaye déjà on va essayer de faire une photo de ta sexualité donc je vais te demander d'être synthétique pour bien qu'on puisse parce que tu m'avais dit que tu avais une sexualité très variée donc pour qu'on comprenne là fais la liste si tu le peux de ta sexualité donc déjà SM c'est combien de pourcentage de tes rapports sexuels au moins 50% donc moite moite dans ton couple est-ce que tu as un rôle plus qu'un autre
Non, ça varie un peu avec le temps. En ce moment, c'est plutôt dominant, plutôt dominant, plutôt maître. Ça n'a pas toujours été le cas et ça restera peut-être pas toujours comme ça. Et hors de ton couple aujourd'hui, tu as combien d'amants, tu dirais ?
là on va dire deux et peut-être un troisième un de ces quatre mais pour l'instant personne qui viendrait vivre avec nous ce qui est aussi pour moi un objectif à un moment j'aimerais bien faire ce qu'on appelle éventuellement un trouble parce que j'ai la possibilité le lieu et les ressources pour pouvoir
gérer une relation comme ça. Ce n'est pas un idéal, mais je pense que ce serait intéressant. Donc, quand tu ne fais pas de SM, avant qu'on aille explorer le trouble, quand tu ne fais pas de SM, tu fais quoi ? Qu'est-ce que tu aimes dans ta sexualité, Jonathan ? Alors, ça va être des choses beaucoup plus sensuelles, on va dire. Peut-être plus sensuelles, plus romantiques, plus câlins. Le SM n'est pas sensuel ?
L'ESM est sensuel autrement, c'est-à-dire c'est différent, c'est pas de...
C'est quand lui qui va expliquer ? Je t'invite à faire des oui et des réponses par oui et par non. Est-ce que pour toi, le SM, c'est sensuel ? Le SM peut être sensuel, mais quand je fais autre chose que le SM, j'ai une autre sensualité qui est différente. Peut-être plus calme, plus posé, plus douce, plus vraiment dans les câlins, dans la...
Prendre soin. Dans le toucher, même, c'est pas exactement pareil. Est-ce que tu peux me raconter ta dernière fois sexuelle ? Tu vas me raconter deux anecdotes. Ta dernière fois SM, pour que je comprenne de quoi on parle, et ta dernière fois vanille ou non-SM, dans ta sexualité 50-50. Ce serait quoi ta dernière fois SM ? Ma dernière fois SM... T'es quand ?
Du coup, c'était avant que j'arrive à Paris parce que je vis à Tours. Donc, c'était la semaine dernière. Et c'était du coup avec mon mari qui était lui complètement en latex. Juste complètement en latex, ça veut dire que tu t'habilles, c'est une sorte de combinaison intégrale de la tête aux pieds en latex, c'est ça ?
Oui, l'idée, quand on dit intégralement en latex, c'est d'avoir le moins possible de peau exposée. Donc ça peut être une combi, ça peut être un ensemble avec un t-shirt et un pantalon, etc. Mais en gros, il était entièrement en latex, donc avec des manches longues, des gants, une cagoule, etc.,
La sexualité, elle commence pour toi, dans cette fois que tu me racontes, c'est toi qui l'habilles et ça commence lui, nu, et tu le mets en latex. En fait, je crois que ma sous-question, c'est que moi, j'ai pas encore, avec empathie, réussi à connecter avec l'excitation autour du latex et j'aimerais vraiment la ressentir.
Et du coup, ce qui t'excite, c'est de l'habiller ou la sexualité, elle commence, lui, arrive intégralement en latex ? Alors du coup, en général, ça se passe, c'est-à-dire que lui a envie de mettre du latex, donc éventuellement, il me consulte sur ce que j'aurais envie qu'il porte. Et ça, ça t'excite déjà ?
Oui, ça dépend des fois, mais oui, en général, oui. Et parfois, j'ai juste envie de lui dire, mais est-ce que tu as envie, fais-moi la surprise. Ça fait aussi partie du jeu. Et donc, du coup, il s'isole un petit peu, il se met en tenue et puis il revient en tenue.
Lui n'est pas quelqu'un qui aime beaucoup être nu, donc en général il passe plutôt de habillé à habillé en latex. Et on commence la relation comme ça où il revient et il y a toujours quand même un petit moment un peu...
de flottement où il s'installe quand même pour être confortable etc. où on établit une espèce d'ambiance un peu tamisée où là du coup on peut parler de sensualité quand même un petit peu parce qu'on met une ambiance un peu en termes de couleurs de lumière etc. J'ai le droit de dire que dans notre pré-entretien tu m'as dit que tu avais un lieu, une chambre ?
Oui, alors j'ai une maison et dans cette maison j'ai une salle de jeu du coup. Donc j'ai un endroit qui est dédié pour toutes les pratiques BDSM et aussi pour éventuellement du coup faire de l'initiation et encore faire du...
transfert du partage de connaissances formé à des choses donc oui j'ai ça et du coup mon mari a une collection impressionnante de latex moi j'en ai aussi quelques-uns mais c'est lui le plus mordu de la matière
Et donc, tu le vois arriver. En tout cas, tu parles de ce moment de flottement où on établit un peu une atmosphère dans ta chambre du cul où tu peux mettre la lumière ou que sais-je, peut-être deux, trois bougies. C'est de le voir en latex qui t'excite ?
Alors, il y a plusieurs sens. Sur le latex, il y a une odeur. Il y a le toucher. Je pense que le toucher fait partie très intégrante de la majorité de ce qui est excitant.
Il y a le visuel, c'est-à-dire de se retrouver avec quelqu'un, lui ce qu'il aime c'est tout ce qu'on appelle rubber toy, rubber slave, rubber drone, c'est-à-dire être un peu dans la déshumanisation finalement, de dire « je suis un peu ton objet, joue avec moi, je suis ton objet en latex, etc. »
et donc on joue comme ça et il y a un aspect aussi psychologique donc ça joue en fait avec tout ça va être le mental ça va être le toucher, ça va être l'odeur ça va être les sensations dans leur globalité et où lui quand il est en latex aussi il y a une
Il y a un décuplement des sens, en particulier au niveau du toucher, puisque par exemple si je joue avec les tétons ou autre, la sensation n'est pas du tout la même que s'il ne portait rien. Ça fait combien de temps que vous êtes ensemble ? Ça fait 7 ans et on est mariés depuis 2 ans.
Et cette sexualité SM, les 50-50, les fois où vous faites du SM, ça reste un... Les années ont permis à votre sexualité SM de fleurir ou de se renforcer, ou au contraire, elle est de la même intensité, ou encore elle stagne, voire elle diminue en intensité ou en intérêt ?
Alors, au début, quand on s'est rencontrés, évidemment, comme tous les jeunes couples, on avait beaucoup besoin de sexe tous les deux et de se retrouver. Donc, on faisait ça souvent. Ensuite, on s'est trouvé un équilibre. À partir du moment où on s'est trouvé un petit équilibre, globalement, en intensité, ça reste à peu près pareil. Mais surtout, en fait, on change les choses.
on change les tenues on change les rôles on essaie toujours d'apporter un peu de différence de surprise pour conserver toujours cette impression que c'est pas toujours la même chose de mettre un petit peu de nouveauté et je trouve que le SM aide pas mal là-dedans puisqu'il y a quand même beaucoup de choses à explorer beaucoup de choses à faire
Au départ, on s'est rencontrés, on était tous les deux très puppy latex. Puppy, c'est quoi ? Puppy, c'est chiot. Ça va être tout ce qui est l'idée d'avoir un masque de chien, une tenue et avoir potentiellement le mental et le comportement d'un chiot. Du coup, là, on additionne le kiff du latex ?
Oui, et l'attitude et le jeu de rôle du chien, c'est ça ?
Oui, c'est ça. Sachant que le puppy, c'est assez transversal. C'est-à-dire qu'on peut être un puppy tout nu, on peut être un puppy en latex, en cuir, en lycra, etc. Et toi, du coup, tu es quel ? Moi, je me définis comme un rubber pup, donc vraiment un puppy qui est en latex. Mais sur le puppy, il y a plusieurs manières de voir les choses. Et c'est pareil sur nos pratiques BDSM. C'est-à-dire que, par exemple, mon mari aime bien faire du bondage, lui, avec des cordes.
Mais il le fait pour le côté excitant, pour le côté artistique, mais ça n'amène pas systématiquement ou obligatoirement à du sexe derrière. Ça peut juste suffire d'avoir fait un beau bondage, d'avoir quelque chose de sympathique, d'artistique et de juste laisser la personne un peu contrainte.
sans que forcément il y ait un acte sexuel derrière et du coup c'est pareil aussi pour le puppy où finalement nous on est toujours dans une optique où quand on fait des pratiques on les fait pas dans le but de coucher ensemble si ça amène à coucher ensemble et ben on est très content et c'est chouette mais on le fait
plutôt pour d'autres raisons. Toi, tu le fais pour quoi ? Et je vais vraiment t'inviter à parler en jeu parce que je ne me sens pas totalement à l'aise que tu parles de ton mari alors qu'il n'est pas là pour parler en son nom. Du coup, je préfère que tu parles de toi, de ta sexualité. Et tu vois ?
D'accord. Alors moi, parlons du côté pup. Du côté pup, pour la partie rubber pup et autres, il y a quelque chose de l'ordre du challenge et de la performance parce que c'est difficile de rester dans une tenue, d'avoir une cagoule complètement latex.
on a chaud, ça colle, alors ça peut être agréable dans un certain sens, mais ça demande aussi de l'entraînement, c'est aussi compliqué, etc. Et puis ça permet de couper, et les pratiques BDSM, je trouve que ça permet beaucoup ça, de couper, de sortir un peu de la routine, du monde réel,
de faire une pause vraiment au niveau du cerveau, au niveau du corps, et de faire autre chose, un petit peu comme si on prenait un rôle dans un film ou qu'on incarnait un personnage de théâtre. On ne pense du coup plus qu'à son rôle, qu'à son personnage, et on oublie tous les problèmes, tout le stress, tout ce qu'il peut y avoir, et c'est très...
rafraîchissant et c'est pour ça que du coup pour moi la partie sexe peut en faire partie mais elle n'est pas forcément obligatoire parce qu'on peut atteindre cette déconnexion et cet état autrement qu'en faisant juste du sexe et du coup sur le puppy c'est ce qui m'aide à déconnecter le plus c'est à dire à partir du moment où je mets une cagoule de puppy que je m'habille, que j'ai ma tenue que je me mets à quatre pattes et que je joue comme si j'étais un chien
Ça peut être manger en gamelle, ça peut être jouer avec une basse, ça peut être tout un tas de choses. Ça peut être tout à fait suffisant. À te détendre, mais pas à contribuer à ton étincelle sexuelle. On est d'accord qu'il y a une différence pour toi ? Oui. Ça te détend ou ça t'excite aussi en te détendant ?
Il y a les deux. Ça excite aussi, mais ça amène à une satisfaction de ce qu'on est, de ce qu'on fait, de son corps en général. Il peut toujours y avoir un peu d'excitation sexuelle qui va être plus dans l'érotisme que dans vraiment le sexe. Mais je pense que ça participe quand même à mon épanouissement sexuel dans un sens.
qui est qu'on peut faire aussi tout un tas de jeux de contrôle de sa sexualité, c'est-à-dire de se dire que ce n'est pas parce qu'on bande ou qu'on a la gaule que forcément on doit arriver à une jouissance. Et donc ça permet aussi dans un certain sens de me dire
Je me mets dans des états où j'ai potentiellement une certaine excitation et en fait, je me contrôle assez, je suis assez maître de moi-même pour décider si je vais faire quelque chose sexuellement ou pas. Parce que toi, quand tu fais ces jeux-là, on appellera ça des jeux, t'es d'accord ? Oui. Il y a un maître, je crois que ça s'appelle un handler, en français, il y a un équivalent ou pas ?
Oui, on peut dire propriétaire. Donc, c'est toujours en duo. Et toi, quand tu es puppy, tu as toujours un propriétaire ou un handler qui joue avec toi. On va dire d'ailleurs plutôt guide que propriétaire parce que c'est un peu mieux guide. Donc, c'est en duo ou pas ? Alors, en puppy, il n'y a pas de... Non, je te parle de toi. Ouais, ouais.
Oui, mais même pour moi, il n'y a pas de choses vraiment fixes. Effectivement, moi, je suis dans une relation plus handler-pup, mais il peut y avoir des relations maître-pup, etc. Moi, effectivement, je suis plutôt là-dedans, handler-pup. Après, on peut, si on a envie, être avec plusieurs pups ou rester tout seul. Et du coup, toi, tu as combien de handlers ?
Moi, officiellement, je n'ai qu'un seul Handler. Qui est ton mari ? Oui, qui est mon mari. Et moi, je considère qu'en fait, je suis en quelque sorte sa propriété. Mais dans ce rôle-là de Handler, il n'a pas de dominance.
C'est-à-dire que c'est moi qui vais par exemple décider, ce qui se différencie d'autres pratiques, c'est que c'est moi qui vais décider quand je suis un peu pi et quand je m'arrête d'être un peu pi, quand j'ai envie de jouer et quand j'ai plus envie de jouer. Le handler ne peut pas m'imposer quelque chose ou me dire maintenant tu fais ça. Ou alors, s'il essaie de le faire, toute une partie du jeu va être aussi de ne pas obéir.
Si tu essaies de mettre du sens, je ne sais pas si tu as envie d'en mettre et tu vas me dire, mais pourquoi, à ton avis, tu as découvert et tu as aimé ces sexualités non conventionnelles ? Est-ce que tu t'es déjà posé la question du pourquoi ?
En fait, tu as peut-être déjà répondu en me disant, ça te coupe, ça te fait sortir du quotidien, un peu comme d'autres gens font du théâtre et jouent des rôles. Peut-être tu as déjà répondu. Oui, alors il y a ça. Et il y a aussi que dans la sexualité traditionnelle, je n'arrive pas à atteindre cet état-là que j'arrive à atteindre au niveau BDSM. C'est-à-dire que je n'arrive pas dans une relation classique, normale, vanilla, même si je prends du plaisir à faire des câlins. D'ailleurs, je...
Je n'ai pas parlé du coup de ma dernière relation non SM, mais on y reviendra peut-être. Même si j'aime bien faire des câlins, même si j'aime bien embrasser, éventuellement lécher, faire différents trucs non SM, je n'arrive jamais à un état de déconnexion ou de mettre mon cerveau un petit peu en arrêt pour, on va dire, profiter à 100% ou à 200% du moment.
J'ai toujours une retenue, surtout des pensées, toujours le cerveau un petit peu en ébullition à penser à plein de choses. À quoi par exemple ?
Ça varie par rapport... Ma question, c'est, est-ce que tu penses vraiment à autre chose ? C'est-à-dire, tu dis, tiens, liste de course, ou tiens, il y a ça qui m'inquiète dans mon quotidien et tout. Ou est-ce que c'est des pensées autour d'une homophobie internalisée, de zut, je ne suis pas assez bon ? Quelles sont les pensées ? Ah non, c'est des pensées totalement à autre chose. Tiens, qu'est-ce que je vais faire demain ? Comment je vais avancer sur tel projet ? Est-ce que dans ta sexualité vanille, tu t'embêtes un peu ?
pas parce que je m'embête mais parce que j'ai toujours ce flux de pensée un peu permanent quoi que je fasse sauf quand je suis du coup concentré vraiment complètement sur quelque chose je dirais pas que je m'ennuie je m'ennuie pas mais simplement j'ai toujours autre chose en tête
Si on reprend les émojis, et on n'est pas obligé de les reprendre là tout de suite, mais sur ta sexualité vanille, tu parlais de caresse, de câlins. Est-ce que tu pratiques la pénétration ? Oui, oui, oui. Des deux flashes du haut de dedans et dehors ?
Qu'est-ce que ça représente le collier de flèche du haut ? Ça veut dire actif ou passif, c'est ça ? Ah, tu n'as jamais vu ces flèches sur les réseaux de rencontres ? Non, celle-là, je ne l'ai pas vue. La flèche qui va et vers le haut et vers le bas, c'est versatile. Mais moi, je ne suis pas chef des émojis. Mais quand je me balade sur les réseaux de rencontres, c'est ça que je vois. Donc, versatile, c'est que tu aimes être pénétré ou pénétrer toi ?
soit 50-50, soit une régularité. Et vers le haut, tu es actif et vers le bas, tu es uniquement passif.
Alors, moi je suis versatile, plutôt passif, mais depuis que je suis avec mon mari, je ne suis passif qu'avec lui. Et donc je suis actif dans mes autres relations sexuelles, même conventionnelles ou vanillas, puisque je lui réserve en fait cette partie de passivité.
Et ça, c'est quelque chose que vous avez choisi ensemble ? Ça a été discuté ou c'est un peu par hasard ?
Mais il était important de se dire qu'il y avait des choses qu'on se réservait à nous, entre nous et dans le couple. Et donc ça, ça fait partie des petites choses qui ne sont qu'à nous, entre guillemets. Et du coup, je vais chercher d'autres choses avec d'autres personnes, une complémentarité comme j'aime bien dire.
Mais voilà, il y a cette partie là où on s'est dit voilà, c'est notre jardin de couple. Est-ce que tu veux me raconter ta dernière fois d'un sexe plus conventionnel ?
Oui, éventuellement. Qu'est-ce que je peux te raconter exactement ? Il y a quelque chose qui te vient et tu n'as pas envie de le raconter, ce qui est complètement OK, c'est ça ?
Non, j'essaie de classer un petit peu ce qu'on peut considérer comme étant une véritable relation sexuelle ou pas. C'est-à-dire que je pourrais te raconter, par exemple, que je suis allé au Sun City et que je me suis amusé dans la piscine avec un gars. Le Sun City, c'est un sauna à Paris ? Oui, mais il n'y a pas eu de relation sexuelle à proprement parler. Tu as fait quoi pour t'amuser ?
On s'est fait des câlins, on s'est embrassé, on a joué globalement dans la piscine, mais c'est resté un peu dans l'érotisme. Il n'y a pas eu de fellation, il n'y a pas eu des choses comme ça. Est-ce qu'on le considère comme une relation sexuelle ? Je ne suis pas sûr, on va dire que non. C'est toi qui décide, il n'y a pas de bible ou de guide, non ?
Oui, non, mais c'est pour ça que du coup j'essaie de classer un peu ce que je raconte. La dernière relation sexuelle peut-être un peu classique, ça a été à Bordeaux, quand je suis allé à Bordeaux, où je suis allé aussi du coup dans un sauna.
et où là j'ai rencontré un mec avec qui du coup j'ai été actif où il y a eu une pénétration avec Capote donc la différence c'est il n'y a pas de jeu de rôle il n'y a pas d'outillage et du coup tu parlais de plus de sensibilité ou en tout cas plus de caresse c'est ça que tu dis plus de sensualité
Oui, alors d'abord il y a eu beaucoup de discussions. On a un peu parlé, on a un peu discuté, etc. On s'est un peu aussi chauffé en se touchant, en essayant de s'exciter mutuellement.
Et puis après, oui, il y a eu d'un côté une certaine sensualité, en tout cas au début, pour tout ce qui est le toucher, pour être l'un sur l'autre, coucher dans une cabine, etc. Moi, je suis assez exhibe aussi, donc ça ne me dérange pas que les cabines ne soient pas complètement fermées ou qu'il y ait des gens qui regardent, etc.,
Et après, il y a eu une relation sexuelle assez classique où il m'a fait une fellation pendant un petit moment où ça a été assez doux dans l'ensemble et assez sympa. Et puis après, il y a eu de la pénétration moins sensuelle et moins douce. Mais t'as aimé ? Ouais !
Pourquoi je n'aurais pas aimé ? En fait, tu le... Non, non, j'avais envie de te poser la question. Tu le décris de façon très soigneuse et assez distanciée. Donc, je voulais juste vérifier. Donc, tu as répondu oui, c'est très bien. Oui, mais ça, c'est parce que je suis comme ça, en fait. Moi, je suis quelqu'un d'assez cadré, d'assez rangé. Donc, même quand je décris des choses, je...
je me repasse un peu le moment dans ma tête, un petit peu comme si j'étais un observateur extérieur et je décris comment ça s'est passé. Et t'es précis, c'est très bien. Si tu regardes ton chemin vers la sexualité d'aujourd'hui, est-ce que tu qualifierais ce chemin de difficile ? Est-ce que ton chemin de sexualité
Pour arriver à aujourd'hui, une sexualité mêlant du vanille, différentes formes de SM et de pratiques, est-ce que ça a été un chemin simple ou compliqué pour toi ?
Ça a été ultra compliqué, ultra douloureux. Beaucoup de remises en question, beaucoup de questionnements. Il y a eu même la dépression. Il y a eu un certain nombre de choses pas marrantes. J'ai eu pas mal de problèmes quand j'étais jeune. Je peux rentrer un petit peu dans le détail, mais en gros...
Est-ce que là tu parles de... et tu veux te resserrer de l'eau ? Est-ce que là tu parles de l'homosexualité ou de la sexualité SM ? Je parle de l'homosexualité. J'ai eu une homosexualité très compliquée parce qu'en fait, d'abord je suis quelqu'un qui a commencé très tôt. C'est-à-dire que très tôt, j'ai su à peu près ce que je voulais, où j'allais.
Alors pourquoi, j'en sais rien. Mais ça fait partie un peu dans la vie de ce qui me caractérise. Ça veut dire quoi très tôt ? Ça veut dire... Je savais à peu près ce que je voulais dès mes 12 ans. Et j'ai eu ma première relation sexuelle homo à 13 ans et demi. Quand tu dis « dès 12 ans, je sais ce que je voulais », tu parles de quoi ?
Je savais que j'étais attiré par les hommes. Je savais que je n'étais pas attiré par les femmes. Et d'ailleurs, je n'ai jamais... C'est pour ça que je ne suis pas bi. En fait, je n'ai jamais senti d'attirance vers une femme. J'adore avoir des femmes en amie. J'adore avoir des discussions, faire des activités, etc. Mais je n'ai pas d'attirance et je n'imagine absolument rien qui puisse être sexuel ou de la... Avec une femme ?
Et du coup, à 12 ans, quand tu dis je sais ce que je veux, c'est que tu as envie d'avoir un rapport sexuel avec un homme, tu as envie de le caresser, de le toucher ou est-ce que dès 12 ans, tu avais ces envies de ces pratiques SM qui pointaient leur bout de leur nez, peut-être pas exactement totalement formées ?
Non, non, là, je n'étais pas du tout dans le SM. J'étais vraiment dans l'homosexualité où déjà, j'avais des attirances pour certains de mes amis masculins. Et donc, du coup, je me suis retrouvé sur les tchats.
et c'est pour ça que je veux être un peu vigilant sur le truc parce que parfois on dit ah oui du coup il y a des mineurs qui se retrouvent sur les chats et puis ils sont embarqués dans des trucs moi en fait je suis arrivé sur les chats en sachant que je voulais rencontrer quelqu'un en ayant envie de faire quelque chose et les chats les réseaux à l'époque du coup c'était le chat de caramel ça nous rajeunit pas
J'ai connu. Du coup, à 13 ans et demi, tu as ta première fois avec un mec rencontré en ligne. Exactement. Ça s'est bien passé ? Oui, super bien. Il était dans le 15e. C'était un Sicilien qui était évidemment plus âgé que moi. J'étais évidemment passif parce que c'est très difficile non seulement de bander, mais même de jouir globalement à cet âge-là.
Et ça s'est très bien passé, c'est-à-dire qu'il a respecté mon consentement, il m'a reçu, on a parlé, c'était chez lui, un peu dans une chambre de bonne. Il avait quel âge ?
Il avait plus que moi. Alors, il n'a pas été super transparent sur son âge parce que je n'ai jamais su exactement quel âge il avait. Mais lui, il avait plutôt autour des 18 ans à ce moment-là. L'âge d'avoir une maison, en tout cas. Une maison avec une chambre... Il n'avait pas une maison. Il était locataire d'une sorte de chambre de bonne dans le 15e ou 7e étage, quoi.
et donc on devait faire attention parce qu'apparemment ses parents habitaient au rez-de-chaussée donc il m'a demandé du coup si j'avais envie de faire quelque chose donc j'ai dit oui donc du coup après je l'ai laissé un peu faire et j'ai commencé une relation comme ça et ça a duré à peu près un an et demi
où je prétextais d'avoir des répétitions pour une pièce de théâtre, qui a vraiment eu lieu, sauf que les répétitions étaient toutes les deux semaines. Je disais que j'avais des répétitions toutes les semaines, et donc une fois toutes les deux semaines, j'allais voir ce mec au lieu de faire cette soi-disant répétition de pièce de théâtre.
Tu disais, du coup, ton chemin a été compliqué. Là, tu me parles plutôt d'une entrée en matière plutôt heureuse, tu avais l'air de découvrir quelque chose de positif. Si tu devais choisir, alors je vais te poser une question très difficile, comme tu ne pourras pas tout nous raconter, si tu devais choisir un ou deux moments clés de ce chemin compliqué ?
qui t'a fait arriver aujourd'hui à ta sexualité d'aujourd'hui, ça serait quoi ? Alors, le chemin compliqué, il s'est fait après. C'est-à-dire que ça a été très difficile pour moi toutes les années, cinquième, quatrième, troisième seconde, etc. Un moment qui a été ultra dur pour moi, ça a été...
Je suis parti en voyage scolaire en Italie en classe de cinquième et il se trouve que j'ai fait l'erreur d'essayer de draguer un mec et finalement tout d'un coup ça s'est su.
que j'étais homo sauf que j'étais dans un collège lycée du 16e arrondissement qui n'était pas tout à fait connu ni pour sa modernité ni pour son ouverture et je me suis retrouvé être finalement en fait une sorte de pestiféré du jour au lendemain à avoir tout le monde qui m'a fui et qui avait une certaine distanciation sociale avant l'heure on va dire
donc j'ai perdu tous mes amis plus personne ne voulait me parler on me considérait un peu comme un monstre jusqu'où je me suis retrouvé vraiment tout seul en plus j'étais mauvais à l'école etc donc j'ai redoublé et puis en fait j'ai voulu faire des tentatives de suicide à ce moment là
Et c'est en fait une des raisons pour lesquelles j'ai découvert le BDSM au départ. C'est-à-dire que je voyais qu'il y avait des gens qui faisaient des trucs un peu bizarres.
Et je me suis dit, tiens, peut-être que c'est tellement dangereux que si je rencontre un gars un peu bizarre, un peu dangereux et tout, je vais pouvoir faire une sorte de tentative de suicide par procuration. Et donc j'ai commencé un petit peu le BDSM en rencontrant un gars...
tout à fait dérangé et qui m'a fait découvrir, dans un contexte du coup pas du tout sécuritaire, un certain nombre de pratiques BDSM. Et ensuite, après cette expérience très traumatisante, je me suis progressivement retourné
régulièrement vers le BDSM jusqu'à découvrir les matières, le latin, etc. Mais du coup, c'est un peu ce moment charnière où je me suis retrouvé complètement tout seul. Et le pire, je finis juste l'histoire, le pire dans cette histoire à la fin, c'est que j'ai redoublé, j'ai voulu me reconstruire une vie sociale, donc j'ai passé à peu près mon temps à essayer de faire en sorte que mon ancienne classe ne parle pas à ma nouvelle classe,
Tu es en cinquième ? Oui, je suis cinquième, quatrième, globalement. Et ensuite, pour éviter que ça se reproduise, je me suis dit que j'allais me créer une fausse histoire avec une fille avec laquelle j'avais considéré qu'il n'y avait aucune chance qu'elle prenne ça au sérieux.
Et puis au bout de quelques mois, il y a quelqu'un de mon ancienne classe qui est venu me voir, qui m'a dit « Ah, j'ai vu qu'à priori, tu avais une relation avec cette personne, etc. et que tu avais changé. » Et je lui ai dit « Oui, effectivement, c'est ce qui se dit. » Et puis il m'a dit « Ah là là, vraiment c'est bien parce que je ne t'aimais pas comme tu étais avant. »
Alors qu'évidemment, je n'avais pas à changer intérieurement. Mais j'avais réussi à donner une image suffisamment convaincante que j'étais devenu hétéro.
Est-ce que du coup, moi ce que j'entends c'est que les blessures et la violence à laquelle tu as dû faire face t'ont amené au BDSM au début pour une raison, pour t'auto-mutiler ou en tout cas te faire du mal. Et au fur et à mesure, aujourd'hui le BDSM, il a toujours ce rôle-là ou non, tu dis non ?
Non, non, plus du tout. En fait, c'est le vecteur qui m'a fait découvrir ce monde-là, que j'aurais peut-être découvert autrement plus tard, mais aujourd'hui, ça a complètement changé. C'est-à-dire que j'ai commencé, effectivement, par rencontrer...
Mauvaise personne et avoir des mauvaises expériences. Mais ensuite, quand j'ai arrêté ça, que je me suis réinvesti dans une relation un peu plus classique et puis que cette relation a fini par s'arrêter et que je me suis réintéressé.
Autrement au BDSM, j'ai découvert un certain nombre de personnes et j'ai eu un certain nombre de relations qui m'ont complètement changé ma vision de ce que c'était, de ce que ça avait été pour moi et ça a commencé à faire partie de ma sexualité normale sans avoir aucun lien sexuel.
psychologique, on va dire, ou du fait que... C'est-à-dire, aujourd'hui, c'est pas quand ça va pas bien, je fais du BDSM. C'est plus du tout ça. Oui, c'est devenu part entière dans ta sexualité. Je l'ai découvert, en fait, comme ça.
Est-ce que tu fais le lien entre cet événement-là en quatrième, cinquième et ta difficulté à te connecter dans ta sexualité vanille ?
Je ne sais pas du tout. C'est une bonne question. En fait, du coup, moi, je te propose une interprétation à vraiment deux centimes qui a plus pour rôle de t'inviter à rebondir, même si c'est une grosse bêtise que je vais dire, ou pas. En fait, tu parles en BDSM de la possibilité d'être un autre, de ne plus être soi ?
Là où la sexualité vanille, pour ne plus être toi, ton cerveau se met à générer tout plein d'histoires pour te déconnecter ou de penser pour te déconnecter du moment. Et je me demandais dans quelle mesure il y avait un lien où en fait, enfant, on vit une telle violence et pour survivre,
On se doit de ne pas être homosexuel. Et la façon de ne pas être homosexuel, c'est de jouer un rôle, devenir un chiot.
non je pense pas je pense pas que c'est c'est pas comme ça que je le vois du tout en tout cas donc non je ne suis pas dans cette interprétation à deux centimes comme tu dis mais en tout cas tu ne portes pas de cicatrices de ce moment là aujourd'hui il ne continue pas ce moment là que tu viens de raconter n'a pas d'impact sur ta sexualité aujourd'hui
Tout ça a un impact sur ma vie et la façon dont je me suis construit. Mais ce n'est pas ça. Aujourd'hui, je ne me dis pas qu'il ne faut pas être homosexuel ou autre. Aujourd'hui, au contraire, je suis plutôt quelqu'un qui aime bien prouver des choses.
Quand il y a des règles, j'aime bien les challenger ou essayer d'aller contre pour voir si elles sont justifiées ou des choses comme ça. J'ai passé toute une partie de mon enfance et de mon adolescence à essayer de briser des règles, à aller à l'encontre de trucs, à dire...
Quand on disait « tu n'y arriveras jamais », c'était la meilleure motivation pour moi pour montrer que si. Et tout a été comme ça dans ma vie globalement, autant en termes de scolarité où j'ai beaucoup changé, mais aussi en termes de sexualité où finalement je ne me suis rien interdit et donc j'ai fait plein d'expériences différentes, variées.
Et aujourd'hui, je suis très fier globalement de ma sexualité, de ce que je suis, d'être homosexuel et je n'ai aucun problème avec ça. Tu dirais que tu es sexuellement épanoui ?
Oui, oui, oui. Je pense que je suis sexuellement assez épanoui dans l'ensemble. Je trouve que tout est une question d'équilibre. Et je trouve qu'aujourd'hui, j'ai trouvé un bon équilibre, en fait, où pendant tout un moment, je me suis dit...
que j'avais plusieurs personnalités, peut-être même plusieurs personnes à l'intérieur de moi, et j'étais en conflit avec ces autres personnalités ou personnes ?
Et je n'acceptais pas de dire que je pouvais avoir une partie de moi qui était attirée par des pratiques BDSM, par des histoires de perte de contrôle, de confiance totale. Et du coup, pendant tout un moment, j'étais vraiment...
dans un conflit entre ce que j'avais envie, ce que je voulais faire, ce que je faisais mais que je n'assumais pas et que du coup je me mettais à fuir des choses en me disant c'est pas bien, c'est mal, etc. Et j'ai complètement mûri à ce niveau-là où aujourd'hui je suis beaucoup plus en paix et en phase avec les différentes facettes de mes personnalités. Et je sais que
Aujourd'hui, j'ai besoin d'avoir des relations Vanilla. Aujourd'hui, j'ai besoin d'avoir des relations BDSM. Aujourd'hui, j'ai besoin de rencontrer des gens, d'avoir une sexualité avec mon mari, mais aussi avec d'autres personnes, qu'on peut aimer plusieurs personnes et que ce n'est pas un problème. Justement, s'il y a des gens qui nous écoutent et qui galèrent
à s'accueillir, s'accepter avec leur facette BDSM ou leur facette polyamoureuse ou leur facette non conventionnelle. Toi, est-ce que tu as la recette ? Tu dirais que tu as fait comment pour t'assumer, t'accueillir, t'accepter ?
La recette, je ne l'ai pas, mais ça fait partie des choses qui me motivent à faire ce que je fais et à essayer de partager des choses et à transférer des choses. Moi, ça a été dans l'expérience, dans avoir réussi des choses, mais surtout avoir beaucoup raté de choses.
Ça veut dire quoi ? Des rapports sexuels ? Des essais BDSM ratés ? Des essais BDSM ratés, des expériences que j'aurais aimé ne pas avoir. C'est-à-dire qu'à un moment, je me suis retrouvé dans une expérience où on m'a fait véritablement un lavage de cerveau. Et je n'étais pas capable de m'en sortir tout seul. Heureusement, j'étais entouré des bonnes personnes qui m'en ont sorti. De quoi tu parles ? Tu veux raconter ?
Là, je pense qu'on ne va pas avoir le temps. Est-ce que tu veux raconter de façon très synthétique de quel lavage de cerveau tu parles ? Est-ce que c'est un dominant qui a voulu créer une emprise sur toi et qui a réussi ?
Oui, tout à fait. Tu vois, ce n'était pas si long. Oui, mais c'est un peu rapide. Mais oui, globalement, c'est ça. C'est-à-dire que c'est quelqu'un qui m'a manipulé, m'a cassé tout ce que j'avais pu construire et toute ma fierté, tout mon mental, et qui m'a « reprogrammé », c'est-à-dire...
qui a cassé tous mes acquis et qui a voulu remettre un certain nombre de choses. C'est moi qui suis extérieur au monde BDSM, ça semble être exactement la frontière et le feu avec lequel on joue, puisque je vois passer des terminologies « maître-esclave », cet enjeu de perte de pouvoir et de contrôle, de formatage, c'est le feu avec lequel on joue ?
Comment on peut ne pas se brûler ? Comment on peut vivre du BDSM de façon sécure ? Comment on pourrait protéger d'autres personnes qui écoutent ce podcast de venir jouer avec le feu sans se brûler ? Pour le coup, j'ai une conviction simple. Il faut des règles et un cadre clair.
Et finalement, ça fait partie des principes de base du BDSM. Des choses aussi simples qu'un safe word, c'est quelque chose qui protège. La possibilité de dire stop, d'arrêter, de mettre en pause quelque chose et que le dominant respecte ça, c'est déjà ultra important. Moi, je me suis retrouvé justement dans des expériences où...
Le dominant me demandait de lui dire d'arrêter. Et plus je lui demandais d'arrêter, plus il était brutal et violent. Il ne faut pas aller voir des gens comme ça, globalement. Et tu parlais tout à l'heure de transmettre. Moi, j'ai l'intuition qu'il y a des associations. Je ne sais pas si ces associations sont plus ou moins bien peuplées.
Mais ça peut être aussi un espace où on échange avec d'autres gens sur les pratiques et pour découvrir sa façon de pratiquer de façon sécure.
Oui, on peut le faire via plein d'associations. Il y en a pas mal qui existent. On peut le faire par là, mais on peut le faire aussi autrement. C'est-à-dire qu'on peut le faire simplement en rencontrant les bonnes personnes. Moi, à un moment, j'ai rencontré les mauvaises personnes et puis à un moment, j'ai rencontré les bonnes personnes. Et tant que j'ai rencontré les mauvaises personnes, ça a été compliqué. Et puis une fois que j'ai rencontré les bonnes personnes et que j'ai compris un certain nombre de choses...
Ça a été bien différent. Et oui, effectivement, on joue avec le feu. Quand on est dans un jeu, il est important d'avoir des règles communes et avoir des règles claires, d'établir un climat de confiance et de s'assurer avant...
le plus possible qu'on ait avec une personne à qui on peut faire confiance et qui va pas un bon dominant et un bon maître n'est pas celui qui va uniquement penser à son plaisir et qui va dire toi de toute façon tu seras à quatre pattes à me lécher les pieds
pour moi un bon dominant et un bon maître c'est quelqu'un qui a compris que une relation BDSM c'est pas une relation dans un sens c'est une relation dans deux sens et que finalement même s'il y a un dominant et un soumis le but du jeu entre guillemets c'est d'arriver à révéler et à
Créer une évolution, un épanouissement des personnes qui prennent part au jeu au niveau du dominant et au niveau du soumis et que du coup le dominant ou le maître il est encore plus important que le soumis puisqu'en fait il a la responsabilité non seulement de lui-même mais aussi de l'autre.
Et ça, c'est une mentalité, une façon de voir les choses qui est assez différente. Quand même, le but, c'est que dans cette histoire, tout le monde ait du plaisir et que ce ne soit pas à sens unique et que chacun prenne son pied, peu importe le rôle qu'on joue.
Pour terminer ton témoignage, je te propose d'imaginer qu'on va faire un prochain épisode ensemble dans deux ans, trois ans, cinq ans, quand tu veux. J'aimerais savoir ce que tu aimerais me raconter. Et tu en as un peu parlé, je te proposais qu'on discute d'un truc, tu as parlé de ton envie de trouble. Est-ce que ça serait, par exemple, un des trucs que tu aimerais faire advenir dans la suite de ton épanouissement sexuel ?
Oui, je pense que ça peut être pas mal. Pourquoi c'est important pour toi ? Pourquoi t'aurais envie de ça ? Qu'est-ce que ça ajouterait à ta vie d'être en trouble ?
C'est difficile à dire parce que ça se jauge surtout à la personne que je trouverais à ce moment-là et qui vivrait avec nous. Je n'ai pas forcément d'idée préconçue. Je trouve que ça participerait à un équilibre.
dans ma vie et dans la façon dont je vis ma vie aujourd'hui, d'être dans une relation de ce type-là où on n'est pas deux mais où on est trois. Mais du coup, ton mari, il n'est pas polyamoureux ? Non, mais ça ne veut pas dire qu'il ne peut pas accepter une troisième personne dans le couple.
Ou toi, tu serais du coup au centre, en tout cas, tu aurais des liens, tu relationnerais avec ton mari et cette autre personne. Mais ce que tu dis, c'est que ton mari ne relationnerait pas forcément avec cette troisième personne.
Oui, ce serait un petit peu une vie en communauté en fait. Alors je ne veux pas dire que je vais mettre au centre, parce que je n'ai pas envie que tout le monde ait son attention concentrée sur moi ou des choses comme ça, et ça m'énerverait plus qu'autre chose. Mais je pense qu'on peut arriver à une certaine, encore une fois, je vais dire de complémentarité, c'est-à-dire de trouver quelqu'un
qui viendrait ajouter quelque chose dans le couple que je forme déjà avec mon mari, qui seraient des choses complémentaires. Ça pourrait être quelque chose d'aussi simple que, par exemple, quelqu'un qui sait préparer des bons repas, par exemple, qui n'est ni forcément mon point fort, ni...
la passion absolue de la personne avec qui je vis. Je pense qu'on pourrait établir une sorte de vie en communauté intéressante où chacun, chaque acteur de cette relation pourrait s'apporter des choses dans son équilibre, dans son évolution et dans sa vie au global. Au niveau de ton économie sexuelle,
Dans les années à venir, t'aimerais faire advenir quoi ? Est-ce que t'es super content tel quel et rien ne change ? Ou t'aimerais des prochaines étapes ? Aujourd'hui, je suis très content, mais on peut toujours faire mieux. Je suis toujours un petit peu dans cette optique, c'est-à-dire que j'aime rester ouvert quand même aux choses. J'aime bien la surprise, j'aime bien les nouvelles opportunités, j'aime bien rencontrer des gens. Et je...
J'aime bien ne pas me mettre d'interdits, ne pas me mettre de contraintes. Donc oui, aujourd'hui, je suis très heureux par rapport à ce que je fais, par rapport à des choses. Alors oui, il pourrait y avoir des choses un petit peu mieux. Il y a des gens que je pourrais voir un petit peu plus. Il y a un équilibre qui pourrait être encore un peu plus solide. Il y a toujours des choses à améliorer. Mais t'es bien. Mais voilà, je ne serais pas malheureux de rester comme ça, même si...
J'ai un petit peu d'ambition supplémentaire dans les prochaines années. Merci. Est-ce que tu as un dernier mot à partager, un mot de la fin ? C'est pas obligatoire. Plus qu'un mot. Tu peux avoir un peu plus qu'un mot, mais je vais t'inviter à faire court. D'accord. Je pense que c'est important, dans un monde où on est dans l'instantané, d'essayer de prendre du temps et de trouver de...
Des raisons et du plaisir à prendre du temps. Il y a un certain nombre de choses qui doivent se construire, notamment des vies de couple qui se construisent avec le temps et globalement les relations en général. Et je suis persuadé que, et un peu par expérience, beaucoup par expérience...
qu'en général quand on va trop vite on ne construit pas forcément très bien et qu'on ne construit pas forcément des choses très solides et ce qui a tendance à démarrer vite peut aussi se finir vite alors que si on prend le temps on a finalement plus de chances de réussite peut-être prenons le temps, merci Jonathan merci à toi